LIBYE: APPEL UNITAIRE « NON à L’ENGRENAGE MILITAIRE! ARRÊT DES BOMBARDEMENTS, CESSEZ-LE-FEU. OUI AUX SOLUTIONS POLITIQUES

PAIX_LIBYE.jpg

PAIX_LIBYE.jpg
Contact presse :

Pierre Villard

06 82 92 29 46

Maison de la Paix – 9, rue Dulcie September – 93400 Saint-Ouen

Tel : 01 40 12 09 12 – Fax : 01 40 11 57 87

Site web: www.mvtpaix.org – mail: national@mvtpaix.org

Agréé Association Nationale de la Jeunesse et d’Education Populaire

Informations de presse

Libye : Appel unitaire.

« Non à l’engrenage militaire !

Arrêt des bombardements, Cessez-le-feu.

Oui aux solutions politiques. »

Rassemblements jeudi 31 mars dans les départements

L’évolution de la situation en Libye suscite une vive inquiétude. Nous sommes de nouveau face à une grave et dangereuse aventure guerrière.

Pleinement solidaires des mouvements populaires en Libye, en Tunisie, en Egypte et dans
l’ensemble de la région – qu’elles considèrent comme un souffle d’espoir extraordinaire pour les peuples du monde entier – des organisations nationales(1) lancent un appel unitaire pour dénoncer un engrenage dangereux et que cesse au plus vite la double peine infligée au peuple libyen.

Elles appellent à :

  • l’arrêt des bombardements et au retrait de l’OTAN
  • l’engagement d’initiatives politiques, notamment de la France et de l’Union européenne,
    pour l’établissement d’un cessez-le-feu multilatéral.
  • la mise en place internationale et régionale d’un strict embargo sur tous les armements, de sanctions notamment financières, et l’engagement de poursuites judiciaires contre les dirigeants du régime de Kadhafi responsables de crimes envers le peuple libyen

Elles(2) appellent les citoyens à se rassembler devant les préfectures ce jeudi 31 mars.

À Paris, un rassemblement est organisé à la Fontaine St Michel à 18h.

La liste des rassemblements sera mise à jour sur le site du Mouvement de la Paix : www.mvtpaix.org

Saint Ouen le 30 mars


(1) ACCA (Agir contre le colonialisme aujourd’hui) – ANECR (Association nationale des élus communistes et
républicains) – Appel des Cent pour la Paix – AFASPA (Association française d’amitié et de solidarité avec les
peuples d’Afrique) – AAW France (Américains contre la guerre) – Centre quaker international – Collectif des
iraniens contre la guerre – COT (Comité des objecteurs du Tarn) – DIDF (Fédération des Associations des
Travailleurs et des Jeunes) – Droit solidarité – Enjeu-Les Pionniers – Femmes Egalité – Gauche unitaire – Les
Alternatifs – Le Mouvement de la Paix – Ligue internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté – (MRAP)
Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples – MIR (Mouvement international de la
réconciliation) – PCOF (Parti communiste des ouvriers de France) – PCF (Parti communiste français) – Union
pacifiste

(2) les précédentes auxquelles il faut ajouter : CGT Paris – FASE (Fédération pour une alternative sociale et
écologique) – NPA (Nouveau parti anticapitaliste)


APPEL UNITAIRE


Libye : Non à l’engrenage militaire !

Arrêt des bombardements, Cessez-le-feu.

Oui aux solutions politiques.

L’évolution de la situation en Libye suscite une très vive inquiétude. Nous sommes de nouveau face à une grave et dangereuse aventure guerrière.

Nous sommes pleinement solidaires des mouvements populaires en Libye, en Tunisie, en Egypte, dans l’ensemble de la région, pour la démocratie, l’égalité et la justice sociale. C’est un souffle d’espoir
extraordinaire pour les peuples du monde entier.

Le peuple libyen est confronté à une répression brutale et meurtrière de la part du régime de Kadhafi.

Cependant, ni la « protection des civils », ni la prétention à exporter la démocratie ne peuvent légitimer des bombardements qui font de nombreuses victimes, en particulier civiles. De plus, la pratique du deux poids,
deux mesures qui prévaut dans le traitement des conflits et dans la réponse aux répressions de civils au
Maghreb, en Méditerranée et au Proche-Orient, est d’une inégalité flagrante.

Il est urgent maintenant de trouver une voie politique, diplomatique et de maintien de la Paix, susceptible
d’apporter une issue durable et juste, et de permettre au peuple libyen le libre choix de son avenir.

Quelle que soit l’appréciation que nous portons sur la résolution 1973 de l’ONU, nous affirmons que
d’autres solutions non-militaires sont possibles et nécessaires.

C’est pourquoi nous exigeons dans l’immédiat :

  • l’arrêt des bombardements et le retrait de l’OTAN
  • l’engagement d’initiatives politiques, notamment de la France et de l’Union européenne, pour
    l’établissement d’un cessez-le-feu multilatéral.
  • la mise en place internationale et régionale d’un strict embargo sur tous les armements, de
    sanctions notamment financières, et l’engagement de poursuites judiciaires contre les dirigeants du
    régime de Kadhafi responsables de crimes envers le peuple libyen

Nous appelons l’opinion publique à multiplier les initiatives et les débats citoyens, pour porter le plus
largement possible ces exigences, afin de stopper l’engrenage dangereux vers lequel nous refusons d’être
entrainés, et que cesse au plus vite la double peine infligée au peuple libyen.

Paris le 30 mars 2011

Signataires au 30 Mars à 9h :

ACCA (Agir contre le colonialisme aujourd’hui) – ANECR (Association nationale des élus communistes et
républicains) – Appel des Cent pour la Paix – AFASPA (Association française d’amitié et de solidarité avec
les peuples d’Afrique) – AAW France (Américains contre la guerre) – Centre quaker international – Collectif
des iraniens contre la guerre – COT (Comité des objecteurs du Tarn) – DIDF (Fédération des Associations
des Travailleurs et des Jeunes) – Droit solidarité – Enjeu-Les Pionniers – Femmes Egalité – Gauche unitaire –
Les Alternatifs – Le Mouvement de la Paix – Ligue internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté –
(MRAP) Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples – MIR (Mouvement international de
la réconciliation) – PCOF (Parti communiste des ouvriers de France) – PCF (Parti communiste français) –
Union pacifiste

L’ensemble des signataires sera mis à jour sur le site du Mouvement de la Paix: www.mvtpaix.org


pour accéder au format pdf téléchargeable, cliquer ici …

MONDE ARABE: QUELS SOUBASSEMENTS ET ENJEUX SOCIO-ECONOMIQUES?


“LA CONFÉRENCE DE LONDRES POUR FAIRE MAIN BASSE SUR LA LIBYE”, par Mohamed Bouhamidi, le jeudi 31-03-2011.


[a/s DES « MANIFESTATIONS PACIFIQUES D’UNE POPULATION DÉSARMÉE »

réaction d’un lecteur de socialgérie à l’article:

“LA CIA SERAIT PRÉSENTE SUR LE TERRAIN EN LIBYE”->#des]


ALGÉRIE: LE CHANGEMENT BIEN ORDONNÉ…par AHMED HALFAOUI, le 29 mars 2011.


OUI, L’ ALGÉRIE EST EN DANGER”, réaction de Abderrahmane Zakad, le 31 mars 2011 à l’articlede Ahmed Halfaoui, du 21 mars 2011 (Les Débats), mis en ligne par socialgérie, article 413 …


PARIS ET LONDRES DÉFINISSENT L’APRÈS – KADHAFI EN LIBYE”, Analyse de Kharroubi Habib, “Le Quotidien d’Oran”, le 28 Mars 2011.


LIBYE: «AUBE DE L’ODYSSEE» OU CHEVAL DE TROIE”, extrait d’un article de Djamel Labidi, “Le Quotidien d’Oran”, le 28 mars 2011


“LIBYE: DÉCLARATION DU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION”, le 29 mars 2011


pdf-3.jpg

LE NÉOCOLONIALISME EST OBLIGÉ D’ALLER LUI-MÊME AU CHARBON:

LA CONFÉRENCE DE LONDRES POUR FAIRE MAIN BASSE SUR LA LIBYE

jeudi 31-03-2011

par Mohamed Bouhamidi

Le mardi 29 mars 2011, quarante pays se réunissent à Londres pour discuter de l’avenir de la Libye? Le nombre est supérieur à celui de la «communauté internationale» habituelle et habituellement réduite aux quelques grandes puissances qui se sont arrogé cette qualité. Elles pouvaient avec cette qualité autoproclamée ignorer les opinions certainement différentes de l’écrasante majorité des pays et des peuples de la planète.

Mais croyez-vous sérieusement que les bicots-nègres cubains, brésiliens, burkinabés, algériens ou mauriciens peuvent encore réclamer un droit de parole? La Chine elle–même, l’Inde, le Brésil ne pèsent pas lourd devant cette «communauté internationale».

Ce n’est pas faire de l’ironie de remarquer que le cas libyen oblige les maîtres du monde à monter le spectacle d’une «conférence ouverte» sur l’avenir de la Libye. Un air de nous dire : «Voilà, nous n’avons rien à cacher; pas même un accord secret sur le partage du pétrole ni sur les futurs contrats de reconstruction des infrastructures et encore moins sur les futurs contrats d’armement pour remplacer ce que la «coalition», hier, et l’Otan, aujourd’hui, vont détruire sans aucune nécessité militaire.»

Le gouvernement Berlusconi à qui on ne la fait pas en matière de bonneteau a lâché sur les visées françaises qui lui feront perdre tout retour sur ses investissements avec Kadhafi et a vendu la mèche dans la presse en révélant les préparatifs français en Libye dès le mois de novembre 2010.

Ce que confirment le demi-aveu et la demi-fanfaronnade de Fillon sur le viol de l’espace libyen par des avions français dès la 4 mars 2011, c’est-à-dire bien avant la résolution de l’ONU.

Ce que confirment aussi les activités, vite ensevelies dans le silence médiatique, des forces spéciales britanniques et hollandaises sur le sol libyen.

Bien sûr, la presse embarquée dans cette nouvelle croisade regrette, en grinçant des dents, la «discrétion» de la présence arabe. Cela aurait été infiniment plus simple que la présence arabe donne à cette croisade la caution de la «demande d’ingérence» humanitaire pour délier totalement les mains des croisés.

L’impérialisme n’est plus ce qu’il était. Nous pouvons rappeler le temps béni des Sykes-Picot qui n’avaient nul besoin de tant de tralala pour découper le Moyen-Orient et se tailler leurs zones d’influence.

Nous pouvons le rappeler au moins à Cameron qui se présente comme le plus israélien et le plus sioniste des Premiers ministres britanniques – et à Sarkozy, l’ami qui demandait à Israël de combien de temps il avait besoin pour accomplir son agression et ses crimes au Liban.

Nous pouvons rappeler au moins à ces deux croisés qu’ils n’inventent rien de la politique et qu’ils ne sont que de pâles copies de leurs prédécesseurs qui agissaient comme maîtres d’œuvre et non comme sous-traitants d’Obama..

La mise en scène de Londres ne doit pas faire illusion.

Elle remplit plusieurs fonctions par défaut mais sa fonction essentielle reste de trouver une ligne de conduite impérialiste en Libye et d’aller chercher en dehors du cadre de l’ONU et de ses contraintes, pourtant bien maigres, un consensus sur l’interprétation qui arrange le mieux les intérêts des grandes puissances.

Car le casse-tête libyen est bien de cet ordre : quels buts politiques faire admettre à tous quand l’agression et ses buts ont été concoctés par quelques-uns?

L’ONU a-t-elle réellement mandaté Sarkozy, Cameron et Obama de changer le régime libyen, de tuer Kadhafi ou de le faire partir?
La réalité la plus plate et la plus prosaïque est que la conférence de Londres a pour but de dessaisir les insurgés de toute illusion et de toute possibilité de dire leur mot sur le futur de la Libye.

C’est pour cela que le Conseil national de transition n’est pas une partie et encore moins un acteur de la conférence.

Cette conférence a tout du remake et rien de la nouveauté pour les rapports entre les hommes!

Elle est une mise sous tutelle de la Libye tout entière, Conseil national de transition-compris!

Ni Obama ni ses sous traitants anglo-français ne veulent avoir de surprise.

C’est probablement l’expérimentation d’une nouvelle forme de protectorat.

Le message est clair : la coalisation ne va pas enlever le pouvoir à Kadhafi pour le livrer à des inconnus!

Mais au fond, ils ne veulent avoir de surprises avec personne! Ni avec les Tunisiens qui ont renversé Ben Ali ni avec les Egyptiens qui ont eu raison de Moubarak!

Cameron – encore lui!- comme Sarkozy ne s’inquiètent que du retour à l’ordre; que de s’assurer que le changement n’a rien changé dans les fondations et dans les structures de l’édifice.

Cette guerre sera une nouvelle guerre du pétrole avec quelques apparences nouvelles mais d’une extrême gravité.

La conférence de Londres peut ressembler à celle de Berlin qui jeta les bases d’une «entente» entre pays impérialistes pour le partage de l’Afrique et pour une «bonne gouvernance» de l’exploration et de la mainmise sur les territoires «découverts».

Durera-t-elle autant que la conférence de Berlin (du 15 novembre 1884 au 26 février 1885)? Ou pas plus que la conférence de Yalta (du 4 au 11 février 1945)?

Si elle en reste à ses résultats actuels la conférence de Londres aura échoué. Et même lamentablement échoué.

D’abord, elle est clairement une tentative grossière d’échapper, avec l’aide de Ban Ki-moon, à la légalité internationale – et c’est la seule – de l’ONU.

Cela a déjà réussi pour la Palestine dont la question se discute partout sauf dans le seul lieu légitime pour ce faire: l’ONU.

Ensuite, toutes les guerres qui ne débouchent pas sur des changements impossibles à obtenir par la politique sont inutiles et sont des guerres perdues.

Dans le cas libyen, c’est le changement de frontières. A quoi sert tout ce branle-bas si c’est pour revenir à une Libye dans ses frontières post-coloniales?

Le coût sécuritaire et politique aurait été énorme si le but devait se résumer à faire main basse sur le pétrole. Mais il serait très faible si la partition de la Libye devait ouvrir la voie royale à la disparition des Etats nés des indépendances et d’abord l’Etat algérien.

Rappelons pour ceux qui l’ignorent que le Sahel recèle des réserves fabuleuses d’hydrocarbures et d’autres richesses dont l’accaparement représente une formidable issue de secours à la suprématie américaine face à la montée inéluctable de l’Inde, de la Chine, du Brésil, etc.

Pourtant, derrière les rodomontades de Sarkozy et ses mises en scène de caïd, le rapport de force n’est pas du tout en faveur des grandes puissances. Elles n’arrivent pas à se sortir de la crise financière d’hier et encore moins de la crise économique d’aujourd’hui.

Bien sûr, comme leurs prédécesseurs en 1914 et en 1945, les dirigeants impérialistes aujourd’hui n’ont que la guerre comme solution immédiate; la destruction des potentiels accumulés pour relancer la machine et étouffer toute révolte sociale en leur propre sein.

Les révoltes étudiantes en Italie et en Angleterre, le retour du mot révolution dans leurs manifs et leurs tags, les grèves des fonctionnaires aux Etats-Unis, la mobilisation inattendue pour les retraites en France sont des signes avant-coureurs de tempêtes à venir sur leurs sols. Elles ne peuvent les négliger.

Les menaces de l’ajustement structurel pèsent sur l’Espagne, l’Italie, voire la France, et les 27 sortent impuissants et incapables de trouver des solutions au chantage du capitalisme financier: pas touche à ses privilèges, pas question de régulation!

Le drame est que même la guerre ne peut résoudre la crise du capital financier; ni même la mainmise sur le pétrole.

Il s’est tout simplement imposé contre les intérêts et les besoins de toutes les autres catégories sociales, y compris le capital industriel, contre les intérêts de tous les peuples, y compris les peuples occidentaux.

Et rien ne pourra arrêter la vague d’un retour nationaliste dans les profondeurs des peuples qui voient leur vie devenir de plus en plus difficile juste pour assurer les profits des gangsters de la finance.

De grands montages et de grands efforts ont été fournis pour donner de Kadhafi l’image d’un fou. C’est tellement plus simple pour vendre l’invendable. Etre fou, c’est ne plus rien représenter.

Convaincre les opinions de la folie de Kadhafi, c’est les empêcher de se poser toute question sur la nature du régime, sur l’origine de ce régime, sur les circonstances qui ont permis à Kadhafi de prendre et de garder le pouvoir depuis quarante ans, mais aussi sur la possibilité dans les pays arabes de conserver aussi longtemps le pouvoir?

Cette propagande de la folie avait de fortes chances de réussir si Kadhafi était immédiatement tombé comme le laisse croire aujourd’hui le dépit des Américains et surtout de la paire franco-anglaise.

Au fur et à mesure que les combats vont durer, il apparaîtra que Kadhafi n’est pas un fou tombé du ciel mais le représentant d’une partie de la société libyenne. La capacité de résistance aux frappes de la coalition montrera aussi quelles sont l’étendue et la force de cette représentation.

Kadhafi n’est pas Dieu le père pour retenir de son côté des militaires qui combattent à des centaines de kilomètres, perdent et reprennent des positions.

L’erreur de Sarkozy comme d’Obama est d’avoir cru à leurs propres mensonges.

Cette guerre sera aussi celle du peuple libyen.

Pendant que la conférence se tenait à Londres, les insurgés refluaient des alentours de Syrte. Les premières dépêches ont parlé des embuscades tendues aux insurgés par des villageois. Puis les dépêches se sont mises à nous expliquer savamment que les insurgés qui, la veille, avaient les moyens de reprendre Ajdabiya et bien d’autres places fortes, ne peuvent rivaliser avec les forces de Kadhafi.

Il y a un problème de logique sérieux mais surtout un traitement qui prépare les opinions à la nécessité d’une plus grande intervention, d’un armement plus conséquent des insurgés ou alors…de la fatalité de protéger la seule région de Benghazi.

Les coalisés ont agi en criminels en refusant la médiation du président Jimmy Carter qui aurait pu éviter tant de souffrances au peuple libyen et en refusant la médiation africaine.

Pour les avoir provoquées aux quatre coins du monde, y compris chez nous en Algérie avec les harkas et les goumiers, les coalisés savent combien les guerres civiles sont cruelles et destructrices. Ils ont choisi délibérément la guerre civile pour détruire tous les liens entre Libyens de l’Est et ceux de l’Ouest.

Les Algériens, qui ont encore de la jalousie pour leur unité nationale et de la reconnaissance pour les luttes de la libération nationale, doivent se rappeler la cruauté coloniale chez nous pour ne pas s’étonner aujourd’hui de son étalage en Libye.

Ils doivent surtout regarder froidement cette aventure coloniale en Libye pour réfléchir posément si elle peut avoir du sens en s’arrêtant en Libye ou en changeant toute la donne des frontières régionales?

Ils doivent réfléchir à cette demande croissante des Américains à l’endroit de nos dirigeants: vous êtes sur la bonne voie. Comment comprendre autrement que par cette traduction: «Ce que vous avez concédé, c’est bien, mais il faut donner plus» et le plus, c’est le renoncement à l’indépendance, au pétrole et à nos frontières.

Quand l’Etat aura concédé assez pour ne plus exister, la presse locale qui appelle ouvertement à l’ingérence et les partis politiques qui se rendent «visibles» deviendront le CNT libyen qui manque à la destruction de l’Algérie.

Il est temps pour ces Algériens jaloux de leur pays de se dresser et de nommer les choses par leur nom, de nommer les néo-harkis par leur nom et la presse néocoloniale par son nom.

C’est cela ou la dernière infamie de reprendre pour notre compte la phrase de la mère de Boabdil: «Pleure comme une femme la ville [Grenade] que tu n’as pas su défendre comme un homme.»

Mohamed Bouhamidi

jeudi 31-03-2011

latribune-online.com

Pour accéder au[ texte de l’article téléchargeable

cliquer ici->doc1045]

retour en haut de page


a/s DES MANIFESTATIONS PACIFIQUES D’UNE POPULATION DÉSARMÉE

réaction d’un lecteur de socialgérie à l’article:

“LA CIA SERAIT PRÉSENTE SUR LE TERRAIN EN LIBYE”

________________

« …sont déployés « en petits groupes » depuis plusieurs semaines sur le terrain en Libye… »

Ce n’était pas des manifestations pacifiques d’une population désarmée?

Que dire des gens de gauche qui ont répercuté les mensonges et leur ont donné caution?

Les mesonges précédents n’avaient pas suffi à les sortir de leur addiction à « limpérialisme humanitaire »?

________________

LA CIA SERAIT PRÉSENTE SUR LE TERRAIN EN LIBYE

Selon le New York Times, des agents du renseignement américain auraient été envoyés il y a plusieurs semaines.

SOURCE AFP

Des agents de la CIA sont déployés en Libye pour prendre contact avec la rébellion et guider les frappes de la coalition, a affirmé mercredi le New York Times, et la chaîne ABC a assuré que le président Barack Obama avait donné l’autorisation d’aider secrètement les rebelles.

Sans réagir directement à ces informations, la Maison-Blanche a répété qu’il n’avait pas encore été décidé de fournir des armes à l’opposition combattant les forces du colonel Muammar Kadhafi.

Les éléments de la centrale américaine du renseignement, selon le New York Times, sont déployés « en petits groupes » depuis plusieurs semaines sur le terrain en Libye, avec pour mission d’établir des liens avec les rebelles et de déterminer les cibles des opérations militaires. De même source, « des dizaines de membres des forces spéciales britanniques et d’agents du service d’espionnage MI6 travaillent en Libye », en particulier pour recueillir des renseignements sur les positions des forces loyalistes. De son côté, ABC a affirmé que Barack Obama avait signé un mémorandum secret donnant le feu vert à des opérations clandestines afin « de contribuer à l’effort » en Libye.

Ce mémorandum, selon la même source, « évoque un certain nombre de façons d’aider l’opposition libyenne, autorise de l’aide dès maintenant et met en place le cadre d’activités plus soutenues à l’avenir ». ABC a toutefois souligné que cette autorisation ne permettait pas aux forces clandestines d’armer les rebelles dans l’immédiat, mais ménageait la possibilité de le faire à l’avenir. Réagissant mercredi en fin d’après-midi à ces révélations, le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a dit qu’il refusait « de s’exprimer sur des questions de renseignement ». « Je répète ce que le président a dit hier (mardi) : aucune décision n’a été prise sur le fait de fournir des armes à l’opposition ou à quelque groupe que ce soit en Libye. Nous ne l’excluons pas, mais nous ne l’avons pas décidé. Nous examinons toutes les possibilités d’aider les Libyens », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Source: Le Point.fr – le 31/03/2011

retour en haut de page


ALGÉRIE:

LE CHANGEMENT BIEN ORDONNÉ…

par AHMED HALFAOUI

Tout laisse croire que l’Algérie est en train de changer, par le bas, sans que les «changeurs» à la mode «arabe», sponsorisés par les «grandes démocraties», trouvent un quelconque ancrage dans cette lame de fond, qui pose les vraies questions des citoyens réels.

Il n’y a qu’à observer que toutes les revendications révèlent les véritables dérives et non pas les noumènes, en vogue dans les menaces aéroportées que lancent Hillary Clinton et ses clercs européens.

La première et la plus déterminante de ces dérives est l’abandon de la souveraineté nationale au profit des marchands internationaux

.

C’est elle qui explique le plus que les richesses nationales ne contribuent pas au développement du pays (pays riche, peuple pauvre), mais à la prospérité des fournisseurs étrangers et de leurs relais locaux, quand l’investissement public peut résoudre un grand nombre de problèmes, dont ceux de la croissance et de l’emploi.

La pression populaire pousse surtout dans ce sens, qui ne se satisfera pas des mesurettes «patriotiques» qui, de toutes façons, ne peuvent suffire à inverser ou à refondre une économie extravertie et livrée aux vents capricieux du marché mondial.

S’ouvriront, bientôt, les débats concrets sur le sujet. Parce qu’il n’y a pas une autre réponse économique que celle-ci.

L’utilisation pleine et entière de nos ressources dans l’industrialisation du pays et la dynamisation de notre agriculture.

La deuxième dérive, qui a beaucoup à voir avec la première, est le climat propice aux «affaires» qui s’est créé

(l’euphorie libérale et la panique de rester sur le carreau) et qui a provoqué une course effrénée à l’accumulation, avec tout ce que cela suppose comme «dessous de table» nécessaires pour se frayer le chemin, vers les contrats juteux, dans la jungle des tractations commerciales et irrésistibles pour des fonctionnaires et des bureaucrates aspirés par le délire de l’enrichissement.

On appelle cela la corruption, pour la dissocier, du point de vue moral, du système qui la nourrit et sans lequel elle ne pourrait exister.

La troisième dérive est d’avoir cru que le peuple croit à l’économie de marché et qu’il allait en accepter les règles,

alors qu’aucun peuple au monde ne l’a fait de son propre gré. Ce qui fait qu’on soit devant ce qu’il pense et qu’il exprime dans différents modes opératoires.

Le personnel politique au pouvoir essaie de réagir au coup par coup. Mais, la dynamique semble en route pour que le changement soit une révision complète des données politiques qui ont exclu ceux pour qui les mots démocratie et droits de l’homme veulent dire autre chose que le «chacun pour soi» dans une course à armes inégales où les déjà nantis et les «bras longs» sont en pole position.

Le minima requis se trouve dans la rupture des accords internationaux léonins et la libération complète de l’initiative économique de l’État, qui compensera les chimériques IDE.

Il y a un pays à reconstruire et un peuple qui attend.

En Tunisie, le débat est ouvert, et on fait peur aux Tunisiens.

Le patron des patrons de ce pays, M. Ben Sedrine, lance l’alarme: «Le recours obsessif à l’Etat Mama, au niveau de l’emploi, est une chimère… Car les pansements et les charpies étatistes ne servent à rien dans les tranchées de la crise sociale…».

Son argument: «un monde où les forces du marché et les agences de notation dominent la planète. Organisent la compétition entre les nations. Contrôlent les richesses. Assurent la gouvernance mondiale».

Soit exactement ce qui a été dit pour que l’Algérie détruise ses capacités de production, démantèle les dispositifs de protection de son marché et sombre dans l’apathie, en quête inassouvie d’investissements illusoires.

par Ahmed Halfaoui

le 29 mars 2011

retour en haut de page


Réaction de Abderrahmane Zakad, à l’article

“SARKO A SA GUÉGUERRE”, de Ahmed Halfaoui, du 21 mars 2011 (Les Débats), mis en ligne par socialgérie, article 413 …

Oui, l’Algérie est en danger.

L’unité de son peuple et la réaction prévisible de tous les algériens contre toute tentative d’ingérance obligent les impérialistes et les néo-colonialistes à fomenter des instabilités sur ses frontières en plus de groupes infiltrés et en attente depuis l’ère Mitterandienne, époque où déjà des Plans avaient été préparés.

Faut-il rappeler que par la suite Kouchener, alors ministre des affaires étrangères de Sarkosy, avait déclaré: « La génération issue de la révolution algérienne doit céder la place à la nouvelle génération ».

Son propos montre que l’Algérie doit dévérouiller les contraintes à la libération totale du marché et de la finance qui ne déviendraient alors que sauvages et incontrôlables.

Par ailleurs, l’instabilité dans nos frontières sud ( Niger, Mali) a été programmée depuis fort longtemps et ont été les prémices des événements que nous constatons aujourd’hui sur toutes nos frontières.

Les prochains troubles, après le marasme libyen irréversiblement voulu, se feront sur les frontières ouest avec la Mauritanie et le Maroc.

Comment? En activant les incidents dans nos frontières avec le Sahara Occidental et le Maroc et en ressortant les vieux dossiers concernant la souveraineté du Maroc sur Tindouf et Figuig ainsi de toute la bande de Béchar jusqu’à Oued Draâ ( Adrar) englobant ainsi le Grand Tafilalet ( Malgré les accord d’Ifrane de 1963 ainsi que les suivants).

Nous nous retrouverons ainsi avec la mouvance des ensembles de l’époque des Mourabitounes ( Almoravides du XIIeme siècle) c’est à dire à l’ère de la transhumance et des tribus ce à quoi les impérialistes tentent absolument à nous confiner.

L’occident n’a-t-il pas vidé les pays du Maghreb de ses cadres afin de le désarticuler et lui enlever toute possibilité de développement car les problèmes de nos pays ce ne sont ni la démocratie ni la liberté, c’est le développement.

Abderrahmane Zakad

retour en haut de page


PARIS ET LONDRES DÉFINISSENT L’APRÈS – KADHAFI EN LIBYE

Analyse de Kharroubi Habib

“Le Quotidien d’Oran”

le 28 Mars 2011

La résolution 1973 votée par le Conseil de sécurité a donné mandat à la coalition internationale d’instaurer une zone d’exclusion aérienne sur la Libye et d’empêcher les troupes de Kadhafi de poursuivre leurs offensives contre les insurgés et les villes sous leur contrôle. Elle ne donne aucunement mandat à cette coalition de décider ce que sera l’après-Kadhafi en Libye.

Or, c’est précisément ce que le couple franco-anglais, membre de cette coalition, entend faire et ce pourquoi il a programmé une réunion au sommet à Londres. Il n’est pas fortuit que le président français Nicolas Sarkozy a annoncé la tenue de cette réunion au moment où s’ouvrait à Addis-Abeba, en Ethiopie, une réunion de l’Union africaine consacrée à la recherche d’une solution politique à la crise libyenne, à laquelle ont pris part des représentants de Kadhafi et du Conseil national de transition s’exprimant au nom de l’insurrection.

C’était en fait pour Sarkozy faire comprendre à l’Union africaine que le couple franco-anglais tient pour nulle et non avenue son intervention dans la crise libyenne. Paris et Londres sont le fer de lance de l’intervention internationale et estiment de ce fait avoir le droit de regard sur ses prolongements politiques. Elles s’arrogent par conséquent celui de décréter comment va être mis en place l’après-Kadhafi en Libye et qui en conduira l’instauration. Surpris et dépassés par les révolutions populaires qui ont mis à bas les régimes de Ben Ali en Tunisie et de Hosni Moubarak en Egypte, les gouvernements français et anglais tiennent à exercer un tutorat sur celle qui a cours en Libye et va triompher grâce à l’intervention militaire internationale dont ils ont été les instigateurs et leur arsenal militaire, le protagoniste déterminant. Une ingérence franco-britannique sur ce que sera le pouvoir en Libye après la chute de Kadhafi ne fait pour cette raison aucun doute.

L’insurrection s’est dotée d’un Conseil national de transition et d’un gouvernement provisoire, sans que l’on sache si ceux qui font partie de ces institutions sont vraiment représentatifs de tous les courants qui sont dans l’opposition à Kadhafi et à son régime. Paris leur a donné son onction et sa reconnaissance, avec le calcul qu’ils seront de ce fait malléables et perméables à ses visées politiques pour la Libye post-Kadhafi. Des visées qui sont de brider l’élan révolutionnaire de l’insurrection libyenne et donc l’émergence d’un nouveau pouvoir authentiquement en phase avec les revendications de la démocratie totale pour le peuple libyen et sourcilleux de l’indépendance du pays vis-à-vis de l’étranger, y compris donc de la France ou de la Grande-Bretagne.

Il est clair que Paris et Londres vont tout faire pour avoir un pouvoir libyen à leurs bottes. Elles s’arrangeront donc pour propulser sur le devant de la scène politique libyenne des protégés à qui elles fourniront l’aide multiforme nécessaire qui leur permettra de s’imposer.

Qu’en la circonstance, Français et Anglais ne s’embarrasseront pas d’aller à l’encontre de l’aspiration des Libyens à instaurer la démocratie dans le pays et à avoir les gouvernants de leur choix, n’est pas pour surprendre. Car pour eux, le Printemps arabe doit avoir ses limites que lui tracent leurs intérêts politiques, géostratégiques et économiques. L’Américain, qui joue le même rôle en Tunisie et en Egypte, leur a accordé la sous-traitance du cas libyen. Qui croit encore que les interventions de ces puissances dans le monde arabe en révolution sont guidées par la seule considération de protéger les peuples en insurrection de la répression de leurs potentats ?

retour en haut de page


“LIBYE: «AUBE DE L’ODYSSEE» OU CHEVAL DE TROIE”

Extrait

article de Djamel Labidi

“Le Quotidien d’Oran”

le 28 mars 2011

« ….Certes, il pouvait être difficile’ pour les plus sincères des insurgés de faire la part des choses entre la cause nationale et celle de la démocratie. Mais désormais, ils ne peuvent plus ignorer cette réalité, celle des bombardements de forces étrangères sur leurs propres villes, sur leurs propres aéroports, sur leurs propres routes, sur leur propre peuple, car là aussi il s’agit de bombardements contre des populations civiles, et il n’y a pas un bon et un mauvais peuple. Démocratie où serait ta victoire si elle se faisait à ce prix.

Tout petit, mon père m’avait raconté cette histoire: C’était pendant la période coloniale. Clemenceau, le président du Conseil français, visitait l’Algérie et était arrivé à la porte d’une ville’. Un bachagha algérien, l’accueillant, lui dit: «C’est mon père qui a ouvert cette ville à la France». Et Clemenceau de lui répondre: «Monsieur, chez nous, on appelle cela un traître.»

Que les insurgés libyens, et les Etats arabes qui ont appelé à l’intervention armée, prennent garde aux flatteries occidentales sur «leur courage» et «leur détermination démocratique’». Il n’y a aucun courage à compter sur des armées étrangères pour vaincre. Ces flatteries ne cachent, en réalité, que mépris pour eux. Peut-on défendre une révolution démocratique et nationale en indiquant à des forces armées étrangères les sites de son propre pays à bombarder. Espérons que les plus lucides des démocrates libyens prendront conscience du terrible engrenage dans lequel on veut les entrainer, de glissement en glissement, et qu’ils comprendront qu’on ne peut défendre la démocratie sans défendre la nation. Les peuples hiérarchisent les priorités.

Le nouveau pouvoir Libyen, s’il est installé par l’étranger, sera marqué par les conditions de sa naissance. Il sera vulnérable, soumis à la volonté de ceux qui l’auront fait. Rien n’aura été réglé. Pire, la crise démocratique se sera transformée en crise nationale

Tout cela est dommage. Terriblement dommage. Si les vrais démocrates libyens ne redressent pas la situation, on pourra dire alors que la révolution démocratique libyenne aura, pour le moment, échoué. Il n’est pas d’exemple historique de révolution qui ait été véritable en étant apportée par des forces armées étrangères… ».

[Pour accéder à cet article, cliquer sur le lien:

http://www.lequotidien-oran.com/?archive_date=2011-03-28&news=5150879->http://www.lequotidien-oran.com/?archive_date=2011-03-28&news=5150879]

retour en haut de page


LIBYE:

DÉCLARATION DU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION

Le Conseil National de Transition en Libye déclare qu’il respectera les accords signés avec l’Italie pour lutter contre l’immigration clandestine

ROME – Le chef du Conseil national de transition (CNT) libyen, Moustapha Abdeljalil, a assuré lundi soir que son mouvement combattrait l’immigration illégale s’il parvenait au pouvoir et qu’il respecterait les accords signés avec l’Italie, lors d’une interview sur une télévision italienne.

« Nous participerons (aux efforts) pour stopper l’immigration clandestine en les empêchant (les clandestins) d’entrer en Libye et en combattant les organisations criminelles qui le permettent », a affirmé M. Abdeljalil, lors d’une interview par téléphone à l’émission “Porta a Porta”, sur “Rai Uno”, depuis un lieu tenu secret.

L’ex-ministre de la Justice a également affirmé qu’il respecterait « tous les traités signés avec (le groupe pétrolier italien) Eni et toutes les autres entreprises ».

L’ENI est le premier producteur étranger de pétrole en Libye, mais a dû interrompre sa production à la mi-mars.

Les liens entre la Libye et l’Italie s’étaient renforcés après la signature, en août 2008, d’un accord qui a soldé les comptes de plus de trente ans de colonisation italienne (1911-1942).

Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, s’était alors engagé à verser 5 milliards de dollars de dédommagements sous forme d’investissements sur les 25 prochaines années.

Depuis, l’Italie est devenue le premier partenaire commercial de la Libye.

Le « traité d’amitié » comprenait aussi une clause sur les reconduites de migrants en Libye, qui a permis une réduction drastique des débarquements de clandestins en Italie.

Mais depuis l’insurrection en Libye et sa répression par le régime du colonel Mouammar Kadhafi, Rome a suspendu ce traité et craint l’arrivée de milliers de clandestins en cas de chute du leader libyen, qui a lui-même menacé d’envoyer des « millions » d’immigrés en Europe.

Depuis dimanche, des centaines de réfugiés africains, pour la plupart éthiopiens, érythréens ou somaliens, partis de Libye, ont commencé à arriver en Italie et à Malte.

« Il n’y a plus de contrôles sur la côte libyenne. Des milliers de personnes sont en train de partir », a témoigné dimanche une Erythréenne de 26 ans arrivée sur la petite île de Lampedusa.

Interrogé à ce sujet par l’animateur de l’émission Bruno Vespa, M. Abdeljalil a répondu: « quel que soit le traité ou l’accord » qui a été conclu « nous le respecterons et nous chercherons à l’appliquer ».

Ce qui se passe en Libye « n’est pas une division, une partition, c’est une révolte du peuple libyen », a par ailleurs affirmé le leader du CNT.

« Eux voudraient diviser le pays en deux parties, mais ça n’arrivera pas », a-t-il ajouté, en référence au régime du colonel Kadhafi.

Le CNT, composé de 31 représentants des principales villes du pays, est la voix officielle de l’opposition libyenne, qui cherche à traduire son avancée militaire sur le plan politique, et à construire un gouvernement parallèle pour préparer l’après-Kadhafi, alors que les combats font toujours rage dans le pays.

M. Abdeljalil avait affirmé quelques heures plus tôt sur la chaîne de télévision France 2 qu’« après la victoire », son mouvement jugerait Kadhafi « pour tous les crimes qu’il a commis ». Il avait également affirmé avoir « un besoin urgent d’armes légères » pour « construire un pays libre, démocratique, qui respecte les droits de l’homme et l’alternance politique ».

Le leader du CNT a donné ces deux interviews à la veille de la première réunion, à Londres, du « groupe de contact » sur la Libye, chargé du « pilotage politique » des frappes militaires désormais sous commandement de l’Otan et de la préparation de l’après-Kadhafi.

Une quarantaine de pays doivent y participer.

©AFP / 29 mars 2011 01h44

retour en haut de page


ALGÉRIE: REVOLTES DES JEUNES DE JANVIER ET NATURE DU REGIME

Présentation par G. FILALI:

« Hocine Bellaloufi se livre dans l’article ci-dessous à une critique perspicace du pouvoir en Algérie et de sa soumission aux forces du libéralisme mondialisé.

Tout d’abord, il s’élève contre cette position de K. Alami et d’autres qui rejettent le combat pour la démocratie sous prétexte que des courants de la bourgeoisie tiennent aussi à ce mot d’ordre de démocratie.

H. Bellaloufi montre aussi l’importance de tenir une analyse objective des forces politiques qui traversent le pouvoir caractérisé comme dictatorial. C’est une nécessité pour lutter contre la confusion idéologique que ce même pouvoir tente d’entretenir. Une analyse correcte des forces sociales et politiques permettra de remettre à leur juste place les courants réactionnaires, antipopulaires, islamistes qui se camouflent derrière des slogans populistes.

H.Bellaloufi pose aussi la nécessité de transformer « la révolte, le cri, la clameur » des jeunes, des chômeurs, des sous-prolétaires en une lutte de classe coordonnée avec des objectifs clairs et de réelles perspectives politiques. »

Cette opinion suscitera probablement des réflexions nombreuses. Elle va en effet sans détour au coeur de plusieurs interrogations importantes sur les luttes de classe et de pouvoir en Algérie, dans les conditions concrètes et complexes de ce pays, par rapport aux contextes multiformes et spécifiques qui marquent la région en proie à la crise mondiale du système impérialiste.

Socialgérie sera heureux de répercuter les réactions qui concernent aussi bien les stratégies que le quotidien des acteurs sociaux et politiques


À propos du texte de K. Alami intitulé:
«La démocratie pour passer à une vitesse supérieure de libéralisme économique»
[[ce texte a été mis en ligne le 23 février 2011 par
algerieregards.unblog.fr ]]

Mettre en opposition, comme le fait l’auteur de l’article, la démocratie, d’un côté, et l’antilibéralisme et l’anti-impérialisme, de l’autre, sous couvert d’une analyse de classe, aboutit à soutenir un pouvoir autoritaire libéral et non anti-impérialiste.

Cette tentative conduit à disqualifier le combat démocratique sous prétexte que les démocrates bourgeois, libéraux et pas anti-impérialiste, lient en un seul tout combat démocratique, combat pro-impérialiste et combat libéral. Finalement, l’auteur est-il contre les libéraux démocrates ou contre la démocratie?

Au lieu d’opposer à la vision libérale une vision liant en un seul tout combat démocratique, combat social et combat anti-impérialiste, tout un courant politique gauchiste appelle à ne pas lutter pour la démocratie contre le pouvoir, sous prétexte que cela ferait le jeu des libéraux et de l’impérialisme.

Or, la revendication démocratique est une revendication interclassiste qui intéresse différentes classes et/ou fractions de classes dominantes et dominées, exploiteuses et exploitées.

Penser que l’on puisse mener un tel combat en vase clos, en laboratoire, bien à l’abri des libéraux est une absurdité politique.

Affirmer ou laisser entendre, même indirectement, que l’on ne doit pas mener ce combat parce qu’il existe un danger de récupération par ces forces libérales et pro-impérialistes constitue une faute politique, car cela revient à soutenir un pouvoir autoritaire, libéral et pro-impérialiste.

Refus de caractériser le régime algérien

Dans son analyse «des points communs indéniables», l’auteur reconnaît que le régime algérien a des points communs avec les régimes dictatoriaux voisins. Il serait en effet difficile de soutenir le contraire.

Mais il se garde bien de caractériser, politiquement parlant, le régime algérien. Le camarade qui a envoyé l’article ne cache pas son admiration: «Haute densité et grande qualité de l’analyse».

Certes, mais il faut surtout relever une haute dérobade et une grande qualité d’esquive de la question politique centrale qui est celle de savoir à quel type de régime nous avons affaire. En effet, cette question détermine, en dernière instance, notre attitude politique à son égard. Et elle doit être abordée sans détour, sans fioriture. Autrement, «la haute densité et la grande qualité de l’analyse» ne servent qu’à embrouiller inutilement la question.

L’auteur préfère malheureusement éluder cette question politique fondamentale de toute analyse de la conjoncture historique en parlant de «formes politiques de pouvoir ou plus précisément de commandement qui reposent exclusivement sur les appareils de coercition et de répression». Quelle pudeur! Quelle haute densité de retenue!

Et de regretter que ces appareils soient «incapables de contenir et de canaliser les contradictions qui traversent ces sociétés autrement que vers les voies de l’explosion».

Décidément, ceux qui, sans retenue ni nuances, font des forces qui combattent pour la démocratie en Algérie de simples agents de l’impérialisme et du libéralisme ont une fâcheuse tendance à se poser, ces derniers temps, en conseillers du pouvoir.

La marque de l’économisme

Alors, notre régime est-il dictatorial? Est-il démocratique? Possède-t-il un statut intermédiaire? Est-il autoritaire à façade démocratique? Et quelles sont ses tendances lourdes d’évolution? Est-il en train de se démocratiser? Ou bien au contraire de virer au régime policier?

Le texte est silencieux sur ces questions fondamentales. Comme si elles ne présentaient aucune espèce d’importance, aucune espèce d’intérêt. Comme si elles n’avaient aucune conséquence politique.

Cette absence de caractérisation claire et franche du régime dans un texte d’analyse de la situation politique (car le texte est fondamentalement politique) n’est pas le fruit du hasard. Elle est extrêmement significative, politiquement parlant, et porte la marque de l’économisme, ce courant politico-idéologique qui a une tendance irrépressible à faire mécaniquement découler le politique de l’économique, ce qui aboutit à pousser les travailleurs, les chômeurs et les masses déshéritées victimes des politiques libérales et pro-impérialistes du pouvoir à apporter un «soutien critique» à ce même pouvoir, pardon à ces «formes politiques de pouvoir ou plus précisément de commandement qui reposent quasi exclusivement [que c’est regrettable!] sur les appareils de coercition et de répression…».

L’autre conséquence politique, tout aussi dommageable, est de pousser ceux qui se révoltent contre la «hogra» dans les bras des libéraux qui assument, eux, le combat démocratique contre le pouvoir. Ou encore dans ceux des islamistes, pas moins libéraux que le pouvoir ou que les démocrates, mais qui en plus méprisent et combattent tout ce qui ressemble de près ou de loin à la démocratie, à l’expression libre de la souveraineté populaire.

L’islamisme algérien s’est-il attaqué à l’État?

Est-il vrai par ailleurs que la «menace islamiste […] a eu recours, en Algérie, au terrorisme puis à la guerre déclarée contre l’État et la population.» Une telle affirmation peut paraître, à première vue, évidente. Mais à première vue seulement.

Car, en toute rigueur, pour des personnes qui se réclament explicitement d’une analyse de classe (ce qui est de toute évidence le cas de l’auteur du texte), l’islamisme ne s’est pas attaqué, en Algérie, ni ailleurs, à l’État.

Nulle part, l’islamisme n’a remis en cause l’État bourgeois, c’est-à-dire l’État capitaliste, l’État au service des intérêts des classes exploiteuses. L’islamisme s’attaque à des régimes, dans le cadre de l’État bourgeois. Il ne combat pas l’État capitaliste.

À propos des « émeutes »

Mais revenons à la caractérisation du pouvoir ou, plus exactement, à son absence dans le texte considéré et à ses conséquences politiques. En dépit des précautions, conscientes ou non, de l’auteur, on sent bien pointer un mépris pour ce «climat d’émeutes sociales à l’état endémique», une forme de protestation sociale qui «reste vulnérable aux manipulations et à la récupération»… très certainement, même si le texte ne le dit pas explicitement, des barons de l’import!

Et l’on voit même pointer, dans un style que n’aurait sans doute pas désavoué feu El Hachemi Chérif, un autre regret politique à l’endroit du pouvoir dont «les formes autoritaires avérées de pouvoir étalent leur caractère archaïque manifeste de manière de plus en plus ‘’anachronique’’ à l’ère de l’internet et des réseaux sociaux, leur aliénant les secteurs instruits et ouverts de la jeunesse.»

Il est tout de même étonnant qu’un texte portant sur les luttes de classes en Algérie aujourd’hui – «La démocratie pour passer à une vitesse supérieure de libéralisme économique» – reste totalement silencieux sur le contenu éminemment social des «émeutes» qui ne sont rien d’autres que des révoltes populaires pour l’emploi, le logement, les réseaux d’adduction en eau potable et d’évacuation des eaux usées, l’amélioration de l’état des routes, la revendication de centres de santé, d’école à proximité, de transport scolaire…

Que ces révoltes présentent des faiblesses et des limites politiques, cela est indéniable. Mais elles sont profondément justes et saines. Les masses populaires se battent en Algérie, à travers «l’émeute». Et elles obtiennent des résultats, encore insuffisants mais indéniables, en termes de logements, d’emplois…

Elles contribuent surtout à créer et renforcer un rapport de forces face à un pouvoir qui a remis et aimerait bien encore remettre en cause nombre d’acquis sociaux. Un pouvoir qui a détruit l’appareil de production national et soumis le pays à l’impérialisme.

C’est ce rapport de forces qui freine les appétits du pouvoir et de sa base sociale compradore.

Une analyse de classe, révolutionnaire et non simplement sociologique, devrait au contraire s’atteler à penser ces luttes afin de les aider à surmonter leurs faiblesses et limites actuelles plutôt que de s’attacher insidieusement, même si c’est peut-être en toute bonne foi, à répandre une méfiance à leur encontre («vulnérable aux manipulations et à la récupération») en en restant à ce stade de l’analyse.

L’absence des luttes de travailleurs

Il est en même temps étonnant qu’un texte portant sur les luttes de classes en Algérie aujourd’hui passe totalement sous silence les multiples luttes des travailleurs de la fonction publique (enseignants et autres employés de l’éducation, enseignants du supérieur, paramédicaux, travailleurs de l’administration…) et celles, particulièrement exemplaires depuis deux années, des ouvriers (El Hadjar, Snvi, Enie, dockers…) qui combattent la politique néolibérale de bradage de l’économie nationale et de casse de l’appareil productif et de formation par notre pouvoir.

Là aussi, cette absence n’est pas le fruit du hasard. Car toutes ces luttes («émeutes», luttes des travailleurs et maintenant des étudiants, luttes ouvrières) pointent du doigt, non le RCD ou Mustapha Bouchachi, mais le pouvoir qui mène effectivement depuis trente années maintenant, une contre-révolution libérale et de soumission à l’impérialisme.

Que Saadi, Bouchachi et d’autres partagent le même projet économique libéral et de soutien à l’impérialisme que Bouteflika est indéniable. Mais cela ne les place pas sur un pied d’égalité, politiquement parlant.

Les anti-impérialistes et antilibéraux, ceux du moins qui n’opposent pas combat anti-impérialiste et antilibéral à combat démocratique, se félicitent que le camp libéral soit divisé politiquement et que, face à un pouvoir libéral et pro-impérialiste, d’autres libéraux pro-impérialistes soient partisans d’un régime démocratique. Une telle situation est préférable à une unité politique de tous les libéraux, une unité à la sud-coréenne.

Dans l’étape embryonnaire du combat démocratique dans laquelle nous nous trouvons, la ligne de démarcation principale ne se situe pas entre libéraux pro-impérialistes d’un côté et antilibéraux anti-impérialistes de l’autre. Une telle configuration est une vue de l’esprit.

La réalité, elle, ne distribue pas les rôles avec autant de pureté. Elle place des libéraux pro-impérialistes dans les deux camps, celui de ceux qui assument le combat pour la démocratie et celui du pouvoir et de ceux qui se placent de plus en plus ouvertement à ses côtés, à commencer par le PT de Louisa Hanoune.

Doit-on mener le combat démocratique ?

On en arrive ainsi à la question politique centrale et incontournable qui est celle de savoir si le combat démocratique, en Algérie aujourd’hui, doit être mené ou non.

Peut-on et doit-on se révolter contre le pouvoir qui mène, depuis trois décennies et de manière antinationale et antidémocratique, une politique libérale et pro-impérialiste ou non?

Doit-on lutter contre lui et pour l’expression libre de la souveraineté populaire ou non?

Pour l’auteur du texte, comme pour le PT et d’autres, la réponse à ces questions est manifestement négative. Pourquoi? Parce qu’à la différence de l’Egypte de Moubarak «l’Algérie actuelle […], malgré des reculs, demeure encore attachée à une politique de non-alignement». Nous y voilà! Regardons donc de plus près.

Et d’abord, c’est quoi cette «Algérie actuelle»? Est-ce l’ensemble de la nation algérienne? Ou simplement le peuple? Non, «l’Algérie actuelle», c’est le régime. Or, ce dernier, «malgré des reculs, demeure encore attaché à une politique de non-alignement.»

Effectivement, si la politique de bradage de l’économie nationale, de casse de l’appareil productif et d’ouverture-soumission à l’impérialisme menée depuis trente années par nos gouvernants et par le régime de Bouteflika en particulier est considérée par l’auteur comme «une politique de non-alignement», on ne peut que se ranger à son avis.

Retour sur le « patriotisme économique »

En réalité, le fond de la divergence se ramène à l’appréciation de la politique dite de «patriotisme économique» menée par Bouteflika/Ouyahia depuis 2009. Constitue-t-elle une rupture avec l’Infitah engagée par Chadli/Brahimi au début des années 1980, ou n’est-elle qu’un tournant dans cette même infitah? Tournant dans l’infitah ou rupture avec l’infitah? C’est en fonction de la réponse que l’on apporte à cette question que l’on peut se positionner.

Deuxième question, directement politique celle-là: même en admettant que le «patriotisme économique» du tandem Bouteflika/Ouyahia soit conséquent – ce qui n’est pas le cas-, cela implique-t-il qu’on ne combatte pas ce même tandem sur le terrain démocratique, sous prétexte que des libéraux pro-impérialistes combattent ce même régime?

C’est un tel discours, déjà inacceptable à l’époque, que tenaient les partisans du régime de Boumediene. Il fallait au contraire, à l’époque déjà, soutenir le combat démocratique (les grèves des travailleurs, des étudiants, le mouvement culturel berbère naissant, les femmes…) tout en soutenant tout ce qui était réellement patriotique dans la politique du régime. Car Boumediene menait, lui, une véritable politique de «patriotisme économique».

Mais affirmer aujourd’hui que Bouteflika «demeure encore attaché à une politique de non-alignement», c’est prendre le Neveu Louis pour son oncle Bonaparte alors même que Bouteflika est la négation de Boumediene.

Tournant dans l’infitah

Pour résumer: il n’y a aucun problème à soutenir les mesures véritablement patriotiques de défense de l’économie nationale et il y en a quelques unes dans les LFC 2009 et 2010. Mais il faut en même temps combattre l’illusion que Bouteflika mène une «politique cohérente et conséquente» de patriotisme économique. Illusion dans la quelle tombe K. Alami lorsqu’il écrit: «Le gouvernement qui s’était depuis la fin des années 80 délesté, l’un après l’autre, des moyens institutionnels et organisationnels d’intervenir dans la régulation de l’économie a pris sous la contrainte de la crise financière mondiale de l’été 2008 une série de mesures de sauvegarde, rectificatives de la politique d’abandon libérale des 25 dernières années.»

Désolé camarades, mais il s’agit d’un tournant dans l’infitah et non d’une rupture.

K. Alami rappelle que suite à la crise de 2008 le chef du gouvernement Ouyahia a déclaré: «Il faut protéger l’économie nationale qui constitue une source de souveraineté»; Et K. Alami de le croire sur parole.

Il cite des mesures prises par le gouvernement, mais oublie de dire que les importateurs ne se sont jamais portés aussi bien avec des importations qui ont atteint 40,21 milliards de dollars en 2010 contre 39,29 en 2009, soit une hausse de 2,34%! La même tendance est observée au cours des deux premiers mois de l’année 2011 où les importations sont encore en hausse.

La position de l’Algérie sur la question libyenne constitue aussi une preuve du non-alignement de notre régime! Le gouvernement a tenté maladroitement de se démarquer de l’appel de la Ligue arabe à une intervention impérialiste en affirmant qu’il revient au seul Conseil de sécurité de l’ONU de décider d’une telle intervention. Le Conseil lui a répondu en permettant aux impérialistes d’attaquer la Libye.

Les cocus hypocrites (Chine, Russie, Ligue arabe, Algérie) viennent maintenant nous expliquer que les impérialistes occidentaux ont outrepassé les termes de la résolution 1973. Oh, les méchants! Que c’est dommage.

Le régime algérien a accordé sa caution à l’aventure impérialiste en Libye. Voilà un fait politique indéniable qui ruine la tentative de maquiller ce régime compradore en régime non-aligné.

Mais revenons à l’économique pour remarquer le fabuleux cadeau fait par le gouvernement du «patriotisme économique» aux investisseurs émiratis.

Alors que l’Algérie regorge de capitaux que le gouvernement distribue pour acheter la paix sociale au lieu d’investir dans des usines et de renforcer les entreprises publiques en difficulté, on se targue du «retour des investisseurs» émiratis pour un projet de résidences luxueuses d’un montant de 5,2 milliards de dollars.

Or, ne voilà-t-il pas que le site TSA qui n’est pas particulièrement réputé non-aligné ou antilibéral dévoile la manœuvre. Lisons ce qu’il écrit car c’est très instructif: «En réalité, pour le projet Dounya Parc, le chiffre de 5,2 milliards de dollars est trompeur. Il ne représente pas, comme le laisse entendre le DG de l’ANDI, le montant de l’investissement mais le coût global du projet, une fois réalisé. Ce coût, selon nos informations, comprend trois parties. La première, qui représente 65 % du montant, est constituée de préventes de logements et de villas, soit près 3,4 milliards de dollars. Elle sera entièrement financée par des acquéreurs algériens. Une partie des sommes récoltées sera transférée en devises par EIIC.

Le solde, soit 1,8 milliard de dollars, comprend la valeur du terrain – cédé par l’État à un dinar symbolique mais qui sera valorisé à plusieurs centaines de millions d’euros –, un financement par la dette auprès de banques publiques algériennes et l’apport en capital d’EIIC. Ce dernier, seul investissement réel du groupe émirati dans le projet, est compris entre 300 et 350 millions de dollars, selon nos sources. Un montant que EIIC pourrait avoir du mal à engager au regard de sa situation financière. En 2009, le fonds émirati a réalisé un bilan total de près de 6 milliards de dollars, dont deux tiers de dettes. Le fonds est virtuellement en faillite.

Au-delà des avantages financiers, EIIC a obtenu de nombreuses dérogations pour lancer son projet. Il y a par exemple l’autorisation d’effectuer des préventes de logements et de villas. Officiellement, les préventes sont interdites en Algérie depuis 2009. C’est d’ailleurs ce qui a contraint plusieurs groupes immobiliers étrangers à renoncer à leurs projets. L’autre concession de taille concerne la possibilité pour EIIC de céder la totalité de sa structure algérienne à un autre partenaire étranger. Cette opération permettrait ainsi à EIIC de réaliser une plus‑value sans réaliser directement le projet.»

Avouons qu’en matière de non-alignement et de défense de l’économie nationale, on ne peut mieux faire… Idem sur les négociations avec l’UE qui avancent très bien dans le but de réaliser le démantèlement tarifaire en Algérie.

K. Alami explique que la démocratie est le Cheval de Troie du libéralisme et de l’impérialisme. Mais il passe pudiquement sous silence le fait que c’est durant l’état d’urgence et en plein guerre civile des années 1990 que le pouvoir a liquidé des centaines d’entreprises et licencié des centaines de milliers de travailleurs. Il oublie que c’est Bouteflika qui a bradé, entre autres, le complexe d’El Hadjar et ses mines, le port d’Alger, Asmidal et l’Enad, ouvert la voie à Orascom, à Lafarge et à d’autres multinationales, soutenu Alsthom, signé l’accord d’association avec l’UE, adhéré à l’UPM aux côtés d’Israël, collaboré avec l’OTAN et l’impérialisme américain qui ne rate pas une occasion de dire tout le bien qu’il pense de ce régime…

Soutien à un régime libéral, antidémocratique et pro-impérialiste sous couvert d’analyse économique

Que les libéraux mènent une campagne constante contre la politique économique du gouvernement depuis 2009 est indéniable. Qu’il faille résister à leur offensive et les combattre sur ce terrain est évident.

Mais pourquoi diable lier combat pour la démocratie à politique libérale de «liquidation de centaines d’entreprises, de licenciement de centaines de milliers de travailleurs», alors même que c’est le régime autoritaire qui a mené cette politique antinationale?

Pourquoi donc affirmer que «cette démocratie à laquelle ils appellent, c’est ce qui viendra parachever le processus d’affaissement de l’État national» alors même que c’est le régime autoritaire qui a déjà largement affaibli l’État national? Et ce, sans discontinuité depuis 30 années? Pourquoi donner à leur offensive plus de poids politique qu’elle n’en a.

La réponse à ces questions est claire. Il s’agit de maquiller la nature et la politique du pouvoir pour amener les masses en révolte générale mais encore éparpillée et catégorielle à ne pas prendre ce pouvoir pour cible. K. Alami et ceux qui partagent sa vision se placent ainsi en défenseur du régime qui nous est présenté comme «non-aligné».

Deux voies, deux lignes dans le combat démocratique

Nous ne devons en aucun cas renoncer à combattre pour la démocratie, contre ce régime antidémocratique, libéral et pro-impérialiste. Dans ce combat démocratique, il y aura des démocrates bourgeois libéraux pro-impérialistes. Comment pourrait-il en être autrement alors même que la revendication démocratique intéresse toutes les classes.

Nous devons donc assumer de combattre pour la démocratie aux côtés de démocrates libéraux (RCD, FFS et autres). Mais il nous faut en même temps rester indépendant d’eux, les combattre sans merci sur les plans politiques et idéologiques en liant, comme nos camarades l’ont fait dans la CNCD, revendications démocratiques et revendications sociales et en dénonçant leurs critiques libérales de la politique économique du pouvoir.

En liant, comme il faudra à l’avenir le faire progressivement, c’est-à-dire en tenant compte de la capacité d’assimilation de ces revendications par nos partenaires (syndicats, comités étudiants…), revendications démocratiques et sociales et revendications anti-impérialistes.

Il le faut car dans le combat démocratique qui est interclassiste, chaque classe se bat pour la direction des masses. Les bourgeois libéraux en liant combat démocratique à politique libérale. Les anti-impérialistes, antilibéraux démocrates en liant combat démocratique à combat social et national, c’est-à-dire antilibéral et anti-impérialiste.

On ne peut abdiquer face au pouvoir autoritaire comme le font K. Alami et d’autres camarades parce que l’on refuse d’assumer de lutter sur deux fronts en même temps.

Contre le pouvoir anti-démocratique pour arracher la souveraineté du peuple d’une part, et contre les libéraux qui veulent amener le mouvement à soutenir leur politique économique.

Le soutien au régime est d’autant plus problématique que dans le combat démocratique, ce sont les antilibéraux qui peuvent obtenir le soutien de la grande masse des travailleurs, des chômeurs et des classes populaires.

Unité et lutte avec les démocrates bourgeois libéraux pro-impérialistes contre les antidémocrates bourgeois libéraux pro-impérialistes. Au moins, comme en Tunisie ou en Égypte, avant le départ du «tyran».

Ensuite, chacun, et c’est ce qu’il y a de plus classique dans les révolutions bourgeoises, reprend ses billes. On le voit aujourd’hui avec une netteté éclatante en Tunisie et en Égypte.

La bourgeoisie voulant juste participer au pouvoir pour défendre ses intérêts et mener la même politique économique libérale pro-impérialiste. Le prolétariat et les couches populaires voulant une autre politique qui résolve leurs problèmes sociaux. Les premiers défendent l’option d’une «transition constitutionnelle», ordonnée, pacifique… Les seconds l’instauration d’un gouvernement révolutionnaire provisoire chargé de préparer l’élection d’une Assemblée constituante souveraine. Un gouvernement chargé également de satisfaire immédiatement les revendications sociales des masses.

Les alliés d’hier entrent alors en lutte les uns contre les autres. Les premiers freinent la révolution. Les seconds l’approfondissent et l’accélèrent.

Il y a bien évidemment des risques au cours de cette lutte et les masses populaires peuvent perdre. Mais ce n’est certainement pas en refusant de combattre pour la démocratie sous prétexte de la présence de libéraux bourgeois démocrates pro-impérialistes que ces risques s’évanouiront.

C’est le refus de cette attitude d’unité et de lutte qui, sous couvert d’analyse de classe anti-impérialiste, amène K. Alami et tous ceux qui partagent sa démarche à jeter le combat démocratique (le bébé) avec le courant libéral (l’eau sale du bain).

À propos de manipulation

Comme en 1980, 1988, 1991, 1992, 2001 ou durant les années de guerre civile (décennie 90), … la question de la manipulation revient, à l’occasion de la révolte des jeunes de janvier 2011, au centre des discussions, des débats et des réflexions.

Quels que soient le milieu social et politique auquel on appartient, le niveau d’étude qui est le nôtre, notre âge et notre sexe, l’instance formelle ou informelle où se déroule la discussion, nul ne peut échapper à ce serpent de mer du débat politique algérien.

Chez certains, cela tourne à l’obsession… Pour eux, toute l’histoire de l’Humanité se résume à l’histoire de complots tramés dans des cabinets noirs. Qu’une grève éclate, qu’une explosion sociale se produise, que tel ou tel dirigeant de parti s’exprime publiquement et la lecture des événements se résume, pour eux, à un coup «des services», des partis, de l’étranger, des islamistes, des laïcs, des grossistes… Sur les rayons bien achalandés de la manipulation, chacun peut trouver ce qu’il est venu chercher.

Au lieu de faire l’effort de cerner les contradictions économiques, sociales, politiques et idéologiques concrètes qui traversent notre société, d’observer comment elles s’articulent les unes aux autres ainsi qu’aux contradictions internationales afin d’en apprécier la nature et la dynamique, les partisans de la conception policière de l’histoire préfèrent emprunter des raccourcis et tout mesurer à l’aune de complots tissés, ourdis, tramés…

En fait, ce recours systématique à la thèse de la manipulation comme clef d’explication des phénomènes sociaux et politiques est plutôt révélateur du degré de dépolitisation générale qui touche notre pays. L’absence de lectures politiques des événements fait en effet place à des visions fantasmées, imaginaires et fortement marquées par une conception policière de l’histoire.

Cette dernière constitue la marque de fabrique principale de tous les dominants cherchant à décrédibiliser et délégitimer leurs adversaires.

Pour éviter de remonter jusqu’au texte de la Bible, nous pouvons affirmer que, chez nous, c’est le colonialisme qui, à l’ère moderne, a inauguré cette façon de voir et de faire.

Toutefois, l’implacable dialectique de l’histoire a amené les dominés d’hier, devenus entre temps dominants, à intégrer ce procédé idéologique qui participe à la reproduction de l’ordre établi.

C’est ainsi que de 1962 à 2011, de Boussouf à Ould Kablia, la thèse de la manipulation est restée au centre du discours politique dirigeant. Il s’avère en revanche malheureux de constater que cette propension à recourir à la thèse de la manipulation n’épargne pas certains opposants ou analystes qui devraient plutôt s’atteler à donner des explications de fond afin de déconstruire le discours dominant et d’élever le niveau politique général.

Une fois affirmé que l’histoire de l’Humanité n’est pas histoire de complots, mais qu’elle est plus vraisemblablement, n’en déplaise aux antimarxistes primaires, l’histoire des luttes de classes, devons-nous en conclure qu’il n’y a jamais de complots et de manipulations? Affirmer cela serait une erreur. Opposer mécaniquement événements politiques et sociaux à complots et manipulations reviendrait à soutenir l’idée que les premiers sont chimiquement purs et que les seconds émanent, non des contradictions sociales et politiques réelles, mais de l’esprit tortueux et dérangé de quelques individus, officines et sectes.

Or, ce qui nous paraît important de contester, ce n’est pas tant la réalité des complots et autres manipulations que le statut de facteur explicatif principal que certains leur accordent, le rôle de moteur essentiel des événements sociaux qu’ils entendent leur faire jouer.

Dans toute société basée sur les divisions sociales – et donc politiques – les manipulations et autres complots sont partie intégrante de la panoplie que les hommes utilisent afin de gérer et résoudre leurs contradictions.

Mais ce ne sont pas ces manipulations et complots qui impriment leur marque aux événements, qui leur donnent leur sens, qui nous permettent d’en saisir la nature profonde et la dynamique.

Les complots et autres manipulations ne constituent que des modes d’intervention de certaines forces politiques et sociales dans des luttes sociales dont la signification est plus ample et profonde.

Ainsi, la possible, voire probable, intervention de provocateurs, clairement identifiés ou non, dans les événements d’octobre 1988 ou dans ceux de janvier 2011 ne doit pas amener à réduire la nature de ces événements en général et du mouvement populaire en particulier à la volonté et à l’action de ces «initiateurs», qui sont membres de fractions du régime dans le premier cas et groupes d’intérêts privés dans le second. Ces complots et manipulations doivent effectivement être pris en considération dans l’analyse, en tant que modes d’intervention de certains acteurs, mais ne pas déteindre sur cette analyse au point de réduire la révolte à ces interventions.

Pour tenter un tant soit peu de comprendre la révolte de janvier 2011, il faut faire l’effort de la replacer dans le contexte d’une crise sociale et politique plus profonde. Une crise sociale et politique qui n’est elle-même que la forme algérienne de la crise du capitalisme mondial. L’Algérie, en effet, n’est pas une île perdue. Ce qui s’y passe est déterminé par des facteurs internes, mais aussi par des facteurs externes qui interviennent par le biais des premiers.

À propos des « émeutes » de janvier 2011

La révolte de janvier 2011 est une révolte du sous-prolétariat. Des travailleurs, des étudiants, des lycéens et autres y ont certainement pris part. Mais l’écrasante majorité des acteurs de ce mouvement était composée de jeunes chômeurs et de jeunes revendeurs du secteur de l’informel, déjà exclus du système scolaire.

Chaque année, des centaines de milliers de jeunes quittent l’école sans diplôme ou sans formation.

Par ailleurs, de nombreux diplômés ne trouvent pas d’emploi et viennent gonfler la masse des exclus du marché du travail. Une partie d’entre eux tente de survivre en vendant des produits à la sauvette.

Formé essentiellement de jeunes hommes sous-prolétaires, ce mouvement présente les caractéristiques de cette fraction de classe.

Ainsi n’y avait-il pas de revendications explicites et encore moins de mots d’ordre politiques.

Cette révolte fut un cri, un immense cri spontané où tout était mêlé: colère contre la cherté de la vie, le chômage, le harcèlement constant de la police, l’absence de perspective sociale (travail, logement, mariage…), la criminalisation de l’émigration clandestine (harga), la hagra et le manque de libertés…

Mais il n’y avait pas de mot d’ordre clair.

Autre trait caractéristique de ce mouvement du sous-prolétariat, c’est son absence de perspective.

La révolte n’allait nulle part, ne se fixait aucun but précis à atteindre, aucun objectif lointain, intermédiaire ou immédiat. Ce fut une révolte, un cri, une clameur…

Et cette absence de vision du mouvement sur lui-même découlait, autre caractéristique du sous-prolétariat, de son absence d’organisation, de coordination, de direction.

Élaborer des revendications, des mots d’ordre, une plate-forme et une perspective implique impérativement de s’organiser, de se structurer localement, de se coordonner avec ses semblables et de se doter d’une direction.

Rien de tel dans le cas qui nous occupe. La grande révolte de la jeunesse sous-prolétaire fut une addition de révoltes locales. La généralisation de ces révoltes ne doit pas faire oublier leur absence totale d’organisation.

De là découle le fait que ce mouvement s’est manifesté, principalement, par des affrontements avec la police et l’attaque d’institutions de l’État ou de biens privés (magasins, voitures…) symbolisant une richesse de classe insolente, scandaleuse, provocatrice et illégitime.

Affrontements et saccages répétitifs qui ont rapidement amené le mouvement à tourner à vide, à s’essouffler voire, dans certaines circonstances, à déraper en s’attaquant à des citoyens non aisés et non responsables de la situation sociale actuelle.

Comme en Kabylie au cours de la séquence 2001-2002, le pouvoir a cyniquement joué la carte du pourrissement afin de pousser une partie de la population apeurée à se retourner contre les jeunes révoltés.

Et cela a fini par la constitution, dans nombre de quartiers, de comités d’habitants (petits commerçants, mais aussi travailleurs) décidés à se protéger, non des responsables de la désastreuse situation sociale et politique de notre pays (importateurs, grossistes, distributeurs et autres commerçants véreux, gouvernants…), mais des jeunes de leurs quartiers ou des quartiers environnants!

Cette malheureuse situation a été amplifiée ça et là par l’intervention de certains délinquants qui ont profité ou qui ont été poussés à profiter de la situation pour commettre des larcins.

Affirmer que la révolte des jeunes de janvier 2011 est une révolte du sous-prolétariat n’est pas péjoratif. La révolte de ce sous-prolétariat était légitime et il fallait la soutenir, contrairement à ce que soutiennent les partisans d’une conception policière de l’histoire qui ne nous proposent rien d’autre que de soutenir le pouvoir de Bouteflika présenté comme non-aligné.

La mise en lumière de la nature, des limites, faiblesses, erreurs voire fautes de cette révolte des jeunes sous-prolétaires ne vise qu’à mettre en évidence le fait que cette fraction de classe ne peut objectivement diriger un mouvement populaire et qu’il revient à d’autres forces, au mouvement ouvrier en particulier, mais aussi – dans certaines circonstances historiques particulières – à la jeunesse scolarisée (étudiants et lycéens), de lui ouvrir des perspectives politiques, de l’encadrer et de l’organiser, bref de la diriger.

Alger, le 22 mars 2011

Hocine Belalloufi

iReMMO LANCE SON 1er CYCLE D’UNIVERSITÉ POPULAIRE

iremo_1-2.jpg

iremo_1-2.jpg

Lance

le premier cycle

de son

Université Populaire

5, rue Basse des Carmes,

75005 Paris

(Maubert Mutualité)

01 43 29 05 65

iremmo.sg@gmail.com


cairo.jpg

RÉVOLTES ARABES

Alors que les peuples se soulèvent de la Tunisie à l’Egypte, du Maroc à la Syrie, de Bahreïn au Yémen, l’institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO) vous propose un cycle de conférences sur les révoltes et révolutions dans le monde arabe.


Vendredi 13 mai, 18h – 20h

«PLACE DU SOULÈVEMENT DE 2011

DANS L’HISTOIRE DU MONDE ARABE»

Elizabeth Picard

directrice de recherches au CNRS


Samedi 14 mai, 10h30 – 12h30

« RÉVOLTE ARABE,

UNITÉ DES ASPIRATIONS,

DIVERSITÉ DES SITUATIONS»

Alain Gresh,

animateur du blog « Nouvelles d’Orient »


Samedi 14 mai, 14h -16h

«Où ONT DISPARU LES ISLAMISTES?»

Burhan Ghalioun,
directeur du Centre d’Etudes sur l’Orient Contemporain


Samedi 14 mai, 16h30-18h30

« LE RÔLE DES ARMÉES

ET DES SERVICES DE SECURITE»

Bassma Kodmani,

directrice de l’Arab Reform Initiative


Participation à régler sur place:

  • 8 euros par séance (5 euros pour les étudiants & demandeur d’emploi)
  • 20 euros pour l’ensemble de la formation (12 euros étudiants & demandeur d’emploi) –

Nombre de places limité

Inscription obligatoire:

iremmo.up@gmail.com

ou 01 43 29 05 65


iReMMO 5, rue Basse des Carmes, 75005 Paris (Maubert Mutualité)

01 43 29 05 65 / iremmo.sg@gmail.com

Rejoigner l’iReMMO sur FaceBook!


30 MARS: “STRATÉGIES ISLAMISTES” (PARIS: CONFÉRENCES DE L’iReMMO – THÈMES & AGENDA)

iremo_1.jpg

iremo_1.jpg

LES CONFÉRENCES À VENIR

5, rue Basse des Carmes

75005 Paris

(Maubert Mutualité)

01 43 29 05 65

iremmo.sg@gmail.com


strategies_islm1.jpg

Mercredi 30 mars 2011

18h00 – 20h00

“STRATÉGIES ISLAMISTES”

Autour du dernier numéro de la revue Confluences Méditerranée

nos invités traiteront plusieurs questions :

Quel est le rôle de l’Iran?

Peut-on parler d’un modèle turc?

Quelle place pour la mouvance islamiste à l’heure des révoltes arabes?

Bernard Hourcade, directeur de recherche au CNRS

Didier Billon, directeur des publications de l’IRIS et rédacteur en chef de la Revue internationale et stratégique

Tewfic Aclimandos, historien, chercheur au Collège de France

Animation :

Jean Paul Chagnollaud, directeur de l’iReMMO

Le nombre de places étant limité, l’inscription est obligatoire : iremmo.sg@gmail.com

Participation : 8€ /tarif réduit 5 € – règlement sur place



Lundi 4 avril 2011

18h00 – 20h00

RÉVOLUTIONS ARABES

ET MIGRATIONS

La_question_migratoire_au_XXIeme_siecle.gif
Comment les migrations questionnent-elles les relations internationales

et comment les relations internationales questionnent-elles les migrations ?

Catherine Withol de Wenden,

directrice de recherche au Ceri/Science Po,

nous livrera son analyse à la lumière des thèses élaborées dans son dernier livre “La question migratoire au XXIe siècle”, tout en faisant écho à l’actualité.

La conférence sera suivie d’un débat avec le public.

Le nombre de places étant limité, l’inscription est obligatoire : iremmo.sg@gmail.com

Participation : 8€ /tarif réduit 5 € – règlement sur place


À partir du 26 mars

Xavier Courraud présente

Liban 2001-2011

oiseau1.jpg
Lors de ses différents voyages, Xavier Courraud a rencontré de nombreux libanais, au Nord du pays, mais aussi au Sud, dans le Chouf ou dans la Bekaa, durant des périodes qui alternaient entre flottement et tension dans le pays. Toutefois, les photos exposées présentent le pays de manière un peu « décalée ». Elles se veulent avant tout proches des populations locales, loin des conflits qui touchent le pays et que nous connaissons déjà trop bien, notamment à travers les médias. Les images présentent les communautés Druze du Chouf, Arménienne de Beyrouth et les Bédouins de la Bekaa. Mais aussi une jeunesse très active, en contraste avec les aïeux, qui vivent reclus dans la demeure familiale. De manière moins flagrante, il y a toute une série d’images qui présentent les modes de vie à la libanaise, les symboles communautaires et les modes d’organisation de la vie associative, qui participe à la reconstruction de la dignité libanaise.


L’iReMMO est un «Think Tank» indépendant, qui entend déconstruire les idées reçues et s’opposer à la doxa dominante sur ces sujets. Il se devra d’explorer les dynamiques émergentes de la Méditerranée et du Moyen-Orient, tout en faisant découvrir la région sous un angle historique, artistique et culturel. L’iReMMO veut créer une véritable dynamique susceptible de peser dans le débat public: sur l’opinion (avec une forte volonté de toucher les nouvelles générations), les décideurs et les partis politiques.

L’iReMMO partage ses locaux avec une librairie de l’Harmattan qui d’ores et déjà comprend plus de quinze mille volumes consacrés à la Méditerranée et au Moyen-Orient.

iReMMO 5, rue Basse des Carmes,

75005 Paris (Maubert Mutualité)

01 43 29 05 65 / iremmo.sg@gmail.com

Rejoigner l’iReMMO sur FaceBook!


DÉCLARATION DU PARTI COMMUNISTE OUVRIER DE TUNISIE

pcot1_185_115.jpg

pcot1_185_115.jpg

Déclaration du Parti communiste ouvrier de Tunisie (PCOT)

à l’occasion de sa légalisation:

«La marche doit continuer jusqu’à l’aboutissement de la révolution»

Communiqué du PCOT repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Après avoir milité 25 ans dans la clandestinité, le Parti communiste des ouvriers de Tunisie vient d’être enfin légalisé. Ce n’est pas seulement une victoire de ses militantes et militants, mais aussi celle des travailleurs et de l’ensemble du peuple tunisien.

Cet événement a une portée symbolique importante, c’est un fruit parmi d’autres de la révolution du 14 janvier qui a fait chuter Ben Ali, imposé le droit d’organisation et inauguré une ère nouvelle pour la Tunisie et son peuple.

Le PCOT a été créé le 3 janvier 1986, jour du deuxième anniversaire du soulèvement glorieux du pain, une façon d’afficher notre détermination à lier notre sort à celui du peuple tunisien, à défendre ses intérêts et ses aspirations légitimes pour une vie digne, où règnent liberté, démocratie et justice sociale. Le PCOT a traduit ces engagements dans son programme politique et ses pratiques militantes, sous le slogan de la « révolution démocratique nationale et populaire », il a continué à le défendre au prix de sacrifices énormes : Nabil Barakati est mort en martyre, des centaines parmi nos militantes et militants ont été torturés, emprisonnés et privés de leurs droits les plus élémentaires, plusieurs d’entre eux ont connu l’exil.

Notre Parti a accompagné notre peuple durant un quart de siècle, faisant de la chute de la dictature un objectif primordial, considérant qu’elle constitue un obstacle majeur à l’émancipation du peuple et à la renaissance de la patrie. Le Parti avait entièrement confiance en notre peuple, il a lutté contre la pensée réactionnaire qui le sous-estimait, l’accusait d’impuissance et de résignation. Il a continuellement œuvré pour élever sa conscience et l’organiser selon ce que permettait l’action clandestine et l’absence de libertés. Il a été de toutes ses luttes et contribué à unir l’opposition pour garantir la victoire contre la dictature.

La révolution du 14 janvier est le couronnement de plus de 20 ans de lutte et de sacrifices du peuple tunisien, de ses enfants avec leurs différentes tendances idéologiques et politiques, opposantes à la dictature, qu’ils soient organisés dans les partis, associations et organisations syndicales et de défense des droits humains ou non organisés.
Cette révolution a pris plusieurs dimensions, c’est une révolution politique contre la tyrannie et l’assujettissement, une révolution sociale contre l’exploitation et la corruption, une révolution patriotique pour la dignité. La révolution ne s’est pas arrêtée en Tunisie, elle s’est étendue à d’autres pays arabes, où les peuples se soulèvent contre des régimes tyranniques et corrompus et les font chuter l’un après l’autre.

La révolution du 14 janvier n’est pas encore achevée car elle n’a pas atteint tous ses objectifs, malgré le chemin parcouru. Les forces réactionnaires la guettent et tentent de la faire avorter, soutenues en cela par les Etats Unis et la France, elles veulent la réduire à une simple réforme de l’ancien régime, sans pour autant toucher ses fondements et ses bases économiques et sociales. La question fondamentale dans toute révolution c’est le pouvoir, et tant que les catégories qui ont fait la révolution ne détiennent pas le pouvoir, on ne peut conclure à son achèvement et sa victoire. C’est le cas en Tunisie où le peuple s’est soulevé mais n’a pas encore obtenu le pouvoir.

Dans la première phase de la révolution, le peuple a fait chuter le dictateur. Dans la deuxième phase qui concerne la victoire contre la dictature, le peuple est parvenu, grâce à sa vigilance et sa détermination, à faire chuter le gouvernement Ghanouchi et à imposer la revendication d’une assemblée constituante et la dissolution du RCD et de la police politique. Il a également élargi le champ des libertés d’expression et d’organisation de manière considérable.
Pourtant, le pouvoir demeure entre les mains des forces réactionnaires, implantées dans les différents appareils et institutions, leurs intérêts économiques sont toujours épargnés. Ces forces commettent des crimes contre le peuple (agressions, saccages, troubles..). Elles tentent de fissurer son union en attisant les visées tribales régionalistes et religieuses; elles tendent à le dissuader de poursuivre la révolution et la réalisation de ses objectifs en semant la peur et la terreur.

La présidence intérimaire et le gouvernement provisoire s’évertuent à saboter la légitimité révolutionnaire et rejettent tout contrôle de leurs décisions dans l’intérêt des ennemis de la révolution (nomination des délégués, des responsables sécuritaires, au sein de la justice…). Ils ont refusé de traiter avec « le conseil national de protection de la révolution » qu’ils ont remplacé par une « instance » dont ils ont désigné les membre de façon unilatérale, de même la décision de dissoudre le RCD peut être anéantie par le retour de ce parti sous de nouvelles formes, c’est aussi le cas pour la décision de dissolution de la police politique qui est entourée de doutes et soulève de sérieuses interrogations sur son application.

Les masses populaires, particulièrement à l’intérieur du pays, commencent à avoir le sentiment que rien n’a changé dans leur vie politique et leurs conditions sociales, que leur révolution est en train d’être volée. C’est un sentiment légitime aux raisons compréhensibles. L’ancien régime est toujours en place, avec son appareil et son administration. Le gouvernement provisoire n’a pris aucune mesure urgente nécessaire pour atténuer le poids du chômage, de la cherté de la vie, de la dégradation du service public qui frappent les régions qui ont en plus subi la répression et le pillage avant et pendant de le déclenchement de la révolution. C’est le cas du bassin minier, de Skhira, de Benguerdane et de bien d’autres régions.

Le parti communiste des ouvriers de Tunisie considère que la révolution n’est pas achevée, le peuple tunisien doit rester vigilant pour écarter les dangers qui la menacent. La poursuite de la mobilisation, la conservation et la dynamisation du « conseil national de protection de la révolution », et de ses comités locaux sont des missions urgentes aujourd’hui.

Aujourd’hui, le peuple demeure le seul capable d’exercer un contrôle sur la présidence intérimaire et le gouvernement provisoire, il a le droit de surveiller et de demander des comptes.

L’élection de « l’assemblée constituante » est un rendez-vous important dans la période à venir, les travailleurs, les couches laborieuses et l’ensemble de notre peuple peuvent, en lien avec le PCOT et l’ensemble des forces démocratiques et révolutionnaires, en faire un moment décisif pour imposer la volonté du peuple et donner un coup d’arrêt aux ennemis de la révolution.

Ceci ne peut être réalisé sans une mobilisation immédiate pour reporter la date des élections et les espacer des dates des examens, afin de permettre au peuple et aux forces politiques de bien s’y préparer, étant donné l’importance des questions que l’assemblée constituante va sceller.

Il faut également préparer un terrain politique propice, par l’assainissement de l’administration, de la justice, des médias, par la dissolution effective de la police politique et l’instauration d’une loi électorale qui tranche la question du financement des partis, pour garantir la transparence et l’égalité entre tous les participants et éviter que ces élections soient entachées de corruption.

La nature de la période transitoire n’empêche aucunement la nécessité de prendre des mesures économiques et sociales urgentes, surtout en faveur des chômeurs, des régions délaissées malgré leur richesses et leur potentiel.

Le gouvernement de transition continue à s’accrocher au budget décidé sous Ben Ali, dont une importante partie est prévue pour le ministère de l’intérieur et pour le remboursement de la dette contractée par la dictature. Pourquoi ce gouvernement ne procède pas à l’annulation de la dette ou du moins sa suspension un temps, comme cela a été le cas dans les pays ayant vécu le même schéma que la Tunisie? Pourquoi ne pas consacrer tout son montant pour améliorer le quotidien du peuple? Pourquoi ce budget n’est-il pas révisé en fonction des nouvelles priorités?

La révolution tunisienne s’est étendue à de nombreux pays arabes. Le dictateur d’Égypte a été déchu, alors qu’au Yémen et au Bahreïn les soulèvements populaires sont atrocement réprimés par les régimes autoritaires avec l’aide de l’Arabie saoudite au Bahreïn. A côté de chez nous, le peuple libyen s’est soulevé contre ses tortionnaires, mais les choses prennent une tournure grave avec l’intervention des Etats Unis et de leurs alliés, sous couvert de la protection des civils. L’administration américaine n’a guère évoqué l’assassinat de civils au Yémen et au Bahreïn, comme elle ne l’a jamais fait pour Gaza, pour le Liban ou pour l’Irak et l’Afghanistan qu’elle occupe. Et Sarkozy n’a-t-il pas soutenu le dictateur tunisien jusqu’au dernier moment?

Ce qui pousse Obama, Sarkozy et Cameron à intervenir c’est la course effrénée pour partager le pétrole libyen, après l’avortement de sa révolution. Nous soutenons le peuple libyen dans son soulèvement, mais nous sommes contre toute intervention étrangère qui non seulement nuira à la révolution en Libye mais aussi en Tunisie et dans tous les pays arabes. Nous sommes opposés à l’utilisation de notre territoire ou de notre espace aérien dans l’agression conte la Libye. Les colonialistes américains, français et anglais n’ont aucun intérêt dans le triomphe des révolutions arabes vu le danger que cela représente pour eux.

  • Vive la révolution du peuple tunisien.
  • Que la révolution continue jusqu’à l’aboutissement de ses objectifs.
  • Que le pouvoir soit au peuple.
  • Vivent les soulèvements des peuples arabes pour la liberté et la dignité.

Parti communiste des ouvriers de Tunisie

Tunis, le 23 mars 2011

Site: http://www.albadil.org/


LIBYE: TÉMOIGNAGES

libye_temoignage.jpg

Un lecteur s’étonne de la publication de ce témoignage, repris d’un organe de presse qui se fait souvent le relai ou le reflet des thèses interventionnistes et impérialistes contre les aspirations des peuples à l’indépendance et à la démocratie.

Que notre ami se rassure (s’il ne l’est déjà par les contenus du site à propos de la Libye), ni Socialgerie, ni l’ami qui nous a communiqué ce reportage ne se font d’illusion sur les intentions et le battage des BHL et consorts.

En l’absence de commentaire, Socialgerie fait confiance à la capacité de jugement des lecteurs face aux thèses qui s’affrontent autour de la complexité de la situation en Libye comme ce fut le cas en d’autres temps pour le Kosovo, pour l’Irak et d’autres situations où les dictateurs en place ont prêté le flanc aux propagandes des pseudo-démocratiseurs de l’Occident.

Les partisans du changement démocratique et social profond sont assez armés pour démêler l’écheveau des manipulations et ne pas craindre de prendre connaissance de ce qui se dit pour élever leur vigilance et le niveau de leurs propres exigences.

C’est ce que rappelait Lénine à un camarade qui s’étonnait de ce qu’il s’attarde à la lecture des journaux les plus réactionnaires …

L’essentiel est que le peuple libyen et ses courants authentiquement révolutioonaires ne soient pas victimes des convoitises et malédictions que lui valent ses richesses naturelles et les enjeux géostratégiques de la région.

SUR LA ROUTE D’ AJDABIYA, LES MACABRES DÉCOUVERTES

libye_temoignage.jpg

Beaucoup d’histoires se racontent, parmi les insurgés, sur l’utilisation de mercenaires par l’armée du colonel Kadhafi.

REUTERS/GORAN TOMASEVIC

Nasser Idriss et Youssef Queri ne pensaient pas, en partant en patrouille clandestine vers les lignes libyennes, faire une telle découverte. Leur objectif était de récupérer des corps de combattants rebelles tués par les bombardements de la veille sur la route d’Ajdabiya. Et Youssef avait aussi un but personnel: son cousin Mohammed avait disparu depuis cette attaque d’artillerie, et il souhaitait le retrouver ou, au pire, ramener son corps à leur famille.

Nasser Idriss, 34 ans, est un militaire qui a quitté l’armée libyenne en 2000 après six ans de service. Youssef Queri a 20 ans. Les deux hommes, originaires de Benghazi, ont sympathisé sur le front il y a une semaine, lors de la déroute des insurgés qui a précédé les raids aériens occidentaux. Lorsque le jeune Youssef a annoncé, mercredi 23 mars à l’aube, qu’il partait vers les lignes ennemies à la recherche de son cousin, Nasser a décidé de l’accompagner.

« C’ÉTAIT UN PIÈGE »

Rencontrés vingt-quatre heures après leur patrouille, sur ce front à 15 km d’Ajdabiya, Nasser et Youssef sont encore bouleversés par ce qu’ils ont vu. Nasser tente de maîtriser sa colère. Youssef cache à peine ses tremblements d’émotion.

« Nous avons marché jusqu’à 2 km après le château d’eau. Nous marchions à l’écart de la route, dans le désert, raconte Youssef Queri. Nous avons d’abord vu un cadavre, puis d’autres cadavres. Il y avait huit voitures de rebelles sur le bord de la route, et une cinquantaine de corps éparpillés. » « Il y avait aussi, au bord de la route, un pick-up Toyota blanc avec deux types qui écoutaient de la musique à la radio. Nous avons d’abord eu peur qu’ils soient des soldats de Kadhafi… Puis, croyant que c’était des rebelles, nous leur avons fait des signes avec nos foulards. Ils n’ont pas bougé, pas répondu… Puis nous nous sommes approchés. Et là, nous avons vu que les deux corps avaient été sectionnés au niveau du bassin, et qu’ils avaient les oreilles coupées. Leurs blessures étaient récentes, ils saignaient encore. J’ai commencé à pleurer. » Le témoignage de Nasser concorde point par point. Il ajoute que les deux hommes ont aussi été « scalpés ».

« Nous avons mis les deux corps à l’arrière du pick-up. Puis nous avons entendu un sifflement étrange émanant de la radio, poursuit Youssef. Nous avons coupé la radio, coupé le contact, puis remis le contact, et le sifflement a repris. Nous avons cru qu’il y avait peut-être une bombe dans la voiture et nous nous sommes enfuis. Et là, tout d’un coup, des roquettes sont tombées tout autour de la voiture. C’était un piège. » « Un déluge de roquettes », dira Nasser.

En rampant sous les obus, les deux hommes prêtent davantage attention aux autres corps étalés aux alentours. « Ils étaient déchiquetés par des bombardements plus anciens, par des éclats d’obus », dit Youssef. « Mais certains étaient aussi mutilés, comme ceux de la Toyota, avec aussi des bras, des jambes et des têtes coupés », affirme Nasser. A ce moment-là, en s’enfuyant, « nous avons vu environ vingt mercenaires noirs africains, armés de longs couteaux et de machettes, à trente mètres de nous », raconte Nasser. « Ils parlaient une langue que nous ne comprenions pas. Nous avons eu peur, mais eux ont eu peur de nous, car ils n’avaient pas d’armes à feu. Ils ont couru environ 300 m pour se réfugier derrière des tanks de l’armée libyenne. »

Youssef et Nasser précisent qu’ils ignorent si ces hommes mutilés, dans la Toyota et sur le côté de la route, ont été tués par ces mercenaires, ou sont morts préalablement dans des combats ou des bombardements. Youssef ajoute qu’il croit que « les corps ont été disposés sur le sol » après leur mort, de façon à impressionner des insurgés qui s’aventureraient jusque-là. Youssef raconte qu’ensuite, « sous les tirs, nous avons rampé durant des heures pour quitter la zone ». Partis à 8 heures du matin, Youssef et Nasser sont revenus du côté rebelle à 14 heures.

« MONTRER AU MONDE »

Beaucoup d’histoires se racontent, parmi les insurgés, sur l’utilisation de mercenaires par l’armée du colonel Kadhafi. Des corps de combattants noirs africains ont effectivement été trouvés dans les tanks et jeeps bombardés par l’aviation occidentale près de Benghazi.
Beaucoup d’histoires circulent aussi sur leur cruauté supposée, mais jamais un récit n’était à ce point étayé, confirmé par deux témoins visuels directs, interrogés séparément. Nasser regrette de ne pas avoir eu un téléphone mobile pour « prendre des photos des cadavres, et montrer au monde ce que Kadhafi fait aux Libyens ».

Le jeune Youssef est encore trop bouleversé pour émettre un commentaire, il s’en tient à un compte rendu direct et sobre. Nasser, tout aussi précis dans son récit, laisse éclater sa colère. « Ce que nous avons vu est très vicieux, très sanguinaire. Alors si je trouve un soldat libyen, je le tuerai et c’est tout. Mais si je trouve un mercenaire africain, je le taillerai moi aussi en morceaux, si Dieu le veut, pour venger nos jeunes. »

Rémy Ourdan

Article paru dans “Le Monde”

édition du 26.03.2011

SORBONNE – 2 AVRIL 2011 « MARX AU 21ème SIÈCLE »

marx_21.png

marx_21.png

CENTRE D’HISTOIRE DES SYSTEMES DE PENSÉE MODERNE

Marx au XXIe siècle, l’esprit & la lettre

NOUVELLES VIDEOS EN LIGNE

Séminaire hebdomadaire

sous la responsabilité de Jean Salem (Paris 1),

Isabelle Garo (Paris, Lycée Chaptal),

Jean-Numa Ducange (Université de Rouen)

Et Stathis Kouvélakis (Londres, King’s College)

avec le soutien du CERPHI

et de la revue ContreTemps (Syllepse)

ANNÉE 2010-2011

samedi 2 AVRIL 2011,

de 14h à 16h

André TOSEL

Philosophe, professeur émérite à l’Université de Nice

AFFECTS ET INSOUMISSION

(DE L’INDIGNATION, DE LA COLÈRE ET DE LA HAINE)

à L’ ÉPOQUE DE LA SOUMISSION RÉELLE

Sorbonne

amphithéâtre Lefebvre

entrée : 14, rue Cujas,

Galerie Jean-Baptiste Dumas, escalier R, 1er étage


Pour contact et information :
http://www.marxau21.fr

REJET PAR L’UNIVERSITÉ DE JOHANNESBURG DE L’APARTHEID EN ISRAËL

AFPS : « L’université de Johannesburgh rompt ses relations avec Israël. Un moment historique pour le mouvement de boycott contre Israël

L’université de Johannesburgh rompt ses relations avec Israël.

Un moment historique pour le mouvement de boycott contre Israël.

publié le samedi 26 mars 2011

Aujourd’hui, auteur d’un précédent à retentissement international en matière de boycott universitaire d’Israël, l’Université de Johannesburg (UJ) a rompu ses relations avec l’Université israélienne Ben Gourion (BGU).

Cette rupture a eu lieu après le rejet par le Conseil de l’UJ d’une dernière requête judiciaire déposée par le lobby pro-israélien, d’avoir deux accords bilatéraux séparés – l’un avec une université palestinienne et l’autre avec une université israélienne.

L’UJ, elle, a choisi de confirmer la résolution qu’avait prise son Conseil, laquelle demandait qu’elle joue un rôle de premier plan pour les universités palestiniennes.

Les universités palestiniennes ont unanimement rejeté toute collaboration avec BGU sous quelque forme que ce soit, et ont exprimé leur soutien total au boycott universitaire contre Israël.

UJ a choisi de respecter ce choix.

L’UJ est la première institution à officiellement rompre ses relations avec une université israélienne, écrivant ainsi une page capitale d’une campagne de boycott qui prend de l’ampleur, Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël.

Tout au long de la campagne, les militants des droits de l’Homme, ont attendu cette décision.

Cette décision de boycott venant d’une institution sud africaine, revêt une signification particulière. Elle crée en effet un précédent qui doit entraîner un effet domino de boycott!!

Le mouvement, qui avait pour objet une rupture des relations avec BGU a été boosté par le soutien écrasant des signataires de la pétition Uj (www.ujpetition.com) – contenant une déclaration et une campagne en faveur des enseignants et des étudiants de UJ qui demandaient à leur université de cesser tout commerce avec l’orientation ségrégationniste de BGU. La réunion du Conseil de UJ s’est tenue aujourd’hui, il s’avère que plus de 400 enseignants sud africains, comprenant neuf Vice-Chancelliers et Adjoints, avaient signé la pétition de l’UJ.

Dans la liste des signataires, on trouve les noms des grandes figures du théâtre des idées sud africain: Les professeurs Neville Alexander, Kader Asmal, Allan Boesak, Breyten Breytenbach, John Dugard, Antjie Krog, Barney Pityana and Sampie Terreblanche. Le dessinateur populaire sud africain Jonathan «Zapiro» Shapiro.

Le lauréat du prix Nobel Desmond Tutu, L’Evèque Rubin Phillips, l’ancien ministre Ronnie Kasrills et le leader de la lutte pour les droits sociaux Zackie Achmat, ont aussi soutenu la campagne.

De plus, plus de 100 internationaux ont commencé de manifester leur soutien, parmi eux, plusieurs intellectuels internationaux de premier rang: les professeurs Judith Butler, Vijay Prashad, Michael Burawoy, Wendy Brown, Ernesto Laclau, ainsi que l’auteur nominé John Berger.

Aujourd’hui UJ a écrit une page d’histoire en réaffirmant et en promouvant l’intégrité morale de l’université.

Les Palestiniens, les Sud-Africains ainsi que la communauté universitaire internationale célèbrent cette victoire historique que constitue le refus de l’apartheid israélien et le soutien pour la liberté, la dignité et la justice pour le peuple palestinien.

L’UJ poursuit son mouvement anti-apartheid – contre l’Israël de l’Apartheid.

Rédigé par le groupe de travail sur le BDS. (Afrique du Sud)

publié par Pacbi

http://www.epacbi.eu/articles/unive... Traduction : JM

AVRIL 2011 – LE MAGHREB DES FILMS – PROGRAMME

Newsletter_entete_copie-2-91c72.jpg

Newsletter_entete_copie-2-91c72.jpg

Lettre d’information du 28 mars 2011

Le Maghreb des films
Présente en Avant-première

FISSURES DE HICHAM AYOUCH (75mn)

le lundi 4 avril à 21h

à Paris, cinéma Les 3 Luxembourg

(67, rue Monsieur le Prince 75006)

et le mardi 5 avril à 20h

à Lille, cinéma L’Univers

(16 rue Georges Danton 59000 Lille)

Un OFNI (objet Filmique Non Identifié)

dans le ciel du cinéma marocain

«JULES ET JIM version trash» “Jeune Afrique”

«Un film rebelle symbole de la nouvelle vague arabe» “Tel Quel”

La projection sera suivie d’un débat

animé par Mouloud Mimoun.

À Paris, le débat aura lieu avec la participation du réalisateur

et de Dominique Caubet, professeur d’arabe maghrébin à l’INALCO

Dominique Caubet est l’auteur du film «Casanayda!» (2007),

elle travaille sur la «movida» marocaine ou «nayda» depuis 2004

et est en train de tourner un autre documentaire sur Casablanca.

À Lille la projection de «Fissures» sera précédée par celle de «La Cuisine en héritage», très beau film de Mouna Meddour sur la transmission du savoir-faire culinaire au Maroc.

Pour la séance à Paris, il est prudent de réserver sa place par mail à l’adresse suivante : mdf@maghrebdesfilms.fr

Pour en savoir plus (résumé du film, commentaires du réalisateur, etc.),

ouvrez la lettre d’information publiée sur le site Internet : http://maghrebdesfilms.fr/Lettre-d-information-du-28-mars .

Voir aussi le dossier de presse : http://maghrebdesfilms.fr/FISSURES-de-Hicham-Ayouch


Prochaines projections aux 3 Luxembourg :

Sweet_home2-9ce9a-9d001.jpg

Sweet home ” de Fatma Cherif

le Jeudi 21 avril à 21h

aux 3 Luxembourg,

en partenariat avec le Manifeste des libertés;

débat avec la réalisatrice et Tewfik Allal

«Thouraya travaille comme femme de ménage dans la maison de mes parents.

Je la suis dans ce lieu qui délimite notre familiarité, nos conversations tournent autour du rapport entre les hommes et les femmes, du désir, du droit à l’avortement, de la science, de la religion…

[Autant de sujets qui nous distinguent en soulignant nos origines sociales différentes.

Autant de sujets qui nous rapprochent malgré tout…»
Fatma Cherif ->http://maghrebdesfilms.fr/Sweet-home]

femmes_kabyles.jpg

_________________

Reprise de “Allah Ghaleb” de Nadia Makhlouf

et de “Avant de franchir l’horizon” de Habiba Djahnine, fin avril,

date exacte à préciser),

en partenariat avec le Manifeste des libertés,

avec débat avec les réalisatrices.

Ces films ont été projetés le 23 mars dernier, mais en raison d’une forte affluence, beaucoup n’ont pu entrer en salle. Une nouvelle projection a donc été décidée.


Copie_de_Affiche_fissures-3.jpg

En avant-première,

projection de « Fissures » de Hicham Ayouch (75mn)

Dans Tanger, ville mystérieuse et magique, trois marginaux en quête d’amour et de délivrance vont se rencontrer et s’aimer : Abdelsellem, un homme brisé qui sort de prison, Noureddine, son meilleur ami, et Marcela, un brésilienne fantasque, excessive et suicidaire.

«Par l’audace de son sujet – une histoire d’amour à trois personnages – et son «écriture», très physique et qui évoque beaucoup le style de John Cassavetes (notamment FACES), FISSURES apparaît in fine comme une sorte d’OFNI (Objet Filmique Non Identifié) dans le ciel du cinéma marocain ; le premier jalon d’une « nouvelle vague », comme le fut ici, en son temps A BOUT DE SOUFFLE, avec lequel il entretient plus d’une similitude stylistique et narrative.» G.V.

« JULES ET JIM version trash » Jeune Afrique

« Un film rebelle symbole de la nouvelle vague arabe » Tel Quel

Avec Abdelsellem Bounouacha, Marcela Moura, Noureddine Denoul

« Fissures » sort en salles le mercredi 6 avril 2011.

  • Festival National du Film Marocain de Tanger :

    Prix de la meilleure première œuvre, du meilleur montage, du meilleur second rôle masculin
  • Festival du Film Arabe de Fameck :

    Prix de la Presse
  • Sélection Coup de Cœur au Festival International du Film de Marrakech

Copie_de_Fissures_HA-4.jpg
Hicham Ayouch

Propos

Genèse Ce film est né d’une urgence, d’un besoin d’expression insoutenable.
J’ai voulu tenter une expérience cinématographique où la liberté et la capture des émotions étaient ma quête, j’ai voulu tourner la vie. Je n’avais pas d’argent, je n’avais pas de scénario, mais je savais qu’il fallait que je m’exprime d’une manière ou d’une autre.

J’ai donc appelé six amis aux quatre coins du Maroc, acteurs ou metteurs en scène et je leur ai fait part de mon projet un peu fou de tourner un film sans scénario, les six ont accepté.

J’ai parlé de mon projet au Directeur du CCM qui a accepté de me donner une autorisation étant donné le caractère expérimental du projet.

Tournage C’était très intéressant, toute l’équipe s’est retrouvée à Tanger et pendant deux jours, nous avons travaillé sur un pré-séquencier, au total, nous avons imaginé une trentaine de séquences sans dialogues, juste avec la description de la scène.

Puis, l’aventure a commencé, chaque jour, nous inventions l’histoire le matin et nous tournions l’après-midi et la nuit.

C’était une expérience magique, faite de liberté, d’intuitions, d’improvisation, de rencontres, nous étions en permanence à la recherche de l’émotion.

Le tournage a duré treize jours, il était d’une intensité rare, nous étions en permanence sur le fil du rasoir, nous oscillions entre rires et larmes. La plupart des scènes ont été tournées en une seule prise, sans répétition, et le plus souvent, je mêlais les acteurs aux habitants de la ville qui improvisaient naturellement avec nous.

Copie_de_Fissures_PIC_0253.jpg
Fiction Le film est une fiction, mais il a été pensé et tourné comme un documentaire, en filmant de cette manière, débarrassé de tout artifice, je voulais aller le plus loin possible dans ma quête d’un cinéma différent.

J’ai donc tourné sans donner d’importance aux éléments qui composent un film classique, costumes, raccords, maquillage, mouvements de caméra, l’essentiel était d’essayer de capturer l’émotion.

En tournant FISSURES j’ai également voulu montrer un Maroc différent, un Maroc où l’on boit de l’alcool, un Maroc où l’on fait l’amour, un Maroc où l’on vit librement et j’ai utilisé une liberté cinématographique pour essayer de retranscrire au mieux cette réalité.

Nouvelle vague FISSURES est un film différent qui essaye de chercher d’autres voies d’expression, les fenêtres d’exposition sont rares pour ce type de projet.

C’est un film fragile qui comporte des faiblesses, mais ce sont ces faiblesses et cette prise de risque qui lui confèrent également toute sa force.

Ce type de cinéma indépendant a déjà été pratiqué en Europe avec la «Nouvelle Vague» ou «Dogma», également aux Etats-Unis avec des réalisateurs comme Cassavetes, mais au Maroc, je pense que cette expérience est la première du genre.