PEUT-ON ÉRADIQUER LE CHÔMAGE?

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Hocine Belalloufi

La Nation

20 Mars 2013


À l’occasion du grand rassemblement initié par les chômeurs de Ouargla, un raccourci aussi rapide que dangereux a amené nombre d’observateurs à mettre en équation la région du Sud et le phénomène du chômage.

Vision fallacieuse et particulièrement dangereuse, le chômage étant un problème national.


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Un simple regard autour de nous permet de saisir la problématique du chômage en Algérie. Observons la devanture de n’importe quelle boutique, entrons dans le premier magasin venu. Que constatons-nous? Une partie considérable des produits exposés à la vente est fabriquée à l’étranger: vêtements, chaussures, fournitures scolaires, meubles, véhicules, produits électroménagers, informatiques et de téléphonie, médicaments, produits d’entretien corporels ou domestiques, cosmétiques, produits de luxe et même nourriture…

Comment fournir massivement du travail à la population active d’un pays qui ne produit rien ou presque de ce qu’il consomme? Cela s’avère strictement impossible. Peut-on y arriver en créant 100 locaux commerciaux par commune ou en transformant nos jeunes, par la grâce d’un prêt de l’ANSEJ, en intrépides capitaines d’industrie? Cela est peu probable. À moins que la panacée ne réside dans l’injonction lancée aux entreprises publiques de recruter des centaines de chômeurs ou dans l’ouverture d’une faculté de médecine ou d’une clinique de-ci de-là? Qui peut sérieusement y croire?

…/… Après avoir montré que dans notre pays l’effort productif, la création d’emplois par la promotion de la valeur travail se heurtent inévitablement aux entraves dressées par les monopoles et le système impérialiste mondial, l’article poursuit:

…/… Accepteront-ils facilement que l’Algérie s’industrialise et réduise ainsi massivement ses importations? Qu’elle ne place plus ses avoirs financiers à l’étranger, qu’elle rompe avec une thésaurisation stérile pour impulser une dynamique d’investissements productifs? Ces puissances financières, économiques et politiques resteront-elles sans réagir?

Personne ne le croit et c’est ce qui explique l’actuel profil-bas de notre diplomatie. Nos dirigeants nous expliquent qu’il faut tenir compte du rapport de forces défavorables et s’adapter.

Le rapport de forces défavorable n’a jamais empêché les peuples de se soulever et de lutter. Mais c’est la direction, qui fut jadis révolutionnaire, de ce peuple qui a cessé de vouloir prendre le risque de se battre et qui ne rêve que de se faire une place au soleil de l’actuel système mondial, quitte à sacrifier sa propre population et les autres peuples du monde.

Se développer ne relève pas d’un choix technique effectué par des économistes mais d’un choix politique relevant de la volonté des peuples. Il faut en payer le prix en protégeant la production nationale, donc en remettant sérieusement en cause et non simplement en retardant l’Accord d’association passé avec l’UE et la perspective censée incontournable d’adhésion à l’OMC. Les nationalisations du pétrole en Iran, sous Mossadegh, du canal de Suez, sous Nasser, et du pétrole sous Boumediene ont provoqué des réactions économiques, politiques voire militaires des grandes puissances dominantes. Cela était prévisible et n’a pas empêché ces dirigeants de les effectuer.

Des dirigeants d’Amérique latine, à commencer par feu Chavez, ont nationalisé nombre d’intérêts étrangers et affrontent jusqu’à aujourd’hui dans des conditions extrêmement difficiles les Etats-Unis d’Amérique. Le rapport de forces ne s’est pas transformé tout seul. Des pays comme Cuba ont longtemps résisté seuls. Ils ont tenu, le temps d’être rejoints par d’autres (Venezuela, Bolivie, Equateur…).

La résorption du chômage implique ainsi le développement d’une économie productive nationale et celle-ci implique une confrontation avec l’impérialisme. Mais lorsque l’on mène une telle politique qui profite d’abord au peuple, on a le soutien de ce dernier et l’on peut, dans de telles conditions, résister. Une telle économie est incompréhensible aux économistes.

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