HOMMAGE AU JOURNALISTE PROGRESSISTE DISPARU HASSAINE MOHAMED

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Commémoration :

Cela fera 20 ans que Mohamed Hassaine a été enlevé par un groupe terroriste pour ne plus donner signe de vie

laissant une veuve et trois enfants.

Sa femme, ses enfants, ses amis et ses confrères organisent une

Cérémonie de recueillement à la mémoire de ce patriote républicain

le vendredi 28 février 2014 à 09 heures

à Larbaatache (wilaya de Boumerdes)

devant la maternité communale au centre-ville.

Le collectif Manansaouche s’associe à cette cérémonie

et appelle ses anciens camarades et amis à être présents

et ceux qui ne peuvent y être

d’observer une minute de silence à sa mémoire
le vendredi 28 février 2014 à 09 heures.

Hommage :

20 ans se sont déjà écoulés depuis ce maudit jour ou Mohamed Hassaine est ravi à l’affection des siens enlevé par un groupe terroriste. Il était originaire de Larbaatache où il résidait. Il était 07 heures 30 min ce 28 février 1994 jour de ramadhan, comme tous les jours, Mohamed venait de sortir de sa maison lorsqu’il fut abordé par un groupe terroriste qui l’obligea à les suivre. Sa famille n’en savait rien et ce n’est qu’après l’adhan du f’tour que ne le voyant pas entrer Nacera, sa femme commença à s’inquiéter se doutant qu’un malheur lui soit arrivé. Depuis ce jour, elle n’a plus eu aucune nouvelle de lui. Ses enfants n’ont même pas une tombe ou le pleurer et faire leur deuil.

Les témoins, par peur ou par lâcheté, n’ont jamais dénoncé ses bourreaux. Mais quelques années après, des témoignages de voisins mais aussi de repentis ont rapporté que Mohamed Hassaine a été enlevé par quatre hommes du GIA qui l’attendaient dans un véhicule au coin de la rue. Un repenti avait même précisé que Mohamed a été assassiné dans la nuit du 28 février au 01 mars 2014.

Son corps n’a jamais été retrouvé. IL avait 49 ans et laissait derrière lui trois enfants dont l’aîné avait 06 ans et un bébé de 45 jours. Il laissait aussi un compte crédité de 40 000 DA et une petite bâtisse dans un état délabré.

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Le disparu était technicien supérieur en agriculture et travaillait au sein de la sous-direction agricole de Khemis El Khechna relevant la direction de l’agriculture de la Wilaya de Boumerdes. Il partageait les joies et les rêves mais aussi les cauchemars et les soucis de la petite et moyenne paysannerie. D’ailleurs tous les humbles de sa localité auxquels il a dévoué tout son militantisme le respectaient et l’aimaient.

Durant plusieurs années il était le correspondant du journal militant Alger républicain. Ses articles étaient pour l’essentiel consacrés aux problèmes de la paysannerie et aux luttes des travailleurs et des syndicalistes notamment au niveau de la zone industrielle de Rouiba-Reghaia. Il assurait également la couverture des matchs de football de l’équipe locale dont il était un fervent supporter.

Mohamed Hassaine militait au sein du Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS). Il savait traduire les grands principes politiques en actions simples centrées sur la prise en charge des préoccupations quotidiennes des gens humbles de sa localité.

À cause de ses convictions politiques et de son engagement auprès des «masses laborieuses» comme il aimait le répéter il se savait menacé par les intégristes depuis 1990 mais il n’avait pas de pays de rechange et ne pouvait se séparer de ses proches. Les menaces se sont amplifiées les derniers mois de sa vie mais il avait choisi de rester aux cotés de sa femme enceinte.

Cette dernière aujourd’hui est toujours marquée par cette disparition brutale de son cher mari mais aussi par l’ingratitude de la Société. «Tout au long de sa vie, Mohamed a travaillé avec honnêteté, droiture et abnégation. Il a payé de sa personne sa passion du métier et sa solidarité avec les plus démunis et les plus lésés. Il est mort pour ses convictions, mais rares sont ceux qui s’enquièrent du sort de sa veuve ou de ses orphelins», confie sa femme à qui veut l’entendre ajoutant «Je ne sais pas comment j’ai fait pour réussir à élever mes fils».

Nacéra était fonctionnaire à la wilaya de Boumerdès. Mais elle est contrainte d’abandonner son poste à la suite de diverses pressions. «La société est impitoyable avec les femmes seules qui doivent se débrouiller pour leur famille», dit-elle.

La famille de feu Mohamed Hassaine n’a ainsi pas eu le droit aux indemnités et autres réparations octroyées aux victimes du terrorisme. «Je n’ai eu aucune aide de l’Etat, rarement de la corporation ou d’associations. Tout ce que je demande est qu’on accorde leurs droits à mes garçons. Ils ont vécu sans père. L’Etat devrait au moins leur assurer un toit décent», conclut-elle.

Année 2009 : un espoir puis plus rien

Pourtant une lueur d’espoir était née en 2009. C’était le 02 mai 2009 à la faveur d’un tournoi organisé par les journalistes de la presse de Boumerdès dans la commune de Boudouaou pour commémorer la Journée internationale de la presse. Ce tournoi de football était placé sous l’égide de la wilaya et était parrainé par l’APC de Boudouaou, la DJS et l’entreprise IRS Deriche.

Il fut dédié à la mémoire du journaliste Hassaine Mohamed.

Mme Hassaine, qui était invitée à assister au tournoi en la mémoire de son mari, a eu une courte discussion avec le wali de Boumerdès, qui lui a promis qu’il prendra son affaire en charge.

Mais depuis ce jour cette promesse n’a eu aucune suite. Pourtant elle ne demande pas la lune. Juste que son mari soit reconnu comme victime du terrorisme et que sa famille soit indemnisée et bénéficie d’un logement décent. Les autorités locales de Larbataache, de Khemis el Khechna et de la Wilaya de Boumerdés demeurent interpellées.

Un dernier vœu très cher à Mme Hassaine: Que ses anciens amis, ses anciens camarades et ses anciens confrères ne l’oublient pas et se rappellent toujours les principes pour lesquels il a donné sa vie.

Pour le collectif manansaouche :

Nouredine Bouderba

ALGER 1er MARS: L’ISLAMISME EN ALGÉRIE AUJOURD’HUI

afaqichtirakiya perspectives socialistes

afaqichtirakiya  perspectives socialistes

Samedi 1er mars 2014

à 14 h

Le Rassemblement de gauche R(d)G

a le plaisir de vous inviter à la

rencontre-débat

qu’il organise le samedi 1er mars 2014

à 14 heures

sur le thème de

l’islamisme en Algérie aujourd’hui.

Mouvement Démocratique et Social - MDS

Cette rencontre sera animée par Fethi Gherras,

porte-parole du Mouvement démocratique et social (MDS)

La rencontre se déroulera au siège national de cette formation

qui a eu l’obligeance de nous ouvrir ses portes :

67, bd Krim Belkacem (ex-Telemly), à Alger


الإسلاموية ووهم التأصيل

تتكاثر التحاليل والمقاربات حول الإسلاموية التي تحاول اكتناه الظاهرة ,وتحديد علل نشأتها وتقلب أحوالها.لم تكن هذه الرؤى في أغلبها قادرة على تأويل الخطاب الإسلاموي ,وهنا التأويل يأتي بمعنى التقصي بقصد الإمساك بالمدلول الأصلي و المضمر بفعل الكثافة الإيديولوجية لخطاب الهوية .لذا نحاول من خلال هذه المداخلة كسر المتداول وكشف حقيقة الإسلاموية بعيدا عن عصاب الخطابات الجاهزة المؤيدةوالمعادية.سنكشف عن المسارات ونرصد المحطات الدالة ونسائل الراهن ونحاول إستشراف المستقبل .همنا الوحيد عتق التفكير بما فيه التفكيرفي السياسي من سؤدد الهوية ومطب الخصوصية للإنخراط وبشكل نهائي وعن وعي في التاريخ الكوني


OPINIONS DE FOND AUTOUR DES PRÉSIDENTIELLES

© photo : b. souhil


PRÉSIDENTIELLES: INQUIÉTUDES ET ESPOIRSmail Goumeziane – “El Watan” – “Contributions” – le 24 février 2014;


© photo : b. souhil

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“PRÉSIDENTIELLES: INQUIÉTUDES ET ESPOIR”

Smail Goumeziane

“El Watan” – “Contributions”

le 24 février 2014;

extraits:

…/… Pourtant, à y regarder de plus près, l’important n’est ni dans le nom du locataire d’El Mouradia ni dans son visage. La logique électorale est ailleurs. Elle est dans le scénario dont ce nom et ce visage sont, souvent «à l’insu de leur plein gré», le sujet et qui va engager l’avenir du pays à court, moyen et long termes. Pour cette raison, la vraie question est bien de savoir de quels scénarii ces élections pourraient-elles accoucher? Probablement de l’un des trois scénarii suivants, peut-être d’un mixage des trois :

  • 1 – Le scénario du statu quo rentier.

    Dans cette perspective, sous l’autorité du Président élu et du comité restreint, l’après-élection ressemblerait à s’y méprendre à l’avant-élection.

    Il aurait pour axes essentiels la poursuite du pompage effréné du pétrole et du gaz (y compris de schiste), la multiplication des grands projets improductifs et l’expansion des programmes d’importations, sous l’œil «plus ou moins bienveillant» du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

    Car, mondialisation ultralibérale oblige, il faut bien veiller, de gré ou de force, à ce que chacun reste à la place qui lui est dictée par le nouvel ordre international.

    Ce scénario se déroulerait alors avec son clientélisme hétéroclite, régional, tribal ou clanique et ses affaires politico-judiciaires à répétition, sur fond d’émeutes sociales et d’affrontements pseudo-communautaires, plus ou moins attisés ou manipulés par des mains criminelles, comme au M’zab ou ailleurs, allant jusqu’à mettre en cause, sur la base d’idéologies fumeuses, notamment religieuses, venues d’ailleurs, l’algérianité millénaire des uns et des autres et l’unité indivisible du pays.

    Avec pour principales conséquences la multiplication des victimes, l’approfondissement de la crise multiforme du pays et l’expansion du sentiment d’insécurité au niveau des populations et des entreprises aux plans économique, juridique et politique.

    Une situation propice à l’élargissement de toutes les fractures, à la disparition de toute culture du compromis et à la résurgence de tous les extrémismes et de toutes les violences.
  • 2 – Le scénario de l’autoritarisme productif.

    Dans cette autre perspective, sous l’autorité du Président et du comité restreint, l’après-élection se traduirait progressivement — malgré les obstacles que ne manqueraient pas de multiplier les tenants du statu quo rentier — dans la discipline restaurée, la cohésion retrouvée et la mise au point d’un compromis politique minimal par la réorientation du secteur énergétique pour le mettre au service du développement de tous les secteurs productifs du pays, par la promotion des investissements productifs publics et privés, par l’émergence d’une double politique d’import-substitution et d’export-substitution, par la réhabilitation de la valeur du travail et de ses deux revenus productifs que sont les salaires et les profits, et par la lutte contre toutes les formes de rente et leur corollaire : les activités corruptrices et informelles.

    Il aurait pour vertu de relancer efficacement la machine économique du pays, aujourd’hui fortement marquée par l’effondrement de ses entreprises productives, l’inquiétude de ses cadres, le découragement de ses travailleurs et le désespoir de ses jeunes chômeurs, au bénéfice d’activités commerciales «douteuses et juteuses» plus ou moins légales.

    Un tel scénario, pour viable qu’il puisse être à court terme, pourrait cependant évoluer dans deux directions opposées.
    • Primo, sous l’autorité du Président et du comité restreint, il pourrait, se contentant du compromis minimal obtenu, garder la société civile du pays hors des grandes décisions et de leur contrôle, dans un champ politique dénué de tout contrepouvoir réel et fermé à tout exercice effectif des libertés fondamentales.

      À terme, une telle évolution serait bien entendu économiquement intenable, socialement insupportable et politiquement ingérable. Avec le risque de voir le fragile compromis voler en éclats, la discipline se déliter à nouveau et la cohésion nationale se fissurer avec, in fine, la réouverture des vieilles plaies.
    • Secundo, sous l’autorité du Président et du comité restreint, en impliquant dans la mise en œuvre du compromis les institutions du pays et la société civile, ce scénario pourrait conduire… à une véritable transition démocratique, c’est-à-dire au troisième scénario.
  • 3 – Le scénario de la transition démocratique.

    Dans cette ultime perspective et au-delà du compromis minimal initial, le pays pourrait se doter légalement et de manière consensuelle d’un véritable contrat social historique — noué par le dialogue entre toutes les forces démocratiques du pays, présentes dans toutes les organisations du pays, notamment dans les institutions fondamentales de la République et approuvé par le peuple ou ses véritables représentants — engageant l’avenir du pays sur la base d’un Etat de droit moderne, s’alimentant à toutes les sources et valeurs de notre histoire et en mesure de mener pacifiquement jusqu’à son terme le processus démocratique.

    À son niveau, à celui de ses institutions, à celui des régions comme à celui de toutes organisations politiques, économiques, syndicales et sociales. Autrement dit, jusqu’à l’exercice plein et entier de toutes les libertés fondamentales, individuelles et collectives par chaque Algérien et chaque Algérienne sur l’ensemble du territoire national.

    Dans ce cas, l’après-élection se traduirait alors par un double processus:

    la réhabilitation-consolidation du système productif national, public et privé;

    la mise en œuvre d’une transition politique démocratique pacifique, progressive et maîtrisée.

    De sorte que la liberté économique et la liberté politique se conjuguent efficacement pour renforcer la dynamique de progrès économique et de justice sociale du pays, dans son unité, son indivisibilité et sa diversité — face aux ennemis internes et externes qui continueront de souffler sur les braises pour entretenir les divisions et raviver les conflits — pour conforter pacifiquement toutes les institutions de la République, restaurer leurs missions constitutionnelles, réhabiliter leurs véritables fonctions et renforcer leurs moyens d’intervention pour défendre, protéger et sécuriser efficacement le pays, et garantir le développement durable au service du plus grand nombre.

Au bout du compte, à courte vue, la lassitude aidant, il y aurait probablement plus de «raisons» ou de «déraisons» pour que le premier scénario finisse par s’imposer.

Pour le pire.

Pour autant, d’ici le jour du scrutin, si la mobilisation et les débats pacifiques s’amplifient dans une certaine discipline et sans contrainte, on peut encore espérer le second scénario, voire le troisième, car «l’espoir est prometteur du futur», comme l’écrivit Khalil Gibran.

Plusieurs indices, quelques interventions et déclarations de personnalités nationales respectables vont déjà dans ce sens. Elles montrent que ces deux derniers scénarii sont souhaitables et possibles, dans l’intérêt du pays tout entier.

Pour le meilleur. En tout état de cause, à plus ou moins brève échéance, électorale ou non, ce second et ce troisième scénario finiront par émerger.

C’est le sens de l’histoire.

Pour que ces électeurs, plus ou moins ignorés depuis plus d’un demi-siècle, deviennent enfin des citoyens libres, dans un pays libre. Histoire de renouer enfin avec la Déclaration du 1er Novembre 1954.

Smaïl Goumeziane

sources: El-Watan du 24 février 2014

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PAS DE SOCIAL À LA TRIPARTITE « SOCIALE »

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blog algerieinfos-saoudi

le 24 février 2014

« Finalement, il n’y a pas eu de “bonnes surprises”, comme promis par le secrétaire général de l’UGTA » note Meziane Rabhi dans “Liberté”. Le communiqué de clôture de la conférence ne se préoccupe concrètement que des mesures d’encouragement au patronat: «modalités de contribution du Fonds national d’investissement au financement de l’investissement public et privé, de la dépénalisation de l’acte de gestion, de l’encouragement de la production nationale via notamment le retour du crédit à la consommation pour les produits locaux,etc.»

Exit les questions liées au pouvoir d’achat des bas salaires. Sidi Saïd avait promis beaucoup, mais ni le Smic ni les retraites ne seront revalorisés. Contrairement à ce qui était annoncé, l’article scélérat 87 bis (qui intégre les primes diverse dans le montant du smic) n’a pas été abrogé, la mesure est reportée encore une fois.

En dépit de l’échec de ces revendications, pourtant présentées par Sidi Saïd, sous la forme habituelle, respectueuse de la « paix sociale », le patron de l’UGTA reste fermement sur sa ligne d’inféodation au pouvoir et de complaisance à l’égard du patronat comme le note le compte rendu d’“El Watan”: «Ma hbinach ndirou grève! C’est qu’on ne veut pas faire grève. La grève, on la fait où et quand on veut. Seulement, nous, nous ne voulons pas de destruction (…) Souffrir le compagnonnage des patrons et du gouvernement n’est pas une tare en soi.».

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DR

Pendant que Sidi Saïd se fendait en courbettes, les cinq syndicats autonomes regroupés dans la nouvelle “Confédération syndicale algérienne” , CSA, se heurtaient aux services de police, en tentant, non loin de là, un sit-in devant le palais du gouvernement. Une trentaine de militants ont été interpelés.

Pour Meriane, un des dirigeant de la CSA, la tâche d’un syndicat authentique est la défense réelle des travailleurs.

L’UGTA ne le fait pas à la Tripartite, “car c’est un syndicat d’accompagnement du gouvernement qui défend les intérêts du gouvernement et non ceux des travailleurs”.


LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE AU SCALPEL

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Reporters dz

24 Février 2014

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En allant samedi à Oran pour la “Conférence africaine sur l’économie verte” , Nicolas Hulot a certainement fait le choix du protocole, ignorant peut-être qu’au même moment à Alger, le gotha des experts algériens de l’énergie étaient réunis, pour la première fois, pour discuter de la «transition énergétique» , en rapport direct avec le changement climatique, qui est sa préoccupation du moment en tant qu’envoyé spécial du président français François Hollande et objet même de sa visite en Algérie.

En organisant cette rencontre, l’ “Association des ingénieurs d’Etat de l’Institut algérien du pétrole” (AIED-IAP) a voulu marquer la célébration du 43ème anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, intervenue le 24 février 1971.

C’était également l’occasion de rappeler le rôle de l’IAP, depuis sa création en 1965, dans la formation des cadres, au nombre de 23 000 techniciens supérieurs et ingénieurs, dont 5000 étrangers (Tunisie, Venezuela, Cuba…) au titre de la coopération Sud-Sud.

Les experts, libérés pour la plupart de l’obligation de réserve que leur imposait le poste de cadre supérieur qu’ils occupaient soit à Sonatrach, soit au ministère de l’Energie, ont apporté leur «contribution au débat sur la transition énergétique au service du développement économique» , thème de la rencontre.

Les mots-clés des communications renseignent parfaitement sur le contenu de la conférence: sécurité énergétique, économie d’énergie, hydrocarbures, pic pétrolier, gaz de schiste, énergies renouvelables…

Les participants à la rencontre ont noté le niveau élevé des interventions donnant la preuve que seule la rigueur scientifique, loin des fioritures médiatiques fondées sur les exagérations, peut donner au débat l’efficacité recherchée.

La transition énergétique a été évoquée non pas dans l’absolu, mais mise au service du développement économique durable. Dans cet esprit, la question controversée du gaz de schiste a été de nouveau – inévitablement, en fait – abordée.

Les discussions sur les énergies renouvelables ont permis de confirmer la place prépondérante du solaire, par rapport aux autres sources dans la stratégie algérienne dans ce domaine.

Un des experts a fait ressortir dans sa communication les gisements d’économies d’énergie énormes disponibles. Il fait remarquer que le «Sirghaz» est aujourd’hui le carburant le moins cher du marché algérien avec son prix de 9 DA/litre, mais sa part relative dans le mix carburant n’est que de 3% et sa consommation stagne à un niveau bas.

Il cite également la surconsommation des équipements électrodomestiques de classe énergivore (climatiseurs notamment), ainsi que le torchage de 6 milliards de m3/an depuis plus d’une dizaine d’années.

Il montre, par ailleurs, que la consommation d’énergie finale est dominée par deux secteurs: les ménages (40,4%) et le transport (36,4%).

  • Le secteur industriel représente moins du quart de cette consommation; hors BTP et matériaux de construction, il occupe la portion congrue de cette structure: 11,6%.
  • Le mode de transport privilégie le secteur routier, le véhicule particulier et la consommation des carburants déficitaires, coûteux en devises et polluants.
  • «Ce profil ‘‘non industriel’’ prédominant de la consommation finale d’énergie est corroboré, selon l’expert, par la structure de la consommation d’électricité dominée par la basse tension (51%) et la part du secteur des transports».
  • Il en conclut que «changer de modèle devient pressant», estimant que «les questionnements point de vue de l’équilibre dynamique offre-demande interpellent sur la question des orientations implicites qui ont conduit aux déséquilibres actuels».

ALGER – le 15 FÉVRIER 2014: HOMMAGE À FERNAND IVETON ET À GEORGES ACCAMPORA

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Le samedi 15 février 2014

au cimetière chrétien de BOLOGHINE

à 10 h

a eu lieu une cérémonie de recueillement

En hommage à deux combattants de l’indépendance nationale

le martyr FERNAND IVETON

guillotiné le 11 février 1957

à la prison de BARBEROUSSE ALGER

et son compagnon de combat et camarade

GEORGE ACAMPORA

ex condamné à mort

décédé le 11 février 2012

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Le journal raina présent à cet événement a tenu à restituer à ces
lecteurs les moments forts de cet événement :

interviews, parmi les assistants, de certains de leurs compagnons de l’époque

enregistrement de certaines des interventions

écoutons-les:

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http://www.youtube.com/watch?v=h3K01_DCRkc&feature=youtu.be

LA QUESTION DÉMOCRATIQUE EN ALGÉRIE – COMPTE RENDU D’UNE RENCONTRE DÉBAT

afaqichtirakiya perspectives socialistes

afaqichtirakiya  perspectives socialistes

Compte-rendu de la rencontre-débat

du 15 février 2014

organisée par le Rassemblement de gauche (RdG)

sur le thème :

LA QUESTION DÉMOCRATIQUE
EN ALGÉRIE

La rencontre-débat qui a rassemblé une trentaine de participants a permis d’entamer une réflexion sur cette importante question.

Introduction de Hocine Belalloufi

L’intervenant a souligné que la situation politique nationale marquée par la présidentielle d’avril prochain est pleine d’incertitude et qu’une fois de plus, les partisans de la démocratie, les partisans de gauche en particulier, ne pèseront pas sur cet évènement. Comme ils n’ont pas, d’ailleurs, pesé à l’occasion de certains événements récents pourtant dramatiques : Ghardaïa, cité de jeunes filles de Dely Ibrahim…

L’une des raisons essentielles de cette impuissance réside dans une absence de stratégie qui pousse les partisans de la démocratie, dans le meilleur des cas, à régir mais non à agir. Les partisans de la démocratie n’ont pas l’initiative et ne peuvent en conséquence peser sérieusement sur la situation.

Le but de la rencontre n’est pas de délivrer une stratégie clef-en-mains, mais d’entamer, d’amorcer la réflexion et le débat sur cette question. Il est donc nécessaire de rappeler le contexte historique dans lequel se pose aujourd’hui la question démocratique en Algérie.

L’étape historique actuelle est marquée par l’infitah, cette longue et chaotique transition à l’économie de marché amorcée en 1980. Cet infitah fut la résultante d’une modification majeure du rapport de forces politique et social dans le pays, modification qui s’inscrivait dans le tsunami néolibéral mondial parti du Chili en 1973 et qui allait tout emporter sur son passage: URSS, Comecon, Chine, régimes anti-impérialistes du tiers-monde, mouvement ouvrier…

Cette transition représente ainsi une véritable contre-révolution généralisée qui a vu l’intégration-soumission de l’économie algérienne à l’économie capitaliste mondiale:

  • Sur le plan économique : rupture et démantèlement du projet de développement souverain des deux premières décennies de l’indépendance. Substitution d’une économie d’importation typique des économies coloniales à une économie à ambition productive.
  • Sur le plan social : processus de dépossession typique du fonctionnement du capitalisme dans sa version de marché. Spoliation de ce qui appartenait au moins juridiquement à la collectivité, par le biais de la propriété publique, au profit d’une minorité illégitime d’accapareurs et même du capital étranger.
  • Sur le plan politique : substitution de la part du pouvoir d’une attitude de combat politique anti-impérialiste à une posture de partenaire/relais des grandes puissances occidentales, le tout maquillé derrière un nationalisme chauvin qui n’a plus rien de progressiste et un culturalisme identitaire des plus réactionnaires. La capacité du pouvoir à mener cette politique a constitué une défaite historique du mouvement anti-impérialiste dans notre pays.
  • Sur le plan idéologique : substitution d’une vision du monde réactionnaire (individualisme et concurrence en lieu et place de la solidarité, vision rétrograde de la place et du rôle des femmes, versions des plus autoritaires, racistes et réactionnaire de la religion, refus du progrès et de l’émancipation…). Cette vision a été menée conjointement par le régime et les islamistes.

L’une des conséquences principales de cette victoire de l’infitah réside dans la brisure, dans la remise en cause du consensus politique et social national forgé au cours de la guerre de libération nationale et consolidé par les luttes de masse au lendemain de l’indépendance (autogestion, luttes des étudiants…) et par les politiques économiques et sociales menées par les régimes de Ben Bella et de Boumediene qui, en dépit de leur caractère dictatorial, poursuivaient, à leur manière et avec leurs contradictions et limites, une politique visant à doter l’indépendance politique d’une base matérielle. Telle fut la logique du projet de développement souverain amorcé au cours des années 1960 et 1970.

Or et pour revenir à la question en débat, la démocratie n’existe pas, ne peut exister nulle part sans consensus social. Le consensus social doit être entendu ici non comme unanimité des contraires mais existence d’un bloc social hégémonique dominant, majoritaire politiquement. Ce n’est donc pas une prétendue absence de culture démocratique qui nous ferait défaut, à l’inverse des grandes puissances capitalistes mondiales, mais l’absence d’une politique à même de satisfaire les aspirations et besoins des larges masses.

Voilà pourquoi la bourgeoisie des pays les plus cultivés et les plus démocratiques n’hésite pas, lorsque le consensus social se brise sous les effets de sa propre politique et de ses effets sociaux désastreux, à instaurer les régimes dictatoriaux les plus barbares: fascisme italien, nazisme allemand, militarisme japonais… Voilà pourquoi nous assistons aujourd’hui, à la faveur de la crise du capitalisme, à des atteintes de plus en plus graves, répétées et systématiques à la souveraineté populaire dans les «grandes démocraties» : Etats-Unis, Grèce, Italie…

Ce rappel permet de comprendre que l’incapacité de notre régime à se démocratiser n’est pas seulement ni même principalement d’ordre subjectif (autoritarisme récurrent), mais surtout et prioritairement d’ordre objectif.

Aucune classe ou fraction de classe ne peut asseoir un consensus social, construire un bloc social hégémonique lui permettant de diriger la société alors même qu’elle mène une politique économique et sociale qui atomise la société. Voilà pourquoi les principales forces politiques néolibérales ne sont pas démocrates: pouvoir et islamistes.

La démocratisation de l’Etat implique en conséquence une intervention politique des masses car l’instauration de la démocratie n’est pas l’affaire d’une minorité, d’une avant-garde, d’une «élite», mais de l’engagement du peuple en vue d’imposer la démocratie aux ennemis de la démocratie, à l’impérialisme en premier lieu et à ses relais locaux.

Cela implique en premier lieu de gagner la majorité de la population qui refuse la hogra et qui aspire à la liberté au mot d’ordre et au combat démocratique qui constituent la traduction politique de cette aspiration.

Or, on ne peut gagner le peuple à l’idée et au combat démocratique si l’on ignore superbement sa résistance multiforme à la politique néolibérale (grèves, explosions, mouvements de chômeurs…), si l’on délégitime ses revendications en assimilant ces luttes à un combat d’œsophages et si on oublie sa forte conscience du danger que fait peser l’impérialisme sur la souveraineté nationale.

Voilà pourquoi le projet démocratique ne peut être que social (antilibéral) et national (anti-impérialiste).

Il s’agit de forger un consensus social par la construction d’un bloc social hégémonique populaire et non par une illusoire unanimité.

Et il s’agit de refonder le consensus national en remettant en son centre la résistance à l’économie capitaliste mondiale et à l’ordre politique impérialiste qui accompagne et défend cette dernière.

L’alternative démocratique ne peut être que populaire et anti-impérialiste.

Les trois principes du peuple que sont l’indépendance nationale, la justice sociale et la démocratie fondent le projet démocratique.

Voilà pourquoi les forces de gauche, les forces populaires doivent lutter pour la direction du combat démocratique et ne pas l’abandonner aux forces démocrates de droite ou du centre car celles-ci s’avèrent incapables de mener ce combat jusqu’à son terme et de façon conséquente.

Ces forces de droite et du centre se réclament de la démocratie mais contribuent à briser le consensus social par leurs choix économique néolibéral et politique pro-impérialiste. Mener une politique d’unité et de lutte vis-à-vis des forces de droite et du centre qui se réclament de la démocratie s’avèrent donc incontournables pour la gauche. Unité sur des objectifs concrets et justes à un moment donné. Critique de leur inconséquence et mise en lumière des raisons de fonds (de classe) de cette inconséquence.

Débat

Plus du tiers des présents a pris la parole au cours d’un débat qui a duré plus de deux heures. Cela a permis de constater qu’il existait des niveaux de préoccupations et des approches divers et parfois divergents. Cela a rendu le débat plus intéressant, mais ne pouvait déboucher en même temps sur une synthèse ni mêmes sur un nécessaire approfondissement des points abordés.

Plusieurs questions ont été abordées. Parmi elles:

  • La faiblesse des partisans de la démocratie. Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer cette faiblesse.

    Pour les uns, le courant démocratique se trouve confronté à un problème de leadership, chacun cherchant à le diriger au détriment du combat commun. Le problème de la manipulation a également été évoqué comme raison de la faiblesse des partisans de la démocratie ainsi que l’action du pouvoir qui réduit les libertés démocratiques: lois sur les partis, les élections, les associations, le livre… Certains intervenants considèrent que l’on ne peut incriminer le néolibéralisme dans la mesure où ce qui se déroule en Algérie relève plutôt du banditisme et non du néolibéralisme.

    Mais pour d’autres, la faiblesse des partisans de la démocratie réside dans: leur manque de liaison avec la société; leur éloignement des préoccupations quotidiennes des couches populaires; leur absence de solidarité effective avec les luttes et mouvements sociaux (syndicats, comités de chômeurs…) quand ce n’est pas leur soutien aux politiques économiques néolibérales des gouvernants; leur position ambiguë vis-à-vis des desseins de l’impérialisme voire de leurs appels réitérés à une ingérence de celui-ci; leur très faible action en direction d’une jeunesse qui cherche les voies et les moyens d’agir dans tous les domaines (culturels, sportifs, éducatifs…)… Tels sont les principaux éléments responsables du faible ancrage populaire de ce courant.

    L’exemple de la Coordination nationale pour le changement démocratique (CNCD) de 2011 a permis de mettre en évidence deux sensibilités. Pour certains, l’échec de cette expérience incombe à la trahison d’une partie de ses membres. Pour d’autres, cet échec provient de l’incapacité de ce rassemblement à apprécier à sa juste valeur le rapport de forces de l’époque. Cette incapacité renvoie au manque d’ancrage de cette coalition, manque d’ancrage dû au refus de plusieurs forces en son sein de lier questions nationales, démocratiques et sociales et de concevoir le combat démocratique en opposition à l’impérialisme et non en coopération avec lui. On ne peut appeler les masses à se battre pour la démocratie et ignorer superbement leur misère. On ne peut gagner la confiance du peuple alors même que l’on partage avec le pouvoir actuel la même doctrine économique libérale et la même volonté de coopérer avec les grandes puissances impérialistes (USA, France et UE, Japon…).
  • La question de l’unité des partisans de la démocratie. Deux visions plus ou moins affirmées se sont opposées.

    La démocratie est-elle de gauche? Y a-t-il une démocratie de gauche et une démocratie de droite? La démocratie est-elle universelle? Qu’est-ce qui empêche les forces politiques démocrates de s’unir face au pouvoir? Telles sont les questions posées par certains intervenants qui ont la volonté de rassembler tous les démocrates sur une base minimale afin de créer un rapport de forces suffisant pour faire reculer les politiques liberticides et faire triompher l’alternative démocratique dans notre pays.

    À cette vision répondait une autre démarche. Reconnaissant le caractère interclassiste de la revendication démocratique (à l’instar de la revendication d’indépendance nationale avant 1962), cette seconde démarche ne refuse pas par principe l’unité d’action de tous les partisans de la démocratie autour de revendications et de combats réels. Mais elle considère que l’on ne peut masquer les antagonismes de classe, la situation sociale désastreuse des classes populaires du fait de la politique néolibérale du pouvoir et la remise en cause de la souveraineté nationale vis-à-vis de l’impérialisme. Les partisans de cette deuxième vision insistent donc pour articuler revendications démocratiques et revendications économiques et sociales.

    La question de qui dirige le combat démocratique a donc été posée, non par esprit doctrinaire, mais parce que les forces néolibérales qui se revendiquent de la démocratie ne sont pas, ne peuvent être conséquentes. L’exemple du Forum des chefs d’entreprises (FCE) qui s’apprête à «demander au président Bouteflika» d’avoir l’obligeance de se représenter pour la quatrième fois à l’élection à la magistrature suprême, a mis en évidence les limites historiques du patronat privé.

    La bourgeoisie privée n’est démocrate que pour arracher, à son profit, le maximum d’avantages du pouvoir et de faire pression afin que «le pouvoir politique appartienne enfin au pouvoir économique» et que l’économie du pays soit la plus ouverte à «l’investissement étranger»… Mais devant le danger que représenterait pour elle une mobilisation de masse liant démocratie, justice sociale et indépendance nationale, elle préfère ne pas affronter un pouvoir qu’elle qualifie pourtant «d’autoritaire» et dispose d’autres moyens, sonnants et trébuchants, pour élargir progressivement sa sphère d’influence dans les institutions politiques et administratives (APN, Sénat, Communes….), médiatiques (y compris publiques) et même dans certaines organisations de travailleurs (UGTA…). L’exemple des forces de droite qui se réclament ouvertement de l’amitié de Bernard Henri-Lévy renseigne par ailleurs quant aux objectifs réels d’une bonne partie du courant démocratique.

    Autres exemples rappelés par des intervenants qui démontrent les limites du combat démocratique des forces bourgeoises : la répression impitoyable des travailleurs de Cévital du port de Béjaïa qui ont eu l’audace d’exiger que M. Rabrab applique le droit du travail qui leur reconnaît pourtant les droits élémentaires de faire grève et de s’organiser en syndicat ainsi que l’envoi, par le PDG du groupe Benamor, de bacheliers algériens dans des universités américaines et européennes afin de les former et les «formater» aux «lois universelles et naturelles de l’économie de marché».

    Comment des patrons qui violent les libertés syndicales ou d’autres qui ne déclarent pas leurs travailleurs à la sécurité sociale ou qui font dans l’évasion fiscale peuvent-ils mener un combat démocratique véritable et conséquent?

    En conséquence, on ne peut refuser à qui que ce soit qui se proclame démocrate de lutter sur certains objectifs communs à tous (droit d’association, élections libres et transparentes…), mais on ne peut désarmer les forces populaires en exigeant d’elles qu’elles renoncent à lutter pour que leur conception du combat démocratique impliquant de cibler l’impérialisme et les partisans de politiques économiques antisociales afin qu’ils ne polluent pas et ne dévoient pas le légitime combat démocratique. Unité et lutte au sein de tous ceux qui se proclament démocrate sont une nécessité une et indivisible.
  • Le thème des associations a également été abordé.

    Pourquoi la mobilisation contre la nouvelle loi sur les associations n’a-t-elle pas permis de faire reculer le gouvernement? Toutes les intervenants se sont accordés à constater la faiblesse de la mobilisation. Inconscience, démission, sectarisme… Plusieurs explications ont été avancées par les uns et les autres. Certains intervenants ont expliqué que cette loi était principalement dirigée contre les associations islamistes et leurs bailleurs de fonds moyen-orientaux, mais aussi contre les ONG venues des pays impérialistes – à l’exception étonnante de celles venant des USA – qui viennent «nous démocratiser» tout comme le colonialisme était venu jadis «nous civiliser». Il s’agit bien évidemment de combattre le caractère liberticide de la loi sur les associations, mais sans tomber dans les rets des ONG étrangères dont l’action n’est pas philanthropique.

    Tous les présents s’accordent cependant sur le fait qu’il faut soutenir et propager l’idée de s’organiser partout et en toutes circonstances et ce, dans tous les domaines: quartier et village, sport, théâtre, musique… Le changement démocratique passe par l’auto-organisation la plus large de la majorité du peuple. De nombreuses initiatives de jeunes existent aujourd’hui. Elles doivent pouvoir jouir légalement du droit d’association afin de se faire connaître et de diffuser leurs messages dans la société.
  • La nécessité de prendre le temps de réfléchir, de penser et de s’appuyer pour cela sur les expériences et les penseurs passés et présents a été rappelée par nombre d’intervenants.

    D’Ibn Khaldoun et de sa connaissance intime et toujours actuelle des sociétés du Maghreb à Eric Hobsbawm et sa réflexion sur les notions de révolte et de révolution, de masse et d’avant-garde, en passant par Edgard Morin sur nos sociétés contemporaines, Dimitrov pour le rôle des associations dans la résistance victorieuse au fascisme en Bulgarie et d’autres ou du révolutionnaire russe Axelrod sur la liaison entre étude, propagation des idées et organisation, plusieurs intervenants ont souligné l’impérieuse nécessité de penser pour agir dans un mouvement de va-et-vient incessant.


L’ANALYSE ET L’APPEL D’UN CITOYEN À PROPOS DES PRÉSIDENTIELLES

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Alors que les clans se déchirent pour le pouvoir, les citoyens mettent le doigt sur ce qui constitue pour eux les véritables enjeux.

….Pouvez vous, futur président, nous dire quel est votre plan pour sortir une majorité de notre jeunesse de cette désespérante situation et leur donner de l’espoir?

….Notre pays ne peut être fort et respecté que par la solidarité et la mobilisation de son peuple et aussi que si la « Hogra » est bannie de notre société.

Si vous acceptez d’être président, alors dites nous comment vous allez vous y prendre pour rendre justice et assurer à tous les citoyens dignité et respect ?


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OPINION:

Sur quelle base élire le futur président

ou comment éviter les faux débats?

Mohamed Benbrahim

Février 2014

à lire sur le site:

http://raina-dz.net/spip.php?article358

le 12 février 2014 par raina

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Sur quelle base élire le futur président ou comment éviter les faux débats?

La campagne électorale pour élire le futur président, préparée et lancée depuis longtemps par les partisans de l’actuel président, prend aujourd’hui une nouvelle dimension. Le désarroi des prétendants à la magistrature suprême devant le silence du locataire d’El Mouradia à déclarer ses véritables intentions, les pousse à bousculer le clan adverse à s’exprimer pour leur permettre de se positionner. On assiste alors à un déballage des affaires et d’accusations mutuelles qui font la une des journaux et qui sont à mille lieux de la préoccupation de la majorité de la population.

La majorité des électeurs pensent que le débat n’est pas à ce niveau là. Ils veulent surtout, quelque soit le président qui sera élu, être rassurés sur leur avenir.

Ils veulent un président qui défend les intérêts du pays sans concessions contre tous ceux qui veulent dilapider ses richesses.

Ils veulent aussi un président qui leur donne l’espoir de voir leur pays se développer et leurs enfants ambitionner de réaliser, dans leur propre pays, les rêves les plus fous.

Ils veulent donc élire un président sur la base de son programme pour s’assurer qu’il prend sérieusement en compte leurs préoccupations.


Le chômage, fléau de la société


Aujourd’hui, les multiples dégâts causés par la mondialisation, vecteur du système économique néolibérale, sont visibles dans tous les pays de la planète.

Les pays occidentaux, en proie à une crise financière sans précédent, font payer les travailleurs et les plus démunis. L’austérité, préconisée comme la seule solution, jette dans la rue des milliers de personnes chaque jour. La situation en Espagne et en Grèce en est l’illustration.

Dans notre pays, aujourd’hui, la rente pétrolière participe à augmenter notre dépendance économique par l’importation de tous les biens de consommation quotidiens et d’équipement.

Nous ne pensons pas que l’on puisse préserver notre indépendance et souveraineté nationale en engageant notre pays à adopter le système néolibérale.

De plus, notre économie qui s’articule principalement sur le commerce (import/import) n’est pas en mesure d’offrir du travail à la majorité des jeunes, diplômés ou non, de plus en plus nombreux.

Le travail, particulièrement le travail productif, permet à l’individu de se rendre libre et digne. Il lui permet d’être utile à sa communauté et de ce fait se sentir exister.

La situation sociale qui découle de ce déni d’un droit fondamental, fragilise le pays et hypothèque son avenir.

Pouvez vous, futur président, nous dire quel est votre plan pour sortir une majorité de notre jeunesse de cette désespérante situation et leur donner de l’espoir?

La santé des citoyens n’est pas un luxe


Notre système de santé est moribond. Il n’est pas difficile de le prouver.

Il suffit d’observer, qu’au moindre souci de santé, nos hauts responsables et les nantis n’hésitent pas à aller sous d’autres cieux pour se faire examiner et se soigner.

Au point que certaines forces politiques de l’ancienne puissance coloniale trouvaient, dans ce comportement de nos responsables, la preuve des « bienfaits » de la colonisation.

Aujourd’hui, les simples citoyens vulnérables, qui n’ont pas les moyens pour se payer la médecine libérale, ne peuvent se soigner.

Plusieurs malades chroniques attendent vainement un rendez-vous pour un scanner ou une séance de radiothérapie. La pénurie de certains mé- dicaments ajoute chez les malades la détresse et le désespoir.

Nous estimons que c’est une erreur stratégique que de penser que l’investissement pour la santé des citoyens n’est pas un investissement rentable.

Dans le système économique qui est entrain de se mettre en place, les citoyens n’ont pas accès véritablement aux soins. Ils sont tout simplement abandonnés à leur propre sort devant la maladie.

Quelles propositions faites-vous pour que le système de santé puisse prendre sérieusement en considération la santé des citoyens?

L’éducation et la formation, gage pour l’avenir


Notre système éducatif est sinistré. Il suffit, tout simplement, de constater qu’aucune personne n’est contente du travail de l’école et de l’université algérienne.

Les premiers, les parents d’élèves pensent que leur enfants perdent leurs temps à l’école. Ils ne sont plus alarmés quand leurs enfants quittent l’école prématurément. Ils ont en tête que ceux qui terminent leurs études ne sont pas plus avancés.

Les plus nantis et ceux qui ont les moyens n’hésitent pas d’envoyer à l’étranger leurs enfants pour étudier.

Nous avons l’impression que l’école et l’université n’apportent rien à la société. Elles sont même une lourde charge pour le budget de l’Etat.

Les premières décennies après l’indépendance, l’université algérienne a contribué à la formation des cadres de valeurs pour le pays qui ont joué un rôle important dans le développement socio-économique du pays.

L’abandon de la politique d’industrialisation les années 80 et la crise profonde des années noires ont déteint sur l’école et l’université et ont aussi réorienté leurs objectifs.

Nous pouvons difficilement croire qu’il puisse y avoir un développement de notre société sans donner une place privilégiée au savoir universel.

Que comptez vous faire pour changer complètement cette situation et faire de notre système, éducatif et de formation, un des piliers du développement socio-économique?

Bannir la Hogra et l’injustice


La moindre démarche administrative se transforme souvent en un parcours du combattant.

Recourir à l’intervention des « amis » est devenue la règle au moindre problème de « paperasse ».

Les mieux lotis, avec l’intervention de leurs « connaissances » bien placées, ne craignent pas les retraits de permis de conduire ni les contraventions et peuvent même outrepasser la loi sans être inquiétés.

Tous les citoyens ne sont donc pas égaux devant l’administration et aussi devant la loi.

La bureaucratie est un produit du sous-développement et du manque de transparence dans la gestion des affaires des citoyens.

Le clientélisme et la cooptation, instaurés comme mode de gestion des affaires de l’Etat depuis plusieurs années, encouragent l’esprit de solidarité clanique qui fracture la société.

Notre pays ne peut être fort et respecté que par la solidarité et la mobilisation de son peuple et aussi que si la « Hogra » est bannie de notre société.

Si vous acceptez d’être président, alors dites nous comment vous allez vous y prendre pour rendre justice et assurer à tous les citoyens dignité et respect?

Mohamed Benbrahim

Février 2014


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NICOLAS HULOT À ALGER: ENTRE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET RETOMBÉES RADIOACTIVES

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par M’hamed Rebah

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le 18 Février 2014

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La nouvelle a vite fait, dès dimanche, le tour du petit monde des écologistes algériens: Nicolas Hulot, président de la “Fondation pour la nature et l’homme”, envoyé spécial du président français Hollande pour la protection de la planète, arrive aujourd’hui dans notre pays pour un séjour de quatre jours jusqu’au vendredi 21 février.

Alger est une étape de sa tournée de sensibilisation aux questions de l’environnement dans la perspective de la préparation de la conférence Paris Climat 2015 (COP21).

Il faut dire qu’il tombe plutôt mal, en plein débat sur les conséquences des essais nucléaires dans le Sahara algérien, alimenté d’ailleurs, en partie, par les informations que le quotidien “Le Parisien” [[voir aussi:

Gerboise bleue 1960

Mais s’il a vu (ce qui est très peu probable, mais il peut toujours s’en procurer une copie) l’émission diffusée dimanche soir (16 février) par la chaîne publique de la Télévision algérienne, il aurait deviné que le message dont l’a chargé le président français – «promouvoir les idées et les valeurs de la France en matière de développement durable et de protection de la planète» – serait écouté avec politesse, mais sans grande conviction.

Les spécialistes algériens présents sur le plateau de l’émission ont dressé un véritable acte d’accusation contre ce qu’ils ont qualifié de «crime d’Etat permanent», puisque ses effets se produisent encore à ce jour et continueront de se produire dans les années à venir.

Les témoignages bouleversants de gens pauvres, handicapés et cobayes à vie d’expériences qui ne sont, en fait, pas terminées, les images insoutenables filmées par l’équipe de la Télévision algérienne prouvent que cinquante ans après, les retombées sont encore là. [[voir aussi “Vent de sable, le Sahara des essais nucléaires”

http://www.youtube.com/watch?v=HKm6MXasgVo]]

Dans ce registre, il y avait eu un précédent: les Etats-Unis en avaient fait autant en lançant, en août 1945, leurs deux bombes atomiques (le seul pays au monde à l’avoir fait) sur des gens sans armes, paisibles, des civils, à Hiroshima et Nagasaki, au Japon.

L’opération d’Hiroshima avait été conduite, rapporte-t-on, comme une véritable «expérience scientifique».

Venu avec un message, Nicolas Hulot repartira avec un autre adressé à son Président: «Ouvrez les archives sur les essais nucléaires en Algérie. Dites-nous tout sur ce qui s’est passé : combien d’explosions, où exactement, qui a été utilisé comme cobayes, où sont enfouis les déchets… ?»

Ceci dit, Nicolas Hulot sera accueilli par les Algériens avec toute la sympathie qu’il mérite en tant que militant écologiste et défenseur de la planète.

Son message à lui, il l’a rappelé il y a moins d’un mois à la réunion de la conférence de rédaction de l’“Humanité Dimanche”, hebdomadaire français, où il était invité: «L’humanité risque de ne pas survivre à une augmentation de 2 degrés de la température.»

Il appelle les responsables politiques à imaginer un autre modèle économique à l’échelle mondiale, sinon «la crise que traverse le monde, sociale, économique, environnementale et démocratique, risque de s’approfondir», a-t-il dit en substance à ses confrères (il a toujours la casquette de journaliste) de l’hebdomadaire français.

Il argumente en donnant l’exemple de «la précarité énergétique, liée aux impacts des extrêmes climatiques, qui a des conséquences directes sur les plus pauvres et classes populaires».

Si rien ne change dans le modèle économique, il avertit que la rareté, notamment énergétique, deviendra pénurie. «Ce qui, conclut-il, combiné à la crise climatique, fera sauter le vernis de la civilisation.»

Nicolas Hulot est un fervent opposant au gaz de schiste[[sur les gazs de schistes: socialgerie:

IL Y A 57 ans, LE 11 FÉVRIER 1957, FERNAND IVETON ÉTAIT GUILLOTINÉ

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QUI SE SOUVIENT DE FERNAND IVETON?

Merzak Chertouk

El Watan

le 16 février 2014

DjaZairess

Le devoir de mémoire revêt une importance particulière pour l’écriture de l’histoire de la guerre de Libération nationale.

Cependant, si celle-ci demeure toujours d’une actualité brûlante, elle procède malheureusement de moult surenchères politiciennes s’il en est, elle est souvent interpellée pour justifier et légitimer certaines étapes vécues présentement par le pays. Il est à craindre que la volonté proclamée d’écrire «une histoire officielle» de la guerre de libération, histoire déjà balisée et jalonnée, ne procède de cette vision manichéenne. Il est de notre devoir de rendre un vibrant hommage à certains héros «oubliés», parmi eux le chahid Fernand Iveton, guillotiné le 11 février 1957 à la prison de Serkadji.

La période de 1954 à 1962 fut dure, terrible, atroce. Elle fut cruelle et douloureuse. Paradoxalement, elle fut militante et fraternelle. Tant d’êtres souffrirent ; cependant, c’est dans ces moments que certains Algériens de souche et Algériens d’origine européenne apprirent à mieux se connaître, qui plus est, en ces jours de vérité nue. Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, l’on hésite encore parfois dans le choix du vocabulaire, afin de ne pas raviver des blessures non cicatrisées. Qui mieux que le sacrifice d’Iveton pourrait symboliser les passerelles empreintes d’humanisme et de justice, jetées entre les hommes et différents horizons sociaux, raciaux et religieux ? Qu’évoque ce nom pour les jeunes Algériens ? La réponse est douloureuse et pour cause, l’histoire de ce militant algérien de la première heure est pratiquement méconnue des nouvelles générations de notre pays.

La raison est à chercher du côté de la culture de l’oubli, cela en l’absence de toute référence au nom de Fernand Iveton sur les édifices publics. Après l’indépendance, le père de Fernand supplie, en vain, les autorités algériennes de donner à son fils ne serait-ce qu’un petit bout de rue. Désespéré d’avoir échoué, il appela Villa Fernand le pavillon qu’il possédait en France. Hélas, quelques années plus tard, on s’est rappelé à l’occasion du sacrifice de ce chahid, non pas pour lui rendre hommage et justice en même temps, mais pour redorer le blason des autorités de l’époque, mis à mal par un article de la presse française, dans lequel il était question de l’ingratitude des autorités algériennes à l’égard des martyrs algériens d’origine européenne ; ce faisant, il cite le cas de Fernand Iveton dont aucune rue ni institution publique ne porte le nom.

Le soir même de la publication de cet article les mettant en cause, les autorités de l’époque, parti unique oblige, ont instruit la kasma FLN d’El Madania (ex-Clos-Salembier), quartier natal de Fernand Iveton, de procéder à la baptisation rapide d’une petite ruelle de 30 mètres. Heureusement que cette mascarade post mortem à l’endroit de ce chahid, qu’on ne peut que qualifier d’ubuesque et tragique à la fois, n’altère en rien le parcours de cet authentique patriote qui a été synonyme de courage, de probité et de sacrifice, et ce, jusqu’au pied de la guillotine où il a crié «Tahia El Djazaïr» en arabe, avant d’être exécuté. En compagnie de deux autres chouhada auxquels nous rendons un vibrant hommage, il s’agit en l’occurrence de Mohamed Ounnouri et Ahmed Lakhmache.

Avant son exécution, il a été d’abord conduit au greffe de la prison, là il déclare : «La vie d’un homme, la mienne, compte peu, ce qui compte, c’est l’Algérie, son avenir et l’Algérie sera libre demain.» Le chahid Didouche Mourad, qui était son voisin de quartier (La Redoute, Clos-Salembier) disait de lui : «S’il y avait beaucoup de gens comme lui, cela aurait changé bien des choses.» Son avocat, Charles Lainné, a été frappé par l’attitude d’lveton lors de son exécution, il disait : «Il avait l’attitude d’un homme droit en faisant preuve d’une constance et d’un courage admirables.» Il avait ressenti la condamnation à mort, l’exécution d’lveton, comme une grosse injustice et un déshonneur pour la France. Fernand Meissonnier, son bourreau, disait de lui : «Celui-là fut un condamné à mort modèle, droit, impeccable, courageux jusqu’au couperet.»

L’enfant de Clos-Salembier a été très sensible à la misère qui frappe la population musulmane de son quartier. Il a d’abord commencé à militer dans la cellule de la jeunesse communiste de La Redoute-Salembier, en compagnie de ses voisins de quartier les plus connus, Henri Maillot, Myram Ben (Marylise Benhaïm) et Ahmed Akkache, qui seront plus tard des acteurs très actifs de la guerre de Libération nationale. Ensuite, après le déclenchement de la Révolution, sa démarche était celle d’un homme qui n’était ni un idéologue ni un aventurier, pas de rupture dramatique, mais un glissement progressif vers les combattants du FLN : réunions clandestines, asile offert à des militants recherchés.

Au fil des mois, une interrogation lancinante : «Que fait le parti ?» Iveton est de ceux qui souhaitent un total engagement. Il s’enrôle dans les Combattants de la libération (CDL), structure clandestine armée créée par le Parti communiste algérien en juin 1955. Mais son groupe ne lui propose que des actions dérisoires qu’il exécute avec son camarade de parti, Felix Colozi, (cet homme qui a survécu aux geôles colonialistes n’a jamais quitté l’Algérie et il y vit toujours d’ailleurs). Tandis que son ami d’enfance et voisin, Henri Maillot, officier déserteur, tombe au combat, Iveton s’impatiente.

L’absorption des CDL par le FLN va lui ouvrir les voies de l’action. Il accepte de poser à l’usine de gaz du Ruisseau où il travaille une seule bombe au lieu des deux que lui ramène Jacqueline Guerroudj, et ce, faute de place dans son sac de travail. Iveton réprouve la violence aveugle. Sa bombe ne devra tuer personne, surtout pas ses camarades de travail. Il s’entoure pour cela de toutes les précautions possibles. Pierre Vidal-Naquet a raison d’écrire : «Iveton ne voulait pas d’une explosion-meurtre. Il voulait une explosion-témoignage.» Lors de son arrestation et en dépit des tortures atroces qu’il avait subies, pour permettre à la deuxième bombe que transportait Jacqueline d’exploser, et aussi permettre à ses camarades de s’échapper, il a pu orienter les enquêteurs sur une fausse piste, en parlant de la fameuse femme blonde conduisant une 2CV, alors que Jacqueline avait les cheveux noirs et était au volant d’une voiture Dyna (Panhard).

Cette résistance a permis de retarder l’arrestation de Jacqueline et des autres. A travers cette description, on a longtemps cru qu’il s’agissait de Raymonde Peschard, la fille de St-Eugène, morte au maquis quelques mois après en Wilaya III (une autre chahida à qui nous devrons rendre hommage). A ce chahid qui a su vivre et mourir pour son idéal avec tant de simplicité et de grandeur, nous devons bien un hommage à la hauteur de son sacrifice, qui le sortira de la nuit de l’oubli où il a été longtemps confiné par l’histoire officielle. Une initiative qu’il y a lieu de sacraliser et d’étendre à d’autres victimes de la culture de l’oubli, car ils ont tant souffert pour faire sortir le peuple algérien des ténèbres dans lesquels il a été très longtemps confiné par le système colonial. En rendant hommage à ces héros, nous contribuons à renforcer davantage les valeurs de fraternité, d’humanisme, de tolérance et de liberté dans l’Algérie d’aujourd’hui. D’aucuns savent qu’on en a grandement besoin pour se comprendre et se respecter.

Merzak Chertouk : Ingénieur