PRINTEMPS AMAZIGH – 31 ème ANNIVERSAIRE & 10ème ANNIVERSAIRE DU PRINTEMPS NOIR

31ème anniversaire du printemps amazigh

10ème anniversaire du printemps noir.

Rassemblement Unitaire de commémoration.

Samedi 16 avril 2011 à 14h30

aux Mobiles (Haut de la Canebière)

Marseille

Au 20 avril 2011, cela fera trente et un ans que le soulèvement populaire de Kabylie contre la tyrannie donna le signal de départ à l’assaut de la citadelle d’un des régimes les plus répressifs au monde : le régime algérien,. Cela fera aussi dix ans que ce régime, via un corps de sécurité – la gendarmerie nationale, et devant l’opinion publique internationale, mena dans cette même région, une répression sanglante qui a fait cent vingt six morts par balle et plus d’un millier d’handicapés à vie. À ce jour les assassins et leurs commanditaires ne sont toujours pas jugés. Désormais entre ce pouvoir et la Kabylie, il y a un fleuve de sang.

Ces deux événements ont franchi les frontières de la Kabylie. Ils sont devenus des repères pour le peuple amazigh de l’Afrique du Nord dans sa longue marche vers la liberté, l’épanouissement de sa langue et de sa culture et la justice sociale.

Commémorer ce double anniversaire cette année ne participe nullement d’un quelconque concours à la victimisation. Le faire dans le contexte actuel du processus en cours, de libération du joug des dictatures néo coloniales des pays de la rive sud de la Méditerranée, permet de proclamer devant l’opinion publique des populations non berbérophones de ces pays et l’opinion publique internationale, que le combat débuté en 1980, aurait pu être celui de l’ensemble des peuples d’Afrique du Nord. En effet les revendications mises en avant ne visaient pas, comme le martelait à l’époque la propagande mensongère du pouvoir algérien, une tentative de sécession, mais, bien au contraire, la mise en place d’une société où régneraient la liberté et la justice sociale pour tous.

Commémorer ce double anniversaire collectivement cette année, prouvera aussi que nous sommes parti prenantes du processus en cours, en ce sens que nos revendications doivent apparaître à toutes les étapes de la démarche engagée pour la construction de la Démocratie dans les pays de Tamazgha (Afrique du Nord).

Commémorer ce double anniversaire collectivement cette année, c’est rappeler enfin que l’impunité doit être abolie dans la société démocratique de l’Afrique du Nord de demain. Dans ce sens, la justice doit être rendue aux victimes de la répression du printemps noir de 2001, par le réengagement des poursuites contre les assassins et leurs commanditaires.

Pour toutes ces raisons, les organisations signataires appellent à un rassemblement le

Samedi 16 avril 2011 A 14h30

Aux Mobiles (Haut de la Canebière) MARSEILLE

À cette occasion nous

  • Saluons les luttes en cours dans les pays de la rive sud de la Méditerranée et sommes partie prenantes de ce processus.
  • Disons avec les peuples en lutte : Pouvoirs DEGAGEZ !
  • Demandons l’arrêt de l’oppression du peuple amazigh, et la réhabilitation de sa langue, sa culture et son identité plusieurs fois millénaire.

Organisations signataires

Association Identités et Partages (Montpellier), Association ZARI (Marseille), Amitiés Kabylie –Bouches du Rhône(Marseille), Association Tagmats (Lyon), RCD – Immigration (Marseille), MAK- Marseille.

Soutenu par :

La Maison du Peuple Kurde, Radio Galère, Collectif Solidarité Maghreb,

LIBYE: REVELATIONS ITALIENNES SUR LES ACTIVITES DES SERVICES FRANCAIS DEPUIS NOVEMBRE 2010

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Il serait naïf de croire que c’est l’amour de la démocratie ou du peuple libyen qui met en mouvement les machines militaires occidentales, précédées des semaines et des mois auparavant par les services spéciaux avec leurs scénarios et leurs contacts prévisionnels.

La faiblesse des calculs néocolonialistes est qu’ils n’évaluent pas correctement les impacts des aspirations démocratiques et nationales des peuples qu’ils espèrent manipuler et diviser.

L’ampleur des soulèvements pacifiques des peuples tunisien et égyptien, malgré leurs limites, a obligé les impérialistes à revoir leurs plans dans la précipitation, ce qui a rendu nombre de leurs porte paroles et acteurs plus bavards, maladroits et manquant de cohésion, multipliant les fuites comme celle signalée par le site Nerrassi ou les gaffes du genre « Croisades ».

Tout dépend en définitive de la résistance, des peuples, de la capacité de leurs mouvements à ne pas tomber dans les pièges de la militarisation de leurs combats sociaux et démocratiques, sans tenir suffisamment compte des réalités complexes nationales, régionales et internationales.

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Selon le journaliste de la droite libérale italienne Franco Bechis, la révolte de Benghazi aurait été préparée depuis novembre 2010 par les «services secrets français». Comme le remarque, aussi, Miguel Martinez du site internet «progressiste ComeDonChisciotte», ces révélations, encouragées par les «services secrets italiens», doivent se comprendre comme une rivalité au sein du capitalisme européen. Par Franco Bechis (Directeur adjoint du quotidien italien «Liber»).

Le «Réseau Voltaire» précise que Paris a rapidement associé Londres à son projet de renversement du colonel Kadhafi (force expéditionnaire franco-britannique). Ce plan a été modifié dans le contexte des révolutions arabes et pris en main par Washington qui a imposé ses propres objectifs (contre-révolution dans le monde arabe et débarquement de l’«Africom» sur le continent noir). La coalition actuelle est donc la résultante de ces ambitions distinctes, ce qui explique ses contradictions internes.

Première étape du voyage, 20 octobre 2010, Tunis. C’est là qu’est descendu avec toute sa famille d’un avion de «Libyan Airlines», Nouri Mesmari , chef du protocole de la cour du colonel Muhamar Kadhafi . C’est un des grands perroquets du régime libyen, depuis toujours aux côtés du colonel.

Le seul -comprenons-nous- qui avec le minsitre des Affaires étrangères Moussa Koussa avait un accès direct à la résidence du raïs sans avoir à frapper (avant d’entrer, NdT).

Le seul à pouvoir franchir le seuil de la suite « 204 » du vieux cercle officiel de Benghazi où le colonel libyen a accueilli avec tous les honneurs le Premier ministre italien Silvio Berlusconi pendant la visite officielle en Libye. Cette visite de Mesmari à Tunis ne dure que quelques heures. On ne sait pas qui il rencontre dans la capitale où la révolte contre Ben Ali couve sous la cendre. Mais il est désormais certain que dans ces heures-là et dans celles qui ont immédiatement suivi, Mesmari jette les ponts de ce qui, à la mi-février, allait devenir la rébellion de la Cyrénaïque. Et prépare l’estocade contre Kadhafi en cherchant et obtenant l’alliance sur deux fronts: le premier est celui de la dissidence tunisienne. Le second est celui de la France de Nicolas Sarkozy . Et les deux alliances lui réussissent.

C’est ce dont témoignent des documents de la «DGSE» , le «service secret français», et une série de nouvelles fracassantes qui ont circulé dans les milieux diplomatiques français à partir de la lettre confidentielle, Maghreb Confidential (dont il existe une version synthétique et accessible payante).

Mesmari arrive à Paris le lendemain, 21 octobre 2010. Et il n’en bougera plus. En Libye il n’a pas caché son voyage en France, puisqu’il a emmené avec lui toute sa famille. La version est qu’à Paris il doit subir un traitement médical et probablement une opération. Mais il ne verra pas l’ombre d’un médecin. Ceux qu’il verra seront par contre, tous les jours, des fonctionnaires des «services secrets français».

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L’ex compagnon de Kadhafi, Nouri Massoud El-Mesmari, a fait défection le 21 octobre 2010.

Il vit aujourd’hui sous protection des « services secrets français ».

LA RÉUNION

On a vu de façon certaine au début du mois de novembre, entrer à l’«Hôtel Concorde Lafayette» de Paris, où Mesmari réside, d’étroits collaborateurs du président français. Le 16 novembre 2010, une file de voitures bleues est devant l’hôtel. Dense et longue réunion dans la suite de Mesmari . Deux jours plus tard une dense et étrange délégation française part pour Benghazi. Avec des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des dirigeants de «France Export Céréales» et de «France Agrimer», des managers de «Soufflet», de «Louis Dreyfus», de «Glencore», de «Cani Céréales», «Cargill» et «Conagra».

Expédition commerciale, sur le papier, pour essayer d’obtenir à Benghazi justement de riches commandes libyennes. Mais se trouvent aussi dans le groupe des militaires français, déguisés en hommes d’affaire.

À Bengazi ils vont rencontrer un colonel de l’aéronautique libyenne indiqué par Mesmari : Abdallah Gehani . Il est au-dessus de tout soupçon, mais l’ex-chef du protocole de Kadhafi a révélé qu’il était prêt à déserter et qu’il a aussi de bons contacts avec la dissidence tunisienne.

L’opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu’aux hommes les plus proches de Kadhafi Le colonel se doute de quelque chose. Le 28 novembre 2010 il signe un mandat d’arrêt international à l’égard de Mesmari . L’ordre arrive aussi en France à travers les canaux protocolaires. Les Français s’alarment et décident de suivre de façon formelle l’arrêt

Quatre jours plus tard, le 02 décembre 2010, la nouvelle filtre justement depuis Paris. On ne donne pas de nom mais on révèle que la police française a arrêté un des principaux collaborateurs de Kadhafi . La Libye, au premier abord, retrouve son calme. Puis apprend que Mesmari est en réalité aux arrêts domiciliaires dans la suite du «Concorde Lafayette». Et le raïs commence à s’agiter.

La colère du raïs. Quand arrive la nouvelle que Mesmari a demandé officiellement l’asile politique à la France, la colère de Kadhafi éclate, il fait retirer son passeport même au ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa , accusé de responsabilité dans la défection de Mesmari. Il essaie ensuite d’envoyer ses hommes à Paris avec des messages pour le traître: «Reviens, tu seras pardonné». Le 16 décembre 2010, c’est Abdallah Mansour , chef de la télévision libyenne, qui essaie. Les Français l’arrêtent à l’entrée de l’hôtel. Le 23 décembre 2010 d’autres Libyens arrivent à Paris. Ce sont Farj Charrant, Fathi Boukhris et A ll Ounes Mansouri.

Nous les connaîtrons d’avantage après le 17 février 2011: parce-que ce sont justement eux, avec Al Hadji , qui vont mener la révolte de Benghazi contre les miliciens du colonel.

Les trois sont autorisés par les Français à sortir dîner avec Mesmari dans un élégant restaurant des Champs-Élysée. Il y a aussi là des fonctionnaires de l’ «Élysée» et quelques dirigeants des services secrets français. Entre Noël et le Jour de l’an sort dans Maghreb Confidential la nouvelle que Benghazi est en ébullition (à ce moment-là personne ne le sait encore), et aussi quelques indiscrétions sur certaines aides logistiques et militaires qui seraient arrivées dans la seconde ville libyenne, en provenance justement de la France. Il est désormais clair que Mesmari est devenu un levier aux mains de Sarkozy pour faire sauter Kadhafi en Libye. La lettre confidentielle sur le Maghreb commence à faire filtrer les contenus de cette collaboration.

Mesmari est nommé «Libyan Wikileak», parce qu’il révèle un après l’autre les secrets de la défense militaire du colonel et raconte tous les détails des alliances diplomatiques et financières du régime, en décrivant même la carte du désaccord et les forces qui sont sur le terrain. À la mi-janvier 2011 la France a dans les mains toutes les clés pour tenter de renverser le colonel. Mais il y a une fuite. Le 22 janvier 2011 le chef des «services secrets de Cyrénaïque», un fidèle du colonel, le général Aoudh Saaiti, arrête le colonel d’aviation Gehani , référant secret des Français depuis le 18 novembre 2010.

Le 24 janvier 2011 il est transféré dans une prison de Tripoli, avec l’accusation d’avoir créé un réseau social en Cyrénaïque, qui faisait les louanges de la contestation tunisienne contre Ben Ali . Mais c’est trop tard: Gehani a déjà préparé la révolte de Benghazi, avec les Français.

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ALGERIE: L’ANTICOMMUNISME COMME HABILLAGE HONTEUX DE VULGAIRES ARRIVISMES

Les deux messages d’indignation publiés ci-dessous sont parvenus parmi d’autres à Socialgérie, en réaction aux gémissements récurrents d’un citoyen dont les convictions politiques se réduisent à une seule préoccupation.

Au milieu des tumultes, des drames et des tragédies qu’a vécus et que continue à vivre l’Algérie depuis 1986, une seule chose lui importe, faire savoir à tous vents qu’il n’a rien d’un Rouge.

Mais qui donc en Algérie se soucie de cette préoccupation récurrente et nombriliste?

Le lecteur se fera aisément son opinion: l’intéressé se proclame vierge d’allégeance politique ou s’en invente une nouvelle à chaque fois que la situation nationale, régionale ou internationale risque de compromettre son curriculum et ses ambitions de carrière.

Les Algériens connaissent bien cela.

On peut s’interroger néanmoins sur les raisons et la légèreté avec laquelle des contorsions aussi égocentriques trouvent des relais – conscients ou non – jusque dans des cercles qui connaissent bien la malfaisance des amalgames et des sectarismes et préconisent à juste titre la plus large unité d’action pour en finir avec l’arbitraire et les mœurs bassement politiciennes.

Le PAGS (Parti de l’avant-garde socialiste) a été traîtreusement dissous il y a près de 20 ans! Son fantôme continue de hanter les nuits des anticommunistes de tous bords.

Ceux qui avaient enterré trop vite le parti des travailleurs et l’idéal qu’il incarnait, se demandent maintenant si c’est vraiment la fin de l’Histoire, si le «cadavre» n’était pas encore en train de bouger.

Au-delà du sigle, jamais le besoin objectif d’un tel mouvement ne s’est fait autant sentir pendant ces années noires du déferlement de l’intégrisme islamiste, du néolibéralisme sauvage, du bâillon imposé aux travailleurs, de la paupérisation d’une grande partie de la population, de la dispersion des forces de progrès, de l’hégémonisme planétaire et agressive de l’impérialisme, notamment US.

On ne comprendrait pas sinon pourquoi on assiste aujourd’hui à certaines attaques anticommunistes ou antipagsistes «d’un autre âge».

Un exemple: nous sommes tombés aujourd’hui sur un pamphlet haineux, contre les militants du Pags, dans le blog de «le Matin dz», repris d’un autre site «free Algérie» intitulé: «portrait du militant du PAGS».

L’auteur ‘courageux’ de la diatribe voulait signer son attaque sous un pseudonyme: «Ramdani Belaid», malheureusement pour lui, (est-ce le fait du hasard ou la manigance d’un pagsiste toujours vivant?) le nom de l’auteur réel est apparu à coté du pseudonyme, il s’agit de «Badjadja Abdelkrim, consultant en archivistique».

Ce personnage est une vieille connaissance! Régulièrement, sous quelle impulsion? , il publie des textes pour dire qu’il n’a jamais été pagsiste. On le «comprend» quand il s’était installé dans les pays du Golfe, il n’avait pas intérêt à être ne serait-ce que rose!

Effectivement, ce personnage n’a jamais été militant du PAGS, mais pour son malheur, il s’était rapproché de ce parti à Constantine, pour faire comme beaucoup d’intellectuels arrivistes, s’en servir comme tremplin … Mais pour son malheur, encore une fois, à cause d’une écoute téléphonique, il est ramassé, dans les années 80, dans une répression féroce qui frappe les militants du PAGS à Constantine.

Pour son malheur, cette arrestation lui fait rater une promotion rêvée par lui: être à la tête des archives à l’échelle nationale.

Au lieu d’incriminer la répression exercée par le pouvoir et la police politique contre les militants de progrès et les citoyens, il fait une fixation sur le Pags et ses militants «objet de son malheur».

Pendant les jours noirs passés dans les locaux de la police, les militants communistes soumis aux pires tortures ont malgré tout porté à bout de bras Badjadja pour ne pas le laisser s’effondrer comme ‘une poule mouillée’. Ils ont fait leur devoir.

Aujourd’hui ils ne peuvent être d’aucun secours pour soigner cette fixation qui demande une autre thérapie !

Ces détails sont donnés pour éclairer un peu le personnage, mais reste à déterminer qui impulse ses attaques anticommunistes.

Question subsidiaire: pourquoi l“e Matin dz.” et “Free Algérie” ouvrent aujourd’hui leurs colonnes aux élucubrations de ce personnage et ses attaques indignes contre les militants du PAGS?

A. Noureddine

le 25 mars 2011


Badjadja (suite…)

Que savez-vous du PAGS, M. Bedjadja ?

Par Youcef Rezzoug au Matin DZ

Je ne savais pas que lematindz pouvait convenir comme porte-voix à ceux qui, comme ce blog de Bedjaja, qui jusqu’à hier continuait à déverser son venin contre Mohmaed Benchicou.

Je me demande où ils étaient ces personnes quand Mohamed Benchicou croupissait en prison?

Certains parmi ce bon monde découvrent aujourd’hui la résistance et l’opposition au pouvoir, comme Bedjadja qui, lui a besoin de se délester de l’étiquette du PAGS qu’il traîne depuis son internement à Bordj Omar Idriss pour se faire place dans « le changement », après avoir occupé par décrets présidentiels des hauts postes au sein de l’appareil d’État, pendant que d’autres compères tenaient il y a quelques jours des journaux affiliés aux hommes les plus honnis du pouvoir.

Ceux-là qui, il n’y a pas si longtemps, considéraient que Toufik est « un opposant crédible » à Bouteflika…pour se reconsidérer juste après pour clamer à ceux qui veulent l’entendre  » Ni Bouteflika ni Toufik ».

C’est l’air de Changement, vous allez me dire? Mais le changement, il ne suffit pas de le décréter en se constituant à l’occasion en Front, qui rassemble à l’exception de quelques uns un ramassis de fabulateurs, pour qu’il se réalise.

Hélas, il faut avoir milité, même au PAGS, pour comprendre cette équation!

Qu’il y ait un débat sur le PAGS est une bonne chose, mais pas en ces termes nauséabondes puisés du « caniveau » des services que l’auteur prétend pourtant dénoncer en intégrant le Front de Changement. C’est le contrat, semble-t-il.

Car ni l’actualité nationale ni le débat en cours et ni la situation internationale ne justifient cette haine gratuite déversée contre le PAGS et ses anciens militants, dont je faisais partie et j’en suis fier, contrairement à M. Bedjadja qui fut injustement accusé par les services d’appartenir à ce parti clandestin.

Et je ne regrette pas d’avoir fait campagne à l’université en 1986 pour la libération de M. Bedjadja et les autres détenus, dont faisait partie le responsable régional du PAGS.

Contrairement à ce que a affirmé M. Bedjadja lors d’un « témoignage », publié il y a quelques jours par le Quotidien d’Algérie, ce responsable régional était connu par les militants de base qui avaient fait campagne pour la libération des détenus de Bordj Omar Idriss.

Il y a la lettre de sa mère adressée au Président de la République, Chadli Bendjedid, et qui a été largement diffusée à l’époque par les militants, pour lui demander la libération de son fils et de ses co-détenus tout en assumant son engagement de militant et de celui de son père.

Il n’ y avait pas donc matière à un amalgame quelconque au sein des militants au point, comme l’a écrit M.Bedjadja, de lui coller l’étiquette « d’un haut dirigeant » du PAGS clandestin.

Mais pour quel intérêt, ces attaques?

M. Bedjadja ne dit rien, sauf qu’il accuse le PAGS d’avoir fait circuler cette rumeur « pour le donner aux services ». Mais pourquoi donner aux services « un haut dirigeant » du PAGS » en la personne de M. Bedjadja, alors qu’ils sont, comme l’a affirmé lui même, en étroite collaboration? Incohérence criante!

C’est cousu de fil blanc, une pitoyable manœuvre pour se replacer très vite en vue « des changements en cours ».

Et avec quel courage ! C’est au moment ou le PAGS n’existait plus et beaucoup hélas de ses anciens cadres, ceux qui ayant été épargnés par les assassinats islamistes et par les meurtres fomentés par les services (contre Azziz Belgacem, Mohamed Sellami… ) ont été emportés par la maladie.

Le PAGS en tant que structure est sans défense et désormais, il appartient à l’histoire.

Mais surtout on n’insulte pas la mémoire de ceux qui ont cru et milité avec toutes les conséquences à encourir, comme emprisonnement, tortures ( 1980, 1982, 1986, 1988…) jusqu’aux sacrifices de leurs vies.

Et nombreux d’entre eux ont donné beaucoup de leurs temps, qu’ils auraient pu accorder à leurs familles et à leurs enfants, de leur argent et de leur intelligence pour ce parti et ses idées généreuses qu’il défendait sur le terrain.

Youcef Rezzoug

Un ancien militant de base du PAGS


Réponse de Hassane Zerrouky à l’article

« ALGERIE: L’ANTICOMMUNISME COMME HABILLAGE HONTEUX DE VULGAIRES ARRIVISMES »

N’AYONS PAS HONTE, ET ASSUMONS NOTRE PASSÉ.

La mode, depuis quelques années, consiste à refuser ce que l’on a été, à savoir son passé de militant du PAGS, en bref à en avoir honte.

Le PAGS, qu’on le veuille ou pas a été une formidable école, un lieu de fraternité et de combat, et ce, quelques soient les trajectoires prises par les uns et les autres.

C’est ce que j’ai répondu à mon ami Youcef Rezzoug quand il m’a envoyé une copie de sa mise au point, que je partage entièrement, au Matindz qui, me semble-t-il (et j’espère ne pas me tromper), a fait montre d’une non vigilance incroyable.

Je ne connais pas ce Bedjadja. Mais je sais une chose, l’anticommunisme a la dent dure. Même en dehors du PAGS, quoi que vous fassiez, quoi vous pensiez, l’étiquette de « pagsiste » vous colle à la peau. Tant mieux.

Reste, par ces temps de corruption gangrenant l’Etat, de répression des manifestations d’étudiants et de chômeurs, d’interdiction de manifester pour les démocrates, il y a, me semble-t-il, beaucoup de choses sur lesquelles centrer l’attention des Algériens au lieu de les polariser sur l’anti-communisme.

Sans doute que le retour des idées de Marx, que certains ont vite enterré, dérange et qu’il faut rapidement leur opposer un barrage en faisant feu de tout bois sur l’ex-PAGS !

Cela dit, comme me le disait mon ami Yidir, un ami d’Alger, quand j’entends ces gens-là, j’ai envie de brandir le drapeau rouge et de défiler avec dans les rues d’Alger.

Alors, ne les laissons pas faire et dénonçons les !

Hassane Zerrouky, journaliste à l’Humanité et chroniqueur au Soir d’Algérie


LIBYE ET REACTIONS DES MOUVEMENTS COMMUNISTES ET OUVRIERS DANS LE MONDE

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“DÉCLARATION SUIVIE D’UN DÉBAT SUR L’INTERVENTION DES FORCES ARMÉES EN LIBYE, Intervention de Roland MUZEAU, Député Hauts-de-Seine – France”, le 22 mars 2011 à la Chambre des Députés;


STOP À LA GUERRE EN LIBYE!”, par Le Collectif Communiste Polex, Paris, le 24 mars 2011;


[DÉCLARATION COMMUNE DE 58 PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS
CONTRE L’AGRESSION IMPÉRIALISTE EN LIBYE->#PARTIS]
”, du 22 mars 2011, mise à jour le 25 mars 2011;


EN UN MOT: LA DÉMOCRATIE!, par Michel Peyret, le samedi 26 mars 2011


DÉCLARATION SUIVIE D’UN DÉBAT

SUR L’INTERVENTION DES FORCES ARMÉES EN LIBYE

mardi 22 mars 2011 – 1ère séance

Intervention de Roland MUZEAU

Député Hauts-de-Seine – France

à la Chambre des Députés

le 22 mars 2011

Monsieur le Président, Messieurs les ministres, Mes chers collègues,

Quand dans tant d’autres pays voisins, un débat a eu lieu sur l’opportunité d’entrer en guerre avec la Lybie, ici, dans notre belle démocratie, on ne donne que quelques minutes de temps de parole à la représentation nationale pour s’exprimer. Que penser d’une telle parodie de consultation démocratique alors que notre pays est déjà entré en guerre?

Ce débat est néanmoins l’occasion pour nous d’exprimer à nouveau notre solidarité avec les peuples arabes en général, et avec le peuple libyen, en particulier, mus par un souffle de libération, aussi profond que légitime.

Cette solidarité avec le peuple libyen ne saurait pour autant annihiler tout esprit critique à l’endroit du comportement de notre propre pouvoir exécutif, dont les choix diplomatiques sont illisibles, contradictoires, et aboutissent in fine à altérer notre crédibilité internationale.

Un déclin que semble signifier l’ultime épisode de l’entrée en guerre de la France contre la Libye dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Au-delà de l’élan politico-médiatique de ces derniers jours, l’intervention militaire en Libye repose sur deux fictions.

L’Elysée et ses portes paroles, repris avec une certaine cécité par la majorité des médias, prétendent qu’il y aurait une unité de la communauté internationale pour soutenir les bombardements en Libye. Au mieux il s’agit là d’une erreur d’analyse, au pire d’un mensonge, d’une manipulation.

Permettez-nous, en effet, de souligner les méfiances et les oppositions qui s’expriment autour de cette intervention militaire. Il suffirait de rappeler ici la position de certaines puissances mondiales comme l’Inde, la Chine et la Russie, qui refusent de soutenir l’offensive militaire.

Mais l’attitude d’autres pays est plus significative encore.

Il y a d’abord l’Allemagne, 1ère puissance européenne, qui s’est abstenue sur la résolution lors du vote du Conseil de Sécurité. Son vice-chancelier et ministre fédéral des affaires étrangère, résumait au Guardian sa position en ces termes: «Une solution militaire semble très simple mais elle ne l’est pas. C’est risqué et dangereux, les conséquences peuvent être imprévisibles (…) Nous admirons la révolution tunisienne mais nous voulons que ces mouvements soient renforcés et pas affaiblis (…) Examiner des alternatives à un engagement militaire, ce n’est pas ne rien faire».

En cela, l’Allemagne rejoint le Brésil, 1ère puissance sud-américaine, qui s’inquiète, par la voix de son ambassadrice à l’ONU du risque d’exacerber les tensions sur le terrain au détriment des populations civiles que nous sommes engagés à protéger. Les Brésiliens insistent sur le caractère spontané des révolutions arabes et alertent sur le risque d’en changer le récit, ce qui aurait de sérieuses répercussions pour la Libye et le reste de la région.

Des pays de l’Amérique Latine ont fait savoir le 19 mars dernier « qu’ils rejetaient toute intervention militaire en Libye ». Le chancelier argentin Héctor Timerman a mis en cause le fait que ces attaques contre le territoire libyen menées par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, n’aient pas fait l’objet d’un large débat au Conseil de Sécurité ou à l’Assemblée Générale des Nations Unies. Le président Uruguayen a, quant à lui, qualifié de « lamentable » l’attaque des forces des forces armées contre la Libye: «Le remède est pire que la maladie ; Sauver des vies à coup de bombes est un contresens inexplicable. C’est à en pleurer. »

Surtout, cette offensive militaire ne trouve pas grâce aux yeux des peuples de la région, qui rejettent la figure dictatoriale de Kadhafi, mais qui refusent également de cautionner toute nouvelle expression de l’impérialisme occidental. Le chef de la Ligue arabe Amr Moussa a critiqué dimanche les bombardements occidentaux sur la Libye, estimant qu’ils s’écartent « de l’objectif d’instauration d’une zone d’exclusion aérienne, et ce que nous voulons c’est la protection des civils et pas le bombardement de d’avantage de civils ».

D’ailleurs, en Tunisie, la presse prononce un verdict sévère contre les bombardements aérien, craignant qu’ils plongent le Maghreb et le Moyen-Orient dans l’instabilité, allant même jusqu’à redouter que cette action fasse de la région «une zone de tension et une base avancée pour les forces impérialistes qui n’ont pas intérêt à voir la région vivre un sursaut social révolutionnaire, nationaliste et démocratique» et «souille la bataille du peuple libyen contre la junte corrompue». La Turquie a également fait connaitre son opposition à l’option militaire.

L’Union Africaine a, quant à elle, réclamé la fin des opérations militaire contre le régime libyen en rappelant que la «communauté internationale» avait rejeté son offre d’envoyer une délégation de paix en Libye.

Dès lors, quel objectif vise cette fiction d’unanimité internationale ? Il s’agit de masquer la réalité politique et géopolitique de cette guerre qui n’est rien d’autre qu’une intervention occidentale menée par des ex-pays colonisateurs.

La seconde fiction sur laquelle repose cette offensive militaire, consiste à faire de la France et, de Nicolas Sarkozy en particulier, la force d’impulsion, de conception et de décision à l’origine de cette opération militaire. Or la réalité est cruelle pour l’orgueil national et le narcissisme de notre président. En effet, nos concitoyens doivent savoir que dans cette opération, notre pays n’est ici que le bras armé des Etats-Unis. Le Washington Post et le New-York Times résument parfaitement l’ordonnancement des évènements : ce sont les Etats-Unis, et eux seuls, qui ont décidé de se lancer dans l’opération diplomatique visant à faire adopter la résolution du Conseil de sécurité décidant de l’emploi de la Force en Libye. S’ils ont créé les conditions pour laisser croire que la France était le leadership dans cette affaire, c’est parce que cela arrangeait bien le Président Obama. Et contrairement au storytelling concocté par l’Elysée, ce sont bien les Américains qui commandent dans cette « Aube de l’Odysée », sous les ordres du général Américain Carter F. Ham. Aujourd’hui il est même question que les forces armées passent sous commandement de l’OTAN. On ne pourrait rêver mieux pour envenimer encore un peu plus la situation!

Une fois encore, n’en déplaise à la majorité de cet hémicycle : cette guerre contre la Libye, où la France apparait comme en étant l’instigatrice, s’inscrit dans la récente série noire d’incohérences de notre diplomatie française qui lui a fait perdre tout son crédit international.

D’abord, parce que personne n’a la mémoire courte même si certains peuvent être frappés d’amnésie passagère. Cette nouvelle guerre n’est-elle pas, officiellement du moins comme le prétend le Président Sarkozy, le moyen de se débarrasser d’un affreux dictateur sanguinaire? Pourtant, n’est-ce pas le même président qui a signé différents partenariats avec Muhamar Kadhafi, en juillet 2007, dont un «partenariat industriel de défense», prometteur pour les sociétés d’armement françaises et pour les affaires de M. Dassault? N’était-ce pas un ami que le président de la République et le Président de l’Assemblée recevaient, avec les plus grands égards en décembre 2007, quand pour notre part nous dénoncions avec la plus grande fermeté l’invitation du dictateur libyen? N’est-ce pas deux membres du gouvernement actuel (M. Ollier et M. Guéant) qui furent les artisans de ce rapprochement? N’est-ce pas l’actuel ambassadeur de France en Tunisie qui venait sur les plateaux de télévision défendre ce criminel en se vantant que celui-ci l’appelait «mon fils»?

Et qui annonce que la France reconnait le gouvernement d’opposition Libyen ? Monsieur Bernard Henri Levy et le Conseil transitoire Libyen au moment même où notre ministre des affaires étrangères négociait une position commune avec nos partenaires européens ! Comment peut-on espérer que l’on prenne au sérieux notre politique étrangère ! On peut dès lors se demander si cette reconnaissance a été envisagée comme il se devait ! En effet, la seule chose que nous savons avec certitude de ce Conseil transitoire libyen c’est que son président est un ancien ministre de la Justice de Kadhafi, que son chef d’Etat major est un ancien ministre de l’Intérieur et que d’autres préfèrent conserver l’anonymat. N’était-il pas nécessaire là encore que notre pays prenne plus de précaution ou, en tout cas, qu’il ne décide pas à la place du peuple Libyen qui est en capacité de le représenter ?

Notre politique étrangère met aussi, et surtout, en évidence une politique de deux poids deux mesures en matière de droit d’ingérence.

La politique étrangère française a fait valoir le principe de non-ingérence pour justifier son silence assourdissant et son immobilisme lors du soulèvement du peuple tunisien. Une non-ingérence d’autant plus justifiée qu’il s’agissait d’une ancienne colonie Française. Mais le Gouvernement Français n’hésitait pas, dans le même temps, à proposer au dictateur Ben Ali le savoir-faire de nos forces de sécurité et à réclamer la démission de Gbagbo s’immisçant ainsi directement dans le processus électoral ivoirien.

Incohérence toujours et encore de notre politique étrangère quand nous voulons être les premiers à lancer des tapis de bombes sur un pays qui ne nous a pas déclaré la guerre et quand notre diplomatie est totalement muette face à la violente répression du mouvement populaire au Bahreïn par le régime du roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa ? Ou encore face au massacre de la population civile par le régime du Président Saleh au Yémen ? Pourquoi ne réagissons-nous pas avec humanité et discernement quand l’Arabie Saoudite ou les Emirats arabes unis, pétromonarchies amies, aident le Bahreïn à écraser la révolte citoyenne ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’interdiction de l’espace aérien pour protéger Gaza de l’aviation israélienne ?

Vous l’aurez compris, Messieurs les ministres, mes chers collègues, notre voix ne s’associera pas à la vôtre pour soutenir, dans un unanimisme béat, l’intervention militaire en Libye.

Nous sommes intransigeants sur la condamnation du régime Libyen qui réprime son peuple, et nous jugeons à cet égard légitimes les sanctions votées par l’ONU contre le régime. Contrairement à vous, nous n’avons pas changé d’avis sur l’opinion que l’on peut se faire d’un dictateur sanguinaire comme Kadhafi et, demain non plus nous ne changerons pas d’avis quand bien même la majorité nous promettrait la main sur le cœur que l’homme serait redevenu fréquentable, parce qu’il pourrait sauver notre pays en crise. Nous ne sacrifierons jamais les peuples au nom du pragmatisme !

En revanche, le discernement nous conduit à condamner les frappes militaires sur la Libye à laquelle la France participe, soutenue par la majorité des forces politiques françaises, avec un entrain qui frise l’indécence.

Nous restons convaincus, avec l’écrivain Algérien Boualem Sansal, que «La guerre entre le bien et le mal n’a jamais profité qu’au mal». Et pour nous, la décision de bombarder la Libye soulève la question incontournable des risques d’engrenage et de confrontation militaire élargie, avec toutes les conséquences désastreuses que l’on connait pour les populations civiles. La tragédie qu’a connue et que connait aujourd’hui le peuple irakien est encore trop présent en nos mémoires, pour ne pas nous conduire à la plus grande prudence quand le choix de la guerre est préféré aux initiatives qui privilégient des sorties de crise sans intervention militaire. Nous espérons, de toutes nos forces, que cette guerre ne conduira pas le peuple Libyen à regretter, dans quelques mois, le régime de Kadhafi, comme ce fut le cas pour les Irakiens.

La résolution 1973 prévoit le gel des avoirs libyens, l’interdiction de voyager de ses dirigeants, un embargo sur les armes, un appel à un cessez le feu, des poursuites devant la Cour Pénale internationale et une zone aérienne d’exclusion. Autant de mesures légitimes pour étouffer le régime Libyen et protéger les populations civiles. Mais, elle ne s’en tient pas là puisqu’elle autorise, dans son paragraphe 4, « les Etats membres à prendre toutes mesures nécessaires » pour assurer la zone d’exclusion aérienne. Un membre de phrase qui justifie, pour la coalition, les bombardements aériens aujourd’hui. Et demain, une offensive terrestre dont les conséquences seraient catastrophiques ? La Russie et la Ligue arabe ont d’ores et déjà dénoncé cette lecture de la résolution, et estimé que la coalition excédait le mandat de l’ONU de faire respecter une zone d’exclusion aérienne.

Faire respecter une zone d’exclusion aérienne n’impose pas d’avoir recours à des bombardements qui, immanquablement, feront des victimes civiles. Plus personne ne peut croire au mythe des frappes chirurgicales et à celui de la guerre propre ! La France a mis le doigt dans l’engrenage, elle devra porter la responsabilité d’un échec, tant devant le peuple Libyen que devant le peuple français, si l’option choisie nous conduit à un enlisement.

La légèreté dénoncée par les Nations étrangères, au premier rang desquelles, l’Allemagne, l’Inde, la Russie ou le Brésil, nous conduit à nous interroger sur les objectifs réels poursuivis, tant des questions essentielles restent aujourd’hui sans réponse : quelles sont les capacités de frappes de Kadhafi ? Est-il envisagé à un moment d’en passer par une action juridique ou politique pour sortir de la crise ? La réalité anthropologique de la Lybie a-t-elle prise en compte avec les tous les risques d’affrontements tribaux ? Les leçons du fiasco somalien ont-elles été tirées ? Le pire a-t-il été envisagé ? Quel est le plan dans l’hypothèse probable d’un enlisement, d’une partition du pays et d’une division de la communauté internationale encore plus marquée qu’elle ne l’est aujourd’hui ?

Trop d’incertitudes pèsent sur cette intervention militaire et ses conséquences. Le risque d’une escalade est trop grand. Et s’il y a un prix à payer dans l’avenir, il faut souhaiter que ce ne soit pas le peuple libyen qui paie. Il paye déjà trop cher le maintien d’une dictature dont il ne veut plus.

Du reste, nous ne cautionnerons pas la moindre intervention qui ne viserait, comme de plus en plus de voix l’affirment au-delà de nos frontières, qu’à faire main basse sur le pétrole Libyen en instrumentalisant son peuple, en en passant par la scission du pays.

Les députés communistes et républicains font aujourd’hui preuve d’un grand courage politique en refusant de mêler leur voix à l’unanimisme béat et aveugle qui rassemble autour du Président Sarkozy et l’entrée en guerre de la France. Car, comme le dit fort justement Rony Brauman, jamais des bombardements n’ont permis d’installer la démocratie ou de pacifier un pays !


STOP À LA GUERRE EN LIBYE!

Le 6 mars 2011, devant le risque d’intervention militaire occidentale en Libye, le Collectif Communiste Polex lançait une pétition s’opposant à toute intervention armée étrangère. Dès les jours suivants, ce texte, repris par divers intervenants, a connu une large diffusion et a contribué à ébrécher la prétendue unanimité de l’opinion en faveur de la guerre, même si les médias français continuent leur matraquage belliciste.

À ce jour, plus de 600 signatures sont recensées.

Malheureusement, avec l’aval lamentable du Conseil de Sécurité de l’ONU, sous prétexte de «protéger les civils», les forces aériennes et navales des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’OTAN et du Qatar ont mené des raids meurtriers contre les forces gouvernementales en Libye, avec pour objectif évident de soumettre le pays et ses ressources aux volontés de l’impérialisme et d’y imposer un gouvernement à leur solde.

Cette aventure coloniale, inacceptable et hypocrite, doit cesser sur l’heure: c’est aux seuls Libyens de choisir leurs dirigeants, en aucun cas à une puissance étrangère; la Méditerranée ne doit pas devenir un champ de bataille sanglant pour de sordides intérêts pétroliers et géopolitiques.

Le Collectif Communiste Polex

Paris, le 24 mars 2011


DÉCLARATION COMMUNE DE 58 PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS

CONTRE L’AGRESSION IMPÉRIALISTE EN LIBYE

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Les assassins impérialistes menés par les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’OTAN dans son ensemble, et cela avec le consentement de l’ONU, ont lancé une nouvelle guerre impérialiste. Cette fois en Libye.

Leurs prétextes prétendument humanitaires sont tout à fait mensongers! Ils jettent de la poudre aux yeux des peuples! Leur véritable objectif, ce sont les hydrocarbures en Libye.

Nous, partis communistes et ouvriers, condamnons l’intervention militaire impérialiste. Le peuple de Libye doit déterminer lui-même son avenir, sans interventions impérialistes étrangères.

Nous appelons les peuples à réagir et à exiger l’arrêt immédiat des bombardements et de l’intervention impérialiste!

  1. Parti algérien pour la démocratie et le socialisme, PADS
  2. Parti communiste d’Arménie
  3. Parti communiste d’Australie
  4. Parti communiste d’Azerbaidjan
  5. Parti communiste du Bangladesh
  6. Parti du travail du Bangladesh
  7. Parti du travail de Belgique
  8. Parti communiste de Biélorussie
  9. Parti communiste brésilien
  10. Parti communiste du Brésil
  11. Parti communiste de Grande-Bretagne
  12. Nouveau parti communiste de Grande-Bretagne
  13. Party des communistes bulgares
  14. Parti communiste du Canada
  15. Parti communiste du Chili
  16. Parti ouvrier socialiste de Croatie
  17. Parti communiste de Bohême-Moravie
  18. Parti communiste de Danemark
  19. Parti communiste au Danemark
  20. Parti communiste d’Estonie
  21. Parti communiste de Finlande
  22. Parti communiste unifié de Géorgie
  23. Parti ouvrier communiste Hongrois
  24. Parti communiste de Grèce
  25. Parti communiste d’Inde
  26. Parti communiste d’Inde [Marxiste]
  27. Parti Tudeh d’Iran
  28. Parti communiste d’Irlande
  29. Parti du travail d’Irlande
  30. Parti des communistes italiens
  31. Parti communiste du Kazakhstan
  32. Parti socialiste de Lettonie
  33. Parti communiste libanais
  34. Parti communiste du Luxembourg
  35. Parti communiste de Malte
  36. Parti communiste du Mexique
  37. Parti populaire socialiste du Mexique
  38. Nouveau parti communiste des Pays-Bas
  39. Parti communiste de Norvège
  40. Parti communiste du Pakistan
  41. Parti communiste de Pologne
  42. Parti communiste du Portugal
  43. Parti communiste de la Fédération de Russie
  44. Parti communiste ouvrier de Russie – Parti des communistes révolutionnaires
  45. UCP- CPSU
  46. Parti communiste d’Union soviétique
  47. Nouveau parti communiste de Yougoslavie
  48. Parti des communistes de Serbie
  49. Parti communiste de Slovaquie
  50. Parti communiste des peuples d’Espagne
  51. Parti communiste du Sri-Lanka
  52. Parti communiste syrien
  53. Parti communiste de Suède
  54. Parti communiste de Turquie
  55. Parti du travail de Turquie
  56. Parti communiste d’Ukraine
  57. Union des communistes d’Ukraine
  58. Parti communiste du Vénézuela

Mardi 22 mars 2011

(mise à jour le 25 mars 2011

de la brève 235 mise en ligne sur socialgerie

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU BUREAU POLITIQUE DU PARTI COMMUNISTE D’INDE (MARXISTE):

LIBYE: STOP À L’AGRESSION

Le Bureau politique du PCI (M) condamne fermement les bombardements aériens réalisés, par le moyen d’avions de chasse et de missiles lancés depuis des navires de guerre, par les forces de l’OTAN sur la Libye. Les frappes militaires des forces de l’OTAN comprenant la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis constituent un dangereux acte d’agression.

L’OTAN répète désormais ce qu’il a fait en Irak, ce qui a mené à la mort de millions de personnes et à des destructions à grande échelle. Il a déjà été relevé que quarante-huit personnes ont trouvé la mort dans les attaques menées le premier jour.

En dépit du discours sur la protection du peuple Libyen, cet acte d’agression constitue une violation flagrante de la souveraineté de la Libye et une intervention préméditée dans un conflit interne en vue d’un changement de régime.

L’hypocrisie des puissances occidentales peut être constatée dans leur connivence avec l’intervention militaire Saoudienne afin d’écraser la révolte populaire et pacifique au Bahreïn.

L’Occident n’a aucun scrupule à avoir recours à la force pour préserver ses intérêts dans la Libye et le Moyen-orient riches en pétrole.

La résolution du Conseil de sécurité en Libye a été utilisée par l’OTAN pour cette attaque.

Les cinq membres du Conseil de sécurité, dont l’Inde, qui se sont abstenus sur la résolution devraient exiger immédiatement un réexamen de la résolution.

Jusque-là, il doit y avoir arrêt de l’action militaire conduite par l’OTAN.

Le PCI (M) appelle toutes les forces démocratiques et progressistes en Inde à protester énergiquement contre cette nouvelle agression militaire de l’Amérique et de ses alliés contre un pays Arabo-africain.

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COMMUNIQUÉ du PARTI COMMUNISTE D’INDE:

METTRE FIN AU BOMBARDEMENT DE LA LIBYE

Le Parti communiste d’Inde (PCI) dénonce fermement le bombardement aérien de Libyens innocents par les forces de l’OTAN. Le parti estime que les frappes militaires de l’OTAN, menées par des forces de la France, de la Grande-Bretagne et des États-Unis forment le plus inhumain des actes d’agression.

On est en train de tenter d’occuper la Libye comme on l’a fait pour l’Irak, provoquant la mort et la destruction à grande échelle. Des dizaines de personnes ont déjà été tuées dans des attaques aériennes le tout premier jour.

Cet odieux acte d’agression, au nom de la protection du peuple Libyen, constitue une ingérence non déguisée dans les affaires internes touchant à la souveraineté de la Libye et une manœuvre préméditée pour instaurer sur place un régime fantoche.

On doit laisser les peuples de Libye et du Bahreïn régler leurs affaires eux-mêmes.

Toute ingérence extérieure ne fera que faire empirer la situation.

Les yeux des États-Unis et de leurs alliés de l’OTAN sont rivés sur les richesses pétrolières et, de connivence avec le gouvernement Saoudien, ils essaient tantôt d’écraser la révolte populaire tantôt de la récupérer dans leurs intérêts.

Le parti exhorte également le gouvernement d’Inde à adopter une position ferme et à exiger un réexamen de la résolution du Conseil de sécurité de l’OTAN sur la Libye, qui a facilité l’attaque des forces de l’OTAN.

Le gouvernement Indien doit également exiger, à travers l’ONU, un arrêt immédiat des bombardements aériens sur des innocents

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LA GUERRE A COMMENCÉ:

MOBILISATION GÉNÉRALE DES JEUNES COMMUNISTES ITALIENS

Déclaration de Simone Oggionni, secrétaire des JEUNES COMMUNISTES (GC) ITALIENS, le 20 mars

La guerre a commencé. Nous le savions, nous l’avions prévu dans une large mesure, en mettant en garde contre la rapide détérioration d’un cadre qui, hélas, ne laissait que peu de place à l’équivoque et à l’imagination.

Désormais, nous sommes en guerre. Des avions français et américains ont entamé les bombardements et feront de même, d’ici peu, les avions qui partent des bases situées sur le sol italien.

C’est le jour de la colère et de la honte. Colère de ne pas être en mesure d’arrêter la barbarie. Honte de faire partie d’un système de pouvoir (économique, politique, militaire) qui depuis des siècles ne fait rien d’autre que tuer tout ce qui ne se conforme pas à ses diktats.

Mais ce doit être aussi le jour de la réaction de masse et populaire à la guerre néo-coloniale contre la Libye.

Et ce doit l’être à partir de nous, de notre parti, de la Fédération de la gauche et, en particulier, des Jeunes communistes.

Dès demain matin, tous nos organisations locales doivent se sentir investies du devoir d’organiser des initiatives de contre-information, des réunions de solidarité, des piquets, des sit-in, des assemblées.

Du devoir de prendre en main le mouvement contre la guerre et de le faire sortir de la torpeur qui a déjà fait tant de dégâts.

Chaque mobilisation, chaque initiative que nous réussirons à mettre en place sera positive, importante et fondamentale.

Dans les prochains jours, nous organiserons également des moments nationaux.

Assurément, nous serons devant les bases de Trapani et de Sigonella.

Nous organiserons dans les prochaines heures des manifestations, si possible permanentes.

Ce que je vous demande, c’est de nous coordonner ensemble, de travailler étroitement entre nous, de ne pas disperser les énergies et de les porter toutes dans la même direction.

Pour cela, il est fondamental de tenir la barre de la ligne politique définie ces jours-ci, sans ambiguïté ni hésitations.

Nous n’avons aucune sympathie pour le régime despotique de Kadaffi (qui, ce n’est pas un hasard, a tissé avec nombre de puissances néo-coloniales ces dernières années des rapports de collaboration, avec profits à la clé, à commencer par l’Italie).

Les révoltes et la répression de ces dernières semaines nous font mal, elles sollicitent notre conscience.

Mais l’offensive militaire de cette nuit définit clairement notre échelle des priorités.

Aujourd’hui, la priorité est de s’opposer à la guerre, de réaffirmer le principe de non-ingérence, le droit à l’auto-détermination des peuples et à leur souveraineté.

Préparons-nous à la démultiplication exponentielle des mensonges de la propagande, qui parlera encore plus que ces dernières semaines d’ «intervention humanitaire» pour défendre le peuple des crimes du dictateur.

Ce qui intéresse les États-Unis, l’Union européenne, les Etats colonialistes, ce n’est pas le peuple Libyen. Les intéressent seulement son pétrole, son gaz naturel et la position stratégique du territoire libyen.

Cher(e)s camarades, la guerre impérialiste contre la Libye a commencé.

Démontrons dans notre pays combien peut être grande la solidarité internationaliste des communistes.

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  • [logo_autriche.gif
    LES JEUNES COMMUNISTES AUTRICHIENS (KJÖ) interviennent au Congrès du Parti communiste autrichien (KPÖ) pour dénoncer la faillite de la ligne liquidatrice de la direction->http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-les-jeunes-communistes-autrichiens-kjo-interviennent-au-congres-du-parti-communiste-autrichien-kpo-pour-denoncer-la-faillite-de-la-ligne-liquidatrice-de-la-direction-70106828.html]

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  • [giovanicomunistisimbolo.png
    Non à l’intervention en Libye (10) – LES JEUNES COMMUNISTES ITALIENS appellent à la mobilisation générale contre la guerre impérialiste en Libye->http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-non-a-l-intervention-en-libye-10-les-jeunes-communistes-italiens-appellent-a-la-mobilisation-generale-contre-la-guerre-imperialiste-en-libye-70097353.html]

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  • [Libye-1_grece.jpg
    Non à l’intervention en Libye (9) – Le PC GREC condamne l’agression impérialiste et organise des manifestations de masse contre la guerre en Libye->http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-non-a-l-intervention-en-libye-9-le-pc-grec-condamne-l-agression-imperialiste-et-organise-des-manifestations-de-masse-contre-la-guerre-en-libye-70049793.html]

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  • [picasso-pablo-la-colombe-de-la-paix-2406263.jpg
    Non à l’intervention en Libye (8) – LE CONSEIL MONDIAL DE LA PAIX condamne l’attaque impérialiste contre la Libye->http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-non-a-l-intervention-en-libye-8-le-conseil-mondial-de-la-paix-condamne-l-attaque-imperialiste-contre-la-libye-70028377.html]

Condamnation de l’attaque impérialiste contre la Libye

L’impérialisme a lancé une nouvelle guerre !

Le Conseil mondial de la paix exprime sa condamnation ferme et véhémente de l’agression impérialiste lancée contre la Libye.

Les opérations militaires de grande envergure de la France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis avec le soutien de la Ligue arabe et de plusieurs états de l’Union européenne et de l’OTAN, prouvent que l’agression a été planifiée déjà depuis de nombreux jours.

Les impérialistes utilisent le prétexte de l’intervention humanitaire et de la protection des civils, dans le but évident de prendre le contrôle des ressources énergétiques et d’imposer un nouveau régime ami. Tout en ayant condamné l’usage de la force armée par les militaires Libyens contre les manifestants civils auparavant, le Conseil mondial de la paix réaffirme que c’est du seul droit souverain du peuple Libyen de décider de son gouvernement et de ses ressources naturelles, qui sont la véritable cible des puissances impérialistes et des multi-nationales derrière elles.

Des milliers de Libyens ont déjà été tués et le massacre des Libyens par les impérialistes continue pour le troisième jour consécutif. Les événements prouvent clairement que la décision 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU d’imposer une zone d’exclusion aérienne sur l’espace Libyen a été utilisée pour lancer une guerre contre la Libye.

Les Nations unies se rendent une nouvelle fois coupables d’une agression impérialiste comme cela fut le cas lors des crimes contre les peuples d’Afghanistan, d’Irak et tant d’autres. Nous exigeons l’arrêt immédiat de l’agression et le retrait des troupes militaires étrangères de la région.

Arrêtez la guerre en Libye maintenant ! (…)

________________

Le peuple libyen est, aujourd’hui, très anxieux en ce qui concerne son destin et celui de son pays.

Il s’était soulevé pour en finir avec un dictateur qui avait pratiqué toute sorte d’oppression et de répression durant 43 ans dans le but d’asseoir son régime et de remplir de quelques 100 milliards de dollars ses poches et celles de ses enfants.

Le peuple libyen s’est soulevé contre un tyran, prenant pour exemples les révolutions arabes, dont celle de la Tunisie, son plus proche voisin.

Cependant, son soulèvement est menacé de grands dangers, dont le plus important viendrait de l’alliance non sainte passée par la France et la Grande Bretagne avec le régime «officiel» arabe, représenté par Amr Moussa et, avec lui, Hochiar Zibari, façonné par les Etats-Unis et l’OTAN, ainsi que tous ceux dits «les Arabes de Washington».

Cette alliance a, en effet, a décidé de profiter des crimes commis par le régime de dictature libyen afin de mettre la main sur la Libye et toutes les richesses qu’elle recèle (…)

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  • [paz-sim-nato-nao_portugal.gif
    Non à l’intervention en Libye (6) – Le PC PORTUGAIS condamne l’agression en Libye et appelle à la mobilisation pour la paix->http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-non-a-l-intervention-en-libye-6-le-pc-portugais-condamne-l-agression-en-libye-et-appelle-a-la-mobilisation-pour-la-paix-69975103.html]

    Le PC Portugais condamne l’agression en Libye et appelle à la mobilisation pour la paix

Communiqué du Parti communiste portugais

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

1 – Le PCP regrette l’adoption au Conseil de sécurité (CS) des Nations unies d’une Résolution qui préconise l’agression militaire étrangère contre la Libye.

Loin de correspondre à un quelconque sentiment sincère de solidarité envers le peuple de Libye et de défense de ses droits légitimes, la Résolution adoptée par le CS de l’ONU vise à fournir une couverture aux objectifs des grandes puissances occidentales d’intervention directe dans les affaires internes de cet Etat souverain et de contrôle géo-stratégique ainsi que des ressources naturelles de la Libye.

2 – Le PCP réaffirme son opposition à tout acte d’agression contre la Libye qui, si il se concrétisait, aggraverait le conflit interne et provoquerait une instabilité encore plus grande dans toute la région du Maghreb et du Moyen-Orient.

3 – Le PCP condamne l’attitude du Conseil de sécurité des Nations unies et du secrétaire-général de l’ONU de soutien à une stratégie qui vise à lancer une nouvelle guerre impérialiste d’agression au détriment de ce qui devrait être, à la lumière de la Charte des Nations unies, son action : promouvoir et soutenir les initiatives diplomatiques de pays comme le Vénézuela et d’organisations comme l’Union africaine, visant à une résolution pacifique du conflit interne en Libye.

Le PCP dénonce la profonde hypocrisie et la campagne de désinformation déclenchée pour appuyer les desseins bellicistes de l’OTAN et de ses grandes puissances, bien patente dans le fait que le Conseil de sécurité de l’ONU a fini par approuver une agression militaire contre un pays souverain, au nom de la « défense des droits de l’Homme », en même temps qu’il conserve un silence de plomb sur les événements récents et gravissimes qui constituent d’indiscutables violations du droit international et des droits des peuples comme les crimes successifs, les provocations et les actions illégales d’Israël ou l’invasion du Bahreïn par les forces militaires de la cruelle dictature saoudienne (dont avait pris connaissance préalablement l’administration nord-américaine) avec comme intention d’écraser les révoltes populaires dans ce pays.

4 – Le PCP regrette la position adoptée par le gouvernement portugais au Conseil de sécurité, une preuve de plus de sa subordination et de son suivisme par rapport à la stratégie des grandes puissances impérialistes et de l’OTAN. Il réaffirme son opposition frontale à la participation du Portugal à l’agression à la Libye, que ce soit à travers l’engagement direct de forces ou de moyens militaires, ou par l’engagement indirect ou le soutien logistique à de quelconques opérations militaires liées à l’agression.

5 – Le PCP en appelle à la mémoire collective des travailleurs et du peuple portugais et exprime son soutien aux initiatives en cours de préparation contre l’agression militaire en Libye qui, dans son essence, ses objectifs et la campagne médiatique et idéologique qui la soutient, est en tout point similaire aux agressions contre la Yougoslavie, l’Irak et l’Afghanistan. Le PCP appelle à l’unité dans l’action des forces de la paix, démocratiques et progressistes autour de la consigne du rejet de l’intervention militaire en Libye et de solidarité avec les peuples qui au Moyen-orient poursuivent la lutte pour leurs droits sociaux et leurs droits de travailleurs, la liberté, la paix et la souveraineté. (…)

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    Non à l’intervention en Libye (4)

    Le PC RUSSE dénonce la collaboration du gouvernement russe à l’ONU

    lors du vote qui ouvre la voie à l’intervention en Libye

La résolution de l’ONU contre la Libye est contraire aux intérêts de la Russie

Déclaration de G. Ziouganov,

président du Parti communiste

de la Fédération de Russie (KPRF)
http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net->http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-non-a-l-intervention-en-libye-4-le-pc-russe-denonce-la-collaboration-du-gouvernement-russe-a-l-onu-lors-du-vote-qui-ouvre-la-voie-a-l-intervention-en-libye-69893958.html]

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Le Conseil de Sécurité de l’ONU a donné son feu vert au déclenchement de la guerre contre la Libye. La résolution portant autorisation d’intervenir militairement dans ce pays au prétexte mensonger et hypocrite de protéger les populations civiles contre les attaques du régime d’El Kaddafi constitue une grave menace pour la souveraineté de tous les peuples de la région et leurs luttes pour une démocratie véritable de progrès. Cette résolution porte aussi en elle des dangers pour la paix et l’intégrité territoriale des nations africaines.

Les grandes puissances impérialistes, et les anciens Etats colonisateurs de l’Afrique qui ont fait adopter cette résolution s’étaient lancés dans les préparatifs pour bombarder la Libye et détruire ses infrastructures sans attendre les résultats des délibérations de l’ONU. Elles n’ont pas perdu une minute pour commencer à exécuter leurs plans criminels (…)



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EN UN MOT: LA DÉMOCRATIE!

samedi 26 mars 2011

par Michel Peyret

Mes dernières réflexions, sous le titre: «Le nouveau temps des révolutions», m’ont valu de nombreux retours, la plupart pour me remercier, d’autres pour questionner, poursuivre le débat.

Dans cet esprit, et pour aller plus loin dans des débats loin d’être clos, quelques de mes réponses.

KADHAFI

Kadhafi, je n’ai aucune sympathie pour lui, plutôt le contraire. Est-il cependant le seul tyran à martyriser son peuple un jour ou l’autre? Et ces autres tyrans ont-ils eu, et ont-ils encore, « droit aux mêmes égards »? Mais c’est vrai aussi que l’on ne peut pas laisser faire, solidarité entre peuples oblige! Mais là, ce n’est pas la solidarité des peuples! Sarkozy et quelques autres bienfaiteurs des peuples! la plaisanterie serait bonne si l’affaire n’était pas sérieuse! Les interventions dans les affaires intérieures des peuples sont une pratique constante et permanente des dirigeants impérialistes.

Un autre exemple: Bush et les tours de New-York pour pouvoir intervenir en Irak! Et derrière, le pétrole, déjà, ou encore, le pétrole, le pétrole qui tue des milliers de personnes tous les jours, mais dont l’impérialisme veut s’assurer la maîtrise ! Comment faire des profits si les capitalistes n’ont pas pas la maîtrise du pétrole pour faire tourner l’économie ?

Ici, les pays intervenants, pays à régime capitaliste, pays coloniaux ou ex-coloniaux ou néo-coloniaux ! Est-il possible d’avoir des doutes sur la « pureté » des intentions? La naïveté doit avoir ses limites, et cela ouvre une question, une vraie question celle-là: quels sont les objectifs réels de ces grandes puissance?

Cela étant, la « guerre » était-elle la seule façon d’intervenir? Ces pays capitalistes ne disposent-ils pas d’autres moyens de pression, n’en n’ont-ils pas plutôt toute une gamme, avec progression possible ? Pourquoi le pire, l’intervention militaire, et donc la guerre tout de suite ? Mais fondamentalement, avec cette intervention, n’est-on pas dans les « contradictions inter-impérialistes »? Quels intérêts contre quels intérêts? La maîtrise du pétrole est-elle le seul centre d’intérêt? N’y a-t-il pas d’autres enjeux? Voilà donc une première série de questions auxquelles il faudrait répondre pour être crédible.

CROISADE, EST-CE SEULEMENT SPIRITUEL ?

Le terme de croisade, seulement « spirituel »? Les guerres de religion, que nous avons bien connues, étaient-elles aussi et seulement de caractère spirituel ? Beaucoup y voient les premiers affrontements entre bourgeoisie et féodalité/royauté. Les croisades n’avaient-elles pas, par delà les objectifs spirituels affichés, également des objectifs économiques? Pourquoi donc certaines d’entre-elles se sont-elles terminées par des sièges et des saccages de villes, de Constantinople par exemple ? Pourquoi certaines de ces croisades se sont-elles trompées de chemin, telle celle qui s’est retrouvée en Arménie par exemple ? Et pourquoi n’était-ce souvent que les cadets des grandes familles féodales, lesquels cadets ne bénéficiaient donc pas du droit d’aînesse, qui partaient pour la croisade ? Et n’était-ce pas la constitution de fiefs, dans cet Orient à la civilisation brillante, qui était en fait un des objectifs principaux ? Donc, si je parle de croisade, ce n’est pas des motivations religieuses que j’évoque, mais bien des objectifs économiques, stratégiques, que sais-je encore ?

DES PEUPLES LIBRES !

Effectivement, le peuple libyen se voit refuser le droit de choisir son modèle de gouvernement ! Mais est-il le seul parmi ces peuples, ou est-ce plutôt la règle générale jusqu’à il y a peu ? Le peuple iranien n’était-il pas un des rares à avoir acquis quelques droits, dont celui d’élire une partie de ses dirigeants, après deux révolutions ? Et puis, dites-moi, le peuple français est-il aussi libre de choisir son gouvernement et son régime qu’on veut bien le dire ? La question est fondamentale : un peuple est-il libre sous un régime capitaliste, même si les formes sont différentes de celles de la Libye et de maints autres pays ? Et le peuple américain est-il libre ? Que se passe-t-il dans le Wisconsin ? Et je reviens au boycott des élections en France : pourquoi ce boycott est-il devenu majoritaire ? La démocratie est-elle si démocratique que cela ? N’avez-vous là rien à dire sur les avantages de la « démocratie représentative »? Est-elle la seule forme de démocratie possible, ou même réelle ?

DES PEUPLES VERSATILES !

Les peuples des pays arabes seraient-ils les seuls à être versatiles ? Mais pourquoi donc l’Allemagne, la Russie, la Chine, après s’être abstenues sur la résolution ont-elles critiqué l’agression dès ses premières manifestations ? Versatilité aussi ? Et dites-moi encore si vous connaissez quelque pays au monde qui ne change pas de position au gré des circonstances, lesquelles ne sont jamais les mêmes, sinon il n’y aurait pas d’histoire… Et qui plus est s’agissant de pays dont les dirigeants réels ne sont pas ceux qui s’affichent dans le pays même, ne sont en réalité que des pantins dans le système néo ou post-colonial ? Et savez-vous quelle est l’indépendance de décision dont dispose le Président de la République française vis-à-vis des dirigeants des grands groupes capitalistes ? Enfin, dernière question : à l’ONU, pourquoi ce sont seulement quelques pays, et lesquels, ceux du Conseil des sécurité (les membres permanents) qui décident la plupart du temps ? Pourquoi n’est-ce pas plutôt l’Assemblée générale ? Pourquoi l’ONU n’est-elle pas démocratisée en ce sens ?

NOTRE TÂCHE PRINCIPALE

Alors, nous, peuple français, en dehors de la solidarité que nous devons à tous les peuples, nous avons une tâche première : en finir chez nous avec le capitalisme colonial dont je parle, et qui perdure, et qui exploite, qui domine, et qui aliène le peuple français et d’autres peuples ! C’est notre tâche principale !

LE DÉBAT SUR LES ÉNERGIES

Le pétrole ne tue pas qu’en Libye, il tue en France, tous les jours, partout, presque dans tous les actes de la vie de chacun. Les centrales, c’est différent, et il n’y a pas que les centrales, il y a aussi les bombes, y compris celle à l’uranium appauvri, qui d’ailleurs serait utilisé en Libye aussi, je ne reviens pas sur Hiroshima. Je pense que vous connaissez la différence entre la fusion et la fission, je devrais dire les différences, tout est différent. Mais bon, ou mal plutôt, sur ces questions de l’énergie, donc de grandes questions. Et il y a le capitalisme productiviste qui développe la production de marchandises pour produire des profits maxi. Et donc de forts besoins d’énergie. Et il y a la société qui pourrait lui succéder, qui pourrait ne pas être productiviste et se contenter de répondre aux besoins des hommes. Je suis donc pour que les hommes, je veux dire les êtres humains, débattent de ces questions de l’énergie et décident de ce dont ils ont besoin et de ce qu’il faut pour le satisfaire.

LA DÉMOCRATIE

Ce débat est difficile sous le système capitaliste, la démocratie ne peut exister avec le capitalisme, Anicet Le Pors disait, ou rappelait, que quelqu’un disait que, là où est la propriété là est le pouvoir. Quand les êtres humains se seront libérés du capitalisme et pourront décider en toute liberté, on pourra avoir le vrai débat. Mais, on le voit bien, le débat ne peut pas attendre, il faut qu’il ait lieu ici et maintenant, même s’il ne sera pas totalement vrai. Le capitalisme doit aussi tenir compte des rapports de forces qui s’établissent dans la société, et aussi ils sont prêts à faire de l’argent avec n’importe quelle énergie. Mon opinion, c’est donc la démocratie, le maximum de démocratie possible.

Michel Peyret

le 26 mars 2011


LECTURES – MARS 2011

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“MINORITY NARRATIVES AND NATIONAL MEMORY” Cora Alexa Døving, Nicolas Schwaller (édit.), Oslo, Unipub, 2010, 223 p.


« EN HOMMAGE à KATIA BENGANA« .


« LES SOCIÉTÉS ARABES SONT SORTIES DE LEUR REPLI » – ENTRETIEN AVEC YOUSSEF COURBAGE.


« SAMIR AMIN, L’INTELLECTUEL EN ACTION« , article de YASSINE TEMLALI, Bablemed.net, le 31 janvier 2011.


EL QACBA , ZEMÂM de KADDOUR M’HAMSADFJI – Promenade et redécouverte de la Casbah d’Alger, par ABDERRAHMANE ZAKAD



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MINORITY NARRATIVES AND NATIONAL MEMORY

Cora Alexa Døving, Nicolas Schwaller (édit.),

Oslo, Unipub, 2010, 223 p.

Ce livre est issu d’un colloque organisé à Oslo en mai 2008 par le Centre pour les Études de l’Holocauste et des Minorités Religieuses dirigé par Odd-Bjørn Fure, et le Centre Alberto Ben-veniste de l’École Pratique des Hautes Études sous l’impulsion d’Esther Benbassa – elle avait organisé en 2007 à Paris, à l’EPHE, une première rencontre sur l’histoire des minorités.

Le colloque d’Oslo avait pour thème «Comment intégrer les récits minoritaires dans une mémoire nationale».

Seize auteurs se sont partagé les communications, majoritairement des doctorants et cher-cheurs de Norvège, de France et d’Italie.

Après un avant-propos d’Esther Benbassa qui expose méthodiquement la problématique du livre, l’introduction, due à ses deux directeurs, Cora Alexa Døving et Nicolas Schwaller, évoque l’approche pluridisciplinaire du concept de minorité dans les États-nations où les minorités ont été en récurrence inquiétées comme facteurs d’instabilité avec parfois les aboutissements tragiques que l’on sait – la Shoah, et autres drames.

La recherche, et des engagements politiques nouveaux, ont fait évoluer les choses durant les trois dernières décennies. La question des minorités est de plus en plus tenue pour une compo-sante des rapports humains et des histoires nationales dans des pays bien différents – la Nor-vège, la France.

Mais existent encore bien des blocages – il n’a ainsi pas été possible de remédier à l’irrémédiable dans l’ex-Yougoslavie.

Le livre est organisé en trois parties; la première traite de l’approche théorique. Gaëlle Le Dref, Andrea Brazzoduro et Knut Kjelstadli s’y interrogent respectivement sur les notions de minorité et de majorité, tous deux résultats de constructions politiques proscrivant la mixité, appuyées sur l’évolutionnisme, l’hygiénisme, l’eugénisme, le darwinisme… ; «comment décoloniser la pensée historique» en passant à une «histoire mineure» quand c’est sous l’égide des majorités qu’a été fabriqué ce qui est déclaré d’importance mineure ; et, avec le cas de la Norvège, sur les critères de définition des minorités – proportion de la population, provenance extérieure, date d’apparition dans l’espace national – qui inventent ces minorités.

Dans la deuxième partie sur le conflit de représentation, quatre études sont consacrées aux Juifs, dont trois à la Norvège.

La contribution de Claudia Lenz analyse le traitement longtemps stigmatisant des «servantes des Allemands» ayant eu en Norvège des relations avec les envahisseurs. Stimulante, sa réflexion sur l’effroi non dit des pourfendeurs : le risque de perdre le contrôle sur la capacité de reproduction des femmes.

Elisabeth Eide étudie scrupuleusement la petite minorité juive de Norvège: en réponse à la vieille question «Qu’est-ce qu’un Norvégien»?, l’apaisement est aujourd’hui de rigueur et les Juifs se proclament «Norvégiens, c’est tout»! Et pourtant, il y a eu des drames – l’occupation, l’exil en Suède, avec ce paroxysme du meurtre d’un couple de Juifs, les Feldmann, assassinés et dépouillés en 1942 par deux guides norvégiens chargés de leur faire passer la frontière – en 1947, ne fut infligée aux deux passeurs qu’une peine minimale.

Le thème de recherche d’Irene Levin concerne les Juifs norvégiens depuis la IIe guerre: soucieux de ne pas se faire remarquer, de trouver place parmi les « bons Norvégiens » plutôt que parmi les « mauvais », ils ont été indemnisés de la confiscation de leurs biens et leur intégration est désormais accomplie parmi les «BN» – mais même des bons peuvent s’avérer moins bons que prévu.

Plus largement, mu par de belles intentions, Joël Kotek traite de comment transmettre la mé-moire de la Shoah d’une manière universelle.
Deux études, ensuite, sur des Musulmans: celle, originale, de Sindre Bangstad met en lumière le cas des musulmans d’Afrique du Sud pendant la lutte anti-apartheid – le Muslim Judicial Council a déclaré en 1960 l’apartheid contraire à l’Islam au moment où est mort en prison le premier shahîd, l’immam Haron – ces Musulmans ont depuis entrepris de réécrire leur histoire.

Vincent Geisser, compte tenu du passé colonial français, de l’idéologie assimilassionniste et de l’idéal de tolérance, situe la place de l’islam en France entre récits minoritaire et majoritaire. S’il n’y a pas eu de pogroms anti-musulmans en France, l’islamophobie s’y est accusée depuis le 11 septembre, avec les profanations et la campagne contre le voile, instrumentalisée comme chacun sait. On sera assez d’accord avec son idée d’une minorité musulmane comme création républicaine, séculariste et laïciste. Un utile parallèle est fait avec d’autres pays d’Europe – Royaume Uni, Pays-Bas, Espagne – où les politiques sont différentes mais où l’évolution récente a été relativement voisine, mais avec, en 2004, l’assassinat de Theo Van Gogh et les attentats de Madrid.

Enfin, avec Elisabeth Cassina Wolf, voici un tout autre type de « minorité », provenant d’une majorité politique déchue: après la chute de la République de Salò et les purges, les fascistes italiens se regroupent dans le MSI de Giorio Almirante. Paradoxe d’une identité originellement illégitime dans la République : il invente une troisième voie politique et devient un interlocuteur politique.

La troisième et dernière partie concerne le recadrage de l’histoire des minorités dans l’enseignement. Trois auteurs évoquent d’abord le cas français, un l’Allemagne, un autre la Nor-vège, un dernier la Croatie.

Nicolas Schwaller étudie le traitement de Vichy et de l’holocauste dans les manuels d’histoire français. Longtemps refoulé par le mythe résistantialiste, il se fait jour avec les livres révélateurs de Paxton et de Hilberg, il est abordé sans fard avec des campagnes comme celle de Serge Klarsfeld lors du procès Barbie. D’où une prise en mains de ces questions par des historiens français et une évolution salutaire dans les manuels d’histoire.

Sandrine Lemaire et Aurélie Dulin abordent l’enseignement de la colonisation et de l’immigration à l’école. Après le long ressassement consensuel sur la question coloniale, après les silences et les carences, et à cause d’eux, la rupture se produit dans les années 80 dans un pays où l’école est, alors, réputée être pièce maîtresse de «l’intégration».

Sébastien Ledoux se penche sur la mémoire de l’esclavage dans l’espace national et l’enseignement de l’esclavage en France. La aussi, évolution dans les années 80, la parole est donnée aux écrivains antillais – Chamoiseau, Glissant, Confiant. Importante, aussi, la commémoration en 1998 du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Des manifestations ont cependant lieu en Guadeloupe pour protester contre ce processus de «métropolisation de la mémoire d’outre-mer de l’esclavage» qui aboutit à la loi Taubira en 2001 et à la refonte des manuels en 2009.

Comment «modeler une identité musulmane allemande» est le propos de Margrete Søvik à partir d’une enquête dans le Land de Rhénanie-Palatinat. Dans l’approche libérale, l’intégration est recherchée par communautés, et non l’assimilation, en mettant à l’école sur le même pied que les autres religions l’enseignement de l’Islam. Le dialogue avec les associations musulmanes n’est pas absent, mais, non sans susciter des réponses de ces dernières: c’est bien pour damer le pion à ce qui pourrait être un rôle exclusif de leur part que le Land se préoccupe depuis le début des années 1990 de faire entrer un Islam BCBG à l’école – par exemple l’acception sur laquelle on insiste à propos du jihâd, c’est non al-jihâd al-asghar (le plus petit jihâd: la guere sainte) mais al-jihâd al-akbar (le plus grand jihâd : l’effort intérieur pour la foi).
Dans son texte «nous n’avons rien contre les homosexuels», avec un sens critique aigu, Åse Røthing commente la construction des «non-hétérosexuels» comme des «autres acceptables» en Norvège. Acceptables, mais autres. L’éducation anti-oppressive norvégienne apprend ainsi à faire avec l’autre ; l’ «homotolérance» y équivaut ainsi à une «hétéronormativité».

Enfin, Øyvind Hvenekilde Seim traite des manuels croates, en rapport avec la présidence, dans les années 1990, de Franjo Tudman. Les manuels ne mentionnent pas les massacres de Serbes de la IIe guerre commis par les Oustachis d’Ante Pavelić. Ils ne nient pas les massacres de Juifs, mais pour les Serbes, ils restent dans le vague: «Des gens et des enfants innocents furent tués»… La Croatie aurait-elle été en Europe l’oubliée des attentions de l’ONU protectrices des minorités? Les Serbes, acculés à l’exil en 1991, ne forment plus aujourd’hui que 4,5% % de la population de la Croatie alors qu’ils en ont représenté jusqu’à 30%. Est mise en cause la carence de culture démocratique en Croatie et sont faites quelques propositions de bon sens pour reconstruire une histoire laissant leur place aux Serbes, tenant compte des récits serbes.

Ce livre fort, assemblage de textes denses, ne se lit pas d’une traite.

On est fasciné par la culture et les références de plusieurs auteurs, même si l’on a parfois l’impression que tel(le) ou tel(le) veut tout dire de ses notes de lecture, ou que tel(le) autre tourne un peu en rond, qu’ici et là la description peut l’emporter sur l’analyse.

Nonobstant ses apports, Vincent Geisser n’a pas mentionné la dureté de la sanglante conquête française de l’Algérie, et non plus la non-application de la loi de 1905 en Algérie, avec Islam sous contrôle et agents du culte fonctionnarisés; et quid du passé antérieur religieux de la Grande Bretagne, comparé à la France? Et on permettra de rester sceptique sur l’intangibilité généralisée de la «schizophrénie républicaine chez les élites françaises» – il y a élites et élites ; de même qu’il est exagéré d’affirmer tout à trac que «les médias français, les leaders politiques, les intellectuels tendent à islamiser tout phénomène social». Se départir ainsi du sens des nuances sans dialectiser ne comporte-t-il pas le risque de ne pas prendre en compte la complexité des situations et d’attiser le facilement attisable? Et ce n’est ni être bourrin marxiste ni althussérien fervent de rappeler que les mutations et la crise du capitalisme, telle qu’elles ont été étudiées par l’économiste Ahmed Henni, ne sont non pas pour rien dans une islamophobie, aussi construite politiquement en dérivatif.

Chez Claudia Lenz, l’ «ethnique» tend à prendre le pas sur la dimension sociale et idéo-logique ; surprennent des formules comme «l a nation et les autres communautés ethniques».

Quant à Joël Kotek, est-il raisonnable de prêcher un enseignement universel digne de la Shoah sans dire, aussi, que seule une solution politique digne de ce nom du conflit Israël-Palestine sera le paramètre indispensable pour porter apaisement? Étonnante, aussi, le syntagme de «tendance non-juive» opposé à une «tendance juive». Qu’apporte une telle essentialisation réductrice?

Sur d’autres points: les esclaves furent-ils une «minorité»?

Et l’étude des manuels français sur la colonisation gagnerait à être étayée par une étude comparative, par exemple, des manuels algériens ou marocains.

Enfin – remarque et non reproche –, il y a bien d’autres cas de minorités, à commencer par ces minorités linguistiques de l’hexagone français – au recensement de 1921, sur 39 000 habitants, il y avait en France 12 à 13 millions d’occitanophones – soit près du tiers de la population. Et si l’on ajoute les Bretons bretonnants, les Flamands, les Alsaciens et les Basques, n’arriverait-on pas à poser les francophones naturels comme une majorité guère écrasante? Et dans le roman national français, la Marseillaise a été chantée pour la première fois à Strasbourg, ville germa-nophone, puis reprise par les volontaires de Marseille, ville occitanophone.

Et d’autres chantiers sont à explorer : les francophones de Suisse, ses italophones, les Romanches ; ou les Vaudois (Valedsi) du Haut Piémont, les Catalans, les Basques… et les berbérophones d’Afrique du Nord, du Maroc à l’oasis de Siwa, en Égypte.

Enfin, ce livre est écrit en anglais, langue native évidemment minoritaire dans le monde, mais devenue le bien commun de la majorité.
Sur un autre plan, ce n’est en rien enlever ses qualités de regretter qu’il ne comporte aucune conclusion – c’est bien souvent le lot des actes de colloques qui mettent bout à bout des communications – et que l’analyse l’emporte de beaucoup sur la synthèse.

Il n’y a ni table des matières, ni index, ni bibliographie d’ensemble.

Cela n’enlève rien au fait qu’on ne boude pas son plaisir à lire ce livre, neuf et instructif, qui sort des sentiers battus.

Les auteurs sont jeunes pour la plupart, ils ont pour qualité commune de n’être pas repliés sur leurs pré-carrés nationaux respectifs. Ils illustrent ce que peut être une séduisante mondialisation.

Gilbert Meynier

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Pour Katia

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Le huit du mois de mars

On ne pense jamais

Ou presque

À celles qui s’en furent

Pour un jour revenir

Nous parler à flots libres

De l’envers du décor…

Elle est restée solaire

Ma fille

Face aux rictus haineux

De ses bourreaux hideux

Ravisseurs de ses dix sept printemps

De sève généreuse

Et de sillons fertiles

Pour entrouvrir l’aurore

D’une Algérie

De voilures

Débordant l’horizon

Et l’envers du décor

1

Elle est restée lumière

Sur leur obscurité

Intolérante et crasse

Elle s’est toute élevée

Au sommet de sa Grâce

2

Elle est restée

Si fine

Face à leurs mains immondes

Aux prières assassines

De nains

D’un autre monde…

Elle est restée bien grande

Pour parler de cet avenir

Par son sang arrosé

3

Elle est restée si belle

Elle qui aimait la vie

Pour refuser

Tête haute

Le voile de l’infamie

Dont se parent aujourd’hui

Les femmes

De mon peuple asservi

4

Tu es partie sereine

Tu es partie sans haine

Dans la lumière des Cieux

Désertés ce jour là

Par ce dieu

Qui en son nom

A permis l’outrage

de folles déraisons !

5

Elle est partie si belle

Que les anges ont pleuré…

Elle est partie rebelle

Pour refuser

Tête haute

Le voile de l’infamie

Dont se couvrent aujourd’hui

Les femmes insoumises

De mon peuple asservi. ¡…

Elle est partie si belle

Que l’Algérie entière

en a tant et tant pleuré !

En hommage à Katia Bengana

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ENTRETIEN AVEC YOUSSEF COURBAGE:

«LES SOCIÉTÉS ARABES SONT SORTIES DE LEUR REPLI»

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ENTRETIEN

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Youssef Courbage, démographe, coauteur avec Emmanuel Todd d’un essai sur l’évolution des sociétés arabes (“Le rendez-vous des civilisations”. Seuil), analyse les ressorts profonds des révoltes actuelles.

TC : Avez-vous été surpris par ces mouvements de révolte dans le monde arabe?

Youssef Courbage : J’ai été surpris par le fait que cela se passe maintenant et que ce soit la Tunisie qui mette le feu aux poudres. Néanmoins, cela devait arriver. D’après les analyses que j’ai développées avec Emmanuel Todd, le processus qui s’est déroulé en Europe à partir du XVIIe siècle puis qui s’est généralisé au monde entier – la Chine de 1949, la Russie de 1905 et de 1917 – ne pouvait épargner un monde arabe qui connaît, depuis 30- 40 ans, exactement les mêmes transformations démographiques, culturelles et anthropologiques que l’Europe à partir du régime de Cromwell, en Angleterre, puis la révolution française de 1789.

Il n’y a pas de raison que le monde arabe soit une exception. Penser le contraire, c’est être essentialiste, c’est-à-dire estimer qu’il y a une nature arabe ou musulmane rétive aux progrès de l’humanité. Ce n’est pas mon cas.

Quelles sont ces transformations ?

Une progression de l’éducation, pour les garçons puis pour les filles. Vous avez aujourd’hui une majorité de jeunes alphabétisés, sachant lire et écrire. Découle, notamment, de cette éducation, un contrôle de la natalité par l’utilisation des moyens de contraception, et donc une baisse du taux de fécondité, tombé à une moyenne de deux enfants par femme, dans les pays arabes les plus avancés, au Maghreb. On a pu constater aussi une baisse de l’endogamie avec, en Tunisie par exemple, une chute des mariages entre cousins germains.

À partir de quand peut-on dater le début de ces transformations?

À l’exception des Libanais chrétiens qui ont bénéficié de la présence des missions chrétiennes et de leurs universités dès le XIXe siècle, le monde arabe a globalement commencé à basculer, c’est-à-dire à avoir une élévation du taux d’instruction et une baisse de la fécondité, à partir des années 1960 pour les pays les plus avancés.

Quel a été l’élément déclencheur de ces transformations?

C’est une volonté politique.

Pour certains pays comme la Tunisie sous le régime de Bourguiba, il y avait une volonté de modernisation, d’accès à l’enseignement aussi bien pour les garçons que pour les filles.

Au Maroc c’était le cas des premiers gouvernements de l’indépendance qui avaient fait de l’éducation leur priorité, avant qu’on y mette un bémol parce qu’elle pouvait remettre en question les hiérarchies politiques. Jusqu’à l’avènement de Mohammed VI, les hautes instances du pouvoir ont parfois bloqué l’avancée de l’éducation. Ce qui explique aujourd’hui le retard important du Maroc en matière de scolarisation, surtout des filles et dans les milieux ruraux.

Ensuite, cela dépend aussi des moyens dont dispose chaque pays.

Les États du golfe persique, dont l’Arabie saoudite, grâce à leurs gros revenus pétroliers, peuvent se permettre un enseignement non seulement généralisé mais de qualité.

En quoi ces transformations peuvent être annonciatrices d’une révolution?

L’endogamie, c’est-à-dire l’étanchéité du groupe familial, entraîne la fermeture des groupes sociaux sur eux-mêmes et la rigidité des institutions. Quand elle devient moins endogame, une société s’ouvre vers l’extérieur et est donc potentiellement plus propice à se révolter quand elle est gouvernée par un despote.

La scolarisation de masse et la baisse de la natalité peuvent aussi indirectement provoquer une prise de conscience et des révoltes. Ces deux facteurs aboutissent souvent à un bouleversement de la cellule familiale, de manière positive ou négative.

Positive, car le fait de limiter sa descendance permet de mieux soigner ses enfants, de mieux les nourrir, de mieux les scolariser et plus longtemps. Ainsi, dans une famille restreinte, modèle vers lequel la famille arabe et musulmane s’achemine, les interactions père-mère, parents-enfants, deviennent plus démocratiques, plus libres, et ceci ne peut avoir qu’un impact positif au plan global.

Négative, car à partir du moment où vous faites cohabiter un enfant instruit et un père analphabète qui détient le pouvoir du fait que toutes ces sociétés sont plutôt patriarcales, le mélange devient explosif. Et les troubles à l’intérieur de la famille ne peuvent que se traduire par des troubles à l’échelle de la société.

Donc d’un certain point de vue, le fait de passer de l’instruction majoritaire des garçons à l’instruction majoritaire des filles, à l’éveil de la conscience, à la sécularisation des sociétés, à la baisse de la natalité, favorise la transition démocratique.

C’est une lecture des événements que l’on voit peu dans les médias…

Oui, la lecture faite par les médias est essentiellement politique et socio-économique. Et, à mon avis, incomplète.

La presse a aussi beaucoup insisté sur le rôle d’Internet, de Facebook et Twitter, faisant de ces événements une révolution «gadget». Il ne faut pas exagérer, internet n’a été qu’un instrument de ces révolutions, pas la cause.

On a aussi exagéré le caractère «jeuniste». Il est vrai que les jeunes universitaires au chômage étaient évidemment plus révoltés que les autres, mais quand vous regardez les photos, du Maroc au Yémen, vous voyez que toutes les tranches d’âge et les deux sexes sont représentés. Donc, en aucun cas, on ne peut en faire une révolution de jeunes.

De même, ce n’est pas une révolution islamique comme le sous-entendent certains. Au contraire, je crois que cette lame de fond est essentiellement d’origine séculière et laïque.

La propagation de la révolte dans le monde arabe peut donner l’impression de sociétés similaires…

Il y a des points communs entre ces sociétés: une majorité de musulmans, une culture arabe identique, une patrilinéarité du Maroc jusqu‘à l’Irak, une transition démographique même dans les pays les plus retardés comme le Yémen.

Mais il ne faut oublier que si les grandes tendances sont les mêmes, chaque pays a ses spécificités.

On parle de printemps du monde arabe, mais dans certains pays, les réalités locales peuvent bloquer la révolution. Si des pays considèrent, par exemple, qu’ils sont en but à un facteur extérieur, comme la menace israélienne pour les Palestiniens.

Autre facteur, l’hétérogénéité des sociétés. À Bahreïn, vous avez le clivage chiites/ sunnites, de même qu’en Syrie, au Liban… En Tunisie, il y a très peu de musulmans autres que sunnites, très peu de berbérophones, peut-être 5%, une particularité qui a pu faciliter la révolution.

On en dirait pas autant de pays comme l’Irak , le Liban, la Syrie ou la Jordanie divisée sur l’origine palestinienne ou transjordanienne. Une société hétérogène peut constituer un facteur de retard pour cette révolution en cours.

Il faut prendre aussi en compte la liberté de la presse, même relative, dans certains pays, la possibilité d’émigrer, la tendance à relativiser, parfois par l’humour, qui sont autant d’exutoires pour le peuple et de soupapes de sécurité pour le régime.

Peut-on parler de l’émergence d’une identité arabe?

Ce n’est pas aussi simple que cela. La solidarité arabe joue parce que toutes ces populations, quelles que soient leurs religions, se sentent arabes. Mais il y a aussi un patriotisme local.

Aujourd’hui, les Tunisiens tirent une très grande fierté du fait qu’ils ont été les premiers à déclencher le processus, alors que les Égyptiens considèrent, eux, que leur révolution est avant tout égyptienne, et que c’est elle qui va être porteuse de changements dans le monde arabe.

Donc vous avez quelque chose d’assez ambivalent: une identité arabe, un nationalisme arabe qui a émergé à la faveur des révolutions mais aussi un patriotisme strictement tunisien, algérien, marocain…
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par Benjamin Seze

lundi 28 février 2011

Sources : Comité Valmy

à partir de “Témoignage Chrétien” et “blog Bertrand Du Gai Déclin”

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(1) LE RENDEZ-VOUS DES CIVILISATIONS

par Emmanuel Todd (historien),

et Youssef Courbage (démographe);

Seuil, septembre 2007, 178 pages

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SAMIR AMIN, L’INTELLECTUEL EN ACTION

Par Yassin Temlali

Babelmed.Net

le 31 janvier 2011

samir_amin2.jpg Samir Amin peut être considéré comme un des intellectuels les plus universels de notre temps. Son œuvre a porté sur des régions aussi diverses que son pays natal, l’Egypte, l’Afrique de l’Ouest et la Chine. Figure du mouvement altermondialiste, il est aussi un penseur du monde arabe et de l’Afrique dont il a régulièrement observé les évolutions économiques et politiques.

Né en Egypte en 1931, Samir Amin a passé son enfance à Port-Saïd, petite ville au débouché méditerranéen du Canal de Suez. Son père était un indépendantiste égyptien laïc, membre du parti El Wafd (1). Sa mère, issue d’une «famille française jacobine» pour citer ses mots, était une partisane de la «France libre» à un moment où la majorité des Français d’Egypte ne faisaient pas mystère de leurs sympathies pétainistes (2). Comme il le souligne dans ses «Mémoires», la politisation de ses parents, médecins doublés d’actifs militants sociaux, a été décisive dans sa formation personnelle et intellectuelle.

En 1947, il s’est installé en France pour poursuivre ses études secondaires. À l’université, il a suivi des cours de droit, de sciences politiques, de statistiques et d’économie, tout en militant dans des organisations de gauche, notamment le Parti communiste français et des collectifs anticolonialistes. Après la soutenance d’un doctorat en économie en 1957, il est rentré en Egypte qu’il quittera trois ans plus tard pour le Mali. À Bamako, il travaillera comme consultant pour le gouvernement jusqu’en 1963. Il entamera par la suite une carrière de professeur d’université, en France et au Sénégal.

Entre 1970 et 1980, Samir Amin a dirigé l’Institut de développement économique et de planification (IDEP, ONU) basé dans la capitale sénégalaise. Il a joué un rôle central dans la fondation, en 1975, du Forum du tiers-monde (3) dont il assure la présidence.

Un itinéraire intellectuel militant

L’émergence de la Chine comme nouvel acteur d’envergure internationale après la victoire des partisans de Mao Tsé-Toung en 1949 a réorienté les choix politiques du jeune économiste. Il s’est rapproché du courant critique envers l’Union soviétique, plus impliqué que la gauche traditionnelle dans la solidarité avec les mouvements anticoloniaux.

En France, ce courant englobait des groupes dit «maoïstes» qui prendront une part active aux contestations de mai 1968. Pour eux, la Chine, en tournant le dos à son passé féodal mais aussi à l’avenir capitaliste que lui proposait Chiang Kaï-Chek, devenait un exemple à suivre pour nombre de nations qui, en en dépit de leur indépendance formelle, restaient gouvernées par des régimes assujettis aux grandes puissances.

La formation politique de Samir Amin au sein de la gauche radicale déterminera son évolution intellectuelle. Il prolongera son engagement par un travail de recherche de longue haleine, menée avec d’autres économistes, dans un contexte foisonnant de modèles de libération nationale et sociale (les indépendances, les guérillas contre les dictatures d’Amérique latine…).

Théoricien de la «dépendance» et du «système-monde»

Un des fruits de cette recherche a été la «théorie du développement inégal», exposée dans «Le développement inégal» et «L’échange inégal et la loi de la valeur» (parus tous deux en 1973). On pourrait la schématiser comme suit: le «Centre» (les États industrialisés du «Nord») a grand besoin de continuer d’exploiter la «Périphérie» (les États sous-développés du «Sud») car sa croissance en dépend; si la Périphérie est intégrée dans l’économie mondiale, elle l’est en tant qu’ensemble de fournisseurs de matières premières qui ne peuvent édifier de systèmes économiques indépendants; cette inégalité explique que les salariés du Centre puissent accéder au statut de classes moyennes consommatrices tandis que ceux de la Périphérie sont réduits à un état de permanente survie.

Élargie au champ des études sociales et historiques, la théorie du développement inégal porte le nom de «théorie de la dépendance» (la pauvreté et l’instabilité dans le Sud sont le produit de processus complexes mis en place par le Nord). Enrichie par Samir Amin et d’autres chercheurs à la lumière des chamboulements géopolitiques des années 1970 et 1980, celle-ci a évolué vers la «théorie du système-monde» (4) qui pose l’existence d’un Centre dominant, d’une Périphérie dépendante et d’une «Semi-périphérie» que représenteraient les « États émergents » (Chine, Inde, etc.). Le sous-développement est toujours défini comme une donnée structurelle; sans révolution majeure, un pays de la Semi-périphérie n’a aucune chance de rejoindre le Centre: «Les rapports de forces internationaux, la domination du capital financier, de l’impérialisme collectif des Etats-Unis, de l’Europe et du Japon ne [lui] permettront pas de jouer à égalité, sur la scène mondiale, avec les vieilles puissances (5)».

Fort ancrage arabe et africain

L’apport de Samir Amin aux recherches en économie et en histoire économique s’est effectué par deux voies principales.

La première est celle de l’étude des rapports dominants-dominés qui régissent l’économie planétaire.

La seconde est celle de la description des sociétés non encore complètement capitalistes, comme celles d’Afrique de l’Ouest et, à un degré moindre, celles du Proche-Orient et du Maghreb.

Bon connaisseur de l’Afrique depuis qu’il était étudiant à Paris, où il avait eu des solides attaches dans les milieux politiques et syndicaux de l’émigration africaine, il a consacré nombre d’ouvrages aux expériences de développement dans ce continent. Nous n’en citerons que

  • «Trois expériences africaines de développement : le Mali, la Guinée et le Ghana» (1965),
  • «Histoire économique du Congo : 1880-1968» (1970, avec C. Coquery-Vidrovitch)
  • et « L’Afrique de l’Ouest bloquée » (1971).

Il a fait le bilan de ces expériences dans «Le néocolonialisme en Afrique de l’Ouest» (1973) et, un peu plus récemment, dans «La faillite du développement en Afrique et dans le tiers-monde» (1989).

La pensée universelle de l’auteur de «L’échange inégal» a un autre fort ancrage dans le «monde arabe», qui a fourni leurs thèmes à plusieurs de ses œuvres:

  • «L’économie arabe contemporaine » (1980),
    -* « L’Égypte nassérienne » (1964),
  • «Irak et Syrie : 1960 – 1980 » (1982), etc.

Sa réflexion n’a pas négligé non plus le Maghreb, parent pauvre des études qui se fixent un cadre géopolitique arabe

  • «L’économie du Maghreb», 1966,
  • et « Le Maghreb moderne », 1970).

Rejet des « illusions » nationaliste et passéiste

Samir Amin a étudié le monde arabe dans un cadre global, le cadre mondial, le considérant comme une des périphéries dépendantes des centres capitalistes.

Ses écrits sur les expériences arabistes de l’Egypte (sous le règne de Gamal Abdelnasser) et de l’Irak et de la Syrie (sous le règne du parti Baath) se sont doublés d’une réflexion théorique sur le nationalisme arabe en tant que doctrine politique: «La nation arabe» (1976) et «Critique du discours arabe contemporain» (2009).

Pour lui, si les éléments d’unité de l’ensemble dit «arabe» sont réels, les nationalismes spécifiques (algérien, égyptien…) n’en ont pas moins des racines lointaines (qui, parfois, plongent dans l’histoire préislamique) ainsi que de solides fondements contemporains (puissants mouvements indépendantistes, véritables marchés intérieurs, etc.). «Nier [ce fait] au bénéfice de l’affirmation de l’arabité serait se bercer d’illusions (6).»

Samir Amin ne critique pas la seule «illusion panarabiste (7)».

Il critique encore plus sévèrement ce qu’il préfère appeler «l’islam politique» pour mieux souligner qu’il s’agit moins d’un mouvement de renouveau théologique que d’organisations visant à s’emparer du pouvoir (8).

Il conçoit l’idéologie islamiste comme un simple germe de dictatures théocratiques futures, lui déniant toute dimension émancipatrice. Pour lui, elle ne peut être comparée à la «Théologie de la libération» qui a mis l’église catholique à l’avant-garde des luttes contre les dictatures d’Amérique latine.

Elle est même pire qu’une doctrine rétrograde ordinaire, en ce sens qu’à ses yeux, elle justifie l’état de soumission aux grandes puissances dans lequel se trouvent la majorité des États musulmans: «Les auteurs de manuels sur l’économie politique islamique […] n’ont réussi qu’à camoufler les préceptes les plus banals du libéralisme américain sous une couche d’aspect religieux (9).»

Une figure de l’alter-mondialisme

Les opinions tranchées de Samir Amin sur la faillite de l’arabisme et le danger mortel de l’islamisme provoquent souvent des polémiques en Égypte et dans le monde arabe.

Ses adversaires lui rappellent que les processus de libération économique du Sud peuvent prendre la forme de processus de libération de type national voire «ethnique» et citent volontiers l’exemple des Zapatistes au Mexique.

Sa position envers l’islamisme est rejetée par une partie de la gauche arabe qui estime que sous le label «islamisme», on ne peut ranger les «idéologies de pouvoir» adoptées par les «régimes islamiques» d’Arabie Saoudite ou du Pakistan (10).

La radicalité de certaines de ces critiques n’empêche pas qu’il soit reconnu, par ses disciples et ses détracteurs réunis, comme un des rares intellectuels qui ont mis leur savoir au service d’une cause humaine, celle des laissés-pour comptes de toutes conditions.

Son parcours est une éloquente démonstration de ce que la fusion de la théorie et de l’action n’est pas une pure chimère et qu’à 80 ans, on peut écrire sur la «question paysanne» tout en organisant des Forums sociaux, vivre entre Dakar et Le Caire et faire partie des penseurs de l’Humanité.

Yassine Temlali

Source: babelmed.net

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Notes :

(1) Ce parti tient son nom d’une délégation (« wafd », en arabe) envoyée en Europe pour réclamer l’indépendance de l’Egypte et que ses membres transformeront en organisation politique. Saâd Zaghloul est le plus célèbre des fondateurs du Wafd.

(2) Mémoires de Samir Amin, traduction arabe, 1ère partie, Dar Al Saqi, Beyrouth (Liban), 2006.

(3) Le Forum du Tiers-Monde (FTM) se définit comme un rassemblement d’« intellectuels engagés soucieux non seulement de poursuivre et d’approfondir le débat sur les différentes alternatives possibles en matière de développement […] mais encore plus d’avoir […] un impact réel sur les sociétés concernées » (www.forumtiersmonde.net).

(4) Cette théorie a été élaborée par Samir Amin, le sociologue américain Immanuel Wallerstein et l’économiste italien Giovanni Arrighi. Le concept de « système monde » est proche de celui d’« économie-monde » (Fernand Braudel) qui désigne une partie de la planète organisant celle-ci à son seul profit (l’économie-monde de notre époque serait celle de l’ensemble euro-américain, structurellement comparable à celle des empires romain ou carthaginois dans le passé).

(5) Interview parue dans le quotidien français « L’Humanité », 1er février 2008.

(6) Le quotidien égyptien « Al Masri el Youm », 22 octobre 2009.

(7) Dans une interview à « L’Humanité » (1er février 2008), il a énuméré «trois illusions» qui, selon lui, font obstacle à la prise de conscience universelle de la nécessité d’un changement mondial majeur:

  • l’illusion social-démocrate dans les pays industrialisés,
  • l’illusion nationaliste dans les pays dits émergents»
  • et, enfin, l’illusion passéiste, « la pire» à ses yeux, qui frappe «les peuples défaits dans l’histoire» (pays arabes, pays d’Afrique subsaharienne, etc.).

(8) « Nous n’avons pas là affaire à des mouvements en soi religieux […] mais à quelque chose de beaucoup plus banal: des organisations politiques dont l’objectif est la conquête du pouvoir, ni plus ni moins. Si ces organisations se drapent dans la bannière de l’islam, c’est tout simplement par opportunisme. » Article intitulé « L’islam politique », site d’« Alternatives internationales » (www.alterinter.org), 16 janvier 2007.

(9) Ibid.

(10) Cette critique a été adressée à Samir Amin par le chercheur libanais Diab Abou Djahdjah dans un article (en arabe) intitulé « Samir Amin déprimé », paru dans le quotidien libanais « Al Akhbar » (www.al-akhbar.com), le 14 février 2008.

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EL QACBA , ZEMÂM de KADDOUR M’HAMSADFJI

Promenade et redécouverte de la Casbah d’Alger.

par Abderrahmane Zakad – Urbaniste -Ecrivain.

Lorsque notre ancien et le sage Kaddour M’Hamsadji m’avait fait la confidence qu’il comptait écrire un livre sur la Casbah et ses traditions, j’avais été pris d’une joie immense de savoir qu’enfin quelqu’un — et pas des moindres — allait s’intéresser à cette Casbah tant criée et décriée, pour l’y pénétrer avec la raison et le cœur et non pas avec la passion stérile qui fausse le regard, sclérose la mémoire et embrouille les souvenirs.

Son expérience, sa large érudition et surtout ses recherches donnent à juger à sa juste valeur cette œuvre en deux tomes sur la Casbah. Une œuvre qui marquera la littérature algérienne et qui fera date.

Après tant de livre écrits, essentiellement inspirés par notre patrimoine immatériel, Kaddour M’Hamsadji nous propose cette fois-ci, en plus de la genèse et de l’Histoire de la Casbah, les résultats de ses «fouilles» portant sur cette médina depuis les origines, sur son urbanisme, ses traditions, ses coutumes et ses fêtes, autant de belles choses des esprits d’autrefois.

C’est là une joyeuse et instructive promenade dans les 528 pages que renferment les deux tomes, promenade dans un labyrinthe déchiffré pour la découverte de l’immense trésor que recèle la Casbah, parfois dans des choses hermétiques et qu’il faut envisager aujourd’hui comme parcelle vivante d’un millénaire de traditions.

Dans les livres de Kaddour M’Hamsadji on relève cette volonté de l’auteur de faire connaitre la vérité et la réalité avec précision dans un souffle évocateur. Et pour ceux qui cherchent des points d’appui, on est totalement en confiance car si dans le silence l’auteur a tant de choses à dire, le lecteur, lui, entend s’y retrouver.

Et l’auteur, dans un travail de miroir, avec du recul et de la pudeur et aussi avec précision et la justesse des mots, dit tout dans cette ouvrage où les tableaux sont d’une humilité retenue sur la vie des gens d’“El Qaçba, zemân”.

Les textes accrochent par la qualité d’écriture sur fond urbanistique, sociologique et quelques fois scientifique comme les mécanismes calculés qu’entreprendraient l’ingénieur pour la précision, l’urbaniste pour l’ordre et l’amplitude ou pour l’agronome, le fonctionnement de la « mémoire » génétique du règne animal ou végétal. Ici, il s’agit de la mémoire d’une ville, la Casbah tant aimée tant chantée et aussi tant pleurée lorsque les dégradations commencèrent à la mettre bas, paraphées par des monticules entremêlés de gravas, de pleurs et aussi de souvenirs.

Dans le premier tome

l’auteur avertit qu’il tente de retrouver « Alger, autre fois» avec les yeux d’aujourd’hui, c’est-à-dire à partir d’une mémoire exhumée. Il confesse «qu’il se fie à ses souvenirs d’enfance et à des informations pieusement glanées auprès de quelques anciens algérois (femmes et hommes) à la mémoire encore plus ou moins bellement conservée. C’est aussi au moyen de lectures dans des ouvrages rares, dispersés, souvent superficiels et toujours de hasard qui ont plus d’une fois avivé sa curiosité jusqu’à ce qu’il y trouve quelques bonne idée à développer davantage».

Après les explications du système de transcription qu’il juge nécessaire d’inclure pour la compréhension, l’auteur remonte jusqu’à la genèse de la Casbah en se posant la question sur l’origine exacte de la cité « El-Djazair » en l’abordant par «l’île aux mouettes», puis dans une promenade historique embellie par le charme de la parole humaine.

Il nous rappelle Eikosim-Icosium. Il nous raconte les péripéties de Zîrî Ibn Menad et de son fils Bologgin qui fonde « trois villes, l’une sur le bord de la mer, appelée Djazair-béni-Mezghanna; l’autre sur la rive orientale de l’oued Chlef, appelée Miliana; la troisième porte le nom de Médéa.»

Puis, la lecture nous mène jusqu’à Sultân Djezâir de la période ottomane que l’on peut traduire par «Alger, la Ville-Sultane, l’une des plus villes de la Méditerranée des XVI-XVIII° siècles».

Mais la Casbah que l’on connait aujourd’hui, nous apprend l’auteur, a été commencé en 1516, par ‘Aroudj et achevée, en 1590 sous le pacha Khedar. Elle a remplacé en renommée, la primitive Casbah berbère, « el-Qaçba el-Qadi ma».

Et c’est à partir de cette Casbah ottomane jusqu’à celle d’aujourd’hui que l’auteur analyse le site d’«El Ouata au Djebel». Il s’étend sur son évolution en nous restituant la vie urbaine, en nous décrivant la physionomie ancienne des rues et des places, allant jusqu’aux détails des boutiques, des fontaines, des édifices religieux, des écoles, de sites caractéristiques et bien sûr de la maison algéroise.

Une agréable promenade historique, une intrusion urbanistique dans le bâti, dans les boutiques de l’artisanat et dans la vie sociale avec quelques noms de rues oubliés d’El-Qaçba, zemân, la Casbah d’autrefois.

Le livre renferme une cartographie instructive et des photos judicieusement choisies dont certaines sont inédites d’autres prises par l’auteur à Nice comme celle intitulée « Le boulet turc de 1853» paraissant en page 65 du tome 1, preuve que l’auteur s’est dépensé pour que son livre soit un témoignage et non pas construit sur le déchiffrement d’un palimpseste pour des incantations mais comme monnaie d’échange à des pensées claires.

Dans la partie ethnologique du deuxième tome

surtout celle concernant le mariage, les fêtes et les pratiques sociales — l’auteur ne nous fait pas la morale mais tente de percer le secret de la formation morale. Il expérimente d’abord sur sa propre conscience cette analyse pénétrante avant de la porter sur les autres en nous faisant promener dans le plus extraordinaire voyage et péripéties qui ont marqué cette médina.

Je me souviens du jour où, rendant visite à l’auteur, je le trouvai perturbé. Il était alors en plein écriture de son livre. En réponse à ma question sur son état moral et de santé, il me répond qu’il n’arrivait pas à régler un problème.

Quel était ce problème? Il s’agissait « seulement » de ce qu’il ne trouvait pas le texte original de la chanson «Abqâw ‘alâ khir» que chantait Fadila Dziria. Je lui proposai de lui acheter un CD. Il refusa car la chanson contenue dans un CD ou dans les anciens disques pouvait ne pas être l’original. Il voulait un texte certifié original. Pendant plusieurs mois, il s’était démené pour contacter les spécialistes et fouiller dans les archives de l’ENTV. Il rencontra Ahmed Serri et Abdelakader Chaou en ma présence. Personne n’était sûr de l’originalité du texte jusqu’au moment où, après de minutieuses recherches auprès de vieilles dames algéroises et des informations recueillies et complétées chez Mohammed Réda Guechoud et dans un ouvrage de l’ethnographe Joseph Desparmet (1905), il a réussi à reconstituer «abqâw ‘alâ khîr» très valablement.

Kaddour a sauvé ce texte ; il nous le restitue dans son originalité. Je vous en transcris une partie. Voilà tout Kaddour, voilà l’intellectuel honnête, soucieux de vérité, voilà l’artisan du bel ouvrage.

«Abqâw ‘ala khir, Abqaw ‘alâ khir

Hadha el-ferh dîma, Allah yançar mwâlin el-khima

Abqâw ‘ala khir, Abqaw ‘ala khir

Ya el-mouâlin el-hâra, antouma chorfa ou bentkoum nouara.»


(page 192- tome 2)

« Abqâw ‘ala khir » : Qui ne se souvient pas de cette chanson de fin de fête, du départ, de cette chanson de toujours que nous gardons dans notre mémoire? Oui, un départ heureux de fin de fête, dès la nuit tombée où les femmes lancent leurs youyous en même temps que leurs salutations, allant et venant dans le west eddar, se bousculant qui pour arranger son haik m’rama qui pour chercher son enfant. Ces femmes ennuagées de parfums divers et dont les yeux sont cernés de khol à faire fondre le plus froid des dockers à la chemla d’antan, femmes frêles et suaves mais assurées sur des chaussures noires qu’elles gardaient pour les belles occasions, femme d’Alger, mais aussi de Constantine ou de Tlemcen, en un mot femmes de chez nous.

Non ! Ce n’est pas de la nostalgie. Ce sont là nos traditions, les unes éparses d’autres enfilées comme dans un collier de perles, sûres et durables. Et ce qui fait le collier ce ne sont pas les perles, c’est le fil qui les retient c’est-à-dire la solidarité qui unissait les femmes comme le fil unit les perles. C’était l’époque où les Algériens savaient partager la misère, la seule monnaie qui permettait l’égalité, l’époque où l’on se soutenait dans la peine et où la femme servait de toiture pour la sécurité et pour l’assurance. L’époque où sans la présence de la femme à la «maison» la famille ne mangeait pas et où l’homme était perturbé et les enfants inquiets.

Non ! Ce n’est pas de la nostalgie. C’était l’époque des fêtes organisées dans une cour ou dans des chambres à matelas posés parterre et qui permettaient à la chaleur humaine de se transmettre corps à corps et par capillarité de l’esprit.

Le bonheur d’être simple et de ne pas trop dépenser. Le plaisir des yeux à regarder le sandouk, coffre à fleurs multicolores ou des tentures bigarrées. Le plaisir aussi de goutter au café à l’eau de fleurs d’oranger accompagné de gâteaux de chez nous à base de semoule, de pâte de dates ou d’amandes et de miel. Cela suffisait pour délecter les palais tandis que de nos jours on s’empiffre à avaler des pâtisseries spongieuses comme faites à partir de mousse à matelas sans compter le tohu-bohu dans des salons d’hôtel sans chaleur ou bien dans des garages aménagés hideusement comme des paraphes d’insultes.

Mais quittons la fête et avançons dans cette deuxième partie. C’est la partie consacré à la vie sociale dont cette fête du mariage décrite ci-dessus. L’auteur convie le lecteur à apprécier un art de vivre de la société citadine algéroise, jalouse des ses racines et de ses liens ancestraux, et parle humainement en gardant le regard sur l’avenir.

Dans la Qaçbah zemân, la vie n’était pas un amusement mais un langage sérieux. Il est bon de signaler l’énergie narrative de l’auteur accompagné d’un rythme mélancolique de grande amplitude.

Les textes tout de joie et de bonheur attirent par leur accessibilité littéraire, la subtilité des thèmes mais surtout par son esprit. «Avec un peu de saine naïveté et un brin de bon sens populaire, on peut comprendre que toute mémoire est mémoire ingénieuse ; en quelque sorte, elle est technicienne, elle fabrique la tradition de la tradition: un passé, repassé dans le présent qui reproduit le passé pour le futur qui déjà l’accueille.»

Et c’est ainsi que l’auteur passe de l’Histoire aux traditions en nous expliquant l’art de la tradition multiple, spécifiant ce que transporte la parole , ce que signifie le geste dans leurs signifiants et surtout, ce qui fait la Casbah, c’est-à-dire pas seulement les maisons, les ruelles et les palais mais la population: l’humain.

Et c’est dans la population que se construit la civilisation et que se fabrique le langage.

L’auteur s’attache alors à définir les mots parmi les plus usités dans le parler algérois ancien, en les faisant ressortir dans les faits et les traits généraux de la vie algéroise d’autrefois. «Le mot est alors saisi dans la situation même de la pensée et de la volonté du citadin de la Casbah ; pour beaucoup, il réveil des images peut-être oubliées ; pour beaucoup d’autres, il rend à la parole son charme imprévisible si particulier et sa valeur subjective si singulière. Le mot permet alors au langage d’exprimer tout l’espace intime de la Casbah.»

Le lecteur est invité ensuite à flirter avec le «hadri» et le «barrani» dans des opinions telles que yatakalmou bit-taçghir ou encore yaqadjmou bit-chkikoûn. Ainsi une adolescente est dite une «‘aouitqa», un adolescent «‘aouizeb».

Et c’est ainsi, également, que l’auteur nous restitue en page 87 les mots et les expressions du kalam zemân, du vocabulaire ancien du citadin algérois. Les mots et les expressions sont une guirlande de regroupement instructif dans les instantanés d’antan par des personnages virtuels — les gens de la Casbah — incarnés en des dialogues réalistes issus de la vie d’hier et qui se poursuivent dans celle d’aujourd’hui.

En poursuivant la lecture, on pénétrera dans la vie de Si Hamdane, on sera convié à «la fête aux mille vertus» et, dans le détail, on assistera par l’esprit et au moyen de ce livre, à la fête d’un mariage, aux noces, à la nuit de noces et aux jours suivant la nuit de noces.

Cette œuvre en deux tomes doit être dans toutes bibliothèques ainsi que dans les écoles car c’est un jardin de fleurs des champs, le champ de notre culture.

Et parmi ces fleurs, deux roses belles comme sont beaux les deux tomes de «El Qaçbah, zmân.» Et si les roses exigent d’être entretenues pour l’agrément, ces deux livres devraient agrémenter et votre esprit et votre bibliothèque.

Lecteur, j’ai laissé ce mot pour la fin. En page de couverture du deuxième tome paraît une très belle photo d’une aquarelle datant de 1835 faite par le Cdt Théodore Leblanc à Alger (qui sera blessé mortellement lors du siège de Constantine en 1837). Photo rare, dénichée par l’auteur à la Bibliothèque Nationale de France, cette aquarelle représente une jeune mariée d’Alger trônant dans un fauteuil au cours d’une taçdira.

M. Kaddour M’Hamsadji nous l’offre comme cadeau pour notre fidélité.

Rappelons que Kaddour M’Hamsadji a été l’élève de Mustapha Lachraf au lycée de Boufarik, l’ami de Mammeri et l’un de ses seconds dans la première Union des Écrivains créée le 28 octobre 1963.

Il a écrit de nombreux livres, dont le fameux « Jeu de la boûqâla » et le scénario du film adapté de son livre «Le Silence des cendres», réalisé par le regretté cinéaste Youcef Sahraoui.

Il a également publié un essai intitulé «Concevoir une émission éducative» et d’autres œuvres littéraires dans différents genres: théâtre, roman, poésie, nouvelle, conte pour enfants, biographie, essai.

Vous trouverez toutes ses œuvres sur Google, notamment sur « Kaddour M’Hamsadji – Wikipédia ».

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El Qaçba, zemân de Kaddour M’Hamsadji – Éditions OPU.


Tome I : HISTOIRE, De l’île aux mouettes à la Casbah. 253 pages


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Tome II : Traditions, le mariage. 275 pages

Abderrahmane Zakad- Écrivain


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NON À L’AGRESSION CONTRE LA LIBYE

À propos de la Libye, l’analyse de Hocine Bellaloufi met à nu le faux dilemme dans lequel les impérialistes, les ultra-libéraux et leurs relais locaux veulent pousser les États, les peuples et les démocrates du monde entier.

Comme s’il n’y avait d’autre alternative, pour le monde arabe et l’Afrique, que de s’aligner sur les dictateurs ou sur les puissances interventionnistes qui attaquent leurs pays en prétendant les libérer. Ou qui cherchent, ce qui est tout aussi néfaste, à contraindre les peuples, les partisans de l’indépendance et des droits de l’Homme à la paralysie et au statut de spectateurs passifs face à la complexité des situations en forme d’impasses tragiques.

Une autre voie existe, certes difficile, qui exige mobilisation, fermeté et créativité quant aux voies et moyens. C’est la voie des positons autonomes en référence concrète et judicieuse aux principes fondamentaux. Celle qui prend en compte les enjeux réels sous-jacents aux faux semblants sentimentaux ou idéologiques utilisés à des fins propagandistes et de manipulation.

Comme pour les aventures qui avaient visé la Palestine et Gaza, l’ex Yougoslavie, l’Irak, l’Afghanistan, le Liban et tant d’autres, les agresseurs et brigands internationaux seront démasqués et de plus en plus isolés car leurs desseins et agissements sont de plus en plus déphasés par rapport aux besoins, aux intérêts, aux aspirations et aux prises de conscience aussi bien des peuples que des Etats dits « émergents », dont la voix et les positions se font entendre de plus en plus puissamment.

Georges Walker Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron, soutenus par le «socialiste» José Louis Zapatero prétendent que leurs avions de chasse ont commencé à bombarder les troupes d’El Gueddafi le 19 mars 2011 pour «protéger le peuple libyen». C’est un mensonge !

Au même moment, Georges Walker Obama demandait pudiquement à son fidèle allié Ali Abdellah Saleh – le boucher de Sanaa qui venait de massacrer des dizaines de manifestants pacifiques – de «tenir sa promesse d’autoriser les manifestations à se dérouler pacifiquement». Ainsi, le peuple yéménite ne bénéficiera pas, lui, de la protection désintéressée des dirigeants des grandes démocraties impérialistes. Le peuple bahreïni qui fait face à la répression de la monarchie locale assistée des troupes saoudiennes et émiraties ne disposera pas davantage de l’assistance des grandes démocraties impérialistes. On sait depuis longtemps, depuis 1948 au moins, que les alliés de Londres, Paris et Washington peuvent en toute impunité massacrer leurs peuples ou les peuples conquis.

Les impérialistes protègent leurs intérêts, non le peuple libyen.

Mais les dirigeants impérialistes auraient tort de penser que les peuples du monde arabe sont dupes et qu’ils prennent pour argent comptant leurs belles professions de foi sur la liberté, la démocratie, la protection des populations…

Ils auraient tort de considérer que leur insatiable soif d’or noir et de gaz a échappé à l’attention des peuples de la région.

Quand on a comme eux soutenu les massacres commis par la soldatesque sioniste à l’encontre des Palestiniens de Gaza en 2009 et des Libanais en 2006, quant on a soutenu jusqu’à la fin les dictateurs amis Moubarak et Benali, lorsqu’on continue de soutenir le régime le plus réactionnaire et antidémocratique qui soit, celui de la famille El Saoud, lorsqu’on se partage les riches eaux de pêche de l’Atlantique sur le dos du peuple sahraoui, lorsqu’on a sur les mains le sang de centaines de milliers de Rwandais et que l’on fomente la guerre civile en Côte d’Ivoire, on ne dispose d’aucune crédibilité.

Georges Walker Obama, l’homme qui a renié son engagement de fermer la prison de Guantanamo située sur la partie de l’île de Cuba que l’impérialisme américain occupe militairement, l’homme qui a reconduit les mesures policières illégales du Patriot Act aux États-Unis, l’homme qui finance généreusement les banquiers responsables de la crise et les magnats de l’industrie automobile, l’homme qui poursuit la guerre en Afghanistan et en Irak, l’homme qui a activement participé au putsch contre le président légitime du Honduras, qui poursuit l’occupation d’Haïti et qui soutient militairement la clique d’extrême-droite à la tête de la Colombie, l’homme qui refuse d’exiger la moindre chose des colonisateurs israéliens, cet homme sans scrupules ose encore se présenter comme un homme de paix, porteur de démocratie et de liberté des peuples.

Qui peut-il encore tromper? Il arrive peut-être à abuser une partie du peuple américain qui n’a pas encore compris que le locataire de la Maison-Blanche, qu’il soit noir ou blanc, est avant tout le fondé de pouvoir du grand capital américain, c’est-à-dire des magnats de la finance qui ont provoqué la crise de 2008 et de ceux du complexe militaro-industriel au sein duquel on compte les magnats du pétrole.

Mais dans le Sud de la planète, et singulièrement dans le monde arabe, Georges Walker Obama ne fait pas illusion et est pris pour ce qu’il est réellement: le défenseur des intérêts impérialistes US.

Il en va de même pour les dirigeants européens, ces grands démocrates qui ont contraint le peuple irlandais à revoter plusieurs fois jusqu’à ce qu’il acquiesce à un Traité européen qui n’est pas pour rien dans la crise sociale aigue que vit ce même peuple aujourd’hui et ses semblables du vieux continent (Grèce, Espagne, Portugal, France…). Ces démocrates européens qui ont refusé que leurs peuples soient consultés par référendum de peur qu’ils ne les rejettent.

Ce sont ces gens-là qui viennent aujourd’hui nous donner des leçons de démocratie et qui se présentent, toute honte bue, comme les défenseurs et protecteurs du peuple libyen. Silvio Berlusconi peut-il être crédible en défenseur des peuples?

La responsabilité écrasante du régime d’El Gueddafi

Il va de soi que les va-t-en guerre américains, français, britanniques, italiens et canadiens doivent être dénoncés et combattus. Idem pour les régimes arabes qui tentent de donner une coloration arabe à cette agression impérialiste: ceux qui participent directement à l’action militaire (Qatar et Emirats arabes unis) et le reste des régimes de la Ligue arabe qui ont tous cautionné la décision du Conseil de sécurité.

Mais peut-on passer sous silence la responsabilité écrasante du régime d’El Gueddafi dans ce qui se déroule?

L’expérience du régime de Saddam Hussein ne nous a-t-elle donc rien appris?

L’expérience plus récente du régime de Khartoum ne nous a-t-elle rien enseignés?

Peut-on exiger d’un peuple soumis à l’arbitraire d’une clique militaire depuis quarante ans de continuer à subir ce régime sous prétexte de «ne pas faire le jeu de l’impérialisme»?

Ceux qui n’ont rien appris de l’Irak et qui refusent d’apprendre aujourd’hui de la Libye ne comprendront rien, demain, lorsque le problème se posera de nouveau au Soudan, mais aussi en Syrie ou en Iran. Le problème est pourtant d’une aveuglante clarté.

Les régimes qui résistent aux grandes puissances impérialistes tout en opprimant leurs propres peuples se privent de la seule arme de dissuasion et de résistance réelle contre les impérialistes et leurs alliés. Ils scient la branche sur laquelle ils sont assis et préparent non seulement leurs propres défaites mais, surtout, la défaite de leurs propres peuples.

Pourquoi la «petite» résistance nationale libanaise arrive-t-elle à contrecarrer les agressions de l’armée sioniste et à infliger des défaites politiques à l’Etat colonialiste israélien? Parce qu’il s’agit d’une résistance populaire qui dispose du soutien du peuple libanais et qui travaille à le conserver et à l’étendre. Il n’y a pas de miracles. La victoire de la résistance libanaise repose sur sa symbiose avec son peuple. Il ne s’agit pas d’une victoire militaire au sens étroit et réducteur du terme, mais d’une victoire politique. Qu’elle perde ce soutien politique et son sort sera irrémédiablement scellé.

C’est donc El Gueddafi lui-même et son régime qu’il convient en premier lieu de blâmer. El Gueddafi, l’ami de Berlusconi et de Sarkozy. El Gueddafi, l’homme qui a accepté de jouer le rôle peu glorieux de garde-frontière de l’UE dans sa traque des émigrants venus en Libye pour tenter de rejoindre la riche Europe qui exploite et pille leurs pays par le biais des multinationales et des groupes financiers américains, européens et japonais. El Gueddafi, l’homme qui a généreusement ouvert ses champs de pétrole aux compagnies occidentales, cet homme doit être dénoncé et sa responsabilité écrasante mise en lumière dans l’agression impérialiste.

Peut-on efficacement combattre les troupes impérialistes alors qu’on leur vend l’essentiel de ses hydrocarbures? Peut-on engager une lutte efficiente contre l’occident impérialiste lorsque l’on place l’argent du pétrole et l’argent détourné par une poignée de dirigeants libyens dans les grandes banques des pays du G7 et dans les paradis fiscaux que ces derniers contrôlent ? Peut-on sérieusement résister à l’impérialisme après avoir tenu son peuple d’une main de fer ? Les exemples du régime de Saddam renversé sans réaction du peuple irakien et du régime d’Omar el Bachir qui a perdu toute la région sud du Soudan dont la population avait subi les affres de la dictature militaro-islamiste de Khartoum prouvent que non.

La nécessaire décantation au sein de l’opposition libyenne

On ne peut reprocher aux Libyens de s’être révoltés contre le régime dictatorial d’El Gueddafi. La révolte du peuple libyen reste légitime et il ne peut être question de réduire de manière caricaturale les opposants au tyran de Tripoli à une bande de marionnettes monarchistes aux mains des impérialistes.

On dispose de très peu d’informations sur cette opposition, mais il est certain que des marionnettes existent en son sein. Des Karzaï naissent partout. Ils peuvent même, à un moment donné, se trouver en position dominante. De même y a-t-il des opposants qui, confrontés à l’offensive bien réelle des troupes d’El Gueddafi, ont pensé en toute sincérité, qu’il leur fallait utiliser tactiquement l’aide militaire d’où qu’elle vienne, mais qui refusent toute entrée des troupes étrangères en Libye. Enfin, il existe également des Libyens opposants réels au régime d’El Gueddafi, mais qui refusent toute intervention militaire impérialiste qu’elle soit terrestre ou aérienne parce qu’ils ont saisi la motivation réelle de Washington, Paris et Londres.

Il faut aujourd’hui que ces deux derniers groupes d’opposants se démarquent clairement des puissances impérialistes et de leurs marionnettes et qu’elles développent un programme démocratique contre le régime dictatorial, mais aussi un programme social et anti-impérialiste axé sur le refus du pillage économique des richesses et de la mainmise politique des grandes puissances du G7 sur la Libye, de la normalisation avec l’État colonial d’Israël, etc.

Ces deux groupes doivent proposer un pacte aux forces qui soutiennent El Gueddafi en vue de faire face ensemble à l’intervention militaire impérialiste. Mais la condition d’une telle alliance réside dans la démocratisation de la Libye. On ne peut exiger des forces rebelles qui ne sont pas pro-impérialistes de se soumettre à un régime dictatorial, corrompu et qui n’est pas anti-impérialiste.

Une alliance entre les forces fidèles au régime et celles de la rébellion en vue de dénoncer et combattre l’agression impérialiste est possible et nécessaire à condition que s’instaure un climat démocratique entre ces forces.

L’émergence de ces forces aurait été plus facile si un ou plusieurs régimes progressistes avaient soutenu la rébellion au lieu de laisser les impérialistes français, américains et anglais apparaître aux yeux de nombre de Libyens comme leurs amis désintéressés.

Malheureusement, ces régimes progressistes ne purent ou ne voulurent pas aider la rébellion libyenne contre El Gueddafi.

En refusant de soutenir les insurgés voire en soutenant El Gueddafi sous prétexte que les Américains étaient contre lui, ces régimes ont ouvert un boulevard politique dans lequel Sarkozy s’est engouffré.

Rappelons-nous que c’est la création du Parti communiste chinois (PCL) en 1921 – avec le soutien politique de l’Internationale de Lénine et de Trotski – et le triomphe au sein de ce même PCL de l’orientation de Mao Zedong qui permirent au peuple chinois de combattre successivement et avec succès le dictateur Chiang Kaï-chek puis l’impérialisme japonais puis, une nouvelle fois, le dictateur Chiang Kaï-chek.

Il relève donc de la responsabilité des anti-impérialistes d’apporter un soutien politique à ceux des opposants libyens qui refusent que leur pays ne se transforme en nouvelle plate-forme au profit des impérialistes et autres sionistes tout en résistant au régime dictatorial d’El Gueddafi.

Il convient également de fustiger les marionnettes aux mains de Georges Walker Obama, de Nicolas Sarkozy et de David Cameron.

Certes, la voie est complexe et étroite, donc difficile pour ceux qui refusent d’opposer légitime révolte du peuple libyen contre le régime dictatorial d’El Gueddafi à refus de la domination impérialiste.

Mais à moins de se réfugier dans des dénonciations incantatoires moralement confortables mais politiquement inopérantes, il n’existe pas de solution simple.

C’est au sein du peuple libyen et seulement en son sein que se lèveront les forces qui bouteront dehors les impérialistes tout en mettant fin à la dictature militariste locale.

Ces forces représentent l’avenir, donc l’espoir.

S’appuyer sur un régime dictatorial et corrompu pour combattre l’impérialisme ne peut que pousser le peuple libyen dans les bras des impérialistes.

Seul un peuple libéré de l’oppression sera en mesure de résister consciemment et efficacement à l’impérialisme.

Partout dans le monde, nous devons dévoiler les motifs profonds de l’agression impérialiste de Georges Walker Obama, de Nicolas Sarkozy et de David Cameron, la condamner, la combattre politiquement, elle et ceux qui la soutiennent.

Alger, le 20 mars 2011

Hocine Belalloufi


HOMMAGE À GEORGES ACAMPORA, RESCAPÉ DE LA GUILLOTINE

Rien de plus réconfortant, pour lui même et ses anciens camarades de lutte, que l’hommage rendu à ses 83 ans à ce militant communiste, patriote algérien résolu et syndicaliste européen anticolonialiste.

Homme d’une modestie légendaire, attaché à ses racines de Bab El Oued jusq’au bout des ongles, tout comme comme son épouse Juliette à l’accent de quartier inimitable, un quartier qu’ils n’ont jamais quitté aux pires moments de la noire décennie 90, assurés qu’ils étaient du soutien et de la protection de la population, notamment des jeunes séduits par sa gentillesse, sa disponibilité envers les autres et avec qui il a toujours entretenu d’excellents rapports.

Homme de courage et d’audace, mais aussi de réflexion et de bon sens.

Je me souviens (c’était en juin 1955 dans un studio de la rue Pirette) avec quel bonheur et satisfaction, avec quel sourire tranquille, il avait accueilli la décision ferme et équilibrée d’intégration des CDL (Combattants de la Libération) dans l’ALN, suite aux accords récents conclus entre le PCA et le FLN.

« Georgeo », le pêcheur de Chiffalo, devenu après l’indépendance haut gradé des Services de Protection Civile, ami intime de Mazouzi ex-ministre du Travail, un autre grand résistant et le plus ancien des détenus politiques algériens, analysait toujours avec sang froid (comme les regrettés Julot (Jules Molina) ou Baptiste Pastor) les évènements les plus dérangeants ou les situations les plus dangereuses.

Il a mis à l’honneur par sa propre vie la fameuse maxime: plus de patriotisme renforce l’internationalisme et plus d’internationalisme renforce le patriotisme.

S. Hadjerès

Hommage à George Acampora,

rescapé de la guillotine

Hier, au cours d’une cérémonie présidée par Mostefa Boudina,

organisée au siège de l’association nationale des anciens condamnés à mort,

un vibrant et chaleureux hommage a été rendu

à George Acampora, ancien condamné à mort,

par ses compagnons d’armes.

Aujourd’hui âgé de 83 ans, George Acampora fut un militant de la cause nationale et de la cause ouvrière au sein du Parti communiste algérien (PCA) dans les années 1940-1950.

Avec un «commando de choc», il prit part, notamment, à l’attaque du commissariat de police de la Redoute (El Mouradia).

Fait prisonnier fin août 1956, il fut condamné à mort et partagea la cellule de Serkadji avec Mustapha Fettal.

Dans une courte allocution, George Acampora mit en exergue le rôle des ouvriers dans la lutte armée pour l’Indépendance nationale.

EL WATAN DU 21 03 2011, page 29

LIBYE – APPEL À SIGNATURES (6 MARS 2011)

Non à l’intervention étrangère en Libye!

Appel à signatures

dimanche 6 mars 2011

Les soussignés, attachés à l’idéal de paix et d’égalité entre les hommes et entre les peuples et les nations, portent, en fonction des informations diffusées par les médias, des appréciations différentes sur les évènements de Libye, et sur les protagonistes de la guerre qui s’y déroule, d’autant que le matraquage médiatique laisse peu de place à la réalité des faits.

Mais nous ne pouvons rester silencieux face au danger de guerre qui menace la Méditerranée et le monde.

Chaque peuple a le droit absolu de choisir lui-même ses dirigeants, son régime politique et social et de s’exprimer librement.

C’est au seul peuple libyen de décider de son avenir, non aux puissances occidentales ou aux sociétés pétrolières multinationales.

Toutes interventions armées, notamment le contrôle de l’espace aérien libyen par l’OTAN, les États-Unis ou les pays européens, à fortiori tout bombardement ou déploiement au sol, seraient des actes de guerre et d’occupation inacceptables.

Les politiciens, les journalistes et les médias en général, les juristes de la Cour Pénale Internationale, les responsables de l’ONU, qui les proposent sous des prétextes hypocritement humanitaires, sont en fait les vecteurs de la vieille mentalité coloniale et impérialiste européenne, et jouent avec la paix du monde.

Premières signatures :

F. ARZALIER, historien, Taverny

P.K. MURTHY, syndicaliste/Forum Mondial des Alternatives, Inde

Peggy CANTAVE FUYET, étudiante, Malakoff

Hervé FUYET, journaliste, Malakoff

Jean LEVY, Vincennes

Abdallah BENBARA, Paris

René LEFORT, militant communiste, Paris

Alain AMSELLEM, retraité EGF, Taverny

Jean CLAVEL, militant anticolonialiste, Malakoff

Harana PARE, Chartres

Dominique d’HENRY, retraitée commerce, Paris

Jose GARCIA, Paris

Jean-Louis GLORY, Achères

Collectif POLEX

5 mars 2011


Pour signer cet appel, merci de répondre à ce courriel:

collectifcommunistepolex@hotmail.fr

en précisant votre nom, qualité éventuelle, et ville.


CONTRE L’AGRESSION IMPÉRIALISTE EN LIBYE; DÉCLARATION COMMUNE DE 43 PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS

Déclaration commune

de 43 partis communistes et ouvriers

contre l’agression impérialiste en Libye

Les assassins impérialistes menés par les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’OTAN dans son ensemble, et cela avec le consentement de l’ONU, ont lancé une nouvelle guerre impérialiste. Cette fois en Libye.

Leurs prétextes prétendument humanitaires sont tout à fait mensongers!

Ils jettent de la poudre aux yeux des peuples!

Leur véritable objectif, ce sont les hydrocarbures en Libye.

Nous, partis communistes et ouvriers, condamnons l’intervention militaire impérialiste.

Le peuple de Libye doit déterminer lui-même son avenir, sans interventions impérialistes étrangères.

Nous appelons les peuples à réagir et à exiger l’arrêt immédiat des bombardements et de l’intervention impérialiste!

Parti algérien pour la démocratie et le socialisme, PADS

Parti communiste d’Arménie

Parti communiste d’Azerbaidjan

Parti communiste du Bangladesh

Parti du travail du Bangladesh

Parti communiste de Biélorussie

Parti communiste brésilien

Parti communiste du Brésil

Nouveau parti communiste de Grande-Bretagne

Party des communistes bulgares

Parti communiste du Canada

Parti ouvrier socialiste de Croatie

Parti communiste au Danemark

Parti communiste de Finlande

Parti ouvrier communiste Hongrois

Parti communiste de Grèce

Parti communiste d’Inde

Parti communiste d’Inde [Marxiste]

Parti communiste d’Irlande

Parti communiste du Kazakhstan

Parti socialiste de Lettonie

Parti communiste libanais

Parti communiste du Luxembourg

Parti communiste de Malte

Parti communiste du Mexique

Parti populaire socialiste du Mexique

Nouveau parti communiste des Pays-Bas

Parti communiste de Norvège

Parti communiste de Pologne

Parti communiste du Portugal

Parti communiste de la Fédération de Russie

Parti communiste ouvrier de Russie – Parti des communistes révolutionnaires

UCP- CPSU

Parti communiste d’Union soviétique

Nouveau parti communiste de Yougoslavie

Parti des communistes de Serbie

Parti communiste de Slovaquie

Parti communiste des peuples d’Espagne

Parti communiste syrien

Parti communiste de Suède

Parti communiste de Turquie

Parti communiste d’Ukraine

Parti communiste du Vénézuela

« RÉACTIONS À L’INTERVENTION MILITAIRE EURO-US EN LIBYE »


[PARTI SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS (PST)

NON À L’AGRESSION IMPÉRIALISTE EN LIBYE!

NON AU DICTATEUR KADDAFI!
->#parti] le 20 mars 2011.


“DÉCLARATION DU PARTI ALGÉRIEN POUR LA DÉMOCRATIE ET LE SOCIALISME (PADS)” le 20 mars 2011.


“SARKO A SA GUÉGUERRE!” par Ahmed Halfaoui, le 21 mars 2011.


[OPINIONS & RÉACTIONS à L’ARTICLE “NON À L’AGRESSION IMPÉRIALISTE CONTRE LA LIBYE” DU 20 MARS DE R. MIMOUNI

EXTRAITS DE CORRESPONDANCES
->#RÉACTIONS]


“NON À L’AGRESSION IMPÉRIALISTE CONTRE LA LIBYE” par Redouane Mimounile 20 mars 2011..


« OPINIONS ET RÉACTIONS À L’INTERVENTION OCCIDENTALE EN LIBYE« 


[“L’ IMPÉRIALISME PROFITE DES POSITIONS DU DICTATEUR KADHAFI

POUR PERPÉTRER UNE AGRESSION CONTRE LA LIBYE”
,->#IMPÉRIALISME] par Marie NASSIF-DEBS, Beyrouth, le 19 mars 2011


“AFRIQUE DU NORD: LE RETOUR?” par Badis Guettaf.



PARTI SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS

PST 27 Boulevard Zirout Youcef, Alger.

Tel/fax 021 71 47 72

email pst_dz@yahoo.fr

Siteweb: www.pst-dz.org

NON À L’AGRESSION IMPÉRIALISTE EN LIBYE!

NON AU DICTATEUR KADDAFI!

Le PST dénonce l’agression militaire impérialiste en Libye portant la mort sous le fallacieux prétexte humanitaire. Notre parti a dénoncé avec énergie l’acharnement sanglant du despote libyen. Mais la mobilisation des puissances impérialistes, pour contrôler directement le pétrole libyen doit être dénoncée, car elle constitue une menace pour tous les peuples de la région.

Les amis de Ben Ali et de Moubarak, les complices de Khaddafi, les protecteurs des monarchies rétrogrades du golfe sont mal placés pour se poser en tuteurs de la démocratie.

À Bahrein, en Egypte, au Yemen, en Tunisie, en Arabie Saoudite, en Irak, partout, ils agissent, non pour aider les luttes démocratiques, mais pour imposer leur domination directe, pour recoloniser la région et le monde!

La complicité des néo-colonies majoritaires dans la Ligue Arabe et l’Union Africaine, la veulerie d’Amr Moussa soucieux d’obtenir le soutien US à sa candidature présidentielle donnent une couverture politique à une agression dangereuse pour notre pays et pour les pays du tiers monde.

La timidité du pouvoir autoritaire algérien et des autres régimes opposés à l’intervention facilite aussi l’action de l’OTAN.

C’est au peuple libyen qu’il appartient de décider de son avenir !

Solidarité des peuples de la région !

Chawki Salhi

SG du PST

Alger, le 20 03 2011

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“DÉCLARATION

DU PARTI ALGÉRIEN POUR LA DÉMOCRATIE ET LE SOCIALISME (PADS)”

Après la décision du Conseil de Sécurité L’agression militaire impérialiste contre la Libye est le début d’une guerre permanente contre les peuples insoumis de la région

Solidarité avec les forces démocratiques progressistes antiimpérialistes libyennes dans leurs luttes contre le despotisme et les ingérences étrangères !

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a donné son feu vert au déclenchement de la guerre contre la Libye. La résolution portant autorisation d’intervenir militairement dans ce pays au prétexte mensonger et hypocrite de protéger les populations civiles contre les attaques du régime d’El Kaddafi constitue une grave menace pour la souveraineté de tous les peuples de la région et leurs luttes pour une démocratie véritable de progrès. Cette résolution porte aussi en elle des dangers pour la paix et l’intégrité territoriale des nations africaines.

Les grandes puissances impérialistes, et les anciens Etats colonisateurs de l’Afrique qui ont fait adopter cette résolution s’étaient lancés dans les préparatifs pour bombarder la Libye et détruire ses infrastructures sans attendre les résultats des délibérations de l’ONU. Elles n’ont pas perdu une minute pour commencer à exécuter leurs plans criminels. Des missiles sophistiqués et des avions de la coalition impérialiste sont en train de dévaster la Libye. La coalition ne se contente pas d’imposer la zone d’exclusion aérienne décidée par le Conseil de Sécurité. Elle s’attaque à tout le potentiel militaire libyen, y compris terrestre. Elle se prépare même à neutraliser ou détruire les infrastructures civiles, comme le réseau électrique, rééditant ce qu’elle avait fait en 1999 en Serbie et n’hésitant pas à provoquer de la sorte la mort de milliers de citoyens qui seront privés de structures de santé et d’eau potable, comme en Irak. Elle veut mettre ainsi à genoux la population et toutes les forces patriotiques qui refusent son diktat. En fait elle s’emploie méthodiquement à briser toute résistance avant de se ruer avec ses troupes ou sous couvert de mercenaires vers les champs pétroliers et gaziers de ce pays. C’est avec des procédés similaires, reposant sur des déclarations hypocrites et de gros mensonges médiatiques, que les USA avaient préparé l’opinion à l’occupation de l’Irak en 2003.

En réalité, cette coalition impérialiste ne s’intéresse nullement à la conquête des libertés démocratiques en Libye ou dans quelque autre pays dans le monde. Afin de réaliser ses plans néo-colonialistes, la coalition impérialiste criminelle a transformé Kaddafi en repoussoir après avoir collaboré avec lui dans la surveillance des mouvements des habitants de la région pour empêcher l’immigration vers l’Europe et dans le montage de manoeuvres communes contre les peuples, comme son projet de création d’un Etat targui menaçant directement l’unité territoriale des nations de la région. Le régime libyen a fait concession sur concession aux puissances impérialistes depuis 2003 en contre-partie de la levée du blocus économque. L’économie libyenne est passée sous le contrôle des multinationales et d’une bourgeoisie compradore antinationale. Encouragées par la coupure que ces changements économiques réactionnaires ont provoquée entre la grande masse du peuple et le régime, les puissances impérialistes en exigent beaucoup plus. Ce n’est pas contre la personne de Kaddafi que cette armada militaire des USA, de la Grande-Bretagne et de la France s’est mise en route. Sa guerre a pour but d’installer des marionnettes à sa solde et spolier le peuple libyen de ses richesses pétrolières. Avec cette nouvelle guerre, les rapaces impérialistes américains, anglais et français étalent au grand jour leur volonté de faire main basse sur les richesses de la Libye.

La résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU confirme la transformation de cette instance en instrument de partage du monde en zones d’influence entre les puissances impérialistes et d’accaparement des richesses des peuples dépendants et dominés économiquement. Les puissances impérialistes accentuent leur offensive pour mettre au pas les peuples et les régimes insoumis. Elles allument le feu au sein des Etats qui échappent à leur contrôle puis se présentent comme les pompiers qui cherchent à l’éteindre sous couvert d’une légitimité internationale à leur convenance. Outrepassant grossièrement les prérogatives de l’ONU, le Conseil de Sécurité s’arroge depuis quelques mois, avec l’affaire ivoirienne, le droit d’intervenir dans les conflits internes des peuples et de leur dicter les règles de conduite écrites par l’impérialisme.

L’argument de la défense de la démocratie pour justifier l’intervention militaire en Libye est d’une hypocrisie inouïe. Les puissances impérialistes ont associé à « l’inauguration » de leur nouvelle guerre les pantins de la Ligue arabe pour tromper l’opinion en lui faisant croire que les peuples arabes eux-mêmes approuvent leur aventure belliciste. Les régimes arabes qui ont donné leur onction à cette guerre sont les plus despotiques au monde. Ce sont des régimes monarchiques-théocratiques rétrogrades ou des valets de l’impérialisme comme les chefs auto-proclamés de la Tunisie et de l’Egypte installés  » à titre transitoire » avec le consentement des USA. L’Arabie saoudite qui a voté la résolution de la Ligue arabe a envahi Bahreïn avec 10000 soldats et des chars en nombre pour écraser la révolte populaire et maintenir par la force une monarchie décadente inféodée à l’impérialisme. Mais le Conseil de Sécurité et les puissances impérialiste pleines de « sympathie » pour les « révolutions arabes » font semblant de ne rien voir! Hillary Clinton trouve légitime l’appel de cette monarchie aux forces saoudiennes pour écraser sous ses chars le soulèvement du peuple!

Les oligarchies financières impérialistes assoiffées de surprofits cherchent une solution à la crise mondiale de leur système capitaliste en reprenant possession des gisements de pétrole et de gaz nationalisés à l’époque où grâce à l’existence d’un puissant camp socialiste le rapport des forces était plus favorable aux peuples secouant la domination impérialiste. En escomptant reprendre possession de ces sources d’énergie les grandes puissance impérialistes veulent dicter leur volonté à l’ensemble de la planète, y compris à leurs propres peuples, à faire plier les nations dépourvues de ces ressources.

L’Algérie est visée. La chute de l’Etat libyen se traduira inévitablement par l’installation de supplétifs à la botte de forces néo-colonialistes revanchardes à quelques dizaines de kilomètres de ses principaux champs pétroliers de Hassi Messaoud.

Cette guerre est un avertissement et un signal chargés de lourdes menaces que les oligarchies impérialistes envoient à tous les peuples d’Afrique et d’Amérique latine pour les obliger à accepter de se laisser déposséder de leurs richesses naturelles, sous peine d’être réduits en cendre sous une pluie de tomahawks. Ces gangs internationaux sont décidés à recourir à tous les moyens et à exploiter tous les prétextes, sans hésiter à les fabriquer de toutes pièces à l’aide de leurs puissants médias de propagande et d’intox, pour repartager l’Afrique dans un nouveau congrès de Berlin siégeant au Conseil de Sécurité.

Ceux qui, en Algérie, applaudissent à cette agression ou contribuent à répandre les mensonges sur le soi-disant objectif de protéger la population en lutte pour la démocratie, ou bien n’ont pas compris les véritables enjeux, ou bien sont des complices conscients des puissances impérialistes dont ils espèrent obtenir récompenses et miettes aux dépens des intérêts vitaux du peuple algérien. La perte de leurs ressources pétrolières n’apportera aux peuples de la région que misère, régression et barbarie.

Jamais les puissances impérialistes n’ont apporté la liberté et le progrès social à un peuple en lutte pour les libertés démocratiques et l’indépendance nationale. Un peuple qui attend sa liberté de l’intervention des puissances impérialistes ne peut être libre.

Les forces démocratiques anti-impérialistes de la région doivent renforcer leurs liaisons avec les masses populaires et leur solidarité internationale pour mettre en échec les plans impérialistes de recolonisation tout en se battant pour des changements démocratiques révolutionnaires dans leurs pays sans ingérence impérialiste.

Non à cette agression!

Non aux ingérences des puissances impérialistes!

La lutte pour la démocratie en Libye est l’affaire du peuple libyen!

Solidarité avec les forces démocratiques progressistes anti-impérialistes libyennes dans leurs luttes contre le despotisme et contre les ingérences étrangères!

Front contre les manœuvres des impérialistes et de leurs alliés internes!

le 20 mars 2011

Sources:

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

Alger Républicain

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SARKO A SA GUÉGUERRE!

Nicolas Sarkozy frétille de plaisir, Barack Obama le laisse se débrouiller comme un grand contre l’hyperpuissance libyenne. Il va jouer au Bush, son idole. Il va diriger la coalition qui va casser du bougnoule. Il doit regretter que Massu et Bigeard soient morts. Cela lui aurait fait tellement plaisir de les faire embarquer sur le «Charles de Gaulle», pour leur offrir d’assister au spectacle indicible du retour de l’armée française en Afrique du Nord!

Ce n’est pas tout à fait l’Algérie, mais il suffit de l’imaginer.

Et puis qui sait? C’est peut-être le hors-d’œuvre avant le plat de résistance.

L’Algérie fait bien partie des pays «arabes» qui semblent «tomber» les uns après les autres. Demain, un petit défilé sur le front de mer à Alger, en sauveur de la «démocratie», c’est plus près que jamais. Mais, ces Algériens déroutent le président. Ils déclenchent des émeutes, multiplient les grèves sans créer la situation qui lui permettra d’envoyer Bernard-Henri Lévy lui chercher des amis à lui, pour les reconnaître en tant que détenteurs du projet de pouvoir «démocratique».

Du côté des «arabes», l’émir du Qatar, Hamad ibn Khalifa Al Thani, va offrir à sa chaîne Al Jazeera le prolongement militaire qui lui manquait. Elle pourra diffuser en direct les exploits des soldats qataris et non plus seulement ceux des autres.

Dans l’aréopage de pays que préside Sarkozy, il y a aussi le Maroc, la Jordanie et les Émirats arabes unis. Chez nous, quand on se met sous les ordres d’un étranger contre ses frères, on se fait traiter de harki. Ce mot est certainement inconnu dans le lexique de ce type de dirigeants, mais c’est ce qu’on entend dans la rue, à propos d’eux. Parce qu’il n’y a pas d’autres mots pour le dire, quand il s’agit de la «fraternité arabe».

Les Africains ont plus le sens de la fraternité. En Afrique, aucun pays, en dehors de l’Egypte et du Maroc (des «arabes»), n’a donné son aval à la recolonisation.

On dit que c’est à cause du fait, d’une part, qu’ils savent ce que c’est et d’autre part, que pour le Bahreïn il n’y ait pas eu de résolution, mais une intervention au profit de l’émir.

Ses alliés autour de lui, ses laquais «arabes» à ses pieds, Sarkozy peut outrepasser ses prérogatives. Ses gesticulations effrénées le prédisent, alors que la résolution scélérate est assez limitative pour ce qui est de ce qu’il peut faire.

Néanmoins, la France peut le rappeler à sa réalité. Les 5 millions de demandeurs d’emploi, les 8 millions de citoyens vivant sous le seuil de pauvreté, les 3,5 millions de personnes sans logement ou mal logées et les 10 millions qui éprouvent les pires difficultés à se loger ont toutes les raisons de démontrer que la Libye n’est pas la préoccupation des Français.

Pis, le phénomène des travailleurs pauvres prend de l’ampleur sans perspective de voir la situation s’améliorer, à tel point que l’on commence à dire que c’est une normalité.

Devant ce constat, digne d’un pays «sous-développé», tout porte à croire que le risque est réel de voir tout ce beau monde s’interroger sur le coût des «Rafale» et des obus qu’ils larguent. Espérons que ce sera le plus tôt possible.

Dans ce cas-là, Bernard-Henri Lévy ne sera certainement pas chargé de «trouver des types formidables», mais d’expliquer sur les plateaux télés que ce n’est pas bien de se révolter.

Par Ahmed Halfaoui

le 21 mars 2011

Sources:

http://www.lesdebats.com/editions/210311/les%20debats.htm

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OPINIONS & RÉACTIONS à L’ARTICLE “NON À L’AGRESSION IMPÉRIALISTE CONTRE LA LIBYE” DU 20 MARS DE R. MIMOUNI

EXTRAITS DE CORRESPONDANCES

Message de H.A à Fateh Agrane

Le 21 mars 2011, H.A a écrit :

bonsoir Fateh

Encore une résidente en France qui n’est pas d’accord avec tous ces écrits que j’ai reçus concernant l’intervention de la coalition en libye.

Je suis d’accord que l’ingérence n’est jamais innocente mais dans le cas de la Libye, c’est tout de même un peuple qui s’est fait massacrer par un sanguinaire fou sans que les pays arabes ne bougent le petit doigt.

Devant ce silence lâche des gouvernants arabes, le peuple libyen a appelé à l’aide et crois moi, en France on était rassurés de savoir que Sarkozy réagisse.

C’est une intervention qui se fait sous l’égide de l’ONU et le tout est de « surveiller » l’après-intervention.

En tout cas mon point de vue est qu’il faut stopper ce fou de Kadhaffi qui n’a aucun respect pour sa population, quelque soit nos positions politiques il ne faut pas perdre de vue l’humanitaire et jouer le jeu de nos responsables qui parait-il ont été jusqu’à donner des armes à ce dirigeant pour liquider son peuple (je pense notamment à Bouteflika).

L’opinion française est outrée par l’attitude des pays arabes et pour une fois Sarko est applaudi par tous. H.A

_________________________

Réponse de Fateh Agrane à H.A

le 22 mars 2011:

Chère H.A BONJOUR

Kadhafi a, jusqu’avant les présents évènements, été le chouchou des américains et de Sarkozy.

Il dressait sa tente de la honte et de la dictature menée contre son peuple dans les jardins de la maison blanche et de l’Elysée, en contre partie sarko lui vendait les armes et les américains s’accaparaient des puits de pétrole qu’il venait de dénationaliser, ils l’ont chargé aussi d’empêcher les immigrants vers l’Europe, il coulait les embarcations de fortune des misérables africains et pour les survivants il les emprisonnait! C’était leur chien de garde! Ils ont bien sûr fermé les yeux!

Ce fou sanguinaire est à combattre par son peuple et a besoin de solidarité des autres peuples de la région et du monde! Seul son peuple a le droit de le juger et de le condamner, mais jamais les impérialistes américains français et autres ne se sont accourus pour défendre les peuples, ils défendent leurs intérêts uniquement leurs intérêts au mépris du droit international au mépris du droit a la vie!

Regarde ma chère H.A ce qui se passe en Palestine et le génocide perpétré contre ce peuple par l’entité sioniste que font sarko et les autres, ils soutiennent le colonisateur, ils soutiennent Israël.

Quelle démocratie défend sarko ce boy des états unis au Bahreïn, il ferme ses yeux contre le massacre perpétré contre les bahreinis par les armées de ce dernier et d’Arabie saoudite et du Qatar, le Qatar avec sa chaine “el jazzera” bases avancées des yankees au moyen orient.

Vois tu H.A dans cette partie du monde sarko le pantin des impérialistes et de l’entité sioniste ne défend pas le peuples contre les rois mais plutôt les rois barils contre leurs peuples! Tout simplement parce que le Bahreïn est la plus grande base américaine de la région, ils doivent la protéger, pour garantir leurs intérêts par le règne sanguinaire des familles royales assises sur les puits de pétrole et sur les ossements de touts les opposants démocrates à leur régime.(en Arabie saoudite la femme n’a pas le droit de conduire un véhicule madame, elle est lapidée, exécutée , avilie , tuée…)

Ma chère H.A

On nous a dit que l’intervention en Irak était contre Saddam est le fait que ce dernier possédait l’arme nucléaire, il s’est avéré que rien de cela n’est vrai , regarde ce qu’il est advenu de l’Irak, complètement détruit et mis entre les mains de pantins placés par les américains pour gérer, pour leur compte, leurs intérêts pétroliers, c’est un Irak moyenâgeux aujourd’hui, et cela sert les intérêts impérialistes.

Je suis vraiment étonné qu’un sarkozy puisse te rassurer mon amie! alors que la majorité de son peuple était sorti dans la rue pour s’opposer à la loi sur la retraite! il a fait fi de tout cela et avait fait voter cette loi; étonné qu’il puisse te rassurer alors qu’il a toujours volé au secours de l’entité sioniste.

Oui l’opinion des peuples arabes est outrée, par le comportement des despotes, rois et présidents arabes pantins de l’impérialisme étasunien et occidental, même le Qatar envoi ses avions de chasse pour bombarder la Libye, oui Kadhafi devrait partir et avec lui ceux qui ont étés toujours ses soutiens, les massacreurs de l’humanité, les impérialistes américains, français et autres!

Le peuple libyen et les autres peuples de la région sauront faire face a leurs despotes et les anéantiront!

Lorsque cet ouragan impérialiste s’arrêtera, et on l’espère le plus vite, on s’apercevra des gros mensonges de la propagande des medias impérialistes et arabes comme la chaine qatarie “el jazzera”, on s’apercevra que ce n’est pas le sort du peuple libyen qui fait bouger le complexe militaro industriel impérialiste, mais le pillage des richesses!

Le peuple libyen restera plus asservi encore s’il ne se mobilisera pas avec les autres peuples de la région pour sa souveraineté sur son sol, et sur ses richesses, nul ne pourra instaurer la démocratie a sa place! encore moins les marionnettes qu’ils sont entrain de préparer…..

FATEH AGRANE

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NON À L’AGRESSION IMPÉRIALISTE CONTRE LA LIBYE

Solidarité avec le peuple libyen

Les pays impérialistes ont commencé leur agression militaire contre la Libye le samedi 19 mars. Les armées américaines, françaises et anglaises ont lancé des attaques aériennes et de missiles contre ce pays. Ce scénario était prévisible et préparé depuis une longue période. Il ne s’agit pas d’une intervention humanitaire, approuvée par l’ONU, pour venir au secours du peuple libyen en révolte, réprimé par le dictateur Kadhafi. Il s’agit d’une opération de reconquête de la Libye pour une prise en main de ses ressources en hydrocarbures (deux millions de barils jour) et pour placer un nouveau régime plus maniable pour la garantie des intérêts impérialistes.

Jamais les Etats impérialistes ne se sont réellement inquiété du sort des peuples arabes, soumis aux pires régimes moyenâgeux comme en Arabie Saoudite , ou aux pires massacres perpétrés pendant des semaines contre le peuple palestinien de Ghaza , par l’armée d’agression israélienne et qui ont fait plus de 1500 morts !

Ne se laisseront tromper par le pilonnage de la propagande des médias des USA et consorts que ceux qui veulent bien faire semblant d’y croire ou qui défendent sournoisement les intérêts américains pour une raison ou une autre. Le peu glorieux appel de certains journaux, dits indépendants de notre pays, à une intervention militaire étrangère en Libye, en est la triste réalité !

L’agression impérialiste fait courir un grand danger pour la paix et la stabilité dans notre région, aux portes de notre pays.

Les gesticulations de Kadhafi

Le régime de Kadhafi qui s’est défait du roi Idris , il y a quarante ans , et avait amorcé une politique de libération nationale, de nationalisations, d’édification économique, de progrès social et culturel ,de soutien aux mouvements de libération a toujours eu un déficit en matière de démocratie. Il a de tout temps suscité une haine tenace de la part des Etats impérialistes. Ses gesticulations et initiatives aventuristes, la main mise de son clan et de sa famille sur la sphère politique et économique ont isolé ce régime à l’intérieur et à l’extérieur. Sentant le vent tourner, le dictateur de Tripoli a tout fait pour s’attirer les bonnes grâces des USA et de l’Europe. Il s’est mis à leur service, par des marchés juteux, pour des interventions en Afrique, via le recrutement de mercenaires, pour empêcher l’émigration des Africains vers l’Europe. Sous la houlette du FMI, il a entrepris une politique de dénationalisations et de privatisation des entreprises publiques, une remise en cause des conquêtes sociales et de soutien des prix des produits de première nécessité, avec une hausse du chômage et l’appauvrissement des larges couches de la population, alors que la corruption et la dilapidation des fonds publiques faisaient rage ! Les mesures dictatoriales et antidémocratiques ont suivi le mouvement en hausse du mécontentement et de la contestation populaire.

Les USA et leurs sous- traitants européens, effrayés par la tournure défavorable qu’auraient pu prendre les révoltes populaires en Tunisie et en Egypte, ont pris les devants en Libye, d’autant que le scénario était prêt et les acteurs aussi, politiques et militaires, injectés dans les régions pétrolières du pays. Il est de notoriété publique que les troupes en armes hostile au régime de Kadhafi et leur habillage politique lancées sur le terrain, sont sous contrôle et aide de la CIA!

C’est pour sauver ces troupes mises en difficulté sur le terrain par les troupes de Kadhafi, et non pour protéger le peuple libyen contre la répression, que les bombes et les milices pleuvent sur la Libye et son peuple.

Halte à l’intervention étrangère

Aujourd’hui, le plus urgent est de dénoncer et de mettre fin à l’agression impérialiste politique et militaire contre la Libye et son peuple. Il faut contrecarrer la propagande impérialiste et ses relais chez nous de ceux qui ont vendu leur âme au diable Il est vital d’empêcher que la mèche allumée ne se transforme en intervention terrestre, n’embrase toute la région et ne mette en danger notre pays et sa sécurité. Les marchands d’armes et les compagnies pétrolières sont les seuls gagnants dans cette aventure.

Pour tous les patriotes, hommes de progrès et de paix, il est vital d’édifier et de renforcer le front anti-impérialiste dans notre pays, de rejoindre les voix et les actions à l’échelle régionale et mondiale de ceux qui disent non à l’agression, non à la guerre, qui disent aussi solidarité avec le peuple libyen et soutiennent son droit de se débarrasser du régime de Kadhafi. Les peuples de Tunisie et D’Egypte ont commencé à se débarrasser de leurs systèmes dictatoriaux. Les autres peuples de la région aspirent aux mêmes changements et c’est leur droit, et ça sera leur œuvre!

20 mars 2011-03-20

Redouane Mimouni

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« OPINIONS ET RÉACTIONS À L’INTERVENTION OCCIDENTALE EN LIBYE »

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MESSAGE REÇU PAR MAHIEDDINE MOHAMED D’UNE CORRESPONDANTE FRANÇAISE

ET TRANSMIS À FATEH AGRANE

LE 20 MARS 2011

Bonjour mon ami fateh:

je croyais bien faire en envoyant l’article sur “dénonciation de l’agression capitaliste en Libye” à une soit disante amie française

et regardes la réponse de cette femme française: c’est vraiment malheureux mon ami: comment les français sont conditionnés par l’impérialisme mondial: Lis mon ami c’est du racisme politique:

bonjour,

de toute façon, quoiqu’on fasse, nous serons critiqués…. non assistance à personne en danger, sans aide extérieure le peuple lybien retombe sous la dictature de Kadhafi, si on les aide nous sommes accusés d’être intéressés par leur richesse, donc voilà…

Que l’algérie et les autres pays proches et de même culture aillent les aider dans ce cas!

Je n’ai rien à ajouter sinon que dans les 2 cas, de nombreuses personnes seront victimes des armes et c’est écoeurant… et c’est facile aussi de critiquer et de ne rien faire pour que cela évolue autrement!

Une aide armée n’est pas gratuite, et la France n’avait pas besoin de ça avec toutes les dettes qu’elle a… c’est tout ce que j’ai à dire, je plains les lybiens sans aide extérieure ou avec! Les prochaines années vont être dures pour eux, très dures…

Les critiques sont faciles, les actions le sont moins, que fait le monde arabe?

bonne journée

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RÉPONSE DE FATEH AGRANE À MAHIEDDINE MOHAMED

Saha Mohiéddine

As – tu envoyé ta réponse a l’intéressée?

Effectivement elle doit savoir certainement aussi qu’un peuple est entrain d’être massacré en Palestine par l’entité sioniste mais sa France, celle de Sarkozy et des impérialistes étasuniens et occidentaux n’ont rien envoyé la bas au contraire, ils aident et encouragent l’entité sioniste colonisatrice à exterminer le peuple de Palestine.

Les yankees américains ont massacré le peuple d’Irak avec le motif de possession de ce dernier d’armes nucléaires qui n’existaient en définitive pas, et personne de ces criminels n’est intervenu sauf comme vautours pour s’accaparer des chantiers de reconstruction sur les ruines et le sang d’un IRAK martyre causées par les soit disant tirs chirurgicaux dirigés en définitive sur tout ce qui était vivant en Irak.

Au BAHREIN aussi les manifestants sont quotidiennement massacrés avec l’aide de l’armée d’Arabie saoudite et du Qatar sans que Sarkozy ne vole au secours du peuple bahreïni, et ne condamne ses dirigeants; au contraire ce massacre est exécuté avec leur bénédiction.

Cette danse macabre de vautours autour des champs pétroliers de Lybie et des ressources
existants dans le sous sol des pays du sahel africain sont le vrai motif de cette guerre entamée en Lybie, ils se sont toujours accommodés du despote de Gueddafi tant qu’il a servi leurs intérêts, ils ne se sont jamais souciés du peuple libyen et des peuples de la région.

Ils passeront là où ils pourront à l’acte de démembrement de la région et sa balkanisation, ils seront plus a l’aise avec une Lybie tribale, et des pays saucissonnés pour mener a bien leur politique de pillage de leurs richesses.

Seule une mobilisation anti impérialiste pourra les repousser et permettra aux peuples de la région de vaincre ses propres despotes et ces néo colonialistes avec.

Car ils sont les deux revers d’une même médaille, ils sont de plus en plus agressifs, ils feront la guerre, car ils n’ont que ça à faire, car leur système est bloqué, le capitalisme est en grande crise, ils doivent transférer les regards de leurs peuples ailleurs, leur complexe militaro industriel doit plus que jamais fonctionner avec l’argent et les ressources de nos pays!

A bas l’impérialisme !

Non à l’agression de la Lybie.

FATEH AGRANE

20 MARS 2011

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L’ IMPÉRIALISME PROFITE DES POSITIONS DU DICTATEUR KADHAFI

POUR PERPÉTRER UNE AGRESSION CONTRE LA LIBYE

samedi 19 mars 2011, par ماري ناصيف-الدبس

Le peuple libyen est, aujourd’hui, très anxieux en ce qui concerne son destin et celui de son pays.

Il s’était soulevé pour en finir avec un dictateur qui avait pratiqué toute sorte d’oppression et de répression durant 43 ans dans le but d’asseoir son régime et de remplir de quelques 100 milliards de dollars ses poches et celles de ses enfants.

Le peuple libyen s’est soulevé contre un tyran, prenant pour exemples les révolutions arabes, dont celle de la Tunisie, son plus proche voisin.

Cependant, son soulèvement est menacé de grands dangers, dont le plus important viendrait de l’alliance non sainte passée par la France et la Grande Bretagne avec le régime «officiel» arabe, représenté par Amr Moussa et, avec lui, Hochiar Zibari, façonné par les Etats-Unis et l’OTAN, ainsi que tous ceux dits «les Arabes de Washington».

Cette alliance a, en effet, a décidé de profiter des crimes commis par le régime de dictature libyen afin de mettre la main sur la Libye et toutes les richesses qu’elle recèle; surtout que Kadhafi leur avait déjà montré l’importance de ces richesses, tant à travers des donations pour des campagnes électorales ou, encore, des commissions pour des ventes d’armes ou, enfin, des concessions pétrolières…

Ainsi, nous assistons à une nouvelle tentative de retour sur le terrain du projet dit «Le Nouveau Moyen Orient» élargi, après une certaine stagnation.

Le but actuel: mettre la main sur la Libye comme troisième pays arabe à la suite du nouveau morcellement du Soudan qui, après l’Irak, est passible d’une guerre confessionnelle.

Mais ce que le tyran, qui pense pouvoir résister à la marche inéluctable de l’Histoire, et, avec lui, les nouveaux «défenseurs» des libertés ont oublié, c’est que leur sort ne sera pas meilleur que celui déjà connu par Saddam Hussein et George Bush.

Aidons le peuple libyen dans sa lutte pour mettre fin à la dictature.

Œuvrons pour empêcher que la Libye et son peuple ne tombent entre les mains des impérialistes.

Faisons face à l’alliance non sainte et empêchons-la de réaliser ses objectifs.

Marie NASSIF-DEBS,

Beyrouth, le 19 mars 2011

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(Samedi, 19 mars 2011 – Avec les agences de presse)

الامبريالية تستفيد من تعنت الديكتاتورية القذافية للعدوان على ليبيا ونهب ثرواتها

ماري ناصيف – الدبس

الشعب الليبي الثائر قلق جدا، اليوم، على مصيره ومصير وطنه

فهو انتفض للخلاص من ديكتاتور عاث، هو وعائلته، في الأرض فسادا وقهرا وقمعا طيلة 43 عاما بهدف تمتين سطوته وملء جيوبه وجيوب أولاده بما يقارب المائة مليار دولار

الشعب الليبي انتفض للخلاص من الطاغية، مستلهما في ذلك مسارات الثورات العربية وأقربها إليه ثورة الشعب التونسي. إلا أن نضاله يتعرض اليوم لمخاطر جمة، لعل أهمها التحالف غير المقدس الذي نشأ بين فرنسا وبريطانيا وبين النظام الرسمي العربي المتهاوي، ممثلا بالسيد عمرو موسى ومعه هوشيار زيباري المدرب على أيدي القوات الأميركية والأطلسية ومن لف لفهما من « عرب واشنطن »

فهذا التحالف قرر الاستفادة من جرائم النظام الديكتاتوري الليبي، وتوظيفها للاستيلاء على ليبيا وثرواتها كلها، بعد أن كان القذافي قد وزع على البعض – الأوروبي – منهم مساعدات مادية كبيرة، إما على شكل تبرعات لحملة انتخابية من هنا أو من خلال صفقات سلاح من هناك أو الإذن بالتنقيب عن النفط من هنالك

وهكذا يعود مشروع « الشرق الأوسط الجديد » الموسع إلى الانطلاق مرة جديدة بعد تعثره خلال الأعوام الثلاثة الماضية، محاولا القبض على ليبيا بعدما نجح في وضع اليد على السودان (بعد العراق) وتقسيمه وذر الفتنة الطائفية داخله

إلا أن ما نسيه الطاغية المستمر في إجرامه وما لم يعه المدافعون الجدد عن « الديمقراطية » في ليبيا هو أن مصيرهم كلهم لن يكون بأفضل حال مما كان عليه مصير صدام حسين وجورج بوش من قبلهم

لندعم الشعب الليبي في نضاله من أجل الخلاص من الديكتاتورية

ولنتحرك لمنع وقوع ليبيا وشعبها في براثن الامبريالية

لنتحرك ضد الحلف العدواني غير المقدس الذي نشأ اليوم ولنمنعه من تحقيق أهدافه

بيروت في 19 آذار 2011

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AFRIQUE DU NORD: LE RETOUR

De quoi pleurer d’émotion, les gentils Occidentaux ont fini par obtenir «l’autorisation» d’aller sauver le peuple libyen en danger et il était temps.

C’est, qu’en plus, il ne fallait pas décevoir ces pauvres «arabes» qui l’ont instamment demandé. Il y avait même le Liban, ce petit pays que les bombardiers israéliens connaissent bien, qui s’est porté volontaire pour déposer la requête sur le bureau du Conseil de sécurité de l’ONU. Et le Qatar qui offre les services de son armée, après avoir offert Al Jazeera.

Juste avant, un cri indigné de Martine Aubry, la première dame du Parti socialiste français, qui sort de sa réserve pour la circonstance: «…Aujourd’hui, la communauté internationale est dans l’incapacité, le manque de courage d’agir; j’ai honte pour l’Europe, j’ai honte pour nos organisations internationales; on a été infoutus d’être au rendez-vous d’un peuple martyrisé et qui le sera plus encore par l’incapacité des puissants de ce monde à se mettre d’accord; on se met d’accord pour aider les banquiers, pas pour aider un peuple». Elle affirme, la pauvre: «J’y pense jour et nuit». D’ailleurs, elle a toujours été là pour défendre les opprimés. Il y a peu, avant de se préoccuper des Libyens, elle s’est lancée au secours d’Israël qui fait l’objet d’une campagne de boycott de ses produits: «Je pense que ceux qui prônent le boycott se trompent de combat: au lieu de porter la paix, ils portent l’intolérance, ils portent la haine. Et quand on veut un chemin de paix, on ne commence pas par porter cela». On peut voir qu’elle est de tous les combats et si je l’ai choisie c’est parce qu’elle résume admirablement le sentiment qui prévaut dans la «communauté internationale».

Il y a quelques jours, une autre dame plus puissante, Hillary Clinton, s’est rendue sur la Place Tahrir au Caire, comme un général après la bataille qu’il aurait gagnée et pour mettre en garde contre les ennemis de «la révolution», en faisant allusion à ceux pour qui rien n’a changé. Les emplois ne vont pas se créer du jour au lendemain, a-t-elle averti.

Son chef, Barack Obama, Président des États-Unis, se rappelle, de temps en temps que: «Personne n’a souffert plus que les Palestiniens (le peuple palestinien) de l’échec du leadership palestinien à reconnaître Israël, à renoncer à la violence, et à envisager sérieusement une négociation pour la paix et la sécurité dans la région». Mais, à la différence près que les Palestiniens sont fautifs de ce qui leur arrive, ce qui fait que les États-Unis ne laissent passer aucune résolution qui pourrait les encourager dans l’erreur où ils se trouvent.

En réponse, les «arabes» et le Liban, en particulier, comprennent parfaitement qu’une zone d’exclusion aérienne et que des frappes ciblées contre Israël ne font pas partie des «actions humanitaires», applicables aux «arabes», et que les reporters d’Al Jazeera «Embedded», pour l’occasion, pourront nous retransmettre.

Dans les jours qui viennent les bombes vont faire un sort aux Libyens qui soutiennent Kaddafi et, accessoirement, à ceux qui feront office de victimes collatérales, dans une opération de reconquête de ce qui a été perdu par les Britanniques et par les Etats-Unis, il y a 42 ans.

On peut prédire que ce sera comme en Irak ou en Afghanistan, du moins que cela ne passera pas aussi facilement qu’on nous le dit.

On ne peut prédire la taille du morceau que prendra Sarkozy, à moins qu’il ne se fasse que la main, en rêvant de l’Algérie.

Par Badis Guettaf

Sources: http://www.lejourdalgerie.com/Editions/200311/une/Lejour.htm

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