بيان السيد مولود حمروش – ALGER-17 février 2014 – DÉCLARATION DE MOULOUD HAMROUCHE


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Le message de Mouloud Hamrouche est dans la droite ligne du parcours politique qu’on lui connaît. Il fut en 1990-91, comme premier ministre, l’acteur promoteur d’une transition pacifique souhaitée et de réformes démocratiques et sociales dans plusieurs domaines. Elles furent d’abord contrecarrées par les cercles mafieux puis brutalement interrompues par la montée conjointe de deux hégémonismes antagoniques, tous deux mus par les seules logiques de pouvoir et de division, à l’encontre des profonds besoins nationaux et aspirations populaires.

Il en est résulté la catastrophe du choc frontal des violences armées entre un système dictatorial qui a aggravé les tares de son origine (été 62 et juin 65) et une opposition majoritairement intégriste et tout aussi antidémocratique et fortement manipulée.

Toute la population, le devenir algérien et tout l’environnement régional continuent à en payer le prix.

La déclaration de Mouloud Hamrouche sera interprétée de différentes façons dans tous les secteurs de la société et du champ politique. L’important pour les forces démocratiques et sociales soucieuses d’œuvrer de façon autonome à une issue constructive de la grave crise engendrée par la lutte des clans et attisée par les convoitises internationales, est de mesurer les problèmes de fond évoqués par cette déclaration et ne pas s’enliser dans les interprétations étroitement politiciennes.

L’éditorial du Quotidien d’Oran exprime cette préoccupation salutaire.

À quoi il faut ajouter qu’ aucune solution bénéfique à la crise n’adviendra par les seuls consensus au sommet des appareils d’!Etat, si l’opinion populaire, les couches sociales jusqu’ici désabusées, les organisations associatives et les forces les plus conscientes dans toutes les formations politiques de sensibilités idéologiques différentes, ne pèsent pas de tout leur poids en faveur d’issue consensuelle et démocratique.

  • D’abord en refusant de se laisser entraîner, de s’aligner et de s’associer à toute faction intéressée par les seules visées de repartage des pouvoirs en vase clos. Le seul rapport de force bénéfique n’est pas celui entre des égoïsmes claniques et divers appareils au sommet, mais celui qui exprime les besoins et les aspirations du pays profond.
  • En même temps en défendant par toutes les initiatives et actions pacifiques et unitaires possibles les revendications démocratiques et sociales légitimes très concrètes de la population.

À chaque secteur et citoyen de trouver les meilleures formes d’expression et d’action qui doivent interpeller
l’ensemble des acteurs se disant concernés par la mise en place d’une transition et d’une alternative constructive au système de pouvoir qui a mené l’Algérie au bord des périls actuels.

S. H. pour Socialgerie.


بيان السيد مولود حمروش

بيان للسيد مولود حمروش رئيس الحكومة السابق

– تنتظر البلاد محطات دقيقة تحدد مآلها الآني وتحسم صيرورتها المستقبلية، بدءا بالرئاسيات، سواء ترشح لها الرئيس أم لم يترشح، ووصولا إلى تقلد أجيال جديدة لمناصب المسؤولية

وحتى تستقبل البلاد هده المحطات في كنف الانسجام والطمأنينة والانضباط القانوني والهدوء الاجتماعي، من الضروري الحفاظ على مصالح مختلف المجموعات والمناطق والأقليات وصيانتها. كما ينبغي أن تتولى الدولة حماية كل الحقوق وأن تضمن ممارسة كل الحريات. وهذه إجراءات من شأنها توفير قدرة أحسن على حفظ الأمن وعلى تعزيز المنجزات وعلى تصحيح الاختلالات وعلى مجابهة النقائص

من الحكمة اليوم التذكير بأن استعادة هويتنا الجزائرية ومشروعنا الوطني قد وجدا في ثنايا جيش التحرير الوطني ثم في الجيش الوطني الشعبي، فرصة التبلور والتموطن والاحتماء

وما كان أن يتحقق ذلك لولا فضل رجال استطاعوا تحقيق الاجماع وصياغة حلول توافقية. ففي كل مرحلة وفي كل أزمة تمكن هؤلاء من حماية وحدة الصف والانضباط بتجاوزهم كل تقسيم ثقافي أو عشائري أو جهوي وقاية للهوية والمشروع الوطني

هل من الضروري اليوم التذكير بوعد بناء دولة عصرية لا تزول بزوال الرجال والحكومات ولا تتأثر بالأزمات؟ وهل لابد من التذكير كذلك بالتعهد بمواصلة المسار الديمقراطي والتذكير بالتصريحات التي تؤكد استئناف الإصلاح

إن مكونات مجتمعنا لا يمكنها أن تتناغم اليوم مع ممارسة سلطات سيادية بدون سلطات مضادة. كما لا يمكنها أن تتلاءم وممارسة سلطات عمومية أو مهام غير عادية بدون تفويض قانوني وبدون رقابة. إن هذا التناغم وهذا التلاؤم من صميم مصلحة الجزائر وأمنها ومن مصلحة كل الجزائريين وأمنهم ومن مصلحة كل مناطق البلاد وأمنها

هذه شروط تمكن جيشنا الوطني الشعبي من القيام بمهامه بكل يسر ونجاعة وتمكن مؤسساتنا الدستورية من الاضطلاع بمهامها ودورها في الوضوح

وهي شروط تمكن شعبنا من مواصلة السير على طريق الإنصاف والرقي والتضامن بين كل مكوناته ألاجتماعية وتمكنه من إدراك كل المتطلبات ورفع كل التحديات الراهنة

وهي شروط تجعل دولتنا محل ثقة ومصداقية وجدية لدى شركائها وجيرانها

لكل أزمة ضحاياها وفرصها

فلنستغل فرصها ولنتفادى ضحاياها

الجزائر 17/02/2014

sources:lequotidienalgerie.org


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DÉCLARATION

DE

MOULOUD

HAMROUCHE

ALGER

le 17 février 2014

Notre pays vit des moments sensibles qui vont conditionner son avenir immédiat et profiler irrémédiablement son devenir au delà de la présidentielle, indépendamment du fait que le Président soit candidat ou pas, par l’arrivée de nouvelles générations aux postes de responsabilité.
Pour que notre pays vive ces échéances dans la cohésion, la sérénité et la discipline légale et sociale, il est primordial que les différents intérêts de groupes, de régions et de minorités soient préservés et garantis. De même qu’il est impératif que l’Etat préserve tous les droits et garantisse l’exercice de toutes les libertés. Ceci est essentiel pour assurer la sécurité, renforcer les avancées, corriger les distorsions et éliminer les failles.
Faut-il rappeler ici et maintenant que la renaissance de notre identité algérienne et notre projet national ont été cristallisés, abrités et défendus, successivement par l’Armée de libération nationale, puis, l’Armée nationale populaire ?
Cela n’a été possible que grâce aux hommes qui ont su trouver des compromis et élaborer des consensus.
À chaque étape et à chaque crise, ces hommes ont su préserver l’unité des rangs, la discipline et transcender tout clivage culturel, tribal, régional en préservant l’identité et le projet national.

Faut-il convoquer aujourd’hui la promesse d’édifier un Etat moderne qui survit aux hommes, aux gouvernements et aux crises?

Faut-il rappeler encore l’engagement pris de poursuivre le processus démocratique?

Faut-il invoquer la promesse de continuer la réforme?
Nos constituants sociaux ne peuvent s’accommoder de pouvoir souverain sans contrepouvoir.

Il ne peut y avoir d’exercice d’un pouvoir d’autorité ou de mission sans habilitation par la loi et sans un contrôle.

Il y va de l’intérêt et de la sécurité de l’Algérie, de tous les Algériens et de toutes les régions du pays.
C’est à ces conditions que notre Armée nationale populaire assurera sa mission plus aisément et efficacement et nos institutions constitutionnelles assumeront clairement leurs rôles et fonctions.
C’est à ces conditions aussi que notre peuple persévèrera dans la voie du progrès, de l’équité et de la solidarité entre toutes ses composantes sociales et appréhendera les enjeux, tous les enjeux, et relèvera les défis, tous les défis, d’aujourd’hui.
C’est à ces conditions que notre Etat demeurera crédible, sérieux et fiable pour ses partenaires et ses voisins.
Chaque crise a ses victimes et ses opportunités.
Evitons de gâcher ces nouvelles opportunités ou d’avoir de nouvelles victimes.
Alger, le 17 février 2014
sources: El Watan


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UN RETOUR AUX FONDAMENTAUX

par K. Selim

Le Quotidien d’Oran

éditorial

le 18 février 2014

« Chaque crise a ses victimes et ses opportunités. Evitons de gâcher ces nouvelles opportunités ou d’avoir de nouvelles victimes». Le message, très politique, de Mouloud Hamrouche confirme que la crise au sein du régime algérien est réelle. Il suggère qu’il est possible d’en faire, non pas un pas de plus vers l’effondrement, mais une opportunité pour avancer et se renforcer.

L’ancien chef du gouvernement réformateur est connu pour être économe de paroles par refus de faire dans le bavardage dans lequel le système en place a confiné les «animateurs» d’une scène politique factice. La question de la présidentielle devient presque secondaire par rapport à la situation de rupture qui existe au sein du régime. Le vrai enjeu est comment négocier ce changement en marche de manière positive. Comment éviter les coûts exorbitants payés par le pays et la société à chaque tentative de changement. La question du changement est posée depuis au moins 1988, le vrai enjeu est de le réaliser dans la «cohésion, la sérénité et la discipline légale et sociale». Il n’y a pas de recette miracle, il faut aller vers un nouveau contrat social qui préserve les «différents intérêts de groupes, de régions et de minorités» tout en faisant de l’Etat un «garant de l’exercice de toutes les libertés».

L’ancien militaire qui s’adresse à ses pairs rappelle qu’au-delà des vicissitudes du pouvoir, l’ANP comme l’ALN sont engagées par la promesse de l’édification d’un Etat moderne «qui survit aux hommes, aux gouvernements et aux crises», que cette armée est tenue par «l’engagement pris de poursuivre le processus démocratique» et la réforme. Le pays peut progresser à condition de changer de manière fondamentale le rapport de l’Etat à la société. Et d’aller vers la réalisation de l’engagement initial d’un pays indépendant où les libertés, toutes les libertés, sont défendues par l’Etat. Hamrouche a déjà défendu, par le passé, l’idée que les Etats les plus forts sont ceux qui accordent plus d’importance aux libertés qu’à la sécurité. Cela ne relève pas de la naïveté, les citoyens libres et organisés sont plus armés pour défendre leur pays et ses intérêts que toutes les autocraties et les dictateurs éclairés présumés.

Hamrouche suggère qu’il y a une autre voie que celle du statuquo ou du glissement progressif, mais réel, vers la décomposition. Certains y verront, peut-être, l’idée d’une candidature de «troisième voie». C’est en réalité un retour aux fondamentaux du combat des Algériens : l’indépendance et les libertés. Toutes les libertés. «Nos constituants sociaux ne peuvent s’accommoder de pouvoir souverain sans contre-pouvoir. Il ne peut y avoir d’exercice d’un pouvoir d’autorité ou de mission sans habilitation par la loi et sans un contrôle. Il y va de l’intérêt et de la sécurité de l’Algérie, de tous les Algériens et de toutes les régions du pays». Hamrouche ne parle pas de la présidentielle. Et pour cause, l’enjeu fondamental n’est pas un changement de président. C’est d’un changement de régime dont il est question. Un nouveau système politique où l’armée «assurera sa mission plus aisément et efficacement et nos institutions constitutionnelles assumeront clairement leurs rôles et fonctions».

La déclaration de Mouloud Hamrouche sera nécessairement appréhendée comme un positionnement possible dans la course à la présidence. L’ancien chef de gouvernement était de toute façon considéré, qu’il le veuille ou non, comme un candidat possible dans le cas où Bouteflika ne rempile pas. Pourtant, la gravité de son propos montre que l’enjeu est plus lourd : comment réaliser, sans dégâts, un changement inéluctable ? Comment le réaliser, par les Algériens, sans attendre qu’on vienne nous réformer de l’extérieur ? Comment sortir du discours lénifiant de la «stabilité» alors que le statuquo et l’immobilisme sont de vraies menaces ? C’est une sortie éminemment politique qui vient relever la qualité du débat politique. Mouloud Hamrouche énonce publiquement avec beaucoup de responsabilité les normes et les conditions d’un nouveau contrat politique pour remettre l’Algérie en marche et la réconcilier avec son histoire. A défaut d’être entendu, il aura au moins averti.

sources: Le Quotidien d’Oran


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