LE MARTYR NE REVIENDRA PLUS… DESTRUCTION DE LA MAISON DE BEN M’HIDI

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Ci-dessous des extraits de correspondances parvenues au site…

Destruction à coups de bulldozer de la maison de Larbi Ben M’Hidi à Biskra,
étrange manière d’honorer la mémoire des martyrs de la révolution.


Bonjour (pour la politesse, pas pour la nouvelle que je me propose de vous imposer).

Larbi Ben M’hidi est mort, pendu, par Aussaresses et ses tristes sbires, dans la nuit du 3 au 4 mars 1957;

Il a ressuscité le 19 Mars 1962, pour voir ce pays pour lequel il est mort, le sourire aux lèvres, avec le visage de l’homme serein d’avoir accompli son devoir;

Il vient de mourir de nouveau, agonisant deux longs jours, mardi 15 et mercredi 16 Mars 2011, sous les coups acharnés du bulldozer de la bêtise et de l’indifférence d’autorités presque heureuses de se débarrasser de la maison où vécut le héros de tous les algériens, incapables de procurer à son propriétaire trois malheureux sous pour lui permettre de l’entretenir.

Lisez:
http://dna-algerie.com/politique/42-interieure/1517-la-maison-de-biskra-ou-vecu-le-hero-de-la-revolution-larbi-ben-mhidi-demolie-a-coups-de-bulldozer.html

Larbi Merhoum et moi descendons demain vendredi 18 Mars à Biskra pour constater les dégâts et voir ce que nous pouvons faire.

Je vous tiens au courant.

Ameutez autant de personnes que vous pouvez.

Merci.

Fayçal Ouaret.


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[La maison où vécut le héros de la révolution Larbi Ben M’hidi

démolie à coups de bulldozer->http://dna-algerie.com/politique/42-interieure/1517-la-maison-de-biskra-ou-vecu-le-hero-de-la-revolution-larbi-ben-mhidi-demolie-a-coups-de-bulldozer.html]

Mercredi, 16 Mars 2011,

par Tayeb Belmadi avec Sabrina Boubekeur

L’une des dernières traces évoquant la mémoire du militant nationaliste algérien Larbi Ben M’hidi, assassiné en mars 1957, vient d’être effacée de la carte. La maison sise à Biskra, dans le Sud d’Algerie, qui a vu grandir ce héros de la guerre de libération, a été démolie au bulldozer. Faute de moyens pour l’entretenir, devant la démission des autorités locales, le propriétaire a donc décidé de la raser. Avec la plaque commémorative portant la photo du martyr.

Au matin du mardi 16 mars, la petite maison avec sa porte en bois, ses deux fenêtres peintes en vert et qui portait encore le numéro 18 était encore debout.

Sur la façade droite de cette petite demeure, la plaque commémorative inscrite en arabe et qui portait encore la photo noir et blanc du « chahid » Larbi Ben M’hidi était debout.

Pas pour longtemps.

Car ce matin du mardi 16 mars, le propriétaire de cette maison où avait vécu pendant quelques années cet héros de la révolution algérienne a décidé de la raser.

Et il faudrait deux jours, mardi et mercredi, pour que l’engin démolisseur fasse table rase. Table rase de la maison et de ce petit patrimoine.

Mebarki Mohamed Abdelaziz, avocat et habitant de Biskra, est encore sous le choc quand il raconte ce qui s’est passé. La mort dans l’âme, ce jeune avocat qui collabore à l’élaboration d’un film-documentaire sur la vie de Larbi Ben M’hidi, a assisté au spectacle.

« Aujourd’hui (mercredi), je suis allé voir la maison dans laquelle a grandi Larbi Ben M’hidi. Elle n’y est plus », affirme à DNA M. Mebarki.

Que s’est-il passé ? Pourquoi cette maison dans laquelle a vécu Ben M’hidi dans les années 1940, cette demeure sensée demeurer comme un patrimoine de l’histoire nationale, a-t-elle fini en gravats ?

Remontons l’histoire…

Le propriétaire de la maison qui habite désormais dans une autre demeure avait loué cette maison aux parents du jeune Larbi Ben M’hidi durant les années 1940.

Originaire d’Ain Mlila, une petite ville des Aurés, les Ben M’hidi étaient venus s’installer à Biskra.

C’est donc ici que Larbi a passé une partie de sa jeunesse. Né en 1923, le jeune homme a fait ses études secondaires à Biska, ville où il avait travaillé comme comptable au génie civil avant de s’engager dans la révolution.

Membre fondateur du CRUA (Comité révolutionnaire d’unité et d’action), Larbi Benmhidi était l’un des piliers de la révolution algérienne.

Arrêté le 23 février 1957 au cœur de la Bataille d’Alger, il a été pendu dans la nuit du 3 au 4 mars 1957.

Depuis l’indépendance du pays en 1962, la maison a été préservée comme une sorte de patrimoine national. Pour mieux souligner son caractère historique, les autorités locales ont fait installer une plaque commémorative sur le mur, avec la photo du martyr.

L’hommage au martyr de la révolution est bien beau sauf que le propriétaire est las de ne plus pouvoir entretenir ce patrimoine. A en croire ce dernier, toutes ses tentatives d’obtenir une subvention pour entretenir la maison ont buté sur une fin de non-recevoir

Selon le témoignage de celui-ci, rapporté, par l’avocat, les autorités locales ne sont jamais souciées de l’entretien de la maison. Au fil des ans, le propriétaire n’est plus en mesure de subvenir aux frais de l’entretien.

« Il (le propriétaire, Ndlr) m’a dit que personne ne s’est approché de lui pour lui faire une offre de rachat. Il m’a confié encore qu’à plusieurs reprises, il avait demandé un peu d’argent pour assurer quelques travaux de restauration et d’entretien. Toutes ses demandes sont restées lettre morte », raconte l’avocat.

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Alors, las d’attendre un geste de la part des autorités locales, le propriétaire a donc décidé de la démolir.

Il faut croire que personne ne s’y est opposé. Encore mieux, le propriétaire a obtenu les autorisations légales pour passer à l’acte. Ainsi que l’onction des autorités locales.

L’ancien wali (préfet) de Biskra ? Il n’a pas émis un avis d’opposition lorsque le propriétaire a exprimé le vœu de démolir la maison. « L’ancien wali a dit au propriétaire : ‘Si un jour, vous voulez démolir la maison, il n’y a aucun problème. A condition de remettre la plaque commémorative à sa place’», rapporte notre l’avocat.

Le responsable local de l’organisation nationale des Moudjahidines(ONM) ? Visiblement, la sauvegarde de ce patrimoine serait le dernier de ses soucis.

Bien mieux ! Ce responsable qui serait présent mardi 16 mars, le jour du début de l’opération de démolition, aurait balancé cette phrase aux démolisseurs : « Rabi iaawenkoum (Que Dieu vous vienne en aide) ».

Et le travail a été fait. Le bulldozer a fait table rase de la maison. La plaque commémorative qui portrait la photo de Larbi Ben M’hidi ? Perdue dans les gravats.

« On a effacé un patrimoine à coups de bulldozer, se désole le jeune avocat. Voila une étrange façon avec laquelle l’APC s’apprête à célébrer le 19 mars 1962.»

Oui. Etrange manière d’honorer la mémoire des martyrs de la révolution


Salut Fayçal et Larbi,

Je suis attristé par cette nouvelle insanité … au moment même ou les peuples émergent de leur léthargie. La lutte risque d’être longue, la mise en place de nouveau système est loin d’être évidente après des décennies de gestion par ukases. C’est justement dans cette conjoncture que le présent relègue la sauvegarde du patrimoine au second plan. Je sais que le moment n’est pas opportun pour se préoccuper des questions de sauvegarde du patrimoine. Je sais aussi que c’est le moment idoine pour les prédateurs et autres spéculateurs d’agir, profitant (in)justement des bouleversements politiques que connaissent les pays du Maghreb, pour réaliser leur forfaiture, dilapider les traces du passé pour satisfaire leur présent et compromettre le futur.

Que puis-je faire d’ici ? …

Je suis disposé à prendre part à toutes initiatives permettant de sauvegarder les restes de ce symbole exemplaire d’abnégation et de sacrifice.

Je relaye l’appel (ci-dessus) et demande à tous de faire de même.

Bien à vous, amicalement.

Djaffar


Bonjour,

Larbi et moi rentrons à l’instant de Biskra (lui est encore sur la route, la poursuivant vers Alger). Nous avons constaté les dégâts. La maison est totalement détruite. Le propriétaire en était désolé. Il n’a aucune responsabilité dans ce drâme, dans la mesure où il a alerté les autorités locales depuis des années, attendant patiemment de voir une demande de logement aboutir, en vain. Les dernières fortes pluies tombées sur la région ont précipité l’effondrement du plafond, qui menaçait de tomber sur sa tête et celles de sa femme et ses trois enfants. Il a cependant promis de la reconstruire aussi vite qu’il peut et qu’il remettra la plaque commémorative sur la façade.

Nous avons promis de l’aider comme nous pouvons pour le voir achever les travaux aussi vite que possible.

Merci de votre solidarité.

Fayçal Ouaret.


Réponse à l’article

“ LE MARTYR NE REVIENDRA PLUS… DESTRUCTION DE LA MAISON DE BEN M’HIDI”

Salut Fayçal,

Tu n’as pas à me (nous) remercier pour ma (notre) solidarité, c’est moi qui te remercie pour ton dévouement. Ce que nous faisons pour sauver ce qui reste de la mémoire de Larbi Ben M’hidi, n’est qu’une modeste contribution à sa mémoire.

Nous devons tous, notre condition de vie d’aujourd’hui à son sacrifice d’hier et ce indépendamment des mérites individuels de chacun.

Je ne comprends pas pourquoi un forfait aussi important ne soit porté à la connaissance du public qu’une fois accompli et surtout que les ir-responsables de cette infraction restent impunis.

Je pense qu’il faudrait tout faire pour obtenir un logement au malheureux propriétaire et faire de sa maison un lieu de mémoire. Et surtout déterminer les responsabilités qui ont abouti à une telle infidélité à des valeurs universelles, pour lesquelles Larbi Ben M’hidi, entre autres, a fait don de sa vie.

On distribue des logements à toutes les personnes qui détiennent une part du patrimoine en otage. On offre généreusement et régulièrement des centaines de logements aux squatters qui détiennent la casbah en caution de mauvaise conduite à l’égard du patrimoine et on va rechigner à attribuer UN logement, en échange de sa maison, au propriétaire qui vit le calvaire dans une maison qui pour son « malheur » est historique.

Je pense qu’il faudrait se rapprocher du ministère de la culture, qui avait déjà envisagé, bien avant le drame, si mes infos se confirment, une action de préservation de ce lieu hautement symbolique.

Nous devons être pragmatique et appuyer sa démarche pour la faire aboutir et quelque soit, par ailleurs, notre opinion, ou notre perception des institutions en particulier et du système en général.

De toute façon, in fine, il nous faut l’appui d’une autorité pour faire aboutir notre démarche. Pour ma part, je suis et reste disposé à apporter ma modeste contribution à toute action que vous, qui êtes sur le terrain, jugez utile.

Amicalement et bon courage pour la suite.

Djaffar


LES RACINES DE LA RÉVOLTE ARABE ET LES CÉLÉBRATIONS PRÉMATURÉES

Un texte de James Petras professeur(à la retraite) de sociologie à l’université de Binghamton dans SUNY Etat de New York, aux USA, et assistant professeur à l’Université Sainte Marie à Halifax, Nouvelle Ecosse au Canada.

James Petras écrit beaucoup sur les problèmes politiques de l’Amérique latine et du Moyen Orient.

Les racines de la révolte arabe et les célébrations prématurées

La plupart des informations sur les révoltes arabes d’Egypte, Tunisie, Libye, Maroc, Yémen, Jordanie, Bahreïn, Irak et d’ailleurs se sont focalisées sur les causes les plus immédiates: dictature politique, chômage, répression, blessure et meurtre de manifestants.

La plupart se sont consacrées à la «classe moyenne» aux jeunes militants éduqués, à leurs communications sur internet et, dans le cas d’Israël et de ses théoriciens sionistes du complot à la «main cachée» des extrémistes islamistes.

Est ici absent tout effort visant à fournir un cadre pour la révolte, qui fournirait une explication de l’étendue de la structure socio-économique à moyen et long terme ainsi que du détonateur immédiat de l’action politique. L’étendue et la profondeur des soulèvements populaires et la diversité des forces politiques et sociales, qui sont entrés dans le conflit, excluent toute explication, qui ne voit qu’une seule dimension des combats.

L’essence des économies arabes

À l’exception de la Jordanie, la plupart des économies arabes, où se déroulent les révoltes, sont fondées sur les «rentes» du pétrole, du gaz, des ressources minérales et du tourisme, d’où proviennent la plupart des recettes d’ exportations et des revenus de l’État.

Ces branches sont en réalité des enclaves exportatrices, employant une infime partie de la population active et délimitant une économie hautement spécialisée.

Ces branches n’ont pas aussi d’articulation avec une économie productive domestique diversifiée: le pétrole est exporté et tous les produits finis, ainsi que les services financiers et les services de technologie de pointe, sont importés et contrôlés par les entreprises multinationales étrangères et par les expatriés liés à la classe dirigeante.

Le tourisme renforce le «loyer» en quelque sorte de branches qui fournit des devises étrangères et des recettes fiscales au clan familial de classe de l’État.

Pour les revenus fiscaux, l’État compte sur l’investissement des capitaux étrangers subventionnés par l’État et des investisseurs locaux politiquement connectés, dans l’immobilier et sur les travailleurs de la construction importés de l’étranger.

Les revenus basés sur les concessions peuvent créer une grande richesse d’ autant que les prix de l’énergie s’envolent, mais ces fonds vont à la classe des «rentiers», qui ne sont pas en mesure d’approfondir et d’élargir le processus de développement économique et l’innovation ou bien n’y inclinent pas…

Les rentiers se spécialisent dans la spéculation financière, l’ investissement outre-mer à travers les sociétés détenues par des capitaux privés, la consommation de gaspillage et la consommation de produits de luxe et les milliards de dollars et d’euros placés sur les comptes privés secrets dans les banques d’ outre-mer.

L’ économie rentière n’offre, en matière d’activité productive moderne, que peu d’emplois; son extrémité supérieure est contrôlée et élargie par les membres des clans familiaux et par les sociétés financières étrangères à travers des experts dans l’émigration; les travaux techniques et le travail qui comble l’emploi de l’extrémité inférieure de l’axe social imaginaire sont pris par la main-d’œuvre contractuelle étrangère, avec des niveaux de salaires et des conditions de travail pires, que ceux que les travailleurs qualifiés locaux sont prêts à accepter.

L’économie rentière fermée débouche sur une classe dirigeante fondée sur des clans, qui introduit la confusion des biens publics et privés; en fait en haut, il y a les monarques absolus, leurs familles et leurs clients, les chefs de tribus, l’entourage politique et les technocrates au milieu.

Ce sont des classes régnantes fermées. L’entrée est limitée à certains membres du clan ou à des dynasties familiales et un petit nombre d’individus-entrepreneurs, qui peuvent accumuler les richesses en servant la classe régnante.

Ce cercle étroit vit des rentes des locations, s’ offre un revenu du partenariat dans la possession des terres, où une expertise n’est pas requise, mais seulement une autorisation officielle, de la cession de terres, des licences d’exportation et de l’exonération fiscale.

En plus du pillage des caisses de l’État, la classe dirigeante pratique la liberté du commerce – c’est-à-dire. l’importation de produits finis bon marché – c’est-à-dire la destruction de toute mise en exploitation d’origine domestique dans la transformation productive, le secteur agricole et technique…

Le résultat est qu’il n’existe pas de capitaliste national-entrepreneur ou de classe moyenne.

Sont, la plupart du temps, considérés classe moyenne les employés du secteur public (enseignants, professions médicales, fonctionnaires, pompiers, policiers, officiers de l’armée), qui dépendent de leurs salaires, lesquels à leur tour dépendent de la subordination de ces salariés au pouvoir absolu. Ils n’ont pas la moindre chance d’accéder aux couches supérieures, ni de voir leurs enfants instruits s’ouvrir des perspectives économiques.

La concentration du pouvoir économique, social et politique dans un clan de classe fermé, qui contrôle le système, conduit à une énorme concentration de la richesse.

Résultat de la différence sociale entre dirigeants et dirigés cette richesse fruit des prix élevés des produits de base produit une image fortement déformée de la «richesse» par habitant.

En comptant les milliardaires et les millionnaires au sommet dune masse de jeunes à faible revenu et mal employée, on donne un revenu moyen élevé trompeur.

Le gouvernement des rentiers: par les armes et les aumônes

Pour contrebalancer ces grandes inégalités dans la société et protéger sa position de classe dirigeante rentière parasitaire celle-ci choisit des alliances avec des entreprises d’armement à coups de milliards de dollars et la protection militaire de la puissance impériale dominante (USA).

Les dirigeants s’engagent à offrir la «néocolonisation sur invitation» les sites pour les bases militaires ainsi que les aéroports et les ports maritimes pour les opérations militaires, des accords secrets pour le financement de mercenaires contre ceux qui s’opposent à l’impérialisme et la soumission à la domination sioniste dans la région (hormis la petite critique occasionnelle vide de sens.).

Sur le moyen terme le gouvernement par la force est complété par l’allocation autoritariste paternaliste dispensée à la pauvreté rurale et aux groupes tribaux ; les livraisons de vivres à la pauvreté urbaine; la voie sans issue des travaux d’urgence pour les chômeurs instruits.

L’achat d’armements coûteux et les allocations paternalistes autoritaires reflètent l’incapacité de lancer tout investissement productif.

Plutôt que de donner les milliards à la relance de l’économie on les donne à la course aux armements.

Des centaines de millions sont donnés aux allocations autoritaires exceptionnelles et paternalistes plutôt que dans des investissements à long terme créateurs d’emplois productifs.

La «colle» qui maintient le système ensemble, est une combinaison de pillage moderne des richesses publiques et des sources d’énergie naturelles et d’utilisation de mercenaires et de recrues néocoloniales pour contrôler et opprimer la population.

Des systèmes d’armes américains modernes sont au service de monarchies et de dictatures anachroniques et absolutistes, fondées sur les principes du règne dynastique du 18ème siècle.

L’émergence et la propagation des systèmes de communication les plus récents et de centres commerciaux à l’architecture ultramoderne pour la satisfaction des consommateurs de l’élite, et qui forment un contraste aigu vis-à- vis de l’écrasante majorité des jeunes instruits au chômage, en haut exclus et en bas repoussés par les travailleurs contractuels d’ outre-mer sous- rémunérés.

La déstabilisation néolibérale

Les clans de classe rentiers sont poussés par les institutions financières internationales et les banquiers locaux à «réformer» leurs économies: à «l’ouverture» du marché intérieur et des entreprises publiques pour les investisseurs étrangers à réduire les déficits, résultant de la crise mondiale et à mettre en œuvre des réformes néolibérales.

Le résultat des «réformes économiques» a été de réduire ou de cesser la fourniture d’aliments pour les pauvres et la réduction de l’emploi dans le secteur d’État, ce qui a bloqué une des rares possibilités d’emploi pour les jeunes instruits.

On augmente les impôts pour les consommateurs et les travailleurs salariés et les titulaires de revenus fixes tandis que les commerçants de l’immobilier, les spéculateurs financiers immobilier et les importateurs sont exonérés d’impôts.

La déréglementation a renouvelé la corruption massive, non seulement au sein de la classe rentière dirigeante, mais aussi dans son environnement commercial immédiat.

Le «cordon» paternaliste autoritaire qui liait la classe moyenne à la classe régnante , a été perturbé par les réformes néo libérales suscitées par les pays étrangers.

Des réformes qui combinent l’exploitation étrangère moderne avec les formes traditionnelles déjà existantes de l’exploitation privée domestique.

Les régimes claniques de classe ne peuvent plus compter sur des mouvements syndicaux, estudiantins, de petits entrepreneurs et d’un secteur d’État sous-payé, isolés les uns des autres pour tenir les fidèles des clans, des tribus, cléricaux et clientélistes.

La rue contre le palais

Les causes immédiates de la révolte arabe sont concentrées dans les contradictions démographiques de classe d’une économie rentière sous direction clanique de classe.

L’oligarchie au pouvoir règne sur la masse des chômeurs et des jeunes travailleurs peu employés qui constituent dans la tranche des moins de 25 ans, 50 à 60 % de la population.

L’économie rentière «moderne» dynamique n’accepte pas d’employer des jeunes fraîchement formés. Elle les chasse vers l’économie de la rue, du jour le jour, non protégée et sous payée comme marchands ambulants, contractuels dans les transports et dans les services aux personnes.

Les secteurs ultramodernes tels que le pétrole, l’immobilier, le tourisme et les centres commerciaux dépendent de l’appui politique et militaire des chefs traditionnels retardataires cléricaux, des tribus et des clans qui sont entretenus mais jamais intégrés dans la sphère de la production moderne.

La classe ouvrière industrielle urbaine moderne avec des petits syndicats indépendants est interdite.

Les associations citoyennes de la classe moyenne sont soit sous le contrôle de l’ État, soit se limitent juste à se plaindre à l’ État absolutiste.

Le développement insuffisant des organisations sociales liées aux classes sociales impliquées dans des activités de production modernes, signifie que l’axe de l’action sociale et politique est la rue.

Les jeunes chômeurs et les jeunes partiellement occupés dans le secteur du jour le jour, se rencontrent sur les places, dans les kiosques, les cafés dans des cercles aux coins des rues et sur les marchés, ils tournent autour et à l’écart des centres du pouvoir administratif absolutiste.

Les masses urbaines n’occupent pas de positions stratégiques dans le système économique, mais ils sont à portée de mains pour des mouvements de foule, capables de paralyser les rues et les places, par lesquelles sont acheminés les biens et services et réalisés les bénéfices.

De même qu’est important le fait que les mouvements de masses mis en action par la jeunesse au chômage fournissent l’ occasion pour les syndicalistes et pour les travailleurs opprimés dans le secteur public, pour les petits entrepreneurs et les travailleurs indépendants, de participer à des actions de protestations sans être victimes de représailles dans leur lieu de travail- détournant ainsi le «facteur de peur» de la perte d’emploi.

La confrontation politique et sociale tourne autour des pôles opposés: l’oligarchie clientéliste et les masses exclues (la rue arabe).

Les premiers dépendent directement de l’État (l’appareil militaire et policier) et les seconds d’organisations non structurées, locales, informelles, ouvertes,improvisées.

L’exception est la minorité étudiante universitaire, qui agit par le biais d’Internet.

Les syndicats industriels organisés sont entrés dans la mêlée récemment et mettent surtout l’accent sur les revendications économiques de branche, avec quelques exceptions-en particulier dans les entreprises publiques, contrôlées par les copains- oligarques, où les travailleurs exigent des changements dans la direction.

La résultante des caractéristiques sociales des États rentiers, c’est que les soulèvements ne prennent pas les formes de lutte des classes entre la force de travail salariée et les capitalistes-industriels.

En émergent comme des révoltes politiques de masse contre l’État oligarchique.
Les mouvements sociaux basés sur la rue démontrent leur capacité de déclarer l’ autorité étatique illégale, de paralyser l’économie et peuvent conduire à l’expulsion des gouvernants autocrates .

Mais la spécificité naturelle de ces mouvements de masse de rue c’est de remplir relativement facilement les places, mais aussi de se disperser lorsque sont évincés les symboles de l’oppression.

Les mouvements basés sur la rue manquent d’organisation et d’un leadership qui proposerait et encore moins instaurerait un nouvel ordre politique ou social.

Leur force réside dans leur capacité à développer des pressions sur les élites et les institutions existantes, pas à remplacer l’État et l’économie.

D’où, la surprenante légèreté avec laquelle l’armée égyptienne a pu avec l’aide des États-Unis, d’ Israël et de l’Union européenne s’emparer du pouvoir et protéger l’ensemble de l’État rentier et la structure économique et en même temps maintenir les liens avec son conseiller impérial.

Les conditions rapprochées et l’ « effet de démonstration »

La propagation des révoltes arabes à travers l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et les États du Golfe est en premier lieu le produit de conditions historiques et sociales similaires: Les États rentiers dirigés par les clans familiaux des oligarques, dépendant des «rentes» tirées de l’exportation forte du pétrole et de l’énergie, ce qui réduit la grande majorité des jeunes aux activités économiques courantes basées sur la rue.

«La force de l’exemple» et «l’effet de démonstration» ne peuvent être qu’ en reconnaissant les mêmes conditions socio-économiques-politiques dans chaque pays.

La force de la rue-les mouvements urbains de rue- supposent la rue comme scène économique des principaux acteurs et prendre la place comme le lieu de l’exercice du pouvoir politique et de la présentation des revendications sociales.

Sans aucun doute les succès partiels en Egypte et en Tunisie ont conduit à l’explosion du mouvement ailleurs. Mais ils n’ont pu le faire que dans les pays ayant le même héritage historique, les mêmes polarités sociales entre le clan des dirigeants-rentiers et la force de travail marginale de la rue et surtout, là où les gouvernants ont été fortement impliqués et subordonnés aux groupes d’intérêts impériaux économiques et militaires…

Conclusion

Les dirigeants-rentiers régentent à travers leurs liens avec les institutions militaires et financières des États-Unis et de l’Union européenne.

Ils modernisent leurs enclaves aisées et marginalisent la jeunesse qui vient de terminer sa formation la confinant dans les emplois faiblement rémunérés, principalement dans le secteur informel , concentrés dans les rues des grandes villes.

La privatisation néolibérale, la réduction des prestations publiques (prestations de chômage, nourriture, huile comestible, gaz, transports, la santé et l’ éducation), ont détruit les liens paternalistes grâce auxquels les gouvernants contenaient le mécontentement de la jeunesse et la pauvreté ainsi que celui des élites cléricales et des chefs tribaux. L’agrégat de classes et de masses, modernes et traditionnelles, était un résultat direct du processus de neolibéralisation par le haut et d’exclusion par le bas.

La promesse des «réformateurs» néo-libéraux que le marché allait apporter des emplois biens payés à la place des subventions paternalistes, était un faux.

La politique néolibérale a raffermi la concentration de la richesse, mais a affaibli le contrôle de l’État sur les masses..

La crise économique capitaliste mondiale a entraîné les États-Unis à l’Europe à durcir les contrôles de l’immigration et ont éliminé l’une des soupapes de sureté des régimes-les départs massifs de jeunes chômeurs instruits , demandeurs d’emploi à l’étranger.

L’émigration n’est plus une alternative à choisir. Le choix s’est rétréci à « lutte ou souffre ».

Des études montrent que ceux qui ont émigré, ont tendance à être plus ambitieux, mieux instruits (dans le cadre de leur catégorie) et ceux qui prennent le plus de risques.

Maintenant, attirés vers leur leur mère patrie, avec de petites illusions seulement sur les possibilités outre-mer, ils sont contraints de se battre pour la mobilité individuelle chez eux par l’action collective politique et sociale.

De même qu’est important le fait qu’au sein de la jeunesse politique, les USA garants en quelque sorte des régimes rentiers sont vus comme une puissance impériale déclinante: sur le plan économique, ils sont menacés par la Chine sur les marchés mondiaux.

Ils font face à une défaite, comme gouvernants coloniaux en Irak et en Afghanistan; ils sont méprisés comme le servant flagorneur et menteur d’un Israël de plus en plus discrédité, malgré ses agents sionistes dans le régime d’Obama et dans le Congrès.

Tous ces éléments de déclin et de la honte de l’empire ajoutent du courage aux mouvements pour la démocratie, pour aller de l’avant contre les satellites américains et atténue sa crainte que la puissance de l’armée américaine va frapper et dresser un troisième front militaire.

Les mouvements de masse considèrent leurs oligarques comme des régimes de «troisième ordre»: des États rentiers sous la domination des États-Unis, lesquels, par contre, sont sous le contrôle israélien-sioniste.

131 pays dans l’Assemblée générale des NATIONS Unies et l’ensemble du Conseil de sécurité, sauf les États-Unis condamnent l’expansionnisme colonial israélien; avec le Liban, l’Égypte, la Tunisie et la montée prochaine de nouveaux régimes au Yémen et à Bahreïn, promettant une politique étrangère démocratique, les mouvements de masse découvrent que tous les 680 000 soldats Israéliens avec leur armement moderne ne lui sont d’aucune utilité en raison de son isolement diplomatique total, de la perte de ses clients rentiers locaux et du discrédit total de ses dirigeants militaristes boursouflés et de leurs agents sionistes dans le corps diplomatique des États-Unis.

Les structures socio-économiques et les conditions politiques elles mêmes qui ont déclenché les mouvements de masse pro-démocratiques, les jeunes sans emploi et sous-employés, organisés dans la rue, représentent à présent le plus gros problème:

Cette masse non structurée et non organisée peut elle devenir une force politique et sociale organisée qui s’empare du pouvoir d’État, démocratise le régime et en même temps crée une économie nouvelle, productive qui offre des emplois stables bien rémunérés, l’ économie qui manque jusqu’à présent dans l’économie rentière?

La conclusion politique actuelle n’est pas claire: les démocrates et les socialistes rivalisent avec les forces néolibérales, cléricales et monarchistes financées par les États-Unis.

Il est un peu trop tôt pour célébrer la révolution démocratique du peuple.

.
James Petras

(*) James Petras est professeur( à la retraite) de sociologie à l’université de Binghamton dans SUNY Etat de New York, aux USA, et assistant professeur à l’ Université Sainte Marie à Halifax, Nouvelle Ecosse au Canada, Il écrit beaucoup sur les problèmes politiques de l’Amérique latine et du Moyen Orient .

L’ ALGÉRIE BOUILLONNE ET S’INTERROGE SUR LES VOIES ET LES MOYENS DU CHANGEMENT

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Signe des temps de plus en plus encourageant! Les opinions sur l’avenir algérien proche s’entrecroisent. L’enjeu des débats n’est plus seulement théorique et tourné vers des horizons souhaitables. C’est du besoin impératif du changement à réaliser, de son contenu, de sa faisabilité, des voies et moyens pour y parvenir, qu’il est le plus souvent question dans ces contributions marquées par leur diversité idéologique.

Socialgerie met en ligne quelques échos des opinions qui lui parviennent.

Ils sont loin d’être exhaustifs, mais sont délivrés avec l’espoir qu’ils contribuent à la réflexion tournée vers l’action unie des forces nationales, démocratiques et sociales.

Dans d’autres articles, seront également regroupées des opinions relatives aux fortes évolutions en cours dans le monde arabe, souvent marquées par la complexité qui exige de conjuguer encore plus le dynamisme et le discernement.


RachadTV “DÉBAT AVEC FODHIL BOUMALA”, 20 & 24 mars 2011.


“CRÉATION DU FRONT DU CHANGEMENT NATIONAL”, le 19 mars 2011.


“CONFÉRENCE DE PRESSE DE MEHRI AU SIÈGE DU FFS”, le 15 mars 2011.


“LES ALGERIENS QUI MARCHENT ET QUI NE MARCHENT PAS, LE «PEUPLE INTROUVABLE» DE LA CNCD”, par M. Bouhamidi, le 10 mars 2011.


[DANS UN ENTRETIEN AVEC « MAGHREB EMERGENT »

Me Mustapha BOUCHACHI, “la CNCD et LES CONCEPTIONS DU CHANGEMENT EN ALGÉRIE”->#MAGHREB], le 09 mars 2011


[« PETITE CHRONIQUE DES ANNÉES DE BRAISE »

&

« LA RÉVOLUTION DE 11h à MIDI »->#CHRONIQUE]

DEUX ARTICLES DE GHANIA MOUFFOK, le 12 février 2011, le 12 février 2011.


[“SNAPAP-LADDH-SATEF-CLA-Coordination Nationale des sections CNES:

COMMUNIQUÉ DE LA RÉUNION DU VENDREDI 21/JANVIER/2011”->#COMMUNIQUÉ]


“APPEL DU 24 FEVRIER”, le 1er février 2011.


[Actions, appels, interrogations et attentes se multiplient

ALGÉRIE : UNE RÉVOLTE ET DES ASPIRATIONS LÉGITIMES

“NE BRÛLEZ PAS CETTE JEUNESSE !”->#JEUNESSE], le 7 janvier 2011.


“1er NOVEMBRE 2010: FRONT NATIONAL DU CHANGEMENT” (FNC).



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كونوا في موعد حصة « من الأمس إلى الغد »

الأحد 20 مارس2011

على الساعة 19:00 بتوقيت الجزائر – 19:00 توقيت أوربا

حوار على المباشر مع فضيل بومالة

الشعب، النظام والمعارضة في الجزائر: إصلاح أم تغيير ؟

RachadTV Débat avec Fodhil Boumala

Peuple, pouvoir et opposition en Algérie :

réforme ou changement ?

Dimanche 20 mars 2011, 19:00 Alger – 19:00 Europe

حصة خاصة يوم الخميس 24 مارس 2011 لمنبر رشاد : إعلان هام لقناة رشاد

Emission spéciale « minbar Rachad » le jeudi 24 mars 2011, annonce importante de RachadTV

Participez en direct par skype ou par telephone ou

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1 – www.rachad.tv

2 – http://www.livestream.com/rachadtv

3 – www.ustream.tv/channel/rachad-tv

كما يمكن المشاركة في الحصص المفتوحة للحوار بالاتصال:

1 – التلفوني على الرقم : 00442031293081

2 – على حساب rachadtv على Skype

Aussi sur youtube :

http://www.youtube.com/rachadtv

et

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CRÉATION DU FRONT DU CHANGEMENT NATIONAL

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Notre pays traverse une grave crise dont l’origine est l’illégitimité du pouvoir en place depuis l’indépendance. Ce régime, qui a toujours disposé de l’État comme d’un bien privé, a mené le pays à l’impasse et se trouve aujourd’hui dans l’incapacité de l’en sortir, ayant atteint ses limites. Sans vision d’avenir et sans véritable stratégie, il se contente de naviguer à vue, ignorant les signaux de détresse d’une jeunesse qui, malgré la rente pétrolière qui a atteint des niveaux inégalés, est condamnée à subir la mal-vie, le chômage et la hogra, l’exil étant devenu pour elle la seule voie d’accès à une vie digne. Ses cris de révolte et ses gestes de désespoir sont totalement ignorés par des dirigeants coupés du peuple, barricadés dans leurs résidences hautement sécurisées, trop préoccupés par leurs affaires pour s’intéresser au sort de leurs administrés.
Les multiples velléités politiques de ce régime, faites d’improvisations et de manœuvres scélérates destinées à tromper le peuple et à faire passer des décisions souvent contraires à ses intérêts, n’ont mené qu’à d’amères désillusions.

Malgré son état de déliquescence avancée, ce pouvoir, honni et coupé des réalités nationales, refuse obstinément de partir. Il est prêt à tout pour se maintenir.
Devant cette crise politique d’une gravité exceptionnelle qui risque de provoquer, au vu de la conjoncture régionale, un véritable tsunami populaire, nous, Algériennes et Algériens, de toutes conditions sociales et de toutes tendances politiques, avons décidé de prendre nos responsabilités devant notre Peuple.

Nous sommes déterminés à mettre un terme à cette logique d’autodestruction dans laquelle le régime a enfermé notre nation. Nous appelons tous les patriotes sincères soucieux de l’intérêt supérieur de notre pays à adhérer avec nous à ce compromis politique qui sera l’instrument de la libération de notre peuple du joug qui lui est imposé par un pouvoir illégitime.

À travers ce compromis qui se propose de réunir toutes les volontés intellectuelles, politiques et citoyennes, sans exclusion, nous nous engageons résolument aux côtés de notre peuple dans sa lutte pour le recouvrement de sa pleine souveraineté et l’instauration d’un Etat de droit à travers un changement radical et pacifique du régime politique.

Cet accord s’inscrit en continuité avec la Déclaration du 1er novembre 54 et la Plateforme de la Soummam, textes fondamentaux de la Révolution Algérienne, dont il réaffirme avec force les idéaux et principes essentiels.

Les Principes essentiels sur la base desquels nous appelons au rassemblement de tous les patriotes sincères sont :

  1. Le changement RADICAL et PACIFIQUE du régime politique.
  2. Notre indéfectible attachement à notre ALGERIANITE dans sa triple dimension (islamité, amazighité, arabité). Aucun des fondements de notre identité forgée par l’Histoire ne pourra, dans un quelconque but, être instrumentalisé ou monopolisé par une quelconque partie à des fins politiciennes, que celle-ci soit au pouvoir ou dans l’opposition.
  3. Le respect total de la dignité et des droits de la personne humaine, dans leur intégralité.
  4. Le respect des libertés individuelles et collectives, sans distinction de race, d’origine, de sexe ou de confession.
  5. Le respect de la souveraineté populaire : le peuple est la seule source de pouvoir et de légitimité.
  6. Le respect de la démocratie comme moyen de gestion politique et de régulation pacifique de la société et le rejet de toute forme de violence, que ce soit dans l’expression ou la gestion des conflits qui traversent la société.
  7. L’alternance au pouvoir à travers le suffrage universel.
  8. L’institution militaire, libérée de l’oligarchie qui l’a prise en otage depuis la fin de la guerre d’indépendance, doit devenir une institution républicaine dont la mission sera clairement définie par la Constitution issue de la volonté populaire. Aucune institution de l’Etat, quelle qu’elle soit, ne peut et ne doit se prévaloir d’être au-dessus de la souveraineté du peuple, seule source de légitimité.

Sur la base de ces principes fondamentaux et obéissant à une démarche consensuelle, nous avons décidé de nous organiser au sein d’un Front du Changement National afin de mobiliser notre peuple en vue d’un véritable changement du système politique. Ce Front regroupera toutes les volontés politiques, intellectuelles et citoyennes, sans exclusion, qui se reconnaitront dans les principes énoncés dans le présent Compromis. En aucun cas, il ne sera une addition d’appareils politiciens ou le lieu de confrontations idéologiques, mais un creuset de volontés tendues vers un idéal démocratique commun, émanant de citoyennes et de citoyens de tous bords qui n’ont d’autre objectif que la réalisation d’un changement radical et pacifique de notre système de gouvernance et l’instauration de l’État de Droit.

Ce Front sera dissous de facto, lorsque ses objectifs auront été atteints.

Le Front du Changement National rejettera toute interférence ou ingérence, de quelque nature que ce soit, de puissances étrangères dans le processus de changement et de transition démocratique vers un Etat de Droit, partant du principe que la crise politique nationale ne peut et ne doit être réglée que par les Algériens eux-mêmes.

Le changement radical du système passera obligatoirement par une phase de transition dont le Front du changement National et l’institution militaire auront à définir la durée et les objectifs précis et à mettre en place les mécanismes opérationnels. Cette phase transitoire débutera par:

1. la mise en place d’un Gouvernement de transition, qui aura pour missions:

  • la gestion des affaires courantes.
  • la préparation de l’élection d’une Assemblée Constituante, seule voie légitime de restitution au peuple de sa souveraineté pleine et entière.

2. la mise en place d’un Conseil Consultatif: Il sera constitué de personnalités politiques et scientifiques moralement irréprochables, connues pour leur intégrité et leur probité. Son rôle sera d’accompagner et conseiller le gouvernement de transition.

Dès son installation, le gouvernement de transition proclamera :

  1. La levée de toutes les contraintes légales et administratives sur les libertés individuelles et collectives.
  2. La dissolution des assemblées préfabriquées (Assemblée dite Nationale et « Sénat »).
  3. L’indépendance de la justice.
  4. La dissolution de la police politique.
  5. La liberté de création de partis politiques et de syndicats libres et le droit d’accès aux médias publics pour toutes les opinions politiques.
  6. La libération de tous les détenus politiques et d’opinion, la levée immédiate de toutes les mesures de tous ordres concernant les condamnés pour ces mêmes délits, et la proclamation du droit de retour au pays de tous nos compatriotes réduits à un exil forcé.
    Nous, signataires du présent texte, prêtons serment devant notre peuple de respecter à la lettre ce compromis politique et d’œuvrer à sa concrétisation, au service de l’Algérie et de l’Algérie seule.

Nous en appelons au cœur et à la raison de toutes les Algériennes et tous les Algériens, en ces moments difficiles, pour puiser dans leurs ressources patriotiques afin d’œuvrer ensemble, sans exclusion aucune et dans la sérénité, pour éteindre les flammes de la haine et de la rancœur.

Puisse Dieu nous donner la force et la détermination de hisser notre pays au rang d’un Etat de Droit authentique, dans une Algérie réconciliée avec elle-même, solidaire et fraternelle.

Alger le 19 mars 2011

FChangementNational@gmail.com

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Membres fondateurs (par ordre alphabétique):

Lahouari ADDI. Professeur de sociologie

Boubekeur AIT BENALI. Ingénieur Electromécanicien.

Samir AIT IFTEN. Etudiant

Abdelmadjid AIT SAADI. Ingénieur.

Lyès AKRAM. Etudiant.

Zineb AZOUZ. Universitaire.

Abdelkrim BADJADJA. Consultant en Archivistique.

Samir BELATECHE. Webmaster.

Noureddine BELMOUHOUB. Militant des Droits de l’Homme.

Abdelwahab BENYELLES. Universitaire.

Yanis BOUAZIZ. Etudiant.

Sami BOUMENDJEL. Architecte.

Yahia BOUNOUAR. Journaliste.

Djameleddine BENCHENOUF. Journaliste.

Wassila BENLATRECHE. Universitaire.

Amar CHEBALLA. Journaliste.

Ahmed CHOUCHANE. Ex-officier de l’armée nationale.

Iskander DEBACHE. Journaliste.

Abdelkader DEHBI. Universitaire

Amokrane DJAFFAR. Expert Aviation Civile.

Nassim FOUDIL-BOURAS. Ingénieur aérospatial.

Nassima GUETTAL. Ingénieur Informatique.

Rachid GHOREIB. Journaliste.

Adel HERIK. Ingénieur.

Amar INGRACHEN. Journaliste.

Mohamed JABARA. Universitaire.

Amina KADI. Universitaire.

Lounès KELLAL. Avocat.

Malika LOUNIS. Juriste.

Mohamed MEGDOUD. Professeur d’anglais.

Hacine OUAGUENOUNE. Ex-officier de l’armée nationale.

Salim SALHI. Journaliste.

Adel SAYAD. Ecrivain. Journaliste.

Salah-Eddine SIDHOUM. Chirurgien.

Faredj TALBI. Etudiant.

Yassine ZAID. Syndicaliste.

Rachid ZIANI-CHERIF. Médecin.

Youssef ZIREM. Journaliste.

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إنشاء جبهة التغيير الوطني

إن وطننا الحبيب يمر بأزمة خطيرة تتمثل في فقدان السلطة السياسية للشرعية منذ الاستقلال. فهذا النظام الذي تصرف في مؤسسات الدولة و كأنها ملكيته الخاصة، جر البلاد إلى نفق مسدود، و وجد نفسه اليوم عاجزا عن الخروج منه

إذ على الرغم من واردات البترول الغير المسبوقة للبلاد، فإن هذا النظام عجز عن انتهاج أي خطة استراتيجية بعيدة المدى، متصرفا بعشوائية وارتجال غير راشد في شؤون البلاد، دون مبالاة بأوضاع الشباب الجزائري الذي بات عُرضة للإهانة و التهميش والبطالة وال »حقرة »، التي لم يجد عنها بديلا سوى المغامرة بحياته من خلال الهجرة السرية كوسيلة للحصول على معيشة كريمة – كما يبدو له – بعيدا عن اهتمام الحُكام المتحصنين في قصورهم ، والذين أصبح همهم الوحيد، هو السهر على أعمالهم والتلهف على جمع الثروات

لقد باءت بالفشل كل المحاولات التضليلية المتعددة والارتجالية، التي ادعى النظام أنها « إصلاحات »، في ظل تغييب إرادة الشعب وعدم مراعاة مصالحه

وعلى الرغم من حالة التسيب و المُيوعة التي آل إليها هذا النظام المرفوض من طرف الشعب والبعيد كل البعد عن الواقع الوطني، فإنه لا يزال مُصِرا على البقاء في الحكم مهما كان الثمن

و أمام هذه الأزمة السياسية الخطيرة التي باتت تهدد ب « تسونامي » شعبي قد يتفجر في ظروف اقليمية مشحونة ، فإننا نحن المواطنون والمواطنات من كل الطبقات الاجتماعية ومن كل الحساسيات السياسية، قررنا تحمل مسؤولياتنا أمام الشعب. و عقدنا العزم على وضع حد نهائي لمنطق التخريب الذاتي الذي تسبب فيه النظام و و أوقع فيه الأمة

وعليه، فإننا ننادي كل المواطنين الغيورين على المصالح العليا لوطننا، للانضمام إلى هذه التسوية السياسية التي ستكون الآلية الكفيلة بتخليص الشعب من التسلط المفروض عليه من قِبل نظام غير شرعي

فمن خلال هذه التسوية التي تسعى إلى جمع كل الإرادات الفكرية و السياسية والشعبية بدون اقصاء، نعبر عن عزمنا الثابت لمواكبة كفاح شعبنا من أجل استعادة سيادته الكاملة وبناء دولة القانون عبر تغيير جذري للنظام بكل الوسائل السلمية المتاحة

يندرج مشروعنا للتسوية ضمن المبادئ المعلن عنها في بيان أول نوفمبر 1954 وأرضية الصومام اللذان يمثلان جوهر النصوص المؤسسة للثورة الجزائرية

إن المبادئ الأساسية التي تم عليها الإجماع بيننا ضمن هذه الديناميكية هي كما يلي:

1) – التغيير الجذري للنظام السياسي القائم بالوسائل السلمية.

2) – التشبث بهويتنا الجزائرية ومكوناتها الثلاثة : الإسلام، الأمازيغية و العروبة؛ ولن يُخول لأي شخص أو جمعية أو حزب سياسي، أن يستعمل إحدى هذه المكونات للهوية الوطنية كأداة سياسوية، سواء كانوا في الحكم أو في المعارضة.

3 ( – الاحترام التام لكرامة الإنسان و جميع حقوقه.

4) – احترام الحريات الفردية والجماعية، بصرف النظر عن أي اعتبارات ذات طابع عرقي أو جنسي أو ديني

5) – الالتزام بالسيادة الشعبية ، لكونها المصدرالوحيد للسلطة والشرعية.

6) – اعتماد قواعد الديمقراطية كوسيلة للتسيير السياسي والتنظيم السلمي للمجتمع، مع نبد العنف كوسيلة للتعبير أو لإدارة شؤون المجتمع.

7) – اعتماد التداول على السلطة من خلال الانتخابات

–المؤسسة العسكرية بعد تخليصها من قبضة الاليغارشية التي استحوذت على قيادتها منذ نهاية حرب التحريرـ يجب أن تستعيد مهمتها كمؤسسة جمهورية تُحدد وظيفتها بنص الدستور المنبثق عن إرادة الشعب، عِلما أنْ لا مؤسسة مهما كان موقعها في السلطة تعلو على السيادة الشعبية التي هي المصدر الوحيد للشرعية

وعلى أساس هذه المبادئ المُجمَع عليها، قررنا تنظيم أنفسنا في إطار « جبهة التغيير الوطني » لتجنيد الشعب الجزائري من أجل تغيير حقيقي وفعلي للنظام القائم. وستضُم هذه الجبهة، كل الفعاليات السياسية والثقافية والشعبية بدون إقصاء إذا تبنت المبادئ المنصوص عليها في التسوية. ولن تكون هذه الجبهة، بأي حال من الأحوال، مجرد تركيبات سياسوية أو ساحة لصراعات إيديولوجية، بل ستكون حاضنا جامعا لكل الإرادات الوطنية الخيرة، على اختلاف حساسياتها، المتطلعة إلى إنجاز مشروع ديمقراطي مشترك، هدفهم الوحيد هو التغيير الجذري و السلمي للنظام السياسي القائم وإرساء دولة القانون

ستُحل هذه الجبهة، فورَ تحقيق أهدافها المنشودة

سترفض جبهة التغيير الوطني أي تدخل من قبل القوى الأجنبية في مسار التغيير والمرحلة الانتقالية نحو دولة القانون، انطلاقا من اقتناعها بأن الأزمة السياسية الوطنية لم و لن تحل إلا من طرف الجزائريين أنفسهم

التغيير الجذري للنظام يمر حتما بالمرحلة الانتقالية التي ستحدد من طرف جبهة التغيير الوطني والمؤسسة العسكرية، كما ستكون الميكانزمات العملية والأهداف المنوطة بهذه المرحلة كما يلي :

1) – تنصيب حكومة مؤقتة تكون مهمتها :

أ – تصريف الأعمال.

ب – التحضير لانتخاب مجلس وطني تأسيسي، وهو السبيل الوحيد و الشرعي لاستعادة الشعب لسيادته الكاملة.

2) تنصيب مجلس استشاري يتكون من شخصيات سياسية وعلمية نزيهة ومحترمة، من أجل مرافقة الحكومة المؤقتة و تقديم الاستشارة لها عند الحاجة.

ستقوم الحكومة المؤقتة فور تنصيبها بالإعلان عما يلي :

أ – إلغاء كل القوانين والقرارات الإدارية المقيدة للحريات الفردية والجماعية.

ب – حل المجالس المفبركة ( المجلس الوطني و مجلس الأمة).

ج ـ استقلالية العدالة عن السلطة التنفيذية.

د – حل أجهزة الشرطة السياسية.

و – رفع القيود عن حرية تأسيس الأحزاب السياسية والنقابات الحرة و حرية الإعلام.
ه – إطلاق سراح السجناء السياسيين وسجناء الرأي وإلغاء كل العراقيل ذات الصلة بما فيه عَودة المواطنين من المنفى.
هذا، وفي الخلاصة، نحن المواطنون الممضون أدناه، نتعهد أمام شعبنا بالالتزام حرفيا بهذه التسوية السياسية وبالعمل على تحقيقها على أرض الواقع، خدمة للجزائر، وللجزائر فقط

وعليه، نناشد ضمائر وقلوب كل الأحرار من الجزائريين والجزائريات، في هذه الظروف الحرجة من أجل أن يستجمعوا مشاعرهم الوطنية و يتجندوا معا للعمل الجماعي دون إقصاء، لإطفاء لهيب الحقد و الضغينة

نسأل الله عز وجل، القوة والعزيمة، حتى نرقى بمجتمعنا إلى مستوى دولة القانون الحقيقية، في جزائر متصالحة مع نفسها، يسودها التضامن والأخوة بين كل أبنائها

الجزائر 19 مارس 2011

FChangementNational@gmail.com
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ألاعضاء المؤسسون

لياس اكرم. طالب

جعفر امقران. خبير في الطيران المدني

عمار انقراشن. صحفي

سمير آيت افتان. طالب

ابو بكر آيت بن علي. مهندس

عبد المجيد آيت سعدي. مهندس

عبد الكريم باجاجه. مستشار وثائقي

سمير بلاّطش, وبماستر

وسيلة بن الأطرش. جامعية

جمال الدين بن شنوف. صحفي

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نور الدين بن موهوب. ناشط في مجال حقوق الانسان

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محمد مقدود. استاذ

حسين هرون وقنون. ضابط سابق في الجيش الوطني


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ABDELHAMID MEHRI: «NI AÏT AHMED NI MOI NE VIENDRONS AU SECOURS DU SYSTÈME»

CONFÉRENCE DE PRESSE DE ABDELHAMID MEHRI

Sources:

Rédaction LQA, le 16 mars 2011 (14 Commentaires)

El Watan le 16.03.11

Abdelhamid Mehri a adressé une mise au point à tous ceux qui ont vite interprété son appel au changement comme étant une initiative susceptible de venir à la rescousse du régime de Bouteflika.

Selon lui, l’idée du changement implique nécessairement la disqualification du système politique en place et non pas seulement celle des personnes.

Presque un mois après avoir lancé son initiative pour le changement du régime, Abdelhamid Mehri est revenu à la charge pour apporter quelques clarifications sur le débat et la «polémique» suscités par la lettre qu’il a adressée au chef de l’Etat.

D’emblée, l’ancien secrétaire général du FLN dément les informations selon lesquelles il aurait rencontré Abdelaziz Bouteflika dans le sillage de son initiative. «Je n’ai pas rencontré Bouteflika. Si je viens à le faire, cela se fera en plein jour et publiquement», a précisé Mehri, à l’occasion d’une conférence de presse qu’il a animée, hier, au siège du FFS à Alger. Autre clarification apportée par Mehri est liée à une éventuelle «alliance entre lui et le leader du FFS, Hocine Aït Ahmed» pour venir au secours du chef de l’Etat, comme cela a été rapporté dans les milieux médiatiques. «C’est une comédie. Cette analyse est totalement fausse», a déclaré Abdelhamid Mehri.

«Ce n’est ni moi ni Aït Ahmed qui allons sauver le régime», a-t-il fait savoir, non sans rappeler ses positions antérieures. «Je tiens à ce que mes positions soient claires et publiques. Je crois que les questions d’intérêt général n’ont pas de secret et se règlent devant l’opinion publique», a encore ajouté le conférencier.

Sur sa lancée et en vieux routier de la vie politique, Abdelhamid Mehri a pris le soin de rappeler que «l’exigence du changement n’est pas une accusation portée contre une personne ou une institution ou plutôt des règlements de comptes avec quiconque. Le changement du système, du pouvoir, est une grande responsabilité nationale. Il s’agit par contre d’avoir une approche globale et profonde de la situation loin des surenchères ou des complaisances».

Interrogé sur les échos politiques qu’a suscités sa démarche pour le changement du régime politique contenue dans la lettre adressée aux décideurs, le 19 février dernier, Abdelhamid Mehri a affirmé que «pour le moment, il n’y a pas de signaux visibles en réaction au contenu de la lettre. Cette initiative a tenté de rassembler des idées proposées sur la scène».

La seule réponse notable à la démarche de Mehri est celle du chef historique du FFS, Hocine Aït Ahmed. «Bien évidement, j’ai noté avec une grande fierté le soutien du frère Hocine Aït Ahmed», a souligné l’ancien secrétaire général du FLN.

S’agissant de l’appréciation réservée à sa démarche par les tenants du pouvoir, Abdelhamid Mehri a tenu à souligner que le sentiment et la nécessité du changement du système politique existent partout, même au sein du pouvoir. «Le sentiment du changement est général et il existe aussi chez des frères au pouvoir. Cependant, il y a des différences de points de vue et d’approches comme c’est le cas chez l’opposition par ailleurs», a-t-il estimé.

En effet, qui sont ces courants favorables au changement au sein du régime? Y a-t-il des divergences entre les différentes composantes de ce même régime?

Pour étayer son propos, le conférencier s’appuie sur les propositions faites notamment par le MSP et les déclarations de l’actuel secrétaire général du parti du FLN, Abdelaziz Belkhadem.

«Ce sont des indices de l’acceptation de l’idée du changement», a noté Mehri. Fidèle à son analyse sur le système politique algérien, qu’il connaît parfaitement par ailleurs, Abdelhamid Mehri a refusé de parler en termes de clans. «Le système du pouvoir contient effectivement plusieurs fractions, l’armée, la Présidence, mais je dis que ce système n’est plus valable pour diriger le pays.»

Et d’ajouter: «Le débat sur l’armée, Bouteflika ou les équilibres entre eux ne m’intéresse pas. Parce que cela reviendrait à rentrer dans la logique du système, alors que nous voulons un changement radical. Et il ne suffit pas de changer les personnes pour que le régime change», a jugé le conférencier, en faisant le parallèle avec l’exemple de Chadli Benjdid en 1992 dont le départ n’a pas forcément entraîné le changement du régime politique.

«Certains veulent justement nous faire vendre cette recette maintenant de changer les personnes. Le changement du système passe nécessairement par le changement des fondements de gouvernance», a-t-il noté.

En somme, la sortie médiatique de l’ancien patron du FLN permettrait sans doute d’aider à éclairer une démarche de changement du système dans un champ politique confus.

Hacen Ouali

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Plaidoyer de Mehri pour un changement «Pacifique et radical» du régime

«Ce système n’est plus capable de gérer les affaires du pays»

El Watan le 16.03.11

Le changement du système de pouvoir est pour Abdelhamid Mehri une grande question nationale. Elle ne se règle pas au bout d’une négociation entre deux personnes.

«Le changement pacifique sera le résultat des efforts conjugués de toutes les forces politiques et des compétences populaires. Cette dynamique sociale définira, une fois aboutie, la nature et l’étendue du changement. Ce n’est pas une affaire d’entente entre un nombre restreint de personnes. Tout le monde est concerné, pas d’exclusion», a-t-il expliqué hier lors d’une conférence de presse au siège du FFS, à Alger.

La revendication du changement de régime n’est, selon lui, dirigée contre personne, parti, institution ou génération précise. «Ce n’est pas non plus une opposition à ceux qui assument les responsabilités du pouvoir ou un règlement de comptes personnel avec quiconque», a-t-il précisé, plaidant pour «une analyse critique et objective» de la marche de l’Algérie depuis l’indépendance.

«Il y a un sentiment général sur la volonté de changer le régime. Cela existe même chez ceux qui sont au pouvoir. Mais les avis sont divergents sur la nature de ce changement», a-t-il analysé. Evoquer «la chute» du régime est, selon lui, contre-productif. «Car elle ne permet pas une période de construction. Il ne s’agit pas du départ d’une personne ou d’une institution. Au début des années 1990, des voix s’étaient élevées pour exiger la démission de Chadli. Chadli est parti et le régime est resté. Certains appellent au changement du régime avec le même esprit de ceux qui sont au pouvoir», a-t-il argué.

Aussi, Mehri ne demandera pas à Bouteflika de partir. Il est plutôt attaché à une philosophie de changement graduel. La lettre qu’il a adressée au chef de l’État, «par égard dû à la fonction», à la mi-févier dernier est porteuse d’une méthodologie pour fédérer les initiatives politiques. Et là, tout le monde doit s’y mettre : économistes, personnalités politiques, historiens, journalistes, jeunes… «Chacun doit faire des propositions. A cet effet, des groupes doivent se constituer partout. Il faut créer des débats. Ceux qui gardent le silence doivent parler. On doit écouter tous les avis et ouvrir un débat national et démocratique sur la forme de changement que le peuple acceptera», a-t-il préconisé. Il est, selon lui, important d’écouter l’opinion des catégories sociales marginalisées en ce sens que la société doit se réapproprier le droit de réagir aux affaires liées à l’intérêt public, comme la lutte contre la corruption. La démarche de changement défendue par Mehri s’appuie donc sur la société, les partis et les personnalités ainsi que le pouvoir.

Le président de la République est donc une partie dans cette dynamique.«Mais il ne représente pas cette partie qui fait ou qui dicte le changement», a-t-il appuyé.

Il a expliqué que le rôle des services du renseignement (DRS) sera défini, à la faveur de ce changement, à travers une vision collective.

«Je refuse d’entrer dans la logique du système actuel et préfère parler de lui en tant qu’ensemble. Ce système n’est, à mon avis, plus capable de gérer les affaires du pays. Depuis l’indépendance, le régime n’a pas tenu compte des textes. Il y a les textes et il y a la pratique. Celle-ci est parfois est plus importante», a-t-il noté. Il a cité l’exemple du refus des autorités d’agréer de nouveaux partis depuis 1999 (arrivée de Bouteflika au pouvoir). Décision qualifiée d’illégale et d’anticonstitutionnelle.

«C’est la preuve que le régime peut violer la Constitution sans avoir à en rendre des comptes», a-t-il relevé, évoquant, dans la foulée, l’échec de la stratégie économique du pays qui n’est assumée par personne.

Dans la missive adressée au chef de l’Etat, Abdelhamid Mehri a proposé des actions pour lancer les réformes devant aboutir au changement du régime. Il s’agit, d’abord, de supprimer les obstacles qui entravent la liberté d’expression, ensuite, de multiplier les initiatives populaires soutenant la demande de changement pacifique et, enfin, d’organiser une concertation large avec les forces politiques pour préparer un congrès national général. Ce congrès ouvert devra définir la feuille de route du changement politique dans le pays. «Cela doit être traité avec la plus grande franchise, transparence et profondeur loin des surenchères verbales et de toute complaisance ou suivisme», a-t-il dit.

Fayçal Métaoui

[Sources:

Le Quotidien d’Ajgérie en ligne->http://www.lequotidienalgerie.org/2011/03/16/abdelhamid-mehri-%C2%AB-ni-ait-ahmed-ni-moi-ne-viendrons-au-secours-du-systeme-%C2%BB/]


[LES ALGÉRIENS QUI MARCHENT ET QUI NE MARCHENT PAS

LE «PEUPLE INTROUVABLE» DE LA CNCD->403]

La presse locale ultra libérale fera-t-elle école en matière de logique? Il faut croire que oui!

D’un côté, elle porte à bout de bras les arguments de la CNCD selon lesquels l’échec des marches est dû à la peur des Algériens et à la présence policière. Elle titrait fièrement, en première page, l’injonction d’Obama et de Sarkozy de laisser marcher les marcheurs. Avec, en prime, la mise en forme nécessaire pour comprendre l’ingérence d’Obama et de Sarkozy comme une menace à l’endroit du pouvoir mais aussi comme une invitation à prendre courage, à marcher sans crainte. «Allez-y nous sommes là »!

Quel triomphalisme dans la mise en forme, dans l’explicite du texte et dans l’implicite de la maquette. Bref moment de triomphe mais vraiment trop bref, trop court, trop frustrant. D’autant plus frustrant que la conviction était là – quasi religieuse – que le peuple allait suivre! Le peuple n’a pas suivi.

Dès les premiers échecs patents de ces marches, la CNCD et les journaux qui l’ont créée, portée, soutenue, inspirée ont avancé les arguments de la peur et du dispositif sécuritaire.

Les mêmes journaux avaient célébré l’audace des émeutiers de l’huile et du sucre face aux mêmes brigades antiémeutes qui n’avaient pas pu empêcher les manifestants de manifester et les casseurs de casser.

Peuple audacieux un jour, peuple apeuré le lendemain. Avons-nous affaire au même peuple jour après jour? La question vaut son pesant de significations.

Car, au fond, si le lecteur a bonne mémoire, dès la fin des manifestations, des émeutes ou de la révolte du sucre, selon les différents vocables employés, la presse ultra libérale a, dans un bel ensemble, établi le constat que «les couches moyennes devaient prolonger les révoltes».

Dit pratiquement dans les mêmes termes, tout à fait comme d’habitude, dans une pulsion de pensée unique et de langage unique. Le parti unique sous différents habits, c’est aussi cela le credo «démocratique» ailleurs dans le monde – allez cherchez une vraie différence entre Bush et Obama, à part l’élégance des propos – ou les gestions de droite et les gestions sociales-démocrates en Europe?

Toute honte bue, cette thèse de relayer le mouvement de protestation de l’huile par une action politique des couches moyennes postule un ordre, une hiérarchie des rôles et des fonctions.

Le mouvement plébéien ayant accompli son rôle de casse et de création d’une tension devrait laisser la scène aux couches sociales investies en droit de penser à leur place.

Chacun son métier. Au peuple, le travail de terrassement politique, aux couches moyennes le rôle de direction. Ces analyses furent immédiatement traduites en termes politiques. Il fallait achever le travail commencé par les importateurs, maquillés ou non dans la mise en bouteille de l’huile, et les grossistes. La CNCD devait suppléer la faiblesse politique et sociale du candidat à une prise du pouvoir ordonnée et coordonnée par les grandes puissances pour évincer cette «génération de Novembre» qui bloque toute «normalisation» de ce pays.

La suite concrète de la CNCD est connue. L’échec de cette structure est si patent que les partis politiques et la CNCD – comme la presse qui l’inspire – sont obligés de reconnaître qu’ils n’ont pas fait le travail d’approche auprès des populations et des quartiers.

C’est exactement le reproche fait par les dissidents de cette structure qui soulignaient que le peuple ne pouvait adhérer à des marches qui ignoraient ses problèmes, ses préoccupations et ses revendications.

Politiquement, le langage des dissidents est, bien sûr, plus correct, plus proche des besoins militants mais en réalité il a mis du cosmétique sur une tentative de faire main basse sur la «représentation populaire» comme s’il était vrai et naturel que cette structure représentait le peuple.

Mais il ne faut pas croire que cette démarche des partis politiques de la CNCD est une évaluation critique de leur démarche et de leurs buts. La CNCD, aujourd’hui comme hier, veut le départ du système.

Que veut dire le mot système appliqué à la politique? Rien, bien sûr, ce mot permet de rester justement dans une abstraction au-dessus de ce peuple invoqué par la CNCD et qui, une fois marche et manifeste et, une autre fois, a peur de se montrer.

Un confrère a cruellement souligné que les journaux et la CNCD se contorsionnaient à expliquer la peur des masses au moment même où ces mêmes masses faisaient grève, manifestaient, marchaient, y compris dans Alger.

La cerise sur la gâteau reste quand même cette grève des ouvriers de la SNVI qui réclament des managers et des gestionnaires compétents; une grève pour que les mesures au profit du secteur d’Etat ne perdent pas tout bénéfice par le «savoir-faire» de managers et de Conseils de participants formatés au coulage des usines publiques et à leur bradage.

Le problème est que ces masses – étudiants, médicaux et paramédicaux, employés du Trésor, cheminots, etc. – se battaient et se battent toujours pour leurs intérêts de classe, pour leurs intérêts catégoriels, pour les intérêts que les réformes ont piétinés.

Et que les réformes ont piétiné quand les travailleurs étaient confrontés au dilemme de savoir s’il fallait se lever contre les réformes libérales au risque de donner un coup de main involontaire aux projets terroristes?

Entre la mort lente par les réformes et la mort immédiate de l’État national né de sept ans de guerre, ils ont mis les intérêts de la nation au-dessus de leurs intérêts catégoriels.

Il restera difficile pour cette presse ultra libérale de comprendre ce que veut dire le sens patriotique.

Un titre phare de cette presse a publié un article au vitriol contre la poursuite de la grève des cheminots.

Il faudra rappeler à tous, y compris le pouvoir, le comportement héroïque des cheminots pendant les années terribles du terrorisme. Combien d’attentats ont visé le rail de Palestro à Aïn Defla? Combien de cheminots morts ou marqués physiquement et nerveusement par le stress ?

Les dirigeants de ce «grand journal» qui a publié cet article imaginent-ils un instant que, par peur, les cheminots arrêtent le travail et suspendent le transport des carburants vers l’Ouest ou vers l’Est?

Cette presse ne peut pas comprendre ce que veut dire le sens patriotique, ce que veut dire encadrer ses intérêts catégoriels dans l’intérêt général de la nation.

Pour quelles demandes locales les cheminots de la région d’Alger ont prolongé le mouvement? On ne le sait pas.

À cette haine des cheminots s’ajoutent cette levée de boucliers et cette rage à l’occasion des mesures prises par le gouvernement en faveur de la jeunesse réduite aux seuls côtés de la création de petites et de microentreprises.

L’aspect le plus important de ces mesures a été volontairement ignoré: les milliards de dinars qui accompagnent les instructions pour les entreprises publiques d’investir, de créer de l’emploi et, dans l’immédiat, de recruter les jeunes diplômés.

La grève de la SNVI allait dans le même sens. Ces mesures ne doivent pas servir à ramener de vieux retraités convaincus de la vanité d’une industrie nationale mais servir à recruter des jeunes qui peuvent, à défaut d’autres choses, ramener leur sincérité.

Le peuple a marché. Même les gardes communaux ont marché. Ils ne furent pas dix mille; peut-être mille ou mille cinq cent.

Mais le fait de gonfler le chiffre pour créer une atmosphère d’apocalypse montre à quel point leurs analyses sur l’échec de la CNCD relèvent du dépit.

Le peuple marche mais ne marche pas dans la bonne marche.

Il marche vers l’hôpital Mustapha, vers le ministère de l’Enseignement supérieur, vers l’Assemblée populaire nationale, il marche sur les rails pour arrêter les trains, il marche dans les grandes écoles et dans l’usine de véhicules industriels.

Mais il ne marche pas avec la CNCD.

Il ne marche pas avec l’ultra libéralisme qui a pris la démocratie pour cheval de Troie.

Biens sûr, cette profusion de marches populaires correspond aussi à un moment tactique important pour la classe ouvrière et pour les travailleurs en général.

Quand la CNCD croit que les révoltes du jasmin ou du Nil lui ont offert Bouteflika sur le plateau, la classe ouvrière, pourtant orpheline d’un grand parti ouvrier et d’un puissant mouvement syndical unitaire même dans la diversité, a compris que cette déstabilisation générale programmée en partie ou en totalité a pour but de mettre à niveau la prise en main des peuples arabes par des régimes mieux calibrés à leurs nouvelles caractéristiques.

Elle a compris qu’il s’agit d’une recolonisation du monde arabe et de l’Afrique par la fabrication de «leaders de droite» à des «révoltes de gauche» pour reprendre le vocabulaire de l’Occident.

L’affirmation de leurs revendications permet aux travailleurs de casser cette dynamique «naturelle» d’aller à plus de libéralisme pour régler les problèmes insoutenables de chômage, de mal-vivre, de dignité dans lesquels nous ont plongés les médications ultra libérales du sous-développement.

C’est une façon pour eux de dire que l’alternative n’est pas entre le libéralisme du pouvoir et l’ultra libéralisme d’une «opposition de la CNCD qui a décidé qu’elle représentait de facto un introuvable peuple insurgé.

Plus l’État tiendra compte des travailleurs et des besoins du peuple et plus il deviendra leur État, au moins en partie, et plus ils seront déterminés à le défendre.

Déjà ces grèves permettent au moins d’isoler les orientations compradores en son sein. Comment fera cette presse pour parler de cette marche du 19 mars initiée par des jeunes à partir de Facebook et dont les initiateurs ont barré d’une croix le leader qui attend de la CNCD qu’elle le mène au pouvoir avec la baraka active des ambassades de France et des Etats-Unis?

Ce n’est pas que la classe ouvrière qui n’aime pas les décorés de l’ordre de la démocratie ultra libérale.

Même les jeunes ne l’aiment pas non plus.

Alors là, oui, il est urgent pour notre presse ultra libérale et ses stars du samedi de se demander: c’est quoi ce peuple ?

10-03-2011

Par Mohamed Bouhamidi

[pour voir l’article mis en ligne le 10 mars 2011,

cliquer ici…->403]


DANS UN ENTRETIEN AVEC « MAGHREB EMERGENT »

Me Mustapha BOUCHACHI, la CNCD et LES CONCEPTIONS DU CHANGEMENT EN ALGERIE

LES « SAMEDIS » DE LA CNCD ET LES RAISONS DE FOND D’UNE SCISSION

CNCD, Pouvoir, agenda du changement:

Me Bouchachi s’explique sur tout

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Pour Me Mostefa Bouchachi, appeler à la révolution en Algérie est porteur de trop grands dangers

.

C’est la LADDH (ligue des droits de l’homme) qu’il préside qui est à l’initiative de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) qui a animé la scène politique algérienne depuis un mois….

Pour lire l’article en ligne, cliquer ici…


« PETITE CHRONIQUE DES ANNÉES DE BRAISE »

&

« LA RÉVOLUTION DE 11h à MIDI »

DEUX ARTICLES DE GHANIA MOUFFOK

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ALGER, CHERCHE SON MOUVEMENT

PETITE CHRONIQUE DES ANNÉES DE BRAISE.

Sofiane Chebouki est plongé dans un coma profond

au service des grands brûlés de l’hôpital d’Annaba, troisième ville d’Algérie, à quelques kilomètres des frontières tunisiennes. «80% de la surface du corps de Sofiane est brûlée aux 2e et 3e degrés. Plusieurs de ses organes vitaux sont également atteints par le feu», informent, consciencieusement, les médecins qui tentent de le soigner, dans des conditions que l’on n’ose imaginer.

Sofiane est une nouvelle victime du mal vivre en Algérie. Il a 25 ans et il a «tenté de s’immoler». C’est la formule qu’emploie la presse, désormais: «tenté de s’immoler».

Mais cette spectaculaire volonté d’en finir avec la vie est rangée dans la rubrique «En bref» d’El Watan.

Brève aussi risque d’avoir été la vie d’un lycéen de 16 ans qui lui aussi «a tenté de s’immoler», à l’intérieur de son lycée, dans la commune de Taher à Jijel, une ville de l’est, aussi magnifique que Annaba, située entre Méditerranée et montagnes où avant lui, d’autres jeunes prenaient le maquis.

«…Il s’est aspergé d’essence avant de mettre le feu à son corps…». Mettre le feu à son corps est devenue la nouvelle manière en Algérie de désespérer de l’avenir en prenant le monde à témoin grâce aux téléphones portables des témoins abasourdis qui partageront leur prise du jour sur internet.

Mais en même temps que ces images de flammes mourantes feront le tour du monde, elles feront d’abord le tour de l’Algérie. Pourtant, elles ne feront pas scandale, ni même la Une des quotidiens. Donnant ainsi raison aux serviteurs du régime qui répètent comme on se rassure: «L’Algérie n’est pas la Tunisie»…

Pour lire l’article cliquer ici …

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LA RÉVOLUTION DE ONZE HEURES à MIDI.

90 ans, vénérable et courageux, maître Ali Yahia est méchamment bousculé par de jeunes recrues de la police algérienne qui ne connaissent ni son nom, ni son visage.

Mais la marche du 12 à Alger, «pour le changement», aura été l’occasion pour ces nouvelles recrues de la police algérienne de tester les nouvelles méthodes de répression d’une dictature qui désormais doit soigner son image. Obama y veille.

Les manifestants, environ deux à trois milles personnes ont eu droit à un véritable ballet d’hommes en bleu, un opéra muet mais presque sans faute.

En ouverture: arrestation des manifestants les plus déterminés, audacieux. Cinq à six malabars se jettent sur leur proie repérée, s’en saisissent avec force et la font courir en lui ordonnant: «cours, cours», jusqu’au fourgon stationné à quelques mètres de là, sous le regard sidéré des manifestants qui s’écartent pour les laisser passer.

Les femmes en bleu s’avancent à leur tour, policière zélées, elles infligent aux manifestantes le même traitement, tout a été prévu.

Une centaine de personnes sont ainsi arrêtées à la vitesse de la lumière, bien que malmenées, elles seront relâchées.

À peine ces drôles de bolides passés, des herses humaines de policiers se mettent en mouvement et enferment ce qui reste de manifestants, les contiennent et empêchent toute sortie de cet étau…

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SNAPAP-LADDH-SATEF-CLA-Coordination Nationale des sections CNES :

COMMUNIQUÉ DE LA RÉUNION DU VENDREDI 21/JANVIER/2011

COMMUNIQUÉ

Pour une Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie

Suite aux émeutes qui ont secoué l’ensemble de l’Algérie et qui continuent à se manifester à travers d’innombrables foyers de tension,

Face aux attitudes répressives et méprisantes du régime en place contre la société algérienne,

Conscients de la gravité de la crise et des dangers qui guettent le pays,

Nous, organisation des Droits de l’Homme, syndicats autonomes, associations estudiantines et de jeunes, comités de quartiers et collectifs citoyens, association de disparus, associations défense de la femme, figures intellectuelles et partis politiques :

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  • Nous inclinons devant la mémoire des victimes et blessés des révoltes populaires et exigeons la libération immédiate et inconditionnelle des personnes arrêtées pour des raisons de manifestations ou de délits d’opinion,
  • Annonçons la création d’une Coordination Nationale de Concertation pour le Changement Démocratique,
  • Décidons de l’organisation d’une Marche Nationale pour exiger la levée de l’état d’urgence sévissant depuis dix neuf ans et qui immobilise le pays et brime toutes les libertés et
  • Exprimons notre totale solidarité avec le peuple Tunisien dans sa lutte contre le totalitarisme et l’instauration d’un Etat démocratique.

Convaincus de l’urgence d’actions collectives engagées, notre démarche est ouverte à toutes les forces et à tous les acteurs de la société afin d’éviter à l’Algérie le chaos et la basculer sérieusement et définitivement dans une perspective de changement démocratique.

Les signataires :

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APPEL AUX HOMMES ET AUX FEMMES DE PROGRÈS

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AGIR ENSEMBLE

UNIS À LA BASE

POUR UN PROFOND CHANGEMENT

POUR LE PROGRÈS SOCIAL ET LA DÉMOCRATIE

La date du 24 février, date symbole, date anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures , est là pour nous rappeler, après la tentative avortée de dénationalisation, que les conquêtes de libération nationale, économiques, sociales, démocratiques sont constamment menacées et doivent être protégées pour ne pas devenir la propriété des multinationales et celle d’une caste,

mais être celle du peuple et des générations futures.

Il est urgent aujourd’hui d’unir, dans l’action concrète à la base, tous les hommes et femmes de progrès et l’ensemble des forces progressistes de notre pays, en vue d’imposer un profond changement, pour le progrès social et la démocratie.

L’AVENIR NOUS APPARTIENT!

C’EST À NOUS DE LE BÂTIR

SUR LE TERRAIN DES LUTTES!

L’ÉTAT DES URGENCES EST LÀ!

LE NOMBRE ET LES PRIORITÉS

DEVRONT S’ADAPTER AUX LUTTES

ET À LA SITUATION CONCRÈTE SUR LE TERRAIN

  • IL EST D’ABORD URGENT D’AGIR POUR OBTENIR LA LIBÉRATION IMMÉDIATE DES MANIFESTANTS,

    LES JEUNES SORTIS DANS LA RUE DEPUIS DES MOIS POUR EXPRIMER LEUR DÉTRESSE ET LEUR COLÈRE DEVANT UN POUVOIR QUI LES IGNORE.
  • IL EST URGENT DE FAIRE ENTENDRE NOS VOIX , QU’ON TENTE DE DÉVOYER, DÉNATURER, AU PROFIT DES RESPONSABLES
    DE NOTRE TRAGÉDIE,

    LES TENANTS DE LA BOURGEOISIE AFFAIRISTE AU SEIN DU POUVOIR ET EN DEHORS,

    TOUS DEUX
    RESPONSABLES DE L’IMPASSE DE MISÈRE SOCIALE ET DÉMOCRATIQUE DANS LAQUELLE LE PAYS EST PLONGÉ DEPUIS DES
    DECENNIES!
  • IL EST URGENT DE RELANCER L’’INDUSTRIALISATION DU PAYS , SEULE MANIÈRE DE CRÉER MASSIVEMENT DE L’EMPLOI,

    CRÉATEUR DE RICHESSE

    ET DONNER DE L’ESPOIR À NOTRE JEUNESSE!

    À QUI IL N’A ETE LAISSÉ QUE LE SUICIDE PAR LE
    FEU OU DANS LA MER,

    JEUNESSE À QUI ON A DENIÉ LE DROIT DE VIVRE ET D’ ÊTRE LIBRE DANS SON PAYS!
  • IL EST URGENT DE METTRE FIN A LA « HOGRA » ET AUX DÉNIS DE JUSTICE

    QUANT A L’ ACCÈS AU TRAVAIL, AUX SOINS, AU SAVOIR , AU LOGEMENT ET AU LIBRE EXERCICE DE NOS DROITS CONSTITUTIONNELS !

    LE PEUPLE EN A MARRE DE LA CORRUPTION, DES PASSE-DROIT, DES INJUSTICES , DU NÉPOTISME ET DU RÉGIONALISME, DE LA MANIPULATION DE LA RELIGION…
  • IL EST URGENT DE LUTTER POUR PROTÉGER LE POUVOIR D’ACHAT DES MASSES LABORIEUSES, DES SALARIÉS ET DES RETRAITÉS,

    DE BLOQUER LA MONTÉE DANGEREUSE DE L’INFLATION

    ET DE LUTTER CONTRE LA SPÉCULATION MENÉE PAR CEUX QUI DOMINENT LE COMMERCE, NOTAMMENT DES PRODUITS DE PREMIÈRE NÉCESSITÉ,

    QUE LES RICHESSES NATIONALES, NOTAMMENT LES REVENUS DES HYDROCARBURES , SERVENT A NOURRIR, LOGER, ÉDUQUER, SOIGNER, ET TRANSPORTER
    LES TRAVAILLEURS ALGÉRIENS, PREMIERS CRÉATEURS DE CES RICHESSES.
  • IL EST URGENT DE VALORISER NOS COMPÉTENCES NATIONALES, NOS PRODUCTEURS, NOS CADRES, NOS CHERCHEURS

    AU LIEU ET PLACE DES AFFAIRISTES ET AUTRES SPÉCULATEURS ET CLANS MAFFIEUX PRÉDATEURS DES DENIERS PUBLICS.
  • IL EST URGENT DE BÂTIR LES ORGANISATIONS SYNDICALES AUTONOMES DÉMOCRATIQUES DES TRAVAILLEURS, AU SERVICE DE LEURS ADHÉRENTS,

    COMME LES ASSOCIATIONS DES JEUNES , DES ÉTUDIANTS ET ENSEIGNANTS , DES FEMMES, DES CADRES…

    C’EST AINSI QUE NAÎTRONT LES CADRES DE REGROUPEMENT VOLONTAIRE ENTRE DES ORGANISATIONS SOLIDAIRES ENTRE ELLES ET SOLIDAIRES AVEC LEURS MEMBRES VICTIMES DE MESURES RÉPRESSIVES!
  • IL EST URGENT DE METTRE FIN AUX SÉGRÉGATIONS MULTIPLES QUE SUBIT LA FEMME ALGÉRIENNE PAR LES LOIS INÉGALITAIRES
    DU CODE DE LA FAMILLE!
  • IL EST URGENT DE FAIRE BARRAGE AUX NÉO-COLONIALISTES ET IMPÉRIALISTES QUI NOUS SOUHAITENT UNE « DÉMOCRATIE» COMME ILS L’ONT APPLIQUEE A L’IRAK,

    OU CELLE QU’ILS ONT SOUTENUE EN TUNISIE, JUSQU’AU DÉPART DE LEUR ULTRA LIBÉRAL ET HOMME DE MAIN, LE POTENTAT BENALI

    EN REFUSANT LES DIKTATS ET CONSEILS DU FMI, DE LA BANQUE MONDIALE,DE L’UE,DE L’OTAN ET DE TOUTES LES OFFICINES DE L’IMPÉRIALISME ET DU SIONISME.
  • IL EST URGENT DE METTRE FIN À L’ÉTAT DE NON DROIT

    ET DIRE NON AU DÉTOURNEMENT DE L’ ÉTAT D’URGENCE
    DE SON OBJECTIF,
    LA LUTTE CONTRE LES GROUPES TERRORISTES QUI ASSASSINENT NOTRE PEUPLE!

    EN SUPPRIMANT TOUTES LES DISPOSITIONS INTERDISANT OU RESTREIGNANT LA LIBERTÉ DE PENSÉE, D’EXPRESSION, D’ORGANISATION, LA LIBERTÉ DE SE RASSEMBLER ET DE MANIFESTER PACIFIQUEMENT !

    ÉTAT D’URGENCE POUR LES CRIMINELS, POUR LES ASSASSINS DE LA RÉPUBLIQUE

    PAS POUR SES DÉFENSEURS: LES FORCES DÉMOCRATIQUES ET LABORIEUSES.

Aux camarades et Amis

ADRESSER VOS SIGNATURES POUR L’APPEL DU 24 FEVRIER

À L’ADRESSE ÉLECTRONIQUE SUIVANTE:

moubadaratfebrayer@hotmail.fr

__________________________

LES PREMIERS SIGNATAIRES

Suite: voir l’article en ligne en cliquant ici …


Actions, appels, interrogations et attentes se multiplient

ALGÉRIE : UNE RÉVOLTE ET DES ASPIRATIONS LÉGITIMES

NE BRÛLEZ PAS CETTE JEUNESSE!

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Réglez vos comptes comme vous voulez!

MAIS NE BRULEZ PAS CETTE JEUNESSE !


(par FATEH AGRANE, 6 janvier 2011)

Ne brûlez pas la jeunesse, première richesse du pays, après l’avoir jetée a la mer, après lui avoir fermé tout horizon, liquidé les sources d’emploi, abandonné l’industrie productive au profit de l’import-import.

Vous avez privatisé tous les espaces, au détriment des vivants, et même de leurs morts, comme dans la commune de Bordj El Bahri dans l’Algérois, où toutes les terres communales ont étés vendues pour construire des
villas, et où il n’y a même plus de place pour un cimetière où enterrer les morts!

Ne brûlez pas ce pays, caste de parvenus, lèpre de nouveaux riches et de néo-libéraux aux appétits malhonnêtes et rapaces!

N’utilisez pas cette jeunesse comme chair a canon pour
vos problèmes de succession, pour la rapine et la prédation!

Le vieux film d’octobre 1988 est remis au goût du jour, avec crise
au sommet, crise au FLN, provocations multiples, hausses brutales des
prix, mépris des besoins sociaux et étouffement des libertés démocratiques!

Nous savons sur quoi la crise d’octobre 88 a débouché, quelles forces et intérêts ont été mis en selle, à quoi et à qui on s’est attaqué, les usines du secteur public, les intellectuels et hommes de progrès, les résistants del’Algérie démocratique et sociale, assassinés, _ arbitrairement

emprisonnés ou exilés.

Les mutants, purs produits de la réaction moyen-âgeuse du monde arabe et de l’impérialisme, ont nettoyé la place pour les prédateurs de l’économie
nationale, en allumant le brasier ALGERIE. pour le compte des compradores et des bazaristes. Leur caste ne s’est pas rassasiée, ils tentent de rallumer encore le brasier.

En verrouillant le champ politique et syndical, en bâillonnant le
mouvement associatif, en bloquant le pouvoir d’achat de millions de
travailleurs,en étranglant les libertés individuelles et l’accès de la jeunesse au travail, que veut-on enseigner et inculquer a cette
nouvelle génération ?

Les barricades de pneus

La nuisance, les destructions,

Le suicide, le feu !

Qui aujourd’hui est reconnu et récompensé? C’est celui qui a la plus grande capacité de destruction de la chose publique!

Les jeunes l’ont maintes fois vérifié, avec les repentis qui ne se sont jamais repentis, ainsi qu’avec les grands scandales ravageurs pour dont les acteurs ont été proches des sphères des «décideurs»!

Ne brûlez pas cette jeunesse! Sa place est sur les barricades des combats
contre l’ignorance et l’analphabétisme! Elle aspire à ouvrir les chantiers de la construction des villes et des campagnes, les champs de bataille de l’expression démocratique et des libertés contre l’ordre inquisiteur actuel!

Ne brûlez pas ce pays! Il n’est pas votre propriété privée! Il est la
demeure des millions de travailleurs, de paysans, de jeunes et
d’entrepreneurs créateurs de richesses. Il est le refuge et l’espoir des
générations futures! Il ne vous appartient pas! parasites,
exploiteurs, nouveaux monopoles oligarchiques et mafieux!

Ne brûlez pas notre jeunesse! Ouvrez le rêve, ouvrez les chantiers!

Le pays est a construire, à édifier dans le partage, la
solidarité, l’union la plus large de tous les anti-féodaux, de tous
les anti-compradores!

Que les prétendus «élus» de ce peuple, l’écoutent et lui parlent…

Pour lire le texte en entier cliquer sur le lien …


1er NOVEMBRE 2010: FRONT NATIONAL DU CHANGEMENT (FNC)

POUR LA CRÉATION D’UN FRONT DU CHANGEMENT NATIONAL

Alger le 1er novembre 2010

Coordination de l’Appel du 19 mars 2009

Cher(e)s compatriotes,

Notre pays va mal. La crise politique de légitimité du pouvoir que traverse notre pays depuis 1962 s’aggrave au fil des ans. La guerre fratricide subie par notre peuple ne semble pas avoir servi de leçon à ce régime illégitime qui poursuit sa fuite en avant malgré la faillite sanglante qu’il a provoqué.

Violence politique, corruption généralisée, clientélisme et népotisme, ces fléaux érigés en moyens de gouvernance gangrènent profondément notre société et empêchent toute évolution. La situation a atteint un état de déstructuration avancée, voire de décomposition. Toutes les institutions mises en place, dont la facticité et la vacuité ne sont plus à démontrer, ne sont en réalité que des façades derrière lesquelles se cache l’oligarchie militaro-financière, noyau du pouvoir et véritable maitresse de la décision politico-économique. Une oligarchie qui a dépossédé le Peuple de sa souveraineté et qui s’est accaparée de toutes ses richesses.

Cette situation ne fait que creuser davantage le fossé entre un régime sans légitimité et un peuple sans souveraineté.

L’horizon est sombre.

Un tsunami populaire risque, à Dieu ne Plaise, d’emporter le pays si le pouvoir persévère dans cette politique suicidaire. À plus forte raison quand on sait que les élites intellectuelles et politiques continuent à se cloîtrer dans ce silence mortifère, à peine rompu par leurs jérémiades politico-idéologiques de pure circonstance.

Devons-nous rester impassibles devant cette tragique détérioration de la situation nationale ?

Devons-nous continuer à nous taire devant cette destruction programmée de notre patrie ?

En tant que citoyen (ne)s libres, il est de notre devoir de nous mobiliser pour réfléchir ensemble et trouver les meilleurs moyens de mettre fin à cette usurpation du pouvoir qui dure depuis près d’un demi-siècle et de rendre la parole aux Algériennes et aux Algériens pour qu’ils puissent choisir librement et souverainement leurs représentants légitimes et leurs institutions.

La génération de l’indépendance, toutes tendances politiques confondues et sans exclusion aucune, doit tendre la main à ce qui reste de la génération sincère et intègre de novembre 54, pour œuvrer ensemble au changement pacifique et radical du système politique obsolète et à l’instauration de l’Etat de Droit dans une Algérie de tous les citoyens et citoyennes. Un changement, devant l’état de délabrement national, est une exigence légitime à laquelle aucune composante politique ou sociale réelle ne peut se dérober.

De grâce, cher(e)s compatriotes, cessons nos querelles et nos tergiversations et faisons place à l’action pour UNE MOBILISATION GÉNÉRALE !

En ce jour du 1er novembre 2010 et en ce 56e anniversaire du déclenchement de notre glorieuse guerre de libération nationale, nous en appelons à toutes les volontés intellectuelles et politiques, sans exclusion aucune, à se rejoindre dans la réflexion et l’action pour permettre l’avènement d’un compromis politique historique autour des principes et des valeurs communes acceptées et respectées par tous.

L’heure est à la constitution d’un véritable Front du Changement national, creuset de toutes les forces vives de la Nation, celles d’Algériennes et d’Algériens qui n’ont pour leur Algérie que fidélité, dévouement et engagement, pour l’émergence d’un État de Droit respectueux et protecteur de tous ses citoyens.

Les principes et valeurs qui regroupent l’écrasante majorité de nos compatriotes sont indiscutablement :

  • L’attachement à leur Algérianité dans sa triple dimension (Islamité, berbérité et arabité). En aucun cas, l’un des fondements de notre identité ne sera instrumentalisé ou monopolisé par une quelconque partie à des fins politiciennes, qu’elle soit au pouvoir ou dans l’opposition.
  • Le respect des droits de la personne humaine dans leur intégralité, dans le cadre de nos valeurs civilisationnelles et de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.
  • Le respect de la démocratie comme moyen de gestion politique de la société avec ses corollaires que sont les élections libres, l’alternance véritable au pouvoir, le respect des libertés individuelles et collectives, le respect du réel pluralisme politique, culturel et confessionnel.
  • Cela sous-entend et c’est une évidence claire, le rejet de toute forme de violence comme moyen d’accéder ou de se maintenir au pouvoir. Tout comme cette violence doit être bannie comme moyen d’expression ou de gestion de la société.

Le changement du système politique doit être radical et pacifique.

À la lumière des drames successifs qui ont affecté notre peuple et notre pays, il faut nous rendre à l’évidence qu‘aucun parti, aucune tendance, ni aucun homme politique ne peut se prévaloir à lui seul, de détenir les moyens de règlement de la grave crise politique que traverse le pays. Pas plus qu’aucune institution ne peut ni ne doit se prévaloir d’être au dessus de la souveraineté du peuple.

Ensemble, nous aurons la force de barrer la route à ceux qui se nourrissent du désordre et de la stagnation du pays. Ensemble, nous démontrerons notre attachement fidèle aux sacrifices de nos martyrs. Ensemble nous atteindrons efficacement et pacifiquement notre idéal : l’édification d’un État de Droit où nul ne subira l´injustice, le mépris ou la hogra.

Rassemblons-nous autour des principes qui cimentent la cohésion de notre peuple dans sa pluralité et œuvrons à la réalisation de ce compromis politique qui sauvera notre pays.

Seule une action solidaire de toutes nos forces pourra amener le changement politique dont notre pays a besoin. Aussi, nous invitons toutes les volontés sincères et engagées à se réunir afin de débattre de cet acte historique, rassembleur et unificateur, et contribuer à jeter les bases solides de ce vaste front du changement national salvateur, prélude à l’État de droit.

Un Front pour le Changement National est la seule alternative qui peut sauver notre pays de la débâcle généralisée.

POUR UNE ACTION SOLIDAIRE, AGISSONS AUJOURD’HUI ET MAINTENANT!

Alger le 1er novembre 2010

Dr Salah-Eddine SIDHOUM

Coordination de l’Appel du 19 mars 2009

coordination19mars@gmail.com

===================

[نداء من أجل تسوية سياسية تاريخية
و تأسيس جبهة التغيير الوطني

 >http://www.socialgerie.net/IMG/pdf/2010_11_01_appel_19_mars_2009.pdf]

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LIBAN : DES MILLIERS DE MANIFESTANTS RÉCLAMENT LA FIN DU RÉGIME CONFESSIONNEL

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Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Beyrouth pour réclamer « la chute du régime confessionnel et de ses symboles » au Liban. Les manifestants ont défilé pendant trois heures de la place Sassine (est) au ministère de l’Intérieur (ouest) scandant « révolution, révolution contre le confessionnalisme » ou « le peuple veut la chute du régime ».
« La laïcité est la solution », pouvait-on lire sur une grande banderole déployée lors de la manifestation, organisée à l’appel de la campagne pour « la chute du régime confessionnel au Liban » lancée, selon leur communiqué, par les « forces et groupes de jeunes et de militants et militantes ».

Dans l’appel à manifester signé « citoyens et citoyennes », les organisateurs « appellent à faire tomber ce régime confessionnel et ses symboles ».

« Libanais, laïcs, contre les symboles du confessionnalisme » ou « je ne veux pas changer de patrie, je veux changer de régime », scandaient les manifestants.

C’est « une patrie, pas une ferme » ou « pour une loi d’état civil », pouvait-on lire sur les pancartes.

Le système libanais est un mélange complexe de partage du pouvoir basé sur des quotas communautaires et sur une tradition de « démocratie consensuelle ». Depuis l’indépendance en 1943, il garantit un équilibre délicat entre les 18 confessions chrétiennes et musulmanes du pays.

Ainsi, le président doit être un chrétien maronite, le Premier ministre un sunnite, le président du Parlement un chiite, etc.

« Nous ne voulons pas que la religion se mêle à la politique, nous voulons la séparation de la religion et de l’Etat », a expliqué à l’AFP une manifestante, Imane Anane, metteur en scène de 38 ans.

« La mentalité confessionnelle a affecté ma vie tout entière.

Professionnellement, certaines institutions considérées comme favorisant une communauté en particulier ont refusé de m’engager parce que je suis d’une autre confession.

Socialement, il m’est arrivé d’être exclue d’un certain milieu du fait que j’appartiens à un autre milieu confessionnel », a-t-elle ajouté.

Les organisateurs ont installé une tente depuis plusieurs semaines devant le ministère de l’Intérieur.

« Le confessionnalisme a fait des Libanais des gens fanatiques et renfermés et a créé des zones géographiques confessionnelles et une loyauté au chef de la communauté », souligne Elia Faraj, 22 ans.

Inspirés des mouvements populaires qui ont fait tomber les présidents tunisien et égyptien et vaciller plusieurs autres régimes arabes, des Libanais ont créé des groupes sur Facebook pour réclamer la fin du système confessionnel.

Une première manifestation a eu lieu le 27 février et la deuxième le 6 mars, le nombre de manifestants n’a cessé d’augmenter.

(Dimanche, 20 mars 2011 – Avec les agences de presse)

لبنان ، المظاهرة الأسبوعية ضد الطائفية

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Manifestation hebdomadaire des jeunes au Liban

pour l’abolition du système « confessionnel »

عشرات الآلاف أتوا من المناطق اللبنانية ومن الفئات الاجتماعية والعمرية

كافة، تجاوزا الانقسامات الطائفية والمذهبية التي يؤججها التحالف الطبقي

البرجوازي الطائفي، توحدوا تحت شعار « الشعب يريد اسقاط النظام السياسي

الطائفي »، كانوا بحجم الوطن، أكثر صدقاً من التظاهرات « المليونية »وأكبر

منها لأنهم يريدون الدخول الى الوطن، وطن علماني ديمقراطي يتحقق فيه

العيش بكرامة وليس عبر الارتباط بزعماء الطوائف.

نظمت « الحملة الوطنية من أجل إسقاط النظام الطائفي في لبنان »، مسيرتها

الثانية في 20 آذار، والتي إنطلقت عند الظهر من ساحة ساسين في الأشرفية

الى منطقة الصنائع أمام مبنى وزارة الداخلية. ووفقا لتقديرات عدد من

منظمي التظاهرة فقد تجاوز عدد المشاركين فيها الثلاثين ألفا.

وقد خلت التظاهرة من أي حادث او إخلال بأهدافها السلمية، لاسيما وأن أي

علم غير العلم اللبناني لم يرفع، كما لم ينشد سوى النشيد الوطني في ختام

المسيرة امام وزارة الداخلية.

وتمحورت الشعارات المرفوعة حول إسقاط النظام الطائفي ومنها « خبز وعلم

وحرية »، « الشعب يريد إسقاط النظام والمحاصصة الطائفية »، « وطن لا مزرعة »،

« قانون انتخابات على أساس النسبية خارج القيد الطائفي ولبنان دائرة

انتخابية واحدة »  » الحق بالتعلم في المدارس الرسمية والجامعة الوطنية

اللبنانية »، « قانون مدني موحد للأحوال الشخصية »، « حق المرأة اللبنانية

اعطاء جنسيتها لأولادها  » « حملة لأنهم أولادي جنسيتي حق لهم » « حماية

الضمان الاجتماعي » « قانون الشيخوخة » « الحق بالسكن » « اقتصاد وطني منتج »،

« الأمهات يردن نظاما لا يولد الحروب »، « لمناسبة عيد الأم أهدي اولادي

دولة مدنية علمانية وديموقراطية »، « المعركة واحدة في اسقاط النظام

الطائفي ومواجهة الاحتلال »…

أطلقوا تسمية « ثوار ميدان الصنائع » على الحديقة المقابلة لوزارة الداخلية

وكتبوا « أيها السياسيون من يدعي أنه معنا فليضع قوانين تحمينا وليسقط

القوانين الطائفية ».

وهتف المشاركون بصوت الواحد بـ »الثورة » وقالوا : « ثورة ثورة وين ما كان

إجا دورك يا لبنان »، وحضوا « اللي واقف عالبلكون إنزل شارك شعبك هون » و
« اللي جالس بالصالون إترك شوي التلفزيون »، وشددوا على ان « هوية المشاركين

فقط لبنانية لا إسلام ولا مسيحية ». كما لم يفتهم التذكير بالهتاف للثورات

العربية الحاصلة في أكثر من بلد عربي وعلى وقع نشيد « أناديكم اشد على

أياديكم ».

المسيرة التي إنطلقت من ساحة ساسين مرورا بالبسطة التحتا الى كركول

الدروز ثم شارع الملا وصولا الى أمام وزارة الداخلية، ضمت عددا لافتا من

المثقفين.

بيروت في 20 آذار 2011

SAVOIR VERS QUOI « CHANGER »

Ça bouge drôlement ces jours-ci, en Algérie, dans pas mal d’endroits.

Je ne parle pas des marcheurs qui animent la matinée du samedi, mais de ceux qui ne sont pas contents du changement qu’a subi le pays depuis 1988 et qui ne marchent pas.

On ne les trouve pas sur Facebook, ils ne parlent pas de «démocratie» et ignorent tout de ce qui agite les partis politiques et les associations qui les accompagnent.

Ils sont les étudiants qui n’aiment pas du tout les «réformes» qui ont affecté les performances de l’université, dont personne ne reconnaît le bien-fondé, sauf leurs concepteurs.

Ils sont les chômeurs qui ne comprennent pas pourquoi il n’y a pas d’investissements, donc de création d’emplois, alors que le pays a de l’argent.

Ils sont ceux que l’État a abandonnés, depuis qu’il a accepté que ce soit au marché de s’occuper du développement national.

Ils sont ceux que le marché a laissés-pour-compte pour ne s’occuper que de ceux qui savent tirer leur épingle du jeu.

Sans parler de changement, ils le proposent concrètement.

Certains ne doivent pas les aimer en disant d’eux qu’ils sont des «tubes digestifs», mais des «opérateurs» du marché ont bien saisi le message et commencé à réfléchir aux réponses économiques qu’il faut donner.

Le seul problème est que le paysage politique n’exprime pas clairement «qui est pour quoi». On n’a droit qu’à des appels au «changement» sans que l’on nous précise ou que l’on sache vers où on déménage. Ce serait le minimum de voir vers où on veut nous emmener, car toutes les destinations ne sont pas verdoyantes pour tout le monde.

Car le «changement» est bizarrement scandé par les puissants de ce monde. On le constate, en Libye, où les acteurs du «changement» ont trouvé grâce auprès des pires ennemis des peuples et ont opéré une jonction militaire avec eux.

Ce n’est certainement pas pour les recettes du pétrole et du gaz de ce pays qui sont utilisées pour le bien-être du peuple dans son ensemble. Le peuple, lui, peut le savoir, mais personne ne lui a demandé son avis. Comme il a toujours suivi les promesses, il s’est divisé entre fidèles de Kaddafi et pro- insurgés, alliés de l’Otan et parrainés par Sarkozy.

Les deux pans sont à des lieux de distinguer le bout du chemin, tracé en dehors d’eux, sur lequel ils se sont engagés. Probablement celui de la destruction de l’État national symbole de résistance, au seul profit de la mondialisation libérale, sous les coups des F16 et des Rafale.

En Tunisie et en Egypte, les peuples perçoivent déjà le sens du «changement Facebooké», ils n’en veulent pas et le disent tous les jours. Alors que ceux qui ont eu le «changement» escompté sont revenus à leurs affaires et s’indignent que le peuple continue de ne pas voir que le «changement» est réalisé.

En Tunisie, Hillary Clinton a dû sentir le vent de la contestation à son encontre. Les manifestants contre sa visite avaient envie de lui dire en face, ce qu’elle va lire dans la presse: «Nous avons fait la révolution tous seuls, sans que personne ne nous aide. Les Américains ont pendant longtemps soutenu le dictateur (Ben Ali) et ils veulent maintenant récolter les fruits de notre révolution». Un parler vrai sur ce qu’elle est venue faire.

Un jour enverra-t-elle, peut-être, ses bombardiers à la place de sa souriante frimousse.

Elle peut compter sur la «Ligue arabe», qui a tenu à réitérer «son soutien à une zone d’exclusion aérienne en Libye», comme si la décision de l’ONU en avait encore besoin.

Par Badis Guettaf

TUNISIE: HAMMA HAMMAMI, porte-parole du PARTI COMMUNISTE OUVRIER DE TUNISIE (PCOT) : INTERVIEW DU 4 MARS 2011

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«On a vaincu le dictateur, pas encore la dictature»

Interview du porte-parole du Parti communiste ouvrier de Tunisie (PCOT)

réalisée par Baudoin Deckers, du Parti du travail de Belgique (PTB),

et reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

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Parti communiste ouvrier de Tunisie (PCOT)

Hamma Hammami

vendredi 4 mars 2011

Les révolutions et grandes manifestations dans le monde arabe font souffler un vent d’optimisme dans le monde entier.

Que signifie, pour vous, ce mouvement qui a démarré dans votre pays ?

Hamma Hammami. C’est une grande révolution, que ce soit au niveau des pays arabes ou d’autres pays de notre région. D’autres peuples peuvent tirer de cette révolution quelques leçons.

D’abord, le peuple tunisien a fait cette révolution en s’appuyant sur ses propres forces. Dans beaucoup de pays arabes, des gens prétendaient qu’on ne pouvait pas faire de révolution contre des dictatures comme celle de Ben Ali sans le soutien de la France, des États-Unis ou d’autres forces étrangères. Notre peuple a montré qu’en s’appuyant sur ses propres forces, on peut déposer un dictateur comme Ben Ali, fort d’un appareil sécuritaire gigantesque.

Ensuite, le peuple tunisien a fait cette révolution dans une unité presque totale. Pendant plus d’un mois, on n’a pas entendu un seul mot d’ordre religieux, qui aurait pu diviser le peuple tunisien. Le peuple tunisien s’est uni autour de ses aspirations démocratiques, économiques et sociales.

Pour vous, cette révolution n’est pas finie. Pourquoi ?

Hamma Hammami. La révolution est encore toujours en cours. Elle n’a pas encore vraiment réalisé ses buts démocratiques et sociaux.

Elle a vaincu un dictateur, mais elle n’a pas encore vaincu la dictature.

La police politique, pilier principal de la dictature, est encore toujours là et très active d’ailleurs.

Le parlement est toujours là. C’est un parlement fantoche car il fallait l’accord de Ben Ali pour pouvoir y sièger.

Le président par intérim est un membre du parti de Ben Ali, très proche de lui. Le gouvernement est toujours dirigé par le premier ministre de Ben Ali, Mohammed Ghannouchi, et ses ministres viennent du même entourage.

Les hauts responsables, corrompus, détiennent toujours leurs postes.

La Constitution a rendu possible la dictature, elle est encore inchangée. La dictature a fait passer d’innombrables lois anti-démocratiques et antisociales pour se protéger et elles sont encore toutes en vigueur.

Aux mains du gouvernement actuel, toutes ces lois et institutions peuvent à nouveau être utilisées contre le peuple. Le régime de Ben Ali est donc encore toujours en place.

C’est pour cela que le mouvement populaire continue, malgré les promesses du gouvernement actuel. Il exige la dissolution de l’actuel gouvernement. Il refuse des gouvernements «remaniés» comme celui qu’on a maintenant. L’ancien parti au pouvoir, le RCD (Rassemblement Constitutionnel Démocratique (qui était jusqu’au 18 janvier dernier encore membre de l’Internationale Socialiste, NdlR), doit être réellement dissous.

Non, on ne peut donc pas dire que la révolution soit terminée. Elle n’a pas encore vaincu les forces réactionnaires. Elles sont toujours là, mais affaiblies.

On doit continuer cette révolution avec grande détermination, mais aussi avec beaucoup de sens tactique pour préserver l’unité du peuple tunisien et ne pas tomber dans des divisions qui pourraient avoir des répercussions très négatives sur la marche de cette révolution, que les peuples du monde arabe regardent avec beaucoup d’espoir.

Certains présentent la révolution en Tunisie comme un événement spontané…

Hamma Hammami. C’est faux. Ils le disent pour discréditer et nier, au cours de ces dernières années, le rôle des forces révolutionnaires et progressistes dans l’opposition. C’est une manière aussi de dire qu’il faut chercher une issue à cette révolution avec l’ancien parti au pouvoir, que les hommes politiques traditionnels sont obligés de reprendre la direction d’un mouvement qui n’en a pas. Ce mouvement n’était spontané que dans la mesure où il n’était pas organisé au niveau national. Il n’avait pas une direction unique, un programme commun. Mais ça ne veut pas dire absence de conscience et absence d’organisation.

La conscience existe, car les acteurs de ce mouvement sont avant tout des militants de gauche, des progressistes, des syndicalistes, des militants des droits humains. Ce sont des jeunes diplômés chômeurs qui appartiennent au mouvement étudiant. Notre parti est là, nos forces sont présentes. Les islamistes, par contre, n’ont pas vraiment participé. C’est pour cela que, dans cette révolution, il n’y a aucun mot d’ordre religieux. Même si politiquement, les islamistes ont soutenu le mouvement.

Au niveau de l’organisation, les militants se sont très vite organisés en comités. Dès le premier jour de cette révolution, il y a eu dans certains villages un vide de pouvoir réel. Ensemble avec les démocrates, nous avons alors appelé les gens à s’organiser. Ce qu’ils ont fait dans les villages et dans les régions, parfois dans des assemblées, qui s’appellent « assemblées populaires » ou « assemblées de sauvegarde de la révolution », parfois en comités ou en ligues, cela dépend. Ici à Tunis, les gens se sont organisés en comités populaires ou comités de quartier. Ils ont choisi leurs dirigeants parmi les militants les plus actifs au cours de cette révolution. La structuration est encore faible et embryonnaire. Il n’y a pas encore de véritable centralisation au niveau national. Mais, petit à petit, ces comités se sont transformés en comités qui discutent de la situation et de l’avenir, et de ce que la population peut faire.

Le Front du 14 janvier s’est constitué il y a quelques semaines. Qui y retrouve-t-on? Quel est son programme ou que revendique-t-il?

Hamma Hammami. Au niveau politique, la gauche est parvenue à se rassembler dans un front qui s’appelle le «Front du 14 janvier» en référence au jour de la fuite de Ben Ali. La gauche a un poids indéniable dans notre pays. Que ce soit au niveau politique ou syndical, au niveau de la jeunesse ou du mouvement des femmes, au niveau des droits humains ou du mouvement culturel.

Ce front s’est rassemblé autour des mots d’ordre et revendications populaires. On y trouve donc la revendication de dissolution du gouvernement, la dissolution du parti au pouvoir. Le Front revendique aussi la formation d’un gouvernement provisoire, constitué par des éléments qui n’ont rien à voir avec le régime de Ben Ali, son parti, la dictature. Ce gouvernement provisoire aurait pour tâche essentielle la préparation d’élections pour une Assemblée Constituante. C’est celle-ci qui devra rédiger la Constitution, les institutions, les lois fondamentales d’une République Populaire Démocratique à laquelle aspire le peuple tunisien.

Nous sommes aussi unis autour d’une plateforme économique et sociale, car nous considérons que la dictature était liée à une base économique et sociale, une bourgeoisie compradore (bourgeoisie tirant sa fortune de ses liens avec les multinationales étrangères, NdlR) qui pille la Tunisie en collaboration avec des sociétés et entreprises françaises, italiennes, espagnoles, portugaises, belges. Nous voulons non seulement une démocratie politique mais aussi une démocratie sociale, parce que nous considérons que la révolution actuelle est une révolution démocratique et nationale, une révolution populaire qui doit préparer des changements fondamentaux pour toute la société tunisienne dans l’avenir.

Le Front du 14 janvier a tenu le samedi 12 février son premier grand meeting public au Palais des Congrès de Tunis. Avec une grande réussite, qui dépassait de loin nos attentes.

La mobilisation n’a pris qu’à peine trois à quatre jours. Plus de 8 000 personnes étaient réunies, beaucoup n’ont pas su entrer. Du jamais vu.

Le 11 février, un comité beaucoup plus large s’est constitué.

Hamma Hammami. Oui, une réunion au siège du Conseil National des Avocats a rassemblé les représentants de 28 organisations. Presque toute l’opposition à Ben Ali, sauf deux partis qui sont entrés dans le gouvernement de Ghannouchi.

Hormis les 10 organisations du Front du 14 janvier, il s’agit de la centrale syndicale unique UGTT, du parti islamiste Ennadha, des Associations des Avocats, des Écrivains, des Journalistes, de l’Union des Étudiants Tunisiens et d’autres encore.

Tous sont d’accord sur des propositions concernant la fondation d’un «Conseil National pour la Sauvegarde de la Révolution».

La plateforme ne va pas aussi loin que le Front du 14 janvier, puisqu’elle ne demande pas la dissolution de ce gouvernement. Certaines forces comme l’UGTT ont accepté ce gouvernement.

Mais les 28 signataires exigent que ce «Conseil National» ait un pouvoir de décision concernant toutes les lois et mesures en préparation des nouvelles élections, afin de garantir qu’elles seront vraiment démocratiques et se dérouleront dans la liberté totale.

Ils réclament le droit de surveillance de toutes les décisions du gouvernement et l’obligation de soumettre pour approbation au Conseil National toutes les nominations à des hautes fonctions.

Les signataires appellent la population de toutes les régions et localités à former des Comités de Sauvegarde de la Révolution et l’UGTT met tous ses locaux à leur disposition.

Ces Comités seront représentés dans le Conseil National.

Vous rassemblez là les différentes classes et couches de la population qui étaient et sont en opposition à la dictature. Cette démarche correspond au caractère de cette révolution, que vous appelez nationale et démocratique, pourquoi?

Hamma Hammami. Depuis Hannibal (général de Carthage, ancêtre de la Tunisie, dans l’Antiquité, NdlR), ce pays n’a jamais connu de démocratie. Ni les paysans, ni les petits commerçants, ni les artisans ou petits producteurs, ni les professeurs ou instituteurs. Tout ce monde aspire avant tout à la démocratie, ensemble avec les ouvriers. Il faut en être conscient.

Nous essayons d’unir le peuple autour d’une seule tâche: en finir avec la dictature.

Nous essayons d’éviter toute divergence parmi les forces populaires, ce qui pourrait être exploité par la réaction. On s’est mis d’accord avec les islamistes et avec les autres forces pour préserver cette unité du peuple tunisien et ne pas tomber dans des luttes partisanes.

Mais cette révolution est aussi nationale. Les gens se rendent compte que l’élite bourgeoise corrompue est de nature compradore, qui pille notre pays au profit de sociétés étrangères.

Celles-ci cherchent à produire à bon marché pour exporter ces produits vers leurs marchés, non pas pour satisfaire les besoins de la société tunisienne.

L’ingérence des puissances européennes et américaines provient entre autres de ce qu’elles veulent à tout prix protéger leurs multinationales.

Nous avons besoin d’un plan d’industrialisation en fonction des besoins de notre peuple.

C’est cela que les gens réclament. Le Front du 14 janvier revendique la construction d’une économie nationale au service du peuple où les secteurs vitaux et stratégiques sont sous la supervision de l’État.

Vous êtes porte-parole d’un parti communiste. Qu’en est-il d’une perspective socialiste en Tunisie?

Hamma Hammami. Une révolution socialiste n’est pas à l’ordre du jour aujourd’hui. Oui, en tant que marxistes nous estimons qu’en définitive, il faudra passer au socialisme. Ce sera nécessaire pour ne pas être pris dans le filet du capitalisme mondial qui est tenu par des grandes multinationales américaines et autres. Ce sera aussi la seule façon de mettre fin à l’exploitation de l’homme par l’homme. Mais cette façon de voir les choses n’est pas encore partagée largement du tout ici. Nous ne pouvons pas marcher trop vite.

Il faut tenir compte des rapports de force politiques. La classe ouvrière est en retard sur le plan de la conscience et d’organisation. Le mouvement communiste est encore assez faible dans notre pays, même s’il progresse beaucoup. Les autres classes sont assez présentes par l’intermédiaire du camp libéral, du camp islamiste… Il ne faut donc pas faire de faux pas.

À travers cette révolution, des premiers jalons du socialisme peuvent néanmoins être établis au niveau économique. Ainsi, nous sommes pour la nationalisation des grandes entreprises au profit des travailleurs. Comme dit plus haut, cela s’impose déjà d’un point de vue du recouvrement de notre indépendance. Nous n’allons pas nationaliser pour que cela profite à une bourgeoisie d’État (une classe qui s’enrichirait à la tête du nouvel État, NdlR). La classe ouvrière doit pouvoir diriger ces entreprises d’une manière démocratique.

Mais cela ne vaut pas pour tous les secteurs de l’économie. Nous effraierions les petits commerçants, les artisans, les petits patrons des nombreux ateliers que compte notre pays, nous les monterions contre la révolution.

Et, surtout, il faut penser aux paysans. La paysannerie chez nous est très diversifiée. Elle n’est pas organisée et elle accuse en général un très grand retard au niveau de la conscience.

Quelques régions sont plus avancées, là où il y a des ouvriers agricoles, qui sont parfois devenus des paysans pauvres. Ils ont reçu des lopins de terre, mais ne les travaillent pas par manque de moyens. Ceux-là verront eux-mêmes la collectivisation comme une issue positive.

Mais il y a aussi des régions où les paysans réclament depuis des décennies la terre que de grands capitalistes leur ont confisquée mais qu’ils travaillent néanmoins. Parler de collectivisation, cela leur rappellerait toute de suite le pillage de leurs terres au cours des années 60.

À notre avis, on pourra passer de façon graduelle et diversifiée au socialisme, tout en maintenant l’unité la plus grande du peuple et dans la mesure où son expérience le mène à en voir l’utilité et la nécessité.

Il n’y a pas de schéma unique. Mais il y a un but unique, le socialisme.

Le 4 mars 2011

Sources: Forum des démocrates

Solidarités internationales

LES DESSOUS DE LA « DÉMOCRATIE » CLINTONIENNE ET AUTRES DIRIGEANTS US

On est en train de foncer tête la première dans une très grande guerre, dans la confusion la plus totale des mouvements pacifistes et des partis progressistes, éblouis par le discours sur la démocratie.

R.M.

APRÈS LA LIBYE, L’IRAN?


D’ex-dirigeants US pour la reconnaissance de l’opposition iranienne


Congrès international de Berlin: Soutien au soulèvement en Iran et aux résidents d’Achraf


“L’Iran sape la paix et la stabilité dans le Golfe, selon Hillary Clinton”


“H. Clinton : Le Bahreïn a le « droit souverain » de faire appel aux Etats du Golfe”


D’ex-dirigeants US pour la reconnaissance de l’opposition iranienne

AFP – 19 mars

BERLIN – D’anciens hauts responsables américains, civils et militaires, ont demandé aux Etats-Unis de retirer les Moujahidine du peuple de la liste des organisations terroristes, lors d’un congrès organisé samedi à Berlin par ce mouvement d’opposition.

« Madame la secrétaire d’Etat, retirez les Moujahidine du Peuple (MEK) de cette liste », a lancé à l’adresse d’Hillary Clinton, chef de la diplomatie américaine, l’ancien directeur du FBI Louis Freeh (1993-2001).

Il a souhaité que Mme Clinton rencontre la dirigeante du MEK, Maryam Rajavi, aux Etats-Unis, comme elle a rencontré cette semaine des opposants libyens.

Retirer les Moujahidine du Peuple de la liste noire, a expliqué à son tour l’ancien Attorney general (ministre de la Justice 2007-2009) Michael Mukasey, leur permettrait de lever des fonds aux Etats-Unis et de louer des satellites pour diffuser des programmes de télévision en Iran même.

« Il est temps de nous défaire de notre propre hypocrisie », a-t-il déclaré, en rappelant pourquoi le MEK avait été placé sur la liste des organisations terroristes en 1997. Washington l’avait fait à la demande de l’Iran avec lequel il tentait une nouvelle fois de négocier et les y a maintenus parce que l’Iran menaçait de s’en prendre aux troupes américaines en Irak, a-t-il expliqué.

Mitchell Reiss, ancien directeur de la planification au département d’Etat, a confirmé cette explication. Au contraire, a-t-il dit, « je peux vous assurer que soutenir l’opposition iranienne renforcerait notre position de négociation au lieu de l’affaiblir ».

Les généraux Peter Pace et Henry Shelton, deux anciens chefs d’Etat major inter-armes, ont eux aussi plaidé pour la fin de l’ostracisme de ce mouvement Peuple, formé dans les années 60 en opposition au Shah d’Iran et devenu depuis la bête noire du régime de Téhéran. On lui prête plusieurs révélations sur le programme nucléaire secret iranien.

Le général Pace a proposé une « discussion ouverte » pour mettre à jour les reproches qui peuvent être faits au MEK, reconnaissant que leur alliance avec le dictateur irakien Saddam Hussein avait joué contre eux. « Je crois en votre cause », a-t-il assuré aux milliers de partisans rassemblés dans une salle de congrès à Berlin.

« Le régime iranien actuel à Téhéran ne doit pas être changé ni modifié, il doit être remplacé par un mouvement de résistance dirigé par le MEK », a déclaré le général Shelton.

L’ancien chef du parti démocrate Howard Dean et l’ex commissaire européen Günther Verheugen ont également participé à ce congrès qui s’est ouvert par un discours de Maryam Rajavi. L’Union européenne a retiré le MEK de la liste des organisations terroristes en 2009.


Congrès international de Berlin:

Soutien au soulèvement en Iran et aux résidents d’Achraf

CNRI – Samedi 19 mars, dans un congrès international à Berlin, de hauts responsables américains des administrations Clinton, Bush et Obama, des personnalités politiques européennes et arabes ont apporté leur soutien au soulèvement du peuple iranien et examiné les perspectives de changement dans ce pays. Ils ont souligné la nécessité d’adopter une politique correcte face au régime de Téhéran qui cherche à profiter des révoltes dans la région et au développement de l’intégrisme islamique.

M. Leo Dautzenberg (député de 1998 à 2011) a remis une déclaration signée par 150 députés du Bundestag sur la protection humanitaire des opposants iraniens au Camp d’Achraf, le retrait de l’OMPI de la liste du terrorisme américain et l’arrêt des exécutions en Iran.

Dans cette réunion à la veille de la nouvelle année iranienne, Norouz, les hauts responsables américains comme Howard Dean, président du parti démocrate américain, le général Peter Pace, chef de l’état-major des armées des Etats-Unis (2005-2007), le général Hugh Shelton, chef de l’état-major des armées des Etats-Unis (1997-2001), Sid Ahmed Ghozali, ancien premier ministre algérien, Patrick Kennedy, fils de feu le sénateur Edward Kennedy, membre de la Chambre des Représentants (1995-2011), Mitchell B. Reiss, chargé des affaires politiques au Département d’Etat américain (2003-2005), Michael Mukasey, ministre américain de la Justice (2007-2009) et Louis Freeh, chef du FBI (1993-2001), ont pris la parole. De même Gesine Schwan, deux fois candidate à la présidence de la République allemande, Gunther Verheugen, commissaire européen (1999-2009) et ancien secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Otto Bernhardt, porte-parole pour les finances de la fraction démocrate chrétienne/ sociale démocrate au Bundestag (2005-2009) et membre de la direction de la fondation Konrad Adenauer, et le Pr Christoph Degenhardt, éminent juriste, sont aussi intervenus.

Maryam Radjavi, invitée spéciale de cette conférence, a dit que la solution pour mettre fin aux terribles souffrances du peuple iranien et faire disparaitre les principales menaces terroristes dans le monde est un changement complet du régime des mollahs et l’instauration de la démocratie. « Le seul levier pour atteindre ce but, a-t-elle dit, c’est la Troisième Voie, à savoir un changement démocratique par le peuple iranien et sa résistance organisée. On peut voir la cristallisation de cette résistance à Achraf qui constitue une source d’inspiration pour la jeunesse dans sa lutte pour la liberté.»

Tout en reprochant à l’occident son opposition au changement en Iran, Mme Radjavi a ajouté : Durant les années passées trois gouvernements successifs aux États-Unis en maintenant les Moudjahidine du peuple sur la liste noire ont aidé dans la pratique le régime à rester au pouvoir. Ces deux dernières années malheureusement les États-Unis ont continué cette politique dévastatrice pour le peuple iranien et sa résistance. Les attaques successives des agents du régime contre Achraf a fait de nombreux morts et blessés parmi les Moudjahidine du peuple.

Evoquant l’évolution rapide des événements dans la région, Mme Radjavi a invité l’ensemble des gouvernements occidentaux de prendre la bonne voie de l’histoire et a demandé à la communauté internationale

  • De cesser d’acheter du pétrole aux mollahs et d’alimenter ainsi le financement de la répression du peuple iranien.
  • De prendre les mesures nécessaires pour lancer un mandat international contre Khamenei pour crime contre l’humanité.
  • De radier les Moudjahidines du peuple de la liste du terrorisme et de reconnaître officiellement la Résistance du peuple iranien.
  • De prendre les mesures nécessaires pour retirer les haut-parleurs autour du camp d’Achraf, de mettre fin à la torture psychologique des résidents et au blocus inhumain du Camp, de lever en particulier les restrictions médicales criminelles et de se charger de faire accepter la protection du Camp par les États-Unis et les Nations unies.

Secrétariat du Conseil national de la résistance iranienne

Le 19 mars 2011


“L’Iran « sape la paix et la stabilité dans le Golfe”, selon Hillary Clinton

PARIS — Le chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a accusé samedi l’Iran de « saper la paix et la stabilité dans le Golfe », soulignant « l’engagement sans faille » des Etats-Unis dans la région.

« Les Etats-Unis ont un engagement sans faille envers la sécurité du Golfe, et une des principales priorités est de collaborer avec nos partenaires à propos des inquiétudes suscitées par le comportement iranien dans la région », a déclaré la secrétaire d’Etat à des journalistes après le sommet sur la Libye.

« Nous partageons l’avis », a-t-elle continué, « que les activités de l’Iran dans la région, et notamment ses efforts pour faire avancer son agenda dans les pays voisins, sape la paix et la stabilité ».

Mme Clinton a enchaîné samedi les tête-à-tête avec ses homologues arabes, en marge du sommet convoqué à Paris pour faire front au régime Kadhafi en Libye.

Elle a longuement insisté, lors d’une conférence de presse, sur le caractère décisif du soutien de la Ligue arabe et du Conseil de coopération du Golfe (l’alliance des monarchies pétrolières du Golfe) à la mise en oeuvre de la résolution 1973 de l’ONU, qui permet à la communauté internationale un engagement militaire en Libye.

Quelque 700 personnes ont attaqué vendredi soir à coups de pierres le consulat de l’Arabie Saoudite à Machhad (nord-ouest de l’Iran) pour protester contre l’envoi de troupes saoudiennes à Bahreïn et la répression de la contestation dans ce pays à majorité chiite (comme l’Iran) mais dominé par une monarchie sunnite.

Jeudi, Bahreïn avait rejeté la « pression » exercée par l’Iran, la qualifiant d' »ingérence » dans les affaires intérieures du petit royaume du Golfe, au lendemain de la répression sanglante d’une manifestation à Manama.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a aussi affirmé que l’intervention de forces des pays du Golfe pour mettre un terme à la révolte populaire à Bahreïn était « un acte hideux voué à l’échec ».

AFP – Publié le 19/03/2011


“Le Bahreïn a le « droit souverain » de faire appel aux États du Golfe”

nouvel observateur

Le Bahreïn a « le droit souverain » de faire appel à ses voisins du Golfe pour sa défense, a estimé samedi 19 mars la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, tout en réitérant son appel à une solution pacifique aux troubles dans le petit royaume arabe. « Bahreïn a bien sûr le droit souverain d’inviter des forces du CCG sur son territoire en vertu de ses accords de sécurité et de défense », a dit Hillary Clinton lors d’une conférence de presse à Paris.

Le CCG (Conseil de coopération du Golfe) comprend l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, Oman, le Qatar, le Koweït et Bahreïn. Les deux premiers pays ont dépêché lundi des troupes à Bahreïn en répondant, selon Ryad, à « une demande de soutien » des autorités du royaume.

Cette déclaration de la secrétaire d’Etat américaine intervient alors que la répression violente de la contestation de la dynastie des Al Khalifa a fait cette semaine au moins huit tués, quatre manifestants et quatre policiers.

Les Etats du Golfe « sur la mauvaise voie »

La chef de la diplomatie américaine avait jugé mercredi que les Etats du Golfe étaient « sur la mauvaise voie » après l’envoi à Bahreïn de leurs forces armées pour y aider à contenir la contestation. « Nous continuerons à signaler notre préoccupation au sujet des mesures prises actuellement », a-t-elle dit samedi.

« Notre objectif est un processus crédible et légitime », dans « une atmosphère pacifique, positive, qui protège la liberté de réunion », a-t-elle expliqué. « Mes homologues du CCG m’ont dit partager le même objectif », a-t-elle assuré.
Al-Khalifa prêt au dialogue

Hillary Clinton a multiplié à Paris les entretiens avec des dirigeants du CCG, qui soutient les efforts militaires des Occidentaux en Libye, et avec lesquels les Etats-Unis partagent une inquiétude au sujet des ambitions régionales de l’Iran. A Bahreïn, où la contestation a débuté il y a plus d’un mois, le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa a répété samedi qu’il était prêt au dialogue, face à une opposition sceptique.

Sources:

http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/messages


Cette liste est gérée par des membres du Comité de Surveillance OTAN.

Les opinions éventuellement exprimées n’engagent que les auteurs des messages, et non le CSO
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APPEL à LA SOLIDARITÉ LANCÉ PAR LES COMMUNISTES DU BAHREÏN DANS LEUR LUTTE CONTRE LA RÉPRESSION GOUVERNEMENTALE ET L’INVASION DE L’ARABIE SAOUDITE ET DES PAYS DU GOLFE

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Appel à la solidarité lancé par les communistes du Bahreïn

dans leur lutte contre la répression gouvernementale

et l’invasion de l’Arabie saoudite et des pays du Golfe

QUI S’ACHARNE À NOUS METTRE DES ŒILLÈRES?

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Ces jours-ci, le Bahreïn connaît des temps difficiles s’achevant par l’émission d’un décret royal par le Roi du Bahreïn le 15 mars 2011, qui impose la loi martiale, et donne l’ordre du Chef d’Etat-major des forces de défense du Bahreïn de prendre le contrôle du pays pour une période de trois mois, afin de garantir la paix et la sécurité. À la suite de cette action quatre personnes ont été tuées et des dizaines ont été blessées avant que cette déclaration n’ait été rendue publique.

Cette décision survient après un mois d’une vaste campagne de manifestations pacifiques lancée par la jeunesse Bahreïnienne le 14 février 2011, pour la commémoration du 10ème anniversaire du plébiscite sur la Charte d’action nationale, où ils demandaient que le roi mette en œuvre les réformes qu’il avait promises, qui consistait à transformer le Bahreïn en une monarchie constitutionnelle similaire à celle de monarchies constitutionnelles actuellement en place.

Malheureusement, les autorités ont affronté ces revendications par la répression qui a causé la mort de 8 personnes jusqu’à ce jour, ainsi que des dizaines de blessés.

Par conséquent notre peuple exige fermement la démission immédiate du gouvernement, la dissolution du Conseil national et l’élection d’une assemblée constituante pour produire une nouvelle constitution représentant la volonté générale.

La Tribune démocratique progressiste constate que ces revendications se sont heurtées à la procrastination des groupes dirigeants dans une tentative de canaliser la colère populaire, en proposant une vague invitation au dialogue national qui ne garantit pas la réalisation des revendications minimales de l’opposition.

Cela s’est accompagné d’une campagne virulente menée par les médias locaux qui accusaient l’opposition Bahreïnienne d’être derrière ces émeutes, favorisant la pénétration de ce scénario dans les esprits de nombre d’entre nous à travers la diffusion de rumeurs partiales dans divers médias sur de présumés meurtres communautaires dans telle ville ou tel village.

Cette campagne virulente a conditionné le climat préalable à une guerre civile, ouvrant la voie à la recherche par le groupe dirigeant de l’aide du «Bouclier Al-Jazeera», les Forces communes de défense du Golfe, qui étaient restées impuissantes quand l’armée Irakienne avait envahi le Koweït le 2 août 1991; et en revanche les pays de Golfe avaient ouvert leurs frontières à l’occupant Américain pour qu’il puisse y déployer ses bases militaires dans la région. Désormais ces forces envahissent le Bahreïn dans leurs véhicules blindés afin de réprimer le soulèvement de personnes désarmées, un jour après la visite du Secrétaire à la défense américain Robert Gates, qui a rencontré plusieurs hauts dignitaires et a terminé sa visite en donnant le feu vert à la répression de l’insurrection populaire.

La Tribune démocratique progressiste du Bahreïn appelle les partis de gauche Arabes, et toutes les organisations de la communauté internationale à soutenir le peuple du Bahreïn en s’opposant au massacre qu’il subit devant le silence des médias Arabes qui sont contrôlés politiquement, pour une bonne part d’entre eux, via les capitaux des dirigeants du Golfe.

La Tribune démocratique progressiste lance également un appel en urgence à ses camarades et amis dans les partis de gauche et progressistes Arabes et internationaux, pour qu’ils expriment leur protestation envers ce que subissent leurs frères.

Puisque la Tribune démocratique progressiste vous lance cet appel urgent, il en appelle à vous pour qu’il contribue à faire parvenir la voix du peuple Bahreïnien aux médias libres Arabes et internationaux et à faire connaître ce qu’il subit, les massacres commis par les forces des régimes dictatoriaux dans le Golfe qui piétinent les poitrines de leurs citoyens face au silence total de la communauté internationale.

Vendredi 18 mars 2011

L’UNION EUROÉENNE ET LA DETTE TUNISIENNE

UE_Tunis_dette.jpg

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Lire aussi sur ce même sujet:

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“Tunisie : le rôle de la dette extérieure en Tunisie, atout ou handicap?”

par Fathi Chamkhi, le 8 mars 2011:

La dette extérieure a commencé peu après l’indépendance en 1956 |1|. Par son ampleur et ses multiples implications économiques, politiques et sociales, elle est devenue une donnée incontournable de la réalité tunisienne.

Pour lire la suite, cliquer sur le lien:

http://www.michelcollon.info/Tunisie-le-role-de-la-dette.html

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Tunisie : campagne pour la suspension du paiement de la dette

le 10 mars 2011, par Raid Attac/Cadtm Tunisie.

Appel

La Tunisie a besoin de mobiliser, de toute urgence .
..

pour lire la suite cliquer sur le lien:

http://www.cadtm.org/Tunisie-campagne-pour-la


Sur le problème de la « dette odieuse » en Tunisie, voir aussi

FAUT-IL REMBOURSER DES DETTES ODIEUSES, MAIS COMMENT?” – socialgerie – rubrique « Mondialisation » – article 452, en date du 10 avril 2011 …