CONTRE L’INVASION DU SAC EN PLASTIQUE, LA CHINE ET LE MAROC DONNENT L’EXEMPLE

Mois du ramadan :

Le règne du sachet en plastique

Écrit par M’hamed Rebah

L’interdiction de l’offre gratuite de sacs en plastique dans les supermarchés, les magasins et les épiceries, ainsi que la production et l’utilisation de sacs d’une épaisseur inférieure à 0,025 mm, appliquée depuis cinq ans en Chine, a permis de réduire la consommation d’au moins 67 milliards de sacs, l’équivalent de six millions de tonnes de pétrole, selon les estimations de la Commission nationale chinoise pour le développement et la réforme.

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Depuis l’application de cette interdiction, l’utilisation des sacs en plastique a baissé de plus d’un tiers. Des infractions subsistent, mais l’application de cette interdiction est renforcée.

Cette information est intéressante pour nous qui commençons le mois de ramadan au cours duquel, c’est connu, la consommation en produits alimentaires (qui représentent plus de 50 % des achats des ménages en temps normal) bat son plein et, avec elle, l’utilisation des emballages en matière plastique enregistre des records.

Quel est le nombre de sachets en plastique qui seront jetés dans les décharges durant ce mois, avec quel impact sur l’environnement, en termes de ressources naturelles pour les produire et de charge de pollution?

On sait qu’un projet de loi visant à interdire leur production est en cours de préparation au niveau du ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et de la Ville. Il y a plusieurs années, une opération d’éradication du sachet noir avait été tentée. Elle a réduit les sachets de cette couleur, mais n’a pas empêché la prolifération du sachet en plastique.

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En application du principe «pollueur-payeur», l’article 53 de la loi de finances pour 2004 a institué une taxe de 10,50 DA/kg sur les sacs en plastique importés ou produits localement. Le produit de cette taxe parafiscale est destiné au Fonds national pour l’environnement et la dépollution, pour financer spécialement un système public, appelé «Ecojem», de reprise, de recyclage et de valorisation de déchets d’emballage, qui doit permettre la prise en charge d’une partie importante des déchets recyclables. Les sachets en plastique n’ont pas pour autant disparu du paysage. L’alternative est, semble-t-il, prête.

C’est le couffin en alfa, matière première qui pousse dans notre pays et qui sera valorisée de cette façon. Le ministère du Tourisme et de l’Artisanat et celui de l’Environnement ont annoncé qu’ils travaillaient à concrétiser ce projet et les artisans ont été sollicités et mis à contribution.

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Nos voisins, au Maroc, ont choisi comme alternative au sachet en plastique le sac en tissu. Une convention sur le financement de la production de trois millions de sacs en tissu a été passée entre les ministères marocains de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement et le ministère marocain des Affaires générales et de la Gouvernance, d’une part, et des coopératives travaillant dans le domaine de la couture. Une enveloppe budgétaire de 70 millions de dirhams financés conjointement par le ministère chargé des Affaires générales (50 millions de dirhams) et le ministère de l’Energie (20 millions de dirhams) a été dégagée pour cette opération. Près de 150 coopératives et quelque 3 000 personnes, essentiellement des femmes et des jeunes, sont concernées.

Cette opération, qui s’inscrit dans le programme pilote d’appui à la production et la distribution des sacs en tissu, a pour objectif d’inciter les établissements opérant dans le domaine de l’économie sociale et solidaire à s’engager dans l’action gouvernementale concernant la protection de l’environnement, notamment le programme d’élimination des sacs en plastique.

Des associations locales seront mobilisées pour la distribution gratuite des sacs en tissu aux familles dans 26 villes du Maroc, et pour sensibiliser ces ménages sur leur utilisation. Une lutte sans merci contre les sacs plastiques est menée dans les pays africains.

La liste de ceux où cet emballage est proscrit a tendance à s’allonger. On y trouve la Mauritanie, l’Afrique du Sud, le Rwanda, l’Erythrée, l’Ouganda, la Tanzanie, le Gabon, le Kenya, la République du Congo, mais pas encore l’Algérie.

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