ALGÉRIE: À L’APPROCHE DES CONGRÈS SYNDICAUX, LE MONDE DU TRAVAIL SE DÉFEND

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« L’APPAREIL DE L’UGTA RÉSISTE « 

Pour un banquier qui sait compter, ces chiffres sont éloquents: les 1484 employés de banque de la CNEP de la wilaya d’Alger ont droit à 13 délégués, tandis que les 431 collègues de la wilaya de Sétif disposeront de 19 mandats. L’enjeu c’est l’élection du bureau du syndicat d’entreprise, le 28 juin prochain.

Onze des quinze secrétaires des syndicats de base conteste ces magouilles auprès de Sidi-Saïd, le patron de la centrale UGTA, dénonçant des pratiques «abjectes et immorales», violant les statuts. Ils menacent de créer un syndicat autonome.

À Annaba, ce sont les employés des impôts qui réclament l’élection d’un nouveau bureau syndical, dont le mandat a expiré depuis quatre ans. Dans leur lettre adressée à l’Union territoriale, ils expliquent: «Depuis 2005, aucune assemblée générale n’a été organisée par ce syndicat dont les membres s’accrochent désespérément à leur statut de partenaire social, synonyme d’impunité et autres indus avantages. Pis, à aucun moment les travailleurs n’ont été consultés pour donner leur avis lors des négociations sur le statut des travailleurs des impôts».

Face à l’exigence de démocratie syndicale interne, Sidi-Saïd soutient «l’émergence de la société civile», mais, pour l’heure, la préoccupation de la centrale semble le maintien du statut quo, alors que se rapprochent l’échéance des congrès nationaux.

Cette stratégie de résistance à la poussée démocratique, coordonnée par le secrétaire national à l’organique, M. Djenouhat, visant à sauver les meubles, vient d’être battue en brèche à Constantine, où, le 6 juin dernier, le tribunal a débouté la centrale et jugé illégale la révocation du secrétaire général indocile de l’Union de wilaya. La revendication démocratique interne autour du strict respect des statuts, initiée par les syndicats de la Seaco, d’Algérie Poste, et d’Algérie Télécom, s’est progressivement élargie après la création de la commission de préparation du congrès, issue de cette résistance.

Epilogue dans quelques jours avec la tenue du congrès de l’union de wilaya.

Samedi 25 juin 2011

Source: (…)


OUVRIERS QUALIFIÉS EN CDD DEPUIS DIX ANS »

Une semaine après le déclenchement de la grève, dont nous avons rendu compte, le conseil d’administration de GESI-BAT Annaba a été dissout hier. Un nouveau bureau est chargé de gérer les affaires de l’entreprise. Le groupe dont dépend l’entreprise a reconnu le bien fondé des onze revendications, mais aucun engagement n’a été pris.

Selon les grévistes, ces mesures ne sont pas suffisantes pour reprendre le travail dans les chantiers, totalement paralysés depuis le début de la grève. Les chantiers arrêtés participent à la construction, sur quatre ans, de 60 000 logements et autres infrastructures, dont la réalisation a été confiée au groupe.

D’autre part, le directeur général, qui a intenté une action judiciaire à l’encontre des grévistes, est toujours à son poste. Smaïl Kouadria, le secrétaire du syndicat UGTA du complexe sidérurgique d’El-Hadjar qui assiste les grévistes a affirmé: «l’intervention des pouvoirs publics est plus que souhaitable afin d’éviter tout dérapage préjudiciable et de trouver des solutions à même de régler définitivement ce conflit qui couve une éruption imminente avec de graves conséquences».

La situation est en effet intenable. Elle est décrite par le comité des grévistes : 1 468 salariés, dont 1 255 exerçant des métiers qualifiés -maçons, coffreurs, carreleurs…- sont toujours sous contrat à durée déterminée (CDD), après 10 ans de présence ininterrompue au sein de cette entreprise.

Non seulement ils sont contractuels, mais ils perçoivent un salaire de base de 10 000 DA.

Samedi 25 juin 2011

Source: (…)


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