VOUS ÉTIEZ TROP ARMÉES!

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“VOUS ÉTIEZ TROP ARMÉES!” texte et poème de Fateh Agrane.


“C’EST FOU COMME JE LES AIME!”message de HOURIA – LIBERTÉ.


“JE TE SENS PROCHE MA SŒUR”message de Safiya à Houria



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À la mémoire de Mesdemoiselles et Dames: DICH AMINA, TOUNSI AZIZA, BOUDAOUD KHIRA, BOUTERAA RACHIDA, MEHDANE ZOHRA, BOUHEND FATIMA, FLIOU MHAMDIA, LOUHAB NAIMA, LENFAD HAFIDA, CHERID KHIRA et HANAFI SAHNOUNIA , ces onze femmes sauvagement assassinées sur la route de SFISEF – SIDI BELABBES par la main criminelle et terroriste qui a endeuillé notre peuple plus d’une décennie durant et qui continue de le faire!

Ces, ennemis déclarés de notre peuple, de ses intellectuels, ses artistes, ses producteurs, ses femmes, ses bergers et paysans!

Oui ils se sont attaqués par traîtrise à l’Algérie créatrice et de progrès! celle qui hier a vaincu et qui vaincra toujours!

Notre peuple résistant a payé le prix lourd à l’exemple de ses onze enseignantes qui en pleine décennie de terreur ont assuré leur devoir de semer le savoir, sans protection, chaque matin traversant des campagnes et zones reculées, entassées dans des mini bus jusqu’à leurs mort! Le 27septembre 1997, en rase campagne sur une route entre Sfisef et Sidi Bel Abbes dans l’ouest ALGÉRIEN.

Elles ont été attaquées et affreusement égorgées par une horde de plusieurs dizaine de semeurs de mort armés jusqu’aux dents!

Car le danger était grand! c’était des enseignantes femmes!

Pour ces travailleuses et pour toutes les victimes de la barbarie terroriste, Je dédie ces mots ….. …!


Vous étiez trop armées !

Face aux mutants,

Ô ! Mes damnées!

Avec cartables, et crayons

Vous étiez trop armées!

Sur vos chemins d’éveil,

La mort traîtresse !

Ôta vos stylos, vos feuilles

Et votre ardente jeunesse !

Et de vos rêves blindées

En bus pleins à ras bords !

Dès l’aube décidées

Enlaçant l’aurore

Vous étiez trop armées !

Avec de la blanche craie,

D’ardoises d’amour

Et de poèmes secrets !

Arsenal vous étiez

De beauté sublime

De lumière métier

survolant l’abîme

Ô poème ailé !

Ils égorgent les rimes

Pour ne plus voler

Et nicher en vos cimes

Et quant la traîtresse lame,

Brisa les quatrains !

Onze vers en flammes

Ont appelé demain !

Onze cris des entrailles !

Même le ciel s’est caché

De peur qu’il se maille

De têtes arrachées !

C’était le dernier acte

Mes dames du savoir

De l’immonde secte

Faiseuse de mouroir!

Abbasiates *notre douleur

Faites nous nous cet honneur

Donnez nous la chance

De sentir votre hauteur !

Vous étiez trop armées !

Donnez vos affaires,

Au poème déclamé

Demain restera à faire !

FATEH AGRANE

21 09 2011

** femmes natives de la ville de l’ouest Algérien Sidi Bel Abbés

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C’est fou comme je les aime!

message de HOURIA – LIBERTÉ

Merci Fateh mon ami pour ton combat contre l’oubli.

Cela m’a replongé dans une période que je qualifie de douloureuse et déchirante et que je ne suis pas prête d’oublier.

La blouse que je portais et les mots que j’écrivais au tableau pouvaient me coûter la vie car les lettres de menace étaient affichées partout dans le village qui a vu des centaines d’enseignants mourir sous les armes assassines et d’autres, torturés sauvagement parce qu’ils ont décidé de prendre le chemin de l’école en tournant le dos à toutes les menaces placardées sur les murs des écoles et des lycées; interdisant l’accès des enseignants et des élèves pour mieux emprisonner le savoir, pour mieux enraciner l’obscurantisme.

Je me rappelle aussi des élèves à qui j’interdisais l’accès en classe pour prendre le temps de fouiller tous les casiers afin de m’assurer qu’il n’y avait pas de bombes dissimulées sous les chaises et derrière les fenêtres de la classe.

Je le faisais car c’était mon devoir, nous le faisions chaque jour car nous devions protéger la VIE qui pouvait être ôtée à n’importe quel moment; n’importe où.

Partout où il y avait la vie, la mort était là avec son odeur qui te montait à la gorge pour t’enlever tous les sens des mots que tu as mis toute une vie à apprendre, pour apprendre aux enfants que le bonheur existe ailleurs que dans le rêve!

Une fois en classe, il me fallait trouver les mots pour expliquer aux élèves les textes qui parles d’histoire, de vie, d’amour…………. c’est très difficile de parler de ces choses-là lorsque la haine est partout et les nouvelles qui t’arrivent sont presque toutes identiques: viens tout de suite…… nous devons passer chez…………. Son ……..est mort ce matin……….

Mon quotidien était conjugué avec le sang et les sanglots que j’étouffais pour préparer les élèves aux examens.

Nous étions des milliers à porter des blouses blanches qui n’étaient pas que des blouses mais des tenues de combats car beaucoup de ces blouses blanches perdaient leur couleur de colombe pour n’être que sang et désarrois.

Vous étiez trop armées !

Onze cris des entrailles !

Même le ciel s’est caché

De peur qu’il se maille

De têtes arrachées !

J’aime beaucoup cette partie de ton poème.

Avant j’écrivais beaucoup de poèmes que j’ai perdu sur le chemin de la vie.

Je sais que c’est une lettre inachevée car j’ai une foule de choses à raconter et je te promets que je parlerai de DICH AMINA, TOUNSI AZIZA, BOUDAOUD KHIRA, BOUTERAA RACHIDA, MEHDANE ZOHRA, BOUHEND FATIMA, FLIOU MHAMDIA, LOUHAB NAIMA, LENFAD HAFIDA, CHERID KHIRA et HANAFI SAHNOUNIA, ces onze femmes sauvagement assassinées sur la route de SFISEF – SIDI BELABBES par la main criminelle et terroriste qui a endeuillé notre pays.

C’était le dernier acte

Mes dames du savoir

De l’immonde secte

Faiseuse de mouroir!

Il y a mille choses qu’il faut raconter.

Je trouverai le temps de te dire le courage des hommes et des femmes de mon pays, qui chaque matin, ouvraient les portes des écoles pour ne pas laisser entrer le souffle assassin qui voulait ôter la lumière du savoir d’entre les mains des enfants.

À bientôt mon ami, mon camarade; sur le chemin parsemé de colombes blanches, rouge est leur plumage, nous nous reverrons pour parler de AMINA, AZIZA…… et de ces portes qui restent ouvertes avec ces milliers d’enfants qui prennent chaque matin le chemin de l’école et mon cœur qui tremble de peur et de bonheur à chaque pas……………………

lettre Inachevée…………la cloche sonne, je dois mettre ma blouse blanche

Un petit bout de soleil m’attend pour écrire la date au tableau.

C’est fou comme je les aime.

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“JE TE SENS PROCHE MA SŒUR”

message de Safiya à Houria

pour témoigner de ma solidarité envers mes soeurs, pour dire aussi que nous restons DEBOUT ! Coûte que coûte et vaille et que vaille.

@Houria

Ton message m’émeut fort, j’en pleure et t’offre ces mots :

Est-ce notre peau couleur de l’ambre

Et tout l’amour qui y affleure

Est-ce les offenses subies par nos rivages

Enfouies que nul ne dénombre

Dont nous préserves du leurre

Aujourd’hui, même ténu, leur sillage

Je te sens proche Femme ma soeur

Est-ce notre enfance tuméfiée par moult ravages

Ou le souvenir de notre mère lacérant son visage

Est-ce les roseaux de nos poupées

Et leurs atours, chiffons par nous façonnés

Ou bien le sable fluide de nos dînettes

Faites parfois de vrais mets cuits en cachette

Je te sens si proche Femme ma soeur

Est-ce encore nos prises de bec aux fontaines

Ou ces nuits de portes fracassées et de cris de haine

L’image du père malmené que l’on emmène

Celle de la mère éplorée néanmoins amène

Est-ce ces lendemains de torride attente

Ou cette peur diffuse tant récalcitrante

Je te sens plus proche Femme ma soeur

Est-ce cette capacité de nous donner

Toute jusqu’à la servitude

Mues par ces choses désormais galvaudées

Amour, dévouement, sollicitude

Est-ce la brave endurance qui nous caractérise

Ou ce sein maternel qui nourrit et sécurise

Je te sens tant et plus proche Femme ma soeur

Même si du tréfonds peut jaillir

Encore cette démesure du subjectif

Qui nous fragiles, presque faillir

Vouloir troquer le réel contre le fictif

Mais notre instinct de féline

Nous fait vite redresser l’échine

Nous rendant à jamais libres

Quoi que fassent les tristes sires et leurs sbires

Je te sens d’autant plus proche Algérienne ma soeur

Je vous donne ces mots de déchirures terribles

À vous Femmes anonymes

Si fortes et à la fois si fragiles

Impies, ô soeurs, sont ceux qui vous font crime

Dernières strophes d’un poème écrit en 1994, un peu avant la mort de Kader Alloula, en hommage à la femme algérienne.

Je vous aime tant !

Safiya

le poème de Safiya a été mis en ligne par socialgerie le 19 février 2012, brève 449.

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ALGER – 23 au 25 SEPTEMBRE – COLLOQUE «PRINTEMPS ARABE, ENTRE RÉVOLUTION ET CONTRE-RÉVOLUTION».

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El Watan et l’Institut Maghreb-Europe de l’université Paris VIII organisent, à la salle Cosmos de Riadh El Feth à Alger, à partir d’aujourd’hui jusqu’à dimanche, le colloque «Printemps arabe, entre révolution et contre-révolution». Le chercheur Mohammed Hachemaoui, Docteur en sciences-politiques, professeur invité à l’université Paris VIII, un des initiateurs de cet événement scientifique, décortique pour El Watan Week-end les objectifs scientifiques de ce colloque.

Mohammed Hachemaoui: «Un séisme dans l’analyse politique et culturelle dominante des sociétés de la région»

Comment renouveler les paradigmes pour une meilleure compréhension de ce qui s’est passé et se passe dans la région?

Les soulèvements populaires arabes n’ont pas seulement causé la chute des autocrates comme Ben Ali et Moubarak; ces soulèvements ont aussi provoqué un séisme dans l’analyse politique et culturelle dominante des sociétés de la région. En effet, le «printemps des peuples» bat en brèche les paradigmes consacrés dans l’étude des sociétés de la région, tels «l’exceptionnalisme arabe», le «clash des civilisations» et celui du «cercle vertueux de l’économie de marché et de la démocratie».

Les «révolutions» actuelles prennent à contrepied ces paradigmes dominants et dévoilent leurs points aveugles respectifs.

L’action protestataire, politique, pacifique et civique, des sociétés du Maghreb et du Machrek révèle les apories de ces lectures, celles-ci décrivant qui une «rue arabe» – pour reprendre ce vocable dégradant–, dévorée par la «rage de l’islam», qui des «sociétés bloquées» sous un «autoritarisme dit arabe», qui des «communautés» ayant pour horizon indépassable l’éternelle dialectique du «djihad» et de la «fitna»

Les peuples révoltés, en revendiquant pacifiquement la liberté, la démocratie, la justice sociale, la lutte contre la corruption, montrent de façon éclatante qu’ils ne sont ni culturellement réfractaires à la démocratie, ni politiquement immatures, ni socialement amorphes.

Les mobilisations protestataires font apparaître l’impasse analytique du paradigme qui prétend que la rente «achète» la paix intérieure et la dissidence. Le Bahreïn, l’Egypte, le Yémen et la Syrie sont de ce point de vue des contre-exemples insolents.

Par ailleurs, les recettes néolibérales appliquées du Maroc à l’Egypte en passant par la Tunisie n’ont non seulement pas apporté la démocratie promise mais creusé les inégalités sociales et aggravé la corruption politique.

Last but not least, ces révoltes populaires ont permis de tirer un enseignement capital: la technologie de la répression ne suffit pas à assurer la durabilité de l’autoritarisme.

Est-ce que les études multidisciplinaires avaient prévu ces explosions politiques?

Plusieurs travaux ont souligné – à contrepied des «expertises» sur le «djihadisme», «l’apocalypse» – la crise de la représentation politique, l’étendue de la corruption politique, l’étroitesse des bases sociales des régimes, l’avènement du post-islamisme, la montée de nouveaux registres de la contestation, la mise en œuvre de nouveaux idiomes de mobilisation.

Marginalisées jusque-là, les études axées sur la sociologie des mobilisations, les bases sociales de la politique, les arrangements institutionnels entre dispositifs autoritaires et corruption politique, le post-islamisme, méritent d’être approfondies à la lumière des révoltes populaires arabes.

À quel bouleversement historique peut-on comparer ces révolutions?

Les avis sont partagés sur la question. Certains, partant du constat que ces révoltes sont sans leadership et sans idéologie, parlent de «révolutions post-modernes», quand d’autres, focalisés sur les rôles des médias et des réseaux sociaux, défendent l’hypothèse d’une «révolution 2.0».

D’autres, attentifs à la dimension populaire et sous-prolétaire de ces mouvements, comparent ces soulèvements avec les révolutions européennes du XIXe siècle.

D’autres, partant du constat que les révoltes actuelles ne sont pas phrasées dans un discours religieux, parlent comme Asef Bayet et Olivier Roy de «révolutions post-islamistes». Les disciples de Talal Asad, partant de ce même constat, se voient confortés dans leur entreprise de déconstruction du couple binaire «islamisme vs sécularisme».

Il faut porter l’attention sur l’évènement, c’est-à-dire sur le brusque surgissement de possibilités nouvelles, l’invention d’un ordre nouveau.

Une chose est sûre: on ne peut plus ni enseigner ni analyser le «monde arabe» comme avant.


Mohammed Hachemaoui publiera bientôt son ouvrage “ La corruption politique en Algérie : structures, acteurs et dynamiques d’un système de gouvernement.

Programme complet du colloque en page 12 et sur www.elwatan.com

Adlène Meddi

23 septembre 2011


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LE PRINTEMPS ARABE ENTRE RÉVOLUTION ET CONTRE-RÉVOLUTION?

PROGRAMME

COLLOQUE INTERNATIONAL

EL WATAN – INSTITUT MAGHREB EUROPE DE L’UNIVERSITÉ PARIS 8

Alger, 23-25 septembre 2011

En réunissant trois jours durant une brochette de chercheurs, le colloque qu’organise El Watan et l’Université Paris 8 à Alger, ambitionne d’apporter, loin des clichés médiatiques et des conjectures théoriques, des analyses informées par la pratique et la connaissance du terrain, seules en mesure d’offrir des clés d’intelligibilité des mutations en cours dans le monde arabe depuis l’immolation par le feu du jeune Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010.

Vendredi 23 septembre

Salle Cosmos, Riadh El Fath

9h00 – 9h30 :
Discours de bienvenue. Omar Belhouchet, directeur de publication d’El Watan ; Aissa Kadri, Professeur des universités, Université Paris 8.

Problématique du colloque : Mohammed Hachemaoui, politologue, Professeur invité, Université Paris 8.

9h30 – 9h45 : Pause café

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9h45 – 12h15 : Panel 1: De quoi le moment historique est-il le nom?

Président de séance : Mohammed Harbi, historien, Professeur émérite à l’Université Paris 8

Intervenants :

Farid Alibi (philosophe, Professeur à l’Université de Kairouan);

Sophie Bessis (historienne, directrice de recherches, IRIS);

Omar Carlier (Professeur, Université Paris Diderot);

René Gallissot (historien, Professeur émérite à l’Université Paris 8);

Djamel Guerid (Professeur, Université d’Oran).

11h30 – 12h30 : Débat.

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14h30 – 18h30 : Panel 2 : Révolte, révolution, réfo-lution?

Président de séance : Aïssa Kadri, sociologue, Professeur des universités à l’Université Paris 8

Intervenants :

Sarah Ben Néfissa (sociologue, IRD) ;

Sandrine Gamblin (sociologue, Egypte) ;

Najet Mizouni (juriste, Université Paris 8) ;

Jalal Tlili (sociologue, Professeur à l’Université de Tunis);

Mosbah Saleh (philosophe, Professeur à l’Université de Tunis).

16h30 – 16h45 : Pause café

16h45 – 17h30 : Débat


Samedi 24 septembre 2011

9h00-12h30 : Panel 3 : le « printemps arabe » : entre révolution et contre-révolution?

Présidente de séance : Sophie Bessis, historienne, directrice de recherches, IRIS.

Intervenants :

Salah Abd Al Jawad (politologue, Doyen de la Faculté de droit et des affaires publiques, Université Birzeit);

Salam Kawakibi (politologue, ARI);

Amy Austin-Holmes (Professeur assistant, American University in Cairo);

Pascal Ménoret (Professeur assistant, New York University Abu Dhabi).

10h45 – 11h00 : Pause café

11h00 – 12h30 : Débat

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14h30- 18h00 : Panel 4 : Vers des transitions démocratiques ou des autocraties sans autocrates ?

Séance présidée par Fouad Abdelmoumni, consultant international en micro-finance et acteur de la société civile marocaine

Intervenants :

Tewfik Aclimandos (chercheur invité, Collège de France);

Khadija Mohsen (Université Paris 8) ;

Aboubakr Jamaï (journaliste, Maroc) ;

Youssef Belal (chercheur, Middle East Institute, Columbia University);

Hugh Roberts (Professeur, Tufts University).

16h00 – 16h15 : Pause café

16h15 – 18h00 : Débat


Dimanche 25 septembre 2011

9h00 – 12h30 : Panel 5 : La rente pourra-t-elle acheter la dissidence?

Séance présidée par : Sarah Ben Néfissa (sociologue, IRD)

Intervenants :

Fouad Abdelmoumni (consultant international en micro-finance);

Myriam Catusse (chercheure, CNRS) ;

Fatiha Talahite (économiste, CNRS).

10h30 – 10h45 : Pause café

10h45 – 12h00 : Débat

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14h00 – 18h00 : Panel 6 : Les révoltes arabes : une menace ou une aubaine pour l’Empire?

Séance présidée par Salah Abd Al Jawad (politologue, Doyen de la Faculté de droit et des affaires publiques, Université Birzeit)

Intervenants :

Gilbert Achcar (Professeur de relations internationales, SOAS, University of London);

Jean-Paul Chagnolaud (Professeur des universités, Université de Cergy-Pontoise);

Daniel Lindenberg (Professeur émérite à l’Université Paris 8).

16h00 – 16h15 : Pause café

16h15 – 17h15 : Débat

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17h15 – 17h45 : Conférence de clôture prononcée par Mohammed Hachemaoui

17h45 – 18h00 : Mot de la fin par Omar Belhouchet, directeur de la publication d’El Watan.

21h00 – 23h00 : Concert de musique andalouse (à la salle Cosmos de Riadh el Fath)


MOKRANE AÏT LARBI: « LES RESPONSABLES AU SOMMET SE PLACENT AU-DESSUS DES LOIS »

L’évocation du nom de Mokrane Aït Larbi nous renvoie aux frondeurs de la revendication culturelle berbère. Il a fait partie de ceux qui ont connu la prison dans toute sa rigueur. Ainsi, en février 1985, il est parmi les sept activistes appréhendés par la sécurité militaire parce qu’ils ont voulu prendre la parole lors du séminaire à Tizi Ouzou sur l’écriture de l’histoire de la Wilaya III.

En août 1985 également, il est jeté en prison en tant que membre de la première Ligue des droits de l’homme de Ali Yahia Abdenour. Il est déporté dans le Sud en décembre 1986 pour s’être constitué avocat des émeutiers de Constantine et enfin lorsque la Ligue algérienne des droits de l’homme a été affiliée à la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme).

Il nous faut de rappeler que c’est à 15 ans que Mokrane fait son baptême du feu de son engagement politique avec la grève de la faim et la « grève du cartable ». Justice, démocratie seront toujours les maîtres mots de son combat pour les droits de l’homme, la liberté.

Fondateur du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) avec Saïd Sadi, il en sera le numéro 2 mais il finira vite par démissionner considérant que la démocratie doit commencer d’abord à l’intérieur des partis.

Il démissionnera aussi avec fracas du Sénat où il a été désigné sénateur dans le cadre du tiers présidentiel à l’époque du président Zeroual. La raiso? Il met en cause l’inefficacité de cette institution qui, dit-il, « ne sert qu’à dépenser l’argent du contribuable ».

C’est dire que celui qui a été des « deux côtés de la barrière » est resté iconoclaste, un trublion sur lequel se brisent les tentatives de récupération.

Loin des partis politiques et des cercles du pouvoir, l’avocat Mokrane Aït Larbi ne mâche pas ses mots quand il parle de la justice où, dit-il, « les grands dossiers sont gérés par le pouvoir politique et les services de sécurité ». Il en est ainsi de l’affaire Khalifa Airways, les milliards détournés par des personnalités encore en activité, voire même promues!

Il en appelle à un « débat général, préalable à toute réforme vers la démocratie » car, dit-il, « il est temps de laisser le peuple décider de son avenir en toute liberté ».

Il n’exclut pas l’éventualité d’un retour à l’action politique dans le cadre de la création d’un nouveau parti politique.

Aguerri par un parcours de militantisme actif, l’avocat de la démocratie garde la tête froide. Mais il en appelle à la réanimation de la mouvance démocratique « eu égard à l’échec de ses dirigeants ». Optimiste, il assure: « Le peuple algérien est capable de construire un avenir meilleur » parce que, justement, il a su triompher de toutes les tyrannies… C’est toutes ces idées forces que nous développons dans cet entretien que Maître Mokrane Aït Larbi a bien voulu nous accorder à l’occasion de cette rentrée sociale.

Le Soir d’Algérie : La rentrée s’annonce chaude au double plan politique et social. Quelle lecture faites-vous des grèves cycliques et des émeutes récurrentes?

Mokrane Aït Larbi : C’est une rentrée comme ses précédentes qui se caractérise par l’absence de débat public, les atteintes aux libertés fondamentales et aux droits de l’Homme et par le silence des partis politiques. Au moment où les « problèmes » des spéculateurs, des rentiers, des responsables au niveau du pouvoir et des partis politiques se résument à trouver les moyens de dépenser l’argent de la rente pour des futilités telles que l’achat de 4X4 dernier cri pour leurs enfants, la majorité des Algériens est confrontée, au quotidien, aux problèmes du chômage, de logement, de santé, de scolarité des enfants, de transport et de sécurité. Le niveau de vie des Algériens est en baisse. Ceux qui travaillent bouclent les fins de mois avec 100 DA. A vous d’imaginer la vie d’un chômeur. Ce qui explique, en partie ce mécontentement général qui se manifeste par des grèves, des émeutes, l’occupation des administrations, le blocage des routes, les immolations, etc. Cette situation conduira inévitablement à des émeutes généralisées aux conséquences graves. Aux dirigeants donc de choisir de partir par la porte ou se retrouver dans une cage et sur une civière. Car, contrairement à ce que pensent nos « intelligents », ceci n’arrive pas qu’à Moubarak.

Des animateurs de la mouvance démocratique ont appelé à la reprise des marches pour un changement pacifique pour ce samedi 17 septembre. Sachant le faible impact des précédentes marches, croyez-vous en leur relance ou a contrario à leur inutilité?

« La mouvance démocratique » nécessite plus de la réanimation que d’animation. Je pense qu’il est temps de constater l’échec des dirigeants de cette « mouvance démocratique » depuis 1989, pour ne pas recommencer. Au lieu de se contenter de lancer des appels à des « marches pacifiques » et de les abandonner quelques semaines plus tard pour « déposer des plaintes » aux Nations-Unies, un travail de fond reste à faire, en commençant d’abord par démocratiser les partis politiques et les associations, en ouvrant un débat général sur les grandes questions qui interpellent tout militant démocrate, pour préparer un projet de réformes à opposer à celui du pouvoir.

Des personnalités à l’exemple du philosophe français Bernard-Henry Lévy soutiennent une « journée de la colère » en Algérie, prémices à un scénario à la tunisienne ou à l’égyptienne. Quels en sont les risques d’après vous?

Je pense que les Algériens sont suffisamment grands pour se prendre en charge et envisager eux-mêmes la voie à suivre pour un changement démocratique.

Kadhafi a été chassé du pouvoir et, partant, de Libye comme un vulgaire délinquant par l’Otan. Selon vous, assistons-nous à un renouveau du colonialisme sous d’autres formes?

Saddam et Kadhafi ont été chassés du pouvoir par des puissances. Ces mêmes puissances qui les avaient soutenus en leur fournissant le matériel nécessaire pour la répression. Et on se souvient tous de la fameuse déclaration de Madame Alliot-Marie (ancienne ministre française de la Défense, NDLR) qui a proposé au dictateur Ben Ali des méthodes « intelligentes » pour réprimer la révolution tunisienne. La France, l’Angleterre et les Etats-Unis ont toujours soutenu — et continuent à soutenir — les dictatures arabes et africaines, en échange du pétrole et d’autres matières premières. Aujourd’hui, ces mêmes puissances préfèrent des régimes « de bonne gouvernance » pour atteindre les mêmes objectifs. Elles servent, bien entendu, les intérêts de leurs peuples. C’est de bonne guerre mais, de grâce, qu’elles nous épargnent le discours sur la protection des civils et le changement démocratique car des dizaines de civils sont tués tous les jours en Palestine, en Syrie, au Yémen, au Bahreïn. Et il y a encore des dictateurs arabes et africains amis d’Obama, de David Cameron et de Sarkozy. 4

Au plan interne, les tensions sur le front social rendent la paix sociale précaire. La carotte et le bâton semblent être le moyen de gestion des revendications de la population. Cette confrontation population- pouvoir politique risquet-elle de dégénérer en l’absence d’un vrai débat sur l’avenir du pays?

Un débat général sur les grandes questions est un préalable à toute réforme vers la démocratie, car l’objectif des réformettes engagées depuis l’indépendance n’a jamais dépassé la protection des intérêts des différents groupes du pouvoir et le maintien du système mis en place au nom du peuple sans lui donner la parole. Nous constatons que depuis l’indépendance, le pouvoir n’a pas cessé de parler au peuple. Et aujourd’hui, il est temps d’écouter ce peuple et de le laisser décider de son avenir en toute liberté et en connaissance de cause.

À Hydra, les riverains du parc Bois des Pins ont été violemment réprimés pour une histoire de parking, et à Bordj Menaïel parce que les citoyens se sont opposés à la création d’une décharge publique. Vous attendez-vous à la répétition de scénarios similaires qui prennent des allures de déni de droit et de justice?
A Hydra ou à Freha, le citoyen n’a que les services répressifs comme interlocuteur. En l’absence des institutions et de l’Etat, des citoyens essayent de s’organiser pour préserver des droits élémentaires. Le pouvoir a toujours répondu à ces revendications par l’envoi de milliers de policiers antiémeutes sous prétexte de maintenir l’ordre public. Or, cet ordre public est troublé au quotidien par des comportements irresponsables de maires, de walis, de ministres, d’officiers de police, etc. Face à l’arbitraire, aux atteintes aux droits et libertés et à l’injustice, les Algériens ont le droit de s’organiser comme ils peuvent. Pour aller vers l’essentiel, l’Etat et ses institutions doivent assumer leurs responsabilités au quotidien dans le cadre du droit et du respect des libertés fondamentales.

Concernant justement la justice à laquelle vous avez consacré un livre, est-elle toujours aussi éloignée du palais?

Les petites infractions de droit commun et le litige entre particuliers sont laissés généralement au magistrat. Mais les grands dossiers sont toujours gérés par le pouvoir politique et les services de sécurité. Sinon comment expliquer des plaintes sans suite déposées par des citoyens contre des responsables et des parlementaires? Comment expliquer le fait que de hauts responsables politiques, cités dans des affaires de corruption et dénoncés par la presse, ne soient pas poursuivis? Le comble est que certains d’entre eux ont obtenu des promotions! Pourquoi la Cour suprême n’a-t-elle pas encore statué sur les pourvois en cassation dans l’affaire Khalifa? Pourtant les intéressés étaient sommés de déposer les mémoires pendant les vacances judiciaires en août 2007 et ces mémoires ont été déposés par leurs avocats dans les délais. Et à l’occasion, où en est-on avec le dossier pénal de Khalifa Airways?

Vous avez dénoncé le non-respect des droits de la défense, l’instrumentalisation de la justice du fait d’ordres venus d’en haut dans des affaires délicates dont certaines attendent d’être jugées (Sonatrach, malversations dans l’autoroute Est-Ouest, affaire des détournements d’argent en milliards). Faut-il désespérer de leur aboutissement un jour?

Etant constitué dans ces affaires et étant donné que la justice n’a pas encore statué sur le fond, ma réponse ne sera donnée qu’à l’audience publique du tribunal.

Etat de droit, indépendance de la justice, l’état des lieux a-t-il enregistré quelques avancées ces dernières décennies?

La notion de l’Etat de droit en Algérie n’est qu’un discours. Les responsables au sommet de l’Etat pensent qu’ils sont investis d’une mission suprême que les autres Algériens sont incapables d’assumer et pour cela, ils se placent au-dessus des lois.

Quant à l’indépendance de la justice, elle n’existe à mon avis que dans le discours de l’ouverture de l’année judiciaire. Il y a, certes, des améliorations dans les textes mais à quoi sert de mentionner dans un texte de loi l’inamovibilité des magistrats du siège quand cette loi permet la mutation d’un juge quelles que soient son ancienneté et sa fonction, pour « une bonne administration de la justice »? On est très loin de l’Etat de droit et de l’indépendance de la justice, et je pèse mes mots.

Cela nous renvoie à la commission chargée des réformes politiques de Abdelkader Bensalah, qui a reçu beaucoup de monde de la société politique et civile. Quelle crédibilité accordez-vous à ces consultations et à quels résultats vous attendez-vous?

Il ne s’agit pas de Bensalah ou de sa commission. C’est la méthode que je remets en cause. Car toute réforme sérieuse doit passer par un débat public pour réformer selon la volonté du peuple. Non seulement certaines personnes reçues par la commission ne représentent rien dans la société mais elles ne savent même pas de quoi elles parlent.

Ces réformes politiques voulues par le président Bouteflika interviennent visiblement sous la pression des « révolutions arabes » et des revendications de changement démocratique. Seraient-elles finalement que des effets d’annonce?

Par ces réformes, le pouvoir cherche à gagner du temps en exploitant le sentiment d’insécurité, le drame de ces vingt dernières années et le sens des responsabilités du peuple, qui ne veut plus revivre cela.

Le système mis en place depuis l’indépendance a pu se maintenir malgré les événements d’Octobre 1988, en manipulant des dirigeants islamistes et démocrates. Mais ces méthodes ne peuvent pas être éternelles.

Des partis et des personnalités ont rejeté l’invitation de la commission parce qu’ils ne croient pas à la capacité du système de se réformer par lui-même au risque de se « suicider ».

Chacun est libre de ses actes et chaque parti politique a ses raisons de répondre ou ne pas répondre à l’invitation de la commission.

Loi fondamentale, Assemblée nationale sont les thèmes forts des débats en cours. Pour quel type de régime penchez-vous, connaissant votre hostilité au Sénat qui, je vous cite, « ne sert qu’à dépenser l’argent du contribuable » et duquel d’ailleurs vous avez démissionné dans le cadre du tiers présidentiel du temps de Liamine Zeroual?

À part quelques articles dans la presse, je ne vois aucun débat dans la société sur ces questions. Car un vrai débat nécessite l’ouverture des médias lourds, de la presse écrite et des salles dans tout le pays pour débattre en toute liberté dans le respect de l’autre. Et ce n’est pas pour demain. Pour ma part, je suis pour un système démocratique qui donnera la parole au peuple pour choisir ses gouvernants en toute liberté après un débat sur les questions de fond qui restent en suspens depuis juin 1991. A partir de là, opter pour un régime présidentiel, présidentialiste ou parlementaire est un luxe qu’on ne peut pas se permettre dans un pays où un droit banal comme l’obtention d’un passeport ou l’accès à un poste de responsabilité ne peut s’obtenir qu’avec l’accord des services de sécurité.

Maître Mokrane Aït larbi, militant des droits de l’Homme, homme politique qui dit haut ce qu’il pense, vous êtes très médiatisé et présent sur la scène politique. Est-ce un avantage ou un inconvénient dans la défense des justiciables?

Ni l’un ni l’autre. J’exerce ma profession d’avocat en toute indépendance et j’essaie de le faire en professionnel. Pour rappel, même quand j’étais avocat stagiaire non médiatisé, j’ai défendu des militants politiques de toutes les tendances et des syndicalistes avec dévouement et détermination. Et depuis, je ne demande aux juridictions que le respect de la loi, des droits de la défense et de la dignité des accusés, qui sont présumés innocents.

On dit que le juge craint l’avocat que vous êtes…

Entre les juges et moi, il y a un respect réciproque. Croyez-moi, il y a des magistrats courageux respectés et respectables.

Doit-on s’attendre à un « come-back » du militant ?

Ce n’est pas à exclure.

Quels sont vos projets futurs? Un livre? Un parti politique?

Pourquoi pas les deux ?

Vous posez-vous la question de quoi sera fait demain?

Le peuple algérien, qui a résisté à la tyrannie, à la dictature, au colonialisme, au système de parti unique et au terrorisme est capable de construire un avenir meilleur et de défendre ses droits et ses libertés.

Plutôt satisfait de votre parcours depuis le Printemps berbère?

J’ai fait ma première grève de la faim et ma première grève du cartable à l’âge de 15 ans. Et depuis ma majorité, je n’ai pas cessé de défendre les causes justes en fonction de mes moyens. J’ai milité pour la reconnaissance de la langue et la culture berbères et le respect des droits de l’Hommes et des libertés fondamentales. Et aujourd’hui, j’ai la conscience tranquille.

Quelques mots sur ce qui vous motive dans votre métier d’avocat et ce qui vous attriste?

La joie et la tristesse sont le quotidien de l’avocat pénaliste confronté à des drames humains d’accusés à tort et de victimes réelles.

Je ressens une satisfaction à chaque fois que j’arrive à faire acquitter un innocent et une forte colère lorsqu’un innocent est condamné à une peine de prison et qu’on ne peut rien faire pour lui.

Entretien réalisé par Brahim Taouchichet

Dimanche 18 septembre 2011

Par Le Matin DZ/Lesoird’Algérie.

Source:

“FORUM DES DÉMOCRATES” le 19 septembre 2011

“LE MATIN DZ” du 18 septembre 2011

LE SOIR D ‘ALGÉRIE du 18 septembre 2011:MOKRANE AÏT LARBI AU SOIR D’ALGÉRIE: «Le pouvoir parle au peuple, il ne l’écoute pas», entretien réalisé par Brahim Taouchichet

MAGHREB DES FILMS – COMMÉMORATION ET HOMMAGE AUX VICTIMES DU MASSACRE DU 17 OCTOBRE 1961

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Les faits

Le 17 octobre 1961, à l’appel de la Fédération de France du FLN,… 30 000 algériens manifestent pacifiquement à Paris pour protester contre le couvre-feu discriminatoire qui leur est imposé et réclamer l’indépendance de l’Algérie.

La manifestation est durement réprimée.

11 538 Algériens sont interpellés …

des dizaines d’entre eux seront tués.

Pas d’enquête, pas de procès …

50 ans après

le Maghreb des Films

et

« Au nom de la mémoire »

commémorent ce massacre :

7 longs métrages, fictions et documentaires ; 4 courts métrages et clips sont projetés aux 3 Luxembourg et au Forum les Images les 17 et 18 octobre.

Découvrez la programmation dans la lettre du Maghreb des films :

http://maghrebdesfilms.fr/Commemoration-et-hommage-aux

Rappel des dates du Maghreb des films

du 16 au 25 octobre à Paris

Les 3 Luxembourg, Forum des images, Institut du Monde Arabe

à partir du 16 octobre en banlieue parisienne et en province

voir la page réseau

La grille horaire sera précisée ultérieurement.


Adhérez à l’association Le Maghreb des films. Vous serez ainsi «partenaire» de la manifestation ; vous participerez à la définition de ses orientations et de sa programmation ; et vous serez informés des réalisations du Maghreb des films et contribuerez à animer l’association.

Rendez-vous à la page Association du site :http://maghrebdesfilms.fr/Bulletin-d-adhesion

23 & 24 SEPTEMBRE à SALON DE PROVENCE & à MARSEILLE: ANNÉE FRANTZ FANON – RÉUNIONS PUBLIQUES

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_________________________

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ANNÉE FRANTZ FANON

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PROJECTION – DÉBAT

Samedi 24 septembre 2011 à 17h

à la Maison du Maroc

8, rue Fort Notre Dame Marseille 6ème

En direction du Pharo à partir du vieux – port, c’est la 1ère rue à gauche après la place aux huiles

Après l’incontournable pause estivale, les activités de commémoration du 50ème anniversaire de la mort de Frantz Fanon, initiées par Radio Galère, le comité Mam’Ega et l’association culturelle Al Djazaîr-Salon de Provence ont repris le dimanche 04 septembre dans le cadre du festival Paroles de Galère.

Nous vous proposons une nouvelle initiative

le samedi 24 septembre 2011 à 17h

à la Maison du Maroc,

8, rue Fort Notre Dame Marseille 6ème (tout près du Vieux port)

autour de l’excellent film documentaire de Cheikh DJEMAÏ, réalisateur algérien vivant en France

“ Frantz Fanon : une vie, un combat, une œuvre.”

Ce documentaire est : « l’évocation d’une vie aussi brève que dense. Une rencontre avec une pensée fulgurante, celle de Frantz Fanon, médecin psychiatre, d’origine antillaise, qui va penser l’aliénation du peuple noir. C’est l’évocation d’un homme de réflexion, qui refuse de fermer les yeux, de l’homme d’action qui s’est dévoué corps et âme pour la lutte de libération du peuple algérien et qui deviendra par son engagement politique, son combat, et ses écrits, l’une des figures de la lutte anticolonialiste. »

La projection sera suivie d’un débat animé par Victor Permal, Président du Cercle Frantz Fanon Martinik


Visitez le site : http://cerclefrantzfanonmatinik.org

pour découvrir les activités du cercle Frantz Fanon Martinik

Sur les ondes de Radio Galère

88.4Mhz ou http://www.radiogalere.org

Ecoutez :

l’émission « 2mo’paoles »

tous les vendredi de 20h à 21h30

pour vous informer sur l’actualité de la Martinique et des Carïbes

l’émission « Algérie, lutter pour espérer »

tous les vendredi de 19h à 20h

pour vous informer sur la situation en Algérie

l’émission « les carnets de comaguer »

les mardis de 15hà 16h

rediffusion le jeudi de 11h à 12h

et l’émission « les dossiers de Comaguer »

tous les 2ème mercredi du mois

de 20h à 21h30

pour vous initier à la géopolitique internationale.

DÉFENDRE SA TERRE ET LA NATURE

Abderrahmane Zakad

Dimanche 18 septembre 2011

«Mais qu’ont-ils ces gens là à s’intéresser au sable», m’avait dit un griot au Mali.

Dès qu’on touche aux intérêts de l’impérialisme ou du colonialisme, dès que les états pauvres ou les petits états montrent des velléités à demander des droits de regards concernant leur devenir, dès que se manifeste une volonté pour que cela change, il se met en branle toute une panoplie de rétorsion pour juguler la contestation contre l’abus et l’injustice. C’est ce qui s’était passé au Pérou où les péruviens des forets amazoniens se battent pour que soient sauvegardés leur identité, leurs forêts et leur honneur.

C’est ce qui se passe également en Libye aujourd’hui, où le sable a englouti les forêts d’époques lointaines, ce sable qui semble intéresser les conquérants onusiens et otanesques, plus pour s’y enfoncer et pomper dans les profondeurs pétrolières que de se bronzer sur les plages de Syrte ou de Tripoli. Les Libyens, comme les amazoniens devront eux aussi se battre pour que soient sauvegardés leur identité, leur sable, leur pétrole et leur honneur.

L’Algérie, mon pays, dont l’indépendance a été arrachée par la guerre, est sortie victorieuse de nombreuses confrontations et défis lancés à son endroit, particulièrement à la suite de la nationalisation des hydrocarbures le 24 février 1971. Mon pays avait alors subit un embargo en signe de représailles à sa décision souveraine portant sur la nationalisation de ses hydrocarbures. Cela avait ouvert une brèche dans le camp impérialiste et avait permis aux pays africains et sud américains d’entreprendre également les revendications pour la défense des peuples à disposer de leurs propres richesses.

En Iran du temps de Mossadegh en 1953, au Chili hier, en Irak et en Libye aujourd’hui, au Venezuela, dans les pays du Sahel (prochaine zone de confrontation pour les richesses minières) les forces occultes n’ont de cesse pour fomenter des troubles afin de donner l’occasion aux puissances étrangères d’intervenir. Et quand les conquérants armés de feu et de haine débarquent dans ces pays sans défense, après la comptabilité des morts, des veuves et des orphelins, c’est la désolation sur des territoires convoités devenus cimetières. On a assisté par le passé à la disparition de civilisations et de peuplades : les bochimans, les Kikuyus en Afrique, les incas au Pérou. Aujourd’hui, c’est en Irak, en Afghanistan – quoiqu’on dise, parce que les afghans ne sont pas tous des talibans – en Somalie et au Soudan, c’est dans ces pays convoités que disparaissent des tribus et des civilisations construites patiemment depuis des millénaires, vivant en paix jusqu’à l’arrivée du Diable : le dollar ou l’euro. La Libye va bientôt servir de laboratoire pour tester les nouvelles formes de conquêtes plus sophistiquées. Et l’Algérie ne sera pas épargnée, puisque déjà s’insinuent dans les réseaux du web des rumeurs inquiétantes.

C’est ainsi que s’infiltrent déjà dans l’Amazonie péruvienne, des sociétés pétrolières voraces, la Perenco, la Pétrolifera et autres Petrobas, pétrissant d’arrogantes conquêtes tels des piranhas échappés aux lois de la pesanteur, allant mordillant dans la chair des indiens, ce qui restent de leurs biens, la forêt et les rivières. Assisterons-nous, par la réaction des indiens massacrés le 8 juin 2009 à l’éclosion d’un mouvement qui rappelle celui du Sentier Lumineux de 1980, que les pays occidentaux avaient alors diabolisé. Les Indiens manifestent depuis deux mois contre une série de lois qui ouvrent leurs forêts communautaires aux compagnies pétrolières. L’Amazonie a été divisée en concessions et la récente découverte de plusieurs gisements importants menacent de détruire la plus grande partie des forêts vierges où vivent les Indiens. Des projets similaires ont déjà eu un effet dévastateur en Equateur et ont entraîné une pollution chronique et de graves conséquences sanitaires sur les Indiens, c’est ce que dénonce Survival. C’est ce qui se passera en Libye : l’application du plan de partage par les multinationales, plan concocté depuis longtemps par les cabinets spécialisés.

Comme les palestiniens, les Indiens péruviens sont contraints de prendre des mesures désespérées pour tenter de sauver les terres spoliées. Comme les palestiniens, les Libyens devront eux aussi se mobiliser pour protéger leur pays et défendre leur honneur.
Le seul moyen de défense contre cette pratique nouvelle des conquêtes par l’argent et la compromission c’est l’éveil des consciences des ‘damnés de la terre’ selon le mot de Fanon. Et tout d’abord, il faut que les peuples rejettent cette idée de mondialisation sous-tendue par l’argent et la technologie pour s’ouvrir aux autres par la culture. Ils doivent s’accrocher à leur culture comme le font les péruviens qui veulent sauver leurs forêts et leurs manières de vivre. Les Libyens, les algériens, tous les africains devront s’accrocher aux lègues de leurs ancêtres pour protéger leur pays et leur culture. Ils devront sauvegarder les acquis obtenus par leur travail depuis des millénaires, afin de ne pas subir ce qu’ont subit, les palestiniens, les irakiens et les Libyens. La résistance devra s’organiser autour des gens connus pour leur attention au genre humain et à la paix, rallier les intellectuels honnêtes et désintéressés et aux leaders plébiscités par leur peuple ; les leaders qu’ils connaissent et avec qui ils vivent avec eux et non pas ceux téléguidés d’occident par des réseaux occultes.

C’est ce que font les palestiniens qui ont su, en maintenant l’esprit de leur idéal et les valeurs de leur peuple par la voix de leurs poètes, Mahmoud Darwich, Hanna Abou Hanna, Samir El Qacim, poursuivre un combat qui dure depuis 1948 face à l’armée la plus puissante du monde, celle d’Israël.

Le 28 mars 2009, à l’occasion de la célébration en Algérie de l’année de la culture arabe, dont El Qods a été désignée capitale, notre ministre de la Culture, Madame Khalida Toumi a rendu hommage à tous les poètes palestiniens, aux femmes et aux hommes de ce pays, qui ont pu sauvegarder leur personnalité, sauver également l’honneur des pays arabes qui perdurent dans la mollesse. La ministre avait alors déclaré, en parlant des états-majors israéliens qui avaient refusé l’organisation de cette manifestation dans la ville sainte : « Ils ont voulu faire taire la voix culturelle de la Palestine. Ils ont commis un autre crime. Ils ont prouvé au monde entier, par leur esprit colonial, leur peur de la culture. Ils ne veulent pas reconnaître qu’El Qods est une réalité arabe…Nous ne céderons pas. Plus de compromission. Pas de normalisation. La résistance doit continuer ». Sur l’exemple des palestiniens, la résistance devra également se poursuivre partout où le libéralisme sauvage tentera de s’imposer afin que les droits des gens humbles soient respectés.

L’histoire l’enseigne. Dès lors que la patrie ou une communauté se trouvent en péril, menacées dans leur existence ou leur devenir, elles ne trouvent pas seulement des soldats pour combattre l’envahisseur ou des populations qui se rebellent contre l’injustice. Des artistes, des poètes se rallient et chantent pour perpétuer et sauvegarder les vertus du peuple et du sol. Ce qu’avaient fait Neruda, Darwich et Kateb Yacine.
Ces peuples, ces communautés qui défendent leurs doits doivent-ils tendre la main aux multinationales qui cherchent à gagner les sympathie par des promesses fallacieuses et des ruses qui ne trompent personne ? Doivent-ils accorder leur confiance à des gouvernements inféodés aux banques et qui reviennent sur les promesses déjà faites à leur peuple ? Ces multinationales, ces gouvernements feront semblant d’agir dans notre intérêt et souhaitent notre progrès. Ils nous peindront leurs erreurs sous les traits de la vérité pour nous abuser plus sûrement. Ils substitueront des points de vue qui les arrangent à nos idées clairement exposées de sorte que nous finirons à les adapter et nous en servir jusqu’à ce que nous devenions entre leurs mains un instrument dont ils peuvent user efficacement, ensuite le calme revenu, ils nous dépouillent de nos propres droits, nous humilient et consolident leurs positions en veillant à leurs intérêts. En Palestine, en Irak comme au Pérou et en Libye, quelque soit la dimension des conflits, l’homme étant un, les intérêts des uns ne sont pas nécessairement ceux des autres. Surtout quand les intérêts sentent le pétrole, l’uranium ou sont régis par l’argent.

La véritable histoire de ces dernières décennies, celle qui s’écrira et que nos enfants retiendront, c’est celle de la conquête de petits pays sans défense par l’ordre impérialiste et néocolonial. Malgré une médiatisation manipulée, orientée et abrutissante pour cacher la vérité, nos enfants comprendront car la réalité finit toujours par s’imposer.

Abderrahmane Zakad, urbaniste, écrivain.

1936 – 1938: LA GUERRE D’ESPAGNE – TÉMOIGNAGES –

“ENTRETIEN AVEC LA PRÉSIDENTE CENTENAIRE du PC ARGENTIN, FANNY EDELMAN SUR SON EXPÉRIENCE DE BRIGADISTE INTERNATIONALE PENDANT LA GUERRE CIVILE ESPAGNOLE”,solidarite-internationale,? LE 15 septembre 2011.

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“1936 – 1938: CES ARABES, HÉROS PERDUS DE LA GUERRE D’ESPAGNE”, Edouard Waintrop – «Libération», le 13 janvier 1998.



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ENTRETIEN AVEC LA PRÉSIDENTE CENTENAIRE du PC ARGENTIN, FANNY EDELMAN

SUR SON EXPÉRIENCE DE BRIGADISTE INTERNATIONALE PENDANT LA GUERRE CIVILE ESPAGNOLE

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Ses premiers pas en politique, elle les a effectués à l’âge de 20 ans. En février, elle a fêté ses 100 années de vie et 80 de lutte pour un monde meilleur. Elle a combattu les forces de Franco pendant la guerre civile espagnole. Elle a parcouru le monde, soutenant les revendications des travailleurs et l’exigence d’une égalité de genre. Fanny Edelman est tout un symbole du fait que l’engagement militant n’est jamais terminé.

Comme beaucoup de jeunes qui s’engagent aujourd’hui mus par le désir de construire un monde meilleur, Fanny Edelman avait seulement 20 ans quand elle a fait ses premiers pas dans la lutte contre les injustices sociales. Elle fit partie du Secours rouge; rejoignit le Parti communiste; participa à la défense de la République pendant la Guerre civile espagnole; travailla pendant 50 ans (de 1947 à 1997) à l’Union des femmes argentines; fut secrétaire-générale de la Fédération démocratique internationale des femmes, organisation qui sous sa direction a réalisé des efforts importants avec l’ONU, l’UNESCO, l’UNICEF et l’OIT (sous sa direction, la Fédération fut une des organisations qui a proposé à l’ONU la création de la journée internationale de la femme).

Son engagement militant l’a menée au Vietnam, à Cuba, en Afrique et dans chaque coin du monde où elle pouvait œuvrer pour les droits et les revendications des travailleurs et pour l’égalité de genre.

Aujourd’hui, à tout juste 100 ans, elle continue à militer avec lucidité et enthousiasme. Elle préside le Parti communiste et assure qu’il faut soutenir de manière critique le processus mené par le gouvernement de Cristina Fernández Kirchner.

Peu de temps après la commémoration d’un nouvel anniversaire de la fin de la Guerre civile espagnole, nous nous entretenons avec elle sur ses débuts dans la vie militante et sa participation à ce processus qui a marqué l’histoire mondiale, et dont assure-t-elle elle garde la ferme conviction qu’un peuple qui se bat pour ses droits possède une force invincible.

Quelles furent les origines de votre engagement?

J’ai toujours été sensible aux souffrances des autres. Je viens d’un foyer très modeste qui a également beaucoup souffert. Jusqu’à l’âge de 20 ans, je me suis toute consacrée à aider mon père et ma mère. Mais je dirai que le grand saut je l’ai fait au moment de la première dictature militaire, dans les années 1930. Cette dictature qui a volé des droits, qui a transformé complètement la vie de la nation. Cette dictature a lancé une grande campagne de répression contre les anarchistes et les communistes. Les prisons se sont remplies.

C’est dans ce contexte que vous avez fait vos premiers pas dans la vie militante?

Dans ces circonstances, j’ai fait la connaissance d’une russe, dont le nom m’échappe aujourd’hui, une femme qui après le triomphe de la révolution russe a été poussée à l’exil par son mari, qui n’avait pas beaucoup de sympathie pour les révolutionnaires. Elle a toujours ressenti une douleur intense d’avoir abandonné son pays qu’elle aimait beaucoup et dont elle aimait tant également le processus qui s’y déroulait.

Quand je l’ai connue, elle s’est rendue compte de mes inquiétudes, de mes préoccupations et m’a invité à travailler au Secours rouge. Elle m’a expliqué que le Secours rouge était une institution internationale qui mettait en pratique une solidarité active avec les prisonniers politiques et sociaux. Les membres de ce groupe parcouraient les villes et récoltaient des aliments pour les prisonniers et pour les proches des prisonniers. Par ailleurs, on collectait de l’argent pour compenser le salaire que le chef de famille ne pouvait plus apporter en tant que prisonnier.

C’est là que se fit le lien avec la pensée communiste?

Oui, ce fut là car le Secours rouge était dirigé par trois communistes éminents qui eurent une très grande influence sur moi, surtout Alcides de la Peña, médecin diplômée de Córdoba qui avait été expulsée de la faculté car communiste. J’ai noué avec elle une profonde amitié jusqu’à sa mort. Une femme que je respectais infiniment.

D’autres personnes m’ont également beaucoup enrichi. Lorsque nous vivions à Vicente López, nous avons connu un groupe d’anarchistes. Des hommes de grand talent, des gens d’une très grande valeur humaine.

Pour moi cela a signifié beaucoup car ils m’ont fait pénétré dans les aspects culturels de la pensée révolutionnaire. Je connus là des figures comme Álvaro Yunque, qui m’a énormément impressionnée ; ou Leónidas Barleta, qui avait créé le théâtre du peuple. Avec mon compagnon, nous avons noué une amitié solide avec lui. C’est une figure qui hélas est un peu passée dans l’oubli, celle de Leónidas Barleta.

C’est à cette époque que commence à prendre forme ce qui deviendra ensuite la Guerre civile espagnole?

En 1934, nous avons été profondément émus par une grande grève du bassin minier des Asturies, qui fut réprimée brutalement. Ils étaient les moins bien payés de toute l’Europe. Cette grève eut des répercussions ici, dans ce que nous appelions le Comité espagnol de l’aide aux victimes de la Mine. Nous nous sommes rapprochés à ce moment-là. La répression fut si brutale, dirigée qu’elle était par le général Franco, qu’une commission s’était formée pour enquêter sur ces horreurs. Il y eut des fosses communes, des tortures brutales, une chose épouvantable. C’est alors qu’apparut la figure de la Pasionaria, fille de mineurs, épouse de mineurs, sœur de mineurs. Elle a consacré toute sa force et ses capacités à la solidarité avec les mineurs. Une femme à la personnalité passionnante, par sa capacité de mobilisation, sa détermination, son contact humain permanent avec le peuple. Pendant la guerre, elle a joué un rôle capital.

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Comment avez-vous rejoint les troupes qui allaient combattre en Espagne?

Quand la guerre a éclaté, notre parti et d’autres forces politiques ont lancé un grand mouvement de solidarité. Un mouvement de solidarité matérielle, morale et politique. On a constitué ce qu’on a appelé la Fédération d’organisations d’aide à la République espagnole, qui a mobilisé plusieurs milliers de personnes. On a récolté de l’argent, des vêtements, des chaussures, des médicaments, des couvertures, tout ce qu’il était possible de récolter. Mon compagnon était journaliste d’une grande organisation ouvrière, la Fédération du Bâtiment. Dans le petit cercle où il travaillait, on commentait la présence de plus en plus importante en Espagne de brigades internationales; en réalité, il s’agissait de camarades persécutés dans leurs pays d’origine qui devaient aller ailleurs. Ces brigades internationales ont joué un rôle essentiel pendant la guerre et, naturellement, ont impulsé une solidarité massive. Pour moi, la solidarité est un élément essentiel de notre pensée révolutionnaire. C’est à ce moment-là que naquit l’idée d’aller en Espagne.

Comment y avez-vous participé?

En Espagne, j’ai intégré le Secours rouge et mon compagnon, qui était journaliste, y est allé comme reporter de la Nueva España, qui était le journal qui représentait sur place le mouvement de solidarité.

Nous y sommes restés deux ans. Ce fut une expérience inoubliable, incomparable. Quand un peuple défend sa survie, quelle force il peut avoir.. quelle force. On luttait avec la faim, le froid et même parfois désarmés.

C’est dans ce contexte que vous avez fait la connaissance du poète Antonio Machado?
_ Oui, nous avons eu la chance, la chance énorme, de connaître le grand poète Antonio Machado, qui fut celui qui, lors du rude hiver 1936, a lancé un appel espagnol afin de donner tout ce qu’il pouvait pour répondre aux besoins des soldats. Et je fus chargé de mener la campagne, un honneur extraordinaire et une expérience inoubliable.

La défaite fut un coup très dur?

La guerre ne s’est pas perdue par notre incompétence, mais plutôt en raison de la trahison d’un des chefs de la République, qui a ouvert les portes de Madrid aux troupes franquistes.

Ce fut un moment réellement tragique, tragique. Il y eut la ruée vers la frontière française de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, de vieux et de jeunes. Et à la frontière française, au lieu de les recevoir comme des réfugiés, on les a mis dans des camps de concentration. Le gouvernement français a une responsabilité terrible, car elle a favorisé la politique de Franco et de ses alliés nazis en empêchant que les armes que le gouvernement Espagnol avait acheté traversent la frontière et entrent en Espagne. Ce fut vraiment une période sombre.

Comment fut le retour?

Nous sommes revenus et nous nous sommes consacrés à l’accueil des réfugiés. Dans le mouvement de solidarité d’Argentine, du Chili et d’Uruguay, nous avons récolté de l’argent pour 3 000 réfugiés. Ensuite aussi, avec beaucoup plus de difficultés, nous avons organisé l’aide aux prisonniers politiques. La dictature de Franco comptait 100 000 prisonniers politiques, dont 20 000 femmes. Les tortures, les crimes qui furent commis pendant 40 ans de dictature sont indicibles.

Des crimes qui restent impunis.

C’est seulement maintenant, 70 ans après la fin de la guerre, que le gouvernement espagnol commence un peu à bouger pour renouer avec la mémoire. Cela a été permis grâce à la pression énorme des proches de ceux qui sont morts durant la guerre, pour trouver les fosses communes et retrouver leurs morts.

Cette guerre fut fondamentale non seulement pour l’Espagne mais pour le monde entier.

Franco a pris le pouvoir en avril et en septembre les nazis attaquaient la Pologne et c’était le début de la seconde guerre mondiale, qui est devenue une guerre anti-fasciste après l’entrée en guerre de l’Union soviétique et la mise en place de la coalition des pays anti-fascistes. Ici aussi se développa un mouvement énorme de solidarité profondément enraciné au sein du peuple. Je crois que ces deux mouvements (pour l’Espagne d’abord et pour l’Union soviétique ensuite) ont contribué à une élévation considérable du sentiment anti-fasciste de notre peuple. La Guerre civile espagnole l’a réveillé et la Seconde guerre mondiale l’a développé de façon extraordinaire.

Vous avez dit dans une précédente interview que la défaite de la Guerre civile espagnole ne vous avez laissé aucune déception.

Non, car nous connaissions le peuple. Nous connaissions son héroïsme, son esprit de sacrifice, et ce sentiment patriotique si profond, ancré au fond de chacun d’entre eux. Par ailleurs, il convient de faire remarquer que le gouvernement de Front populaire a élaboré la constitution la plus progressiste qu’ait connue l’Europe, et a mis en œuvre la réforme agraire, quelque chose de fondamental pour un peuple soumis pendant des siècles à la rapacité du féodalisme de la noblesse. Ce fut donc pour les paysans une libération extraordinaire. Et cela fut mis en place pendant la guerre. Ce fut une expérience extraordinaire.

Bien plus qu’une figure historique, Edelman participe activement au débats politiques au sein du Parti communiste argentin, voilà pourquoi on ne pouvait mettre cette question de côté dans notre conversation:

Quel est votre rapport avec le Gouvernement?

La présence de la jeunesse, poussée par la mort de Kirchner, est une question à approfondir encore plus. Pourquoi la mort d’un homme comme Kirchner a tant mobilisé les jeunes ? Je crois que cette jeunesse a vu dans la politique kirchnériste un changement. Nous avons une politique très claire vis-à-vis du gouvernement. Nous sommes dialectiques, et nous entendons bien qu’il y a des aspects de la politique gouvernementale qui sont positifs et que nous devons soutenir.

Nous soutenons l’Allocation universelle par enfant, les avancées sur les retraites, la nationalisation de la compagnie aérienne Aerolineas, la Loi sur les médias cassant les monopoles privés, la politique étrangère avec tout ce que représente l’UNASUR; nous avons également soutenu le Gouvernement pendant le conflit de la résolution 125 [taxe sur l’industrie agro-alimentaire destinée à financer les programmes sociaux du gouvernement et qui a suscité l’opposition massive des industriels du secteur], etc. Ce sont des progrès nets pour la société.

Mais, de la même façon, nous le critiquons sur d’autres questions, comme la loi sur les partis politiques, qui selon nous va dans le sens du bi-partisme, la loi anti-terroriste, ou l’insuffisance des mesures frappant les grandes multi-nationales, afin d’obtenir l’argent qui garantisse aux retraités un taux de couverture de 82%.

Nous attendons du gouvernement qu’il radicalise sa politique et, entre autres, reprenne possession du patrimoine national (le pétrole, les mines, la marine marchande, etc.).

Nous avons notre propre programme, qui vise au socialisme, mais dans les conditions actuelles, nous croyons que nous devons apporter un soutien critique et constructif, car nous ne croyons pas que les autres partis politiques peuvent défendre une politique en faveur des intérêts du peuple.

Source: solidarité internationale

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1936 – 1938: CES ARABES, HÉROS PERDUS DE LA GUERRE D’ESPAGNE

Portraits de combattants républicains

qui ont souffert du racisme de leur propre camp

Même si les historiens ont préféré insister sur les Maures qui ont servi Franco, des centaines de volontaires arabes ont combattu aux côtés des républicains espagnols entre 1936 et 1938. On a commencé à le dire à Lausanne, lors d’un colloque consacré aux Brigades internationales [[“Libération” du 27 et 28 décembre 1997]].

Ce dossier, Abdelatif Ben Salem, sociologue de formation, Tunisien hispanophile, Parisien passionné d’histoire, le connaît bien. Voila des années qu’il est sur les traces de ces combattants inconnus. Et qu’il est certain que Said Mohamed, l’ouvrier anar de l banlieue parisienne devenu le responsable politique des étrangers de la colo,,e Durruti, n’tait pas le seul Arabe à se battre aux côtés des antifranquistes.

Dans une première intervention sur ce sujet à Valence en 1988, il a montré que de nombreux Algériens et Tunisiens et que des Palestiniens avaient rejoint les Brigades internationales. Ils l’avaient fait, parfois, pour prouver que contrairement à ce que proclamait la propagande républicaine, les Arabes n’étaient pas tous des fascistes. Et parfois par devoir militant.

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Ci-dessus, en décembre 1936,
André Malraux avec Julien Segnaire (à droite) et Mohamed Belaïdi (à gauche),
membres des Brigades internationales,
mort le 27 décembre 1936 lors d’un combat aérien.

Belaïdi et l’escadre España.

Depuis, Ben Salem a approfondi ses recherches. Jean Belaïdi est toujours en tête de sa liste. Le vrai prénom de ce brigadiste, connu des lecteurs de L’Espoir d’ André Malraux sous le nom de Saïdi, est Mohamed. Dans la véritable histoire Mohamed Belaïdi, ouvrier mécanicien, s’engage pour montrer qu’on peut vaincre le fascisme les armes à la main. À 25 ans, ce volontaire d’origine algérienne arrive à Albacete, lieu de rassemblement et de formation des interbrigadistes. C’est là que Malraux, qui a besoin de mécaniciens pour l’escadre aérienne España, le recrute. Ben Salem explique que Malraux était très attaché à Belaïdi, qu’il considérait comme l’exemple même du volontaire courageux et convaincu.

Au début, Belaïdi n’est qu’un «rampant»: son travail est au sol. Mais, le 27 décembre 1936, il embarque à bord d’un Potez 540 comme mitrailleur. Au retour de mission, l’avion est intercepté et abattu par des Heinkel allemands près de Teruel. La plupârt des membres de l’équipage s’en sortent , mais pas Belaïdi, qui a té criblé de balles. Quand la nouvelle parvient à Malraux, il organise les secours. Cet épisode, il l’a raconté, notamment dans la dernière séquence de son film Espoir, Sierra de Teruel. Où l’on voit passer un cercueil surmonté d’une mitrailleuse tordue, comme l’était celui de Belaïdi.

Autre personnage emblématique: Rabah Oussidhum.

D’après sa biographie officielle, sans doute un peu arrangée pour la bolcheviser, ce soldat français, né en Algérie a participé, dans les années 20, à la guerre du Rif [[Guerre menée par les français contre Abd-el-Krim qui réclamait l’indépendance du Maroc.]] et il a déserté pour rejoindre les Rifains. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est qu’il est ensuite revenu en France, où il a adhéré au Parti communiste. Il a ensuite appartenu au comité « affaires coloniales » de ce parti. C’est en tant que cadre militaire qu’il rejoint les Brigades internationales en Espagne. Bombardé capitaine, il commande la compagnie Ralph Fox, qui dépend de la 14ème brigade. Il est mort au combat le 17 mars 1938, à Rio Guadalupe, en Aragon.

Sidqi, du PC palestinien.

Parmi tous ces volontaires, le Palestinien Nadjati Sidiqi est l’un des personnages les plus passionnants. Né en 1905 à Jérusalem d’un père turc et d’une mère arabe, Sidiqi adhère, dans les années 20, à la Hisadrout, le syndicat fondé par les juifs, et au Poalé Zion, un groupe sioniste d’extrême gauche. Il participe ensuite à la fondation du Parti communiste palestinien, où cohabitent militants juifs et arabes. Activiste remarqué, il est appelé à suivre une formation politique à Moscou.

Il revient en 1929 à Jérusalem et participe au travail d’arabisation du PCP. En 1930, il est arrêté par les Anglais et condamné à trois ans de prison. Après quoi il part en France.

Ben Salem explique que c’est sur la suggestion de Manouilski, président de la section orientale de l’Internationale communiste, que Sidqi passe en Espagne en août 1936. Dans ses mémoires, malheureusement non publiées, Sidqi décrit son séjour en Espagne. Il commence par être enthousiasmé par le courage du peuple espagnol.

Prenant contact avec la direction du PSUC (le Parti socialiste unifié de Catalogne, union des socialistes et des staliniens mais contrôlée par ces derniers), il décide de s’occuper de la propagande dirigée vers les soldats marocains de Franco. Il part pour Madrid, rencontre les leaders du PCE et commence à rédiger des appels dans Mundo Obrero, qu’il signe du pseudo de « Mustapha Ibnu Jala ». il anime aussi l’association hispano-marocaine fraîchement créée.

Mais, rapidement, il se trouve face à une double contradiction. D’une part il a du mal à faire comprendre à la gauche espagnole (sauf aux indépendantistes catalans, aux anarchistes et aux poumistes, tous favorables aux autonomies) la nécessité de la décolonisation. Ensuite il appelle les Marocains à la désertion, leur promet un bon accueil, mais s’aperçoit vite que s’ils sont pris par les troupes républicaines, ces mêmes Marocains risquent leur vie.

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Ci-contre en 1938, sous le titre « Invasion »,

une affiche de propagande républicaine

contre les Marocains assimilés dans leur ensemble

à ceux d’entre eux qui avaient été enrôlés dans les troupes de Franco.

Racisme côté républicain.

Il découvre ainsi que la propagande gouvernementale et celle du PCE ne s’embarrassent pas de nuances. Ce sont tous des Marocains qui sont dénoncés comme envahisseurs. espagne_3.jpg Dolores Ibarruri, dirigeante stalinienne plus connue sous son nom de Pasionaria, n’a-t-elle pas qualifié les soldats marocains de Franco de «horde mauresque, sauvage, ivre de sensualité, qui se répand en violant atrocement [les] filles et [les] femmes»?

« le mythe du Moro assoiffé de sang devint un abcès de fixation, explique Ben Salem. Jusqu’à nos jours il a détourné l’opinion des erreurs tragiques que la République a commise en rejetant l’alliance avec un mouvement nationaliste marocain qui aurait pu soulever le Rif sur les arrières de Franco.»

Sidqi, lassé par les mots d’ordre racistes de ses camarades, se révolte quand il entend parler d’assassinats de prisonniers marocains. La coupe déborde lorsque, pendant la bataille de Madrid en novembre 1936, la junte de défense fait rafler des musulmans dans les rues pour les incorporer de force dans l’armée et les jeter en première ligne. Pratiquement tous périssent dans ces combats, à l’exception de quelques-uns qui sont fusillés pour abandon de poste. En décembre 1936, Sidqi quitte l’Espagne: «Je sentais au fond de mon cœur que ma mission était en train d’échouer, écrira-t-il. Je devais chercher un autre chemin plus utile…»

Il tente de partir pour l’Algérie afin de monter une radio en dialecte marocain. Il échoue. Il veut retourner en Espagne, mais le PCF, en raison des désaccords politiques que désormais il ne cache plus, le lui interdit. En 1940, il revient en Palestine et travaille pour une radio. En 1948, lors du conflit israélo-arabe, il part pour Chypre.

Il meurt à Athènes le 17 novembre 1979.

Edouard Waintrop

« Libération », le 13 janvier 1998, page 35.

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PROGRAMMES DE DÉSTABILISATIONS EN ALGÉRIE?

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Appels sur Facebook à manifester en Algérie

Qui tire les ficelles ?

mercredi 14 septembre 2011

par algerep

Les appels lancés depuis des semaines et de façon persistante sur les réseaux Facebook pour de grandes manifestations le 17 septembre prochain, un samedi, amènent à se poser des questions. Qui en sont les auteurs? Sur qui comptent-ils et qui sont leurs complices dans le régime?

On sait depuis la fameuse “bloggeuse de Damas”, soi-disant persécutée par les autorités syriennes, en fait un Anglais confortablement installé chez lui, que des personnages virtuels sont dupliqués à l’infini sur les réseaux internet par des automates informatiques aux mains des experts de la CIA pour déstabiliser les régimes inscrits sur la liste de “l’Empire du Mal”.

Il est évident que l’Algérie représente une proie de choix pour les puissances impérialistes en raison de ses richesses en pétrole et en gaz. Les chefs d’orchestre des “révolution colorées” doivent penser que le moment est propice pour installer à la tête du pays des Karzaï ou des pantins à l’image des créatures de Benghazi propulsés par les missiles de l’OTAN à la tête de la Libye.

Les architectes du remodelage impérialiste des pays arabes, croient probablement que leur entreprise de recolonisation va pouvoir se réaliser par l’exploitation des luttes de masse de ces dernières années pour les libertés démocratiques et la justice sociale.

De leur côté les candidats algériens aux postes de supplétifs des troupes impérialistes, au sein ou en dehors des appareils du pouvoir, voudraient bien précipiter les choses en provoquant une situation où le sang coulerait à flot. Et dans le cas où leurs petits calculs morbides ne venaient pas à se concrétiser, rien de mieux que de réaliser des montages vidéos représentant des scènes de tueries imaginaires. Apparemment cette hyptothèse est retenue et la fabrication de films est déjà bien avancée. « Plus le mensonge est gros, plus il a de chances d’être cru » disait Goebbels, le chef de la propagande nazie. Des telles mises en scène ont bien marché. En Côte d’Ivoire la vidéo-montage de femmes “tuées à la mitrailleuse” à Abidjan, qui avait fait le tour du monde en moins de 24 heures, a servi à discréditer les partisans de Gbagbo et à justifier l’intervention militaire étrangère et française pour placer Ouattara à la tête de ce pays.

Le même procédé a été utilisé depuis des mois pour soutenir l’offensive des États impérialistes contre la Syrie en vue d’imposer, au nom “de la démocratie et de la défense des droits de l’homme” des marionnettes appliquant servilement le plan du Grand Moyen-Orient.

Le peuple algérien, les travailleurs, les fellahs, les jeunes et les intellectuels de progrès n’ont pas besoin de “l’aide” des Etats impérialistes dans leur lutte pour les libertés démocratiques et les changements auxquels ils aspirent. Au contraire, ce que par expérience ils craignent le plus c’est l’intervention étrangère, ce sont les ingérences des USA, de la France et de l’UE. Ils savent que ces puissances n’ont qu’un seul objectif : recoloniser les peuples qui s’étaient débarrassés de leur oppression au prix d’un long combat et de grands sacrifices, de centaines de millions de morts et de disparus.

Il sait d’instinct que si les dirigeants des États impérialistes font mine de pleurer sur leur situation c’est pour remplacer les responsables actuels par d’autres plus dociles, par d’autres dictateurs pour empêcher l’instauration de régimes démocratiques populaires ne respectant pas les “règles de gouvernance” confectionnées pour leur apprendre à obéir au doigt et à l’oeil des rapaces qui veulent se repartager le monde.

Alger républicain

14.09.11


La chaîne Al jazeera prépare au Maroc des montages vidéos pour mettre l’Algérie à feu et à sang

mercredi 14 septembre 2011

par algerep

De nombreux citoyens s’inquiètent de l’exploitation du mécontentement actuel par des organisations ou des personnalités liées aux puissances impérialistes pour des objectifs étrangers à leurs aspirations.

Notre rédaction a reçu le message qui suit sans indication sur l’identité de son auteur et ses sources.

Nous nous faisons cependant un devoir de le diffuser pour contribuer à enrayer la machine de décervelage et d’intox actionnée par les stratèges de l’OTAN. Son contenu est en effet vraisemblable. Il rejoint notre conviction que les stratèges de l’OTAN, enhardis par leur succès en Libye, ont mis au point une tactique adaptée à notre pays. Une tactique qui s’appuie sur des supplétifs piaffant d’impatience à la perspective d’un changement provoqué de l’extérieur leur donnant droit au partage du gâteau.

Voici des extraits de ce message :

“La chaîne qatarie Al Djazeera prépare au Maroc la mise en scène d’émeutes en Algérie. Elle s’apprête à la diffuser le samedi 17 septembre.

De la révolution du Jasmin en Tunisie, à la guerre en Libye, aux mouvements de contestation toujours d’actualité en Syrie, en passant par la chute de Moubarek en Égypte, dans le conflit israélo-palestinien, la chaîne d’information continue qatarie Al Jazeera pratique un journalisme ouvertement mensonger.

Quelles sont ses méthodes, quelles sont ses limites ? La chaîne choisit-elle politiquement ses guerres ? Fait-elle le journalisme en son nom propre ? Tant d’interrogations qui restent sans aucun élément de réponse.

L’Algérie, pour sa part n’a jamais été épargnée, voire souvent ciblée. Notre pays a été souvent un sujet de longs débats au sein de cette même chaîne.

À l’heure actuelle, à l’approche de ce 17 septembre, dont on ne cesse de dire beaucoup de choses, Al Jazeera est en train, selon des sources bien informées, à mettre de grands moyens pour un tournage digne des films hollywoodiens.

Selon nos sources, la chaine qatarie « tient vraiment à réussir son scoop d’informer en temps réel » sur ce qui se passera, selon ses envoyés spéciaux, en ce 17 en Algérie. Pour ce faire, une équipe technique, des réalisateurs et bien sûr des « acteurs » ont été dépêchés à Oujda dans le royaume marocain.

Le choix d’une telle ville n’est pas fortuit sachant la proximité du langage et du teint entre les Marocains et les Algériens des frontières de l’Ouest. De véritables mises en scènes et simulations de manifestations sont au menu des génies d’Al Jazeera. Ils veulent coûte que coûte montrer que l’Algérie et sur un brasier en diffusant des images d’émeutes généralisées.

Il n’y a pas de fumée sans feu. Assurément les Qataris ne sont pas les seuls dans le coup. L’on imagine bien évidemment la générosité des services secrets de sa majesté le roi qui, au lieu de prendre une position ferme quant à toutes les questions internationales, font dans les coups bas comme à leurs habitudes.

Il est connu du grand public, et les spécialistes des médias n’hésitent pas parfois à le dire, Al Jazeera est loin d’être neutre dans son traitement de l’information rapportée. Et que souvent, cette chaîne semble même se départir de la neutralité qui doit être la sienne.

Envers l’Algérie, cette chaîne n’est pas à sa première bavure. En janvier 2011, durant les émeutes liées à la vie chère, elle a essayé d’attiser le feu par des méthodes peu orthodoxes, à l’image de Ali Belhadj qui se croyait revenir à 1988 en tentant de récupérer la révolte des jeunes.

(…) D’autre part, Al Jazeera, n’a par contre jamais été intéressée lorsqu’il s’agit de la répression au Bahrein.”


Sources

http://www.alger-republicain.com/

repris par tropique@cablenet.com.ni « ALERTA en Argelia, el mismo guión ingerencista en Libia y Siria que se repite (en fr.) ».


DOCUMENTATION: FONDS ANDRÉ MANDOUZE

Un lecteur nous informe de de la mise à la disposition des chercheurs du fonds André Mandouze (« De résistance en résistances ») qui a été confié au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (14 avenue Berthelot, 75007 Lyon), dirigé par Madame Isabelle Doré-Rivé.

Ce fonds est important pour les chercheurs,

autant ceux qui s’intéressent à l’itinéraire de ce grand latiniste et historien de l’Antiquité (1916-2006)

qu’à la résistance durant la 2e guerre

que ceux qui travaillent sur la guerre d’indépendance algérienne, sur les résistances qu’elle a suscitées (notamment de la part d’A. Mandouze, cf. Consciences Maghrébines, etc.)

Ce fonds peut être consulté le site web

http://www.chrd.lyon.fr/static/chrd/contenu/pdf/ressources_histo/32000INVENTAIRE-MANDOUZE.pdf


Pour télécharger l’inventaire – format pdf – cliquer ici …

SANS ELLE VOUS NE SEREZ JAMAIS DEBOUT!


Non ce n’est pas un cauchemar !

On tabasse ma mère devant moi

Ma sœur, ma fille, et ma femme

Mes yeux plantés au dard

Mes bras liés de foi !

Je me tais……

Je me hais !

Ma langue cousue de soie !

Je me noie !

Que suis-je devenu mes frères ?

Est-il de retour,

Le temps des malheurs ?

Qu’on croyait révolu !

A-t-on oublié que l’honneur

Passé à la meule du sein

A donné zabana [[AHMED ZABAN: premier CHAHID guillotiné a la prison de Barberousse par le colonialisme français]], IVETON [[FERNAND IVETON chahid guillotiné à BARBEROUSSE par le colonialisme FRANCAIS]]

GAID MALIKA [[MALIKA GAID chahida de la révolution algérienne]] et AUDIN [[MAURICE AUDIN chahid de la révolution algérienne]]

Elles ont bougé les tombes !

Nous tendant des mains

A-t-on oublié les yeux éclatés

De HASSIBA [[HASSIBA BEN BOUALI chahida de la révolution algérienne]] la bombe!

ZOUBIDA [[ZOUBIDA DEBZ chahida de la révolution algérienne]] en mille, et ABBASIA FODIL [[ABBASSIA FODIL, chahida de la révolution algérienne]]

C’était déjà demain !

Non ce n’est pas un cauchemar

Je les revois de vrais !

L’étendard en bandoulière

L’étoile qui pleure défaite ;

Et le croissant faisant courbette !

Sur leur front,

L’écriteau honte a vous !

Sur notre front ils ont collé

Sans elle vous ne serez jamais debout !

Fateh AGRANE

6 -09- 2011

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Il ne faudrait pas se taire, ces hommes qui portent le hidjab dans leur têtes contre la femme , il faudrait leur faire barrage , il faudrait faire la pression sur les décideurs pour appliquer la loi , rien que la loi et la constitution algérienne contre ces hors la loi qui défient tout le monde;

un philosophe avait dit que l’exploitation de l’homme par l’homme a commencé par l’exploitation de la femme par l’homme, ça continue toujours!

battons nous la où nous sommes!

je ne voudrais pas que ma mère, ma sœur, ma tante; ma femme, ma fille et ma voisine soient harcelées dans la rue!

« ach del aar aalina ya oulidat el djazair » de Hassiba Ben Bouali, Abbassia Fodil, Debz Zoubida,Yvette Loup, Meriem Bouatoura, Djamila Bouhired , Annie Steiner, Meriem Ben….. , de milliers de femmes martyres et combattantes anonymes de Algérie républicaine!
Hier ces valeureuses combattantes, le stylo, la seringue, la galette, l’arme à la main ont terrassé les forces de l’otan avec haik ou sans, personne ne leur a demandé de se cacher le corps, car ils l’ont offert pour la patrie!

Faisons barrage à ces exécuteurs zélés d’un ordre qu’on croyait révolu, et qui est toujours présent!

Partout où nous sommes battons nous pour le savoir et le travail pour la femme!

Elle est en train de nous administrer chaque jour des leçons d’abnégation et de détermination, nous n’avons qu’a regarder par exemple la composante de nos universités et les résultats du baccalauréat!

Ces jeunes trompés agresseurs de femmes sont les victime d’un ordre qui – il ne faudrait pas s’étonner – ouvrira les portes demain aux néo coloniaux , nous sommes entrain de les voir sous nos yeux en IRAK en LIBYE, en TUNISIE

s’attaquer aux femmes de mon pays c’est aussi s’aligner sur la politique de ces mercenaires des oligarchies wahhabistes du Golf et de leurs maitres les impérialistes du N.E.T.O et d’ailleurs!

Résistons et agissons en ouvrant le débat, les femmes, notre peuple et notre pays est en danger!

Sources:

Les femmes face à la vindicte populaire

par Fateh Agrane, mercredi 7 septembre 2011, 12:05


Il ne se passe pas un jour sans qu’une femme essuie la «colère populaire», parce qu’elle n’a pas suffisamment caché ses formes. Les auteurs des agressions contre les femmes n’affichent pourtant aucune appartenance extrémiste religieuse.

Vas te couvrir un peu, regardez-la comme elle est habillée, il ne faut pas s’étonner que des tremblements de terre et des tsunamis dévastateurs ébranlent cette planète.» C’est en ces termes que s’adresse un passant à une jeune femme inconnue dans la rue. La scène se passe à la rue Hassiba Ben Bouali, à Alger. La fille, elle, porte un tee-shirt sans manches et un jean. Elle porte des talons très hauts et a lâché ses cheveux. Lui, il porte un pantalon court, blanc, un débardeur et ses cheveux sont coupés à la mode de l’équipe nationale algérienne, c’est-à-dire une coupe ce qu’il y a de plus moderne, minutieusement entretenue avec du gel. La fille presse le pas. Si au début, elle ne prête aucune attention à ce que dit le jeune homme, elle a fini par se rendre compte de l’ampleur de la situation et a eu peur. Le jeune homme n’est pas seul, il y a quelqu’un d’autre qui lui prête assistance dans sa sale besogne consistant à intimider la fille.

Elle ne veut pas se retrouver seule, elle s’échappe en s’introduisant dans une boutique de lingerie féminine et attend que ses deux agresseurs disparaissent. Des femmes sont quotidiennement violentées pour avoir osé porter des tenues jugées légères. Il ne se passe pas un jour, sans qu’une fille soit mise à la solde de la vindicte populaire, parce qu’elle n’a pas suffisamment caché ses formes et a osé montrer un bout de ses bras et des centimètres de ses jambes. Ces pratiques qu’on croyait à jamais révolues sont-elles de retour ? Des actes d’intolérance qui touchaient par le passé particulièrement les non-jeûneurs et les «buveurs» sur la voie publique se sont étendus aujourd’hui aux femmes qui se hasardent à sortir avec un pantalon serré, une jupe courte ou une robe décolletée. Des insultes, et toutes sortes d’insanités accompagnent les plus téméraires.
Il y a quelques jours, une jeune fille n’a dû son salut qu’à l’intervention d’une patrouille de policiers qui lui a évité un lynchage certain par un groupe d’hommes. Selon notre confrère du quotidien l’Expression, ces hommes voulaient «corriger» cette femme accompagnée d’un jeune homme et qui a porté atteinte aux valeurs du mois sacré de Ramadhan, en s’affichant habillée d’un short. Les policiers ont remis un pantalon à la fille dans le commissariat où elle a été conduite. Des femmes n’osent plus porter certains vêtements, de peur d’être agressées, insultées ou violentées. Pour éviter toute mésaventure, nombreuses sont celles qui ont opté pour des tenues qui «n’attirent pas l’attention». Une tunique ample et longue, un pantalon large, de préférence, précisent plusieurs femmes. «J’habitais dans un quartier du centre-ville de Réghaïa, des jeunes n’ont pas hésité à me lancer des pierres car je portrais une jupe.
La jupe n’était pas trop courte ni trop serrée. Je me suis échappée, et depuis j’ai dû renoncer à porter mes jupes de peur d’être à nouveau agressée», raconte dans le détail une jeune femme encore terrorisée. «Ils me balançaient des phrases du genre essetri rouhek (couvre-toi).» Les femmes subissent ce genre d’attaques dans les bus aussi. «Il suffit d’avoir les cheveux découverts pour mériter l’agressivité de certains individus qui ne se gênent pas pour le montrer. J’étais à mes derniers mois de grossesse, personne ne voulait me céder une place dans le bus, mais il a suffi qu’une femme ‘’moutahadjiba’’ (femme portant hidjab) monte dans le bus pour que les autres se dépêchent pour lui céder une place». Les auteurs de ce genre d’agressions n’affichent pourtant aucune appartenance extrémiste religieuse. Bien au contraire, ces individus, à peine pubères, imitent les plus célèbres des icônes de la mode masculine: cheveux piqués et vêtements dernier cri.

Fatima Arab