DIJON – 21 MARS 2012: TÉMOIGNAGE DE RENÉ JUSTRABO – MAIRE DE SIDI-BEL-ABBES de 1947 à 1953)

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RENÉ JUSTRABO:

« JE SUIS FIER DE N’AVOIR JAMAIS TIRÉ UN COUP DE FEU PENDANT CETTE GUERRE CONTRE QUELQU’UN »

28 MARS 2012

SALIM A

bel-abbes.info/

«Je suis fier de n’avoir jamais tiré un coup de feu pendant cette guerre contre quelqu’un! j’avais refusé d’y aller car je ne voulais pas faire la guerre à un peuple qui se battait pour son indépendance.

J’ai fait deux mois de prison pour ça en caserne à Auxonne. En tant que communiste, j’étais marqué au fer rouge!»

Voilà ce que vient de déclarer juste avant-hier René Justrabo, le maire de Sidi-Bel-Abbès (1947-1953) qui était l’invité de marque à une exposition de plusieurs documents relatifs à la guerre d’Algérie, au siège de la fédération du Parti communiste à Dijon en vue de commémorer le 50 ème anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie.

Rappelons que René Justrabo ancien député à l’Assemblée algérienne (1948-1956), a été interné trois ans de fin 56 à 1960 «au nom des pouvoirs spéciaux»

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parmi les commentaires

2. hakim, le 28 mars 2012:

Monsieur Justrabo bonjour,

J’ai un immense respect pour vous, gamin j’entends encore votre nom raisonner comme un clairon dans la tête du petit gosse que j’étais de la part de mon oncle qui était si j’ose m’exprimer ainsi un (justrabotiste) jusqu’au boutiste dans ses gènes et il le criait à qui veut l’entendre,

merci pour votre loyauté envers le peuple,

la preuve je connais des anciens qui n’arrêtent pas d’évoquer votre service et votre dévouement envers ce qu’on appelait les indigènes à l’époque!

Longue vie à vous, dommage que vous ne faites pas une petite visite de courtoisie dans vortre ville à laquelle vous avez donné tant

le gosse qui se rappelle de vous avec votre grande silhouette.

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Bel Abbes Info a déjà eu plusieurs contact avec ce fervent défenseur de la cause Algérienne et maire de Sidi Bel-Abbes , la seule municipalité communiste à l’époque coloniale; voir les articles précédents en cliquant ici …


Le 14 Novembre 2011, Bel Abbes Info s’était associé à l’hommage rendu à sa femme:

14 NOVEMBRE 2011

DÉCÈS DE MME JUSTRABO

ÉPOUSE D’UN FERVENT DÉFENSEUR DE LA CAUSE ALGÉRIENNE:

BELDJILLALI D.

Nous venons d’apprendre que René Justrabo vient de perdre sa compagne Renée née CLERC à l’age de 97 ans , décédée à Dijon (France), mercredi 2 novembre 2011.

Les obsèques ont eu lieu le 7 novembre 2011.

En cette douloureuse circonstance, L’équipe de rédaction de BAI lui présente ainsi qu’à ses enfants leurs sincères condoléances.

Rapellons que sa femme lui a accordé un constant soutien dans son combat contre le colonialisme français et pour l’indépendance de l’Algérie quand il était maire de 1948 à 1953 de la Ville de Sidi Bel-Abbés, délégué à l’Assemblée algérienne (élu sur une liste du Parti communiste Algérien) et lors de son internement durant trois ans au camp de Lodi (Alger) pendant la guerre de libération nationale.

Notons enfin que bel-abbes.info lui a consacré toute une page lors d’une précédente édition que nous reprendrons de sitôt, et a été toujours en contact avec ce Maire qui a porté haut le cœur l’Algérie et en particulier la ville de Sidi Bel-Abbes.


Arrestation de l’ancien Maire communiste de Sidi bel Abbès*

René Justrabo, 95 ans, se souvient du jour où on est venu le chercher.

C’était le 26 novembre 1956.

Ils sont arrivés à l’aube, dans la lumière d’automne qui filtre à travers les volets. Au moment où la ville s’éveille doucement. «Police! Ouvrez!».

Le commissaire du 8ème arrondissement d’Alger a surgi, deux inspecteurs sur les talons, un papier dans la main droite. «Vous êtes bien René Justrabo, né le 15 juin 1917 à Mascara? Vous êtes en état d’arrestation. Voici votre avis d’assignation à résidence».

Il n’y a que quelques mots: «atteinte à la sécurité et à l’ordre public», signés du Préfet d’Alger.

Cela fait plusieurs jours, déjà, que la police et l’armée raflent, les uns après les autres, les anciens membres du Parti communiste algérien (PCA).

Suspect d’être trop proche des indépendantistes, il a été dissout en septembre 1955.

Alger est devenu une souricière.

René Justrabo, 39 ans, ancien maire communiste de Sidi Bel Abbès, sait que son tour va bientôt arriver. Il s’apprête à sauter dans le bus bondé qui le conduit, chaque jour, des hauteurs d’Alger, où il habite, au quartier de Belcourt, où il est instituteur. Mais c’est dans un camion militaire à deux bancs qu’il grimpe finalement. Poussé comme un vulgaire délinquant.

Destination: le camp de Lodi. Il y restera enfermé trois ans et demi.

*Patatouète

Sources: bel-abbes.info


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