NÎMES – 10-11 mars 2012: « LA FÉDÉRATION DE FRANCE DU FLN 1954 – 1962 »

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Pourquoi un colloque sur la Fédération de France du FLN (1954/1962)?

La présence et l’action en France, pendant la «Guerre d’Algérie», de l’organisation clandestine du FLN algérien, sont mal connues du grand public.

Il nous a paru opportun de faire le point de la recherche historique, sur cette situation originale qui comporte encore de nombreuses zones d’ombre.

L’objet de ce colloque est de confronter les analyses d’historiens de haut niveau, français et algériens qui, dans leur diversité, loin de toute pression de lobbies partisans, nous livreront les résultats de leurs recherches.

Ces travaux se feront dans le respect de la pluralité des points de vue, sans aucun à priori. Le but est de contribuer à une meilleure
connaissance d’un passé à la fois si proche et déjà si lointain.

Par ce colloque, nous voulons contribuer à éclairer, sur des faits essentiels, un moment de l’histoire des peuples français et algérien et favoriser ainsi les relations amicales entre l’Algérie et la France.


[Pour accéder à la plaquette de présentation

avec le programme détaillé de ces deux journées

cliquer sur le lien (…)->doc1999]

RÉPONSES DE ANDRÉ NOUSCHI & BERNARD DESCHAMPS À QUELQUES PROVOCATIONS DE NOSTALGIQUES DU COLONIALISME

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QUESTIONS À BERNARD DESCHAMPS – COORDINATEUR DU COLLOQUE DE NÎMES DES 10 & 11 MARS 2012,EN RÉPONSE À LA MAUVAISE POLÉMIQUE ENGAGÉE PAR G.MEME DANS “LE MIDI-LIBRE”.


LETTRE OUVERTE DE ANDRÉ NOUSCHI EN RÉPONSE AUX ATTAQUES DE C. ESTROSI COLLOQUE DES 10 & 11 FEVRIER À NICE – SUR LA FIN DE LA GUERRE D’ ALGÉRIE


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QUESTIONS À BERNARD DESCHAMPS

COORDINATEUR DU COLLOQUE DE NÎMES

DES 10 & 11 MARS 2012

SUITE À LA POLÉMIQUE ENGAGÉE DANS“ LE MIDI-LIBRE”

Pourquoi ce colloque?

Cet évènement s’inscrit dans le cadre de la commémoration du 50e anniversaire de la fin de la guerre d’ Algérie. Il s’agit d’un colloque à caractère scientifique, en dehors de toute pression, sur un objet d’études: le FLN en France.

Il n’est question ni de panégyrique ni de procès mais de recherches historiques avec des historiens français et algériens.

Qui est derrière cet évènement?

France-El Djazaïr, dont je suis président d’honneur, et un collectif d’une dizaine d’associations. Tout le monde connait notre engagement anticolonialiste, on ne cache pas nos idées.

Mais là il s’agit bien de prendre de la distance, de rester sur le terrain historique; ce colloque n’est pas à la gloire de ceci ou de cela, comme certains peuvent l’écrire.

Une organisation de rapatriés réclame son interdiction. Qu’est ce que cela vous inspire?

C’est une première: jusque là, ils demandaient juste qu’on arrête de nous subventionner… Visiblement il y a incompréhension sur nos motivations.

En 1962, par référendum, le peuple français s’était prononcé à 90% pour l’indépendance de l’Algérie.

ces gens-là, ils retardent: la guerre est finie depuis 50 ans. je comprends la douleur des rapatriés mais là, certains exploitent cette douleur à d’autres fins.

À mon avis ce n’est pas un hasard si cette polémique intervient en pleine campagne présidentielle.

Sources:

Midi Libre du 21 février 2012

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RÉPONSE DE ANDRÉ NOUSCHI à C. ESTROSI

COLLOQUE DES 10 & 11 FEVRIER À NICE

SUR LA FIN DE LA GUERRE D’ ALGÉRIE

André Nouschi, « Juif, Pied noir » et professeur d’histoire, a été scandalisé par le communiqué de Christian Estrosi manifestant son opposition au colloque organisé par la Ligue des droits de l’Homme les 10 et 11 février derniers. Il a adressé le texte ci-dessous au Patriote Côte d’Azur qui l’a publié dans le courrier des lecteurs de son édition du 17 février 2012.

Après ce texte qu’André Nouschi nous autorise à reprendre comme une lettre ouverte au maire de Nice, vous pourrez prendre connaissance du compte-rendu du colloque de la LDH publié dans le même numéro de cet hebdomadaire, puis de la lettre de soutien qu’André Nouschi avait adressée fin janvier au collectif Non à un hommage officiel à Bigeard.


Lettre ouverte à Christian Estrosi, maire de Nice

« Je vous laisse avec l’OAS, un ramassis d’assassins »

Le Patriote Côte d’Azur, le 17 février 2012

Monsieur le Maire,

Je devais vous écrire d’abord au sujet des impôts locaux, du tramway n° 2 et de la démolition de l’ex-gare d’autobus, ensuite au sujet de votre communiqué relatif au colloque organisé par la LDH à Nice sur la fin de la guerre d’Algérie.

Comme Pied noir, né en Algérie où ma famille était installée bien avant l’occupation d’Alger en 1830, puisque les Nouschi sont arrivés d’Italie, comme vous à Nice, en 1736. J’ai donc vécu d’abord dans des villages dits de colonisation, ensuite à Oran, Alger et Constantine. J’ai fait la guerre après avoir souffert des lois de Vichy comme juif algérien (j’ai été déchu de la citoyenneté française, aux applaudissements des Pieds noirs non juifs). J’ai travaillé sur la colonisation française en Algérie ; ma thèse a été soutenue en 1959 et a démonté les mécanismes de la dépossession des terres des paysans arabes. La colonisation française a été la cause de la guerre d’Algérie parce que les Pieds noirs ont refusé toute réforme (si vous le souhaitez je peux vous raconter tout cela en détail). J’ai vécu la guerre d’Algérie quotidiennement. avec les tortures des paras de Massu, Bigeard (je ne sais quel ministre imbécile de vos amis a voulu faire transférer les cendres de Bigeard aux Invalides ; et je m’y suis opposé avec d’autres Français parce qu’on n’honore pas un bourreau qui a du sang sur les mains). […]

De Gaulle a mis fin à la guerre d’Algérie, malgré l’OAS qui a tout fait pour l’assassiner. J’ai donc voté pour la fin de la guerre et je m’en félicite. Cette guerre a tué de 25 à 30 000 soldats du contingent. N’était-ce pas trop? Elle a coûté aux Français 10 000 milliards de frs (celle d’Indochine avait déjà coûté 3 000 milliards). Vous n’avez pas le droit de refuser qu’on parle de la fin de la guerre. C’est indigne d’un citoyen et d’un parlementaire qui se prétend gaulliste. Mais vous ne savez pas ce que c’est d’être gaulliste. Vous voulez faire plaisir à l’OAS qui a tenté plus d’une fois d’assassiner de Gaulle. Monsieur le Maire, en publiant votre communiqué, vous vous êtes déshonoré en vous associant à des assassins. Je refuse, comme gaulliste de fondation (je le suis depuis 1940) et j’ai combattu les armes à la main aux côtés de de Gaulle dans la 1ère Division Française Libre (j’ai été condamné à mort par contumace par le tribunal militaire de Constantine en 1943). Et ni vous, ni Lionnel Luca n’avez le droit de vous exprimer ou de regretter la fin de la guerre d’Algérie.

Si vous avez le droit de parler LIBREMENT aujourd’hui c’est grâce aux «bougnouls» et à de Gaulle qui ont libéré la France en 1944, après lui avoir rendu son honneur. Je vous laisse avec l’OAS, un ramassis d’assassins.

Professeur André NOUSCHI

Juif et Pied noir, Niçois depuis 1965,

démocrate depuis toujours


Un compte-rendu du colloque du 11 février 2012, organisé par la Ligue des droits de l’homme, avait été donné par Le Patriote Côte d’Azur, le 17 février 2012, sous le titre: Dépasser une mémoire clivée ,

article repris sur le site de la LDH-Toulon

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UN OBSERVATOIRE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

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Il vise à prémunir d’autres victimes de ce phénomène

“La Tribune”

17 février 2012

Par Mekioussa Chekir

Si les pouvoirs publics s’enorgueillissent des réformes juridiques et institutionnelles qui sont lancées depuis quelques années, cela ne s’est pas fait traduire par une meilleure situation des droits des femmes. Pour preuve, la persistance de comportements sexistes et misogynes qui font d’elles des boucs-émissaires tout indiqués contre lesquels s’exercent de multiples formes de violences.

C’est ce constat persistant et amer qui a fait réagir des associations féministes et autres militantes de la cause égalitaire en vue de tenter de mettre le holà à cette énième injustice faite aux femmes, en décidant de la création d’un Observatoire des violences faites aux femmes (OVIF), dont une Charte définit les motifs, missions et actions qui lui sont assignés.

Une réunion de concertation et de finalisation de cette Charte a eu lieu hier à Alger, réunissant des présidentes et des membres d’associations féminines et autres.

Ces dernières se sont entendues pour unir leurs voix et mettre de côté leurs divergences en vue de mener à bon port ce projet qui leur tient à cœur. Pour la porte-parole de l’Observatoire, Chérifa Kheddar, par ailleurs, présidente de l’association des familles de victimes du terrorisme, Djazairouna, il s’agit de «sortir la femme du cadre cultuel, culturel et archaïque», dans lequel elle a été confinée jusque-là.

Elle soulèvera notamment la dichotomie bien consacrée en Algérie entre les textes et leur application sur le terrain: «À chaque fois que je dis à des militantes féministes du Maroc, de Tunisie, d’Egypte… que l’égalité entre les sexes est garantie par la Constitution algérienne, elles affichent leur étonnement car ce n’est pas le cas dans leur pays!», dira-t-elle. Et c’est cette contradiction persistante qui a été, à maintes fois, soulignée dans la Charte qui dénonce le silence de l’Etat et la situation de statu quo qui caractérise cette question.

Une contradiction que l’on retrouve également dans les engagements internationaux de l’Algérie, laquelle a signé des conventions inhérentes à la protection des droits des femmes, tout en prenant le soin, en revanche, d’en émettre des réserves.

Sur ce point, les pouvoirs publics sont également interpellés par les rédactrices de ladite charte qui relèvent que «le fonctionnement des institutions ignore
les revendications des acteurs sociaux»
.

L’Observatoire, tel que le stipule la Charte, est un organisme «indépendant et autonome», qui entend activer en liaison avec les associations féminines et autres pour contribuer à limiter l’étendue des violences contre les femmes.

C’est une «structure de veille et d’interpellation» sur ce phénomène qui est loin d’être confiné dans des cas isolés mais dont la proportion et les formes qu’il prend sont de nature fort inquiétante.

Des exemples récents de violence extrême à l’égard des femmes ont été cités pendant le débat, comme celui rendu public à travers les médias il y a quelque temps et qui concerne Nassima, l’ex-cadre de l’APC de Kouba, qui a vu ses jours interrompus de la façon la plus tragique par son époux au moyen de 17 coups de couteau.

Au caractère insoutenable de cette mort, s’ajoute le poids sociétal du tabou qui entoure ce type de fait, la honte et la culpabilité empêchant souvent les familles algériennes de dénoncer l’innommable et de porter devant les tribunaux un acte des plus répréhensibles.

Ce pourquoi, le nouveau mécanisme qu’est l’Observatoire vise à interpeller l’opinion publique (aussi bien nationale qu’étrangère) sur les violences exercées contre les femmes en Algérie et à rechercher les voies et moyens de les arrêter. Il entend ainsi se doter de moyens matériels et humains nécessaires à son fonctionnement et à la réalisation des objectifs qu’il s’est assignés, tout en s’attelant, pour une meilleure efficacité, à relever les obstacles, lacunes et écueils qui peuvent empêcher l’aboutissement de ces derniers.

D’autres réunions de coordination devront se tenir avant l’annonce officielle de la mise en place de l’Observatoire, dont il reste à savoir si l’agrément sera délivré sans peine par les autorités.

M. C.

DÉBAT AUTOUR DE LA SIGNIFICATION DES « ÉLECTIONS » LÉGISLATIVES PROCHAINES: POUR OU CONTRE LA PARTICIPATION?

SOCIALGERIE OUVRE SON SITE AUX OPINIONS

EMANANT DE MOUVANCES COMMUNISTES ET PROGRESSISTES [ sur socialgerie voir le dossier: [DÉBAT ÉLECTIONS – SOCIALGERIE OUVRE SON SITE AUX OPINIONS – ÉMANANT DE MOUVANCES COMMUNISTES ET PROGRESSISTES – mis en ligne le 29 mars 2012 ]]


LES ALGÉRIENS AURONT-ILS UNE SEULE BONNE RAISON DE SE REMETTRE À VOTER?

Saoudi Abdelaziz, 18 février 2012

source: algerieinfos

La question de la participation aux élections législative concerne, bien évidemment, les partis politiques reconnus et inscrit dans les registres du ministère de l’intérieur.

Les citoyens de base assistent de loin aux préparatifs.

Ne sont pas non plus concernés, directement, les Algériens qui participent aujourd’hui au combat politique mais sans disposer d’un parti correspondant à leurs convictions, reconnu par le ministre de l’intérieur.

Parmi ces courants exclus de la joute électorale, on peut mentionner les Algériens islamistes qui œuvrent dans le cadre d’une conception libératrice de la religion, en faveur des humbles, présentant des analogies avec les tenants de la théologie de la libération latino-américaine. Ce courant était dans le Fis, a joué un rôle important dans l’ancrage électoral de ce parti, mais, sans s’associer à la lutte armée, ne l’a pas condamné publiquement. C’est sur ce point que joue le régime pour exclure ces « non repentis » du champ politique. Avec beaucoup de mauvaise foi, lorsqu’on voit le nombre d’anciens chefs terroristes avérés, souvent bien sanguinaires, classés repentis sur décision du DRS, dans les allées du pouvoir, ,des partis autorisés et dans les consortiums économiques.

Il y aussi l’absence de la gauche marxiste, celle qui se reconnait une filiation dans le Pags, dissous en 1993. Il existe bien une sorte de Pags-canal historique diffus, mais ce courant n’a pas réussi, jusqu’ici, à reconstituer un véritable parti. Les services chargés de la protection du système ont activement travaillé à perpétuer l’atomisation de cette mouvance.

Il faut aussi mentionner l’absence électorale des courants patriotiques républicains se reconnaissant dans la démarche de feu Abdelhamid Mehri, dans l’intermède gouvernementale de Hamrouche ou dans les propositions de Sid-Ahmed Ghozali.

A cette question préalable existentielle, s’ajoute une deuxième question. La participation ne va-elle pas cautionner la démarche d’un régime qui a décidé qu’il est seul habilité à élaborer la constitution du pays, avec l’intention évidente de rester maître des règles du jeu?

Les communistes ont depuis longtemps débattu sur la pertinence du boycott dans le cadre d’un régime foncièrement anti-démocratique. Sous le tsarisme par exemple, Lénine avait constamment défendu l’idée d’utiliser les élections comme caisse de résonnance de la politique des Bolchéviques.

Durant la période d’effervescence électorale 1989-1991, le Pags avait, au départ, commis une erreur impardonnable : celle de soutenir, au lendemain des émeutes d’octobre, le référendum « d’ouverture démocratique » présenté par Chadli en novembre 1988. «Le dernier acte d’un scénario mal ficelé», c’est ainsi que Lakehal Ayat le dernier chef de la SM -qui se venge, dix après, de ce qu’on lui a fait porter le chapeau des émeutes-, caractérise «l’ouverture démocratique» qui a suivi les journées d’octobre. Il a confie à Sid Ahmed Semiane: «Là, je suis tenté de répondre comme le philosophe italien Lampedusa quand il dit « Il faut tout changer pour que rien ne change».

Comme de nombreux communistes, j’étais hostile à la participation du Pags aux élections communales qui suivront ce référendum, car cette participation s’inscrivait dans la logique de ce reniement originel. Dans mon esprit, le boycott aurait rectifié cette erreur. S’il avait rejeté, au départ, le bricolage constitutionnel proposé par Chadli, nul doute que le Pags aurait été mieux armé pour la joute électorale qui suivra. Emasculé de son radicalisme, il se cassera donc les dents aux municipales.

Depuis le réferendum de 1988, les règles du jeu sont restés en l’état, avec quelques aménagements de circonstances.

La volonté de changer ces règles du jeu, de refonder la République algérienne sur des bases démocratiques et sociales nouvelles est aujourd’hui bien ancré à gauche. Je pense que dans la période actuelle, le candidat d’un (hypothétique) parti de gauche, sur la base de cette démarcation fondamentale, aurait sans doute pu tirer profit de la campagne électorale pour faire mener avec les gens et sur une plus large échelle un travail de diagnostic de la situation du pays et du monde en vue de définir les priorités de l’action publique. Et faire connaître plus largement la programme de ce parti.

Les élections prochaines ne sont pas le chemin vers l’exercice d’une influence décisive du peuple algérien sur la marche du pays. Hocine Aït Ahmed a raison d’écrire «Il est bien peu probable que les prochaines élections soient des élections ouvertes. En fait, et sans précautions inutiles, les prochaines élections n’ont aucune chance d’être des élections ouvertes».

C’est donc en toute connaissance de cause que le FFS, en tant que parti, prendra sa décision. Elle sera dans tous les cas honorable, venant d’une formation politique authentiquement républicaine.

Mais, vient alors une autre question. Qu’en pensent les Algériens? Tout le monde convient que les Algériens ne se reconnaissent pas, de longue date, sauf en 1990-91, dans la vie politique officielle et les scrutins électoraux. Cette désaffection vise un système qui paralyse toute vie républicaine authentique.

Le peuple algérien aura-il une bonne raison de jouer le jeu et de changer d’attitude en mai 2012?

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UN SANDWICH GREC

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Un syndicaliste CGT des hauts fourneaux du site lorrain de Florange en France, que le groupe sidérurgiste pourtant florissant Arcelormittal devrait fermer, a persisté dans sa détermination.[Depuis plusieurs mois Internet est l’écho des multiples luttes des travailleurs qui s’organisent face au bradage et à la destruction de la sidérurgie européenne par arcelormittal: [Liège 7 décembre, Seraing, Florange février 2012 après septembre 2011, etc.]] Il a confirmé à qui voulait l’entendre la volonté de poursuivre le combat avec ses camarades de lutte, pour éviter coûte que coûte les licenciements qu’impliquerait cette fermeture qui les laisserait, tous, sur le carreau! Lapidaire, il lança: «Nous ne voulons pas être les Grecs de l’histoire».

Mutation de langage! Et d’importance! Voilà comment la désignation d’une nationalité, sans doute l’une des plus anciennes dans l’histoire des Nations, à l’origine étymologiquement du mot démocratie, vire au nom commun, car dans la bouche de ce syndicaliste, «le Grec» signifie bien le dindon de la farce, la victime propitiatoire, le laissé-pour-compte.

Compte tenu de la façon dont a été amenée la crise et son management, car c’est bien de management sans ménagement dont il s’agit, on peut le dir: nous sommes tous le Grec de quelqu’un!

Sans rien avoir demandé, et sans avoir été consultés, voilà que nous nous retrouvons devant une situation qui nous contraint à rembourser les pots cassés par les plus riches. Pas les nôtres, bas de gamme, mais les leurs, genre vases de Chine, qui soyons en sûrs, sont en parfait état!

Mais revenons à ce processus par lequel naissent les mots ou qui amène à ce que le sens en soit subverti. Il y a plusieurs années, lorsqu’en France on découvrit le chawarma, j’ai lu sous la plume d’un jeune de banlieue, relatant une virée en goguette à Paris, les lignes suivantes: «Avec mon pote, on a pris le RER puis, à Gare Saint-Lazare, on s’est avalé un Grec sur le pouce». Renseignements pris, il s’agissait seulement du sandwich grec.

Ah l’usage ! Il y a à boire et à manger là-dedans. Sandwich ou dindon de la farce, le Grec refuse le sort que le capitalisme financier lui assigne, celui de se faire dévorer tout cru à, au mieux, une sauce faite de larmes, des vraies… Les crocodiles qui le dévorent, eux, s’ils pleurent, c’est de rire!

Car c’est bien de cela dont il s’agit depuis le début. Les Grecs raquent et trinquent pour tout le monde. Que ce soit pour les armateurs qui ne s’acquittent pas de leurs impôts, pour les gouvernements qui ont menti sur les chiffres, ou pour les banques et les groupes financiers qui ne laissent pas passer une miette, les Grecs casquent. Le pays n’est pas loin de la cessation de paiement. Le report par la zone euro de la décision d’apporter une nouvelle aide de 130 milliards d’euros couplée à l’abandon par les créanciers privés de 100 milliards d’euros fait atteindre un point de rupture.

De nouvelles mesures d’austérité sont prises mais elles ne visent que les plus faibles.

Le mot austérité, quand il s’applique aux riches, ne désigne que leur mine, austère, celle qu’ils prennent pour annoncer les mesures visant à canarder les plus faibles. Une gueule de circonstance! Même arbitraire, celui qui consiste à raccourcir le salaire, et qui ne frappe que les catégories sociales les plus vulnérables. Ce qui fera dire à Guy Verhofstadt, le patron du groupe libéral au Parlement européen, que les politiciens grecs devraient passer à la caisse, en commençant par imposer une baisse de salaires des députés grecs «parmi les mieux payés d’Europe», une réduction du nombre de ministres ainsi que des salaires des juges, diplomates, etc. On ne peut pas vraiment dire que celui qui tient ces propos est un chaud partisan de la république sociale. Et pourtant, il voit bien que trop d’ultralibéralisme, c’est vraiment trop!

Quelques-unes des mesures prises à l’encontre des classes populaires tandis que les capitalistes grecs ont sauvé, eux, leur fric placé dans les paradis fiscaux? Un tissu d’humiliations. Baisse de 22% du salaire minimum ainsi que de toutes les primes; les moins de 25 ans, verront leur salaire minimum baisser de 10% en plus des 22% qui concernent le reste de la population; gel des salaires pendant au moins trois ans; gel des primes à l’ancienneté; baisse des cotisations sociales; baisse des grilles de salaires dans la fonction publique; baisse de 15% des retraites complémentaires; baisse de 15% des retraites principales à DEI (compagnie d’électricité ), OTE (le téléphone) et dans les banques nationalisées ou semi nationalisées; suppression directe de 15.000 postes dans la fonction publique (par non-reconduction de postes après retraites, etc.) d’ici 2015.

Résultat de cet autre tour de ceinture: manifestations massives, scènes de guérilla urbaine, minimes, fait de provocateurs mais tout cela a été sacrément mis en scène par les médias européens pour discréditer les manifestants, les présenter comme des sauvages.

Daniel Cohn-Bendit, coprésident du groupe Vert au Parlement européen, a fustigé «les talibans néolibéraux qui règnent sur l’Europe». Qui sont-ils? «La troïka (Commission, Banque centrale européenne, FMI) agit de façon criminelle en Grèce en lui imposant toujours plus de mesures d’austérité (…) On ne peut pas mettre en permanence ce peuple à genoux».

On atteint là un paradoxe. Aujourd’hui, la Grèce, berceau de la pensée occidentale, se surprend à devenir antioccidentale tant le traitement éhonté qu’on lui fait subir depuis 2 ans l’accule à une pauvreté jamais égalée tout en l’humiliant comme jamais, et à travers elle, son peuple.

Des parents en sont réduits à munir leurs enfants d’un papier pour l’école priant ceux qui le peuvent de leur donner à manger! Humiliant….

Humiliation d’un peuple fier qui, ayant bouté les Nazis, voit l’un des symboles de la résistance se faire agresser par les forces de répression, Manolis Glezos, écrivain, qui était monté le 30 mai 1941, au sommet de l’Acropole en compagnie d’Apostolos Santas pour y dérober le drapeau nazi qui flottait sur la ville depuis le 27 avril 1941 et l’entrée des Allemands dans Athènes.

Ce geste, premier acte de résistance en Grèce, est aussi probablement l’un des tout premiers actes de cette nature en Europe. Manolis Glezos est un héros pour les Grecs. À quatre vingt ans passés, la résistance chevillée au corps, en compagnie de Mikis Theodorakis, autre symbole, il se joint aux millions de grecs sortis pour dire leur colère. Pacifiquement.[[Le 27 novembre 2011 socialgerie avait diffusé [l’“ANALYSE ET APPEL DE MIKIS THEODOAKIS, MANOLIS GLEZOS ET COLLECTIF DE GRÈCE”
SAUVER LES PEUPLES D’EUROPE!->654]]] Il se fait agresser à coups de gaz de lacrymogènes. Manolis Glezos rappelle que le peuple grec a été le seul à ne pas avoir été indemnisé par le gouvernement allemand pour les dégâts et crimes de la deuxième guerre mondiale. Pire, on ne lui a pas rendu l’or que les Nazis ont volé à la Banque centrale durant l’occupation!

Le mouvement d’opposition des Grecs a été, et sera à n’en point douter, à la mesure de l’addition qu’on veut leur faire payer par l’accumulation des plans d’austérité, la destruction des capacités productives et du tissu social.

Jamais dicton n’aura sonné plus juste, les conseilleurs ne sont pas les payeurs! Et que l’on arrête de parler de plan de sauvetage et d’aide, concernant la Grèce, c’est obscène!

C’est à cela que mène la politique de prédation menée par les banques et les institutions financières qui œuvrent au seul profit à court terme de leurs actionnaires.

La façon dont a été gérée la crise des subprimes de 2007 (accroissement phénoménal du crédit bancaire à taux variable, petite «trouvaille» de Blythe Masters, opérateur de la banque J.P. Morgan & Co.) puis celle qui a suivi le dépôt de bilan le 15 septembre 2008 par Lehmann Brothers (conséquence: croissance exponentielle de l’endettement public, celui-ci prenant la place de l’endettement privé) a conduit à exposer les Etats les plus fragiles au défaut de paiement.

La question de la profitabilité du capitalisme est posée, au détriment du travail. La crise ne va pas s’en tenir là. Quand ça fonctionne si bien à un endroit, pourquoi ne pas continuer? Pourquoi s’en priver? À l’évidence, d’autres peuples, dans d’autres pays en feront les frais. Des économistes prévoient que, dans quatre ans, la France risque d’être elle même au bord de la faillite. Ces chercheurs ont déjà trouvé! À croire que la Grèce leur sert de laboratoire destiné à peaufiner leur stratégie! Y’a du Nobel dans l’air! [Socialgerie a signalé le 18 février 2012, dans la brève [“PAR SOLIDARITÉ, JE SUIS GREC AUSSI” le blog http://jesuisgrec.blogspot.com/]] .

Tiens! Jeudi dernier, la municipalité d’Athènes a procédé à une distribution de viande. Cela faisait un bail qu’elle avait disparu des menus Athéniens.

Désormais, le Grec dont parlait le banlieusard, il est végétarien! Et ça! Ça n’le fait pas!

Arezki metref

le 18 février 2012

JE TE SENS PROCHE MA SŒUR

message de Safiya en réponse au texte de Houria

“C’EST FOU COMME JE LES AIME !”

mis en ligne par socialgérie dans l’article

“VOUS ÉTIEZ TROP ARMÉES !”

pour témoigner de ma solidarité envers mes soeurs, pour dire aussi que nous restons DEBOUT ! Coûte que coûte et vaille et que vaille.


@Houria

Ton message m’émeut fort, j’en pleure et t’offre ces mots :

Est-ce notre peau couleur de l’ambre

Et tout l’amour qui y affleure

Est-ce les offenses subies par nos rivages

Enfouies que nul ne dénombre

Dont nous préserves du leurre

Aujourd’hui, même ténu, leur sillage

Je te sens proche Femme ma soeur

Est-ce notre enfance tuméfiée par moult ravages

Ou le souvenir de notre mère lacérant son visage

Est-ce les roseaux de nos poupées

Et leurs atours, chiffons par nous façonnés

Ou bien le sable fluide de nos dînettes

Faites parfois de vrais mets cuits en cachette

Je te sens si proche Femme ma soeur

Est-ce encore nos prises de bec aux fontaines

Ou ces nuits de portes fracassées et de cris de haine

L’image du père malmené que l’on emmène

Celle de la mère éplorée néanmoins amène

Est-ce ces lendemains de torride attente

Ou cette peur diffuse tant récalcitrante

Je te sens plus proche Femme ma soeur

Est-ce cette capacité de nous donner

Toute jusqu’à la servitude

Mues par ces choses désormais galvaudées

Amour, dévouement, sollicitude

Est-ce la brave endurance qui nous caractérise

Ou ce sein maternel qui nourrit et sécurise

Je te sens tant et plus proche Femme ma soeur

Même si du tréfonds peut jaillir

Encore cette démesure du subjectif

Qui nous fragiles, presque faillir

Vouloir troquer le réel contre le fictif

Mais notre instinct de féline

Nous fait vite redresser l’échine

Nous rendant à jamais libres

Quoi que fassent les tristes sires et leurs sbires

Je te sens d’autant plus proche Algérienne ma soeur

Je vous donne ces mots de déchirures terribles

À vous Femmes anonymes

Si fortes et à la fois si fragiles

Impies, ô soeurs, sont ceux qui vous font crime

Dernières strophes d’un poème écrit en 1994, un peu avant la mort de Kader Alloula, en hommage à la femme algérienne.

Je vous aime tant !

Safiya

ACCAMPORA: PRÉSERVEZ EN VOUS LA BRAISE (DE NOTRE COMBAT), NOUS EN AVONS BESOIN DANS NOTRE PAYS!

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message reçu à socialgerie


CONDOLÉANCES À UNE FEMME NOMMÉE COURAGE Houria – Une enfant de BEO – Je suis passée voir Juliette comme prévu… le 21 février 2012.


MILITANT ALGÉRIEN POUR LA LIBERTÉ ET LE PROGRÈS SOCIAL, GEORGEOT ACAMPORA NOUS A QUITTÉSVIDEO: FILM ET MONTAGE A. KAYOUCHE – INTERVIEW FATEH AGRANE.


INHUMATION DE GEORGES ACAMPORA – CP – Algerep


MILITANT DE LA CAUSE ALGÉRIENNE, GEORGEOT ACAMPORA NOUS A QUITTÉS Houria, enfant de Bab-el-oued, rend hommage à Georges Acampora.


ORAISON FUNÈBRE DE GEORGES ACAMPORA – prononcée par Noureddine ABDELMOUMENE


“LES YEUX DE ELIETTE LOUP”message de Fateh Agrane


Pour atténuer la grande peine que nous avons de la disparition de notre camarade Acompora

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pour voir la vidéo, cliquer sur le lien->http://www.youtube.com/watch?v=uMO4gdm3iAw&context=C307ccd4ADOEgsToPDskJYdC4hsAZ012_LFi0TXXlU]

حافظو على جمرة في قلبكم نحتاجها مي بلادنا


INHUMATION DE GEORGES ACAMPORA

samedi 18 février 2012

par Algerep

De nombreux militants et anciens moudjahidine ont bravé les intempéries exceptionnelles de ces derniers jours pour mettre en terre, ce lundi 13 février, au cimetière de Bologhine à Alger, le glorieux militant disparu.

À l’arrivée du corps, les trompettes d’un détachement de pompiers firent retentir leur sonnerie.

Une haie de pompiers rendit honneur au défunt et à sa compagne, Juliette, courageuse et digne, soutenue par des dizaines d’amis, connus ou anonymes.

Un vieil ami du Cardinal Duval tint à témoigner de l’amitié qui avait lié ce dernier à Georges, avant de prononcer quelques paroles de réconfort en se recueillant devant le cercueil.

Nombreux étaient ceux qui voulaient exprimer le profond respect voué à Georges.

La gorge nouée par le chagrin, Guerroudj et Fettal, ses compagnons, et rescapés comme lui, du quartier des condamnés à mort de la prison de Barberousse, n’ont pu aller jusqu’au bout pour retracer les moments de lutte commune pour l’indépendance de l’Algérie.

Il en sera de même pour Arbadji qui intervenait en tant que représentant des anciens moudjahidine.

Noureddine Abdelmoumène, ancien membre du Parti Communiste Algérien, ancien dirigeant du Parti de l’Avant-Garde Socialiste durant la clandestinité, rappela qui était Georges Acampora.

Tahar El Hocine, véritable encyclopédie biographique de la guerre de la libération, rappela dans le détail les hauts faits d’armes de Georges Acampora.

Zoheir Bessa intervint au nom du Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme.

Puis, au nom du corps dont Georges faisait partie, un pompier clôtura les éloges.

Malgré une pluie battante qui se déclencha au moment de l’enterrement, les compagnons du défunt ne se dispersèrent qu’à la fin de la cérémonie.

C.P.

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MILITANT ALGÉRIEN, GEORGEOT ACAMPORA NOUS A QUITTÉS

par Houria B.E.O

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Georges Acampora, un enfant de Bab el oued nous a quitté. Encore un qui s’en va laissant derriere lui une jeunesse orpheline de modèle humain qui ne capitule pas face aux actes les plus barbares, les plus abjectes et les plus terrilbles qui découpent la carte du monde pour mieux asservir les peuples!

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C’est un militant qui savait tisser l’espoir dans le cœur d’une jeunesse en dérive cherchant un point pour accoster afin de déposer ses déchirures.

Un homme qui a fait le choix de rester auprès de ceux qui se lèvent tôt tous les matins pour que le pain ne manque pas lorsque le poids des privations et de l’incertitude pèse lourdementdans la balance des jours amers et pesants.

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Sadek Hadjerès : … Je voudrais terminer cette évocation en disant simplement deux choses.

La première, c’est que je suis fier d’être de la même mouvance que des compatriotes de la qualité humaine de Georges Acampora, qui comme Iveton, Maillot, Raffini et tant d’autres ont prouvé par les faits une chose importante : ce qui compte le plus dans le combat d’émancipation politique et sociale des peuples, ce n’est pas l’identité génétique ou culturelle mais les actes.

La deuxième est mon souhait, dans les dures épreuves que traverse aujourd’hui et que continuera à affronter le monde, que les jeunes générations apprécient à leur valeur la leçon de courage, d’humilité, de sagesse et de sensibilité que nous donne notre frère et camarade Georgeo.


Pierre Cots , ancien responsable du PCA à Bab El Oued, ancien détenu à Serkadji, à El Harrach :
… Georges Torrès, emprisonné aussi à Serkadji, ignorant presque tout de certains camarades, voulait en savoir davantage sur Georges Acampora qui, tout comme nos camarades Yahia Briki, Abdelkader et Jacqueline Guerroudj, croupissait dans une cellule de condamné à mort. Par hasard, j’étais l’un des seuls présents dans la salle à pouvoir évoquer son parcours, certes avec des lacunes. Les autres camarades ne l’avaient pas ou guère connu, à l’exception de Lakhdar Kaïdi en raison de leurs activités syndicales…

– Parle-moi un peu de ce camarade que je n’ai jamais eu l’occasion de rencontrer, me demanda-t-il.

– Que veux-tu savoir de lui ? Je vais te dire le peu que j’en sais car c’est un camarade de grande discrétion. Bien, je commence par te le décrire : il est grand, mince, ses cheveux sont noirs et abondants, ses yeux sont foncés, souvent souriants et surtout animés d’éclairs d’intelligence. Enfin, il a le nez busqué et de grande taille. Il est très doux mais pas toujours très causant. Il se déplaçait avec une grosse moto et a réalisé son rêve au début des années cinquante, celui de devenir pompier*. Sa compagne, Juliette, est très souriante et parle beaucoup plus que lui. Ce qui la caractérise, c’est son accent à couper au couteau. Je ne connais aucune femme qui ait de telles inflexions. Ses expressions sont typiques des habitants de Bab-El-Oued.


Juliette : « Un jour, une grève s’est préparée. Un coup de sifflet de Georgeot, et l’usine tout entière a cessé le travail! Le patron avait dit à Georgeot: «Un homme comme vous mériterait d’être fusillé!» Elle éclate de rire puis poursuivit fièrement: «Il était jeune, mais il a fait arrêter l’usine!» …


Fateh A : …Aujourd’hui je voudrais te dire des tas de choses! Le pull destiné A Fernand, il avait froid le camarade en ce début du mois de février 1957 dans le quartier des condamnés à mort de la prison de Barberousse à ALGER! Sa femme est venue te voir pour lui transmettre à travers son compagnon Georgio, un pull qui puisse le tenir au chaud car c’était ton jour de parloir! …….. à la porte de la prison voulant faire la chaine pour voir ton amour GEORGIO, les femmes présentes sur les lieux t’avaient alors demandé de ne pas rentrer ce jour-là! Étonnée et angoissée tu avais foncé vers la porte et là on t’informa que FERNAND IVETON a été guillotiné à l’aube, avec ses compagnons Mohamed OUENNOURI et MOHAMED LAKHNECHE. La terre avait tremblé sous tes pieds, et tu avais éclaté en sanglots, les femmes t’avaient dit alors! Surtout pas devant eux! Ne pleure pas devant « l’isstiaamar » le colonialisme.…

Ils les ont guillotinés à l’aube!…En sanglots tu te présentas au parloir devant GEORGIO qui te répéta la même chose «ne pleures pas, veux-tu faire plaisir aux gardiens? Ressaisis toi, oui, à l’aube ils ont exécuté Fernand Iveton et les deux frères! Surtout ne pleures pas! Le couffin a été remis et le pull d’IVETON c’est GEORGIO qui l’a mis jusqu’à la fin, jusqu’à ce qu’il tombe en lambeaux! …

La légende dit que ce pull a été porté par tous les condamnés à mort exécutés et ceux restés en vie !Par nos chouhadas tombés au champ d’honneur pour que vive l’ALGERIE libre et indépendante !Ce pull a voyagé dans le ciel bleu d’ALGERIE ! Pour raconter le rêve des martyrs pour la justice, la solidarité et la liberté!

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K. Abdelghani : ne m’appelle plus, je ne peux pas te répondre et puis……… il y a un monde fou dans ce cimetière, tout le monde est là. je ne peux pas te parler maintenant, je……..

J’ai compris mon ami! quand tu ne termines pas tes phrases, je sais que tu souffres. Mainte fois tu as perdu le verbe lorsque nous avions l’impression d’habiter les cimetières face à cette guerre absurde qui a vidé l’Algérie du meilleur de ses enfants.

Ne t’inquiète pas! Je te sais, je te connais je te comprends….

prends ton temps pour mâcher ta douleur ; nous l’avons fait mainte fois donc je ne m’inquiète pas. Tu reviendras et tu me raconteras à ta façon l’enterrement de Georgio.


Moi : Il ne faut pas être triste du départ d’une personne mais du bonheur que l’on a eu de la connaître.

Oui, oui…. je sais tout ça, mais je ne peux pas ne pas être triste: il y a tout juste un mois, mon ami Fateh m’a proposé de rendre visite à Giorgio: «dès que tu passeras à Alger, on ira le voir, c’est promis.»

Fateh a toujours tenu ses promesses, mais pour cette fois, ça sera impossible!

Emportant Giorgio, la mort a vidé ce quartier de Bab el oued d’une partie de son Histoire.

GEORGES ACAMPORA faisait partie de ces hommes qui savent changer le destin en un avenir meilleur et lorsqu’il a pris les armes pour défendre le peuple algérien c’est pour extirper le colonialisme qui a vampirisé son pays: l’Algérie. Dans cette petite rue parallèle à la rue Livingstone, il y a un petit jardin. Dans ce petit jardin, il y a mon enfance. En face de ce jardin, il y a la maison de Giorgio.

Je sais, je sais maintenant que chaque fois que je traverserai le jardin de mon enfance ; j’aurai un gout amère qui me montera à la gorge…. je sais, je sais qu’il y aura de l’eau dans mes yeux….je sais aussi que
des hommes comme toi manqueront à l’Algérie.

UNE ENFANT DE BEO. H o u r i a


Ps : juste après l’enterrement, Ranou m’a téléphoné pour me dire que Fateh a beaucoup pleuré.

Juste après le coup de fil de Ranou, Fatah m’a téléphoné pour me dire que Ranou a beaucoup pleuré.

Et moi… et moi…entre vous deux et vos larmes qui ne finissent pas; et ces chemins qui nous séparent et ces sanglots qui nouent ma gorge……. et cette nuit qui ne finit pas… je ne pouvais même pas vous rappeler pour me consoler car je savais que vous pleuriez!

À lire aussi pour comprendre pourquoi ces deux inséparables ont beaucoup pleuré Georgio.

http://www.socialgerie.net/spip.php?article741

http://www.socialgerie.net/spip.php?article620


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ORAISON FUNÈBRE DE GEORGES ACAMPORA

prononcée par Noureddine ABDELMOUMENE

 » Chères sœurs, chers frères, chers amis, chers camarades,

Nous nous sommes retrouvés aujourd’hui pour accompagner ensemble un des nôtres à sa dernière demeure.

Georges Acampora avait 86 ans quand il s’est éteint à l’hôpital de Ain En Naadja.

Ce digne fils de notre pays, ce fils de Bab El Oued, est né à Bab El Oued, il y a vécu, va y demeurer pour l’éternité.

L’Algérie a été sa patrie, dans le sens plein du terme et ses habitants étaient ses frères et sœurs.

Ce fils du peuple a commencé à travailler à 14 ans pour aider son père à ramener le pain quotidien.

Cet ouvrier tourneur a fait son chois dès son jeune âge: syndicaliste remarquable il mènera un combat incessant pour les droits des travailleurs, il dirigera même une grève de 40 jours des travailleurs des tabacs de Bab El Oued.

Il rejoindra juste après les rangs du Parti Communiste Algérien et deviendra un des dirigeants de la section de Bab El Oued du PCA.

C’est donc naturellement, au déclenchement de la guerre de libération nationale qu’il rejoindra les CDL (Combattants de la libération du PCA), puis il est fidaî au sein de l’ALN-FLN, après les accords FLN-PCA.

Arrêté il est affreusement torturé, puis condamné à mort. Après des années de prison à Serkadji , puis à la prison d’El Harrach, il ne sera libéré qu’à l’indépendance.

Il prend tout de suite sa place dans l’autre combat, celui de l’édification de l’Algérie: il sera parmi les premiers volontaires qui iront réparer les tracteurs des domaines abandonnés par les colons ou lancer le reboisement mémorable de l’Arbaâtache

Au sein de la protection civile, il fera un parcours exemplaire jusqu’au grade de lieutenant- colonel.

Dans son quartier de Bab El Oued, le citoyen Acampora est à l’écoute de ses voisins, avec sa modestie légendaire. Ses voisins le lui rendent bien: lui et Juliette, son épouse, seront sous la tendre protection des habitants, même pendant les périodes les plus noires.

Georgeot avait plusieurs familles, d’abord celle de Bab El Oued, où il faut le rappeler, un jeune médecin du quartier donnera le nom à un centre de la clinique inaugurée à Hammamet près d’Alger. Il conservera sa famille du PCA, puis celle PAGS, celle de l’ALN-FLN, des anciens condamnés à mort, celle de la protection civile qui a été à ces côtés jusqu’à l’ultime minute.

Toutes ces familles se sont retrouvées ensemble pour rendre hommage à Georges et Juliette Acampora le 29 octobre 2011 à la clinique de Hammamet. Une cérémonie pleine de fraternité et d’émotion.

Ce jour là, Georgeot tu n’as pas fais de discours. Devant l’insistance de tes amis pour dire un mot, une phrase, tu as rassemblé toutes tes forces et ta voix pour dire les larmes aux yeux ta certitude :  » TAHYA EL DJAZAIR »

Tu es parti un 11 février. Tu le sais bien, c’est aussi un 11 février, à l’ère coloniale que Mohamed Ouenouri, Mohamed Lakhnèche et Fernand Iveton ont été guillotinés. L’année dernière en février, dans ce même cimetière, devant la tombe de Fernand Iveton tu as dit  » à quoi ont servi ces exécutions barbares, puisque, malgré ça, nous avons arraché l’indépendance ».

Cette année nous nous préparons à célébrer le cinquantième anniversaire de cette indépendance.

À cette occasion, nous rendrons hommage à toutes les filles et fils de l’Algérie, qui comme toi, à travers les millénaires, les siècles et les années, à travers l’histoire , ont résisté, combattu, libéré et construit notre pays.

Avec toi nous dirons encore:

« TAHYA EL DJAZAIR »

Alger le 13 février 2012

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“LES YEUX DE ELIETTE LOUP”

message de Fateh Agrane

Elyette ! lors de l’enterrement de Georgio au cimetière,

je t’avais tendu le micro pour recueillir tes impressions

et tu m’avais souri très émue.

me disant « non impossible je vais tomber »

L’émotion était grande pour ton compagnon de lutte…… ,

de prison et de la liberté, mais tu m’as tout dit,

j’ai vu tes yeux et j’en garde une déchirure tissée emblème,

j’ai vu un croissant tremblant serrer une étoile sûre d’elle !

j’ai vue Zoubyda dans sa robe de blanche dentelle !


Révoltée par la misère et le racisme, Eliette Loup, fille de colons, a adhéré au PCA et est devenue clandestine dès 1955.

Arrêtée, torturée, elle a été détenue pendant 3 ans.

À sa libération elle a repris des activités militantes.

Elle vit toujours en Algérie.

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Fateh


voir aussi sur socialgerie: “SERKADJI, QUARTIER DES FEMMES”, texte témoignage de Eliette Loup, publié dans “Al Houryia”, non signé au moment de la parution, puisque Eliette , après son retour clandestin de France après avoir fini sa détention (elle était placée en résidence surveillée) a repris ses acivités dans l’appareil clandestin, assumant en particulier plusieurs missions dangereuses et de confiance.

pour lire en article, cliquer ici …

pour accéder au fac similé de “Al-Houryia”, cliquer ici …

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CONDOLÉANCES À UNE FEMME NOMMÉE COURAGE

Houria
_ Une enfant de BEO

Je suis passée voir Juliette comme prévu. La rencontre fut plus que chaleureuse. Dans ce petit Salon qui m’a fait partager avec cette femme courage un moment émouvant, il y avait le portrait de notre camarade George Acompora qui dominait ce petit espace pour nous dire qu’il sera toujours là tout près de ce qui fait battre les vérités lorsque les mots se taisent.

– Je vous présente mes condoléances, pour nous, c’est une perte, une grande perte.

– Qui nous?

– D’abord, Sadek Hadjeres qui m’a demandé de vous dire que nous sommes toujours votre famille; ensuite, des copains qui ne pouvaient pas venir avec moi aujourd’hui et surtout… Surtout, des femmes qui ont pleuré derrière leurs fenêtres à la vue du cercueil drapé de vert, de blanc et de rouge. Elles furent nombreuses à pousser des youyous….. et puis moi, je viens de faire plus de 500 km pour vous serrer dans mes bras.

– alors, on peut se tutoyer.

– oui : oui !

Je lui ai parlé du film, des messages et surtout des voisins qui ont tenu à rester jusqu’au bout pour accompagner Georgio. Juliette était émue; c’est une femme courageuse, discrète et profonde. Elle sait écouter et elle porte en elle le poids d’une sagesse partagée avec un homme dont la vie et le combat resteront longtemps gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont connu et aimé.

– je ne t’ai même pas proposé un café.

– non, non je ne veux pas un café, je ne veux rien; j’ai eu tout ce que je voulais, il me manque juste un petit truc.

– quoi ?

– ça…. je l’ai serré encore une fois dans mes bras et j’ai murmuré tout bas: c’est une partie de nous, de notre histoire, cet homme qui a partagé ta vie, c’est une école ou on a appris le partage, la tolérance, le courage… toutes ces choses qui font que l’espoir est permis lorsque le rêve se tisse avec l’humain. Les gens du quartier qui l’ont connu plus d’un demi-siècle n’ont pas hésité à venir témoigner. Il eut des youyous, des larmes des applaudissements et des silences qui ont dit leur douleur face à cette perte.

– Merci. Merci.

Une porte s’ouvrit. Des yeux sont restés accrochés à cette porte qui tardait à se fermer pour immortaliser cet au revoir.

– Prends soin de toi, je repasserai, oui je repasserai.

– fais attention à toi, fais attention à toi.

Une porte se ferme et me voilà encore une fois face à ce jardin qui a bercé mon enfance. Il y a de l’eau dans mes yeux…. un goût amer me monte à la gorge; je peux enfin pleurer ……….. je ne pouvais pas le faire devant toi JULLETTE !

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message reçu à socialgerie

Je lui rendais souvent visite quand il venait en vacances à Martigues.

Je profitais de ces moments uniques pour sentir Bab El Oued et partager des moments de grande convivialité avec Georgiot et Juliette.

Ces dernières années je n’osais plus lui parler de la révolution car tout simplement, il commençait à pleurer, le coeur à jamais blessé par le souvenir de ses camarades emportés par une « sale guillotine » en pleine fleur d’âge…

Dès qu’il prononçait le prénom d’Iveton, il explosait en larmes.

Derrière son silence, sa reserve, l’homme avec un grand « H » cumulait sa peine et sa tristesse à l’égard de ses frères tombés au champ d’honneur…

Son bonheur fut de se remémorer ses défits à l’après indépendance à la protection civile d’Alger et surtout ses rapports plus que chaleureux avec ses enfants de Bab El Oued City.

Comme tu l’as tant aimée ta patrie, ta chère terre natale l’Algérie ne t’oubliera jamais !

Repose en paix parmis les siens, qu’Allah t’acceuille dans son vaste paradis!

Tahya El Jazaïr…

Dj.

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PAR SOLIDARITÉ, JE SUIS GREC AUSSI.

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Un lecteur nous signale ce lien

http://jesuisgrec.blogspot.com/

qui fourmille de témoignages et d’ informations pratiques


[

What Europe loses if Greece is forced out

CE QUE L’EUROPE PERDRAIT SI LA GRÉCE ÉTAIT MISE à L’ ÉCART

->http://jesuisgrec.blogspot.com/2012/02/what-europe-loses-if-greece-is-forced.html]

THE GUARDIAN :

…Ask those who were cowering from the pounding of Luftwaffe in the tube stations of London, during the long winter of 1940, and they will tell you that the only pieces of good news they were getting for months, were coming from the Greek mountains…

…Demandez à ceux qui se protégeaient des bombardements de la Luftwaffe , dans les stations de métro de Londres pendant le long hiver de 1940, et ils vous diront que les seuls fragments de bonne nouvelle qu’ils reçurent durant des mois, l’ont été en provenance des montagnes grecques…

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/feb/16/what-europe-loses-if-greece-forced-out


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[VENDREDI 17 FÉVRIER 2012

Demonstrations in France / Manifestations en France

LISTE DE TOUS LES RASSEMBLEMENTS DE SOUTIEN AU PEUPLE GREC EN FRANCE->http://jesuisgrec.blogspot.com/2012/02/demonstrations-in-france-manifestations.html]

février 17, 2012 par Nouvelles Hors Les Murs

MANIFESTATIONS EN FRANCE

Clermont Ferrand (18/02) : https://www.facebook.com/events/344991582201075/

Grenoble (18/02) : https://www.facebook.com/events/232270103531655/

Lyon (18/02) : https://www.facebook.com/events/326949874007934/

Marseille (18/02) https://www.facebook.com/events/229518840476165/

Montpellier (18/02) https://www.facebook.com/events/130981520357485/

Nantes (18/02) : https://www.facebook.com/events/285960971467697/

Nimes (18/02) : https://www.facebook.com/events/333570396686672/

Paris (18/02) : https://www.facebook.com/events/300935383297289/

Quimper (18/02) : http://www.fruncut.org/actions/245

Saint Brieuc (18/02) : https://www.facebook.com/events/257614284314070/

Toulon (18/02) : http://www.facebook.com/events/110479822410015/

Toulouse (18/02) : https://www.facebook.com/events/298868093508493/

Vannes (18/02) : https://www.facebook.com/events/191538730948207/

Grenoble (17/02) : https://www.facebook.com/events/192964747470856/

Bruxelles (18/02) : https://www.facebook.com/events/172822152831098/

Havre (20/02)

Communauté française d’Athènes, devant l’ambassade d’Athènes (18/02, 12h) http://img.mp23.ch/clients/mailpro9986/MOTION_AMBASSADE_version_FINALE.pdf

Sources:


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Solidarity for Greece, everywhere, tomorrow, Saturday

Partout en France : Nous sommes tous Grecs !

Résistance aux plans d’austérité

En solidarité avec le peuple grec, des rassemblements et manifestations sont organisés dans différentes villes de France, toute cette semaine.

Voir:


Deux témoignages en français

sur les manifestations de dimanche dernier

Athènes, un témoignage

Je souhaite simplement vous transmettre le témoignage anonyme de quelqu’un qui vit là-bas. Il évoque pour nous des évènements dont nous savons au demeurant peu de choses. Nos medias parlent des Grecs cinq minutes après la neige, mais qu’en est-il réellement de leur calvaire et de leur lutte ?

Voici une réponse.

Les médias internationaux ont parlé de la nuit dernière en Grèce.

Ils ont parlé de feu, de chaos, de violence…
Ils parlent des 100.000 personnes qui se sont rassemblées sur Syntagma, mais pas des 200.000 qui y étaient vraiment ou des 300.000 qui ne pouvaient pas atteindre la place parce que les rues et le métro étaient bloqués par la police.

Ils n’ont pas parlé de la façon dont la police a provoqué vers 17:00 le début des émeutes en lançant des gaz lacrymogènes sur toute la place Syntagma, dispersant les manifestants dans le centre d’Athènes, afin d’éviter les perturbations à l’extérieur du parlement.

Les médias ont parlé de destruction aveugle, répandant la rumeur que la Bibliothèque Nationale d’Athènes était dévorée par les flammes.

Faux.

Des banques ont été brûlées, des cafés et des magasins, des franchises appartenant aux industries multimillionaires qui ont mis la Grèce dans cette situation.

Les médias parlent de jeunes contre le système, mais pas des femmes et des hommes âgés portant des masques à gaz et montrant leur soutien pendant des heures, frappant en rythme dans leurs mains et avec les pieds aux portes des banques et des multinationales, sifflant et criant pour soutenir les premières lignes qui résistaient aux attaques anti-émeutes dans les rues pleines de lacrymo et de flammes, applaudissant en voyant s’enflammer Alpha Bank et Eurobank.

Ils disent que la violence ne résoudra pas la situation en Grèce, mais ils ne parlent pas des assemblées inter-quartier qui se sont tenues la semaine dernière à l’Université de Pantios, ils ne disent pas que l’occupation de l’Université de Nomiki avait pour objectif d’être un lieu d’échange et de débat entre les différents mouvements grecs, ils ne parlent pas des cantines libres et des marchés d’échanges qui ont lieu chaque semaine dans les quartiers.

Ce que les médias ne diront pas, c’est qu’après que les supermarchés aient été vidés et que les aliments aient été distribuées dans un quartier ouvrier de Salonique, les anciennes aient dit qu’elles n’étaient pas arrivées à temps, mais que ce n’était pas grave car elles savaient où étaient les leurs.

Ce qu’ils ne diront pas c’est que pendant que nous marchions dans un quartier ouvrier, dans une petite manifestation loin du centre, les gens se mettaient à leur balcon en levant le poing, et la manifestation a vu son affluence se multiplier, les gens sortaient de leurs maisons pour la rejoindre, les anciennes applaudissaient depuis les balcons, les vieux… merde, les vieux chantaient des hymnes, je ne comprenais pas un mot, mais vous n’imaginez pas, vous n’avez pas idée, et ça, les medias ne le diront pas, mais nous, nous le disons.

Ici, à Athènes, ils savent qu’ils ne sont pas seuls, que toute l’Europe suit le même chemin, ce qu’ils ne savent pas dans le reste de l’Europe c’est ce que nous faisons… si le reste de l’Europe est en train de faire quelque chose.

Nous ne voyons pas seulement le présent de la Grèce, nous sommes en train de voir notre futur.

Je voudrais vous répondre :

Le reste de l’Europe regarde la Grèce comme la première fosse commune creusée par des fous et qui est censée, bientôt, être rejointe par d’autres.

Elle regarde le gouvernement Grec comme nos gouvernements, valets des banques et des spéculateurs, eux-mêmes spéculateurs, sans aucun souci du peuple.

Elle regarde cette violence en sachant que la même lui est réservée.

La misère de la Grèce, les flammes d’Athènes sont promises à toute l’Europe.

Mais la fureur des Grecs, la volonté de combattre et de gagner, soutient chaque jour davantage nos cœurs et nos pensées.

Belle Grèce, fierté de notre histoire, votre désespoir est le nôtre et votre combat nous apprend à nous préparer.

Résistance !

…/…

Sources:


DU NOUVEAU: JEUNES ET SERVICES PUBLICS ENSEMBLE SUR LE TERRAIN

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Jeudi 16 février 2012

Sources: algerieinfos

Dans une synthèse d’information du 11 septembre dernier, nous avions relevé l’absence de «noyau d’impulsion nerveux et sans relais efficaces, quand surviennent des catastrophes naturelles». La presse, les associations, la mobilisation sur le terrain ont joué un rôle d’aiguillon pour faire bouger les choses. Mais il apparait aussi que face aux catastrophes naturelles, les services publics algériens et les entreprises disposent dans leur sein d’une vitalité patriotique propre. L’évolution de la situation face aux difficultés semble marquée, depuis quelques jours, par la conjugaison de deux faits majeurs qui se sont conjugués de manière très encourageante pour l’avenir: le dynamisme des services publics concernés sur le terrain et l’élan de solidarité, le plus souvent spontanée, des jeunes qui semblent avoir opté pour le refus de l’utilisation politicienne de leurs initiatives.

Saoudi Abdelaziz

16 février 2012

Les Impressions du jeudi


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Solidarité: une chaîne humaine pour faire passer des denrées alimentaires

->http://www.facebook.com/photo.php? fbid=2862130910933&set=a.2516726676043.2127424.1189525850&type= 1&theater]


Le Condjador (algerieinfos) décrivait hier sur son blog, la levée de masse des jeunes du Village-Moussa, des quartiers des 40 hectares et d’El Akabi pour venir en aide aux sinistrés.


Fodil. S. le correspondant d’El Watan, confirme aujourd’hui l’information: «un formidable élan de solidarité est né dès le week-end passé, courageusement porté par une nuée de jeunes de différentes communes qui se sont organisés via Facebook» – El Watan, 16 février 2012).


Dans un article intitulé: «L’Etat face au froid», l’écologiste M’Hamed Rebah, décrit dans “la Nouvelle République” le comportement des différents services de l’Etat face aux difficultés: Office national de la météo, Armée, Sonelgaz, Travaux publics, etc. Il conclut ainsi ce tour d’horizon: «Opérée sur les «conseils» du FMI et de la Banque mondiale et sous l’effet du vent (c’est véritablement du vent) du libéralisme qui a soufflé dans les années 80 et 90, la déstructuration du secteur public (bâtiment, travaux publics, industrie, santé,..) avait privé alors les secours des moyens lourds habituellement rapidement réquisitionnés dans les situations de catastrophes. La vague de froid de février 2012 a agi comme test des capacités de l’Etat, qui avaient été mises à mal durant les décennies 80 et 90, et reconstruites dans les années 2000 puis consolidées à partir de 2009, et elle a, en même temps, donné l’opportunité de renforcer ces capacités. On peut penser que, sur ces deux «fronts», les résultats sont positifs ». (La Nouvelle République 16/2)


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JIJEL: «DANS UN FROID MORDANT, ILS SONT ALLÉS À “SELMA”»

La chronique du Condjador (37)

Suite aux intempéries et aux conséquences de la grande tempête de neige, les jeunes du Village- Moussa, d’Al Akabi et des 40 hectares se sont organisés, chacun dans sa houma. Utilisant le bouche-à oreille, ils ont collecté des produits de première nécessité, huile, semoule, sucre café, etc.

Dans les garages de ces quartiers, d’autres amis ont mis des véhicules à la disposition des jeunes volontaires, pour le transport des personnes et des produits collectés.

Cette initiative avait aussi pour motivation d’écarter le monopole des personnes qui ne font que de la propagande pour leurs partis politiques religieux «modérés», posant sur Facebook pour se faire valoir, avec banderoles et slogans.

Dans l’esprit des jeunes qui ont pris l’initiative dans leurs quartiers, on n’a pas besoin, pour aider son prochain en danger, d’un agrément et d’un président d’association assisté de marionnettes. Ce sont de simples citoyens qui veulent participer à une action de bien. Tout se fait par la communication et toutes les propositions sont les bienvenues.

Cette attitude et très ancrée chez les jeunes des quartiers de Jijel, et dans différents domaines. Ils veulent qu’on les laisse tranquilles, ces jeunes qu’on n’écoute pas depuis longtemps, ou qu’on rassemble pour les dominer, les clôturer, les dévoyer du but pour lequel ils se sont engagés, c’est-à-dire aider son prochain.

Dans un froid mordant, ils sont allés à Selma, une commune des montagnes de Jijel très touchée par la tempête et l’accumulation de neige.

Lorsque nous sommes arrivés à Selma, l’armée était déjà sur place, essayant d’ouvrir les routes avec des engins lourds. Cette action a facilité le passage des jeunes qui ont pu distribuer les denrées alimentaires. La distribution des bouteilles de gaz butane a été assurée par la gendarmerie à cause de la chamaillade entre les sinistrés. Postés le long de la route, les militaires avaient reçu l’ordre de ne pas quitter leur poste, mais nos jeunes secouristes voulaient pénétrer dans la forêt vers les maisons isolées. Ils ne connaissaient pas le terrain mais étaient déterminés. Leur acharnement a conduit les djounouds à les accompagner, de leur propre initiative. Eux aussi sont jeunes, ils partagent les motivations de nos secouristes…

Demain, 16 février, un autre convoi d’aide alimentaire, de couvertures, de vêtements et de tout ce qui peut aider les gens des mechtas est prévu pour Selma.

Le Condjador, 15 février 2012

Post scriptum :

Entre Village-Moussa et Tassoust

Depuis la crise du gaz butane, les policiers du commissariat de Village-Moussa n’ont participé qu’une seule fois au rétablissement de l’ordre à la station service du quartier. C’était suite à l’initiative des citoyens qui ont coupé la route pour protester contre les dépassements des employés de la station et contre le business qui se faisait.

J’ai passé la nuit sur place sans réussir à obtenir une bouteille. Il faut être dans les cent premiers, sinon il faut refaire un nouveau tour d’attente en sachant que la station a un quota journalier de 420 bouteilles.

Une personne a gagné la sympathie de tous ceux qui faisaient la chaîne, un homme d’une cinquantaine d’années, père de nombreux enfants. Il a transporté deux bouteilles sur une brouette, de Tassoust à Village-Moussa, puis il a fait une nouvelle navette. Cette fois, il a démarré de Tassoust à 3 heures du matin. A son arrivée, à cause de la pluie incessante, il y avait moins de monde à la station et il a pu se placer parmi les 80 premiers arrivés. Nous étions impressionnés. Quel courage ! Presque tous ceux qui avaient un véhicule se sont proposés pour le raccompagner chez lui.

Sources: algerieinfos

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En dépit des efforts déployés dans la région de Jijel

SITUATION DIFFICILE ET ÉLAN DE SOLIDARITÉ

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Une nuée de jeunes de différentes communes se sont organisés via Facebook pour apporter l’aide aux populations en détresse.

La situation née de l’épisode neigeux qui perdure dans les zones montagneuses de la wilaya de Jijel a rendu la situation difficile pour les populations locales en dépit des efforts consentis tant par les autorités que par la société civile pour venir en aide aux sinistrés. Le retour des chutes de neige a, à certains endroits, anéanti le travail colossal déjà fourni, alors que l’accumulation de la neige qui s’est transformée en verglas, a rendu la circulation difficile.

La région sud-ouest qui englobe les communes d’Erraguene et de Selma, demeure la plus isolée. Les effectifs de la direction des travaux publics et des communes, appuyés par ceux de l’armée et d’entreprises publiques et privées, s’attèlent à ouvrir les routes encore bloquées. Sur ce plan, un formidable élan de solidarité est né dès le week-end passé, courageusement porté par une nuée de jeunes de différentes communes qui se sont organisés via Facebook.

Les autorités et les associations ont pour leur part, fortement contribué à cette opération d’aide aux populations isolées depuis maintenant une dizaine de jours. Un total de 120 tonnes de produits alimentaires ont été déjà acheminées vers les localités les plus touchées par ces intempéries, a annoncé la cellule de crise de la wilaya dans un communiqué, alors que 95 000 bouteilles de gaz butane ont été livrées durant cette période, mais la pression demeure toujours forte sur ce produit.

Des brigades mixtes, Protection civile-santé, ont effectué 803 interventions dont 375 pour l’évacuation de malades (dialysés, diabétiques, femmes enceintes). Selon la cellule de crise, l’électricité a été rétablie pour 98% des foyers touchés, mais dans la commune d’Erraguene, 225 foyers demeurent sans courant électrique.

Fodil. S.
_ le 16 février 2012.

Sources: El Watan

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CHANGEMENT CLIMATIQUE: L’ÉTAT FACE AU FROID

Par M’Hamed Rebah

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En janvier 2012, au ministère des Ressources en eau on faisait part d’une sérieuse inquiétude concernant la reconstitution des réserves hydriques, compromise par la faible quantité de pluies tombées en Algérie durant les mois précédents. L’automne 2011 avait pris des allures d’été et l’arrivée de l’hiver n’avait rien changé à la situation.

Des précipitations ont bien été enregistrées mais de courtes durées. Les prévisionnistes algériens attendaient un mois de février plutôt sec, en tout cas déficitaire par rapport à la moyenne mensuelle. Dans cette ambiance pessimiste, le directeur de la distribution de l’eau potable souhaitait qu’il pleuve «sur des épisodes assez longs pour combler le déficit en ruissèlement et réalimenter les nappes souterraines». Son vœu a été vite exaucé.

Les ressources en eau sauvées

Depuis le jeudi 2 février, il a plu sur la majeure partie du pays durant plus d’une dizaine de jours quasiment sans arrêt. Le taux de remplissage des barrages (70 %) affiché par le ministère dépasse même toutes les espérances. Le grand barrage de “Beni Haroun”, à l’est du pays, a atteint sa capacité maximum, 1 milliard de mètres cubes, du jamais vu dans un barrage en Algérie. Il est tellement plein qu’il a fallu mettre en place un dispositif de protection face à la menace de débordement. Dans l’ouest algérien où les cultures ont failli manquer d’eau, le danger semble passé, les périmètres agricoles ont été bien arrosés et les barrages se sont remplis.

En fait, le climat avait annoncé la couleur (blanche comme la neige) en janvier déjà. Le 17 janvier exactement, dans la matinée, et à Bechar où, évènement rarissime selon les connaisseurs, la neige est tombée. La même perturbation a ensuite évolué vers le Sahara central donnant lieu à d’importantes pluies notamment à El Goléa, Ouargla,…… La neige a revisité Bechar mardi 7 février après avoir recouvert presque toutes les localités du nord du pays et fait la joie des petits et des grands. Des photos circulent sur la toile montrant que les Algériens, surtout ceux qui sont peu habitués à la rigueur exceptionnelle de cette vague de froid, se sont bien amusés avec la neige.

Sur les hauts plateaux, comme à El Bayadh (dans le sud-ouest), par exemple, la neige n’est pas une inconnue, elle est bénéfique à la végétation steppique, notamment l’armoise (à la valeur pastorale appréciable) et l’alfa, deux très anciennes plantes. Mais quand elle est roulée et très glacée, elle colle très rapidement sur le sol en raison de sa température très basse. La neige roulée qui ne contient pas assez d’eau, par rapport aux flocons de neige, peut faire des dégâts aux cultures locales, explique M. Bousmaha, responsable de l’Office de la météo à El Bayadh, c’est pourquoi, elle est très redoutée par les agriculteurs de la région. Pour le froid, dans cette région montagneuse et élevée, les gens y sont préparés, le poêle est allumé dès la mi-octobre pour être éteint à la fin mai.

Du jamais vu depuis décembre 1956

Ailleurs dans le pays, au nord et encore moins au sud, l’hiver est généralement peu rigoureux et le froid alterne rapidement avec les remontées de températures amenées par l’apparition du soleil.

Depuis le 2 février 2012, dans le nord du pays, le scénario est tout autre. Une vague glaciale exceptionnelle touchant l’Europe (on n’en a pas vu de cette intensité depuis 50 ans, aux dires des spécialistes) s’est étendue à notre pays. Djamel Boucherf, directeur du Centre national de la climatologie, explique pourquoi l’Algérie ne pouvait pas être épargnée par la masse d’air venue du nord: notre pays se trouve dans une zone de transition entre le climat subtropical et le climat modéré.

Cette position géographique ajoutée à des phénomènes atmosphériques fait que l’Algérie est très vulnérable aux changements climatiques et à la variabilité. Actuellement, il y a, poursuit Djamel Boucherf, deux barrières atmosphériques formées par l’anticyclone des Açores et l’anticyclone de Sibérie, et il y a un flux d’air froid qui vient du nord avec une instabilité dans la Méditerranée. Résultat pour l’Algérie: des températures très basses, des pluies qui ne cessent pratiquement pas et la neige presque partout.

Le dernier souvenir d’une situation analogue remonte à décembre 1956. Un épisode aussi marquant avait été enregistré durant l’hiver 2005 mais avec moins d’intensité en neige, qui est plus abondante, ces jours-ci, atteignant des épaisseurs dépassant les 2 mètres en certains endroits. Par contre, pour la température, en 2005, le thermomètre était descendu jusqu’à 14°C et même 15°C au-dessous de zéro, à El Bayadh et Mecheria, sur les hauts plateaux, alors qu’en février 2012 les températures basses ne sont pas allées au-delà de 10 °C au-dessous de zéro.

L’ONM à la hauteur

Il n’y a, donc, rien de surprenant à ce que l’actualité nationale soit dominée par les informations sur les coupures de routes dues aux intempéries et leur impact sur les déplacements en véhicules et le transport de marchandises. L’approvisionnement des marchés s’en est ressenti et les prix des produits alimentaires, aussi, en hausse parfois vertigineuse, à l’exception des produits subventionnés par l’Etat. Des voyages en bateau à partir de l’Algérie vers Marseille ont subi, eux aussi, les contrecoups des intempéries et ont été reportés. La compagnie aérienne Air Algérie a annulé plusieurs vols à cause du mauvais temps.

Les pertes humaines directement liées à la vague de froid ne sont heureusement pas élevées, selon un bilan officiel non encore définitif.

L’Office national de la météorologie y est sans doute pour quelque chose: le caractère exceptionnel de la vague de froid a été prévu 48 heures à l’avance – à 100 %, s’enorgueillit Djamel Boucherf – et des BMS (bulletin météorologique spécial) ont été émis. C’est la mission de l’ONM: donner l’alerte pour préserver les vies humaines et les biens des personnes.

La Protection civile a mobilisé tout son effectif (40 000 personnes) et installé des cellules de crise pour parer à toute éventualité.

Les accidents de la circulation et les cas d’asphyxies dues aux inhalations de gaz brûlés des appareils de chauffage et chauffe-eau, survenus dans ce contexte climatique, ont alourdi le bilan malgré les conseils de prudence donnés par les services concernés.

Mais il faut noter que le facteur météorologique n’est pas la principale cause des accidents de la route, plus de 4000 morts en 2011, ni des accidents dus au gaz utilisé également pour cuisiner, en moyenne plus de 100 morts par an.

Le secteur public à l’épreuve

L’armée, en conformité avec sa double vocation, populaire et au service de la population, a mis ses troupes et ses engins à contribution pour dégager l’accès des voies bloquées par la neige. Elle a acheminé les vivres vers les zones enclavées par la neige.

Sonelgaz, entreprise publique, a mobilisé toutes ses équipes d’intervention pour rétablir le courant électrique là où l’état des routes le permettait. Dimanche 12 février, à 20h, un pic de consommation d’électricité à 8 526 MW a établi un nouveau record en période hivernale en hausse de 9,8% par rapport à la pointe de la même période de l’année passée (7 764 MW) et dépassant le pic du mardi 8 février (8 305 MW), mais inférieur à la pointe record enregistré l’été 2011 (8 746 MW, le dimanche 7 août 2011 à 21h15, consommés en grande partie par le climatiseur). Sonelgaz explique cette forte consommation par la chute des températures et le rétablissement des 950 000 foyers privés d’électricité au plus fort des intempéries.

Aucun chiffre n’a été donné sur la consommation de gaz qui est utilisé pour le chauffage et qui a connu une demande considérablement accrue entraînant une forte tension sur la bouteille de gaz butane, le taux national de pénétration du gaz de ville étant de 47 %. L’entreprise publique Naftal s’était préparée, comme chaque année, à la saison froide, mais la très forte intensité de cet hiver a tout consommé entraînant une demande supplémentaire imprévue. Naftal a mobilisé tous ses moyens au-delà de leurs capacités pour augmenter sa production de bouteilles de gaz, les transporter et les mettre à la disposition des populations des zones fortement affectées par le froid, particulièrement en montagnes. La spéculation commerciale sur la bouteille de gaz l’a rendue plus chère mais ce phénomène a été circonscrit grâce à la collaboration entre Naftal et les responsables des communes concernées qui se sont impliqués dans sa distribution.

Quant à la coupe de bois destiné au chauffage, aucune information n’est disponible pour en connaître l’ampleur durant cette vague de froid.

Un test concluant

Que pensent les Algériens de la façon dont l’Etat a fait face à cette vague de froid? Selon la télévision algérienne qui donne une grande place aux intempéries, il y a ceux, satisfaits, qui remercient l’Etat, pour son intervention, et ceux, mécontents, qui le critiquent pour ses lenteurs.

Un fait incontestable : le devoir de solidarité à l’égard des sinistrés a été assumé par l’Etat empêchant l’utilisation de leur détresse à des fins d’embrigadement politique comme cela s’est passé après le séisme de Tipaza en 1989.

La leçon à tirer de cet épisode sibérien vécu en Algérie a trait, justement, à l’action de l’Etat et du secteur public, notamment les entreprises. L’Etat n’est plus désarmé face aux situations de catastrophes contrairement à mai 2003, lors du séisme de Boumerdès.

Opérée sur les «conseils» du FMI et de la Banque mondiale et sous l’effet du vent (c’est véritablement du vent) du libéralisme qui a soufflé dans les années 80 et 90, la déstructuration du secteur public (bâtiment, travaux publics, industrie, santé,..) avait privé alors les secours des moyens lourds habituellement rapidement réquisitionnés dans les situations de catastrophes.

La vague de froid de février 2012 a agi comme test des capacités de l’Etat, qui avaient été mises à mal durant les décennies 80 et 90, et reconstruites dans les années 2000 puis consolidées à partir de 2009, et elle a, en même temps, donné l’opportunité de renforcer ces capacités.

On peut penser que, sur ces deux « fronts », les résultats sont positifs.

M’hamed Rebah

16 février 2012

Sources: “La Nouvelle République”

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MUSTAPHA CHAIEB NOUS A QUITTÉS

Mustapha Chaieb, ancien photographe à Alger républicain, période 1962-1965, est décédé le 11 février à Mostaganem, à la suite d’une courte maladie.

Il était le fils d’un ancien camarade du PCA d’El Asnam et avait été initié à la photographie de presse par Kanapa, photographe à l’Huma!

Ceux qui se souviendront de lui gardent certainement l’image de son sourire qui ne le quittait presque jamais et ses yeux qui se plissaient encore plus lors des éclats de rire!