LE BIDONVILLE MAHIEDDINE, IL Y A 63 ANS …

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à l’historien anglais Jim House qui a retrouvé ces articles de Liberté dont je lui avais signalé l’existence

Je vous remercie, vous m’avez fait retrouver avec émotion mes premiers pas vers le parti communiste.

J’avais choisi comme thème de l’article la Cité Mahieddine, bidonville monstrueux qui m’impressionnait par son immensité quand je me rendais à la piscine des Groupes Laïques, aujourdhui toujours présente alors que le bidonville a été rasé, dans le quartier où se dressent après l’indépendance le grand Complexe sportif et la Salle Harcha.

J’avais signé la série des trois articles « Rabah Serradj » (c’était adjress renversé). Le pseudo a continué à être utilisé par moi puis par d’autres;

L’année universitaire venait de s’achever (j’étais en troisième année de médecine), j’allais bientôt terminer mon mandat de président de l’AEMAN depuis octobre 49, le mois suivant j’allais diriger la délégation de la jeunesse étudiante qui se rendait au Congrès de l’UIE à Prague et six mois après, j’ai adhéré officiellement au PCA.

Durant l’été, j’ai offert à la rédaction de “Liberté” de faire un reportage sur le terrain social, un domaine qui me passionnait et qui a été à la base des positions que j’avais défendu sans résultat jusqu’à l’année précédente au sein du PPA-MTLD que j’ai quitté en 1949 après la crise dite faussement « berbériste » .

L’aspect identitaire de cette crise, hypertrophié par la direction nationaliste petite bourgeoise de la rue Marengo, n’était qu’un élément du malaise qui traversait le mouvement national, alors que l’aspect social était sous jacent, ce qui a entraîné à la même époque un mouvement de passages de syndicalistes du MTLD vers le PCA, notamment chez les traminos (dont Belaid KLhelifa)

Rachid Dalibey reprsentait ces dokers qui avaient bataillé pour l’élire élu au Conseil Général de l’Algérois.

[[ en cliquant sur les titres on parvient aux documents originaux.]]


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Une vue de la cité Mahieddine (Alger)

BIDONVILLES : CITÉS DE LA FAIM

I

article de

Rabah SERRADJ

Liberté

juillet 1950

N°s 369, 370 et 371

[

DE L’ANCIEN CHATEAU

DU BEY MAHIEDDINE

Les cris des hommes torturés

parvenaient aux habitants des cavernes

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Sur les flancs d’une hauteur d’Alger, au-dessus de Belcourt, s’étale une des plaies hideuses du colonialisme dans notre pays, le bidonville Mahieddine, qu’on a pompeusement appelé « Cité » et qui est en réalité un enfer dans lequel vivent plusieurs milliers d’êtres humains.

S’il subsiste encore quelques incrédules, on devrait leur conseiller volontiers la visite de ce « chef-d’œuvre » de la colonisation pour leur faire perdre leurs dernières illusions sur la « mission civilisatrice du colonialisme » et autres légendes du même goût.

Prenons donc, au-dessus de la rue de Lyon, le chemin Fontaine-Bleue. Sur notre gauche en montant, des immeubles datant de quelques années seulement avec des pots de fleurs sur les balcons et de jolis rideaux. Sur notre droite un talus assez haut et qui cache la vue. Rien de plus naturel semble-t-il, mais quelle stupeur lorsqu’en montant un peu plus nous frappe brusquement le spectacle désolant d’un nombre immense de bicoques étagées sur une terre brulée de soleil.

Un serrement de cœur nous prend lorsque, quittant le chemin de Fontaine-Bleue, nous nous engageons sur la route blanche poussiéreuse qui pénètre au cœur de la cité. Au-dessous de nous, sur un petit plateau qui surplombe le chemin Fontaine-Bleue, c’est le désordre d’un marché avec ses étalages pêle-mêle et plus loin, de l’autre côté comme pour souligner le contraste, la belle piscine des Groupes Laïques, aux lignes régulières.

Au-dessus de nous c’est l’étagement invraisemblable des baraques. C’est l’aspect brutal de tous « les villages nègres », avec ici une particulière densité, qui n’empêche cependant pas d’apercevoir parfois, comme une vision d’un autre monde, au loin, un petit coin de mer bleue avec les voiles blanches de bateaux de plaisance.

Vous croyez avoir tout vu, mais en montant encore vous apercevez un peu à l’écart, sur une colline, deux ou trois petites agglomérations d’environ 50 guitounes, également serrées les une contre les autres, bien entourées de fils barbelés et qui ont l’air de camps de concentration dans lesquels on a parqué les nouveaux arrivants pour les empêcher d’étendre leur « domaine », un domaine qu’ils partagent d’ailleurs avec quelques volailles ne payant pas de mine.

Un peu plus bas cependant, au milieu des arbres, se trouve le château du R.P.F. Faivre, maire de Birmandreïs, ami de Pierre de Gaulle, et mari de l’arrière-petite-fille de Germain-Brantôme. Il occupe là 25 pièces et trouve que c’est peu.

C’est dans les dépendances de ces habitations, appartenant anciennement aux beys Mahieddine, féodaux bien connus dans la région de l’Arba, qu’ont été amenés et parqués pendant 45 jours plusieurs dizaines de militants progressistes arrêtés à l’occasion du complot colonialiste ; c’est là qu’ils furent l’objet des pires sévices. Et les habitants de la cité habitant le voisinage ont pu entendre les cris de ceux qu’on maltraitait dans les grands couloirs de cette succursale de la trop fameuse villa des Oiseaux.

En montant encore plus haut, on parvient au boulevard Bru, qui surplombe toute la cité. On peut le longer puis redescendre le long du chemin Kablé ; on a alors fait le tour de cette agglomération où sont entassés plus de dix mille habitants.

Mais c’est dans le détail qu’on peut apprécier davantage la hideur des conditions dans lesquelles sont obligés de vivre ces «rescapés de la misère» de tous les coins d’Algérie.

La nécessité d’économiser la place a conduit à transformer de véritables cavernes en lieux d’habitation : on nous disait pourtant que l’homme des cavernes vivait il y a plusieurs milliers d’années.

On se demande parfois si les cabanes en planches sont véritablement faites pour des hommes, tant elles ressemblent à des niches avec leurs dimensions réduites, et pourtant, on nous assure qu’il vit là jusqu’à plus de 10 personnes, cependant que les guitounes, où il faut se courber pour entrer, abritent jusqu’à 2 ou 3 familles.

L’exiguïté des dimensions ne le cède qu’à la diversité et à l’invraisemblance des matériaux utilisés à la construction de ces baraques: les constructions en pierre ou en terre battue sont tout à fait exceptionnelles ; par contre, beaucoup de planches, des volets de fenêtre, des sommiers de lits, des tôles, des morceaux de barrière, des bidons, des cageots , des corbeilles, des blocs fixant les tôles qui servent de toit, tout cela tient en un équilibre plus ou moins stable et forme les «maisons» de cette « cité », auxquelles on accède souvent par une gymnastique périlleuse grâce à des escaliers creusés à même la terre.

On frémit en pensant à ce que deviennent l’hiver les gens qui logent dans ces habitations, dont l’intérieur, sans air et sans lumière, est réduit à sa plus simple expression, avec un plancher qui ne diffère en rien du sol du dehors.

Dans les ruelles tortueuses, des rigoles, car il n’y a pas d’égouts.

Partout les mouches et la poussière, au milieu desquels jouent des nuées d’enfants.

Quelques fontaines, installées par la municipalité Tubert, sont les bienvenues dans cette cité.

Mais les ordures croupissent en tas, faute d’être enlevées, et ce n’est pourtant pas la faute des habitants, car on remarque que le devant des baraques et des magasins est soigneusement balayé.

Tout montre l’âpreté de la lutte pour la vie : ces gens pauvrement habillés mais dont on sent dans leur tenue qu’ils s’efforcent de l’être le mieux possible, ces étalages misérables où l’on vend les choses les plus élémentaires, tout juste de quoi vous garder en vie : quelques pains, des planchettes pour faire du feu, des légumes, du petit lait dans des outres portées par un âne. A côté des vieux habits, de vieux meubles, de vieux souliers.

Un épicier nous montre un cahier rempli de la liste des achats faits à crédit pas ses clients : ils sont modestes, mais le cahier est plein.

Nous avons vu de près la misère de ces gens ; mais ces hommes n’admettent pas passivement la situation qui leur est faite par un régime cruel qui les a chassés des terres qu’ils possédaient. Tout en eux respire le désir d’arracher un meilleur avenir ; en discutant avec eux, le soir, au cours de ces veillées de Ramadhan, nous n’avons pas cessé d’admirer leur énergie et leur dignité, leur solide bon sens, leur grande affabilité. Ils nous ont mieux aidé à pénétrer l’âme de notre peuple et à comprendre qu’avec de telles qualités, il est invincible, pour peu qu’on l’aide à trouver la voie de l’avenir.

R.S.

La semaine prochaine

Les origines de la « cité ».


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BIDONVILLES : CITÉS DE LA FAIM

II

LE QUARTIER

MAHIEDDINE

RENDEZ-VOUS

DES EXILÉS

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Les colonialistes n’ont décidément pas de chance quand ils affirment avoir amélioré la condition sociale des Algériens : le bidonville existait-il avant la conquête de 1830 ? Non puisqu’il remonte à une cinquantaine d’années. Et tout ce qu’on peut observer dans cette cité vient nous démontrer qu’elle est un phénomène essentiellement colonial.

Là se rencontrent en effet les populations de toutes les régions d’Algérie, chassées de leur terre natale par la faim et l’arbitraire. Ces hommes bruns, au visage marqué par les souffrances et les difficultés de la vie et qui portent sur le front un tatouage en croix, viennent probablement de la région des Ouled-Naïl. Ces autres avec leur langage pittoresque sont descendus des Aurès. Ici l’accent chantant et délicieux des territoires du Sud, surtout de la région de Djelfa et de Barika, là-bas le langage rude des montagnards du Djurdjura.

Ce sont les femmes et les fillettes qui portent le plus nettement la trace de cette origine rurale avec leurs foulards, leurs pendentifs, leurs anneaux autour des chevilles, leurs robes au bord desquelles courent des rubans de différentes couleurs.

C’est un peu de nos douars et de nos tribus qui s’est transporté en plein Alger.

Mais le regard de tous dit combien a été aride et pénible le chemin de l’exil après lequel ces familles sont venues échouer ici.

Cet exode lent et continu de familles entières vers la cité Mahieddine a commencé depuis plus d’un demi-siècle, puisqu’on nous a montré un de ses premiers habitants, un homme d’une cinquan …/…

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Près de son misérable étalage, à la cité Mahieddine, un vieux marchand attend patiemment les acheteurs devenus rares

(Dessin de Mohamed Nouar)

…/…
de ces baraques alors qu’il n’en existait que quelques unes, tout près du château des beys Mahieddine passé aux Germain-Branthome. Aujourd’hui ces quelques baraques sont devenues un millier ; pendant la guerre, on comptait 7000 cartes de ravitaillement. Au dernier recensement général on a dénombré plus de dix mille personnes ; et le mouvement n’est pas fini : chaque jour arrivent des familles nouvelles qui se groupent de préférence à la Cité selon les régions d’origine : la cité Mahieddine est un thermomètre de la misère des campagnes algériennes.

Commune histoire

Ces habitants nous racontent leur histoire, toujours la même.

Cet homme à l’allure solide, Djaballah Ahmed, originaire de Medoukal, près de Batna, a maintenant les cheveux gris ; mais il était encore enfant lorsqu’il dû quitter son village pour aller chercher du travail.

Ils étaient 8 gosses dans la famille ; la vie, bien que difficile pouvait être affrontée, car le père possédait suffisamment de terre pour ne pas laisser la famille mourir de faim : un hectare irrigué avec des palmiers et des arbres fruitiers, et à côté une terre labourable. C’était l’héritage d’un oncle et Djaballah nous répète les noms de ces parcelles avec amour, du ton bouleversant d’un homme pour qui la terre représente la vie.

Mais le caïd était, est-ce bien la peine de le dire, un homme rapace et malhonnête. Comme le père de Djaballah avait besoin d’argent, il vendit provisoirement la terre au caïd sa terre pour la somme de 375 francs ; Djaballah devait récupérer son bien dès qu’il rembourserait cette somme au caïd.

Et ils sont des milliers

C’était une pratique courante, mais dangereuse quand on n’avait pas la garantie d’un papier signé.

Lorsque Djaballah fut en mesure de rembourser le caïd quelle ne fut pas sa stupeur lorsqu’il constata que celui-ci venait de réaliser une fructueuse opération en vendant sa terre à un tiers pour 450 francs, sans papier d’aucune sorte. Que faire à l’époque contre l’absolutisme d’un caïd ? Ajoutons d’ailleurs que par la suite, ce serviteur zélé de l’Administration abandonna sa charge et se sauva en emportant avec lui tous les impôts du douar. L’Administration souffrait à son tour, ô pauvre victime, du brigand quelle avait encouragé des années durant, à jeter des familles entières dans la misère.

Des milliers de Djaballah ont été frappés par les expropriations massives et celles-ci, loin de rester limitées aux époques de la conquête ou de l’insurrection de 1871, se sont poursuivies de manière continue et se poursuivent toujours, déversant un flot humain incessant vers les bidonvilles.

Au même moment, la famille des beys Mahieddine abandonnait à Germain-Branthome (le « Djerman » bien connu des ouvriers agricoles de la Mitidja, l’homme aux 99 domaines), un château situé sur une hauteur d’Alger, avec tous les terrains environnants.

Une triste renommée

Les beys Mahieddine ont une renommée sinistre dans la Mitidja.

On voit se dresser au sud de l’Arba, sur la montagne, le château qu’ils ont construit en faisant transporter des pierres de la rivière par une chaîne d’ hommes longue de plus d’un kilomètre.

Avant et pendant la conquête, ces beys faisaient régner la terreur dans la région : ils faisaient enduire de miel leurs sujets indociles ou peu rentables et les laissaient aux mouches et au soleil, ou les faisaient marcher sous le fouet sur des épines venimeuses, les emmuraient vivants ou les précipitaient dans un lac très profond qu’on peut toujours voir.

Les habitants de la région gardent un souvenir vivace de ces méfaits, de même que celui de leur ignoble trahison lors de la conquête.

C’est avec le plus grand mépris que la population juge ces féodaux en décomposition qui voient peu à peu se rétrécir, non pas leur pouvoir sur les masses, qui est inexistant, mais les ressources que leur ont procurées leur despotisme et leur trahison.

Très vite leurs domaines sont passés aux mains d’autres féodaux, plus puissants, aux mains des véritables tenants du colonialisme, dont Germain-Branthome n’est pas le moindre.

Sur cet espace vide des hauteurs de Belcourt viendront s’installer, nous verrons prochainement avec quelles difficultés, les victimes des féodaux et de la grosse colonisation ; nous verrons comment ils luttent avec fermeté et courage.

En vérité la cité Mahieddine, tant par ses origines que pas son contenu actuel, est à l’image même du régime que demain tous ensemble nous abattrons !

R.S.


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LES CITÉS DE LA FAIM

sont aussi les Cités

DE LA LUTTE ET DE L’ESPOIR

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TERRIBLE est l’existence dans cette cité Mahieddine qu’un de ses habitants surnommait avec une ironie amère le « Hollywood» algérois. Il faut d’abord, en cette période de chômage, trouver du travail: la plupart des hommes triment dans la pénible profession de docker; on les voit remonter le soir vers la cité, harassés et noircis, rapportant à leurs enfants dans un couffin la maigre subsistance que leur labeur continuel suffit à peine à payer. Ils redescendront dès l’aube suivante, comme redescendront aussi de nombreuses femmes qui, elles aussi, vont chaque matin, comme bonnes, achever leur santé déjà usée dans les buildings de la ville.

Pas de repos pour eux. Bienheureux s’ils ont encore un toit pour s’abriter: car le problème de l’habitat à la cité Mahieddine est un véritable drame. Bon gré mal gté, on s’est résigné à laisser s’installer là le flot incessant des émigrés. Mais que de difficultés rencontrées !

Il faut d’abord une somme suffisante pour acheter les matériaux nécessaires à l’édification d’une baraque. Il faut ensuite pouvoir l’installer. Or, si en principe cela ne coûte qu’une taxe de séjour de 40 francs par mois, payés aux H.B.M., la réalité est autre.

Il faut échapper aux griffes de Pastor, le préposé à la gestion, à la renommée bien triste dans toute la population de la cité. Les habitants s’exposent en effet, s’ils ne se soumettent pas à ses conditions draconiennes, à voir peser sur eux la menace de démolition de leur baraque une fois édifiée.

Il est vrai qu’on peut aussi, en payant un certain loyer, habiter des baraques appartenant à des personnes qui ont eu des facilités pour en construire un grand nombre et les louer.

Si les moyens financiers ne vous permettent pas tout cela, vous avez la dernière ressource de passer la nuit, moyennant redevance, dans une baraque collective.

Au logement insalubre et précaire, aux salaires de famine pour un travail inhumain, s’ajoutent les brimades policières et les tracasseries administratives de toutes sortes.

Aspiration au bonheur

Comment voulez-vous qu’avec tout cela, les habitants de la cité Mahieddine se montrent satisfaits de leur sort et ne s’éveillent pas à la vie revendicative et politique.

Ces hommes et ces femmes aspirent au bien-être et ne veulent plus croupir dans leur misère : la vie grouillante et dense de la cité témoigne de la vitalité intense de ses habitants.

Est-ce le contraste de la misère environnante, mais jamais enfants ne nous ont semblé plus intelligents, plus curieux et les yeux plus brillants d’espoir que ces gosses vifs et dégourdis de la cité Mahieddine qui étudiaient longuement sur le chemin Fontaine-Bleue un jeu de leurs camarades européens plus favorisés, ou ces fillettes qui traçaient à la craie, près d’une marelle, ces dessins merveilleux et révélateurs d’une âme qui cherche à s »épanouir.

En vérité, ces pères qui le soir peuvent enfin porter affectueusement leurs enfants dans les bras, ne veulent plus vivre comme par le passé. Prenant le frais devant leur bicoque, ils doivent certainement penser à une vie où leur femme ne sera plus condamnée à être enfermée des années durant dans l’obscurité et la fumée entre quatre murs de planches et sur deux mètres carrés de terre battue.

Ils ne veulent plus vivre comme par le passé, ces jeunes, qui font le vide devant ces deux marchands d’illusions montés sur des méharis et qui viennent du lointain sud vendre leur graisse d’autruche, remède universel contre toutes les maladies.

La lutte est la seule issue

L remèdes contre tous leurs maux, les habitants de la cité Mahieddine savent aujourd’hui qu’il est dans leur lutte pour une véritable libération nationale, pour la terre à ceux qui la travaillent et pour des condition de vie décentes.

Après une longue phase d’incompréhension, les hommes et femmes de la cité accordent aujourd’hui une confiance grandissante au parti communiste algérien qu’ils considèrent comme faisant partie d’eux-mêmes : n’est-ce pas lui qui les a guidés l’an dernier lorsqu’ils ont réussi par leur action unie et puissante, à empêcher la démolition d’une construction à peine achevée; ce jour-là plus de 600 personnes rassemblées ont fait reculer policiers et administration colonialiste et depuis, on n’a jamais plus reparlé de démolition dans le quartier.

Le parti communiste est devenu partie intégrante de leur vie, il les mène sans cesse à la lutte.

les dockers de la cité, avec tous leurs frères du port, ont combattu courageusement contre la guerre du Vietnam et pour de meilleurs salaires.

Avec le parti communiste, tous les habitants d la cité, sans distinction, réclament aujourd’hui le retrait des prérogatives des H.B.M. et la gestion de la cité par le comité de quartier élu par les habitants.

Ils exigent la cessation des brimades policières.

Ils veulent des conditions de vie décentes.

Ils sont sûrs de les arracher par leur lutte opiniâtre.

Ils les arracheront car, à côté d’eux, lutte tout le peuple algérien: ce vendeur de « Liberté » que nous avons rencontré sur le boulevard Bru, les ouvriers qui font marcher les machines puissantes du port, les fellahs des campagnes, etc…

Ils les arracheront un jour très prochain. Ce jour-là la cité Mahieddine ne subsistera plus que dans nos souvenirs ; et les yeux si beaux de cette fillette, qui portait son petit frère sur le dos et souriait malgré sa misère, s’ouvriront sur une toute autre réalité.

Rabah SERRADJ

FIN

« Liberté » n°s 369, 370, 371.


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