LECTURES MARS 2012

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ÉTAT DES RÉSISTANCES DANS LE SUD – AMERIQUE LATINE



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Vient de sortir de presse

un nouveau numéro

collection

« Alternatives Sud »

ÉTAT DES RESISTANCES DANS LE SUD

AMERIQUE LATINE

Points de vue du Sud

Éditions Syllepse

Centre tricontinental

Volume XVIII (2011), n°4,

240 pages

Continent de forte croissance économique, de démocraties fragiles et d’inégalités extrêmes, l’Amérique latine est aussi traversée d’une dynamique soutenue de rébellions et de contestations sociales, aux formes, aux identités et aux revendications renouvelées.

Et pourtant, les mouvements sociaux de la région ont fort à faire aujourd’hui pour continuer à exister, à peser sur le politique.

Menacée de dilution, de fragmentation ou de répression dans les pays où les gouvernements sont restés ou revenus dans les courants dominants du néolibéralisme et du « consensus de Washington » ;

menacée d’instrumentalisation, de cooptation ou d’institutionnalisation dans ceux où les pouvoirs se sont attelés, peu ou prou, à récupérer en souveraineté et à redistribuer les dividendes des richesses exportées,

la protestation émancipatrice offre un visage pluriel.

Un double clivage prévaut d’ailleurs au sein de la «gauche sociale» latino-américaine. Celui – de fond – qui divise tenants et opposants du neo-desarrollismo, nationalisme populaire d’un côté, écosocialisme de l’autre. Et celui – plus stratégique – qui oppose les partisans d’un aboutissement politique des mobilisations aux apôtres de voies plus autonomistes, basistes ou localistes du changement social.

Reste que, du Chili au Mexique, du Brésil au Venezuela, de l’Uruguay au Guatemala, de la Bolivie au Honduras et dans le reste de l’Amérique latine, les mouvements sociaux – paysans, urbains, indigènes, étudiants, etc. – influent tant bien que mal sur la redéfinition de la participation démocratique et de la citoyenneté politique.

Consulter notre site Centre Triconteinental: www.cetri.be

Sources : http://www.cetri.be

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UNE ANTIGONE PALESTINIENNE

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DU 5 AU 31 MARS 2012

C’est un événement. Les acteurs du Théâtre National Palestinien sont en France, en tournée jusqu’à fin mai avec une Antigone éblouissante, mise en scène par Adel Hakim, co-directeur du Théâtre des Quartiers d’Ivry où la pièce est donnée jusqu’au 31 mars.

Créée à Jérusalem-Est en mai 2011, elle sort des frontières de la ville occupée, transportant avec elle le poids et la géographie du conflit israélo-palestinien — et l’on est frappé par la résonance de la tragédie palestinienne contemporaine avec le texte de Sophocle, qui date de près de deux mille cinq cents ans. Pas d’identification avec des situations historiques, des lieux ou des personnages, mais une mise en abîme autour de la notion d’injustice et une méditation philosophique sur la rébellion et le sens du sacré.

Antigone, condamnée par Créon à être emmurée vivante parce qu’elle a voulu donner une sépulture à son frère Polynice, est une figure d’insoumission universelle et intemporelle; elle prend ici une force particulière incarnée avec charisme et luminosité par Shaden Salim: «Tes lois ne sont pas assez puissantes pour nous interdire de respecter celles des Dieux.» La jeune comédienne donne à son personnage une fougue et une combativité qui touchent et impressionnent et apporte par sa seule présence une couleur supplémentaire au texte: «Lorsqu’on a vécu comme moi plongée dans le malheur, la mort n’est pas un malheur.» Le malheur et la répétition du malheur d’Antigone est aussi celui de tout le peuple palestinien, qui, comme elle, n’a plus peur de la mort et, face à l’injustice et la spoliation, s’ancre dans la résistance.

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© Nabil Boutros

La langue de Sophocle, adaptée par Adel Hakim, et la langue arabe — dans la traduction d’Abd El Rahmane Badawi — se font écho et donnent corps à la tragédie mythique dont nous sommes tous imprégnés en lui insufflant une portée politique singulière.

Dans son affrontement mortel avec Créon — Hussam Abu Eisheh qui campe autant un roi de l’Antiquité qu’un homme politique d’aujourd’hui —, Antigone surenchérit sur la transgression avant tout parce qu’elle est femme, faisant dire à celui-ci: «Si je la laisse triompher c’est elle l’homme et non plus moi.» ou encore: «Moi vivant, ce n’est pas une femme qui fera la loi.» En bouleversant les conventions de genre, Antigone devient une des premières figures féminines de résistance de l’histoire et trace une ligne éthique de désobéissance contre tout pouvoir inique et arbitraire.

La pièce aborde aussi la question de la relation à la terre et du droit à être enterré sur sa terre. Elle se permet une incise dans la tragédie grecque, par la voix de Mahmoud Darwich qui nous arrive en toute évidence disant le poème Sur cette terre:

Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie :

l’hésitation d’avril, l’odeur du pain à l’aube,

les opinions d’une femme sur les hommes, les écrits d’Eschyle,

le commencement de l’amour, l’herbe sur une pierre,

des mères debout sur un filet de flûte

et la peur qu’inspire le souvenir aux conquérants …/…

Une irruption d’autant plus fondée que le poète n’a pu être inhumé à Jérusalem — tout comme Yasser Arafat —, mais à Ramallah sur injonction du gouvernement israélien.

La scénographie d’Yves Collet est une belle épure. Un plateau dépouillé d’où est érigé un mur avec des dizaines de petites ouvertures, comme des moucharabieh stylisés, et sur lesquels vont être projetés textes et images, deux portes à battants d’où se règlent les entrées et les sorties des comédiens. Les costumes en dominante noir et blanc et dégradés de gris captent et restituent la lumière. Et puis il y a la magie du jeu musical du trio Joubran qui accompagne le texte du début à la fin et en module l’intensité. Les trois frères musiciens, issus d’une famille de luthiers de Nazareth, sont des artistes d’exception et mêlent dans leur répertoire tradition orientale et création contemporaine. Compagnons de route de Mahmoud Darwich dont ils ont merveilleusement interprété la poésie, ils viennent donner un supplément d’âme à ce dispositif à la fois sobre et d’une richesse extrême.

Si Créon et Antigone dirigent le jeu, il faut encore citer les autres comédiens: Alaa Abu Garbieh (Hémon, Chœur), Kamel Al Basha (Messager, Chœur), Mahmoud Awad (Tirésias, Chœur), Yasmin Hamaar (Eurydice, Ismène), Daoud Toutah (Le Garde, Chœur). Tous sont justes et épatants de vérité et viennent souligner la grande qualité de formation du Théâtre National Palestinien.

Fondé en 1984, le Théâtre National Palestinien, ou Théâtre Al Hakawati (le conteur) est le seul théâtre de Jérusalem-Est. L’Autorité palestinienne ne pouvant y subventionner des institutions, il dépend des aides internationales et des partenariats avec l’étranger pour mener à bien ses activités de création et de diffusion. Malgré des conditions de travail et d’existence extrêmement âpres, sa renommée est maintenant reconnue au niveau international. Il s’était notamment produit en France avec Al Jiddariyya (Murale) , de Mahmoud Darwich au théâtre des Bouffes du Nord en 2007 et avec Le collier d’Hélène de Carole Fréchette, dans une mise en scène de Nabil El Azan, accueillie au Théâtre des Quartiers d’Ivry en 2009. Ce fut aussi le point de départ du désir d’Adel Akim de soutenir et travailler avec le Théâtre National Palestinien dont le niveau de jeu remarquable des comédiens ne passa pas inaperçu.

Aujourd’hui, la situation est particulièrement précaire et les activités du Théâtre, qui auparavant se déroulaient aussi en Cisjordanie et à Gaza, ont été considérablement réduites. La présence de ses acteurs en France est pour eux une formidable bouffée d’oxygène, une échappée du quotidien oppressant de la colonisation, et aussi pour le public français une occasion rare de saisir les enjeux de leur résistance et d’en débattre avec eux.

jeudi 8 mars 2012, par Marina Da Silva

De nombreuses rencontres et ponctuations auront lieu durant le séjour à Ivry du Théâtre National Palestinien.

Signalons notamment,

le samedi 10 mars à 16h30 la lecture-mise en espace autour de La Flottille, dans une conception et mise en scène d’Anastassia Politi d’après des extraits du texte La Flottille. Solidarité internationale et piraterie d’état au large de Gaza de Thomas Sommer-Houdeville et du film documentaire Gaza we are coming de Yiannis Karypidis et Yorgos Avgeropoulos.

Le jeudi 15 mars, à l’issue de la représentation, débat avec l’équipe artistique animé par Dominique Vidal, collaborateur du Monde diplomatique et spécialiste du Proche-Orient.

Le samedi 17 mars à 16h30: témoignages et débat sur les conditions de vie et de création artistique en territoires occupés avec Jean-Luc Bertet (journaliste et critique dramatique au Journal du Dimanche), Gilles Costaz (journaliste et critique dramatique à Politis) et Jean-Pierre Han (journaliste et critique dramatique, directeur de Frictions, théâtres-écritures et rédacteur en chef des Lettres Françaises).

Le samedi 24 mars à 16h30, la lecture-mise en espace en arabe et en français de Chroniques de la vie palestinienne. Textes de théâtre, poèmes, scènes courtes de Hussam Abu Eisheh, interprétés par les acteurs du Théâtre National Palestinien.

Et le samedi 31 mars à 16h30, de la poésie palestinienne, en arabe et en français, avec des textes de Mahmoud Darwich, Sonia Khadr et Khaled Jouma dans une mise en espace d’Adel Hakim avec des acteurs français et les acteurs du Théâtre National Palestinien.

Entrée libre sur réservation

Informations détaillées sur : http://www.theatre-quartiers-ivry.c...

Lien : Le lac des signes http://blog.mondediplo.net/

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ANTIGONE

SOPHOCLE | ADEL HAKIM

05 > 31 MAR 2012 / Studio Casanova

Durée du spectacle : 1h50

AVEC LES ACTEURS DU THEATRE NATIONAL PALESTINIEN

spectacle en arabe – surtitré en français

LA TERRE ET LE MUR

Pourquoi une Antigone palestinienne ?

Parce que la pièce parle de la relation entre l’être humain et la terre, de l’amour que tout individu porte à sa terre natale, de l’attachement à la terre.

Parce que Créon, aveuglé par ses peurs et son obstination, interdit qu’un mort soit enterré dans le sol qui l’a vu naître. Et parce qu’il condamne Antigone à être emmurée.

Parce qu’enfin, après les prophéties de Tirésias et la mort de son propre fils, Créon comprend son erreur et se résout à réparer l’injustice commise.

Il y a dans la pièce de Sophocle la mise en place d’un processus inexorable constitutif, dans sa simplicité, du principe même de tragédie. Racine disait que ce n’était qu’avec Bérénice (Bérénice, reine de Palestine) qu’il avait atteint ce niveau d’évidence qui est le propre des grands chefs-d’œuvre de la Tragédie Grecque.

Le cœur de la pièce est l’amour que Hémon, fils de Créon, porte à Antigone. Hémon aime Antigone, mais Antigone aime Polynice son frère, Polynice qui est mort. A partir de là, la machine est lancée, le conflit est déclaré entre morts et vivants.

Le cadavre sans sépulture de Polynice, livré en pâture aux chiens et aux oiseaux de proie, devient à son tour anthropophage. Sous les apparences du rationnel, la dispute politique et religieuse entre Antigone et Créon ouvre inexorablement la porte des Enfers par laquelle vont s’engouffrer les vivants. Et le cauchemar commence. Hadès devient le personnage invisible mais principal avec, à ses côtés, le fantôme d’Œdipe et toute la généalogie des Labdacides. “ Les plus courageux cherchent à s’enfuir quand ils voient Hadès en face “ , dit Créon. Un face à face qu’on redoute – comme Ismène – ou qu’on souhaite – comme Antigone.

Au milieu d’une mer d’une infinie tristesse – celle du néant, du ciel sans limite ou du monde souterrain, chacun mesure l’immensité de sa solitude devant l’Incontournable, et l’intensité de son amour pour la vie et pour les vivants.

Malgré une fuite effrénée des âmes vers la folie et l’anéantissement, la pièce de Sophocle est un chant d’amour et d’espoir, une symphonie des sentiments, un météore précieux et brillant incrusté dans le noir du ciel qui semble vouloir repousser l’ombre même de la mort, en attisant notre goût pour la lutte et pour la vie.

Adel Hakim

Coproduction Théâtre National Palestinien, Théâtre des Quartiers d’Ivry, 
Avec l’aide du Consulat Général de France à Jérusalem, du Centre Culturel Français Chateaubriand, 
du service de coopération italien du Ministère des Affaires Extérieures, du TAM et du Groupe des 20 théâtres en Ile-de-France

Sources : www.theatre-quartiers-ivry.com

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DÉCÈS DE CLAUDE VINCI

Notre ami Claude Vinci

« auteur, chanteur, désérteur » ,

comme il se présentait lui-même,

rappelant ainsi qu’il a désérté l’armée française en Algérie pendant la guerre

pour ne pas avoir à tirer sur des résistants

comme il l’avait été lui-même à l’age de 16 ans,

est décédé hier 7 mars

à l’age de 80 ans cette année.

Une pensée pour lui.

Arezki Metref

L’ « HORREUR CHAVISTE »

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par Jean Ortiz [[JEAN ORTIZ – Universitaire. Président du Festival CulturAmérica. Responsable de la edición de Rouges. Maquis de France et d’Espagne. Les guérilleros , Atlantica, Biarritz, 2006.]]

18 février 2012

Alors qu’en France Total a réalisé 12 milliards d’euros de profits en 2011 pour engraisser actionnaires, spéculateurs et nantis, le « dictateur » vénézuélien Hugo Chavez utilise la rente pétrolière au service du progrès social, de l’inclusion sociale et d’une redistribution plus équitable des richesses [[Lire «Au Venezuela, Hugo Chavez multiplie les programmes sociaux pour les pauvres», Le Monde, 14 février 2012.]].

Je me souviens de ces banderoles, dans les quartiers pauvres de Caracas (les barrios), qui proclamaient : « Maintenant le pétrole arrive dans les écoles, les dispensaires, les centres sociaux… ». Quelle horreur : sortir les gueux de leur condition de parias ! Chacun à sa place Comandante!

Pour contourner un Etat encore « bourgeois » et corrompu, et qui résiste aux changements, le « dictateur populiste » a mis en place des « missions sociales » d’urgence afin de combattre la pauvreté ; assurer un statut aux milliers de petits vendeurs ambulants et leur permettre l’accès à la Sécurité sociale ; aider les jeunes mères célibataires ; garantir un minimum vieillesse aux damnés de la terre. Egalement promouvoir la médecine gratuite, des programmes éducatifs en direction de toutes les couches de la population, aider les enfants des rues et les handicapés, ouvrir des supermarchés populaires à prix cassés. Sans parler de la mise en place de conseils communaux élus (structures d’autogestion) qui font régner la terreur du « pouvoir populaire » et de la « démocratie participative » dans les quartiers, les villages…

De source ONU (CEPAL), on apprend que la pauvreté au Venezuela a chuté de 49,4% de la population en 1998 à 27,8% aujourd’hui. Le pays est devenu le moins inégalitaire d’Amérique latine. Pure propagande totalitaire! Chavez arrose les pauvres à des fins électorales et les rend « visibles » pour les touristes. Quel gaspillage d’argent public ! Rien pour les riches, non de Dieu, qui sont pourtant des citoyens à part entière et de « civilisation supérieure »! Que chacun reste à sa place et la rente pétrolière sera bien gardée. Pourquoi la dilapider ?

Les prisons sont pleines d’opposants et d’amis de BHL ; le sang coule dans les rues de Caracas. Les petits marchands en font du boudin caraqueño qu’ils vendent dix bolivars. La droite française et ses scribouillards paillettes-serviles s’insurgent. La gauche hollandaise et nombre d’intellos ont peur de la contagion « populiste » ; il veillent sur le respect des libertés et des droits de l’homme à Caracas.

La gauche-gauche, elle, est partagée. Une partie s’engage (nous en sommes); l’autre hésite. Et si c’était une resucée de soviétisme? Elle observe cet objet politique non identifié, non breveté « Made in Occident », ce putain de « socialisme du 21ème siècle », ce curieux mélange… Attention aux mots! Ne le nommons pas encore. Il ne correspond pas à nos grilles de lecture, à nos schémas. Ce n’est pas « la révolution » ajoutent les puristes. Et puis Chavez est impulsif, militaire, zambo (métis). Il se trompe parfois en matière de politique internationale, j’en conviens.

Observons l’élection présidentielle d’octobre 2012 pour voir s’il la gagne démocratiquement. Et puis nous aviserons. L’internationalisme de jadis, la solidarité – sans aveuglement ni inconditionnalité – attendront jusqu’en novembre. Une fois de plus, malheureusement, notre euro-centrisme, notre frilosité, peuvent nous conduire à regarder les trains passer. NON, NON et NON!

Les barricades, comme disait Elsa Triolet, n’ont que deux côtés. Washington a déjà choisi le sien, et il arrose, il arrose… les siens, les siens de garde du néolibéralisme en péril.

POUR LA DÉFENSE DE LA SOCIÉTÉ ET DE LA DÉMOCRATIE

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APPEL GREC et EUROPÉEN

POUR LA DÉFENSE DE LA SOCIÉTÉ

ET DE LA DÉMOCRATIE EN GRÉCE

Ce document est né suite à l’initiative d’un groupe de citoyens d’horizons différents décidés de lever, de façon structurée et collective, une voix critique et documentée, à l’intérieur et à l’extérieur de la Grèce.

Ils se sont également mis d’accord quant à la nécessité d’une intervention qui attirera l’attention de l’opinion publique grecque et européenne sur trois sujets d’importance majeure, dans un contexte où le dilemme capital « austérité ou faillite » a été remplacé par l’addition négative « austérité et faillite », à savoir:

  • le démantèlement de l’état social et l’aggravation des inégalités sociales
  • l’affaiblissement des institutions démocratiques et des droits du citoyen
  • la crise de sens de la construction européenne et la désintégration de l’unité européenne

L’objectif de cette initiative n’est pas la préparation, pour l’énième fois, d’un document qui recueillera des signatures, même si elle a commencé comme ça.

Cette initiative veut devenir un point de convergence de dynamiques multiples et faire passer le message que le « problème grec » ne fait qu’avertir du danger que courent plusieurs valeurs européennes fondamentales au niveau social et politique.

Par conséquent, cette initiative nous concerne toutes et tous.

Son objectif consiste à faire participer ses signataires, dans la mesure où ils/elles le souhaitent, à des actions sociales, en collaboration étroite avec des acteurs et des milieux, qui connaissent directement et mieux que quiconque ce qui se passe réellement en Grèce aujourd’hui, et qui veulent travailler pour une Europe sociale et démocratique.

Pendant la crise, personne n’est seul.

La participation est la réponse aux exclusions.

L’action est la réponse au défaitisme et au pessimisme.

UN MOMENT DÉSASTREUX POUR L’HISTOIRE DE L’EUROPE

La société grecque est éprouvée aussi bien par la crise que par les solutions pour en sortir, vouées à l’échec. Des institutions créées à grand-peine et avec d’énormes sacrifices dans la Grèce d’après guerre sont en nette régression: parmi elles, les conventions collectives du travail, la sécurité sociale, la santé publique, l’éducation, les transports, l’environnement naturel et urbain, le droit de vivre en sécurité.

Suite au manque de financement et à la réduction du nombre de fonctionnaires, l’Etat social s’effondre et les services publics se désintègrent.

Selon les sources officielles d’Eurostat, en 2010 le risque de pauvreté a atteint 27,7% de la population. Un après l’autre, les ménages se déclarent en faillite. La société entière est vouée à l’asphyxie.

Un dilemme se profile, tel un chantage: austérité ou faillite? En fait, il ne s’agit pas d’un dilemme, mais d’une addition négative: austérité et faillite.

Les politiques adoptées, au lieu de sauver le pays et de corriger les pathologies chroniques du système politico-économique grec, le plongent dans la récession et dans l’augmentation de la dette.

Toutes les prévisions de l’U.E, du FMI et des gouvernements grecs ont été démenties avec fracas. Contrairement à la prévision initiale de -2,6%, le PIB a chuté de 6,8% en 2011!

La menace, tous les trois mois, de l’exclusion de la Grèce de la zone euro a des répercussions économiques désastreuses, car elle renforce la dynamique de la récession et transforme ainsi l’Europe en facteur central d’instabilité économique et d’approfondissement de la crise.

L’Europe crée elle même les conditions afin que la Grèce ne puisse pas respecter ses obligations concernant ses dettes.

Tous ceux qui espéraient que la crise serait une occasion d’assainissement et de renouvellement institutionnel se rendent compte aujourd’hui que les «réformes» démantèlent un état déjà inefficace tout en détruisant, dans le même temps, la société.

Ceux qui subissent la crise ne sont pas ceux qui ont exploité, pendant des décennies entières, l’état et l’intérêt public, mais les salariés (qui ont toujours payé leurs impôts) et les couches sociales les plus vulnérables.

Nous nous trouvons face à une tentative – sans précédent – de redistribution des richesses et du pouvoir, qui mine le modèle de la société européenne, en créant des inégalités économiques et sociales extrêmes.

Le discours qui prévaut – aussi bien en Grèce qu’en Europe – est moraliste, punitif et culpabilisant.

Ceci renforce le nationalisme, le racisme et la xénophobie.

La Grèce et l’Europe plongent dans une crise inter-dépendante, qui souligne non seulement les lacunes institutionnelles de l’Union, mais aussi l’impasse des recettes néolibérales. Poursuivre une politique d’échec ne profite ni à la société grecque, ni à l’UE, ni aux contribuables européens.

Elle profite uniquement au capitalisme financier et aux spéculateurs grecs et étrangers.

Il est impossible de rembourser la dette (ou du moins sa plus grande partie) sans croissance. Combiner un nouvel endettement à une austérité rigoureuse équivaut à essayer de remplir un seau troué avec des pièces de monnaie.

Cela mène en effet à un arrêt désordonné des paiements au détriment des classes populaire et moyenne grecques (n’oublions que les classes aisées ont déjà exporté leurs euros à l’étranger), ainsi que des contribuables européens (qui seront appelés à payer les frais de la déstabilisation du système bancaire européen).

L’opération de sauvetage a tourné au fiasco et elle est en train de se transformer en crime.

Aujourd’hui la Grèce et l’Europe participent à un cycle économique vicieux.

Pour en sortir il faut envisager un changement de politique. Même si cela paraît difficile, nous devons travailler en faveur d’une Europe sociale et démocratique, qui ravivera ses meilleurs valeurs historiques et politiques et donnera une nouvelle orientation à la globalisation.

La solution ne peut pas être nationale. Aujourd’hui, les Grecs sont humiliés, demain d’autres peuples le seront également.

La méfiance et la haine sont en train de détruire le chemin vers la formation d’une identité européenne commune. Il s’agit d’un moment désastreux pour l’histoire de l’Europe.

La crise grecque a des causes grecques importantes. Néanmoins elle fait partie d’une crise plus générale, qui est en train de transformer fondamentalement le moment historique que nous vivons. Moment limite pendant lequel il est important de se rendre compte que ce sont le sens de la justice sociale, la démocratie et les droits du citoyen qui sont en jeu.

Nous, citoyens grecs, vous appelons à joindre votre voix à la nôtre, en contribuant ainsi à la formation d’un puissant front de soutien de la société civile et de la démocratie en Grèce.

Parce que la solidarité envers la Grèce est aujourd’hui un engagement de tous ceux qui croient que les valeurs qui sont en jeu en Grèce les concernent également.


L’’Appel est disponible en grec, français, allemand, anglais, espagnol, italien, portugais et turc.

Si vous êtes d’’accord

veuillez signer à

http://www.koindim.eu/.

9 MARS 2012 – PARIS – ACB REÇOIT PINAR SELEK

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INVITATION

Vendredi 9 mars 2012 à 19h

à l’ACB

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L’Association de Culture Berbère,

en partenariat avec

l’Initiative Féministe Européenne France

et Femmes Solidaires

reçoit à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme:

PINAR SELEK

Ecrivaine, sociologue, militante et féministe

antimilitariste turque

vivant en exil

«HISTORIQUE DU MOUVEMENT FÉMINISTE EN TURQUIE:

QUELS ENJEUX? »

Rencontre et débat animés

par Soad Baba Aïssa et Salma Boukir

Clôture de la soirée par du CHANT LYRIQUE BERBÈRE

avec Azal Belkadi

Exposition photo

«FEMMES DE KABYLIE»

d’Ahmed Kahil

Entrée libre mais réservation conseillée

auprès du secrétariat de l’ACB

01 43 58 23 25

ou

contact@acbparis.org


Association de Culture Berbère (ACB)

37bis rue des Maronites – 75020 – Paris

Tel : 01 43 58 23 25 / Fax : 01 43 58 49 75

Mail : contact@acbparis.org

Site : http://www.acbparis.org


FEMMES EN ISLAM

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DEUX VIDEOS

Signalées par des lecteurs de socialgerie


ISLAM, TEL QUE PROMU PAR UN IRANIEN

LES PENSEURS IRANIENS (extraits)

Un court extrait de la deuxième partie de l’émission « les chemins de la foi » consacrée aux penseurs iraniens, diffusée sur France 2 le 27 mars 2011 avec la spécialiste de littérature et mystique persane Leili Anvar, enseignante à l’école des hautes études en sciences sociales et Maitre de conférences à l’INALCO (Institut National des Langues et des Civilisations Orientales), et l’orientaliste islamologue Christian Jambet, Professeur agrégé de philosophie.

http://www.inalco.fr/

http://programmes.france2.fr/les-chemins-de-la-foi

[

pour accéder à la vidéo, cliquer sur le lien
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->http://www.youtube.com/watch?v=2eopN-yLXN0&feature=email]


REPRÉSENTATIONS DES FEMMES IRANIENNES

INTERVIEW DE LEÏLI ANVAR CHENDEROFF

Ajoutée par “7jours” le 20 mars 2009

Leïli Anvar Chenderoff, maître de conférence en littérature persanne, chroniqueuse au Monde des religions, nous parle de la révolution iranienne et de la place des femmes en Iran dans l’émission 7 jours sur la planète.

http://tv5monde.com/7jours

[pour accéder à la vidéo, cliquer sur l’image

iran_femmes.jpg->http://www.youtube.com/watch?v=piTmMRgM-Xs&feature=related]

Lien: http://www.youtube.com/watch?v=piTmMRgM-Xs&feature=related


[

Dans l’émission de France 2

LES CHEMINS DE LA FOI

->http://programmes.france2.fr/les-chemins-de-la-foi/index.php?page=article&numsite=42&id_rubrique=44&id_article=31577]

ISLAM

Émission du 4 mars 2012

[Cliquer ici pour accéder au site

islam_femmes_3.jpg->http://programmes.france2.fr/les-chemins-de-la-foi/index.php?page=article&numsite=42&id_rubrique=44&id_article=31577]

Puis cliquer sur l’image pour accéder à la vidéo

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Lien: http://programmes.france2.fr/les-chemins-de-la-foi/index.php?page=article&numsite=42&id_rubrique=44&id_article=31577


8 MARS – IREMMO – FEMMES ET RÉVOLTES ARABES

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Controverse spéciale

Journée internationale des Femmes

Jeudi 8 Mars 2012

18h-20h


FEMMES ET RÉVOLTES ARABES


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À l’occasion de la journée internationale des femmes, quatre personnalités aux parcours artistiques et intellectuels reviendront sur le rôle des femmes dans les révoltes arabes.

Visibles pendant les évènements, les femmes semblent aujourd’hui souffrir d’une exclusion de l’espace public et politique.

Sophie Bessis, directrice de recherches à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) de Paris et secrétaire générale adjointe de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH),

Habiba Hassan-Wassef, membre de la coalition des femmes de la révolution égyptienne,

Lamia Safizeddine, chorégraphe libanaise,

Faouzia Zouari, écrivaine d’origine tunisienne.

Agnès Levallois, journaliste indépendante, animera le débat.


Inscription: infos@iremmo.org

Participation: 8€ et 5€ (étudiants et demandeurs d’emploi)


iReMMO – 5, rue Basse des Carmes 75005 Paris

Maubert Mutualité

01 43 29 05 65

www.iremmo.org


TUNISIE: LA REVOLUTION SEXUELLE DES SALAFISTES

Les mariages « orfi », ou coutumiers, offriraient sous le voile une version « halal » de la liberté sexuelle.

L’islamisation de la société tunisienne est-elle en marche ? Élu sur des slogans économiques et démocratiques, le parti islamiste au pouvoir, Ennahda, fait en tout cas preuve d’une certaine mansuétude à l’égard des salafistes, à l’origine d’une série d’incidents à caractère intégriste depuis octobre. Dernier en date, la montée dans les universités tunisiennes du mariage « orfi », autrement dit « coutumier », comme le révèle France 24. Ces dernières semaines, de plus en plus d’étudiantes tunisiennes portant le niqab sont approchées par de jeunes salafistes, tenants d’un islam rigoriste. Ces derniers leur proposent de passer un pseudo-contrat de mariage, écrit sur un bout de papier, devant deux témoins, généralement des « frères salafistes », afin de légitimer leur union devant Dieu et « consommer » sans pécher.

« Cette pratique est illégale, aussi bien au niveau du droit tunisien que de la charia », s’insurge Dalenda Larguèche, directrice du Centre de recherche, d’études, de documentation et d’information sur la femme (Credif) à Tunis. D’après l’historienne, interrogée par Le Point.fr, ces jeunes hommes profitent de l’ignorance de femmes qui ne connaissent pas bien la charia et les croient ainsi sur parole lorsqu’ils leur promettent un véritable mariage régulier dans le futur. Le « mariage orfi » n’est pourtant pas nouveau en Tunisie. Dès le XIXe siècle, cette union était pratiquée dans les campagnes et les milieux tribaux illettrés, mais en réunissant les conditions requises par le mariage charaïque, à savoir la présente du tuteur et la publicité de l’événement. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, où le mariage illicite se réalise dans la plus grande clandestinité.

« Liberté sexuelle halal »

« Il s’agit, dans la tête de ces garçons, d’un mariage temporaire », relève Dalenda Larguèche. « Sous le voile religieux, les salafistes pensent qu’ils pourront appliquer en toute liberté cette version halal de la liberté sexuelle. » Officiellement rejeté par les sunnites, le mariage temporaire est déjà pratiqué dans l’islam chiite, notamment en Iran. Si elle interdit les relations sexuelles avant le mariage, la République islamique autorise le « sigheh » : l’aval d’un religieux suffit au couple pour qu’il s’unisse en toute légalité, pour une durée allant d’une heure à 99 ans. Pourtant, nombre de détracteurs du « sigheh » dénoncent une forme de prostitution légalisée au pays des mollahs.

Si la Tunisie d’Ennahda se défend de toute dérive à l’iranienne, elle inquiète par sa position pour le moins ambiguë sur le sujet. Nouvelle ministre tunisienne de la Femme, Sihem Badi a provoqué un tollé le 1er février dernier en affirmant au journal Echourouk que le mariage coutumier s’inscrivait dans le cadre des libertés personnelles », avant d’ajouter : « La femme est libre de choisir la forme d’engagement qui lui convient. » La ministre, pourtant membre du parti laïque du Congrès pour la République (CPR), semble omettre que le mariage coutumier est passible en Tunisie de trois mois d’emprisonnement, selon les dispositions des articles 31 et 36 du code civil et de l’article 18 du code du statut personnel.

Or une semaine plus tard, Sihem Badi se rétracte. Dans une interview à Shems FM, la ministre tunisienne de la Femme s’oppose catégoriquement aux mariages orfi. « Ce phénomène, qui est en train de se propager dans les universités et parmi certaines couches sociales, n’a pas de fondement, ni sur le plan religieux ni sur le plan juridique », explique-t-elle. La ministre n’omet pas de préciser que ses premières déclarations ont été mal interprétées par la journaliste d’Echourouk, qui l’a contactée à l’improviste par téléphone, peu de temps avant son voyage. Le mal est pourtant fait. Et les incidents se multiplient.

Impunité

Outre la question du mariage coutumier, le pays a connu l’attaque en octobre de la chaîne tunisienne privée Nessma TV après la diffusion du film iranien Persepolis, le sit-in de salafistes organisé en janvier dans l’université de la Manouba parce que le conseil scientifique a interdit l’accès aux étudiantes en niqab, ou encore l’arrestation mercredi de trois journalistes du quotidien Attounissia pour avoir publié une photo de nu. Des accrochages encore impensables il y a à peine six mois, dans une Tunisie décrite comme la locomotive du monde arabe en matière de droit des femmes. Et pour cause, le code personnel garantit l’égalité homme-femme depuis 1956.

« Il existe chez les salafistes un sentiment certain d’impunité », indique Dalenda Larguèche. « Il s’explique par le fait qu’un parti islamiste est aujourd’hui au pouvoir en Tunisie. » S’il n’est en rien impliqué dans les derniers événements, le gouvernement dirigé par Ennahda ne les a jamais fermement condamnés. « Cela encourage les salafistes à gagner du terrain avec leurs idées régressives, note l’historienne, notamment dans les milieux modestes, appauvris économiquement et intellectuellement par le régime de Ben Ali. »

Double discours

Aujourd’hui, les enseignants se retrouveraient désespérément seuls face à la montée de l’extrémisme. « Notre demande au ministre de l’Enseignement supérieur d’adopter une circulaire demandant aux étudiantes en niqab de laisser leur visage découvert en salle de classe est restée lettre morte », déplore Dalenda Larguèche. « Pourtant, insiste-t-elle, d’autres ministres membres d’Ennahda ont bien conclu au refus du niqab en cours. » Une contradiction qui illustrerait une nouvelle fois le double discours dont est accusé le parti islamiste.

« Nous essayons de traiter la question doucement. D’être raisonnable afin de ne pas en faire un gros problème de société », répond au Point.fr une source diplomatique tunisienne. « Il existe un danger réel d’une dérive religieuse, ajoute-t-elle, mais l’appareil d’État et la société civile sont là pour faire respecter la loi. » Les craintes d’une islamisation en douceur de la société tunisienne sont bien réelles. Actuellement attelé à l’écriture de la nouvelle Constitution du pays en compagnie des partis de gauche laïque, le CPR et Ettakatol, Ennahda aurait dernièrement proposé de faire de la charia la source principale de législation en Tunisie.

Pragmatique, le diplomate tunisien se veut pourtant rassurant : « Ennahda sait qu’il ne réussira pas en Tunisie s’il ne garantit pas un État civil. »