OCTOBRE 1988-TÉMOIGNAGES ET DOCUMENTS

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OCTOBRE 1988-TÉMOIGNAGES ET DOCUMENTSpar Saoudi Abdelaziz – algerieinfos – le 5 octobre 2013;->#1]


OCTOBRE ET LE NÉANTLe Quotidien d’Oran – éditorial de K Selim – 5 octobre 2013;


SUR SOCIAGERIE LIRE AUSSI…


“IL Y A 25 ANS, LE 5 OCTOBRE 1988 – Déjà la guerre des clans”par Arezki Metref – “Le Soir d’Algérie” – le 5 octobre 2013 – le 5 octobre 2013;


OCTOBRE 1988-TÉMOIGNAGES ET DOCUMENTS

Samedi 5 octobre 2013

par Saoudi Abdelaziz.

(Paru le 5 octobre 2012 sous le titre

« les services ont orchestré octobre 88 »)

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DR-Au départ, « une respiration non autorisée de la société»

Octobre 1988 fut-il suscité et manipulé de manière occulte par des services de sécurité, s’inscrivant dans le cadre d’une opération de la présidence de la République? K. Selim, considérant les manifestations d’octobre comme «une respiration non autorisée de la société», écrit ce matin dans l’éditorial du Quotidien d’Oran: «Certes, ceux qui faisaient de la politique dans la clandestinité n’étaient pas préparés à cette incursion sans autorisation de la jeunesse – et donc de la société – sur la scène politique. Les organisations légales totalement caporalisées ne pouvaient pas, comme a pu l’être l’UGTT en Tunisie plus de vingt ans plus tard, servir d’encadrement à cette irruption non autorisée et tumultueuse. Les groupes politiques clandestins étaient trop faibles pour le faire. Dans le cas des communistes du PAGS, les services de sécurité ont mené une vague d’arrestations «préventives» qui l’ont mis hors du coup.»

Dans un témoignage intitulé « A propos du rôle des « services » on lit : « En octobre, entre le 4 et le 6, en dehors de certains quartiers, les forces de police étaient absentes ou ont laissé faire les saccages et pillages. En octobre 1988, mais également en juin 1991, durant le mouvement insurrectionnel du FIS, sont apparues ces voitures dont les occupants tiraient indistinctement sur les manifestants et les forces de l’ordre. Et dans ces deux cas, dans la foule, ont été repérés de véritables professionnels. Des hommes jeunes, armés, blousons de cuir et trainings, sachant organiser les assauts et les remplis, éteindre dans des seaux d’eau les bombes lacrymogènes, tendre des embuscades… (…) Il est encore signalé, au niveau de l’hôpital de Douéra, deux pavillons complètement isolés par des hommes en uniforme de l’ANP mais qui, selon mon informateur, appartenaient aux «hammaloulou», ces groupes d’intervention mobiles qui ont relayé les Cns. Dans ces pavillons, il n’y avait ni malades ni blessés, mais des hommes jeunes au repos. Et la personne qui m’apportait ce témoignage a fait part de son impression d’avoir vu là, si ce n’est des étrangers, du moins des émigrés. Certes, ces éléments ne reposent que sur des témoignages, fiables peut-être, mais en tout cas invérifiés, invérifiables ».

Dans un témoignage paru dans “ Chiricahua-overblog” sur octobre à Oran: on lit: «Le 3 octobre, je reçus un coup de fil d’un camarade d’Alger qui m’informait que des syndicalistes étaient interpellés par la police à l’instant même. Cette infraction à nos règles de vigilance draconiennes de la part d’un camarade expérimenté, je la traduisis par : Aux abris ! C’est que le contexte était préoccupant, surtout depuis le discours invraisemblable du Président de la république, le mois précédent. M’hamed et moi étions en réunion avec Abdelhamid Benzine chez un membre du parti. Nous avons écouté ce discours et nous nous attendions à ce que des faits graves aient lieu : un Président qui appelle carrément le peuple à se soulever, cela ne pouvait rien augurer de bon. Le lendemain, un camarade qui était revenu d’Alger la veille au soir, par le train de nuit, demanda qu’on se voie en urgence lui et moi. Il me rapporta le spectacle suivant : dans le train, des groupes de jeunes -blue-jean, blousons et baskets- se déplaçaient dans les voitures en hurlant qu’ils « descendaient » à Oran pour apprendre aux « houariates » à se battre comme des hommes. Le camarade apprit auprès d’un passager algérois d’un certain âge qu’il s’agissait « des casseurs de Khediri, Allah yestour ! Que Dieu nous protège ! ». Des agents provocateurs de la DGSN étaient donc arrivés en nombre à Oran, le 4 au soir ».

« Le dernier acte d’un scénario mal ficelé», c’est ainsi que, Lakhal Ayat, le chef de la sécurité militaire, écarté du pouvoir décrira dix ans plus tard «l’ouverture démocratique» menée par Chadli, dès le lendemain des journées d’octobre: «Là, je suis tenté de répondre comme le philosophe italien Lampedusa quand il dit « Il faut tout changer pour que rien ne change». Symbole de la période flamboyante, dispendieuse du chadlisme -lorsque le baril rapportait gros- Lakehal Ayat donne un témoignage- qui le dédouane bien sûr-, où, entre les lignes, se lisent les mécanismes de direction et d’influence occultes déjà bien rodés et qui perdurent aujourd’hui. Jusqu’à quand?

La torture à grande échelle

Chaba Mohamed Lamine, maître-assistant à l’école polytechnique d’El Harrach, a été arrêté durant la nuit du 4 octobre et ne fut relâché que le 12 octobre au soir pour s’être solidarisé avec son collègue Kateb Kamel [cadre du Pags], arrêté par la police. «Le premier qui m’a interrogé s’est présenté de la DGSPS (…) ils m’ont mis tout nu et m’ont attaché les mains derrière le dos avec des menottes, sur un sommier métallique, ils me branchaient des pincettes aux oreilles, après à chaque fois au sein gauche et au sexe, versaient de l’eau sur mon corps, me mettaient de l’eau sur mon corps, me mettaient un chiffon des fois imbibé d’eau, des fois d’urine dans la bouche et le poussaient avec un bâton, tout en actionnant l’électricité », il y avait quelqu’un derrière mis qui donnait des coups de bâton au sommier. C’était une résonance atroce, laquelle résonance bourdonnera encore dans ma tête quelques jours après ma sortie…»

Sur cette répression « préventive », notamment contre les militants du PAGS, lire le texte intégral en PDF du CAHIER NOIR D’OCTOBRE

Un document interne d’information du PAGS

Le texte ci-après que nous publions de nouveau aujourd’hui est un document intitulé «Complément d’informations». Il avait circulé parmi les cadres du Parti d’Avant-garde Socialiste (PAGS), au lendemain des émeutes d’octobre 1988. Nous l’avions publié en avril dernier, nous le postons de nouveau à l’occasion de l’anniversaire du 5 octobre 1988. Précisons qu’il ne s’agit que de compléments d’informations, donc forcément fragmentaires; d’autres bulletins avaient auparavant été mis en circulation que nous n’avons pas pu récupérer.

En général, partout où les manifestations firent de gros dégâts, on a remarqué la présence d’éléments « louches » étrangers aux lieux. Ces éléments étaient équipés pour casser, détruire et brûler, incitant les jeunes à la violence et au pillage, les orientant vers des édifices publics. Certains étaient véhiculés (surtout des « golfs »). Ils traversaient les quartiers et les villages en poussant les jeunes chômeurs à « bouger », « casser » et « manifester ».

Presque dans tous les témoignages, on a relevé l’absence quasi-générale des forces de l’ordre (police et gendarmerie) au début des évènements (Alger, Blida, Boufarik, …). Plus grave encore : à plusieurs endroits, la population leur a fait appel pour empêcher la « casse ». En vain. On dirait que des directives leur ont été données pour ne pas intervenir et de se tenir loin des lieux de rassemblement et de manifestations.

A noter la grande sympathie et même la complicité des adultes pour les jeunes en action. Souvent, tout en déplorant les destructions ils se montraient solidaires des manifestants qui scandaient des mots d’ordre contre l’injustice, les inégalités sociales, la corruption, le trafic, le chômage, la cherté de la vie…

Selon l’ancien ministre de l’Intérieur, il y aurait 159 morts. Mais certains chiffres, émanant, semble-t-il, de milieux hospitaliers, font état de 14300 blessés dont 5000 par balles et de 850 morts dont 670 par balles.

pour lire la suite, cliquer sur le lien (…)

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OCTOBRE ET LE NÉANT

par K. Selim

Le Quotidien d’Oran

éditorial

5 octobre 2013

Octobre 1988 a vingt-cinq ans. Dans six mois seulement, il y aura des élections présidentielles – selon le calendrier officiel – et cela se discute, exclusivement, au sein du système. Même les animateurs périphériques de la fiction politique ne sont pas consultés et sont livrés à eux-mêmes. Cela se «concocte» loin des regards même si dans la presse on donne des «infos» censées éclairer les enjeux, suggérer un «conflit» et désigner des protagonistes.

En réalité, sans nier la réalité des «clans», c’est une partie qui se joue chez les actionnaires principaux du régime. Et chez eux seuls. Les Algériens, eux, ne sont pas concernés. Ce n’est pas leur choix, il faut le préciser. Depuis octobre 1988, les Algériens cherchent le changement mais ils n’arrivent pas à se doter des instruments pour le réaliser. Parfois, le système parvient à créer l’illusion qu’il y a des enjeux et que le «changement» est dans l’air. Mais le plus souvent, les Algériens observent que tous les instruments du changement pacifique sont neutralisés et qu’on les invite à accepter des ersatz de vie politique. Chez les animateurs agréés et… dans la presse. Un quart de siècle après Octobre 1988, la société algérienne a changé, le système est toujours là. Pratiquement intact avec ses mêmes ressorts, ses gaspillages, ses corruptions et ses inefficacités amplifiées.

Bien entendu, les apparences du changement sont aussi là : des partis, en surnombre, qu’on met parfois sur la scène publique comme un lâcher de faisans, des journaux et même des télévisions ! De quoi les Algériens se plaindraient-ils ? Après tout, Octobre 1988 a cessé d’être un complot depuis que la diplomatie algérienne le présente comme étant un «printemps algérien» accompli bien avant la vague tunisienne. De quoi «croire» le rapport de l’Onu sur le bonheur où l’Algérie n’est pas mal lotie, ce qui est rare dans les classements internationaux. On a de l’argent, le pouvoir veille et les Algériens ne veulent pas d’une nouvelle plongée dans les violences. Cela donne les ingrédients d’une stabilité illusoire.

Les tenants du régime trouveront une fois de plus, d’une manière ou d’une autre et sans se soucier du niveau alarmant de ceux qui ne votent plus et ne regardent plus les JT, le moyen de réduire le scrutin à un acte de confirmation. Exactement comme cela se passait dans une Algérie officiellement sous parti unique d’avant Octobre 1988. L’Algérie en tant que société a changé énormément en 25 ans. Elle a perdu une bonne partie de l’encadrement formé durant le premier quart de siècle de l’indépendance. Elle a connu une période d’affrontements et de traumatismes qu’on a choisi d’occulter au lieu de traiter. Elle a surtout un régime qui a tourné le dos jusqu’à l’idée d’une auto-réforme. On lui impose un surplace politique pour contrer une réforme nécessaire pour être dans son temps et changer un fonctionnement économique désastreux pour ne pas renoncer au développement.

LA NEUTRALISATION DES RÉFORMES A ÉTÉ TRÈS COÛTEUSE.

L’ALGÉRIE A PERDU UNE POPULATION DE CADRES, LA SOCIÉTÉ EST SANS CAP MÊLANT RENONCEMENT, INCIVISME, BIGOTERIE ET CYNISME.

IL N’EXISTE PAS DE VIE POLITIQUE SÉRIEUSE ET COMPÉTITIVE QUI PERMET DE CADRER LES ENJEUX ET DE DÉBATTRE DES OPTIONS D’AVENIR. TOUT SE DÉCIDE EN VASE CLOS AU SEIN DU RÉGIME.

25 ANS APRES OCTOBRE 1988, L’ALGÉRIE POLITIQUE EST FIGÉE… DANGEREUSEMENT.

LE PAYS QUI A DES POTENTIELS IMPORTANTS EST ENTRAVÉ ET ENCERCLÉ PAR UN RÉGIME TENDU UNIQUEMENT VERS SA PROPRE RECONDUCTION. UN RÉGIME OU L’ON NE VOIT AUCUN PERSONNAGE «ÉCLAIRÉ» COMPRENDRE, AVEC EFFROI ET UN GRAND SENTIMENT D’URGENCE NATIONALE, QU’IL FAUT CHANGER AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD!

Sources: “Le Quotidien d’Oran”

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SUR SOCIAGERIE LIRE AUSSI…

LES ÉVÈNEMENTS D’ OCTOBRE 1988 EN DIRECT, document d’information intérieure du PAGS d’Octobre 1988 intitulé « Complément d’informations»;

LES ÉVÈNEMENTS D’ OCTOBRE 1988 EN DIRECT

Document d’information intérieure du PAGS d’Octobre 1988, réédité une deuxième fois sur le site algerie-infos de Saoudi Abdelaziz..

Il montre en particulier la confusion politique entretenue par les autorités à l’occasion de ces évènements, au cours desquels s’est exprimé à la fois la colère de différentes couches de la population et des jeunes, ainsi que les provocations et manigances des différents services et clans du pouvoir.

Ces derniers s’en sont pris avec la plus grande violence aux secteurs et militants syndicaux et politiques progressistes du PAGS, qui ont tout fait au cœur de cette grande intifadha pour déjouer les provocations et donner un contenu pacifique, offensif et constructif aux mouvements de protestation.

Voir également l’analyse de ces évènements publiée en 2008 par Sadek Hadjerès dans « Le Soir d’ Algérie » et mise en ligne sur Socialgerie.net, article n° 88

(…)


ON ENTERRE LE RÊVE! – “5 OCTOBRE 1988 – 5 octobre 2011” texte de Fateh AGRANE, le 5 octobre 2011;

ON ENTERRE LE RÊVE !

5 OCTOBRE 1988,5 octobre 2011*

Nos jeunes se sont soulevés, des morts, des torturés, des mutilés à vie, s’en est suivie une démocratie de façade qui a plongé le pays dans un deuil perpétuel, seuls les véreux ont profité de la situation, le fleuve a été détourné une seconde fois! il a été détourné et les rêves de la jeunesse avec!

À l’occasion de ce 5 octobre, je reprends un article que j’avais écris, un article où la jeunesse se brûle et se noie! Quant les sanguinaires et les véreux festoient!

Fateh AGRANE

(…)


APPRENONS DE NOS LUTTES : OCTOBRE 1988 et LE CDLD À AIN BENIANtémoignage de Abdelkader SAADALLAH, le 15 février 2011;

En ces moments difficiles, pleins d’espoirs, d’incertitudes et de risques, il est vital de trouver les meilleures formes d’organisation, de recherche des meilleures tactiques et stratégies, tout en apprenant des succès et des erreurs dans et au cours des luttes ; je pense qu’il est utile de puiser dans notre expérience de luttes communes pour en tirer les meilleurs enseignements.

Aussi j’ai cherché dans mes archives et dans ma mémoire pour y contribuer, à cet effet comment nous nous sommes organisés au cours du mois d’Octobre 1988 (cela remonte à 23 ans !), à la suite de la répression sanglante, brutale et violente qui a eu lieu partout en Algérie et notamment à la ville de Ain Benian (à 15 km à l’Ouest d’ Alger), qui a été particulièrement touchée par les émeutes et aussi par la répression qui a suivi.

Près d’une centaine de personnes avaient été arrêtées laissant leurs proches sans aucune nouvelle….

pour accéder à l’article 387 mis en ligne le 19 février 2011 par socialgerie, cliquer sur le lien …


“LES JOURNÉES D’OCTOBRE 1988, VUES D’HIER ET D’AUJOURD’HUI”, article de SADEK HADJERES, publié dans « LE SOIR D’ALGÉRIE » le 5 OCTOBRE 2008, mis en ligne par socialgerie article 88, le 7 octobre 2009.

« L’intifadha » d’Octobre 1988 a été un sursaut populaire, l’explosion d’un mécontentement accumulé. Elle a résulté de la conjonction de problèmes de fond non résolus et de manipulations irresponsables du pouvoir.

Ces quelques journées vécues dans l’enthousiasme des jeunes, la colère et les espoirs de toutes les générations, ont ébranlé le régime autoritaire sur le moment et durant quelques mois.

Mais la grande vague de fond n’a pu transformer la nature et les logiques hégémonistes du système

L’édifice oligarchique, bâti sur une combinaison de pratiques super-étatistes et d’appétits libéraux de plus en plus sauvages, a été replâtré et repeint aux couleurs d’un pluralisme sans démocratie.

pour lire la suite, cliquer ici


“LES ÉVÈNEMENTS D’OCTOBRE 1988: ANALYSE ET QUESTIONNEMENTS”, article de مصطفى هميسي, article 603 mis en ligne par socialgerie le 12 octobre 2011.

أحداث أكتوبر: هل تآمر النظام على نفسه أم تآمر على الجزائر ؟

Pour lire, cliquer ici …


LA TORTURE DANS LES MOMENTS HISTORIQUES – OCTOBRE 1988, C’ÉTAIT AUSSI LA TORTURE 28 avril 1971 : UN COMMUNIQUÉ du PAGS socialgerie, 7 octobre 2009

Ce document du PAGS d’avril 1971 montre la continuité des méthodes utilisées par les services de l’Etat-parti unique, y compris dans les périodes de grandes décisions progressistes où, comme en février-mars 71, la lutte s’était aiguisée jusque dans les sphères du pouvoir entre partisans et adversaires des nationalisations et de la réforme agraire.

En 1965, le récit de Bachir Hadj-Ali dans « L’arbitraire » , préfacé par ses codétenus Mohammed Harbi et Hocine Zahouane, avait soulevé l’émotion et l’indignation nationales et internationales. Fin 1988 et en 1989, un comité national contre la torture avait démasqué les ignobles traitements infligés aux emprisonnés des journées d’Octobre 88. Plusieurs animateurs de ce comité, notamment membres du PAGS, ont été menacés puis dans les années 90 soit assassinés soit contraints à l’exil. Comme le rappelait l’historien Mohamed Harbi à El Watan (17 mai 2001), Si nous voulons que notre société quitte les ornières de la violence, il faut commencer par respecter l’intégrité physique des individus. La question de la torture nous concerne tous. »

PARTI DE L’AVANT-GARDE

SOCIALISTE D’ALGÉRIE

DIRECTION NATIONALE

APPEL DE LA DIRECTION NATIONALE DU P.A.G.S.

– ASSEZ D’ARBITRAIRE ET DE TORTURES

pour lire l’article 90, cliquer ici (…)

[pour lire l’article 135: Septembre 1966 … octobre 1988…..????
L’ARBITRAIRE, par BACHIR HADJ ALILe devoir de vigilance et de mobilisation…mis en ligne socialgerie le 14 janvier 2010

cliquer sur le lien (…)
->135]

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IL Y A 25 ANS, LE 5 OCTOBRE 1988

Déjà la guerre des clans

par Arezki Metref

“Le Soir d’Algérie”

le 5 octobre 2013

Le 5 Octobre appartient au patrimoine des révoltes de la jeunesse algérienne contre une certaine forme d’oppression.

On devrait commémorer Octobre 1988, cette date qui ne figure évidemment pas dans le calendrier officiel des commémorations algériennes pourtant fort riche. Ce que l’on appelle non sans dérision la «commémorite», acte de commémorer plus vite que son ombre, fait partie des maladies infantiles des pays qui ont besoin d’un surplus symbolique pour fonder une légitimité pas toujours évidente.

Le 5 Octobre 1988, c’est un peu l’anti-5 Juillet 1962, date de la proclamation de l’indépendance.

Pourquoi anti ? Parce que le 5 Juillet est, entre autres, un jour de promesse. Et que le 5 Octobre 1988 est celui où la jeunesse algérienne reprochait à l’Etat national, au pouvoir politique qui se légitimait de l’indépendance, de n’avoir pas tenu ces promesses.

Bien entendu, les choses ne sont pas aussi simples. Néanmoins, pointons quelques faits et fixons quelques réflexions qui nous permettront peut-être de regretter que le 5 Octobre ne soit pas commémoré par l’Algérie officielle.

Le 5 Octobre appartient au patrimoine des révoltes de la jeunesse algérienne contre une certaine forme d’oppression.

Pour expliquer cela, il me faut retracer l’Histoire de l’Algérie avant l’indépendance. Brièvement.

La colonisation en 1830 a eu pour effet l’uniformisation de la quasi-totalité de la population dans la paupérisation, ou plus exactement de la population algérienne non européenne.

Ce processus d’oppression, d’acculturation, de négation coloniale a conduit, les contradictions s’étant accentuées à un point décisif, à ne donner aucun autre choix au colonisé que la violence révolutionnaire pour se libérer.

La lutte contre le colonialisme contenait de fait une dimension de lutte sociale puisque le pouvoir colonial avait maintenu dans l’exploitation et l’illettrisme les colonisés, laissant intact le fossé incommensurable qui les séparait des colonisateurs.

Et les chefferies ? Eh bien, comme toujours, elles se sont rangées du côté des puissants!

Le combat pour l’indépendance était conçu aussi comme un combat contre les injustices de toute sorte, contre l’exploitation, contre la pauvreté, contre l’analphabétisme, contre l’arbitraire, contre le mépris, toutes choses que le pouvoir colonial utilisait à l’encontre des colonisés.

À l’issue d’une guerre de 7 ans et d’une colonisation de 130 ans, les Algériens ont accueilli l’indépendance comme le début d’un processus devant conduire sinon à l’égalité, du moins aux luttes contre tout ce qui paraissait comme étant les maux indispensables à la survie coloniale.

En 1988, 26 ans après l’indépendance, les jeunes sortaient dans la rue pour dire leur raz-le-bol d’un Etat et d’une classe politique qui, visiblement, s’enrichissait de façon ostentatoire et scandaleuse, laissant la plus grande partie de la population dans le marasme social, économique et politique.

En plus des problèmes de chômage, de logement surtout, de la difficulté des jeunes à entrevoir l’avenir, le système politique basé sur l’unicité (parti unique, syndicat unique, associations satellites du parti unique, candidature unique du parti unique à toutes les élections, à commencer par la présidentielle.), ce système donc les excluait de toute possibilité d’expression.

Sans travail, sans logement, sans possibilité d’exprimer leurs aspirations, réduits à une sorte de non-être social, les jeunes n’avaient d’autre moyen de s’exprimer que par l’émeute.

C’est de cette période que date le mot hittiste avec sa charge de fatalisme attentiste. C’est aussi à cette période qu’apparaissait une sorte de spleen qui conduisait les jeunes à partir, prendre par exemple un bateau pour l’Australie, aller n’importe où pour fuir l’Algérie.

Là encore, il s’agit d’opérer un retour en arrière pour décrire les grandes étapes qui, depuis l’indépendance, ont préparé Octobre 1988.

Dès avant la proclamation de l’indépendance, on peut observer que les élites politiques algériennes étaient davantage préoccupées par la prise de pouvoir que par le destin du pays et encore moins par celui du peuple.

L’arrivée de Ben Bella au pouvoir en 1962 a été le fait d’un coup d’Etat d’un clan dirigé par Boumediène qui allait, 3 ans plus tard, le 19 juin 1965, destituer celui qu’il avait intronisé. Cette prise de pouvoir autoritaire et même despotique, a poussé quelques figures historiques de la guerre de libération à prendre le maquis (Aït Ahmed, Chabani, …) L’Algérie entrait dans l’indépendance de façon si chahutée que les Algériens sont sortis dans la rue crier: «7 ans (de guerre) ça suffit !»

Paradoxalement, le coup d’Etat de juin 1965 de Boumediène promettait une sorte de «pacification», un nivellement par le bas, l’expression franche et entière d’une domination de l’Algérie par la force armée créditée de son nationalisme en tant qu’héritière de l’ALN.

Boumediène va mettre presque tous les Algériens au même régime.
Partisan du socialisme, il entreprend une révolution agraire destinée à rendre «la terre à ceux qui la travaillent», pour reprendre le slogan de l’époque, c’est-à-dire les petits fellahs, une gestion socialiste des entreprises, l’amorce d’une industrie industrialisante, la gratuité des soins, celle de l’école rendue obligatoire.

Bref, tout ce qui caractérise le socialisme avec à la clef, la nationalisation des hydrocarbures et, sur le plan international, la coopération avec les pays socialistes de préférence, le soutien aux causes progressistes et révolutionnaires.

Mais aussi à la clef, la mise en place d’un système autoritaire, policier, où l’Etat est omnipotent et où toute expression politique relevait du FLN, parti-Etat, et de ses organisations inféodées.
Je ne connais pas les chiffres mais, en dépit des pénuries, je pense qu’à l’époque de Boumediène peu de personnes ont vécu sous le seuil de pauvreté.

C’est de cette période aussi de musellement de toute opposition, de mutisme forcé de la société, que datent les remous que suscite dans le pays toute convulsion de sérail.

Dans l’impossibilité de remise en cause du pouvoir en place, tout passait par les coups d’Etat.

C’est la compétition des clans et c’est également de cette période que date l’alternative de laisser un clan fomenter des émeutes pour les jeter dans les pattes d’un autre clan.

C’est ce qui a dû se passer en Octobre 1988, sauf que le raz-le-bol des jeunes a engendré ceci : les émeutes ont débordé très largement le cadre qui leur était imparti pour prendre les proportions de cette fêlure qui a changé le destin de l’Algérie.

Quand Boumediène meurt en 1978, c’est un système personnalisé, verrouillé à la baïonnette qui perd d’une certaine manière sa clef. Son successeur, Chadli Bendjedid, n’avait ni la fermeté des convictions socialistes de Boumediène, ni sa poigne, ni sa stature pour s’imposer comme inspiration. On sentait comme une friabilité, une sorte de dilution de l’autorité dans quelque chose de l’ordre du clan, et même du tribal.

Ce qui a eu l’avantage de permettre involontairement le surgissement du mécontentement des citoyens.
Notamment des élites politiques et intellectuelles marginalisées jusque-là, les seules à parler de démocratie, de pluralisme, de liberté individuelle et politique, de droits de l’Homme, toutes ces choses qui, depuis l’indépendance, étaient bannies du glossaire officiel du pouvoir algérien et du FLN.

L’ère Chadli sera celle des émeutes. La première sera celle du Printemps berbère d’avril 1980.

Cette grande révolte de la population revendiquait non pas le pain ou la semoule mais la poésie et la liberté. Elle inspirera le fil des révoltes des années 1980, y compris celle qui nous intéresse, celle d’Octobre 1988

Elle inspirera aussi les mouvements culturels berbères de tous les pays où vit une communauté berbère, Maroc, Libye, Niger, etc.

Le Printemps berbère de 1980 est important pour de multiples raisons. Pour la première fois, une manifestation populaire conteste frontalement le régime. C’était la première fois qu’une grande manifestation populaire revendiquait, non pas des logements et du travail, mais la démocratie et la reconnaissance de la culture et de la langue berbères. C’était la première fois aussi qu’une manifestation populaire faisait peur au régime au point de l’obliger à prendre en compte les revendications.

Tamazight et la démocratie ont cessé d’être le tabou des tabous. Ils vont désormais cheminer dans l’esprit des Algériens pour éclater en une grande explosion en Octobre 1988. D’autres émeutes d’envergure ont émaillé cette décennie. Je ne parle même pas des centaines de milliers de micro-émeutes locales qui sont devenues alors le seul moyen d’expression des Algériens: Constantine, Alger et d’autres grandes villes. En 1986 «une crise pétrolière» a considérablement affecté les rentrées en devises de l’Algérie.

La manne énergétique qui octroyait au pouvoir les richesses pour acheter la paix sociale s’en est trouvée tarie. Les premiers à payer la facture furent les couches les plus vulnérables de la société.

Parallèlement à cette crise, un conflit idéologico-politique éclate en sourdine entre deux clans du pouvoir, à propos de la politique économique et sociale à suivre.

Autour du président Chadli, on préconisait des réformes visant à libéraliser l’économie, à la privatiser, à toucher en quelque sorte au sacro-saint dogme socialiste, héritage de Boumediène, pour aller vers quelque chose d’honni, le capitalisme. Le maintien de l’option socialiste était défendu par la direction du FLN autour de Mohamed Cherif Messaâdia.

Comme toujours dans les systèmes qui affichent l’unanimisme, le débat ne se mène pas au grand jour, mais à travers la presse, par l’intermédiaire de collaborateurs de journaux liés à l’un ou l’autre clan.

Algérie-Actualité publiait les contributions des «réformateurs» du clan Chadli.

Révolution africaine, organe central du FLN, défendait lui le système socialiste.

Mais moins qu’un combat autour d’options fondamentales pour le pays, ces
luttes recoupaient des échauffourées pour le pouvoir.

Les années 1987 et 1988 ont été marquées par les conséquences sociales de la crise économique qui a frappé l’Algérie, ainsi que par l’aiguisement des luttes de clans, sur fond de montée des revendications contenues en germe dans le Printemps berbère : droits de l’Homme, démocratie, équité de la justice, justice sociale, etc.

L’été 1988 a été particulièrement bouillonnant sur le plan social, marqué par des grèves de grandes entreprises comme la SNVI (Société nationale de véhicules industriels) qui, à Rouiba dans la banlieue d’Alger, employait 30 000 travailleurs.

L’été 1988 aussi s’est caractérisé par la démission du pouvoir. Tandis que de nombreux secteurs étaient en grève et que les Algériens souffraient de pénurie chronique de produits alimentaires, ni le président de la République, ni aucun ministre ne semblait être à son poste.

Ce n’est que le 19 septembre que le président de la République a fait sa rentrée dans le contexte explosif de la société algérienne dubitative et celui d’un congrès du FLN qui promettait de se tenir à couteaux tirés entre les deux courants.

Dans son discours d’ouverture du congrès, davantage destiné aux Algériens qu’aux militants du FLN, le président adoptait le ton d’un opposant qui appelle à la révolte, à la grande stupéfaction des observateurs.

Dès lors, un mot d’ordre de grève générale pour le mercredi 5 octobre est propagé par la rumeur. On ne savait pas d’où ça venait, ni qui en était l’émetteur, ni les mots d’ordre. Bref une rumeur, rien de plus, mais c’était ça aussi l’Algérie, des trompe-l’œil où tout passe par l’arrière-scène.

Le 4 octobre au soir, la veille du jour J, des faits curieux se sont produits.

Les services de police et de renseignement de l’armée arrêtent des dizaines de militants, notamment du PAGS, à travers l’Algérie pour des troubles qui n’avaient pas encore eu lieu et dont ils ne savaient rien.

Dès les premières heures, beaucoup d’entre eux seront torturés. Signe de l’âpreté des luttes qui augurait aussi de la répression sanglante qui allait s’ensuivre. Le 4 octobre au soir aussi, répondant à une sorte d’injonction invisible, des jeunes chômeurs ont lancé les premières manifestations, notamment à Bab el Oued, l’un des quartiers les plus chauds d’Alger.

Mais jusque-là, hormis la torture subie par les militants arrêtés, ce qu’on ignorait encore, les militants étant toujours entre les griffes des tortionnaires, on pouvait comme l’avait fait sans peur et sans reproche un haut responsable, parler de «chahut de gamins».

Le lendemain 5 octobre, un mercredi, en se levant le matin, personne ne pouvait soupçonner que ce jour-là, le destin de l’Algérie allait basculer.

Dans le meilleur d’abord, puis dans le pire.

Ce qui était notable à Alger ce jour-là, c’était l’absence de la police. Habituellement Alger est une ville assez policée. Au centre-ville, il y a plusieurs commissariats et des barrages à chaque carrefour.

On eût dit que quelqu’un avait donné l’ordre aux policiers de s’absenter pour laisser libre le champ à l’émeute et à la casse. C’est ce qui allait se passer.

Vers les 11 heures, des groupes de jeunes ont envahi les rues. Des collégiens et des lycéens d’abord, encombrés par leur cartable, n’ayant aucun mot d’ordre à clamer et ne sachant même pas à l’appel de qui ils étaient là.

J’en ai interrogé quelques-uns in situ le jour-même et personne n’a été capable de me répondre. Qui? Quoi? Comment? Rien. On est là, c’est tout. C’est ce que disaient ces jeunes.

Puis petit à petit les manifestants ont été infiltrés par des adultes qui ont déclenché le processus de casse et de saccage qui allait faire de l’Algérie presque un champ de ruines et de sang.

Très vite tous les quartiers d’Alger vont s’embraser. Les jeunes des quartiers populaires font le coup de poing, soit chez eux, soit au centre-ville. Les grandes villes algériennes sont touchées par le même phénomène. _ Lorsque quelques heures plus tard, les policiers regagnent leur poste, c’était trop tard. L’Algérie était entre les mains des émeutiers.

Qui étaient les émeutiers?

Abed Charef, un journaliste qui a écrit à chaud un livre sur Octobre 1988 dresse un portrait-robot du manifestant d’Octobre: «Il a entre 15 et 20 ans, il est lycéen ou collégien mais de préférence chômeur, c’est-à-dire récemment exclu du système scolaire. Il n’a pas de formation particulière. Il n’a pas encore accompli son service national. Il habite dans un appartement exigu d’un quartier populaire, au milieu d’une famille nombreuse. Il a peu de perspective de trouver un travail dans l’immédiat. Il est supporter d’une équipe de football.»

On peut remarquer que si les manifestants n’avaient pas de slogans politiques et ne portaient pas de banderole, les quelques phrases qu’ils criaient l’étaient sur la tonalité des stades de foot.

Le journaliste ajoute, dans le portrait du manifestant : «N’a aucune formation politique», «se situe en dehors de tout système», «n’a aucun lien avec une association», «organisation ou parti de la jeunesse» «il est livré à lui-même», subit continuellement les abus, etc.

À partir du 5 au soir, les manifestants échappaient au pouvoir et aux manifestants eux-mêmes. On comptait de nombreux blessés et de nombreuses arrestations.

Si tant est, comme on l’a dit, et comme cela est vraisemblable, que les événements ont été fomentés par le clan Chadli pour nuire au clan adverse, il était évident que le cours des événements était en train de lui échapper.

Les émeutiers ont cassé ce qui symbolise l’Etat : ministères, commissariats de police, mairies, etc.

Mais aussi ce qui symbolise la pénurie et le piston dans la distribution des produits : le Souk el Fellah, les Supermarchés, etc.

Les premiers morts, ce sera le 6 au soir : «Madame Nabila Bouzidi, médecin, était ce 6 au soir de garde dans un hôpital près d’El Biar (Alger) lorsqu’on lui ramène les corps des deux premiers morts d’Octobre 1988. Il s’agit de deux de ses neveux qu’elle découvre… Riad Bouzidi, 14 ans, et son frère, Nadim, 22 ans, tués par un chef de char dont l’engin est tombé en panne et qui a tiré sur les manifestants pour se dégager selon la version officielle.»

L’état de siège était déjà décrété. L’Algérie est envahie par les chars et les troupes d’élite. Les manifestations vont dégénérer dès le lendemain puisque des tireurs inconnus infiltrent la protestation et provoquent les tirs en retour des militaires, accréditant le règlement de comptes.

500 morts, des milliers de blessés, des centaines de torturés, et un traumatisme général.

Ces événements ont conduit à situer qui est qui et mettre à bas le mythe de la fraternité (frères). À une révision de la Constitution qui a mis fin au parti unique. À provoquer une effervescence démocratique dont des acquis durables comme la liberté de la presse et le multipartisme, même dans des conditions limitées. À mettre en place le décor pour la longue nuit sanglante qui allait suivre.

Et c’est en cela aussi qu’Octobre 1988 est une fêlure.

A. M.

sources: http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2013/10/05/article.php?sid=155044&cid=2

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5 OCTOBRE 2013 – MARSEILLE: LA LEÇON DU 5 OCTOBRE 1988


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ALGÉRIE

Du combat libérateur du joug colonial

Aux révoltes confisquées:

La leçon du 5 octobre 1988

Rencontre – projection – débat avec le sociologue

Said Belguidoum

Le samedi 5 octobre 2013 à 18h

Au local de 1000 bâbords

(61 rue Consolat 13001 Marseille)

Extraordinaire combat libérateur que les algériennes et les algériens ont mené jusqu’ en 1962 pour se délivrer du joug colonial…Fous que nous sommes de n’avoir pas su défendre l’héritage de la liberté!

Le constat est dur et amer. Mais en Algérie les raisons de la colère grondent toujours!

Les conditions de vie de la population ne sont pas simples: crise de l’emploi, crise du logement, crise du milieu hospitalier, institution gangrénée par un clientélisme outrancier, arrogance du pouvoir à dilapider d’énormes richesses, fruit de la hausse durable du prix des hydrocarbures, privant ainsi le pays de décoller économiquement et maintenant une majorité de la population dans la précarité, peuple désabusé contraint de recourir aux armes de la survie faute d accès aux droits ou au désespoir par la «harga» ou le suicide.

Malgré l’amertume et parce que résistant avant tout, le peuple algérien n’a eu de cesse de se révolter contre l’injustice sociale. En témoigne l’épisode du 5 octobre 1988.
Ce jour là, la jeunesse algérienne, constituant l’écrasante majorité de la population, descend dans la rue pour dire stop à la «hogra» du système. La réponse est sans équivoque: une répression à la mitrailleuse et aux balles explosives qui fait 500 morts et plusieurs centaines de blessés.

Pour rendre hommage aux victimes d’octobre 1988, pour préciser les contours politiques et sociologiques de cette date phare de l’Histoire du peuple algérien dans sa longue marche vers la liberté, et pour tenter de placer ce soulèvement populaire (qu’un cacique du régime de l’époque a osé appeler par ce vocable méprisant de «chahut de gamins sans lendemain») dans le processus des révoltes en cours dans les pays de la rive sud de la méditerranée et du moyen orient,

-* Le Collectif Solidarité Maghreb,

  • l’association «Mémoire-Lutte-Justice –Egalité (MLJE)»
  • et Med’In Marseille

vous invitent:

Le samedi 5 octobre 2013 à 18h

Au local de 1000 bâbords (61 rue Consolat 13001 Marseille)

Programme :

18h :

Projection de documentaire autour du 5 octobre 1998

18h30 :

Débat avec Saïd BELGUIDOUM

Parce que la lutte continue, nous vous attendons nombreux pour enrichir nos échanges.


Saïd Belguidoum est sociologue, maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille. Il enseigne au département Gestion urbaine de l’IUT d’Aix en Provence.

Actuellement, il assure la coordination du Pôle de la Recherche Urbaine en Algérie (PRUA), réseau transversal et pluridisciplinaire de chercheurs travaillant sur la ville.


PLAN AMÉRICAIN: L’ALGÉRIE N’EN EST PAS À L’ABRI

par Kharroubi Habib

le 3octobre 2013

Le Quotidien d’Oran

L’existence d’un plan américain visant à créer les conditions de la dislocation de la plupart des Etats de la région allant du Moyen-Orient au Maghreb (zone MENA) pour leur substituer des entités sur des bases confessionnelles ou ethniques est non seulement avérée, mais elle se vérifie à travers ceux qui ont enfanté les conflits qui ont embrasé certains d’entre eux. Des conflits que l’Amérique a directement provoqués comme en Irak ou en a été l’inspiratrice et en a attisé en sous-main les feux dans d’autres.

Les Américains n’ont pas fait mystère de ce plan et en poursuivent la réalisation en jouant sur tous les leviers que leur offrent les situations intérieures de ces Etats et les frustrations et haines qu’elles suscitent dans les mosaïques constitutives de leurs peuples contre leurs classes dirigeantes qui pour se maintenir au pouvoir ont exacerbé en leur sein le reflexe du repli sur l’appartenance confessionnelle ou ethnique. Les régimes en place quelle que soit leur coloration politico- doctrinale leur ont créé les conditions de la réussite de ce plan. Au point que les concepteurs de celui-ci et ceux qui en assurent l’exécution ont beau jeu de prétendre que la nouvelle carte de la région qui se dessine est une revendication de ces peuples à laquelle l’Amérique n’a pu rester insensible.

La volonté et les espérances des peuples de la région n’ont pourtant rien à voir avec les buts visés par le plan américain. Il a été conçu et planifié pour faire triompher la stratégie des sionistes qui consiste à œuvrer à l’émergence dans le monde arabe d’entités dont la nature confessionnelle ou ethnique justifierait pour Israël dont il sera entouré qu’il fasse accepter à son tour son caractère d’Etat juif exclusivement. Ce n’est d’ailleurs pas un effet du hasard si Benyamin Netanyahu et la majorité de la classe politique israélienne ont mis en avant ce concept et en exigent la reconnaissance au moment où le plan américain a commencé à redessiner la configuration géopolitique des pays de la région.

La stratégie des sionistes a été adoptée par l’Amérique car conforme à sa préoccupation d’assurer la sécurité de l’Etat d’Israël et son hégémonie à tous points de vue sur les pays de la région. Mais aussi parce qu’elle va dans le sens de ses intérêts propres dans la région. C’est pourquoi l’on se trompe en ne prêtant au plan américain de terrain opérationnel que les Etats frontaliers ou proches d’Israël. C’est l’ensemble de la zone MENA qu’il inclut y compris l’Algérie que certains esprits naïfs pensent en être exclue. Quitte à se faire accuser d’antiaméricanisme primaire, nous persisterons à marteler que l’Algérie est bel et bien programmée pour recevoir les «bienfaits» du plan de dislocation des Etats arabo-maghrébins. Elle n’y échappera qu’en lui opposant la seule arme qui peut lui faire échec: celle de son unité en tant que nation et Etat arc-boutés sur l’esprit de Novembre.

Les échéances politiques qui arrivent peuvent être l’occasion de forger cette arme. C’est le service que la génération de Novembre peut encore rendre au pays en l’engageant sans calcul politicien sur cette voie. L’intérêt de la nation dont ils ont contribué à la renaissance et à la libération veut qu’ils procèdent à une passation de flambeau pacifique et dans des conditions qui rétablissent la confiance entre le peuple et ceux à qui reviendrait démocratiquement la tâche de le diriger. Faute de quoi les mêmes démons qui ont rendu possible ailleurs la réalisation du plan américain seront instrumentalisés contre l’Algérie.

MARSEILLE – 5 OCTOBRE- RENCONTRE: ALGÉRIE, DU COMBAT LIBÉRATEUR DU JOUG COLONIAL, AUX RÉVOLTES CONFISQUÉES : LA LEÇON DU 5 OCTOBRE 1988

ALGÉRIE

Du combat libérateur du joug colonial

Aux révoltes confisquées:

La leçon du 5 octobre 1988

Rencontre – projection – débat

avec le sociologue

Said Belguidoum

Le samedi 5 octobre 2013

à 18h

Au local de 1000 bâbords

(61 rue Consolat 13001 Marseille)

Extraordinaire combat libérateur que les algériennes et les algériens ont mené jusqu’en 1962 pour se délivrer du joug colonial…Fous que nous sommes de n’avoir pas su défendre l’héritage de la liberté!

Le constat est dur et amer. Mais en Algérie les raisons de la colère grondent toujours!

Les conditions de vie de la population ne sont pas simples: crise de l’emploi, crise du logement, crise du milieu hospitalier, institution gangrénée par un clientélisme outrancier, arrogance du pouvoir à dilapider d’énormes richesses, fruit de la hausse durable du prix des hydrocarbures, privant ainsi le pays de décoller économiquement et maintenant une majorité de la population dans la précarité, peuple désabusé contraint de recourir aux armes de la survie faute d’accès aux droits ou au désespoir par la «harga» ou le suicide.

Malgré l’amertume et parce que résistant avant tout, le peuple algérien n’a eu de cesse de se révolter contre l’injustice sociale. En témoigne l’épisode du 5 octobre 1988.

Ce jour là, la jeunesse algérienne, constituant l’écrasante majorité de la population, descend dans la rue pour dire stop à la «hogra» du système.

La réponse est sans équivoque: une répression à la mitrailleuse et aux balles explosives qui fait 500 morts et plusieurs centaines de blessés.

  • Pour rendre hommage aux victimes d’octobre 1988,
  • pour préciser les contours politiques et sociologiques de cette date phare de l’Histoire du peuple algérien dans sa longue marche vers la liberté,
  • et pour tenter de placer ce soulèvement populaire (qu’un cacique du régime de l’époque a osé appeler par ce vocable méprisant de «chahut de gamins sans lendemain») dans le processus des révoltes en cours dans les pays de la rive sud de la méditerranée et du moyen orient,

Le Collectif Solidarité Maghreb,

l’association «Mémoire-Lutte-Justice –Egalité (MLJE)»

et Med’In Marseille

vous invitent le :

Le samedi 5 octobre 2013 à 18h

Au local de 1000 bâbords

(61 rue Consolat 13001 Marseille)


Programme :


18h :

Projection de documentaire autour du 5 octobre 1988

18h30 :

Débat avec Saïd BELGUIDOUM


Parce que la lutte continue, nous vous attendons nombreux pour enrichir nos échanges.


Saïd Belguidoum est sociologue, maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille. Il enseigne au département Gestion urbaine de l’IUT d’Aix en Provence.

Actuellement, il assure la coordination du Pôle de la Recherche Urbaine en Algérie (PRUA), réseau transversal et pluridisciplinaire de chercheurs travaillant sur la ville.


« CUBA. LES MÉDIAS FACE AU DÉFI DE L’IMPARTIALITÉ »: « UNE ENQUÊTE LARGE ET DÉCAPANTE »

Voici le compte rendu du Professeur Renaud Malaviale, Maître de conférences à l’Université Paris IV Sorbonne, au sujet du dernier livre de Salim LAMRANI sur Cuba:

« CUBA. LES MÉDIAS FACE AU DÉFI DE L’IMPARTIALITÉ »

Une enquête large et décapante

À propos du nouveau livre de Salim Lamrani

Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité

Renaud Malaviale

Maître de conférences

Université Paris IV Sorbonne

Les médias et l’impartialité à l’égard de Cuba. Voilà un sujet si vaste qu’un seul aspect du traitement médiatique de la réalité cubaine par la presse internationale mériterait à lui seul un livre entier.

Salim Lamrani a choisi d’instruire une enquête large, décapante, sur les choix informatifs et rédactionnels d’un journal soucieux de faire référence.

“El País” est le quotidien espagnol le plus lu partout dans le monde et il a une histoire, prestigieuse, qui l’institue en facteur d’opinion incontournable.

“El País” revendique un souci d’équilibre que les citoyens du monde entier sont en droit d’attendre des titres de leur grande presse nationale ou internationale.

Or le dernier livre de M. Lamrani ne manquera pas d’éveiller chez les lecteurs quelque inquiétude sur la qualité de l’information lorsqu’il s’agit de Cuba, de son système politique, économique et social, ou de ses réalisations et initiatives internationales et de sa situation dans le monde.

Sur les aspects positifs, sur les innovations solidaires, validés par des organisations insoupçonnables de complaisance à l’égard du régime cubain, le silence est la règle: le grand public ne sera pas informé.

On ressasse, en revanche, comme des évidences, des imperfections ou des anomalies, parfois seulement apparentes, en évacuant les contextes qui les expliquent, sans stimuler le sens critique.

Que ceux qui donnent le plus sont parfois ceux qui ont le moins, que les puissants ne disent pas toujours la vérité, que les vérités dérangent ou inquiètent souvent l’ordre établi, c’est ce que le livre de M. Lamrani montre inlassablement, preuves à l’appui. Ces preuves abondantes, elles émanent des sources les plus diverses et indépendantes.

Les lecteurs qui estiment mériter une information digne de ce nom trouveront dans ce titre une mise en garde et un encouragement à se faire leur propre opinion.

Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité

Préface d’Eduardo Galeano

Paris, Editions Estrella, 2013

230 pages

18€

Disponible auprès de l’auteur : lamranisalim@yahoo.fr

Egalement en librairie : http://www.librairie-renaissance.fr/9782953128437-cuba-les-medias-face-au-defi-de-l-impartialite-salim-lamrani/

Et chez Amazon

http://www.amazon.fr/Cuba-Medias-Face-Defi-lImpartialite/dp/2953128433/ref=sr_1_5?ie=UTF8&qid=1375693527&sr=8-5&keywords=salim+lamrani


sur socialgerie lire aussi:

NOTES DE LECTURES « CUBA. LES MEDIAS FACE AU DEFI DE L’IMPARTIALITE »LIVRE DE SALIM LAMRANI Revue de presse;

NOTES DE LECTURES« CUBA. LES MÉDIAS FACE AU DÉFI DE L’IMPARTIALITÉ »socialgerie le 10 septembre 2013;


COMMENT CONTRIBUER , EN ALGÉRIE, À UNE NOUVELLE VAGUE DE TRANSFORMATION RÉUSSIE DE L’ORDRE INTERNATIONAL

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rencontre “LE SUD, QUELLES ALTERNATIVES”

Intervention de Hocine Bellaloufi

Alger, le 28 septembre 2013

Le caractère éminemment politique du sujet nous dicte, tant par honnêteté intellectuelle que par souci de cohérence politique, d’indiquer très précisément d’où l’on parle car les forces qui aspirent et agissent pour la transformation de l’ordre international sont nombreuses et variées et leurs intérêts souvent différents voir parfois contradictoires, même si elles peuvent converger dans certains circonstances historiques et jusqu’à un certain point.

Le contenu de mon intervention s’inscrit ainsi dans la dynamique des mouvements populaires, des mouvements sociaux et politiques d’en bas – c’est-à-dire qui ne sont pas, en Algérie aujourd’hui, au pouvoir – sans prétention aucune à les représenter ici et encore moins à parler en leurs noms.

1. La guerre de libération nationale du peuple algérien:

  • a mis un terme à une domination coloniale française de 132 années,
  • Elle a largement contribué au démantèlement de l’Empire colonial français – qui continue néanmoins d’exister à ce jour – et, plus généralement, à celui de l’ordre colonial mondial.

2. La guerre a mis un terme à la domination coloniale, mais elle n’a pas mis fin à la domination impérialiste.

L’Algérie indépendante restait, au sein du système capitaliste international duquel elle ne pouvait s’extraire, un pays dominé par les grandes puissances du centre en général et française en particulier.

Ainsi, à l’ancienne domination directe du colonialisme français se substituait une domination indirecte exercée conjointement par le système économique capitaliste mondial et par son corollaire politico-militaire, le système impérialiste, les deux relayés par des forces sociales internes relativement faibles au départ.

3. Le combat anti-impérialiste qui avait jusque-là pris la forme d’un combat anticolonialiste se poursuivait donc dans de nouvelles conditions marquées en premier lieu par un rapport de forces bien plus favorable au peuple algérien, rapport de forces favorable matérialisé par l’existence d’un État indépendant.

4. L’enjeu politique principal du combat de la nouvelle étape résidait dans la question de savoir si le nouvel Etat serait en mesure de résister à l’offensive impérialiste, française en premier lieu, qui visait à l’instauration d’un régime néocolonial.

5. À l’indépendance, et en dépit de leurs différences importantes que nous n’avons pas le temps de souligner ici, les régimes de Ben Bella et de Boumediene qui se succèderont sur un peu plus d’une quinzaine d’années n’étaient pas démocratiques.

Je ne fais pas tant référence ici aux élections, même si cette question devra faire l’objet d’une clarification au vu de la confusion qui règne à son endroit, qu’à la volonté permanente des pouvoirs en place de restreindre les libertés démocratiques: interdiction des droits de grève, de réunion et d’organisation politique, absence de liberté d’expression et, surtout, tentatives permanentes de caporaliser l’UGTA et l’UNEA, principales organisations de masse du mouvement populaire.

De telles restrictions ne pouvaient qu’entraver la participation directe des masses à la résistance anti-impérialiste et, partant de-là, affaiblir considérablement cette dernière.

6. Mais ce caractère non démocratique des régimes de Ben Bella et de Boumediene ne les empêchaient nullement d’être légitimes et ce, pour deux raisons:

  • la première est qu’en dépit de crises nombreuses et importantes qui avaient provoqué un éclatement de la direction du FLN en 1962, ceux qui se retrouvaient à la tête de l’Etat avaient mené la guerre de libération nationale. Ils possédaient, à ce titre, une légitimité historique.
  • la seconde source de leur légitimité provenait de leur orientation politique qui, en dépit de leurs différences, leur faisait poursuivre le combat visant à faire barrage au projet néocolonial.

    Cette ligne se déclinera, sur le plan extérieur, en un soutien aux luttes de libération nationale et aux mouvements révolutionnaires dans le monde, en une contestation de l’ordre économique et politique mondial par une participation active au Mouvement des non-alignés, à l’OPEP, etc.

    Sur le plan interne, elle passera par l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet de développement économique et social visant à doter l’indépendance politique de l’Etat d’une assise matérielle solide.

7. Ainsi et durant les deux premières décennies de l’indépendance (1962-1978), le pouvoir politique et les masses populaires combattront conjointement, en dépit de contradictions réelles, la domination impérialiste.

Existait alors un camp anti-impérialiste d’en bas et d’en haut.


Un des exemples les plus emblématiques de cette résistance conjointe étant celui de l’autogestion qui verra les ouvriers agricoles, soutenus par l’UGTA, l’UNEA et toutes les forces progressistes, prendre possession des grands domaines coloniaux pour les faire fonctionner et empêcher ainsi leur confiscation au profit de nouveaux Seigneurs de la terre algériens alors que le pouvoir de Ben Bella adoptait les décrets sur l’autogestion en vue de les protéger des attaques de forces bourgeoises, en dehors et au sein du régime.

Autre exemple de résistance conjointe: la nationalisation des hydrocarbures par le régime de Boumediene en 1971 qui verra les ouvriers, techniciens, ingénieurs et cadres algériens relever le défi en prenant au pied levé la relève de leurs homologues étrangers partis sur ordre des sociétés françaises.

8. Les contradictions de ce projet de développement souverain, les limites historiques de sa direction sociale et politique, le renforcement d’une bourgeoisie privée de plus en plus offensive et soutenue par des courants politiques dominants à l’intérieur même du régime, les pressions impérialistes et l’incapacité des forces de gauche à imposer leur indépendance politique à leur partenaire du pouvoir au sein du Front-Uni anti-impérialiste amèneront :

  • à une contestation puis à une remise en cause de l’hégémonie de la fraction étatique de la bourgeoisie au profit de la fraction privée de cette même classe,
  • à l’arrêt par le pouvoir du projet de développement souverain,
  • à la mise en œuvre progressive, entrecoupée de pauses, d’une politique d’infitah, c’est-à-dire de libéralisation interne de l’économie et d’insertion soumise assumée à la logique de l’économie capitaliste mondiale,
  • à la substitution d’une dynamique de coopération et de collaboration et, finalement, d’acceptation de l’ordre impérialiste mondial à l’ancienne politique de contestation de la domination impérialiste pouvant mener à des affrontements politiques même partiels avec les grandes puissances.

9. Une telle orientation impliquait :

  • une remise en cause de nombreux acquis sociaux arrachés ou octroyés au cours des premières décennies de l’indépendance,
  • une attaque, au sein même du régime, des forces qui refusaient de renoncer au projet souverain,
  • une attaque visant à infliger une défaite historique au mouvement populaire anti-impérialiste. Cela prendra la forme:
    • d’un désarmement politique et idéologique de ce mouvement par le recours de plus en plus systématique à la religion pour décrédibiliser aux yeux des masses le discours socialiste et progressiste, faire régresser les droits des femmes et renforcer le patriarcat, et par l’utilisation du courant islamiste pour briser les mouvements démocratiques, sociaux et les forces politiques de gauche,
    • d’une répression des luttes populaires (grèves, révoltes…), des luttes démocratiques (défenseurs des droits de l’Homme, enfants de chouhada…) et des partis progressistes,
    • d’une expulsion de toutes les positions institutionnelles conquises au cours de la phase précédente par des militants de gauche et anti-impérialistes: article 120 pour mettre l’UGTA et l’UNJA au pas,

10. Ces attaques contre les forces progressistes, la victoire des libéraux au sein du régime à la faveur de l’explosion populaire d’octobre 1988, la montée inexorable de l’islamisme puis la guerre civile où les masses résisteront passivement ou activement placeront sur la défensive un mouvement populaire anti-impérialiste en situation de détresse alors même que les difficultés économique découlant de la libéralisation alliées aux pressions croissantes du FMI, de la Banque mondiale, des Clubs de Paris et de Londres… amèneront les autorités à la reddition par la signature du Plan d’ajustement structurel (PAS), la dissolution de nombreuses entreprises publiques avec son cortège de licenciements et l’acceptation de la privatisation d’autres sociétés nationales, la substitution d’un monopole privé sur le commerce extérieur en lieu et place de l’ancien monopole d’Etat, etc.

11. Les années 2000 verront une accélération des politiques néolibérales qui se traduiront par :

  • le bradage ou la mise à l’arrêt, au profit des multinationales, d’entreprises publiques stratégiques à l’instar du complexe sidérurgique d’El Hadjar et de ses mines, de Simas, Asmidal, Sidal…
  • le remboursement rubis sur ongle d’une dette déjà remboursée plusieurs fois,
  • la poursuite de la politique de désindustrialisation qui a fait passer en trente années la part de l’industrie dans la PIB de 26% à 4% en 2012!
  • la réduction de l’économie algérienne au commerce et à l’importation comme l’illustrent les derniers chiffres officiels du commerce extérieur qui se caractérisent par une explosion du montant des importations,
  • la remise en cause des barrières de défense de l’économie nationale par la signature de l’accord d’association avec l’UE, l’adhésion à la zone arabe de libre-échange, les négociations d’adhésion à l’OMC…
  • le bradage des hydrocarbures par la loi Khelil qui sera finalement gelée avant d’être amendée…

Les quelques mesures dites de « patriotisme économique » adoptées à compter de 2009 s’avèreront trop insuffisantes et inconséquentes pour arriver à inverser la tendance générale à l’œuvre depuis 1980.

12. Aujourd’hui, trente années après le lancement de l’infitah, le régime algérien ne peut être qualifié de simple relais de l’impérialisme comme le sont d’autres régimes de la région: Arabie Saoudite, Qatar, Maroc… Mais il a renoncé à remettre en cause le système de domination économique et n’est plus porteur d’un projet de développement souverain. Il collabore au contraire à un système économique en crise qu’il aide en prêtant d’importantes sommes au FMI (5 mrds de dollars), en plaçant les réserves financières du pays à l’étranger, en important massivement des marchandises produites ailleurs…

Sur le plan politique extérieur, il a renoncé à contester l’ordre impérialiste en collaborant avec l’OTAN, en servant d’auxiliaire de police à la forteresse Europe qu’il protège des vagues d’immigrants venus d’Afrique, en adhérant à l’Union pour la Méditerranée aux côtés d’Israël, en adoptant des postures modérées sur des questions politiques où l’Algérie était traditionnellement en pointe (Sahara Occidental, Palestine…), en adoptant un profil bas face à l’agression de la Libye par l’OTAN et de la Syrie par l’impérialisme et la réaction régionale arabe et turque…

Sur le plan politique interne, il entrave l’éclosion d’un mouvement populaire sur lequel il pourrait s’appuyer, s’il en avait la volonté, afin de faire face aux puissances impérialistes. Il est clair que le régime n’a plus la volonté de contribuer à une nouvelle vague de transformation réussie de l’ordre international.

13. Nous pouvons affirmer que le mouvement anti-impérialiste en Algérie, tant au sein du régime qu’à celui du mouvement populaire, a subi une défaite historique. Plus vite nous l’admettrons, plus vite nous pourrons le reconstruire. Car il n’y a pas d’alternative. Il ne faut pas être pessimiste car il subsiste un mouvement populaire dynamique et combatif alors que des hommes et des femmes présents dans les institutions politiques, économiques et sociales, y compris au sein du régime, ne sont pas prêts à abdiquer face à l’impérialisme.

14. Dans ces conditions que faire? Sans avoir la prétention d’apporter une réponse exhaustive à cette question, il apparaît qu’il faut reconstruire le camp anti-impérialiste par le bas. Il ne s’agit pas de créer ex-nihilo un nouveau mouvement anti-impérialiste, mais de partir des mouvements sociaux réellement existants (syndicats, associations, mouvements divers) et d’agir afin qu’ils prennent conscience qu’au-delà de leurs revendications propres, ils forment les détachements d’un nouveau mouvement anti-impérialiste. Cette tâche incombe aux forces politiques progressistes.

Plus le mouvement populaire sera fort, plus des forces seront susceptibles de se radicaliser au sein du régime pour épauler sa résistance anti-impérialiste.

15. On observe ainsi que l’une des questions essentielles auxquelles ce mouvement populaire anti-impérialiste est confronté est celle de son rapport aux fractions de classes dominantes qui ne sont pas compradores.

Comment gérer la relation d’unité et de lutte entre les anti-impérialistes d’en bas et ceux d’en haut?

Nous pouvons avancer quelques pistes.

La première consiste à soutenir toute mesure du gouvernement ou d’autres institutions de l’Etat qui s’inscrivent dans le sens d’un projet souverain. Citons les mesures récentes de prise de participation majoritaire de l’Etat au sein du complexe sidérurgique d’Annaba, la décision de préempter des entreprises comme OTA ou Michelin, la volonté de relancer la production des mines de fer et de charbon dans le sud-ouest, de poursuivre la réouverture des cantines scolaires, de refuser l’ouverture de bases militaires étrangères et de s’associer à l’agression de la Libye par l’OTAN, d’envoyer des troupes guerroyer au Mali ou de cautionner l’agression impérialiste contre la Syrie…

La seconde piste consiste à encourager le régime à s’engager un peu plus loin, si ce n’est dans la perspective d’un projet souverain, du moins dans celle de sauvegarder ce qui peut l’être.

Cet encouragement passe par la critique des effets désastreux des politiques suivies et par l’avancée de propositions alternatives.

Mais il passe aussi et surtout par le soutien aux luttes populaires afin de contraindre les classes dominantes et leur pouvoir à renoncer à certains aspects de leur politique. Les grèves des travailleurs de la fonction publique ont contraint le gouvernement à mener une politique salariale contraire à sa doctrine néolibérale. Les révoltes sociales le dissuadent à ce jour de remettre en cause d’importants acquis sociaux comme la non-indexation des prix de l’énergie sur ceux du marché mondial, le soutien reconduit aux prix de certains produits de première nécessité, une aide multiforme au logement, le maintien même partiel de la gratuité de l’éducation et de la santé… Citons également le cas d’un ministre ultralibéral qui proclame que «le secteur privé doit devenir la règle et le secteur public l’exception» mais qui inaugure sa prise de fonction par une mesure de déprivatisation même partielle du complexe d’El Hadjar.

La troisième piste consiste à aider le mouvement populaire anti-impérialiste à se constituer en alternative politique et à se porter candidat au pouvoir. Son rôle ne se réduit pas en effet à soutenir quelques mesures gouvernementales limitées et inconséquentes et à soumettre des propositions qui peuvent rester dans les tiroirs. Il ne se limite pas davantage à contraindre conjoncturellement le gouvernement à renoncer à tel ou tel aspect de sa politique.

Face à l’incapacité des classes dominantes et de leur pouvoir à porter de façon conséquente et déterminée un projet souverain, les classes populaires doivent se doter de leur propre projet qui s’articule autour de trois principes organiquement liés: la défense de l’indépendance nationale menacée, la conquête de la justice sociale dans le sens d’une répartition équitable du revenu national et l’instauration de la démocratie. Le tout s’inscrivant dans une stratégie historique longue de dépassement du système capitaliste et de sa civilisation par la construction du socialisme.

Je voudrais conclure ici sur la question de la démocratie. On accuse à juste titre les néolibéraux de promouvoir la pensée unique en matière économique. Il semble que la démocratie provoque le même effet. Pour certains, elle est le nec plus ultra de la civilisation humaine, son horizon indépassable. Pour d’autres en revanche, elle constitue l’arme fatale au moyen de laquelle l’impérialisme tente de nous désarmer idéologiquement. Ces deux visions sont aussi fausses l’une que l’autre.

Nous ne devons en aucun cas idéaliser la démocratie, la démocratie parlementaire bourgeoise en particulier, ni le combat démocratique. C’est ainsi que dans la Russie des soviets confrontée, de 1917 à 1921, à une guerre civile et à de multiples interventions militaires impérialistes, la question de la démocratie formelle pouvait être un cheval de Troie de l’impérialisme et de la contre-révolution. De même que la tâche première des anti-impérialistes syriens consiste à mettre en échec l’agression armée de l’impérialisme et de ses alliés régionaux et locaux. Or, aucun régime n’est démocratique dans les situations de guerre. C’est pourquoi la centralisation et la discipline la plus grandes sont requises dans de telles circonstances.

Mais en temps de paix, comment ne pas voir l’avantage que constitue un régime démocratique pour le mouvement anti-impérialiste d’un pays? La démocratie n’est pas nécessaire aux capitalistes pour pénétrer les pouvoirs politiques, acheter les élus et s’emparer du pouvoir. Mais la démocratie constitue un avantage pour les larges masses qui peuvent, lorsqu’elles disposent des libertés, penser, se réunir, lutter, s’organiser et porter leur propre projet. Il existe une tradition gauchiste qui découple et oppose les libertés démocratiques à la démocratie. Ils veulent bien des premières, mais pas de la seconde et fustigent et tournent en dérision les élections.

Pourtant, comment ne pas voir là aussi que les élections, si on ne les réduit pas au moment où le citoyen glisse son bulletin dans l’urne, constituent un moment particulièrement propice à la politisation des masses. Observons comment, au Venezuela par exemple, les campagnes électorales voient les camps opposés prendre forme et apparaître clairement aux yeux même des éléments les moins avancés politiquement, grâce à la confrontation des points de vue, aux meetings d’explication, aux débats contradictoires… C’est dans ces moments de lutte politique intense et ouverte que les yeux de nombre d’exploités et de dominés se dessillent, qu’ils accèdent à la conscience et qu’ils participent la lutte politique voire se rassemblent avec leurs semblables.

Comparons la vitalité du mouvement anti-impérialiste vénézuélien, sans vouloir le moins du monde le mythifier, qui permet au pouvoir de ce pays de s’appuyer sur des masses conscientes, organisées et déterminées pour résister à la domination impérialiste et les difficultés rencontrées par des régimes qui, à l’instar de ceux de Kadhafi et d’El Assad, s’opposent à juste titre à l’impérialisme tout en entravant la libre organisation et la politisation de leurs propres peuples. Ce refus de permettre aux masses de s’exprimer, de s’organiser et de lutter a pourtant des effets aussi dramatiques sur la résistance à l’impérialisme que les politiques néolibérales que ces mêmes régimes ont mené contre leurs propres peuples.

Dénoncer la démocratie, au nom de la résistance anti-impérialiste, sous prétexte que l’impérialisme agresse les peuples au nom de ce principe revient en réalité à soutenir les représentants politiques de fractions de classes anti-impérialistes certes, mais de fractions de classes dominantes autoritaires qui refusent toute autonomie au mouvement populaire. Ces couches ne peuvent mener le camp anti-impérialiste qu’à la défaite.

Le mouvement populaire anti-impérialiste doit combattre pour la démocratie, une démocratie nouvelle, c’est-à-dire anti-impérialiste et sociale, qui dépasse le cadre étroit et formel de la démocratie parlementaire. C’est le seul moyen de ne pas rester otage de régimes dictatoriaux qui ne deviennent objectivement anti-impérialistes que lorsque leur survie est en jeu, mais qui n’ont pas hésité un seul instant, par le passé, à collaborer avec les grandes puissances qui agressaient les peuples de la région et à imposer des politiques antisociales à leurs propres peuples.


GRÉCE – SYRIZA – DISCOURS D’ALEXIS TSIPRAS: LES LUTTES DU PEUPLE DÉTRUIRONT LES MÉMORANDUMS ET LE FASCISME

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LE DISCOURS D’ALEXIS TSIPRAS

AU DEUXIÈME FESTIVAL DE LA JEUNESSE DE SYRIZA:

LES LUTTES DU PEUPLE DÉTRUIRONT LES MÉMORANDUMS ET LE FASCISME

“extraits”

«La colère en Grèce et à l’étranger est celle qui a mis le feu au gouvernement grec qui, jusque hier faisait semblant de ne pas comprendre et cherchait des futures collaborations avec les néonazis», a souligné Alexis Tsipras pendant son discours au deuxième Festival de la jeunesse de SYRIZA.

«Soyez certains(es) que M. Samaras et ses collègues n’ont pas changé d’esprits. Ils étaient obligés de se replier. Et cela, nous le saluons et nous le célébrons. C’est une grande victoire. La victoire de la démocratie, la victoire du mouvement anti- fasciste, la victoire de l’Europe démocratique», a noté le Président de SYRIZA, en clarifiant, pourtant, qu’on a besoin de beaucoup d’autres mesures pour éliminer la menace fasciste. «Un proverbe chinois dit que quand ton ennemi bat en retraite, tu dois le poursuivre. Le fascisme ne mourra pas tout seul, nous devons l’écraser. Parce qu’avec tous les jeunes de la Grèce on reconnaît, on pense et on proclame que notre futur n’est pas le fascisme. Notre futur n’est pas la barbarie ni le capitalisme. Et aujourd’hui, les mémorandums ne sont pas notre futur. Notre futur est de les RENVERSER».

Par ailleurs, Al. Tsipras a dénoncé les déclarations d’hier d’Antonis Samaras en disant que «les auteurs du régime actuel sont arrivés au point d’envisager les élections nationales comme des adversaires, ennemis et épouvantails pour la justice et la stabilité du pays. De dénoncer le citoyen grec, son verdict et sa volonté libre, comme ennemi de la justice et de la stabilité. La justice de M. Samaras résiste aux ordonnances. Elle résiste aux limites des libertés et des droits fondamentaux. Elle résiste à l’autoritarisme et à la répression, aux champs des immigrés et à la tolérance aux nazis… Elle résiste à tous. Mais elle résiste aux élections. Les élections sont, selon les journaux télévisées, un ennemi de la régularité et la stabilité.

En deux mots, c’est la justice de M. Samaras et de ceux qu’il représente, qui constitue la plus grande, la plus brutale, la plus barbare et la plus abominable injustice pour la majorité des Grecs. Leur stabilité c’est l’instabilité sociale, le désastre des vies de millions de gens, l’impasse aux jeunes Grecs».

En conclusion de son discours, le président de SYRIZA a souligné que la Grèce ne peut plus longtemps supporter la gouvernance de ceux qu’ils l’ont conduit vers la catastrophe.

«Nous sommes nombreux, et devenons chaque jour plus nombreux.

Nous avons la confiance du peuple non parce qu’ils sont tous, brusquement, devenus de gauche, mais parce que nous ne sommes pas comme les autres ˙menteurs, hypocrites et égoïstes.

Parce que nous n’envisageons pas la politique comme une profession carriériste, mais comme un moyen de changer notre destin et le destin du pays.

Parce que nous rêvons d’une patrie où dominent la liberté, la justice sociale, la stabilité démocratique, la perspective et le prestige.

Parce- que notre histoire vient de loin. Nos origines viennent des bataillons d’EPON, des insurgés, des rebelles. Nous sommes parmi les défenseurs résolus de la démocratie.

Donc, n’attendez pas que nous allions plier. Nous avons une patrie. Nous avons des valeurs et des idées. Nous avons l’expérience. Et nous sommes déterminés à gagner» a-t-il dit, en fermant triomphalement son discours.


PARIS – SORBONNE – 4 ET 5 OCTOBRE 2013: CONFÉRENCE INTERNATIONALE: « LES CONCEPTS DE DÉMOCRATIE ET DE RÉVOLUTION CHEZ ROSA LUXEMBURG»

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CONFERENCE INTERNATIONALE SUR ROSA LUXEMBURG

PARIS, SORBONNE, 4 ET 5 OCTOBRE 2013

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Les discussions de la conférence seront en français et en anglais avec traduction simultanée

« Les concepts de démocratie et de révolution

chez Rosa Luxemburg »

Une des contributions les plus importantes de Rosa Luxemburg à la pensée marxiste moderne réside dans son refus de séparer les concepts de “démocratie” et de “révolution”.
Elle développa cette approche dans

  • a) sa critique des limites de la démocratie bourgeoise,
  • b) sa conception de la lute révolutionnaire comme auto-émancipation démocratique des masses,
  • c) sa vision du socialisme démocratique avec le système des conseils de travailleurs comme forme possible de “dictature du prolétariat”
  • d) sa ferme insistance – en discussion avec les révolutionnaires russes- sur l’importance des libertés démocratiques dans la transition vers le socialisme.

Nous traiterons de la question de la démocratie dans ses écrits sur le marxisme, l’économie politique et la question nationale (autogestion et autonomie nationale comme solutions démocratiques).

Ces questions restent pertinentes en ce début de XXIème siècle. L’objectif de la conférence ne sera pas seulement d’analyser les aspects historiques et les textes eux-mêmes, mais aussi la signification politique de ces questions à l’époque de la crise de la démocratie s’inscrivant dans la crise de la civilisation capitaliste.


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PROGRAMME

consulter le programme actualisé

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Vendredi 4 octobre

Lieu: Sorbonne

amphithéâtre Lefebvre


15h – 17h30:

Table ronde 1:

PRÉSENTATION DES NOUVELLES EDITIONS DE L’ŒUVRE DE ROSA LUXEMBURG EN ALLEMAND, ANGLAIS ET FRANÇAIS.

Jacqueline Bois (France), Peter Hudis (USA), Annelies Laschitza (Allemagne), Holger Politt (Allemagne/Pologne), Eric Sevault (France)


17h30-18h30:

réception informelle


18h30 – 21h:

Ouverture “grand public” de la conférence


I) Introduction

[18h30-19h]

Présidence:

Elisabeth Gauthier (France)

Discours de bienvenue:

Narihiko Ito (Japon),

Evelin Wittich (Allemagne)

II) Table ronde 2.

OUVERTURE [19h-21h]

  • Rory Castle (Royaume-Uni):

    “Rosa Luxemburg, Her Family and the Origins of her Revolutionary Outlook”
  • Isabel Loureiro (Brésil):

    “Rosa Luxemburg, démocratie et révolution”
  • Mylene Gaulard (France):

    “Rosa Luxemburg face aux possibilités de réformes démocratiques du capitalisme : Bernstein et Keynes”
  • Michael Löwy (France/Brésil):

    “«Le coup de marteau de la révolution ». La critique de la démocratie bourgeoise chez Rosa Luxemburg”
  • Claudie Weill (France):

    “Nation et démocratie”


Samedi 5 octobre

Lieu :
Université Panthéon-Sorbonne (place du Panthéon), Salle 6

Attention changement de lieu :

Université Sorbonne,

amphithéâtre Cauchy

(entrée « rue Cujas », escalier F,

galerie Richelieu)

10h – 12h15:

Table ronde 3:

SOCIALISME ET DÉMOCRATIE

  • Michael Brie (Allemagne):

    “Socialism and Democracy. The critique of the bolshevists by Rosa Luxemburg reconsidered”
  • Jean-Numa Ducange (France):

    “Le socialisme français vu par Rosa Luxemburg”
  • Ottokar Luban (Allemagne):

    “Creativity of the Proletariat as the Crucial Key Word for Rosa Luxemburg’s Concept of a Revolutionary Socialist Mass Movement”
  • Pablo Slavin (Argentine):

    “Democracy and Revolution at work of Rosa Luxemburg”
  • Feliks Tych (Pologne) :

    “La position de Rosa Luxemburg sur la culture juive”


12h15 – 14h:

pause déjeuner


14h – 16h15:

Table ronde 4:

DÉMOCRATIE BOURGEOISE, DÉMOCRATIE RÉVOLUTIONNAIRE

  • Sobhanlal Datta Gupta (Inde):

    “Evolution of Rosa Luxemburg’s concept of Revolutionary Democracy in the light of her Gesammelte Briefe”
  • Michael Kraetke (Royaume-Uni/Allemagne):

    “Rosa Luxemburg et la critique de la politique”
  • David Muhlman (France):

    “Le contenu de la « démocratie socialiste » chez Rosa Luxemburg”
  • Ingo Schmidt (Canada/Allemagne) :

    “‘The Accumulation of Capital’ – Economic Underpinnings of Rosa Luxemburg’s Democratic Socialism”
  • Jörg Wollenberg (Allemagne):

    “Rosa Luxemburg and the “Freedom of Dissenters” – About the background and consequences of the « Complete Edition » of the « Russian Revolution” of Rosa Luxemburg in Paris 1939”


16h15 – 16h45:

pause café


16h45 – 19h:

Table ronde 5:

ROSA LUXEMBURG ET D’AUTRES

  • Philippe Corcuff (France):

    “Rosa Luxemburg, la radicalité et la démocratie : John Dewey et André Gorz comme vis-à-vis”
  • Frigga Haug (Allemagne):

    “Attempt to follow Rosa Luxemburg’s footsteps in fighting for democracy from the base”
  • Alexey Gusev (Russie):

    “Rosa Luxemburg and the problem of institutional foundations of socialist democracy in the history of Marxist thought”
  • Ben Lewis (Royaume-Uni):

    ““Is that our programme, Karl?” Luxemburg, democracy and the challenge of the German Revolution”
  • Sandra Rein (Canada):

    “Re-reading Rosa Luxemburg’s Theory and Practice as a feminist text”

Conférence organisée et/ou soutenue par

  • Société Internationale Rosa Luxemburg
  • Université de Paris I Panthéon-La Sorbonne/Centre d’histoire des systèmes de pensée moderne (CHSPM)
  • Espaces Marx
  • Fondation Rosa Luxemburg
  • Fondation Gerda und Hermann Weber
  • Transform!Europe
  • Collectif Smolny
  • Revue internationale »Actuel Marx«
  • Revue critique «Contretemps»

http://www.espaces-marx.net/spip.php?article909

repris dans http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-corcuff