UN CONGRÉS IMPOSTURE SUR LE TERRORISME

À propos du VIIe congrès international des victimes du terrorisme,

Organisé par Nicolas Sarkozy

Un commentaire du Monde Diplo

Le programme de ce congrès:
http://afvt.org/7civt/int-fr.html


Du 15 au 17 septembre à Paris, se déroulera le VIIe congrès international des victimes du terrorisme, sous le haut patronage de Nicolas Sarkozy. Qui pourrait y trouver à redire ? Des victimes ou des proches des victimes, en provenance de 35 pays, qui témoignent de leur douleur, quoi de plus émouvant ?

La liste des attentats s’étale sur plus de cinquante ans et commence avec l’attentat contre le Milk Bar à Alger en 1956. On y trouve ceux des Brigades rouges en Italie (mais pas ceux commis à la même époque par les groupes d’extrême droite, notamment celui de la piazza Fontana, attribué à l’extrême gauche et dont on sait qu’il fut commis par l’extrême droite et marqua le début des années de plomb) ; celui contre l’avion de Habyarimana en 1994 (mais pas un mot sur le génocide du Rwanda qui a suivi), deux attentats en Israël durant la seconde Intifada, mais rien sur les milliers de Palestiniens tués par des tirs et des bombardements israéliens… Et tout est à l’avenant.

La mention de l’attentat du Milkbar à Alger le 30 septembre 1956 est intéressante. Là aussi, voici un attentat qui ne peut que susciter l’indignation. Une bombe dans un bar, qui fait 11 morts : qui pourrait approuver cette « lâche action » du Front le libération nationale (FLN) ? Pourtant, il suffit d’ouvrir un livre d’histoire ou de consulter Wikipédia (ce que je fais régulièrement, n’ayant pas les préventions de beaucoup, mais il faut vérifier) pour établir le contexte. La guerre a commencé le 1er novembre 1954, les combats se sont intensifiés, des négociations secrètes entre Paris et le FLN se déroulent durant l’été. C’est le moment, selon Wikipédia, que choisit André Achiary, ex-officier du SDECE qui fut sous-préfet dans le Constantinois au moment du massacre de Sétif (1945), pour monter l’attentat de la rue de Thèbes, dans la Casbah d’Alger, dans la nuit du 10 août 1956, qui fait 16 morts et 57 blessés, et marque un tournant dans la guerre d’Algérie. « Patrick Rotman souligne ainsi, dans L’Ennemi intime (2002), qu’à Alger, le contre-terrorisme a précédé le terrorisme », mais la guerre d’Algérie a commencé depuis plus de deux ans. Yacef Saâdi, qui était alors le chef militaire FLN de la Zone autonome d’Alger, déclarera ensuite à la journaliste Marie-Monique Robin : « Jusqu’au massacre de la rue de Thèbes, nous ne faisions des attentats à Alger qu’en réponse à des arrestations massives ou à des exécutions. Mais là, nous n’avions plus le choix : fous de rage, les habitants de la Casbah ont commencé à marcher sur la ville européenne pour venger leurs morts. J’ai eu beaucoup de mal à les arrêter, en les haranguant depuis les terrasses, pour éviter un bain de sang. Je leur ai promis que le FLN les vengerait. » Pourquoi les organisateurs n’ont-ils pas invité les familles des victimes de l’attentat de la rue de Thèbes ?

C’est que le parti pris est clair : les coupables ce ne sont jamais les Etats (ni les colons), ce sont toujours les peuples qui luttent contre l’oppression. Qui se soucie des centaines de milliers de victimes de l’agent orange, ce défoliant utilisé par les Etats-Unis au Vietnam et qui continue jusqu’à aujourd’hui à faire naître des enfants sans bras, sans jambes ? Qui se soucie des victimes du terrorisme d’Etat français en Algérie ou israélien en Palestine ? Qui se soucie des morts tchétchènes tombés sous les balles russes ?

Seule « anomalie » dans la liste des invités à la réunion de Paris, celle faite aux victimes des attentats des Moudajhidin du peuple en août 1982. Une occasion de faire venir à Paris des représentants du régime de Téhéran ?

Les amalgames et les oublis de l’Association française des victimes du terrorisme ne peuvent surprendre quand on connaît les activités de ce groupe et ses liens avec Jean-Louis Bruguière, l’ancien magistrat anti-terroriste, qui est « membre solidaire de l’AfVT.org ». De plus en plus contesté par ses anciens collègues, responsable de nombreuses fautes professionnelles dans ses enquêtes, il a surtout eu les faveurs de l’administration Bush dans sa guerre contre le terrorisme, guerre qui a fait bien plus de victimes que Ben Laden et Al-Qaida. Il a tenté de se reconvertir au Parlement sous la bannière de l’UMP et de M. Sarkozy en 2007, mais a été heureusement battu.

Pour y voir un peu plus clair, je donne ci-dessous, un extrait de la nouvelle édition des Cent clefs du Proche-Orient (Fayard, 2010), rédigée avec Dominique Vidal et Emmanuelle Pauly.


Terrorisme

(…) À la simple question : « Qu’est-ce que le terrorisme ? », il est bien difficile de trouver, dans les déclarations des responsables politiques ou dans la littérature spécialisée, une réponse univoque. Le terrorisme ne peut être confondu avec l’utilisation de la violence. Un des premiers droits « naturels et imprescriptibles » proclamés par la Révolution française et la Déclaration des droits de l’homme ne fut-il pas « la résistance à l’oppression » ? De ce point de vue, qui oserait — sans une considérable mauvaise foi — qualifier par exemple de terroriste, comme le faisaient l’occupant allemand et ses complices français, le combat armé de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale ?

Le droit international n’a jamais réussi à définir le terrorisme : il se contente de dénoncer des crimes précis comme le détournement ou l’attaque d’avions. Plus récemment, des conventions internationales répriment les attentats à l’explosif (1997) et le financement du terrorisme (1999). Cette dernière vise « tout […] acte destiné à causer la mort ou des dommages corporels graves à toute personne civile, ou à toute autre personne qui ne participe pas directement aux hostilités dans une situation de conflit armé, lorsque, par sa nature ou son contexte, cet acte est destiné à intimider une population ou à contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque ».

Par ailleurs, les actes qualifiés de terroristes relèvent souvent du crime de guerre et, à ce titre, des principes élaborés par le Tribunal de Nuremberg qui concernent « les violations des lois et coutumes de la guerre, qui comprennent, sans y être limitées, les assassinats, les mauvais traitements ou la déportation pour les travaux forcés, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occupés, l’assassinat ou les mauvais traitements des prisonniers de guerre ou des personnes en mer, l’exécution des otages, le pillage des biens publics ou privés, la destruction perverse des villes ou villages ou la dévastation que ne justifient pas les exigences militaires ».

Les tentatives de définition juridiques du terrorisme, notamment depuis le 11 septembre 2001, comportent des risques d’atteinte aux libertés civiles, en Europe et aux États-Unis, comme elles servent à justifier des politiques répressives de l’Algérie à l’Indonésie, en passant par la Russie et la Chine. C’est ce que soulignait, en avril 2002, l’Irlandais John Fish, le président du Conseil des barreaux de l’Union européenne, à la suite de la décision-cadre adoptée par le Conseil européen du 6 décembre 2001. « La liste des délits terroristes, expliquait-il, est établie de manière trop large, et comprend des actes qui ne devraient pas du tout être considérés comme terroristes. » D’autant, précisait-il, que « la décision-cadre prévoit des responsabilités et impose des sanctions pour des “personnes morales” ». Par ailleurs, « il n’est nulle part fait référence au droit à un procès équitable pour un terroriste accusé ». Or l’expérience a montré que « l’introduction d’une législation sur le terrorisme dans les États membres avait conduit à une diminution substantielle des droits des accusés ». Bref, « la lutte contre la criminalité ne devrait pas être menée à n’importe quel prix ». Le cas américain offre, avec l’invention du concept de « combattant ennemi » non protégé par les conventions de Genève ou le bagne de Guantanamo, un précédent inquiétant…

Revenons à la définition du terrorisme. On pourrait qualifier ainsi les actes de violence qui touchent des populations civiles innocentes dans le but de créer un climat d’insécurité et d’atteindre certains objectifs politiques. Mais comment ranger dans la même catégorie analytique l’empoisonnement au gaz perpétré par la secte Aum dans le métro de Tokyo et les voitures piégées des dissidents de l’Armée républicaine irlandaise ? Les milices d’extrême droite américaines responsables de la tuerie d’Oklahoma relèvent-elles de la même logique que l’ETA basque ? Et qu’ont ces actions en commun avec l’attaque contre le World Trade Center et le Pentagone ? À force d’« être appliqué à des types bien différents de violence, dont certains, notamment sur le plan intérieur, n’ont pas de but politique », le concept de terrorisme a perdu de sa signification, note Adrian Guelke, un expert sud-africain (The Age of Terrorism) — il affirme même qu’il s’est « désintégré ». Enfin, il ne faut pas oublier que le terme même est né pour qualifier une politique d’État, celle de la Révolution française. Or ce terrorisme d’État, fréquemment utilisé au Proche-Orient, est largement ignoré : bombardements indiscriminés, déportations de population, voitures piégées ont été utilisés par les pouvoirs israélien, syrien, irakien, iranien, etc.

« Un gouvernement sincère doit admettre, notait un éditorialiste de l’hebdomadaire britannique The Economist, que le terrorisme met au jour souvent un grief légitime. » L’histoire l’a amplement prouvé, les anciens “terroristes” sont devenus des dirigeants respectés. Menahem Begin et Itzhak Shamir furent impliqués, dans les années 1940, dans des attentats meurtriers contre des civils arabes (et juifs, comme lors de l’attentat contre l’hôtel King David), avant d’accéder aux plus hautes charges en Israël. Les “tueurs du FLN” dénoncés, jour après jour, par les autorités françaises et par la majorité des journaux ont contribué à conduire l’Algérie à l’indépendance — quelle qu’ait été l’horreur de certaines de leurs méthodes. Plus récemment, d’autres exemples le confirment : ceux-là mêmes qui agitèrent longtemps l’épouvantail de la violence pour refuser tout compromis durent renoncer à leur intransigeance. Itzhak Rabin a serré la main de Yasser Arafat, « un homme aux mains couvertes de sang juif », et négocié avec l’OLP pour tenter d’arracher le Proche-Orient à l’engrenage des haines.

Historiquement, c’est le caractère spectaculaire de ses méthodes qui marque l’action terroriste. Le détournement d’avion est l’une d’elles. Inaugurée par le gouvernement Guy Mollet le 22 octobre 1956 — avec l’atterrissage forcé de l’avion qui transportait, entre Rabat et Tunis, Ben Bella et plusieurs dirigeants du FLN —, cette pratique fut relancée après la guerre israélo-arabe de 1967. Le 23 juillet 1968, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) détourne le vol El Al entre Rome et Tel-Aviv. Le Fatah ne se ralliera à ce type d’action qu’après le Septembre noir jordanien. En 1973, l’OLP et ses principales composantes y renoncent ; seuls des petits groupes dissidents, dont celui d’Abou Nidal, continuent à y avoir recours. Les mesures de sécurité prises dans les aéroports et la condamnation par l’OLP de ce type d’activité ont réduit considérablement les détournements d’avion.

L’enlèvement d’otages constitue sans doute une pratique aussi vieille que la guerre. Il est fréquent dans les zones de conflits ou d’affrontements. Ainsi au Kurdistan d’Irak, où les groupes de peshmerga ont enlevé à plusieurs reprises dans les années 1980 des techniciens étrangers. Pays de toutes les discordes, le Liban a représenté, dans les années 1980, le terrain d’élection de cette catégorie d’actes, facilités par la disparition de l’État. D’abord utilisés dans la guerre civile, les enlèvements se sont étendus — surtout après 1982 — aux communautés étrangères, impulsés notamment par des groupes radicaux chiites, dont certaines allaient donner naissance au Hezbollah. Sans avoir disparu, la prise d’otages s’est raréfiée au Proche-Orient dans les années 1990 et 2000 – mais elle a fait son apparition dans la région sahélienne. (…)

Pour autant, la simple condamnation « morale » des crimes commis par les deux parties ne suffit pas. On ne peut simplement renvoyer dos-à-dos les deux protagonistes parce que tous deux violent le droit humanitaire. Pour deux raisons. D’abord parce que les violations commises par un État — un État qui se réclame des principes démocratiques — sont toujours plus graves que celles commises par des groupes non étatiques, d’autant que certains d’entre eux agissent contre l’orientation explicite de l’Autorité palestinienne. Ensuite pour des raisons politiques : la bataille que mènent les Palestiniens est une résistance légitime à une occupation illégitime, alors que le gouvernement israélien développe une stratégie de maintien d’une occupation et d’une colonisation illégales. Comparaison n’est certes pas raison, et Israël n’est évidemment ni le IIIe Reich, ni la France coloniale. Mais, pour prendre un exemple, durant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés ont sûrement commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité — notamment lors des bombardements de Dresde ou a fortiori d’Hiroshima et de Nagasaki. La lutte contre le nazisme n’en était pas moins une guerre juste, et nul ne peut renvoyer les Alliés et l’Axe dos-à-dos. De même, durant la guerre de libération algérienne, le FLN a commis — comme l’armée française — des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité. Pourtant, sa revendication d’indépendance était tout à fait légitime. Enfin, même de manière limitée, le Congrès national africain (ANC) a eu aussi recours au terrorisme. Lors de ses négociations avec le pouvoir blanc, Nelson Mandela écrivait : « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense. »


Algérie: Comment la junte janvièriste a cédé le pas au clan Bouteflika.

Nous continuons, dans notre représentation même du régime algérien, à nous figurer que le pays est tenu par une poignée de généraux du DRS et du haut commandement de l’Armée. Nous en sommes loin pourtant. De l’eau a coulé sous les ponts, et de l’argent aussi.

La “générosité” de Bouteflika.

Il est vrai que depuis l’”élection” de Bouteflika à la tête de l’État, il s’est passé une sorte de profond réaménagement, voire un bouleversement dans le premier cercle du pouvoir. Non pas seulement par la seule présence de Bouteflika, mais à d’autres effets combinés, comme les immenses capitaux que le pays a engrangés, le vieillissement des membres de la junte, et la disparition de certains parmi les plus importants en son sein.

La dizaine de Généraux qui a constitué le noyau exclusif du pouvoir, et qui a provoqué la catastrophe que nous connaissons, en carnage, en manipulation de la terreur, et en pillage des ressources nationales, s’est considérablement étoffée, pour passer à un nombre effarant de Généraux, de généraux-majors, de Généraux de Corps d’armée. Jusqu’à avoisiner le chiffre incroyable de près de deux cents, presque tous nommés par le Président Bouteflika. Sans compter les milliers d’officiers supérieurs, au grade de colonels, de lieutenants-colonels et de commandants.

Il ne fait pas de doute que ces nominations massives par le Chef de l’Etat procédaient d’une logique délibérée de phagocyter le noyau décisionnel de l’institution militaire, en le noyant de nouveaux clients. Il y a été aidé par le ralliement presque enthousiaste, s’il n’était monnayé, de plusieurs généraux. Ceux qui ont cassé le tabou. Celui qui consiste à ne jamais permettre à un autre qu’eux-mêmes de se mêler des affaires de l’Armée.

Bouteflika fut servi par une chance inouïe, puisque la flambée des prix des hydrocarbures allait lui permettre, non seulement de nommer une pléthore de généraux, mais aussi de lui délier les cordons de cette bourse qui se trouvait en sa possession. En sa seule possession. Une sorte de cassette royale, dont il ne rend compte à personne.

La “Baraka” de Bouteflika…

Sa « Baraka n’allait pas se démentir, puisque certains généraux, parmi les plus importants de la junte qui avait provoqué l’interruption du processus électoral en 1992, et qui avait fait main basse sur le pouvoir, allaient être sortis du premier cercle, d’une façon ou d’une autre. La mort et l’éjection allaient vider ce groupe de généraux de certains de ses acteurs les plus actifs.

Khaled Nezzar n’était plus sur la place. Il avait pris sa retraite. Et d’autres y ont été doucement poussés à le rejoindre. Avec un généreux viatique pour la route.

Larbi Belkheir, la tête pensante, celui-là même qui persuada ses pairs d’opter pour la candidature de Abdelaziz Bouteflika, fut envoyé sur les roses, sans autre forme de procès. Il fut rabaissé de collaborateur le plus proche du président à celui d’Ambassadeur au Maroc. Fonction qu’il n’exerça pratiquement pas.

Mohamed Lamari, le Général le plus gradé de l’Armée algérienne, fut poliment invité à faire valoir ses droits à un «repos bien mérité », avec un confortable parachute doré qui se chiffre en dizaines de millions de dollars.

Smaïl Lamari, celui qui avait poussé le Président Zeroual à la démission, en se passant de son avis dans ses contacts avec l’AIS, pour les faire descendre du maquis, avala son bulletin de naissance, à un moment crucial de la lutte du DRS contre Bouteflika. A croire que la même providence qui avait rempli les caisses de Bouteflika, l’avait débaréssé des généraux les plus coriaces.

D”une manière générale, tous les autres chefs tout-puissants de l’Armée se retrouvèrent, dans des circonstances différentes, totalement exclus du premier cercle. Eux, comme tous les autres qui rallièrent le clan du Président Bouteflika, bénéficièrent tous d’une consistante consolation. De véritables fortunes, et des facilitations considérables auprès des banques algériennes. En veux-tu ? En voilà !

Bouteflika-DRS: argent contre terrorisme! …

Le véritable clash entre Bouteflika et le dernier carré des chefs du DRS, qui ont évalué trop tard, et à sa juste mesure, le grignotage laborieux de Bouteflika, a eu lieu lorsque celui-ci a tenté d’appliquer au DRS la même tactique qui lui avait permis de rallier le plus gros des chefs du Commandement. Les derniers irréductibles du DRS, généraux frais émoulus, et qui mouillé dans des carnages contres les populations civiles, ont rué dans les brancards. Ils connaissaient leur propre force, qui avait consisté à noyauter tous les secteurs de l’Etat, jusqu’à la présidence. Ils se sont littéralement braqués contre cette intrusion inusitée d’un civil, aussi président soit-il, dans leurs brisées.

Il faut savoir, pour se faire une idée de la puissance du DRS, qu’aucun grand commis de l’Etat, de quelque secteur soit-il, ne pouvait être nommé sans que l’”enquête d’habilitation”, effectuée par le DRS, ne lui soit favorable. C’était un préalable incontournable à la signature du décret de nomination. Ce qui en termes clairs signifiait, qu’en fait, c’était le DRS qui nommait les grands commis de l’Etat. Tous, sans exception. L’enquête d’habilitation existe toujours, mais elle n’est plus le sésame, depuis que le clan Bouteflika a pris le contrôle de la maison.

Il faut relever, cependant, que sur le plan territorial, les chefs du DRS local restent les vrais patrons locaux. Encore qu’ils ne sont plus ce qu’ils furent. Alors que théoriquement le premier responsable territorial est censé être le Wali (Préfet), dans la réalité, c’est le patron du DRS local qui le chapeaute, et qui le surveille, mais il n’a plus la même influence, et il n’inspire plus la même crainte, puisque sa centrale n’a plus le contrôle total sur toute la situation.

La DGSN, qui fut, pendant longtemps le parent pauvre du régime, et dont les chefs devaient se contenter de strapontins, a désormais droit au chapitre. Elle est devenue, sur tous les rapports, autant ceux des effectifs, que des moyens, ou du poids intrinsèque de ses chefs au sein du pouvoir, une sorte de contrepoids au DRS. Et même sur le plan territorial, au niveau des wilayas, le Chef de Sûreté pèse autant, et parfois même plus que le chef local du DRS. Il n’est pas exagéré d’affirmé que l’omnipotence du DRS sur la vie publique est désormais révolu. Le même topo, qui était appliqué aux ministères, et jusqu’aux Ambassades, où le représentant du DRS était investi d’une autorité non dite, mais tout à fait réelle, et pesante au point où rien de sérieux ne se décidait sans qu’il soit consulté, n’est plus d’actualité.

Et c’est ainsi pour toutes les charges qui ont un tant soit peu d’importance, jusqu’aux élus. Jusqu’aux représentants syndicaux d’importance relative, au sein de l’UGTA. Et aussi, et surtout, dans un certain secteur économique, comme la Sonatrach, Air Algérie, la Sonelgaz, et autres grosses compagnies du genre. Aucun PDG ne pouvait être nommé sans ce fameux aval du DRS. Ce n’est plus le cas.

Cela ne se fit pas sans anicroches.

Ce fut, entre Bouteflika et les Chefs du DRS, une lutte pied à pied, qui connut des développements souvent tragiques. Tragiques pour ceux qui furent sacrifiés à l’autel des règlements de comptes, par clients interposés. Le pic de l’affrontement, par victimes interposées, fut atteint lors de l’attentat de Batna, qui visait le cortège présidentiel, mais qui coûta la vie à d’innocents civils. D’autres attentats furent commis içi et là, pour envoyer à Bouteflika des avertissements “sans frais”.

Il y eut aussi de nombreux règlements de comptes “économiques”, qui sacrifièrent des clients de l’un ou l’autre camp. Ceux du clan Bouteflika surtout. Ainsi, de temps à autre, de gros scandales économiques éclataient, puissamment relayés par la presse écrite, qui était restée le principal outil du DRS, alors que la Télévision nationale, dont l’impact était entre les mains des Bouteflika, ne pipait mot.

La cassette et les « relations »…

Mais la vraie force de Bouteflika se trouvait dans les capacités financières qui lui étaient tombées dans le giron, sans partage, et sans contrôle. En plus du Budget de l’État, où il puisait en toute liberté, en dépit de toute légalité, pour s’acheter des alliés, il disposait d’une caisse noire, générée et régulée par Chakib Khalil, son ministre de l’Énergie. Cet argent, puisé dans les sombres circuits des transactions des hydrocarbures, constituait la principale, opaque, et décisive arme de guerre. Et c’est ainsi que le ralliement des chefs de l’armée, et du DRS, qui avait commencé timidement, presque en cachette, se faisait de plus en plus massif. Jusqu’à tourner à la bousculade.

Le Général Toufik, réaliste et fatigué !

Le Général de Corps d’armée Mohamed Mediène, dit Toufik, le puissant patron du DRS, qui avait compris l’importance de Chakib Khalil dans le dispositif stratégique du Président Bouteflika, avait mis en branle, à plusieurs reprises, des attaques en règle contre celui-ci, pour déstabiliser son désormais rival. L’affaire BRC, puis celle de Sonatrach en ont été les faces les plus visibles, puisque la presse écrite en a fait ses choux gras. Mais, comme à l’accoutumée, un deal fut conclu, pendant que des lampistes, plus ou moins importants, mais qui restent des lampistes, firent les frais de cet affrontement sans frais.

Dans cette lutte pour le pouvoir, des facteurs exogènes, particulièrement importants, ont joué un rôle déterminant. Les Chefs de l’Armée et du DRS, de façon générale, étaient plus ou moins liés, par des rapports très équivoques, à des services étrangers, particulièrement français, particulièrement pendant tout le temps que dura l’influence de Larbi Belkheir. Avec l’envolée des prix du baril, et les énormes ressources qui en découlèrent, les gros contrats qui allaient se multiplier, avec tout ce que cela suppose comme commissions et rétro-commissions, d’autres liens allaient se nouer, avec de tout nouveaux acteurs, dont les plus importants se trouvaient désormais au sein du clan Bouteflika, entre parents, clients, et chefs de l’armée ralliés.

L’arrivée de Chakib Kalil, et les amitiés moyen-orientales du Président Bouteflika, ont révélé, puis renforcé, la présence un nouveau facteur, qui avait commencé à peser dans la balance au milieu des années 90. Les Américains. Un atout d’importance, pour le clan Bouteflika. Ou Chakib Khalil joua serré. Il faillit réussir son entreprise la plus audacieuse: Privatiser Sonatrach, et offrir les réserves pétrolières du pays aux grands majors. Les députés Beni-oui-oui se tenaient prêts à voter la fameux projet de loi de Chakib Khalil sur les hydrocarbures et Bouteflika était prêt à signer. Puis, il fit une brusque volte-face, et envoya promener le projet de loi. Certaines sources affirment que c’est le Général Mediène qui a mis son veto, son dernier baroud dit-on, d’autres affirment que c’est Bouteflika lui-même qui s’était rendu compte qu’il allait brader tout le pays en un tournemain, et qu’il se ressaisît à temps.

Chakib Kalil qui était déjà dans l’oeil du cyclone, était désormais l’homme à abattre. Jamais technocrate ne fut autant haï par les Algériens. Il était l’archétype même de l’arrivisme et de la grande corruption. L’attachement de Bouteflika à ses serviteurs fidèles n’était pas inaliénable, et Chakib était devenu trop encombrant. Bouteflika , qui ne cache pas son admiration pour les grands hommes politiques qui ont laissé leur trace dans l’Histoire, s’est vraisemblablement convaincu que la Politique n’a pas d’état d’âme. Et le moment venu, dans des circonstances que nous ignorons, il a décidé de se délester de Chakib Khalil, et il le laissa tomber sans aucune hésitation. Il lui laissa le temps, néanmoins, de se ménager une poire pour la soif. Quelques dizaines de millions de dollars.

Certaines sources affirment que le congédiement de Chakib Khalil a fait partie d’un vaste Deal entre Bouteflika et le Général Toufik, autour de plusieurs points de discorde, dont un très important, qui concernait le remplacement du Général Smaïl Lamari, à la tête d’un Direction très importante du DRS, la DCE. La dispute a été vidée, et aurait permis de rapprocher les deux hommes. En même temps que de créer un conflit majeur au sein même du DRS, entre généraux qui voulaient le poste de Smaïl Lamari.

Toufik illisible…

Depuis, semble-t-il, les hostilités ont pris fin, hormis celles subalternes, ou périphériques, entre seconds couteaux. Sans autre conséquence d’envoyer les clients réciproques en prison, et de les livrer au professionnalisme des « journalistes d’investigation ».

Et de facto, le premier cercle du pouvoir s’est considérablement rétréci, en même temps que des cercles concentriques, des nouveaux ralliés, s’étoffaient, et se multipliaient à l’infini. Mais tous s’activaient sous la houlette presque exclusive du Président Bouteflika, et de son frère Saïd. Et de nouveaux venus au sein du sérail, des “hommes d’affaires”, et une foule de prête-noms.

Le rôle, et la position du général Toufik restent assez équivoques. Mais il ne représente plus, en tout cas, le pôle le plus important du régime. Il ne serait pas sérieux d’affirmer que le pouvoir du DRS n’a plus d’effet sur le champ politique, si tant est qu’il existe un champ politique dans ce pays. Le DRS a gardé intactes ses possibilités de nuisance, et son influence sur des relais importants du système, comme la presse écrite, certains partis politiques, des lobbies financiers, et plus ou moins sur l’AQMI de Kabylie et du Sahel. Il a gardé aussi une influence relative sur une part de la rente, sur les commissions d’achat d’armement, et des équipements militaires, et un certain poids dans les affaires internationales, comme celle du Polisario. Mais d’autres forces, au sein même du Haut Commandement de l’Armée semblent avoir supplanté le DRS. Surtout parce qu’ils sont devenus, avec le clan Bouteflika, des arbitres de la distribution des pots de vin et des commissions sur les achats massifs d’armements, et d’équipements militaires. C’est l’argent qui dirige la baraque désormais. Les temps sécuritaires, malgré les efforts des derniers irréductibles du DRS pour les réinstaller, ont cédé la place aux temps du gros business.

Le Général Toufik, qui n’est plus ce qu’il était. Agé de 74 ans, avec des problemes de santé, et vraisemblablement des problèmes de conscience, il est potentiellement affaibli, à l’intérieur même du DRS, par l’impatience de jeunes loups aux dents longues qui s’estiment lésés dans le partage du butin et des pôles d’influence. Malgré le black-out total qui l’entoure, il semble bien qu’il ait rejoint, lui aussi, le clan présidentiel, mais il n’en conserve pas moins de solides atouts en main.

La déferlante arabe et le régime algérien…

A leur tout début, les récents évènements de Tunisie, d’Egypte et de Libye, ont provoqué, au sein du régime, et du DRS, une panique certaine. Puis, certains clans du DRS, impulsés par leurs logiques habituelles de subversion, ont été tentés de se servir de cette menace imminente de soulèvement, pour mettre en marche une manipulation qui retournerait l’équilibre des forces en leur faveur, une démarche qui consisterait à désigner le Président Bouteflika comme un fusible, pour court-circuiter toute mauvaise surprise.

Un plan minutieux, de récupération de la contestation, avant même qu’elle ne puisse s’exprimer, à été mis en branle, avec des détails qui prêtent à sourire, et qui montrent bien que tous ces gens sont désormais coupés de la réalité. C’était compter sans les nouvelles données, en effet.

Ces clans, rejoints par des lobbies financiers, dont l’ influence à l’intérieur du pays est tout à fait négligeable, ont présumé de leurs véritables forces. Leur entreprise était vouée à l’échec. Et elle a échoué lamentablement. La presse privée, dont ils font grand cas, ou leurs relais médiatiques français, ne pèsent pas le millième de la seule télévision algérienne, qui dispose d’un impact considérable sur de très larges couches de la population du pays profond. Et c’était compter, par ailleurs, sans les nouvelles couches sociales qui ont accédé à une prospérité relative, devenues, grâce aux effets de la manne pétrolière, des alliées naturelles du clan Bouteflika, et non du régime en tant que tout. L’”initiative citoyenne”, une sorte de succédanné des révolutions arabes, a fait pshit.

Ceux qui avaient voulu utiliser la jeunesse algérienne, pour se mettre, ou se remettre en selle, en désignant Bouteflika à l’ire populaire, en furent pour leurs frais. Lamentablement.

Parce que non seulement le contexte algérien était fondamentalement différent de pays comme la Tunsie ou l’Egypte, mais qu’en plus le peuple ne se reconnassait pas en ces leaders d=autoproclamés de la contestation, eux qui habitaient au Club des Pins, et qui fricotaient dans les mêmes auges que les barons du régime.

Parce que autant les Algériens identifiaient le régime au DRS pendant les années de sang, autant ils le personnifient aujourd’hui qu’une paix relative est revenue, et que l’économie de bazar s’est installée, au seul Président Bouteflika. L’homme providence pour beaucoup.

Les alliés naturels du régime…

Il ne serait pas exagéré, je crois, d’affirmer qu’au moins le tiers de la population lui est acquis. Toutes ces couches populaires qui profitent un tant soit peu de tout l’argent qui a été déversé dans le marché, et qui profite à de larges cercles concentriques, autour du noyau Bouteflika.

Beaucoup d’argent et de privilèges de toutes sortes pour le premier cercle, un peu moins dans le second et ainsi de suite jusqu’à ceux qui ont pu acheter à crédit la voiture neuve dont ils rêvaient, le logement dont ils avaient désespéré, les augmentations faramineuses de salaires, le libre exercice de la corruption vivrière, les facilitations illégales pour l’exercice de ce sport national qu’est le « trabendo », et tutti quanti.

Les populations plus défavorisées, particulièrement celles du pays profond, sont très encadrées, par un maillage savant, fait de tribalisme, de confréries religieuses, le tout saupoudré par la propagande inlassable de la télévision nationale, qui glorifie le grand frère Bouteflika, au point d’en faire le sauveur, le pater familias, celui qui a fait revenir la paix, et la prospérité.

Un Plan “spécial” pour éviter toute révolution…

Mais comme on n’est jamais trop prudent, le Président Bouteflika vient de mettre en place un autre plan, en plus du Quinquennal, un plan « spécial », qui est censé conjurer toute menace de soulèvement, ou du moins, si elle se produit, de le circonscrire à une partie de la société seulement, qui aurait, de facto, celle privilégiée en face d’elle. Une sorte de baltaguias érigés en classe sociale.

Des mesures sociales qui visent un impact très large ont commencé à être initiées. Augmentations de salaires, création de milliers de micro-entreprises, indemnités de chômage, ouverture relative du champ médiatique, et de celui de l’exercice du « débat » démocratique, mais de façon étroitement contrôlée, et autres mesures du genre. Le champ de l’audio visuel devra attendre, parce que le Président Bouteflika y est opposé. Parce qu’il ne veut pas que des chaînes de télévision tombent entre les mains de lobbies qui ne lui sont pas totalement inféodés.

De toutes les façons, pour ce qui concerne ce point précisément, même si des chaînes de télévision indépendantes étaient autorisées à émettre, cela ne changerait rien à la situation du pays, et ne représenterait aucune menace pour le régime en tant que tout, puisque toutes les fortunes du pays susceptibles de financer une chaîne de télévision, sont entre les mains de clientèles, et de parentèles du régime. Pas un seul « capitaine d’industrie » n’existe en Algérie, qui ne doive sa richesse au régime. La meilleure preuve en est que s’il se trouvait une personne suffisamment riche pour lancer une chaîne de télévision, elle n’aurait pas besoin de l’autorisation du régime pour le faire, puisqu’elle pourrait financer une chaîne satellitaire qui emettrait depuis l’étranger. Mais personne parmi ces gens fortunés ne le ferait, parce qu’il sait que dans les jours qui suivent l’inauguration de sa télé, il serait mis sur la paille. L’exemple de Khalifa Abdelmoumen est encore vivace dans les esprits, lui qui a refusé d’obéir à l’injonction du Président Bouteflika de fermer illico presto la chaîne de télé qu’il était sur le point de lancer. Il l’a payé très cher, et sa télé n’a pas vu le jour, de toute façon.

La Famille…

Un autre élément très intéressant, qui permet une lecture appropriée du régime algérien, et que les Algériens ignorent, consiste dans les liens qui unissent tous les barons du régime, et même tous leurs clients les plus importants. En fait, l’oligarchie qui dirige le pays constitue une famille. Une famille dans les deux sens du terme, mafieux, et consanguin.

Mafieux, parce que toutes ces personnes, qui se chiffrent désormais en milliers, sont impliquées, les unes avec les autres, dans la vaste opération de rapine de tout ce qui peut générer de l’argent. C’est, en fait, une association de malfaiteurs qui a fait main basse sur tous les mécanismes d’enrichissement, qui sont devenus autant de monopoles qui leur sont dévolus. Et ils le font en toute légalité, puisqu’ils disposent à volonté du « pouvoir » législatif, pour faire adopter, au mieux de leurs intérêts, toutes les lois, et tous les règlements nécessaires, en plus des circuits bancaires, et de facilitations en tout genre qui sont gérés par leurs nervis.

Et ils sont une famille, au sens consanguin, parce qu’ils sont tous liés, les uns avec les autres, par les liens du mariage. Leurs enfants se marient entre eux. Les rares familles du bas peuple qui ont été admises dans cette « aristocratie » sont celles qui ont eu la chance d’avoir de très belles filles, et parfois quelques garçons vernis qui ont fait des études supérieures brillantes, ou dont la réussite sociale exceptionnelle les a propulsés au saint du saint. Ils sont donc tous parents les uns des autres, à des degrés divers.

C’est dire qu’en plus d’être une famille, ces barons du régime, leurs parents, et leurs clients, ils savent que leur sort est lié. Si un bouleversement du genre de ceux qui ont lieu chez nos voisins se produit, ils tomberont tous ensemble. Et ils ne sont ni fous ni suicidaires pour se laisser aller à de vaines confrontations, en des moments aussi cruciaux.

Qui sait de quoi ils seront capables, pour défendre leurs privilèges, et leur sécurité. Aujourd’hui, plus que jamais, ils sont soudés les uns aux autres. Il n’y a plus, entre-eux, des luttes de clans qui soient vraiment intenses. Ce sont juste des escarmouches, et des rivalités comme il en existe dans toute famille.

Très vraisemblablement, hormis quelques velléités de résistance, tous les « décideurs » militaires ont rallié le clan Bouteflika. Si la déferlante des peuples de la région passe sans provoquer de soulèvement massif en Algérie, il est certain que le problème de la succession se posera de nouveau, et que des rivalités auront lieu entre-eux, chacun voulant la part du lion. Comme dans toute famille riche. Mais en attendant, ils vivent une veillée d’armes. Autour du chef de famille, qui n’a jamais été aussi puissant.

Et lui, qui est à l’automne de sa vie, et dont la perspicacité n’est pas à mettre en doute, doit certainement méditer que sous la cendre de l’ignominie, couve la braise ardente.

Le temps nous dira.

Par Djamaledine Benchenouf

lanationdz.com

ACTUALITE – TRIBUNE

18 août 2011

UNE INADMISSIBLE MACHINATION POLITICO-POLICIERE

 » …Je dénonce le blocage de mon passeport comme une provocation politique, un intolérable abus de pouvoir, une violation de ma liberté de circulation et une atteinte à mon activité professionnelle.

En prenant l’opinion publique à témoin, je tiens à rappeler aux autorités que le respect de la loi s’impose d’abord à ceux qui ont la charge de la faire respecter. Cette même loi impose aujourd’hui à l’administration de me délivrer un passeport dans les meilleurs délais. Ou de me notifier, par écrit, un refus motivé.

En attendant de voir les services de police se soumettre aux lois de la République, j’ai décidé d’user de tous les moyens légaux pour faire valoir mes droits de citoyen et protéger ma liberté de journaliste. ” …


Le journaliste et éditeur Arezki Ait Larbi privé de passeport

Information donnée par le site « KALIMA.DZ »

17 août 2011 11 h 35 min

redaction

Le journaliste et éditeur Arezki Ait Larbi, dénonce dans un communiqué rendu public ce mercredi 17 août, les dérapages «politico-policiers» et les violations flagrantes des lois et de la constitution.

Il considère « le blocage de son passeport comme une provocation politique, un intolérable abus de pouvoir, une violation de sa liberté de circulation et une atteinte à son activité professionnelle.»

COMMUNIQUÉ

“ Au mépris des lois de la République, la police a décidé, une fois encore, de bloquer mon passeport. En déposant mon dossier, le 19 juin 2011, à la daïra de Chéraga (wilaya d’Alger) j’ai été informé par un fonctionnaire que le document serait prêt dans un délai d’un mois.

Près de deux mois plus tard, je suis toujours privé de passeport et interdit, de fait, de quitter le territoire national. En me présentant le 16 août 2011, et pour la quatrième fois, à la daïra de Chéraga, le même fonctionnaire me révèle que ma fiche de police était toujours bloquée au commissariat de Chéraga et que je devais m’y rendre pour «voir de quoi il s’agit». N’ayant pas été convoqué par la police, j’ai estimé que cette «visite» était inopportune, l’unique interlocuteur légal du citoyen pour la délivrance d’un document de voyage étant l’administration.

Ce « blocage » n’est pas une première. En juin 2006 déjà, le même commissariat avait bloqué mon passeport sous le prétexte d’une condamnation judiciaire pour «délit de presse». Il s’agit d’une plainte en diffamation pour un article sur les traitements inhumains infligés aux prisonniers de Tazoult-Lambèse, accompagnée d’un mandat d’arrêt qui remonte à … décembre 1997. Inutile de rappeler ici que je n’avais été ni convoqué pour le procès, ni informé du verdict, ni inquiété pour le mandat d’arrêt, malgré mes multiples sorties du territoire national. Mes différentes démarches auprès de l’administration et de la justice étant restées vaines, je n’ai récupéré mon passeport, en septembre 2006, qu’à la suite d’un large mouvement de solidarité de l’opinion nationale et internationale.

Le 26 avril 2007, nouveau rebondissement. Au moment où j’allais embarquer sur un vol à destination de Paris, la PAF de l’aéroport d’Alger décide brusquement d’exécuter le mandat d’arrêt, une décennie après son émission, et de me livrer à la justice! Après avoir fait opposition du verdict prononcé en décembre 1997, j’ai été rejugé le 23 mai 2007 par le tribunal correctionnel d’Alger-Sidi M’hamed, et acquitté.

Je croyais l’affaire classée. J’apprendrai qu’il n’en est rien en me rendant, le 27 juillet 2011, au commissariat de Chéraga pour l’enquête administrative ordonnée par le procureur du tribunal de Chéraga, suite au dépôt d’un dossier pour la création d’un journal. Une fois encore, le même mandat d’arrêt, signé par le même juge, et pour le même «motif», est exhibé par la police qui, malgré mes explications, n’a pas hésité à m’arrêter pendant près de 5 heures, avant de se rendre compte du «malentendu».

N’étant pas paranoïaque, j’ai préféré mettre ces tracasseries sur le compte d’un dysfonctionnement bureaucratique plutôt que d’y voir un harcèlement ciblé. La récurrence de ces agressions émanant d’un même commissariat, et pour un même «motif», me pousse à croire aujourd’hui, qu’il s’agit bien de ces pratiques mesquines et indignes, dont les régimes autoritaires sans légitimité sont si coutumiers.

Dans un pays où l’allégeance clanique est érigée en système de gouvernance, et la répression en mode de gestion des conflits, il peut paraître dérisoire de s’insurger au nom de la légalité contre le blocage d’un passeport. J’ai pourtant la ferme conviction qu’opposer la force des lois – écrites -de la République à l’arbitraire officiel, reste l’ultime rempart contre les traditions perverses du sérail.

Ces dérapages politico-policiers que l’éthique réprouve et que l’Etat de droit condamne, violent la Constitution qui garantit pourtant «le droit d’entrée et de sortie du territoire national».

L’article 11 de l’Ordonnance N° 77-1 du 23 janvier 1977 relative aux titres de voyage, limite les cas de refus d’un passeport à «toute personne:

  • condamnée pour crime,
  • condamnée, depuis moins de cinq ans, pour délit, à une peine d’emprisonnement ferme de six (6) mois au moins, ou qui fait l’objet d’une interdiction de quitter le territoire national, d’un mandat de justice ou d’une assignation à résidence.»

N’étant concerné par aucune de ces restrictions, je refuse de quémander comme une faveur ce qui relève d’un droit citoyen.

Je dénonce le blocage de mon passeport comme une provocation politique, un intolérable abus de pouvoir, une violation de ma liberté de circulation et une atteinte à mon activité professionnelle.

En prenant l’opinion publique à témoin, je tiens à rappeler aux autorités que le respect de la loi s’impose d’abord à ceux qui ont la charge de la faire respecter. Cette même loi impose aujourd’hui à l’administration de me délivrer un passeport dans les meilleurs délais. Ou de me notifier, par écrit, un refus motivé.

En attendant de voir les services de police se soumettre aux lois de la République, j’ai décidé d’user de tous les moyens légaux pour faire valoir mes droits de citoyen et protéger ma liberté de journaliste.”

Alger, le 17 août 2011.

Arezki AÏT-LARBI (Journaliste)


OBSERVATOIRE DES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

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LES AGRESSEURS ENCOURAGÉS PAR LE SILENCE DES AUTORITÉS


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L’Observatoire des violences faites aux femmes a dénoncé, hier, «le harcèlement sexuel et moral dont ont fait l’objet des journalistes femmes de la Chaîne IV et les violences exercées par les policiers contre des femmes habitant seules au Bois des Pins, à Alger».

C’est pour un débat sur la marche à suivre pour condamner les violences sous toutes leurs formes exercées à l’égard des femmes que les membres de l’Observatoire des violences faites aux femmes (OVFF) se sont réunis hier au centre des ressources de l’association Tharwa n’Fathma n’Soumer, à Alger.

À cette occasion, l’accent a été mis sur un constat des plus dramatiques des événements rapportés par la presse, notamment les expéditions punitives contre les femmes à M’sila, les agressions commises par des bandes de jeunes contre des filles dont certaines ont été victimes de viol collectif et les attaques dont sont victimes régulièrement les femmes vivant seules.

Les membres de l’Observatoire sont unanimes à interpeller les ministres de la Communication, de l’Intérieur et de la Justice afin qu’ils assument leurs responsabilités pour sanctionner les auteurs de ces graves bavures et rendent justice aux victimes.
Tous se déclarent inquiets face au phénomène de la violence à l’égard des femmes qui, selon eux, ne cesse de prendre de l’ampleur parce que encouragé par le silence, voire, dans certains cas, la complicité des institutions de l’Etat, celles-là mêmes censées protéger les citoyens sans distinction de sexe.

Après une longue discussion et des échanges d’avis, un communiqué final a été adopté par l’ensemble des participants et signé par la porte-parole de l’Observatoire, Mme Cherifa Kheddar, présidente également de l’association des familles de victimes du terrorisme de Blida, Djazaïrouna.

«Pour la énième fois, les femmes, parce que femmes, continuent d’être victimes de multiples violences: viols en groupe suivis de meurtres comme ceux rapportés par la presse, expéditions punitives à l’image de celles de Hassi Messaoud et de M’sila et, aujourd’hui, des femmes sont victimes de ceux-là mêmes censés les protéger et veiller à leur sécurité», constatent les animateurs de l’Observatoire. Dans le document diffusé en fin de journée, ils font état d’une situation inquiétante marquée par «le harcèlement sexuel et moral dont sont victimes des femmes journalistes de la Chaîne IV de la Radio nationale, dans l’enceinte même de l’institution et par leur propre directeur, la violence contre les femmes vivant seules perpétrée par les services de police à l’intérieur même de leur domicile, au Bois des Pins, à Hydra, Alger».

Ils rappellent à ce titre que les femmes vivant seules sont devenues les cibles d’agression sous toutes ses formes.

Face à ces «agressions» qu’ils dénoncent «avec la plus grande fermeté», ils se déclarent «consternés et révoltés» et exigent des institutions compétentes – les ministères de la Communication, de l’Intérieur et de la Justice – qu’«elles prennent leurs responsabilités respectives, en vue de sanctionner les auteurs et à faire en sorte que l’action publique se saisisse de ces affaires dans les meilleurs délais». Les membres de l’Observatoire expriment par ailleurs leur «solidarité aux femmes journalistes de la Chaîne IV et à toutes les femmes victimes de ces actes abjects» ; ils «s’engagent à les soutenir dans leur combat juste, contre leurs agresseurs» ; ils réclament enfin que «justice soit rendue aux victimes afin qu’elles soient réhabilitées dans leur droit» et exigent des institutions de l’Etat qu’elles «assument leurs obligations telles que consacrées par la Constitution et les lois en vigueur».

À signaler que l’Observatoire est composé de plusieurs associations et militantes des droits des femmes, mais se veut un instrument autonome dépassant toute appartenance partisane ou associative. Il a été créé, il y a quelques mois, pour constater toutes les formes de violences exercées contre les femmes, mener des campagnes contre ces dernières, aider les victimes et les soutenir.

Salima Tlemçani

LA SCANDALEUSE DESTRUCTION DU « BOIS DES PINS » AU CENTRE D’ALGER

La presse a rendu compte des circonstances et de l’indignation qui, parmi les riverains et dans l’opinion a suivi le saccage d’un site forestier unique au centre d’Alger. Il ne s’agit pas d’un acte isolé mais d’une pratique couverte systématiquement par les autorités. Dès les années 60, le regretté M’hammed DJELLID avait dressé dans une publication du PAGS le tableau impressionnant du dépeçage du patrimoine immobilier d’Oran dans un reportage documenté « Oran, une ville qu’on désosse »

L’article ci-dessous expose certaines des implications fondamentales d’ agissements qui sont la caractéristique du régime. Elles éclairent une révolte qui gronde et la montée d’un mouvement de masse pacifique qui gagne en conscience politique malgré les embûches.

CONTRE LA HOGRA DE CLASSE ET LES HOLD-UP ANTINATIONAUX,

MONTÉE DES RÉSISTANCES CIVIQUES LÉGITIMES

par Sadek HADJERES, 6 août 2011

Ils aiment certainement les espaces verts pour leurs agréables et parfois pompeuses résidences, ceux qui ont inspiré, ont bénéficié ou été les complices de la destruction barbare du Bois des Pins d’Hydra.

Rien n’est trop cher pour leur confort privé et leur luxe ostentatoire : gazon entretenu, parterres fleuris bien arrosés, arbres à l’ombre bienfaisante et piscines rafraîchissantes par ces temps de Ramadan brûlant.

Une autre logique les inspire dès qu’il s’agit du Chaâb, de la Nature, de l’intérêt général et des Biens communs.

Ce qui les guide alors, ce n’est ni la logique d’une tradition islamique qui fait de la plantation d’un arbre un acte de foi bénéfique. Ni l’attachement à l’élan d’édification nationale qui, dans les premières années de l’indépendance, avait lancé les dizaines de milliers de jeunes et de soldats de l’ANP dans les campagnes de reboisement de l’Arbâtache et les chantiers de plantation d’un immense Barrage Vert censé arrêter la progression du désert.

La logique écologique, celle adoptée de plus en plus par les gens et les gouvernants raisonnables dans le monde entier, leur est tout aussi étrangère. Tout comme leur est étranger le respect des normes administratives en honneur dans les Etats de Droit dignes de ce nom ou encore le respect des procédures démocratiques, inscrites dans leurs propres textes de lois qu’ils s’évertuent à contourner et violer impunément.

Ne parlons pas de la logique de justice sociale. Elle aurait consisté pour le moins à prendre en compte le besoin d’oxygène et de mieux-être des habitants d’un quartier souffrant déjà des conditions d’un habitat précaire et surchargé, le besoin de loisirs de toute une population algéroise heureuse de goûter le plaisir rare d’un espace de détente au cœur de la capitale.

Il reste que l’agression la plus révoltante est celle perpétrée contre la dignité et la renommée nationales. Là où les grandes mégapoles du monde s’honorent de l’ouverture de nouveaux espaces verts, le « Nif » d’une catégorie d’Algériens, par ailleurs d’une arrogance sans pareille, patauge dans le béton et la spéculation immobilière. Un «exploit» qui va faire reculer une nouvelle fois l’Algérie dans son classement international pour les différentes rubriques du développement humain. Triste honneur pour notre Etat que celui de figurer sur le podium des recordmen de la corruption, de l’incompétence et des lourdeurs bureaucratiques

L’ensemble de ce que les Algériens et Algériennes vivent avec douleur, exprime malheureusement le fiasco d’un système. Illustré symboliquement par la photographie hideuse du vide laissé par la destruction d’un joyau naturel que la colonisation elle-même avait épargné. A deux pas des sièges d’institutions dont la devise officielle affichée reste comme par ironie « Par le Peuple et Pour le Peuple ».

C’est le fiasco d’un système que certains voudraient pieds et poings liés à l’ultralibéralisme mondial, dont les peuples et les gens sensés mesurent mieux aujourd’hui les tragiques performances.

Le pire est dans le suivisme, le mimétisme et la dépendance envers les moeurs «modernes» de prédation du capitalisme mondialisé. Elles se pratiquent chez nous dans leurs variantes sous-développées et sauvages, celles qui prétendent depuis trop longtemps n’avoir aucun compte à rendre aux citoyens, les premiers concernés, les premiers «ayant droit» aux fruits de l’Indépendance.

Sans autre stratégie que les emprunts anachroniques à ce qu’il y a de plus négatif dans les recettes du monde impérialiste, ce fiasco est celui d’un système qui selon l’analyse pertinente de Hadj Nacer, s’enferme et veut enfermer notre pays dans le cercle vicieux des échecs répétés.

MAIS IL Y A DU NOUVEAU !

Ceux qui détruisent ou pillent les biens du peuple, le brutalisent et le répriment quand il proteste, n’ont pas l’air d’avoir saisi l’ampleur et l’avenir de la vague d’indignation et de changement qui, sous diverses formes et avec des résultats inégaux, est en train de remodeler le sud et l’Est de la Méditerranée.

Ils ne semblent pas avoir compris que leurs agissements sont les gouttes d’eau qui inéluctablement font et feront déborder le vase. Le mouvement entraîne de multiples et larges courants de l’opinion nationale, depuis les plus opprimés et déshérités jusqu’aux couches et catégories sociales les mieux nanties mais néanmoins lésées et révoltées par l’arbitraire et l’humiliation.

Ce qu’on a appelé le « printemps arabe» a confirmé qu’il ne suffit pas de s’indigner, en silence ou à haute voix. L’important est dans la mise en mouvement massive, vigilante, consciente, pacifique et coordonnée de la légitime protestation populaire.

Aux yeux d’un nombre croissant, la corde est usée de plusieurs modes de réaction et de protestation qui, quelle que soit leur spontanéité ou leur sincérité, ont plutôt fait le jeu du système qui les a souvent utilisés et manipulés.

Les citoyens et les acteurs politiques honnêtes ne font plus confiance à la violence armée, aux émeutes spontanées et sans perspective de changement politique démocratique, aux intrigues et tractations politiciennes, aux luttes de clans et illusoires approches par le «haut», aux mirages dangereux des confrontations identitaires hégémonistes. De réels changements dans les sphères institutionnelles ne deviennent possibles que si, à partir des problèmes vécus et rassembleurs, à partir des intérêts sociaux communs clairement identifiés, une mobilisation massive impose au système les changements profonds et durables souhaités.

Pour qui sait voir, les derniers mois ont montré que les tentatives de mobilisation subordonnées à des pures logiques de pouvoir ont été des feux de paille. Par contre, les mouvements de société initiés démocratiquement à la base (par les syndicats, associations déjà existantes ou nées dans l’action et appuyées par l’opinion et les cercles politiques acquis au réel progrès démocratique), n’ont cessé de gagner en conscience politique, en lien social, en organisation et efficacité.

Il est de la responsabilité normale des citoyens, des acteurs politiques, des hommes de pouvoir honnêtes, de converger dans l’action unitaire pour laver la honte infligée quotidiennement à notre peuple frustré dans ses profondes aspirations. Les objectifs communs, les motivations communes ne manquent pas, à commencer par l’exigence de transparence, de contrôle par le haut et par le bas, de sanction de toute anomalie et transgression en matière d’aménagement du territoire et des espaces publics.

Ainsi, en lieu et place des espaces désertifiés et bétonnés et malgré les graves problèmes mondiaux et régionaux actuels, pourraient pousser chez nous à la hauteur des efforts communs engagés dans notre pays et ailleurs, les premiers arbres puis les parcs et les forêts enracinées dans la liberté, la paix, la démocratie, le développement, la justice sociale et le mieux être.

SH, le 6 août 2011

Le Quotidien d’Oran


Mercredi 10 août 2011

BOIS DES PINS FAIT DES ÉMULES



Des femmes se battent contre la construction d’une tour à Blida

L’avenue Kritli-Mokhtar à Blida, route principale qui donne accès à l’autoroute Blida-Alger, a été fermée, hier, à la circulation par des femmes à l’aide de pierres et de parpaings, et ce, pour dénoncer le projet de construction d’une tour de 10 étages dans leur impasse.
Mais avant cette fermeture, une bataille rangée a opposé les riveraines de cette impasse à des personnes inconnues, venues à bord de cinq voitures, nous dit-on, pour arracher des arbres et démolir un mur en vue de la construction de la tour. Les habitantes de ce quartier se sont défendues contre la destruction de ce mur qui, pour elles, constitue la preuve que le terrain devant accentuer le projet se trouve dans une impasse. Et ce mur demeure la pierre d’achoppement avec le promoteur, nous fait-on savoir. N’était l’intervention de la police qui a arrêté les inconnus, la situation aurait tourné au drame. Des femmes de ce quartier ont été interpellées pour être auditionnées. Ces dernières, qui refusent qu’une tour de 10 étages soit construite dans leur impasse, ont usé de moyens juridiques pour arrêter le projet. Ainsi, elles ont obtenu gain de cause mais le promoteur, soutiennent-elles, n’en a pas fait cas et continue la construction. A noter que sur ce terrain était bâtie une villa que le promoteur avait achetée pour réaliser son projet.

M. B. Le Soir d’Algérie. 10 août 2011


LA TOILE DE FOND SUR LAQUELLE SE MULTIPLIENT LES SCANDALES DE LA GOUVERNANCE DÉSASTREUSE

DONT NOUS DONNE L’EXEMPLE LE MASSACRE DU BOIS DE PINS

http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-les-predateurs-et-l-etat-le-deal-de-la-honte-81276740.html

Mercredi 10 août 2011

Les prédateurs et l’Etat : Le deal de la honte

Les «indiscrétions présidentielles» que nous livre aujourd’hui, à la une, Le Soir d’Algérie, un mois après les faits évoqués, donnent la mesure des contradictions véritablement antagonistes qui oppose toute volonté de changement – et nous en créditons aussi le chef de l’Etat-, aux mécanismes occultes de pouvoir, à travers lesquels se gère depuis des décennies, le deal de la honte conclu contre le peuple entre les prédateurs et les institutions décisives de la République, c’est-à-dire la présidence de la République et l’institution militaire.

En voulant se dédouaner à l’égard du vote scélérat de son assemblée nationale, Bouteflika met le doigt, espérons le délibérément, sur l’un des nœuds du malheur algérien.

S. A.

Importation de la friperie et revente des logements LSP

L’Executif corrige le parlement

«Quelle alliance ! Quelle alliance ! Quelle alliance ! » C’est Bouteflika qui parle… La scène a eu lieu au dernier Conseil des ministres, le 11 juillet dernier et c’est là que les membres du gouvernement découvrent, ébahis, toute la colère de Bouteflika contre les partis de l’Alliance et l’Assemblée.

«Pour un exploit, c’en est vraiment un ! Bravo ! Une alliance de la friperie. On aura vraiment tout vu», répétait, en hochant la tête et en dirigeant son regard foudroyant vers les deux des trois chefs des partis de l’Alliance assis à côté de lui, Ouyahia et Belkhadem. «Ça, c’est une alliance !» insistera encore Bouteflika, répétant la phrase en arabe, chose qu’il ne fait que rarement dans les réunions officielles. Bouteflika, selon une source digne de foi, enchaînera aussitôt, comme pour montrer tout le mépris qu’il éprouve pour l’APN : «Vous voyez maintenant pourquoi j’ai toujours préféré légiférer par ordonnance ?».

Il n’en dira pas plus et changera aussitôt de sujet, mais le message est passé. Fin juin, pour rappel, l’Assemblée de Abdelaziz Ziari a réussi enfin à faire parler d’elle en «osant» imposer un amendement. Et quel amendement! Un lobby spécialisé dans l’importation de la friperie, sévissant particulièrement au niveau des wilayas frontalières dans l’est du pays, avait réussi en effet à introduire, dans la loi de finances complémentaire pour 2011, un article autorisant l’importation de ces produits usagés, pourtant prohibés depuis 2008.

Le ministre des Finances, Karim Djoudi, redoublera d’ingéniosité et mettra tout son savoir-faire ès sciences de la finance pour «piéger» à terme cet amendement. «Il avait réussi dans une première phase à introduire une modification faisant que l’importation de la friperie n’était autorisée que par voie maritime. Ce qui maintient l’interdiction au niveau de nos frontières, notamment à l’est d’où est introduit traditionnellement le gros de la marchandise », nous confie une source gouvernementale. «Mais là où Djoudi a réussi un coup de maître, c’est l’ajout consistant à préciser que ledit amendement devra faire l’objet, pour son application, d’un texte réglementaire. Et là, ils peuvent attendre», ajoutera notre source, ironique.

Tout est donc dans ce texte d’application, carte maîtresse entre les mains du gouvernement. Lors de l’examen de la loi de finances pour 2012, vendredi et samedi derniers, Ouyahia, sur instruction de Bouteflika, avait laissé donc l’amendement relatif à la friperie tel quel. «Pourquoi? Pourquoi créer des vagues au sujet d’un amendement inapplicable de toutes les manières?» justifie notre source. «Cela donnerait l’impression que l’exécutif méprise le Parlement.»

Or, le gouvernement ne s’encombra pas de scrupules de ce genre pour supprimer net, l’autre amendement, certes moins médiatisé mais tout autant indu qu’est celui relatif à l’incessibilité du logement social participatif (LSP). Largement soutenu par l’Etat, le LSP fera l’objet d’un assaut d’un lobby, quasiment le même que pour la friperie qui a «réussi» un amendement, lors de la même session parlementaire et sur la même LFC 2011. En vertu de cet amendement, quiconque pouvait soumettre à la vente un logement LSP pour peu qu’il rembourse les 700 000 DA représentant l’apport consenti par l’Etat en guise d’aide.

«Or, Ouyahia surprendra tout le monde lors de la dernière réunion en ordonnant tout simplement de supprimer cet amendement», nous confie encore notre source. «Le Premier ministre fera remarquer, à juste titre, que l’aide réelle de l’Etat excède largement les trois millions de dinars en prenant en compte les différentes exonérations fiscales dont bénéficie en amont et le bénéficiaire du logement et l’entrepreneur qui le construit.»

Les initiateurs de cet amendement reviendront-ils à la charge lors de la soumission de cette loi de finances au Parlement?

Peu probable avec l’ire présidentielle évoquée plus haut et l’approche de la période tant attendue par tous, celle de la confection des listes de candidatures pour les législatives. Des listes, pour rappel, confectionnées par les chefs de parti justement…

Kamal Amarni. Le Soir d’Algérie. 10 août 2011



L’ALGÉRIE ET LA CRISE FINANCIÈRE GLOBALE DU CAPITALISME MONDIALISÉ

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ANALYSE SUR LES MENACES INTERNATIONALES QUI PÈSENT SUR L’ ALGÉRIE


1. LA LOI DES «BANKSTERS» par K. Selim, éditorial du Quotidien d’Oran, mercredi 10 août 2011;

2. EN TROIS ANS, LE G7 N’A PAS RÉFLÉCHI! dans « www.algerieinfos-saoudi »;

3. APRÈS LA CATASTROPHE LIBYENNE, LES RISQUES D’UNE FUTURE GUERRE EN ALGÉRIE, vidéo, Forum des Démocrates;

4. LA BATAILLE DE LONDRES: L’OPÉRATION «MOBS» A RÉUSSI (bis), le Jeudi 11 août 2011, sur le blog de algerie-infos;

5. POUR LES BRITANNIQUES, LA « CRIMINALITÉ » EST LA CAUSE PRINCIPALE DES ÉMEUTES, Le Monde .fr avec AFP, le 11 août 2011;

6. LONDRES FLAMBE, LA BOURSE SE NOIE, LE CHÔMAGE VA DÉFERLER. SOLUTION? BOMBARDONS LA LIBYE! par Michel Collon;

7. … dans la thématique « CRISE MONDIALE » Frédéric Lordon, le 11 août 2011, blog.mondediplo.net.


1. LA LOI DES «BANKSTERS»

par K. Selim

éditorial du Quotidien d’Oran, mercredi 10 août 2011

Les gouvernements occidentaux paraissent totalement démunis devant la crise actuelle et la menace de dépression aux conséquences lourdes qui plane. L’endettement colossal des Etats et des perspectives de croissance peu réjouissantes créent une situation de panique sur toutes les places financières mondiales. Le krach n’est pas une vue de l’esprit. Celui de 1929 avait pavé le terrain à la montée du fascisme et à la Seconde Guerre mondiale.

Il est vain d’attendre un changement de paradigme de la part de l’ordre établi.

Depuis la crise des subprimes en 2008, on a beaucoup parlé de régulation des marchés. Les idées généreuses qui ont accompagné la mise à contribution financière des Etats ont rapidement été abandonnées. Les Etats occidentaux, à commencer par le président des Etats-Unis, n’arrivent pas à développer un discours clair et convaincant sur des choix de politiques économiques et encore moins à prendre des mesures fortes.

Les marchés sont plus forts que les Etats, ils en sont les maîtres en définitive et ils imposent leurs logiques.

En 2008, avec la crise des subprimes, les marchés ont contraint les contribuables à payer la facture. Les «banksters» – néologisme ô combien éloquent composé de banquier et de gangster – rappellent encore où se trouve le vrai pouvoir.

Ils le démontrent encore davantage aujourd’hui en s’attaquant à des dettes publiques en partie contractées pour leur sauver la mise.

Les grandes banques ne devaient pas faire faillite, les Etats oui!

Contrairement à ce que l’on voudrait faire admettre, l’économie, ce n’est pas seulement des formules mathématiques et des théories. C’est du politique.

Et le politique est aujourd’hui entre des mains qui n’ont pas vraiment de comptes à rendre. L’état des élites politiques est tel qu’il semble inimaginable que des gouvernants soient capables de s’engager dans une réorientation de la politique économique à la manière du new deal.

Il faut plutôt craindre que la guerre ne redevienne – l’histoire en atteste – le recours du capitalisme en crise. Le «bon sens» pourrait considérer qu’une réduction sensible du budget militaire des Etats-Unis est la voie d’entrée pour un traitement effectif de la gigantesque dette américaine. Mais le cynisme des intérêts à court terme fait peu de cas du bon sens.

Comment un empire en déclin pourrait-il imposer ses vues? Les Etats-Unis montrent non seulement des signes évidents de panne économique mais aussi de réelle régression: le rêve américain n’existe plus. L’establishment, démocrate ou républicain, n’est pas prêt à brader le dernier grand avantage comparatif qu’est la suprématie militaire.

Face à l’impasse ultralibérale et à une récession qui creuserait davantage des fractures sociales, déjà insupportables aujourd’hui, la guerre pourrait permettre de relancer la machine. Mais une guerre de «premier ordre», car les guerres de basse intensité en Irak et en Afghanistan n’ont fait que creuser les déficits et ont été sans impact sur un appareil de production industrielle tout à fait inadapté aux conflits asymétriques.

Les crises du capitalisme, qui sont payées par les plus vulnérables, se règlent durablement dans le sang. Ce n’est certainement pas par solidarité avec les spéculateurs que l’on suit une agonie boursière qui pourrait bien trouver son règlement sur d’autres théâtres.

Clausewitz, théoricien du XIXe siècle, le disait : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens». L’ultralibéralisme des banksters et des néoconservateurs fait que la guerre est un moyen commun de politique économique. La crise de la dette et la récession ne seraient alors qu’un prélude.

Source: Le Quotidien d’Oran du 10 août 2011.

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2. EN TROIS ANS, LE G7 N’A PAS REFLECHI!

le 9 août 2011,algerieinfos

Il y a trois ans, au moment où éclatait la crise financière, provoquée aux Etats-Unis par la spéculation sur les subprimes, se tenait une assemblée générale des Nations-Unis. Nous avons retrouvé un compte rendu des débats qui semblent d’actualité trois ans après. Comme si le monde avait fait du surplace.

Les promesses de redressement du G7, formulées aujourd’hui par Barak Obama, semblent une copie bouffonne des engagements d’alors à
«réfléchir aux leçons à tirer de la crise financière la plus grave qu’ait connue le monde depuis celle des années 1930», dixit M. Sarkozy.

Et sans doute la crise de 2008 est-elle aujourd’hui déclassée, devenant la plus grave? après celle de 2011.

À l’ONU, le Sud dénonce un système financier « cupide »

NEW YORK (Nations unies), envoyés spéciaux

Prenant la mesure de la crise financière mondiale, plusieurs représentants des pays du Sud, venus participer à l’Assemblée générale de l’ONU, mardi 23 septembre, ont dénoncé un système financier « cupide » dont les soubresauts menacent les pays pauvres et appellent à un renforcement des contrôles internationaux. « L’incertitude économique s’est propagée comme un effroyable tsunami à travers la planète, annulant les progrès accomplis, non seulement sur l’île de Manhattan, mais aussi sur les îles des Philippines », a déclaré Gloria Macapagal-Arroyo, la présidente des Philippines.

La crise a cristallisé le ressentiment de nombreux pays. « L’euphorie des spéculateurs a laissé la place à l’angoisse de peuples entiers », a affirmé le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, qui s’en est pris aux « fondamentalistes des marchés ». Citant l’économiste brésilien Celso Furtado, il a jugé qu’il ne fallait pas laisser « les profits des spéculateurs être toujours privatisés, tandis que leurs pertes sont invariablement nationalisées ». « Ce sont toujours les pauvres qui payent le prix de la cupidité débridée et de l’irresponsabilité des puissants », a aussi déclaré le président nicaraguayen de l’Assemblée générale de l’ONU, Miguel d’Escoto.

Chez certains pointait un sentiment de revanche. Pour la présidente argentine, Cristina Kirchner, ceux qui, hier, « conformément au consensus de Washington, disaient aux pays d’Amérique du Sud que le marché réglait tous les problèmes », ont produit « la plus formidable intervention de l’Etat de mémoire d’homme » – le plan de 700 milliards de dollars proposé par la Maison Blanche pour sauver le système bancaire. La seule différence, a-t-elle ironisé, est que Washington n’aura pas à subir les directives du Fonds monétaire international (FMI).

« La crise financière mondiale menace l’ensemble de notre travail », a par ailleurs prévenu le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui appelle à un « leadership mondial » pour « restaurer l’ordre dans les marchés financiers internationaux ». « Nous appelons la communauté internationale et les acteurs clés de l’économie mondiale à agir rapidement » sous la « direction » des Nations unies, a ajouté Jakaya Kikwete, le président tanzanien, qui préside aussi l’Union africaine.

Face aux représentants des 191 autres pays membres de l’ONU, le président George Bush s’est voulu rassurant. « Nous avons pris des mesures audacieuses pour prévenir une perturbation grave de l’économie américaine, qui aurait un effet dévastateur sur d’autres économies à travers le monde », a-t-il assuré. Selon le président américain, le plan de sauvetage des banques de la Maison Blanche devrait être adopté « rapidement » par le Congrès.

Le président français, Nicolas Sarkozy, qui a succédé à M.Bush à la tribune de l’ONU, a appelé de ses vœux « un capitalisme régulé, où des pans entiers de l’activité financière ne sont pas laissés à la seule appréciation des opérateurs de marché ». Le dirigeant français a par ailleurs proposé une réunion, qui pourrait se tenir en novembre, en présence des pays du G8, et auxquels pourraient se joindre les grands pays émergents, « pour réfléchir aux leçons à tirer de la crise financière la plus grave qu’ait connue le monde depuis celle des années 1930 ».

Estimant que le problème ne remontait pas à la crise des subprimes mais à la création des hedge funds, ces fonds spéculatifs, M. Sarkozy s’en est pris à l’absence de responsabilité des traders et des banquiers, qui auraient dévoyé le système capitaliste. « On dit qu’on ne sait pas qui est responsable. Ah bon! Quand tout allait bien, on savait qui touchait les bonus », a critiqué le chef de l’Etat, au cours d’une conférence de presse. Le président français veut que les agences de notations soient aussi « contrôlées et sanctionnées si nécessaire ».

De son côté, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a pointé du doigt « une minuscule minorité » de « sionistes » qui auraient « dominé une partie importante des centres monétaires et financiers » – propos « antisémites », a dit le président israélien, Shimon Pérès. « L’empire américain dans le monde touche à sa fin », a aussi prédit le dirigeant iranien, selon lequel « les piliers du système oppressif s’effondrent ».

Pour juguler la crise, le président Lula da Silva a appelé à « reconstruire » les institutions économiques internationales pour qu’elles puissent « entraver l’anarchie de la spéculation ». L’ONU doit être le lieu d’une « réponse vigoureuse », a-t-il dit, ce qui passe, ont relevé plusieurs chefs d’Etat, par une réforme de l’organisation, et notamment un élargissement du Conseil de sécurité. Ce dernier ne peut « plus attendre » pour intégrer de nouveaux membres, a jugé Nicolas Sarkozy, qui souhaite aussi élargir le G8 pour y intégrer la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Mexique et le Brésil.

Le Monde 24 septembre 2008.

Philippe Bolopion et Natalie Nougayrède (avec Arnaud Leparmentier)

http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-en-trois-ans-le-g7-n-a-pas-reflechi-81178965.html

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3. APRÈS LA CATASTROPHE LIBYENNE,

LES RISQUES D’UNE FUTURE GUERRE EN ALGÉRIE

(Vidéo)

Origine: site du Forum des Démocrates

http://co113w.col113.mail.live.com/mail/InboxLight.aspx?fid=1&fav=1&n=1888937610&mid=579e48f1-b9b9-11e0-a44a-00237de3f15a&fv=1idéo

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4. LA BATAILLE DE LONDRES:

L’OPÉRATION «MOBS» A RÉUSSI (bis)

le Jeudi 11 août 2011

sur le blog de algerie-infos, lumière sur la stratégie policière classique de diversion, utilisée pour endiguer la protestation montante des derniers mois contre les responsabilités dans le cours catastrophique de la crise financière mondiale.

Dans un premier temps, la police a laissé faire, David Cameroun est resté absent trois jours, adoptant à son retour des accents churchilliens pour conduire ce que le Gardian a appelé «la Bataille de Londres».

Pendant trois jours, on avait laissé libre court au pillage. La presse à sensation mais aussi les journaux plus sérieux ont embrasé l’opinion contre «the anarchy» par des unes apocalyptiques. Les réflexes communautaires ont été activement encouragés, dressant les uns contre les autres, chacun s’armant pour protéger son quartier.

Par cette opération rondement menée, Scotland-Yard a trouvé une occasion de redorer son blason, justifiant les flottements des premiers jours par les mesures «démoralisantes» prises à l’encontre de son état-major.

Cameroun espérait sans doute rétablir la position de l’establishment, après les scandales des mécanismes politico-mafieux de gestion du pays, et isoler les appels aux manifestations de rue contre la politique d’austérité.

Aujourd’hui, les tenants britanniques de l’ordre établi semblent avoir réussi une opération politico-policière qui va sans doute faire des émules dans d’autres pays.

L’existence de bandes de voyous mis en épingle pendant ces derniers jours n’est pas de nature à nuire au prestige de la Grande-Bretagne. A Londres et aussi sans doute bientôt dans d’autres capitales d’un monde en crise, un nouvel ennemi est désormais complaisamment mis à l’affiche: les «mobs» (les bandes), auquel est rattaché un concept plus politique, the anarchy.

Le sondage publié hier en Angleterre semble confirmer la réussite de l’opération.

L’utilisation de jeunes voyous à l’occasion de manifestations populaires urbaines contre les politiques d’austérité, est coutumière dans les pays occidentaux. Elle vise à isoler les luttes pour le changement en neutralisant la population, effrayée par les pillages et les excès.

Aujourd’hui, cette technique du contrôle sociale ne se limite pas à parasiter une manifestation par des actes de pillage. Il faut prendre l’initiative de contrefeux préventifs, utiliser la rage et l’absence de logique chez les déclassés pour décourager par anticipation la mise en mouvement des forces vives du pays.

Ces gangs, enfantés par des familles irresponsables et mus par une sorte de violence animale pure, sans rapport avec la politique démocratique, deviennent l’ennemi numéro un de la société.

Incapables de mettre en oeuvre une démarche stratégique pour régler les problèmes humains, les gérants de l’ordre établi fabriquent un nouvel ennemi, après que les populations se soient lassées d’être abusées sur le danger terroriste.

La domination veut être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. Les mobs, les bandes, les gangs, vont sans doute occuper la place réservée aux groupes d’El Qaïda dans le casting du spectacle démocratique.

S. A.

Source: algérie infos blog…

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5. POUR LES BRITANNIQUES, LA « CRIMINALITÉ »

EST LA CAUSE PRINCIPALE DES ÉMEUTES

Seuls 8 % des Britanniques pensent que c’est la politique d’austérité du gouvernement de David Cameron qui a entraîné les émeutes, la majorité accusant la criminalité et la culture des gangs, selon un sondage réalisé par l’agence YouGov pour The Sun.

42 % des Britanniques estiment en effet que les émeutes sont simplement liées à des comportements criminels, tandis que 26 % accusent un essor de la culture des gangs. Seuls 5 % désignent le chômage comme la cause principale des émeutes. La même proportion pointe les tensions raciales du doigt.

LA RÉACTION DES AUTORITÉS CRITIQUÉE

D’après le sondage, la majorité des Britanniques n’accuse donc pas le gouvernement d’être à l’origine des émeutes, mais ils sont nombreux à critiquer sa réaction: 57 % des 2 534 personnes interrogées lundi et mardi estiment que les pouvoirs publics, notamment le premier ministre, David Cameron, et le maire de Londres, Boris Johnson, ont mal géré la crise.

La police reste soutenue par le public, montre le sondage, et une grande majorité des sondés est pour l’utilisation de gaz lacrymogène, de tasers, de la police montée et de balles en caoutchouc.

Et un tiers des personnes interrogées se sont prononcés pour l’utilisation d’armes à feu face aux émeutiers.

LE MONDE.FR avec AFP

Le 11 août 2011

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6. LONDRES FLAMBE, LA BOURSE SE NOIE, LE CHÔMAGE VA DÉFERLER.

SOLUTION? BOMBARDONS LA LIBYE!

Michel Collon

11 août 2011

À Londres, des jeunes sans espoir brûlent maisons et magasins.

À quelques kilomètres de là, des gens qui ont amassé des milliards en Bourse s’affolent à l’idée d’en gagner un peu moins…

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Et comment les ont-ils gagnés, ces milliards? En obligeant les entreprises à diminuer les salaires et les emplois.

C’est-à-dire qu’on détruisait l’avenir de ces jeunes pour augmenter les bénéfices des sociétés.

D’où la crise évidemment: si vous ôtez leur gagne-pain aux consommateurs, comment feront-ils pour acheter?

À présent, que font les maîtres de la Bourse? Ils exigent des Etats davantage de coupes sociales, c’est-à-dire davantage de jeunes sans espoir.

Et pendant ce temps, les ministres – dont les mesures néolibérales ont permis ce massacre social – font semblant de ne pas comprendre la révolte.

Il leur suffirait pourtant d’aller un peu écouter ces désespérés. Mais envoyer des flics dans les quartiers populaires, c’est tellement plus simple que de les envoyer à la Bourse.

Alors, au lieu d’utiliser tous ses budgets à créer des emplois, le gouvernement britannique vient d’envoyer des bombardiers supplémentaires pour tuer encore plus de civils en Libye et semer encore plus de haine.

Paris, Washington et Bruxelles font pareil? Faire main basse sur le pétrole et les réserves financières des Libyens, ça fera un peu d’argent de poche pour payer les dettes.

Mais s’ils arrivent à renverser Kadhafi, que se passera-t-il?

Plus d’Etat-providence en Libye, mais un maximum de privatisations.

Plus de redistribution sociale de l’argent du pétrole, mais sa confiscation par les multinationales.

Plus d’aide libyenne au développement autonome des pays africains, mais davantage d’exploitation des ressources par l’Occident.

Conséquence? Encore plus d’Africains sans avenir seront forcés d’émigrer et de s’ajouter aux désespérés de Londres, Paris et Bruxelles. Où ils travailleront pour rien, ce qui fera le malheur des uns et le bonheur des autres.

Un système absurde et inhumain. Combien de temps laisserons-nous faire ?

Bruxelles, 11 août 2011

Source: investig’action


Quelques faits et chiffres dont on ne parle guère

1. Les salaires britanniques ont été gelés par Cameron alors que le prix de la nourriture vient d’augmenter de 5%.

2. À Tottenham (Londres), il y a 54 demandeurs pour chaque emploi vacant.

3. Aucun agent de la Metropolitan Police londonienne n’a jamais été condamné alors que, depuis 1988, 333 personnes sont mortes en garde à vue.

4. L’Etat grec a une dette de 350 milliards d’euros. Les capitalistes grecs ont 600 milliards sur des comptes en Suisse.

5. L’agence de notation Standard & Poors a dégradé la note des USA notamment parce que « le plan du Congrès et de l’administration ne prévoit que des changements mineurs dans la politique de Medicare » (équivalent de la Sécurité sociale pour l’assurance maladie).

6. J-F Copé, secrétaire-général de l’UMP (France) : « Nous avons déjà réformé les retraites, il faut maintenant faire la réforme de la dépendance et celle de l’Assurance-maladie. » (10 août 2011)

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7. … dans la thématique

CRISE MONDIALE

(…) Par une ironie dont l’histoire a le secret, le néolibéralisme pourrait donc bien mourir par sa dénégation préférée: la dette? dont il n’a cessé de crier les dangers? quand tous ses mécanismes conduisaient à son emballement généralisé.

La création monétaire massive n’est pas une perspective réjouissante en soi. Mais lorsqu’il ne reste plus qu’elle pour extraire un corps social du dernier degré de la ruine ? et il ne faut pas douter que l’effondrement bancaire total nous ramènerait en quelques jours à l’âge de pierre, lorsque, donc, il ne reste qu’elle, il ne faut ni en diminuer les possibilités ni en exagérer les périls.

Mais l’essentiel est ailleurs: il est dans le fait que jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance lato sensu ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, et que seuls peuvent le mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement nulle part n’a le réel désir de l’attaquer , ou bien la puissance dévastatrice d’une catastrophe que son système aura lui-même engendré.

A l’évidence, c’est cette dernière hypothèse qui tient la corde, et puisqu’elle déploie maintenant ses effets avec la force de fatalité du tsunami évoqué en ouverture, il ne reste plus qu’à attendre qu’elle accomplisse pleinement ses virtualités pour en tirer le meilleur parti:

  • reconstruire les institutions de la création monétaire souveraine, avec tout ce qu’elle suppose et de possibilités rouvertes et aussi de rigoureux encadrements;
  • réinventer des structures bancaires qui à la fois échappent aux prises d’otage de la banque privée et dépassent la forme «nationalisation» vers un système socialisé du crédit;
  • réduire au minimum minimorum la structure des marchés de capitaux pour lui ôter tout pouvoir de nuisance et d’usurpation.

Soit, sur les ruines, enfin tout rebâtir.

Frédéric Lordon, 11 août 2011.

Source: [« La pompe à phynance  » – Les blogs du Diplo – « Le commencement de la fin »
– jeudi 11 août 2011, par Frédéric Lordon->http://blog.mondediplo.net/2011-08-11-Le-commencement-de-la-fin]

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LA BATAILLE POUR LA RECONNAISSANCE PAR L’ONU DE L’ETAT PALESTINIEN ET SITUATION DANS LE MONDE ARABE

APPEL DE MARWAN BAGHOUTI DEPUIS SA PRISON POUR INTENSIFIER LES MANIFESTATIONS UNITAIRES DE MASSE

donner le lien de l’article de hassan ZERROUKI dans l’Huma du 23-24 juillet 2011

Marwan Barghouti appelle à des manifestations de masse

De sa prison, le dirigeant palestinien en appelle au soutien populaire pour appuyer la reconnaissance d’un État palestinien par l’ONU, en septembre prochain. De son côté, Israël s’emploie à rassembler une « majorité morale » afin de la faire échouer.

Contraint par un contexte proche-oriental en plein bouleversement, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, veut négocier. «Tout est sur la table, mais il faut se rendre à la table.»

Il l’a clamé sur la chaîne de télévision arabe Al Arabiya, concurrente d’Al Djazira. «Je suis prêt à négocier la paix entre nos deux peuples, directement avec le président Mahmoud Abbas, et nous pouvons le faire chez moi, à Jérusalem, à Ramallah, ou n’importe où!»

Coïncidence ou non, cette déclaration intervient à moins de trois mois de l’Assemblée générale de l’ONU qui, sauf surprise, votera la reconnaissance de l’État palestinien (lire : Pour la reconnaissance de l’État palestinien) dans ses frontières de 1967 et son admission au sein des Nations unies…

Et le jour même où Marwan Barghouti, le dirigeant du Fatah, qui purge une peine de prison à vie après une parodie de procès, a appelé les Palestiniens à des manifestations de masse, en septembre, pour soutenir la demande d’adhésion d’un État palestinien (lire : Le difficile et long chemin vers l’Etat palestinien ) à l’ONU. «Remporter la bataille de septembre prochain, qui est un pas important dans notre lutte, exige les plus grandes manifestations populaires et pacifiques ici et dans la diaspora, dans les pays arabes et musulmans et dans les capitales internationales (…) Ce n’est pas seulement le combat du président Mahmoud Abbas, de l’Organisation de la libération de la Palestine, de l’Autorité palestinienne », a-t-il déclaré, dans un communiqué rédigé mercredi. De fait, la proposition israélienne d’ouverture de négociations ne vise rien de moins qu’à torpiller la reconnaissance de l’État palestinien par l’instance onusienne, d’autant que le rapport des forces n’est pas en faveur d’Israël. «Il y a 117 pays qui reconnaissent l’État palestinien dans ses frontières de 1967», a assuré mercredi le président Mahmoud Abbas, en visite en Espagne.

L’obstination d’israël

La tâche s’avère compliquée pour Israël (lire: «Israël mine la voie menant à un État palestinien ») : depuis la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, intervenue dans le sillage du « printemps arabe » (lire : La révolution arabe frappe aux portes d’Israël) , il ne peut plus surfer sur les divisions interpalestiniennes, comme il le faisait dans un passé récent.

En outre, il n’est pas sûr de convaincre certains pays « amis » ou hésitants à voter contre la reconnaissance d’un État palestinien. Les Israéliens ont besoin, en effet, de 30 voix pour rassembler «une majorité morale» afin de faire échouer la demande d’admission d’un État palestinien. « Mais ils seront encore défaits parce qu’ils n’obtiendront pas les 30 voix pour voter contre nous », a affirmé Ryad Mansour, l’ambassadeur palestinien aux Nations unies.

Visiblement, la réconciliation interpalestinienne, sur fond de blocage du processus de paix, intervenant dans le sillage du « printemps arabe », qui s’est notamment traduit par la chute d’un allié de poids de Netanyahou, en l’occurrence Hosni Moubarak, a introduit une nouvelle donne régionale qu’Israël ne peut plus ignorer.

L’aspiration présente des peuples du Moyen-Orient à la démocratie (lire : Un État palestinien, l’idée fait son chemin ) et aux libertés rend ainsi la tâche difficile à la diplomatie israélienne, qui ne peut plus faire valoir le fait qu’Israël est le seul État démocratique de la région, « encerclé » par des pays dont les peuples seraient acquis aux idées de feu Ben Laden et qui seraient rétifs aux idées démocratiques et aux droits de l’homme, pour justifier le refus d’Israël de négocier et de se retirer des territoires occupés.

Et partant, de refuser le plan arabe de paix adopté en 2002 à Beyrouth préconisant le retrait d’Israël de tous les territoires occupés, y compris de Jérusalem-Est et du Golan syrien, en échange de sa reconnaissance et de l’établissement de relations diplomatiques. Bien qu’approuvé, du moins verbalement, par les États-Unis (lire : Après les mots d’Obama, l’attente des gestes politiques) et l’Union européenne, ce plan est resté lettre morte, et cela en raison de l’obstination d’Israël.

L’extrémisme religieux en Israël.

Dans un rapport publié par le quotidien Haaretz, le général israélien, Avi Zamir, s’inquiète de la montée de l’extrémisme religieux au sein de l’armée. Pointant dans ce rapport « la montée d’un extrémisme religieux », il dénonce la tendance de l’armée à céder aux exigences des rabbins ultraorthodoxes qui s’opposent à la mixité. Les plaintes déposées par des soldates et des femmes officiers s’accumulent. Des femmes-soldats se voient refuser de servir dans certaines unités militaires. Des soldats se sont plaints d’un « bourrage de crâne religieux et ultranationaliste ». Cet officier propose de retirer au rabbinat le rôle du renforcement de la « conscience juive » dans l’armée. Question : sera-t-il entendu ?

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A lire également :

Aucun État ne peut se définir sur une base ethnique ou religieuse

[Le scandale, c’est le blocus de Gaza, pas la flottille internationale

 >http://www.humanite.fr/16_06_2011-le-scandale-c%E2%80%99est-le-blocus-de-gaza-pas-la-flottille-internationale-474446]

Face à la paix, l’arrogance d’Israël

Hassane Zerrouky

l ‘HUMANITÉ, le 22 Juillet 2011

Pour lire l’article original en ligne, cliquer ici …


ANALYSE DEU PARTI COMMUNISTE LIBANAIS

SUR LA SITUATION ET LES ENJEUX

DANS LE MONDE ARABE

LES RÉVOLUTIONS, LES CONTRE-RÉVOLUTIONS

ET L’INGÉRENCE IMPÉRIALISTE

La situation politique dans le monde arabe à la fin de la première moitié de l’an 2011 se caractérise par le renforcement des soulèvements populaires et des révolutions, en particulier en Tunisie et en Egypte ; cela est visible dans la radicalisation du mouvement populaire qui, parti du slogan « A bas le régime », revendique actuellement la mise en route des programmes pour le changement, à commencer par le changement des Constitutions mais aussi des politiques socio-économiques dans leur intégralité.

dimanche 7 août 2011

(Lire à l’adresse:
http://www.aloufok.net/spip.php?article5013


VICTIMES CIVILES EN LIBYE : LES MENSONGES DE L’OTAN

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10 août 2011

par Simon DE BEER

Le jour où la coalition a bombardé la résidence de Khouildi Hamidi à Sorman, tuant treize civils dont une femme enceinte, quatre enfants et un bébé, l’OTAN a publié un communiqué de presse dans lequel elle justifiait son action. Investig’Action a analysé ce communiqué ainsi que la photo qui l’accompagne.

1 – COMMUNIQUÉ – 20 juin 2011 :

L’OTAN frappe un centre de commandement et de contrôle militaire

FAUX : Nous nous sommes rendus sur place. Rien n’indique qu’il s’agissait d’une cible militaire. De plus, la veille des bombardements, toute la famille s’était réunie pour fêter un anniversaire. Qui, en temps de guerre, aurait l’idée de se réunir dans un centre de commandement militaire ?


2 – NAPLES – L’OTAN a connaissance des allégations selon lesquelles un de ses raids aériens aurait pris pour cible un immeuble résidentiel à proximité de Sorman, à l’ouest de Tripoli, tôt lundi matin.

À l’issue d’un contrôle minutieux, l’OTAN est en mesure de confirmer avoir effectivement mené un raid aérien dans cette zone à ce moment-là : il s’agissait d’une frappe de précision visant une cible militaire légitime, à savoir un centre de commandement et de contrôle directement impliqué dans la coordination d’attaques systématiques contre la population libyenne.

VRAI : Il s’agissait bien d’une « frappe de précision » : les huit roquettes ont entièrement détruit plusieurs bâtiments de la propriété tout en épargnant les maisons et la mosquée alentour.


3 – Bien que l’OTAN ne soit pas à même de confirmer qu’il y ait eu des victimes, elle déplorerait toute perte de vie civile et met tout en œuvre pour éviter de telles pertes. Cette approche est diamétralement opposée à celle du régime de Kadhafi, qui poursuit sa politique de violence systématique et soutenue contre la population libyenne.

MAUVAISE FOI: Le lendemain des bombardements, la presse s’est rendue sur place et a constaté la mort d’une quinzaine de personnes, dont plusieurs enfants. Dès 12h00, plusieurs journaux ont révélé ces informations sur leurs sites web.


4 – C’est au terme d’une analyse rigoureuse, basée sur une mission permanente de renseignement, de surveillance et de reconnaissance et conduite sur une longue période que les installations objets du raid aérien ont été identifiées comme étant un centre de commandement et de contrôle. L’OTAN ne prend pas pour cible des personnes spécifiques.

VRAI et FAUX: La précision des bombardements laisse penser que l’OTAN avait un complice sur place pour lui fournir des renseignements ou placer des balises. Or, ce complice ne pouvait ignorer qu’une fête devait avoir lieu la veille de l’attaque. Aussi, en choisissant de bombarder à ce moment-là, l’OTAN a délibérément pris pour cible des «personnes spécifiques»


5 – « Cette frappe portera un coup important à la capacité des forces du régime de Kadhafi à poursuivre leurs assauts barbares contre le peuple libyen » a déclaré le général Charles Bouchard, commandant de l’opération Unified Protector.

NON-SENS: La cible n’étant pas militaire, sa destruction n’amoindrit pas les forces de Kadhafi. D’ailleurs, depuis l’attaque, des centaines de Libyens se réunissent chaque jour sur place pour exprimer leur soutien à la famille Hamidi. Serait-ce le cas si la cible était réellement un centre militaire impliqué dans une répression «barbare»?


6 – L’OTAN poursuivra sa mission de protection de la population libyenne, en totale conformité avec la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU.

FAUX: La résolution 1973 de l’ONU autorisait une intervention pour «protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque». Le bombardement de la résidence de Hamidi à Sorman ne répond pas à un tel objectif.

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La preuve par l’image ?

L’OTAN prétend avoir bombardé un centre de commandement militaire. Comme unique preuve de la légitimé de la cible, elle a fourni cette photo du site, disant que les points blancs étaient des antennes paraboliques.

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Voici une autre photo du village de Sorman, prise avec Google Earth. Il ne s’agit pas d’une luxueuse résidence comme celle de Hamidi mais de simples maisons. Néanmoins, leurs toits sont également couverts d’antennes paraboliques. S’agit-il pour autant de centres de commandement militaire?

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Avant de passer à l’acte, l’OTAN dit avoir procédé à «une analyse rigoureuse, basée sur une mission permanente de renseignement, de surveillance et de reconnaissance et conduite sur une longue période». Elle savait donc ce qu’elle faisait en bombardant la résidence de Hamidi alors que toute la famille y était réunie. Ainsi, c’est de façon délibérée que l’Alliance s’en est pris à des civils.

D’après les Libyens que nous avons rencontrés, il s’agit malheureusement d’une pratique habituelle de l’organisation. Voyant qu’elle s’embourbe dans un nouveau conflit, elle cherche sans doute à faire payer à la population libyenne le prix de sa résistance, pour la diviser ou la retourner contre Kadhafi. Quoi qu’il en soit, on ne voit pas en quoi, comme elle le prétend, son «approche est diamétralement opposée à celle du régime de Kadhafi».

Voir le communiqué sur le site de l’OTAN

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Source : michelcollon.info

DOV KHENIN: « UN MOUVEMENT TRÉS LARGE CONTRE LE PROJET NÉO-LIBÉRAL DE NETANYAHOU »

Dov Khenin est député communiste au Parlement israélien, la Knesset.

Pour l’Humanité, il tire les enseignements de cette imposante mobilisation populaire «extrêmement importante à ses yeux si l’on veut changer la réalité israélienne et moyen-orientale».

Tel-Aviv (Israël), envoyé spécial.

Avez-vous été surpris par ce mouvement de protestation ?

Dov Khenin. Pas du tout ! Nous avions l’expérience de «La ville pour tous», liste créée pour les élections municipales à Tel-Aviv. Contre toute attente, et sans argent, contre le front politique qui allait de l’aile droite (parti religieux, Kadima, Likoud) aux travaillistes et même au Meretz, nous avons réussi à établir un mouvement local, rouge-vert, «La ville pour tous», et obtenu environ 35 % des votes, dont une très large majorité provenait de la jeunesse.

D’une certaine manière, «La ville pour tous» était un prélude au développement de ce vaste mouvement existant dans la société israélienne.

Il est très important de noter que si Tel-Aviv est en quelque sorte à l’avant-garde, elle n’est pas seule. La lutte se déroule partout dans le pays.

Il y a plus de 50 camps de tentes. Et il y a un énorme soutien public au mouvement.

Il faut souligner qu’auparavant il y a eu un débat parmi les gens de gauche. Le débat se focalisait sur la question de savoir s’il y avait une possibilité pour une vraie gauche populaire dans la société israélienne. Y a-t-il une possibilité pour la vraie gauche israélienne de gagner un soutien de masse?

Je pense que ce débat est terminé. Parce que tous ceux qui suivent la société israélienne et les développements en Israël peuvent voir clairement qu’il y a un vrai et fort mouvement avec une inclinaison socialiste.

La lutte interne existante en Israël est devenue de plus en plus évidente. C’est important de le réaliser, surtout pour ceux qui voient toujours la société israélienne comme très liée au régime et au gouvernement israéliens et, de fait, en voulant s’opposer au gouvernement israélien s’opposent à la société israélienne elle-même.

Si vous regardez la protestation populaire existant en Israël, vous voyez qu’il existe une lutte intérieure en cours et que cette lutte est extrêmement importante si l’on veut changer la réalité israélienne et moyen-orientale.

Quelles sont les principales caractéristiques de ce mouvement ?

Dov Khenin. C’est un mouvement très large, populaire, qui se concentre sur l’opposition au projet néolibéral existant de « Bibi » Netanyahou. Mais c’est un mouvement qui comporte des valeurs et des inclinaisons socialistes même si les demandes exactes de ce mouvement ne sont pas définies profondément jusqu’à présent. Mais elles le seront.

Objectivement parlant, c’est un mouvement contre la droite au pouvoir, mais aussi contre la frange la plus importante de l’opposition qui est aussi néolibérale que le gouvernement Likoud.

Parti du problème de logement, le mouvement touche tous les aspects de la société.

Cela concerne-t-il aussi le processus de paix ?

Dov Khenin. Le gouvernement utilise beaucoup d’effets de manche et attaque le mouvement.

Depuis le début, il dit que le mouvement est dirigé par des communistes, des staliniens, l’extrême gauche, qu’il s’agit d’une vicieuse conspiration pour renverser le gouvernement élu.

Mais ça ne marche pas. Le danger existe que l’establishment utilise les vieilles ficelles, qu’il crée une sorte de crise sécuritaire.

Ce peut être une énorme crise, avec une guerre régionale incluant l’Iran, mais ce peut être local, en attisant la situation dans la bande de Gaza.

Ils travaillent beaucoup sur ce dernier point.

Le lien interne entre les problèmes sociaux et les problèmes de paix et de sécurité est là.

Les gens posent la question de l’utilisation de l’argent. Et on sait que cet argent est utilisé pour les colonies dans les territoires occupés. Mais jusqu’à présent, cette question n’est pas majeure.

Entretien réalisé par P. B.

L’Humanité du 8 août 2011.


entretien repris le 11 août 2011 sur le site de l’ « Association France Palestine Solidarité »