LA PROPHÉTIE DE MARX ET LES PRÉDICTIONS DE KEYNES

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algerieinfos-saoudi

le 7 février 2014

->http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-la-prophetie-de-marx-122445212.html]

jorion_Keynes_Marx_demande_offre.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=UxAOKs2ZTLk

« Ce que Marx avait diagnostiqué comme une lutte relative à la redistribution qui ne se pourrait résoudre que par la force,

Keynes l’interprétait comme un problème de demande insuffisante auquel une solution technique pouvait être apportée par des experts (ministres…).

Mais si les dirigeants du système capitaliste s’évertuaient à traiter des problèmes de demande comme s’ils étaient des problèmes d’offre, et à pressurer les salaires des travailleurs pour restaurer les profits, alors une guerre entre les classes pourrait très bien éclater, venant confirmer les prophéties de Marx. »

Robert Skidelsky, John Maynard Keynes. The Economist as Saviour 1920-1937. London : Macmillan, 1992, p. 439 du Tome 2


transcription de la VIDÉO

de la partie en français

par socialgerie

commentaire d’un petit textxe court, extrait de la
page 439, du 2 ème volume de la biographie monumentale que Robert Skidelsky a consacré à Keynes (1883 – 1946);

biographie présentée sous forme
chronologique ; ici nous sommes en 1932

Et Skidelski écrit ceci:

………

traduction en français 1ère citation de Keynes: «ce que Karl Marx avait diagnostiqué comme étant un problème de distribution / redistribution de la richesse… que l’on ne pourrait résoudre que par la force» (un rapport de force) …

c’est à dire… le problème est le suivant: on a un ensemble de personnes, un certain nombre de groupes qui sont face à face
nous avons essentiellement …/… on parle du milieu de la production – des salariés – appelés prolétaires par Marx, qui sont des gens dont la
seule intervention dans l’élaboration de la production est d’apporter leur force de travail

nous avons des gens qui prêtent de l’argent – ce sont les capitalistes à proprement parler …/… qui sont rétribués en dividendes si ils achètent des
actions, en intérêt si ils prêtent de l’argent sous forme de créance à l’entre prise

et nous avons les dirigeants d’entreprise qu’on appelle aussi entrepreneurs, industriels, en fait les gens qui dirigent les entreprise qu’il s’agisse
de petites entreprises ou plutôt plus grosses

Alors, le problème selon Marx est qu’il y a exploitation des salariés, spoliation, c’est à dire qu’ils ne reçoivent pas la part à laquelle ils auraient droit

Donc, ce que Marx avait diagnostiqué comme étant un problème de distribution, comme une lutte de distribution qu’on ne pouvait résoudre que par la force…

«Keynes voyait ce même problème comme étant un problème de demande insuffisante, une demande insuffisante du côté de l’économie qu’il fallait résoudre par « expertise »»

Donc au lieu de voir comme Marx le voyait un problème de manifestants dans la rue, qui exigent une autre distribution de la richesse, et qui,
éventuellement peuvent la prendre par la force, …… par la révolution

dans les termes de Keynes c’était un problème – le problème était le même – mais, il fallait le résoudre au niveau du pouvoir d’achat… du pouvoir
d’achat de ces salariés, en fait il fallait augmenter le pouvoir d’achat, décider d’augmenter les salaires, et la solution du problème n’était pas pris par la rue mais devait être prise par des techniciens … par des ministres et par des
conseillers, des mesures qui devaient être pris par un gouvernement qui devait rétablir la situation pour que les salaires atteignent un niveau
suffisant.

et je vous rappelle qu’à cette époque là, quand le gouvernement exige une baisse des salaires … Keynes avait réclamé que: si une baisse des
salaires devait avoir lieu, elle devait être accompagnée par une ponction de la richesse des autres classes, sous la forme d’une participation de l’ordre de 5% sur les sommes disponibles par les gens les plus riches

Aussitôt, bien entendu il y avait eu un tollé, parce que les gens qui sont tout disposés à faire baisser le salaire, sont des gens qui, par ailleurs, ne sont pas disposés du tout à ce qu’on baisse les rémunérations du capital, en dividendes et en taux d’intérêt

et pas non plus à ce qu’on baisse les salaires extravagants des dirigeants d’entreprises.. encore qu’à l’époque – on est en 1930- les salaires
n’étaient pas véritablement extravagants… ils étaient scandaleux, mais ils n’étaient pas extravagants…

On se rappelle le chiffre de Henri Ford disant – dans les années 1920 – que son salaire est 30 fois supérieur à celui de l’employé le moins bien payé dans son entreprise

et maintenant on est passé à un facteur de 450 fois le salaire moyen, pour les dirigeants des entreprises

Donc, pour Keynes, il fallait résoudre ce problème par des décisions prises par des ministres … conseillés par des économistes…

……………………………………

traduction en français – 2ème citation de Keynes:

«Si les dirigeants de ce système capitaliste insistaient à traiter les problèmes de demandes – de pouvoir d’achat – de salaires – comme s’ils étaient les problèmes de l’offre, et faisaient baisser de manière brutale les salaires des travailleurs pour rétablir leur niveau de profit (des capitalistes ndlr)

alors une guerre de classes authentique apparaîtrait et ce serait la prophétie de Karl Marx qui serait vérifiée.»

Alors, pense Keynes, si les ministres et les gouvernements ne prennent pas la mesure qu’il faudrait, en termes d’augmentation du pouvoir d’achat, et pas de baisse de pouvoir déachat

Si les ministres croient que les problèmes d’une demande insuffisante par absence du pouvoir d’achat… dans la population…… sont des problèmes d’offre à ce moment là c’est Marx et des gens dans la rue … et les révolutions qui aura raison

_____

On est en 1932, on est en en Angleterre

En 1932 1933 c’est l’apparition massive en France des ligues d’extrême droite

qui culminera le 6 février 1934 dans la manifestation qui tournera à l’émeute, qui se produira sur la Place de la Concorde, et le pont qui débouche devant l’Assemblée nationale

il y aura 15 morts, 1 mort parmi la troupe, 14 morts parmi les manifestants

Ce sont essentiellement des ligues qui manifestent

Marcel Déat, alors député de la SFIO, écrit en 1934 (Wikipédia): «Le 6 février, place de la Concorde, il y avait des réactionnaires, des fascistes, des petites troupes organisées et courageuses, oui ; mais il y avait aussi une foule énorme de braves gens qui n’avaient pas d’opinion politique mais qui, par contre, avaient des sujets de mécontentement et de colère. Il y avait même des radicaux et des socialistes et s’ils manifestaient c’était contre les saligauds qui déshonorent la République.»

ça c’est le genre de choses qui se produisent quand on ne prend pas le taureau par les cornes: quand on prend des problèmes de demandes pour des problèmes d’offres


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