LIQUIDER LES « ÉTATS VOYOUS »

Frappées de plein fouet par une crise économique et sociale qui commence à prendre des allures de sérieuse crise politique, les grandes puissances occidentales redoublent d’agressivité dans le monde arabe.

Après avoir détruit la Libye, les impérialistes et leurs amis arabes du Golfe persique travaillent à la chute du régime syrien.

L’appétit venant en mangeant, ils réalisent un remake iranien du «coup de l’éventail», aussi grossier que l’original de 1827.

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L’ IRRÉPARABLE PEUT-IL ÊTRE EMPÊCHÉ?

Se présentant tout à fait abusivement sous les traits de grands démocrates et se proclamant amis des peuples de la région du Grand Moyen-Orient, les Etats-Unis et l’UE entendent profiter de l’actuel «printemps arabe» pour préserver leurs intérêts économiques dans la région, sauver les «régimes amis», maquiller les anciennes «dictatures alliées» en démocraties contrôlées et liquider les régimes rebelles assimilés à des «États voyous» ainsi que les mouvements de résistance nationale amalgamés aux organisations terroristes créées, développées et soutenues par les Etats-Unis en Afghanistan et ailleurs dans le monde musulman.

Est-il possible de résister à ce rouleau compresseur?

En dépit des apparences, il convient de rappeler que les dominants ne sont pas intouchables et que les victimes ne sont pas impuissantes. Puissance économique et militaire sans précédent dans l’histoire de l’humanité, les Etats-Unis sont embourbés en Afghanistan et en Irak, face à des mouvements de résistance non gouvernementaux. Le recours de plus en plus systématique à la force et l’éparpillement des troupes que cela entraîne ne sont pas une preuve de force mais, au contraire, de faiblesse politique. La «Grande Amérique» ne convainc plus comme l’illustre la menace de véto à la demande de reconnaissance de l’Etat de Palestine à l’ONU présentée récemment par Mahmoud Abbas. Face à une crise économique qui n’épargne aucun pays aussi puissant soit-il, à une situation sociale qui se dégrade chaque jour davantage et qui tend à se transformer en crise politique (mouvement des indignés, multiplication des grèves générales…), le rêve américain ne brille plus. La tentation d’orienter le regard inquiet et de plus en plus accusateur des victimes américaines du néolibéralisme vers un danger extérieur sera de plus en plus prégnante. Washington risque de se lancer dans une fuite en avant préjudiciable à la paix dans le monde. L’échec d’Israël à écraser la résistance nationale libanaise illustre de son côté les limites de la toute puissance militaire face à la volonté populaire.

Les peuples de la région disposent donc d’atouts non négligeables mis en évidence lors du renversement des dictateurs Ben Ali et Moubarak pourtant alliés directs de Washington, Paris et Londres.

Au niveau des régimes, quelque chose de semblable au «front de la fermeté» du temps jadis s’est même provisoirement constituée au sein de la Ligue arabe pour contrer la requête saoudienne et qatarie de suspension de la Syrie de l’organisation des 22 Etats du monde arabe. Ce front se compose du Soudan, de l’Algérie, du Liban, du Yémen et de la Syrie.

Le problème est que ces différents gouvernements n’ont pas de stratégie alternative, de projet commun ni de volonté politique unifiée à opposer à celui des monarchies du Golfe et de leurs parrains étrangers. Leur alliance s’avère donc purement conjoncturelle et défensive. Surtout, les régimes qui composent ce «front de la fermeté» sont strictement incapables de mobiliser leurs peuples pour résister au diktat des grandes puissances. Les régimes qui tirent sur leur population, à l’instar de ceux de Kadhafi, El Assad et Saleh, sont historiquement condamnés. Des régimes qui appliquent docilement les potions néolibérales si coûteuses socialement n’ont plus d’avenir. Leur fin peut s’avérer proche ou au contraire plus éloignée, mais ils n’ont rien à proposer à leurs populations si ce n’est de finir sous les bombes de l’OTAN.

Pour toutes ces raisons, ceux qui dénoncent à juste titre l’agression militaire de la Libye par l’OTAN et les ingérences étrangères en Syrie pour appeler à soutenir ces régimes condamnés font fausse route. Les peuples se sont levés pour proclamer qu’ils n’entendent plus être gouvernés comme des sujets. Ils exigent l’émancipation politique, la justice sociale tout en se déclarant jaloux de la souveraineté nationale de leurs Etats. Mieux encore, ils affirment par leurs actes leur volonté de prendre la direction de la nation confrontée aux dangers des grandes puissances. Ils contestent aux dictatures la direction de la nation et de la résistance au diktat des grandes puissances. C’est dans le mouvement actuel de ces peuples que se forgeront les solutions du futur et que se consolideront des résistances efficientes. Il n’y a aucune garantie que cela fonctionne et aboutisse, mais il s’agit de la seule solution innovante, dynamique et mobilisatrice. C’est la seule porteuse d’espoir.

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