LU SUR LE SITE DU « LIEN », ORGANE DU PADS (Parti Algérien de la démocratie et du socialisme

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« MARCHER AVEC QUI ET POUR QUELLE ALTERNATIVE?»PARTI ALGERIEN POUR LA DEMOCRATIE ET LE SOCIALISMEEdito du Lien;

«F. IVETON:“ POUR L’ ALGÉRIE DE DEMAIN, AVEC LA LUTTE DE CLASSE QUI S’ANNONCE, NOUS AURONS BESOIN DE TOUS LES CAMARADES…?”» Le Lien, le 27 avril 2011;

«PADS : RÉPONSE À UN CALOMNIATEUR “LAMENTABLE”?» Le Lien, le 27 avril 2011.


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MARCHER AVEC QUI ET POUR QUELLE ALTERNATIVE?

PARTI ALGERIEN POUR LA DEMOCRATIE ET LE SOCIALISME

Edito du “Lien

pads_logo-2.jpg Les forces de l’ultra libéralisme multiplient ces dernières semaines leurs appels à un changement de régime, « à la liberté, à la démocratie et à la dignité ». Elles rejettent toute tentative d’inscrire les revendications sociales des travailleurs dans leur plate-forme politique sous l’argument trompeur que la « démocratie » va résoudre ces questions. De nombreux citoyens et de participants à l’organisation de la marche du 12 février sont d’accord pour centrer le but des mouvements de contestation du régime sur la question démocratique et de renvoyer à « plus tard » la question des orientations économiques et sociales de leur mouvement. Ils sont dans l’erreur car au fond les ultra libéraux craignent avant tout que l’intervention des travailleurs sur des revendications politiques et sociales de classe claires débouche sur la revendication d’un Etat de démocratie populaire qui prépare le terrain à la liquidation de toute domination bourgeoise, y compris celle qui prend le masque de la « démocratie ». Nous ne confondons pas avec les libéraux les citoyens qui n’ont pas encore discerné les enjeux des luttes actuelles. Nous poursuivrons nos efforts d’explication auprès d’eux. Toutefois, il ne peut être question pour nous de contribuer à la tromperie en évitant de critiquer les organisateurs de la marche du 12 février.

Nous ne sommes plus en 1988 quand toutes les classes sociales, ouvriers, bourgeois, féodaux, couches moyennes, ne voulaient plus du parti unique devenu une entrave à l’expression de leurs intérêts sociaux opposés et un obstacle à leurs luttes pour le contrôle absolu de la machine d’Etat.

Durant ces 20 dernières années, les classes dirigeantes ont réussi à imposer une démocratie de façade. Le pays est passé par une terrible guerre civile déclenchée à l’initiative des franges les plus réactionnaires de la société sous l’étendard de la religion. La responsabilité de cette sanglante période incombe aux forces du libéralisme quel que fût leur habillage.

Elles ont fomenté, encouragé et même suscité l’islamisme pour tétaniser les forces de progrès et désorienter les masses. Le but de cette stratégie est maintenant apparu dans toute sa clarté à l’immense majorité de la population laborieuse: mener une contre-révolution antinationale et antipopulaire qui a fait passer l’essentiel des richesses du pays entre les mains d’une minorité, écraser sous la domination de celle-ci les travailleurs et les couches laborieuses, asservir les démunis sous le poids du pouvoir des voleurs des richesses de la nation. Les partisans du capitalisme dans le pouvoir et en dehors de lui ont donc réussi à imposer des orientations économiques et sociales capitalistes après le soulèvement du 5 octobre 1988. Ils avaient exploité et dévoyé le mécontentement des travailleurs et des jeunes contre le chômage, la misère, la corruption et les inégalités sociales propagés à grande échelle avec le virage à droite de ces années 1980.

Vingt ans après, les travailleurs n’acceptent pas de se ranger derrière n’importe quel appel « à la liberté et à la démocratie ». Leurs aspirations démocratiques sont chargées de revendications tel que le besoin d’avoir un travail que seule une société débarrassée des inégalités sociales peut garantir. Libertés démocratiques, travail, pain, logement, santé, éducation, sont étroitement liés. La dignité ne peut être assurée que dans une société qui garantit le plein emploi, bannit l’exploitation, la domination des capitalistes et la dictature des possesseurs de sacs d’argent, la fameuse « chkara ». Un pays qui ne se développe pas ne peut garantir une vie digne à ces forces laborieuses. Le libéralisme, dont la faillite totale sur tous les plans est maintenant manifeste dans notre pays, est le grand obstacle à une vie digne et à de vraies perspectives pour les jeunes.

Tout parti qui prétend défendre la dignité du citoyen mais refuse de poser les revendications matérielles des travailleurs et la nécessité vitale de relancer le développement grâce à la reconstruction d’un puissant secteur d’Etat, ou bien ne fait qu’étaler le mépris des « repus » pour ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre et n’arrivent ni manger à leur faim ni à se loger décemment. Ou bien, et cela va ensemble, il vise à utiliser la masse ouvrière pour remplacer une équipe au pouvoir par une autre soi-disant plus « crédible » sans mettre en danger les fondements du système à l’origine de la misère et les injustices.

La crise du système économique et politique a atteint un tel degré d’acuité que les partisans du capitalisme sont déchirés par de sérieuses divergences sur le mode de « gouvernance ».

L’un a tiré les leçons de la faillite du libéralisme et paraît vouloir faire jouer à l’Etat un nouveau rôle pour lancer un processus de ré-industrialisation. Cela implique notamment le contrôle des entrées et sorties de devises du pays. Sa grande préoccupation est de sauvegarder les intérêts et le pouvoir de la bourgeoisie en faisant éviter à cette dernière le risque d’être emportée par une révolution qui résultera inévitablement de l’aggravation de la crise mondiale actuelle du capitalisme. L’autre groupe se cramponne à des positions ultra libérales.

Il combat à mort cette tentative sans hésiter à rechercher l’appui des puissances impérialistes, pour lesquelles l’Algérie doit être cantonnée dans le rôle de comptoir économique, de vaste marché où se déversent les marchandises des pays capitalistes confrontés à une crise mondiale de leur système. En aucun cas ces puissances ne permettront à l’Algérie de reprendre le chemin du développement abandonné en 1980. Elles considèrent que le peuple algérien, trop fier de son combat séculaire pour se libérer de toute tutelle dominatrice étrangère, deviendrait dangereux pour leurs plans géostratégiques s’il parvenait à renouer les fils avec les grands objectifs libérateurs de la stratégie de développement amorcée à la fin des années 1960.

C’est le grand enjeu de l’heure. Et la question de la démocratie ne peut être coupée de la défense des intérêts des travailleurs et des intérêts généraux du pays confronté aux pressions et menaces voilées des pays impérialistes.

Quiconque tente de séparer ces deux aspects de la démocratie travaille, consciemment ou inconsciemment à faire prévaloir les intérêts de la bourgeoisie compradore, parasitaire et exploiteuse.

Aux amis qui peuvent ne pas comprendre notre refus de cautionner les objectifs des ultra libéraux nous rappelons nos positions de principe.

« Nous soutenons toute action, toute manifestation, toute grève dirigée contre ce régime et ses choix de classe. Nous dénonçons toute entrave à la liberté d’expression des travailleurs et des progressistes. Quand nous en avons les moyens, nous organisons nos propres initiatives, fussent-elles d’envergure limitée, sous des mots d’ordre clairs pour la réalisation des aspirations de classe des masses laborieuses. Quand nos forces ne nous le permettent pas, nous nous adressons aux travailleurs entraînés dans les marches organisées par les partis bourgeois ou petits-bourgeois pour qu’ils impriment à ces marches leurs revendications politiques et économiques de classe.

Cependant, le PADS ne marchera pas derrière les partisans de l’ultra-libéralisme et amis des magnats de l’huile et du sucre, affameurs du peuple et exploiteurs sans vergogne des travailleurs. Il ne marchera pas derrière ceux qui se concertent avec l’ambassadeur des USA pour obtenir son appui dans leur course au pouvoir après avoir conféré avec les responsables des services de sécurité algériens. Il ne marchera pas sous la banderole agitée par ceux qui n’ont rien trouvé de mieux à faire que de chercher à gagner la sympathie de Cohn-Bendit, ancien partisan de la libération de Ali Belhadj, au plus fort des massacres commis par les terroristes du FIS, et député européiste enragé, viscéralement hostile à tout peuple aspirant à se libérer de la tutelle des grandes puissances impérialistes.

Le PADS marchera avec les travailleurs, les jeunes, les petits fellahs, les intellectuels démocrates progressistes et humanistes, les cadres honnêtes et patriotes de l’Etat et de l’économie, pour un changement radical de régime, pour que soit enfin instaurée la république démocratique et populaire rêvée par les masses populaires et esquissée dans le Programme de Tripoli et le programme du Parti Communiste Agérien à la veille de la proclamation de l’indépendance de l’Algérie après une guerre de libération lourde de sacrifices.

Nous ne tromperons par les travailleurs et les jeunes par des mots d’ordre suivistes qui les pousseraient à se mettre à la remorque des partisans du capitalisme dits d’opposition, à servir de chair à canon pour favoriser la réalisation de leurs objectifs de rééquilibrage des forces en présence au sein du régime, sans rupture avec le système capitaliste, quels que soient les bavardages sur le « changement de régime ». Nous les mettrons en garde pour qu’ils ne soient pas les jouets des forces de l’ultra libéralisme et les instruments inconscients du plan des puissances impérialistes qui considèrent que le moment est venu de prendre complètement le contrôle de l’Algérie par l’intermédiaire d’hommes de paille totalement soumis à leurs visées et encore plus réactionnaires que les gens du régime.

Il serait criminel de cacher au peuple et aux travailleurs que les dirigeants de l’opposition ralliée à l’ultra libéralisme agissent de concert avec les pays impérialistes et jouent sur tous les tableaux pour arriver à leurs fins: exercer le pouvoir pour gérer « loyalement » un territoire selon les voeux des pilleurs impérialistes, les règles et les critères qu’ils ont définis pour le monde entier afin de soutirer le maximum de profits des pays pris dans leur filet. Il serait impardonnable de notre part de ne pas éveiller la vigilance des travailleurs pour qu’ils ne tombent pas dans le piège de leurs ennemis de classe déguisés en amis compatissant à leur détresse, sous prétexte que l’heure est d’abord à la lutte pour la démocratie et que les objectifs que nous poursuivons seront débattus plus tard grâce aux « acquis de la démocratie ».

Nous ne séparons pas le combat démocratique de la lutte pour mettre en échec les complots des pays impérialistes. Démocratie populaire en faveur de la classe ouvrière, de la paysannerie laborieuse, des couches intermédiaires vivant de leur travail et écrasées elles aussi par le système impérialiste-compradore ou démocratie bourgeoise inféodée à ce système? Telle est la question posée à l’étape actuelle des luttes.

Notre principe tactique est d’être dans toutes les manifestations avec nos propres analyses, nos propres mots d’ordre et nos propres objectifs sans se laisser lier les mains par aucun appel à la « trêve idéologique et politique » avec les partis de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie « modernistes » au nom d’une soi-disant unité la plus large des « démocrates » qui serait « indispensable » pour abattre le régime. Notre tactique est de combattre les tentatives d’exploiter le mécontentement des travailleurs et les révoltes des jeunes, par les partis et organisations qui critiquent d’un point de vue encore plus réactionnaire certaines décisions économiques du pouvoir en se camouflant sous le drapeau de la lutte pour la démocratie pour cacher leurs objectifs de classe. (…)

La responsabilité historique des communistes algériens et de toutes les forces de progrès du pays est de travailler à la prise de conscience des travailleurs pour qu’ils jouent un rôle fondamental dans les luttes en vue d’un changement radical de régime. (…)
La tâche qui se pose à toutes les forces progressistes authentiques du pays est de conduire la lutte de classes des exploités et des catégories sociales marginalisées par le système politique et économique actuel sans servir de marche-pieds pour leurs ennemis de classe, fussent-ils « opposants » et « démocrates ». »

(Extraits de la réponse du PADS, datée du 31 janvier 2011, à la question d’un lecteur sur notre position par rapport à l’appel à la marche du 12 février)

[Mercredi 27 avril 2011

Edito Du Lien : “Marcher Avec Qui Et Pour Quelle Alternative?”

PARTI ALGERIEN POUR LA DEMOCRATIE ET LE SOCIALISME->http://www.lien-pads.fr/article-edito-du-lien-marcher-avec-qui-et-pour-quelle-alternative-72673670.html]

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« Pour L’Algérie de demain avec la lutte de classe qui s’annonce nous aurons besoin de tous les camarades…»

Fernand Iveton

L’article ci-dessous de notre camarade William Sportisse a été publié sur le site internet du journal Alger républicain. Nous le reproduisons pour nos lecteurs:

Après son arrestation le 14 novembre 1956 par les forces répressives du colonialisme français, Fernand Iveton a entretenu, avant son exécution le 11 février 1957, une correspondance suivie (une lettre par semaine) avec Maître Joë Nordmann, juriste international membre du Parti communiste Français qui prit en charge la défense de ses intérêts au côté de Maître Smadja alors membre du Parti communiste Algérien.

Le pouvoir colonial voulait impressionner les militants européens anticolonialistes qui désiraient s’engager dans la lutte armée. L’exemple donné par Iveton ne devait pas se reproduire. Il accéléra le rythme de la procédure en désignant d’office un avocat Me Lainé pour défendre Iveton qui fut traduit devant le tribunal et condamné à mort dix jours après son arrestation.

Le directeur de la prison de Barberousse où il est placé en détention le 19 novembre 1956 après avoir subi d’horribles tortures, l’informe le 2 décembre «qu’il n’a pas le droit de correspondre avec ses avocats» (lettre du 8 décembre à Joë Nordmann). Mais Iveton ne tient pas compte de ce mensonge du directeur de la prison exige du vaguemestre que ses lettres soient recommandées afin qu’un récépissé de transmission lui soit remis et qu’un accusé de réception lui confirme l’arrivée à leurs destinataires .

Dans son ouvrage qui dresse le bilan de sa vie professionnelle et politique intitulé «Aux vents de l’histoire» Maître Joë Nordmann écrit: «Parmi les affaires que j’eus à plaider pendant «les évènements d’Algérie», une, entre toutes m’a laissé le plus fort souvenir. Triste souvenir parce que mon client, mon camarade, est mort sur l’échafaud. Mais souvenir fervent, aussi, que celui de Fernand Iveton. Sa droiture, sa clarté d’esprit, sa fidélité aux principes de liberté et d’indépendance m’impressionnèrent lorsque pour la première fois je le rencontrai à la prison de Barberousse d’Alger. Il avait trente ans.»

Joë Nordmann écrit encore que le Président de la République Française René Coty qui «était bien convaincu de l’injustice de la condamnation à mort de Fernand Iveton l’a néanmoins envoyé à la guillotine. L’Algérie Française l’exigeait.»

La bourgeoisie capitaliste française et la grosse colonisation terrienne ne pouvaient pas lui pardonner de s’être dressé contre l’oppression d’un peuple.

Sa conscience de classe que partageait tous ses camarades du Parti communiste Algérien ne pouvait que le conduire à comprendre les liens étroits existant entre la lutte contre l’oppression des peuples et l’exploitation de l’homme par l’homme. Sa conscience de classe l’amenait à distinguer les peuples de leurs oppresseurs et de leurs exploiteurs. Elle l’avait éveillé à cette idée que seule la lutte des peuples sur leur sol national et leur union à l’échelle internationale dans le combat contre leurs oppresseurs et exploiteurs étaient décisives pour les vaincre. Enfin, il était convaincu que le socialisme était la solution pour se débarrasser de l’exploitation et de l’oppression.

Des passages de ses correspondances à Maître Joë Nordmann le confirment. En effet, dans sa lettre du 25 janvier 1957 à propos des illusions de compagnons de détention on relève cette phrase: «Tous ici attendent l’ONU. Quant à moi je suis sûr que cela ne changera rien car notre lutte se joue sur le sol Algérien avec nos alliés les plus sûrs le peuple de France et son P.C.F». Toujours dans cette lettre il ajoute: «Pour l’Algérie de demain avec la lutte de classe qui s’annonce nous aurons besoin de tous les camarades, et les Algériens d’origine européenne doivent y participer. Mais quand je dis cela, dans mon esprit il n’y a pas de distinction raciale car les Musulmans aussi savent qu’ils auront à lutter pour leurs revendications sociales».

Enfin dans sa lettre du 31 janvier 1987 il exprime à son avocat son ferme espoir «d’une libération prochaine avec la paix retrouvée dans la fraternité de nos deux peuples, gages certains de nos victoires futures pour le socialisme et la paix mondiale.»

Le combat qu’a mené Iveton n’est pas encore achevé, il est vrai.

Il se poursuit encore sous nos yeux de nos jours. Les soulèvements populaires de Tunisie et d’Egypte qui ont chassé du pouvoir des exploiteurs bourgeois corrompus et corrupteurs qui se sont vendus à l’impérialisme et qui l’ont servi annoncent les victoires de demain contre l’exploitation et l’oppression pour l’émancipation des peuples de notre planète.

[Source:

Le Lien

le 27 avril 2011->http://www.lien-pads.fr/article-fpour-l-algerie-de-demain-avec-la-lutte-de-classe-qui-annonce-nous-aurons-besoin-de-tous-les-camaradeserna-72672262.html]

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PADS : RÉPONSE À UN CALOMNIATEUR “LAMENTABLE”?

Le Lien, le 27 avril 2011.

Nos déclarations sur la situation dans notre pays et notre position sur la marche du 12 février prise en main par les dirigeants du RCD ne peuvent évidemment plaire à tout le monde. Leur lecture ont ainsi provoqué une grosse fureur chez Hakim Arabdiou, ancien militant du Parti de l’Avant-garde Socialiste, liquidé par Hachemi Cherif en 1993, ancien journaliste à Alger républicain. Il ne semble pas avoir apprécié notre critique des positions et des objectifs de ces dirigeants qui ont fait de l’ultra libéralisme et de la recherche des appuis des puissances impérialistes l’alpha et l’oméga de leur ligne stratégique dans la lutte contre « le système ». Aussi a-t-il entrepris de bombarder de messages d’anciens militants du PAGS pour les pousser à prendre leurs distances du PADS.

Notre déclaration du 22 janvier est selon lui « vraiment lamentable »! Apparemment, il aurait été déçu de ne pas nous voir défiler sous la bannière des organisateurs de cette marche. Nous en sommes réduits à émettre des suppositions parce qu’il évite de s’expliquer clairement sur les raisons de sa colère. En guise de « réfutation » nous avons droit à une bordée de mensonges ignobles accompagnées d’affirmations péremptoires sur notre incapacité à comprendre « grand-chose à la dialectique marxiste (confondant) analyse marxiste et discours marxiste ». Ainsi, « le sectarisme le dispute au gauchisme » dans notre déclaration.

En attendant qu’il nous expose comment il pense appliquer la dialectique marxiste aux réalités algériennes d’aujourd’hui et en quoi consistent le sectarisme et le gauchisme dans notre refus d’aller dans le sens des organisateurs de cette marche, Arabdiou n’a pas d’autres « arguments »pour chercher à discréditer notre parti que de lancer des inventions délirantes sur de prétendus liens que ses dirigeants auraient entretenus avec les chefs du parti islamo-fasciste du FIS en 1990.

Voici dans son intégralité un paragraphe de son message où le mensonge le plus éhonté « le dispute » à la calomnie:

« Pourtant, et comme l’avaient fait Aït-Ahmed et deux autres dirigeants du FFS, ces mêmes dirigeants du PADS, du MDS et les sans partis n’avaient pas hésité en 1990 à aller en cachette de leurs militants et des masses laborieuses lécher les bottes du parti fasciste du FIS, en lui envoyant plusieurs délégations quémandant l’unité d’action, avec un parti pire ennemi de la classe ouvrière et du peuple algérien, sans parler d’autres gestes de faillotage de leurs part envers ce parti que ce dernier avait rejeté avec le plus grand mépris, tels que l’invitation de Abassi Madani, Ali Benhadj… à la cérémonie de notre parti, le Parti de l’avant-garde socialiste (communiste), etc. « 

Chacun peut constater que notre procureur lance des accusations à la cantonade dans l’espoir de tromper ceux qui ne connaissent pas l’histoire du PAGS pour les monter contre tous ceux qui ne partagent pas son approche de l’issue à la crise algérienne.

1-

Notre parti n’existait pas en 1990.

Il a été créé en 1993 à la suite de la liquidation du PAGS par le groupe Hachemi Cherif. Notre parti est né du refus du fait accompli face à l’action des renégats qui ont privé la classe ouvrière, la paysannerie pauvre et la jeunesse d’une organisation de combat au moment où elles en avaient le plus besoin pour affronter les islamo-fascistes et les agents antinationaux du capitalisme et des ajustements structurels au pouvoir; à une période où il fallait lier la lutte contre les partisans de l’ultra libéralisme qui se cachaient sous le voile de l’Etat islamique et contre ceux qui prétendaient défendre la « république » mais se lançaient, sous prétexte qu’il n’y avait pas d’autre choix pour éviter un état de cessation de paiement, dans la destruction des acquis du développement de l’Algérie et les conquêtes sociales arrachées par le mouvement ouvrier algérien.

Toutes les analyses de notre parti depuis sa création ont défendu avec constance cette position de fond.

Mais Monsieur Arabdiou, qui laisse entendre qu’il maîtrise la dialectique marxiste, sans jamais avoir tenté quoi que ce soit pour organiser la classe ouvrière afin que celle-ci soit capable de combattre son « pire ennemi », ne semble pas s’embarrasser des petits détails de l’histoire.

2-

Contrairement à ce qu’il prétend, aucun des dirigeants du PAGS qui ont participé à la fondation du PADS n’a approché les dirigeants du FIS

à quelque moment que ce soit. Arabdiou ne peut fournir que des propos injurieux en guise de « preuves ».

3-

À notre connaissance aucun autre dirigeant du PAGS ne s’est livré en 1990 aux démarches dénoncées

avec le contenu qu’il leur attribue dans ses affirmations calomnieuses.

À la fête de la légalisation du PAGS, en septembre 1989, sa direction avait effectivement invité les représentants de tous les autres partis existant. Les dirigeants du FIS, dont les positions politiques n’étaient pas encore affirmées au grand jour n’avaient pas fait exception à cette décision. Il est vrai que quelques cadres du PAGS se dépêchèrent de l’interpréter avec un certain enthousiasme comme une application « créatrice » de la « nouvelle mentalité », si chère à Gorbatchev et à ses adeptes en Algérie.

Mais la préoccupation de la direction du PAGS, telle qu’elle avait été expliquée aux militants, était d’éviter toute démarche politique susceptible d’être présentée comme la manifestation d’une hostilité viscérale à l’Islam, inhérente à la nature même des buts politiques des communistes. Elle visait à mettre en échec toute tentative d’isoler le PAGS en l’entraînant dans un engrenage où il se serait retrouvé tout seul face au FIS, à éviter de commettre des erreurs tactiques faisant le jeu du régime qui avait encouragé le développement des mouvements islamistes pour contrer le PAGS et les courants progressistes.

De ce point de vue, on ne peut pas dire que cette tactique ne s’était pas avérée judicieuse, quelle que soit l’appréciation portée 20 ans après sur l’invitation adressée au FIS en septembre 1989, à une époque où tous les citoyens manifestaient d’abord leur joie de jouir du droit à s’organiser librement après l’abolition du système du parti unique.

L’affrontement FIS-PAGS ne s’est pas déroulé comme l’avait préparé tout un groupe du pouvoir qui espérait parvenir à liquider physiquement les militants du PAGS par le truchement des nervis du FIS, et à en finir ainsi « pour toujours » avec toute idée communiste dans notre pays.

Le FIS s’est retourné contre ceux-là mêmes qui l’avaient choyé. Si le FIS est aujourd’hui complètement discrédité auprès de larges couches de la société, c’est parce qu’il a trouvé en face de lui un large spectre de courants politiques mobilisés par le PAGS, et pas seulement les communistes, c’est parce que ces derniers ne sont pas tombés dans le grossier piège mortel que leur tendaient les ennemis des travailleurs et du progrès, c’est-à-dire les commanditaires nationaux et étrangers de l’islamisme réactionnaire.

Il faut être franchement animé d’une malhonnêteté sans borne pour soutenir des allégations aussi fantaisistes que celles de Arabdiou.

4-

Monsieur Arabdiou amalgame de façon désinvolte le PADS à AÏt Ahmed et des dirigeants du FFS.

Dans la mesure où il semble attaquer le FFS pour sa participation au Pacte de Sant’Egidio de janvier 1995 (pacte de réconciliation avec les tueurs islamistes et de relégalisation du FIS), qu’il nous explique alors comment se fait-il qu’il appuie une marche, celle de janvier ou celle du 12 février, dont l’initiative appartient depuis l’origine à Ali Yahia Abdennour, un des partisans les plus acharnés de ce pacte et avocat de Abassi Madani et de Ali Belhadj. Par rejet du « sectarisme » et du « gauchisme » envers des démocrates de « tous bords »?

5-

Monsieur Arabdiou tente de nous faire croire implicitement qu’il a toujours combattu toute compromission avec le FIS.

On l’aurait volontiers cru s’il n’avait pas appuyé en mai-juin 1991 – en pleine action insurrectionnelle du FIS – la tentative de prise de contrôle d’Alger républicain par Bentchicou, sous la direction duquel ce journal « quémandait » alors des interviews des chefs du FIS et affichait fréquemment leurs photos sur ses « Une » pour plaire à leur base, au nom d’une conception mercantile et opportuniste de l’information, une conception complètement étrangère à la ligne historique du journal et à ses principes journalistiques.

Que ce même journal ait été aussi convoité par le groupe du FAM pour le mettre au service du pouvoir, est une autre affaire. La tentative de ce groupe a été elle aussi déjouée.

le 17 février 2011

PADS

Source: “Le Lien”, le 27 avril 2011.

_____

* Rappelons que le PAGS avaient dénoncé dans une déclaration publique Ali Belhadj qui avait regroupé fin 1989 à la Soumaa, près de Blida, des centaines d’anciens gros propriétaires fonciers dont les terres avaient été nationalisées en 1972-1974 pour les exhorter à en chasser par les armes les attributaires de la Révolution agraire.

C’est sur la base de cette ferme prise de position que des militants du PAGS avaient entrepris un travail de mobilisation intense de la paysannerie dans les campagnes, pour dénoncer le FIS, ses liens avec les anciens féodaux, les gros spéculateurs et les exploiteurs de la classe ouvrière, ainsi que le gouvernement Hamrouche qui allait restituer les terres nationalisées.

La riposte aux appels de Ali Belhadj, notamment dans la région de Boufarik, sous l’impulsion de notre camarade Boualem Tiouerguiouine, assassiné en septembre 1995, par les sbires de Zouabri, a contribué à isoler le FIS au sein de larges couches de la paysannerie.

Ce travail d’implantation dans les campagnes, sur la base de la défense des intérêts de la paysannerie laborieuse, a été ensuite saboté sous l’action conjuguée de divers courants renégats ralliés à l’idéologie fumeuse du « capitalisme moderne » qui avaient pris le contrôle du PAGS, avant et après son congrès de décembre 1990.

[Source:

Le Lien

le 27 avril 2011
->http://www.lien-pads.fr/article-pads-reponse-a-un-calomniateur-lamentable-72671781.html]

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