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L’ALGÉRIE ET LA CRISE FINANCIÈRE GLOBALE DU CAPITALISME MONDIALISÉ

jeudi 11 août 2011

ANALYSE SUR LES MENACES INTERNATIONALES QUI PÈSENT SUR L’ ALGÉRIE


1. LA LOI DES « BANKSTERS » par K. Selim, éditorial du Quotidien d’Oran, mercredi 10 août 2011 ;

2. EN TROIS ANS, LE G7 N’A PAS RÉFLÉCHI ! dans "www.algerieinfos-saoudi" ;

3. APRÈS LA CATASTROPHE LIBYENNE, LES RISQUES D’UNE FUTURE GUERRE EN ALGÉRIE, vidéo, Forum des Démocrates ;

4. LA BATAILLE DE LONDRES : L’OPÉRATION « MOBS » A RÉUSSI (bis), le Jeudi 11 août 2011, sur le blog de algerie-infos ;

5. POUR LES BRITANNIQUES, LA "CRIMINALITÉ" EST LA CAUSE PRINCIPALE DES ÉMEUTES, Le Monde .fr avec AFP, le 11 août 2011 ;

6. LONDRES FLAMBE, LA BOURSE SE NOIE, LE CHÔMAGE VA DÉFERLER. SOLUTION ? BOMBARDONS LA LIBYE ! par Michel Collon ;

7. ... dans la thématique "CRISE MONDIALE" Frédéric Lordon, le 11 août 2011, blog.mondediplo.net.


1. LA LOI DES « BANKSTERS »

par K. Selim

éditorial du Quotidien d’Oran, mercredi 10 août 2011

Les gouvernements occidentaux paraissent totalement démunis devant la crise actuelle et la menace de dépression aux conséquences lourdes qui plane. L’endettement colossal des Etats et des perspectives de croissance peu réjouissantes créent une situation de panique sur toutes les places financières mondiales. Le krach n’est pas une vue de l’esprit. Celui de 1929 avait pavé le terrain à la montée du fascisme et à la Seconde Guerre mondiale.

Il est vain d’attendre un changement de paradigme de la part de l’ordre établi.

Depuis la crise des subprimes en 2008, on a beaucoup parlé de régulation des marchés. Les idées généreuses qui ont accompagné la mise à contribution financière des Etats ont rapidement été abandonnées. Les Etats occidentaux, à commencer par le président des Etats-Unis, n’arrivent pas à développer un discours clair et convaincant sur des choix de politiques économiques et encore moins à prendre des mesures fortes.

Les marchés sont plus forts que les Etats, ils en sont les maîtres en définitive et ils imposent leurs logiques.

En 2008, avec la crise des subprimes, les marchés ont contraint les contribuables à payer la facture. Les « banksters » - néologisme ô combien éloquent composé de banquier et de gangster - rappellent encore où se trouve le vrai pouvoir.

Ils le démontrent encore davantage aujourd’hui en s’attaquant à des dettes publiques en partie contractées pour leur sauver la mise.
Les grandes banques ne devaient pas faire faillite, les Etats oui !

Contrairement à ce que l’on voudrait faire admettre, l’économie, ce n’est pas seulement des formules mathématiques et des théories. C’est du politique.
Et le politique est aujourd’hui entre des mains qui n’ont pas vraiment de comptes à rendre. L’état des élites politiques est tel qu’il semble inimaginable que des gouvernants soient capables de s’engager dans une réorientation de la politique économique à la manière du new deal.

Il faut plutôt craindre que la guerre ne redevienne - l’histoire en atteste - le recours du capitalisme en crise. Le « bon sens » pourrait considérer qu’une réduction sensible du budget militaire des Etats-Unis est la voie d’entrée pour un traitement effectif de la gigantesque dette américaine. Mais le cynisme des intérêts à court terme fait peu de cas du bon sens.

Comment un empire en déclin pourrait-il imposer ses vues ? Les Etats-Unis montrent non seulement des signes évidents de panne économique mais aussi de réelle régression : le rêve américain n’existe plus. L’establishment, démocrate ou républicain, n’est pas prêt à brader le dernier grand avantage comparatif qu’est la suprématie militaire.

Face à l’impasse ultralibérale et à une récession qui creuserait davantage des fractures sociales, déjà insupportables aujourd’hui, la guerre pourrait permettre de relancer la machine. Mais une guerre de « premier ordre », car les guerres de basse intensité en Irak et en Afghanistan n’ont fait que creuser les déficits et ont été sans impact sur un appareil de production industrielle tout à fait inadapté aux conflits asymétriques.

Les crises du capitalisme, qui sont payées par les plus vulnérables, se règlent durablement dans le sang. Ce n’est certainement pas par solidarité avec les spéculateurs que l’on suit une agonie boursière qui pourrait bien trouver son règlement sur d’autres théâtres.

Clausewitz, théoricien du XIXe siècle, le disait : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». L’ultralibéralisme des banksters et des néoconservateurs fait que la guerre est un moyen commun de politique économique. La crise de la dette et la récession ne seraient alors qu’un prélude.

Source : Le Quotidien d’Oran du 10 août 2011.

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2. EN TROIS ANS, LE G7 N’A PAS REFLECHI !

le 9 août 2011,algerieinfos

Il y a trois ans, au moment où éclatait la crise financière, provoquée aux Etats-Unis par la spéculation sur les subprimes, se tenait une assemblée générale des Nations-Unis. Nous avons retrouvé un compte rendu des débats qui semblent d’actualité trois ans après. Comme si le monde avait fait du surplace.
Les promesses de redressement du G7, formulées aujourd’hui par Barak Obama, semblent une copie bouffonne des engagements d’alors à
« réfléchir aux leçons à tirer de la crise financière la plus grave qu’ait connue le monde depuis celle des années 1930 », dixit M. Sarkozy.
Et sans doute la crise de 2008 est-elle aujourd’hui déclassée, devenant la plus grave ? après celle de 2011.

À l’ONU, le Sud dénonce un système financier "cupide"

NEW YORK (Nations unies), envoyés spéciaux

Prenant la mesure de la crise financière mondiale, plusieurs représentants des pays du Sud, venus participer à l’Assemblée générale de l’ONU, mardi 23 septembre, ont dénoncé un système financier "cupide" dont les soubresauts menacent les pays pauvres et appellent à un renforcement des contrôles internationaux. "L’incertitude économique s’est propagée comme un effroyable tsunami à travers la planète, annulant les progrès accomplis, non seulement sur l’île de Manhattan, mais aussi sur les îles des Philippines", a déclaré Gloria Macapagal-Arroyo, la présidente des Philippines.

La crise a cristallisé le ressentiment de nombreux pays. "L’euphorie des spéculateurs a laissé la place à l’angoisse de peuples entiers", a affirmé le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, qui s’en est pris aux "fondamentalistes des marchés". Citant l’économiste brésilien Celso Furtado, il a jugé qu’il ne fallait pas laisser "les profits des spéculateurs être toujours privatisés, tandis que leurs pertes sont invariablement nationalisées". "Ce sont toujours les pauvres qui payent le prix de la cupidité débridée et de l’irresponsabilité des puissants", a aussi déclaré le président nicaraguayen de l’Assemblée générale de l’ONU, Miguel d’Escoto.

Chez certains pointait un sentiment de revanche. Pour la présidente argentine, Cristina Kirchner, ceux qui, hier, "conformément au consensus de Washington, disaient aux pays d’Amérique du Sud que le marché réglait tous les problèmes", ont produit "la plus formidable intervention de l’Etat de mémoire d’homme" – le plan de 700 milliards de dollars proposé par la Maison Blanche pour sauver le système bancaire. La seule différence, a-t-elle ironisé, est que Washington n’aura pas à subir les directives du Fonds monétaire international (FMI).

"La crise financière mondiale menace l’ensemble de notre travail", a par ailleurs prévenu le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui appelle à un "leadership mondial" pour "restaurer l’ordre dans les marchés financiers internationaux". "Nous appelons la communauté internationale et les acteurs clés de l’économie mondiale à agir rapidement" sous la "direction" des Nations unies, a ajouté Jakaya Kikwete, le président tanzanien, qui préside aussi l’Union africaine.

Face aux représentants des 191 autres pays membres de l’ONU, le président George Bush s’est voulu rassurant. "Nous avons pris des mesures audacieuses pour prévenir une perturbation grave de l’économie américaine, qui aurait un effet dévastateur sur d’autres économies à travers le monde", a-t-il assuré. Selon le président américain, le plan de sauvetage des banques de la Maison Blanche devrait être adopté "rapidement" par le Congrès.

Le président français, Nicolas Sarkozy, qui a succédé à M.Bush à la tribune de l’ONU, a appelé de ses vœux "un capitalisme régulé, où des pans entiers de l’activité financière ne sont pas laissés à la seule appréciation des opérateurs de marché". Le dirigeant français a par ailleurs proposé une réunion, qui pourrait se tenir en novembre, en présence des pays du G8, et auxquels pourraient se joindre les grands pays émergents, "pour réfléchir aux leçons à tirer de la crise financière la plus grave qu’ait connue le monde depuis celle des années 1930".

Estimant que le problème ne remontait pas à la crise des subprimes mais à la création des hedge funds, ces fonds spéculatifs, M. Sarkozy s’en est pris à l’absence de responsabilité des traders et des banquiers, qui auraient dévoyé le système capitaliste. "On dit qu’on ne sait pas qui est responsable. Ah bon ! Quand tout allait bien, on savait qui touchait les bonus", a critiqué le chef de l’Etat, au cours d’une conférence de presse. Le président français veut que les agences de notations soient aussi "contrôlées et sanctionnées si nécessaire".

De son côté, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a pointé du doigt "une minuscule minorité" de "sionistes" qui auraient "dominé une partie importante des centres monétaires et financiers" – propos "antisémites", a dit le président israélien, Shimon Pérès. "L’empire américain dans le monde touche à sa fin", a aussi prédit le dirigeant iranien, selon lequel "les piliers du système oppressif s’effondrent".

Pour juguler la crise, le président Lula da Silva a appelé à "reconstruire" les institutions économiques internationales pour qu’elles puissent "entraver l’anarchie de la spéculation". L’ONU doit être le lieu d’une "réponse vigoureuse", a-t-il dit, ce qui passe, ont relevé plusieurs chefs d’Etat, par une réforme de l’organisation, et notamment un élargissement du Conseil de sécurité. Ce dernier ne peut "plus attendre" pour intégrer de nouveaux membres, a jugé Nicolas Sarkozy, qui souhaite aussi élargir le G8 pour y intégrer la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Mexique et le Brésil.

Le Monde 24 septembre 2008.

Philippe Bolopion et Natalie Nougayrède (avec Arnaud Leparmentier)

http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-en-trois-ans-le-g7-n-a-pas-reflechi-81178965.html

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3. APRÈS LA CATASTROPHE LIBYENNE,

LES RISQUES D’UNE FUTURE GUERRE EN ALGÉRIE

(Vidéo)

Origine : site du Forum des Démocrates

http://co113w.col113.mail.live.com/mail/InboxLight.aspx?fid=1&fav=1&n=1888937610&mid=579e48f1-b9b9-11e0-a44a-00237de3f15a&fv=1idéo

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4. LA BATAILLE DE LONDRES :

L’OPÉRATION « MOBS » A RÉUSSI (bis)

le Jeudi 11 août 2011

sur le blog de algerie-infos, lumière sur la stratégie policière classique de diversion, utilisée pour endiguer la protestation montante des derniers mois contre les responsabilités dans le cours catastrophique de la crise financière mondiale.

Dans un premier temps, la police a laissé faire, David Cameroun est resté absent trois jours, adoptant à son retour des accents churchilliens pour conduire ce que le Gardian a appelé « la Bataille de Londres ».
Pendant trois jours, on avait laissé libre court au pillage. La presse à sensation mais aussi les journaux plus sérieux ont embrasé l’opinion contre « the anarchy » par des unes apocalyptiques. Les réflexes communautaires ont été activement encouragés, dressant les uns contre les autres, chacun s’armant pour protéger son quartier.

Par cette opération rondement menée, Scotland-Yard a trouvé une occasion de redorer son blason, justifiant les flottements des premiers jours par les mesures « démoralisantes » prises à l’encontre de son état-major.
Cameroun espérait sans doute rétablir la position de l’establishment, après les scandales des mécanismes politico-mafieux de gestion du pays, et isoler les appels aux manifestations de rue contre la politique d’austérité.
Aujourd’hui, les tenants britanniques de l’ordre établi semblent avoir réussi une opération politico-policière qui va sans doute faire des émules dans d’autres pays.

L’existence de bandes de voyous mis en épingle pendant ces derniers jours n’est pas de nature à nuire au prestige de la Grande-Bretagne. A Londres et aussi sans doute bientôt dans d’autres capitales d’un monde en crise, un nouvel ennemi est désormais complaisamment mis à l’affiche : les « mobs » (les bandes), auquel est rattaché un concept plus politique, the anarchy.
Le sondage publié hier en Angleterre semble confirmer la réussite de l’opération.

L’utilisation de jeunes voyous à l’occasion de manifestations populaires urbaines contre les politiques d’austérité, est coutumière dans les pays occidentaux. Elle vise à isoler les luttes pour le changement en neutralisant la population, effrayée par les pillages et les excès.

Aujourd’hui, cette technique du contrôle sociale ne se limite pas à parasiter une manifestation par des actes de pillage. Il faut prendre l’initiative de contrefeux préventifs, utiliser la rage et l’absence de logique chez les déclassés pour décourager par anticipation la mise en mouvement des forces vives du pays.
Ces gangs, enfantés par des familles irresponsables et mus par une sorte de violence animale pure, sans rapport avec la politique démocratique, deviennent l’ennemi numéro un de la société.

Incapables de mettre en oeuvre une démarche stratégique pour régler les problèmes humains, les gérants de l’ordre établi fabriquent un nouvel ennemi, après que les populations se soient lassées d’être abusées sur le danger terroriste.
La domination veut être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. Les mobs, les bandes, les gangs, vont sans doute occuper la place réservée aux groupes d’El Qaïda dans le casting du spectacle démocratique.

S. A.

Source : algérie infos blog...

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5. POUR LES BRITANNIQUES, LA "CRIMINALITÉ"
EST LA CAUSE PRINCIPALE DES ÉMEUTES

Seuls 8 % des Britanniques pensent que c’est la politique d’austérité du gouvernement de David Cameron qui a entraîné les émeutes, la majorité accusant la criminalité et la culture des gangs, selon un sondage réalisé par l’agence YouGov pour The Sun.

42 % des Britanniques estiment en effet que les émeutes sont simplement liées à des comportements criminels, tandis que 26 % accusent un essor de la culture des gangs. Seuls 5 % désignent le chômage comme la cause principale des émeutes. La même proportion pointe les tensions raciales du doigt.

LA RÉACTION DES AUTORITÉS CRITIQUÉE

D’après le sondage, la majorité des Britanniques n’accuse donc pas le gouvernement d’être à l’origine des émeutes, mais ils sont nombreux à critiquer sa réaction : 57 % des 2 534 personnes interrogées lundi et mardi estiment que les pouvoirs publics, notamment le premier ministre, David Cameron, et le maire de Londres, Boris Johnson, ont mal géré la crise.
La police reste soutenue par le public, montre le sondage, et une grande majorité des sondés est pour l’utilisation de gaz lacrymogène, de tasers, de la police montée et de balles en caoutchouc.
Et un tiers des personnes interrogées se sont prononcés pour l’utilisation d’armes à feu face aux émeutiers.

LE MONDE.FR avec AFP

Le 11 août 2011

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6. LONDRES FLAMBE, LA BOURSE SE NOIE, LE CHÔMAGE VA DÉFERLER.

SOLUTION ? BOMBARDONS LA LIBYE !

Michel Collon

11 août 2011

À Londres, des jeunes sans espoir brûlent maisons et magasins.

À quelques kilomètres de là, des gens qui ont amassé des milliards en Bourse s’affolent à l’idée d’en gagner un peu moins...

Et comment les ont-ils gagnés, ces milliards ? En obligeant les entreprises à diminuer les salaires et les emplois.
C’est-à-dire qu’on détruisait l’avenir de ces jeunes pour augmenter les bénéfices des sociétés.
D’où la crise évidemment : si vous ôtez leur gagne-pain aux consommateurs, comment feront-ils pour acheter ?

À présent, que font les maîtres de la Bourse ? Ils exigent des Etats davantage de coupes sociales, c’est-à-dire davantage de jeunes sans espoir.

Et pendant ce temps, les ministres - dont les mesures néolibérales ont permis ce massacre social - font semblant de ne pas comprendre la révolte.
Il leur suffirait pourtant d’aller un peu écouter ces désespérés. Mais envoyer des flics dans les quartiers populaires, c’est tellement plus simple que de les envoyer à la Bourse.

Alors, au lieu d’utiliser tous ses budgets à créer des emplois, le gouvernement britannique vient d’envoyer des bombardiers supplémentaires pour tuer encore plus de civils en Libye et semer encore plus de haine.
Paris, Washington et Bruxelles font pareil ? Faire main basse sur le pétrole et les réserves financières des Libyens, ça fera un peu d’argent de poche pour payer les dettes.

Mais s’ils arrivent à renverser Kadhafi, que se passera-t-il ?
Plus d’Etat-providence en Libye, mais un maximum de privatisations.
Plus de redistribution sociale de l’argent du pétrole, mais sa confiscation par les multinationales.
Plus d’aide libyenne au développement autonome des pays africains, mais davantage d’exploitation des ressources par l’Occident.

Conséquence ? Encore plus d’Africains sans avenir seront forcés d’émigrer et de s’ajouter aux désespérés de Londres, Paris et Bruxelles. Où ils travailleront pour rien, ce qui fera le malheur des uns et le bonheur des autres.

Un système absurde et inhumain. Combien de temps laisserons-nous faire ?

Bruxelles, 11 août 2011

Source : investig’action


Quelques faits et chiffres dont on ne parle guère

1. Les salaires britanniques ont été gelés par Cameron alors que le prix de la nourriture vient d’augmenter de 5%.

2. À Tottenham (Londres), il y a 54 demandeurs pour chaque emploi vacant.

3. Aucun agent de la Metropolitan Police londonienne n’a jamais été condamné alors que, depuis 1988, 333 personnes sont mortes en garde à vue.

4. L’Etat grec a une dette de 350 milliards d’euros. Les capitalistes grecs ont 600 milliards sur des comptes en Suisse.

5. L’agence de notation Standard & Poors a dégradé la note des USA notamment parce que « le plan du Congrès et de l’administration ne prévoit que des changements mineurs dans la politique de Medicare » (équivalent de la Sécurité sociale pour l’assurance maladie).

6. J-F Copé, secrétaire-général de l’UMP (France) : « Nous avons déjà réformé les retraites, il faut maintenant faire la réforme de la dépendance et celle de l’Assurance-maladie. » (10 août 2011)

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7. ... dans la thématique

CRISE MONDIALE

(...) Par une ironie dont l’histoire a le secret, le néolibéralisme pourrait donc bien mourir par sa dénégation préférée : la dette ? dont il n’a cessé de crier les dangers ? quand tous ses mécanismes conduisaient à son emballement généralisé.

La création monétaire massive n’est pas une perspective réjouissante en soi. Mais lorsqu’il ne reste plus qu’elle pour extraire un corps social du dernier degré de la ruine ? et il ne faut pas douter que l’effondrement bancaire total nous ramènerait en quelques jours à l’âge de pierre, lorsque, donc, il ne reste qu’elle, il ne faut ni en diminuer les possibilités ni en exagérer les périls.

Mais l’essentiel est ailleurs : il est dans le fait que jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance lato sensu ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, et que seuls peuvent le mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement nulle part n’a le réel désir de l’attaquer , ou bien la puissance dévastatrice d’une catastrophe que son système aura lui-même engendré.

A l’évidence, c’est cette dernière hypothèse qui tient la corde, et puisqu’elle déploie maintenant ses effets avec la force de fatalité du tsunami évoqué en ouverture, il ne reste plus qu’à attendre qu’elle accomplisse pleinement ses virtualités pour en tirer le meilleur parti :

  • reconstruire les institutions de la création monétaire souveraine, avec tout ce qu’elle suppose et de possibilités rouvertes et aussi de rigoureux encadrements ;
  • réinventer des structures bancaires qui à la fois échappent aux prises d’otage de la banque privée et dépassent la forme « nationalisation » vers un système socialisé du crédit ;
  • réduire au minimum minimorum la structure des marchés de capitaux pour lui ôter tout pouvoir de nuisance et d’usurpation.

Soit, sur les ruines, enfin tout rebâtir.

Frédéric Lordon, 11 août 2011.

Source : "La pompe à phynance " - Les blogs du Diplo - "Le commencement de la fin"
- jeudi 11 août 2011, par Frédéric Lordon

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