PALESTINE: « LETTRE DE HUGO CHAVEZ à l’ONU » & RECONNAISSANCE DE LA PALESTINE à L’UNESCO

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Version française de la lettre adressée par le Président Hugo Chavez à Monsieur Ban Ki-Moon, Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, approuvant la création d’un Etat palestinien


Miraflores, le 17 septembre 2011

Son Excellence

Monsieur Ban Ki-Moon

Secrétaire général

Organisation des Nations Unies

Monsieur le Secrétaire général ;

Honorables représentants des peuples du monde,

Je m’adresse à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, à cette grande tribune où sont représentés tous les peuples de la Terre, pour réaffirmer aujourd’hui et en ce lieu l’appui total du Venezuela à la reconnaissance de l’État de Palestine, au droit de la Palestine de se convertir en un État libre, souverain et indépendant. Il s’agit là d’un acte de justice historique envers un peuple qui porte en soi depuis toujours toute la douleur et toute la souffrance du monde.

Le grand philosophe français Gilles Deleuze a dit, empruntant l’accent de la vérité, dans son ouvrage mémorable “La grandeur de Yasser Arafat”: La cause palestinienne est avant tout l’ensemble des injustices que ce peuple a subies et continue de subir. Elle est aussi – oserai-je ajouter – une volonté de résistance permanente et irréductible qui est d’ores et déjà inscrite dans la mémoire héroïque de la condition humaine. Une volonté de résistance qui naît de l’amour pour la terre. Mahmoud Darwish, cette voix infinie de la Palestine possible, nous parle depuis le sentiment et la conscience de cet amour:

Qu’avons-nous besoin du souvenir

le Mont Carmel est en nous

et sur nos paupières pousse l’herbe de Galilée

Ne dis pas : Que ne courrions-nous pas comme un fleuve pour le rejoindre

Nous sommes dans la chair de notre pays

Il est en nous

Contre ceux qui soutiennent à tort que ce que le peuple palestinien a souffert n’est pas un génocide, Deleuze soutient avec une lucidité implacable: D’un bout à l’autre, il s’agira de faire comme si le peuple palestinien, non seulement ne devait plus être, mais n’avait jamais été. C’est là – comment dire? – le degré zéro du génocide: décréter qu’un peuple n’existe pas; lui nier le droit à l’existence.

À ce sujet, saluons la raison du grand écrivain espagnol Juan Goytisolo lorsqu’il affirme catégoriquement: La promesse biblique de la terre de Judée et de Samarie aux tribus d’Israël n’est pas un contrat de propriété entériné par-devant notaire qui autorise à expulser de leur terre ceux qui y sont nés et qui y vivent. Aussi la solution du conflit du Moyen-Orient passe-t-elle forcément par la justice à rendre au peuple palestinien: telle est la seule voie si l’on veut conquérir la paix.

Nous souffrons et nous nous indignons en constatant que ceux qui ont subi l’un des pires génocides de l’Histoire se sont convertis en bourreaux du peuple palestinien; nous souffrons et nous nous indignons en constatant que le legs de l’Holocauste est la Nakba.

Il est simplement indignant tout court de constater que le sionisme continue de recourir au chantage de l’antisémitisme contre ceux qui s’opposent à ses sévices et à ses crimes.

Israël a instrumentalisé et instrumentalise d’une façon éhontée et vile la mémoire des victimes. Et il le fait pour pouvoir agir en toute impunité contre la Palestine.

Il va sans dire, au passage, que l’antisémitisme est une plaie occidentale, européenne, dont les Arabes ne sont pas partie prenante.

De plus, n’oublions pas que c’est le peuple sémite palestinien qui souffre de l’épuration ethnique pratiquée par l’État colonialiste israélien.

Qu’on me comprenne bien : une chose est de refuser l’antisémitisme, autre chose, et très différente, est d’accepter passivement que la barbarie sioniste impose au peuple palestinien un régime d’apartheid. D’un point de vue éthique, quiconque refuse la première doit condamner la seconde.

Qu’il me soit permis une digression nécessaire : il est franchement abusif de confondre sionisme et judaïsme; nombre d’intellectuels juifs, tels Albert Einstein et Erich Fromm, se sont chargés de nous le rappeler au fil du temps. Et, aujourd’hui, de plus en plus de citoyens conscients au sein même d’Israël, s’opposent ouvertement au sionisme et à ses pratiques terroristes et criminelles.

Il faut le dire clairement : le sionisme, comme vision du monde, est foncièrement raciste. Ces affirmations de Golda Meir, d’un cynisme atterrant, en sont une preuve criante:

Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés? Il n’y a personne à qui les rendre! Ce que l’on appelle les Palestiniens n’existe pas. Ce n’était pas comme s’il y avait eu un peuple en Palestine, qui se considérait comme le peuple palestinien, et que nous étions venus, les avions jetés dehors et leur avions enlevé leur pays. Ils n’existaient pas.

Rappelons-nous : c’est dès la fin du XIXe siècle que le sionisme a parlé du retour du peuple juif en Palestine et de la création d’un État national qui lui soit propre. Cette prise de position s’imbriquait parfaitement dans le colonialisme français et britannique, comme il ferait ensuite dans l’impérialisme yankee. L’Occident a, depuis toujours, appuyé et encouragé l’occupation sioniste de la Palestine par la voie militaire.

Lisez et relisez donc ce document qui est connu historiquement comme la Déclaration de Balfour de 1917: le gouvernement britannique s’arrogeait la faculté de promettre aux juifs un foyer national en Palestine, en dénigrant délibérément la présence et la volonté de ses habitants. Et rappelons que chrétiens et musulmans ont vécu en paix, des siècles durant, en Terre sainte jusqu’à ce que le sionisme ait entrepris de la revendiquer comme sa propriété entière et exclusive.

Rappelons encore que, dès la deuxième décennie du XXe siècle, le sionisme, profitant de l’occupation coloniale de la Palestine par la Grande-Bretagne, a commencé à développer son projet expansionniste. Et qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le peuple palestinien verrait sa tragédie empirer par son expulsion à la fois de son territoire et de l’Histoire. La résolution 181 des Nations Unies – ignominieuse et illégale – recommanda en 1947 la partition de la Palestine en un État juif, en un État arabe et en une zone sous contrôle international (Jérusalem et Bethléem), concédant ainsi – quelle honte ! – 56% du territoire au sionisme pour qu’il y constitue son État. Cette Résolution violait de fait le droit international et bafouait d’une manière flagrante la volonté des grandes majorités arabes: le droit des peuples à l’autodétermination devenait lettre morte.

De 1948 à nos jours, l’État sioniste a poursuivi sa stratégie criminelle contre le peuple palestinien. Pour ce faire, il a toujours pu compter sur un allié inconditionnel: les États-Unis d’Amérique. Et cette inconditionnalité se traduit par un fait bien concret: c’est Israël qui oriente et fixe la politique internationale étasunienne au Moyen-Orient. Edward Saïd, cette grande conscience palestinienne et universelle, soutenait avec force raison que tout accord de paix qui se construirait sur l’alliance avec les USA, loin d’amenuiser le pouvoir du sionisme, le confortera.

Toutefois, contrairement à ce qu’Israël et les États-Unis prétendent, faire croire au monde, à travers les multinationales de la communication et de l’information, ce qui est arrivé et ce qu’il continue d’arriver en Palestine n’est pas – disons-le avec Saïd – un conflit religieux: c’est un conflit politique marqué du sceau du colonialisme et de l’impérialisme; ce n’est pas un conflit millénaire: c’est un conflit contemporain; ce n’est pas un conflit qui est né au Moyen-Orient: c’est un conflit qui est né en Europe.

Quel était et quel est encore le nœud du conflit? Le fait qu’on privilégie dans les discussions et les analyses la sécurité d’Israël, jamais celle de la Palestine. L’histoire récente le corrobore: il suffit de rappeler la nouvelle équipée génocidaire déclenchée à Gaza par Israël à travers l’opération Plomb fondu.

La sécurité de la Palestine ne peut se réduire à la simple reconnaissance d’un auto-gouvernement et d’un auto-contrôle policier limités dans ses «enclaves» de la Rive Ouest du Jourdain et de la bande de Gaza, tout en ignorant non seulement la création de l’État palestinien dans les frontières antérieures à 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, les droits de ses nationaux et le droit de son peuple à l’autodétermination, mais encore le droit à la compensation et le droit au retour de la moitié de la population palestinienne dispersée dans le monde entier, aux termes de la Résolution 194.

Il n’est pas croyable qu’un pays, Israël, qui doit son existence à une résolution de l’Assemblée générale puisse mépriser à ce point les résolutions émanant des Nations Unies! Voilà ce que dénonçait le père Miguel D’Escoto quand il réclamait la fin du massacre de la population de Gaza fin 2008 et début 2009.

Monsieur le Secrétaire général ;

Honorables représentants des peuples du monde,

On ne saurait ignorer la crise des Nations Unies. Nous avons soutenu en 2005, devant cette même Assemblée générale, que le modèle des Nations Unies était épuisé. Le fait que le débat sur la question de Palestine ait été ajourné et qu’on soit en train de le saboter ouvertement en est une nouvelle confirmation.

Washington ne cesse de répéter depuis plusieurs jours qu’il opposera son veto, au Conseil de sécurité, à ce qui sera une résolution majoritaire de l’Assemblée générale: à la reconnaissance de la Palestine comme membre de plein droit de l’ONU.

Nous avons d’ores et déjà déploré, aux côtés des nations sœurs qui constituent l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), dans la Déclaration de reconnaissance de l’État de Palestine, qu’une aspiration si juste soit bloquée par ce biais. L’Empire, nous le savons tous, prétend dans ce cas comme dans d’autres imposer un deux-poids-deux-mesures dans l’arène internationale: c’est là, la double morale yankee qui, tout en violant le droit international en Libye, permet à Israël de faire ce qu’il lui chante, devenant ainsi le principal complice du génocide que la barbarie sioniste commet contre les Palestiniens.

Je rappelle une phrase de Saïd qui met bien le doigt sur la plaie: compte tenu des intérêts d’Israël aux États-Unis, la politique de ce pays au Moyen-Orient est donc israélocentriste.

Je voudrais conclure en faisant entendre la voix de Mahmoud Darwish dans son mémorable poème Sur cette terre :

Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre

Il y a sur cette terre, le commencement des commencements,

la fin des fins.

On l’appelait Palestine et on l’appelle désormais Palestine.

Madame, je mérite, parce que vous êtes ma dame,

je mérite de vivre.

Elle continuera de s’appeler la Palestine. La Palestine vivra et vaincra ! Vive la Palestine libre, souveraine et indépendante !

Hugo Chávez Frías

Président de la République bolivarienne du Venezuela


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ISRAËL S’ ÉLÈVE CONTRE LA POSSIBLE ADHÉSION DE LA PALESTINE À L’ UNESCO

Israël a violemment critiqué la demande d’adhésion de la Palestine à l’Unesco, après que le conseil exécutif de cette agence de l’ONU a recommandé d’attribuer à la Palestine un statut de membre à part entière. « Les actions des Palestiniens à l’Unesco nient à la fois les négociations bilatérales et la proposition du Quartette de poursuivre le processus diplomatique », a estimé le ministère israélien des Affaires étrangères, faisant allusion à la déclaration des membres du Quartette (Russie, UE, ONU et États-Unis) appelant à reprendre les négociations israélo-palestiniennes.

Les Palestiniens ont demandé une adhésion pleine et entière à l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture), où ils siègent actuellement en tant qu’observateur. « Leurs actions sont une réponse négative aux efforts d’Israël et de la communauté internationale pour promouvoir un processus de paix », a ajouté le ministère israélien dans un communiqué. « L’Unesco, qui a gardé le silence face aux changements significatifs au Moyen-Orient, a trouvé le temps pendant sa réunion actuelle d’adopter six décisions à propos du conflit israélo-palestinien », a-t-il encore dénoncé.

Le conseil exécutif de l’Unesco a approuvé mercredi à la majorité simple, par 40 voix sur 58, une recommandation d’attribuer à la Palestine un statut de membre à part entière. La recommandation, initiée par le groupe des pays arabes, va être soumise à la fin du mois à la Conférence générale de l’Unesco. L’approbation de cette recommandation a une très forte portée symbolique à l’heure où les Palestiniens ont déposé une demande d’adhésion à l’ONU comme État membre à part entière via le Conseil de sécurité. Le conseil exécutif de l’Unesco est le pendant du Conseil de sécurité, tandis que sa Conférence générale, qui se réunira du 25 octobre au 10 novembre à Paris, équivaut à l’Assemblée générale des Nations unies. Les États-Unis ont appelé tous les membres de l’Unesco à « voter non » à la recommandation du conseil exécutif, mais dans cette instance, aucun pays n’a de droit de veto.

[Mercredi, 05 octobre 2011

Al-Oufok – La Rédaction

Avec les agences de presse->http://www.aloufok.net/spip.php?article5537]

5 OCTOBRE 2011 – PARIS – CENTRE CULTUREL ALGÉRIEN « RETOUR SUR L’îLE SEGUIN… »

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« RETOUR SUR L’ ÎLE SEGUIN»

ou L’ HISTOIRE DE L’ IMMIGRATION MAGHRÉBINE,

NOTAMMENT ALGÉRIENNE.

La production Renault s’est arrêtée à Boulogne-Billancourt en 1992.

L’usine Renault Ile Seguin comptait au moment de sa fermeture,

plus de 38.000 salariés dont environ 10.000 d’origine étrangère

représentant 58 nationalités, notamment 5000 Algériens.

Pour retracer cette histoire « au nom de la mémoire »,

l’Association des anciens Travailleurs de RENAULT Billancourt- Ile Seguin
(ATRIS )

organise au Centre Culturel Algérien une série d’activités

Du 5 au 13 octobre 2011

Expositions de photographies

de Yann Maury-robin

Mercredi 5 octobre

à 18H30

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Projection du film documentaire

’‘Retour sur l’île Seguin’’

de Mehdi LALLAOUI

Présentation de l’ouvrage

‘’Retour sur l’île Seguin’’

(textes de Mehdi LALLAOUI, photographies de Gilles LARVO, photographies d’introduction
de Gérald BLONCOURT).

•Vernissage de l’exposition de photographies sur les anciens travailleurs
de Renault de l’île Seguin.

Entrée libre


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“LA CULTURE COMME ENJEU POLITIQUE”

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SÉMINAIRE “LA CULTURE COMME ENJEU POLITIQUE”

organisé conjointement par “Espaces-Marx” et le “PCF”


huitième rencontre

JEUDI 6 OCTOBRE 2011

à 18h30

salle des délégations

6 rue Mathurin Moreau

75019 Paris

thème

Quel objectif poursuit la démocratie aujourd’hui ?

avec Bernard Vasseur, Professeur de philosophie, directeur de la maison Elsa Triolet-Aragon. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux arts (Rodin, La ville et les artistes, Erro, Baselitz, Klasen…) aux éditions Cercle d’Art. Il vient de publier un essai sur le nouveau visage du politique.

Un point de croissance supplémentaire? Une meilleure gouvernance avec de meilleurs professionnels de la politique ? Un taux de chômage plus bas ? Plus de temps de loisirs disponible pour se divertir plus longtemps ? Faut-il se satisfaire d’un tel rabaissement consumériste et désenchanté ?

Sans que l’on n’y prête attention, en trente ans, le projet émancipateur fondé sur la capacité des êtres humains à se libérer de leurs servitudes s’est peu à peu effacé. Le sauve-qui-peut de l’emploi à n’importe quel prix a remplacé la mise en valeur du travail. Sous la pression des intérêts financiers, l’économie est devenue une fin en soi. Le divertissement a pris le pas sur la culture. L’obsession de la gouvernance est venue cacher le renoncement au partage des pouvoirs.

Revisitant les apports des philosophes, Bernard Vasseur livre le diagnostic lucide et décapant d’une démocratie anesthésiée au nom de la modernité. Il est temps de réveiller les dynamismes créateurs dont sont porteurs les citoyens pour travailler à l’avènement d’une société où le libre développement de chacun soit la condition du libre développement de tous.

Un livre profond qui peut nourrir le débat politique.

Patrice Cohen-Seat

Président d’Espaces-Marx

et Alain Hayot

Délégué national du PCF à la culture

Contact : mpboursier@pcf.fr

06 74 45 15 87

lien collectif culture : http://culture.pcf.fr/11813

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le jeudi 6 Octobre 2011, à 18h30

salle des délégations

6 rue Mathurin Moreau

75019 Paris

ANNÉES 50:INSTRUMENTALISATION DE LA QUESTION JUIVE PAR LES MILIEUX COLONIALISTES & SIONISTES, CONTRE LES MOUVEMENT NATIONAUX MAGHRÉBINS

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ENRICO MACIAS ET LA GUERRE D’ ALGÉRIEQUAND GASTON CHASSAIT DU FELLAGA” …, par Abed Charef, Le Quotidien d’Oran, le 2 octobre 2011;

LES SERVICES SECRETS ISRAÉLIENS ÉTAIENT-ILS À CONSTANTINE DURANT LA GUERRE DE LIBERATION NATIONALE? à propos des affabulations du journal israélien «Maariv» relayé par un quotidien algérien, Ould Sidi-Rached, le 16 avril 2005;

1955 : MAROC, TRANSPLANTATION DES JUDÉO-MAROCAINS VERS ISRAËL. extraits du livre «L’insoumis; Juifs, Marocains et rebelles» de Mikhaël Elbaz, professeur d’anthropologie à l’Université Laval–Canada (éd. Desclée de Brouwer, Paris 2001);


ENRICO MACIAS ET LA GUERRE D’ ALGÉRIE

QUAND GASTON CHASSAIT DU FELLAGA …

par Abed Charef

Le Quotidien d’Oran

le 2 octobre 2011

Enrico Macias est un homme redoutable. Militant sioniste déclaré, il a toujours entretenu des rapports ambigus avec l’Algérie, dont il a largement contribué à imposer cette image de pays de la douceur de vivre et de la kémia,une image qui a nourri tant de nostalgie chez les pieds-noirs.

Ses tirades sur le pays du soleil et de la haine, de la joie de vivre et de la passion, ce pays perdu dont on ne se console jamais, ont arraché des larmes à de nombreuses générations de pieds- noirs. Mais Gaston Ghenaïssia–le vrai nom de Macias- n’a jamais abordé le volet le plus sombre de son histoire algérienne. Il n’a jamais dit comment il a lui-même contribué à mettre le feu à ce pays bien aimé. Il a, en fait, réussi à maintenir un voile pudique sur son militantisme de cette époque, un militantisme qui l’a mis dans la même tranchée que Maurice Papon !

Enrico Macias évoque régulièrement sa volonté de revoir son «pays natal», et comment il en est empêché. Sa visite devait se faire en 2007, en compagnie de Nicolas Sarkozy. Auparavant, il avait affirmé que le président Abdelaziz Bouteflika lui-même l’avait invité, mais que des méchants, héritiers de la tendance obscurantiste du FLN, s’étaient opposés à son retour. Qu’en est-il au juste ?

A Alger, on affirme officiellement qu’Enrico Macias peut se rendre en Algérie quand il veut, mais qu’il est hors de question d’en faire un évènement politique. Certains fonctionnaires montrent un certain embarras devant le tapage médiatique provoqué par Enrico Macias lui-même. «Il n’a pas envie de revenir, il ne viendra pas, et il le sait parfaitement», a déclaré, sûr de lui, un ancien haut responsable. «Et ce n’est pas seulement à cause de son soutien public à Israël», ajoute-t-il, estimant que le thème Algérie ne constitue pour Enrico qu’un «fond de commerce».

Pour cet homme, qui avoue avoir apprécié la musique de Enrico dans sa jeunesse, Enrico Macias ne reviendra pas en Algérie parce qu’il y a commis des crimes pendant la guerre de libération. Selon lui, Enrico faisait partie d’une milice locale, les «unités territoriales», composées de partisans de l’Algérie française, qui formaient des milices de supplétifs de l’armée coloniale. L’unité à laquelle appartenait Enrico Macias a commis de nombreuses exactions, et a participé à des ratonnades, affirme cet ancien haut fonctionnaire.

A cette époque, Enrico Macias est un jeune artiste prometteur, qui joue dans la troupe du «Cheikh Raymond», le plus célèbre artiste juif de Constantine. Raymond Leyris est alors au faîte de sa gloire : notable de la communauté juive, ami des «arabes» de la ville, il est riche et célèbre. Sa musique est si appréciée qu’une jeune recrue FLN, en pleine guerre d’Algérie, rejoint le maquis ALN en wilaya II avec des disques de «Cheikh Raymond», nous raconte un ancien moudjahid qui a passé toute la guerre dans le Nord Constantinois !

Raymond Leyris n’avait pas d’enfants. Il en a adopté deux, dont Enrico Macias. Celui-ci est donc à la fois l’enfant adoptif, le disciple et l’héritier de CheiKh Raymond. A-t-il été l’héritier en tout ? Seul Macias pourra le dire. En tous les cas, les réseaux FLN avaient alors une conviction. Pour eux, Raymond Leyris avait été contacté par les services spéciaux israéliens. Il organisait des collectes, montait des réseaux, et travaillait en sous-main avec les services spéciaux israéliens, qui avaient alors un objectif : organiser le transfert massif des juifs des pays arabes vers Israël. En Algérie, leur première cible était Constantine, avec ses 25.000 à 30.000 juifs : il y avait presque autant de juifs à Constantine que dans les grandes villes israéliennes.

En mai 2005, le journal israélien Maariv citait un ancien officier du Mossad chargé de piloter l’opération. Cet officier affirme avoir recruté deux agents, Avraham Barzilaï et Shlomo Havilio, qui arrivent dans la région de Constantine début 1956, sous la couverture de modestes enseignants. Quatre mois plus tard, une grenade explose dans un café fréquenté par les Juifs de Constantine, rue de France. S’ensuit une opération de vendetta organisée par les cellules mises en place par le Mossad, selon l’officier en question. Les ratonnades font de nombreux morts. L’historien Gilbert Meynier, qui l’évoque dans une de ses études, et parle de «pogrom», est contraint à une longue mise au point. (http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2007/03/14/4319574.html).

Quel est le rôle exact de Raymond Leyris ? Difficile à dire. Mais l’homme surfe déjà sur une vague de célébrité et de respectabilité. Artiste adulé, il a atteint une renommée qui va au-delà des communautés. Il est le notable juif par excellence. Il garde le contact avec les arabes qui veulent préserver la communauté juive ; il reste l’interlocuteur des autorités coloniales au sein de la communauté juive ; il poursuit une activité clandestine avec le Mossad.

Mais peu à peu, les réseaux FLN acquièrent la certitude que Cheikh Raymond n’est plus un artiste aussi innocent. Il est partie prenante dans l’action de réseaux que le FLN n’arrive pas encore à identifier. Des témoins avaient vu des armes transportées à partir de chez lui, en pleine nuit.

Au FLN, la prudence reste de mise. Des consignes strictes sont données pour tenter de conserver de bonnes relations avec la communauté juive. Des contacts réguliers sont établis. Début 1961, le FLN envoie de nouveau un émissaire auprès des notables de cette communauté. L’émissaire envoie un message à Raymond Leyris, et prend rendez-vous. L’organisation fonctionne alors selon un cloisonnement très strict.

L’émissaire du FLN est tué alors qu’il gagnait le lieu du rendez-vous. Ce fait, troublant, intervient après d’autres évènements suspects. L’organisation du FLN en tire une conclusion : seul Raymond Leyris pouvait avoir organisé la fuite pour permettre aux autorités coloniales d’éliminer le responsable du FLN.

Les anciens moudjahidine de la Wilaya II, qui étaient opérationnels à ce moment là, sont toutefois formels : aucune instance du FLN n’a prononcé un verdict clair contre Raymond Leyris. Aucun responsable n’a, formellement, ordonné une exécution. Mais le doute planait, et dans le Constantine de l’époque, ce n’est qu’une question de temps. Le 22 juin 1961, neuf mois avant le cessez-le-feu, Raymond Leyris croise Amar Benachour, dit M’Djaker, membre d’une cellule locale de fidayine, qui l’abat en plein marché, devant des dizaines de témoins. La personnalité de Amar Benachour, l’homme qui a abattu Raymond Leyris, posera aussi problème. Il s’agit en effet d’un personnage qui répond peu au profil traditionnel du moudjahid. Benachour est plutôt un marginal, plus branché sur le «milieu» que sur les réseaux nationalistes. Ce qui a d’ailleurs jeté une ombre sur l’affaire : Benachour a vécu jusqu’au début du nouveau siècle, mais l’opération qu’il a menée a toujours été entourée de suspicion, certains n’hésitant pas à parler de provocation ou de manipulation. Plusieurs moudjahidine qui étaient dans la région au moment des faits continuent d’ailleurs à soutenir l’idée d’une manipulation.

La mort de Raymond Leyris accélère le départ massif des juifs de Constantine, un exode largement engagé auparavant par les catégories les plus aisées. Mais la mort de Raymond Leyris sonne également le début d’une opération de vengeance meurtrière, à laquelle Enrco Macias participe, selon des moudjahidine de la Wilaya II. Il est impossible d’établir exactement le bilan exact des expéditions punitives. En 1956, après l’attentat de la rue de Constantine, Gilbert Meynier n’écarte pas le chiffre de cent trente morts. En mai 1961, la même folie furieuse se déchaîne mais, curieusement, affirme un constantinois qui a vécu les évènements, les Juifs de Constantine étaient plus préoccupés par l’idée de départ que par la vengeance. A l’exception d’Enrico, qui garde un silence pudique sur cet période, se contenant d’évoquer la mémoire de Raymond Leyris, un homme innocent doublé d’un artiste qui aimait la vie, mais qui a été assassiné par le FLN, selon lui.

Selon cette image, très médiatique, Enrico lui-même n’était qu’un jeune homme amoureux de la vie et des filles, un modeste instituteur de campagne, devenu un immense artiste grâce à son talent. A Chelghoum Laïd, où il a enseigné, son nom est connu mais il est presque impossible de trouver des gens qui l’ont côtoyé. A Constantine, par contre, un spécialiste de la musique affirme que de nombreux «ouled el bled» lui rendent visite régulièrement en France.

Par ailleurs, le discours de Enrico Macias a longtemps bénéficié d’une cacophonie chez les responsables algériens, qui n’ont jamais adopté une position claire sur le personnage. En fait, côté algérien, plusieurs points de vue se côtoyaient : ceux qui faisaient l’éloge de l’artiste, ceux qui prônaient la réconciliation, ceux qui dénonçaient son soutien à Israël, et ceux qui étaient d’abord soucieux d’établir les faits historiques.

Un ancien haut fonctionnaire af-firme toutefois que Enrico n’avait aucune chance de revenir en Algérie. Les anciens pieds noirs étaient classés en plusieurs catégories, explique ce fonctionnaire. Enrico Macias fait partie d’une sorte de liste rouge officieuse, qui comporte les noms de militaires, colons et ultras ayant commis des exactions. Ceux-là ne peuvent pas entrer en Algérie, dit-il.

Autre détail troublant dans l’his toire d’Enrico : quand il sévissait au sein des «unités territoriales», il collaborait avec un personnage célèbre, Maurice Papon ! Celui-ci a en effet exercé comme préfet à Constantine, où il a contribué à organiser de redoutables escadrons de la mort. Milices, unités paramilitaires, escadrons de la mort, tout ce monde collaborait joyeusement quand il s’agissait de réprimer. Des témoins sont encore vivants.

Autre curiosité dans l’histoire de Enrico Macias en Algérie : les Ghenaïssia, sa famille, sont des Algériens pure souche, installés en Algérie depuis plusieurs siècles, affirme un historien. Ils se sont francisés à la faveur du décret Crémieux, qui offrait la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie, en 1871. A partir de là, les Juifs se sont rapprochés de l’administration coloniale, accédant à l’école et à la citoyenneté. Mais une frange des Ghenaïssia a gardé son ancienne filiation, prenant le chemin inverse de celui de Enrico Macias.

Ainsi, Pierre Ghenaïssia, né à Cherchell, a rejoint les maquis du FLN en mai 1956 dans la région du Dhahra, entre Ténès et Cherchell. Il est mort au maquis un an plus tard dans la région de Chréa, près de Blida, comme combattant de l’ALN. A l’indépendance de l’Algérie, une rue de Ténès, sur la côte ouest, a été baptisée à son nom. Quelques années plus tard, elle a été rebaptisée rue de Palestine!

Sources: [Le Quotidien d’Oran

le 2 octobre 2011
->http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5158481]

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LES SERVICES SECRETS ISRAÉLIENS ÉTAIENT-ILS À CONSTANTINE

DURANT LA GUERRE DE LIBERATION NATIONALE?

à propos des affabulations du journal israélien « Maariv » relayé par un quotidien algérien.

le 16 avril 2005

C’est ce que nous apprend, ces jours-ci, un quotidien oranais en reprenant un article paru récemment dans le journal du soir «Maariv» de Tel-Aviv et affirmant ceci «Le Mossad a combattu le FLN. Les servies secrets israéliens étaient à Constantine et ce, à l’occasion d’un rassemblement mondial des juifs originaires de Constantine qui se tiendra cette semaine…».

Voici ce qu’on peut lire, grâce à la complaisance de notre confrère oranais qui a repris l’article de « Maariv » et ce en passant par un site s’intitulant « Proche-orient infos» (?):

«À 78ans, l’agent Arzahan Barzilai a décidé de parler de son passé d’agent du Mossad, en Algérie. Précisément à Constantine, à 29ans, il avait été envoyé par les services secrets israéliens en compagnie de sa femme, afin de monter des cellules opérationnelles pour faire la guerre à l’ALN, sous la couverture d’un modeste enseignant d’hébreu.» Ça n’est ni le scénario d’un film à suspense, ni la trame d’un polar!

Nos nouvelles générations sont invitées à ingurgiter ces « révélations » surtout qu’elles sont faites à l’occasion d’un grand rassemblement de juifs sépharades, originaires de Constantine et, de surcroît, animé par le chanteur Enrico Macias (de son vrai nom Gaston Ghenassia).

C’est ainsi que sont donnés les détails d’une pseudo opération des services du Mossad «qui ont entraîné et armé des cellules composées de jeunes juifs de Constantine pour faire la guerre à l’ALN.» Le journal «Maariv» rapporte le récit de cet agent en revenant sur un épisode qui s’est déroulé le 12 mai 1956. «Barzilai a le pressentiment que le FLN va commettre un attentat. Il donne donc l’ordre aux membres de sa cellule de s’armer de pistolets et de patrouiller, rue de France, l’artère principale du quartier juif de Constantine. A midi, une très forte explosion secoue la rue: un arabe a jeté une grenade à l’intérieur d’un café, les jeunes de Barzilai arrivent sur place très rapidement. Des femmes juives crient. L’une d’elle désigne du doigt la ruelle vers laquelle le terroriste s’est enfui. Les jeunes juifs de ma cellule, dit-il, l’ont rattrapé et l’ont abattu. Nous craignons que les arabes ne viennent se venger contre le quartier juif. Nous avons alors déployé quatre autres cellules sur des points stratégiques, à l’entrée du quartier juif. Certains juifs portaient des armes avec l’autorisation des autorités françaises. Très rapidement les coups de feu ont commencé à fuser de toutes parts. Et les juifs armés ont commencé à se diriger vers le quartier musulman […]. Nos hommes ont pénétré dans les cafés voisins et leur ont causé des pertes sérieuses».

Une partie de ces révélations enjolivées de ‘détails‘ pour rendre le récit crédible semble tenir la route. Mieux encore les quelques précisions données par ce mystérieux agent du Mossad à Constantine aideront ceux qui ont vécu- et j’en suis un- cette triste période de notre histoire, à compléter leur puzzle.

Il me souvient que cette journée du 12 mai était un samedi ou un dimanche, journées de repos pour un certain nombre de boites importantes. Je circulais justement rue de France, avec deux autres amis, l’un cheminot et l’autre postier[1] et ce, non loin de la petite artère- ou ruelle- descendante où fut balancée une grenade (qui explosa exactement devant l’entrée d’un bistrot fréquenté essentiellement par des juifs et des petits européens du quartier). D’ailleurs, je me souviens que mon compagnon postier, habitait justement en face de ce bar au premier étage. Curieusement, aussitôt que l’engin éclata, des coups de feu nourris étaient tirés à l’endroit de cette artère perpendiculaire à la rue de France. Cette ruelle débouchait en contrebas sur le quartier des bouchers (on sait que les médinas étaient divisées professionnellement : teinturiers, forgerons, etc.…). Avant les échoppes de bouchers, juste en fin de course de cette ruelle, il y avait- et il y a toujours- la mosquée séculaire de Sidi-Lakhdar où Abdelhamid Ben Badis venait de son vivant donner des cours et, souvent, y passer la nuit, faute de gîte… En continuant sur la gauche, nous atteignons le quartier dénommé «marché de la laine» (Rahbet-souf) et, avant d’atteindre le Rhummel, vous tombez sur le ghetto juif, surnommé «charéé», que l’on pourrait traduire par rue ou place….

Tout cela pour préciser que le quartier juif n’est nullement traversé par la moderne rue de France avec ses magasins, ses bars, etc.… mais qu’il se trouve tout simplement situé en plein cœur de la médina de Constantine!

Que dire encore du fameux pressentiment de notre James Bond (agent 007!) des temps anciens quant à l’imminence d’un attentat du FLN ? Il est évidemment impossible pour un témoin de distinguer les sources de l’action terroriste et de représailles: services du 2ième bureau de l’armée française ou éléments infiltrés du Mossad?

Ce qui est certain, c’est que nous avions vécu de près, le déclenchement d’une réelle ratonnade qui s’est poursuivie sans interruption, la ville s’étant vidée de ses habitants en plein midi et, pour ce qui nous concerne (mes deux amis et moi) nous eûmes la miraculeuse chance de rencontrer dans notre course désespérée, un de nos amis[2] habitant justement une impasse de cette fameuse rue de France et qui se fit un devoir de nous secourir. De chez lui, alors que nous nous étions bien éloignés du lieu de la provocation (il faut savoir que cette rue de France est assez longue) nous entendions des crépitements d’armes accompagnés de cris et d’hurlements.

Avant d’en finir avec ce bref témoignage vécu, il faut quand même dire quelque chose sur l’existence ou non de ce fameux réseau de cellules d’agents du Mossad, en 1956, à Constantine? Qu’en est-il exactement ? En ce temps-là, et même durant la période précédant le déclenchement de la guerre de libération nationale, l’équation s’était de plus en plus simplifiée: d’un côté un peuple avec toute ses couches sociales confondues, affrontait une armée d’occupation dépassant les 400 000 éléments disposant d’un armement sophistiqué. Cette armée d’occupation n’était pas uniquement composée de soldats originaires de l’Hexagone. Elle était également composée de corps étrangers, telle que la Légion étrangère, les régiments de parachutistes étrangers et coloniaux (REP et RPC), etc.… et qui rassemblaient souvent la lie de l’humanité.

Cependant une chose est certaine pour expliquer la présence d’éléments du Mossad en Algérie et, surtout au Maroc, où il fallait en urgence agir pour inciter et convoyer les juifs autochtones en vue de leur acheminement sur Israël (et non sur la France ou une quelconque destination).C’était la hantise du gouvernement Ben Gourion. Les évènements d’Afrique du Nord étaient une bénédiction pour Israël auquel il était donné l’occasion d’envenimer les rapports des juifs autochtones avec les nationaux (marocains, tunisiens et algériens) en provoquant, très souvent, des actes de violences, déclenchant de regrettables vagues intercommunautaires.). C’est ainsi que les services du Mossad avaient pour tâche de créer des situations irréversibles incitant au départ ces milliers de juifs berbères ou d’origine andalouse. Ensuite intervenait les agents de l’Agence juive qui, à travers le monde, ont pour tâche de prendre en charge le voyage à destination d’Israël, compte tenu que le problème démographique était déjà vital pour les gouvernements sionistes de l’époque….

Encore une fois, l’opinion publique internationale -et avec elle, plus lourdement, l’opinion publique algérienne- se trouve être l’objet de manipulations, d’intoxication et de désinformation, domaine dans lequel, il faut le reconnaître, les médias sionistes et leurs alliés, ont une écrasante avance.

Ould Sidi-Rached

Tunis, le 16 avril 2005


article adressé à Alger Républicain, non publié.

[1] Le premier se prénomme Chedli et le second Baghdadi. J’espère qu’ils se reconnaîtront en lisant ce texte si jamais, naturellement, ils sont encore en vie.

[2] Il s’agit d’un membre de la famille Boularès, assez connue dans la ville de Constantine, c’est-à-dire comme étant des notables (deux frères étaient employés aux Ponts et Chaussées de Constantine).

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1955 : MAROC, TRANSPLANTATION DES JUDÉO-MAROCAINS VERS ISRAËL.

Mikhaël Elbaz , né au Maroc en 1947, professeur d’anthropologie à l’Université Laval–Canada, évoque la migration des Juifs Marocains vers Israël dans son livre «L’insoumis ; Juifs, Marocains et rebelles» (éd. Desclée de Brouwer, Paris 2001).

« […] Pour l’année 1955, si le quota d’immigration pour toute l’Afrique du Nord est de 25 000, le Maroc en obtient 24 994. Cela tient à une révolution conceptuelle chez les dirigeants sionistes-socialistes. Ils savent que le maillage du territoire est plus que jamais nécessaire pour asseoir la souveraineté. Les pionniers se font rares pour une politique aussi ingrate. Il s’agit, rien de moins, que de stabiliser les régions frontalières et de peupler le Néguev.

Mandatés par la Fédération des coopératives, Y. Grinker et Z. Haklaï traversent l’Anti-Atlas. Ils reviennent fascinés par la découverte de Juifs frustes mais fiers, dispersés dans quatre-vingt-dix mellahs. D’Ait Rabbah à Demnat en passant par Amizmiz et Ait Buguemmez, les Juifs ruraux sont enregistrés non sans résistance dès qu’ils s’aperçoivent que les émissaires israéliens préfèrent les jeunes aux vieux. Grinker prit leur défense, mais les malades mentaux furent abandonnés. En Israël, ils étaient dans l’impossibilité de choisir leur destin et destination, entre laïcs et religieux qui se les disputaient, comme dans le cas des Juifs de Demnat. Leur départ entraîna des déchirements avec … leur réseau social immédiat dans le village. A Illigh, leur départ dut être retardé, leurs concitoyens musulmans le bloquant. En définitive, les pressions qui poussaient et tiraient cette population de « migrants-malgré-eux » allaient dans la même direction. Entre 1954 et 1955, 13 553 Juifs de l’Atlas furent ainsi fixés pour réaliser un projet qui leur échappait;

L’indépendance du Maroc entraîne la suspension de l’immigration, le 27 septembre 1956. Le Mossad qui avait installé un réseau d’émissaires dès 1955, plongea dans la clandestinité… L’existence de cette émigration clandestine fut révélée après le naufrage du Piscès, le 11 janvier 1961, faisant 43 morts. En réalité, les hauts faits de l’immigration illégale étaient connus des migrants potentiels et de tous ceux qui assuraient la logistique de leur passage par Tanger, Ceuta, Mellila et Oujda… Ses résultats furent peu probants pour une migration de masse : 17 994 départs entre 1957 et 1960.

L’opération « Eclair » fut lancée pour protester contre l’interdiction d’émigrer. L’affaire devint un enjeu international. Elle mit en perspective la contradiction entre l’égalité de naissance et celle des droits, le panarabisme et le sionisme. Elle poussa le Mossad et les organisations juives américaines à ouvrir la négociation avec le Palais.

Dès que Hassan II prit le pouvoir en mars 1961, l’idée d’un transfert des Juifs fit son chemin grâce aux alliances nouées par des hommes d’affaires judéo-marocains avec des ministres. […] Le transfert a été cependant négocié. Des compensations financières ont été versées par Israël sur des comptes en Suisse à raison de 50 $ à 250 $ par immigrant, selon les sources […] Selon A. Bensimon [«Hassan II et les juifs. Histoire d’une émigration secrète» Paris, Seuil-1991] la somme aurait été de 50 $ par immigrant; M. Laskier [ L’immigration secrète et les acticités clandestines au Maroc, 1956-1967» & «Ouverte et secrète. L’immigration en masse des pays musulmans vers Israël», Jérusalem, Institut Ben-Zvi-1999] parle d’un demi million de dollars par transport; T. Segev [ «Les premiers Israéliens» Paris, Calman-Lévy-1998] qui a interviewé Z. Shragaï, insiste que des comptes ont été ouverts pour plusieurs ministres en Suisse. […] Yaron Tsur soutient que la somme par immigrant aurait été de 250 $ (communication personnelle, le 20 juin 2000 à Tel-Aviv). […]Par contre A. Bensimon, ouvrage cité, vise clairement le Palais. Le ministre de l’Intérieur, Reda Guedira, aurait reçu 50 000 $ pour «relancer l’hebdomadaire Les Phares». La rumeur au Maroc disait bien que les Juifs avaient été troqués contre du «blé».

Le fait est que plus de 100 000 Juifs ont migré –inscrits sur des passeports collectifs- entre 1961 et 1964, sous la fiction qu’ils n’allaient pas en Israël… Les Judéo-Marocains étaient pris en charge par une organisation juive américaine, la HIAS. Le fait qu’ils étaient « décitoyennisés » par la pratique des passeports collectifs n’est pas sans lien avec leur sentiment d’avoir été manipulés, y compris en étant plantés en Israël…

[…] Entre 1948 et 1967, 237 813 Juifs marocains migrent en Israël, quittent un monde social et culturel qu’ils avaient fécondé, se demandant souvent qui « veillera sur leurs morts », leurs synagogues et la demeure. […] Une petite communauté de trois à cinq mille personnes maintient au Maroc les restes d’un univers social et culturel englouti».

notes recueillies en août 2004

M – S R. Tunis.

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On peut se référer aussi à l’article de ABRAHAM SERFATY: “LA PROBLÉMATIQUE DU JUDAÏSME MAROCAIN ET LE SIONISME”, publié par la revue « SOUFFLES » – 3ème trimestre 1969, article 307 mis en ligne par socialgérie.

FATALITÉ ?

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FATALITÉ!

Si l’Algérien est connu pour ses constructions anarchiques, son gouvernement est notoirement réputé pour ses promesses et l’inefficacité de ses actions qui n’obéissent à aucune planification.

L’eau continue de tuer. En gros et en vrac. Les averses automnales ont encore des effets d’ouragan dans l’Algérie de 2011. Trois ans après les inondations d’octobre (2008), El-Bayadh voit les eaux d’un orage emporter ses ponts, ses maisons, mais surtout ses habitants auxquels on avait promis l’oubli de la catastrophe dans le confort d’un plan qui redonnera vie à la localité éventrée par la crue.

Trois ans plus tard, au même mois, El-Bayadh célèbre, encore une fois, dans la douleur et le deuil, le sinistre anniversaire. Et la population, n’étant pas frappée comme le gouvernement d’amnésie, a tenu à le dire haut et fort aux trois ministres dépêchés sur place pour la rassurer. Ce qui confirme le constat du sociologue Djabi que “les Algériens n’aiment pas leurs ministres”… légitimement.

Si l’Algérien est connu pour ses constructions anarchiques, son gouvernement est notoirement réputé pour ses promesses et l’inefficacité de ses actions qui n’obéissent à aucune planification.

Quand le drame survient, il ressort les mêmes recettes pour anesthésier les mécontents feignant d’oublier qu’elles sont éculées.

Ce qui est valable pour El-Bayadh a été vérifié à Bab El-Oued, Biskra et ailleurs.

Les trois membres du gouvernement ont eu ainsi droit à une volée de bois vert venant de citoyens désabusés et las d’entendre la même récitation.

Jamais d’ailleurs des ministres n’ont été aussi hués et chahutés. Surtout en ces temps de tension généralisée et de ras-le-bol.

On va reconstruire et prendre des mesures! C’est appris par cœur par l’Exécutif et les autorités locales qui en usent et abusent à tel point qu’on les croirait fatalistes.

“Que voulez-vous que j’y fasse ?” avait rétorqué un jour un haut responsable à une population désemparée qui réclamait de l’aide et du secours après les inondations de Bab El-Oued. Comme s’il s’agissait d’une imparable malédiction. Les mauvais plans, les mauvaises réalisations et les mauvais choix n’ont pas de responsables. Le ciel serait le seul responsable. Et cette litanie continue sur le même ton et la même mesure.

Benyoub Djilali. Liberté 4 octobre 2011.

Sources: algerieinfos, le Jeudi 6 octobre 2011


« MAGHREB DES FILMS 2011 » – PARIS – 16 au 25 OCTOBRE 2011

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10 LETTRES D’INFORMATION POUR PRÉSENTER LE PROGRAMME DU MAGHREB DES FILMS 2011

Dans cet article sont reprise les lettres d’information au fur et à mesure de leurs réceptions

10 lettres : Avant-premières en ouverture et en clôture ; Inédits ; Spécial Tunisie ; Hommage à Selma baccar ; Hommage à Nacer Khemir ; Célébration et hommage aux victimes du massacre du 17 octobre 1961 ; Hommage à Izza Genini ; Hommage à Moumen Smihi ; Vues du Web ; Le Maghreb des films en banlieue parisienne et en province

dates : du 16 au 25 octobre

à Paris

Les 3 Luxembourg

Forum des images

Institut du Monde Arabe

et à partir du 16 octobre

en banlieue parisienne et en province


LETTRE DU 3 OCTOBRE

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Le Maghreb des films en banlieue parisienne et en province

Le Maghreb des films 2011 Banlieue parisienne et province

programme et grille horaire

Les dates

À partir du 21 septembre, sur un ou plusieurs jours, dans un réseau de salles en banlieue parisienne et en province

Le réseau de salles

25 salles en banlieue parisienne et en province. Voir réseau de salles.

La programmation

Les salles de la banlieue parisienne et de province choisissent dans le programme établi par le Maghreb des films (projeté dans sa totalité à Paris), les films correspondant à leur public en tenant compte de leurs contraintes et en ajoutent selon leurs orientations.
L’édition 2011 a deux particularités. En raison des événements majeurs survenus dans le monde arabe, une part importante du programme porte sur la «Révolution de Jasmin» en Tunisie et le «Printemps arabe». Une autre porte sur la commémoration du cinquantième anniversaire du massacre du 17 octobre 1961.


LETTRE DU 30 SEPTEMBRE

La Révolution de Jasmin

Qui êtes-vous ?

Nous sommes la Jeunesse du Jasmin, celle qui n’a connu que la dictature, la peur, celle qu’on a bâillonné, qu’on a empêché de s’exprimer.

Mais nous avons brisé le silence, nos voix ont fait tomber 23 ans de répression et aujourd’hui, il est temps pour nous de faire entendre notre voix, une voix nouvelle.

Dans quelques années, il nous appartiendra de perpétuer cette liberté et de la consolider. Et ce futur il nous faut le bâtir dès maintenant.

Nous ne laisserons pas, comme pendant le printemps de Prague, notre liberté se faner et nous ne retomberons plus jamais dans le piège du silence, quoiqu’il advienne dans le futur.

Nous nous attacherons ainsi, à parler, parler de tout ce qui nous touche, de tout ce qui nous révolte, de tout ce qui nous plait.

Nous voulons donner au Tunisien ce qu’il mérite : une alternative (aussi insignifiante soit elle) à notre presse crasseuse et nos médias déconnectés.

Alors ici, nous traiterons de notre Société tunisienne telle que nous la percevons, de la vie politique de notre pays mais aussi de la culture et plus particulièrement des livres.

Un blogueur Mars 2011

Le Maghreb des films célèbre la révolution en cours en Tunisie à Paris, en banlieue parisienne et en province.

À Paris
La grille horaire sera prochainement disponible sur le site.

Extraits de Digage ! Digage !

de Mohamed Zran

(en séance d’ouverture, à l’auditorium de l’Institut du Monde Arabe)

De Sidi Bouzid, ville de Mohamed Bouazizi au sud, jusqu’à la place du gouvernement à Tunis au nord, le film donne la parole aux Tunisiens qu’on ne voit jamais à la télé et dans les médias, ceux qui n’ont jamais eu le droit d’être écoutés et considérés depuis des décennies.

Chaque fragment d’image qui défile exprime le mot d’ordre de la révolution: «Digage! Digage! Digage!».

Le film est en cours de montage.

Les deux documentaires de Selma Baccar

Solidarité à Tataouine (15’)

La Bataille de Dhibat (12’)

Tournés à la frontière entre la Tunisie et la Libye, c’est un vibrant témoignage de reconnaissance et de fraternité de la part des réfugiés libyens en faveur de leurs hôtes tunisiens.

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et aussi, des films prémonitoires

“Echec et mat”

de Rachid Ferchiou

(1994 – 107’)

film interdit en Tunisie .

Le président Salim est en visite officielle dans un pays voisin quand il apprend qu’un coup d’Etat l’a destitué.

Avec sa femme Yasmine et son aide de camp Saïd, il se réfugie dans une forteresse, dans un pays éloigné où les rejoint son fils Mehdi accompagné de Maya, une amie.

Il s’aperçoit rapidement qu’aux yeux de son entourage il n’est plus qu’un pantin sans pouvoir.

le court métrage
Loi 76

de Mohamed Ben Attia

(2011 – 12’ )

Une loi peut-elle remettre en question tout un système et provoquer à elle seule le chaos?

Les témoignages de 4 personnages nous font découvrir les répercussions de cette nouvelle loi sur leurs vies respectives.

cette fable

“L’Héritage du menuisier”

de Mohamed Ben Smaïl

(2010 – 20’)

Une femme revient après 15 années d’exil dans la ferme familiale abandonnée. Elle y découvre des urnes en bois construites par son grand-père et une lettre où il lui dit qu’il les a envoyées à tous les pays arabes pour aider à établir une démocratie.

En banlieue parisienne et en province

Voir les horaires sur la page Le Maghreb des films 2011: banlieue parisienne et province

“Plus jamais peur”

(72’)

de Mourad Ben Cheikh

Malade de sa Tunisie, un personnage lance la réplique du film: Cette révolution tunisienne n’est pas le fruit de la misère, mais plutôt le cri de désespoir d’une génération de diplômés. Ce n’est, ni la révolution du pain, ni celle du jasmin… Le jasmin ne sied pas aux morts, il ne sied pas aux martyrs. Cette révolution est celle du dévouement d’un peuple… Plus jamais on n’aura peur pour cette nouvelle Tunisie!

Mourad Ben Cheikh

Laïcité Inch’Allah

(72’)

de Nadia El Fani

Un documentaire débuté 3 mois avant la révolution tunisienne… et rattrapé par l’histoire. Un film sur la tolérance, un appel pacifique à la possibilité pour chacun et chacune de choisir et d’exprimer librement ses opinions, ses croyances, sa manière de vivre. Et si pour une fois, par la volonté du peuple, un pays musulman optait pour une constitution laïque? Alors, les Tunisiens auraient vraiment fait la Révolution.


LETTRE DU 25 SEPTEMBRE 2011

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Spécial Tunisie : HOMMAGE À SELMA BACCAR

Peu connue, en France, Selma Baccar est une des pionnières du nouveau cinéma tunisien, au même titre que Nouri Bouzid à qui LE MAGHREB DES FILMS avait consacré sa première rétrospective.

La femme tunisienne est au cœur de son œuvre, de ses grandes figures historiques et artistiques jusqu’aux plus humbles.

Avec, comme constante, la foi en son émancipation, que ce soit du mariage forcé ou de la maternité non souhaitée, mais aussi la certitude de son talent, de son intelligence et de sa capacité à faire bouger une société depuis trop longtemps figée.

« Fatma 75 »

(1976 – 60’)

Fatma, étudiante, doit présenter un exposé à l’université. Cet exposé nous permettra de plonger dans l’histoire ancienne pour faire revivre les femmes célèbres de l’histoire tunisienne et les grandes figures de l’indépendance berbère.

Trois générations de femmes et trois manières de prise de conscience sont relatées dans ce film :

  • La période 1930-1938, qui trouve son aboutissement dans la création de l’Union des Femmes Tunisiennes.
  • La période 1938-1952, qui montre le rapport entre la lutte des femmes et la lutte nationale pour l’indépendance.
  • La période d’après 1956 et jusqu’à nos jours, avec les acquis de la femme tunisienne en ce qui concerne le Code du Statut Personnel.

Avec ce film tourné en 1976, Salma Baccar devient la première femme réalisatrice d’un long métrage de fiction en Tunisie .

« La Danse du feu »

(1995 – 120’)

Femme libre et artiste aux multiples talents, Habiba M’sika fut l’une des plus brillantes étoiles de son époque, les années vingt.

Inspiré de la vie réelle de l’artiste, le film évoque les trois dernières années à partir de 1927. Rythmée par les soubresauts d’une époque en pleine mutation, cette étape tumultueuse de la vie de Habiba M’sika est marquée au fer rouge de l’amour que lui vouent Mimouni, un riche propriétaire terrien et Chedly, un jeune poète de bonne famille.

À Berlin, au cours d’une tournée triomphale elle rencontre la star de la musique orientale, l’irakien Baghdadi, et s’initie à la vie parisienne avec Pierre, le dandy au charme trouble.

De retour à Tunis la vie de Habiba M’sika est emportée par le tourbillon frénétique du succès, des polémiques et des passions contrariées jusqu’à la tragédie finale de sa mort.

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« Fleur d’oubli »

(2006 – 107’)

Dans la Tunisie des années quarante, une jeune fille romantique de la bourgeoisie tunisoise, Zakia, se trouve prise dans le piège d’un mariage arrangé avec un homme dont elle va très vite découvrir l’homosexualité. Suite à un accouchement douloureux, elle devient dépendante du khochkhach (pavot), une plante que sa mère lui administra pour calmer ses douleurs post-natales.

C’est le début d’une descente vers l’enfer qui l’amène dans un asile d’aliénés où elle va reprendre goût à la vie et à l’amour.

2 documentaires sur la Libye (2011) :

« La Bataille de Dhiba »

(2011 – 12’)

« Solidarité à Tataouine »

(2011 – 15’)

Témoignages émouvant sur la solidarité entre la population tunisienne et les réfugiés libyens.


LETTRE DU 19 SEPTEMBRE 2011

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6 séances en hommage à Izza Genini

Incroyable richesse et diversité de la musique marocaine, qui va des Berbères aux Gnaouas en passant par les Soufis, les Andalous, la Aïta des Cheikhates, le chant sépharade, etc.

Izza Genini s’est consacrée à mettre en valeur par le film le patrimoine musical marocain.

Née en 1960 à Casablanca, elle suit ses parents qui émigrent en France pour rejoindre leurs autres enfants partis quelques années auparavant. À Paris commence une nouvelle vie pour cette famille mais Izza la petite dernière décidera un jour de redécouvrir le Maroc qu’elle a laissé derrière elle. Naîtra alors une collection de films qui mettent en exergue tout l’intérêt qu’elle lui porte.

Son intérêt pour la musique du groupe musical marocain Nass El Ghiwane, l’amène à encourager Ahmed El Maânouni à en filmer les concerts. Cela donnera Transes , en 1981, film emblématique dont Martin Scorsese dit qu’il a influencé son travail, pour «La Dernière Tentation du Christ».

“Un soir, vers 2 heures ou 3 heures du matin commence à la télévision un film intitulé “Transes”. Ils l’ont passé plusieurs fois. J’ai tout de suite été fasciné par la musique, mais aussi par la façon dont était conçu ce documentaire. En plus d’avoir un effet particulier sur le public, il s’agissait d’un véritable portrait sur le Maroc. Elle devient une source d’inspiration pour mon film suivant La Dernière Tentation du Christ”, dixit Martin Scorcese lui-même.

Depuis, Izza Genini, devenue productrice et réalisatrice, a tourné une douzaine de films, composant un véritable itinéraire musical qu’elle résume pour Le Maghreb des films en 6 séances :

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Soirée d’ouverture

« Transes »

de Ahmed El Maanouni

produit par Izza Génini (1981 – 90’)

Dès les années 70, le Maroc a connu, grâce à cinq musiciens formés à l’école de la rue et décidés à rompre avec les « langueurs orientales » envahissantes, une explosion musicale qui devait être pour les jeunes le cri de leurs désirs, de leurs frustrations et de leur révolte.

L’itinéraire géographique et culturel de ce groupe, Nass El Ghiwane. À travers leurs chansons, le film aborde les thèmes sociaux traditionnels (le thé ou l’échange, le feu ou la souffrance, l’eau ou la sécheresse des cœurs), mais aussi les grandes questions contemporaines (le temps, l’histoire, le rire, l’espoir).

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Maroc en musiques: du Nord au Sud

« Des Luths et délices » (1988 – 26’)

Nord du Maroc, la ville de Tétouan surnommée « Fille de Grenade ». Abdelsadek Chekara et son orchestre y interprètent le répertoire classique des noubas, suites musicales aux accents de flamenco héritées de l’Andalousie si proche. Tétouan perpétue le souvenir de l’Age d’Or qui fut celui de l’Espagne tolérante où chrétiens, juifs et musulmans vivaient dans la convivialité exprimée en particulier par la musique.

Abdelsadek Chekara innove en jetant un pont entre la musique classique, le flamenco et le chaabi, la musique populaire.

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« Aïta »

(1988 – 26’)

Interprétée par les cheikhate, (des musiciennes itinérantes), la aïta est le cri qui devient chant, chant qui devient appel: appel à la mémoire, appel à témoin de la douleur, appel au dépassement de soi, la aïta est aussi un cri d’amour et d’espérance. Face à l’océan Atlantique, au sud d’El Jadida, le Moussem de Moulay Abdallah est le lieu d’expression idéal de la aïta.

Fatna Bent El Hocine, une des cheikhates les plus célèbres du pays, s’y produit chaque année avec sa troupe Oulad Aguida pour le bonheur des cavaliers de la fantasia et celui d’un public passionné.

« Rythmes de Marrakech »

(1988 – 26’)

À Marrakech, les tambourineurs de la deqqa dirigés par le mythique «Baba», les femmes percussionnistes des houara, les musiciennes de aïta et les mwazniya, violonistes-danseurs, participent tous au tempo de la ville.

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Maroc en musiques : du côté de l’Atlas
_ « Vibrations en Haut-Atlas »

(2004 – 26’)

Dans le Haut Atlas, une piste conduit à la vallée de Aït Bouguemez.

La musique est l’émanation naturelle et spontanée de cet univers primordial: les chants des femmes en polyphonie aigüe, en youyous ou en ritournelles accompagnent chacune de leurs actions. La flûte et le tambourin sont les seuls instruments que les hommes pratiquent, en particulier lorsque le soir venu les villageois se retrouvent pour danser Adersi, la danse qui rappelle la ronde cosmique.

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« Nuptiales en Haut-Atlas »

(2004 – 26’)

Dans le Moyen Atlas, autour de Khénifra, les tribus Zayane et Ichker se réunissent pour la représentation de la noce mythique de Asli et Taslit, le Fiancé et le Fiancée, devant les immenses tentes berbères au rythme des dizaines de bendirs.

« Malhoune »

(1989 – 26’)

Le malhoune signifie « poésie dialectale chantée ».

À Meknès, Hajj Houceine Toulali, maître incontesté de ce genre musical nous révèle les subtilités de cette langue millénaire et savoureuse.

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Maroc en musiques : musiques sacrées

« Louanges »

(19888 -26’)

Entre Volubilis et Meknès, le sanctuaire de Moulay Idriss Ier est le théâtre d’un des plus importants pèlerinages du Maroc. Pendant huit jours, au son des tambours et des hautbois, confréries soufi et simples pèlerins défilent sur des rythmes lancinants, en quête de bénédictions et de transes libératrices.

« Cantiques Brodés »

(1989 -26’)

La rencontre exceptionnelle à Paris des deux maîtres de musique arabo-andalouse, le rabbin Haïm Louk et maître Abdelsadek Chekara, montre à l’évidence comment juifs et musulmans marocains ont préservé avec ferveur les trésors de leur patrimoine musical commun. Hérité de l’Andalousie à son Âge d’Or, le matruz justifie les entrelacs d’une « broderie ».

« Chants pour un shabbat »

(1989 – 26’)

Réunis à Paris, autour du rabbin Haïm Louk, les cantors Malkiel Benamara, Albert Bouadanah, Gad Benchabat, Elie Tordjman et Salomon Nahmias, tous originaires du Maroc, entonnent des chants sacrés du Shabbat et ceux des bakkachot .

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Maroc en musiques : tambours battant
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« Gnaouas »
(1993 – 25’)

L’Afrique Noire coule dans les veines du Maroc.

Esclaves arrivés dès le XVème siècle avec l’or du Soudan Occidental, les Gnaouas ont formé des confréries qui pratiquent encore des rituels de possession et d’exorcisme. Au cours de la lila (la nuit), les chants en bambara, le rythme du guembri, le crépitement des crotales métalliques et le battement sourd du tambour appellent les mlouks, les génies bienveillants, pour accompagner le danseur au sommet de sa transe.

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« Tambours battant »

(1999 – 52’)

« Les tambours emplissaient l’espace. Il y en avait des ronds, des plats, des ventrus… Il y en avait de minuscules et d’énormes comme ceux des musiciens qui venaient virevolter sous nos fenêtres à Casablanca…» Izza Génini se souvient et s’interroge sur la place mystérieuse que tient la musique dans sa relation à un être, à son monde d’origine …

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Soirée de clôture

« Nûba d’or et de lumière »

(2007 – 80’)

L’histoire d’une musique. La musique arabo-andalouse dont la nûba serait la symphonie…

À l’image d’un arbre musical, ses branches sont nourries d’une sève qui, depuis 14 siècles, monte des confins marocains et des courants venus de Bagdad, grandit dans les cours des califes andalous, se fortifie dans l’Espagne médiévale, se mêle au chant des trouvères et des sépharades, puis replantée au Maghreb, s’épanouit au Maroc sous le nom de Ala.


LETTRE DU 16 SEPTEMBRE

Célébration et hommage aux victimes du massacre du 17 octobre 1961

En partenariat avec l’association “Au Nom de la Mémoire”

Les évènements d’octobre 61, à Paris, sont comme un écho à ceux qui se déroulent aujourd’hui, dans les pays du Maghreb et dans le « monde arabe ». Ils appartiennent à la même Histoire. Leur cinquantenaire sera l’occasion d’un colloque et de la programmation la plus exhaustive des films existants, qu’ils soient de fiction ou documentaires.

Peuple français, tu as tout vu

Oui, tout vu de tes propres yeux.

Tu as vu notre sang coulé

Tu as vu la police

Assommer les manifestants

Et les jeter dans la Seine

La Seine rougissante

N’a pas cessé les jours suivants

De vomir à la face

Du peuple de la Commune

Ces corps martyrisés

Qui rappelaient aux Parisiens

Leurs propres révolutions

Leur propre résistance

Peuple français, tu as tout vu

Oui, tout vu de tes propres yeux.

Et maintenant vas-tu parler ?

Et maintenant vas-tu te taire ?

Kateb Yacine

«Dans la gueule du loup» dans 17 octobre 1961. Mémoire d’une communauté, éditions Actualités de l’Immigration, Amicale des Algériens en Europe. Montreuil, 1987

Octobre_a_Paris_4-a07b0-4de7c_2.jpg Les faits

Le 17 octobre 1961, à l’appel de la Fédération de France du FLN 30 000 algériens manifestent pacifiquement à Paris pour protester contre le couvre-feu discriminatoire qui leur est imposé et réclamer l’indépendance de l’Algérie.

Sous l’autorité du préfet de Police de l’époque, Maurice Papon, la manifestation est durement réprimée tuant des dizaines d’algériens.

11 538 Algériens seront interpellés, ce qui n’est pas sans rappeler la grande rafle du Vel d’hiv des 16 et 17 juillet 1942 où 12 884 juifs avaient été arrêtés, des dizaines d’assassinats, des manifestants jetés dans la Seine, des centaines d’expulsions et autant de plaintes restées sans suite. Pas d’enquête, pas de procès et encore moins de commémoration.

7 longs métrages, fictions et documentaires

4 courts métrages et clips.

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« Octobre à Paris »

de Jacques Panijel (1962 – 70’)

Premier film documentaire sur les crimes policiers perpétrés après les manifestations en faveur de l’indépendance de l’Algérie du 17 octobre 1961.

Dès le lendemain de la manifestation, Jacques Panijel, commence dans des conditions très difficiles le tournage de « Octobre à Paris » pour alerter l’opinion sur la tuerie qui vient de se produire dans les rues de Paris.
_Financé avec les fonds du Comité Audin (collectif d’intellectuels engagés contre l’Algérie française) Octobre à Paris a été tourné à la fin du mois d’octobre 1961.

Composé de captations documentaires, de photos (entre autres celles d’Elie Kagan), d’interviews de manifestants et de reconstitutions, le film a été censuré dès 1962 et Jacques Panijel menacé de poursuite. Dès qu’il y avait une projection, les policiers débarquaient et saisissaient les bobines.

Octobre_a_Paris_1-e3b77_4.jpg Ce film a été longtemps censuré.

La fin de la guerre d’Algérie ne signifia pas pour autant la levée de l’interdiction. C’est seulement en 1973 que la situation s’est débloquée. Après la grève de la faim du cinéaste et ancien résistant René Vautier, le film a obtenu son visa d’exploitation, il pouvait enfin être montré. Mais il a été bloqué pour des questions de droits jusqu’à aujourd’hui.

Le film sort en salles le 19 octobre 2011.

Une préface intitulée “À propos d’octobre”, tournée par Mehdi Lallaoui, a été ajoutée au film. elle est visible en allant sur le site consacré au film.

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« Ici on noie les Algériens »

de Yasmina Adi (2011- 90’)

Même objectif que le précédent, même méthode alternant témoignages et archives, mais tourné 50 ans plus tard dans de toutes autres conditions techniques.

Dans le premier, les conditions précaires de tournage, l’émotion des témoins intacte en raison de la proximité de l’événement, leur difficulté d’expression – due aussi au manque de maîtrise de la langue française, à tel point qu’un sous-titrage ne serait pas inutile -, donnent une force extraordinaire au film et font ressortir de façon brute les violences subies. Dans le second, l’expression est nette, les dialogues précis. Par sa description claire de l’événement, il est un complément évident du premier

Mêlant histoire et mémoire, passé et présent, le film est construit comme un thriller. Pour que la vérité remplace les non-dits et pour faire émerger la dimension politique et humaine de cet épisode trop longtemps tu.


Le film sort en salles le 19 octobre 2011

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« Nuit noire, 17 octobre 1961 »

de Alain Tasma (2005 – 108’)

Ce n’est pas un documentaire, mais une fiction.

Alain Tasma retrace avec une grande sincérité et une impartialité étonnante l’escalade des tensions en plein Paris, l’exacerbation d’un sentiment de haine entre algériens et policiers et le chaos qui s’en suivra. La limite est ténue entre le bien et le mal, les bons et les méchants, mais grâce au scénario de Patrick Rotman les comportements paraissent réalistes, chaque détail a été méticuleusement bien écrit.

Le film croise les destins de personnages qui ont, chacun, une vue partiale et partielle de la situation: Sabine, journaliste; Nathalie, porteuse de valises; Martin, jeune flic sans engagement politique; Tierce, policier syndicaliste; Tarek, ouvrier de nuit non militant; son neveu, Abde, qui suit des cours du soir; Ali Saïd, cadre du FLN; Maurice, coordonnateur de la Fédération de France du FLN. À ces personnages s’ajoute une figure historique: le préfet Papon.

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«17 octobre 1961, dissimulation d’un massacre»

de Daniel Kupferstein (2001 – 52’)

Ce fut un véritable festival de mensonges, d’erreurs et d’intoxication dans la presse française au lendemain des massacres du 17 octobre 1961, à Paris, raconte le journaliste René Dazy qui a vu tellement de sauvagerie se déployer ce jour là qu’à son retour à la rédaction, il vomit. 

Construit sur une avalanche de témoignages hallucinants, de révélations et de vérités longtemps refoulées, le film explique pourquoi ce crime a été occulté, pourquoi cette histoire a été dissimulée, dans quelles conditions et au nom de quelles raisons des responsables d’un Etat dit démocratique, ont-ils caché l’ampleur et la gravité de tels événements ?.

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Parmi les scènes filmées notamment :


en février 1999, le procès en diffamation intenté par Maurice Papon, ancien préfet de police, contre l’écrivain Jean-Luc Einaudi à la suite de son témoignage devant la Cour d’assises de Bordeaux en 1997.

l’interview de Brigitte Lainé et Philippe Grand, conservateurs en chef du patrimoine détachés aux Archives de la Ville de Paris, objet d’une enquête administrative au lendemain de leurs témoignages au procès de J.-L. Einaudi.

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« Vivre au paradis »

de Bourlem Gerdjou (1999 – 97’)

Une rare fiction retraçant la vie des travailleurs immigrés dans le bidonville de Nanterre pendant la Guerre d’Algérie. Leur quotidien au travers d’une famille fracturée par le désir d’accession à la modernité du père et la fidélité aux valeurs du groupe incarnée par la mère.

Une séquence sur le 17 Octobre 1961.


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« Le silence du fleuve »

de Mehdi Lallaoui et Agnès Denis
(1991 – 52’)

« L’oubli est complice de la récidive », dit le commentaire de ce film consacré à la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris et à la sauvage répression qui s’en est suivie.

Le film rassemble des témoins oculaires parmi lesquels un prêtre, un gardien de la paix, un couple d’ouvriers sympathisants de la cause algérienne, une avocate, des conseillers municipaux de Paris dont Claude Bourdet (alors l’un des dirigeants du PSU et journaliste à France Observateur), Gérard Monatte, le futur dirigeant syndical dans la police, et l’éditeur et écrivain François Maspero.

Mehdi Lallaoui est président de l’association « Au Nom de la Mémoire »

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Et aussi : «Meurtres pour mémoire», de Laurent Heynemann (1984 – 81’) ; «Mémoires du 17 octobre», de Faïza Guène et Bernard Richard (2002 – 17’) ; «Témoignages d’octobre», de Sébastien Pascot (2002 – 11’) ; «Une histoire du guetto français : 17 octobre1961», de Sébastien Pascot (Clip, 3mn26).


LES MUSULMANS QUI ONT SAUVÉ LES JUIFS DES MASSACRES D’HITLER

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«Hier à l’aube, les juifs de Paris ont été arrêtés. Les vieux, les femmes et les enfants. En exil comme nous, travailleurs comme nous. Ils sont nos frères. Leurs enfants sont comme nos propres enfants.- ammarach nagh. Celui qui rencontre un de ses enfants doit lui donner un abri et la protection des enfants aussi longtemps que le malheur – ou le chagrin – durera. Oh, l’homme de mon pays, votre coeur est généreux.»

Tract rédigé en tamazigh circulant parmi les émigrés algériens kabyles lors de la rafle des juifs le 16 juillet 1942 à Paris.


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Mon attention a été attirée par la sortie, cette semaine, d’un film réalisé par le cinéaste marocain Ismaël Ferroukhi avec l’aide de Benjamin Stora- décidément il est incontournable. Il s’agit de «Les hommes libres», l’histoire oubliée des Arabes occupés . Le cinéaste Ismaël Ferroukhi, raconte ces «invisibles» de Paris sous l’Occupation.

Nous sommes en 1942, à Paris. Paradoxalement Le titre du film s’apparente au mot berbère «Imazighen», «les hommes libres» qui ont vécu dans toute l’Afrique du Nord du Maroc en Egypte en passant naturellement par l’Algérie la Tunisie et la Libye, il y a plus de 3000 ans pour la période connue.

J’ai ensuite été frappé par le fait que les émigrés algériens –sous prolétariat français- pendant la colonisation, avaient décidé d’aider les Juifs à s’enfuir et les ont caché. Un mot m’avait frappé à propos: «Ammarache nagh», «Ce sont comme nos enfants» traduisant par là le sacrifice à faire pour sauver des enfants juifs… qui sont comme nos enfants

Pour montrer comment 100.000 Algériens de Paris ont traversé la Seconde Guerre mondiale. Aurélie Champagne de «Rue 89» écrit: «Les temps sont durs. Younès, le héros, vit du marché noir et nourrit sa famille, restée en Algérie. Quand il se fait arrêter, il est contraint de passer un marché avec la police vichyssoise: il doit espionner la communauté maghrébine qui fréquente la Mosquée de Paris et son recteur, Si Kaddour Benghabrit. Le jeune homme découvre rapidement que le recteur protège des syndicalistes et délivre de fausses attestations de foi musulmanes à des familles juives. Il rencontre aussi Salim Halali, étoile des cabarets arabes, qui animent la vie festive de l’époque. [[Aurélie Champagne «Les Hommes libres», l’histoire oubliée des Algériens occupés “Rue89”, le 27/09/2011]]

La projection en avant-première s’est faite en présence d’un diplomate marocain et des autorités de la Mosquée de Paris. Point de représentants algériens pour apprécier un film sur les Algériens qui, comme le dit Stora: «Les 100.000 Algériens qui vivaient à Paris sous l’Occupation font partie d’une immigration ouvrière extrêmement pauvre, écrasée socialement»: « Ils ne sont ni des Algériens – puisque l’Algérie, c’était la France – ni des Français. Ils n’ont pas le statut de citoyens français. À la relégation juridique s’ajoute l’écrasement social, qu’on voit très bien dans la scène d’ouverture du film. Ce sont des hommes invisibles». Ils sont arrivés en France bien avant le début de la guerre. Monsieur Stora oublie de dire que ces «invisibles» étaient venus se battre pour la France à Verdun et qu’ils y ont fait souche». [[Aurélie Champagne «Les Hommes libres», l’histoire oubliée des Algériens occupés “Rue89”, le 27/09/2011]]

Puis la France se reconstruisant, elle avait besoin des «tirailleurs bétons» qui, de la même façon, défendirent en tant que tirailleurs la France pendant la guerre 39-45 puis restèrent et la reconstruiront pendant les Trente Glorieuses, jusqu’au jour où le président Giscard d’Estaing décide de les «expulser». Ce fut le «million Stoléru» pour solde de tout compte d’un siècle d’humiliation et de rapine.

En 1926, poursuit Aurélie Champagne, quand la Mosquée de Paris est inaugurée, il y a déjà une forte présence d’Algériens à Paris. En parlant du recteur Si Kaddour Benghabrit, Stora déclare: «Ah ! Que dire de ce personnage… Il est très proche de la cour du sultan du Maroc. Il est recteur, c’est un homme de foi, mais c’est surtout un homme politique. Dans “ Les Hommes libres ”, Benghabrit ne protège pas seulement les membres de sa communauté – alors que «tout le monde de gauche et l’univers syndical n’existent plus, que plus rien n’existe». À part le préfet Jean Moulin qui a refusé d’obéir, tous les préfets et toutes les institutions ont accepté de collaborer.»

Si Kaddour Ben Ghabrit, le fondateur de la Mosquée de Paris, aura dirigé ce lieu religieux durant la période d’Occupation. Il s’agit, selon les dires du réalisateur, d’un homme aux multiples facettes. Durant la Seconde Guerre mondiale, Benghabrit a sauvé sa grand-mère d’origine juive en empêchant son arrestation et en l’évacuant vers le Maroc. [[Aurélie Champagne «Les Hommes libres», l’histoire oubliée des Algériens occupés “Rue89”, le 27/09/2011]]

Pourtant ce film n’apporte, de mon point de vue, rien de nouveau. Les faits étaient connus et ignorés volontairement. Pourtant un coin du voile vite refermé eut lieu en 1991. On se souvient en effet, qu’il y a vingt ans, dans un documentaire de 29 minutes intitulé “La Mosquée de Paris, une résistance oubliée”, réalisé pour l’émission «Racines» de France 3 en 1991, Derri Berkani rapporte que durant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation de la France par l’Allemagne nazie, la Mosquée de Paris sert de lieu de résistance pour les musulmans vivant en France. Les Algériens du FTP (Francs-tireurs partisans) avaient pour mission de secourir et de protéger les parachutistes britanniques et de leur trouver un abri.

Les FTP ont par la suite, porté assistance à des familles juives, des familles qu’ils connaissaient, ou à la demande d’amis, en les hébergeant dans la mosquée, en attente que des papiers leur soient fournis pour se rendre en zone libre ou franchir la Méditerranée pour rejoindre le Maghreb. Le docteur Assouline a comptabilisé 1600 cartes alimentaires (une par personne) qu’il avait fournies à la Mosquée de Paris pour les juifs qui y avaient trouvé refuge. À la mosquée, écrit Albert Assouline, il n’y avait pas de limite à l’hébergement (1732 personnes au total de 1940 à 1944, les adultes dans les sous-sol, les enfants au-dessus). Des employés de la Mosquée de Paris établirent une série de faux documents, rédigés en graphie turque ancienne, et sauvèrent ainsi une centaine de personnes. Ces faits sont relevés dans l’ouvrage d’Annie Benveniste: «Le Bosphore à la Roquette». [[“La Mosquée de Paris, une résistance oubliée” (1940-44)]]

Voici le témoignage Annette Herskovits, elle-même «enfant cachée», lors de la seconde guerre mondiale: «La mosquée était le lieu de résistance composé de personnes issues de la régions montagneuse de l’Algérie la Kabylie. Le réseau Kabyle communique dans leur langue, le berbère, le tamazight, ce qui rendait presque impossible l’infiltration. L’accès aux égouts de Paris était situé directement sous la mosquée, ce qui a fourni une voie pour s’échapper. (…) Une femme a témoigné être sortie de Paris sur une péniche, un kabyle tenant la barre a pris des fugitifs cachés dans sa cargaison pour le sud de la France, Ainsi de là, les fugitifs, pouvaient être introduits clandestinement en Algérie ou en Espagne. Le 16 Juillet 1942, la police de Paris, a entrepris d’arrêter 28 000 juifs sur les ordres du gouvernement français collaborationniste de Vichy. Plus de 4.000 enfants âgés de 2 à 16 ans ont été parmi les personnes arrêtées. Le deuxième jour, un tract a été distribué à travers les hôtels misérables où vivaient les travailleurs algériens immigrés. Le tract, en tamazight, a été lu à voix haute pour les hommes pour la plupart analphabètes «Amm arrac nnagh» « Comme nos enfants»» [ [ «Ces Kabyles qui ont sauvé des Juifs des Nazis»“Kabyle Mag” le 27 septembre 2011 ]]

La pitié musulmane pour l’humanité

On remarquera au passage, outre le sauvetage des juifs, ces «invisibles» faisaient partie de la Résistance. Voilà encore un fait de bravoure à mettre à l’actif de «l’oeuvre positive des colonisés pour la France». Le «Chant des partisans» de Joseph Kessel et Maurice Druon a inspiré les premiers révolutionnaires du FLN. Ces Invisibles n’ont que faire de la reconnaissance en tant que «justes; tsadikin» de la part de Yad Vashem. Ils ont fait leur travail dignement en accord avec leur honneur et leur religion.

Il ne faut pas croire que ces faits de la part des musulmans est un fait isolé. Pour comprendre cette empathie naturelle des musulmans envers le genre humain et montrer que ce qui est arrivé en 1939-1945 n’est pas une singularité, rappelons-nous l’exemple de l’Emir Abdelkader.

Au plus fort de l’invasion coloniale entre 1832 et 1842, l’évêque d’Alger, Dupuch, écrivit à l’émir Abdelkader pour demander la libération d’un sous-intendant militaire. L’Émir lui répond: «Permets-moi de te faire remarquer qu’à double titre de serviteur et d’ami des hommes, tu aurais dû me demander non la liberté d’un seul mais celle de tous les chrétiens qui ont été faits prisonniers depuis la reprise des hostilités. Bien plus, tu serais deux fois digne de ta mission en étendant la même faveur à nombre de musulmans qui languissent dans vos prisons.» L’Émir demande à l’évêque: «Envoyez un prêtre dans mon camp, il ne manquera de rien; je veillerai à ce qu’il soit honoré et respecté comme il convient à celui qui est revêtu de la noble dignité d’homme de Dieu et de représentant de son évêque. Ce prêtre peut s’occuper de personnes et correspondre avec leurs familles, leur procurer les moyens de recevoir de l’argent, des vêtement, des livres.»

«Bien plus tard écrit Bruno Etienne, pendant les émeutes fomentées en sous-main par l’Angleterre et la France, Abdelkader exilé à Damas sauva des milliers de chrétiens d’une mort certaine en les accueillant dans sa demeure, les soignant, les nourissant et les protégeant juquà la fin des émeutes . Mieux, ln lui signale un établissement des soeurs de la charité où vivent 400 enfants en fort danger. Il s’y rend et ramène 6 prêtres, 11 soeurs et les 400 enfants. Les soldats de l’Émir les escortent et repoussent à coups de crosse les émeutiers déchaînés. Arrivé chez lui, l’Emir s’adresse à la foule hostile : « Mes frères, votre conduite est impie ! La foule hurle : « Les chrétiens ! » L’Émir réplique : « Les chrétiens, tant qu’un seul de ces vaillants soldats qui m’entourent sera debout, vous ne les aurez pas, ils sont mes hôtes.» [[Bruno Etienne: “Le Barbare, en 1860 à Damas durant les émeutes syro-libanaises”]]

Il est dit dans le Coran que celui qui a sauvé une âme, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité toute entière. Ce verset a été le sacerdoce des musulmans pendant le IIIe Reich. Examinons rapidement le cas de la Turquie, de l’Albanie et surtout le cas des Maghrébins: nous avons parlé du rôle décisif des Algériens, le roi du Maroc et le Bey de Tunis.

Le rôle de la Turquie et de l’Albanie

On sait que la Turquie fut sommée de livrer les juifs étrangers. Nous voulons rapporter le devouement admirable d’un consul turc en France qui prit tous les risques. C’était en mars 1942. Son père Beli Arbel exerçait alors les fonctions de Consul général de Turquie à Marseille. «Un jour, quelqu’un que je ne connaissais pas est venu voir mon père et lui a dit qu’il fallait qu’il se rende en Corse.» Beli Arbel part sans hésiter et traverse la mer avec sa femme et son fils. (..) Alors qu’il vient d’arriver en Corse en ce printemps 1942, le petit Niel ignore tout des activités de son père, il a bien d’autres jeux en tête. Son père, lui, disparaît le matin en voiture et rentre le soir. Sa tournée doit rester discrète. Dans sa serviette, des passeports vierges à l’intention des Juifs de Corse qui devront faire l’objet d’une mesure de comptage par les autorités de Vichy. Sinistre besogne qui présage un départ sans retour pour l’Allemagne. Or, du fait que la Turquie reste neutre dans le conflit, les Juifs devenus citoyens turcs par naturalisation se retrouvent de facto «immunisés» par ce passeport dûment délivré par le consulat général de Marseille dont dépend la Corse, et par voie de conséquence, sauvés de la déportation qui s’intensifie depuis 1941. L’opération s’avère délicate. Ankara est au courant, «mais ne connaît plus personne si l’affaire tourne mal» comme le souligne Neil Arbel. Les deux représentants de la République, le préfet de la Corse Paul Balley à Ajaccio et à Bastia le sous-préfet Pierre-Henry Rix, prêtent leur concours attentif. [ [ “Mars 1942 : les Juifs de Corse sauvés par un passeport turc”“corsematin” le 10 septembre 2011 ]]

Pïerre-Henry Rix confirme la naturalisation des Juifs de Corse au cours d’entretiens qu’il a eus en 1947 avec le Général de Gaulle à La Boisserie. Il écrit: «Je lui ai raconté comment, grâce au chargé d’affaires permanent de Turquie à Vichy, M. Bedi-Arbel, dans l’après-midi du 21 mars 1942, tous les Juifs de mon arrondissement furent dotés de la nationalité turque… Ainsi, quelques semaines plus tard, l’envoyé de Vichy pour les affaires juives repartait bredouille.» Dans son journal, Pïerre-Henry Rix le sous-préfet de Bastia indique qu’il avait fait part au Consul de Turquie de «certaines menaces» pesant sur les Israélites de son arrondissement. Tous les Juifs de la région de Bastia deviennent ottomans «(…) je lui ai cédé tous les Israélites de mon département, qui vont être déclarés sujets ottomans et qui échapperont à ce titre aux mesures vexatoires dictées par Vichy.» [ [Pierre-Henry Rix:“Par le portillon de La Boisserie”. Nouvelles Editions Latines. 1974 ]]

Dans la seule région de Marseille, le chiffre de 20 000 passeports est avancé. Le consul Beli Arbel disposait également de laissez-passer turcs pour traiter les cas les plus urgents. Il était temps. En juillet 1942 le régime nazi déclenche l’opération «Vent printanier» une gigantesque rafle dans plusieurs pays européens dont la France. Pour autant, grâce à ces vrais- faux passeports portant le sceau officiel de la Turquie et avec l’aide de l’administration française, la Corse n’a pas livré ses Juifs, contournant ainsi d’habile façon les lois de Vichy. Niel Arbel, le fils du Consul se dit fier de l’attitude de son père durant la guerre. Car «celui qui sauve une vie sauve l’humanité tout entière.» [ [ “Mars 1942 : les Juifs de Corse sauvés par un passeport turc”“corsematin” le 10 septembre 2011 ]]

On sait qu’en 1943, l’Allemagne occupe l’Albanie. Les Albanais refusent aussi de donner les listes de Juifs albanais et étrangers. Ils les cachent, les intègrent à la population, leur apprennent les travaux des fermes ou les emploient dans leur petit commerce. «Nous étions des musulmans très pratiquants. C’était évident qu’il fallait aider les gens en difficulté et inconcevable de dénoncer de juifs. «Dans notre foi musulmane, sauver une vie c’est gagner le paradis. BESA est un fruit de Coran». «Tous ceux qui frappent à ma porte sont une bénédiction de Dieu.» On estime de 600 à 1800 juifs réfugiés dans ce pays, souvent en route pour la Palestine. [ [“Des Musulmans sauvent des Juifs”, par Antoinette Bremond, “Un écho d »Israël.net”, le jeudi 24 janvier 2008. ]]

«Au cours de mes recherches, lit-on sur un site, je suis tombé sur une brochure intéressante rédigée par une organisation appelée «Question de foi» qui met en lumière cette histoire ainsi que de nombreux autres cas de musulmans sauvant des juifs en Algérie, Tunisie, Turquie. Un rapport qui mérite d’être lu. Voici quelques bribes de la conversation entre moi et le fondateur de «Question de foi», Fiyaz Mughal, sur la question: «Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles ces personnes ont pris de tels risques. Certains étaient leurs voisins. Et d’autres avaient un sens profond de la justice sociale islamique, pensant que les juifs étaient innocents et devaient être protégés. « L’idée est que si vous sauvez une vie, c’est comme si vous sauviez l’humanité.» [ [ [Les musulmans qui sauvèrent les juifs Holocauste Juifs Musulmans – “trouvetamosquee.fr” (traduction du billet – Arwa FreeLance) ]]. Là encore, la référence est le Coran.

Le devoir des dirigeants maghrébins

Le Maghreb a fait son devoir vis-à-vis des juifs, notamment maghrébins. On dit que: «Mohammed V était consterné par les lois raciales de Vichy. Les sujets juifs de Sa Majesté sont définis par leur foi et non par la race. Le roi entre publiquement en dissidence selon une note du Quai d’Orsay lorsqu’il déclare aux notables juifs invités à la fête du Trône «Je n’approuve nullement les nouvelles lois anti-juives et je refuse de m’associer à une mesure que je désapprouve. Il n’y a pas de juifs il n’y a que des sujets marocains», avait répondu le roi au représentant de la France de Vichy avant de l’inviter à prévoir 150 étoiles jaunes pour la famille royale si cette disposition venait à être adoptée. Refusant tout contact avec l’administration, il invita ostensiblement tous les rabbins du Maroc à la fête du Trône en 1941», rappelle Serge Berdugo [ [“Mohammed V et les juifs” – http://dafina.net/forums le 2 février 2005 ]].

En Tunisie, Ahmed II Bey, durant la présence en Tunisie des troupes de l’Axe, de novembre 1942 à mai 1943, intervient régulièrement pour protéger la population, en particulier les juifs, chaque fois qu’elle est exposée aux exactions des forces occupantes. Des personnalités musulmanes, comme Mohamed Tlatli à Nabeul, Ali Sakkat à Zaghouan et Khaled Abdul-Wahab à Mahdia, aident ou protègent eux aussi des juifs au péril de leur vie. Moncef Bey lui-même aide et cache des juifs dans ses propriétés, tout comme le font des membres de sa famille et des dignitaires dont Chenik, Bahri Guiga et El Materi, le bey ayant appelé son gouvernement à veiller à la protection des juifs dès l’été 1942 [ [“Histoire des Juifs en Tunisie” – Wikipedia.org ]].

On peut admettre que les Israéliens et non les Juifs reconnaissants, ont intérêt à minimiser l’apport des musulmans qui ont sauvé les juifs d’une mort certaine, c’est le cas notamment de Serge Klarsfeld.

Cependant, on ne peut pas comprendre que personne parmi les historiens «organiques» même de la «gauche» n’ait essayé de comprendre pourquoi les musulmans des trois continents (Europe, Asie, Afrique) pour ce que nous connaissons, ont été amenés certaines fois au péril de leur vie à sauver des juifs abandonnés à la machine de mort allemande par leur propre pays.

Voilà un vrai sujet de recherche pour les «historiens tout terrain», il contribuerait ce faisant, à une réconciliation et à un rétablissement de la vérité au lieu de réchauffer des faits connus depuis vingt ans et tombés en désuétude du fait d’une chape de plomb qui nous présente que l’une des faces du conflit, notamment l’engagement du mufti de Jérusalem.

Ces musulmans qui ont aidé à alléger les souffrances des Juifs au moment de leur détresse n’attendent pas de médaille. Ils ont fait ce que leur conscience, leur tradition de secours aux malheureux, et leur religion leur ont dictés.

C’est à ces signes que l’on peut espérer que la morale remplace les «droits de l’homme» à géométrie variable incantés comme un horizon indépassable après ces massacres de masse des juifs dont se rendus coupables les Européens qui font payer leur faute à des peuples faibles.. Mais ceci est une autre histoire….

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

CUBA UN DES DIX MEILLEURS INDICES DE DÉVELOPPEMENT HUMAIN SUR LES DIX DERNIÈRES ANNÉES, POUR LE PNUD.

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L’ONU, à travers le PNUD, reconnaît en Cuba un pays à l’ «indice de développement humain» (IDH) élevé, une des dix meilleures nations au monde sur la dernière décennie.

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Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le secrétaire-général adjoint des Nations unies, Khalid Malik, a loué aujourd’hui la perfomance de Cuba en termes d’Indice de développement humain (IDH) qui mesure trois éléments aussi fondamentaux que la santé, l’éducation et la richesse économique.

Malik a donné une conférence de presse, accompagné de la coordinatrice résidente du système de l’ONU et représentante résidente du Programme des nations unies pour le développement (PNUD), Barbara Pesce-Monteiro.

Celui qui est également le nouveau directeur du Bureau du rapport sur le développement humain du PNUD, a déclaré que l’île avait même amélioré sa situation en 2011 en terme d’IDH par rapport à 2010.

Il a fait référence à un classement par sur le site web de l’IDH, selon lequel Cuba est le seul pays d’Amérique latine figurant parmi les 10 meilleurs résultats en termes d’IDH non-économique au cours de la dernière décennie.

En fait, elle est la seule nation en développement qui connaît une telle progression sur cet aspect-là, avec une augmentation de deux ans de l’espérance de vie et de cinq de la scolarisation.

Dans des déclarations accordées à Prensa Latina, Malik a expliqué que cet indicateur, né il y a deux décennies, prend en compte le revenu national brut, mais n’en fait pas le cœur de l’analyse, intégrant aussi la santé et l’éducation.

Selon lui, l’IDH a pris une importance capitale dans les dernières années et est utilisé aux côtés d’autres indices pour mesurer les performances de près de 180 pays.

Il a déclaré que c’est la seconde fois qu’il visitait Cuba, et qu’à cette occasion il a rencontré des représentants du gouvernements et de divers organismes et institutions, et que nombre de choses positives en sont sorties, a-t-il même précisé.

En termes de collaboration future, il a souligné que se sont révélées des possibilités de travail commun entre le PNUD et les autorités locales.

Il a affirmé que l’IDH continue d’être un instrument valide et actuel, permettant en outre de voir la participation des femmes dans la société parmi tant d’autres aspects importants.

Il a également remercié Cuba pour son apport multi-latéral au travail que réalise le Bureau qu’il dirige.

Article initialement paru sur le site CubaDebate

POURQUOI L’UNION SOVIETIQUE A FASCINÉ LE MONDE!

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La biographie de Moshe Lewin justifierait, à elle seule, au moins un bon article pour en rendre compte.

Il est né le 7 novembre 1921 à Vilnius, alors en Pologne, ses parents, d’origine juive, ont été assassinés par les milices d’extrême-droite lituanienne lors de l’invasion allemande. Il a vécu en URSS pendant la seconde guerre mondiale, a émigré en Israël en 1945, puis est venu en France où il a soutenu une thèse de doctorat à la Sorbonne, est devenu directeur d’études à la Vlème section de ce qui sera l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, a enseigné à l’Université de Columbia, puis à celle de Birmingham en Angleterre, a émigré aux Etats-Unis, est retourné en URSS en 1986…et s’est installé en 2007 à Paris où il est mort le 14 août 2010.

Il était un grand historien reconnu de l’historiographie soviétique et a suscité de nombreuses vocations.

DÉPOLITISER LE DISCOURS SUR L’URSS

Moshe Lewin a cherché, montre-t-on, à «dépolitiser le discours sur l’URSS», dans le sens où il fallait, selon lui,: «cesser de privilégier le pouvoir politique et les instruments de ce pouvoir (Etat, parti, idéologie) comme unique source d’analyse… Il n’y a pas d’un côté un pouvoir, un Etat qui impose sa volonté, qui donne des ordres, et de l’autre une société dirigée, atomisée, «planifiée», qui obéit.

« En réalité, poursuit-il, les choses sont un peu plus complexes: la société peut et sait imposer ses humeurs et infléchir de la sorte le cours d’une politique. Il me semble qu’il faudrait, sous cet angle, réviser toute l’histoire de l’Union soviétique (et pour une part de la Russie tsariste également) – y compris la période des années trente.»

Un seul article ne peut suffire à vérifier toutes ces affirmations, mais il est, à mon avis, intéressant, de connaître les idées, y compris contradictoires, qu’il développe pour faire comprendre «pourquoi l’Union soviétique a fasciné le monde.»

UNE AMBIGUÏTÉ REMARQUABLE

Selon lui, en effet, au regard de l’historien, une ambiguïté remarquable caractérise le rôle et l’ascendant qu’a pu exercer la Russie au cours du XXe siècle… Il n’est pas un de ses faits et gestes qui n’ai eu un quelconque écho;

«Cependant, dit-il, quels qu’aient pu être «le bruit et la fureur» suscités sur la scène internationale, la Russie, au fond, n’a rien fait d’autre que tenter de résoudre, sans trop de succès au bout du compte, des problèmes spécifiquement russes.

« Elle a été, pourrait-on dire, un phénomène international malgré elle.

« Phénomène fondamentalement russe donc, son histoire a été marquée d’une particularité : celle d’un pays qui n’avait pas les moyens de son empire.

« Sous le tsarisme déjà, la Russie ne disposait pas des ressources nécessaires pour jouer avec constance, et en profondeur, un rôle à la mesure de son statut impérial.

« Elle avait perdu sa capacité à défendre son territoire. Son armée, au cours de la première guerre mondiale, manquait même de fusils.

« Drôle d’empire, donc… »

DES MOYENS INSUFFISANTS

Moshe Lewin considère que la Russie soviétique, qui ne s’est pas contentée d’en hériter, a réussi encore à agrandir le territoire, et a semblé un moment être à la hauteur de la situation.

Elle est parvenue en un temps record à restaurer sa capacité à faire la guerre et à défendre ses frontières.

Mais elle s’est trouvée à nouveau «embarquée» dans une réalité mondiale complexe, avec des moyens économiques et technologiques insuffisants pour assumer le rôle qui lui était échu.

Elle a été cependant assez puissante – non sans une aide appréciable de l’Ouest – pour remporter la victoire sur l’Allemagne hitlérienne au cours de la seconde guerre mondiale, et il est à noter que sa technologie, dans certains domaines, a été supérieure à celle de ses adversaires.

Le progrès technique, interroge Moshe Lewin, se serait-il arrêté au niveau des vieilles industries lourdes qu’elle aurait été en mesure d’assumer et de maintenir son statut de super puissance?

Ce n’est pas la course aux armements, répond-il, comme d’aucuns le pensent, qui a causé la mort de l’URSS, bien qu’elle ait eu son influence.

Le facteur décisif, poursuit-il, est en fait à rechercher du côté des «mécanismes» propres au système soviétique. Ce sont eux qui ont présidé à l’apparition, relativement précoce, de la pesanteur de ce système dans le domaine de l’innovation technologique et entravé une croissance des ressources nécessaires au développement du niveau de vie et de la créativité dans les domaines tant technologiques que culturel et politique.

UN HANDICAP HISTORIQUE

Tout bien considéré, précise Moshe Lewin, la course aux armements et le développement d’industries de défense ont été mené avec un certain succès.

Ce qui les a rendus insoutenables à la longue a été un «handicap historique» affectant de nombreuses sphères et responsable d’un grippage du système qui serait immanquablement survenu, indépendamment de l’intensité de la compétition internationale.

Il est clair, dit-il, que la course aux armements a plutôt prolongé la survie du système tel qu’il était, gênant ses réformateurs avides de changement qui auraient été fatals à l’étau conservateur.

Ainsi, l’infériorité qui avait rongé la Russie tsariste est venue à nouveau poursuivre, un demi-siècle après la Révolution d’octobre 1917, ses successeurs soviétiques – mais dans une conjoncture autrement plus complexe.

Car, si, dans ses débuts, la tâche du nouveau régime n’était «que» rattraper l’Ouest, plus tard cet enjeu a commencé à l’Est également.

C’est là que sont apparues au grand jour les lézardes dans les fondations de ce vieil empire, en dépit de la restauration effectuée au cours de la période soviétique.

Et la Russie actuelle, qui en est issue, peine à gérer un territoire pourtant réduit au vieux noyau de domination slave.

LE JEU DE MIROIRS

Mais, considère Moshe Lewin, si l’on oublie un instant cette Russie en mauvaise passe, il vaut la peine de revenir en arrière pour se pencher sur une question essentielle: comment expliquer la fascination que l’URSS a exercé à travers le monde?

Moshe Lewin prend en compte d’abord le «jeu de miroirs» que se sont tendus réciproquement les protagonistes de cette histoire.

«Le redressement occidental opéré de 1921 à 1929 reflète une Russie soviétique tenue de se remettre des ravages de la guerre civile (1917-1923), un Etat à nouveau à la traîne, et peut-être même davantage qu’auparavant.»

Puis, montre-t-il, est survenu le boom des premiers plans quinquennaux à une période où, précisément, l’autre partie semblait en pleine déconfiture, particulièrement après le krach boursier de 1929.

« Ces fluctuations des performances de chacun expliquent au demeurant les changements intervenus dans les perceptions de l’autre.

« La crise occidentale de 1929-1936 qui s’est jouée face au boom industriel soviétique a ainsi contribué à minimiser le caractère et l’ampleur des purges des années 30 ainsi que d’autres tares du régime…par exemple l’URSS soudain obligée d’acheter du blé à l’Ouest…»

LA POLITIQUE DES NATIONALITÉS

Pour Moshe Lewin, la politique des nationalités menée par le système soviétique sur son territoire a constitué un autre facteur d’influence sur les hauts et les bas de son image à travers le monde.

« Séduisant pour beaucoup, dit-il, cet « internationalisme interne » était, par de nombreux aspects, authentique et réel. L’Union soviétique constituait un empire, hérité de la Russie tsariste, mais dont les différentes composantes ethniques n’étaient pas des colonies.

« Ce fait a joué un rôle non négligeable dans l’attrait exercé par le portrait que l’URSS donnait d’elle-même à travers le monde et est susceptible de jouer encore un rôle dans le futur…

« Bien que le régime de Staline ait entrepris de « russifier » sans ménagement le pays vers la fin de la guerre, le phénomène, paradoxalement, s’est maintenu jusqu’à la mort du système.»

LA DÉFAITE DES NAZIS

Moshe Lewin considère toutefois la défaite infligée à l’envahisseur nazi en 1945 comme l’autre événement majeur ayant eu un immense retentissement. Il n’aurait pu advenir sans le décollage industriel opéré au cours des premiers plans quinquennaux d’avant-guerre.

« La victoire, dit-il, a été remportée en dépit de la terreur et des erreurs de la direction despotique du pays et a contribué de fait à dissimuler les terribles méfaits de son généralissime Staline;

« Elle semblait justifier la politique adoptée, et ce – pour un temps tout au moins – aux yeux du monde entier.

« Plus tard, après la mort de Staline en 1953, le fait de parvenir à égaler l’Ouest dans la compétition atomique et spatiale a pu être interprété comme une preuve de la supériorité de la planification et jouer comme une nouvelle justification de la politique du régime.

« Cela, bien que ces exploits ne puissent en aucun cas être mis au compte de la planification.

« Car, poursuit Moshe Lewin, pour continuer à dissiper les chimères, c’est l’inverse qui est vrai: ce système ne savait pas planifier

UN PAYS ADMINISTRÉ, PAS PLANIFIÉ

Aurait-il su planifier, poursuit Moshe Lewin, qu’il n’aurait pas « planifié » son propre déclin et la spirale des déséquilibres qui a fini par l’engloutir.

« De nombreuses réalisations soviétiques, si ce n’est la plupart, ont résulté de cette gestion pour le moins chaotique consistant à jongler avec les priorités, au fur et à mesure qu’apparaissaient de nouveaux goulets d’étranglement nécessitant de nouveaux correctifs…

« En d’autres termes, le pays était administré et non planifié, les plans quinquennaux n’étant guère qu’un indicateur consignant chiffres et desiderata. Mais, en dépit de la réalité, la prétention affichée à planifier a souvent joué comme un élément essentiel de l’ascendant idéologique et politique exercé par la Russie soviétique.»

UNE ALTERNATIVE AU CAPITALISME ?

Moshe Lewin approfondit sa démonstration en mettant en évidence que l’élément-clé de cet ascendant sur le monde a résidé dans l’idée, littéralement martelée par la propagande, selon laquelle le système soviétique représentait un cas tangible d’alternative au capitalisme, n’ayant jamais eu son pareil dans l’histoire…

« Aussi, dit-il, les faits et les mythes, les réalités et les mirages en lice ont-ils modelé les perceptions politiques du monde, et la nature socialiste du régime soviétique a constitué à cet égard le noyau de son rôle et de son ascendant.

« On peut se demander s’il existe une loi susceptible de prédire le dépérissement des mythes, mais il en existe visiblement une qui les fait perdurer…

« Le fait que la Russie (plus précisément ses élites et certaines parties de la population) aient adopté, en toute bonne foi, une idéologie émancipatrice occidentale – en l’occurrence un socialisme d’inspiration marxiste – mais pour accomplir «à la russe» une tâche spécifiquement russe est en effet un phénomène récurrent de son histoire.

« Les tsars Pierre le Grand (1672-1725) et Catherine II (1729-1796) en fournissent de bons exemples : s’ils ont emprunté certaines idées et pratiques progressistes à l’Occident, la majorité de la population, elle, n’en a connu qu’un asservissement redoublé.

« Cette « dissonance » frappante, dit Moshe Lewin, vraie également sous Staline, constituait et constitue encore le refrain historique de la Russie: avancer avec chaque pied fiché dans un siècle différent… »

DES CHOSES TRÈS HÉTÉROGÈNES AU TABLEAU

L’expérience soviétique, dit-il, peut être perçue comme un échec par ceux qui ont cru aux perspectives socialistes en Russie.

Mais un point de vue plus pessimiste concernant son potentiel en 1917 aurait inspiré une appréciation plus au fait des réalités, permettant de prévoir un dénouement plus «russe» à la chose: un Etat de tendance omnipotente coiffant une structure sociale hybride et sous-développée.

Et le bilan ferait figurer en conséquence des choses très hétérogènes au tableau.

En dépit des moyens très tortueux adoptés par son Etat, le nouveau régime a su sauver le pays en crise d’une décomposition déjà en cours, ériger un système industriel, venir à bout de la guerre, gérer son immense territoire, fournir une éducation scolaire et universitaire à sa population – autant de facteurs qui témoignent d’une avancée considérable par rapport à la vieille Russie.

« Vue du présent, dit Moshe Lewin, la Russie, sans ressort, semble avoir perdu soixante-dix ans à faire une « expérience ».

« Mais si, à l’instar de l’historien, on part du passé pour remonter le temps, la Russie soviétique apparaît souvent comme une réalité puissante et influente qui restera, avec ses hauts et ses bas, dans l’histoire de notre siècle.»

UNE TRANSITION CAPITALE

Cette mission historique, poursuit Moshe Lewin, a été accomplie dans un pays à prédominance rurale qui devait, avec une rapidité inouïe, devenir vraiment urbain après la seconde guerre mondiale;

Cette transition capitale a été présidée par une bureaucratie qui est parvenue, en dépit des terribles calamités auxquelles elle a dû faire face, à constituer, avant même la disparition de Staline, un pouvoir de monopole ramifié, disposant de facto de droits profondément ancrés et de moyens assez efficaces pour imposer un statu quo.

Et tout cela, on l’a dit, dans le contrôle d’une transition entre une réalité pré-urbaine d’un autre âge et une urbanisation follement rapide, qui a vu émerger, phénomène courant dans de nombreuses sociétés rurales dites traditionnelles, un «super-Etat», devant ici chevaucher deux étapes de développement historique très différentes.

LE MANQUE DE « RÉSERVES HISTORIQUES »

« Et, dit Moshe Lewin, cet Etat s’est retrouvé à cours de munitions ou plutôt de « réserves historiques : ce qui suffisait au statu quo dans une période ne l’était plus pour la suivante – l’incapacité du système à changer a résulté en un certain sens de la rapidité avec laquelle s’est accomplie cette grande transition historique.

« Son « art » de diriger s’est à bout de compte révélé inapte à assumer la tâche de gérer une société urbaine dans un environnement international des plus dynamiques…

« Issus d’une industrialisation menée tambour battant, les éléments fondateurs du système ont ainsi été constitués d’un mélange d’autoritarisme inhérent à la mise en place d’une industrie moderne et d’une tradition russe – tradition ancienne d’absolutisme d’Etat.

« La profession de foi socialiste et émancipatrice qui inspire initialement le soulèvement révolutionnaire en fut une des premières victimes.

« Tout comme en fut, paradoxalement, victime le dynamisme qui caractérisait initialement le nouveau système.»


Note : les lecteurs pourront trouver facilement sur Internet les titres des principaux ouvrages de Moshe Lewin.

Par ailleurs, Le Monde diplomatique a publié plusieurs de ses textes, ou extraits de textes, entre autres :

SOLIDARITÉ AVEC HOURIA BOUTELDJA

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une accusation « qui nous insulte tous »

Lundi 3 Octobre 2011

Par Politis.Fr

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Militante de longue date contre toutes les discriminations racistes, Houria Bouteldja est poursuivie pour «injure raciale contre les Français». L’assignation se fonde sur des propos tenus lors d’une émission de télévision, où Houria a dit «souchiens» pour «Français de souche». Cette initiative émane de l’AGRIF (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne), groupuscule toulousain connu pour ses positions d’un racisme extrémiste.

Que ceux-là mêmes qui exercent les pires violences à l’encontre des minorités puissent se présenter comme de courageux défenseurs des Français [blancs, de souche] insultés, ce n’est pas un fait isolé, c’est le signe d’une dérive inquiétante. Les soussignés déclarent qu’ils soutiennent Houria Bouteldja dans sa juste défense contre une accusation qui nous insulte tous.

Signer la pétition

http://www.politis.fr/Solidarite-avec-Houria-Bouteldja,15421.html

Premiers signataires : Alain Badiou, philosophe ; Etienne Balibar, philosophe ; Saïd Bouamama, sociologue, militant ; François Burgat, politologue ; Sharon Courtoux, association Survie ; Christine Delphy, directrice de recherche au CNRS ; François Gèze , éditeur ; Jean-Marie Gleize, écrivain, professeur des universités ; Eric Hazan, éditeur ; Stéphane Lavignotte, pasteur ; Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Jacques Rancière, philosophe ; Denis Sieffert, directeur de la rédaction de Politis ; Odile Tobner, auteur de Du racisme français ; Enzo Traverso, Professeur de sciences politiques ; Antoine Volodine, écrivain.

Ainsi que : Omar Alsoumi, ancien président de la GUPS et de Génération Palestine ; Armelle Andro, maîtresse de conférence, co-responsable de l’Unité de recherche ’Démographie, genre et sociétés’ – INED ; Paola Bacchetta, sociologue, Berkeley ; Mohamed Bensaada, militant QNQF (Quartiers Nord, Quartiers forts) ; Pascale Casanova, enseignante ; Maxime Cervulle, enseignant-chercheur ; Grégoire Chamayou, philosophe, chercheur CNRS ; Michèle Cohen-Halimi, Maître de conférences en philosophie ; Raphaël Confiant, écrivain ; Cédric Durand, économiste ; Inez Fisher-Blanchet, historienne au centre de recherches caraïbes-amériques ; Ramon Grosfoguel, Professeur, University of California at Berkeley ; Nacira Guénif ; Ghazi Hidouci, ancien ministre de l’économie (Algérie) ; Hugues Jallon, éditeur ; Razmig Keucheyan, maître de conférences en sociologie ; Stefan Kipfer, Professeur, York University ; Asma Lamrabet, présidente du GIERFI (groupe international d’études et réflexion sur femmes et islam) ; Oruno D. LARA, historien directeur du centre de recherches caraïbes-amériques ; Laurent Lévy, essayiste ; Raphaël Liogier, Professeur des universités, Directeur de l’Observatoire du religieux ; Stella Magliani-Belkacem, La fabrique éditions ; Gustave Massiah, économiste ; Marwan Mohammed, sociologue ; Karine Parrot, professeure de droit ; Mathieu Rigouste, chercheur en sciences sociales ; Joël Roman, philosophe et éditeur ; Catherine Samary, Maître de conférence en économie ; Patrick Simon, démographe ; Rémy Toulouse, éditeur.

Houria Bouteldja est porte-parole des Indigènes de la République.