MONDE ARABE: QUELS SOUBASSEMENTS ET ENJEUX SOCIO-ECONOMIQUES?


“LA CONFÉRENCE DE LONDRES POUR FAIRE MAIN BASSE SUR LA LIBYE”, par Mohamed Bouhamidi, le jeudi 31-03-2011.


[a/s DES « MANIFESTATIONS PACIFIQUES D’UNE POPULATION DÉSARMÉE »

réaction d’un lecteur de socialgérie à l’article:

“LA CIA SERAIT PRÉSENTE SUR LE TERRAIN EN LIBYE”->#des]


ALGÉRIE: LE CHANGEMENT BIEN ORDONNÉ…par AHMED HALFAOUI, le 29 mars 2011.


OUI, L’ ALGÉRIE EST EN DANGER”, réaction de Abderrahmane Zakad, le 31 mars 2011 à l’articlede Ahmed Halfaoui, du 21 mars 2011 (Les Débats), mis en ligne par socialgérie, article 413 …


PARIS ET LONDRES DÉFINISSENT L’APRÈS – KADHAFI EN LIBYE”, Analyse de Kharroubi Habib, “Le Quotidien d’Oran”, le 28 Mars 2011.


LIBYE: «AUBE DE L’ODYSSEE» OU CHEVAL DE TROIE”, extrait d’un article de Djamel Labidi, “Le Quotidien d’Oran”, le 28 mars 2011


“LIBYE: DÉCLARATION DU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION”, le 29 mars 2011


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LE NÉOCOLONIALISME EST OBLIGÉ D’ALLER LUI-MÊME AU CHARBON:

LA CONFÉRENCE DE LONDRES POUR FAIRE MAIN BASSE SUR LA LIBYE

jeudi 31-03-2011

par Mohamed Bouhamidi

Le mardi 29 mars 2011, quarante pays se réunissent à Londres pour discuter de l’avenir de la Libye? Le nombre est supérieur à celui de la «communauté internationale» habituelle et habituellement réduite aux quelques grandes puissances qui se sont arrogé cette qualité. Elles pouvaient avec cette qualité autoproclamée ignorer les opinions certainement différentes de l’écrasante majorité des pays et des peuples de la planète.

Mais croyez-vous sérieusement que les bicots-nègres cubains, brésiliens, burkinabés, algériens ou mauriciens peuvent encore réclamer un droit de parole? La Chine elle–même, l’Inde, le Brésil ne pèsent pas lourd devant cette «communauté internationale».

Ce n’est pas faire de l’ironie de remarquer que le cas libyen oblige les maîtres du monde à monter le spectacle d’une «conférence ouverte» sur l’avenir de la Libye. Un air de nous dire : «Voilà, nous n’avons rien à cacher; pas même un accord secret sur le partage du pétrole ni sur les futurs contrats de reconstruction des infrastructures et encore moins sur les futurs contrats d’armement pour remplacer ce que la «coalition», hier, et l’Otan, aujourd’hui, vont détruire sans aucune nécessité militaire.»

Le gouvernement Berlusconi à qui on ne la fait pas en matière de bonneteau a lâché sur les visées françaises qui lui feront perdre tout retour sur ses investissements avec Kadhafi et a vendu la mèche dans la presse en révélant les préparatifs français en Libye dès le mois de novembre 2010.

Ce que confirment le demi-aveu et la demi-fanfaronnade de Fillon sur le viol de l’espace libyen par des avions français dès la 4 mars 2011, c’est-à-dire bien avant la résolution de l’ONU.

Ce que confirment aussi les activités, vite ensevelies dans le silence médiatique, des forces spéciales britanniques et hollandaises sur le sol libyen.

Bien sûr, la presse embarquée dans cette nouvelle croisade regrette, en grinçant des dents, la «discrétion» de la présence arabe. Cela aurait été infiniment plus simple que la présence arabe donne à cette croisade la caution de la «demande d’ingérence» humanitaire pour délier totalement les mains des croisés.

L’impérialisme n’est plus ce qu’il était. Nous pouvons rappeler le temps béni des Sykes-Picot qui n’avaient nul besoin de tant de tralala pour découper le Moyen-Orient et se tailler leurs zones d’influence.

Nous pouvons le rappeler au moins à Cameron qui se présente comme le plus israélien et le plus sioniste des Premiers ministres britanniques – et à Sarkozy, l’ami qui demandait à Israël de combien de temps il avait besoin pour accomplir son agression et ses crimes au Liban.

Nous pouvons rappeler au moins à ces deux croisés qu’ils n’inventent rien de la politique et qu’ils ne sont que de pâles copies de leurs prédécesseurs qui agissaient comme maîtres d’œuvre et non comme sous-traitants d’Obama..

La mise en scène de Londres ne doit pas faire illusion.

Elle remplit plusieurs fonctions par défaut mais sa fonction essentielle reste de trouver une ligne de conduite impérialiste en Libye et d’aller chercher en dehors du cadre de l’ONU et de ses contraintes, pourtant bien maigres, un consensus sur l’interprétation qui arrange le mieux les intérêts des grandes puissances.

Car le casse-tête libyen est bien de cet ordre : quels buts politiques faire admettre à tous quand l’agression et ses buts ont été concoctés par quelques-uns?

L’ONU a-t-elle réellement mandaté Sarkozy, Cameron et Obama de changer le régime libyen, de tuer Kadhafi ou de le faire partir?
La réalité la plus plate et la plus prosaïque est que la conférence de Londres a pour but de dessaisir les insurgés de toute illusion et de toute possibilité de dire leur mot sur le futur de la Libye.

C’est pour cela que le Conseil national de transition n’est pas une partie et encore moins un acteur de la conférence.

Cette conférence a tout du remake et rien de la nouveauté pour les rapports entre les hommes!

Elle est une mise sous tutelle de la Libye tout entière, Conseil national de transition-compris!

Ni Obama ni ses sous traitants anglo-français ne veulent avoir de surprise.

C’est probablement l’expérimentation d’une nouvelle forme de protectorat.

Le message est clair : la coalisation ne va pas enlever le pouvoir à Kadhafi pour le livrer à des inconnus!

Mais au fond, ils ne veulent avoir de surprises avec personne! Ni avec les Tunisiens qui ont renversé Ben Ali ni avec les Egyptiens qui ont eu raison de Moubarak!

Cameron – encore lui!- comme Sarkozy ne s’inquiètent que du retour à l’ordre; que de s’assurer que le changement n’a rien changé dans les fondations et dans les structures de l’édifice.

Cette guerre sera une nouvelle guerre du pétrole avec quelques apparences nouvelles mais d’une extrême gravité.

La conférence de Londres peut ressembler à celle de Berlin qui jeta les bases d’une «entente» entre pays impérialistes pour le partage de l’Afrique et pour une «bonne gouvernance» de l’exploration et de la mainmise sur les territoires «découverts».

Durera-t-elle autant que la conférence de Berlin (du 15 novembre 1884 au 26 février 1885)? Ou pas plus que la conférence de Yalta (du 4 au 11 février 1945)?

Si elle en reste à ses résultats actuels la conférence de Londres aura échoué. Et même lamentablement échoué.

D’abord, elle est clairement une tentative grossière d’échapper, avec l’aide de Ban Ki-moon, à la légalité internationale – et c’est la seule – de l’ONU.

Cela a déjà réussi pour la Palestine dont la question se discute partout sauf dans le seul lieu légitime pour ce faire: l’ONU.

Ensuite, toutes les guerres qui ne débouchent pas sur des changements impossibles à obtenir par la politique sont inutiles et sont des guerres perdues.

Dans le cas libyen, c’est le changement de frontières. A quoi sert tout ce branle-bas si c’est pour revenir à une Libye dans ses frontières post-coloniales?

Le coût sécuritaire et politique aurait été énorme si le but devait se résumer à faire main basse sur le pétrole. Mais il serait très faible si la partition de la Libye devait ouvrir la voie royale à la disparition des Etats nés des indépendances et d’abord l’Etat algérien.

Rappelons pour ceux qui l’ignorent que le Sahel recèle des réserves fabuleuses d’hydrocarbures et d’autres richesses dont l’accaparement représente une formidable issue de secours à la suprématie américaine face à la montée inéluctable de l’Inde, de la Chine, du Brésil, etc.

Pourtant, derrière les rodomontades de Sarkozy et ses mises en scène de caïd, le rapport de force n’est pas du tout en faveur des grandes puissances. Elles n’arrivent pas à se sortir de la crise financière d’hier et encore moins de la crise économique d’aujourd’hui.

Bien sûr, comme leurs prédécesseurs en 1914 et en 1945, les dirigeants impérialistes aujourd’hui n’ont que la guerre comme solution immédiate; la destruction des potentiels accumulés pour relancer la machine et étouffer toute révolte sociale en leur propre sein.

Les révoltes étudiantes en Italie et en Angleterre, le retour du mot révolution dans leurs manifs et leurs tags, les grèves des fonctionnaires aux Etats-Unis, la mobilisation inattendue pour les retraites en France sont des signes avant-coureurs de tempêtes à venir sur leurs sols. Elles ne peuvent les négliger.

Les menaces de l’ajustement structurel pèsent sur l’Espagne, l’Italie, voire la France, et les 27 sortent impuissants et incapables de trouver des solutions au chantage du capitalisme financier: pas touche à ses privilèges, pas question de régulation!

Le drame est que même la guerre ne peut résoudre la crise du capital financier; ni même la mainmise sur le pétrole.

Il s’est tout simplement imposé contre les intérêts et les besoins de toutes les autres catégories sociales, y compris le capital industriel, contre les intérêts de tous les peuples, y compris les peuples occidentaux.

Et rien ne pourra arrêter la vague d’un retour nationaliste dans les profondeurs des peuples qui voient leur vie devenir de plus en plus difficile juste pour assurer les profits des gangsters de la finance.

De grands montages et de grands efforts ont été fournis pour donner de Kadhafi l’image d’un fou. C’est tellement plus simple pour vendre l’invendable. Etre fou, c’est ne plus rien représenter.

Convaincre les opinions de la folie de Kadhafi, c’est les empêcher de se poser toute question sur la nature du régime, sur l’origine de ce régime, sur les circonstances qui ont permis à Kadhafi de prendre et de garder le pouvoir depuis quarante ans, mais aussi sur la possibilité dans les pays arabes de conserver aussi longtemps le pouvoir?

Cette propagande de la folie avait de fortes chances de réussir si Kadhafi était immédiatement tombé comme le laisse croire aujourd’hui le dépit des Américains et surtout de la paire franco-anglaise.

Au fur et à mesure que les combats vont durer, il apparaîtra que Kadhafi n’est pas un fou tombé du ciel mais le représentant d’une partie de la société libyenne. La capacité de résistance aux frappes de la coalition montrera aussi quelles sont l’étendue et la force de cette représentation.

Kadhafi n’est pas Dieu le père pour retenir de son côté des militaires qui combattent à des centaines de kilomètres, perdent et reprennent des positions.

L’erreur de Sarkozy comme d’Obama est d’avoir cru à leurs propres mensonges.

Cette guerre sera aussi celle du peuple libyen.

Pendant que la conférence se tenait à Londres, les insurgés refluaient des alentours de Syrte. Les premières dépêches ont parlé des embuscades tendues aux insurgés par des villageois. Puis les dépêches se sont mises à nous expliquer savamment que les insurgés qui, la veille, avaient les moyens de reprendre Ajdabiya et bien d’autres places fortes, ne peuvent rivaliser avec les forces de Kadhafi.

Il y a un problème de logique sérieux mais surtout un traitement qui prépare les opinions à la nécessité d’une plus grande intervention, d’un armement plus conséquent des insurgés ou alors…de la fatalité de protéger la seule région de Benghazi.

Les coalisés ont agi en criminels en refusant la médiation du président Jimmy Carter qui aurait pu éviter tant de souffrances au peuple libyen et en refusant la médiation africaine.

Pour les avoir provoquées aux quatre coins du monde, y compris chez nous en Algérie avec les harkas et les goumiers, les coalisés savent combien les guerres civiles sont cruelles et destructrices. Ils ont choisi délibérément la guerre civile pour détruire tous les liens entre Libyens de l’Est et ceux de l’Ouest.

Les Algériens, qui ont encore de la jalousie pour leur unité nationale et de la reconnaissance pour les luttes de la libération nationale, doivent se rappeler la cruauté coloniale chez nous pour ne pas s’étonner aujourd’hui de son étalage en Libye.

Ils doivent surtout regarder froidement cette aventure coloniale en Libye pour réfléchir posément si elle peut avoir du sens en s’arrêtant en Libye ou en changeant toute la donne des frontières régionales?

Ils doivent réfléchir à cette demande croissante des Américains à l’endroit de nos dirigeants: vous êtes sur la bonne voie. Comment comprendre autrement que par cette traduction: «Ce que vous avez concédé, c’est bien, mais il faut donner plus» et le plus, c’est le renoncement à l’indépendance, au pétrole et à nos frontières.

Quand l’Etat aura concédé assez pour ne plus exister, la presse locale qui appelle ouvertement à l’ingérence et les partis politiques qui se rendent «visibles» deviendront le CNT libyen qui manque à la destruction de l’Algérie.

Il est temps pour ces Algériens jaloux de leur pays de se dresser et de nommer les choses par leur nom, de nommer les néo-harkis par leur nom et la presse néocoloniale par son nom.

C’est cela ou la dernière infamie de reprendre pour notre compte la phrase de la mère de Boabdil: «Pleure comme une femme la ville [Grenade] que tu n’as pas su défendre comme un homme.»

Mohamed Bouhamidi

jeudi 31-03-2011

latribune-online.com

Pour accéder au[ texte de l’article téléchargeable

cliquer ici->doc1045]

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a/s DES MANIFESTATIONS PACIFIQUES D’UNE POPULATION DÉSARMÉE

réaction d’un lecteur de socialgérie à l’article:

“LA CIA SERAIT PRÉSENTE SUR LE TERRAIN EN LIBYE”

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« …sont déployés « en petits groupes » depuis plusieurs semaines sur le terrain en Libye… »

Ce n’était pas des manifestations pacifiques d’une population désarmée?

Que dire des gens de gauche qui ont répercuté les mensonges et leur ont donné caution?

Les mesonges précédents n’avaient pas suffi à les sortir de leur addiction à « limpérialisme humanitaire »?

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LA CIA SERAIT PRÉSENTE SUR LE TERRAIN EN LIBYE

Selon le New York Times, des agents du renseignement américain auraient été envoyés il y a plusieurs semaines.

SOURCE AFP

Des agents de la CIA sont déployés en Libye pour prendre contact avec la rébellion et guider les frappes de la coalition, a affirmé mercredi le New York Times, et la chaîne ABC a assuré que le président Barack Obama avait donné l’autorisation d’aider secrètement les rebelles.

Sans réagir directement à ces informations, la Maison-Blanche a répété qu’il n’avait pas encore été décidé de fournir des armes à l’opposition combattant les forces du colonel Muammar Kadhafi.

Les éléments de la centrale américaine du renseignement, selon le New York Times, sont déployés « en petits groupes » depuis plusieurs semaines sur le terrain en Libye, avec pour mission d’établir des liens avec les rebelles et de déterminer les cibles des opérations militaires. De même source, « des dizaines de membres des forces spéciales britanniques et d’agents du service d’espionnage MI6 travaillent en Libye », en particulier pour recueillir des renseignements sur les positions des forces loyalistes. De son côté, ABC a affirmé que Barack Obama avait signé un mémorandum secret donnant le feu vert à des opérations clandestines afin « de contribuer à l’effort » en Libye.

Ce mémorandum, selon la même source, « évoque un certain nombre de façons d’aider l’opposition libyenne, autorise de l’aide dès maintenant et met en place le cadre d’activités plus soutenues à l’avenir ». ABC a toutefois souligné que cette autorisation ne permettait pas aux forces clandestines d’armer les rebelles dans l’immédiat, mais ménageait la possibilité de le faire à l’avenir. Réagissant mercredi en fin d’après-midi à ces révélations, le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a dit qu’il refusait « de s’exprimer sur des questions de renseignement ». « Je répète ce que le président a dit hier (mardi) : aucune décision n’a été prise sur le fait de fournir des armes à l’opposition ou à quelque groupe que ce soit en Libye. Nous ne l’excluons pas, mais nous ne l’avons pas décidé. Nous examinons toutes les possibilités d’aider les Libyens », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Source: Le Point.fr – le 31/03/2011

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ALGÉRIE:

LE CHANGEMENT BIEN ORDONNÉ…

par AHMED HALFAOUI

Tout laisse croire que l’Algérie est en train de changer, par le bas, sans que les «changeurs» à la mode «arabe», sponsorisés par les «grandes démocraties», trouvent un quelconque ancrage dans cette lame de fond, qui pose les vraies questions des citoyens réels.

Il n’y a qu’à observer que toutes les revendications révèlent les véritables dérives et non pas les noumènes, en vogue dans les menaces aéroportées que lancent Hillary Clinton et ses clercs européens.

La première et la plus déterminante de ces dérives est l’abandon de la souveraineté nationale au profit des marchands internationaux

.

C’est elle qui explique le plus que les richesses nationales ne contribuent pas au développement du pays (pays riche, peuple pauvre), mais à la prospérité des fournisseurs étrangers et de leurs relais locaux, quand l’investissement public peut résoudre un grand nombre de problèmes, dont ceux de la croissance et de l’emploi.

La pression populaire pousse surtout dans ce sens, qui ne se satisfera pas des mesurettes «patriotiques» qui, de toutes façons, ne peuvent suffire à inverser ou à refondre une économie extravertie et livrée aux vents capricieux du marché mondial.

S’ouvriront, bientôt, les débats concrets sur le sujet. Parce qu’il n’y a pas une autre réponse économique que celle-ci.

L’utilisation pleine et entière de nos ressources dans l’industrialisation du pays et la dynamisation de notre agriculture.

La deuxième dérive, qui a beaucoup à voir avec la première, est le climat propice aux «affaires» qui s’est créé

(l’euphorie libérale et la panique de rester sur le carreau) et qui a provoqué une course effrénée à l’accumulation, avec tout ce que cela suppose comme «dessous de table» nécessaires pour se frayer le chemin, vers les contrats juteux, dans la jungle des tractations commerciales et irrésistibles pour des fonctionnaires et des bureaucrates aspirés par le délire de l’enrichissement.

On appelle cela la corruption, pour la dissocier, du point de vue moral, du système qui la nourrit et sans lequel elle ne pourrait exister.

La troisième dérive est d’avoir cru que le peuple croit à l’économie de marché et qu’il allait en accepter les règles,

alors qu’aucun peuple au monde ne l’a fait de son propre gré. Ce qui fait qu’on soit devant ce qu’il pense et qu’il exprime dans différents modes opératoires.

Le personnel politique au pouvoir essaie de réagir au coup par coup. Mais, la dynamique semble en route pour que le changement soit une révision complète des données politiques qui ont exclu ceux pour qui les mots démocratie et droits de l’homme veulent dire autre chose que le «chacun pour soi» dans une course à armes inégales où les déjà nantis et les «bras longs» sont en pole position.

Le minima requis se trouve dans la rupture des accords internationaux léonins et la libération complète de l’initiative économique de l’État, qui compensera les chimériques IDE.

Il y a un pays à reconstruire et un peuple qui attend.

En Tunisie, le débat est ouvert, et on fait peur aux Tunisiens.

Le patron des patrons de ce pays, M. Ben Sedrine, lance l’alarme: «Le recours obsessif à l’Etat Mama, au niveau de l’emploi, est une chimère… Car les pansements et les charpies étatistes ne servent à rien dans les tranchées de la crise sociale…».

Son argument: «un monde où les forces du marché et les agences de notation dominent la planète. Organisent la compétition entre les nations. Contrôlent les richesses. Assurent la gouvernance mondiale».

Soit exactement ce qui a été dit pour que l’Algérie détruise ses capacités de production, démantèle les dispositifs de protection de son marché et sombre dans l’apathie, en quête inassouvie d’investissements illusoires.

par Ahmed Halfaoui

le 29 mars 2011

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Réaction de Abderrahmane Zakad, à l’article

“SARKO A SA GUÉGUERRE”, de Ahmed Halfaoui, du 21 mars 2011 (Les Débats), mis en ligne par socialgérie, article 413 …

Oui, l’Algérie est en danger.

L’unité de son peuple et la réaction prévisible de tous les algériens contre toute tentative d’ingérance obligent les impérialistes et les néo-colonialistes à fomenter des instabilités sur ses frontières en plus de groupes infiltrés et en attente depuis l’ère Mitterandienne, époque où déjà des Plans avaient été préparés.

Faut-il rappeler que par la suite Kouchener, alors ministre des affaires étrangères de Sarkosy, avait déclaré: « La génération issue de la révolution algérienne doit céder la place à la nouvelle génération ».

Son propos montre que l’Algérie doit dévérouiller les contraintes à la libération totale du marché et de la finance qui ne déviendraient alors que sauvages et incontrôlables.

Par ailleurs, l’instabilité dans nos frontières sud ( Niger, Mali) a été programmée depuis fort longtemps et ont été les prémices des événements que nous constatons aujourd’hui sur toutes nos frontières.

Les prochains troubles, après le marasme libyen irréversiblement voulu, se feront sur les frontières ouest avec la Mauritanie et le Maroc.

Comment? En activant les incidents dans nos frontières avec le Sahara Occidental et le Maroc et en ressortant les vieux dossiers concernant la souveraineté du Maroc sur Tindouf et Figuig ainsi de toute la bande de Béchar jusqu’à Oued Draâ ( Adrar) englobant ainsi le Grand Tafilalet ( Malgré les accord d’Ifrane de 1963 ainsi que les suivants).

Nous nous retrouverons ainsi avec la mouvance des ensembles de l’époque des Mourabitounes ( Almoravides du XIIeme siècle) c’est à dire à l’ère de la transhumance et des tribus ce à quoi les impérialistes tentent absolument à nous confiner.

L’occident n’a-t-il pas vidé les pays du Maghreb de ses cadres afin de le désarticuler et lui enlever toute possibilité de développement car les problèmes de nos pays ce ne sont ni la démocratie ni la liberté, c’est le développement.

Abderrahmane Zakad

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PARIS ET LONDRES DÉFINISSENT L’APRÈS – KADHAFI EN LIBYE

Analyse de Kharroubi Habib

“Le Quotidien d’Oran”

le 28 Mars 2011

La résolution 1973 votée par le Conseil de sécurité a donné mandat à la coalition internationale d’instaurer une zone d’exclusion aérienne sur la Libye et d’empêcher les troupes de Kadhafi de poursuivre leurs offensives contre les insurgés et les villes sous leur contrôle. Elle ne donne aucunement mandat à cette coalition de décider ce que sera l’après-Kadhafi en Libye.

Or, c’est précisément ce que le couple franco-anglais, membre de cette coalition, entend faire et ce pourquoi il a programmé une réunion au sommet à Londres. Il n’est pas fortuit que le président français Nicolas Sarkozy a annoncé la tenue de cette réunion au moment où s’ouvrait à Addis-Abeba, en Ethiopie, une réunion de l’Union africaine consacrée à la recherche d’une solution politique à la crise libyenne, à laquelle ont pris part des représentants de Kadhafi et du Conseil national de transition s’exprimant au nom de l’insurrection.

C’était en fait pour Sarkozy faire comprendre à l’Union africaine que le couple franco-anglais tient pour nulle et non avenue son intervention dans la crise libyenne. Paris et Londres sont le fer de lance de l’intervention internationale et estiment de ce fait avoir le droit de regard sur ses prolongements politiques. Elles s’arrogent par conséquent celui de décréter comment va être mis en place l’après-Kadhafi en Libye et qui en conduira l’instauration. Surpris et dépassés par les révolutions populaires qui ont mis à bas les régimes de Ben Ali en Tunisie et de Hosni Moubarak en Egypte, les gouvernements français et anglais tiennent à exercer un tutorat sur celle qui a cours en Libye et va triompher grâce à l’intervention militaire internationale dont ils ont été les instigateurs et leur arsenal militaire, le protagoniste déterminant. Une ingérence franco-britannique sur ce que sera le pouvoir en Libye après la chute de Kadhafi ne fait pour cette raison aucun doute.

L’insurrection s’est dotée d’un Conseil national de transition et d’un gouvernement provisoire, sans que l’on sache si ceux qui font partie de ces institutions sont vraiment représentatifs de tous les courants qui sont dans l’opposition à Kadhafi et à son régime. Paris leur a donné son onction et sa reconnaissance, avec le calcul qu’ils seront de ce fait malléables et perméables à ses visées politiques pour la Libye post-Kadhafi. Des visées qui sont de brider l’élan révolutionnaire de l’insurrection libyenne et donc l’émergence d’un nouveau pouvoir authentiquement en phase avec les revendications de la démocratie totale pour le peuple libyen et sourcilleux de l’indépendance du pays vis-à-vis de l’étranger, y compris donc de la France ou de la Grande-Bretagne.

Il est clair que Paris et Londres vont tout faire pour avoir un pouvoir libyen à leurs bottes. Elles s’arrangeront donc pour propulser sur le devant de la scène politique libyenne des protégés à qui elles fourniront l’aide multiforme nécessaire qui leur permettra de s’imposer.

Qu’en la circonstance, Français et Anglais ne s’embarrasseront pas d’aller à l’encontre de l’aspiration des Libyens à instaurer la démocratie dans le pays et à avoir les gouvernants de leur choix, n’est pas pour surprendre. Car pour eux, le Printemps arabe doit avoir ses limites que lui tracent leurs intérêts politiques, géostratégiques et économiques. L’Américain, qui joue le même rôle en Tunisie et en Egypte, leur a accordé la sous-traitance du cas libyen. Qui croit encore que les interventions de ces puissances dans le monde arabe en révolution sont guidées par la seule considération de protéger les peuples en insurrection de la répression de leurs potentats ?

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“LIBYE: «AUBE DE L’ODYSSEE» OU CHEVAL DE TROIE”

Extrait

article de Djamel Labidi

“Le Quotidien d’Oran”

le 28 mars 2011

« ….Certes, il pouvait être difficile’ pour les plus sincères des insurgés de faire la part des choses entre la cause nationale et celle de la démocratie. Mais désormais, ils ne peuvent plus ignorer cette réalité, celle des bombardements de forces étrangères sur leurs propres villes, sur leurs propres aéroports, sur leurs propres routes, sur leur propre peuple, car là aussi il s’agit de bombardements contre des populations civiles, et il n’y a pas un bon et un mauvais peuple. Démocratie où serait ta victoire si elle se faisait à ce prix.

Tout petit, mon père m’avait raconté cette histoire: C’était pendant la période coloniale. Clemenceau, le président du Conseil français, visitait l’Algérie et était arrivé à la porte d’une ville’. Un bachagha algérien, l’accueillant, lui dit: «C’est mon père qui a ouvert cette ville à la France». Et Clemenceau de lui répondre: «Monsieur, chez nous, on appelle cela un traître.»

Que les insurgés libyens, et les Etats arabes qui ont appelé à l’intervention armée, prennent garde aux flatteries occidentales sur «leur courage» et «leur détermination démocratique’». Il n’y a aucun courage à compter sur des armées étrangères pour vaincre. Ces flatteries ne cachent, en réalité, que mépris pour eux. Peut-on défendre une révolution démocratique et nationale en indiquant à des forces armées étrangères les sites de son propre pays à bombarder. Espérons que les plus lucides des démocrates libyens prendront conscience du terrible engrenage dans lequel on veut les entrainer, de glissement en glissement, et qu’ils comprendront qu’on ne peut défendre la démocratie sans défendre la nation. Les peuples hiérarchisent les priorités.

Le nouveau pouvoir Libyen, s’il est installé par l’étranger, sera marqué par les conditions de sa naissance. Il sera vulnérable, soumis à la volonté de ceux qui l’auront fait. Rien n’aura été réglé. Pire, la crise démocratique se sera transformée en crise nationale

Tout cela est dommage. Terriblement dommage. Si les vrais démocrates libyens ne redressent pas la situation, on pourra dire alors que la révolution démocratique libyenne aura, pour le moment, échoué. Il n’est pas d’exemple historique de révolution qui ait été véritable en étant apportée par des forces armées étrangères… ».

[Pour accéder à cet article, cliquer sur le lien:

http://www.lequotidien-oran.com/?archive_date=2011-03-28&news=5150879->http://www.lequotidien-oran.com/?archive_date=2011-03-28&news=5150879]

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LIBYE:

DÉCLARATION DU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION

Le Conseil National de Transition en Libye déclare qu’il respectera les accords signés avec l’Italie pour lutter contre l’immigration clandestine

ROME – Le chef du Conseil national de transition (CNT) libyen, Moustapha Abdeljalil, a assuré lundi soir que son mouvement combattrait l’immigration illégale s’il parvenait au pouvoir et qu’il respecterait les accords signés avec l’Italie, lors d’une interview sur une télévision italienne.

« Nous participerons (aux efforts) pour stopper l’immigration clandestine en les empêchant (les clandestins) d’entrer en Libye et en combattant les organisations criminelles qui le permettent », a affirmé M. Abdeljalil, lors d’une interview par téléphone à l’émission “Porta a Porta”, sur “Rai Uno”, depuis un lieu tenu secret.

L’ex-ministre de la Justice a également affirmé qu’il respecterait « tous les traités signés avec (le groupe pétrolier italien) Eni et toutes les autres entreprises ».

L’ENI est le premier producteur étranger de pétrole en Libye, mais a dû interrompre sa production à la mi-mars.

Les liens entre la Libye et l’Italie s’étaient renforcés après la signature, en août 2008, d’un accord qui a soldé les comptes de plus de trente ans de colonisation italienne (1911-1942).

Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, s’était alors engagé à verser 5 milliards de dollars de dédommagements sous forme d’investissements sur les 25 prochaines années.

Depuis, l’Italie est devenue le premier partenaire commercial de la Libye.

Le « traité d’amitié » comprenait aussi une clause sur les reconduites de migrants en Libye, qui a permis une réduction drastique des débarquements de clandestins en Italie.

Mais depuis l’insurrection en Libye et sa répression par le régime du colonel Mouammar Kadhafi, Rome a suspendu ce traité et craint l’arrivée de milliers de clandestins en cas de chute du leader libyen, qui a lui-même menacé d’envoyer des « millions » d’immigrés en Europe.

Depuis dimanche, des centaines de réfugiés africains, pour la plupart éthiopiens, érythréens ou somaliens, partis de Libye, ont commencé à arriver en Italie et à Malte.

« Il n’y a plus de contrôles sur la côte libyenne. Des milliers de personnes sont en train de partir », a témoigné dimanche une Erythréenne de 26 ans arrivée sur la petite île de Lampedusa.

Interrogé à ce sujet par l’animateur de l’émission Bruno Vespa, M. Abdeljalil a répondu: « quel que soit le traité ou l’accord » qui a été conclu « nous le respecterons et nous chercherons à l’appliquer ».

Ce qui se passe en Libye « n’est pas une division, une partition, c’est une révolte du peuple libyen », a par ailleurs affirmé le leader du CNT.

« Eux voudraient diviser le pays en deux parties, mais ça n’arrivera pas », a-t-il ajouté, en référence au régime du colonel Kadhafi.

Le CNT, composé de 31 représentants des principales villes du pays, est la voix officielle de l’opposition libyenne, qui cherche à traduire son avancée militaire sur le plan politique, et à construire un gouvernement parallèle pour préparer l’après-Kadhafi, alors que les combats font toujours rage dans le pays.

M. Abdeljalil avait affirmé quelques heures plus tôt sur la chaîne de télévision France 2 qu’« après la victoire », son mouvement jugerait Kadhafi « pour tous les crimes qu’il a commis ». Il avait également affirmé avoir « un besoin urgent d’armes légères » pour « construire un pays libre, démocratique, qui respecte les droits de l’homme et l’alternance politique ».

Le leader du CNT a donné ces deux interviews à la veille de la première réunion, à Londres, du « groupe de contact » sur la Libye, chargé du « pilotage politique » des frappes militaires désormais sous commandement de l’Otan et de la préparation de l’après-Kadhafi.

Une quarantaine de pays doivent y participer.

©AFP / 29 mars 2011 01h44

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