LE GÉANT ET LE NAIN

mameri-mouloud.jpg

mameri-mouloud.jpg

à propos de Mammeri et de Bouteflika

Intervention de M.Hend SADI

le 03.03.2013

au colloque international

consacré à l’approche scientifique de l’oeuvre de Mouloud MAMMERI,

colloque tenu à la Maison de la Culture.

Sur le devant de la tribune trônait, comme au plus beau temps du parti unique, le potrait de Bouteflika.


mammeri375mars2013.jpg

Hend Sadi, outré qu’on place un colloque « scientifique » sur Mouloud Mammeri sous le patronnage « nanotechnologique » (excusez pour la facilité, c’est trop tentant) de Bouteflika, a dit en face aux organisateurs de la rencontre ce que cette récupération servile a de misérable.

Un moment de télévision qu’on se contentera de regarder sur Youtube qui heureusement, existe.

La télévision, surtout, l’Unique, elle, censure évidemment cette prise de parole comme elle a toujours censuré Mouloud Mammeri qui n’a, de sa vie, jamais eu la possibilité de s’y exprimer.

Et maintenant, on le célèbre sous les auspices de Bouteflika qui a, si la mémoire est fidèle, juré que, lui vivant, jamais la langue pour laquelle Mammeri a consacré sa vie, celle de ses ancêtres, ne sera officielle.

Si vous êtes d’accord, faites circulez, c’est une façon de rendre justice à Mammeri.
A.M.


mouloud_mammeri_colloque.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=7AP3dzYmkLw


COMITÉ POUR L’ANNULATION DE LA DETTE DU TIERS MONDE – Bulletin électronique n°119 – 1er mars 2013

cadtm1-2.jpg

cadtm1-2.jpg

www.cadtm.org

BULLETIN D’INFORMATION francophone du CADTM

Email: info@cadtm.org

Inscription et désinscription :http://cadtm. org/cgi-bin/mailman/listinfo/bulletin-cadtm

Le CADTM édite aussi un bulletin électronique en anglais http://www.cadtm.org//spip.php? article287

et un autre en espagnol http://www.cadtm.org//spip.php ? article277


SOMMAIRE


Dette au Nord


dette_allemande.jpg Allemagne-Grèce : deux poids, deux mesures Voici 60 ans, l’annulation de la dette allemandepar Éric Toussaint – 28 février

Voici 60 ans, en février 1953, à Londres était signé un accord historique sur la dette allemande. Les termes de l’accord signé tranchent radicalement (…) Lire la suite


europe_arton8864-8e842-b82f8.jpg La Grèce et l’Espagne ont aidé l’Allemagne d’après-guerre à se reconstruire: cherchez la différencepar Nick Dearden – 27 février

Il y a soixante ans aujourd’hui, un accord a été conclu à Londres pour annuler la moitié de la dette de l’Allemagne d’après-guerre. Cette annulation, (…) L’Allemagne a émergé de la seconde guerre mondiale en supportant encore des dettes originaires de la première guerre mondiale : les réparations (…) Lire la suite


portugal_arton8862-ba75f-1e310.png Portugal: «Connaître la dette pour sortir du piège»par Stéphanie Jacquemont – 27 février

Résumé du rapport de l’Initiative portugaise pour un audit citoyen de la dette (IAC) |1| 1. Introduction Pas de position fermée et définitive de la IAC (initiative pour un audit citoyen). Certaines choses ne sont pas étudiées ou pas (…) Lire la suite


grece_arton8860-a9d53-8ca28.png Éric Toussaint: « La Grèce doit suspendre unilatéralement le remboursement de sa dette »par Éric Toussaint, Tassos Tsakiroglou – 27 février

« En Grèce, la classe dirigeante et les gouvernants détruisent la démocratie », déclare au quotidien grec « Ef. Syn. » Eric Toussaint, professeur en (…) -La Grèce semble rester au cœur de la crise de la dette. Vous avez déclaré que le peuple grec, tout en étant au cœur de la crise, constitue aussi (…) Lire la suite


cadtm_interntl_arton8847-a11f4-e8e81.jpg Communiqué du CADTM international

« Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde»

par CADTM international – 25 février

Face aux menaces racistes directes du parti nazi Aube Dorée envers un des membres fondateurs du CADTM Grèce, Moisis Litsis*, le réseau international (…) Lire la suite


prets_toxiques_arton8831-5806a-1607c.jpg Prêts toxiques: Deux notes sur les décisions du TGI de Nanterre du 8 Février 2013 et sur la prescription des actions en matière de prêts toxiquespar Patrick Saurin – 19 février

LE DÉPARTEMENT DE SEINE-SAINT-DENIS GAGNE CONTRE DEXIA SUR LA FORME Les décisions rendues le 8 février 2013 par le tribunal de grande instance de (…) Lire la suite


bank_belfiasco_arton8829-7d51f-98730.jpg L’histoire purement imaginaire de la banque Belfiasco et du couple Preudhommepar Éric Toussaint – 18 février

Pas nécessairement facile de se mettre dans la peau des dirigeants d’une grande banque, que ce soit un grand actionnaire ou un haut dirigeant, pour (…) Essayons de rendre les choses plus accessibles, en réalisant une comparaison entre une famille comme il en existe tant et les patrons de grandes (…) Lire la suite


Femmes


femmes_securedownload.png Déclaration de la Marche mondiale des femmes:
Nous, femmes du monde, nous transformons nos chagrins en force

par Marche mondiale des femmes – 28 février

8 mars : journée internationale des femmes, 2013 Nous, femmes de tous les peuples, âges, classes et sexualités, résistons à la criminalisation (…) Face à la violence contre nous, nous disons « Stop » ! Une fois de plus, nous prenons les devants et prenons la rue dans la lutte contre toutes les (…) Lire la suite


femmes_tn_arton8838-f43c4-e2a2b.jpg Soutien aux syndicalistes tunisiennes menacées de mort!

Sea LATELEC Fouchana à nouveau en grève !
par Monika Karbowska – 21 février

Les 21 et 22 février le syndicat de base de cette usine française de câblage aéronautique, filiale de Latécoère et sous-traitant d’Airbus située dans (…) Les conflits sociaux sont permanents dans cette usine présentée par sa direction comme «un modèle» de la mondialisation néolibérale et des (…) Lire la suite


femmes_RDC_arton8830-f7a90-c6cdd.jpg RDC:
Les effets du changement climatique sur l’autonomisation des femmes rurales
par Yvonne Ngoyi – 18 février

Depuis un certain temps, un nouveau vocable a envahi les médias et les espaces de discussions tant internationaux que nationaux : celui du (…) Les causes du changement climatique C’est le carbone soit le CO2 – gaz à effet de serre provenant des industries, des véhicules motorisés, des (…) Lire la suite


Maroc


maroc_indignes_arton8843-b9eda-27183.jpg Maroc – 20 février : 14 villes ont célébré le 2ème anniversairepar Omar Radi – 24 février

Les indignés marocains ont célébré ce jour du 20 février dans la rue pour rappeler leurs revendications fondamentales, alors que près de 70 de leurs (…) Malgré le reflux du mouvement du 20 février et l’essoufflement de ses activistes, d’infatigables groupes continuent de brandir leurs banderoles et (…) Lire la suite


maroc_20_fevrier.jpg Maroc – Le M20F à Casablanca fête son 2ème anniversaire pour rappeler ses revendicationspar Souad Guennoun – 23 février

Sit-in à Casablanca ce 20 février 2013, pour la 3ème année de luttes sociales, politiques, démocratiques. Les revendications du M20F ne sont pas (…) Le M20F à Casablanca fête 2ème anniversaire pour rappeler ses revendications : Liberté, dignité, justice sociale, non satisfaites, exiger la (…) Lire la suite


Les dossiers


sankara_arton8797-42319.png «Justice pour Sankara, Justice pour l’Afrique»

Conférence de presse mercredi 13 février à l’Assemblée nationale pour informer de la demande d’enquête parlementaire sur l’assassinat de Thomas Sankara.
Vingt-trois ans après l’assassinat du président burkinabè Thomas Sankara, douze député-e-s du Burkina Faso viennent d’écrire à leurs homologues français pour demander l’ouverture d’une enquête parlementaire sur ce crime qui n’a encore jamais été instruit en justice. Lire la suite


europe_dette_arton8813-7d138.jpg Nous ne devons rien! Nous ne paierons pas!

Des activistes européens se réunissent en Grèce pour discuter du problème de la dette, coordonner les stratégies de résistance et proposer des alternatives. Le Réseau International pour un Audit Citoyen de la dette (ICAN) tient sa troisième rencontre à Thessalonique du 15 au 18 février 2013, avec la participation de militants contre la dette et les mesures d’austérité, d’Espagne, Italie, Portugal, France, Belgique, Royaume-Uni et Grèce. ICAN rassemble, depuis avril 2012 et sous le slogan « Nous ne (…) Lire la suite


europe_printemps_arton8780-56bd0.jpg Pour un printemps européen

’Pour un printemps européen’ est un appel pour des actions, des grèves et des manifestations partout en Europe le 13 mars et pour une manifestation européenne et des actions créatives à Bruxelles le 14 mars. Il vise le sommet européen de printemps durant lequel des chefs d’état de tout le continent se rassembleront pour renforcer les réponses du Conseil européen à la crise.
Lire la suite


droits_devant_arton8765-2af77.png

Droits devant !

Avec cette brochure « Droits devant ! », le CADTM a voulu mettre des outils juridiques à disposition de celles et ceux qui sont engagé-e-s, à l’échelle de leur commune, de leur région, de leur pays ou de la planète, dans un combat contre des dettes illégitimes.
Lire la suite


chiffres_dette_arton8512-ad4fb.png

Les Chiffres de la dette 2012

Via internet,

le CADTM est très heureux de mettre à disposition d’un vaste public cet ouvrage qui a été entièrement actualisé et augmenté par les auteurs.

Un ensemble de données liées à la dette et à des thèmes connexes.

Lire la suite


ABC_dette_arton8277-ca349.png

L’ABC de la dette des pays du Sud en 11 videos

En 11 petites vidéos, Olivier Bonfond et Eric Toussaint répondent à une série de questions afin de donner une vision d’ensemble sur la problématique de la dette publique des pays du Sud
Lire la suite


AGENDA


7-03 | Valencia, Espana – Pagar la deuda o proteger los derechos humanos ?

__

7-03 | Lixhe, Belgique – Présentation du livre « Et si on arrêtait de payer? »

__

8-03 | Bruxelles, Belgique – Projection-débat Debtocracy
__

8-03 | Lyon (69), France – « Dette publique, l’asservissement des peuples »

__

8-03 – Action européenne d’affirmation de l’émancipation des femmes face à l’austérité et la dette / European action affirming women emancipation against austerity and debt

__

10-03 – Stop-Tihange

__

10-03 | Perwez, Belgique – Debtocracy film/débat

__

13-03 => 14-03 – Journées d’action européenne

__

15-03 | Limoges (87), France – Conférence et formation autour du thème « Dette publique : Doit-on la payer ? »

__

17-03 – Manifestation annuelle contre le centre fermé de Vottem

__

26-03 => 30-03 | Tunis, Tunisie – Forum social mondial

__

2-04 | Liège, Belgique – Présentation du livre  » Et si on arrêtait de payer? »

__

24-04 | Evry (91), France – Faut-il rembourser ou annuler la dette?

__

7-06 => 8-06 | Athènes, Grèce – Altersummit

Détails


LES AUTRES VOIX DE LA PLANÈTE


revue_cadtm_arton8784-68e48.jpg
1er Trimestre 2013 – N°57

Le CADTM édite une revue intitulée « Les autres voix de la planète ». Quatre fois par an, elle propose des dossiers et des articles sur les thèmes développés par le CADTM et suit l’actualité de la dette, du mouvement altermondialiste et des grandes mobilisations internationales. La quarantaine de pages que compte chaque numéro se partage en différentes rubriques (articles de fond, dossiers, interviews, brèves, échos du réseau international CADTM, notes de lecture, agenda…) et présente chaque trimestre à ses lecteurs un regard original sur le monde. Elle paraît uniquement en français.

Soutenez l’action du CADTM en vous abonnant !

L’abonnement comprend également un abonnement aux autres publications du CADTM (voir la liste : Livres & brochures).

Tarifs d’abonnement annuel aux 4 numéros de la revue “Les Autres Voix de la Planète” accompagnés d’une autre publication du CADTM

  • Belgique : 30 euros/an (20 euros/an pour les petits revenus) par virement bancaire au n° de compte 001-2318343-22 ;
  • Europe : 38 euros/an (22 euros/an pour les petits revenus) par virement bancaire international sur le compte du CADTM : IBAN BE06 0012 3183 4322. Code Swift BIC : GEBA BE BB, ou par chèque à l’attention du CADTM;
  • Autres pays : 51 euros (ou 34 euros/an pour les petits revenus) par mandat postal international ou par virement bancaire international (frais à la charge du donneur d’ordre) sur le compte du CADTM : IBAN BE06 0012 3183 4322. Code Swift BIC : GEBA BE BB ;
  • Organisations – bibliothèques, ONG, syndicats, etc.- : 60 euros (ou 38 euros pour les petites organisations). Se référer aux modalités de paiement ci-dessus.

Dans cette rubrique http://www.cadtm.org/spip.php?rubrique25 nous mettons à votre disposition plusieurs numéros en PDF de la revue, ainsi qu’un formulaire d’abonnement.


LA CORRUPTION EN ALGÉRIE

_____________________________

pdf-3.jpg

COMPRENDRE POUR MIEUX COMBATTRE

par Hocine Belalloufi

“Algérie Confluences”

édition du jeudi

Jeudi 28 février 2013

La corruption est généralement appréhendée d’un point de vue strictement moral. Nous la condamnons parce qu’elle se trouve en contradiction avec une norme sociale établie: l’«honnêteté». S’offusquer et condamner l’atteinte à une règle sociale aussi élémentaire qu’importante peut se comprendre lorsqu’il s’agit de juger l’attitude d’une ou de plusieurs personnes impliquées dans un scandale. Mais quand le phénomène devient massif, profond et permanent, on ne peut plus en rester au niveau du seul registre de l’éthique.

De même que ne suffit plus la vision politicienne qui tend inexorablement à circonscrire le phénomène à une famille, un clan – présidentiel par exemple – ou à une «maffia politico-financière», dans le seul but de le combattre et d’empêcher un président en exercice de convoiter un énième mandat.

Il faut donc chercher à comprendre, au-delà des visions strictement moralisatrices ou politiciennes, le sens profond, la «rationalité» cachée du phénomène de la corruption en Algérie.


LA MALÉDICTION DU CAPITALISME

Un fléau équitablement mondial

tapi_berlusconi.jpg
(Tous les coups sont permis pour rafler le maximum de marchés. Le marché mondial chanté par les idéologues de la pensée unique constitue un véritable champ de bataille où personne ne fait de quartier ni de prisonnier. – photo/légende: “Algérie Confluences”)

Contrairement à une idée assez répandue, la corruption en Algérie n’a rien de spécifique ni d’extraordinaire. Ce fléau n’épargne aucun Etat. Madoff n’est pas Algérien, pas plus que Silvio Berlusconi, Bernard Tapie, Bo Xilai, José Dirceu (ancien bras droit du très populaire Lula), les fils et neveu de Jacob Zuma et nombre de dirigeants de l’ANC (Congrès national africain), l’ancien ministre indien Andimuthu Raja, le général saoudien Khaled Ben Sultan, l’ex-président de SNC-Lavalin, Pierre Duhaime…

En Russie, la corruption atteignait 50% du PIB selon un rapport indépendant réalisé de juillet 2009 à juillet 2010 par l’Association des avocats pour les droits de l’homme.

La vertueuse Suisse, classée depuis toujours parmi les pays les moins corrompus de la planète par des institutions internationales peu regardantes, est selon l’expression de Jean Ziegler le «receleur du monde». Elle accueille nombre de fortunes mal acquises de la planète.

Même le Vatican se trouve au cœur de multiples scandales financiers.

Choqués par le nombre et l’ampleur des affaires dans notre pays, nous avons tendance à considérer que l’Algérie serait le pays de la corruption par excellence. Remettre en cause une telle vision ne signifie bien évidemment pas banaliser et encore moins cautionner la corruption chez nous.

Mais il faut rappeler que ce fléau constitue un mal universel. Il suffit d’effectuer une recherche sur internet pour s’apercevoir qu’aucun Etat n’échappe à ce fléau qui ronge la planète. Aucun domaine ne lui échappe : finance, production, culture, politique…

Le sport lui-même est gangrené: matchs truqués dans l’Union européenne de football (UEFA), attribution de l’organisation de la coupe du monde de football au Qatar, affaire Lance Amstrong dans le cyclisme, paris en ligne dans le Handball…

Un couple indestructible

La corruption domine le monde parce que la recherche effrénée du profit est le moteur du village capitaliste planétaire. On ne produit pas pour satisfaire des besoins humains, mais pour réaliser des dividendes et pour évincer les entreprises rivales. Le principe de la «concurrence libre et non faussée» cher aux élites néolibérales incite les banques et les entreprises à se livrer une guerre sans merci.

Tous les coups sont permis pour rafler le maximum de marchés. Le marché mondial chanté par les idéologues de la pensée unique constitue un véritable champ de bataille où personne ne fait de quartier ni de prisonnier.

La guerre économique entre grands groupes dégénère parfois en conflits militaires ouverts par intermédiaires locaux interposés.

Au Soudan dans les années 1980, la France soutenait le régime d’El Bachir pendant que les Etats-Unis armaient la rébellion de John Garang. Paris et Washington pourtant alliés soutenaient leurs firmes pétrolières respectives!

Même scénario au Congo Brazzaville dans les années 1990. Le président Pascal Lissouba entendait traiter avec des firmes étasuniennes alors que l’actuel titulaire de la charge Denis Sasso N’guesso défendait les intérêts du groupe français Elf.

Ainsi, la célèbre «main invisible du marché» ne régule pas l’économie, mais la dérégule au contraire. Et c’est la guerre qui, comme en 1939-1945, vient «réguler» le marché en mettant fin à la crise de surproduction afin de permettre à la machine économique capitaliste de repartir pour une nouvelle période historique de croissance… jusqu’à la crise suivante «réglée» par une nouvelle guerre!

Tout le monde est coupable

Une autre idée fausse prétend que tout le monde est corrompu. Cela revient à ignorer le refus de nombreux citoyens de céder à la tentation.

D’honnêtes citoyens ont vécu l’enfer pour avoir dénoncé ce fléau comme l’illustre le récent ouvrage d’Achour Bououni[[Achour Bououni: «Appelez-moi colonel», Koukou éditions, Alger 2012.]].

Une autre façon de justifier la corruption consiste à placer sur un pied d’égalité le pauvre parent d’un cancéreux des Hauts-Plateaux ou du Grand-Sud venu dans la capitale pour tenter d’obtenir un rendez-vous dans un hôpital public, dans l’espoir que le malade n’agonisera pas dans d’indicibles souffrances, et le ministre, le général ou le golden boy établi à l’étranger qui empochent des dizaines de millions de dollars de pots-de-vin en vue de favoriser certaines entreprises étrangères lors de la passation de marchés.

L’objectif de ce misérable sophisme vise à banaliser et donc à légitimer la grande corruption qui fragilise l’économie du pays par le détournement de sommes faramineuses souvent placées à l’étranger. Pourquoi en effet condamner la corruption si tout le monde la pratique et en profite?

Selon cette vision perverse, «il n’existe qu’une différence de degré, mais tous les Algériens sont corrompus à un niveau ou à un autre.»

Les partisans de cet amalgame entendent noyer la vraie délinquance financière dans une prétendue corruption généralisée afin de justifier le crime.

Les petits arrangements quotidiens s’imposent à une grande masse de citoyens qui ne disposent d’aucun droit de recours face à la machine bureaucratique qui les écrase.

Tentant de survivre dans un environnement hostile, ils usent parfois de combines en vue de jouir de droits formellement consacrés par la loi mais qui ne sont pas effectifs.

Ces arrangements de pure nécessité n’ont rien à voir avec la corruption de la minorité qui s’est enrichie aussi massivement qu’illégalement en touchant des commissions rétrocédées en partie aux corrupteurs ou en échappant au fisc: travailleurs non-déclarés, évasion de capitaux, non paiement d’impôts…

La corruption après 1962

Au sortir d’une guerre de libération nationale particulièrement éprouvante (destructions massives, confiscation de biens, expulsions, camps de regroupement…), la société algérienne était majoritairement composée de familles pauvres.

Tout le monde ne vivait pas dans la misère, mais le nombre de grands entrepreneurs (Tamzali, Benchicou, Hamoud Boualem…) était dérisoire. Les propriétaires terriens, grands ou moyens, se comptaient en dizaines de milliers. On trouvait également des commerçants gros et moyens, mais aussi et surtout des petits et très petits boutiquiers, des artisans et autres vendeurs ambulants. Dans sa grande majorité, le peuple algérien soumis au joug colonial avait été paupérisé, dépossédé de sa terre et de ses biens. Il se trouvait en situation de survie.

Le sort de cette majorité s’améliorera relativement au cours des deux premières décennies de l’indépendance grâce à une politique de justice sociale et de développement économique volontariste.

La corruption économique et politique se déploiera néanmoins dès le départ. Des nantis et des puissants s’accapareront ainsi, dès 1962, des biens mobiliers et immobiliers abandonnés ou revendus pour une bouchée de pain par des Européens en partance. D’autres ou les mêmes profiteront de relais anciens ou nouveaux dans l’appareil d’Etat pour réaliser de fructueuses affaires. Certains achèteront même un passé de révolutionnaires. Mais la corruption ne sera pas dominante.

De 1962 à 1980 à peu près, la corruption se développera: passation de contrats avec des firmes étrangères, détournement de richesses du secteur public vers un secteur privé en voie de développement accéléré, opposants réels ou potentiels à qui le pouvoir octroiera les moyens de se transformer en entrepreneurs ou en commerçants…

La corruption participera à un processus de différenciation sociale qui sera encore limité et contrôlé.

La corruption prend son envol

corruption_3_algerie_confluences.jpg (Comme dans la plupart des pays du Sud, notre capitalisme est dominé, déstructuré, soumis… Il ne peut en être autrement tant que n’existe pas une volonté de renouer avec un véritable projet de développement national. illustration / légende “Algérie Confluences”)

Depuis trente années, la corruption a changé d’échelle et a puissamment participé à la métamorphose de la société algérienne post-indépendante. D’austère et relativement égalitaire, celle-ci est devenue en trois décennies consumériste et profondément inégalitaire. Jamais la société n’a été aussi polarisée qu’aujourd’hui entre une minorité extrêmement riche et une majorité pauvre ou en voie de paupérisation accélérée.

Vouloir faire porter la responsabilité exclusive de ce phénomène, hier à Chadli et à son clan et aujourd’hui à Bouteflika et à son clan, s’avère aussi dérisoire que mystificateur. Certes, ces deux présidents portent indéniablement une responsabilité politique majeure dans le développement du phénomène, mais celui-ci les dépasse largement et renvoie à un mouvement en profondeur de toute la société.

La corruption est organiquement liée à la transition à l’économie de marché. Elle a constitué l’une des formes principales du processus d’accumulation primitive du capital qui a participé à l’émergence de deux classes principales du mode de production capitaliste: les propriétaires de moyens de production, au pôle supérieur, et ceux qui vivent du fruit de leur travail manuel et/ou intellectuel (salariés), au pôle inférieur.

L’enrichissement spectaculaire d’une partie des Algériens au cours des trente dernières années n’a pu provenir de leur épargne, les salaires de l’époque étant dérisoires. Certains ont bénéficié d’une aide de l’Etat (mécanismes de soutien à la création d’entreprises), mais peu ont réussi à se hisser au stade de «capitaine d’industrie». Car il ne suffit pas de recevoir un capital de départ et d’acheter quelques machines. Il convient également de disposer d’un local, d’un fond de roulement et, surtout, d’un capital de relations dans l’appareil administratif et économique qui permet de décrocher des marchés.

Le principe de «l’égalité des chances» est un slogan creux dans la mesure où il accorde des droits identiques à des individus profondément inégaux. Ils ne sont pas armés de la même façon pour en bénéficier.

La corruption sous toutes ses formes (l’informel, les détournements, l’évasion fiscale, les commissions…) a donc joué et continue de jouer un rôle objectif dans la formation du capitalisme algérien et de ses classes fondamentales: la bourgeoisie et le prolétariat.

Les spécificités algériennes

Il existe cependant des différences importantes par rapport au même processus d’accumulation en Europe, aux Etats-Unis, au Japon ou en Chine aujourd’hui.

La première réside dans le fait que les possédants algériens qui disposent d’un capital argent ne l’investissent généralement pas dans le système productif (industrie, agriculture…) pour assurer sa reproduction et son élargissement. Ils préfèrent «investir» dans des secteurs à rendements rapides et peu risqués tels que ceux de l’importation, du commerce et des services.

Ces «capitaines du profit» ont bénéficié du démantèlement du monopole d’Etat sur le commerce extérieur pour se l’approprier et inonder ainsi le marché local de marchandises produites ailleurs.

Ils ont contribué à achever ce qui restait du tissu productif national.

Mais ce saccage organisé de l’industrie algérienne n’a été rendu possible que par la décision des pouvoirs publics de liquider le monopole public, de brader les entreprises nationales et de se soumettre aux injonctions du FMI et de la Banque mondiale.

Il existe donc un lien direct entre le rôle des «investisseurs» et celui des dirigeants qui ont élaboré et mis en œuvre les différentes politiques économiques.

Le résultat de cette véritable contre-révolution par rapport au projet de développement national indépendant des deux premières décennies de l’indépendance réside dans le double caractère non-productif et dépendant de l’économie algérienne.

Comment préserver la souveraineté du pays alors même que l’on liquide les bases matérielles de celle-ci?

La seconde spécificité réside dans le fait que ces nouvelles couches parasitaires préfèrent la consommation de luxe (bijoux, plantes d’ornement, meubles et voitures haut de gamme, restauration et hôtellerie grand standing…) à l’investissement.

Les profits réalisés localement sont quant à eux placés sur des comptes à l’étranger, dans l’immobilier, l’achat d’actions…

De telles couches sociales ne peuvent objectivement être patriotes. Elles forment une bourgeoisie compradore dont les intérêts sont organiquement liés à ceux de leurs partenaires étrangers dont elles se font les porte-parole.

Cette bourgeoisie compradore mène campagne contre toute atteinte aux intérêts étrangers (loi des 51/49%, instauration du Crédoc…). Elle fustige la moindre velléité de patriotisme économique. Elle est antinationale.

Ainsi et contrairement à ce que pensent beaucoup ces caractéristiques de notre classe possédante n’induisent pas l’inexistence dans notre pays d’un capitalisme quelque peu idéalisé car appréhendé par le biais des manuels d’économie politique classique ou néoclassique ou par celui du mirage que représente les émirats pétroliers du Golfe persique.

Comme dans la plupart des pays du Sud, notre capitalisme est dominé, déstructuré, soumis…

Il ne peut en être autrement tant que n’existe pas une volonté de renouer avec un véritable projet de développement national.

par Hocine Belalloufi

“Algérie Confluences”

le 28 février 2013

rich_and_poors_algerie_confluences.jpg

(Algérie Confluences – Dossier corruption)


LONDRES – 9 MARS 2013 – DÉBAT: ALGERIA, MALI: ANOTHER CHAPTER IN THE “GLOBAL WAR ON TERROR”?

pdf-3.jpg

French-troops-in-Mali-009-300x180.jpg

Algeria, Mali: Another Chapter in the “Global War On Terror”?

Saturday March 9th

at 4:30pm,

Khalili Lecture Theatre, SOAS,

Thornhaugh Street, Russell Square, London WC1H 0XG

http://www.facebook.com/events/342192549223944/

Khalili Lecture Theatre, SOAS

Thornhaugh Street, Russell Square – London

Details

Données cartographiques ©2013 Google – Conditions d’utilisation

Date/Time

Date(s) – 09/03/2013

4:30 pm – 7:00 pm

Location

Khalili Lecture Theatre, SOAS

Category(ies)

Talk

As the dreadful hostage crisis at the BP-operated In Amenas gas plant in Algeria came to an end on January 19th, the British Prime Minister, David Cameron claimed, like George Bush Jr and Tony Blair before him, that the country faced an “existential” and “global threat” to “our interests and way of life”.

Ten years after the devastating war against Iraq and following the NATO onslaught on Libya two years ago; Western troops are again intervening in Mali to “fight Islamist extremists”. These tragic circumstances seem to constitute a prelude for another calamitous front in the “Global War on Terror” in North Africa and the Sahel.

Are French military forces intervening to really liberate the Malian people from obscurantism or are these operations a pretext to safeguard and expand France’s influence and geopolitical and economic interests? Are we witnessing a new scramble for Africa as some observers suggested, to plunder the rich natural resources of the region?

Our panellists will examine the potential motives of the French intervention in Mali and place the Algerian hostage crisis in the context of the disastrous legacy of Western interventions in the Middle East and Africa. They will also attempt to analyse the situation in the light of the geopolitical ramifications of the “Arab Spring” uprisings and will explore what alternatives the people from the global south have, away from imperialist interventions and the status quo.

Panellists:

Sami Ramadani is a senior lecturer in sociology at London Metropolitan University. He writes and speaks widely on Middle East issues and is a Guardian contributor.

Explo Nani-Kofi is the Director of Kilombo Centre for Civil Society and African Self-Determination in Ghana and the Coordinator of Another World Is Possible Radio Programme on GFM in London.

Oualid Khelifi is an Algerian activist and journalist specialised in the Sahel, North and West African affairs. He writes for Ceasefire and African Energy.

Kevin Bismark Cobham is a Criminal law solicitor advocate, a community activist, member of the National African People’s Parliament Legal and Constitutional sub-committee, broadcaster: member of the Another World Is Possible Radio Collective.

Email: algeriasolidaritycampaign@gmail.com

Facebook: http://www.facebook.com/events/342192549223944/

This event is free and open to all.


essai de traduction – socialgerie:

… /…
Alors que la terrible prise d’ otages à la BP- dans l’exploitation de gaz d’In Amenas en Algérie connaissait son dénouement le 19 Janvier, le Premier ministre britannique, David Cameron déclara, comme George Bush Jr et Tony Blair l’avaient fait avant lui, que le pays était « menacé dans son existence et confronté à une menace globale contre nos intérêts et de notre mode de vie ».

Dix ans après la guerre dévastatrice contre l’Irak et après l’attaque de l’OTAN contre la Libye il ya deux ans, les troupes occidentales interviennent de nouveau, au Mali, pour «lutter contre les extrémistes islamistes ». Ces circonstances tragiques semblent constituer le prélude à un autre front calamiteux dans la «guerre mondiale contre le terrorisme » en Afrique du Nord et au Sahel.

Les forces militaires françaises interviennent-elles pour libérer vraiment le peuple malien de l’obscurantisme ou ces opérations sont-elles un prétexte pour sauvegarder et étendre l’influence de la France et de ses intérêts géopolitiques et économiques? Assistons-nous à une nouvelle ruée vers l’Afrique comme certains observateurs l’ont suggéré, pour piller les richesses naturelles de la région?

Nos débatteurs examineront les motifs potentiels de l’intervention française au Mali et replaceront la crise des otages algériens dans le contexte de l’héritage désastreux des interventions occidentales au Moyen-Orient et en Afrique. Ils tenteront également d’analyser la situation à la lumière des conséquences géopolitiques des soulèvements des «printemps arabes» et exploreront les solutions alternatives que peuvent avoir les peuples de l’hémisphère sud, face aux interventions impérialistes et au statu quo.

Intervenants:

Sami Ramadani est maître de conférences en sociologie à la London Metropolitan University. Il écrit et intervient couramment sur les questions du Moyen-Orient , est un contributeur Guardian.

Explo-Nani Kofi est directeur du Kilombo Centre for Civil Society and African Self-Determination au Ghana, il est le coordonnateur de Another World Is Possible sur le Programme de Radio GFM à Londres.

Oualid Khelifi est un militant algérien et journaliste spécialisé sur le Sahel, l’Afrique du Nord et de l’Ouest. Il écrit pour Ceasefire and African Energy.

Kevin Bismark Cobham est avocat , ardent défenseur en droit pénal, un activiste communautaire, membre du National African People’s Parliament Legal and Constitutional sub-committee, le diffuseur: membre de la Radio collective Another World Is Possible.

Email: algeriasolidaritycampaign@gmail.com

Facebook: http://www.facebook.com/events/342192549223944/

Cet événement est gratuit – Entrée libre


PARIS – SORBONNE – 16 MARS 2013 – MARX AU 21e SIECLE : CONFÉRENCE DE HOCINE BELLALOUFI

LA RECOMPOSITION DE L’ORDRE IMPÉRIALISTE DANS LE MONDE ARABE

séminaire Marx au XXIe siècle

Sorbonne, Amphithéâtre Lefebvre,

Galerie Dumas, Escalier R

Les séances se déroulent de 14h à 16 h

[pour accéder au programme du séminaire

années 2012-2013

cliquer sur le lien
->http://www.marxau21.fr/index.php?view=article&catid=75:programme-2012-2013&id=168:programme-2011-2012&format=pdf]

samedi 16 mars 2013 :

Hocine BELALLOUFI

Journaliste, écrivain


samedi 9 mars 2013 :

E. P. Thompson, le marxisme et l’écriture de l’histoire ouvrière

François JARRIGE et Xavier VIGNA

Maîtres de conférence en Histoire contemporaine

à l’Université de Bourgogne


Journée d’Étude sur Antonio Gramsci

samedi 23 mars 2013


ORAN – 8 MARS: L’ASSOCIATION CULTURELLE NUMIDYA D’ORAN FÊTE JOURNÉE DE LA FEMME

Numidyia_d_oran.jpg

Numidyia_d_oran.jpg
pdf-3.jpg

Ilmend n wass agraɣlan n tmeṭṭut (8 Meɣres).

Tiddukla tadelsant Numidya n Wehran ad tessudes:

  • Asarag askasi.

“ɣef waddad ideg tettidir tmeṭṭut di tmurt-nneɣ”

Sɣur: Amina Aɛrab-Ssaɛid akk d Nadya Benɛmer.

  • Tameɣra n ccna

D ucennay Ḥusin Seḥwan.

I wass n Sem 8 Meɣres 2013 ɣef 15 (t)00, deg ugezdu aɣiwan uẓawan “Ḥmed Wehbi” , Wehran.

Ansuf yes-wen (kent).


Numidyia_d_oran.jpg

JOURNEE DE LA FEMME

L’association culturelle Numidya d’Oran organise

  • Une conférence – débat

    Avec Amina Arab-Said & Nadia Benamer
    (membres de Numidya.)
  • Un gala

    Avec le chanteur Hocine Sahouane.

Vendredi 08 mars

à 15h00

au conservatoire « Ahmed Wahbi », Oran.

Soyez les biens venu (e)s.


Association. Légalisée le 01/10/1991. Agrément n°24/91. loi n°31/90.


Siège : 5, Rue Amrani Ali (Montauban). Centre Ville. Oran.

Email : numidya@yahoo.fr

Tel et fax : 041 33 66 33 / M. Zamouche 0770 411363


ORAN_TAMAZIGH.jpg

Tawlaft-a, d aktay n tannant n wass n 22/02/2013.

Stage de langue amazighe du 22/02/2013.

Awetniri seg Wehran.

PARIS – 7 MARS – COLONEL FABIEN: QUELLE STRATÉGIE RÉGIONALE ET EUROPÉENNE DU QATAR ET DE L’ARABIE SAOUDITE

pdf-3.jpg

LA COMMISSION DU MONDE ARABE

DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS

VOUS INVITE A UNE SOIRÉE SUR LE THÈME

« QUELLE STRATEGIE REGIONALE ET EUROPÉENNE

DU QATAR ET DE L’ARABIE SAOUDITE »

Avec

ELIE KHEIR

Chercheur au Centre Interdisciplinaire de recherches

sur la paix et d’études stratégiques (CIRPES)

LE JEUDI 7 MARS 2013

à 18 h 30

Siège du PCF

Place du Colonel Fabien

75019 Paris

Métro : Colonel Fabien

Merci de vous inscrire

à : mparmigiani@pcf.fr


CONTRIBUTION À L’HISTOIRE DU PÉTROLE ALGÉRIEN 1er NOVEMBRE 1954 – 24 FÉVRIER 1971

pdf-3.jpg

CHRONOLOGIE (*)

  • Premier novembre 1954: La première découverte pétrolière au Sahara algérien date de 1954, découverte qui s’est faite au moment même où commençait la guerre de libération nationale, ce qui allait poser de nombreux problèmes à la France, et allait décider de l’utilisation du Sahara comme enjeu capital dans la prolongation de la guerre.
  • 18 au 24 avril 1955: Une délégation du FLN assiste à la “conférence de Bandoeng”, en Indonésie, réunissant pour la première fois les représentants de vingt-neuf pays africains et asiatiques. Cette conférence marque l’entrée sur la scène internationale des pays du Tiers monde qui choisirent le non-alignement.
  • 1956 : La politique pétrolière de la France commence à se préciser suite aux grandes découvertes de pétrole à Edjelé en janvier et à Hassi Messaoud en juillet.
  • 1956 : Constitution de l’Organisation commune des régions sahariennes sous le gouvernement Guy Mollet. L’OCRS deviendra peu à peu un «Etat dans l’Etat», le Sahara séparé de l’Algérie étant érigé en province autonome française à laquelle viendront s’ajouter des états africains : Mauritanie, Niger, Tchad.
  • 1957 : Refus des Etats d’Afrique noire de participer à la politique saharienne française. Le journal “Le Monde” rapporte dans son numéro du 19 novembre une déclaration de M. Djibo Bakary vice-président de l’assemblée du Niger: «L’authenticité de la représentation algérienne est une condition fondamentale de la participation sous réserve des territoires de l’Afrique occidentale française à l’OCRS ».
  • 1957 : Dans le cadre de sa politique saharienne, le gouvernement français tente un rapprochement avec le Maroc et la Tunisie en vue d’obtenir soit leur «coopération», ou à tout le moins leur «neutralité».
  • 1958 : Le journal «El Moudjahid», organe de la révolution algérienne, publie dans son numéro 22 du 16 avril un article intitulé «La défense du Sahara reprend le problème en ces termes: …tout l’intérêt économique du Sahara est fonction des possibilités de transport de ses richesses naturelles… ».
  • 1958 : Un conseil restreint du gouvernement français étudie un projet de construction d’un pipeline qui acheminerait le pétrole algérien d’Edjelé vers le territoire tunisien.
  • 1958 : Réaction du Comité de coordination et d’exécution du FLN par une note adressée au gouvernement tunisien: «Le FLN à l’honneur de préciser sa position en ce qui concerne le problème de l’exploitation par la France du pétrole saharien, notamment par la construction d’un pipeline à travers le territoire tunisien». Le FLN rappelle sa note précédente de janvier 1958 dans laquelle il avait «attiré l’attention des gouvernements des pays du Maghreb sur la gravité de ce problème, et l’importance que l’Algérie combattante lui accordait dans la guerre qu’elle mène contre les colonialistes français».
  • Discours de Maurice Lemaire rapporté par l’agence française AFP: «Le Sahara représente des réserves de plus de deux milliards de tonnes, et un revenu annuel (pour la France) 1000 milliards de francs… Quant aux ressources du Sahara en gaz naturel elles sont énormes…».
  • 1959 : le 21 janvier, un communiqué officiel français annonçait l’accord conclu entre la Compagnie française des pétroles et la Standard Oil of New Jersey, dont ESSO détient 50% des parts. Les Américains foulent de leurs bottes le Sahara, ce qui exaspère l’opinion publique en France qui parle de «braderie du Sahara».
  • Réaction du GPRA : «La guerre d’Algérie asphyxie l’économie française. Le gouvernement français a fait appel aux capitaux étrangers pour une participation indirecte aux frais de la guerre…».
  • 1961 : Lors des négociations algéro-françaises, le problème du Sahara revient en force, la France ayant proposé l’autodétermination limitée à l’Algérie du nord seulement.
  • Réponse du GPRA : «Opposition irréductible à la partition du territoire national… Le Sahara algérien ne sera pas un nouveau Katanga!».
  • 18 mars 1962 : Signature des accords d’Evian, le Sahara restera algérien, mais des bases militaires françaises seront maintenues pour continuer les expériences nucléaires.
  • 8 avril 1962 : Référendum en France. La politique algérienne du général De Gaule est approuvée par 90.70% des suffrages exprimés.

1er juillet 1962 :

Référendum en Algérie.

Le peuple algérien vote
«oui»

pour l’indépendance de l’Algérie

en coopération avec la France.

  • 28 août 1962 : Signature à Paris de neuf protocoles d’accord portant sur la coopération entre l’Algérie et la France.
  • 10 décembre 1962 : Le président Ahmed Ben Bella déclare à Sétif que les accords d’Evian doivent être adaptés à la réalité.
  • 31 décembre 1962 : Signature à Alger de conventions financières franco-algériennes.

Année 1963

  • 14-19 janvier 1963 : Négociations financières franco-algériennes. La France accorde à l’Algérie une aide de trésorerie de 250 millions de francs. À rappeler que lors de l’invasion coloniale en 1830, la France s’était accaparée du trésor public de la Régence d’Alger d’un montant de 50 millions de franc-or de l’époque.
  • 23-26 janvier 1963 : Durant la visite à Alger de M. De Broglie, secrétaire d’état aux affaires algériennes, un accord est conclu sur la situation des biens vacants.
  • 18 février 1963 : Accords sur les transports aériens, l’assistance technique et la construction d’HLM en Algérie.
  • 20 mars 1963 : À la suite d’une expérience nucléaire française au Sahara, le président Ben Bella demande la révision des accords d’Evian.
  • 29 mars 1963 : Aux termes d’un décret annoncé par Ben Bella, les exploitations agricoles vacantes sont «définitivement» et «sans recours» transférées aux unités de gestion des travailleurs.
  • 11 juin 1963 : Signature à Alger d’un protocole d’accord sur la coopération culturelle.
  • 26 juin 1963 : Signature d’un accord qui précise les modalités de l’aide financière à l’Algérie jusqu’en 1966.
  • 17 septembre 1963 : Nationalisation des trois derniers journaux appartenant à des Français.
  • 1er octobre 1963 : Les propriétés que possèdent encore des colons français sont nationalisées.
  • 19 novembre 1963 : Signature d’un protocole fixant les conditions de l’emploi des militaires du contingent français à des tâches de coopération en Algérie.
  • 31 décembre 1963, création de la Sonatrach, «Société nationale de transport et de commercialisation des hydrocarbures».

Année 1964

  • 17 janvier 1964 : Accord sur les importations de vins algériens par la France.
  • 13 mars 1964 : Entrevue entre le général De Gaulle et le président Ahmed Ben Bella au château de Champs lors d’une escale technique du président algérien de retour de Yougoslavie.
  • 9 avril 1964 : Accord sur les travailleurs algériens en France. L’immigration est provisoirement suspendue pour permettre de renforcer les contrôles.
  • 25 avril 1964 : La nouvelle réglementation sur l’admission des travailleurs algériens en France entre en vigueur.
  • 15 juin 1964 : Les derniers militaires français quittent l’Algérie, à l’exception de ceux de “Mers El Kebir” et des “bases sahariennes.”
  • 17 juillet 1964 : Signature à Alger d’une convention judiciaire.
  • 13 novembre 1964 : Signature d’une convention de sécurité sociale entre l’Algérie et la France.

Année 1965

  • 26 janvier 1965 : Nouveaux accords sociaux portant sur l’assurance vieillesse et les régimes complémentaires de retraites.
  • 19 juin 1965 : Coup d’Etat en Algérie, Ben Bella est arrêté, Boumediene prend le pouvoir.
  • 29 juillet 1965 : Signature à Alger d’un accord algéro-français sur les hydrocarbures et la coopération industrielle.

    Création de l’ASCOOP (Association Coopérative) et maintien des concessions existantes sont les principales caractéristiques de ce texte pour le pétrole, fixant à 2.08 dollars par baril le prix conventionnel servant d’assiette au calcul de l’impôt dont le taux est fixé à 53% pour les années 1965-1966-1967, à 54% pour 1968, et 55% à partir de 1969.

    L’accord prévoit une révision de la base d’imposition fiscale des compagnies à partir du 1er janvier 1969.

Année 1966

  • 8 avril 1966 : Signature de la Convention de coopération culturelle et technique.
  • 7 mai 1966 : Le président Boumediene annonce la nationalisation de plusieurs mines et biens vacants.
  • 27 juillet 1966 : Signature à Alger d’un accord pour la construction de l’usine pétrochimique d’Arzew.
  • 13 décembre 1966 : Nouvelle visite de Bouteflika au général De Gaulle.
  • 22 décembre 1966 : Accord signé à Alger sur le contentieux financier algéro-français.

Année 1967

  • 21 mai 1967 : Les bases françaises d’engins spéciaux (armes nucléaires) du Sahara sont officiellement fermées et évacuées .
  • 11 juin 1967 : France, arrêt des importations de vins d’Algérie.
  • Juin 1967 : Mise sous contrôle de l’État des sociétés anglo-saxonnes au lendemain de la «guerre des six jours». À cette raison politique s’est ajouté le fait que les négociations avec ces mêmes sociétés, tendant à l’établissement de rapports nouveaux avec l’Algérie, étaient demeurées infructueuses.
  • 10 juillet 1967 : Accord sur les relations maritimes; le monopole du pavillon commercial sera partagé entre l’Algérie et la France.
  • Août 1967-octobre 1970 : Durant cette période, la majorité des sociétés étrangères non-françaises ayant des intérêts dans la production furent nationalisées: Philips, Mobil, et Shell.

    Sinclair est déchu de ses droits.

    D’autres mesures de nationalisations ont frappé les mêmes sociétés pétrolières dans les domaines de la distribution et du raffinage: Esso, Mobil, Shell. Le gouvernement a également procédé au rachat des sociétés telles que BP et Total.
  • 4 septembre 1967 : L’administration algérienne remet en cause les conditions de transfert de fonds dont bénéficient les sociétés pétrolières françaises.
  • Octobre 1967 : Évacuation de la base navale de “ Mers El Kebir” par l’armée française.
  • 20 novembre 1967 : France, reprise des importations de vins d’Algérie.
  • 26-28 novembre 1967 : Visite officielle en Algérie de M. Edmond Michelet, ministre d’Etat français chargé de la Fonction publique, fondateur de l’Association France-Algérie.

Année 1968

  • 21 mai 1968 : Nationalisation de 27 sociétés françaises du secteur des industries mécaniques, électriques, des engrais, et des matériaux de construction.
  • 25 septembre 1968 : Le ministre algérien de l’Industrie et de l’Energie interdit le chargement du pétrole dont les compagnies ont fixé le prix à un niveau jugé anormalement bas au détriment des rentrées de devises de l’Algérie. Cet embargo partiel est levé au bout de 24 heures.
  • 1er novembre 1968 : Nouvelles mesures d’embargo frappant les cargaisons de l’ERAP, et de la CFP destinées principalement à l’Union Générale des Pétroles (UGP), et qui avaient fait l’objet de «contrats» de complaisance à un prix volontairement minoré.
  • 14 novembre 1968 : Levée de l’embargo partiel après ratification du prix des contrats par les sociétés CREPS et SNPA (filiales de l’ERAP et de la CFP).
  • Novembre 1968 : La société CAMEL dont l’Algérie n’est actionnaire qu’à 26% décide, sur les instances d’Alger, de transférer son siège de Paris à Arzew. Depuis plusieurs mois, la société était tenue de transférer la totalité de ses recettes en Algérie.
  • 24 décembre 1968 : Accord sur l’immigration algérienne en France. Le contingent des entrées annuelles est fixé à 35.000 travailleurs.

Année 1969

  • Fin février 1969 : Le ministre de l’industrie met en demeure les compagnies pétrolières de porter de 2.35 à 2.65 dollars par baril leur prix affiché (prix théorique des transactions commerciales).
  • 23 octobre 1969 : Maurice Schuman, ministre français des affaires étrangères, se rend à Alger pour essayer de mettre sur un nouveau pied les relations des deux pays.

    Sa visite aboutit à la création d’une «grande commission» chargée de promouvoir la coopération.
  • 24 novembre 1969 : Ouverture des négociations fiscales aux termes de l’article 27 des accords algéro-français de 1965 qui prévoit que la base d’imposition fiscale des compagnies pétrolières (2.08 dollars par baril) sera révisé avec rétroactivité au 1er janvier 1969, en fonction de l’évolution du marché pétrolier.
  • Juillet 1969 : L’Algérie adhère à l’OPEC, organisation des pays exportateurs de pétrole.

Année 1970

  • 23 mai 1970 : Réunion tripartite à Alger : Algérie, Libye, Irak. «Nécessité d’établir un front commun» souligne le communiqué commun.
  • Juin 1970 : XXème Conférence de l’OPEC à Alger.
  • 13 juin 1970 : Interruption des négociations fiscales entre l’Algérie et la France.
  • 24 juin 1970 : Le ministre de l’industrie enjoint aux sociétés de rapatrier en Algérie un montant au moins égal à la contre-valeur de 1.80 dollar par baril de pétrole brut exporté.

    Cette mesure équivaut à porter à plus de 80% environ l’obligation de rapatriement en Algérie du produit des ventes des compagnies. Cette proportion avait été fixée à 50% en janvier 1965.
  • Juillet 1970 : Le président Boumediene dans un discours prononcé à Skikda déclare: «Oui à la coopération, non à l’exploitation».

    Il annonce le relèvement du prix de référence fiscale, qui passe de 2.08 à 2.85 dollars le baril.
  • 20 juillet 1970 : Le ministre de l’industrie annonce aux compagnies françaises que le prix de référence fiscale est porté de 2.08 à 2.85 dollars par baril.

    Cette mesure est provisoirement suspendue à la suite de l’intervention du gouvernement français qui exprime son désir d’entamer des négociations globales.
  • 27-30 août 1970 : Visite à Alger de Xavier Ortoli, ministre français du Développement industriel et de la Recherche scientifique.
  • 28 septembre 1970 : Ouverture des négociations algéro-françaises sur problèmes culturels, économiques, et sociaux.

    La délégation algérienne est conduite par Abdelaziz Bouteflika, ministre des affaires étrangères. François-Xavier Ortoli, ministre français du Développement industriel et de la Recherche scientifique, dirige la délégation française.
  • Quatre séries d’entretiens ont lieu : du 5 au 7 octobre à Paris, 26-28 octobre à Alger, 16-28 novembre à Paris, 16-31 décembre à Alger.
  • 2-6 octobre 1970 : La Sonatrach remplace la Shell au conseil d’administration de la CREPS et de la CPA (filiales d’Elf-Erap).

« LA BATAILLE DU PETROLE »

  • Octobre 1970 : Réunion du conseil des gouverneurs de l’OPEC à Vienne. Cette réunion a pour objet essentiel de préparer la conférence ministérielle de Caracas.
  • Novembre 1970 : L’Iran demande une conférence extraordinaire de l’OPEC sur les prix.

    Devant la proximité de la conférence ministérielle de Caracas, cette réunion extraordinaire n’a pas eu lieu.
  • 9-13 décembre 1970 : Conférence ministérielle de l’OPEC à Caracas. C’est la 21ème du genre.

    Adoption de la résolution 120. Un nouveau système de différenciation des prix selon la densité et le lieu de production , l’alignement des prix de référence, la hausse générale pendant les années à venir sont adoptés.

    Le taux d’imposition fiscale minimum des compagnies pétrolières est fixé à 50% de leurs bénéfices.
  • 16 janvier 1971 : Dans un message adressé à l’OPEC, ainsi qu’aux gouvernements des dix Etats membres, les huit compagnies pétrolières internationales auxquelles se sont associés quelques «sociétés indépendantes», proposent d’ouvrir une négociation d’ensemble «qui permettrait un règlement simultané» des problèmes en suspens, et la stabilisation des arrangements financiers pour cinq ans.
  • 16 janvier 1971 : Le président Nixon envoie de toute urgence John Irwin, sous- secrétaire d’Etat, à Téhéran, et au Koweït.
  • 18 janvier 1971 : Publication d’un communiqué algéro-libyen à la suite de la visite du commandant Abdesslem Djelloud à Alger.
  • 19 janvier 1971 : Reprise des négociations algéro-françaises après les quatre séries d’entretien.
  • 19 janvier 1971 : Le Venezuela affirme sa complète solidarité avec les pays producteurs de pétrole du Moyen-Orient.

    Premiers contacts à Téhéran entre le comité tripartite Iran-Irak-Arabie Saoudite, des ministres mandatés par l’OPEC, et les délégués des compagnies pétrolières représentées par Lord Strathalmond (BP) et Georges Percy (ESSO).
  • 20 janvier 1971 : L’ENI, office national italien des hydrocarbures, annonce qu’il n’adhérera pas au front commun des compagnies pétrolières.
  • 20 janvier 1971 : Examen de la «crise pétrolière» par le groupe restreint du comité pétrolier de l’OCDE réuni à Paris.
  • 21 janvier 1971 : Création à Londres d’un bureau de coordination des grandes compagnies pétrolières.
  • 21 janvier 1971 : La réunion extraordinaire des dix membres de l’OPEC est fixée au 3 février 1971.

    A Téhéran, la discussion s’oriente vers la recherche d’un accord avec les pays exportateurs de la zone du Golfe persique.
  • 22 janvier 1971 : Le groupe pétrolier français d’Etat, ELF-ERAP, annonce qu’il ne contresignera pas le message adressé par les grandes compagnies pétrolières à l’OPEC.
  • 24 janvier 1971 : Mise en garde du Chah d’Iran: «Si un accord n’est pas trouvé avant le 3 février 1971, l’OPEC prendra les décisions qui s’imposeront ».
  • 28 janvier 1971 : Après une mise en demeure du président Boumediene, le gouvernement français engage les compagnies pétrolières françaises à verser à titre d’acompte sur arriérés d’impôts pour les années 1969 et 1970 une somme de 600 millions de dinars à l’Etat algérien.
  • 2 février 1971 : Suspension des négociations de Téhéran entre les compagnies internationales et les pays du Golfe persique.

    Délai de dix jours accordé aux compagnies pour répondre aux offres de l’OPEC.
  • 2 février 1971 : Discours du président Boumediene devant les travailleurs des «Transports Colonel Lotfi»: «Ce n’est pas un problème de prix, mais une question de souveraineté et de principes intangibles ».
  • 3 février 1971 : Conclusion à Alger d’un accord prévoyant la livraison de 3.5 milliards de mètres cubes de gaz algérien à la France à compter de 1972. Accord passé entre Sonelgaz et Gaz de France.
  • 3 février 1971 : 22ème Conférence extraordinaire de l’OPEC à Téhéran.

    Allocution devant le parlement iranien et les représentants des pays membres de l’OPEC, puis conférence de presse du Chah d’Iran.
  • 4 février 1971 : Suspension des négociations algéro-françaises à la demande de Paris.
  • 7 février 1971 : Publication à Vienne des résolutions de la 22ème Conférence de l’OPEC.

    Les cinq objectifs adoptés par les pays membres de l’OPEC, lors de leur précédente conférence de Caracas, doivent être respectées par les compagnies pétrolières avant le 22 février 1971.

    En cas de non-accord avant cette date, un embargo total sur les livraisons de pétrole et de produits pétroliers serait institué.
  • 8 février 1971 : L’Algérie demande «une reprise immédiate et sérieuse des négociations». Réponse dilatoire de Paris.
  • 9 février 1971 : Rencontre à Paris de Djamchid Amouzegar, ministre iranien des finances, et Lord Strathalmond représentant des compagnies pétrolières.
  • 11 février 1971 : Arrivée à Téhéran de Lord Strathalmond.
  • 12 février 1971 : Entrevue «sans protocole» de Lord Strathalmond et Djamchid Amouzegar à Téhéran.
  • 12 février 1971 : Le ministre des pétroles d’Arabie Saoudite, Ahmed Zaki-Yamani, annonce «accord sur tous les problèmes d’ordre financier. Restent encore en discussion les aspects légaux».
  • 14 février 1971 : Un accord quinquennal est signé à Téhéran à 15:15 (11:45 GMT) entre les compagnies pétrolières internationales et les pays producteurs du Golfe persique. Prix de référence fiscale fixé à 2.17 dollars par baril (contre 1.79 auparavant).
  • 19 février 1971 : Discours du président Boumediene aux cadres de l’armée de l’air: «Je considère qu’il est temps aujourd’hui de trancher cette question d’une façon ou d’une autre, et de trouver une solution définitive à ces négociations interminables».

ALGER – 24 février 1971, 16 :00 GMT (heure algérienne)

Discours du président Houari Boumediene devant 3.000 cadres de l’UGTA, réunis à la Maison du Peuple, à l’occasion du quinzième anniversaire de l’UGTA. Le président annonce

«la prise de participation de 51% par l’Etat algérien dans les sociétés pétrolières françaises installées en Algérie,

la nationalisation intégrale des ressources gazières,

et la nationalisation des moyens de transport des hydrocarbures.

Tous les biens nationalisés sont transférées à Sonatrach».

(*) Extrait de: «Contribution à l’étude de l’histoire du pétrole algérien, 1er novembre 1954-24 février 1971 » , mémoire de certificat d’histoire contemporaine présenté par Abdelkrim Badjadja et Madani Boubekeur, Université de Constantine, faculté des lettres et sciences humaines, section Histoire, Juin 1971.

Ce mémoire a été déposé, sur leur demande, à la Bibliothèque du Congrès des Etats Unis d’Amérique.

Cote :
http://www.loc.gov/search/?q=badjadja+abdelkrim&all=true&st=list

Abdelkrim Badjadja

Consultant en Archivistique


http://badjadja.e-monsite.com/

http://badjadja.over-blog.com/

Sources: http://lequotidienalgerie.org/2013/02/24/contribution-a-lhistoire-du-petrole-algerien-1er-novembre-1954-24-fevrier-1971/#sthash.09dkhFOC.dpuf

LE CONTRE-MODÈLE SOVIÉTIQUE

pdf-3.jpg
Eric J. Hobsbawm s’est éteint le 1er octobre 2012, à l’issue d’une vie de 95 ans, longue comme un siècle, le XXe, celui des pires violences de masse et des plus belles espérances d’émancipation.

Ce siècle avait 17 ans lorsqu’il est né, et Octobre était sur le point d’arriver.

À la croisée des grands chemins, il est à Berlin en 1931-1933, au moment de la crise finale de la République de Weimar. Face au national-socialisme conquérant, il fait le choix du communisme.

Depuis l’Angleterre ensuite, il consacrera sa vie à l’écriture d’une histoire du temps long, sans frontière, de la fin du XVIIIe siècle à nos jours.

Marxiste non repenti, méfiant envers toute orthodoxie mécaniste et simpliste, il cherchera à faire progresser la théorie et à utiliser «la méthode marxiste pour comprendre le monde, puis le changer».

Laissons donc une dernière fois la parole à la finesse implacable de ses analyses, à travers un exemple particulier, celui des espérances déçues et de l’échec final du régime soviétique.

Michel Peyret
28 février 2013


hobsbawm1.jpg

L’URSS, sa chute et l’avenir du marxisme,

vus par Eric J. Hobsbaw

25 février 2013

par Nicolas DUTENT

«Pour tous ceux qui se sont convertis au communisme avant l’époque antifasciste, la jeune Union soviétique était un élément essentiel.

Il nous a été très […] difficile de nous libérer du mythe de la révolution d’Octobre. L’URSS était la base dynamique de la révolution mondiale.

C’est un sentiment que je n’ai, par exemple, jamais éprouvé avec la révolution chinoise, dépourvue de toute dimension universelle. […]. Ce n’est qu’au fil du temps que nous sommes devenus de plus en plus circonspects vis-à-vis du type de socialisme qui régnait en URSS. Jusqu’aux années 1960, nous pensions qu’il progressait. Ce n’est qu’à ce moment-là que nous nous sommes rendu compte qu’il piétinait. […]

Mais s’il n’y avait plus grand sens à être communiste après 1956 en Angleterre, la situation était tout à fait différente ailleurs. C’est après 1956 que le Parti communiste espagnol a accru ses effectifs pour devenir une force d’opposition à Franco ; et en Amérique latine, les intellectuels étaient trop occupés à préparer une révolution qui paraissait possible pour réagir à la révélation des crimes du stalinisme. […]

J’ajoute que nous aurions dû découvrir la terreur stalinienne plus tôt, faire plus attention, mais l’URSS incarnait la force antiréactionnaire. Même dans les années 1945-1950, Staline conservait une image de libérateur international acquise grâce à l’action de l’Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que c’était un tyran à l’intérieur de l’URSS. La dialectique était parfaitement tragique!

Une promesse de libération

Pour nous, dans les pays de l’Ouest, surtout pendant la guerre froide, l’URSS était la superpuissance de l’avenir. Jusqu’à la fin des années 1950, économistes et hommes politiques occidentaux pensaient même que le dynamisme de la Russie dépasserait celui de l’Occident ; nous éprouvons le même état d’âme actuellement face à la Chine.

Mais, après 1960, il était absolument évident que ce ne serait pas le cas.[…] Dans le Tiers Monde, l’URSS était d’abord la promesse de la libération du joug colonial, ensuite la voie d’un progrès économique non capitaliste plus abordable que le marché libre. Au cours des années 1940-1950, et même au-delà, l’URSS représentait un modèle de développement. Les Indes cherchaient ainsi à imiter cette économie planifiée bien qu’elles ne fussent pas communistes. La planification économique semblait en effet rendre possible le saut d’un pays agraire à l’industrialisation […].
Ensuite, l’organisation soviétique de l’enseignement, l’émancipation, les mesures antiféodales séduisaient beaucoup de gens. [..] Cette fonction de modèle a perduré jusqu’à ce que des populations moyen-orientales tentent de l’appliquer à leurs propres États ; elles se sont alors heurtées à de farouches résistances.

C’est l’Afghanistan qui a marqué cette rupture. Jusqu’aux années 1980, il s’était en grande partie inspiré du soviétisme. Lorsque les communistes y ont pris le pouvoir, ils ont entrepris de vastes réformes bénéfiques pour le pays. […] La réaction islamiste, appuyée par les activismes états-unien et saoudien, a eu tôt fait d’effacer des mémoires que les gouvernements prosoviétiques de Kaboul ont électrifié le pays, mis sur pied une éducation féminine, des hôpitaux acceptables bien que primitifs, et certaines nécessités infrastructurelles comme l’eau potable et des routes dans des régions indiennes.

Des éléments structurels de faiblesse

Mais le socialisme accusait, en dehors de ces données conjoncturelles, des éléments structurels de faiblesse.

D’abord, l’inflexibilité et le manque de dynamisme d’une économie centralisée. L’idéal d’une économie totalement planifiée s’est révélé irréalisable […]. Elle n’est jamais parvenue à générer de dynamique intérieure. […] À décharge, gardons à l’esprit que l’archétype originel de la planification était fondé sur les planifications de la Grande Guerre. Il n’a au fond jamais réussi à s’autonomiser de l’esprit de l’économie de guerre, qui veut que l’on mobilise toutes les forces disponibles pour atteindre un objectif prédéterminé.

Mais, en temps de paix, une fois l’objectif atteint, que fait-on ? Il faut fixer un autre objectif, ou bien conserver le même. Il n’y a donc pas de dynamique interne qui continue à faire avancer: voilà la seconde faiblesse des économies planifiées. Elles se sont révélées très efficaces tant qu’il s’est agi de fournir les biens de première nécessité à la population. Mais, lorsque l’économie mondiale a évolué vers une économie de loisirs et que les gens ont désiré davantage qu’une nourriture en quantité suffisante, la sécurité sociale et un système éducatif performant, la planification n’était plus adaptée en raison de sa faible productivité.

La troisième faiblesse de ce système consistait à considérer la politique exclusivement en fonction du pouvoir et de la décision. La théorie politique se résumait à la manière de prendre le pouvoir, de le gérer et de le conserver. On pensait que procurer à manger au peuple garantissait la paix sociale, mais, à un certain moment, ça n’a plus suffi. En fin de compte, tous ces régimes se sont effondrés pour avoir perdu le contact avec le gros de la population à cause de leur conception léniniste de la politique. Il n’y avait aucune consultation réelle du peuple.

Ils ont également sous-estimé le problème de l’hégémonie, en croyant qu’elle se réduisait à l’établissement du régime et à la censure de ses opposants. Une hégémonie ne s’impose pas de cette façon, il faut quelque chose de plus. Il est très révélateur que personne n’ait cherché à défendre ces États au moment de leur chute. Ils avaient promis beaucoup, donné certaines choses, mais n’ont jamais réussi à créer chez la masse un sentiment d’identification au système.
C’est là, à mon avis, la faute rédhibitoire de l’idée léniniste du Parti, qui était avant tout une formation de cadres, de meneurs et de chefs, qui se désintéressait de la base. […]

Le naufrage du contre-modèle soviétique a permis aux États-Unis de se considérer comme les patrons du monde et de mener leur propre politique sans aucune limite. Le résultat, absolument négatif, se dresse sous nos yeux : une situation de crise internationale et de guerres multiples. Sur un plan plus purement politique, elle a grandement affaibli non seulement les anciens communistes, mais aussi tous ceux qui croyaient au socialisme et à la possibilité de remplacer le capitalisme.

Depuis la chute du mur de Berlin, plus personne, même dans les rangs qui se disent socialistes, n’a osé dire qu’il fallait dépasser le capitalisme. La gauche était démoralisée […]. Il a alors été possible aux gouvernements occidentaux, dont la majorité s’est convertie à cette espèce de théologie néolibérale de l’économie, d’imposer ses « réformes », ses privatisations, d’affaiblir les organisations syndicales et de diminuer la protection sociale, sans craindre de quelconques difficultés politiques. […]

Les conséquences de la disparition de l’URSS se révèlent donc, dans l’ensemble, assez négatives, même si, évidemment, les populations d’Europe de l’Est ont connu une amélioration de leur niveau de vie, et leurs intellectuels, une sorte de libération. Malgré tout, le système éducatif très performant mis en place par le communisme a périclité, tout comme le souci de protection de la culture, même si celle-ci était en partie officielle. Un récent rapport sur la Russie vient de montrer que l’ancienne intelligentsia russe avait survécu sous Lénine et sous l’Union soviétique pour s’éteindre sous Poutine !

Le dépassement du capitalisme

C’est la contradiction permanente entre le progrès et le mode selon lequel il advient, sa réalisation historique. C’est là le noyau de l’analyse de Marx. Le capitalisme en action révolutionne tout et provoque de ce fait une situation conflictuelle. […]

Le problème historique principal, ce me semble, n’est pas la barbarie ou la terreur, dont la plus grande partie se situe entre 1914 et la mort de Staline, même à l’intérieur de l’URSS, mais l’accélération effrénée du progrès de tout, surtout dans la seconde moitié du siècle, que personne n’avait prévue. Les changements autrefois séculaires se sont réduits à des décennies, voire des années. […]

Le fait est que le Parti communiste continue en tant que tel, même s’il a partout abandonné l’idée d’une économie totalement planifiée. Certaines de ses idées subsistent et recèlent toujours une potentialité politique à l’intérieur du système […] Une organisation plus planifiée, plus étatiste que l’idéal capitaliste, a toutes les chances de voir le jour et de prospérer, puisque les problèmes auxquels se confronte le monde, comme celui de l’environnement, se trouvent hors de la sphère spontanée du système et de sa correction. Cela n’implique pas pour autant que ces États «étatistes» soient socialistes, […]

Par ailleurs, le nouveau turbo-capitalisme global génère des crises dont la véritable profondeur n’a pas encore été expérimentée dans les pays riches, à la différence de l’Argentine ou de la Corée.

Le capitalisme avait cru pouvoir maîtriser ses fluctuations, alors qu’il ne fait que les exacerber. Les éléments qui montrent la nécessité de quelque chose de mieux se multiplient, mais la prise de conscience ne s’opère et ne s’organise que dans les parties du monde où le camp progressiste a établi des bases historiques.

Ce n’est plus, pour le moment, un phénomène global. […] À mon avis, nous serons contraints de dépasser le capitalisme puisque sa logique aboutit à une espèce de désintégration de la société et de la biosphère. […] L’idéal marxiste de la pleine réalisation des potentialités de l’homme est devenu possible, il me semble, grâce à l’extraordinaire développement des forces de production. N’importe quel homme dispose aujourd’hui de voies de réalisation bien plus grandes que celles de son grand-père.

Ce qui l’en empêche, c’est que le capitalisme fixe l’épanouissement humain dans la thésaurisation financière, le niveau de revenu, donc dans l’accélération de la production. Tant que cela prévaudra, ce rêve restera inaccessible: l’homme ne se réalise pas tant qu’il n’aspire qu’à améliorer sa vie matérielle.

Comme analyse du monde, un marxisme émancipé de ses éléments historiques et théologiques reste essentiel. Il aurait tout intérêt à tenir beaucoup plus compte de dimensions négligées dans le passé, comme la culture, ce que Gramsci avait parfaitement perçu et préconisé, déjà, en son temps.[…]

Enfin, la question de l’agent historique est à reposer. On a longtemps cru que le prolétariat serait celui de la transformation sociale, mais l’économie moderne l’ayant fragmenté, voire désintégré, il n’en est plus capable. Qui, désormais, pour assurer ce rôle?» 

Extraits de l’entretien réalisé par Théophile Hazebroucq, en 2007, paru dans Nouvelles FondationS, publiés avec l’aimable autorisation de la fondation Gabriel-Péri.

Eric J. Hobsbawm

« La Revue du projet », n° 21, novembre 2011

Sources: Nicolas DUTENT