FÉVRIER 2013: LECTURES


LIVRES par Belkacem AHCENE-DJABALLAH – Le Quotidien d’Oran – L’actualité Autrement Vue – le 25 février 2013;

« MOHIA, LE PLUS CÉLÈBRE DES INCONNUS » raconté par Abderrahmane Lounès;


“UN HOMME DU PEUPLE” de Youcef Khider Louelh – El Dar El Othmania Éditions – Alger – 2012 – article de Kaddour M’HAMSADJI – le 20 Février 2013 – L’Expression;


L’ERMITE DU DJURDJURARoman d’une vie et d’une époque – Un porte-voix des humbles – de AMAR METREF;


Revue NAQD n°30automne hiver 2012 – LES IN DÉPENDANCES;


LA LETTRE DE LA FONDATION GABRIEL PÉRI – Février 2013


LE CAPITALISME DE RENTE. DE LA SOCIÉTÉ DU TRAVAIL INDUSTRIEL À LA SOCIÉTÉ DES RENTIERS”” – Ahmed Henni – printemps 2012 – “un livre neuf” – signalé par Gilbert Meynier


REPENSER L’ALGÉRIE DANS L’HISTOIRE par T. Khalfoune et G. Meynier – essai;


LIVRES : CLAUDINE, «LA DAME DE LA MITIDJA»

par Belkacem AHCENE-DJABALLAH

Le Quotidien d’Oran

L’actualité Autrement Vue

le 25 février 2013;

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5179508

À première vue, pour les grands lecteurs et les lecteurs difficiles, l’édition algérienne est en retard. Beaucoup de retard. Mais, en fait, même si nous ne trouvons que difficilement «chaussure à notre pied», la production nationale est assez suffisante pour nous occuper durant les longues soirées d’hiver. Il s’agit seulement de fréquenter régulièrement les (rares mais bonnes) librairies (celles de l’Opu, de l’Enag et de l’Anep y compris malgré cet «air de tristesse» que l’on rencontre souvent dans les bureaux des entreprises publiques).

Le grand problème réside, à mon sens, dans l’absence d’œuvres traduites de l’arabe vers le français et du français à l’arabe (et, aussi, vers le tamazigh). Il faut rapidement résoudre ce problème…peut-être par une aide de l’Etat (à inscrire dans la prochaine loi sur le livre) qui n’irait qu’à ceux qui feraient œuvre de traduction… des ouvrages nationaux (essais, mémoires, histoire, études et travaux universitaires, ainsi que les romans et la poésie, pourquoi pas). Une exception culturelle bienvenue!

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LA CONQUÊTE DE LA CITOYENNETÉ

Hommage à Claudine Chaulet.

Actes du Colloque organisé par l’AADRESS le 19 mai 2011.

Editions Barzakh/Naqd

Alger 2012

280 pages (+ un Cd)

500 dinars

Les journées commémoratives sont toujours émouvantes et, en général, elles sont toujours consacrées à un être cher… au pays… au peuple… à un groupe de gens… à une famille… mais, la plupart du temps, c’est un être décédé qui nous manque ou, alors, qu’on aurait voulu voir encore vivant afin, on l’espère, on le croit, qu’il change le cours des choses qui ont pris – on le croit… et on le démontre, s’il le faut – un mauvais tournant depuis son départ.

Mais, les journées les plus super-émouvantes sont bien celles consacrées à un être cher qui, encore vivant, ce qui accroît l’émotion, par ses idées, par son comportement, par son intelligence, a apporté et essaye d’apporter encore et encore, malgré le poids des ans et les douleurs de la vie, du sens et du changement autour de lui.

C’est le cas, le 19 mai 2011 (Journée de l’étudiant), pour Madame Claudine Chaulet (épouse de feu Monsieur Pierre Chaulet); l’hommage par le biais d’interventions et de témoignages d’une foultitude d’amis, d’anciens étudiants, d’anciens jeunes collaborateurs devenus des «grands»; des «grands» qui acceptent d’être, sans complexe, «petits»… Abdelhamid Bencharif, Cherifa Hadjidj, Fatima Oussedik, Tayeb Kennouche, Chérif Benguergoura, M. Harbi, Daho Djerbal, Malika Ladjali, Madjid Merdaci, Djamila Musette, Nadji Safir, Hamid Grine, Naceur Bourenane, Gauthier de Villiers, Rabah Zerari dit «Commandant Azzedine»… Claudine Chaulet, la sociologue qui, après un rôle historique durant la guerre de libération nationale a, juste après l’indépendance, préféré le travail sur le terrain de la connaissance et la formation des générations futures. Elle a fait le choix de travailler avec ceux qu’elle a trouvé «en bas» et «dont on a escamoté l’existence à coups de raccourcis historiques et d’analyses sociologiques à connotation structuralistes» (extrait de l’introduction).

Avis: Certes un hommage à la «dame de la Mitidja» mais aussi, une occasion pour poser une problématique essentielle et d’actualité, celle de la citoyenneté… avec des questionnements: résultat d’une lutte et d’une conquête ou don octroyé par une autorité supérieure, le pouvoir d’Etat? Claudine Chaulet s’y est, bien sûr, mêlée… avec de superbes textes… et, on dégustera avec délectation son texte sur «L’éloge du couscous». Bravo à Naqd, bravo à l’Aadress et merci aux «sponsors».

Phrase à méditer : «Claudine Chaulet a toujours mis au service des autres son temps, son énergie et ses compétences sans vouloir en retirer quelque avantage personnel. Cette humilité, cet engagement désintéressé sont la plus belle définition d’une citoyenneté authentique» (p. 22)

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LE POUVOIR, LA PRESSE ET LES DROITS DE L’HOMME EN ALGÉRIE

Recueil d’études

de Brahim Brahimi

Enag Editions

Alger 2012

192 pages

600 dinars

Le Pr Brahim Brahimi est un homme connu pour son franc-parler, en matière de politique, et en matière de communication. C’est, pour cela, certainement, qu’il est et reste un acteur apprécié du paysage médiatique national et un défenseur impénitent des droits de l’homme. Enseignant universitaire, chercheur, il cumule, à son actif, une expérience de plus de quarante années… ainsi que plusieurs ouvrages (et études). Il est, actuellement, directeur de la nouvelle “Ecole nationale supérieure de journalisme” (Ensjsi) de Ben Aknoun/Alger.

Son dernier-–né (l’ouvrage), après «le pouvoir, la presse et les intellectuels» (1989), s’intéresse de très près aux relations (toujours mouvementés) du Pouvoir (au sens large du terme d’autant que ce dernier a «glissé» – réalité ou illusion?- ces dernières décennies, du militaire au politique… avec des incursions et des invasions dans l’économique et le commercial), avec la presse et des relations de ceux-ci avec la défense (ou l’étouffement) des droits de l’homme.

Une première partie (65-88) rappelle les blocages du parti unique, les pratiques autoritaires et bureaucratiques.

La seconde (88-91), «assez exceptionnelle», revient sur l’émergence de la société civile et l’apprentissage difficile de la démocratie après les évènements d’Octobre 88.

Enfin, la troisième partie (92-95), «également exceptionnelle», est consacrée à l’analyse des rapports entre le pouvoir, la presse et les droits de l’homme, marqués par la violence et le terrorisme.

L’ouvrage est consacré surtout à la période 1989-1995… Donc, ne pas (trop et vite) tirer des conclusions pour le présent.

Avis : Absolument nécessaire aux étudiants et aux jeunes défenseurs et autres illustrateurs des droits de l’homme et de la justice

Phrase à méditer : «Peut-on espérer, après toutes ces souffrances, que le «printemps ne sera que plus beau?» (p.185)

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ENTREPRENEURS, POUVOIR ET SOCIÉTÉ EN ALGÉRIE

Essai de Nordine Grim

Présentation de Arezki Idjerouidène

Péface de Boualem Aliouat

Casbah Editions

Alger 2012.

187 pages

850 dinars

Depuis l’Indépendance du pays, un (01) seul patron (privé) a fait partie d’un gouvernement, au début des années 1990 (Reda Hamiani, au département des Pme, et actuel Président du Fce)… Depuis, plus rien? Avant, impensable!

Depuis la création de la Bourse d’Alger, c’est seulement début février 2013 qu’il est annoncé la prochaine entrée (avec 25% du capital social) d’une entreprise industrielle (Nca Rouiba) à composante familiale. Jusqu’ici, même si de puissantes Sarl (d’essence familiale) étaient transformées en Spa, comme actionnaires, il n’y a que «les, parents et alliés».

C’est dire le fossé qui sépare encore le comportement «étatiste» des pouvoirs publics du pays… et le comportement «familialiste» des entrepreneurs algériens du secteur privé. C’est dire la mentalité des uns, une mentalité hégémonique qui perdure contre vents et marées, et les craintes d’un secteur privé qui, souvent malmené, menacé… utilisé, séduit puis abandonné, est devenu plus que méfiant… tout cela laissant la place à un «informel» – surtout depuis 1990, avec la démonopolisation du commerce extérieur – dévastateur de l’économie nationale… et la place à un secteur économique public d’abord abandonné, puis «repris», enfin méprisé, mais sous perfusion permanente (une sorte de «pension alimentaire» versée surtout quand on veut).

Heureusement que le Fmi et le Socialisme algérien ont existé… Les boucs émissaires de tous les échecs !

Avis : Les textes du Pdg d’entreprise qui présente l’ouvrage et du professeur d’Université qui fait la préface sont, bien sûr, à «parcourir» par les spécialistes.

Mais le reste, les textes de Nordine Grim, homme de terrain, ancien haut fonctionnaire et cadre fin connaisseur des rouages sont à lire, car leur écriture est précise, directe, concise. C’est celle du journaliste spécialisé qui s’est frotté au(x) terrain(s). Donc à lire, non par les entrepreneurs, non par les chercheurs et universitaires… tous déjà, au fait des situations, mais surtout par les gouvernants, les politiques, les députés, les sénateurs, les «décideurs» réels… Pour une prise de conscience urgente des problèmes vécus et à venir, et de la problématique.

Phrase à méditer : C’est tout l’ouvrage qui est à méditer, la présentation, la préface, le texte …et la caricature de la dernière page de couverture.

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Un Homme du peuple

de Youcef Khider Louelh

El Dar El Othmania Éditions

Alger – 2012

312 pages


UN HOMME DU PEUPLE de YOUCEF KHIDER LOUELH – Revivre les épisodes du passé par Kaddour M’HAMSADJI – le 20 Février 2013- L’Expression;


« mémoires en minuscules » [« mémoires en minuscules » titre donné au moment de la pubication du livre de Youcef Khider LOUELH en France]] – [Livre de Nassim – préface de Sadek HadjerèsSadek Hadjerès, le 29 avril 2011;


[ENTRETIEN AVEC LAOUELH KHIDER – BRTV reçoit Khider LOUELH
pour la réédition algérienne de son livre – mise en ligne le 4 février 2013;
->1102#3]


par Kaddour M’HAMSADJI

Mercredi 20 Février 2013

L’Expression

Faire renaître le passé, c’est la meilleure thérapie pour l’homme d’honneur souffrant sans remède pour son propre avenir.

Ce n’est pas une philosophie: c’est une expérience de vie que nous propose Youcef Khider Louelh dans son ouvrage au titre largement explicatif “Un Homme du peuple”.
(…) pour lire la suite cliquer sur le lien …

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VIENT DE PARAÎTRE

« MOHIA, LE PLUS CÉLÈBRE DES INCONNUS »

[

Hamida Mechaï

El-Watan

le 12 février 2013

->http://www.elwatan.com/culture/parution-mohia-le-plus-celebre-des-inconnus-12-02-2013-203057_113.php]

Mohia…le plus célèbre des inconnus est raconté par Abderrahmane Lounès dans un livre paru il y a quelques mois. Un bref voyage saisissant nous fait re-découvrir un homme au destin «tragique», à l’œuvre majeure…

Il a su comment traduire des œuvres théâtrales universelles en kabyle et les rendre ainsi accessibles à tous les locuteurs kabyles sans distinction. Pas seulement…

Des œuvres universelles qui peut être «sont élitaires dans leur langue d’origine» et que Mohia a «kabylisé». La langue kabyle s’est donc réappropriée grâce à Mohia des œuvres-clés de l’histoire de la littérature universelle. À propos de l’usage du kabyle, Mohia répondait : «la langue que j’utilise, c’est tout simplement la langue des gens auxquels je suis sensé m’adresser» .

Se référer aux œuvres universelles représentait pour lui une sorte de «raccourci» pour avancer plus rapidement. « Surtout qu’on venait tout juste de sortir du Moyen age ».

Son souci était aussi de critiquer la société de plus en plus pervertie et en déphasage avec ses valeurs, de la critiquer avec une touche d’humour qui lui était propre. Il confiait ceci dans un entretien accordé à la revue clandestine Tafsut en 1985: «se moquer de nos faiblesses, de nos illusions, prendre à contre-pied les idées reçues, pousser certains raisonnements jusqu’à l’absurde, démystifier ce qui nous entoure, c’est finalement ce à quoi je m’amuse le plus souvent».

Sur la question linguistique Mohia tranche: «c’est que si l’on veut être compris de la majorité, on ne peut que s’exprimer dans nos langues vernaculaires, c’est-à-dire le berbère ou l’arabe populaire».
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Première de couverture du livre « Mohia, le plus célèbre des inconnus »

Essai bibliographique

Mohia, le plus célèbres des inconnus

de Abderrahmane Lounès

Editions El Dar El Othmania

149 pages

Alger – Année 2012

L’auteur du livre nous apprend que Mohia « a traduit ou adapté en kabyle des textes (poèmes, chansons, contes, nouvelles, extraits philosophiques) de Platon, Racine,Tristan Corbière,Voltaire… ».

Immense talent! «Le plus célèbre des inconnus n’a jamais eu la carrière escomptée malgré un talent fou», regrette l’auteur du livre. Peut-être bien que le destin de Mohia a été tracé au rythme d’une Algérie qui était répulsive à sa réalité identitaire et linguistique et donc aux hommes que cette réalité accouchait. Car comme le dit si bien Abderrahmane Lounès dans le présent livre «interdites en Algérie, ses œuvres s’écoulent sous le manteau en Kabylie grâce à un «réseau de distribution» underground bien rôdé».

«Le plus célèbre des inconnus» est un livre qui nous permet de faire connaissance avec Mohia et son œuvre. On y découvre l’essentiel sur Mohia et sur son œuvre. C’est en cela qu’il est intéressant.
«Mohia est déprimé de (sur) vivre en exil, mais en même temps, pour moult raisons trop compliquées…Il ne peut plus revenir. Il revoit l’Algérie pour la dernière fois en 1993, en pleine décennie rouge sang », relate A.Lounès. « Son exil était incountournable,en vérité, c’était une question de survie (artistique) », note l’auteur.

Pour revenir à la langue vernaculaire et à propos des emprunts opérés par la langue kabyle, Mohia analysait dans l’entretien accordé à la revue Tafsut publié dans le présent ouvrage: «tout se passe dans ces cas-là comme si le recours aux emprunts devenait un palliatif, non par manque de ressources dont souffrirait la langue maternelle mais à la méconnaissance de ces ressources(…). Nous avons dès lors le sentiment que les emprunts concurrencent et finalement court-circuitent les ressources propres à la langue vernaculaire ».

Des court-circuit qui nous atteignent sans doute culturellement, politiquement, socialement…Et on se recherche, on se recherche…Pourtant nous avons tout pour nous en débarrasser. Nous avons l’œuvre de Mohia …et de bien d’autres encore. Chacun avec sa particularité. Celle de Mohia réside dans le désir de son auteur de diagnostiquer toutes les faiblesses, nos faiblesses avant de considérer celles des autres…

Hamida Mechaï

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sur socialgerie voir aussi l’article 310, mis en ligne le 8 décembre 2010:

“MOHIA : L’HONNEUR DE LA CRÉATION CULTURELLE AMAZIGH”SIX ANS APRES SA DISPARITION – UN EXEMPLE STIMULANT, À LA JONCTION DU TERREAU NATIONAL ET DE L’UNIVERSEL

témoignages souvenirs de Sadek Hadjerès et de Khelifa Hareb.

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L’ERMITE DU DJURDJURA

Roman d’une vie et d’une époque

Un porte-voix des humbles

de AMAR METREF

édition El-Amel, 2011

L’Ermite du Djurdjura d’Amar Metref, sous-titré Roman d’une vie et d’une époque, possède tout à la fois les qualités dramatiques propres à la forme romanesque et celles de l’authenticité du témoignage. Ménageant une large place aux notations historiques et ethnologiques, il donne une mine d’informations sur le vécu d’une région, de ses habitants, et à travers elle, de toute l’Algérie.

Roman d’une vie, celle de Ramdane né à la fin du XIXe siècle à Agouni-Ahmed, village des Aït Yenni, qui deviendra l’un des principaux rédacteurs de “La Voix des humbles”, tribune des instituteurs dits indigènes, sous le pseudonyme de l’Ermite du Djurdjura.

Roman d’une époque, celle de l’Algérie coloniale de la fin du XIXe siècle jusqu’à l’indépendance, soumise à l’asservissement et au mépris du colonat.

Comme beaucoup de petits Kabyles de cette époque, Ramdane naît au sein d’une famille pauvre mais aimante et bienveillante à l’égard de ses enfants. Il a 10 ans, lorsque son père meurt. Yamina, sa mère, une femme de tête et de cœur, assume avec détermination les contraintes du quotidien. Bien que non instruite, elle saisit intuitivement l’importance de l’école.

Un couple d’instituteurs français «animés de la foi laïque que l’Ecole normale leur avait inculquée» remarquera l’étonnante intelligence de Ramdane et le guidera vers sa vocation d’enseignant.

Premier voyage à Alger où, tout imprégné de l’œuvre d’Homère, Ramdane découvre «la grande bleue». Le blédard se métamorphose en citadin pour entrer à Sarrouy, l’école primaire supérieure, avant d’intégrer quelques années plus tard l’“Ecole normale de Bouzaréah”, «contact d’une autre civilisation, d’un autre mode de penser qu’ils devaient s’approprier sans être dépersonnalisés, sans être aliénés». Si la discipline y est monastique, qu’on ne s’y trompe pas, il s’agit, en implantant cette institution en Algérie, de casser l’influence des missionnaires du Cardinal Lavigerie.

Ramdane a dix-neuf ans lorsqu’il reçoit sa première affectation à Marsotte, à la frontière algéro-tunisienne. La famille s’agrandit et les affectations se succèdent: Rabta, Tighilt Oukerrouch, Tirmitine…

Partout, une population pauvre mais généreuse, «figée dans ses valeurs surannées et sublimes à la foi», l’accueille avec le respect que l’on voue aux lettrés. Il y croise des figures hautes en couleur comme ce cantonnier lecteur de Diderot et de D’Alembert, ou le directeur d’école, M.Servet, avec qui il prend goût au débat contradictoire.

C’est le temps du code de l’indigénat qui enchaîne l’autochtone à une condition de sous humanité. Les «petits Blancs», voraces et sans scrupules, s’approprient les terres réduisant leurs propriétaires légitimes à la servitude, avec la complicité des «sous-fifres indigènes», caïds et bachagas. Spoliations, bastonnades, humiliations…

Ramdane s’engage dans l’action politique et syndicale et partage son temps entre ses élèves à qui il dispense l’instruction nécessaire à l’émancipation des esprits, et la lutte contre l’injustice sociale et l’obscurantisme par “La Voix des humbles”, défi «aux chantres de la supériorité raciale». Dans son combat contre l’ignorance, les faux dévots et les mystificateurs, il fera siennes ces paroles de Ben Badis: «Peu importe la langue dans laquelle vous enseignez… La vérité peut s’enseigner dans toutes les langues.»

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le colonialisme redouble de férocité et c’est la traque aux progressistes. Révoqué de l’éducation nationale, Ramdane redevient fellah dans son village natal, sitôt confronté aux confiscations abusives, à la misère et à la maladie.

Après guerre, la colonisation redevient arrogante, et les massacres de Sétif ont exacerbé les sentiments nationalistes et patriotiques. Les instituteurs «indigènes», à force de pugnacité, ont arraché quelques droits: parité des salaires, nominations des directeurs au mérite. Ramdane retrouve son poste à Taourirt dans la plus vieille école du pays.

Mais le dernier combat est à venir. La révolution est en marche, et Ramdane reprend ses réunions clandestines. Surveillé, harcelé, perquisitionné par la gendarmerie, il sera, lors d’une rafle de représailles, arrêté avec ses fils. Il n’aura la vie sauve qu’en s’enfuyant à Alger.

À l’indépendance, l’ancien instituteur reprend du service dans une école de la cité Amirouche. Puis, la vieillesse venue, il redevient berger s’adonnant aux promenades discursives entre amis et autres plaisirs d’une vie apaisée.

Ainsi s’achève le roman de la vie d’un homme exemplaire, celui d’une époque, celui d’un pays.

“L’Ermite du Djurdjura” est un document rare qui puise à la source de l’amour du pays et de la complexité de son histoire.

Marie-Joëlle Rupp

[sur socialgerie voir aussi
“PARIS – 20 FEVRIER : L’ACB OUVRE LES GUILLEMETS À AMAR METREF”->br639]

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Après bien des péripéties, le N°30 daté Automne-Hiver 2012 vient de sortir des presses.

NAQD

IN DÉPENDANCES

La revue NAQD d’études et de critique sociale a voulu marquer le cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en apportant une dimension continentale à l’évènement. La rédaction est convaincue que les luttes menées par les peuples d’Afrique, quelles que furent leur forme particulière, les voies empruntées et les moyens utilisés, ont fait avancer la cause de l’émancipation et de la libération non pas d’un seul pays, mais de tout le continent. Leur combat a marqué le XXème siècle et a semblé avoir inauguré l’ère de l’émancipation et de la liberté pour nous tous.

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Pourtant, les cinquante années qui viennent de s’écouler ont donné lieu à des remises en question, à des renoncements et parfois même à des impostures. le désenchantement a gagné les esprits et a ouvert la voie du retour à la domination étrangère, au despotisme et à l’oppression par nos propres gouvernants. les souverainetés nationales ou territoriale sà peine reconnues ont vite été remises en question. Les frontières héritées sont redevenues mouvantes ou poreuses au gré des intérêts des puissances étrangères. Pire, les solidarités inaugurées dans la lutte contre le colonialisme, par-delà les appartenances ethniques ou confessionnelles, ont laissé place à des antagonismes segmentaires et à des luttes fratricides. La vague révisionniste et revancharde se répand partout annonçant ici ou là des retours au statu quo ante.

En choisissant d’aborder la question du cinquantenaire de l’indépendance dans sa dimension continentale, nous avons voulu sortir du localisme et dégager les éléments qui concourent à une meilleure compréhension des processus internes comme des traits communs des changements intervenus depuis l’accession aux indépendances.

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En somme nous avons essayé de répondre à la question lancinante: Qu’avons- nous fait de nos indépendances?

Naqd n°30 vient de paraître

il sera disponible auprès

de vos libraires à Alger, Oran

Constantine, Tizi-Ouzou, Bejaïa…

Pour tout renseignement

commande ou abonnement, s’adresser à:

NAQD

tél./Fax: +213 21 73 43 52

revue.naqd@gmail.com

revue_naqd@yahoo.fr

http://www.revue-naqd.org

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LA LETTRE DE LA FONDATION GABRIEL PÉRI

Février 2013

Abonnements, désabonnements

L’abonnement à cette lettre est gratuit et résiliable à tout moment

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Vous pouvez aider la Fondation tout en bénéficiant d’une réduction d’impôts.

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INITIATIVE

CONTENUS D’ENSEIGNEMENT: POLITIQUES, SUPPORTS ET USAGES

Mardi 12 février à 18h00

présentation du dossier publié dans le numéro 372 de “La Pensée”


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NOUS AVONS LE CHOIX!

Mardi 19 février 2013, à 18h30

rencontre avec les auteurs, Louise Gaxie et Alain Obadia.

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Cycle de conférences sur l’espace sahélo-saharien

Prochaine séance:

« RESSOURCES STRATÉGIQUES ET ÉVOLUTIONS POLITIQUES EN ZONE SAHÉLO-SAHARIENNE »

le mardi 26 février 2013 à 14 h 30.

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LA CHINE APRÈS LE 18e CONGRÈS: CHANGEMENT OU CONTINUITÉ?

Mercredi 27 février 2012 à 18h30

rencontre avec Dominique Bari , journaliste, Zheng Ruolin , correspondant du quotidien shanghaien “Wen Hui Bao”, et Jean-Claude Delaunay , économiste

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PUBLICATIONS

LA PENSEE n° 372

Dossier : Contenus d’enseignement

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POUR ACHETER EN LIGNE

LE POUVOIR A-T-IL UN SEXE?

organisé en collaboration avec des membres du groupe « Femmes et Pouvoir » de l’Initiative Féministe Européenne pour une autre Europe.

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POUR ACHETER EN LIGNE

NOUS AVONS LE CHOIX!

Ouvrage de Louise Gaxie et Alain Obadia,

publié par la Fondation Gabriel Péri.

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POUR ACHETER EN LIGNE

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Fondation Gabriel Péri

11 rue Étienne Marcel – 93500 Pantin – France

T +33 (0) 1 41 83 88 50 F +33 (0) 1 41 83 88 59

Site : http://www.gabrielperi.fr

Courriel : fondation@gabrielperi.fr

Abonnement à la liste : liste-subscribe@listes.gabrielperi.fr

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Un livre neuf à lire

Cher(e)s ami(e)s,
_ Mon ami Ahmed Henni, docteur en économie de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne -il est aujourd’hui professeur d’économie à l’université d’Artois-, a publié au printemps 2012 un livre neuf,“ LE CAPITALISME DE RENTE. DE LA SOCIÉTÉ DU TRAVAIL INDUSTRIEL À LA SOCIÉTÉ DES RENTIERS”


Paris: L’Harmattan

2012

258 p.

prix: 26,00 €

Je me permets de vous signaler cette parution : Ahmed écrit des choses que vous ne trouverez guère ailleurs, et sa réflexion permet à mon sens de mieux comprendre l’actualité que nous vivons.

Vous trouverez en pièce attachée la couverture de son livre avec le synopsis de l’oeuvre figurant sur la 4ème de couverture.
Avec mon cordial compliment, et mes voeux de bonne lecture si la chose vous paraît possible! – Gilbert Meynier

4ème de couverture:

LE CAPITALISME

DE RENTE

De la société du travail industriel

à la société des rentiers

Ahmed HENNI

L’Harmattan

La révolution électronique des années 1970 a donné naissance à une économie de l’usage où le même produit (logiciel, image, son) peut, comme le terre, être indéfiniment réutilisé. Cet usage répété du même produit est à l’origine de la capture des rentes associées, comme pour le foncier ou le minier, à la propriété de brevets ou de gisements scientifiques et intellectuels. Ceci a conduit les entreprises des pays développés à se détourner du profit industriel pour investir dans ces gisements et percevoir de nouvelles rentes.

Simultanément, en 1971, une révolution monétaire s’est produite à la suite de la décision américaine de mettre fin à la convertibilité-or du dollar. Les Etats-Unis ont pu ainsi émettre autant de dollars que de besoin, acheter des produits matériels au reste du monde et se détourner de la production industrielle pour investir massivement dans l’économie de l’électronique et de l’usage.

Ce livre démontre comment, depuis les années 1970, le capitalisme des pays riches a connu une mutation rentière le conduisant à délaisser l’industrie pour s’enrichir davantage encore par l’usage de monnaies, logiciels, images, sons, nouvelles molécules, etc.

Le travail matériellement productif est ainsi relégué dans des contrées exotiques où s’activent de nouveaux ilotes.

Les sociétés capitalistes développées, quant à elles, deviennent des sociétés rentières, marquées par un affolement rentier des aspirations s’appuyant sur des corporatismes, des communautarismes et nationalismes qui mettent la modernité en échec.

Les crises bancaires de 2008 et souveraine de 2010 illustrent amplement des mécanismes rentiers et trouvent ici une explication structurelle hors des sentiers battus.

Ahmed Henni est professeur d’économie ? Il a exercé aussi des responsabilités en Algérie comme directeur général des impôts et membre du Conseil de la monnaie et du crédit.

ISBN : 978-2-296-55839-7

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REPENSER L’ALGÉRIE DANS L’HISTOIRE

par Tahar KHALFOUNE

et Georges MEYNIER

Bibliothèque iREMMO N° 8

Essai de réflexion

Paris : L’Harmattan

janvier 2013

118 p.

(Bibliothèque de l’iREMMO, N° 8).

  • Ci-contre: la couverture du livre;
  • Ci-dessous: le 4ème de couverture:

    Tahar Khalfoune

    Gilbert Meynier

Repenser l’Algérie

dans l’histoire

Cet essai est le produit d’une réflexion partagée par les deux auteurs, nourrie par des années de recherche et d’échanges entre un historien spécialiste de l’Algérie et un juriste dont les grilles d’analyse reposent aussi sur une expérience de terrain.

• D’une étude qui se propose d’inclure synthétiquement l’histoire de l’Algérie dans le temps lonhg via notamment sa phase coloniale.
Si celle-ci est encore présente dans la m&émoire collective des Algériens, celui-là les structure dans leur inconscient.

• D’un bilan de l’Algérie indépendante qui reste fortement marqué par son passé colonial, mais qui renvoie aussi à toute une structuration de la société et des pouvoirs – formes et pratiques – héritée de l’histoire antérieure et forgée également par la nouveauté des dernières décennies où s’enchevêtrent violence et désir d’ouverture. Reste à savoir si les réponses apportées aux problèmes de l’heure sont à la hauteur des enjeux…

• Des documents officiels indiquant que l’histoire commune franco-algérienne reste un enjeu politique majeur où la volonté des deux États est d’exercer un contrôle sur la recherche et l’écriture de l’histoire et de les instrumentaliser à des fins politiques.

Gilbert Meynier est historien de l’Algérie, ancien enseignant au lycée Pasteur à Oran et à l’université de Constantine; professeur émérite de l’université de Nancy 2. Auteur de «Traces de temps long et épilogue colonial», revu par Tahar Khalfoune.

Tahar Khalfoune juriste à l’association lyonnaise Forum refugiés, intervenant à l’IUT de l’université

Lyon 2. Co-auteur, avec Gilbert Meynier, de
«Les 50 ans de l’Algérie indépendante».

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Collection dirigée par Pierre Blanc

et Bruno Péquignot

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http://www.iremmo.org

ISBN : 978-2-296-96591-1

  • NB: le prix indiqué en 4ème de couverture (13,50 €) est incorrect: le livre est en fait vendu en librairie 10,00 €.

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