« CHAVS»: COMMENT ON DIABOLISE LA CLASSE OUVRIÈRE

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Lode Vanoost

Investig’action

michel collon infos

18 octobre 2013

Avec «Chavs : diabolisation de la classe ouvrière britannique», le journaliste britannique Owen Jones a écrit une analyse percutante de la société britannique après quarante années de destruction sociale par le néolibéralisme.

L’élite politico-économique britannique a redistribué les cartes vers le haut, avec les syndicats comme ennemi n° 1.

Plus besoin d’une autorité socialement responsable. Il n’y a que des profiteurs … les « chavs » ?…

L’origine de l’insulte anglaise «chavs», dans le titre du livre n’est pas claire du tout. Selon certains cela remonte à un terme romani pour «enfant». Selon d’autres c’est l’acronyme de «Council Housed And Violent» [habitant un logement social et violents]. Aujourd’hui « chavs » est le terme généralement utilisé pour diaboliser la couche sociale inférieure et privée de sa dignité sociale. «Chavs»? c’est bien leur propre faute, non?

L’auteur

Après ses études, Owen Jones (1984) a travaillé comme chercheur sur les syndicats et le parlement. Il écrit une chronique hebdomadaire dans le quotidien britannique The Independent. Son inspiration est clairement de gauche, ce qui est tout sauf évident dans le paysage médiatique britannique aujourd’hui (du moins si on ne confond pas «la gauche» avec ce qui passe pour la gauche dans le Labour, le parti travailliste).
Le grand succès du livre a amené l’auteur à ajouter un bref «avant-propos» à la deuxième édition anglaise. Owen Jones ne donne qu’une explication: «Le succès du livre est bien plus lié au fait que la notion de «classe» fait son retour après disparition … Chavs est ma contribution modeste et limitée pour briser le silence autour de la problématique des classes».

Owen Jones a écrit ce livre il y a deux ans, à peine âgé de 27 ans. Ce n’est donc pas l’œuvre d’un sexagénaire radotant qui a tout vécu lui-même. Au contraire, l’auteur est un jeune novice qui a grandi sous Tony Blair.

Il argumente sa thèse en huit chapitres. Il commence par un certain nombre d’exemples de stéréotypes qui reviennent sans cesse dans les sitcoms britanniques. La plupart nous sont plutôt inconnus, sauf peut-être la série «Keeping Up Appearances» (Sauver les apparences), avec l’éternel fainéant bordélique Onslow et la ridicule petite-bourgeoise Hyacinth. La Grande-Bretagne est une société où l’inégalité des chances est coulée dans le moule du système. On assiste toutefois à une résistance car on se rend compte que cela ne peut pas durer (ce dont témoigne notamment le succès de ce livre).

Les pouvoirs publics n’ont pas de mission sociale

C’est dans la période aux affaires du Premier ministre Margaret Thatcher (1979-1990) que l’auteur voit le début d’une stratégie délibérée d’anéantissement du rôle social correcteur des pouvoirs publics. Les assertions «There is no such thing as society, there are only individuals» et «There is no alternative» sont de sa bouche.

Mais Thatcher n’était pas seulement une forte personnalité avec une opinion. Ses idées sur le rôle de l’Etat n’avaient rien de neuf mais remontaient à une vieille tradition au sein du Parti Conservateur. La première raison d’être de ce parti avait toujours été l’exercice permanent du pouvoir et le maintien des privilèges pour les uns basés sur l’exploitation des autres. Le livre mentionne quelques politiciens conservateurs qui s’en réclament clairement.

Le grand croquemitaine : les syndicats

C’est à cette époque qu’a commencé l’agression contre les organisations sociales qui protégeaient le mieux la population laborieuse : les syndicats. En achetant du charbon polonais et sud-africain (en dépit du boycott onusien contre le régime d’apartheid), Thatcher a su faire plier le syndicat des mineurs après une grève d’une année. Les syndicats britanniques n’ont jamais réussi à se relever de cette défaite.

Mais selon Owen Jones, Thatcher n’est pas a seule cause de la destruction sociale. Ce qui a eu tout autant d’influence c’est la décision du Labour de rompre définitivement avec sa base historique. Le Labour est devenu le New Labour: un parti de la classe moyenne. «Working class» est devenu une insulte.

Ces trente dernières années la Grande-Bretagne a été bouleversée en profondeur. Pourquoi, se demande l’auteur, le terme « Working class » est-il devenu injurieux alors qu’il définit justement ce qu’est une grande partie de la population britannique ? Pourquoi préfère-t-elle s’appeler « lower middle class » alors qu’au niveau des salaires elle diverge à peine (et gagne parfois moins) de ces « ouvriers » tellement méprisés ?

La raison de cette attitude est que pendant des années, les partis politiques, les grandes entreprises et les médias ont diabolisé ceux qui sont juste en-dessous d’eux (et souvent aussi à côté d’eux). Les « classes moyennes » ont fini par croire que si cette population échouait, elle était elle-même coupable de son sort. Elle faisait son propre malheur. Donc, pas besoin de se sentir responsables ou solidaires.

Chavs = enceinte à seize ans

Les partis politiques n’ont pas seulement diabolisé via les médias. Ils ont aussi fait de leur mieux pour diffuser de « l’information ». Récemment encore, en 2010, le Parti Conservateur publiait un pamphlet intitulé «Labour’s Two Nations» (« les deux nations du Parti travailliste »). Il visait notamment à montrer qu’une grave épidémie de grossesses d’adolescentes sévissait dans les quartiers pauvres.

On pouvait y lire : « Dans les quartiers les plus arriérés, 54 % sont enceintes avant leurs 18 ans, comparé à seulement 19 % dans les quartiers moins arriérés ».Les chiffres semblaient exacts, à une virgule près … Le vrai chiffre était : 5,4 %. On ne disait pas non plus que ce chiffre baissait sans interruption depuis 10 ans. Un petit mensonge pour la bonne cause?

En réalité en 2007 environ 11,4 % de toutes les Britanniques étaient enceintes avant leur vingtième anniversaire. «C’est à peu près autant que dans les années ’50, l’âge d’or des valeurs familiales conservatrices».

Les inégalités sociales sont naturelles

L’auteur cite notamment l’historien de la politique Ross McKibbin, selon qui la fonction du Parti Conservateur est de «défendre l’inégalité. Cela a toujours été le cas. C’est ainsi partout dans le monde avec les partis conservateurs. Ils sont là pour défendre les inégalités et les privilèges sociaux».

Non pas que ce soit mieux chez l’autre grand parti. «La philosophie du New Labour ne s’enracine pas dans l’amélioration du sort de la classe ouvrière, mais dans l’évasion hors de la classe ouvrière». Le Labour tablait sur le fait que les travailleurs qui voulaient devenir membres de la classe moyenne continueraient de voter pour lui et que les autres – «les travailleurs qui ne voulaient pas progresser» – n’avaient nulle autre parti où aller et n’allaient sans doute même pas voter.

Les « chavs » méritent d’être ridiculisés

Owen Jones dans son livre: «La classe ouvrière britannique est systématiquement ridiculisée dans les journaux, à la télévision, sur Facebook et dans les conversations de tous les jours. C’est cela qu’implique la diabolisation de la classe ouvrière. Et pourtant, presque quatre hommes sur dix travaillent toujours comme travailleurs manuels … Plus de huit millions de Britanniques « effectuent encore toujours un travail de leurs mains et huit autres millions travaillent dans un bureau, dans la vente, ou au service de clients. Cela veut donc dire bien plus que la moitié des salariés …».

Néanmoins la résistance sociale reste coriace. En dépit des ces incessantes campagnes de diffamation et des comptes-rendus ouvertement unilatéraux sur les conflits sociaux, les syndicats sont toujours les plus grandes organisations sociales du pays. Le nombre de leurs adhérents a fortement baissé, passant de 13 millions en 1979 à juste un peu plus de 7 millions aujourd’hui. Mais ils sont toujours là.

Les nouveaux emplois non syndiqués

«Le recul est encore plus odieux quand on sait que plus de la moitié des salariés du secteur public sont membres d’un syndicat, contre 15 % seulement dans le secteur privé. Les nouveaux emplois dans le secteur des services sont une zone quasiment privée de syndicats» Aujourd’hui seuls les Roumains et les Bulgares travaillent encore plus longtemps que les Britanniques.

S’ils n’ont pas de travail, ce sont des profiteurs. Un des ingrédients obligatoires de la diabolisation est le mythe selon lequel les «chavs» sont tous des fainéants qui profitent de la sécurité sociale. Ici aussi, il apparaît que la réalité est différente. L’évasion fiscale en GB coûte au Trésor environ 70 milliards de £ par an (83 milliards d’€). C’est 70 fois plus que le total des fraudes aux allocations.

La classe sociale est bien déterminante

Ce n’est pas que les solutions possibles ne sont pas connues. On sait depuis des dizaines d’années ce qui peut aider les plus pauvres à avancer. «Les perspectives pour les enfants d’ouvriers s’améliorent énormément grâce à la sécurité des rues où ils jouent; à de bonnes écoles et de bons logements; à des membres de la famille qui soient aidants, sous l’une ou l’autre forme; à de bons équipements locaux; et à une économie locale forte avec un éventail d’offres d’emplois décents pour la classe laborieuse.

Mais selon Jones, cela ne s’arrête pas là. Ce qui est en cause, c’est bien plus que les circonstances externes. La classe dans laquelle a grandi l’enfant détermine encore de tant d’autres façons les chances qu’il recevra dans la vie.

La ligne de départ est plus loin pour les classes moyennes

Le mythe veut que la classe moyenne et l’élite supérieure sont ce qu’elles sont parce qu’elles ont «travaillé» pour y arriver. Celui qui est pauvre l’a vraiment choisi. C’est là une théorie bien utile. Elle dispense le contribuable d’obligations envers son prochain. Elle permet aussi de couper sans pitié dans la sécurité sociale sans avoir l’air d’être sans cœur. Le mythe du travailleur méritant n’a pas grand-chose à voir avec la réalité.

Tout commence avec le fait que les enfants de la classe moyenne reçoivent un meilleur départ, qui ne repose pas sur de meilleures prestations, sauf si «être né dans une certaine classe» s’appelle un mérite. «Les enfants de milieu privilégié profitent hors de toute proportion du réseau et des contacts de leurs parents. Beaucoup obtiennent l’emploi qu’ils souhaitent autant par une recommandation ou par des amis d’amis que par leurs qualifications personnelles. Un enfant d’ouvrier de Glasgow ou de Liverpool ne peut que rêver de tels pistons»

Les enfants d’ouvriers ne deviennent pas stagiaires

Owen Jones donne un autre exemple très typique de l’inégalité des chances sur le marché du travail. Aujourd’hui, faire un stage est une des manières les plus courantes pour les jeunes de faire leurs premiers pas professionnels après leurs études. «… rien n’a davantage contribué à faire des professions les plus importantes un bastion fermé réservé à la classe moyenne que la montée des stagiaires … surtout dans la politique, la justice, les médias (!) et la mode. Ce n’est pas seulement de l’exploitation. Cela veut dire aussi que seuls des jeunes ayant les moyens et vivant aux crochets de papa-maman peuvent se permettre ce premier pas dans la chasse à un emploi rémunéré ».

La perception surclasse la réalité

Entre-temps «les gens … ont plus peur du crime, alors que les chiffres montrent qu’il est en baisse. Tout cela est en rapport avec le journalisme à sensation et avec le langage provocateur des hommes politiques».

«Aujourd’hui les politiciens des grands partis ne sont pas disposés à émettre le moindre doute sur les présupposés fondamentaux du système économique moderne. Au lieu de le faire ils attirent l’attention sur des choses accessoires, ce qui a l’avantage de mieux coller aux préjugés de la population et aussi de bénéficier de l’appui tonitruant des médias de droite».

Cela revient à ceci: «la diabolisation des gens de la classe ouvrière est une manière rationnelle de justifier un système irrationnel».

Une politique de l’élite, pour l’élite et par l’élite

L’auteur voit l’avenir du système politique sous de sombres couleurs. Les «chavs» ne trouvent plus aucune adhésion à la politique parlementaire. Cette politique est redevenue une lutte entre factions de l’élite politique à propos de trivialités, tandis que le reste est totalement extérieur et regarde, apathique, comme au XIXème siècle. La couche inférieure est réduite à une masse passive et doit évidemment se résigner à son sort naturel, c’est ce que cela revient à dire.

Il y a encore tant de choses dans ce livre qui, de plus, se laisse dévorer – ce qui est exceptionnel pour un livre politique de non-fiction. L’auteur met aussi en pièces une idée en vogue, ici comme ailleurs: mettre les écoles en concurrence sur base de leurs résultats, du nombre d’élèves qui passent avec succès à l’université. Le technique ou le professionnel? Trop bête pour le travail sérieux!

Cela favorise encore plus la classe moyenne. Donc les formations techniques et professionnelles tomberont encore davantage dans la zone taboue, alors que ce sont des orientations où tant de talents pourraient se déployer. Au lieu de cela elles deviennent le dépotoir des malheureux que l’on persuade qu’ils ne sont bons à rien de mieux.

Ce livre est une lecture obligatoire pour tout parti politique qui ose encore se qualifier de gauche et social. Ce n’est pas un livre joyeux, les perspectives sont sombres. Il peut néanmoins contribuer à une vision rénovée dans l’intérêt de la lutte sociale pour une société équitable et légitime, où chacun a droit à une existence dans la dignité.

Pour conclure: celui qui lit ce livre avec un esprit ouvert reconnaîtra en lui-même des parts du succès de la diabolisation des plus pauvres d’entre nous. L’auteur lui-même de cette recension doit avouer qu’il a quelquefois tiqué en reconnaissant en lui-même certaines choses qu’il lisait … cette tendance inconsciente à considérer presque automatiquement les valeurs de la classe moyenne comme des normes universelles.

Un livre très riche d’enseignements !

La version originale est parue chez Verso en 2012 sous le titre: «Chavs. The Demonization of the British Working Class» , et c’est déjà devenu un classique indispensable de la non-fiction sociale.

La traduction néerlandaise de «Chavs» est parue le 23 septembre chez EPO, préfacée par le Belgo-Britannique Nigel Williams.

Source originale : Dewereldmorgen

Traduction du néerlandais par Anne Meert pour Investig’Action.

15 – 24 NOVEMBRE – LA NIÈVRE RENCONTRE L’ALGÉRIE

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SID ALI: LE FILS DU PEUPLE EST PARTI

Noureddine Abdelmoumène

12 octobre 2013

par raina le 22 octobre 2013

Sid Ali Aoun est parti ce vendredi 11 octobre, discrètement dans la nuit, si brusquement que beaucoup de ses camarades et amis n’ont pu l’accompagner au cimetière de Ben Aknoun. Jusqu’à maintenant je n’arrive pas à réaliser qu’il est parti pour de bon.

Sid Ali avait plein de projets en cours, des choses à réaliser avec sa famille, et encore des combats à mener avec ses camarades…

Si je tiens à rendre un hommage particulier à ce compagnon de lutte c’est pour témoigner de faits que peu de gens connaissent de lui.

Derrière sa gouaille de fils d’Alger, fils de Bab El Oued, sa barbe de trois ou quatre jours, ses blagues, son rire inimitable, sa modestie et sa discrétion se cachait un grand homme, un homme de combat.

On s’est connu par hasard à Rouiba , il y a cinquante sept ans, en 1966, dans la première tannerie industrielle de l’Algérie indépendante, construite en coopération avec la Yougoslavie.

Sid Ali s’occupait du transit et bataillait avec la douane pour sortir les équipements et produits importés. Il partait le matin mais ne revenait que le soir: insaisissable quand on le cherchait, impossible à discipliner, il revenait le soir avec les «bons à enlever»: mission accomplie.

De mon coté j’occupais le poste, bien éphémère de directeur, ce qui m’a permis de faire recruter d’anciens d’“Alger républicain” et d’autres camarades sortis de prison après la répression suite au coup d’Etat du 19 juin 1965. Nous étions une bande de jeunes copains et le travail avançait bien.

Au cours des discussions Sid Ali se livrait peu, mais on sentait sous sa carapace «blindée» une sensibilité à fleur de peau, une grande révolte contre la misère et les injustices. Sous des formules choc, à la limite du cynisme, il dénonçait la misère du monde, l’exploitation coloniale, la féodalité, le brigandage impérialiste et les ravages du sous développement.

C’est ainsi qu’il nous lance au cours d’une discussion, en nous regardant bien dans les yeux: «il parait qu’en Inde quelqu’un a lancé une poignée de riz dans la foule, il y a eu 1000 morts»

Le 19 décembre 1967, fut un jour sombre pour l’organisation du PAGS à Rouiba. Par un pur hasard, les barrages de gendarmerie dressés après la tentative de coup d’Etat de Tahar Zbiri contre Boumédiène, interceptent un paquet de littérature que transportait un camarade de Rouiba.

La répression s’abat sur une grande partie de l’organisation de la zone industrielle: des dizaines de camarades sont arrêtés et torturés des jours et des jours comme Abderrahmane Chergou ou Abdelghani responsable de l’union locale de l’UGTA, d’autres recherchés. Or c’est moi qui livrais les tracts et journaux à cette région. Les gendarmes se sont présentés à l’usine pour m’arrêter mais je n’y étais pas, alors ils ont demandé mon adresse à Alger: amnésie générale, les amis gagnaient du temps. Entre temps j’étais informé par un coup de fil ami et j’avais pris la clé des champs.

Et c’est là qu’intervient Sid Ali: je ne sais pas diable comment il a fait pour sortir de l’usine; trouver un véhicule; quitter Rouiba et se rendre à mon domicile à Alger centre pour donner l’alerte! Il eut juste le temps de s’éclipser avant que les gendarmes n’envahissent l’immeuble!

Ce n’est que dix ans après au cours d’une rencontre par hasard dans la clandestinité que nous avons parlé brièvement de cet épisode; ensuite plus jamais!

Sid Ali aimait aussi partager ce qu’il aimait.

Un de ses amis m’avait parlé du fameux pastis que notre ami préparait et qu’il partageait entre potes, mais malgré moult invitations je ne pus goûter à cette merveille!

Un jour il nous fait découvrir, mon épouse et moi, son trésor caché: Larhat et sa crique merveilleuse entre Cherchell et Ténés. Il nous amena visiter deux adresses clé du village: le café et la boulangerie! Des années plus tard nous faillîmes y prendre racine.

Sid Ali Aoun avait été profondément affecté par la disparition du PAGS. Il avait perdu ses points de repère solides. Il lui arrivait de naviguer entre les différents morceaux, sollicité par les bons et les moins bons. Des fois quand il était devant des choix cruciaux; il m’appelait ou passait me voir. Il avait confiance, me disait-il.

Quand je pouvais je participais aux activités de l’association de défense des droits des assurés sociaux, dont la cheville ouvrière avait été Sid Ali. C’est une association tellement utile, elle ne doit pas disparaitre avec son animateur

Il y a quelques années, après la célébration du Ier Mai dans les locaux d’“Algérie républicain”, je cherchais quelqu’un pour raccompagner Georges Acampora chez lui. Sid Ali nous prit dans sa voiture fit un détour pour récupérer son fils, un adolescent et nous voici filant vers Bab El Oued.

Notre ami était en verve comme jamais. Il se mit à taquiner Georgeot «ne crois pas que tu es le seul de Bab El Oued, moi aussi. Tu sais, je crois que j’ai été toujours communiste et mon père aussi. C’est une femme d’origine européenne, et il donna le nom et le prénom, qui est à l’origine de ma prise de conscience par sa seule façon de vivre et de se comporter avec nous. Georgeot la connaissait ; il était aux anges. Il n’arrêtait pas de rire ou de sourire. On dépose l’ancien condamné à mort devant sa maison et pour faire diversion, raccourcir les adieux, Sid Ali lui lance «tu vois que mon fils se comporte avec moi comme un copain» et c’était vrai le père et le fils se parlaient comme des potes! Et le fils voulait rejoindre ses …copains qui l’attendaient.

Dans la dernière période de sa vie notre ami se préoccupait de la non parution d’“Alger républicain”, alors que les luttes en cours, les travailleurs et les hommes de progrès, la mise en échec des menaces contre notre pays ont tellement besoin d’un tel outil politique. Il ne comprenait pas que ce journal qui nous appartient à tous soit accaparé par un groupe restreint et réduit au silence. Il était sur le point de lancer une pétition demandant la reparution d’Alger Rep.

Sid Ali Aoun manquera cruellement à sa femme et à son fils, à sa famille et à ses amis, il manquera beaucoup à ses frères de combat.

Alger le 12 octobre 2013

Noureddine Abdelmoumène

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Sid Ali : le fils du peuple est parti!

[blog algerieinfos-saoudi

LE DERNIER SOUHAIT DE SID ALI AOUN
->http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-le-dernier-souhait-de-sid-ali-aoun-120756961.html]


[

Sid Ali AOUN nous a quitté

Réseau des démocrates

->http://forumdesdemocrates.over-blog.com/article-sid-ali-aoun-nous-a-quitte-120543778.html]


26 OCTOBRE – BAGNOLET – RACHAD TV: CONFÉRENCE AVEC M. GHAZI HIDOUCI: “LES ENJEUX DE LA PROCHAINE PRÉSIDENTIELLE D’AVRIL 2014 ET LES SCÉNARIOS POSSIBLES – LE RÔLE QUE DEVRAIT JOUER L’OPPOSITION ALGÉRIENNE”

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_________________________________

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Le Mouvement Rachad

a le plaisir de vous inviter

à une conférence

avec Monsieur Ghazi Hidouci

ancien ministre de l’économie et des finances (1989/1991)

“Les enjeux de la prochaine présidentielle d’Avril 2014

et les scénarios possibles.

Le rôle que devrait jouer l’opposition algérienne.”

Samedi 26 Octobre 2013

à 14:00

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Tour Gallieni 2

36 , avenue du Général de Gaulle

93170 Bagnolet

M° Gallieni (terminus ligne 3)

ACTIVITES CULTURELLES – OCTOBRE 2013 – RÉCAPITULATION / LISTE

LISTE DE DIFFÉRENTES MANIFESTATIONS CULTURELLES

ANNONCÉES SUR SOCIALGERIE

pour plus de renseignements cliquer sur le titre


  • ALGER – JEUDI 24 OCTOBRE – 17h – HOTEL AURASSI – Salle de l’Ecole Hotelière – CONFÉRENCE: “ÉLITES MAGHREB RÔLE ET TÂCHES”
    conférence de A. Abid, facilitateur méthodologie

    (Conférence déjà donnée à Berlin, Beyrouth, Casablanca, Paris et Rome et programmée pour Tunis et Nouakchott)

    entrée libre;


SUR L’IMPORTANCE DE LA QUESTION DE LA CHUTE DE L’URSS POUR LES COMMUNISTES

Kamel BADAOUI

Le 13 octobre 2013 2013

par raina

Questions en vrac sur la chute de l’URSS! Ces notes ont été inspirées suite à la discussion avec Roger KEERAN (historien co-auteur avec Thomas KENNY économiste) du livre intitulé « Le socialisme trahi » aux éditions DELGA. Les deux auteurs vivent aux Etats-Unis. Kamel Badaoui.

Importance de la question de la chute de l’URSS

C’est l’une des plus importantes questions pour les communistes.

Depuis la chute de l’URSS en 1991, les peuples ont été bombardés d’explications, portant toutes le sceau du libéralisme et de la social-démocratie, et même «communistes».

On peut rappeler brièvement l’argumentaire uniforme et leur but:

  • la faiblesse intrinsèque du système socialiste,
  • le socialisme, en abolissant la propriété privée, est contre-nature et ne peut donc qu’échouer,
  • la chute du socialisme confirme que le capitalisme est bien la civilisation la plus accomplie de l’humanité,
  • alors, pourquoi lutter pour le socialisme, pourquoi lutter pour quelque chose que les soviétiques ont eux-mêmes expérimenter et laisser tomber?

    tout cela étant vrai, il ne reste plus qu’à espérer améliorer le système capitaliste!

On ne peut accepter cette vision sans la confronter avec les faits, et donc il faut étudier cette question. D’autant, qu’au plan des faits et données économiques, l’économie de l’URSS a montré une vitalité avérée, voire supérieure à celle des pays capitalistes de 1928 aux années 1980, sauf pendant la 2ème guerre mondiale:

sur cette période:

  • la croissance a été plus soutenue que celle des pays capitalistes, sauf pour la Corée du Sud et le Japon,
  • le plein emploi y était assuré alors que les pays capitalistes affichaient cycliquement des crises,
  • santé, éducation, prêts à petits taux, étaient garanties aux travailleurs,
  • équité salariale (échelle de 1 à 10 contre de 1 à 400 pour les USA),
  • plusieurs réalisations scientifiques et technologiques (notamment dans le domaine de l’espace).

Tous ces succès et garanties pour le monde du travail ont été réalisées alors que, en termes de richesses et de capacités, l’économie de l’URSS ne représentait qu’environ 60% de celle des USA!

Sur cette période, les interventions impérialistes n’ont pas cessé, la course aux armements imposée par les puissances capitalistes, le boycott quasi-permanent, un fardeau des réparations et reconstructions sans précédent en conséquence de la 2ème guerre mondiale (près de 25 millions de morts, 45 millions de blessés, dont beaucoup de cadres du Parti Bolchévique, plus d’un tiers des villes rasées, un tiers de l’économie détruite, …)

Reagan (1980) intensifie la guerre économique déploie sa politique de lutte contre «l’empire du mal»!

Mais alors, avec de tels succès, pourquoi la chute?

Il est souvent avancé que la chute est due à la politique de Gorbatchev.

Le rôle de Gorbatchev dans cette catastrophe est indéniable. Alors que les problèmes de l’économie socialiste sont devenus de plus en aigus.

Les années 1964 à 1983, années qualifiées de période de stagnation (par divers courants) en raison de la politique de stabilité des cadres menée par Brejnev, ont contribué à l’accumulation de problèmes non résolus, notamment de corruption (sa fille et son gendre étaient impliqués dans diverses affaires) et d’indiscipline dans le monde du travail

En 1983, Andropov (décédé très tôt pour cause de maladies rénales et dont un ex-directeur de la CIA a dit que s’il était resté quelques année de plus, on aurait l’URSS en face de nous!) a essayé de relancer la machine avec un plan d’investissement et d’innovation technologique, de rajeunissement des cadres du parti, ….

Gorbatchev annonçait qu’il allait y remédier, en reprenant même des thèmes d’Andropov (glasnot = transparence) mais tout en introduisant des éléments de marché capitaliste et en baissant la garde face aux USA tours plus offensifs et agressifs.

Par exemple, et alors tous les précédents présidents (Brejnev, Andropov, Tchernenko)avaient exigé un désarmement mutuel, Gorbatchev a décidé de faire une concession unilatérale en 1985 pour accepter l’option dite «zéro» de Reagan: retrait des missiles soviétiques d’Europe (contre le fait que les USA n’en déploient de nouveaux en Europe!), retrait de l’Afghanistan sans contrepartie (c’est-à-dire sans exiger que les USA cessent leur aide aux Talibans), diminution puis suppression de l’aide à l’ANC et à Cuba, …..

De même, la glasnot de Gorbatchev ne signifiait pas auto-critique à l’interne du parti et renforcement de l’autorité morale et politique du parti, mais critique de l’extérieur du parti et notamment de ses adversaires (dissidents menés par Sakharov,…) et affaiblissement du prestige du parti sous prétexte de libertés des médias confiés aux sociaux démocrates (avec des appuis jusqu’au sein du bureau politique remanié avec l’entrée de Yalovlev véritable cheville ouvrière et Abel Abeguebian comme premier conseiller économiste de Gorbtachev).

Encore une fois, pourquoi Gorbatchev n’a pas pu être été stoppé, alors que l’URSS a relevé et réglé dans le passé des défis beaucoup plus importants (2ème guerre mondiale, guerre froide, …)?

Si les problèmes de l’économie de l’URSS remontent loin dans le temps, du temps même de Khroutchev avec la montée progressive de la seconde économie (ou économie parallèle). Les études indiquent que cette économie, en 1985, représentait environ 25% du PIB et impliquait environ 14 à 15% de la population. Ces pourcentages étaient encore plus importants pour certaines républiques!

Cette progression qui deviendra exponentielle sous Gorbatchev, a permis la naissance et le développement d’une base sociale laquelle ne pouvait avoir d’aspiration de contrer l’organisation socialiste, et donc d’instaurer (restaurer?) le capitalisme pour le plein développement de ses affaires!

Eltsine en fut le porte drapeau à la suite de Gorbatchev.

Une leçon: on ne peut introduire des éléments de marché dans une économie socialiste sans danger de réversibilité du système, surtout en phase de consolidation du socialisme.

Cuba aussi a connu et connaît des problèmes liés à l’économie parallèle: mais il semble que la parti cubain et le gouvernement (au moins pendant ce que les Cubains appellent la période spéciale, quand Gorbatchev les a lâchés) l’a combatte par l’éducation et la justice.

On ne peut pas nier que l’économie planifiée et la propriété publique des moyens de production n’a pas apporté un mieux pour le monde du travail.

L’URSS n’est pas tombée à cause du socialisme

Décidément, bâtir le socialisme n’est pas chose facile, et le bâtir signifie que l’affrontement est inévitable avec les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur.

Kamel Badaoui.

DÉCÈS DE LA MÈRE DU CAMARADE YACINE TEGUIA

Triste nouvelle: la mère du camarade Yacine TEGUIA est décédée.

Elle était l’épouse du regretté Mohamed TEGUIA, ancien membre du PCA puis du PAGS et historien, auteur d’un remarquable ouvrage sur la wilaya IV.

Ancien militant syndical, combattant et officier dans l’ALN, grièvement blessé et survivant de l’Etat-major de cette wilaya, atrocement torturé par les colonialistes.

Membre du Comité central du PAGS, il sera à nouveau arrêté et torturé aussi sauvagement par la police politique algérienne.

Malade, il sera contraint à l’exil où il réalisera ses travaux historiques qui seront un modèle du genre en ce qui concerne la guerre de libération, avant de décéder victime des séquelles de ses souffrances passées.

Il fut admirablement soutenu par son épouse.

Nous gardons des rencontres clandestines avec ce couple le souvenir lumineux d’une femme et militante généreuse et de sang-froid.

À toute sa famille vont les condoléances émues de tous ceux et toutes celles qui furent leurs compagnons de lutte pour une Algérie indépendante, démocratique, sociale et pacifique.

PATRIMOINE: LES AMIS DE MEDGHACEN FONT HONNEUR AU TOMBEAU NUMIDE

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© D. R.
Le tombeau numide Medghacen à Batna.

Un millier de personnes réunies et en une seule date sur le site du Medghacen, une prouesse qui fait fantasmer officiels et professionnels du tourisme en Algérie, toujours incapables de transformer le rêve en réalité.

Les “Amis de Medghacen”, une jeune association aux grandes ambitions, a réédité l’exploit, pour la quatrième année consécutive. Les 10, 11 et 12 octobre, le tombeau numide (30 km au nord de Batna) a été sous la lumière des objectifs des caméras et le sujet de conférences, avant que le marathon éponyme ne draine des centaines d’athlètes avec un finish au pied de l’enceinte millénaire. L’événement a été scientifique, culturel et sportif; un vrai remède contre l’ennui quotidien à Batna.

Le premier jour, historiens, archéologues et cadres chargés du patrimoine auprès du ministère de la Culture se sont retrouvés deux ans après la première journée d’étude qui avait permis de faire un constat sur les tentatives avortées de restauration du mausolée du Medghacen. Les participants ont assisté à la présentation du projet pour la valorisation du patrimoine en Algérie. Le financement du projet de valorisation par l’Union européenne à hauteur de 21,5 millions d’euros est destiné à la restauration de La Casbah d’Alger, le Palais du bey à Constantine et le tombeau numide de Medghacen. Ce programme est «un précédent» dans l’histoire des programmes bilatéraux de l’UE au sud de la Méditerranée, a indiqué Mme Amina Mounira Laâredj, chargée des relations internationales au sein de la mission de l’UE en Algérie.

Le projet concerne surtout la société civile, une aubaine inespérée, estime Azeddine Guerfi, président de l’association des Amis de Medghacen et pour qui le projet concerne surtout la société civile, puisqu’il prévoit le financement, la formation, le soutien et l’encadrement de tous les projets liés à la protection et à la préservation du patrimoine. C’est surtout une chance pour réparer les graves endommagements, comme des blessures, occasionnés au tombeau suite à une scandaleuse opération de restauration par bulldozer ! Nouveauté aussi, la présentation des actions prévues par le consortium algéro-catalan de restauration du bâti, associant l’Office algérien de gestion des biens culturel, l’Ogebec et l’espagnol Gerca.

Last but not least, cette journée d’étude a été l’occasion de constituer un atelier qui, avec toutes les compétences et des réflexions antérieures, s’est penché sur la réalisation du Centre national de recherche sur l’histoire à l’université Hadj Lakhdar de Batna. En marge de la réunion, des experts du Musée de l’antiquité d’Alger ont animé des ateliers de formation pour des formateurs de restauration et de création de poterie et de mosaïque, des métiers qui ont fait recette dans cette ancienne province romaine voilà près de deux siècles.

Avec ces actions, les Amis de Medghasen ont joué le rôle de locomotive qui tire vers l’avant des forces parfois statiques et réfractaires à l’action. Elle intervient aussi comme une courroie de transmission entre les pouvoirs publics qui ont leur propre vision du patrimoine et la société et ses différents segments, y compris l’université qui doit s’impliquer davantage dans les questions du patrimoine dont regorgent les Aurès et qui demeure sous-estimé, comme l’a expliqué l’universitaire Bachir Aguerrabi. En dépit de quelques peaux de banane «oubliées» sur les pistes de l’événement par des clans immatures, le rendez-vous a tenu l’essentiel de ses promesses et promet davantage de surprises pour l’année prochaine.

Nouri Nesrouche

El Watan

le 20 octobre 2013

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FILM: OMAR, DE HANY ABU-ASSAD. PALESTINE

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Quand Roméo fait le mur pour retrouver Juliette

Un film palestinien remportait tous les suffrages à Cannes dans la section Un certain regard. Les nôtres également ainsi que ceux du jury, qui lui attribuait son prix.

Omar,

de Hany Abu-Assad

Palestine

1 h 37

Certains ont pu avoir en des temps anciens des préjugés vis-à-vis du cinéma palestinien. Un pays pauvre aussi peu étendu même si densément peuplé que la Palestine, en état de guerre permanente de surcroît, ne saurait disposer d’un cinéma conséquent.

C’était oublier que ce pays avait déjà sécrété un très grand maître en la personne d’Elia Suleiman, le réalisateur de “Chronique d’une disparition” et “Intervention divine”.

C’était oublier aussi que Suleiman n’est pas unique. En témoigne Hany Abu-Assad, qui nous a déjà régalés une demi-douzaine de fois, en particulier en 2002 avec le “Mariage de Rana” et, en 2005, avec “Paradise Now”.

La récidive est au plus haut avec cet Omar, reparti de Cannes avec le prix du jury obtenu dans la section Un certain regard, et qui vient d’être retenu comme le candidat officiel de la Palestine dans la course pour l’oscar du meilleur film étranger.

L’histoire nous a fait penser à la célèbre citation de Samuel 
Fuller jouant dans Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard : «Un film est un champ de bataille : amour, haine, violence, action, mort, en un mot émotion.»

Nous ne sommes pas pour autant dans le romantisme anarchisant à la Nicholas Ray propre aux nantis mais dans la réalité presque documentaire de la vie quotidienne dans les territoires occupés. Pourtant, là aussi, on trouve des corps mus par des pulsions, qu’elles proviennent de l’engagement politique ou des pulsions sexuelles, du refuge dans la famille ou de l’investissement dans l’amitié.

Le réalisateur du film, qui est son propre scénariste, semble avoir relu pour l’occasion toutes les grandes tragédies shakespeariennes, à commencer par Roméo et Juliette, mais en leur adjoignant toutes les propriétés du mélodrame, faire advenir au peuple ce qui était auparavant le privilège des princes et des rois.

Pourquoi au demeurant les sentiments nobles leur seraient-ils réservés ? Pourquoi le peuple n’aurait-il pas droit à la jalousie, à la haine, à la confiance, à la défiance, à l’amour passion, à la duperie, à la rouerie, à la trahison ?

C’est ce qui dote ce film d’une force émotionnelle sans pareille, l’auteur ayant pris la décision juste de s’appuyer sur une mise en scène discrète quoiqu’en écran large et sur une distribution qu’on ne peut que louer bien que la plupart des jeunes comédiens tutoient la caméra pour la première fois de leur brève existence.

Au résultat, on a rarement aussi bien vu en action la solidarité ici en jeu, ou une guerre des pierres qui ressemble à l’occasion à une guerre des boutons, ou un franchissement de mur qui s’apparente au jeu du chat et de la souris.

Pour une fois, les Palestiniens ne se limitent pas à une façade militante aseptisée. Ils sont faits de chair et de sang, de désirs et de contradictions.

Grâce en soit rendue au cinéaste.

Jean Roy


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bande annonce