MARS 2013: 10 ème ANNIVERSAIRE DE L’INVASION – DESTRUCTION DE L’IRAK

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LA PÉRISSABILITÉ DES NATIONS – M. Saadoune – Le Quotidien d’Oran – éditorial;


[IRAK: « NOUS ALLONS VOUS RAMENER À L’ÂGE DE LA PIERRE »
(James Baker)
LES CHIFFRES INVRAISEMBLABLES SUR LA DESTRUCTION PROGRAMMÉE DE L’IRAK – Dirk Adriaensens, Marc Vandepitte – le 20 mars 2013 – INVESTIG’ACTION;->#2]


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LA PÉRISSABILITÉ DES NATIONS

par M. Saadoune

Le Quotidien d’Oran

éditorial

le 20 mars 2013

La veille du dixième anniversaire de la guerre américaine sur l’Irak a été marquée, dans la violence, par des attentats qui ont fait 56 morts et plus de deux cents blessés. Aux Etats-Unis et en Occident en général, pas de commémoration particulière de la «grande œuvre» de la civilisation, de cette «nuit américaine» censée avoir «libéré» les Irakiens de la dictature. Les médias occidentaux qui ont relayé sans vergogne et avec un enthousiasme de croisés les mensonges des spin doctors de Bush et de Blair ne s’arrêtent pas trop à ces détails. Il y a eu certes un gros mensonge mais, suggèrent-ils, sans en avoir l’air, l’Irak est en bien meilleur état aujourd’hui sans Saddam Hussein.

C’est absolument certain pour les compagnies pétrolières. Elles ont fait main basse sur les ressources pétrolières du pays qui, selon les bonnes âmes de la propagande occidentale, n’étaient pas un objectif de guerre. Le croire, disaient-ils, n’est qu’une manifestation de la «théorie du complot» qui embourbe nos esprits. L’ancien président de la Reserve Bank américaine, Alain Greenspan, qui pourtant n’est pas connu pour fréquenter les adeptes des théories de la conspiration, a fini par être «contaminé». «Cela m’attriste qu’il soit politiquement importun de reconnaître ce que chacun sait : la guerre en Irak est largement une question de pétrole», a-t-il écrit. Avec un tel témoin – et la réalité pétrolière actuelle de l’Irak le confirme -, on ne doute pas que cela fut un des principaux objectifs.

L’autre objectif de la guerre pour laquelle les officiels américains et anglais et leurs médias ont menti et manipulé est également mis sous le sceau du «complotisme» : la reconfiguration géographique et humaine des pays du Moyen-Orient de telle manière qu’ils ne constituent aucune «menace» pour Israël. Ce serait du délire ! Il est pourtant patent que l’Irak aujourd’hui avec le travail sur le sectarisme ethno-religieux est un pays quasi démembré. Au Nord, les Kurdes sont pratiquement en indépendance et décident seuls – n’est-ce pas essentiel ? – de l’octroi de permis pétroliers aux compagnies étrangères. L’annonce formelle d’une sortie de l’Irak n’est retardée que par la persistance de l’objection de la Turquie… et non par la résistance d’un pouvoir central évanescent. La guerre civile syrienne a encore fait accroître les tensions sectaires entre chiites et sunnites. L’Irak était «trop grand», la guerre américaine devait le ramener à une dimension plus «gérable». Et il le sera tant le poison sectaire est en train de devenir surdéterminant…

MAIS POUR CE DIXIÈME ANNIVERSAIRE D’UNE GUERRE AMÉRICAINE CONTRE L’IRAK (ET NON POUR L’IRAK), IL SERAIT TOTALEMENT ERRONÉ DE NE PARLER QUE DE CE QUE LES AMÉRICAINS ONT COMMIS.

UN PRÉDATEUR… FAIT CE QUE SA NATURE LE POUSSE À FAIRE… LE PROBLÈME EST DANS LA PROIE.

CE QUE L’HISTOIRE DE L’IRAK DE CES QUATRE DERNIÈRES DÉCENNIES NOUS MONTRE EST QUE DES GOUVERNEMENTS DICTATORIAUX OU AUTORITAIRES, DES POUVOIRS QUI NE RENDENT PAS COMPTE DE LEURS ACTIONS À LEUR POPULATION ET QUI NE SONT PAS SANCTIONNÉS PAR ELLE, SONT LA PLUS GRANDE DES MENACES.

ET DANS LE CAS DE SADDAM HUSSEIN, ON A ÉTÉ BIEN SERVI.

POUR COMPLAIRE AUX OCCIDENTAUX ET AUX MONARCHIES DU GOLFE, IL A ENGAGÉ L’IRAK DANS UNE GUERRE RUINEUSE AVEC L’IRAN. PUIS DANS UNE AVENTURE KOWEÏTIENNE ABSURDE… LE PIRE EST BIEN LÀ, DANS CETTE DESTRUCTION INTÉRIEURE PAR UNE DICTATURE ABSURDE ET GRANDILOQUENTE.

ON AURAIT TORT DE CROIRE QUE L’ENFER, C’EST LES AUTRES. IL EST LÀ, EN NOUS, DANS LE REJET DE LA NORME DÉMOCRATIQUE ET DU DROIT.

C’EST CELA QUI DONNE DES AILES AUX PRÉDATEURS QUI N’ATTENDENT QUE LES OPPORTUNITÉS POUR SE SAISIR DE LA PROIE. ET QUI FAIT LA PÉRISSABILITÉ DES NATIONS.

Sources: Le Quotidien d’Oran – le 21 mars 2013

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LES CHIFFRES INVRAISEMBLABLES SUR LA DESTRUCTION PROGRAMMÉE DE L’IRAK

IRAK: « NOUS ALLONS VOUS RAMENER À L’ÂGE DE LA PIERRE »
(James Baker)

Dirk Adriaensens, Marc Vandepitte

20 mars 2013

INVESTIG’ACTION

L’invasion de l’Irak, il y a dix ans, a provoqué la plus grave crise humanitaire dans le monde. Comme on l’avait annoncé, le pays a été systématiquement détruit. La brutale réalité dépasse tout ce qu’il est possible d’imaginer. Ce qui suit ne s’adresse pas aux lecteurs sensibles.

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“Le chemin vers Jérusalem passe par Bagdad.”

Henry Kissinger


Morts, disparus, réfugiés

Selon l’UNESCO, entre 1991 et 2003, un million d’Irakiens, dont la moitié étaient des enfants, ont perdu la vie suite aux sanctions économiques imposées au pays.[[https://www.coc.org/files/iraq_fact_sheet.pdf]] Cela n’était que le prélude. Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, 1,5 million d’Irakiens de plus ont été tués.[[Le nombre des morts est très controversé et, bien sûr, politiquement très sensible. Le chiffre d’un million et demi est basé sur les calculs suivants:

En 2006 déjà, le prestigieux magazine Lancet dénombrait environ 650.000 morts. En 2008, l’Opion Research Business, magazine autant renommé, recensait aussi un peu plus d’un million de victimes. En extrapolant, sur la base des comptes d’Iraq Body Count (IBC), on arrive au chiffre d’un million et demi. Les calculs conservateurs se limitent à 100.000 morts.]]

Le nombre de personnes disparues est actuellement estimé entre 250.000 et plus d’un million. Pour les seules familles expatriées, presque 100.000 enfants sont portés disparus.[[http://www.unhcr.org/refworld/docid/4d35334e1e.html]]

L’invasion et l’occupation qui a suivi ont été à l’origine d’une des plus grandes migrations de peuples provoquée par un conflit dans l’histoire du Moyen-Orient.[[http://www.irinnews.org/Report/77594/IRAQ-New-report-highlights-growing-number-of-IDPs , p.10.]] Un rapport des NU datant de 2008 rapportait 2,8 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Irak.[[http://www.brusselstribunal.org/Refugees.htm]] La Croix Rouge irakienne rapportait, en juillet 2007, qu’au moins 2,5 millions d’Irakiens avait fui à l’étranger.[[http://www.fmreview.org/FMRpdfs/Iraq/full.pdf]] Au total, il s’agissait donc de 5,3 millions de réfugiés[[http://www.sfgate.com/opinion/article/Mission-accomplished-Not-for-the-Iraqi-people-3184148.php#ixzz0yUDbF2Va]] sur une population de 31 millions, soit une personne sur six.[[Aujourd’hui, on estime à presque trois millions le nombre total de réfugiés, à l’intérieur du pays ou à l’étranger.

http://www.unhcr.org/pages/49e486426.html]] Parmi ces réfugiés en Irak, 80% sont des femmes et des enfants de moins de 12 ans.[[http://www.internal-displacement.org/idmc/website/countries.nsf/(httpEnvelopes)/B6C0B024031DFA0F802570B8005A74D6?OpenDocument]]

Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, jusqu’à 1,5 million d’Irakiens ont été tués. Un irakien sur six est en fuite.


Terrorisme, torture, détention, traumatismes…

Pendant des années, l’Irak fut le pays le plus violent et le moins sûr du monde.[[http://www.visionofhumanity.org/wp-content/uploads/2011/10/2011GPIMethodologyResultsFindings.pdf , page 4.]] En 2011, il fut rattrapé par la Somalie… Etant donné les multiples attentats à la bombe et la violence religieuse des diverses milices, c’est un endroit plus dangereux que l’Afghanistan.[[http://www.musingsoniraq.blogspot.be/2013/02/iraq-still-far-deadlier-place-than.html?goback=.gde_1491617_member_216675612]] Plus d’une victime sur trois du terrorisme mondial est un Irakien.[[http://www.visionofhumanity.org/wp-content/uploads/2012/11/Global-Terrorism-Index-Fact-Sheet.pdf]]

Ces dix dernières années, plusieurs dizaines de milliers d’Irakiens ont été emprisonnés sans aucune forme d’inculpation ou de procès, dans des prisons officielles ou secrètes (aussi bien irakiennes qu’étasuniennes).[[http://www.amnesty.org/en/news-and-updates/report/thousands-iraqi-detainees-risk-torture-after-us-handover-2010-09-13]]

“Tu as vu ce qui s’est passé en Afghanistan: les gens se promenaient dans les rues! Et ils étaient joyeux. Ils avaient des ballons. Ils faisaient de la musique.

Et ils accueillaient les Etats-Unis.

Car tout le monde sait que les Etats-Unis ne veulent pas occuper l’Irak.»


Donald Rumsfeld, à l’époque ministre de la Défense, 4 décembre 2002[[http://www.defense.gov/Transcripts/Transcript.aspx?TranscriptID=2868]].

Entre 2005 et 2008, 50 à 180 corps humains ont chaque jour été jetés dans les rues de Bagdad, portant pour la plupart d’affreuses traces de torture.[[http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900sid/MWAI-7R74BB?OpenDocument&query=disappeared%20iraq&cc=irq

http://www.stv.tv/weather/88812-horror-of-war-at-iraqi-morgue-even-as-attacks-fall]]On sait que la force d’occupation a formé, entraîné, armé et déployé des escadrons de la mort[[http://www.globalresearch.ca/terrorism-with-a-human-face-the-history-of-americas-death-squads/5317564]] responsables de ces assassinats. Il y a un lien direct entre les centres de torture et le Pentagone.[[http://readersupportednews.org/news-section2/306-10/16361-revealed-pentagons-link-to-iraqi-torture-centers

http://www.guardian.co.uk/world/2013/mar/06/el-salvador-iraq-police-squads-washington]]

Être journaliste dans ce pays entre deux fleuves n’est pas une sinécure. Depuis l’invasion, au moins 382 journalistes (dont 352 Irakiens) ont été tués.[[http://www.brusselstribunal.org/JournalistKilled.htm]] Ce nombre dépasse celui de toute autre zone de guerre de l’Histoire. Pour comparaison: durant la période 1996-2006, 862 journalistes ont été tués dans le reste du monde.[[http://www.newssafety.org/images/stories/pdf/programme/globalinquiry/killingtheMessenger.pdf , page 62.]]

Il n’est pas étonnant que les Irakiens souffrent de traumatismes extrêmes, au niveau plus élevé que dans d’autres zones de guerre. Une étude indique que parmi les réfugiés irakiens 80% avaient été témoins d’une fusillade, 72% avaient été victimes d’une voiture piégée, et 75% connaissaient une personne morte assassinée.[[http://gorillasguides.com/2008/01/22/syria-un-research-indicates-high-levels-of-trauma-among-iraqi-refugees/]]

On sait que les Etats-Unis ont formé, entraîné, armé et déployé des escadrons de la mort responsables de ces assassinats.


Le pays le moins vivable du monde

Pour la énième fois, Bagdad a été proclamée «ville moins vivable de la planète»,[[http://www.mercer.com/press-releases/quality-of-living-report-2012]] suite à la destruction systématique par l’armée étasunienne d’usines, d’écoles, d’hôpitaux, de musées, de centrales d’énergie et d’installations de purification des eaux.[[http://www.michaelmoore.com/words/mike-friends-blog/truth-about-end-combat-operations]]

Pourtant, selon les dispositions de la Convention de Genève, lorsqu’une force d’occupation opère par le biais d’un gouvernement qu’elle a installé, elle est responsable de la protection et du bien-être de la population civile.[[http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/12A02E96E6AABB55852573D9005ABD42-Full_Report.pdf page3,]] Ces règles et obligations ont été systématiquement ignorées.

“Mais lancez donc une guerre totale contre ces tyrans!

Je pense que nous allons faire ça à merveille.

Et plus tard, nos enfants nous en feront l’éloge.»

Michael Ledeen, American Enterprise Institute, 29 octobre 2001[[http://killinghope.org/bblum6/mafia.htm]]

Selon la Croix Rouge, la crise humanitaire en Irak après l’invasion étasunienne est une des pires du monde.[[http://www.icrc.org/eng/assets/files/other/icrc-iraq-report-0308-eng.pdf page3.]] Aujourd’hui, 11 millions, soit presque la moitié des citadins irakiens, habitent dans des bidonvilles.[[http://www.unhabitat.org/pmss/listItemDetails.aspx?publicationID=2917 page33.]] En 2000, ils n’étaient même pas 3 millions. Selon Oxfam, 8 millions d’Irakiens ont un besoin d’aide urgente, et 4 millions manquent de nourriture.[[http://www.oxfam.org/sites/www.oxfam.org/files/Rising%20to%20the%20humanitarian%20challenge%20in%20Iraq.pdf]] 70% de la population n’ont pas accès à une infrastructure d’électricité fiable.[[http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=%2Fc%2Fa%2F2010%2F06%2F27%2FIN5D1E116Q.DTL#ixzz0yUFpWWKI]]

Les bas niveaux d’eau des lacs et rivières ont provoqué une catastrophe car la canalisation défectueuse a empoisonné l’eau potable, rendue ainsi inapte à la consommation humaine et animale.[[http://waterwebster.org/IraqWater.htm]] Par conséquent, 70% des Irakiens n’ont pas accès à l’eau potable.[[http://www.mcclatchydc.com/2007/11/18/21753/us-struggles-to-restore-drinking.html]]

La contamination par l’uranium appauvri et d’autres pollutions liées aux opérations militaires ont engendré une augmentation de déformations génétiques et de cancers qui ont rendu le pays quasi invivable.[[http://www.iauiraq.org/documents/1375/images…unitionsHumanHealthinIraq.pdf]]

Pour la énième fois, Bagdad a été proclamée «ville moins sûre de la planète».

La contamination par l’uranium appauvri et d’autres pollutions liées aux opérations militaires ont engendré une augmentation de déformations génétiques et de cancers qui ont rendu le pays quasi invivable.


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Femmes et enfants

En Irak, 44.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année,[[http://www.unicef.org/sowc2012/pdfs/SOWC%202012-Main%20Report_EN_13Mar2012.pdf]] ce qui est deux fois trop élevé. Ça veut dire que chaque jour 60 enfants meurent inutilement.[[En 1990, l’Irak avait le même taux de mortalité infantile que son voisin, la Turquie. Aujourd’hui, ce chiffre est le double.

http://hdr.undp.org/en/media/hdr_1992_en_indicators1.pdf page142.

http://hdr.undp.org/en/media/HDR_2011_EN_Complete.pdf page159.]] Un demi-million d’enfants sont mal nourris et 800.000 jeunes irakiens, entre cinq et quatorze ans, sont mis au travail.[[http://childvictimsofwar.org.uk/get-informed/iraq/]]

L’Irak est devenu le pays des orphelins. On estime à 5 millions le nombre d’orphelins,[[http://en.wikipedia.org/wiki/Humanitarian_crises_of_the_Iraq_War]] dont plus d’un demi-million vivent dans la rue.[[Les estimations du nombre d’enfants orphelins varient énormément. Un rapport des NU de 2008 fait état de 870.000. Des calculs locaux donnent actuellement un nombre de 4,5 à 5 millions d’orphelins. Ces derniers chiffres sont plausibles, étant donné que plus d’un million d’Irakiens ont trouvé la mort et que le nombre d’enfants par femme s’élève à 4,7.

http://mawtani.al-shorfa.com/en_GB/articles/iii/features/iraqtoday/2012/03/27/feature-01

http://en.wikipedia.org/wiki/Humanitarian_crises_of_the_Iraq_War

http://www.alternet.org/story/70886/occupation%27s_toll%3A_5_million_iraqi_children_orphaned

http://www.unicef.org/sowc2012/pdfs/SOWC%202012-Main%20Report_EN_13Mar2012.pdf page109.]]

En Irak, 44.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année, ou 60 par jour, soit plus que la normale.

Un demi-million d’enfants sont mal nourris et 800.000 jeunes irakiens ,entre cinq et quatorze ans, sont mis au travail.

L’Irak est aussi le pays des veuves. En 2007, le Ministère irakien des Affaires des Femmes rapportait qu’il y avait environ 3 millions de veuves, suite à la guerre avec l’Iran, la guerre du Golfe de 1991, et l’occupation de l’Irak depuis 2003.[[http://worldblog.nbcnews.com/_news/2007/03/29/4377071-iraq-a-nation-of-widows?lite]] Plus de la moitié des veuves ont perdu leur mari après l’invasion de 2003, avec des conséquences dramatiques pour elles. 8% d’entre-elles seulement perçoivent une pension, 55% sont déplacés, et un nombre équivalent sont victimes de violences.[[http://www.ncciraq.org/index.php?option=com_content&view=article&id=128&Itemid=81&lang=en

http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=%2Fc%2Fa%2F2010%2F06%2F27%2FIN5D1E116Q.DTL#ixzz0yUDbF2Va ]]

Pour les femmes, l’invasion a signifié un grand bond en arrière. Depuis 2003, nombre de leurs droits ont reculé, notamment le droit à la protection maternelle, à l’emploi et aux soins de santé.[[http://www.globalresearch.ca/how-the-us-erase-women-s-rights-in-iraq/1054]] À présent, la polygamie est proposée comme une solution au très grand nombre de veuves,[[http://www.bbc.co.uk/news/world-middle-east-12266986]] et le mu’ta, sorte de mariage de complaisance – une forme de prostitution légalisée – est de retour.[[http://usatoday30.usatoday.com/news/world/iraq/2005-05-04-pleasure-marriage_x.htm]]


Éducation

L’enseignement a été une cible systématique dans la destruction de l’Irak. Entre mars 2003 et octobre 2008, plus de 30.000 attaques violentes ont été commises contre des institutions d’enseignement. Plus de 700 écoles primaires ont été bombardées, 200 ont été incendiées et plus de 3.000 ont été pillées. Plusieurs établissements d’enseignement ont été utilisés pour héberger des militaires.[[http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001868/186809e.pdf page 202.]]

En 2008, seule la moitié des enfants entre six et douze ans fréquentait encore l’école.[[http://childrenandarmedconflict.un.org/press-releases/25Apr08/]] En 2005, ils étaient encore 80%. Plus de 90% des enfants accusent un retard au niveau de l’apprentissage.[[http://www.irinnews.org/printreport.aspx?reportid=26114]]

L’enseignement supérieur a été particulièrement visé et encore plus durement frappé. 84% des institutions de l’enseignement supérieur ont été incendiées, pillées ou gravement endommagées.[[http://www.investpromo.gov.iq/index.php?id=80]] Plus de 470 professeurs irakiens ont été des cibles, soit presque un enseignant tué par semaine depuis le début du conflit.[[http://www.brusselstribunal.org/academicsList.htm]]

L’enseignement a été une cible systématique dans la destruction de l’Irak.

Plus de 470 professeurs irakiens ont été tués, soit presque un par semaine.


Une fuite de cerveaux sans précédent

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le pays se vide. Depuis l’invasion, 20.000 scientifiques et de professionnels irakiens et 6.700 professeurs de l’université ont fui le pays.[[http://dissidentvoice.org/2009/08/the-us-war-against-iraq/]]

Les médecins, notamment, ont pris la fuite. Rien de surprenant quand on sait que, depuis 2003, plus de 2.000 médecins ou infirmiers ont été assassinés.[[http://www.iraqupdates.com/free-news/health/2000-iraqi-doctors-killed-since-2003/2008-03-18]] Plus de la moitié des médecins enregistrés se sont également désengagés dans leur propre pays.[[http://www.brookings.edu/~/media/Centers/saban/iraq%20index/index20100630.PDF page35.]]

La désarticulation est totale. 75 % des médecins, pharmaciens, infirmiers, et 80% du corps d’enseignants de Bagdad ont été tués, ont émigré, ou ont abandonné leur poste.[[http://dev-bd.bdnews24.com/details.php?id=88682&cid=1]] Avant 2006, environ 40% de la classe moyenne avait pris la fuite suite à la violence ou la terreur.[[http://www.sfgate.com/news/article/CONFLICT-IN-IRAQ-Iraq-refugee-crisis-exploding-2656851.php]]

75 % des médecins, pharmaciens, infirmiers et 80% du corps d’enseignants de Bagdad ont été tués, ont émigré, ou ont abandonné leur poste.


Iconoclasme et purifications religieuses et ethniques

Non seulement les cerveaux ont été décimés mais également l’héritage culturel. Après l’invasion, l’occupant étasunien a laissé 12.000 sites archéologiques sans aucune surveillance et les pillages en ont été la conséquence.[[http://www.nytimes.com/2007/12/11/news/11iht-iraq.4.8696930.html?_r=0]] Rien qu’au Musée national de Bagdad, 15.000 artéfacts mésopotamiens d’une valeur inestimable ont été volés.[[http://www.nytimes.com/2011/03/15/world/middleeast/15george.html?_r=0]]

Les minorités irakiennes (les Chaldéens, Assyriens, Mandéens, Bahia, Yezidi…) sont au bord de l’extermination car elles sont confrontées à une violence inouïe.[[http://www.minorityrights.org/download.php?id=25]] Depuis l’invasion, l’Irak attire des combattants djihadistes visant souvent des minorités ethniques et religieuses.[[http://www.guardian.co.uk/world/2005/jun/23/terrorism.iraq]] Certaines de ces minorités ont vécu pacifiquement en Irak pendant deux mille ans. À l’heure actuelle, ce même scénario se répète en Syrie.

Les minorités irakiennes (les Chaldéens, Assyriens, Mandéens, Bahia, Yezidi…) sont au bord de l’extermination.


Néo-colonie et terre conquise pour les Etats-Unis

L’Irak ne fut pas seulement occupé en termes militaires mais également en termes économiques. Le pays est devenu un paradis pour les investisseurs étrangers, au détriment des Irakiens qui n’ont rien eu à dire dans la reconstruction de leur pays.[[http://dissidentvoice.org/2010/04/iraq-today-afflicted-by-violence-devastation-corruption-and-desperation/]] Les nouveaux contrats ont presque tous été attribués à des entreprises étrangères. L’exemple le plus édifiant à ce titre est celui de Halliburton.[[http://www.halliburtonwatch.org/about_hal/chronology.html]] En 2003, cette entreprise de construction de Houston est parvenue à acquérir un contrat d’une valeur de plusieurs milliards.[[http://articles.latimes.com/2004/jan/17/world/fg-halli17]] Détail révélateur: l’ancien CEO (jusqu’en 2000) n’était autre que Dick Cheney, vice-président et homme fort du cabinet de guerre de Bush. Jusqu’à maintenant, l’homme a conservé des intérêts dans cette société.[[http://nl.wikipedia.org/wiki/Halliburton]]

“Il y a beaucoup d’argent pour financier tout ceci (…) les revenus du pétrole de ce pays pourraient s’élever entre 50 et 100 milliards de dollars US dans le courant des deux ou trois années à venir (…) Nous avons à faire à un pays qui peut financier sa propre reconstruction, et assez vite.”

Paul Wolfowitz, conseiller d’élite de Bush et architecte de l’invasion, 27 mars 2003[[http://zfacts.com/iraq-war-quotes]]

De nouvelles lois ont également prévu des impôts faibles permettant que des entreprises irakiennes passent à 100% aux mains d’investisseurs étrangers, y compris le droit de transférer tous les bénéfices à l’étranger.[[http://dissidentvoice.org/2010/04/iraq-today-afflicted-by-violence-devastation-corruption-and-desperation/]] Les transactions financières avec l’étranger sont passées entre les mains d’une banque des Etats-Unis, notamment JP Morgan, le premier financier de la première guerre mondiale et de Mussolini.[[http://www.nytimes.com/2003/08/30/business/j-p-morgan-selected-to-run-new-trade-bank-in-iraq.html

http://en.wikipedia.org/wiki/J._P._Morgan,_Jr]]

Même après le retrait (de la plupart) des troupes étasuniennes, en décembre 2011, les conseillers étasuniens restent liés à tous les ministères et services de sécurité.[[http://www.bigeye.com/fc060404.htm]] L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad est le symbole de la main de fer sur le pays. Cette ambassade est la plus grande et la plus chère du monde, aussi grande que le Vatican, et dotée d’un cadre de personnel de 15.000 personnes.[[http://en.wikipedia.org/wiki/Embassy_of_the_United_States,_Baghdad]]

L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad est le symbole de la main de fer sur le pays. Elle est la plus grande et la plus chère du monde.

Les transactions financières avec l’étranger sont passées aux mains d’une banque des Etats-Unis, notamment JP Morgan, le premier financier de la première guerre mondiale et de Mussolini.


Facture improbable et situations maffieuses

Selon Stiglitz, lauréat du prix Nobel, l’invasion de l’ Irak a coûté quelque 3000 milliards de dollars,[[http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/09/03/AR2010090302200.html]] l’équivalent de 100 ans d’aide au développement des Etats-Unis.[[http://www.oecd-ilibrary.org/development/development-aid-net-official-development-assistance-oda-2012_aid-oda-table-2012-1-en]] Un sixième de ce montant aurait suffi pour atteindre les objectifs du millénaire pour le monde entier.[[http://www.worldbank.org/html/extdr/mdgassessment.pdf]]

Pour l’occupation et la soi-disant reconstruction du pays, des montants considérables ont été prévus. Cependant, ils n’ont toujours pas été équitablement distribués. Selon Transparency International, il s’agit en l’espèce du plus grand scandale de corruption jamais vu dans l’histoire.[[http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e5dac110-9557-11d9-bc72-00000e2511c8.html#axzz2Mt6ICfUI]] Des milliards de dollars se sont envolés en fumée. Jusqu’à présent, on vole du pétrole à volonté, puisqu’il n’y a toujours pas de système de mesure moderne disponible.[[http://www.iraqoilreport.com/oil/iraq-criticized-for-oil-metering-delays-5658/]]

Certes, on a bien tenté de combattre cette corruption massive. Ainsi, un service contre la corruption a vu le jour. Cependant, les fonctionnaires trop zélés sont assassinés. Depuis 2006, 30 inspecteurs contre la fraude ont été «liquidés».[[http://musingsoniraq.blogspot.be/2012/11/the-undermining-of-integrity-commission.html]]

Selon Stiglitz, lauréat du prix Nobel, l’invasion de l’ Irak a coûté quelque 3000 milliards de dollars, l’équivalent de 100 ans d’aide au développement des Etats-Unis.


Parole contre parole

Avant la première guerre du Golfe, en 1991, James Baker, à l’époque ministre étasunien des affaires étrangères, avait dit à son homologue Tariq Aziz: «Nous allons détruire ton pays et le catapulter à l’âge de pierre».[[http://www.twnside.org.sg/title/iraq2.htm]] Près de dix ans plus tard, Paul Wolfowitz, vice-ministre de la Défense et architecte de l’invasion, disait que les Etats-Unis «allaient en terminer avec les états qui soutiennent le terrorisme».[[http://www.nndb.com/people/290/000023221/]] Ils ont tenu parole.

“Nous allons détruire ton pays et le catapulter à l’âge de pierre”.

James Baker, à l’époque ministre étasunien des affaires étrangères

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La population irakienne ne se croise pas les bras. Depuis l’invasion et l’occupation qui a suivi, les protestations sont constantes. Elles se sont accélérées lors du Printemps arabe en janvier-février 2011. Depuis le 25 décembre 2012, des protestations massives ont lieu chaque jour à Ramadi.[[http://www.nndb.com/people/290/000023221/]]

Ces protestations auxquelles participent des centaines de milliers de personnes se sont étendues vers d’autres villes, partout dans le pays.

Le 12 janvier dernier, plus de 2 millions de manifestants réclamaient la démission du premier ministre irakien Al Maliki. Ils réclament notamment la fin des atrocités, l’abolition des lois antiterroristes, la fourniture de services de base essentiels, l’arrêt de la marginalisation et de la division organisée parmi les groupes religieux et ethniques, la sanction du comportement criminel de l’armée, de la police et des forces de sécurité.

En Chine ou au Myanmar, il suffit d’un dissident pour se retrouver à la une des journaux. Par contre, nos médias gardent le silence sur ces protestations massives.

Oui, la vérité est toujours la première victime de toute guerre.
[[http://www.dewereldmorgen.be/artikels/2013/02/08/protesten-in-irak-breiden-uit-de-pers-zwijgt-als-vermoord]]

Traduit du néerlandais par Erwin Carpentier

Source : De wereld morgen

repris par investig’action

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PEUT-ON ÉRADIQUER LE CHÔMAGE?

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Hocine Belalloufi

La Nation

20 Mars 2013


À l’occasion du grand rassemblement initié par les chômeurs de Ouargla, un raccourci aussi rapide que dangereux a amené nombre d’observateurs à mettre en équation la région du Sud et le phénomène du chômage.

Vision fallacieuse et particulièrement dangereuse, le chômage étant un problème national.


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Un simple regard autour de nous permet de saisir la problématique du chômage en Algérie. Observons la devanture de n’importe quelle boutique, entrons dans le premier magasin venu. Que constatons-nous? Une partie considérable des produits exposés à la vente est fabriquée à l’étranger: vêtements, chaussures, fournitures scolaires, meubles, véhicules, produits électroménagers, informatiques et de téléphonie, médicaments, produits d’entretien corporels ou domestiques, cosmétiques, produits de luxe et même nourriture…

Comment fournir massivement du travail à la population active d’un pays qui ne produit rien ou presque de ce qu’il consomme? Cela s’avère strictement impossible. Peut-on y arriver en créant 100 locaux commerciaux par commune ou en transformant nos jeunes, par la grâce d’un prêt de l’ANSEJ, en intrépides capitaines d’industrie? Cela est peu probable. À moins que la panacée ne réside dans l’injonction lancée aux entreprises publiques de recruter des centaines de chômeurs ou dans l’ouverture d’une faculté de médecine ou d’une clinique de-ci de-là? Qui peut sérieusement y croire?

…/… Après avoir montré que dans notre pays l’effort productif, la création d’emplois par la promotion de la valeur travail se heurtent inévitablement aux entraves dressées par les monopoles et le système impérialiste mondial, l’article poursuit:

…/… Accepteront-ils facilement que l’Algérie s’industrialise et réduise ainsi massivement ses importations? Qu’elle ne place plus ses avoirs financiers à l’étranger, qu’elle rompe avec une thésaurisation stérile pour impulser une dynamique d’investissements productifs? Ces puissances financières, économiques et politiques resteront-elles sans réagir?

Personne ne le croit et c’est ce qui explique l’actuel profil-bas de notre diplomatie. Nos dirigeants nous expliquent qu’il faut tenir compte du rapport de forces défavorables et s’adapter.

Le rapport de forces défavorable n’a jamais empêché les peuples de se soulever et de lutter. Mais c’est la direction, qui fut jadis révolutionnaire, de ce peuple qui a cessé de vouloir prendre le risque de se battre et qui ne rêve que de se faire une place au soleil de l’actuel système mondial, quitte à sacrifier sa propre population et les autres peuples du monde.

Se développer ne relève pas d’un choix technique effectué par des économistes mais d’un choix politique relevant de la volonté des peuples. Il faut en payer le prix en protégeant la production nationale, donc en remettant sérieusement en cause et non simplement en retardant l’Accord d’association passé avec l’UE et la perspective censée incontournable d’adhésion à l’OMC. Les nationalisations du pétrole en Iran, sous Mossadegh, du canal de Suez, sous Nasser, et du pétrole sous Boumediene ont provoqué des réactions économiques, politiques voire militaires des grandes puissances dominantes. Cela était prévisible et n’a pas empêché ces dirigeants de les effectuer.

Des dirigeants d’Amérique latine, à commencer par feu Chavez, ont nationalisé nombre d’intérêts étrangers et affrontent jusqu’à aujourd’hui dans des conditions extrêmement difficiles les Etats-Unis d’Amérique. Le rapport de forces ne s’est pas transformé tout seul. Des pays comme Cuba ont longtemps résisté seuls. Ils ont tenu, le temps d’être rejoints par d’autres (Venezuela, Bolivie, Equateur…).

La résorption du chômage implique ainsi le développement d’une économie productive nationale et celle-ci implique une confrontation avec l’impérialisme. Mais lorsque l’on mène une telle politique qui profite d’abord au peuple, on a le soutien de ce dernier et l’on peut, dans de telles conditions, résister. Une telle économie est incompréhensible aux économistes.

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Voir l’article complet dans la Nation en cliquant sur le lien (…)


CRISE DU CAPITALISME: NE PAS CONFONDRE LES EFFETS ET LES CAUSES

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LA FOLIE DU CAPITALISMERouge Midi – le 20 mars 2013 – Michel Peyret – article de Ernst Lohoff et Norbert Trenkle – Traduction Paul Braun;


POLITIQUES PUBLIQUES, MONNAIE ET DETTE SOUVERAINE: DES DÉFICITS BUDGÉTAIRES AUX CRISES AUTO-RÉALISATRICESpar Ahcène AMAROUCHE – École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSSEA), Alger – “Recherches internationales,” n° 94, janvier-mars 2013;


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[

LA FOLIE DU CAPITALISME

Rouge Midi

le 20 mars 2013

->http://rougemidi.fr/spip.php?article7701]

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La critique simpliste du capital spéculatif et de l’endettement croissant qu’on retrouve partout est idéologiquement absurde et dangereuse, et renverse, en outre, le contexte économique réel.

Ce n’est pas parce que les manifestations de crises auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui prennent leurs origines dans la sphère financière que c’est là qu’il faut chercher les causes fondamentales et structurelles de ces crises.

La confusion entre déclencheur et cause ne date pas d’aujourd’hui. En 1857, lors du premier grand krach mondial, de telles explications erronées avaient déjà été avancées.

Un certain Karl Marx se moquait à l’époque…

Sur l’immense décharge du capital fictif

Les limites de l’ajournement de la crise par le capital financier et le délire des programmes d’austérité.

Par Ernst Lohoff et Norbert Trenkle

Traduction Paul Braun

Krisis

extraits:

1.Capitalisme sain ou confusion entre déclencheur et cause?

Au cours des trente dernières années, le capitalisme a changé dramatiquement de visage: jamais dans son histoire le secteur financier n’a pris autant d’importance par rapport à l’ensemble de l’économie qu’à l’époque actuelle.

Dans les années 1970, les produits financiers dérivés étaient encore quasiment inconnus. Aujourd’hui, d’après les estimations fournies par la Banque des Règlements Internationaux, la somme totale de ce seul outil financier arriverait à six cent mille milliards de dollars, c’est-à-dire environ 15 fois la somme de tous les produits intérieurs bruts.

En 2011, le volume quotidien des transactions financières était de 4,7 milliers de milliards de dollars. Moins d’1% de cette somme provenait des transactions de marchandises. L’achat et la vente d’actions, de titres et autres promesses de paiements sont devenus centraux dans l’accumulation du capital et “l’économie réelle” est devenue un accessoire de “l’industrie financière”.

Ce développement est critiqué de tous les côtés depuis que l’éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis a fait plonger l’économie mondiale à une vitesse vertigineuse comme on ne l’avait plus vu depuis les années 1930.

La cause de ce malaise serait le gonflement de la superstructure financière. Après le krach de 2008, la colère s’était retournée essentiellement contre les banques et contre d’autres acteurs financiers privés qui, dans leur cupidité, seraient devenus aveugles et insensés. Depuis, le regard s’est focalisé sur l’endettement étatique, et ce sont les gouvernements emprunteurs, prétendument irresponsables et dépensiers, qui sont pointés du doigt.

Mais là comme ici, l’idée de base est la même : tout le monde rêve d’un capitalisme “sain”, basé sur “le travail honnête”, un capitalisme dans lequel “l’économie réelle” dicterait la marche, et où l’économie financière jouerait ce rôle secondaire, de service, s’alignant sur ce qu’essaient aujourd’hui de nous faire croire les manuels scolaires de l’économie nationale.

Le capitalisme est un système profondément absurde, et c’est dans la crise que ses contradictions criantes et sa folie se manifestent le plus ouvertement. Mais la pensée dominante ne veut rien savoir, elle admet tout au plus des “erreurs” ou des “abus spéculatifs” dans certains domaines du système. De cette manière, elle prétend non seulement qu’il n’y a pas d’alternative à l’économie de marché, mais elle personnifie en plus les maux de la société en les projetant sur “les banquiers et les spéculateurs”, ou, de manière encore plus générale, sur “la côte ouest américaine”.

La critique simpliste du capital spéculatif et de l’endettement croissant qu’on retrouve partout est idéologiquement absurde et dangereuse, et renverse, en outre, le contexte économique réel. Ce n’est pas parce que les manifestations de crises auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui prennent leurs origines dans la sphère financière que c’est là qu’il faut chercher les causes fondamentales et structurelles de ces crises.

La confusion entre déclencheur et cause ne date pas d’aujourd’hui. En 1857, lors du premier grand krach mondial, de telles explications erronées avaient déjà été avancées.

Un certain Karl Marx se moquait à l’époque: “Si, au bout d’une certaine période de commerce, la spéculation apparaît comme annonciatrice d’un effondrement, il ne faudrait pas oublier que cette spéculation est née auparavant dans cette même période de commerce et qu’elle représente donc un résultat, une apparence et non pas une cause ou une essence. Les représentants de l’économie politique qui tentent d’expliquer les soubresauts de l’industrie et du commerce en les attribuant à la spéculation ressemblent à l’école défunte des philosophes de la nature qui considéraient la fièvre comme la cause fondamentale de toutes les maladies.”[[En allemand : Marx Engels Werke, tome 12, page 336]]

2. Un nouveau stade du développement capitaliste

La production capitaliste ne connaît qu’un seul but: la transformation d’argent en plus d’argent. Si le capital n’a plus la valorisation en perspective, il cesse d’être capital. C’est pour cela que le système capitaliste est condamné à l’expansion. Il doit perpétuellement investir de nouveaux domaines pour réaliser la valorisation, absorber toujours plus de travail vivant, et empiler toujours plus de marchandises.

Déjà, au cours du 19ème siècle, on constatait régulièrement des interruptions dans ce processus d’expansion. En comparaison de la quantité de capital accumulé, on se retrouvait périodiquement confronté à l’absence de possibilités d’investissements rentables dans “l’économie réelle”. À l’approche de ces crises de suraccumulation, les capitaux avaient tendance à se déplacer vers la superstructure financière où, sous la forme de “capital fictif” (Marx), ils pouvaient se reproduire pendant un certain temps à travers l’accumulation de créances monétaires. Et c’était uniquement au moment où cette reproduction de capital, sans passer par la valorisation, atteignait ses limites qu’on assistait à de véritables épisodes de crises.

C’est ce schéma de base qui se reproduit actuellement, à une échelle tout à fait nouvelle, lors des processus de crises. Sa durée est déjà éloquente. A l’époque, l’accroissement du capital fictif était un phénomène de courte durée, tout au plus un ou deux ans, qu’on retrouvait à l’aube des crises cycliques. Aujourd’hui, la multiplication du capital fictif est devenue la caractéristique principale de toute une période.

Depuis le début des années 1980, le volume total des titres échangés sur les marchés financiers croît sans arrêt et de manière exponentielle. Et même si le support de cette dynamique change régulièrement (emprunts d’Etats, actions, crédits hypothécaires, produits dérivés, etc.), ce n’est pas un hasard si c’est toujours “l’industrie financière” qui constitue le centre dont dépend l’accumulation du capital.

À la différence des stades de développement capitaliste antérieurs, le déplacement vers les structures financières, lors des dernières trente années, n’est pas juste le résultat d’une absence momentanée de possibilités de valorisation dans l’économie réelle. Depuis la fin des trente glorieuses et du fordisme, une accumulation auto-entretenue dans l’économie réelle est devenue définitivement impossible.

L’énorme gain de productivité qui a suivi la troisième révolution industrielle entraîne une éviction massive de la force de travail hors des secteurs produisant de la valeur et mine ainsi la seule base de la valorisation de la valeur : l’utilisation de force de travail vivante dans la production de marchandises.

Depuis plusieurs décennies, le mouvement global d’accumulation ne peut se poursuivre que grâce à la sphère financière qui, en produisant inlassablement de nouvelles créances monétaires, est devenue le moteur central de l’accroissement du capital. Si ce “processus de production” de l’industrie financière s’enraye, l’effondrement catastrophique de l’économie mondiale devient inéluctable.

3. Le capital fictif

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…/… pour lire l’article en pdf

cliquer sur le lien

ou aller sur le site Rouge Midi

http://rougemidi.fr/spip.php?article7701

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POLITIQUES PUBLIQUES, MONNAIE ET DETTE SOUVERAINE :

DES DÉFICITS BUDGÉTAIRES AUX CRISES AUTO-RÉALISATRICES

par Ahcène AMAROUCHE (*)

“Recherches internationales,” n° 94, janvier-mars 2013

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…/…
L’analyse qui précède a tenté de montrer le poids des
phénomènes monétaires dans la crise de la dette souveraine des
pays aujourd’hui lourdement endettés. Ces phénomènes ont été
dissociés des facteurs relevant des politiques publiques qui, dans
la conjoncture internationale marquée du sceau de la libéralisation
et de la globalisation financière, peuvent avoir un impact effectif
sur les déficits budgétaires.

L’analyse a montré l’importance des crises auto-réalisatrices en
situation de surendettement des États, surendettement qui, depuis 2007,
s’est alimenté du rachat par les pouvoirs publics des titres toxiques
que les banques ont créés de toutes pièces dans la phase ascendante
du cycle économique nourri par les bulles Internet et de l’immobilier.

Cependant, c’est moins le retournement du cycle, après
l’éclatement de la bulle immobilière, que la logique même du
capital porteur d’intérêt, forme fétichisée du rapport économique
fondamental sous le capitalisme en tant qu’il apparaît comme rapport
de l’argent à lui-même, qui est la source du surendettement des
États puis de la crise de la dette souveraine. Dans ces conditions,
la réforme du système financier mondial est-elle envisageable?

Sans doute. Mais pas tant que la crise financière internationale,
dont celle de la dette souveraine est partie intégrante, n’ait produit
tous ses effets sur l’économie réelle.

par Ahcène AMAROUCHE (*)

“Recherches internationales,” n° 94, janvier-mars 2013

(*) École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSSEA), Alger

pour accéder au texte de l’étude cliquer sur le lien: (…)

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ANGELA DAVIS RÉDACTRICE EN CHEF DE L’HUMANITÉ CE MERCREDI 20 MARS 2013

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Ce mercredi, Angela Davis, rédactrice en chef exceptionnelle de l’Humanité

Angela Davis et Shona Lynch. L’une est la militante de toujours. L’autre la réalisatrice du film Free Angela…, qui retrace son procès dans une Amérique violemment anticommuniste.

Les deux femmes étaient à l’Humanité ce mardi pour livrer leurs points de vue sur l’actualité.

Retrouvez les dans l’Humanité de ce mercredi.

Pour voir la vidéo annonce

du film documentaire

FREE ANGELA AND ALL POLITICAL PRISONERS

cliquer sur le lien:

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http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Qh49nbTq268

PARIS – VENDREDI 22 et SAMEDI 23 MARS: JOURNÉES D’ÉTUDE CONSACRÉES À GRAMSCI

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CENTRE D’HISTOIRE DES SYSTÈMES DE PENSÉE MODERNE

Marx au XXIe siècle, l’esprit & la lettre

http://chspm.univ-paris1.fr/spip.php?article271

Séminaire hebdomadaire

sous la responsabilité de Jean Salem (Paris 1),

Isabelle Garo (Paris, Lycée Chaptal)

et Jean-Numa Ducange (Université de Rouen)

avec le soutien du CERPHI

et de la revue ContreTemps (Syllepse)


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ANNÉE 2012-2013

VENDREDI 22

et SAMEDI 23 MARS:

JOURNÉES D’ÉTUDE CONSACRÉES À GRAMSCI


le VENDREDI 22 MARS 2013

de 9h30 à 18h30

Maison de l’Italie de la Cité universitaire,

7A, boulevard Jourdan, Paris

et

le SAMEDI 23 MARS 2013

de 9h30 à 12h15

Sorbonne,

dans l’amphithéâtre habituel (G. Lefebvre – esc. R)


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PROGRAMME DÉTAILLÉ

http://www.gabrielperi.fr/La-Gramsci-Renaissance


Colloque international

LA “GRAMSCI RENAISSANCE”:

REGARDS CROISÉS FRANCE – ITALIE

SUR LA PENSÉE D’ANTONIO GRAMSCI

Comité Scientifique :

André Tosel

Giuseppe Vacca

Serge Wolikow

Jean Salem

Marco Di Maggio

Jean-Numa Ducange

Francesco Giasi.

Secrétariat scientifique

Maud Lambert

Journées d’étude organisée

par la “Fondation Gabriel Péri”

la “Fondazione Istituto Gramsci” de Rome

le “Centre d’Histoire des Systèmes de Pensée Moderne”,

en collaboration avec

la “Maison de l’Italie de la Cité universitaire”.


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PREMIÈRE JOURNÉE :

Vendredi 22 mars 2013,

Maison de l’Italie de la Cité universitaire,

7A, boulevard Jourdan, Paris

9h30-18h30


Partie 1 : 9h30-10h45


Séance présidée par :

Giuseppe VACCA

Professeur émérite

Président de la Fondation Istituto Gramsci

“Les éditions de Gramsci en Italie”

Francesco GIASI

Fondation Istituto Gramsci

“Les nouvelles recherches sur Gramsci en Italie (2007-2012)”

Giuseppe COSPITO

Université de Pavie

“Études récentes sur la vie de Gramsci”

Leonardo RAPONE

Université de la Tuscia, Viterbe


Partie 2 : 11h15-12h30


Séance présidée par :

André TOSEL

Professeur émérite des Universités

“Gramsci et le chiasme entre religion et philosophie”

Fabio FROSINI

Université d’Urbino

“Gramsci et la Russie soviétique”

Domenico LOSURDO

Université d’Urbino

“Gramsci et la notion de jacobinisme:

forces et ambiguïtés d’une lecture singulière de la Révolution française”

Jean-Numa DUCANGE

Université de Rouen

co-responsable du Séminaire Marx au XXI Siècle


Partie 3 : 14h30-16h


Séance présidée par :

Isabelle GARO

Professeur de classes préparatoires

Séminaire Marx au XXIe siècle

“L’influence de Gramsci dans les théories de la littérature”

Rino CAPUTO

Université de Rome Tor Vergata

“Gramsci et les études anthropologiques italiennes”

Marcello MASSENZIO

Université de Rome Tor Vergata

“Gramsci et l’anthropologie politique entre Bourdieu et Rancière”

Riccardo CIAVOLELLA

École des hautes études en sciences sociales

“L’actualité de la notion d’« américanisme »”

Pierre MUSSO

Université de Rennes II


17h-18h30


Table ronde animée par :

* Serge WOLIKOW

Professeur émérite

responsable Histoire et Archives

de la Fondation Gabriel Péri

* Jacques Bidet

Professeur émérite

Directeur honoraire d’Actuel Marx

* André Tosel Professeur émérite
* Giuseppe Vacca

L’actualité de la notion d’« américanisme »


DEUXIÈME JOURNÉE :

samedi 23 MARS 2013


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9h30-12h15

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,

Amphithéâtre Georges Lefebvre,

17, rue de la Sorbonne, Paris


Partie 4 : 9h30-10h45


Séance présidée par :

Jean SALEM

Université Sorbonne Paris 1

Séminaire Marx au XXIe siècle

“«Les malentendus de l’hégémonie»

Gramsci dans le Parti Communiste français”

Marco DI MAGGIO

Université La Sapienza Rome

Fondation Gabriel Péri

“Althusser en Italie. Le double défi à Gramsci et à della Volpe”

Francesca IZZO

Université l’Orientale de Naples

“Gramsci et le dernier Althusser”

Peter D. THOMAS

Brunel University, Londres


Partie 5 : 11h-12h15


Séance présidée par :

Serge WOLIKOW

“Henri Lefebvre face à Gramsci ?”

André TOSEL

Professeur émérite

“Le dialogue continu de Poulantzas avec Gramsci”

Panagiotis SOTIRIS

Université de l’Egée, Mytilène

“Gramsci dans les cultural studies”

Razmig KEUCHEYAN

Université Sorbonne Paris IV

Programme

du Séminaire ‘Marx au XXIe siècle : l’esprit et la lettre’ (année 2012-2013)


Pour contact et information :

http://www.marxau21.fr


Pour une demande de désinscription :

jean.salem@univ-paris.fr


7 années d’Archives audio et vidéo

du Séminaire ‘Marx au XXIe siècle’

(2005-2012)

disponibles à l‘adresse suivante :

http://chspm.univ-paris1.fr/spip.php?rubrique49


19 MARS 1962 – 19 MARS 2013


BABA!poème de Fateh Agrane – le 19 mars 2013 – en hommage à son père Messaoud tombé au champ d’honneur;


“HOURIYA, LIBERTÉ”En célébration du 19 mars, victoire mémorable du peuple algérien“Houria Toi l’ardente et tant belle…”un Poème de Safiya – à Fateh Agrane dont les mots m’ont touchée profond… – Safiya – Forum socialgerie;


19 MARS 1962 – CESSEZ LE FEU: DES ENSEIGNEMENTS POUR AUJOURD’HUIUn article du Blog de Bernard Deschamps;


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En ce 19 mars

jour de la victoire de notre peuple

sur le désordre exploiteur colonialiste

CES MOTS EN HOMMAGE

À MON PÈRE MESSAOUD

TOMBÉ AU CHAMP D’HONNEUR

POUR QUE VIVE L’ ALGÉRIE

LIBRE ET INDÉPENDANTE

LE 6 MAI 1958 À EL-AOUANNA JIJEL

GLOIRE A NOS MARTYRS.

Baba!

par Fateh Agrane

Baba*

J’attends ton retour

Où es-tu retranché

Une balle au front

La gorge tranchée

Tu as trop tardé

As-tu pris des détours

Poitrine criblée

Soupir arraché

Je t’ai vu flotter en rêve

Vert de blanc fluorescent

Où ton étoile fait l’amour

À son rouge croissant

Je t’ai vu en famille

Sans effet d’annonce

Lover les yeux de ma fille

Le jour de ses noces

J’ai beaucoup pleuré

ce demi-siècle d’absence

D’être de toi sevré

D’être ma béance

Mais je te dis une chose

Et que ça soit entre nous

Je suis épris d’elle

Ton amour prunelle

Ne te voyant venir

Elle m’a fait les yeux doux

Pour me remplir d’elle

Et me léguer tes ailes

Vais-je aimer comme Icare

Que lumière a brûlé

Dans son lit d’amour

Dans ton ciel étoilé

Baba, reviens pour me dire

Reviens pour voir

Compter mes plaisirs

Et rire de mes déboires

Reviens-moi un peu

J’ai peur de trahir

Et ne point atteindre

Ton rêve avenir

Baba !

Reviens-moi un peu

Pour me prêter ta lance

Je vois venir le feu !

Dévorer l’essence

Reviens-moi un peu

Pour l’éteindre à deux !

Fateh Agrane

Baba* : en dialecte Algérien : papa, mon père

Copyright tous droits réservés

19 MARS 2013

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En célébration du 19 mars,

victoire mémorable du peuple algérien

Un Poème de Safiya

Houriya, Liberté !

à Fateh Agrane dont les mots m’ont touchée profond…

Houria Toi l’ardente et tant belle

Résiliente aux temps toujours rebelle

Ton étreinte consume à la fois galvanise

Celui-celle qui sous ton emprise

Marche sur la braise sans un soupir

Offrant poitrine nue pour te conquérir

Houria, Ô sortilège ineffable

Ton sentier est pavé des vies innombrables

Qui se sont données sans regret à toi

Pour que tu sois. Toi Liberté ! Alors soit !

Toujours rebelle, ardente et Ô combien belle !

Safiya

le 22 mars 2013

Forum socialgerie

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19 MARS 1962 – CESSEZ LE FEU: DES ENSEIGNEMENTS POUR AUJOURD’HUI

Un article du Blog de Bernard Deschamps, militant et ami français de longue date du peuple algérien

Pour nos petits-enfants, le temps écoulé depuis la fin de la guerre d’Algérie représente le double ou le triple de leur âge ! De l’histoire ancienne. Et pourtant…

Le 19 mars 1962 mettait fin à 132 ans de domination coloniale par la France et à près de huit années d’une guerre sanglante et cruelle. Interrogeons-nous. Pourquoi après l’indépendance, la majorité du Parlement français refusa-t-elle pendant trente-sept ans, le terme de «guerre» qui ne sera admis que le 18 octobre 1999? Pourquoi pendant cinquante ans, les autorités françaises, socialistes comme de droite, refusèrent-elles de célébrer le 19 mars date officielle de la fin des combats? Ce n’est que le 6 décembre dernier que le Parlement français a décidé, à la majorité, que le 19 mars serait désormais «journée du souvenir et du recueillement»

Reconnaître que la guerre d’Algérie était une guerre et non «une opération du maintien de l’ordre» et célébrer le 19 mars 1962, c’est enfin admettre que l’Algérie n’était pas la France et que l’indépendance est un fait acquis.

Refuser cette double reconnaissance, au-delà du Front National et de l’extrême droite qui en ont fait un de leurs chevaux de bataille, est révélateur des arrière-pensées de la droite et aussi d’une partie de la gauche.

Pour se justifier ils prétendent que les combats ont continué après le 19 mars. Ce qui a continué, ce n’est pas la guerre avec le FLN, ce sont les attentats et les meurtres perpétrés par l’OAS, le bras armé des partisans de « l’Algérie française »; quant aux supplétifs, c’est l’armée française qui les a recrutés qui est responsable de leur sort tragique.

Mais, me direz-vous, pourquoi évoquer encore aujourd’hui, des débats qui concernent des faits vieux de cinquante ans? La page est désormais tournée.

Il n’en est malheureusement rien, comme l’ont démontré les furieux qui, accompagnés de Collard, de Fournier, de Lachaud, des activistes et élus du FN et des partis de droite, avaient mis notre colloque d’historiens en état de siège à Nîmes en mars 2012, car ils rêvent de faire revenir en arrière la roue de l’histoire.

Un combat d’arrière-garde ? Des rancoeurs de has-been? Voire. La situation mondiale de 2013, n’est certes plus celle des années cinquante. Les rapports des forces entre Etats ont évolué. Les anciennes puissances coloniales, Allemagne, Angleterre, Etats-Unis, France, etc, ont depuis vu leur poids relatif, économique, militaire, démographique, diminuer, alors que d’anciens pays colonisés grandissaient sur la scène internationale.

Ainsi les Etats-Unis n’ont pas réussi contre Chavez, ce qu’ils avaient réussi contre Allende.

Mais ces anciennes puissances coloniales n’ont pas, pour autant, abandonné leurs objectifs de domination, de mise sous tutelle, de pillage économique. Par d’autres moyens que les armes, mais aussi par la force des armes quand la situation intérieure des pays qu’ils convoitent, leur en donne l’occasion et que les circonstances s’y prêtent.

Leurs services secrets tentent toujours de créer ici ou là des troubles afin de fournir des prétextes à interventions militaires. Et ils sont d’autant plus enclins à cette fuite en avant que, dans les conditions actuelles de raréfaction des sources d’énergie, le contrôle de celles-ci est pour eux d’une urgente nécessité.

Les aventures militaires en Afghanistan, en Irak, en Côte d’Ivoire, en Libye, et maintenant au Mali, nous le prouvent.

Aujourd’hui comme hier, ces interventions sont engagées au nom de grands principes humanitaires, souvent au nom de la démocratie et des libertés qu’il faudrait exporter vers les pays réputés en être dépourvues.

Qui a dit : « Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures…parce qu’elles ont un devoir pour elles. Elles ont un devoir de civiliser les races inférieures.» Roselyne Bachelot? Bernard Henri Levy? Non, Jules Ferry, le 28 juillet 1885 à la Chambre des Députés, propos dénoncés par François Hollande, le premier jour de son mandat de Président de la République.

Mais c’est la philosophie qui inspire le soit-disant «devoir d’ingérence», sans base légale et pourtant cher à Bernard Kouchner et qui sous-tend l’intervention militaire de la France au Mali. «Les peuples n’aiment pas les missionnaires armés… », faisait remarquer Robespierre avec raison.

C’est aussi une des leçons du 19 mars. L’entêtement des gouvernants français socialistes, radicaux ou de droite, qui refusaient le droit à l’indépendance du peuple algérien, n’a fait que reculer l’échéance, au prix de 500 000 à 1 million de morts en Algérie et de la vie de plus de 30 000 jeunes Français.

Toutes les familles, en Algérie, pleurent encore aujourd’hui un être cher mort au combat ou disparu. Même dans les plus petits villages existe un cimetière où dorment des chouhadas (martyrs).

Les essais nucléaires des années soixante au Sahara continuent de tuer en Algérie et en France, et chaque jour des enfants, des femmes, des hommes sont victimes des mines déposées par la France aux frontières du Maroc et de la Tunisie.

Pour toutes ces familles, hier est toujours présent.

En France même, la IV République est morte de la guerre d’Algérie et un régime quasi monarchique a été instauré en 1958, qui s’est perpétué jusqu’à nos jours.

Marx pourtant nous avait prévenus : «Un peuple qui en opprime un autre ne saurait être un peuple libre.»

Les leçons de l’histoire ne doivent donc pas être oubliées. Elles peuvent nous aider à éviter de retomber dans les erreurs et les fautes du passé.

Bernard DESCHAMPS, 15 mars 2013

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image: « La quille b…! »

http://www.bernard-deschamps.net/article-19-mars-1962-des-enseignements-pour-aujourd-hui-116159682.html

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Amekti n tmenɣiwt n Ɛellula- COMMÉMORATION DE L’ASSASSINAT DE ALLOULA.

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[LA RENCONTREMessaoud Benyoucef.
– Chiricahua over blog – le 18 mars 2013;
->#1]


Amekti n tmenɣiwt n Ɛellula- COMMÉMORATION DE L’ASSASSINAT DE ALLOULAtiddukla tadelsant Numidya n Wehran – association culturelle Numidya d’Oran – 15 mars 2013;


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LA RENCONTRE

Messaoud Benyoucef.

Chiricahua over blog

le 18 mars 2013

Il y a 19 ans, le 10 mars 1994, était assassiné Abdelkader Alloula, le grand dramaturge oranais, mondialement reconnu. Il n’y eut ni enquête ni recherche des coupables et de leurs commanditaires dans une ville livrée à la terreur. Bien des années après, les Oranais verront les plus hauts responsables policiers et militaires de la ville, ceux qui étaient en fonction durant les années sanglantes, se déchirer devant les tribunaux, s’accusant mutuellement d’avoir trempé dans le trafic de drogue et faisant état de « désaccords » graves quant à la manière de mener la lutte antiterroriste. De quoi donner froid dans le dos et décupler l’indignation.

En mémoire du grand ‘Abdelkader, Chiricahua réédite le texte hommage écrit par son ami et camarade, Messaoud Benyoucef.

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Il gravissait les escaliers en compagnie de son épouse, celle-ci lui tenant le bras comme l’on fait dans la bonne société, tout en observant, maintenant, le décalage imperceptible qui continuait -tout de même- de marquer la distance entre l’homme et la femme. Le couple se présenta devant la porte d’entrée monumentale de ces lieux que les gens n’avaient pas encore appris à domestiquer; il faut dire qu’ils n’avaient pas l’habitude de les fréquenter. Sauf peut-être ce monsieur, en complet-veston strict avec sa dame si élégante dans sa robe de soirée, ce monsieur qui a l’air bien sûr de lui et qui, pourtant, marque quelque désarroi face aux deux appariteurs (placeurs) qui discutent avec un petit homme en bleu de travail, le bleu-de-Chine comme on l’appelle ici. Le petit homme, très brun, bossu, vociférait en faisant de grands gestes de ses bras trop courts ; les appariteurs riaient à gorge déployée au discours de celui que tous les habitants de la cité connaissaient bien: il s’agissait d’un éboueur à la langue bien pendue et qui passait tous ses moments de liberté, dans le grand parc municipal, à haranguer les animaux du zoo auxquels il vouait un amour à peine croyable.

Alors, l’homme au complet-veston crut comprendre. Mais la chose était tellement extravagante qu’il préféra s’en assurer auprès de l’un des appariteurs. Ce dernier confirma: « Oui, la soirée est réservée aux éboueurs et aux dockers ». Le petit homme brun ponctua avec son petit rire chuintant et de vastes mouvements de mains: « La classe ouvrière s’empare du théâtre, ce soir ! ». L’homme au complet-veston saisit sa femme par le bras et dévala l’escalier qui ouvre vers la grande place sur laquelle veillent deux lions hiératiques. Derrière la porte, en retrait, très discret, les bras croisés sur sa large poitrine, se tenait un homme à la taille haute et aux cheveux frisés. Il avait observé la scène avec une placidité absolue. Mais à qui l’aurait approché, l’éclat amusé et attendri du regard aurait révélé l’intense émotion qui l’habitait.

De son pas lent et mesuré, il quitta son poste d’observation et emprunta la galerie qui longe l’orchestre, alors que tintait la sonnerie annonciatrice du spectacle. Traversant les bureaux de l’administration, il pénétra dans les coulisses, écarta très légèrement une des lourdes tentures d’angle; son regard embrassa la salle de théâtre aux velours rouges et aux lambris d’or; un superbe petit opéra à l’italienne, grouillant maintenant d’habits bleus de dockers et d’éboueurs s’interpellant d’une travée à l’autre, et des voiles blancs de leurs femmes, toutes installées aux premiers balcons et dans les loges. L’homme partit d’un grand éclat de rire.

Le rideau se leva et une voix inouïe saisit les spectateurs au ventre; un chant inclassable, une mélopée foudroyante, une voix d’airain.

Derrière le chanteur, un écran blanc s’illumina d’images cinématographiques représentant des tampons et des cachets.

Le goual traditionnel, Erwin Piscator et Bertolt Brecht s’étaient emparés de la scène du théâtre d’Oran et les ouvriers, leur parterre naturel, avaient la primeur de la représentation des “Sangsues”“El Alag” – de Abdelkader Alloula, ce géant placide aux yeux doux, qui arpente maintenant la coulisse et dont le pas, sans qu’il en ait conscience, scande la mélodie métallique que Mohamed Haïmour martèle, puissamment.

C’était en mai 1969.

Celui qui s’était tellement investi dans l’organisation syndicale de cette soirée -jeune homme pressé de mettre ses actes en cohérence avec ses idées-, et qui chemina ensuite longtemps avec le géant tranquille, a de la peine à maîtriser son émotion à cette évocation.

Car il est des rencontres définitives. Celles qui vous rendent meilleur.

Messaoud BENYOUCEF,

Paris, mars 1996

http://chiricahua.over-blog.com/article-la-rencontre-116295115.html

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Amekti

“Uriɣ-as s taɛrabt, yerra-yi-d s tutlayt TAMAZIƔT”

(“Leǧwad”-1985)

Ɛebdelqader ƐELLULA

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Tawlaft (tteṣwira) taneggarut -08/03/1994 – umeɣras (ccahid) n tẓuri d yedles «Ɛebdelqader Ɛellula ».

Sgunfu di talwit ay ameddakel. Xuḍi tefkiḍ ula d idammen-ik, akken i yefka Akli Amezɣan taɣessa (iɣsan)-ines!…

Ilmend umulli wis-19 n tmenɣiwt umeskar n timmuga d wesmug-asayes ameqqran « Ɛebdelqader Ɛellula », tiddukla tadelsant Numidya n Wehran ad tessudes ass n Sem 15/03/2013, deg usideg-ines:

12 (t),00 ar 13(t),30

  • Allus amenzu n « Tuɣalin n ccfaya» n Ǧamal Benɛuf.

    Sɣur: «Tigawt d wawal»

14(t),00 ar 17(t),00

  • Tannant (tawezlant) uselmed umezgun i ubaɣur imariren n “Tigawt d wawal»,

    sɣur Ɛmiruc Ɛelliq.

17(t),00 ar 17(t),50

  • Tafilt tagnennyat ɣef tudert d tmeddurt n Ɛebdelqader Ɛellula,

    sɣur imeddukal-nneɣ: Muḥemmed Beleɛrusi d (ahat) Bumedyen Leclac.

17(t),50 ar 18(t),00

  • Tarmest i yiseɣ n terbaɛt «Tigawt d wawal» ilmend umulli wis-mraw (10) ɣef tlalit-ines.

Anṣuf yes-wen (kent)


Commémoration

“ Je lui ai écrit en arabe, il m’a répondu en Langue AMAZIGHE”

« El Adjoued» -1985.

Abdelkader ALLOULA

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Abdelkader Alloula (Le martyr de l’art et de la culture algérienne)

et Dr Sadek Hadjres (Un du groupe « berbéro-nationaliste » et un des trois rédacteurs de la brochure «L’ Algérie libre vivra» lors de la crise anti berbère du 1949.

À l’occasion du 19éme anniversaire de l’assassinat

du grand dramaturge «Abdelkader Alloula»,

l’association culturelle Numidya d’Oran

organise ce Vendredi 15 mars 2013

à son siège : 5, rue Amrani Ali (ex Montauban),

centre ville. Oran.

12 H00, 13H30

  • 1er enchainement (répétition) de la nouvelle pièce

    «Tuɣalin n ccfaya/Retour de la mémoire» de Djamel Benaouf.

    Par : la troupe «Tigawt d wawal/ Action et parole».

14H00,17H00

  • Stage (court) de formation du théâtre

    au profit de comédiens de la troupe «Tigawt d wawal»

    par Amirouche Allik.

17h00,17H50

  • Table ronde sur la vie et les œuvres de: «A.E.K ALLOULA»

    par nos amis et camarades: Mohamed Belaroussi et (probablement) Boumediene Lechlach.

17h50,18H00

  • Réception en l’honneur de la troupe «Tigawt d wawal»

    à l’occasion du 10ème anniversaire de sa création.

Soyez les biens venu(e)s.


« Djelloul lefhaymi (l’intelligent) »

Adaptation en langue amazighe

Par Djamel Benaouf.

Ǧellul Lefhaymi.

(Amekti/tajmilt i Ɛebdelqader Ɛellula.)

Akken ara aɣent teftilin, a d-isuɣ Lmeyyet aqdim :

– Ǧellul Lefhaymi!

A d-banenen 4 yemdanen ttazzalen deg imukan-nsen kan. Ǧellul Lefhaymi ɣer zdat, Lmeyyet aqdim ɣer tama-s tayeffust akk d sin-nniḍen ɣer deffir. Ad yebdu Ǧellul Lefhaymi a d-iḥekku, wiyaḍ-nni ad ttazzalen deg imukan-nsen kan.

 Ǧellul Lefhaymi :

Ǧellul Lefhaymi aḥlil

Asmi ixeddem di ṣṣbiṭar

Ayen i s-yeḍran ur t-yeqbil

Yugad zzɛaf a t-yagar

Sked anda ur yuzzil

Inuda-d akk tiɣemmar

Laɛudd a d-yaf ttawil

Weqbel ad yeḍru uxeṣṣar.

Ad yeffeɣ Ǧellul Lefhaymi akk d wid-nni yettazzalen yid-s. A d-yekcem yiwen umuḍin yettnazaɛ, teqreḥ-it tuɣmest-is, am wakken yettraǧu deg umejjay neɣ ṭṭbib. Mi ara d-yekcem uneggaru-yagi, a s-yini i umuḍin-nni:

– D acu akka i k-yuɣen, daɣen?

Amuḍin ad yettnazaɛ, ad yettwehhi ɣer yimi-s, zuni d tuɣmest i t-iqerḥen.

Amejjay ad yettmeslay i yiman-is kan : “Win teqreḥ tuɣmest-is a d-yazzel ɣer da, win teqreḥ tɛebbuṭ-is a d-yazzal ɣer da; Yuɣal ṣṣbiṭar-agi d lkuri. Yenɛel bu lḥerfa am ta.”

Ad yaẓ ɣer umuḍin a s-yini :

– Ldi kan aqemmuḥ-ik!

Amuḍin ad yeldi imi-s, a d-banen wuglan-is, amejjay ad yennesmumi, ad isuɣ fell-as :

– A wigi mačči d uglan n bnadem, a wigi d timɣilin n yilef! Ad yernu a s-yini :

– Ɣas ḥṣu, atan ulac “ la nistizi « .

Amuḍin a s-d-iwehhi, zuni maɛlic.

Amejjay-nni a d-yejbed tiɣemdin (lkellab) annect-ili-tent, a s-yini:

– Ldi imi-k! «Iniɣ n yizem yiwwas, iniɣ n yizan yal ass»!

Akken ara iger tiɣemdin-nni deg yimi umuḍin, ad yejbed s kra yellan di tezmert-is, amuḍin n twaɣit ad yemmermeɣ, ad yekker ad yerwel; amejjay ad yefferkes, ad yeɣli d tinnegnit, akken ara d-yekker a d-iban yiles d azzeggaɣ iɛelleq di tɣemdin-nni (dagi d iles uceṭṭiḍ i nesseqdec).

Akken ara d-yekker a d-yini s teḍsa tawraɣt :

– Teqreḥ-it tuɣmest-is, qelɛeɣ-as-d iles-is. Dayen, yekfa fell-as ucetki.

Ad yeffeɣ.

A d-yekcem Ǧellul Lefhaymi akk d wid-nni yettazzalen yid-s. Ǧellul lefhaymi a d- yuɣal s awal :

Ǧellul Lefhaymi yesseḍ

Laqen-as isurtiyen

Di leḥbus ad yettmermed

A d-yesɛeddi ɛamayen

Ma drus fell-as Ɛemmi Ḥmed

Xemsa yiḍan a t-gezren

S useffud ad yettwiqqed

I wakken ad yecɛef dayen.

Ad yeffeɣ Ǧellul lefhaymi akk d wid-nni yettazzalen yid-s, a d-tekcem yiwet terbaɛt, a ɣ-d-mlen (s turart kan, war awal) liḥala n ṣṣbiṭar akk d twuɣa la iḍerrun deg-s : “tukerḍa, tijɛal akk d westehzi…” Ssyen ad ffɣen.

A d-uɣalen wid-nni yettazzalen, gar-asen lmeyyet aqdim. A d-yini uneggaru-yagi, a t-id-ɛiwnen wiyaḍ:

– Imi netta, yettɣuccu, yettqelliq, tettaɣ-it-id legrina; mi ara yerfu ini yerwi-tt.

A d-yekcem Ǧellul lefhaymi, a d-yernu ɣer wid akken yettazzalen, a d-yini:

Ǧellul lefhaymi yewqeɛ

Ger ẓẓebra d yefḍisen

Seg wurfan d lɣecc yefqeɛ

Yettḥawal deg imeslayen

Yeffeɣ-d s amraḥ yettrabaɛ

Yessuruf i yemnaren

Yeqqel yisem-ines mucaɛ

D azamul deg ixeddamen.

Lmeyyet aqdim ad iwehhi ɣer Ǧellul Lefhaymi, a d-yini asefru-yagi (Tarbaɛt-nni, a d-ttɛawaden deffir-s):
– Argaz-agi isem-is Ǧellul
– Tarbaɛt-nni : Ǧellul!
– Tennerna deg-s lefhama
– Tarbaɛt-nni : lefhama!
– Iḥemmel tamurt seg wul
– Tarbaɛt-nni : Iḥemmel tamurt seg wul!
– Ɣur-s iman n lxedma
– Tarbaɛt-nni : Lxedma!
– Yugi ad yidir medlul
– Tarbaɛt-nni : Yugi ad yidir medlul!
– Yugad tassirt n nndama!
– Tarbaɛt-nni : Yugad tassirt n nndama!
– Yettazzal abrid iḍul
– Tarbaɛt-nni : Iḍul, iḍul!
– Yessewhem medden merra
– Tarbaɛt-nni ad wehmen : Aaah!!
– Kra qqaren-as : D amexlul!
– Tarbaɛt-nni : D amexlul, d amexlul!
– Yečča ɣebret lefhama (takka n tegzi)!
– Tarbaɛt-nni : Yečča ɣebret lefhama!
– Nekkni a s-nini : Azul!
– Tarbaɛt-nni: Azul, azul!
– Ṣiraṭ yuklal rreḥma…
-Tarbaɛt-nni : Ṣiraṭ yuklal rreḥma…
– Nekkni a s-nini : Azul!
Tarbaɛt-nni : Azul, azul!
– Ɛellula yuklal rreḥma…
-Tarbaɛt-nni : Ɛellula yuklal rreḥma…

Dagi, Lmeyyet aqdim akk d terbaɛt-nni ad ttazzalen, a d-ttɛawaden kan s leɛqel i tefyirt-agi taneggarut usefru : Yettazzal abrid iḍul… Ad ffɣen.

…Ad xsint teftilin.

Ǧamal Benɛuf, Wehran 2005.

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Ǧellul lefhaymi –Tigawt d wawal.

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Ǧellul lefhaymi

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Amejjay d umuḍin

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Teqreḥ-it tuɣmest-is, yekkes-as-d iles-is.

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Tamuḍint d umejjay.

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Tijɛal akk d tukerḍa di ṣṣbiṭar.

Axemmem-nneɣ i “mmi-s igellil” Mulud At Ceɛban (Ferɛun) yettwanɣan ass n 15 Meɣres 1962.

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“Tigawt d wawal” zdat uẓekka n Mulud Ferɛun, deg Tizi-Hibel –At Dwala, Tizi-Wezzu. Yebrir 2007.

Awlawal seg Wehran.

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ALGER – EXPOSITION: ARTISTE PEINTRE ABDENOUR BOUDERBALA

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Abdennour Bouderbala

On va à sa rencontre comme on va à une source par temps de canicule, boire ses toiles….

Boire ses mots remède sur les maux qui altèrent le beau!

Il coule de suite d’infini sourire pour nous dire son rêve! car dit-il je ne rêve qu’au présent, hier est passé et demain est à faire.

On n’a pas parlé d’handicap du tout, car ce dernier ne loge que dans l’esprit de ceux qui ne jugent que l’apparat, le futile!

Car Abdennour est un infatigable artiste peintre, il nous a fait voyager, courir, s’adosser et s’allonger sur ses toiles soupirs, ses toiles désir!

Nous avons pu nous remplir d’aise et sortir,

Heureux de couleurs et de traits qui nous apprennent à mieux regarder et voir, comment coule l’amour de ses mains, de voir le défi en fleurs d’humain!

Nous vous invitons à voir l’interview que Abdennour a accordé au journal RAINA, lors du vernissage de son exposition tenue du 11 au 21 Février 2013 à l’hôtel EL DJAZAIR ALGER

…. alors à vous ses toiles

…. prenons les voiles !

FATEH AGRANE

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pour voir la vidéo – Raina

Exposition de peinture de Bouderbala Abdennour

cliquer sur le lien

http://www.youtube.com/watch?v=a3x7g7l5lvI&feature=youtu.be


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ROUBAIX – 22 MARS – 20h: « ELLES » & « ALGÉRIENNES, 30 ANS APRÈS » DE AHMED LALLEM

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VENDREDI 22 MARS 2013

SOIRÉE AU FÉMININ :

PROJECTION DES DOCUMENTAIRES

« ELLES »

&

« ALGÉRIENNES, 30 ANS APRÈS»

D’AHMED LALLEM

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L’ASSOCIATION LIVE & LE MAGHREB DES FILMS présentent

En 1966, Ahmed Lallem tourne ELLES, un film en noir et blanc dans lequel des lycéennes algériennes s’expriment sur leurs vies et leurs espoirs. 30 ans plus tard, il retrouve certaines de ces jeunes filles devenues femmes qui sont restées en Algérie ou parties à l’étranger. A travers leurs différents parcours, ce film explore la complexité de la vie des femmes algériennes, leurs déceptions mais aussi leur combativité, le fondamentalisme islamique, le cadre de la famille, avec comme toile de fond les trente dernières années de l’histoire algérienne. Souad, Farida, Hassina et Badra : autant de témoignages émouvants de femmes fortes, qui revendiquent le droit au savoir et à l’éducation.


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« ELLES » d’Ahmed Lallem / Algérie / 1966 / 22 min

http://maghrebdesfilms.fr/Elles

Au lendemain de l’indépendance, des lycéennes algériennes s’expriment sur leur vie ; elles envisagent l’avenir de la démocratie et la place de la femme dans la société.


« ALGÉRIENNES, 30 ANS APRES » d’Ahmed Lallem / France / 1998 / 52 min

http://maghrebdesfilms.fr/Algeriennes-30-ans-apres

Trente ans plus tard, le cinéaste a retrouvé quatre de ces femmes et brosse avec elles le tableau de leur parcours personnel et des espoirs qu’elles nourrissaient.

Commentaire de Samia Messaoudi (extrait)

Les femmes algériennes sont au cinéma telles que dans la vie sans fioriture. Elles racontent leurs histoires, témoignent, simplement. Hier, dans une Algérie en guerre, aujourd’hui, dans un pays traversé de souffrances, elles restent déterminées, coura­geuses, relèvent le défi de tenir face aux menaces, à la vio­lence et à l’injustice qui leur est faite.

Dans Elles (Ahmed Lallem, 1966), les femmes témoignent de leurs combats et leurs espoirs au lendemain de l’indépendance. Qu’en serait-il? Pour certaines, l’important est de gagner l’égalité pour construire une Algérie socialement juste. D’autres affirment leur émancipation dans un quotidien trop souvent envahi par le poids de la tradition. C’est encore vrai aujourd’hui.

Trente ans plus tard, le réalisateur recueille à nouveau le témoignage de ces mêmes femmes pour raconter ce qu’est devenue l’Algérie. Les déceptions sont grandes. Mais elles combattent toujours l’obscurantisme. Par le documentaire ou la fiction, la capacité à exprimer le vécu des femmes dans la société algérienne apparaît de manière constante dans son cinéma…


ENTRÉE LIBRE + 1€ ADHÉSION BAR LIVE CERCLE PRIVÉ


BioFilmographie

Le réalisateur Ahmed Lallem est décédé le 19 octobre dernier à Tours.

Cinéaste et documentariste, Ahmed Lallem est né en 1940 à Sétif. Il commence sa carrière comme reporter de guerre dans la zone frontalière tuniso-algérienne. Après un stage à la Télévision yougoslave, à Belgrade, il entreprend une formation au cinéma qui dure huit mois à l’Idhec, à Paris. De 1963 à 1966, il suit les cours de l’École supérieure nationale de cinéma, de théâtre et de télévision de Lodz, en Pologne.

À son retour, en 1966, Lallem réalisera “Elles”, documentaire dans lequel, quatre ans après l’indépendance de l’Algérie, il donne la parole à des lycéennes de 1re et de terminale.

Puis, il poursuit un travail sur les réalités culturelles du pays qu’il avait entamé en 1963 avec “Tapis du Djebel Amour”. Il tourne ainsi “Rencontre à Cirta” en 1968 et “Aujourd’hui, le Hoggar” en 1970.

Dans les années 1970, il réalise deux longs métrages fiction pour I’Oncic. En 1974, il achève “Zone interdite”, mélange de fiction et d’images d’archives, retraçant l’éveil politique d’un village algérien au début de la Révolution.

En 1977, il tourne “Barrières”, un film sociologique teinté de symbolisme historique, qui raconte la désagrégation d’une famille féodale à la mort du père.

En ces deux œuvres majeures, et à leur suite, il a continué à réaliser des courts métrages sur le potentiel culturel et sur des questions taboues (comme la question du sida en Algérie qu’il traite dès 1990 dans “À propos du sida en Algérie”. Il a ainsi tourné “Les Étudiantes de Bab-Ezzouar” en 1978, “Chroniques d’une jeunesse à l’ombre d’un été” en 1991, sur les problèmes des jeunes…

Dans le registre culturel, il tournera encore “Femmes de la céramique” en 1977, “Les Nomades Ouled Naïl” en 1993, “Aujourd’hui, le Hoggar” en 1970, “La Forêt” en 1975 et “Traditions berbères de Kabylie” en 1992.

Sa dernière œuvre, “Algériennes, 30 ans après” (1995) est un hommage à la résistance des femmes algériennes.

Trente ans après “Elles”, Ahmed Lallem retrouve certaines d’entre ses lycéennes de 1966: Souad, Farida, Hassina ou Badra, femmes belles, touchantes, intelligentes, qui nous parlent de leur vie, de leurs choix, de leurs difficultés de leur combat contre les obstacles dressés par la famille et la société.

Exilé … Lallem vivait, ces dernières années, à Tours


Pour en savoir plus , rendez-vous sur le site du Maghreb des films
et consultez La lettre d’information qui lui est consacrée. Rendez-vous aussi sur le site www.live-asso.fr

Venez nous rejoindre également sur notre page Facebook : Asso MaghrebDesFilms.


HONNEUR AUX CHÔMEURS DU SUD, TISSERANDS DU DRAPEAU ET DE LA SOLIDARITÉ NATIONALE

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LA PLUS GRANDE DES MENACESpar M. Saadoune – éditorial – Le Quotidien d’Oran – le 18 mars 2013;


SUD – LES “ATOMISATEURS” ENTRENT EN ACTIONblog algerieinfos-saoudi – le 18 mars 2013;


APRÈS LA MANIFESTATION DE OUARGLA, TAHAR BELABÉS FAIT LE POINTPropos recueillis le 15 mars par Hadjer Guenanfa (TSA-Algérie) – repris sur algerie infos-saoudi;


HIER LA “PLACE TAHRIR” DE OUARGLAEl Watan – repris par algérie infos-saoudi – le 15 mars 2013;


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SUD – LES “ATOMISATEURS” ENTRENT EN ACTION

par Saoudi Abdelaziz

blog algerieinfos-saoudi

le 18 mars 2013

Les «services» chargés de lubrifier en permanence les mécanismes du système du contrôle social sont à l’œuvre pour trouver une parade à l’émergence et à l’affirmation nationale et internationale du mouvement social né au sud du pays. Ce mouvement s’est développé en contrant efficacement la répression et les manipulations dressées dans un premier temps.

Face à la consécration du mouvement, les services mènent actuellement des actions coordonnées de neutralisation à deux niveaux.

1-Vertical.

Il s’agit d’attirer les leaders vers le centre, vers le haut, de les éloigner de leurs bases de masse. Ce volet de l’opération sera bien sûr accompagné médiatiquement, en utilisant la tendance naturelle des journaux algériens à tourner autour du sérail.

Les nouveaux leaders vont-ils ou non répondre aux invitations? Cela semble devenir la question de l’heure.

TSA-Algérie a donné le ton dès dimanche en choisissant de titrer dans ce sens l’interview donnée par Belabès après la manifestation réussie de Ouargla: «Les autorités nous invite à Alger pour dialoguer».

La méthode du système est de faire rentrer «ceux qui dépassent» dans la missa, lorsqu’on n’a pas réussi d’abord à les mettre hors jeu.

L’autre versant de l’opération consiste à saboter les possibilités de jonction sur le terrain, dans le sud même, entre le mouvement populaire et les courants patriotiques qui existent dans les institutions et qui semble prendre conscience que le cercle de la fatalité auquel condamne le système fermé de pouvoir, risque de conduire, par la force des choses, sous une forme ou sous une autre à la situation que vivent les Syriens: l’autodestruction nationale.

2-Horizontal.

À ce niveau, les services et leurs annexes dans les partis ont de l’expérience. On l’a vu ces dernières années: dans toutes les régions du pays, dans le mouvement syndical des salariés, des étudiants…,

Ils savent comment fractionner, atomiser le mouvement revendicatif en suscitant la création de coordinations plus autonomes les unes que les autres.

Un autre facteur doit être aussi pris en compte, et qui va accentuer l’émulation chez les atomisateurs, ce sont les rivalités entre partis et présidentiables qui veulent eux-aussi aussi disposer de points d’appui et multiplient les flatteries en direction du mouvement de masse.

Jusqu’ici, dans le paysage politique, seul le FFS semble avoir adopté une position de principe, en affirmant avant l’évènement de Ouargla, son soutien à ce qu’il a appelé les «nouvelles élites».

Cette note peut être vue comme une contribution faisant suite à l’invitation lancée hier par le Premier ministre Sellal à propos du mouvement de masse des chômeurs: «les tentatives de manipulation existent et existeront toujours. Il appartient aux acteurs de la vie politique et des médias d’en faire l’analyse, de les commenter ou, le cas échéant, de les dénoncer».

Saoudi Abdelaziz, 18 mars 2013

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LA PLUS GRANDE DES MENACES

par M. Saadoune

éditorial

Le Quotidien d’Oran

le 18 mars 2013

Il est curieux, c’est même typiquement «spécifique», d’entendre des politiciens mettre en garde contre la politique. Comme si faire de la politique est une activité répréhensible, honteuse, une sorte de «kofr»… Et bien entendu, cette grave accusation de faire de la politique vient souvent de ceux qui ont un pouvoir ou des relais partisans de ceux qui sont au pouvoir. C’est une dangereuse pathologie liberticide.

Quand un député FLN reproche à des députés d’un parti d’opposition d’aller au Sud et prendre langue avec l’association des chômeurs, il ne le fait pas parce qu’ils auraient fait des propositions intenables ou qu’ils auraient appelé à des débordements de rue. Il leur reproche tout simplement d’être allés «entendre» et «écouter» des citoyens, ce qui est, sans l’outrageuse spécificité algérienne, la moindre des choses pour des députés.

Rencontrer des chômeurs, se mettre à écouter, à parler aux gens du Sud qui en ont des choses sur le cœur, c’est bien entendu faire de la politique basique.

Seuls des esprits tordus peuvent y voir une volonté de «brouiller les cartes». Il faut aller vigoureusement à l’encontre de cette attitude criminalisant la politique . C’est une maladie qui appréhende les respirations naturelles des femmes et des hommes avec une suspicion maladive.

Ces derniers jours, on a eu avec l’action menée par le Comité des chômeurs une illustration de cette surdétermination du regard policier sur l’approche politique.

On aura entendu des accusations d’intelligence avec un «ennemi extérieur» proférées avec une légèreté d’autant plus insoutenable que dans la même foulée on reconnaît que les demandes sont légitimes.

Quand des Algériens expriment pacifiquement des demandes légitimes, ils font de la politique.

Et ils n’ont aucune honte à le faire. Ils le font car ils ont des avis sur les politiques publiques qui sont menées; ils ont des avis sur les affectations des ressources, sur les personnes qui sont censées les représenter.

Où est donc le mal? Il n’est pas chez ceux qui essaient – malgré une scène politique tellement contrôlée qu’elle est devenue sans la moindre utilité – de créer une ébauche de débat public sur les politiques du pays.

AU SUD, QUAND DES JEUNES REVENDIQUENT UN EMPLOI,

ILS REVENDIQUENT AUTOMATIQUEMENT UNE FORMATION POUR POUVOIR ETRE EMPLOYÉS DANS LES ACTIVITÉS QUI SE DÉROULENT DANS LA RÉGION.

ET CETTE REVENDICATION INTERROGE CRÛMENT LE FAIT QUE MALGRÉ LES ANNONCES, LES STRUCTURES DE FORMATION POUR LES MÉTIERS UTILES POUR LE SECTEUR PÉTRO-GAZIER N’ONT PAS ÉTÉ INSTALLÉES.

LE DIRE ET LE REDIRE, C’EST BIEN FAIRE DE LA POLITIQUE.

ET IL FAUT QUE LES JEUNES ALGÉRIENS APPRENNENT A SE DÉBARRASSER DE LA RÉPULSION CONTRE LA POLITIQUE QUI EST… POLITIQUEMENT ENTRETENUE.

IL FAUT DÉFENDRE LA POLITIQUE COMME UN MOYEN DE RAISON POUR GÉRER DANS LA TRANSPARENCE LE PAYS ET SES RESSOURCES.

C’EST LE SEUL MOYEN DE CONVAINCRE LES ALGÉRIENS D’ACCEPTER UN AGENCEMENT DES PRIORITÉS.

DISCOURIR SUR LA MENACE ÉTRANGÈRE EN BÂILLONNANT L’EXPRESSION ET EN ENTRAVANT LE DROIT DES ALGÉRIENS À S’ORGANISER ET À DÉFENDRE DES IDÉES ET DES PROGRAMMES EST UNE ABERRATION.

L’ ALGÉRIE A BESOIN DE CITOYENS QUI S’IMPLIQUENT ET EXERCENT DE MANIÈRE EFFECTIVE LEURS LIBERTÉS ET LEURS DEVOIRS.

SI LA POLITIQUE ET SON COROLLAIRE LA CITOYENNETÉ N’ONT PAS DROIT DE CITÉ, ON NE LAISSE DE PLACE QU’AUX CROYANTS OU AUX NIHILISTES.

C’EST CETTE OBSTRUCTION QUI EST LA PLUS GRANDE DES MENACES.

M. Sadoune, le 18 mars 2013

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APRÈS LA MANIFESTATION DE OUARGLA

TAHAR BELABÉS FAIT LE POINT

[

Propos recueillis par Hadjer Guenanfa (TSA-Algérie)

repris sur algerie infos-saoudi

le 15 mars 2013

->http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-apres-la-manifestion-de-ouargla-tahar-belabes-fait-le-point-116211790.html]

Quelle évaluation faites-vous de la manifestation ?

Tahar Belabès. C’est une victoire sur tous les plans, y compris celui de la mobilisation et de l’organisation. Il est vrai que nous sommes des débutants mais tous les slogans scandés ont été préparés à l’avance. Il n’y a pas un seul message régionaliste écrit sur les banderoles. Et l’intrusion des gens qu’utilisait l’administration pour casser notre mouvement a été bien gérée. Et puis, c’est une victoire parce que cette manifestation pacifique s’est finalement tenue malgré les tentatives de l’administration pour avorter le mouvement. Elle a mobilisé tous les moyens. Elle a l’arme des médias, des institutions judiciaires et sécuritaires et nous, l’arme de la rue. Ce rassemblement nous a revigorés. Nous savons aujourd’hui que nous pouvons affronter l’administration.

La manifestation a finalement été tolérée. La police n’est pas intervenue…

On aurait pu avoir beaucoup plus de monde s’il n’y avait pas eu toutes ces dispositions sécuritaires qui ont été prises.

Le dispositif sécuritaire n’était pas très visible pourtant…

Il y avait plus d’agents en civil qu’en uniforme. Il y a eu aussi des arrestations de militants venus de Sétif, M’sila et Alger sur la route vers Ouargla.

Comment l’avez-vous su ?

Ils nous ont contacté par téléphone.

Quelle sera la prochaine étape ?

Nous allons accorder un délai de quelques jours aux autorités pour ouvrir un dialogue direct. Nous voulons discuter avec les représentants du pouvoir réel. Avec ceux qui décident. Car on sait très bien que les mesures annoncées ne peuvent pas être appliquées du jour au lendemain. Ce délai n’excédera pas quelques jours car on n’a plus de patience.

Vous avez évoqué à plusieurs reprises des invitations des autorités au dialogue…

Effectivement, le nouveau wali de Ouargla nous a contactés avant et après la manifestation pour nous informer que nous sommes invités à nous déplacer à Alger pour dialoguer et que nous serons pris en charge : hôtel et transport. Les autorités voudraient qu’on se déplace le plus vite possible.

Avez-vous accepté ?

Nous ne savons pas avec qui on va dialoguer. Ça reste flou pour l’instant. Nous sommes toujours en train de discuter autour du sujet. Nous voulons des garanties. Et puis, il n’y a pas que les militants de Ouargla qui devraient y participer mais tous ceux qui sont issus des régions du Sud.

Vous avez annoncé l’arrivée, hier, d’un représentant de la Présidence de la République à Ouargla pour vous rencontrer. Qu’en est-il réellement?

Les intermédiaires qui nous ont contactés nous ont expliqué qu’il s’agissait d’un émissaire de Sellal, au début. Nous avons su par la suite que c’était un envoyé de la Présidence de la République. Il s’agit d’un cheikh de zaouia d’Adrar dont je ne dirai pas le nom car il ne le souhaite pas. Il est réputé pour être la personnalité la plus proche du président au Sud.

L’avez-vous rencontré personnellement ?

Je ne rencontre aucun responsable. Je préfère rester sur le terrain. Il y a des membres de notre organisation qui s’occupent de cela.

Que feriez-vous au cas où vous n’obtiendriez pas satisfaction de vos revendications?

Nous avons organisé il y a quelques jours une marche vers Hassi Messaoud, un rassemblement aujourd’hui et peut-être un sit-in ouvert prochainement à la Place de la mairie qu’on a appelée place Tahrir (libération, ndlr). On ne va pas faire marche arrière. On pourrait également opter pour une action symbolique. On sortira tous de la ville. _ Comme si on est condamné à vivre comme des bédouins et non des citoyens avec des conditions de vie primitive.

[

Propos recueillis par Hadjer Guenanfa,

15 mars 2013.

TSA-Algérie

->http://www.tsa-algerie.com/divers/les-autorites-nous-invitent-a-alger-pour-dialoguer_24061.html]

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HIER LA “PLACE TAHRIR” DE OUARGLA

El Watan

repris par algérie infos-saoudi

le 15 mars 2013

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« SUD : le pouvoir au pied du mur ». Superbe reportage réalisé dans El Watan, par Adlène Meddi, Houria Alioua, Mélanie Matares sur les manifestations pour l’emploi d’hier à Ouargla.

EXTRAITS :

La manifestation d’hier à Ouargla, qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes à l’appel de la “Coordination nationale des chômeurs”, a exacerbé une des plus grandes contradictions du régime algérien: pays riche, peuple pauvre. Boostés par le succès de leur démonstration de force, malgré les tentatives de torpillage du pouvoir et de ses relais, les chômeurs du Sud ont donné une semaine aux autorités pour mettre fin à un calvaire qui dure depuis plus de vingt ans.

Un vent de sable s’est levé, apportant avec lui une forte odeur de gaz et une fumée noire diffuse. Les torchères des champs pétroliers se trouvent à quelques kilomètres seulement. Au bout de routes noires impeccablement goudronnées jurant avec la lumière dorée des dunes. Celle qui relie Hassi Messaoud à Ouargla, soumise au ballet incessant de camions poussiéreux et d’impétueux minibus, et où le sable s’engouffre dans les fissures du bitume, est moins photogénique. «Il faut s’estimer heureux, c’est la seule route potable de la ville.» Hakima, la trentaine, relativise. Elle vit dans la commune la plus riche d’Algérie mais son décor est fait de panneaux de signalisation cassés, de trottoirs défoncés, de poubelles éventrées et de carcasses d’appareils électroménagers. Employée d’une des filiales de Sonatrach, maîtresse toute puissante de la ville, elle avoue «s’en tenir à son boulot», vu que, de toute manière, «à Hassi Messaoud, il n’y a rien d’autre à faire.» Ah si.

Il faut chaque matin trouver un itinéraire bis pour contourner les routes coupées par les chômeurs qui manifestent devant l’agence locale de l’emploi. Ce jeudi, ils ont rejoint la grande manifestation organisée à Ouargla à l’appel de la Coordination nationale des chômeurs sur la symbolique place de l’ALN, rebaptisée «place Tahrir». L’objectif du million de manifestants n’a pas été atteint, mais ils étaient tout de même quelques milliers. Une réussite compte tenu de toutes les tentatives menées par le pouvoir depuis le début de la semaine pour faire imploser le mouvement. La condamnation des chômeurs en début de semaine à de la prison ferme, par le tribunal de Laghouat, n’a pas eu l’effet de dissuasion escompté. Les discours de Hanoune ou de Ghoul appelant les jeunes à ne pas sortir pour «contrecarrer toute tentative de déstabilisation de l’Algérie» au nom de «la sécurité et l’unité du pays» n’ont, quant à eux, pas eu d’effet du tout.

Dignité

Pour couper court à toute rumeur de manipulation, les organisateurs avaient prévu une distribution générale de fanions aux couleurs nationales, la diffusion de chants patriotiques par une sono, un drapeau algérien à hisser en chantant Qassaman le poing levé, et surtout, une banderole sur laquelle était peint «L’unité nationale, une ligne rouge».

La veille, dans un quartier populaire, entre chien et loup, cachés par des maisons basses et le sable soulevé par les bourrasques de vent, les militants se sont bien préparés autour de Tahar Belabbès. Leur charismatique leader au béret et aux yeux cernés n’a cédé ni à la pression, ni aux rumeurs le décrivant comme un «soulard», un «drogué» manipulé et acheté par des forces obscures. A 33 ans, il s’est imposé aujourd’hui comme un nouveau leader du Sud aux côtés de Yacine Zaïd, l’infatigable syndicaliste de Laghouat, ou de Abdelmalek Aibek, mi-Targui de Tamanrasset, mi-Ouargli, numéro 2 et tête pensante de la Coordination. Autour de Belabbès, il y avait Tayeb, un homme discret à l’œil malicieux. Les cheveux ont blanchi, le dos s’est courbé un peu, mais Tayeb Termoun, une des têtes du Mouvement des enfants du Sud pour la justice (MSJ), veut montrer qu’il est toujours là, même après une longue éclipse. «Le Mouvement des chômeurs du Sud est une continuité de notre lutte, lance-t-il avec un grand sourire. Le mot d’ordre du MSJ a toujours été la dignité, et c’est exactement le combat de ces jeunes d’aujourd’hui, explique un proche du mouvement. C’est une manière de dire que, dix ans après, les gens du Sud sont toujours confrontés aux mêmes problèmes (…)

Texte Intégral : El Watan.com

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