HADADI KADDOUR ET LES SALTIMBANKS

par Akram Belkaid: Paris

Y’a eu Renaud avant lui, y’a eu Antoine qui l’a précédé. Ils ont été récupérés, lavés et recyclés. La société les a matés et ils ont fini par s’agenouiller. Espérons pour lui que ça ne lui arrivera jamais, qu’ils ne l’auront pas et qu’il tirera le premier. Je veux parler de Hadadi Kaddour, alias HK, et de son groupe, Les Saltimbanques. Ancien du groupe rap Ministère des affaires populaires (MAP), cet enfant de Roubaix est actuellement l’un des meilleurs artistes de la scène française. L’écouter une seule fois, c’est l’adopter. C’est se dire que, Dieu merci, il y a encore des créateurs qui osent, innovent et s’engagent malgré un océan de nullités et de crétineries musicales qui font honte au pays de Brassens, Ferrat et Ferré.

Commençons par citer la chanson phare de son premier (double) album intitulé «Citoyens du monde». Cette chanson contestataire au rythme nerveux s’appelle «On lâche rien» et son refrain a été scandé à l’automne dernier par nombre de manifestants contre la réforme des retraites mitonnée par Nicolas Sarkozy et son gouvernement.

Extrait (avec la musique, c’est mieux):

«Du fond d’ma cité HLM

Jusque dans ta campagne profonde

Not’ réalité est la même

Et partout la révolte gronde

Dans c’monde on n’avait pas not’ place

On n’avait pas la gueule de l’emploi

On n’est pas né dans un palace

On n’avait pas la CB à papa

SDF, chômeurs, ouvriers

Paysans, immigrés, sans papiers

Ils ont voulu nous diviser

Il faut dire qu’ils y sont arrivés

Tant qu’c’était chacun pour sa gueule

Leur système pouvait prospérer

Mais il fallait bien qu’un jour on s’réveille

Et qu’les têtes s’remettent à tomber

ON LACHE RIEN !».

Ne rien lâcher, c’est ce qui motive HK. Pas uniquement sur la question des retraites mais sur d’autres fronts où la gauche, du moins celle qui prétend pouvoir gouverner (suivez mon regard ) fait bien pâle figure. A l’heure où se dire antiraciste provoque ricanements et mises en accusation, à l’heure où dire que le monde ne peut plus continuer ainsi avec autant d’inégalités mène à se faire traiter de naïf ou de dangereux gauchiste, à l’heure où UMP et Parti socialiste c’est kif-kif bourricot à propos des questions sociales, à l’heure où on peut aller en prison pour avoir donné un repas chaud à un sans-papier, à l’heure où protester contre le sort des sdf et des sans-abris équivaut à hurler contre les sirènes hurlantes de la com’ gouvernementale, il est bon d’entendre les paroles de Hadadi Kaddour.

Extrait numéro deux (là encore, avec la musique, c’est bien mieux):

«A c’qui parait la France va bien, alors pourquoi j’tire la tronche

D’ailleurs tout l’monde doit être heureux vu qu’y a plus personne qui bronche

Il vaudrait mieux que j’me taise ou alors que j’fasse semblant

De croire enfin à leurs foutaises, et qu’j’dise merci au président

( )

Si y a des clochards en France c’est bien qu’ils l’ont choisi

Si ils préfèrent être SDF c’est une question de mode de vie

Si les restos du cœur font l’plein, c’est qu’y a plein de profiteurs

Si y a autant d’chômeurs ici c’est qu’les Français sont des glandeurs».

Dans ce double-album, l’engagement d’HK résonne dans presque toutes ses compositions. Il chante ainsi Jérusalem («Al-Qods»), revendique une «identité internationale» – chanson qui mériterait d’être dédié au duo Hortefeux-Guéant – et se paie avec brio la tête du mari de Carla Bruni dans une chanson («Ma parole») que l’on n’est pas près d’écouter sur les grandes radios, chaque jour, un peu plus verrouillées.

Extrait numéro trois, toujours sans musique, j’en suis désolé:

«Oh peuple de France, je n’te mentirai pas

Je n’te trahirai pas, je n’te décevrai pas

Comme je disais l’autre soir à mon vieil ami Johnny

Je vais te redonner l’envie d’avoir envie

Je fais des miracles comme une sorte de messie

J’ai fait revenir d’outre-tombe Mireille Mathieu et cie

Si tu es malade, donne-moi la main, tu seras guéri pour de bon

Mais si tu ne veux pas que je te touche, hé bien casse-toi pauv’ con!».

Reggae, rock, raï, rap, chants kabyles, folklore sud-américain, rythmes africains, chaâbi algérois, malouf constantinois mais aussi bal musette et chants populaires de France: tout cela se retrouve de manière harmonieuse dans la musique d’HK et des Saltimbanques qui l’accompagnent. A ce sujet, et sans vouloir faire de jaloux, mentions spéciales à Manuel Paris pour ses jeux de guitare, à Saïd «Toufik» Zarouri, grand «ambianceur» avec ses «walou» dans «On lâche rien», à Nacera Mesbah et au groupe Tighri Uzar (la voix des racines) pour leurs chœurs notamment dans «La maman». Une chanson à la fois festive, dansante et même drôle mais ô combien tendre et émouvante car elle dit bien des choses à propos de ces mères venues du sud de la Méditerranée et dont certaines ont vécu dans la détresse et l’impuissance le fait que leurs fils prennent de mauvais chemins.

Extrait numéro quatre (sans la musique et, hélas, sans l’accent aussi):

«Ya mon fils ! Vraiment je comprends pas

Moi, je t’ai donné toujours l’amour

J’ai occupé de toi, tous les jours

Pourquoi la police, elle vient chez moi

J’ai occupé de toi tous les jours

Pourquoi la police, elle parle comme ça?».

De la (très) bonne musique, de bons arrangements, des textes qui veulent dire quelque chose et que l’on se surprend à chantonner toute la journée, des rythmes entraînants: voilà donc un album à ne pas rater.

Terminons en mentionnant trois gros tubes potentiels qui, si le monde de la promo musicale n’était pas aussi sclérosé, devraient déjà cartonner sur toutes les ondes et sous tous les cieux.

Le premier, «Salam Alaykoum», est un hymne à l’hospitalité qui parlera à toutes celles et tous ceux qui ont quitté leur pays, de manière définitive ou pour quelques jours à peine.

Le deuxième, «On s’ra jamais les Beatles», est un excellent rock, un brin désabusé, qui dit bien comment passion peut rimer avec galère mais n’est-ce pas là une marque temporaire, on l’espère du talent?

Enfin, le troisième tube s’intitule «Niquons la planète» (c’est HK qui le dit, pas moi!), monument de dérision que les grands pollueurs pourraient adopter comme devise. Pas sûr pourtant que ça plaise aux écolos qui n’aiment pas qu’on s’amuse avec ce genre de chose. Pas sûr non plus que les parents apprécient que leurs bambins reprennent ce refrain en riant aux éclats mais ils sauront être indulgents car on pardonne tout à la bonne zik

P.S : Le présent chroniqueur remercie, en son nom et celui de ses lecteurs, le distingué linguiste du vieux-Ténès pour lui avoir fait découvrir cet artiste et sa musique.


on peut accéder à certains extraits sur Internet:

http://www.myspace.com/hksaltimbank

PARIS – 8 SEPTEMBRE 2011: « MONDE ARABE – ÉLITES ARABES »

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MONDE ARABE ÉLITES ARABES

JEUDI 8 SEPTEMBRE2011

18h30

[PARIS

CENTRE CULTUREL ALGÉRIEN->http://www.cca-paris.com/]

171 rue de la Croix-Nivert 15ème


TRANSPORTS

MÉTRO

Station Félix Faure (179 m)

2, Avenue Félix Faure – 75015 Paris

ou Station Commerce (359 m)

16, Place du Commerce – 75015 Paris

STATION VÉLO

Station Vélib’ Lambert (172 m)

102, Rue de la Croix-Nivert 75015

Station Vélib’ Groult (231 m)

202, Rue Lecourbe – 75015 Paris

PARKING PUBLIC:

Garage Latour (226 m)

229 Rue Lecourbe – 75015 Paris


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Monde Arabe

Elites Arabes

Cette conférence programmée à Paris le jeudi 8 sept 2011 à 18h30 au Centre Culturel Algérien s’inscrit dans une progression logique d’un cycle de 7 conférences centré autour du thème : «Processus de développement»

Résumé de la conférence

La question des Elites Arabes s’est posée pour nous à trois reprises:

à la fin des années 90,

en 2002 avec la parution du rapport PNUD sur le Monde Arabe

et, bien sûr, au cours de l’année 2011 dans ce qui est appelé le «Printemps Arabe».

En effet, à la fin des années 90, dans le cadre d’un atelier au Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC) sur «pays émergent et mondialisation» une question s’est posée:

L’Algérie peut-elle encore se développer ?

La réponse «oui mais…» passait par une identification des déterminants et présupposés ainsi que l’utilisation du Théorème de Gödel (Indécidabilité).

« Oui mais … », dans le cadre d’un ensemble régional plus grand: le Maghreb.

Ensemble plus grand, certes, mais en réalité, Marché plus grand.

Toutefois le Marché Maghrébin n’était que l’un des quatre grands marchés qui pouvait composer le grand Marché Arabe; Les trois autres étant El Khalij (le Golfe Arabe), Le Machreq et La Corne de l’Afrique.

C’est ce travail qui a été la matrice de la première conférence.

Les conférences suivantes allaient poursuivre cette réflexion et aborder d’autres aspects comme celui des Elites, des Finances ou encore celui de la Modernisation et de la Modernité.

_____

En 2002, Le Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD) publie le rapport sur le Développement Humain du Monde Arabe avec les Trois Grandes Tâches (TGT): Savoir, Liberté et Femmes.

Ce rapport, et en particulier celui sur les Libertés, allait reposer la problématique des

Elites Arabes : mission, rôle et tâches.

Car c’est sur les Elites que repose principalement le processus de développement.

Bien sûr, il fallait d’abord clarifier et cerner cette notion elle-même.

Cela a été formellement abordé lors de notre conférence à Beyrouth où nous avions rapproché les termes «Universitaires, Intellectuels et Elites».

Ces dernières ont été caractérisées entre autres par

Leur vision (par ailleurs complexe)

En rapport avec une perception des dynamiques profondes de leur société.

Tout cela permettant aux Elites de fournir une représentation claire du développement tant du point de vue

  • du modèle
  • que du processus lui-même.

Vu sous cet angle, ce rôle est donc capital pour l’ensemble de la société.

_____

Et plus récemment en 2011, le «Printemps Arabe» a reposé une nouvelle fois cette question des Elites Arabes à travers une nouvelle question:

Ces dernières ont-elles joué leur rôle ?

À signaler enfin que la conférence sur les Elites Arabes s’est prolongée par un travail de recherche, en cours, impliquant trois centres de recherche («Projet ABC»: A=Algérie B=Beyrouth C=Caire) ainsi qu’un contact avec Kadir University d’Istanbul.


Sommaire général du cycle des conférences

Le cycle des 7 conférences s’est déroulé au Palais de la Culture d’Alger entre 2010 et 2011 à raison d’une par mois.

Partie 1. Les trois sociétés « Actuelles »

  • Chapitre 1 : Celles des pays « dits émergents » 
    • Conférence 1 : Peut-on encore se développer : les pessimistes et les optimistes
    • Conférence 2 : Le rôle des Elites
    • Conférence 3 : Le rôle des Finances
    • Conférence 4 : Le risque : Modernisation Modernité
  • Chapitre 2 : Conférence 5 : Un ensemble émergent ? : Le Monde Arabe et ses Elites.
  • Chapitre 3 : conférence 6 : L’Europe : que manque-t-il encore à son « développement » ?

Partie 2. La société « Nouvelle »

Conférence 7 : – Société « Nouvelle », « Future », ou de «Demain »?

  • Le recadrage « technologique »: Robots et intelligence artificielle
  • Le recadrage « humain»: Relations interpersonnelles et domaine cognitif


15-18 SEPTEMBRE 2011 – PARIS: « LE PRINTEMPS DU CINÉMA ARABE »

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Le Printemps du Cinéma arabe

15 au 18 septembre 2011

Cinéma La Clef

34, rue Daubenton – Paris 5ème

***

Les séances en présence des réalisateurs ou producteurs seront suivies d’un débat.


Jeudi 15 septembre

14h00


Al Saddadah (Le Bouchon)

de Ayesha Al Muqla, Bahrein (2009)

«Je crois en mes droits. Je crois à la liberté de parole»


Beyrouth : Vérités, Mensonges et Vidéos

de Maï Masri

Palestine-Liban (2006) 70’ (doc)

Beyrouth février 2005. Au lendemain de l’assassinat du Premier Ministre, Rafik Hariri, des milliers de libanais, toutes confessions confondues, occupent la Place des Martyrs, pour réclamer le départ de l’armée syrienne, et imaginent un nouveau Liban.


Jeudi 15 septembre

16h00


“Tala’eh” (Avant-gardes)

du Collectif Abounaddara

Syrie (2011) 1’30

Les écoliers de Syrie sont obligatoirement affiliés aux avant-gardes du parti Baas…


“Attention” (Intabih)

de Akram Agha

Syrie (2005) 3’ (animation)

Lorsque la terreur règne sur le monde, nos enfants sont des futurs terroristes…


“Déluge au pays du Baas”

de Omar Amiralay

Syrie-France (2003) 46’ (doc)

Omar Amiralay retourne, 33 ans après, sur le lieu de son premier tournage à « El Machi », village gouverné par un chef de tribu et régenté par son neveu, à l’image de la Syrie que le parti Baas façonne depuis des décennies, sans partage.


“Six histoires ordinaires”

de Meyar Al Roumi

Syrie-France (2007) 62’ (doc)

Damas : six chauffeurs de taxi à se livrent dans l’habitacle intime de leur véhicule avec tout le sarcasme et la vérité de ceux qui vivent sans trop savoir de quoi demain sera fait.


Jeudi 15 septembre

18h00


Sans Plomb

de Sami Tlili

Tunisie (2006) 7’

Un jeune homme désespéré se rend à une station-service de son quartier pour faire le plein de son jerrican…


“Noce d’été”

de Moktar Ladjimi

Tunisie-France (2004) 94’

Hamid, la trentaine est journaliste et défend sa liberté d’expression. Célibataire il tente difficilement d’échapper aux normes sociales qui l’obligent au mariage.


Jeudi 15 septembre

20h00

Soirée d’Ouverture


Histoire d’une révolution

de Nagy Ismaïl sur un poème de Ahmad Haddad

Egypte (2011) 11’30

Dis-moi quel âge as-tu ? Et moi, j’en ai combien ? Mon dos s’est courbé et je pense avoir un million d’années. J’étais endormi à l’ombre des rideaux, mais les évènements de janvier m’ont rajeuni…

En présence du réalisateur


“Sur la planche”

de Leïla Kilani

Maroc-France (2011) 106’

« Les révolutions arabes ne se sont pas faites en un printemps. Cette génération-là, c’est ma génération. Il y a une communauté de comportements, un refus de l’aliénation de l’individu, telle qu’on la subit depuis 40 ans…». Leila Kilani

En présence de la réalisatrice (sous réserve)


Vendredi 16 septembre

14h00


“Domia”

de Reem Al Bayat

Arabie Saoudite (2010) 7’ (expérimental), (vost anglais)

Aseela rêve de liberté, son enfance n’est pas encore terminée qu’on la force à se marier.


“L’Ascenseur”

de Hadeel Nazmi

Égypte (2004) 13′

Une jeune fille prisonnière dans une cage d’ascenseur, reçoit un appel d’un jeune homme sur son portable. La conversation s’enclenche et petit à petit elle se dévoile…


“Elles, confessions nocturnes”

de Ferdaous Aït Laghdir

Maroc (2011) 16

…la meilleure chose c’est de suivre ce chemin, jusqu’à ce que tu meures ou que tu vives ou qu’ils te tuent, tout peut arriver sur ce chemin…


“Vivre” (El ‘Icha)

de Walid Tayaa

Tunisie (2010) 17’

Hayet vit à Tunis avec sa mère âgée accro aux chaînes TV islamiques. Opératrice dans un centre d’appels français délocalisé, ses jours s’engluent dans une routine pesante…


Tiraillement

de Najwa Limam Slama

Tunisie (2010) 18’

Tout oppose deux sœurs : Zeineb, le voile et la prière, Lilia, les clips à la mode et la fête. Le cœur de Skander, un jeune étudiant, balance entre les deux…


On ne mourra pas

d’Amal Kateb

Algérie-France (2010) 20’

Un vendredi de l’été 1994. Salim revient dans sa ville, Oran. Il retrouve Houria, la femme qu’il aime, cachée dans un appartement. Pour fêter leurs retrouvailles, Salim sort une bouteille de vin. Mais Houria n’a pas de tire-bouchon …


Vendredi 16 septembre

16h00


Je suis celle qui porte des fleurs vers sa tombe

de Hala Abdallah et Ammar El Beik

Syrie-France (2006) 110’ (doc)

« La carte de mon pays, la Syrie se résume à des amis et des routes de repérages pour mes films en attente depuis 20 ans.» Un puzzle en noir et blanc qui dit la prison et l’exil, l’amour et la mort mais aussi la poésie.

En présence de la réalisatrice


Vendredi 16 septembre

18h00


En attendant Abou Zayd

de Mohammed Ali Atassi

Liban-Syrie (2010) 82’ (doc)

Portrait du penseur Nasr Hamed Abou Zayd, théologien musulman égyptien, auteur d’exégèses du Coran qui lui ont valu d’être condamné pour apostasie…

En présence du réalisateur (sous réserve)


Vendredi 16 septembre

20h00


“Regueb”

de Makram Ayari et Emile Flamant

Tunisie (2011) 1’35

Le vent souffle la révolution jusque dans les campagnes…


“Le Mur”

de Rafik et Aymen Omrani

Tunisie (2011) 4’50

Regueb, Tunisie. Quand le mur raconte une révolution…


“Abou Abdo le conteur”

du collectif “ Le Peuple syrien connait le chemin”

Syrie (2011) 4’40 (animation)

Sous la forme d’un conte, l’histoire de la Syrie, de ses dirigeants et de son peuple…


“Vibrations”

de Farah Khadhar

Tunisie- France (2011) 7′

Une fresque épique d’un fragment de la révolution tunisienne traduite sous formes de vibrations perceptives, contemplatives et sonores.

En présence de la réalisatrice


“La Danse Orientale”

de Smai Amine

Maroc (2011) 12’ (docu-fiction)

Trois étudiants se remémorent les dernières révolutions du monde arabe…


“Les Bottes du général”

de Akram Agha

Syrie (2008) 14’20 (animation)

La fin du règne des bottes…


“Wanted”

de Ali Essafi

Maroc (2011) 27’ (doc) (vost anglais)

Les années soixante-dix au Maroc. Les révoltes étudiantes revendiquent liberté et démocratie. Pour échapper aux arrestations de masse, Aziz accepte de vivre sous une fausse identité.


Vendredi 16 septembre

21h30


“Femmes du Caire”

de Yousry Nasrallah

Egypte (2009) 135’

Hebba, mariée à Karim, anime à la télévision, un talk-show politique. Ce dernier ambitionne une promotion dans la presse affiliée au gouvernement… Le couple est en danger …


Samedi 17 septembre

12h00


“Maza ba’ad?” (Than what?)

du Collectif Abounaddara

Syrie (2011) 2’20’

Et la suite?


“Pour un petit morceau de gâteau”

de Hala Mohamed

Syrie-E.A.U (2006) 52’ (doc)

Trois vies d’intellectuels syriens, anéantis par des années de détention, trois êtres en quête de leurs âmes perdues.

En présence de la réalisatrice


“Amina”

de Khadija Al Salami

Yémen-France (2006) 52’ (doc)

Amina, mariée de force dès son plus jeune âge, est soupçonnée du meurtre de son mari. Emprisonnée, elle est condamnée à mort. Elle s’évade deux fois, mais le monde extérieur étant plus dangereux, elle préfère retourner en prison.

En présence de la réalisatrice


Samedi 17 septembre

14h00


“Laïcité Inch’Allah”

de Nadia El Fani

Tunisie-France (2011) 75’ (doc)

Août 2010, en plein Ramadan et malgré la chape de plomb de la censure, Nadia El Fani filme une Tunisie qui semble ouverte au principe de liberté de conscience et au rapport à l’Islam… Trois mois plus tard, la Révolution éclate, Nadia est sur le terrain.

Avant-première en présence de la réalisatrice


Samedi 17 septembre

16h00


“Condamnations”

de Walid Mattar

Tunisie (2010) 15’

Banlieue de Tunis. Quatre amis passent leur temps dans un café. Les matchs de foot et les images de guerre diffusés par la petite télévision captivent leur attention et comblent leur ennui, indifféremment…

En présence du réalisateur


“Kamirat Maher”

de Mansour Albadran

Arabie Saoudite (2011) 16’ (vost anglais)

Maher, un ado apprenti photographe, décide de participer à un concours dont le thème est le « tourisme saoudien». Il sera confronté à différents interdits…


“Land of the heroes” (La Terre des héros)

de Sahim Omar Kalifa

Irak-Kurdistan-Belgique (2010) 17’ (vost anglais)

Irak 1988. Deux enfants voudraient regarder des dessins animés à la télévision. Mais il n’y a que les images de guerre…


“Short scenes from a long marriage”

(Brèves scènes pour un long mariage)

de Rania Attieh et Daniel Garcia
_Liban-U.S.A-E.A.U (2011)12’ (vost anglais)

Le vieux monde de Wafta et Kamil s’éteint. À travers la télévision et la radio parviennent les bruits du Printemps arabe….
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“Clean hands, dirty soap”

(Mains propres, savon sale)

de Karim Fanous

Egypte (2007) 25’ (vost anglais)

Au Caire, Hadi est un simple préposé aux toilettes, un homme modeste, humble et travailleur qui vit avec sa mère. Il est confronté sans cesse à la corruption.


Samedi 17 septembre

18h00


“Good Bye Moubarak”

de Katia Jarjoura

Liban-France (2011) 72’ (doc)

Le 25 janvier 2011, l’Egypte se soulève. Trois mois plus tôt, la colère grondait déjà. Révoltée par l’illégitimité des élections législatives et ses fraudes avérées, la rue égyptienne attendait son heure…

En présence de la réalisatrice


Samedi 17 septembre

20h00


“Tahrir”

de Stefano Savona

Italie-France (2011) 90’ (doc)

Le Caire, février 2011. Sur la place Tahrir on résiste, on apprend à discuter et à lancer des pierres, à inventer des slogans et à soigner les blessés, à défier l’armée et à préserver le territoire conquis — un espace de liberté où l’on s’enivre de mots…

En présence du réalisateur


Samedi 17 septembre

22h00


“Slingshot Hip Hop”

de Jackie Salloum

Palestine-U.S.A (2009) 89’ (doc)

« Je suis, tu rap, il s’exprime. Nous revendiquons, vous nous opprimez, elles se révoltent…» Le hip hop, outil de revendication culturel en Palestine.


Dimanche 18 septembre

12h00


“Section N°6”

de Nesrine El Zayat

Egypte (2009) 13’40 (doc)

Deux jeunes femmes, Rasha et Asmaa, militantes des droits de l’homme, racontent leur court séjour en prison après avoir été arrêtées au cours d’une manifestation.

En présence de la réalisatrice (sous réserve)


“18 jours au cœur de la révolution égyptienne”

de Mirit Mikhail et Farid Ismaïl

Egypte (2011) 26’ (doc)

est né la révolution du Lotus? Et tant d’autres questions auxquelles ce documentaire tente de répondre.

En présence des réalisateurs


Les Ateliers Varan-SEMAT au Caire

“4/2/2011”

de Mahmoud Fara

Egypte (2011) 6’ (doc)

“Quatre saisons”

de Noha Al Maadawy

Egypte (2011) 9’20 (doc)

“Liberté suspendue”

de Mayal Houssein

Egypte (2011) 11’ (doc)

“Karim”

de Omar Al Chami

Egypte (2011)11’46 (doc)

Définir son point de vue, situer son regard… pendant trois semaines, les Ateliers Varan et Semat ont accompagné un groupe de jeunes réalisateurs égyptiens dans leurs projets originaux de court-métrages documentaires sur le Caire aujourd’hui.

Séance présentée par un superviseur de l’atelier


Dimanche 18 septembre

14h00


“Remarking January 25- A Series of Six”

de Philip Rizk et Jasmina Metwali

Egypte (2011) 35’

De l’Intifada du Caire, à la chute de Moubarak, aux cris de colère des ouvriers de Mahalla et de Turah, à l’histoire tragique de Mohamed Zaghloul et à la lutte contre les anti-grévistes…six films sur les évènement allant du 28 janvier au 12 avril 2011.


“Après le 14 janvier”

de Donya Feki, Lou Galopa et Tomislav Jancar

Tunisie-France (2011) 40’ (doc)

Une mini-caméra, un enregistreur, un tournage sauvage à trois en Tunisie.

Regarder et écouter sans l’assistance sourcilleuse de la police de la communication…

En présence des réalisateurs


Dimanche 18 septembre

16h00


“Freedom WoBas” (Liberté et c’est tout)

Syrie (2011)

“Echec et mat”, 1’53

“L’amère vérité”, 2’06

2 sketches de la Web série humoristique.


“The End”

du Collectif Abounaddara

Syrie (2011) 2’40

Mausolée du Président Hafez El Assad. Rideau. Défile alors une longue liste des martyrs…


“La Longue nuit” (Al Layl al tawil)

de Hatem Ali

Syrie (2009) 94’

Un soir, trois prisonniers politiques sont libérés après des années de détention. La route du retour à la vie normale et vers leurs familles est très longue cette nuit-là…

En présence du producteur (sous réserve)


Dimanche 18 septembre

18h00


“Yasmine et la révolution”

de Karin Albou

France (2011) 7’

À Paris, Yasmine, une jeune fille tunisienne rend visite à son petit copain…

Mais la révolution du 14 Janvier 2011 trouble leur relation et la fait s’engager en politique…

En présence de la réalisatrice (sous réserve)


“Shankaboot”

de Amin Dora

Liban- GB, 2011, 72’ (web-drama)

Une sélection d’épisodes du premier «web drama» arabe qui raconte les aventures tragi-comiques de Suleiman, livreur de 15 ans et Zorro libanais! La réalité libanaise sous toutes les coutures traversée par un vent printanier…

En présence de la productrice


Dimanche 18 septembre

20h00

Soirée de Clôture


“Et maintenant on va où?”

de Nadine Labaki

Liban-France (2011) 100’

Avec pour toile de fond un pays déchiré par la guerre, dans un village isolé, des femmes chrétiennes et musulmanes rivalisent d’inventions pour empêcher leurs hommes de se battre.

Jusqu’où iront-elles pour préserver la cohésion de la communauté?


Dimanche 18 septembre

22 h00

Concert

Abir Nasraoui chanteuse tunisienne (Tunisie) accompagnée de ses musiciens

Ahmed Jebali : oud et direction artistique.

Jérôme Séguin : basse acoustique.

Oliviers Cahours : guitare.

Iyadh Labène : violon et alto.

François Verly: percussions.

Avec sa voix précieuse à la dimension poétique et spirituelle, sa maîtrise des différents répertoires où l’oriental et l’occidental se côtoient, Abir Nasraoui enchantera les fins connaisseurs de la musique arabe et sacrée.


Samedi 17 septembre

à 16h00 – Salle polyvalente

Table ronde:

Filmer la révolution

animée par Houda Ibrahim en présence de Nadia El Fani (cinéaste tunisienne), Katia Jarjoura, (cinéaste libanaise), Khadija Al Salami (cinéaste yéménite), Hala Abdallah (cinéaste syrienne), Haytham Hakki (producteur syrien) et Katia Saleh (productrice libanaise)

Plusieurs cinéastes dont les films sont montrés seront également dans la salle.

Année 2011. Année des grands bouleversements dans le monde arabe. L’histoire est en marche. Les peuples veulent reconquérir dignité, liberté et démocratie. C’est dans ce contexte que l’Association du Cinéma Euro Arabe présente Le Printemps du cinéma arabe.

Notre idée de départ était de montrer tant les films réalisés pendant et sur la Révolution que ceux qui l’annonçaient. Chemin faisant, nous avons réalisé combien un recul est nécessaire aux cinéastes pour construire leurs films sur la Révolution. Ce constat nous a conduit à établir une programmation qui met en valeur une diversité d’expressions filmiques. Dans la sélection, se sont télescopés les témoignages bruts de la réalité et la mise en scène artistique, de ces évènements forts de l’histoire, mais tous reflètent une dynamique chargée de sens, voire de poésie.

Depuis quelques années déjà, à l’instar du développement du cinéma égyptien indépendant, le cinéma arabe avait commencé sa révolution avec l’arrivée d’une génération assoiffée de liberté, qui avait su défier la censure et développer des moyens d’autoproduction, loin de toute interdiction.

Ce cinéma indépendant témoin du réel, a eu un temps d’avance et pris une valeur annonciatrice.

Aujourd’hui, la parole se libère. Une jeunesse sans rapport direct avec le cinéma, mais mue par les mouvements de libération, envahit la toile, invente son langage et expérimente son regard.

Ce langage varié et multiple est le fil conducteur de notre manifestation qui s’ouvre également à des pays qui aspirent au changement. Des productions du Golfe côtoient celles de Syrie, d’Egypte, de Palestine, du Liban et du Maghreb…

Le monde arabe crie ce slogan devenu mythique: « Le Peuple veut la chute du régime » (Al Shaab yourid iskat al nizam) et avec plus de cinquante titres venus de douze pays, ce « Printemps du cinéma arabe» s’en fait l’écho.

Source:

Al-Oufok

Vendredi, 02 septembre 2011

Avec les agences de presse

MAROC: DRISS El YAZAMI FACE à LUI-MÊME

ZINEB El RHAZOUI TANCE DRISS YAZAMI

Un élément du Makhzen intensément présent dans les sphères de le « gauche » européenne révélé par une femme digne et courageuse.

Il n’est pas le seul du genre au Maghreb des imposteurs dans l’Europe démocratique.

Et Zeinab El Ghazoui n’est pas seule non plus.

http://www.youtube.com/watch?v=chXIa0Iyk9s&feature=youtu.be

MANIFESTATIONS GÉANTES EN ISRAËL POUR DES CHANGEMENTS SOCIAUX

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Des centaines de milliers d’Israéliens ont défilé samedi soir dans différentes villes du pays pour réclamer une baisse du coût de la vie ainsi que des changements sociaux, gagnant leur pari d’une forte mobilisation pour faire pression sur le gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Cette plus grande manifestation dans l’histoire d’Israël a rassemblé plus de 450.000 personnes selon les organisateurs, au moins 300.000 d’après la police, un chiffre à rapporter aux 7,7 millions d’habitants que compte l’Etat juif.

Cette pression publique, qui a d’abord été le fait de groupes d’étudiants installés sous des tentes, a augmenté spectaculairement depuis juillet pour devenir une mobilisation de classes moyennes à l’échelle du pays.

« Toute une génération veut un avenir », proclamait une banderole brandie à Tel Aviv. Des manifestants sont aussi descendus dans les rues de Haïfa ou de Jérusalem. Certains criaient « le peuple exige la justice sociale ».

« Ce soir, c’est le moment culminant d’une protestation historique », a déclaré Amir Rochman, 30 ans, militant du parti israélien des Verts.

Les promoteurs de la manifestation avaient qualifié ce samedi de « moment de vérité ».

Même si la participation n’a pas atteint le million de personnes un moment espéré, les commentateurs estiment que le mouvement marquera l’histoire d’Israël en propulsant les questions économiques au coeur de la politique israélienne, longtemps dominée par les questions de sécurité et de diplomatie. Les réseaux sociaux ont également joué un rôle dans la mobilisation, inspirée en partie par le printemps arabe.
« Ce soir, la société va se diviser entre un ancien type d’Israélien qui se contente d’accepter les choses comme elles sont et un nouveau type qui va se joindre à nous pour insister en faveur du changement », a dit un dirigeant du mouvement, Itzik Shmuli, responsable du syndical national des étudiants.

Bien que le pays connaisse un faible taux de chômage (5,5%) et un taux de croissance élevé, les disparités salariales inspirent des frustrations à beaucoup d’Israéliens. Une forte proportion de manifestants viennent des classes moyennes, qui supportent un lourd fardeau fiscal.

Face à des manifestations hebdomadaires, Benjamin Netanyahu a mis sur pied un comité d’experts qui étudie une révision de la politique économique. Le gouvernement a également annoncé des réformes en matière de logement et de consommation.

Le Premier ministre a cependant averti qu’il ne serait pas en mesure de satisfaire aux revendications de tous les manifestants, qui vont des réductions fiscales au développement de l’enseignement gratuit en passant par une augmentation des budgets affectés au logement.

« Des priorités doivent être fixées, une chose se fait aux dépens d’une autre », a déclaré samedi Roni Sofer, porte-parole du Premier ministre, sur Radio Israël. Il a souligné que le gouvernement ne saborderait pas son budget.

Les organisateurs du mouvement ont annoncé une pause dans les manifestations au cours des prochaines semaines afin de donner au comité d’experts le temps de livrer ses conclusions, mais Itzik Shmuli, le dirigeant étudiant, a assuré lors du rassemblement de samedi que le mouvement était « là pour durer ».

Même si le gouvernement de coalition ne semble pas immédiatement menacé, ces manifestations soulignent l’impact électoral potentiel d’une classe moyenne rassemblée sous la bannière de la justice sociale.

Dimanche, 04 septembre 2011

Rédaction Al-Oufok

Avec les agences de presse

AGRESSION DE L’OTAN OU RÉVOLUTION POPULAIRE?

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Hocine Belalloufi

Lundi 29 Août 2011

Les observateurs du conflit libyen se demandent de plus en plus si le CNT sera capable de préserver l’unité de toutes les forces qui s’opposaient à Kadhafi. Les mois qui viennent apporteront une réponse à cette question. Mais en attendant, il s’agit déjà de tenter de saisir ce qui s’est passé.

La prise de contrôle de Tripoli par les rebelles du CNT appuyés par les forces armées de l’Otan semble avoir scellé le sort du régime d’un Kadhafi en fuite. Mais au-delà des combats qui se poursuivent et dont personne ne sait quand ils s’achèveront, une guerre médiatique et politique intense oppose les deux camps autour du sens à donner à cette «victoire». Pour les vainqueurs du moment, les rebelles et leurs parrains impérialistes, nous venons d’assister, en droite ligne du «printemps arabe», à la victoire d’une révolution populaire qui a renversé un régime dictatorial fou. Pour les partisans de Kadhafi, nous avons plutôt affaire à une occupation déguisée de la Libye par les troupes de l’Otan.

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Une agression impérialiste caractérisée

Contrairement à ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte, la «révolution libyenne» a revêtu une forme militaire. Ce fait, à lui seul, ne suffit pas à disqualifier la rébellion. Les forces armées ne sont nulle part extérieures à leur société. Elles subissent inévitablement les contrecoups des évolutions et des événements qui s’y déroulent, même si elles le font à un rythme qui leur est propre et selon des mécanismes et voies spécifiques. Aussi hermétiquement protégée de la contagion extérieure que le pensent à tort certains dirigeants militaires et politiques, l’armée ne peut, comme par miracle, échapper aux crises qui secouent un pays. Le fait que la rébellion contre Kadhafi ait éclaté au sein même de l’armée et ait pris une forme militaire ne disqualifie donc pas, par principe, cette rébellion.

Ce qui, en revanche, ne fait pas le moindre doute, c’est le rôle militaire décisif de l’Otan qui a suppléé au déséquilibre du rapport de forces entre le pouvoir libyen et l’opposition afin de permettre à cette dernière de triompher. En dépit de la puissance de la propagande occidentale, plus personne n’ignore aujourd’hui que les forces armées de l’Otan se sont d’abord assurées la maitrise totale de l’espace aérien local afin d’interdire aux avions et hélicoptères libyens de se déployer. Elles se sont attaquées à tous les engins volants ainsi qu’aux installations au sol (radars, hangars, entrepôts de ravitaillements, arsenaux…). De même ont-elles neutralisé les forces navales loyalistes.

Outrepassant sans vergogne les termes de la résolution 1973, l’aviation de la coalition a ensuite attaqué directement les troupes au sol du colonel Kadhafi (blindés, véhicules de transport de troupes, engins divers, stocks d’armes, casernes…) afin, dans un premier temps, de stopper l’offensive de l’armée libyenne contre Benghazi. La prise de ce fief des rebelles aurait en effet permis au pouvoir de Tripoli d’écraser ses opposants dans l’œuf. Dans un second temps, les missions aériennes de l’Otan ont affaibli les places fortes de l’armée qui ne pouvait plus se déployer librement. Dans un troisième temps enfin, l’aviation alliée a assuré la couverture aérienne de la contre-offensive rebelle.

Même si certains défenseurs maladroits de Kadhafi affirment que ce sont les troupes de la coalition qui ont mené les combats, il est clair que l’Otan n’a pas envahi militairement la Libye, contrairement à ce qu’elle a fait en Afghanistan par exemple. L’offensive de l’Otan a conjugué bombardements aériens (avions de combats, hélicoptères, drones) et tirs de missiles mer-sol à partir de navires intervenant au large des côtes libyennes. Elle a aussi comporté la fourniture d’armes à l’opposition et des actions de formation, de renseignement et de combats au sol menés par des forces spéciales aéroportées, britanniques et françaises notamment.

Nous avons assisté, en Libye, à une guerre classique opposant deux armées, mais à une guerre asymétrique. Asymétrique au profit de Kadhafi au tout début du conflit, avant l’intervention de l’Otan.

Asymétrique au détriment de Kadhafi ensuite, de la date d’entrée en guerre de l’Otan jusqu’à celle de la chute du Guide.

Le conflit opposait alors les forces armées d’un petit pays à l’alliance la plus puissante de la planète appuyant une rébellion locale.

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La défaite de Kadhafi est avant tout politique

Quels que soient les motifs invoqués par la rébellion, les coalisés et ceux qui les soutiennent, il est clair que l’intervention des troupes de l’Otan a changé la nature du conflit qui s’est mué en une agression impérialiste contre un Etat souverain. Les motivations des coalisés sont connues. Elles sont à la fois économiques (pétrole, gaz…), géostratégiques (place de la Libye par rapport au Sahel, à l’Afrique, à la Méditerranée et au Moyen-Orient…), mais aussi très politiciennes. Les Obama, Sarkozy, Cameron et autres Berlusconi en difficulté dans leur pays respectifs ont besoin de «victoires» sur le plan extérieur afin de redorer quelque peu leurs blasons ternis.

Mais contrairement à ce qu’avancent souvent les soutiens inconditionnels de Kadhafi, ce n’est pas le déséquilibre strictement militaire entre les deux protagonistes (Libye et Otan) qui a perdu le régime Kadhafi. En Libye comme ailleurs, la défaite et la victoire se jouent, comme toujours, sur le terrain politique. On ne comprendrait pas, autrement, pourquoi Cuba a réussi à résister victorieusement à l’embargo, aux agressions et autres tentatives de déstabilisation fomentés par les Etats-Unis depuis plus d’un demi-siècle.

Le régime libyen a perdu la bataille politiquement et ce, sur les deux fronts décisifs où elle se jouait.

Il s’est d’abord retrouvé isolé sur le plan international. À l’instar de ce qu’elles ont fait à propos de l’Irak en 1991, les puissances occidentales (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis…) ont réussi à créer une large coalition politique internationale contre Kadhafi. Elles ont obtenu le feu vert de la Ligue arabe ainsi que la caution passive des Etats membres permanents (Russie et Chine) ou non (Afrique du Sud, Nigéria…) du Conseil de sécurité de l’ONU qui étaient pourtant en mesure d’empêcher les va-t-en guerre de l’Otan d’enjoliver leur agression par des artifices juridiques et diplomatiques. Leur agression a alors été bénie par la «communauté internationale».

Le régime libyen, de son côté, n’a pas réussi à forger une contre-coalition internationale crédible et efficace, en dépit de quelques initiatives de l’UA qui a confirmé à l’occasion, comme en Côte-d’Ivoire, son impuissance. Il n’a pas davantage été en mesure de se placer, comme le fait le régime de Damas, sous l’aile protectrice d’un puissant parrain du Conseil de sécurité (Russie et/ou Chine).

C’est ensuite et surtout sur le terrain politique interne que le régime Kadhafi a perdu la bataille. Il s’est très rapidement fissuré, des militaires, des ministres, des diplomates et autres fonctionnaires participant à la formation du CNT ou le rejoignant dans les premières semaines de sa création. Le pouvoir du colonel a ainsi payé cash son caractère dictatorial, corrompu et familial. Le fait de considérer le CNT comme le cheval de Troie des grandes puissances occidentales ne doit pas amener à refuser de voir qu’une partie même minime de la population a pris les armes pour affronter le régime. Le pouvoir était déjà confronté à une rébellion armée islamiste dans la partie Est de son territoire depuis le milieu des années 1990. Fief de la confrérie des Sénoussis qui ont joué un rôle historique très important dans la création de l’Etat libyen, la Cyrénaïque voyait la situation sociale de sa population se dégrader, à la suite des divers embargos imposés par les Etats-Unis puis par l’ONU, alors que la richesse s’accumulait à l’ouest, dans la Tripolitaine. La rébellion islamiste armée s’avérait toutefois incapable de renverser le régime par ses propres moyens ni même de s’emparer de Benghazi. C’est l’approfondissement de la crise sociale et politique, dans le cadre du nouveau contexte politique arabe de 2011, qui a poussé une autre partie du régime et de la population à franchir le cap et à entrer en rébellion ouverte. D’où la prise de Benghazi qui a permis le ralliement de toutes les oppositions éparses du pays.

Mais la raison politique principale de la défaite de Kadhafi tient dans le refus de la majorité de la population – y compris dans son fief de l’ouest (Syrte et Tripoli notamment) – de s’engager activement (politiquement et militairement) pour défendre le régime. Un tel refus signifie que ce dernier avait perdu l’hégémonie au sein de son propre peuple et qu’il se maintenait exclusivement par la peur qu’il inspirait. Que la force vienne à lui manquer et les Libyens, dans leur majorité, ne bougeraient pas pour le sauver, en dépit du caractère d’atteinte à la souveraineté nationale que représente l’agression de l’Otan. On peut, comme en Irak, regretter ce manque d’engagement populaire. Mais on ne peut l’ignorer, tant il est le fruit d’une dépolitisation dont la responsabilité incombe d’abord et avant tout au caractère dictatorial du régime.

L’accaparement du pouvoir par la famille Kadhafi ne pouvait par ailleurs que fragiliser le régime lui-même en provoquant un sourd mécontentement en son sein.

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Les causes profondes de la défaite

Certains, à l’instar de Seif El Islam Kadhafi, affirment aujourd’hui que l’erreur du régime est d’avoir abandonné la fabrication de l’arme nucléaire et de missiles balistiques et d’avoir cessé d’acheter des armes modernes à la Russie. Il affirme à juste titre qu’il ne faut pas faire confiance à l’occident et qu’il convient au contraire d’être fort.

Mais parce qu’il est à la tête d’un régime dictatorial, il ne saisit pas que la force est politique avant d’être militaire.

Certes, la marginalisation de l’armée libyenne – à la suite de sa défaite dans la guerre du Tchad en 1987 – au profit des Comités révolutionnaires (10 000 membres) et des Gardes de la Jamahiriya (40 000 membres) a incontestablement affaibli les forces de défense du pays. Mais croire que la possession de l’arme nucléaire et de quelques missiles auraient suffi à la Libye pour l’emporter face à l’Otan démontre que le fils du Guide déchu a perdu le sens des réalités. Que les peuples de la région du Grand Moyen-Orient (Mauritanie au Pakistan) se dotent de l’arme nucléaire pour rétablir l’équilibre face à Israël est une chose. En ce sens, la volonté même non déclarée de l’Iran de se doter d’une telle arme, est légitime. Mais croire qu’un petit pays ou même quelques petits pays peuvent faire contrepoids à l’Otan en matière d’armement classique et nucléaire est une erreur.

L’arme de défense absolue face aux tentatives d’ingérence réside dans la cohésion politique entre dirigeants et dirigés. Or, cette cohésion ne se décrète ni ne s’impose, mais se forge dans le temps et par des actes. Elle doit être librement consentie et reposer sur la confiance. Encore faut-il que les dirigeants soient perçus comme légitimes, c’est-à-dire que leur pouvoir émane de la volonté populaire librement exprimée et qu’ils puissent être remerciés en cas d’échec. Il convient également que ces mêmes dirigeants satisfassent les besoins sociaux élémentaires de la population (emploi, logement, santé, alimentation, éducation) et empêchent l’émergence d’inégalités sociales et de la corruption.

Tel ne fut pas le cas en Libye. Le passage à l’économie de marché, amorcé en 1988 par la reconnaissance du commerce privé, interdit depuis 1973, et la suppression des subventions aux prix d’un certain nombre de produits de base (blé, thé…) a ouvert la porte aux inégalités sociales et à la formation d’une couche de nouveaux riches, d’affairistes et de corrompus… L’explosion du commerce informel, en particulier avec Malte, donnera l’occasion aux responsables des Comités révolutionnaires de contrôler les activités économiques et financières du pays. Certains s’enrichiront en inondant le marché libyen de produits étrangers, en ouvrant des agences de voyage à Malte et à Chypre, en créant des sociétés de transport…

Parallèlement, les réformes libérales autorisaient, à compter de 1990, la fermeture des entreprises publiques en faillite, la réduction des effectifs de fonctionnaires… Sous l’effet de l’effondrement des prix du pétrole (1986) et de l’embargo américain, les revenus du pays diminuaient sensiblement. L’accroissement des importations et la convertibilité du dinar (1993) provoqueront une dévaluation du dinar libyen et une inflation, sources de détérioration du pouvoir d’achat des fonctionnaires. Peu employés dans les hydrocarbures, l’industrie, le bâtiment, les entreprises de nettoyage, la santé, l’enseignement supérieur… du fait du recours à une immigration massive (plus d’un million et demi de travailleurs étrangers) nombre de jeunes vont devenir trabendistes. On assistera alors au développement d’une mentalité individualiste, les nouvelles générations étant obnubilées par le gain facile, le luxe…

Le processus de libéralisation va s’accélérer à compter de 2003 avec l’encouragement au secteur privé, l’institution d’une Bourse des valeurs, la décision d’adhérer à l’OMC et de coopérer avec le FMI, la création de zones de libre-échange (Benghazi et Muserata), un programme de privatisation de 360 entreprises publiques, l’ouverture aux entreprises étrangères…

Le passage à l’économie de marché d’anciennes économies étatisées se traduit par l’émergence d’une bourgeoisie compradore dont l’unique ambition est l’émergence d’une société consumériste. Se suffisant d’un rôle d’intermédiaire au profit des grands groupes industriels, commerciaux et financiers étrangers, cette classe est dénuée de toute conscience nationale, de tout patriotisme. Elle est prête à se mettre au service de grandes puissances occidentales. Produit de la politique du régime Kadhafi des années 2000, cette couche sociale en constitue en même temps le symbole. Or, c’est elle qui l’a trahi en se joignant directement à la rébellion ou en l’abandonnant face à l’offensive de l’Otan.

En recourant par ailleurs à une immigration massive de travailleurs étrangers, le régime a empêché la formation et la consolidation d’un vaste monde du travail salarié autochtone. Si cela lui a permis de se prémunir contre l’émergence d’une force sociale nombreuse, concentrée, consciente et organisée dans de puissants syndicats, cela l’a également privé d’une force politique moderne et patriote à même de s’opposer aux tentatives d’ingérence étrangère.

On peut dès lors affirmer que la conversion au libéralisme a représenté, pour le régime libyen, un véritable suicide politique.

La logique de la mondialisation néolibérale est implacable. Parce qu’elle fonctionne au service de l’économie des grandes puissances (G7), il s’avère impossible de l’accepter, de s’y intégrer tout en conservant son indépendance. Les Etats qui s’y soumettent sont pris en tenaille entre, d’un côté, la puissance économique, financière, politique, voire militaire des grandes puissances et, de l’autre, les nouvelles couches sociales privilégiées qu’elle produit localement et qui jouent le rôle de cinquième colonne. Les régimes n’ont alors d’autre issue que de se soumettre ou d’être évincés.

L’ ALGÉRIE SUR LE FIL DU RASOIR

L’Algérie n’a pas été inscrite sur la liste des Etats faisant partie de «l’axe du mal» établie par les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux. Ce n’est pas pour autant que ces puissances ne nourrissent pas à son encontre le dessein d’entreprendre contre elle une opération de déstabilisation du type de celles qu’elles ont menées ou mènent dans ces «Etats de l’axe du mal» et dont le but final est leur dislocation et l’extinction de la menace qu’ils sont censés faire peser sur les intérêts multiformes de l’Occident dans les zones où ils se situent.

Même si depuis deux décennies, l’Algérie a remisé au placard sa flamboyante ambition au leadership de la contestation internationale de la politique impériale des Etats-Unis et qu’elle entretient des relations pacifiées avec ce pays et ses alliés occidentaux, son activisme passé lui vaut néanmoins de pérennes inimitiés dans leurs classes politiques dirigeantes. Le pouvoir algérien se tromperait tragiquement en escomptant que ces puissances n’ont pas de visées destructrices à l’égard du pays. L’Algérie est une proie trop tentante pour ces puissances, et elles s’abattront sur elle dès lors que sa situation interne leur en fournira le prétexte.

Or, c’est ce même pouvoir qui se targue d’être patriote et «novembriste» qui est en train de préparer le terrain à leur ingérence. Cela en persistant dans une gouvernance et des pratiques, sources d’une inévitable confrontation entre lui et le peuple algérien. Un entêtement dont les pouvoirs syrien et libyen ont fait montre avec les tragiques conséquences que cela a pour leurs pays respectifs.

S’il est réellement patriote, le pouvoir algérien a encore la possibilité d’éviter à la nation de vivre un scénario comme ceux qui se jouent dans les deux pays évoqués. Il y a urgence qu’intervienne le changement radical auquel les Algériens aspirent. Que le pouvoir, qui fait semblant de vouloir aller à ce changement, cesse de ruser et de travailler à des réformes superficielles dont il est le seul à y voir la solution à la crise politique dans laquelle se débat le pays. Il s’agit de savoir si ce pouvoir va donc tirer l’enseignement que ce qui se passe en Libye et en Syrie notamment lui fait obligation impérative de protéger l’Algérie de tomber dans le même engrenage funeste dans lequel ces pays sont pris.

Il n’a dans ce cas qu’une seule alternative, celle d’associer sans calculs ni arrière-pensées le peuple algérien, la société civile et les acteurs politiques agissants à un processus de définition et de conduite des réformes politiques dont le pays a l’impérieux besoin. Ce n’est qu’ainsi que l’intervention étrangère ne trouvera pas prétexte à se légitimer. Il ne lui suffit plus maintenant d’invoquer la menace de cette intervention étrangère pour rassembler derrière lui le peuple algérien. Celui-ci ne veut plus du statu quo dans lequel le système et ses hommes maintiennent le pays malgré la demande populaire exprimée pacifiquement mais avec insistance d’un changement qui ne soit pas seulement de façade.

A défaut de gestes forts dénotant sa volonté politique d’aller dans ce sens en partenariat avec le peuple, le pouvoir assumera la responsabilité d’avoir alors réuni dans le pays les conditions d’un «tsunami» qui ouvrirait la voie à la réalisation des desseins occidentaux pour l’Algérie.

Kharroubi Habib

Le Quotidien d’Oran

le 3 septembre 2011 – page 2

« Analyse »

LE POUVOIR FAIT DANS L ‘HUMOUR: L’ALGÉRIE EST UNE DÉMOCRATIE!

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Ahmed Selmane

Lundi 29 Août 2011

Vous pensiez que trois dictatures qui tombent en Afrique du nord donneraient à réfléchir à ceux qui tiennent le pouvoir en Algérie ? Vous avez raison… Ils ont tellement pensé, pensé, pensé qu’ils ont fini par trouver qu’ils ne sont pas si mauvais comme ça et que l’on peut continuer indéfiniment tant que le pétrole est là… et qu’il donne de possibilités de faire des arrangements avec des amis blancs qui, on le voit, finissent à la moindre bourrasque importante par devenir des « ex-amis »…

Ceux qui nous gouvernent n’ont pas le sens de l’humour. Mais le communiqué du Conseil des ministres publié dimanche 28 aout et 28 Ramadhan n’en manque pas pour qui sait lire… Vous pensiez que l’Algérie est un pays où la politique est une fiction et l’alternance une virtualité non virtuelle, le communiqué vous le confirme. Vous pensiez que vous ne vivez pas en démocratie et que des appareils sécuritaires managent un peu trop au corps les partis et tout ce que nous comptons, encore, comme élites, là vous entrez en territoire interdit, tabou. Et le communiqué, plein d’humour du Conseil des ministres, vous fait la mise au point : on est bien une démocratie. La preuve on vous aménage la loi sur le système électoral et on vous donne tout ce que vous voulez : une présence plus importante de vos observateurs dans les urnes, des PV de dépouillements illico-presto et, tenez-vous bien car c’est une révolution, les magistrats vont superviser de bout en bout l’opération électorale. Bref, nous vous donnons les moyens de vérifier que nous ne fraudons pas et on veut faire de vous les témoins que nous sommes en démocratie. Cela ne vous donne pas le sourire ? Vraiment, que demandez-vous de plus ? «J’espère que tout cela mettra fin au doute sur la transparence des prochaines élections, ou sur la possibilité d’une alternance au pouvoir par la voie des urnes, chaque fois que le peuple souverain le décidera ». C’est sérieux ! C’est le président Bouteflika que le dit, ne persiflez pas… Vous baignez depuis 20 ans dans la démocratie sans vous en rendre compte. Il n’est donc pas question de changer quelque chose.

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Un chouia par ci, un chouia par là

Bien sur, on peut réformer un chouia ici et là et on distribuera un autre petit chouia ici et là, mais sinon que demandez-vous de plus ? Une discussion sur les raisons qui ont fait que jamais dans ce pays la Constitution (et les lois) ne s’est imposée comme une règle impérieuse aux détenteurs du pouvoir? Mais non, surtout pas ! Nous avons fait une « réconciliation » – le peuple « souverain »l’a adopté – pour qu’on ne remue pas le passé, qu’on n’ouvre pas les couvercles des puits, pour qu’on ne déterre pas les cadavres enfouis dans les placards… Et puis ça sert, à quoi ? Quand les « intérêts supérieurs » du pays l’exigent, il faut avoir la possibilité de régler les choses en dehors des « carcans » de la Constitution et des lois. Tout est question d’habillage. Ouyahia est pour la limitation des mandats présidentiels aujourd’hui et il a été un grand bendir-man du troisième mandat de Bouteflika. L’explication, il nous l’a donnée il y a quelques semaines avec un sens de l’humour bien involontaire : le peuple « a demandé un troisième mandat pour le président et non pas l’amendement de la Constitution et l’ouverture des mandats ». Mais Ouyahia est prudent. Pas question d’enfermer les « décideurs » – décidemment ! – dans la vulgaire obligation de respecter la loi : si on rétabli la limitation des mandats cela ne veut pas dire que nous ne pourrons pas en ressortir un jour. « En cas de conjoncture particulière dans l’avenir qui nécessiterait une gestion extraordinaire, l’Algérie pourrait revenir au système de plus de deux mandats présidentiels ». Gestion extraordinaire ! C’est beau n’est-ce pas ? C’est à l’aune de l’utilisation saisonnière de la loi qu’il faut apprécier les assurances données par le Conseil des ministres. Après avoir combattu les réformes pendant vingt ans, le régime a décidé qu’il fallait réformer – des textes – pour ne pas faire de changement. N’est-ce pas qu’ils ont du sens de l’humour…. ?

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Terrorisme et éradicateurs attardés

Le ramadhan a pris fin par un attentat contre le mess des officiers de l’académie interarmes de Cherchell. La Kabylie a connu une situation sécuritaire tendue et des morts. Comment est gérée la sécurité des algériens aurait été, dans un système démocratique non-spécifique, un débat brulant. Ailleurs, on aurait demandé des comptes avec précision à des gens précis, ici on n’a que le néant. Et un vieux discours de quelques éradicateurs idéologiques attardés qui se sentent floués par le fait que les arrangements, opaques, conclus par leurs amis « républicains » avec leurs ennemis «islamistes » le réduisent à un rôle folklorique. Les éradicateurs idéologiques n’ont toujours pas compris que le système conclut des arrangements pour lui-même, pas pour eux. Et surtout ces éradicateurs en remettant au gout du jour les appels au bannissement des islamistes orchestrent la plus formidable des diversions. Cela fait 20 ans que l’on est en guerre contre les islamistes et les terroristes « résiduels ». Un temps si long sans en finir aurait normalement amené à poser des questions élémentaires : utilise-t-on les bonnes méthodes ? N’est-on pas devant un grave problème de compétence ? Ceux qui subissent le « résiduel » qui dure n’ont pas besoin d’un débat idéologique. Ils ont besoin de comprendre pourquoi cela ne « marche pas ». Dans une démocratie non spécifique, ceux qui sont en charge de la sécurité seraient contraints de s’expliquer sur leur action…ou leur inaction. Ils rendent des comptes. Les débats sans fin sur l’islamisme sont une grande diversion. C’est comme mener la guerre à la Hidjama alors qu’une grosse pénurie de médicaments sévit dans le pays. On finira par accuser la Hidjama… et disculper ceux qui sont en charge de la santé publique. Gageons que cela ne déplaira pas à Ould-Abbès.

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Libye – Kadhafi dans la nature, Alger est sans voix

Kadhafi est dans la nature et Alger est sans voix. Ou alors réduite à l’exercice hautement méritoire d’occupation de l’espace par le porte-parole des affaires étrangères, M.Amar Belani. C’est vraiment, le seul héros officiel algérien de cette guerre libyenne. Avec les limites du genre. On sait que dans les codes non-écrits du régime qui se pense une démocratie, ceux qui n’ont pas le pouvoir tout court n’ont pas le pouvoir de dire. Et quand leur fonction est de dire, on imagine parfaitement leur dilemme et les contorsions linguistiques qu’ils doivent faire pour qu’ils puissent dire sans dire… Amar Belani est le héros officiel d’une grande vacuité de la diplomatie algérienne. Kadhafi est en fuite et nous déployons des forces à la frontière avec la Libye. Une mesure qui suffit à elle seule à démontrer que la Libye n’est pas une affaire étrangère. Bien sur, on ne sera jamais de ceux qui veulent aligner l’Algérie sur l’Otan. La réserve, contrainte dans l’expression, de l’Algérie à ce sujet se défend. A défaut d’intervenir au tout début en soutenant la population contre les menaces terrifiantes de Kadhafi, l’Algérie s’est contraint à une posture purement passive. La fameuse diplomatie algérienne en a été réduite à compter les coups et à recevoir les admonestations des rebelles. Il n’est pas nécessaire de revenir sur la gestion de « l’affaire étrangère libyenne » dans laquelle le gouvernement algérien n’a pas voulu « s’ingérer ». Il faut plutôt constater que la leçon évidente de l’affaire libyenne n’a pas été tirée : à savoir que l’adhésion libre des citoyens est le fondement absolu d’une vraie politique de sécurité nationale. Et quand on affirme que l’Algérie est déjà une démocratie, cela veut dire qu’on n’est pas prêt à avoir la hauteur de vue nécessaire. Celle de la stratégie nationale et non celle de la stratégie de pouvoir.

repris dans algerie-info du 31 août 2011: “Opinions sur la recrudescence du terrorisme” (…) “Terrorisme et éradicateurs attardés”

SEPTEMBRE 2011: OPINIONS ET DÉBATS à l’iReMMO


iReMMO

PROGRAMME & NOUVEAUTÉS À DÉCOUVRIR

Découvrez l’essentiel de notre programmation de septembre à décembre 2011

ainsi que les cycles de l’Université Populaire 2011-2012

www.iremmo.org

Nouveauté iReMMO : inscription à l’année!

Simplifiez-vous la vie, devenez membre de l’institut pour un an !

La carte annuelle de membre (1er septembre/ 30 juillet) donne accès à l’intégralité des activités de l’iReMMO à l’exception de l’Université Populaire.

Deux formules d’inscriptions sont possibles :

  • 35€ et 15€* en tarif réduit (étudiants, demandeurs d’emploi)
  • 80€* avec un abonnement d’un an à la Revue Confluences Méditerranée (4 numéros)

*Paiement par chèque à envoyer à l’iReMMO ou à déposer directement sur place (liquide accepté)

Pour vous inscrire et pour toutes informations : infos[@]iremmo.org


PROGRAMMATION iReMMO

SEPTEMBRE / DÉCEMBRE 2011


LES CONTROVERSES

18h-20h

8€ et 5€ en tarif réduit (étudiants – demandeurs d’emploi).

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Mercredi 7 septembre 2011

10 ANS DE 11 SEPTEMBRE

(en partenariat avec l’émission Géopolitique, le débat / Rfi)

Alain Gresh , journaliste au Monde Diplomatique

Anissa Bouziane, universitaire (Columbia University, NY) et romancière

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Jeudi 22 septembre

LA DIASPORA TUNISIENNE.

DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE

Noureddine Senoussi, Président -fondateur de Réseau Euro-maghrébin-citoyenneté et cultures-REMCC-Paris

Hédi Saidi, Historien, « Le collège Anne Frank de Roubaix. Les élèves et leurs implications dans l’histoire » Harmattan, 2010

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Jeudi 29 septembre :

RECONAISSANCE DE L’ÉTAT PALESTINIEN PAR L’ONU?

(en partenariat avec l’émission Géopolitique, le débat/Rfi)

Jean-Paul Chagnollaud, Professeur des Universités et directeur de l’iReMMO

Alain Dieckhoff, Directeur de recherches CNRS-Ceri

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Jeudi 13 octobre :

MALAISES EN MÉDITERRANÉE:

RÉVOLTES ARABES,

PROTESTATIONS EN GRÉCE,

INDIGNÉS EN ESPAGNE,

DEMANDES SOCIALES EN ISRAËL,

QUEL FIL CONDUCTEUR?

Ivan Martin, chercheur associé de l’Instituto Complutense de Estudios Internacionales (ICEI) à Madrid

Bernard Ravenel,
professeur d’histoire, et président de l’association France Palestine Solidarités

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Vendredi 21 octobre

MAROC

(numéro 78 de la revue Confluences Méditerranée)

(en partenariat avec l’émission Géopolitique, le débat/Rfi)

Karine Benafla, Maître de conférences en géographie, à l’Institut d’Études Politiques de Lyon, GREMMO

D’autres contributeurs du numéro sont à confirmer

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Jeudi 3 novembre :

SYRIE: ÉTAT DES LIEUX / ANALYSES

Salam Kawakibi chercheur à Arab Reform Initiative

Agnès Levallois journaliste indépendante

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Vendredi 9 décembre

ALGÉRIE : APPROCHES HISTORIQUES DU FLN,

D’UNE GÉNÉRATION À L’AUTRE

Gilbert Meynier Professeur émérite des Universités, historien

Mohamed Harbi Historien franco-algérien, ancien membre du FLN (à confirmer)

Mohand Amar Mohand Maître de recherche, CRASC Oran


PROJECTION DE DOCUMENTAIRE / DÉBAT

18h30-20h30, 8€ et 5€ en tarif réduit

Samedi 19 novembre

NIQAB HORS LA LOI

d’Agnès de Féo

et Il Corpo Del Donne de Lorella Zanardo.

Projections suivies d’un débat avec la réalisatrice, une femme en niqab qui apportera son témoignage et une journaliste italienne spécialiste de la question féministe (Anais Ginori).

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D’autres projections sont en cours de programmation.


LES RENCONTRES / SIGNATURES

18h30-20h30, entrée libre

Mardi 4 octobre

Fouzia Oukazy

L’âge de la révélation,

Editions Harmattan

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Mercredi 9 novembre

Danielle Barcelo-Gueze

Racines Tunisiennes

Editions Harmattan

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D’autres Signatures sont en cours de programmation.


LES PETITS DÉJEUNERS

8h30-10h00, 10€

Les petits déjeuner sont organisés en fonction du passage à Paris d’une personnalité politique ou des hommes et femmes de culture. Vous recevrez l’information sur le moment.


LES EXPO

lundi au samedi

10h-12h30 & 13h30-19h00

du 25 juin au 10 septembre

RABAT

de Nicolas Cubaynes

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du 11 septembre au 30 septembre

JERUSALEM

de Rémy Chagnollaud

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du 1er octobre au 29 octobre

L’ATLAS

de Henry Renaud

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du 1 novembre au 10 novembre

CARTES DES FLUX MIGRATOIRES MÉDITERRANÉENS

de Philippe Rekacewicz

cartographe au Monde Diplomatique

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du 11 novembre au 31 décembre

DAMAS 2011

Regards de Aurélie Lecarpentier


CYCLES DE L’UNIVERSITÉ POPULAIRE 2011-2012

(3 séances: 10h30-12h30/14h-16h /16h30-18h)

S’inscrire : pour l’année : 120€ et 80€ en tarifs réduits / pour un seul cycle : 20€ et 12€ en tarif réduit / pour une seule séance : 8€ et 5€ en tarif réduit.

Cycles 2011

Samedi 1er octobre :

Proche et Moyen-Orient dans la géopolitique globale

Séance 1 : Histoire de la région, de la première guerre à nos jours, Laurens Henry

Séance 2 : L’économie, Agnès Levallois

Séance 3 : Géopolitique de la région, le rôle des puissances étrangères, Alain Gresh

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Samedi 5 novembre

Migrations en Méditerranée

Séance 1 : L’Europe de Schengen et ses développements récents à la lumière des arrivants libyens et tunisiens, Catherine Withol de Wenden

Séance 2 : L’Italie et les migrations en Méditerranée /Le Maroc et les migrations en Méditerranée (intervenant à confirmer)

Séance 3 : Cartographier les migrations dans l’espace méditerranéen, Philippe Rekacewicz

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Samedi 3 décembre

Palestine – Israël, dans quel état ?

Séance 1 : Le sionisme, Israël « Etat juif », Dominique Vidal

Séance 2 : Les réfugiés, Aude Signoles

Séance 3 : Jérusalem, Isabelle Avran

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Cycles 2012

(le titre des conférences et les intervenants seront précisés ultérieurement)

Samedi 7 janvier : L’islam et ses instrumentalisations (islamisme / islamophobie)

Samedi 4 février : Les Chrétiens d’Orient

Samedi 10 mars : Energie : pétrole, gaz, nucléaire.

Samedi 31 mars : L’eau et l’agriculture au Maghreb et au Proche et Moyen-Orient

Samedi 5 mai : L’Iran

Samedi 2 juin : Quelle(s) gauche(s) et quels mouvements progressistes au /pour le Proche-Orient ?

Pour toutes informations supplémentaires sur l’Université Populaire:

universite-populaire[@]iremmo.org


iReMMO, 5/7 rue Basse des Carmes 75005 Paris – 01 43 29 05 65

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Université Populaire

Détail du programme donné dans la brève 332

STORA OUVRE SON NOUVEAU FONDS DE COMMERCE

« L’ANTI- IMPÉRIALISME EST DÉPASSÉ »

Un article de Saoudi Abdelaziz

Jeudi 1 septembre 2011

Un pays est-il capable par ses propres moyens de décider de son sort?

Non, semble affirmer Benjamin Stora dans une interview publiée le 30 août dans le quotidien libéral Le Figaro.

M. Stora condamne «un nationalisme exacerbé qui rejète le droit d’ingérence». Curieuse condamnation du nationalisme pour cet historien qui a fait son fonds de commerce sur la mise en valeur du nationaliste exarcébé Messali Hadj.

«L’anti-impérialisme des années 70» est selon lui dépassé, car il ne tient pas compte de «la nouvelle donne politique, qu’il s’agisse de la chute du Mur de Berlin, de la fin de la guerre froide» et, ajoute t-il pour faire bon poids, «de l’élection d’Obama»

Ces prises de positions fondamentales sont certes exprimées à l’occasion d’une analyse de «la myopie du régime algérien», à propos de l’affaire libyenne et de l’intervention de l’Otan, mais on voit bien que M. Stora, qui renie définitivement son propre passé anti-impérialiste, souhaite qu’elles éclairent dans l’avenir «les aspirations aux changements de la jeunesse arabe, en particulier de la jeunesse berbère, nombreuse, éduquée et à l’affût des bruits du monde».

« En particulier de la Jeunesse berbère » précise donc M. Stora qui explique plus loin que l’Algérie est «un espace immense et une population hétérogène qui se compose de Sahariens, de Mozabites, de Kabyles, d’Algérois, d’Oranais qui ne marchent pas forcément du même pas.»

Mais vous avez oublié la queue du peloton M. Stora: les Jijéliens, (le Condjador ne va pas être content), les Chaouis, les Annabis, les Constantinois, les Sétifiens, les Blidéens, etc., et, lanterne rouge, Miliana-la-Belle.

S. A.