JUIN 2011: ACTIVITÉS – MANIFESTATIONS – DÉBATS.

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“LE BURKINA FASO DE LA CONTESTATION À LA REVOLUTION?”

Mardi 28 juin 2011 de 18h30 – 21h –

FONDATION GABRIEL PERI – RENCONTRE.

“LE MONDE ARABE EN RÉVOLUTION: ÉTAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES”

Mercredi 22 juin 2011 – 18h30-21h

FONDATION GABRIEL PERI – RENCONTRE.

“SITUATION AU YEMEN – RENCONTRE AVEC ANIS NACROUR”

Mardi 21 JUIN 2011 – 8h 30 – 10h

IRREMO – RENCONTRE AUTOUR D’UN PETIT DEJEUNER


FONDATION GABRIEL PERI

RENCONTRE:

LE BURKINA FASO

DE LA CONTESTATION À LA REVOLUTION?

Mardi 28 juin 2011

18h30 – 21h

Fondation Gabriel Peri

11, rue Étienne Marcel, Pantin (93)

Métro Hoche

Plan d’accès

Rencontre avec

Dragoss Ouédraogo

cinéaste

chargé de cours (anthropologie visuelle)

à l’Université Victor Segalen – Bordeaux 2;

Lazare Ki-Zerbo

secrétaire exécutif du Comité International Joseph Ki-Zerbo;

Moumini Derra

président de l’Union Générale des Etudiants Burkinabè (UGB)

en liaison vidéo;

Nacanabo Sagado

secrétaire confédéral chargé de l’Organisation et de l’Information

CGT-B

en liaison vidéo.

Entrée libre

Le nombre de place étant limité, merci de vous inscrire par mail à l’adresse

inscription@gabrielperi.fr

Depuis le début de l’année 2011, le Burkina Faso connaît une vague de contestations qui fait voler en éclat son image de pays stable.

Une révolte des jeunes étudiants et lycéens contre les exactions et l’impunité des forces de police a vu le jour après la mort d’un collégien dans des conditions suspectes.

Des mouvements populaires ont pris pour cibles les institutions et les symboles du pouvoir en place, alors que des mutineries se sont multipliées, provoquant la chute du gouvernement et contraignant le président à quitter son palais présidentiel.

Cette situation est le signe d’une conjonction de crises à la fois politique, démocratique, sociale et économique qui créé un moment inédit dans l’histoire du pays.

Les revendications pour les droits humains et politiques s’articulent de façon décisive aux revendications sociales et économiques.

De nouvelles perspectives s’ouvrent pour les mouvements sociaux, bien décidés à exiger un nouveau contrat démocratique pour exercer de façon effective la souveraineté populaire.

La fondation Gabriel Péri ouvre le débat et invite quatre intervenants à exposer leur analyse sur la situation qui prévaut actuellement au Burkina Faso.

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FONDATION GABRIEL PERI

RENCONTRE

LE MONDE ARABE EN RÉVOLUTION:

ÉTAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES

Mercredi 22 juin 2011

18h30-21h

Fondation Gabriel Peri

11, rue Étienne Marcel, Pantin (93)

Métro Hoche

Plan d’accès

Rencontre avec Karim Mroué

écrivain libanais

avec la participation de Burhan Ghalioun

Directeur du Centre d’Étude sur l’Orient Contemporain

et Farouk Mardam Bey

écrivain et éditeur.

Entrée libre. Le nombre de place étant limité

merci de vous inscrire par mail à l’adresse

inscription@gabrielperi.fr

Au nom de la justice et de la liberté, les peuples arabes, souvent présentés comme immobiles, voués à l’autoritarisme ou à l’extrémisme violent, se sont mis en mouvement, déstabilisant tous les régimes, et balayant en quelques jours à Tunis et au Caire des pouvoirs délégitimés.

Si les différences propres à chaque pays sont réelles, des traits communs aux sociétés arabes sont apparus. Ces soulèvements populaires bouleversent une région-clé du monde et l’espace euro-méditerranéen.

En quoi peut-on parler de révolutions? Les perspectives de ces mouvements populaires, de ce processus, et leurs issues sont ouvertes.

Un immense espoir s’est levé, de nouveaux horizons se dessinent, mais les chemins vers une transition démocratique sont tumultueux.

Dans ces paysages politiques en mouvement constant, où sont les forces progressistes? Comment se structurent-elles et comment font-elles face à ces défis inédits? Comment vont-elles contribuer aux réponses à apporter aux exigences de justice sociale et de démocratie placées au cœur des revendications portées par les révoltes arabes, en particulier chez les jeunes générations.

Pour en débattre, la fondation a invité Karim Mroué, écrivain libanais, auteur de nombreux ouvrages et essais sur le mouvement de libération nationale sur la crise du socialisme et sur la pensée marxiste arabe (dernier ouvrage publié en français: “Un demi-siècle d’utopie, mémoires d’un dirigeant de la gauche libanaise” – Téraèdre/Ifpo, 2009).

Burhan Ghalioun, directeur du Centre d’Étude sur l’Orient Contemporain et professeur de sociologie à l’Université de la Sorbonne-Nouvelle Paris III, participera à la rencontre. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le devenir politique et social des sociétés arabes modernes, notamment en français: “Le malaise arabe”, “l’État contre la nation et Islam et politique: la modernité trahie”, éd. La Découverte, 1997.

Farouk Mardam Bey est écrivain et éditeur. Il a notamment publié, en collaboration avec Samir Kassir “Itinéraires de Paris à Jérusalem, la France et le conflit israélo-arabe” (Institut des études palestiniennes, 1991-1992); “ Etre arabe”, avec Elias Sanbar, Sinbad, Actes Sud, 2005.

En savoir plus (…)

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21 JUIN 2011

IRREMO

8h 30 – 10h

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5, rue Basse des Carmes, 75005 Paris

01 43 29 05 65 / iremmo.sg@gmail.com

Vous invite à rencontrer

autour d’un petit déjeuner

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Anis Nacrour

diplomate en poste au Yemen

et de passage à Paris.

Mardi 21 juin 2011

8h30 -10h00

(Participation 10€/confirmation obligatoire)

Anis Nacrour diplomate en poste actuellement à l’ambassade de France à Sanaa, vient faire le point sur la situation au Yémen.

Merci de confirmer votre présence :

Contact : 01 43 29 05 65 – iremmo.sg@gmail.com

iReMMO 5, rue Basse des Carmes 75005 Paris (Maubert-Mutualité)

Rejoignez l’iReMMO sur FaceBook!

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MARSEILLE 18 JUIN 2011: – AU « VIEUX PORT »UN BATEAU POUR GHAZA – PUIS CONFÉRENCE DÉBAT: « FRANTZ FANON ET LA GUERRE D’ INDÉPENDANCE ALGÉRIENNE ».

Après un rassemblement

(que nous espérons historique à Marseille)

sur le Vieux Port

pour le bateau de GHAZA

vous êtes tous conviés à une réunion publique débat

organisée à l’occasion de la commémoration
8 des 50 ans de la mort de Frantz Fanon

(en fait si Fanon vivait encore il serait sans nul doute parmi nous sur le Vieux Port en solidarité avec le peuple palestinien).

Le détail sur La conférence est expliqué dans le texte ci dessous .

Faites passer l’info autour de vous

————————————

ANNÉE FRANTZ FANON

Frantz Fanon et la guerre d’indépendance algérienne

Conférence débat

Samedi 18 juin 2011 à 18h

Au local de mille bâbords 61 rue Consolat 13001 Marseille

Métro Réformés – Tramway National

Le militant anticolonialiste Frantz Fanon est né en Martinique le 20 juillet 1925. Après des études secondaires à Fort de France (où il eut Aimé Césaire comme professeur) il s’engage, lui, fils d’esclave, dans les troupes du Général De Gaulle (FFL) pour libérer de l’occupation nazie les fils de ceux qui avaient fait enchaîner ses aïeux.

De cette aventure, il revient, profondément déçu.

Il a en effet découvert le racisme dans les rangs même des troupes avec qui il a combattu. Cette amère expérience fut décisive dans ses choix ultérieurs.

Il entreprit, peu après sa démobilisation, des études de médecine à Lyon.

Devenu médecin – psychiatre, il est affecté à l’hôpital psychiatrique de Blida – Joinville, en Algérie, en novembre 1953.

Durant son bref passage dans cet hôpital – asile, où les théories «racialistes» de la psychiatrie coloniale de l’école d’Alger sur les patients nord africains sont appliquées à la lettre, il constata que les souffrances mentales du patient nord africain proviennent pour une large part du fait de la situation de colonisation qui dure depuis plus d’un siècle.

Il tenta alors, non sans succès, de mettre en pratique une démarche de soin qui tient compte des références culturelles auxquelles le patient nord africain pouvait s’attacher. Les pratiques mises en place par Frantz Fanon, qu’on désignera plus tard sous le vocable de psychothérapie institutionnelle (ou social thérapie), rendirent plus humaines les conditions de séjour dans cet hôpital – asile où étaient parqués des patients jugés «incurables».

Le 1er novembre 1954 éclata la lutte armée pour la libération du peuple algérien du joug du colonialisme.

Frantz Fanon, ne pouvait pas rester indifférent aux souffrances d’un peuple en quête de justice et de liberté. Il rejoignit alors les rangs du Front de Libération Nationale Algérien (FLN) pour se mettre à la disposition de ce combat qu’il considérait comme le combat de tous les peuples soumis à à la domination coloniale.

Son expérience et son engagement sans réserve l’amenèrent à exercer plusieurs responsabilités dans les organes dirigeants de la Révolution Algérienne.

Cette Révolution se dota d’organes dirigeants et d’une plate forme politique lors du congrès du FLN qui s’est tenu dans la vallée de la Soumam (Kabylie) en Août – septembre 1956.

Pour contrer la propagande du système colonial, présentant les résistants algériens comme des bandes d’égorgeurs et de terroristes, la direction politique de la Révolution, sous la houlette de Abane Ramdane, met en place un dispositif de contre information dans lequel Frantz Fanon occupa une place de choix. Il fut en effet l’un des auteurs les plus prolifiques du journal du FLN – El Moudjahid.

De par sa proximité avec la direction politico militaire de la Révolution basée en Tunisie depuis la moitié de 1957, Frantz Fanon a vécu de l’intérieur les luttes intestines entre les dirigeants de la révolution qui se déroulaient sous ses yeux. Ces luttes qui ont abouti à l’élimination physique de cadres de grande valeur, ne l’ont pas simplement révulsé, elles lui ont permis d’approfondir sa réflexion sur la nature des mouvements de libération en Afrique sous domination coloniale.

Pour débattre de tous ses aspects et pour vous informer du travail colossal accompli par Frantz Fanon durant son engagement du côté du peuple algérien en lutte, Le Comité Mam’Ega, l’association Aldjazaïr-Salon et radio Galère vous convient à une

Conférence débat

animée par

Bélaïd Abane,

membre de la fondation ABANE Ramdane

le Samedi 18 juin 2011 à 18h

Au local de mille bâbords

61 rue Consolat 13001 Marseille

Métro Réformés – Tramway National


JOSEPH CLAUDE SIXOU, FIGURE DU MOUVEMENT NATIONAL, NOUS A QUITTÉ: DESTIN D’UN «HOMME EN TROP»

Une figure emblématique du mouvement national nous quitté. C’est comme étudiant à l’Ecole supérieure d’aéronautique, en France, dont il sort ingénieur que Joseph, Claude Sixou prend conscience de son algérianité. Commence alors son combat contre le colonialisme, pour une Algérie plurielle, multiculturelle et multiéthnique.

Mohamed Harbi, historien

El-Watan

et Le Matin

le 15 juin 2011

Originaire de Tiaret, il est avec Kaïd Ahmed, futur membre de l’état-major de l’ALN, un des animateurs du comité local du Front algérien pour la défense et le respect des libertés, une expérience unitaire qui rassembla en août 1951, tous les partis algériens.

Lorsqu’intervient en novembre 54 l’appel aux armes, Sixou, qui militait en France au Parti communiste, formula des réserves sur l’analyse qu’en fit sa direction et se rapprocha du FLN.

En liaison avec la Fédération de France que dirigeait alors Mohamed Lebdjaoui, membre du CNRA, il crée fin 1956 avec une dizaine d’intellectuels dont le Dr Pierre Benkemoun, Jean Allouche, Pierre Attal, André Akoun, le Comité des juifs algériens pour l’indépendance de l’Algérie.

Son sursis d’étudiant venant à expiration, Joseph Sixou adresse une lettre au président français, René Coty, pour l’aviser qu’il ne répondra pas à l’appel de l’armée pour accomplir le service militaire (*).

Déserteur, il rejoint Tunis et se met au service de la direction du FLN. Il collabore avec le Dr Francis, ministre des Finances, pour l’étude des dossiers économiques en prévision des négociations avec la France.

Après les accords d’Evian, son expertise le signale à l’attention de Abdesslam Belaïd, qui, en charge de l’Economie à l’Exécutif provisoire, lui confie le dossier pétrolier.

L’indépendance venue, Sixou fait partie du cabinet de Bachir Boumaza et recrute à la direction de l’énergie nombre de cadres dont Sid Ahmed Ghozali.

Le vote d’un code de la nationalité qui fait des patriotes non- musulmans des «minoritaires de service», selon l’expression utilisée par le Dr Pierre Chaulet dans un document adressé à Ferhat Abbas le 12 août 1960, blessa ses sentiments.

Le président Ferhat Abbas, auprès duquel il émit une protestation, le reçoit pour le rassurer et lui dit: «Sixou ce n’est pas toi que le code vise.» Le mal était fait et il pèsera lourdement sur le devenir et les orientations de l’Algérie indépendante.

Adversaire d’un socialisme autoritaire, partisan de l’autogestion, Sixou comprit, après le 19 juin, que l’Algérie faisait des choix qui la menaient à l’impasse.

Il continua à la servir comme cadre supérieur et participa à l’aventure de la Société nationale de sidérurgie aux côtés de Mohamed Lyassine.

Le statut d’exilé de l’intérieur ne lui convenait pas.

Il quitte l’Algérie après mon évasion qu’il a aidée à préparer. Nous nous sommes rencontrés en 1953 dans la lutte pour la création d’un syndicat étudiant ouvert à tous les patriotes sans distinction de confession.

Depuis cette date, nous avons emprunté le même chemin. Il fut mon compagnon. Je fus le sien. Ensemble nous avons à “Révolution africaine” (1963-1964), puis à la revue “Soual” que nous avons créée ensemble et dont il a été le directeur, essayé de faire connaître, dans le champ algérien, la pensée critique.

Nous avons évolué dans la difficulté, anathémisés par les «intellectuels faussaires», de pompiers toujours prêts à éteindre l’enthousiasme des combattants de la liberté au nom du réalisme.

Joseph, Claude Sixou a été notre oxygène pendant les années de plomb.

C’était l’homme des convictions inébranlables.

Ses contradicteurs le redoutaient car ils le savaient matériellement désintéressé.

Sa rigueur intellectuelle et son sang-froid vont nous manquer.

Penser qu’il n’est plus là est difficile à accepter.

Mohamed Harbi, historien

El-Watan

et Le Matin

le 15 juin 2011

pour lire en ligne, cliquer sur le lien …


(*) Lettre de Joseph, Claude Sixou

Monsieur le président de la République française

Le sursis qui m’avait été accordé par l’autorité militaire pour terminer mes études venant à expiration, je dois être appelé incessamment pour accomplir le service militaire. J’ai le devoir de vous informer que je ne répondrai pas aux convocations qui pourraient m’être adressées et de vous expliquer en détail les raisons de mon attitude:

Je suis né à Tiaret, en Algérie, le 11 juin 1931 et j’y ai vécu plus de vingt ans de ma vie.

Très tôt, j’ai eu l’occasion de vérifier personnellement la fausseté de l’affirmation des gouvernements français selon laquelle l’Algérie serait une province française.

C’est lorsque je vins en France pour la première fois et que je liais connaissance avec des démocrates français que j’ai commencé à prendre conscience qu’il y avait des causes profondes aux maux dont souffrait ma patrie: j’acquis la conviction qui ne s’est nullement démentie par la suite qu’il était possible de construire une Algérie libre, heureuse à condition d’abattre l’odieux régime colonial qui lui avait été imposé voilà plus de cent vingt ans.

Il m’apparut que mon devoir était d’œuvrer à hâter la venue de cet heureux événement. Il n’en fallut pas plus au ministre de l’Air en exercice pour m’exclure sous un prétexte futile dû à mon inexpérience de l’Ecole nationale supérieure de l’aéronautique où j’avais été admis après trois années de préparation à un concours difficile.

Je suis retourné dans mon pays où j’ai exercé pendant un an le métier de maître auxiliaire d’enseignement au collège de Tiaret; aujourd’hui quelques-uns parmi les meilleurs de mes élèves musulmans sont militaires au collège de Tiaret; aujourd’hui quelques-uns parmi les meilleurs de mes élèves musulmans sont militaires dans l’Armée de libération nationale.

L’année suivante, j’ai suivi les cours de la faculté des sciences d’Alger: c’est là, à la Maison des étudiants musulmans que j’ai lié quelques-unes de ces amitiés qui comptent dans la vie d’un homme; de mes amis, les uns sont déjà glorieusement tombés pour leur patrie, les autres sont dans la lutte.

C’était pour moi la première fois que je me trouvais mêlé aussi intimement aux masses profondes de mon peuple sur la seule base où la rencontre était possible, sur la base de l’anticolonialisme.

En deux ans, je fis dans cette voie des progrès extraordinaires: cette carapace d’incompréhension qu’on avait accumulée entre deux communautés sœurs fondait comme neige au soleil de l’estime réciproque: je redécouvrais les multiples affinités qu’un siècle d’une politique d’assimilation forcenée n’avait pu faire disparaître, je découvrais et cela, croyez-le bien, cela sera porté au terrible dossier d’accusation du colonialisme français, que j’avais une patrie, que je n’en avais qu’une et que j’avais été incapable de la voir pendant plus de vingt ans…

En septembre 1954, en application d’une loi d’amnistie (qui, d’ailleurs, avait été votée principalement en vue de réhabiliter certains collaborateurs), je fus réadmis à l’Ecole nationale supérieure de l’aéronautique. Dans les conditions qui étaient celles de l’Algérie à cette époque, il était de mon devoir de revenir en France pour y étudier afin de préparer à ma patrie un de ces cadres techniques dont elle aura un si urgent besoin dans un proche avenir.

Comme des millions d’Algériens, j’ai accueilli les nouvelles du 1er Novembre 54 avec un indicible sentiment de joie et de fierté: il me semblait que j’attendais ce jour depuis la défaite d’Abdelkader.

En vérité, il ne s’y mêlait qu’une seule appréhension, celle de voir ces hommes valeureux se faire massacrer jusqu’au dernier (comme cela est déjà arrivé tant de fois) avant d’avoir pu grouper derrière eux l’ensemble du peuple algérien.

Je n’ai jamais dissimulé ces sentiments dans la mesure où j’estimais que leur manifestation contribuait à approcher l’heure où cesserait cette tuerie «imbécile et sans issue» pour la France.

C’est ce qui me valut, sans doute, les dernières mesures des services de la Sécurité Air: annulation de mon contrat de travail à la Snecma et radiation de la liste des promus au grade de sous-lieutenant de réserve sanctionnant les cours de l’instruction militaire obligatoire où j’avais obtenu des notes suffisantes (…)

Si je vous ai exposé en détail toutes les raisons personnelles de mes actes, Monsieur le président de la République, c’est qu’il se trouve en France des gens pour dénier aux Algériens non-musulmans tout sentiment de patriotisme: ils trouvent plus commode de les affubler du nom de traître alors que comme il ressort clairement de ce que je vous ai exposé, la véritable traîtrise serait pour moi d’agir d’une autre façon; c’est aussi parce que, Algérien de culture française, j’ai toute raison de m’inquiéter de la détérioration croissante des rapports franco-maghrébins.

Je désire passionnément une collaboration amicale et fructueuse dans tous les domaines entre la France et l’Algérie; mais ni moi ni aucun autre patriote algérien n’acceptera jamais plus que cette association, soit celle du cavalier et du cheval.

C’est pourquoi, avant qu’il ne soit trop tard, dans l’intérêt du peuple français aussi bien que dans celui du peuple algérien, dans l’intérêt même des Français qui vivent de leur travail en Algérie, il faut reconnaître l’indépendance.

Cette lettre a été publiée par l’hebdomadaire tunisien“ L’Action” dirigé par Bechir Ben Yahmed dans son édition du lundi 2 décembre 1957

HOMMAGES à DIDAR FAWZY ROSSANO

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SOIRÉE D’HOMMAGE À DIDAR FAWZY ROSSANO

le lundi 27 juin 2011

à 18 heures

CENTRE CULTUREL ALGÉRIEN


HOMMAGE À DIDAR FAWZY ROSSANO

par Salima Sahraoui Bouaziz

et Akila Abdelmoumen Ouared

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Une grande dame, combattante infatigable pour la libération des peuples opprimés, nous a quittés brutalement dans l’après-midi de ce jeudi 26 mai 2011, à Genève. Elle avait 90 ans. Il s’agit de toi, Didar Fawzy Rossano, ma sœur et compagne de combat, ma «camarade» comme tu l’écris dans la dédicace de tes mémoires. Ton long et si riche cheminement ne peut être qu’esquissé en ces lignes.

Sommes-nous devenus amnésiques?
La disparition d’une telle personnalité de l’Histoire récente de notre pays, de notoriété mondiale, mérite un hommage officiel de notre presse et des hauts responsables de l’Algérie, qui l’ont personnellement connue.

Dès l’âge de 18 ans, et jusqu’à la mort, elle s’est engagée aux côtés des militants antifascistes, anticolonialistes, contre les dictatures et au service de la paix entre des peuples libérés. Juive égyptienne, issue d’une famille aisée du Caire, d’origine italienne, elle a été communiste jusqu’à sa mort et de tous les combats pour une humanité émancipée, en commençant par «La révolution des Officiers libres» contre le roi Farouk.

Pas seulement combattante, ses travaux universitaires sur le Soudan font référence. Elle a tissé des liens avec les Africains du Sud sous apartheid et les Palestiniens, profondément attachée à une solution durable de paix israélo-palestino- arabe, hélas encore utopique.

Dans les années 50/60 du siècle passé, sa place était aux côtés du peuple algérien en guerre. Elle a été un des piliers du réseau Curiel, dont on ne dira jamais assez combien il a soutenu notre combat. Citons les missions de soutien «ordinaires», telles que le transport sécurisé des responsables de la Fédération de France du FLN, la fourniture de «planques», l’aide à la confection de faux papiers, les passages de frontières, pour les responsables et les militants recherchés, parfois condamnés à mort… Citons l’organisation de contacts fructueux avec des leaders des mouvements démocratiques clandestins, d’Europe et d’Amérique latine entre autres, le convoyage transfrontières de «courriers » enserrés dans les doublefonds de voitures de tourisme, la confection et la diffusion des bulletins de propagande. Mais ce qui a été l’apport capital du réseau Henri Curiel, avec en particulier Didar et «Blanche» (Rosette, l’épouse de Curiel), c’est l’organisation magistrale du transfert des fonds de l’Hexagone vers les banques suisses. Ces fonds constitués pour l’essentiel des cotisations des ouvriers et commerçants algériens émigrés, le «nerf de la guerre» versé au budget de la direction du FLN (le CCE puis le GPRA). Cet argent qui a assuré en grande partie l’autonomie de fonctionnement de l’organisation FLN en particulier en Europe.

Didar, tu étais une des chevilles ouvrières de ce système. Quand je te rencontrais, durant nos années de clandestinité, à Paris, en Suisse et en Allemagne, tu m’impressionnais. Par l’âge, déjà, tu étais une «vieille» de presque 40 ans (!), j’en avais 24 ou 25. Je te trouvais très chic, grande, mince, d’une élégance discrète, le visage un peu dur, adouci par une chevelure très frisée, impeccablement taillée court et tu dégageais une telle impression de force tranquille, une «pro»! Je ne connaissais pas ta vie (clandestinité oblige), mais je cherchais à deviner ce mystère à travers ta voix qui roulait les «r» et la proximité que créaient les mots d’arabe qui parfois épiçaient tes propos. Je me souviens aujourd’hui que tu m’impressionnais par ta sobriété, te limitant à l’essentiel. Je souhaitais ardemment te ressembler parce que tu incarnais pour moi l’efficacité.

Je n’imaginais pas que tu puisses échouer dans une mission, aussi délicate et risquée fût-elle. Parmi les autres femmes des réseaux de soutien que j’ai eu à connaître, et pour lesquelles j’éprouve affection et grand respect, c’est toi qui m’en imposais le plus. Je sentais que je ne devais m’autoriser ni faiblesse ni familiarité sous ton regard pourtant bienveillant…

Ton nom restera dans l’histoire de la guerre d’Algérie, comme celui d’une des six héroïnes, deux Algériennes Zina Haraigue, Fatima Hamoud, trois Françaises Hélène Cuenat, Micheline Pouteau, Jacqueline Carré, et toi l’Egyptienne, leur aînée, militantes pour la libération de l’Algérie qui ont réussi l’exploit unique de s’évader, ensemble, une nuit de février 1961, de la prison de la Roquette à Paris!

Après l’indépendance, je t’ai revue à Alger, tu passais dîner à la maison et tu avais de longues discussions, passionnées et passionnantes, avec Rabah mon mari, qui m’avait fait te connaître, sur notre avenir et les problèmes innombrables de notre jeune pays. J’y participais en vous écoutant surtout. Encore sous le coup de ta condamnation en France, avant l’amnistie, tu t’es sentie à juste titre «chez toi» ici, après ton bref passage au Maroc jusqu’au cessez-le-feu. Tu as offert de t’impliquer auprès de la jeunesse, et tu as partagé ce travail avec d’autres bonnes volontés, telle Maurienne. D’autres membres des réseaux de soutien ont fait la même démarche, tout en continuant à soutenir activement, à partir de l’Algérie, les peuples encore en lutte pour leur émancipation. Nous ne devons pas les oublier. Souvenons-nous, les premières années de l’indépendance, Alger était la capitale mondiale des mouvements de libération.

Avec l’âge, et en écrivant ces lignes, maintenant que tu es partie, je ressens combien, sous tes dehors austères, il y avait de générosité, d’immense tendresse pudiquement enfouies au plus profond de ton âme. Je ne savais pas ta souffrance, alors que tout en étant entièrement disponible pour notre lutte, tu organisais à distance la vie de tes deux filles, Nevine et Maïra, menant ce second et douloureux combat des mères-courage quand le couple se défait.

Ce banal accident de la circulation, dans la ville de Genève où tu as choisi de t’installer au crépuscule de ta vie, interrompt l’œuvre humaniste que tu poursuis depuis tant de décennies. J’ai appris en effet qu’à la lumière de ton immense expérience, il t’a paru évident que le combat de ce siècle devait être celui de l’émancipation des femmes dans le monde. Merci Didar !

Au nom de notre solidarité passée, que Nevine et Maïra tes filles reçoivent mes sincères et affectueuses condoléances.

Se joint à moi dans cet hommage, Akila, notre sœur de combat, qui t’a personnellement connue durant la décennie noire.

Salima Sahraoui Bouaziz, militante permanente de l’OS/Fédération de France du FLN (1954/1962);

Akila Abdelmoumen Ouared, militante permanente de l’Organisation politico-administrative/ Fédération de France du FLN (1954/1962)

Source Soir d’Algérie, le 9 juin 2011 …


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Un site a été ouvert sur Didar par des amis

“Hommage à Didar Fawzy”: http://didarfawzi.wordpress.com


DIDAR FAWZY ROSSANO

RÉVOLUTIONNAIRE ET INTERNATIONALISTE

DES XXème ET XXIème SIÈCLES

se référer à l’article 510 de socialgerie, mis en ligne le 2 juin 2011

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11 JUIN 2011 – EL-MOURADIA – COMMÉMORATION/ À LA MÉMOIRE DU CHAHID HENRI MAILLOT

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Il y a 55 ans, Henri Maillot est tombé au champ d’honneur un certain 5 juin 1956.

En répondant à l’appel de la patrie, Henri, l’enfant de Clos Salembier (El Madania), a offert sa vie pour une Algérie libre, indépendante, fraternelle et tolérante.

En sa mémoire et afin que nul n’oublie

une cérémonie de recueillement aura lieu

le samedi 11 juin 2011 à 10h

au cimetière de Diar Es Saâda

(El Mouradia).

Gloire à tous nos martyrs

La famille Maillot

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18 JUIN 2011 – PARIS: LES FEMMES DU MAGHREB DANS LEURS LUTTES POUR LA DÉMOCRATIE ET L’ÉGALITÉ DES DROITS

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COLLECTIF POUR UN MAGHREB DES DROITS DE L’HOMME

COLLOQUE

“LES FEMMES DU MAGHREB

DANS LEURS LUTTES

POUR LA DEMOCRATIE

ET L’EGALITE DES DROITS”

En cette année 2011, les pays du Maghreb et du Machrek entrent dans l’histoire.

Déjà les régimes dictatoriaux de Tunisie et d’Egypte sont tombés et des processus de transition démocratique sont en cours. En Algérie et au Maroc, les pouvoirs tentent d’endiguer le mouvement, en promettant des réformes qui s’avèrent d’ores et déjà en deçà des revendications populaires. D’autres pays arabes n’ont pas encore saisi la marche de l’histoire et répriment sauvagement les centaines de milliers d’hommes et de femmes qui manifestent pacifiquement leur refus de la tyrannie et de la corruption.

Ces mouvements populaires sont portés par des populations qui ont longuement souffert des privations multiples imposées par des dictatures ubuesques. Singularité notable: leur mixité! Jeunes ou moins jeunes, les femmes prennent leur part, inscrivent toute leur part dans cette nouvelle page de leur histoire. Elles bousculent les représentations stéréotypées de ces pays, mais aussi les attitudes et les pratiques masculines, machistes, que légitimaient des traditions culturelles et/ou religieuses ouvertement inégalitaires.

Plus encore que les hommes, elles doivent affronter un double défi: contribuer au démantèlement des ordres politiques autoritaires ou dictatoriaux; recouvrer leur dignité de citoyennes dans ces sociétés foncièrement inégalitaires.

Aussitôt les dictateurs déchus, en Tunisie – comme en Egypte – les femmes, qui ont participé en nombre aux actions et aux manifestations, refusent de « rejoindre leurs cuisines », comme beaucoup voudraient les y contraindre, au son du leitmotiv habituel: « il y a désormais d’autres priorités, d’autres urgences… ». Pour elles, l’Histoire ne doit plus être un « éternel recommencement ». Elles ont tiré les enseignements de l’expérience algérienne sitôt l’indépendance conquise, qui fut, hélas, édifiante et instructive.

Informées et instruites de tous les mouvements qui avaient précédé dans l’histoire, convaincues du fameux adage «later is never», déterminées à assumer leurs responsabilités de citoyennes dans des sociétés encore rétives à l’idée même de l’égalité des droits entre femmes et hommes, les femmes continuent à se mobiliser pour arracher leurs droits. Y compris aux démocraties établies depuis des siècles, elles veulent
rappeler, qu’il n’y a pas de démocratie sans une égalité réelle et effective des droits.

C’est dans un tel contexte que le «Collectif Pour un Maghreb des Droits de l’Homme» organise son colloque annuel.

le samedi 18 juin 2011

de 13 heures à 18 heures

à l’Assemblée nationale

Thème (décidé depuis fin 2010):

«LES DROITS DES FEMMES DU MAGHREB».

Rien ne permettait d’imaginer alors que l’actualité allait fournir, aux questions que nous nous posions, des réponses, encore inimaginables hier.

Aujourd’hui, ancrées dans la réalité, porteuses d’espoir pour le Maghreb-Machrek et au-delà.


Avec le soutien de

l’INSTITUT MAGHREB-EUROPE / ERASME EA 3389

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et du

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Samedi 18 juin de 13h à 18h

Colloque

Salle Lamartine – Immeuble Jacques Chaban-Delmas

101 rue de l’Université 75007 Paris

Métro : Assemblée nationale

Inscription obligatoire : maghrebddh@yahoo.fr

PROGRAMME

13h : Accueil des participants

14h : Mot de bienvenue

14h15 : Introduction générale :

Ahmed Dahmani, Membre du Collectif Pour un Maghreb des Droits de l’Homme.

Modératrice
Rosa Moussaoui, journaliste

14h 30 – “Femmes Tunisiennes : après la parité, l’égalité.”

Nadia Chaabane, militante féministe

14h 50 – Maroc: “Le rôle des femmes dans le mouvement du 20 février.”

Amina Boughalbi, co-animatrice du mouvement du 20 février

15h10 – “Les luttes du mouvement des femmes pour l’égalité, des luttes pour la démocratie en Algérie.”

Feriel Lalami Fates, militante féministe

15h30 – “Quel rôle pour la femme dans la révolution libyenne”.

Salha Ashtioui, militante du comité 17 février

15h50 – “Maghrébines de France, l’incessante lutte pour l’égalité des droits.”

Fouzia Maqsoud, militante de l’immigration

16h10 – Questions et débats

17h30 – Conclusions et synthèse.

Hayat Berrada-Bousta, ancienne exilée politique, conseil en communication interculturelle


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COLLECTIF POUR UN MAGHREB DES DROITS DE L’HOMME

COLLOQUE

Les femmes du Maghreb dans leurs luttes pour la démocratie et l’égalité des droits

BULLETIN D’INSCRIPTION

NOM et PRENOM………………………………………………………………………………………….

ADRESSE……………………………………………………………………………………….

ASSOCIATION…………………………………………………………………………………….

Tél……………………………………. courriel……………………………………..

Demande mon inscription au colloque du 18 juin

à renvoyer par courriel: maghrebddh@yahoo.fr

ATTENTION! Nombre de places limité

une pièce d’identité est exigée à l’entrée.


PROCES BDS DU 17 JUIN A PARIS : UNE MOBILISATION EXEMPLAIRE

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PROCÈS BDS

DU 17 JUIN

À PARIS

mercredi 8 juin 2011

Nous tenons à remercier chaleureusement tous ceux qui nous font parvenir des messages de soutien, concernant le procès BDS du 17 juin, et qui nous encouragent à poursuivre les actions de boycott de l’occupant israélien. Nous ne pouvons publier tous les courriers que nous recevons de France et de l’étranger, mais en voici quelques-uns, dont celui de Nurit PELED, israélienne remarquable, dont le fille de 14 ans a été tuée dans un attentat suicide.

Un grand merci également à tous ceux qui ont écrit au Procureur de la République et au Président du tribunal de la 17ème chambre, pour dire « Moi aussi, je boycotte », et qui ont demandé à être également inculpés.

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Chère Olivia,

Courage. Vous avez notre soutien ici, a Jérusalem. Les anti-Israéliens sont ceux qui laissent faire ce gouvernement raciste et corrompu qui nous mène a pas acceleré vers les abysses.

La France doit prendre votre exemple et oser dire non a Israel, non seulement pour les Palestiniens mais aussi pour les Israéliens, pour nos enfants qui vivent dans un régime pervers, dans un pays ou la haine et la mort sont les seules valeurs.

Je vous felicite.

Nurit

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PALESTINE

« Le 17 Juin prochain, la liberté d’expression, étendard porté si haut par la France à travers le monde, sera jugé.

Lorsque la défense des idées et des idéaux du respect des droits Humains; lorsque la liberté d’information n’est plus; lorsque ce qui est juste n’est plus appuyé par la justice: alors nous sommes tous en danger.

Ce procès, nous en sommes tous conscient, n’est pas le procès d’une personne. Ce procès n’est pas le procès d’Olivia Zémor. Les accusations qui sont portées contre elle seraient risibles si les conséquences n’étaient pas si graves. De quoi est accusée Olivia? D’antisémitisme? D’incitation à la haine? Olivia a dédié sa vie aux autres, pour le droit de chacun au respect, à la dignité, à la liberté.

Prenez garde: ils nous divisent, nous isolent. C’est la stratégie utilisée ici depuis des décennies, et cette stratégie n’a malheureusement que trop démontré sa puissance.

Nous souhaitons, nous souhaitons vraiment, que la situation en France ne soit pas si nauséabonde qu’elle transparait vue d’ici. Ce procès n’est pas le procès d’une seule personne, ce n’est pas même seulement un procès contre la défense de la liberté de la Palestine… Nous espérons que vous verrez cela.

Nous remercions Olivia, d’accepter ce combat pour nous, et nous sommes conscient des sacrifices qu’il implique. Nous remercions, tous ceux qui la soutiennent, qui s’investissent quotidiennement là où nous ne pouvons malheureusement pas être. Nous espèrons que vous serez toujours plus nombreux à vous placer à ses côtés, pour elle et pour vous même.

Merci

Human Supporters Association. www.humansupporters.org

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Dear Olivia,

This is Moustafa Al Kayyali. It’s been a long time since we were coordinating for Gaza Freedom March 2010, but I’m keeping tune with your updates and activities via your emails.

I’m totally shocked to read this email that declares your being accused of the misdemeanor of provoking hate against group of people. After receiving your email, I’ve surfed the net and reached to this link:

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=206021012767451&set=a.201696253199927.41420.140749799294573& type=1&theater
and I’ve already shared it on my facebook and on some other Pages I administrate.

I would love to make you sure that you have my full personal support, as well to my people’s support.

I would do whatever it takes to let everybody knows about your appointment on June 17.

I’ll follow it up as I really take this very seriously.

Best Regards,

Moustafa de Gaza

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GRANDE-BRETAGNE :

To Whom it May Concern

Taking action of the kind that encourages Boycott, Disinvestment and Sanctions of companies or countries as a means to influence their behaviour is a peaceful form of protest action that requires broad contribution to the collective action and leaves open the right of individual choice of all who participate. It represents the healthiest form of expression of active dissent.

I am not informed of French Law but if it is not legal in France then it’s a cause for shame to France, because it certainly should be legal. It would also be foolish and dangerous to deny such forms of protest because the need for expression of protest is essential and without socially acceptable options less palatable options will inevitably emerge.

I write to express the strongest possible condemnation of this action that is clearly intended to persecute Olivia Zemor and impede her efforts to promote the BDS Campaign against Israel.

The behaviour of the state of Israel, since its inception, has become increasingly immoral, illegal and inhuman to the point today when all of the informed world is shocked, appalled and disgusted by it. The state of Israel is engaged in sadistic, criminal violence on a routine and on-going basis. Awareness and understanding of the corrupt web of Zionist influence is also spreading and the action of authorities in France of persecuting supporters of BDS is seen and interpreted in that light, thereby exposing the extent of criminal corruption.
This kind of corrupt, criminal influence runs contrary to all civilised values and clearly, cannot be tolerated.

I urge you to heed the dangers, act with integrity and wisdom and to release Olivia Zemor of all charges, persecutions and impediments immediately.

Yours Sincerely,

Allen L. Jason

www.warcrimes.org.uk

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PAYS-BAS :

Dear Olivia,

I wish you success in your court case, I cannot imagine a scenario in which you will not win!!!

Warm regards,

Sonja Zimmermann Netherlands Palestine Committee

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AUSTRALIE

Chère Olivia
Justice for Palestine Matters, Australia fully supports your commitment to BDS as a means to bring justice and a sustainable peace to Palestine and Israel.

It is shocking that you are facing court simply for publishing a BDS action on the CAPJPO-EuroPalestine website. It is shocking that France, which is honoured as the first nation to initiate democracy, is in your case violating the hard won civil liberties and democratic rights of the French Revolution.

It is shocking that the fundamental right of freedom of speech is being strangled by the Zionist lobby in France and elsewhere. It is, of course, more shocking that the international community is complicit in endorsing Israel’s impunity to pursue its ’slow-motion genocide’ of the people of Palestine and maintaining Israel’s illegal occupation and illegal colonisation.

As the international community has abrogated its legal obligations to protect Palestinian political, civil and human rights, non-violent BDS actions by the people of the world have taken up those abandoned responsibilities.

We hope that the French judicial system upholds your civil liberties as a French citizen.

En solidarité

Dr Vacy Vlazna

Coordinator de Justice for Palestine Matters

Sydney, Australia

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Hello
The Palestinian Australian Academic & Professional Association wholeheartedly support Olivia Zemor in her action to freely publish the video of the BDS action at the Carrfour supermarket in Evr.

We do this in the name of the principle of freedom of expression.

Rami Meo

Chair

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Bonjour Olivia,

I was shocked to learn that in a democratic country like France that you unable to make a statement supporting the boycott of Israeli goods, the divestment of interests in Israeli goods and companies profiting from sales to Israel, and calling for sanctions against Israel, without being accused of the misdemeanour of provoking discrimination, hate and violence toward a group of people. As you so rightly explain the BDS campaign is not directed at the Jewish people, it is directed at the government of Israel and its policies. It does not incite hatred or violence toward Jews or the Israeli people. It is not even ’civil disobedience’ as it only calls for the lawful right of citizens to exercise their perogative when purchasing goods, or buying/divesting shares, or when travelling abroad. Please be assured that your case is being watched very carefully by people in other parts of the world whose objectives are similar to your own – a just and lasting peace for Palestinians. I wish you every success in defending the charges made against you at the court hearing on 17 June.

Bonne chance,

Alexander Hood Canberra Australia’

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Dear Ms Zemor

the Newcastle No War Collective wholly supports BDS actions here and around the world.
Both the communicating news of, as well as carrying out such actions, are the inalienable right of all people.

WE are dismayed that France is casting a shadow on its proud history of supporting liberty by seeking to intimidate you with court action.

We trust that the tribunal will see that a) they are being co-opted into a political issue rather than a matter of justice, and b) that your action far from provoking discrimination, hate and violence actually serves to promote peace for all, consistent with the aims of the boycott.

Without actions such as the boycott Israel campaign, the Palestine people as well as the Israel people face constant warfare.

The Newcastle No War Collective is planning to conduct as well as publish on the web similar actions. The vivacity and seriousness of those involved in the action posted at http://www.europalestine.com is an inspriation to us.

Best wishes from Newcastle, Australia.

Dr Niko Leka

Convenor

Newcastle No War Collective

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Dear Olivia

As the Chair of Australians for Justice and Peace in Palestine, a Canberra (Australia) based advocacy group in support of justice for Palestinians, we support BDS and deplore you and your organisation being taken to court in France!!

We will contact the French Embassy in Canberra and express our strong concern at this mis-use of the French judicial process.

Our best wishes.

Dr Kevin Bray

Chair, Australians for Justice and Peace in Palestine

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CANADA

Salam bien chère Olivia,

Étant très loin de vous (Au Québec, Canada), nous ne pouvons que vous assurer de notre appui. Ce que vous subissez, nous subissions injustement et pour défendre la cause de la Palestine, dans la lutte contre l’occupation, l’impunité, l’injustice et l’arrogance, c’est le prix qu’il faut payer pour rester humain et pour se distinguer des inconscients de ce monde…

De si lointain, de ce toit géographique du monde, nous sommes avec vous en toute solidarité !

Amitiés.

Amir M. Maasoumi

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USA :

Olivia,

We are with you in spirit !

Solidarity,

Sarah Roche-Mahdi Co-coordinator, Code Pink Boston (Massachusetts USA)

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CAMBODGE

Bonjour,

Mais je tiens par le présent message à exprimer ma totale et entière solidarité avec ton action ainsi qu’avec la campagne BDS à laquelle je m’associe pleinement.

Bon courage.

Raoul M. JENNAR

Consultant en relations internationales

Conseiller du Gouvernement Royal du Cambodge

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ARGENTINE

Merci de transmettre ma solidarité et proposition de témoigner en sa faveur (je suis un ex-sioniste qui parle hébreu et qui a de la famille en Palestine)

À bas la dictature israélienne sur la Palestine !

Amitiés

Jaime Albeto Perez

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FRANCE :

Bonjour,

Je compte venir ce Vendredi 17/6 à 13h pour manifester mon soutien à cette campagne BDS.

Permettez-moi de vous féliciter pour cette initiative heureuse et souhaiter qu’un peu plus de justice règne dans cette Palestine meurtrie. En tant que Français, notre responsabilité est lourdement engagée dans ce drame, et particulièrement depuis 1945.

Soyez sûre de toute mon admiration pour votre combat courageux,

Marc Laneuville

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Bonjour,

Je vous soutiens de tout coeur. je trouve inadmissible que soient ainsi poursuivis ceux qui boycottent Israël…. Moi-même, je refuse d’acheter des produits israéliens, qui viennent peut-être des territoires occupés, et je le dis haut et fort.

Israël en tant qu’Etat, vient encore de tirer sur des manifestants sur des territoires qu’elle occupe indûment et d’en tuer plusieurs dizaines. L’Etat d’Israël défie depuis sa création les lois internationales, n’applique aucune des résolutions de l’ONU, utilise des armes interdites, s’est dotée de l’arme atomique, soumet à un blocus ignoble la population de Gaza, emprisonne des enfants, voire leur tire dessus s’ils ont le malheur de lancer des pierres, et cela dans la plus totale impunité internationale.

Et ce sont les hommes et les femmes qui s’indignent de cela, qui mènent avec les rares moyens dont ils disposent, dont le boycott qui a fait ses preuves contre l’apartheid en Afrique du sud, qui sont poursuivis ! Quelle honte…

Monique Le Coz

Retraitée

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Chère Olivia

Ces procès antiBDS sont injustes. BDS est un façon de marquer non seulement le refus du sionisme mais le refus de voir la « communauté internationale » accepter qu’un Etat, l’Etat d’Israël, puisse fouler les règles du droit international.

Je te fais part de mon soutien total dans ce procès injuste.

Bien cordialement et bon courage

Rudolf Bkouche

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Olivia…Nous sommes avec vous de tout coeur.

Les nouvelles d’aujourd’hui nous obligent à poursuivre nos actions.

Très cordialement.

René Bellevrat – Trésorier de Palestine 45

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je tiens à dire mon soutien accompagné de ma prière pour que la justice de mon pays ne se trompe pas d’adresse. C’est l’état d’Israêl qu’il faut combattre par le BDS jusqu’à ce qu’il reconnaisse enfin le droit des Palestiniens. Plus que jamais ce combat est indispensable, comme je viens de m’en rendre compte sur place, en conduisant un nouveau groupe de pélerins en Palestine Israël juste à la veille de la sanglante Nakba. Je suis totalement solidaire de ce combat du Bds.

Marcel Schlewer, prêtre, fils de parents qui ont risqué leur vie pour sauver des juifs en 39-45.

****************

Et des lettres similaires et personnelles, demandant à être inculpés, ont également été envoyées par Fruhauf Christian, Jean-Louis Kreiss, Liliana Cordova, Claudine Gau, François Paumier, Elisabeth Finch, Françoise Matricon, Dominique Bretones, Président de l’association Couserans-Palestine, Henri Collanges, Bernard Dumaine… et d’autres personnes que je ne connais pas, mais que je remercie du fond du coeur.

Un très grand merci également à tous ceux qui ont annoncé leur présence le 17 juin.

Nous venons d’apprendre, en ce mercredi soir 8 juin, que la QPC ne serait pas transmise au Conseil Constitutionnel par la Cour de Cassation. Ce qui veut dire que CE PROCES NE SERA PAS RENVOYÉ et que votre présence à tous est indispensable.

Olivia Zémor

Présidente de CAPJPO-EuroPalestine

le 8 juin 2011


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CAPJO EuroPalestine

mercredi 5 juin 2011

Sammy Ghozlan, fanatique intégriste, colon négationniste et affabulateur, a demandé au gouvernement français de poursuivre Olivia Zémor, parce qu’elle a publié une vidéo appelant au boycott des produits exportés par Israël. Les juges de la 17ème Chambre correctionnnelle du Palais de Justice de Paris devront dire si refuser d’encourager l’occupation est un crime, une incitation à la haine et à la violence. Rendez-vous le 17 juin prochain.

Chères amies, Chers amis,

Je suis appelée à comparaître seule devant la 17ème chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris, le vendredi 17 juin prochain, pour avoir publié sur notre site une vidéo d’une action BDS au Carrefour d’Evry, menée par une dizaine d’organisations, et signées par elles, comme vous pouvez le voir en cliquant ici : http://www.youtube.com/watch?v=dWFlRDfcxYQ

Nous avons manifesté notre solidarité en publiant cette action sur notre site en juillet 2009, bien que nous n’ayons pu y participer, car elle a eu lieu au moment même où la librairie Résistances était saccagée par la LDJ.

Les parties civiles (officines israéliennes habituelles) et le gouvernement m’accusent de « délit de provocation à la discrimination, la haine ou la violence envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à la nation israélienne ». Comme on le sait, seul le boycott d’Israël constitue une discrimination contre une nation. Le gouvernement français ne demande pas aux juges de condamner les personnes qui appellent au boycott du Mexique, de la Chine, de la Syrie…

Le Tribunal laisse par ailleurs entendre à nos avocats que la QPC (question prioritaire de constitutionnalité) ne sera peut-être pas acceptée lors de cette audience.

Qu’à cela ne tienne ! Nous sommes prêts à nous défendre, et nous avons d’ailleurs beaucoup de choses à dire et à montrer. Trois avocats du Barreau de Paris assureront ma défense. De nombreuses personnalités, dont Hajo Meyer, 86 ans, survivant d’Auschwitz, viendront également témoigner contre cet odieux chantage à l’antisémitisme et contre l’encouragement du gouvernement français à l’occupation et à la colonisation israélienne.

Si les principaux organisateurs de cette action BDS à Evry n’ont pas souhaité s’impliquer, nous remercions les représentants de l’IJAN, de Génération Palestine, du NPA et du Comité Montreuil Palestine, qui ont en revanche accepté de venir témoigner et revendiquer leurs actes.

Votre présence à mes côtés est très importante, pour montrer que l’on ne réussit pas à m’isoler, à isoler CAPJPO-EuroPalestine, et à l’empêcher de jouer son rôle à part entière dans la campagne internationale de Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) contre la politique de nettoyage ethnique et d’apartheid de l’occupant israélien. J’invite celles et ceux qui peuvent se libérer, à venir assister à ce procès, et vous donne RV vendredi 17 juin à 13 H à la 17ème Chambre correctionnelle, au 1er étage du Palais de Justice de Paris (M° Cité, Châtelet ou St Michel).

Amicalement,

Olivia Zémor

Présidente de CAPJPO-EuroPalestine

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English text : (translated by Jonathan Daitch)

Dear Friends,

I have been summoned to appear alone before the Paris tribunal (17th Chambre Correctionnelle of the Palais de Justice of Paris) on Friday 17 June for having published, on our website, a video of a BDS action at the Carrefour supermarket in Evry (near Paris), organized by a dozen associations and parties, as you can see in this video : http://www.youtube.com/watch?v=dWFlRDfcxYQ

We showed our solidarity in publishing this action on our website in July 2009, even though we did not participate ourselves, because the action took place at the same time as the Librairie Résistances was sacked by the LDJ. (Kahana movement not forbidden in France !)

The plaintiffs (usual Israeli supporters, and the government are accusing me of “the misdemeanor of provoking discrimination, hate and violence towards a group of persons for reasons of their belonging to the Israeli nation.”

As we know, only the boycott of Israel constitutes discrimination against a nation. The French government does not ask judges to condemn those who call for boycotts of Mexico, China, Syria…

Moreover, the court has given our lawyers to believe that the QPC (Question of Constitutional Priority) may not be accepted during this hearing.

So be it ! We are prepared to defend ourselves and we have many things to say and to show. Three lawyers from the Paris bar will assure my defense. A number of personalities, such as Hajo Meyer, 86 and an Auschwitz survivor, are also coming to testify against the odious charge of anti-Semitism and the French government’s encouragement of Israeli occupation and colonization.

If the principal organizers of the BDS action at Evry have not wished to implicate themselves, we thank the representatives of the IJAN, Génération Palestine, the NPA and the Comité Montreuil Palestine, who, on the other hand, have accepted to come and testify and to lay claim to their actions.

Your presence at my side is very important to show that neither I nor our association CAPJPO-EuroPalestine can be isolated, and that we can not be prevented from fully playing our role in the international Boycott, Disinvestment, Sanctions (BDS) campaign against the Israeli occupyer.

I invite those who can free themselves to come and observe the proceedings. The appointment is on Friday 17 June at 1 pm at the 17ème Chambre correctionnelle, 1st floor of the Palais de Justice de Paris. (Metro Cité, Chatelet or St Michel).

Yours,

Olivia Zémor

President of CAPJPO-EuroPalestine


Source: CAPJO EuroPalestine: …


« ISRAËL, PARLONS-EN! » NOUVELLE EDITION ACTUALISÉE

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Investig’Action – michelcollon.info

Israël, parlons-en !

Le livre tabou réédité et actualisé

Israël, parlons-en ! devenu introuvable en librairie… vient d’être réédité dans une nouvelle version, actualisée.

Quel impact les révoltes arabes auront-elles sur Israël?

Comment évoluera l’Egypte?

Les USA risquent-ils de perdre le contrôle du Moyen-Orient?

Quels nouveaux acteurs sont en train de changer les rapports de forces?

Interview de Michel Collon

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INTERVIEW : INVESTIG’ACTION

Vous rééditez“ Israël, parlons-en!” dont la première édition était sortie il y a tout juste un an. Pourquoi?

Michel Collon : Pour deux raisons. D’abord, la demande du public a été et reste très forte…

Des chiffres?
7000 exemplaires vendus en un an.

Pourtant, on n’en a pas beaucoup parlé dans les médias!
Pas du tout, en fait. Pas une seconde à la télé, pas une ligne dans la presse. Nulle part.

Les médias étaient au courant?
Bien sûr, avec communiqués, service de presse et tout. Mais critiquer les médiamensonges qui entourent Israël, c’est le plus grand tabou actuel.

Le public montre plus de curiosité?
Oui, nous avons reçu un énorme courrier: remerciements, encouragements, questions, propositions pour diffuser…

Et votre deuxième raison pour rééditer?
Il y a urgence politique. Les révoltes arabes ont affaibli les Etats-Unis et il est possible d’isoler Israël.

Vous y croyez?
De plus en plus. Les Etats-Unis, déjà affaiblis par leur déclin économique, leur endettement colossal, leurs guerres perdues, la montée en puissance de la Chine, la volonté d’indépendance des pays du Sud (Brésil, Venezuela, Inde, Pakistan, Turquie…), sont en train de perdre leur domination mondiale. Si le parrain d’Israël est de plus en plus fragile, il faut absolument en profiter pour aider les Palestiniens à obtenir leurs droits.

Votre livre n’est pas passé à la télé. Par contre, vous avez été fort invité par le monde associatif: près de cinquante conférences, qui se déroulaient selon une méthode originale à ce qu’il paraît…
Oui, j’avais choisi de bousculer un peu les habitudes. Au lieu du traditionnel «exposé, questions, réponses», je commençais par interroger le public.

Original en effet, et pourquoi?
Pour partir de son expérience, des questions que les gens se posaient et des difficultés qu’ils rencontraient en parlant d’Israël dans leur milieu. Après, j’adaptais mon exposé pour répondre à ces questions spécifiques.

Et que vous a appris leur expérience?
Un grand paradoxe. D’un côté, les gens comprennent parfaitement que la question d’Israël – le flic des USA pour contrôler le Moyen-Orient et le pétrole – est d’une importance décisive pour le rapport des forces dans le monde, et c’est le problème international qui sensibilise et mobilise le plus aujourd’hui en Europe, de très loin.

Et de l’autre côté, c’est la question sur laquelle les gens se sentent le moins en état de changer les choses.

Il y a un grand désarroi, un sentiment d’impuissance. On ne sait pas comment s’y prendre!

C’est pourquoi après les interviews de Chomsky, Ramadan, Sand, Gresh, Warschawski, Hassan, qui éclairent chacun un aspect d’Israël et de son histoire, vous concluez par votre apport personnel: «Comment parler d’Israël?»
Oui, je propose une méthode concrète pour discuter efficacement autour de soi.

Ça marche?
J’ai reçu beaucoup de mails et de témoignages de gens que cela a bien aidé, oui. Et pour moi, c’est ça la meilleure récompense d’un grand travail. Le plus important n’est pas d’avoir écrit un livre, c’est ce que les gens en font après. C’est alors que commence le vrai travail…

Justement, un tel livre, c’est un gros boulot?
Oui, mais heureusement, j’ai pu compter sur l’aide précieuse d’Abdellah, Aurore, Ihsane, Vinciane et de nombreuses autres personnes. La démarche d’Investig’Action c’est ça: un engagement bénévole, citoyen, militant, pour apporter à chacun les instruments dont il a besoin pour être actif et efficace.

Bon, mais votre livre s’adresse quand même essentiellement aux déjà convaincus?
Non. Le courrier reçu montre que ce livre touche deux sortes de publics:

1. Les convaincus qui ne savent pas comment répondre à certaines thèses des pro-Israël et des médias.

2. Les curieux, les gens qui n’ont pas encore pris position et cherchent à voir clair dans la confusion des infos quotidiennes.

Là, vous êtes en train de demander aux «convaincus» d’offrir ce livre aux «pas convaincus»!
Oui, nos lecteurs le savent : tous les revenus de nos livres et films servent à soutenir la réalisation du site www.michelcollon.info , en finançant des emplois de jeunes journalistes. Acheter, offrir, diffuser nos livres c’est investir dans l’info libre.

Vous n’avez jamais débattu de ce livre avec des porte-paroles du sionisme, du lobby pro-Israël? Vous ne voulez pas?
Je veux bien, mais lorsqu’ils ont été sollicités par diverses associations, ils ont tous refusé.

Pourquoi ?
Il faudrait leur demander. Parce qu’ils n’ont pas d’arguments solides? Moi, je souhaite qu’il y ait enfin sur Israël un vrai débat poli, calme, basé sur des faits vérifiables par chacun. Ce serait très utile pour faire avancer la vérité et la justice, donc la paix un jour!

Le monde arabe vient de se réveiller. Cela aura-t-il un impact sur le conflit israélo-palestinien?
Evidemment. C’est pourquoi nous avons complété le livre en organisant un débat entre Samir Amin au Caire, Michel Warschawski à Jérusalem et Mohamed Hassan à Bruxelles. Ils éclairent la relation USA – Egypte – Israël et permettent de comprendre les bouleversements qui s’annoncent.

C’est-à-dire ?
Les dirigeants d’Israël sont très inquiets et risquent – comme d’habitude dans ce cas-là – de se lancer dans de nouvelles agressions. C’est notre responsabilité à tous d’empêcher cela en informant au maximum chacun là où nous sommes.


[

Pour accéder à la fiche du livre

et éventuellement commander ce livre

cliquer sur le lien (…)

->http://www.michelcollon.info/spip.php?page=produit&ref=israel-parlons-en]


MAGHREB-MACHREQ EN MOUVEMENT – JUIN 2011: OPINIONS- DÉBATS

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ALGERIE-FRANCE: CONCESSIONS ECONOMIQUES CONTRE SOUTIENS POLITIQUES?SARKOZY: JE VEUX 50 MILLIARDS DE DOLLARS ALGERIENS par Ghania Oukazi, le 8 juin 2011.

LIBYE – EXIGER LE DEPART IMMEDIAT DE KADHAFI PROLONGERA LE CONFLIT, SELON CRISIS GROUP par Abdelkader Zahar le 07 JUIN 2011,“ maghreb emergent.”

DANS UN GRAND SILENCE L’OTAN DÉCIDE DE FRAPPER ENCORE EN LIBYE LES CHEMINS INCERTAINS DE LA CONVERGENCE DES LUTTES DES PEUPLES par Mohamed Bouhamidi – “La Tribune” – le 02 juin 2011.

LES MONARCHIES EN GARANTES DE LA DÉMOCRATIE? par Kharroubi Habib – “Le Quotidien d’Oran” – le 2 juin 2011.

LES RÉSERVES DE LA LIBYE EN EAU, L’UNE DES RAISONS DE LA GUERRE? le 16 mai 2011


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ALGERIE-FRANCE:

CONCESSIONS ECONOMIQUES CONTRE SOUTIENS POLITIQUES?

SARKOZY: JE VEUX 50 MILLIARDS DE DOLLARS ALGÉRIENS

par Ghania OUKAZI

«Je veux 50 milliards de dollars des 186 que l’Algérie met dans la cagnotte de son programme quinquennal,» aurait exigé le président français de Jean-Pierre Raffarin lorsqu’il l’a désigné «Monsieur Algérie».

Enveloppés d’un léger conditionnel, les propos collent pourtant bien à Nicolas Sarkozy qui n’aurait certainement pas froid aux yeux pour exprimer ce genre d’exigence et à haute voix. De surcroît quand il s’agit d’un pays auquel, il n’a pas l’air d’avoir des égards. Le forum algéro-français organisé du 30 mai au 1er juin dernier a montré qu’il est décidé à faire plier les autorités algériennes pour les faire adhérer à sa vision du business. L’on avance par exemple, sans crainte d’être contredit, que l’Algérie va revenir sur la règle des 51/49% qu’elle a fait votée il y plus de deux ans, au titre des dispositions réglementant le partenariat avec les pays étrangers. Cela même si le Premier ministre n’a pas hésité lors de sa dernière conférence, à en élaguer l’éventualité. Il avait en effet, soutenu qu’avant l’adoption de la règle en question, les étrangers ne sont pas venus non plus. «Alors, il ne faut pas en déduire aujourd’hui que c’est à cause des 51/49% qu’ils ne viennent pas,» a-t-il lâché. L’on s’interroge alors si ces étrangers ne sont venus ni avant ni après, qu’elle en est l’utilité pour l’économie nationale? La révision de la disposition ou même son abrogation ne serait pas une faute si elle s’avère être un blocage de plus pour les investisseurs étrangers. Paroles d’hommes d’affaires algériens privés. En, plus, tout le monde sait aujourd’hui que le Premier ministre a fait pire que reculer sur une loi lorsqu’il a accepté de déjeuner avec Jean-Pierre Raffarin à l’ambassade de France à Alger, après l’ouverture du forum algéro-français.

Interrogé en marge des travaux du comité central du FLN tenus ces trois derniers jours à Zeralda, des caciques du parti de Belkhadem affirment être persuadés qu’Ahmed Ouyahia n’a pas été instruit par le président de la République pour le faire. «Il a été de son propre chef, il en est d’ailleurs capable,» soutiennent-ils. Pourtant, des responsables dans la haute administration pensent carrément le contraire. «C’est Bouteflika qui lui a demandé de le faire pour partager un déjeuner avec un responsable de son rang, Raffarin, qui a bien été lui aussi Premier ministre,» nous dit l’un d’eux. La polémique enfle en l’absence d’une communication officielle expliquant le choix du geste. «C’est pour montrer aux Français la grande disponibilité de l’Algérie à prendre en charge les doléances des Français en matière d’échanges économiques et commerciaux,» justifient les tenants de l’instruction présidentielle. Nos interlocuteurs de la haute administration sautent le pas pour opposer (allier ?) «concessions algériennes contre soutien politique de l’Elysée en ces temps de troubles dans le monde arabe.»

«Bouteflika n’a pas besoin d’un soutien de la France»

Les caciques du pouvoir ne l’entendent pas de cette oreille. «Faux! Le président Bouteflika n’a pas besoin d’un quelconque soutien de la France. Il sait que ce sont eux qui ont besoin des potentialités de l’Algérie et non le contraire,» affirment-ils. Un léger retour en arrière les amènent à rappeler que «si les Américains ont donné à l’Algérie la feuille de route qui consiste en la mise en œuvre de réformes démocratiques dans de brefs délais, ils n’ont jamais exigé de Bouteflika de céder sa place, ils ont trop besoin de lui notamment par rapport à ce qui se passe aux frontières sud du pays, le Sahel et la Libye.» À leurs yeux, il y a mieux encore, «les Américains ont toutes les largesses algériennes en matière d’exploration du pétrole, de son exploitation et de sa commercialisation, c’est ce qu’ils recherchent en premier et ils l’ont!». Nos interlocuteurs parmi les hauts responsables montent au créneau pour réaffirmer que «le Premier ministre ne peut se permettre de prendre la décision de déjeuner dans une ambassade de surcroît de France sauf s’il y est instruit par les plus hautes autorités du pays. Alors si ce n’est pas le Président, c’est quelqu’un d’autre en haut lieu du pouvoir…» Ils estiment que «c’est faire trop d’honneur à un pays qui prend les Algériens de haut et qui ne se gênerait pas de le montrer.» Ils en veulent pour preuve «l’attitude hautaine de l’ambassadeur de France à Alger… A-t-on besoin de montrer que les esprits revanchards restent très vifs?»

«Les Français ont compris !»

L’on continue de relever que «d’ailleurs, les autorités françaises ont compris que pour régler entre autres, les 12 dossiers d’investissements qu’ils défendent, il faut taper à très haut niveau, alors ils montrent qu’ils mettent un peu la forme pour pousser les responsables algériens à s’impliquer et à décider. Ils laissent ainsi les choses venir mais de leur côté, ils font en sorte de ne pas s’engager sur quoi que ce soit.» Nos sources expliquent: «la nomination de Raffarin n’est pas fortuite, il a été choisi parmi les retraités pour qu’il ne s’engage sur rien. L’Algérie aurait dû faire de même et nommer un haut responsable retraité, on en a et même beaucoup!» Pour eux, la désignation du ministre de l’Industrie en tant que vis-à-vis de l’ex-Premier ministre français a été une erreur. «Qu’on le veuille ou non, Benmeradi représente le gouvernement même s’il ne décide de rien. C’est en tout plus engageant pour l’Algérie qu’un retraité pour la France! Et c’est ce que les Français cherchent.» Alors on en déduit que «les Français donnent l’illusion aux Algériens qu’ils sont impliqués dans le règlement des dossiers économiques à plus haut niveau, c’est pour ça qu’ils flanquent leurs délégations d’hommes d’affaires qui viennent en Algérie d’un de leurs secrétaires d’Etat ou d’un de leurs ministres délégués pour jouer le jeu algérien. Pourtant, on sait tous que dans tous les pays du monde, les négociations sur des dossiers économiques et commerciaux se font entre entreprises.»

Les remarques vont encore plus loin pour soutenir que «la majeure partie des dossiers défendus par les Français n’est pas dans l’intérêt de l’Algérie.» Pour nos interlocuteurs, «donner des gisements au groupe Lafarge c’est casser le marché local qu’alimentent pourtant bien les cimenteries publiques et à moindre prix. Lafarge lui, produira et vendra plus cher à l’extérieur.» Et quand on évoque le transfert de technologie que la France fait valoir et que l’Algérie dit rechercher, il est de suite répondu «la technologie du ciment est bien maîtrisée chez nous, si les Français étaient véritablement prêts à le faire, ils délocaliseraient des entreprises en Algérie comme ils l’ont fait en Chine.» L’on note en outre que «les Français veulent être dans les marchés publics comme le traitement des déchets, de l’eau, les transports…» L’on reproche aux responsables algériens d’avoir par exemple, choisi Alsthom «alors que Siemens l’allemand était pourtant mieux positionné.»

«Sarkozy a déjà les 50 milliards qu’il réclame»

Renault est disent-ils aussi «le projet le plus ridicule sur lequel on ne comprend pas pourquoi les gens focalisent!» Si l’on avoue que les exigences de l’une et de l’autre partie «se défendent», on rappelle cependant que «l’Algérie aurait dû choisir meilleur partenaire par le rachat du suédois Volvo pour 1,8 milliard de dollars seulement. Des 186 milliards destinés pour la réalisation du plan quinquennal, la somme paraît bien modique.» L’on note que Volvo a été racheté par le chinois Geely.

Quid des 50 milliards de dollars que Sarkozy réclame? «Avec les 12 projets, il les a! Et même plus! Sans compter ce qui va venir!» Et «Ouyahia ne fait que respecter la doléance en allant déjeuner à l’ambassade de France.» On va plus loin, «tactiquement, Ouyahia s’est mis sous la coupe du Président. Enfant du système qu’il se réclame être, il tient absolument à être toujours à l’intérieur. Il a été jusqu’à accepter d’être ministre de la Justice après avoir été chef du gouvernement, c’est qu’il a compris la logique du pouvoir. Il aspire à être chef de l’Etat et c’est légitime. D’autant qu’il est chef de parti politique dont l’objectif premier est d’accaparer le pouvoir.» Mais d’ici à accepter d’aller déjeuner à l’ambassade de France? «En tout cas, vous ne verrez aucun Premier ministre aller déjeuner à l’ambassade d’Algérie à Paris !»

Les caciques du FLN rebondissent «on est sûr et certain que le Président ne le lui a pas demandé de le faire. Et si ça était le cas, Ouyahia le sortira un jour ou l’autre. Il est certain qu’il choisira le moment pour le faire!»

Source: lequotidien-oran, le 8 juin 2011

repris dans revue de presse.com: …

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LIBYE

EXIGER LE DEPART IMMEDIAT DE KADHAFI

PROLONGERA LE CONFLIT

SELON CRISIS GROUP

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Tripoli, après un raid de l’Otan (Dr)

L’intervention massive des avions de l’Otan et désormais des hélicoptères de combats causent des dégâts en Libye sans changer sensiblement la réalité du terrain. La Russie a dénoncé dans l’entrée en action des hélicoptères une «dernière étape avant une opération terrestre ». Le but de guerre de l’Otan – obtenir le départ de Kadhafi ou le tuer – ne se réalise pas. L’enlisement n’est pas une vue de l’esprit. Crisis Group estime qu’exiger un départ « immédiat » de Kadhafi est contreproductif.

Dans son dernier rapport (le 5e du genre) consacré aux « protestations populaires dans les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient », l’organisation International Crisis Group (ICG) affirme que l’exigence du départ immédiat de Mouammar Kadhafi « ne fera que prolonger le conflit militaire et approfondir la crise en Libye ».

Au lieu de cela, l’ICG suggère de « donner la priorité à la conclusion d’un cessez-le-feu immédiat » et de mener des « négociations sur la transition vers un système politique pour l’après-Kadhafi ».

En ce sens, l’organisation estime qu’il faut faire une  » distinction entre «départ» de Kadhafi – c’est-à-dire qu’il n’ait aucun rôle politique ou toute autre autorité – comme un élément clé dans le résultat final politique souhaité et son «départ» comme une condition préalable à toute solution ».

Outre cette remarque, l’ICG dresse une liste de six autres recommandations pour arriver à une solution à la crise en Libye. Elle suggère:

une « médiation (menée) par des tiers de confiance par les deux parties, (ce qui) peut-être une initiative commune de l’Union africaine et de la Ligue arabe »,

« un cessez-le en deux phases: d’abord une déclaration de trêve mutuelle entre le régime et le Conseil national de transition (CNT) qui permettra de s’entendre sur des questions telles que l’emplacement des lignes de la paix, le déploiement des forces de la paix et la prestation de l’aide humanitaire,

et d’autre part, une déclaration mutuelle de cessation des combats et l’annonce des pourparlers sur la forme et les modalités de la transition vers un nouvel Etat libyen ».

Offrir une autre solution de rechange que le CPI

L’ICG recommande aussi de « veiller à ce que le cessez le feu soit non seulement synonyme d’arrêt des combats, mais conduit aussi directement à des négociations politiques entre le CNT et le régime de Kadhafi ». « Rendre clair dès le départ, ajoute le document d’lCG, que ni Kadhafi, ni aucun de ses fils n’occuperont des postes dans le gouvernement libyen ou dans l’administration intérimaire qui sera mise en place pour la période de transition ».

Il est également précisé que « tous les Libyens, y compris ceux qui ont jusqu’à présent servi le régime Kadhafi, devront jouir des mêmes droits civils, y compris le droit à la représentation politique, dans l’Etat post-crise libyenne ».

Un Etat qui devra « disposer d’institutions réelles », « fonctionner selon les règles du droit » et « garantir explicitement du pluralisme politique ».

Enfin, l’ICG propose de « fournir à Kadhafi une solution de rechange à un procès devant la CPI ».

Source: maghrebemergent …

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DANS UN GRAND SILENCE L’OTAN DÉCIDE DE FRAPPER ENCORE EN LIBYE

Une analyse sans complaisance face à des réalités tragiques. Dans une lecture mobilisatrice et non fataliste de ce constat, la question est posée nettement aux peuples et à leurs forces prenant conscience des enjeux vitaux: que faire ensemble pour accélérer et renforcer les convergences, car malgré tout, elles ont marqué un nouveau pas depuis qu’ont émergé au Sud comme au Nord les mouvements de masse qui rejettent le statu quo et aspirent au changement radical.

LES CHEMINS INCERTAINS DE LA CONVERGENCE DES LUTTES DES PEUPLES

par Mohamed Bouhamidi

La Tribune

le 02 juin 2011

Dans les désormais très lointains cours de philosophie qui ne s’arrêtait pas au syllogisme, les candidats bacheliers pouvaient apprendre que les sociétés primitives vivaient sans Etat et que ce dernier pouvait exister à l’état embryonnaire ou à des stades sophistiqués.

Mais qu’il existe dès qu’un groupe d’hommes, se distingue par une supériorité économique et symbolique sur les autres par ou pour différentes raisons. Mais l’Etat existe dès que ce groupe d’hommes devient capable de s’octroyer le monopole de la violence, de régenter la vie sociale et économique des autres groupes et de «dire le droit».

Dans ses formes embryonnaires l’Etat, comme dans ses formes les plus sophistiquées, consiste à s’assurer un monopole de la violence combinée à une parole dite appelée le «droit», légitimant la violence et, dans le même mouvement, user de cette force «légitimée» pour faire de cette parole un monopole de l’état.

À la base l’Etat naît dans cette équivoque qui a besoin à son tour de nouvelles équivoques pour perdurer comme expression d’une volonté commune, celle de tous, quand il n’exprime que la volonté de quelques uns d’opprimer le reste en faisant passer cette volonté particulière pour la volonté générale.

L’affaire libyenne a porté cette problématique de la volonté de quelques pays d’être le gouvernement de toute la planète mais comme une dame porte le bébé arrivé à terme tout visible dans un ventre grossi.

La décision de l’OTAN de prolonger son agression coloniale en Libye concentre le problème dans un troublant impensé.

Ainsi quelques pays concentrent les moyens militaires considérables et monopolisent le droit de dire le «droit», ils se réunissent en G8 et décident pour le reste du monde en invitant quelques présidents pour faire passer l’impression qu’ils agissent pour le bien de tous – sans se donner trop de peine quand même – et mènent les guerres selon le droit qu’ils ont écrit tous seuls.

La régularité des réunions du G8, l’usage d’une force militaire mobilisée en permanence et le monopole de dire le droit à travers le cosmétique de la démocratie sont les éléments fondamentaux d’une gouvernance mondiale en marche depuis la chute du mur de Berlin.

Les côtés équivoques ne pèsent plus très lourds de cette gouvernance mondiale qui s’installe avec ses parlements de Davos, ses conseils de ministres du G8 (sous présidence américaine quand même!), ce Tribunal Pénal International. Mais ils restent quand même.

Cette gouvernance doit agir et fonctionner sous le signe de la dénégation permanente mais d’une dénégation confirmative. Les dirigeants de ces grandes puissances doivent constamment répéter qu’ils agissent en vertu d’une morale qu’ils espèrent transcrire en «droit».

Mais qui aurait du légiférer? Quelle instance représentative universelle ou quel parlement mondial a discuté de ces principes oraux ou a légiféré pour dire ce droit? Evidemment, aucun parlement. Car la référence à l’ONU gêne par l’origine de cette institution: elle reflète des compromis et des accords entre des «Etats nationaux» disposant de droits égaux et souverains dans leurs pays.

Ces ententes qui ont permis de créer l’ONU restent, en leur principe, antinomiques avec cette image que nous brandissent les USA et leurs puissances vassales d’agir au nom d’une « volonté générale».

Nous assistons à une phase historique, réellement historique et réellement formidable au sens étymologique. À la légalité internationale née des rapports de forces entre nations après la deuxième guerre mondiale les grandes puissances du G8 veulent opposer la légitimité de principes moraux qu’ils se sont donnés le droit de proclamer universels.

L’«Affaire libyenne» a aussitôt commencée, aussitôt investie de cette fonction: désormais aucun dictateur – lequel, celui qui interdit aux femmes de conduire? – ne pourra réprimer son peuple – lequel de peuple, celui de Bahreïn? – ne pourra réprimer son peuple. Bien sûr aucun texte juridique, aucun texte de droit, ne vient définir avec précision qui est ou non un dictateur comme hier aucune texte juridique ne précisait la notion de terreur et de terroriste.

Une puissance qui a assassiné un million d’irakiens et en a déplacé près de deux millions peut ainsi émettre annuellement un rapport sur les droits de l’homme dans le monde!

Et un rapport attendu dans le monde mais avec une impatience particulière par la presse ultra libérale algérienne en vue de frapper le pouvoir pour mieux frapper l’idée de l’Etat national algérien.

Car au fond de quel droit, les USA, même exemplaire sur ce plan là, s’ingèrent-ils dans la vie des autres nations et qu’en dire quand on met Somoza dans la balance?

On peut rétorquer avec facilité : par les liens que les humains se sont tissés dans leurs échanges, par les rapports qu’ils entretiennent. Parlons-en de ces liens! Ils furent des liens de violence, de pillage, de vols, de cruauté, de soumission.

Cette période tragique – tragique pour eux, car cela ne nous concerne que comme victimes – met ces dirigeants impérialistes devant le dilemme de l’habillage des idées. Le maquillage de leurs crimes et leurs mobiles de plus en plus apparents pour les opinions publiques ne tiennent pas la route bien longtemps.

Très vite le pétrole se met à puer derrière les grands mots de démocratie. Alors la guerre tout court devient tributaire de la guerre des mots, de la guerre de la parole.

De ce point de vue et depuis l’invasion de l’Irak, il faut noter que les grandes puissances ont marqué des points, beaucoup de points. Nous avions assisté à de grandes manifestations contre l’agression américaine sur l’Irak. Nous avions ensuite assisté à moins de protestation pour la Yougoslavie. Nous n’avons assisté qu’à de faibles et épisodiques contestations de l’agression sur la Libye. Que s’est-il passé entre temps?

Comment la conscience des gens en est venue à s’accommoder de ce genre d’intervention aussi bien en Libye qu’en Côte d’Ivoire? Beaucoup de facteurs entrent en jeu et malheureusement les forces dominantes feront tout pour empêcher la publication d’études sérieuses sur cet aspect des choses.

Nous sommes nous fait à l’idée d’une supériorité morale du modèle libéral et de ses corollaires politiques? Nous sommes nous faits à l’idée d’une légitimité mondiale des USA et des dirigeants européens les plus acquis au capitalisme financier? Peut-être.

Une information anodine vient de nous apprendre que le tiers des africains appartient désormais aux couches moyennes.

S’en suit une analyse qu’on peut accepter ou pas mais dont la ligne de fond est la monétisation de la notion de couche moyenne comme le FMI avait déjà monétisé la notion de pauvreté avec les conséquences dramatiques sur la perception des dirigeants africains de la question de la pauvreté par sa «désocialisation». Aminata Traoré a écrit deux très beaux livre sur cette question («L’Afrique humiliée» et le «Viole de l’imaginaire», disponibles à Alger).

La monétisation de cette notion est évidemment importante et singulièrement trompeuse. Découvrir aujourd’hui que le tiers des africains appartiennent aux couches moyennes fait d’abord oublier qu’avant les agressions coloniales et parfois malgré elles les biens disponibles en Afrique et pour les africains ne le cédaient pas de beaucoup aux bien disponibles en Europe; c’est le pillage colonial qui a creusé la différence.

Quoi qu’il en soit l’accès d’un tiers d’africains aux niveaux de couches moyennes aiguise l’appétit des marchands.

Mais cette info nous éveille aussi que cette notion monétarisée de couches moyennes veut dire aussi couches mondialisées. Dans notre expérience politique algérienne la plus immédiate nous sentons combien ces couches mondialisées sont sensibles aux sirènes ultra libérales et tellement désireuses de se «mondialiser idéologiquement et politiquement».

Combien elles aspirent à une intervention étrangère qui les débarrassera des contraintes des frontières nationales et de cette idée surannée de nation.

Une deuxième information moins anodine nous apprend que le gouffre financier que les banquiers – ou banksters – ont creusé pour la Grèce dépassera les 300 milliards d’euros.

Même le trésor libyen ne suffira pas à combler le trou.

Partout en Europe l’inquiétude monte et le mécontentement aussi. La peur s’installe chez les gens; la peur de l’autre aussi. Le nègre, le basané, le jaune, le peau-rouge. Tout ce qui peut cristalliser et donner à la peur du lendemain une image et une possibilité d’exutoire.

Alors que les grands dirigeants impérialistes craignent comme la peste la convergence des luttes du Tiers Monde avec celles des classes ouvrières des pays développés ce serait plutôt l’avènement de la conjonction aujourd’hui entre les aspirations «assimilatrices» des couches moyennes mondialisées des pays du sud avec les peurs des couches moyennes des pays du nord.

Cela veut dire que les convergences révolutionnaires tardent à se produire et que face à cet état mondial du G8 et de l’OTAN l’internationale des peuples d’Egypte à Madrid n’a pas encore tout à fait trouvé sa voie.

Source: La Tribune

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LES MONARCHIES EN GARANTES DE LA DÉMOCRATIE?

par Kharroubi Habib

Le Quotidien d’Oran

le 2 juin 2011

Le pouvoir dans les monarchies arabes est tout aussi antidémocratique, liberticide et répressif que celui en vigueur dans les autres pays de la région à système républicain. Que pour l’instant, et à l’exception du Maroc et du Bahreïn, il n’y ait pas encore dans les monarchies arabes de grands mouvements de révoltes populaires comme cela s’est produit en Tunisie, Egypte, Yémen et Libye, ne signifie aucunement qu’elles en sont à l’abri parce que indemnes des maux déclencheurs de ce genre de révoltes.

Pourtant, occultant cette évidence, les Etats-Unis et l’Occident se montrent moins incisifs et moins pressants vis-à-vis de ces monarchies sur les questions de la démocratisation et des droits de l’homme qu’ils ne le sont à l’encontre des dictatures au système républicain. Au point que si l’Amérique et l’Europe se distinguent par la fermeté de leurs pressions sur ces derniers en vue de les contraindre à entendre les revendications de leurs peuples, ils sont par contre pleins de ménagement pour les roitelets tout aussi autistes que ces dictateurs.

A ce comportement de deux poids, deux mesures pour lesquels ils ont opté dans le monde arabe dont les peuples sont confrontés à des pratiques de pouvoir à l’identique, il n’y a qu’une seule explication: celle que les monarchies ont droit à plus de permissivité parce que leurs pays renferment les ressources pétrolières dont l’accès et la disponibilité sont vitaux pour l’Amérique et l’Europe. Statut qui donc fait fermer les yeux à ces dernières puissances sur l’exercice moyenâgeux du pouvoir en Arabie Saoudite et dans les émirats du Golfe.

Mais fallait-il pour autant qu’elles poussent le cynisme jusqu’à vouloir créditer ces monarchies et émirats d’être favorables au vent de liberté et de démocratie qui souffle sur le monde arabe? Ce cynisme, les Occidentaux l’ont étalé sans vergogne à l’occasion du sommet du G8 à Deauville, en France, en annonçant que l’Arabie Saoudite et les émirats vont contribuer à hauteur de 10 milliards de dollars au fonds de quarante milliards de dollars que les membres de ce G8 ont décidé de réunir pour le consacrer au «plan Marshall» d’aide aux pays arabes sur la voie de la démocratisation.

Ainsi donc, l’Arabie Saoudite et les émirats, dont il ne faut pas oublier qu’ils furent prompts à prendre position en faveur de Ben Ali et Moubarak contre leurs peuples, vont financer le changement démocratique qui s’opère en Tunisie et en Egypte.

Pour aussi improbable qu’apparaisse cette éventualité, le G8 n’a pourtant pas hésité à en faire état. Signe du peu d’intelligence et de maturité politique qu’il accorde aux peuples arabes à qui ont été faites ses promesses.

C’est à ces monarchies et émirats encore que les Occidentaux se sont alliés pour prétendument faire avancer la démocratisation en Libye et au Yémen. Feignant en cela de ne pas voir que ces monarchies et émirats financent et encouragent dans ces pays et dans l’ensemble du monde arabe les courants les plus antidémocratiques qui puissent se trouver.

L’on savait que l’Arabie Saoudite et les autres principautés de la péninsule Arabique sont le tiroir-caisse duquel l’Occident puise l’argent nécessaire à ses desseins politico-stratégiques dans le Moyen-Orient et même plus loin, mais de là à ce que cet Occident veuille en faire les partenaires de la politique de démocratisation du monde arabe, voilà qui est proprement renversant.

N’y croient que ceux qui pensent que l’Amérique et l’Europe, puissances prétendument acquises au changement démocratique dans le monde arabe, sont guidées par de bonnes intentions.

Source “Le Quotidien d’Oran” du 2 juin 2011, page 2 …

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LES RÉSERVES DE LA LIBYE EN EAU, L’UNE DES RAISONS DE LA GUERRE?

Contracts were awarded in 2001-02 for the next phase of Libya’s Great Man-Made River Project, an enormous, long-term undertaking to supply the country’s needs by drawing water from aquifers beneath the Sahara and conveying it along a network of huge underground pipes.

16 mai 2011

LA RÉVOLUTION LIBYENNE

ET LES GIGANTESQUES RÉSERVES D’EAU EN LIBYE

[… ]
Ce «fou» de Kadhafi a lancé en 1980 un projet gigantesque d’approvisionnement en eau pour la Libye, l’Egypte, le Soudan et le Tchad, projet qui avait pratiquement abouti. Il est dangereux de réaliser des projets sans le moindre sou (emprunté) à la Banque Mondiale et au FMI, qui a le potentiel, de transformer toute l’Afrique du Nord en jardin florissant. [… ]

pour accéder à l’article en entier se référer à la brève 303 en cliquant ici (…)

Sources: …

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«LE POUVOIR A PRIS CONSCIENCE DE SA FRAGILITÉ»

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Les victoires de Tunisie et d’Egypte contre les dictatures libérales ont provoqué une effervescence populaire dans notre pays et dans toute la région.

Le pouvoir a pris conscience de sa fragilité en l’absence de médiations. Ces cadres de dialogue se veulent une alternative à l’émeute.

L’ouverture politique velléitaire est aussi une réponse à la pression des grandes puissances qui veulent chevaucher la dynamique populaire de la région pour mettre en place un processus de recolonisation.

L’intervention militaire en Libye constitue une menace directe.

Bouteflika promet une inversion du cours de fermeture autoritaire et de dérive monarchique des institutions, mais il entend toujours régenter nos libertés politiques.

Mais que restera-t-il de pouvoir aux institutions légitimes qu’il nous promet si le pouvoir actuel signe avec Arcelor, avec Suez, avec l’OMC, avec Desertec engageant un processus irréversible de dépendance.

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INTERVIEW

DE CHAWKI SALHI

PRÉSIDENT DU PST

par Safia BERKOUK

El-Watan

le 6 juin 2011

Après une période d’ouverture tous azimuts, c’est le retour au patriotisme économique. Décisions contradictoires, lois complémentaires, le gouvernement sait-il quelle démarche adopter en matière économique?

Depuis 2006, le Président tient un discours autocritique et les officiels étalent le bilan désastreux du choix libéral qui a ruiné l’économie productive publique et privée.

Les privatisations du téléphone, des banques, de la sidérurgie n’ont été que pillage et elles ont alimenté le feuilleton des scandales.

La libéralisation du commerce extérieur et les «traités inégaux» avec l’UE et même avec l’OMC (puisque non signés, il dicte déjà ses conditions depuis quelques années), ont livré le marché national à une concurrence déloyale.

Les importations ont triplé en quelques années, et la crise de 2008 qui a fait fondre les recettes pétrolières a sonné l’alarme.

Mais les timides mesures protectionnistes contenues notamment dans les lois de finances complémentaires 2008 et 2009 ont provoqué la fureur des milieux patronaux qui ont révélé à cette occasion l’importance de leurs activités d’importateurs.

De leur côté, les tuteurs impérialistes font pression pour retrouver tous leurs privilèges.

Velléitaire, inconséquent et contradictoire, ce cours patriotique ne constitue pourtant qu’une inflexion dans la politique libérale qui continue, ménageant des profits considérables aux investisseurs nationaux et un privilège aux étrangers, pendant que les salaires sont contenus et que la précarisation s’étend.

Lorsque le vent de révolte sociale, venu de Tunisie, soulève les précarisés, les mal payés et les démunis, le pouvoir opère un repli tactique. Il cède d’abord aux lobbys de l’agro-alimentaire et aux barons de l’informel en les dispensant d’impôt, puis il concède ici et là, des logements et des salaires, saupoudre des créations d’emplois. C’est un desserrement du containment (endiguement) des salaires ordonné par le FMI mais on est loin du rattrapage du pouvoir d’achat d’avant le PAS (programme d’ajustement structurel).

D’un autre côté, les pressions patronales et la menace impérialiste qui se concrétise en Libye voisine démantèlent peu à peu le dispositif protectionniste. Que reste-t-il du 49/51 quand l’investisseur et son concessionnaire algérien se partagent les rôles, que reste-t-il du Credoc après les annonces de la tripartite?

Pendant qu’ArcelorMittal se prépare à dix autres années de pillage sans frais, Suez s’attribue l’augmentation de la disponibilité de l’eau venue de nos barrages et de nos usines de traitement.

Pendant que nos réserves sont prêtées gratuitement aux grandes puissances, les Emiratis construisent des villas dans un parc d’Alger acquis à prix symbolique et vont apporter leurs capitaux à une usine de camions Mercedes où l’Etat va offrir les impôts et le foncier.

Consultations politiques d’un côté, concertation économique de l’autre, mesures en faveur des jeunes, débat annoncé autour de la société civile. Les décideurs multiplient les appels au dialogue. Quelle est votre lecture par rapport à cela?

Les victoires de Tunisie et d’Egypte contre les dictatures libérales ont provoqué une effervescence populaire dans notre pays et dans toute la région.

Le pouvoir a pris conscience de sa fragilité en l’absence de médiations. Ces cadres de dialogue se veulent une alternative à l’émeute.

L’ouverture politique velléitaire est aussi une réponse à la pression des grandes puissances qui veulent chevaucher la dynamique populaire de la région pour mettre en place un processus de recolonisation.

L’intervention militaire en Libye constitue une menace directe.

Bouteflika promet une inversion du cours de fermeture autoritaire et de dérive monarchique des institutions, mais il entend toujours régenter nos libertés politiques.

Mais que restera-t-il de pouvoir aux institutions légitimes qu’il nous promet si le pouvoir actuel signe avec Arcelor, avec Suez, avec l’OMC, avec Desertec engageant un processus irréversible de dépendance.

Safia Berkouk

El-Watan

le 6 juin 2011