MÉDÉA – COMMUNE DE BEN-CHICAO: 28 FÉVRIER 2013: À LA RENCONTRE DU PRINTEMPS

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À la rencontre du printemps

Date : Le jeudi 28 février 2013

Lieu : Exploitation agricole de l’ITAF,

Commune de Ben-Chicao

(Médéa)

En coordination avec :

  • L’ITAF

    (Institut Technique de L’Arboriculture Fruitière et de la Vigne)
  • Commune de Ben Chicao.
  • La Direction des services agricoles la wilaya de Médéa
  • La direction du tourisme de la wilaya de Médéa
  • La maison de la Culture Hassen el Hassani de Médéa.

Participants :

Nos grandes mères, les écoliers de Médéa, associations locales, journalistes, photographes et toutes personnes soucieuses de la préservation du patrimoine culturel.

Transport :

  • 01 bus est mis à disposition des invités a partir d’Alger (Places limitées)

    Départ d’Alger : le 28 février 2013 à 8h00 (musée des antiquités d’Alger)
  • 02 Bus sont prévus à partir de Médéa (Places limitées)

    Départ de Médéa : le 28 février 2013 à 9 h 00(maison de la culture)

Pour toutes inscriptions contactez-le : 025 58 77 46


À la rencontre du printemps

Fête millénaire célébrée autrefois dans plusieurs régions d’Algérie, connue en Kabylie sous le nom de: “Amenzu n’tefsut” , tradition liée a la terre et en rapport avec le calendrier agraire, elle se caractérise par une sortie des femmes dans les prairies , elles se parent de leurs plus beaux habits et bijoux.

Accompagnées des enfants, elles se retrouvent au matin et s’en vont pour y cueillir des plantes comestibles et des fleurs ainsi elles honorent la venue du printemps dans une ambiance joyeuse et marquent la fin de l’hiver et le retour du beau temps.

Cette tradition a quasiment disparue de la région de Médéa, et pour renouer avec cela, “Le musée public national des arts et traditions populaires de Médéa”, par son département de conservation organise une sortie culturelle à la rencontre du printemps ou seront conviées nos grandes mères, les gardiennes des coutumes ancestrales où la mémoire vivante se partage chez la population rurale de l’atlas tellien.

La mission de l’équipe du musée est: la collecte des informations sur cette tradition et de la faire revivre le temps de cette journée.

Cet événement s’inscrit au registre du patrimoine immatériel de par ces pratiques agro-cultuelles dans le but de le promouvoir dans le tourisme rural.

Le printemps (Tafsut)

Avec l’entrée du printemps, la nature sort des rigueurs et des affres de l’hiver pour ouvrir la vie sur un nouveau cycle. Les végétaux éclosent à nouveau, la terre se couvre d’un tapis floral bariolé, la chaleur du soleil féconde les graines cachées dans le sous-sol gorgé d’eau.

Il est de coutume chez les berbères d’accueillir le printemps avec l’étonnement et la joie qui marquent toutes les naissances. Aussi, organise-t’on pour la circonstance un dîner particulier “Imensi N’tefsut” . C’est un moment de retrouvailles conviviales. Les villageois sacrifient à l’occasion des coqs fermiers, des chapons, des poulardes pour agrémenter l’incontournable couscous aux fèves ( Avissar ). Le repas n’a pas de caractère rituel.

La tradition consacre, à l’accueil du printemps dans la matinée du premier jour de la nouvelle saison, un ensemble de gestes répétés depuis des lustres ( Amagar n’tefsut ). Les familles sortent dans les près pour y improviser des pique-niques, y organiser des jeux et surtout se rouler dans l’herbe à la gloire des divinités de la nature, fort nombreuses dans la cosmogonie berbère. Ce geste qui scelle la communion avec les éléments naturels a perdu son sens dans de nombreuses régions du pays, où la rencontre avec Tafsut est encore célébrée. On se roule dans l’herbe pour y prendre les couleurs les parfums et les odeurs de la terre et du tapis végétal.

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UNE DOUBLE CONCEPTION DU PARTI PROLÉTARIEN

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« Pour Marx et Engels, le problème de l’organisation d’un parti communiste se pose à partir de 1847, date à laquelle les associations ouvrières européennes avec lesquelles ils sont en relation leur demande de rédiger un manifeste qui deviendra le « Manifeste du parti communiste ».

L’organisation de la classe ouvrière en parti est, selon eux, rendue possible par la concentration de plus en plus grande des prolétaires dans la période de la grande industrie ainsi que par le progrès des moyens de communication: de ce point de vue, elle apparaît comme le résultat nécessaire de la révolution bourgeoise.

Pourtant, l’efficacité de l’organisation d’un parti ne dépend pas seulement de faits objectifs mais aussi de la claire compréhension, par la classe dont il doit constituer l’arme, de ses tâches et de ses buts.

Le texte de Maximilien Rubel appelle une réflexion sur le rôle des théoriciens communistes: sont-ils, comme le dit souvent Marx, les voix du prolétariat ou bien doivent-ils ouvrir la voie de l’émancipation humaine? »

M-H M.


« Dans ses lettres à ses amis, dit Maximilien Rubel, Engels s’insurgeait contre la transformation de la théorie marxienne en dogme sectaire, et il rappelait précisément le postulat fondamental de cette théorie: «constitution des ouvriers en parti politique indépendant» certes, mais non pas sur la base d’un dogme théorique.

« Les masses ont besoin de temps et d’expériences pour se développer, et elles en ont seulement l’occasion lorsqu’elles ont un mouvement à elles, quelle qu’en soit la forme, pourvu que ce soit leur mouvement propre.»

Et : « II n’y a pas de meilleur chemin vers la claire intelligence théorique que de s’instruire par ses propres erreurs (…). L’important, c’est de faire que la classe ouvrière agisse en tant que classe. Ceci obtenu, elle trouvera bientôt la bonne direction (…). Un million ou deux de voies ouvrières au prochain novembre pour un parti ouvrier de bonne foi vaut infiniment plus à présent que cent mille voix pour une plate-forme doctrinalement parfaite.»

Lisons donc plus avant Maximilien Rubel, lequel était certainement l’un des meilleurs connaisseurs de la pensée et de l’œuvre de Marx.

M.


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REMARQUES SUR LE CONCEPT DE PARTI PROLÉTARIEN CHEZ MARX

Maximilien Rubel

1961 – Publié : dans la “Revue française de sociologie” – (Vol. II, N°2-3, juillet-septembre 1961

Il serait facile de montrer que la problématique de la sociologie du XX° siècle n’a jamais été discutée sans que l’on eût à l’esprit la pensée de Karl Marx. Il est donc étrange de voir qu’un problème à ses yeux essentiel, celui des partis politiques, soit généralement négligé par les sociologues et exégètes, marxistes ou non.

Pour Marx, on le sait, le concept de parti n’est saisissable que dans le contexte de la société moderne et, comme tel, il est le corrélatif du concept de classe. Alors que le problème des classes sociales est le plus souvent abordé et étudié au XX° siècle avec référence au marxisme, il est rare que les sociologues le rattachent à celui des partis politiques. Le fameux passage du Manifeste communiste, où il est question de «cette organisation des prolétaires en classe, et par là même en parti politique», demeure donc sybillin[[ Un tour de force : R. Dahrendorf, dans son intéressant ouvrage Sociale Klassen und Klassenkonflikt (Stuttgart, 1957) cite à peu près tout ce que Marx a écrit d’important sur les classes sociales sans toucher au problème des partis politiques. Il faut reconnaître, au reste, qu’il n’existe pratiquement aucun travail sérieux de l’école marxiste sur le problème du parti.]].

Il n’est pas question, bien entendu, de traiter ce problème ici, ne serait-ce que de manière approximative. Dans les remarques qui suivent nous tenterons de mettre en lumière quelques caractéristiques du concept de parti prolétarien chez Marx, sans oublier tel apport de Friedrich Engels, qui fut, après la mort de son ami, le conseiller fréquemment sollicité des premiers partis «marxistes» en Europe.

I. Pour comprendre l’idée que Marx se faisait du parti prolétarien, il faut connaître le cheminement de sa pensée politique. Marx a commencé sa carrière littéraire comme journaliste libéral, fort d’une philosophie de la liberté inspirée de Hegel et repensée à l’école des Jeunes Hégéliens. Dès sa thèse de doctorat, il pose la philosophie comme réalisation d’un monde de la liberté, et il énonce que cette réalisation est en même temps la perte de la philosophie.

La note critique y apparaît dans la double revendication contre le monde et la philosophie; c’est l’affirmation de la conscience de soi, donc de l’individu en face d’une philosophie qui l’enchaîne «en tant que système déterminé» (Hegel est ici visé).

Cette dualité de la conscience de soi s’exprime par deux courants de pensée: le parti libéral et la philosophie positive. Le premier agit en tant que critique, la seconde s’enferme en elle-même, mais dans les deux se révèlent les tares du monde et de la philosophie.

Mais il y a aussi une option: «En fait c’est le parti libéral, en tant que parti du concept, qui réalise des progrès réels, alors que la philosophie positive est incapable d’aller au-delà des revendications et des aspirations»[[Thèse sur Démocrite et Epicure, 1841, Marx-Engels Gesamtausgabe (MEGA), vol. I, p. 65.]].

Gêné par la censure, Marx renonce au journalisme et réexamine le système représentatif en tant que revendication pratique d’un «grand parti» , parti qui sera obligé de se dépasser lui-même, «car sa victoire est en même temps sa perte»[[Correspondance 1843, Annales franco-allemandes, MEGA, vol. I, p. 574.]].

II. Parti d’une position aussi radicale, Marx parvient à distinguer au-delà du libéralisme et de son parti, l’émancipation sociale qui vise l’individu total, d’une part, et, d’autre part, l’émancipation politique qui en est le moyen. La question était déjà posée par Hegel lorsqu’il constata la séparation de la société civile et de l’État, de la bureaucratie et de l’individu, de la «classe du travail immédiat et concret» et du pouvoir[ [Critique de la philosophie de l’État de Hegel, 1843, MEGA, vol. I.]]. L’émancipation politique ne met pas fin à l’aliénation, les droits de l’homme n’excluant pas les privilèges de la propriété privée. Elle ne fait que réduire l’homme à l’individu égoïste d’une part et au citoyen abstrait et « moral » de l’autre. Marx exige donc l’absorption du citoyen abstrait par l’individu dans sa vie empirique, dans son activité, dans ses rapports avec autrui. C’est l’émancipation humaine qui permet à l’homme, en tant qu’espèce, d’organiser « ses forces propres » comme force sociale, en rejetant le pouvoir politique qui lui est extérieur[[La question juive, ibid.]].

Cela fut pensé et écrit avant que Marx ne fût devenu communiste. Mais en remettant en question la pensée de Hegel et de son école, et en faisant siens les principes de la démocratie, il va fortifier la cause de toutes les convictions philosophiques et éthiques acquises. La démocratie entre comme postulat dans la praxis politique d’une classe sociale qui «par son caractère universel» et ses «souffrances universelles» représente la dissolution de la société bourgeoise: la classe prolétarienne[[Critique de la philosophie du droit de Hegel. Introduction, 1943, MEGA, vol. I, p. 619.]].

III. D’emblée Marx érige donc la révolution sociale en «impératif catégorique». Lorsqu’il donnera à sa conception des bases «matérialistes» et apportera au communisme une théorie scientifique, le postulat éthique de la révolution y sera implicitement et explicitement maintenu, de sorte qu’une ambiguïté fondamentale restera présente dans toute l’œuvre et l’activité politiques que Marx consacrera au mouvement ouvrier.

En vertu de sa vocation universelle, la révolution prolétarienne est aussi différente des révolutions antérieures que la classe prolétarienne l’est des autres classes. Une question se pose alors: puisque cette vocation universelle découle naturellement des conditions mêmes dans lesquelles la société se transforme au cours de phases successives, en fonction des «forces productives», quels pourraient être le rôle et la praxis du parti prolétarien, qui ne peut échapper à ce déterminisme social?

En même temps se pose la question du rôle des «communistes», que Marx ne considère pas comme un parti ouvrier distinct des autres, mais comme une sorte d’élite intellectuelle ayant acquis la connaissance et la conscience de ce qu’il appelle la Selbsttätigkeit, l’autonomie et le mouvement réel de la classe ouvrière[«De même que les économistes sont les représentants scientifiques de la classe bourgeoise, de même les socialistes et les communistes sont les théoriciens de la classe prolétaire.» [Misère de la philosophie, MEGA, vol. 6, p. 191.]]. La disparition du capitalisme étant aussi inévitable, que l’apparition du communisme, la révolution prolétarienne étant aussi nécessaire historiquement que ses agents, les classes ouvrières, que reste-t-il à faire, pour des hommes communistes conscients, à partir de cette théorie, de cette vision du «processus naturel» du développement historique? Marx semble n’y voir aucune ambiguïté: ce rôle consiste à accélérer le processus de maturation de la conscience révolutionnaire des ouvriers et donc des partis ouvriers.

On comprend dès lors la distinction, constamment accentuée par Marx, du mouvement de classe et de la praxis politique, et du rapport de subordination qu’il établit en affirmant que le mouvement politique des partis ouvriers n’est que le moyen par lequel le prolétariat réalisera son émancipation, et par là-même la libération de toute la société[[Nous extrayons ce passage caractéristique de la Résolution adoptée par la Conférence de l’A.I.T. de Londres, 1871:

  • «(…) Vu les considérants des Statuts originaux, où il est dit :

    « L’émancipation économique des travailleurs est le grand but auquel tout mouvement politique doit être subordonné comme moyen г ;
  • « Vu l’Adresse inaugurale de l’Association Internationale des Travailleurs (1864) qui dit : …

    « La conquête du pouvoir politique est donc devenue le premier devoir de la classe ouvrière » ;
  • « Vu la Résolution du Congrès de Lausanne (1867) à cet effet:

    «L’émancipation sociale des Travailleurs est inséparable de leur émancipation politique » ; (…).

« Considérant en outre :

  • « Que, contre ce pouvoir collectif des classes possédantes, le prolétariat ne peut agir comme classe qu’en se constituant lui-même en parti politique distinct, opposé à tous les anciens partis formés par les classes possédantes;
  • « Que cette constitution du prolétariat en parti politique est indispensable pour assurer le triomphe de la révolution sociale et de son’ but suprême: l’abolition des classes;
  • « Que la coalition des forces ouvrières déjà obtenue par les luttes économiques doit aussi servir de levier aux mains de cette classe dans sa lutte contre le pouvoir politique de ses exploiteurs;

« La Conférence rappelle aux membres de l’Internationale : – « Que dans l’état militant de la classe ouvrière, son mouvement économique et son action politique sont indissolublement unis. »]]. Comment expliquer dès lors que le Manifeste rédigé par lui (avec la collaboration d’Engels) au nom de la Ligue des Communistes, ait pour titre: “Manifeste du parti communiste”? La réponse est toute simple, si l’on garde à l’esprit la fonction que Marx attribue à la pensée théorique, à l’ «arme de la critique» , et si l’on sait qu’à ses yeux «la théorie se change en force matérielle, lorsqu’elle saisit les masses»[ [Critique de la philosophie du droit de Hegel, MEGA, vol. 1, p. 614.]]. Cette théorie radicale est l’œuvre d’une élite qui, sans être à proprement parler un parti ouvrier, exprime la tendance profonde de la marche vers le communisme. L’impératif catégorique dont il parle ne vise plus dès lors la révolution en tant que telle, mais son rythme, c’est-à-dire la réalisation accélérée des tâches politiques associée à la spontanéité du mouvement réel, enfanté par un mode de production créateur de ses propres « fossoyeurs».

IV. Pour qui connaît la «loi économique du mouvement de la société bourgeoise», les tâches politiques des partis ouvriers sont nettement circonscrites. Dès lors, le concept du parti prolétarien s’éclaire aussi bien à la lumière de la théorie que du mouvement réel.

Aucun parti ne saurait donc accomplir en son nom propre ce qui est la tâche «historique» de la classe.

Ici intervient la distinction entre la classe comme telle et la «classe pour elle-même»; ou, en termes moins hégéliens, entre un prolétariat passif issu du développement même du capitalisme, et un prolétariat uni dans la lutte [[Misère de la philosophie, MEGA, vol. 6, p. 226.]].

De là encore l’affirmation selon laquelle la paysannerie ne saurait être une classe et mener une lutte politique propre[ [Le Dix-huit Brumaire. ]].

Et de là finalement la formule fréquemment répétée de la «constitution du prolétariat en classe». Cette formule, on la trouve déjà sous la plume de Flora Tristan, dont “l’Union ouvrière” fut publiée à Paris quelques mois avant l’arrivée de Marx en France.

En se plaçant assez haut, c’est-à-dire du point de vue théorique de l’histoire, on peut comprendre l’attitude constamment critique de Marx à l’égard de sa propre activité politique et de celle des partis ouvriers qu’il a vu naître.

De même on comprend sa préférence sans cesse affirmée par les mouvements spontanés de la classe ouvrière plutôt que pour les tactiques et les programmes des partis ouvriers. En fait foi l’axiome transcrit dans les Statuts de la Première Internationale: «L’émancipation de la classe ouvrière ne peut être que l’œuvre de la classe ouvrière elle-même.»

C’est également la raison pour laquelle dès 1847, dans sa polémique contre Proudhon, Marx souligne l’importance des trade-unions: leur lutte s’accompagne des luttes politiques des ouvriers, «qui constituent maintenant un grand parti politique sous le nom de Chartistes» [ [Misère de la philosophie, MEGA, VI, p. 226.]].

Il y a donc, dans le devenir de la classe pour «elle-même», ce double mouvement de l’auto-constitution dans lequel l’action spontanée des ouvriers est tenue pour le facteur décisif: «De tous les instruments de production, le plus grand pouvoir productif, c’est la classe révolutionnaire elle-même.» Et voici qui souligne le caractère évolutif du mouvement ouvrier: «L’organisation des éléments révolutionnaires comme classe suppose l’existence de toutes les forces productives qui pouvaient s’engendrer dans le sein de la société ancienne.»[ [Misère de la philosophie, MEGA, VI, p. 227. Plus de vingt ans plus tard: «Jamais les syndicats ne doivent être rattachés à une association politique (…) Les syndicats sont les écoles du socialisme. (…) Seuls, ils sont capables de représenter un véritable parti ouvrier et d’opposer un rempart à la puissance du capital.» Déclaration faite à une délégation de syndicalistes allemands, parue dans “Volksstaat,” 27 novembre 1869.]]

Cette attitude, Marx la maintiendra constamment au sein de l’Internationale. Elle explique les attaques contre Bakounine. Au congrès de La Haye (1872), il ne dédaignera pas les manœuvres de couloir pour obtenir l’expulsion du leader anarchiste. Un mouvement ouvrier international, ouvert, légal, organisé démocratiquement, donnant place à toutes les tendances et opinions, luttant pour l’existence et la survie quotidienne des ouvriers, c’est-à-dire pour des réformes sociales: voilà ce que voulait Marx. Bakounine, lui, entendait faire de l’organisation officielle le paravent des activités toutes clandestines d’une conspiration où il jouerait le rôle de spiritus rector[[Cf. L’alliance de la démocratie socialiste et l’A.I.T. (1873).]].

V. La relation ainsi établie entre le développement social et le procès naturel implique la fixation des normes politiques imposées par la structure même de la société dans laquelle les partis ouvriers agissent. C’est cette nécessité que Marx a constamment fait valoir dans ses conflits avec telle fraction de la Ligue des communistes et dans ses critiques des entreprises blanquistes ou des expériences sectaires.

Marx apparaît dans ces raisonnements comme un apologiste du libéralisme bourgeois auquel il ne cesse d’attribuer une fonction historique. Il défend cette conception aussi bien dans son plaidoyer devant les jurés de Cologne (1849) que dans sa démarche en faveur de ses amis, membres de la “Ligue des communistes”, accusés de conspiration (1852)[[Karl Marx devant les jurés de Cologne. Révélations sur le procès des communistes. Paris, A. Costes, 1953.]].

Dès 1847, en écrivant que la domination bourgeoise donnerait au prolétariat, non seulement des armes contre la bourgeoisie et la bureaucratie prussiennes, mais aussi «une position de parti reconnu», de parti communiste, il affirmait que le prolétariat se joindrait à lui pour conquérir les libertés nécessaires à son propre développement: libertés de la presse, de l’association, représentation réelle, etc.

«Plus que de son pain, écrivit alors Marx, le prolétariat a besoin de son courage, de sa confiance en soi, de sa fierté et de son esprit d’indépendance.»[[MEGA, vol. 6, p. 27a]]

En même temps, Engels et Marx tirèrent la conséquence logique de leur conception de la démocratie: la conquête du pouvoir politique par le prolétariat, grâce au suffrage universel, objectif qui n’avait rien de révolutionnaire, puisqu’il ne faisait qu’inaugurer le processus de la révolution entrevue. «Dans tous les pays civilisés, écrit Engels, la démocratie a pour résultat nécessaire la domination politique du prolétariat, et celle-ci est la première condition de toutes les mesures communistes.»[[Ibid., p. 280.]]

Nous tenons ici la clé de leur formule du Manifeste communiste: «conquête de la démocratie».

Se joignant à Engels, Marx précise que cette conquête politique sera passagère, «un moment au service de la révolution bourgeoise comme en 1794, tant que les conditions matérielles ne rendront pas nécessaire l’abolition de la domination bourgeoise». La précision va beaucoup plus loin, puisque Marx ne craint pas d’évoquer la fatalité historique qui contraint les hommes «de produire eux-mêmes, dans le cours de leur développement, les conditions matérielles d’une nouvelle société» (…) «aucun effort de l’esprit ou de la volonté ne peut les libérer de ce destin» [[Ibid., p. 306]].

Si donc les ouvriers et leur parti appuient la bourgeoisie en lutte contre un passé inacceptable, c’est qu’ils savent que «cette bourgeoisie doit leur faire des concessions politiques plus larges que la monarchie absolue, et que leur propre lutte contre la bourgeoisie ne pourra commencer que le jour du triomphe de la bourgeoisie»[[Ibid., p. 319. Cette conception, Marx la maintiendra énergiquement dans ses controverses avec Lassalle qui, dans son action politique, était prêt à pactiser avec Bismark et la monarchie prussienne — par haine de la bourgeoisie. Voir Marx à Engels, 11 et 30 juillet 1862; Marx à Kugelmann, 23 février 1865.]].

Le lendemain de ce jour commence la lutte pour la révolution sociale. Dès avant le Manifeste, Marx a distingué la révolution politique (renversement du pouvoir bourgeois) de la révolution sociale (transformation progressive de la société capitaliste). La première est considérée comme une condition de la seconde[[« Kritische Randglossen», Vorwärts, 7 août 1844, MEGA, 3, p. 22.]].

Le rôle du parti? Il trouve d’avance sa limite dans cette conception d’une révolution en deux temps. Il n’en est pas moins évident que la séparation des tâches fait du parti un parti jacobin. «II y a dans l’histoire des analogies frappantes : le jacobin de 1793 est devenu le communiste de nos jours»[ [Discours sur la Pologne, 1848, MEGA, 6, p. 409 et sq. Cf. Korsch, Karl. Karl Marx, New York, 1938.]].

Il convient ici de considérer quelques-uns des problèmes qui sont demeurés chez Karl Marx sans réponse d’ensemble: parti ouvrier, prise et exercice du pouvoir; pouvoir; légalité; violence; parti «marxiste».

Sur le premier point, si nous nous en tenons aux seules sources, nous disons que les problèmes politiques (préparation à la prise du pouvoir et prise du pouvoir) ne pouvaient trouver d’autre solution que «démocratique» dans l’environnement des institutions bourgeoises — aussi longtemps, du moins, que ces institutions ont un fonctionnement normal.

Toutefois, les partis ouvriers ont une vocation historique, donc des tâches particulières. On peut penser que les chances d’une politique révolutionnaire dans l’enceinte démocratique seraient faibles; les résistances seraient vaincues par la force.

Le troisième problème est posé à Marx par l’apparition des partis «marxistes». Il voit aussitôt que sa théorie révolutionnaire ne saurait servir de norme d’action pour la politique de chaque jour et de chaque pays.

La France dogmatise la théorie; l’Allemagne lassallienne sectarise le mouvement ouvrier: ce ne sont là que les premiers symptômes. Après la mort de Marx, Engels ne ménagera pas ses critiques aux marxistes de la secte française; il se sentira de plus en plus proche du mouvement de masse allemand; il entrevoit une victoire proche par des moyens électoraux: les subversifs, dit-il, se trouvent fort bien de ce que leur apportent les moyens légaux[[Engels, F. Introduction à: Marx, Karl. Les luttes de classes en France (1894).]].

VI. Au moment de la constitution des partis ouvriers en Allemagne et en France, Marx et Engels eurent l’occasion d’opposer leurs vues à celles d’intellectuels qui sous-estimaient les capacités révolutionnaires du prolétariat, et s’efforçaient de transformer le socialisme en une doctrine morale, pour gagner des partisans dans les «classes instruites et possédantes» . C’est ainsi qu’en 1879, dans une lettre circulaire, ils critiquèrent les intellectuels, en rappelant le Manifeste communiste: «ces individus, pour être utiles au mouvement prolétarien, doivent vraiment lui apporter des éléments constitutifs ďune valeur réelle», pratique ou théorique. Rappelant leur activité de presque quarante ans au service de la lutte de classes, levier de la révolution moderne, ils opposèrent la devise de l’auto-émancipation ouvrière à l’attitude de ceux qui, venus des rangs de la bourgeoisie, prétendaient que la «classe ouvrière par elle-même est incapable de s’affranchir» et qu’elle doit donc passer sous la direction de bourgeois instruits et aisés qui seuls ont l’occasion et le temps de se familiariser avec les intérêts des ouvriers[[Marx et Engels à Bebel, Liebknecht, etc., sept. 1879. Ausgewählte Briefe, Berlin 195З, P. 389.]].

Un an plus tard, en formulant le programme du parti ouvrier français, Marx énonça le dernier mot de toute sa pensée politique: «l’appropriation collective des moyens de production] ne peut sortir que de l’action révolutionnaire de la classe productive — ou prolétariat — organisée en parti politique distinct»; «qu’une pareille organisation doit être poursuivie par tous les moyens dont dispose le prolétariat, y compris le suffrage universel, transformé ainsi, d’un instrument de duperie qu’il a été jusqu’ici, en un instrument d’émancipation»[[ [«Programme du parti ouvrier français» 1880. Dans le même ordre d’idées, il convient de rappeler l’initiative que le Conseil général de l’Internationale ouvrière prit en 1865 pour susciter la Reform League, dont la campagne en faveur du suffrage universel eût tout l’appui de Marx. Voir ses lettres à Engels, 1° mai 1865, et à Kugelmann, 15 janvier 1866.]].

Si la spontanéité du prolétariat est soulignée avec tant d’énergie, que pouvaient penser les ouvriers en lutte du rôle de leur propre théorie dans cette prise de conscience?[Marx et Engels semblent attendre tant de choses d’un parti «au sens éminemment historique» qu’on pourrait bien leur renvoyer la critique adressée aux utopistes, inventeurs d’une science sociale. À cet égard, la [lettre de Marx à Freiligrath du 29 février 1860, est un document capital. En voici quelques passages: «Après que, sur ma demande, la Ligue eut été dissoute en novembre 1852, je n’ai appartenu (ni n’appartiens) à aucune organisation secrète ou publique; donc le parti, dans ce sens tout à fait éphémère, a cessé d’exister pour moi depuis huit ans. (…). La Ligue, tout comme la Société des Saisons de Paris et cent autres sociétés, ne fut qu’un épisode dans l’histoire du parti, qui naît spontanément (naturwüchsig) du sol de la société moderne. (…) En parlant de parti, je donne à ce terme son sens éminemment historique.».]].

La réponse est donnée clairement par Engels, après la mort de Marx, au moment de l’apparition aux États-Unis du premier groupe «marxiste». Dans ses lettres à ses amis, Engels s’insurgeait contre la transformation de la théorie marxienne en dogme sectaire, et il rappelait précisément le postulat fondamental de cette théorie: «constitution des ouvriers en parti politique indépendant» certes, mais non pas sur la base d’un dogme théorique. «Les masses ont besoin de temps et d’expériences pour se développer, et elles en ont seulement l’occasion lorsqu’elles ont un mouvement à elles, quelle qu’en soit la forme, pourvu que ce soit leur mouvement propre.»[[Engels à Sorge, 20 novembre 1866. De même, parlant du mouvement syndical, Marx écrit à Bolte (23 novembre 1871): «Chaque mouvement où la classe ouvrière s’oppose en tant que classe aux classes dominantes et cherche à exercer sur elles une pression de l’extérieur, est un mouvement politique.» Une grève partielle, c’est un mouvement «purement économique», alors que le mouvement visant à arracher la loi des 8 heures, etc.. est un mouvement politique».]]

Et: «II n’y a pas de meilleur chemin vers la claire intelligence théorique que de s’instruire par ses propres erreurs (…). L’important, c’est de faire que la classe ouvrière agisse en tant que classe. Ceci obtenu, elle trouvera bientôt la bonne direction (…). Un million ou deux de voix ouvrières au prochain novembre pour un parti ouvrier de bonne foi vaut infiniment plus à présent que cent mille voix pour une plate-forme doctrinalement parfaite.»[[Engels à F. Kelley-Wischnewetzky, 28 décembre 1886.]]

C’est toujours la même idée qu’en 1851 (à ce «faire» et à cet «obtenir» près): «Une révolution est un phénomène purement naturel (…) et si l’on se pose en représentant d’un parti, l’on est entraîné dans ce tourbillon de l’irrésistible nécessité naturelle.»[[Lettre (fort injurieuse pour les partis, et mutilée dans la première édition de la correspondance) du 23 février 1851. MEGA, III, 1, p. 148 sq.]]

Si les partis ouvriers réels ne sont pas forcément les agents de la lutte politique du prolétariat, il existe en revanche une forme de représentation non institutionnalisée qui représente le mouvement prolétarien, au sens «historique» du terme. Les ligues ouvrières, les partis ouvriers, etc., naissent le plus souvent en dehors du prolétariat et ne peuvent donc être considérés comme l’expression de l’autonomie de la classe et du mouvement réel.

L’idée de spontanéité est donc essentielle pour comprendre la distinction faite par Marx entre des partis ouvriers dont la structure ne peut être différente de celle de tous les autres partis politiques en régime libéral, et le parti prolétarien qui transcende en quelque sorte les conditions de la société établie et ne peut, pour cette raison, s’identifier à une organisation réelle soumise aux servitudes de l’aliénation politique. Excitateur de la spontanéité prolétarienne, il ne saurait être fondamentalement l’organe de la collaboration des classes.

C’est ce qui explique pourquoi Marx a pu, dans sa correspondance et dans certaines proclamations publiques, parler de «notre parti», alors qu’aucune organisation officielle ne liait les amis groupés dans le «parti Marx»[[Cette appellation circula dans le milieu communiste allemand, mais se trouva également dans les rapports de police prussiens.]]. Ce groupe politique n’avait pas de statuts. Il avait un credo, le communisme, et Marx était appelé à lui donner des assises théoriques.

Conclusion

D’après ce qui précède, lès conceptions marxiennes du prolétariat et du parti prolétarien pourraient être résumées comme suit :

La lutte prolétarienne se manifeste sous trois formes qui sont autant de phases historiques du «mouvement réel», de la Selbsttätigkeit des travailleurs:

  • 1. Lutte (économique et politique) pour les réformes sociales au sein de l’ordre établi (suffrage universel, lois sociales, etc).
  • 2. Conquête (légale ou violente) du pouvoir politique et application des mesures de transition en vue du bouleversement des rapports de production bourgeois.
  • 3. Dictature du prolétariat pour briser la résistance de la classe expropriée.

Avec l’abolition du salariat, l’instauration de la Commune (des producteurs) et donc la disparition de tout pouvoir politique, naît «l’association où le libre épanouissement de l’individu est la condition du libre épanouissement de tous» (Manifeste communiste).

Conformément à cette théorie politique, on peut dégager chez Marx une double conception du parti prolétarien. Dans les sources, les deux sens ne sont jamais explicitement délimités; le théoricien et l’homme de parti se confondent souvent. Il nous semble cependant justifié de distinguer, dans la conception marxienne du parti prolétarien, entre le concept sociologique de parti ouvrier d’une part, et le concept éthique du parti communiste de l’autre.

Le premier s’applique à une organisation qui, faisant partie de la société bourgeoise, ne saurait échapper aux conditions générales que lui impose cette société: le parti ouvrier reste dans sa structure (et en contradiction avec son programme) un parti d’emprise «bourgeoise», et dont les leaders ont tôt fait de prendre à leur compte les règles du jeu politique. La fonction (bourgeoise) crée l’organisme (bourgeois)[[L’explication toute sociologique qu’Engels donne de l’origine de l’État pourrait s’appliquer mutatis mutandis à la conception du parti: «La Société produit certaines fonctions communes (…), les individus qui y sont appelés constituent une nouvelle branche de la division du travail au sein de la société. Ils y trouvent ainsi des intérêts particuliers, même vis-à-vis de leurs propres commettants; ils se rendent indépendants vis-à-vis de ceux-ci, — et voici l’État.» (Engels à C. Schmidt, 27 octobre 1890), On voit Engels décrire ici un phénomène que Robert Michels érigera en «loi d’airain de l’oligarchie». Cf. Zur Sosiologie des Parfeiwesens in der modernen Demokratie. Untersuchungen Uber die oligarchischen Tendensen des Gruppenlebcns. Zweite Auflage, 1925.

Sans vouloir ouvrir ici le débat sur la conception que Lénine avait du parti prolétarien, il nous semble qu’on pourrait lui appliquer la caractérisation donnée par Engels: un parti formé d’une minorité d’hommes résolus et bien organisés, poursuivant «la centralisation la plus rigoureuse et la plus dictatoriale de tout le pouvoir entre les mains du nouveau gouvernement révolutionnaire». Ce fut là, aux yeux d’Engels, l’antithèse du véritable gouvernement ouvrier, représenté par la Commune. Voir Engels, Préface de 1891 à Karl Marx, “La guerre civile en France.”]].

Quant au concept éthique du parti prolétarien, nous le trouvons dans la définition que Marx donne des communistes, définition qui tient du postulat et de la profession de foi, plutôt que de la constatation empirique: «D’une part, ils mettent en avant et font valoir, dans les diverses luttes nationales des prolétaires, les intérêts communs du prolétariat tout entier, indépendants de la nationalité. D’autre part, aux divers stades du développement de la lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie, ils représentent à tout moment l’intérêt du mouvement total.»

Les communistes selon Karl Marx sont une sorte d’élite intellectuelle: «Sur le plan de la théorie, ils ont sur le reste de la masse prolétarienne l’avantage de comprendre les conditions, la marche et les résultats généraux du mouvement prolétarien.» (Manifeste communiste)[[Que Marx énumère, parmi les objectifs communs aux communistes et aux partis prolétariens, «la formation du prolétariat en classe» paraît surprenant à première vue. Mais il ne faut pas oublier que pour Marx cela signifie, au fond, formation du prolétariat en syndicats révolutionnaires!]].

Leur rôle n’est donc pas politique, au sens traditionnel du terme. Ils ne forment pas une organisation particulière obéissant à des règles et des statuts formellement établis. Créateurs de la théorie du mouvement, mais non inventeurs de systèmes, leur autorité est purement morale’ et se fonde sur des œuvres théoriques qui marquent profondément le visage culturel d’une époque. Ils sont au sein du mouvement, mais non pas forcément soumis aux directives de partis existants; ils peuvent œuvrer à l’écart de tout mouvement officiel.

C’est ce rôle que Marx se croyait en droit de réclamer, lorsque, recevant une délégation d’hommes de son parti, il leur dit, en parlant en son nom et en celui d’Engels: «Notre mandat de représentants du parti prolétarien, nous ne le tenons que de nous-mêmes, mais il est contresigné par la haine exclusive et générale que nous ont vouée toutes les fractions du vieux monde et tous les partis»[[Marx à Engels, 18 mai 1859.]].

Il resterait à l’analyse sociologique de montrer en quoi une telle conception de l’élection charismatique se distingue, ou ne se distingue guère de l’idée que Marx se faisait des sectes politiques. Nous reprendrons le sujet.

M. Rubel


UN DÉBAT NÉCESSAIRE AUTOUR DU THÈME DE L’INDUSTRIALISATION BRISÉE DEPUIS LES ANNÉES 80

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Pour alimenter ce débat autour d’un thème capital, Socialgerie indiquera les liens qu’il a consacrés dans le passé à cette question, ainsi que les nouveaux échos et avis qui lui parviendront.


[“L’ ALGÉRIE ET L’INDUSTRIALISATION BRISÉE DEPUIS LES ANNÉES 80”

quelques uns des liens disponibles sur socialgerie
autour du débat sur ce thème

Lire brève 645;
->br645]


SONATRACH: À L’APPROCHE DU 24 FÉVRIER – KHADDAMINE.com présente une PLATE FORME SOCIALE ET DE REDRESSEMENT NATIONAL…par Kamel Daoud – Le Quotidie d’Oran du 16 février 2013;


LE « PEUPLE MORT », LAKHSMI MITTAL ET ABED CHAREFpar Saoudi Abdelaziz – le 14 février 2013;


L’ ALGÉRIE NATIONALISE TOUT, Y COMPRIS LES PROBLÈMESAbed Charef – 13 Février 2013;


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SONATRACH: À L’APPROCHE DU 24 FÉVRIER

KHADDAMINE.com

présente une

PLATE FORME SOCIALE ET DE REDRESSEMENT NATIONAL…

[par Kamel Daoud

Le Quotidie d’Oran

le 16 février 2013->http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5179308]

[repris sur algérieinfos

le 16 février 2013

Kamal Daoud, avec les travailleurs de Sonatrach”->http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-kamal-daoud-avec-les-travailleurs-de-sonatrach-115392009.html]

L’effet Khellil. L’effet Meziane. L’effet Belmokhtar. L’effet In Aménas. L’effet départs massifs. Sonatrach va mal: on le sait par sa réputation internationale mise à mal par ses rumeurs de couloirs, la grogne de ses travailleurs et la colère des chômeurs qui l’entourent et l’assiègent. Pour ce prochain 24 février, certains demandent sa «renationalisation», d’autres annoncent une grève.

Rencontre dans un café discret d’Oran, dans les nouvelles cités-pétrole de la décennie. Deux cadres de l’un des GNL d’Arzew. Il fallait être discret car Sonatrach est une mère qui n’aime pas l’inquisition des journalistes: le budget de la Com’ y est énorme, mais reste cantonné à la culture du publi-reportage et de la revue de groupe. Pour faire part de leurs doléances et de leur monde fermé, les travailleurs de la société mère de l’Algérie et de son pain, usent soit de leurs contacts avec les journaux, soit d’Internet. Le site Khaddamine.com y a désormais le poids d’une véritable plate-forme sociale où on peut lire ce que pensent les travailleurs du sud, ce qui se passe dans ces zones off-shore en plein désert, ce qui se décide et ce qui s’y fait. Le net va là où la presse ne peut pas aller sans escortes, autorisations, contacts et permis. D’ailleurs, c’est sur le net qu’on peut lire le communiqué des délégués des travailleurs du sud annonçant une grève pour le 24 du mois prochain. Les causes? On y reviendra.

L’effet Belmokhtar. Dans le café, l’un des cadres qui prépare sa retraite, la cinquantaine entamée, nous explique: «cela dure depuis fin janvier: c’est le calvaire pour aller travailler». La raison? Benmokhtar: son groupe a été décimé à In Aménas, mais l’effet papillon est lourd sur le nord: les mesures de sécurité y ont été poussées aux formules strictes d’un état de siège militaire. Fouilles aux corps des dizaines de milliers des travailleurs des pôles d’Arzew, interdiction d’user des véhicules particuliers, mise à l’écart des sociétés de gardiennage et de sécurité. «Et lorsqu’on compte plus de 30.000 employés, cela donne des heures de retards et un embouteillage monstre». Les travailleurs seront d’ailleurs surpris par les nouvelles mesures «car nous n’avons même pas été informés: le jour J, je suis arrivé avec ma voiture et je me suis vu signifier l’interdiction d’entrer. Je suis revenu chez moi» nous dit Larbi (prénom imaginaire). Lui comme les milliers d’autres. À Arzew, ils sont autant employés de Sonatrach qu’employés des sociétés de sous-traitance qui y assurent chantiers et services. «On doit désormais prendre le bus à partir de chez nous, debout et écrasés les uns contre les autres, descendre au poste de contrôle, y être fouillé puis remonter de l’autre côté du poste. Le problème est que le parc de transport de Sonatrach est insuffisant pour assurer une telle opération et la navette est devenue un calvaire journalier. Quant aux travailleurs sous-traitants dans la zone de GNL3, ils doivent faire les kilomètres à pied».

Les premières semaines se concluront d’ailleurs par un taux d’absentéisme record et des sit-in de travailleurs en colère. Ceux titulaires et ceux assimilés. «Par la suite, les privés ont été autorisés à entrer selon leurs moyens et convenances et nous non» nous dit Ahmed, le cadre sur le point de partir en retraite. «On doit faire presque un kilomètres à pied entre le poste de contrôle et le poste de travail parce que nos voitures sont désormais interdites». Le sujet est d’ailleurs traité sous l’écran de l’émotion «ce ne sont pas nous qui allons faire exploser notre gagne-pain. On nous impose ce que nous n’avons même pas subi durant la décennie 90» après la prise d’otage d’in Aménas.

Depuis le 26 janvier dernier, les grèves se suivent à l’entrée des GNL d’Arzew et Sonatrach ne semble pas avoir trouvé la bonne formule entre impératif sécuritaire et obligation de gestion de son personnel et de ses accès. «La direction nous avoue que cela la dépasse et que ce n’est pas elle qui commande» nous affirme Ahmed. Sur place, l’autorité est actuellement dévolue à la police et aux militaires: les anciens agents de sécurité et leurs sociétés sont mis à l’écart. «En attenant». «L’effet In Aménas est donc là: sous l’impératif sécuritaire, «on cherche à oublier nos revendications. Nous, nous allons profiter de cette conjoncture pour faire entendre notre voix. C’est l’occasion ou jamais» nous affirment nos deux interlocuteurs.

L’effet Khellil. «Que va devenir Sonatrach? Khellil nous a laissé un goût amer après son mandat» nous dira un jour un autre cadre de GLN à Arzew. À tort ou à raison, l’ex-ministre semble avoir laissé le souvenir d’une oligarchie régionaliste et d’une véritable maffia familiale dans les esprits. Le scepticisme sera réactivé avec les récentes révélations de journaux italiens et que la presse algérienne reprend, sur les pots-de-vin sur les gros contrats stratégiques et qui voient revenir le nom de l’ex-ministre de l’énergie et de ses intermédiaires favoris. Le monde discret de la méga-entreprise grouille d’anecdotes sur le mandat de l’ex-golden-old-boy devenu Vip international puis Khalifagate en puissance. «Pour le moment, ce qui nous importe ce sont nos salaires et nos carrières» corrige un peu Larbi. «À chaque fois que nos délégués concluent un accord sur nos vieilles revendications, un PDG s’en va et le suivant met l’accord en veilleuse. De Meziane à l’actuel, on n’a eu que des miettes. Dommage que vous ne pouvez pas venir voir dans quelles conditions on travaille. Voir nos salles d’opérations avec des sièges rafistolés au fil de fer et voir le personnel que l’on habille comme des clowns quand il y a des délégations étrangères». Les rumeurs sur un faux-vrai départ de Abd El Hamid Zerguine, ces deux dernières semaines, auront un lourd impact sur les esprits. «On ne croit même plus au démenti de l’intéressé car on sait comment cela se passe. Maintenant, il faut penser à l’avenir» nous murmure Ahmed penché sur son thé. La formule: «celle de la retraite». Les départs en retraite sont désormais massifs dans cette entreprise. Fausse retraite cependant: le retraité quitte Sonatrach «et se fait recruter juste à côté, par une société étrangère installée en Algérie, qui travaille dans la même zone et pour un salaire double ou triple». Les «étrangers» pompent en effet à la louche dans la ressource humaine de Sonatrach depuis une décennie: les Qataris en tête de liste mais aussi les Français et les autres British. «Je fais le même travail qu’un Philippin et il gagne le triple de mon salaire» lance Ahmed presque en colère. «Je dois penser à moi-même puisque personne ne le fait».

Et cette saignée ne semble pas inquiéter les états-majors du groupe: la coupure de communication et de relation est nette entre les travailleurs, un syndicat «unique», l’UGTA, absolument décrédibilisé et les états-majors paralysés par les successions de dossiers, enquêtes et rumeurs. «Personne n’ose acheter un stylo à Sonatrach: tout doit remonter vers Alger et les gens d’Alger tremblent dans leurs pantalons depuis des mois. Personne ne veut prendre la responsabilité ni la décision» nous confirment nos sources. L’effet des enquêtes paralyse la société depuis la chute de Khellil et de l’ex-PDG Mezaine et des siens. Un chiffre qui fait le buzz sur le net: la production du secteur des hydrocarbures qui enregistre, «une croissance négative depuis 7 ans» et qui «aurait même reculé de 20% depuis 2005». Et c’est l’ex-ministre des Finances, Abd El Latif Benachenhou qui l’aurait affirmé récemment à Alger.

Khaddamine de Sonatrach. Il n’y pas que les chômeurs du Sud qui demandent la «renationalisation» de Sonatrach, perçue comme une société privée sous emprise d’une gestion contrôlée par certains. Il y a aussi les travailleurs.

Le mot khaddamine, dans la culture algérienne, a charge de «peine à vivre», un soupçon d’exploités néocoloniaux, une aura de prolétaires face à des exploitants mauvais. C’est peut-être ainsi que les travailleurs de cette société se voient.

Le site Khaddamine est donc une véritable mine d’or pour ceux qui veulent un peu s’intéresser à l’univers Sonatrach, ses forums, ses primes, ses attentes et ses rémunérations et ses débats.

C’est ici qu’on peut lire la nouvelle plateforme de revendications annonçant la grève du prochain 24 février.

«Oui on le sait» nous confirme Larbi. «Mes amis m’ont dit qu’ils demandent maintenant 50% d’augmentation de salaire. Une fois pour toutes» justifie Ahmed, en souriant. On précise d’ailleurs, à l’intitulé du communiqué, que la revendication se fait «sans le partenaire sociale l’UGTA», un syndicat qui ne semble plus contrôler le monde Sonatrach, ni ses grèves et mouvements sociaux depuis des années. Le communiqué est d’ailleurs clos sur une pointe d’humour: «tout le monde est en grève pourquoi pas Sonatrach».

L’effet printemps «arabe»? Oui, car s’il n’y a pas eu de révolution en Algérie, il y a eu des augmentations et les travailleurs de «l’Etat dans l’Etat» veulent aussi leur part.

Le ton est celui de l’époque des révoltes. Sur la liste, on lira l’essentiel de ce que revendiquent les travailleurs.

  • D’abord, un calcul des primes sur la base du nouveau salaire de base et pas sur l’ancien car là on se fait arnaquer: le salaire de base change mais l’indice des primes est maintenu selon l’ancien salaire» nous affirme Ahmed.
  • La plate-forme exige aussi la dissolution de l’UGTA au sein de Sonatrach. «Syndicat national «dégage» y lit-on.
  • Les travailleurs demandent aussi L’application «du système de rémunération ou retour sur l’ancien système catégoriel.
  • Le calcul de l’ITP, Nuisance et toutes les indemnités sur le salaire de base actuel. Le calcul des IZCV sur le SNMG sur 18 000 DA et non pas sur 15 000 DA.
  • L’amélioration des conditions de vie sur les bases et chantiers SH (restauration, sport, loisirs … wifi…).
  • L’augmentation du salaire de base 50 % rappel 2008.
  • La généralisation du système de travail 4×4 pour l’ensemble des travailleurs, en application de la circulaire Réf : snes/sg./n°19/11 du 21-12-2011…
  • L’augmentation des primes (annuelle, PRC / PRC….).
  • La liste insiste, et à dessein sur la formation et stage pour les travailleurs et le turn-over des responsables (directions/régions) pas «plus de 3 ans dans le poste même structure».
  • On peut aussi y retenir les demandes d’application des circulaires pour les prêts divers, l’augmentation des frais de mission et des primes de risque liés à la sécurité ou au terrorisme.
  • On notera aussi cette demande de «lutte contre le gaspillage – (abus des dépenses aux réceptions – Abus des missions à l’étranger….).

La liste des revendications semble être toutefois encore ouverte à l’enrichissement comme on peut le lire sur le site des concernés. Effet Internet et Facebook oblige, là où autrefois l’UGTA avait l’absolu monopole.

Exagéré? «À peine, si on calcule que sur un simple contrat certains peuvent s’offrir 200 millions de dollars de pots-de-vin» nous dit un cadre.

Indice majeur sur le mal-être Sonatrach depuis une décennie. L’entreprise la plus sérieuse d’Algérie aura beaucoup de mal à restaurer son image: à l’internationale ou auprès de ses Khaddamine.

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LE « PEUPLE MORT », LAKHSMI MITTAL ET ABED CHAREF

par Saoudi Abdelaziz

le 14 février 2013

« Le peuple algérien est mort » semblent dire des chroniqueurs algériens. Pousser un âne mort, Tabä fi hmar miyat? C’est usant, mais les chroniqueurs ne reculent pas devant cette besogne ingrate! Les esprits forts qui commentent pour nous le monde comme il va, l’écrivent, puis le réécrivent interminablement, tendant au «peuple» un miroir où il n’est vraiment pas beau à voir.

Le « peuple » algérien est houspillé parce qu’il n’a pas voulu envahir les rues et crier dégage! On se rappelle le flop de la place du Premier mai, il y a deux ans, jour pour jour. Ensuite, les chroniqueurs ont quand même laissé au peuple une autre chance, expliquant, avec le concours de Benjamin Stora, l’échec de l’appel à la révolution: traumatisés par la décennie noire, les Algériens ne veulent pas prendre de risque. Patients, les chroniqueurs le sont, mais trop c’est trop. Aujourd’hui, le peuple vraiment incorrigible, ne veut pas sortir hurler sa colère, comme un seul homme, après les révélations italiennes sur les turpitudes de Khelil et du neveu de Bedjaoui.

Le peuple algérien ne vaut décidément rien: voilà ce que savent dorénavant avec certitude les chroniqueurs qui l’observent depuis de longues années. Ils disent: à quoi bon rentrer dans les détails pour analyser la société, en haut il y a les décideurs avec corrompus et privilégiés qui gravitent autour d’eux, en bas, «regardant toujours sous les balcons », « un peuple brimé, assisté, qui passe son temps à regarder son ventre et à penser à plus bas que son ventre». C’est le constat amer de Moncef Ouafi qui relève ce matin Kamal Daoud dans la rubrique raïnaraïkoum du Quotidien d’Oran.

Les ouvriers du complexe sidérurgique d’El Hadjar qui triment sur les laminoirs «pensent plus bas que leurs ventres» semble aussi dire Abed Charef dans “La Nation.” Dénonçant la prise de contrôle éventuelle du complexe sidérurgique d’El Hadjar par le holding public Sider, il balaie d’un revers ironique l’accueil favorable à cette mesure exprimé par les salariés. «L’Algérie est donc prête à mettre de l’argent, sous les applaudissements du syndicat de l’entreprise». Il nous donne le scoop: «Pour ces «représentants des travailleurs», le complexe doit continuer à tourner, y compris à perte. Et puisque le géant de l’acier ne veut pas mettre de l’argent pour moderniser les équipements, payer les salaires, et garantir une rente de situation, c’est l’Etat algérien, à travers SIDER, qui va le faire».

Les salaires des ouvriers qui triment dans les hauts fourneaux deviendraient-ils des rentes à garantir à perte? Le journaliste semble croire que tout ressort patriotique créateur a disparu parmi les ouvriers et les cadres qui ont bâti la sidérurie algérienne. Les motivations d’une prise de contrôle publique? La réponse est évidente: «Cela évitera aux gouvernants de faire l’effort nécessaire qui s’impose: accompagner ArcelorMittal, le pousser à terminer les mutations nécessaires pour faire du complexe d’El-Hadjar un ensemble moderne et rentable, d’opérer les restructurations nécessaires et d’introduire les nouvelles techniques requises.»

Car le problème que doit affronter le pauvre Lakshmi Mittal, entreprenant capitaliste fourvoyé dans le pays de la rente, c’est qu’ «il a hérité d’une entreprise en état de sureffectif» et qu’on ne le laisse moderniser, alors que «le seul souci des autorités est de préserver la paix sociale, quel qu’en soit le prix».

Puisque Abed Charef nous plonge dans la science des comportements et des motivations, pourquoi ne pas voir aussi ce qui fait courir Lakshmi Mittal? Lisons ce que dit de lui le professeur Philippe Lukacs (Le Monde.fr) qui enseigne le management de l’innovation à l’Ecole centrale de Paris :

«La famille Mittal fait partie de cet ensemble de lignées toutes originaires du Rajasthan et que l’on appelle Marwari. Elles constituent une communauté d’intérêts. Ce sont des lignées de commerçants et de prêteurs (…). Leur dharma, leur devoir, leur « vocation », est de s’enrichir. Quels que soient les moyens utilisés.

Ce sont eux qui, en Inde, prêtent à des taux particulièrement usuraires et sont, à juste titre, la terreur des paysans.

Un petit nombre d’entre elles (les Birla et Jindal, avec les Mittal) contrôlent trois des cinq majors steel companies (grandes entreprises sidérurgiques), une grande partie de l’industrie manufacturière et du commerce du thé et des textiles».

Saoudi Abdelaziz, 14 février 2013

Sources: algerieinfos-saoudi.com

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L’ ALGÉRIE NATIONALISE TOUT, Y COMPRIS LES PROBLÈMES

Abed Charef

La Nation

le 13 Février 2013

Nationaliser El-Hadjar? L’idée est dans l’air, malgré les dénégations d’ArcelorMittal. Elle va faire exploser le «wataniomètre». Mais nationaliser pourquoi faire? Pour subventionner encore et encore, pendant des décennies?

L’opération est lancée. L’Algérie veut acheter un nouveau problème. Ou, plutôt, le racheter. Une nationalisation héroïque, réalisée grâce au droit de préemption et à la fameuse règle du 51/49. Pour y arriver, l’Algérie va débourser près de 200 millions de dollars.

La mobilisation est ainsi décrétée, et le pays va déployer les grands moyens pour reprendre possession d’un problème dont il s’était momentanément débarrassé. Des ministres et des experts, de grands patrons d’entreprises et des banquiers sont mis à contribution, pour boucler rapidement l’opération, qui consiste à redevenir majoritaire au complexe sidérurgique d’El-Hadjar.

Malgré le démenti d’ArcelorMittal, qui affirme sa volonté de rester en Algérie, des informations font état de démarches engagées par l’entreprise Sider pour mener l’opération. Sider bénéficie de l’appui du ministère de tutelle -en fait, elle applique les ordres reçus-, ainsi que du concours de la Banque Extérieure d’Algérie, qui a elle aussi reçu l’ordre de financer l’opération, sans savoir où elle va la mener.

Officiellement, l’opération est présentée comme un sauvetage. Le géant ArcelorMittal, qui détient 70% des parts du complexe d’El-Hadjar, a des difficultés à faire face à une situation délicate: faible productivité, rentabilité aléatoire, mauvaise spécialisation, équipements obsolètes, chute du marché de l’acier, etc. Ces problèmes ont débouché sur une instabilité chronique, qui provoque des grèves à répétition, avec un syndicat qui s’accroche encore à la culture GSE, en voulant imposer des investissements, des choix économiques et technologiques à une entreprise qui demeure tout de même un leader mondial dans son domaine.

Quelle est la stratégie d’ArcelorMittal face à une telle situation? Calmer le jeu, et maintenir ses positions, en tirant le maximum de profits. A-t-il envisagé de se désengager discrètement? Peut-être. Car si le marché algérien est prometteur, le géant mondial de l’acier fait ses calculs: il a hérité d’une entreprise en sureffectif, en sérieuse difficulté, dans un pays qui voulait assainir son économie. Il se retrouve dans un pays où le seul souci des autorités est de préserver la paix sociale, quel qu’en soit le prix. Visiblement, c’est un choix qui n’intéresse pas ArcelorMittal.

L’Algérie est donc prête à mettre de l’argent, sous les applaudissements du syndicat de l’entreprise. Pour ces «représentants des travailleurs», le complexe doit continuer à tourner, y compris à perte. Et puisque le géant de l’acier ne veut pas mettre de l’argent pour moderniser les équipements, payer les salaires, et garantir une rente de situation, c’est l’Etat algérien, à travers SIDER, qui va le faire.

La combine est assez simple. L’Etat algérien prendrait en charge un crédit à court terme de 122 millions de dollars, ainsi que les intérêts qui en découlent. Il faudra ensuite avancer l’argent nécessaire pour payer les salaires et les frais de fonctionnement, car le complexe est virtuellement en état de cessation de paiement. Ensuite, l’Etat algérien, par le biais de SIDER, va avancer 200 millions de dollars pour moderniser certains équipements. Tout ceci pour revenir au point de départ: l’Algérie va disposer d’un complexe sidérurgique qu’elle n’a pas su gérer dans le passé, qu’elle ne saura pas gérer à l’avenir. Mais comme, cette fois-ci, elle a de l’argent, elle se sent en mesure de jeter quelques centaines de millions de dollars pour pouvoir appliquer le droit de préemption.

Que va gagner l’Etat algérien? Il va se réapproprier un problème qu’il avait réussi à refiler momentanément à ArcelorMittal. Le géant indien de la sidérurgie avait entamé le travail de réorganisation et de modernisation du complexe d’El-Hadjar, selon une vision purement financière. Il ne pouvait en être autrement: il a pris possession du complexe au moment où l’Algérie appliquait avec zèle les recommandations du FMI relatives à la privatisation. Mais ArcelorMittal n’est pas allé au bout de sa logique. Il n’a pas achevé la mutation du complexe, pour de multiples raisons. À cause de la crise, mais aussi à cause de l’embellie financière qu’a connue l’Algérie, et qui lui a permis de redécouvrir le «patriotisme économique» et la rente.

Partenaire indésirable

Aujourd’hui, le gouvernement algérien pense que la présence d’ArcelorMittal n’est plus indispensable. Elle est même gênante. Ce partenaire étranger peut repartir. Il est temps de reprendre la bonne vieille tradition de la gestion algérienne, celle de la subvention, de la production à perte, de la paix sociale à tout prix. Pourquoi s’embarrasser de partenaires étrangers quand l’argent du pétrole permet de tout régler?

En fait, le gouvernement a fait le choix qu’il fallait à tout prix éviter. L’éviter non par dogmatisme, par refus de l’économie étatique, par un rejet du patriotisme économique, ou par une quelconque préférence systématique à l’investissement privé étranger. Mais par simple bon sens: SIDER n’a pas su gérer le complexe hier, elle ne saura pas le gérer demain. Elle ne pourra pas en faire un ensemble performant. Les mêmes méthodes bureaucratiques qui ont dominé hier s’imposeront demain, et El-Hadjar sera de nouveau un centre de distribution de la rente au lieu de devenir un lieu de création de richesse.

Mais pour le les gouvernants algériens, ce choix, le plus ruineux, est évidemment le plus facile. Il suffit de signer une décision, et de signer ensuite des chèques. Pas de production, pas de modernisation, pas de grève, pas de menace contre la paix sociale. Cela évitera aux gouvernants de faire l’effort nécessaire qui s’impose: accompagner ArcelorMittal, le pousser à terminer les mutations nécessaires pour faire du complexe d’El-Hadjar un ensemble moderne et rentable, d’opérer les restructurations nécessaires et d’introduire les nouvelles techniques requises.

Au lieu de cela, les gouvernants algériens se complaisent dans un discours supposé nationaliste, mais en réalité un discours creux, qui cache une incompétence totale et une incapacité à aller vers une gestion dynamique, moderne que requiert l’économie du nouveau siècle. Un discours qui, au final, prive l’Algérie d’une place à sa mesure dans le monde économique d’aujourd’hui, et la condamne à demeurer un exportateur d’hydrocarbures et un importateur-de-tout.

Sources: La Nation

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LA LETTRE DE LA FONDATION GABRIEL PÉRI – INVITATIONS (RAPPEL)

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LA LETTRE DE LA FONDATION GABRIEL PÉRI

INVITATIONS

Février 2013

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INITIATIVE

CONTENUS D’ENSEIGNEMENT: POLITIQUES, SUPPORTS ET USAGES

Mardi 12 février à 18h00

présentation du dossier publié dans le numéro 372 de “La Pensée”


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NOUS AVONS LE CHOIX!

Mardi 19 février 2013, à 18h30

rencontre avec les auteurs, Louise Gaxie et Alain Obadia.

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Cycle de conférences sur l’espace sahélo-saharien

Prochaine séance:

« RESSOURCES STRATÉGIQUES ET ÉVOLUTIONS POLITIQUES EN ZONE SAHÉLO-SAHARIENNE »

le mardi 26 février 2013 à 14 h 30.

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LA CHINE APRÈS LE 18e CONGRÈS: CHANGEMENT OU CONTINUITÉ?

Mercredi 27 février 2012 à 18h30

rencontre avec Dominique Bari , journaliste, Zheng Ruolin , correspondant du quotidien shanghaien “Wen Hui Bao”, et Jean-Claude Delaunay , économiste

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PUBLICATIONS

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LA PENSEE n° 372

Dossier : Contenus d’enseignement

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Politiques, supports et usages

Le développement des savoirs va croissant dans les sciences, dans la technologie, comme dans les arts et bien d’autres domaines de la connaissance: ces savoirs exigeants et les formes de raisonnement très élaborés qu’ils véhiculent modèlent de plus en plus les postes de travail comme la vie sociale. Mais ces savoirs et formes de raisonnement sont inégalement maîtrisés par les adultes.

Pour changer ce constat, une première piste réside dans une nouvelle étape de démocratisation du système scolaire. Dans cette perspective, l’école se trouve au défi de conduire l’ensemble d’une génération vers des études longues pour former la future génération d’adultes, de penser les contenus à enseigner et la façon de le faire de telle manière que tous les élèves apprennent. Et ce, alors même que les scolarités longues ont été ouvertes en droit à tous les enfants, et donc que les enseignements secondaire et supérieur n’accueillent plus seulement des «héritiers» dans la connivence avec la culture savante, et que l’école primaire a été dotée de la nouvelle mission de préparer chacun à des études longues.

Prix : 19€

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LE POUVOIR A-T-IL UN SEXE?

organisé en collaboration avec des membres du groupe « Femmes et Pouvoir » de l’Initiative Féministe Européenne pour une autre Europe.

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Le pouvoir a-t-il un sexe ?

« Le pouvoir a-t-il un sexe?» C’est cette interrogation que la fondation Gabriel Péri et un collectif de travail «Femmes et pouvoir» de l’Initiative féministe pour une autre Europe, ont choisi de donner pour thème au séminaire qu’ils ont organisé ensemble, et dont on trouvera dans cette publication l’ensemble des auditions réalisées à l’occasion des séances de travail qui l’ont scandé, de février 2008 à mars 2011.

Si la place des femmes en politique – et particulièrement en termes de représentation – reste très médiocre en France, on sait qu’elle est loin d’être conforme à l’aspiration à l’égalité des droits dans la quasi-totalité des pays européens, pourtant réputés développés et démocratiques.

On sait également qu’elle est, au fond, le prolongement des inégalités au travail, à l’accès aux responsabilités dans les entreprises et, plus généralement, dans la vie quotidienne.

Certes des progrès, parfois très appréciables, ont été accomplis ces dernières décennies. Ils font l’objet d’appréciations diverses, tout comme la nature et l’ampleur des nombreux combats qui restent à mener.

Prix : 7€

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NOUS AVONS LE CHOIX!

Ouvrage de Louise Gaxie et Alain Obadia,

publié par la Fondation Gabriel Péri.

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Nous avons le choix !

Avant d’écrire ce livre ensemble, Louise Gaxie et Alain Obadia se sont beaucoup parlé.

Une génération les sépare. Leurs parcours et leurs expériences sont très différents… Mais tous les deux ne veulent pas «s’en laisser conter».

Ils partagent la conviction que la politique n’est pas impuissante, et qu’elle peut modifier un cours des choses réputé inéluctable.

Pour en faire la démonstration, ils font retour sur l’histoire, les progrès qui l’ont jalonnée, et invitent à méditer les propos – beaucoup plus nombreux qu’on veut bien le dire – de celles et ceux qui non seulement critiquent un système capitaliste prétendument indépassable, mais esquissent les contours d’une autre façon de vivre en société, une autre civilisation.

Ils avancent des analyses et des propositions qui montrent que nous ne sommes pas condamnés à l’austérité sans fin(s), que d’autres futurs sont possibles.

Ce livre est souvent, et utilement, érudit. Et tout autant profondément ancré dans les réalités d’aujourd’hui. Pour ces deux raisons il est important, et nous formons le vœu qu’il stimule la réflexion et suscite le débat.

Prix : 15.00 €

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Fondation Gabriel Péri

11 rue Étienne Marcel – 93500 Pantin – France

T +33 (0) 1 41 83 88 50 F +33 (0) 1 41 83 88 59

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« L’ ALGÉRIE DANS SA DIVERSITÉ »


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Tannant uselmed n Tmaziɣt – STAGE DE FORMATION DE LANGUE AMAZIGHE 21 fevrier 2013 -Awlawal seg Wehran;


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ABDELKADER MEKIDECHE – L’INFATIGABLE INSPECTEUR DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIREsite jijel-archeo.


GUIDE TOURISTIQUE DE TEMOUCHENT INVITATION À DÉCOUVRIRPetit guide pour visiter la région de l’Oranie – par Bachir et Boumediene Lechlech


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Abdelkader Mekidèche

L’infatigable inspecteur

de

l’enseignement primaire

Depuis longtemps, je voulais écrire sur le très dévoué à l’enseignement, l’ancien inspecteur des enseignements primaires, le regretté Abdelkader Mekidèche. Aujourd’hui, je rends un hommage appuyé à l’un des premiers normaliens d’Algérie, à celui qui après avoir subi les humiliations et les tortures du système dur et injuste du colonialisme, eut à monter avec d’autres patriotes les premières classes d’études primaires de la région de Jijel. Un travail laborieux écrit avec une rigueur inouïe que l’on ne retrouve plus maintenant.

Je ne prétends pas ici écrire une biographie ou histoire sur le personnage qui demanderait plus de temps. Et par delà le livre qu’Abdelkader Mekidèche avait édité et que j’avais lu “Regards sur l’Ecole et la Vie”, aussi fluide et «simple» qu’était son auteur, nourri de pédagogie, je voulais ajouter une anecdote soutenant le sérieux et l’abnégation de notre regretté inspecteur tout en renforçant le présent hommage.

Moi, je l’ai connu furtivement alors que j’étais petit. Toutefois c’était un ami de mon père. Je me souviens qu’un jour, on devait partir moi et un copain de l’école primaire El Hayat (Medersa) en compagnie de notre maître d’école et de notre inspecteur Abdelkader Mekidèche, pour El Milia ou devait se dérouler l’inspection d’un enseignant. Il nous avait rendez-vous au centre ville de Jijel, près de la grande mosquée. De bon matin, d’une journée d’hiver froide, nous sortîmes chacun de chez nous, et nous nous dirigeâmes vers notre lieu de rencontre et attendions, non sans que des instants notre cœur palpite plus fort, l’arrivée de monsieur Mekidèche. De loin, alors qu’il n’y avait que peu de passants, nous reconnûmes la voiture de notre cher convoyeur, une deux-chevaux de couleur crème ou marron-claire, si je ne m’abuse. En tant que gosses, nous étions enthousiasmés. Cependant la joie n’a été immense que lorsqu’on roulait sur l’asphalte bien entretenu, on observait les premiers paysages vierges de l’Algérie naissante. Des montagnes, des oueds, de la verdure, des alignements d’arbres, des ponts, tout était extrême pour exciter nos yeux hagards et notre curiosité de jouvenceaux.

À la vue d’un troupeau de vaches tout en conduisant, et oui ce n’est plus comme maintenant ou l’on emploie à tout bout de champ et sans merci les deniers de l’état, il nous posa la question suivante (voyez que même en route on travaillait!): «Quelle est la différence entre l’animal et l’homme?». Il voulait aiguiser notre savoir et apprécier la façon dont nous nous conduisions à la réflexion. En bon pédagogue, il l’était. Bien sûr, on en a donné pas mal de réponses aussi sensées qu’éclatantes pour les petits écoliers que nous étions. Le jeu était plaisant jusqu’à El-Milia.

Ce dont je me remémore encore durant cette magnifique journée, sitôt finie l’inspection, c’est le déjeuner en plein air dans la cour de l’école d’El-Milia.

Une longue file d’attente d’élèves se dirigeait avec correction vers une vieille femme assise et qui tendait à chacun un morceau de fromage blanc et une tranche de pain. Leurs goûts me viennent à la bouche. On mangeait sous les yeux rieurs de nos tuteurs qui se tenaient à côté du directeur de l’école et nous avions le sentiment que nous étinst à la fois élèves et invités. Des impressions évanouies en même temps que la déliquescence de nos écoles.

Bon, c’est là autant que je puisse m’en souvenir, ma prime rencontre avec l’homme dont mon père, enseignant dès l’indépendance, me disait beaucoup de bien et qui nous avait accompagnés à El-Milia.

Cependant le meilleur hommage que l’on puisse lui ajouter, pour comprendre la vie de l’Homme, c’est d’éditer ici la biographie écrite par Chirine Mekidèche et extraite de son livre «Regards sur l’École et la Vie» .

K. H.

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L’instituteur Mekidèche Abdelkader posant avec sa classe

à l’École Jean Jaurès (Mekidèche Mahmoud!). Jijel – 1953

Biographie

Mekidèche Abdelkader est né le 17 décembre 1913, à Jijel d’un père agent d’affaires en produits forestiers et en vins, travaillant pour le compte d’un marseillais installé à Alger, bailleur de fonds.

Il demeura à son service sa vie durant. Le père avait fréquenté l’école française – et non indigène – celle-ci n’ayant pas encore été créée quand il fut scolarisé en 1885. Sa famille s’est toujours enorgueillie de compter dans son histoire une lignée de quatre imams, imam et taleb à la fois. Le dernier d’entre eux, Si-Ali, désespérant de voir se perpétuer la tradition fit jurer au père de l’auteur non encore marié, d’élever son premier fils éventuel dans la tradition et de faire de lui un imam-taleb.

Il était prédestiné à l’enseignement avant de naître. L’auteur fréquenta donc la Zaouïa pendant sa prime enfance, Zaouïa qui n’était qu’une pièce de la maison familiale ouverte sur la façade à cet effet.

En 1920, à l’âge de sept ans, il est encore scolarisé à l’école indigène à deux classes de sa ville.

En 1928, il réussit au certificat d’Etudes à titre indigène et en 1929 au concours des Bourses des cours complémentaires. Il poursuit donc ses études au Cours Complémentaires indigène de Béjaïa.

En 1932, il décroche son Brevet Elémentaire mais ne se présente au Concours d’entrée à l’Ecole normale d’Alger Bouzaréah qu’en 1933 et avec succès. Mouloud Feraoun l’y a devancé d’une année.

1933-1936: «Trois années d’Ecole Normale, trois années inoubliables incrustées dans la mémoire telle une inscription sur le marbre.» lit-on dans l’ouvrage. Cette école de la justice, de l’égalité et de la fraternité ne pouvait pas ne pas le marquer profondément dans ces idéaux comme elle l’a fait pour tout normalien. «N’est-ce pas que tous mes camarades se ressemblent?». Alors se forme-t-on soi même ou sommes-nous modelés par d’autres? s’interroge l’auteur.

1936 : Réussite au Brevet supérieur et nomination dans une école à classe unique sur la montagne de M’Chatt, à 70 km de Jijel.

Décembre 1937- Septembre 1940: il est incorporé comme soldat de deuxième classe au onzième régiment de Tirailleurs algériens et fait la guerre de 1939 en Tunisie, face aux soldats italiens, en première ligne.

Septembre 1940: il est démobilisé et nommé à l’école d’El-Gabel.

Puis il occupera successivement toujours à sa demande, le poste d’instituteur indigène à l’Ecole Indigène d’Aïn Beida (1942-1946), du Khroubs (1946-1951), de Duquesne, actuellement Kaous, à 10km de sa ville natale (1951-déc. 1952), enfin à Jijel où il exerce dans la même école où il avait été élève dans les années 1928 et 1929.

Mars 1955 : il entre en contact avec le maquis et deviendra résistant actif pour «suivre la voie que le peuple a choisie» n’abandonnant pourtant jamais tout à fait son rêve de voir son pays se libérer et s’émanciper par l’Ecole et la formation des hommes.

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17 janvier 1957 : Arrêté et accusé à tort d’être le chef de la Révolution, il est torturé à mort, condamné à quatre années de prison ramenées après appel à deux années passées à la prison de Bejaia.

Mars 1959 : il est libéré, déchu de ses droits civiques et interdit d’exercer toute activité d’enseignement.

Il ne sera réintégré à l’Education Nationale qu’à l’indépendance, et exercera jusqu’à sa retraite, en 1975, les fonctions d’inspecteur des enseignements élémentaire et moyen de la circonscription de Jijel

D’après Chirine Mekidèche

Extrait du livre Regards sur l’École et la Vie

jijel-archeo © février 2013

Sources: Jijelarchéo

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GUIDE TOURISTIQUE DE TEMOUCHENT

INVITATION À DÉCOUVRIR

Petit guide pour visiter la région de l’Oranie

par Bachir et Boumediene Lechlech

cliquer sur les illustrations pour mieux accéder au texte

Bonsoir chers (es) amis (es) et camarades ,

appréciez, à travers ce petit guide, la région de l’Oranie dont le substrat bèrbère fecond est le plus dense et le plus riche , à mon humble avis.

Invité une fois en Kabylie, l’année 2001, à l’université de Bejaïa pour participer à une rencontre scientifique, j’ai apporté devant ses élèves, la contradiction à un éminent linguiste absent (S.Chaker), sur l’origine du toponyme ‘‘Tamazight ». Il prétendait qu’on ne le retrouve que dans le sud algèrien chez nos compatriotes Touaregs et au Maroc. Alors que dans le témouchentois il existe non loin du Tessala ,  »Tamzougha » appellation du village colonial au nom de Saint Maur, dont la racine est identique.

Les universitaires n’ont pas admis que le travail de leur  »maître penseur » soit remis en cause par un inconnu.

J’allais m’inscrire pour un magister à l’université de Tizi Ouzou en 1990, comme seul non Kabyle, dans le département  »Culture et civilisation Amazigh » nouvellement crée, mais en vain car la sélection se faisait, comme partout, sur des bases politico-idéologiques,

et … avec un projet de recherche sur l’histoire de la musique algérienne depuis l’antiquité…

Ce sont mes camarades de la fédération du PAGS de Tizi Ouzou qui me l’ont dit avant que je ne présente devant un jury dont un jour, peut-être je révélerai la composition, et surtout celui de son président d’un anti-communisme primaire, lui -même venu tardivement au  »bérbérisme » par opportunisme.

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Ce guide bien sûr a été imaginé pour un devoir de français avec Bachir (mon fils) qui avait à l’époque 14 ans.

L’agence touristique est fictive.

Mais c’est une invitation à visiter la région , d’abord à mes camarades les vétérans du PCA et du PAGS.

Alors bon voyage virtuel d’abord, en attendant de le concrétiser ensemble. _ Pourquoi pas ?

Amicalement.

B.Lechlech

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حديث مع فهمي هويدي عن اغتيال شكري بلعيد

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اغتيال بلعيد كان تتويجاً مرّاً لاعتداءات أخرى عليه (فتحي بليد – أ ف ب)

ياسين تملالي

يبدو أنّ فهمي هويدي احترف الدفاع عن الحكم الإخواني في تونس، ولو حتّم عليه ذلك تحوير الأحداث الجارية في هذا البلد بما لا يتلاءم والموضوعية المطلوبة من كاتب في مثل مقامه. ما أشدّ خيبتي، وأنا أكتشف في مقالين له نُشرا أخيراً عن اغتيال الزعيم اليساري شكري بلعيد ما يُعد بعضُه مزاعم صريحةً وبعضُه الآخر دليلاً على أنّه لا ينظر إلى الوضع التونسي بغير نظارة «النهضة» الخضراء.

في مقاله الأول بعنوان «فيلم قديم» (10 فبراير/شباط 2013، «الشروق» المصرية)، يقول فهمي هويدي إنّ هذه الجريمةَ تذكره بجرائمَ مماثلة دبرتها في إيران استخبارات الشاه، واتهمت بها الحوزة العلمية وخطّط لها في تركيا غلاةُ العسكر العلمانيون ثم نسبوها إلى حزب العدالة والتنمية. ويضيف: «القصة ليست جديدة إذاً، لكنّها في الحالة التونسية ساذجة أيضاً. فبشاعة الجريمة لا جدال فيها، لكن توجيه الاتهام إلى حركة وحكومة «النهضة» يبعث على الدهشة والارتياب، لأنّ الحركة التي عرفت باعتدالها وبرفضها الدائم للعنف، مع حرصها الشديد على التوافق الوطني، لا يصدق أي عقل رشيد أن تكون لها أية علاقة بجريمة القتل ولا بتفجير الموقف الداخلي، حيث يفترض أن ينصب جهد حكومتها على إشاعة الاستقرار والانتقال بتونس إلى عصر جديد».

وفضلاً عن أنّ هذا الكلام بروباغندا ليست لغتُها أقل «خشبية» من لغة المنافحين عن الأنظمة العربية البائدة، فهو ينمّ في أحسن الأحوال عن عدم إلمام بالوضع في تونس، لسببين اثنين. الأول أنّ الحديث عن مسؤولية الإسلاميين لم يأتِ من فراغ، فاغتيال شكري بلعيد كان تتويجاً مرّاً لاعتداءات أخرى عليه، كمحام (يوم مرافعته عن قناة نسمة بعد عرضها فيلم «برسيبوليس»)، وكزعيم سياسي (يوم 2 فبراير/شباط الماضي في مدينة الكاف، مثلاً)، وهي اعتداءات لا يسع أيّ قاض نزيه سوى اعتبارها قرينة قد تنير طريق التحقيق. السبب الثاني أنّ الاتهامات التي وُجهت إلى «النهضة» لم تنصبّ على ضلوعها في الجريمة بقدر ما انصبت على مسؤوليتها ـــــ ومسؤولية حكومتها الائتلافية ـــــ عمّا تعرفه الحياة السياسية من عنف أبطالُه دون منازع إسلاميون. فهمي هويدي يقرّ بذلك في موضع آخر، قائلاً إنّ هذه الاتهامات «تراوحت بين تحميل (هذه الحركة) المسؤولية عن قتل الرجل (…) وبين تهيئة الأجواء التي أدت إلى وقوع الجريمة»، لكنّه يبني استدلاله على «مزعم» اتهام جميع المعارضين للنهضة بالتورط مباشرة في قتل شكري بلعيد. «فيلم قديم» حقاً أن نقوّل الخصم ما نشاء ليسهل علينا نقضُ كلامه.

الاتهامات الموجهة إلى الحزب الحاكم في تونس هي إذاً بالأساس اتهاماتٌ بتساهله مع طرفين مهمين في الساحة السياسية التونسية: السلفية «الدعوية» و«روابط حماية الثورة». السلفية (ولا نتحدث هنا عن المنظمات الجهادية، فذلك أمر آخر) تصول وتجول منذ قرابة سنتين مرهبة خصومها من يسار ويمين دون وازع من وزارة الداخلية (اللهم إلا إذا طالت أيديها المصالح الأجنبية، كالسفارة الأميركية مثلاً). أما روابط حماية الثورة، فهي تحديداً ما يعسّر اعتبارَ النهضة حركة «عرفت باعتدالها وبرفضها الدائم للعنف». لن نجافي الحقيقة كثيراً إن قلنا إنّ هذه التنظيمات ميليشيات شبه رسمية، تتمتع بقدر معتبر من الاستقلالية عن الحزب الحاكم (مردُّه انغراسُها في الشرائح الشبابية الشعبية) ويُصوَّر لها المعارضون، سواء يمينيين كانوا أم يساريين، ككيان واحد «كافر»، يكره الشعب ويحتقره، بل ويحنّ إلى النظام القديم.

أتُرى فهمي هويدي يجهل أن جهدَ روابط حماية الثورة انصب على تفريق تظاهرات المعارضة لا على «حماية مكتسبات» الانتفاضة التونسية (ومنها حق التظاهر السلمي بطبيعة الحال)؟ ألا يعرف أنّ الحكومة الائتلافية سعت إلى حلّ فرعها في تطاوين بعد ضلوعه في أحداث عنف يُعتقد أنها تسببت في مقتل لطفي نقض، ممثل حركة نداء تونس في هذه المدينة، يوم 18 أكتوبر/تشرين أول 2012؟ ألا يدري أنّها (بشهادة وزارة الداخلية النهضاوية) حاولت، يوم 5 ديسمبر/كانون الأول 2012، اقتحامَ مقر الاتحاد العام التونسي للشغل في العاصمة في الذكرى الستين لاغتيال فرحات حشاد، شهيد الحركة النقابية والوطنية التونسية، وكانت قد هاجمت قبل ذلك مقارّه في مدن أخرى ودنستها بأكوام الزبالة؟ عكس منفذي مؤامرات «السافاك» وغلاة العلمانيين الأتراك، قادةُ هذه الميليشيات معروفون اسماً وسناً ومسكناً، يظهرون في وسائل الإعلام مكشوفي الوجوه ويصعب القول إنهم «مندسون» في صفوف التيار الإسلامي، اللهم إلا إذا «اندسوا» بمعرفة النهضاوي علي العريض، وزير داخلية حكومة الائتلاف، وبتواطؤ زميله نور الدين البحيري، وزير العدل.

وفي مقال آخر بعنوان «اللعب على المكشوف في تونس» (11 فبراير/شباط 2013، «الشروق» المصرية) ـــــ ورغم أنّه يعيب على غيره الخلط بين الجهاديين و«الدعاة» المسالمين ـــــ يواصل فهمي هويدي هجومه على ما يصوره «معارضة تونسية» واحدة متحدة، لا فرق بين فلول انتهازية ومناضلين شرفاء، بين الوزير الأول السابق، الباجي السبسي، رئيس حزب نداء تونس (ورئيس البرلمان المخلوع في 1990 ــــ 1991)، ووجوه اليسار ممن كادت أن تفنيهم «السلخانات البنعلية» ولم يتذرعوا بعلمانيتهم لمناصرة السلطة على النهضاويين والسلفيين. في هذا النص، نقرأ بريشة من استحق عن جدارة لقب «مثقف الإخوان العضوي» أنّ «القوى المعارضة سارعت إلى اتهام النهضة بعد ساعات قليلة من الحادث، وقبل أن تؤدي التحريات والتحقيقات إلى أية نتائج. كأن الاتهام كان جاهزاً والقتل كان مطلوباً». إذا كانت «التحريات والتحقيقات لم تؤد إلى أية نتائج» فمن أين أتاه اليقين بأن قتل شكري بلعيد من تدبير خصوم الحزب الحاكم لتشويه صورته، كما حاول غلاة العلمانيين الأتراك تشويه صورة حزب العدالة والتنمية؟ ألا يُحتمل أن يكون من تدبير الجهاديين أو بعض أعضاء «روابط حماية الثورة» ممن يُشحنون ــــ ويشحنون الناس ـــــ ضد اليسار والعلمانيين منذ قرابة سنتين؟

ولم يتوخ مقال فهمي هويدي الدقة في مواضع كثيرة، منها قولُه إن السلفيين، بعد هروب بن علي، «انقسموا إلى فريقين، فريق تبنى فكرة الدعوة، وآخر انحاز إلى العنف. والأولون أتيح لهم أن يتحركوا في العديد من الساحات، أما الآخرون، فقد رفضت الحكومة ممارساتهم، ولا تزال تلاحق من ارتكب منهم أيّ أفعال مخالفة للقانون». هذا الكلام غير دقيق: انقسمت الحركة السلفية، لكن شقها الذي لم يحمل (بعدُ؟) السلاح لا يدعو إلى «سبيل الله بالحكمة والموعظة الحسنة». هل من الدعوة في شيء محاصرةُ كلية منوبة طيلة شهور وإحراقُ الأضرحة ومهاجمةُ معارض الرسامين والاعتداءُ الجسدي على الخصوم السياسيين، ومنهم ـــــ وجب التذكير ـــــ أحدُ آباء النهضة المؤسسين، عبد الفتاح مورو، الذي تعرض له السلفيون بالضرب مرتين: في القيروان، يوم 5 أغسطس/آب 2012، لدفاعه عن المفكر التونسي يوسف الصديق، وفي المنستير، يوم 23 يناير/كانون الثاني 2013، لا لسبب سوى لكونه محسوباً على «الإسلاميين المنفتحين»؟ يعاقَب مهاجمو السفارة الأميركية أشدّ عقاب، ولا يعاقَب من يعتدون على الاجتماعات والتجمعات السلمية ويغلقون الجامعات باسم «حق التنقب»، ويدمرون تراث تونس الثقافي والروحي باسم «التوحيد»، وباسم الدين، يحلمون بتحويل بلدهم إلى مجهل قاحل لا فن فيه سوى فن تغطية رؤوس السيدات؟

ويجانب الكاتب المصري الحقيقة، إذ ينسب دعوةَ مواهب مصباح فرنسا للتدخل في تونس إلى «بعض الأصوات الديمقراطية والعلمانية التونسية»! من طالب بالتدخل الأجنبي غير هذه الناشطة المريخية التي تبرأت من موقفها كلّ القوى المعارضة؟ لا أحد. والحقيقة أنّ من يسهم في النيل من السيادة التونسية هو الحكومة الائتلافية التي تقتفي أثر حكومتي محمد الغنوشي وباجي السبسي، مفضلةً الاقتراض من الخارج (رغم أنف «الاقتصاد الإسلامي») على إعادة توزيع الثروة في الداخل، مثقلةً كاهل البلاد بالديون بدل البحث عن المال عند رجال الأعمال (وكثيرون منهم بنوا ثرواتهم في ظل التجمع الدستوري وبفضله).

مزعم آخر في مقال فهمي هويدي، هو القول إنّ اليساريين «كان لهم نشاطهم الشرعي» تحت حكم غير المأسوف عليه، ما يختصر اليسار التونسي قبل 14 يناير 2011 في حزبين، هما التجديد والديمقراطي التقدمي، لم يحمهما الاعترافُ الإداري بهما من المضايقات البوليسية. ماذا عن حزب العمال الذي أمضي زعيمُه حمة الهمامي، وكثير من رفاقه ورفيقاته، جزءاً لا بأس به من حياتهم في المعتقلات وذاقوا الأمرّين على يد ذات الداخلية التي آلت، بقدرة قادر، إلى علي العريض؟ ماذا عن التيار الوطني الديمقراطي الذي كان شكري بلعيد أحد رموزه؟ ماذا عن الاشتراكيين الثوريين وما قاسوه سجناً وتعذيباً ونفياً؟ كل هذه التيارات كانت محظورة، وإن لم يمنعها القمع من النشاط السياسي والحقوقي. ولولا دفاع كثير من مناضليها ومناضلاتها عن كلّ المظلومين بغض النظر عن آرائهم ومعتقداتهم لقضى كثير من القادة الإسلاميين نحبَهم في السجون، ولما كُتب لهم أن يصحبوا اليوم رؤساء ووزراء.

*كاتب جزائري

رأي

العدد ١٩٣١ الخميس ١٤ شباط ٢٠١٣

NOUVEAU SUR INVESTIG’ACTION


michelcollon.info

DOUCE FRANCE

<> – Sylvette Rougier

Aujourd’hui, 13 février 2013, dans mon pays, la France, un homme s’est suicidé par le feu.

Afrique : 8 questions à François Hollande – Soumaïne Adoum

Pourquoi les promesses du président à l’Afrique sont vaines.

PRINTEMPS ARABES

Egypte : révolution et luttes sociales – Assia Boutaleb

Le petit salarié: acteur méconnu mais très actif de la révolution.

Bahreïn, la dictature « excusée » – Marc Pellas

Pourquoi les révolutionnaires bahreïnis n’intéressent pas l’Occident? Explications.

PRISONNIERS POLITIQUES

Salah Hamouri : «Mon dossier sacrifié par les alliances politiques» – Mouâd Salhi

Témoignage d’un rescapé des geôles israéliennes, abandonné par le gouvernement français.

<> – Eric Pauporté

Oumar Mariko capturé puis relâché: retour sur un évènement inquiétant.

L’AUTRE HISTOIRE

<> – Milina Jovanovic

De la Yougoslavie d’hier à la Serbie d’aujourd’hui.

AGENDA

Bruxelles – 16 février

Michel Collon et Tariq Ramadan participeront au débat

« L’enjeu malien ou le nouvel ordre colonial de l’Occident?»

organisé par l’European Muslim Network.

à partir de 13h00

aux Facultés Saint Louis, Auditoire 1

43 Bld du jardin Botanique, 1000 Bruxelles.

métro Botanique ou Rogier.

PAF : 6 euros

PARIS – ESPACE NIEMEYER – 27 FÉVRIER – SÉMINAIRE: APPROPRIATION SOCIALE

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Séminaire

« Appropriation sociale, autogestion, coopératives… »

Espaces Marx, L’Omos, l’Association pour l’Autogestion, Copernic, le Cidefe, l’Anecr, la Fondation Gabriel Péri, le réseau Transform!

vous invitent à participer à une rencontre :

Mercredi 27 février à 18H30

Salle 25

(niveau -1)

Espace Niemeyer

6 avenue Mathurin Moreau

Paris 75019 (métro Colonel Fabien)

« Appropriation sociale et l’institution du commun »

avec Pierre Dardot (philosophe)

Les questions de l’autogestion et du commun font irruption dans le débat public avec l’accent mis actuellement sur les coopératives et la revendication de «biens communs».

Si ces expériences ne manquent pas d’intérêt, elles ont tendance à ne pas se rencontrer sur le terrain de la réflexion.

Cette séance pourra nous aider à comprendre ce qu’elles ont en commun mais aussi à réfléchir à la manière de mettre au centre de la société les alternatives qu’elles supposent en considérant les institutions qui seraient nécessaire pour ne plus dissocier l’homme social et l’homme économique.


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PARIS – 20 FEVRIER: L’ACB OUVRE LES GUILLEMETS À AMAR METREF

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L’Association Culturelle Berbère

ouvre les guillemets

à Amar Métref ( Dda Mamar)

[20130220-affiche-metref-bd.jpg

pour ses livres->http://www.acbparis.org/index.php?option=com_content&view=article&id=244:acbogamarmetref&catid=86&Itemid=476]

 » L’ermite du Djurdjura » [sur socialgerie voir la [présentation du livre « L’ermite du Djurdjura » dans « Février 2013 – LECTURES », article1095#6]]

et

« Raconter Ath Yenni »

( éditions El-Amel)

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Mercredi 20 février

à 19h

La soirée sera animée par Nourredine Saadi

Lieu :

ACB PARIS

37, rue des Maronites

75020 Paris

Contact :
_ 01 43 58 23 25

contact@acbparis.org

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L’auteur :

Originaire des Ath-Yanni, Amar Metref est né le 1er mai 1935 à Azemmour Meriem (Tirmitine) où son père enseignait.

Fils d’instituteur donc, Amar Metref est professeur de français. Il effectue sa carrière entre Alger, Tizi-Rached et Beni-Yenni où il a terminé sa carrière comme directeur du CEM Larbi Mezani.

Il a hérité de son père sa passion pour la littérature qui l’amène à signer deux romans,

  • le premier « La gardienne du feu sacré » (Enap) en 1980,
  • le second « La vengeance du mort » (édition Nounou) en 2009.
  • Le roman « L’Ermite du Djudjura » édité par El-Amel est consacré à la vie exemplaire d’un homme de coeur ainsi qu’à l’époque héroïque que fut la sienne.

http://www.acbparis.org/index.php?option=com_content&view=article&id=244:acbogamarmetref&catid=86&Itemid=476

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photos panoramiques Djurdjura empruntées au site: http://djurdjura.over-blog.net/album-1893460.html

dernière photo de Larba Nath Iraten adressée par un visiteur ami du site

MALI: UN DIRIGEANT DE GAUCHE ARRÊTÉ ET MENACÉ

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INVESTIG’ACTION

newsletter du 11 février 2013

Oumar Mariko, le plus populaire des dirigeants de gauche au Mali, que j’ai eu l’honneur de rencontrer il y a quelques années, vient d’être arrêté par la « Sécurité » malienne. En réalité, par la France. Nous sommes très inquiets pour sa vie, sachant que 205 dirigeants africains ont déjà été assassinés dans le passé par les puissances coloniales.

Merci de faire circuler l’info et de signaler aux Affaires étrangères françaises votre préoccupation : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/

Michel Collon


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Un dirigeant de gauche arrêté au Mali : le véritable objectif de l’intervention? – Eric Pauporté – Ceux qui réclament une vraie démocratie au Mali sont dans le collimateur de la France. Signez la pétition…

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Oumar Mariko : « Le coup d’Etat nous a sauvés du mirage démocratique au Mali » – Interview
La face cachée de la crise et le double jeu de la France depuis un an – Interview

AGENDA

Bruxelles – 16 février

Michel Collon et Tariq Ramadan participeront au débat

«L’enjeu malien ou le nouvel ordre colonial de l’Occident?»

organisé par l’European Muslim Network. A partir de 13h00 aux Facultés Saint Louis, Auditoire 1 – 43 Bld du jardin Botanique, 1000 Bruxelles. métro Botanique ou Rogier. PAF : 6 euros

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