LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE AU SCALPEL

Reporters dz

24 Février 2014

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En allant samedi à Oran pour la “Conférence africaine sur l’économie verte” , Nicolas Hulot a certainement fait le choix du protocole, ignorant peut-être qu’au même moment à Alger, le gotha des experts algériens de l’énergie étaient réunis, pour la première fois, pour discuter de la «transition énergétique» , en rapport direct avec le changement climatique, qui est sa préoccupation du moment en tant qu’envoyé spécial du président français François Hollande et objet même de sa visite en Algérie.

En organisant cette rencontre, l’ “Association des ingénieurs d’Etat de l’Institut algérien du pétrole” (AIED-IAP) a voulu marquer la célébration du 43ème anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, intervenue le 24 février 1971.

C’était également l’occasion de rappeler le rôle de l’IAP, depuis sa création en 1965, dans la formation des cadres, au nombre de 23 000 techniciens supérieurs et ingénieurs, dont 5000 étrangers (Tunisie, Venezuela, Cuba…) au titre de la coopération Sud-Sud.

Les experts, libérés pour la plupart de l’obligation de réserve que leur imposait le poste de cadre supérieur qu’ils occupaient soit à Sonatrach, soit au ministère de l’Energie, ont apporté leur «contribution au débat sur la transition énergétique au service du développement économique» , thème de la rencontre.

Les mots-clés des communications renseignent parfaitement sur le contenu de la conférence: sécurité énergétique, économie d’énergie, hydrocarbures, pic pétrolier, gaz de schiste, énergies renouvelables…

Les participants à la rencontre ont noté le niveau élevé des interventions donnant la preuve que seule la rigueur scientifique, loin des fioritures médiatiques fondées sur les exagérations, peut donner au débat l’efficacité recherchée.

La transition énergétique a été évoquée non pas dans l’absolu, mais mise au service du développement économique durable. Dans cet esprit, la question controversée du gaz de schiste a été de nouveau – inévitablement, en fait – abordée.

Les discussions sur les énergies renouvelables ont permis de confirmer la place prépondérante du solaire, par rapport aux autres sources dans la stratégie algérienne dans ce domaine.

Un des experts a fait ressortir dans sa communication les gisements d’économies d’énergie énormes disponibles. Il fait remarquer que le «Sirghaz» est aujourd’hui le carburant le moins cher du marché algérien avec son prix de 9 DA/litre, mais sa part relative dans le mix carburant n’est que de 3% et sa consommation stagne à un niveau bas.

Il cite également la surconsommation des équipements électrodomestiques de classe énergivore (climatiseurs notamment), ainsi que le torchage de 6 milliards de m3/an depuis plus d’une dizaine d’années.

Il montre, par ailleurs, que la consommation d’énergie finale est dominée par deux secteurs: les ménages (40,4%) et le transport (36,4%).

  • Le secteur industriel représente moins du quart de cette consommation; hors BTP et matériaux de construction, il occupe la portion congrue de cette structure: 11,6%.
  • Le mode de transport privilégie le secteur routier, le véhicule particulier et la consommation des carburants déficitaires, coûteux en devises et polluants.
  • «Ce profil ‘‘non industriel’’ prédominant de la consommation finale d’énergie est corroboré, selon l’expert, par la structure de la consommation d’électricité dominée par la basse tension (51%) et la part du secteur des transports».
  • Il en conclut que «changer de modèle devient pressant», estimant que «les questionnements point de vue de l’équilibre dynamique offre-demande interpellent sur la question des orientations implicites qui ont conduit aux déséquilibres actuels».

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