BEAUTÉ NOIRE AFRICAINE ET « BANKSTERS » PLANÉTAIRES

Août 2011

Traduii ici du grec par son auteure, le poème « Beauté Noire » vient d’être publié par le quotidien d’Athènes « Avghi », du dimanche 21 août. Il date de 19 ans (décembre 1992) et avait été dédié alors par Aliki PapadoMichelaki au peuple martyr somalien, Il reste malheureusement d’actualité, avec des intensités et des formes diverses, pour de nombreux peuples du continent africain .

Il faisait écho aux souffrances d’un peuple ravagé depuis déjà des décennies par les guerres intestines et les invasions étrangères greffées sur les conflits et divisions internes. A cette époque, l’Algérie pour sa part avait commencé depuis un an à s’enfoncer dans le gouffre sanglant de conflits aux prétextes « identitaires »..

La famine continue de tuer massivement en Somalie. Le génocide silencieux se poursuit à une échelle autrement plus grande que les massacres, cependant que le peuple de Libye est invité sous les bombes et les troupes spéciales de l’OTAN à dire merci aux semeurs occidentaux de démocratie.

Facette parmi d’autres de la crise gigantesque que vit une planète écrasée par la domination des milliards de dollars consacrés au sur-armement et aux œuvres de pillage et de mort par les complexes militaro-industriels et les grands banquiers, vautours qui se repaissent de la misère du monde.

Monstrueuse hypocrisie que celle des refrains de « l’aide humanitaire », en lieu et place des changements radicaux capables d’apporter les solutions réelles, durables, aux souffrances mondiales et africaines.


BEAUTÉ NOIRE

Mains squelettiques

d’un vieillard prématuré

qui à ses sept ans

grain par grain

ramasse le blé

comme des miettes d’espoir

pour la Beauté Noire

Terre ridée

Jeunesse exsangue

Ravages d’entre-déchirements

Ton corps élancé

a replié ses ailes

tes jambes de gazelle

ont oublié le rythme

tes yeux ont perdu

leur éclat de diamant

ma Beauté Noire

Aux seins d’adolescente

sources de vie

le lait a tari

et le bébé immobile

a lâché la mamelle

L’amulette

ne protège plus sa vie

Quel tam-tam africain

rythmera ta douleur

ma Beauté Noire

Tout se tait

enfants, oiseaux et vent

seules les armes croassent

empoignées par des hommes à toi

oiseaux rapaces

avides d’étancher

leur soif de pouvoir

sur ton corps épuisé

ma Beauté Noire

Et nous les Blancs

à la conscience « hermine »

nous te promettons la Vie

par la grâce des armes

après t’avoir laissée
sur ta paille de mort

agoniser

ma Beauté Noire

Nos caves regorgent

de lait de blé

plus qu’il n’en faut

pour sauver tes mômes

ma Beauté Noire

Mais qui leur réapprendra

les chansons perdues

Nous l’avons-nous aussi oublié

le chant de Vie

ma Beauté Noire

Aliki P. Athènes 5 Décembre 1992

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