« POUR UN FORUM DES INTELLECTUELS, ARTISTES ET SCIENTIFIQUES: COMPTE RENDU DE LA RÉUNION DU 1er FÉVRIER « 

Réunion du 1er février 2014

en vue de la création d’un

forum des intellectuels, artistes et scientifiques

Compte-rendu

Une quarantaine de personnes ont participé à la réunion. Près de la moitié ont pris la parole.

Trois aspects peuvent être soulignés :

1. Un début d’échange sur la notion d’intellectuels a révélé des nuances. Qu’entend-on par intellectuels: ceux qui produisent des œuvres artistiques, des concepts, des discours…? Les diplômés? Ceux qui exercent cette fonction sociale?etc.

Mais en dépit des différences d’approche il ne semble pas y avoir d’opposition majeure entre les intervenants.

La réflexion et le débat devraient s’approfondir afin de mieux cerner cette notion, son champ d’application et sa problématique en Algérie aujourd’hui.

2. En dépit des sensibilités politico-idéologiques propres à chacun s’est affirmée, à des degrés divers mais convergents, une volonté commune de faire entendre un point de vue d’intellectuels progressistes, d’un collectif d’intellectuels de gauche et non plus seulement d’individus dont la visibilité et l’audience n’arrivent pas, à quelques exceptions près, à percer le mur du silence imposé conjointement par le pouvoir et les médias aux mains du capital.

Se faire entendre, prendre position sur les questions relevant du domaine de la culture, mais aussi sur toues les questions qui se posent à la société.

Des axes communs peuvent être relevés à partir des différentes interventions: dénonciation de la politique culturelle officielle, défense des libertés menacées, solidarité avec les victimes de la répression, dénonciation de la marchandisation de la culture et des médias qui n’est que l’expression de la marchandisation de toute la société (sport, éducation, santé…), surmonter la coupure, la rupture entre les intellectuels progressistes et les masses, être aux côtés des classes populaires et des opprimés, être partie prenante du peuple…

3. La nécessité s’est faite sentir de rassembler le plus largement possible autour d’une plate-forme minimale;

de se lier aux jeunes qui, localement, aspirent à faire du théâtre, à participer à des ciné-clubs, à produire des œuvres d’art;

d’utiliser tous les moyens disponibles (livres, films, CD…) pour débattre avec eux;

de prendre contact avec des groupes d’intellectuels dans d’autres régions du pays et de se mobiliser pour faire reculer les attaques contre les libertés: lois récentes sur les associations, sur le livre…

4. La question de l’organisation s’est posée.

Selon un participant, s’il s’agit de créer un forum, il n’est nul besoin de structuration.

S’il s’agit en revanche d’agir, de mener des actions, il convient alors de s’organiser en association.

Est-il possible de recevoir un agrément au vu de la loi actuelle et, surtout, de la non-application de la loi? La probabilité d’essuyer un refus des autorités ne doit nullement, selon les participants, nous dissuader de faire des démarches, mais nous ne devons en aucun cas subordonner notre droit à prendre position et à nous exprimer à une autorisation quelconque.

De ce point de vue, l’existence de nouveaux moyens d’expression nous facilite la tâche, ce qui ne doit pas nous amener à nous enfermer dans un combat virtuel mené uniquement sur internet.

Nous devons opérer une jonction avec la société en faisant preuve d’inventivité pour surmonter tous les obstacles objectifs et subjectifs.

À l’issue de la rencontre, il a été décidé :

  • de former un groupe de travail chargé d’élaborer un projet de plate-forme à soumettre aux participants et à tous ceux que la dynamique intéresse,
  • de se revoir dans un mois à peu près à une date qui sera précisée par le groupe de travail.

« Pour un Forum des intellectuels, artistes et scientifiques: Compte rendu de réunion »

Réunion du 1er février 2014

en vue de la création d’un

forum des intellectuels, artistes et scientifiques

Compte-rendu

Une quarantaine de personnes ont participé à la réunion. Près de la moitié ont pris la parole.

Trois aspects peuvent être soulignés :

1. Un début d’échange sur la notion d’intellectuels a révélé des nuances. Qu’entend-on par intellectuels: ceux qui produisent des œuvres artistiques, des concepts, des discours…? Les diplômés? Ceux qui exercent cette fonction sociale?etc.

Mais en dépit des différences d’approche il ne semble pas y avoir d’opposition majeure entre les intervenants.

La réflexion et le débat devraient s’approfondir afin de mieux cerner cette notion, son champ d’application et sa problématique en Algérie aujourd’hui.

2. En dépit des sensibilités politico-idéologiques propres à chacun s’est affirmée, à des degrés divers mais convergents, une volonté commune de faire entendre un point de vue d’intellectuels progressistes, d’un collectif d’intellectuels de gauche et non plus seulement d’individus dont la visibilité et l’audience n’arrivent pas, à quelques exceptions près, à percer le mur du silence imposé conjointement par le pouvoir et les médias aux mains du capital.

Se faire entendre, prendre position sur les questions relevant du domaine de la culture, mais aussi sur toues les questions qui se posent à la société.

Des axes communs peuvent être relevés à partir des différentes interventions: dénonciation de la politique culturelle officielle, défense des libertés menacées, solidarité avec les victimes de la répression, dénonciation de la marchandisation de la culture et des médias qui n’est que l’expression de la marchandisation de toute la société (sport, éducation, santé…), surmonter la coupure, la rupture entre les intellectuels progressistes et les masses, être aux côtés des classes populaires et des opprimés, être partie prenante du peuple…

3. La nécessité s’est faite sentir de rassembler le plus largement possible autour d’une plate-forme minimale;

de se lier aux jeunes qui, localement, aspirent à faire du théâtre, à participer à des ciné-clubs, à produire des œuvres d’art;

d’utiliser tous les moyens disponibles (livres, films, CD…) pour débattre avec eux;

de prendre contact avec des groupes d’intellectuels dans d’autres régions du pays et de se mobiliser pour faire reculer les attaques contre les libertés: lois récentes sur les associations, sur le livre…

4. La question de l’organisation s’est posée.

Selon un participant, s’il s’agit de créer un forum, il n’est nul besoin de structuration.

S’il s’agit en revanche d’agir, de mener des actions, il convient alors de s’organiser en association.

Est-il possible de recevoir un agrément au vu de la loi actuelle et, surtout, de la non-application de la loi? La probabilité d’essuyer un refus des autorités ne doit nullement, selon les participants, nous dissuader de faire des démarches, mais nous ne devons en aucun cas subordonner notre droit à prendre position et à nous exprimer à une autorisation quelconque.

De ce point de vue, l’existence de nouveaux moyens d’expression nous facilite la tâche, ce qui ne doit pas nous amener à nous enfermer dans un combat virtuel mené uniquement sur internet.

Nous devons opérer une jonction avec la société en faisant preuve d’inventivité pour surmonter tous les obstacles objectifs et subjectifs.

A l’issue de la rencontre, il a été décidé :

  • de former un groupe de travail chargé d’élaborer un projet de plate-forme à soumettre aux participants et à tous ceux que la dynamique intéresse,
  • de se revoir dans un mois à peu près à une date qui sera précisée par le groupe de travail.

LA PROPHÉTIE DE MARX ET LES PRÉDICTIONS DE KEYNES

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[

algerieinfos-saoudi

le 7 février 2014

->http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-la-prophetie-de-marx-122445212.html]

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http://www.youtube.com/watch?v=UxAOKs2ZTLk

« Ce que Marx avait diagnostiqué comme une lutte relative à la redistribution qui ne se pourrait résoudre que par la force,

Keynes l’interprétait comme un problème de demande insuffisante auquel une solution technique pouvait être apportée par des experts (ministres…).

Mais si les dirigeants du système capitaliste s’évertuaient à traiter des problèmes de demande comme s’ils étaient des problèmes d’offre, et à pressurer les salaires des travailleurs pour restaurer les profits, alors une guerre entre les classes pourrait très bien éclater, venant confirmer les prophéties de Marx. »

Robert Skidelsky, John Maynard Keynes. The Economist as Saviour 1920-1937. London : Macmillan, 1992, p. 439 du Tome 2


transcription de la VIDÉO

de la partie en français

par socialgerie

commentaire d’un petit textxe court, extrait de la
page 439, du 2 ème volume de la biographie monumentale que Robert Skidelsky a consacré à Keynes (1883 – 1946);

biographie présentée sous forme
chronologique ; ici nous sommes en 1932

Et Skidelski écrit ceci:

………

traduction en français 1ère citation de Keynes: «ce que Karl Marx avait diagnostiqué comme étant un problème de distribution / redistribution de la richesse… que l’on ne pourrait résoudre que par la force» (un rapport de force) …

c’est à dire… le problème est le suivant: on a un ensemble de personnes, un certain nombre de groupes qui sont face à face
nous avons essentiellement …/… on parle du milieu de la production – des salariés – appelés prolétaires par Marx, qui sont des gens dont la
seule intervention dans l’élaboration de la production est d’apporter leur force de travail

nous avons des gens qui prêtent de l’argent – ce sont les capitalistes à proprement parler …/… qui sont rétribués en dividendes si ils achètent des
actions, en intérêt si ils prêtent de l’argent sous forme de créance à l’entre prise

et nous avons les dirigeants d’entreprise qu’on appelle aussi entrepreneurs, industriels, en fait les gens qui dirigent les entreprise qu’il s’agisse
de petites entreprises ou plutôt plus grosses

Alors, le problème selon Marx est qu’il y a exploitation des salariés, spoliation, c’est à dire qu’ils ne reçoivent pas la part à laquelle ils auraient droit

Donc, ce que Marx avait diagnostiqué comme étant un problème de distribution, comme une lutte de distribution qu’on ne pouvait résoudre que par la force…

«Keynes voyait ce même problème comme étant un problème de demande insuffisante, une demande insuffisante du côté de l’économie qu’il fallait résoudre par « expertise »»

Donc au lieu de voir comme Marx le voyait un problème de manifestants dans la rue, qui exigent une autre distribution de la richesse, et qui,
éventuellement peuvent la prendre par la force, …… par la révolution

dans les termes de Keynes c’était un problème – le problème était le même – mais, il fallait le résoudre au niveau du pouvoir d’achat… du pouvoir
d’achat de ces salariés, en fait il fallait augmenter le pouvoir d’achat, décider d’augmenter les salaires, et la solution du problème n’était pas pris par la rue mais devait être prise par des techniciens … par des ministres et par des
conseillers, des mesures qui devaient être pris par un gouvernement qui devait rétablir la situation pour que les salaires atteignent un niveau
suffisant.

et je vous rappelle qu’à cette époque là, quand le gouvernement exige une baisse des salaires … Keynes avait réclamé que: si une baisse des
salaires devait avoir lieu, elle devait être accompagnée par une ponction de la richesse des autres classes, sous la forme d’une participation de l’ordre de 5% sur les sommes disponibles par les gens les plus riches

Aussitôt, bien entendu il y avait eu un tollé, parce que les gens qui sont tout disposés à faire baisser le salaire, sont des gens qui, par ailleurs, ne sont pas disposés du tout à ce qu’on baisse les rémunérations du capital, en dividendes et en taux d’intérêt

et pas non plus à ce qu’on baisse les salaires extravagants des dirigeants d’entreprises.. encore qu’à l’époque – on est en 1930- les salaires
n’étaient pas véritablement extravagants… ils étaient scandaleux, mais ils n’étaient pas extravagants…

On se rappelle le chiffre de Henri Ford disant – dans les années 1920 – que son salaire est 30 fois supérieur à celui de l’employé le moins bien payé dans son entreprise

et maintenant on est passé à un facteur de 450 fois le salaire moyen, pour les dirigeants des entreprises

Donc, pour Keynes, il fallait résoudre ce problème par des décisions prises par des ministres … conseillés par des économistes…

……………………………………

traduction en français – 2ème citation de Keynes:

«Si les dirigeants de ce système capitaliste insistaient à traiter les problèmes de demandes – de pouvoir d’achat – de salaires – comme s’ils étaient les problèmes de l’offre, et faisaient baisser de manière brutale les salaires des travailleurs pour rétablir leur niveau de profit (des capitalistes ndlr)

alors une guerre de classes authentique apparaîtrait et ce serait la prophétie de Karl Marx qui serait vérifiée.»

Alors, pense Keynes, si les ministres et les gouvernements ne prennent pas la mesure qu’il faudrait, en termes d’augmentation du pouvoir d’achat, et pas de baisse de pouvoir déachat

Si les ministres croient que les problèmes d’une demande insuffisante par absence du pouvoir d’achat… dans la population…… sont des problèmes d’offre à ce moment là c’est Marx et des gens dans la rue … et les révolutions qui aura raison

_____

On est en 1932, on est en en Angleterre

En 1932 1933 c’est l’apparition massive en France des ligues d’extrême droite

qui culminera le 6 février 1934 dans la manifestation qui tournera à l’émeute, qui se produira sur la Place de la Concorde, et le pont qui débouche devant l’Assemblée nationale

il y aura 15 morts, 1 mort parmi la troupe, 14 morts parmi les manifestants

Ce sont essentiellement des ligues qui manifestent

Marcel Déat, alors député de la SFIO, écrit en 1934 (Wikipédia): «Le 6 février, place de la Concorde, il y avait des réactionnaires, des fascistes, des petites troupes organisées et courageuses, oui ; mais il y avait aussi une foule énorme de braves gens qui n’avaient pas d’opinion politique mais qui, par contre, avaient des sujets de mécontentement et de colère. Il y avait même des radicaux et des socialistes et s’ils manifestaient c’était contre les saligauds qui déshonorent la République.»

ça c’est le genre de choses qui se produisent quand on ne prend pas le taureau par les cornes: quand on prend des problèmes de demandes pour des problèmes d’offres


L’EXEMPLE TUNISIEN ET LE CONTRE-EXEMPLE ALGÉRIEN

Ce qui s’est passé en Tunisie et ce qui se passe en Algérie donne deux exemples: d’un côté celui d’une évolution vers une solution démocratique, et, de l’autre côté, la persistance d’une impasse politique grave de conséquences.

Pour combler ce manque de « logiciel » (dont fait état l’article de Saoudi, dans algerieinfos), le plus important pour l’Algérie, plus que jamais, est de s’attacher à construire dans l’ action politique et sociale le « logiciel » autonome des forces vives et populaires du pays.

Dans l’exemple de la Tunisie, on voit comment ce logiciel s’est construit et continue à se construire, depuis de longues années de luttes.

K. Selim remarque dans “Le Quotidien d’Oran” l’exemplarité de la Tunisie, où les chances de réussir un vrai fonctionnement constitutionnel ont été multipliées par le «compromis historique tunisien», fruit d’un processus politique avec ses batailles, ses disputes et, en définitive, ses consensus.

À l’opposé , en Algérie, Kharrouri Habib (“Le Quotidien d’Oran”: «La peste et le choléra sont aussi mortels l’une que l’autre») dénonce les «faiseurs d’opinions» qui contraignent le peuple algérien désarmé à assister au spectacle désolant de luttes pour le pouvoir de «prédateurs» aux argumentaires insultants pour l’intelligence du peuple algérien.


LES ALGÉRIENS VEULENT CHANGER DE LOGICIELpar Saoudi Abdelaziz – blog algerieinfos – le 6 février 2013;


UN COMPROMIS HISTORIQUEpar K. Selim – “Le Quotidien d’Oran” – le 6 février 2014;


LA PESTE ET LE CHOLÉRA SONT AUSSI MORTELS L’UNE QUE L’AUTREpar Kharroubi Habib – “Le Quotidien d’Oran” – le 6 février 2014;


[

LES ALGÉRIENS VEULENT CHANGER DE LOGICIEL

par Saoudi Abdelaziz

blog algerieinfos

le 6 février 2013

->http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-les-algeriens-veulent-changer-de-logiciel-122427735.html]

Le constat a été fait de longue date. L’édifice institutionnel officiel de notre pays est « doublé » par un pouvoir réel, exercé de manière oblique à travers un système, qui impose aux Algériens les intérêts contradictoires mais coalisés des clans.

Ce système a-constitutionnel qui commande de manière occulte et oblique les institutions de l’Etat, s’est définitivement affirmé après le décès de Boumediene. Il s’est affermi pendant les mandats du falot Chadli Bendjedid, qui a fait de l’institution qu’il préside la marionnette du nouveau système de pouvoir.

Ce système a ensuite ouvertement pris le pouvoir au cours de la Décennie noire. On l’oublie: « A l’abri » de la fitna et éclairée par le FMI, l’Algérie a été cyniquement soumise à une thérapie du choc, ouvrant la voie au buziness débridé du siècle suivant. Remis en service, Abdelaziz Bouteflika avait joué le jeu: le rôle qui lui a été assigné était de tourner la page, sans bilan, en échange d’un accroissement du poids spécifique de l’institution présidentielle dans la conduite des affaires. De leur côté, les penseurs et experts de l’élite médiatique occupés à penser le nouveau libéralisme à la mode, ont mis le manteau du silence sur les traumatismes économiques et sociaux insensés, imposés aux Algériens, en plus d’une centaine de milliers de morts.

Aujourd’hui, la mode est d’étudier par l’anthropologie le comportement politique de nos concitoyens. On remonte aux siècles obscures du tribalisme ancestral, entre soumission et anarchie, pour décoder les mécanismes d’un phénomène résolument moderne: le carcan antidémocratique, tout à fait universel par lequel la domination des privilégiés veut paralyser les Algériens et fermer la voie de l’accomplissement national.

Ce mode d’exercice a-constitutionnel du pouvoir sert, très visiblement désormais, les intérêt des castes privilégiées, il ne correspond plus aux besoins de la nouvelle Algérie. Infiniment plus complexe que ne le suggèrent les simplifications ethographiques des chroniqueurs médiatiques. Mais aussi, cette communauté nationale du 21ème siècle ne rentre plus dans les moules du prêt à administrer et à contrôler, fabriqués par les officines. Les éléments les plus raisonnables des services secrets avouent l’impuissance du logiciel Boussouf à gérer l’Algérie du 21ème siècle.

Les Algériens savent désormais que l’inefficacité des institutions de l’Etat, à tous les niveaux, est la conséquence de cette utilisation du système par les « privilèges indus », permise par leur influence oblique sur les agents de la puissance publique. Le pays n’est plus conduit rationnellement. En haut et en bas, nul n’est comptable des affaires publiques.

Exprimé dans des formes multiples, en dépit de l’absence d’une agora reconnue, cette prise de conscience est aujourd’hui le phénomène politique majeur dans notre pays. Elle signe l’urgence d’un changement de trajectoire. Et donc d’une nouvelle entente des forces vives nationales pour changer de logiciel.

http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-les-algeriens-veulent-changer-de-logiciel-122427735.html

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TUNISIE – ALGÉRIE

[

UN COMPROMIS HISTORIQUE

par K. Selim

“Le Quotidien d’Oran”

le 6 février 2014

->http://www.lequotidien-oran.com/?news=5193846]

À Tunis, mardi, une opération antiterroriste dans la banlieue de Tunis a entraîné la mort de sept djihadistes dont l’assassin présumé de Chokri Belaïd. L’assassinat de ce dernier, il y a un an, avait été le début d’une forte déstabilisation du processus de transition. La montée des tensions politiques faisait craindre une évolution à l’égyptienne, voire pire… Cela n’a pas été le cas. Et l’action antiterroriste menée aujourd’hui par les services de sécurité tunisiens se fait dans un climat politique beaucoup plus apaisé. Cela mérite d’être relevé et mis au compte de la réussite de la transition politique tunisienne.

Tout n’est pas rose dans ce pays, il est vrai. A commencer par l’économie, la Tunisie étant, de fait, sous supervision du FMI qui a débloqué récemment un prêt de 506 millions de dollars dans le cadre du plan d’aide de 1,7 milliard de dollars accordé en juin au pays pour accompagner sa transition politique. Il y a également le terrorisme qui reste une menace pour le pays. Mais à Tunis la sérénité semble être revenue avec le déblocage politique et l’adoption d’une Constitution, fruit d’un consensus que l’on peut, sans excès, qualifier d’«historique». La transition tunisienne a été retardée par des blocages, parfois purement politiciens, mais elle n’a pas dérivé vers le chaos. Aujourd’hui, tous les acteurs politiques, y compris ceux qui faisaient dans l’obstruction, défendent leur «rôle» dans la confection de la Constitution. «Leur» Constitution ! C’est un sentiment positif. Et sans doute largement justifié pour un texte âprement discuté et débattu, jusqu’aux détails.

C’est cette remarquable capacité à réaliser un «compromis» qui maintient le processus démocratique tunisien sur les rails. Un observateur tunisien avisé fait remarquer qu’en soi, la nouvelle Constitution tunisienne n’est pas plus révolutionnaire que d’autres textes fondamentaux promulgués dans le passé. Il rappelle d’ailleurs que le 7 novembre 1987, en prenant le pouvoir, Ben Ali avait fait une belle déclaration dans laquelle il affirmait que l’époque ne pouvait plus «souffrir ni présidence à vie, ni succession automatique à la tête de l’Etat desquelles le peuple se trouve exclu» et que la Tunisie était «digne d’une vie politique évoluée et institutionnalisée, fondée réellement sur le multipartisme et la pluralité des organisations de masse». On sait ce qu’il en est advenu. Pourquoi il n’en serait pas autrement de la nouvelle Constitution ? Parce que justement elle n’est pas octroyée par le haut, elle est fruit d’une bataille politique et d’une négociation dure et difficile. Où les islamistes d’Ennahda ont tenu compte du principe de réalité et de l’évolution dramatique de la transition égyptienne.

«La Tunisie, aux termes de la Constitution existante ratifiée en 1959, est un Etat indépendant – l’Islam est sa religion, l’arabe est sa langue. Cela nous suffit… Nous ne voulons pas d’une théocratie au-dessus du Parlement. Certains ont tenté d’ajouter la charia à la nouvelle Constitution, et nous avons rejeté ces appels. Les gens ne sont pas d’accord sur la charia, nous devrions donc la laisser de côté». C’est ce qu’a écrit Rached Ghannouchi, leader d’Ennahda, un parti qui a réussi à quitter le gouvernement sans donner l’impression de partir sur une défaite ou un échec. Le compromis historique tunisien a des chances de réussir car il n’a pas été une «sadaka» d’un «leader». Il est le fruit d’un vrai processus politique avec ses batailles, ses disputes et, en définitive, ses consensus. Aujourd’hui, on peut le dire : la plupart des pays arabes ont des Constitutions, mais le seul pays arabe en mesure de vivre dans un vrai fonctionnement constitutionnel, c’est la Tunisie. C’est bien en cela que notre voisin est exemplaire. Et le sera encore… même si rien n’est rose!

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5193846

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ALGÉRIE

[

LA PESTE ET LE CHOLERA SONT AUSSI MORTELS L’UNE QUE L’AUTRE

par Kharroubi Habib

Le Quotidien d’Oran

le 6 février 2014

->http://www.lequotidien-oran.com/?news=5193847]

Le clan présidentiel qui veut à tout prix imposer au pays la reconduction d’un Bouteflika malade et à l’évidence dans l’incapacité d’assumer la charge présidentielle est effectivement un conglomérat de groupes d’intérêts qui ne reculera devant rien pour conserver le pouvoir faute de quoi ses composantes se trouveront exposées à des exigences de reddition de comptes qui les terrifient. Mais celui qui s’agite en s’abritant sous l’ombre de la casquette du général Mediene réunit-il des acteurs plus « clean » et mus par de plus nobles ambitions que ceux du clan présidentiel qu’ils combattent ? Les Algériens ne sont pas dupes des mobiles de l’un et de l’autre conglomérat. C’est pourquoi ils les englobent dans un même rejet et se refusent à croire que la victoire de l’un ou de l’autre apporterait quelque chose de positif pour le pays.

Les alliances qui se nouent et se dénouent en Algérie à l’intérieur du pouvoir se limitent à produire un seul changement : le remplacement de prédateurs par d’autres, et le seul sens de cette alternance à l’algérienne est la mangeoire. En cette fin de règne sordide de Bouteflika, la bataille est féroce entre ceux qui veulent conserver l’accès à cette mangeoire et ceux qui cherchent à les en priver en les remplaçant. Bien entendu, ni le clan présidentiel ni ses compétiteurs au sein du pouvoir ne présentent leur guerre comme ayant pour objectif la mangeoire.

Le premier martèle qu’il n’a de but que la continuité d’une gouvernance ayant apporté la paix, la stabilité et la mise sur rail d’un développement économique et social qui ne peuvent être maintenus et amplifiés que dans la durée qu’apporterait un quatrième mandat pour Bouteflika même handicapé par sa maladie. L’argumentaire d’en face est tout aussi insultant pour l’intelligence des Algériens. Qu’il soit la compilation de griefs en phase avec la vérité et d’accusations impossibles à récuser par le clan présidentiel, il n’en demeure pas moins entaché de discrédit car développé par des groupes ayant à un moment ou à un autre participé eux aussi à la prédation et dont le but ultime est de s’y adonner à nouveau.

Que Bouteflika par conséquent l’emporte sur le général Toufik ou l’inverse, ce qui changera peut-être c’est uniquement l’identité de celui qui présidera à la grande prédation. Pas même ceux qui seront appelés à y prendre part tant l’opportunisme de ceux qui y aspirent leur rend aisé le basculement quand il faut du camp du perdant vers celui du gagnant. Ce spectacle les Algériens y assisteront écœurés dans les semaines à venir quand la décantation se produira au niveau du rapport de force au sommet du pouvoir. C’est pourquoi il est proprement abject que des « faiseurs d’opinions » prétendument militants pour la rupture avec les fausses alternances qui découlent systématiquement des guerres de clans du pouvoir, suggèrent aux Algériens ou les somment carrément à soutenir l’un ou l’autre camp.

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5193847

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CERCLE NEDJMA: RÉPONSE à L’INTERVENTION DE KSENTINI SUR LES RELATIONS ALGÉRO-MAROCAINES

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ردا على مداخلة قسنطيني في ما يتعلق

بالعلاقات الجزائرية المغربية


مكلف من السلطة بالدفاع عن حقوق الانسان،السيد فاروق قسنطيني الذي يحيد عن دوره في حماية تلك الحقوق،وينتهكها هو نفسه بدعوته إلى قطع العلاقات الدبلوماسية بين الجزائر والمغرب، مع العلم أن مناضلي حقوق الانسان في الجزائر أو خارجها قد درجوا على عدم إعطاء أي قيمة لتدخلاته

ندرك وأن الحكومتان الجزائرية والمغربية ومنذ وقت طويل تجدان صعوبة في تجاوز خلافاتهما ومناوشاتهما الدبلوماسية، التي تغذيها خطابات الكراهية التي تستهدف تحويل الأنظار عن القضايا الأساسية التي توحد شعوب المنطقة، ولكن الكثيرون في البلدين يسعون لتجاوز الشوفينية الرسمية، متمسكين ومفضلين العلاقات والروابط الكثيرة التي تجمع وتقرب الشعبين الشقيقين

لا ينبغي أن تزيد المأساة السورية من تأزم العلاقة بين الشعبين، بل بالعكس أن تكون فرصة للتضامن من جديد بين الشعبين الذين كانا دائما في معاناة من الأنظمة التسلطية

الحادث الأخير الذي يتعلق بحركة تنقل اللاجئين السوريين بين الحدود بين البلدين يتطلب معالجة بالحوار والتفاهم، ملتزمين في ذلك بقواعد حسن الجوار، وحسن النوايا، المعروفة جيدا في القانون الدولي. إذ أن إجراء تحقيق جدي، بالإستعانة بوثائق السفر التي يحملها اللاجؤون يمكن التوصل الى فهم ما حدث، وبشكل مناسب

في الانتظار نتمنى أن يحرك انشغال حقوق الانسان والحس الانساني الطرفين إلى تبني حلولا ايجابية للتكفل باللاجئين وحمايتهم على الحدود وفي البلدين


Réponse à l’intervention de Ksentini

sur les relations algéro-marocaines


Chargé par le pouvoir de répondre aux accusations dont il est l’objet pour sa violation des droits humains, M° Farouk Ksentini sort de son rôle pour préconiser la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc. En Algérie comme ailleurs les militants des droits humains ont appris à n’accorder aucun crédit à ses interventions.

Les gouvernements algérien et marocain ont, depuis trop longtemps, du mal à éviter les tensions alimentées par des discours haineux qui visent à détourner des questions essentielles du devenir des populations.

Nombreux, dans les deux pays, sont celles et ceux qui cherchent à dépasser un chauvinisme officiellement entretenu et privilégier les nombreux facteurs de rapprochement entre les deux peuples. Le drame syrien ne doit pas ajouter à ces tensions et doit être au contraire l’occasion de solidarités renouvelées à l’égard de populations qui ont toujours été laissées pour compte par les pouvoirs autoritaires.

Le dernier incident relatif aux mouvements de réfugiés syriens aux frontières des deux pays peut et doit être réglé en engageant des discussions, conformément aux règles de bon voisinage et en application de la règle de la bonne foi, bien connue en droit international.

Une enquête menée de bonne foi, à l’aide notamment des documents de voyage des réfugiés concernés peut aider à déterminer les faits, à un niveau approprié.

En attendant nous souhaitons que le souci des droits humains anime les deux parties et permette de prendre des mesures de protection de tous les réfugiés aux frontières des deux pays.


À l’initiative du Cercle Nedjma :

Madjid Benchikh, Ahmed Dahmani, Mohammed Harbi, Aïssa Kadri

03 février 2014.

LE SACHET DE LAIT ….. ET LEUR VACHE!

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le 4 février 2014

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Durant les années quatre vingt les néolibéraux dans notre pays ont mené des attaques

Contre le secteur public et ses défenseurs, traitant le peuple d’assisté et de profiteur

De la vache à lait que sont les hydrocarbures.


Plus de deux décennies plus tard la vache ne s’est pas tarie sauf que maintenant il n y a

Plus d’industrie, le chômage bat son plein et le lait manque terriblement……

Mais pas pour tous !!!

Maintenant à la vache on arrache le lait uniquement pour une caste directement dans des

Banques à l’étranger et dans des conteneurs d’importation de biens de consommation

La vache coule en abondance

Elle n’est pas folle

Ils détournent son lait

Mais dans leurs casseroles

Ces nouveaux roitelets

Pilleurs de sous sol

Il viendra votre jour

Campradores, il viendra le jour

Ou cessera ce vol

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« FIGURES DE LA RÉVOLUTION AFRICAINE » De Kenyatta à Sankara – LIVRE de SAÏD BOUAMAMA

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Saïd Bouamama

ZONES – 325 pages – 23,00 €

Jomo Kenyatta, Aimé Césaire, Ruben Um Nyobè, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara… ces noms réapparaissent aujourd’hui. Avec l’atmosphère de révolte que l’on sent monter aux quatre coins du monde,
ces figures majeures de la libération africaine et de la pensée en action
suscitent un intérêt croissant dans les nouvelles générations.


Jomo Kenyatta, Aimé Césaire, Ruben Um Nyobè, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara…

Longtemps regardés avec dédain par ceux qui, au cours des trois dernières décennies, décrétèrent la mort du tiers-mondisme et le triomphe du néolibéralisme, ces noms réapparaissent aujourd’hui. Avec l’atmosphère de révolte que l’on sent monter aux quatre coins
du monde, ces figures majeures de la libération africaine suscitent un intérêt croissant dans les nouvelles générations.

Constatant qu’ils sont trop souvent réduits à des icônes, Saïd Bouamama redonne corps et chair à ces penseurs de premier plan qui furent aussi des hommes d’action.

Leurs vies rappellent en effet que la bataille pour la libération,
la justice et l’égalité n’est pas qu’une affaire de concepts et de théories: c’est aussi une guerre, où l’on se fourvoie parfois et dans laquelle certains se sacrifient.

S’il ne cache pas son admiration pour ces figures rebelles, dont la plupart moururent effectivement au combat, Saïd Bouamama n’en fait pas des martyrs absolus: la pensée en action est toujours située, incertaine, inachevée.

C’est pourquoi ce livre s’attache, avec beaucoup de pédagogie, à inscrire
ces parcours dans leurs contextes sociaux, géographiques et historiques.

On comprend mieux dès lors comment
ces hommes, qui ne vécurent pas tous sur le continent africain mais furent tous confrontés à l’acharnement
des puissances impériales, cherchèrent les armes pour sortir l’Afrique de la nuit coloniale et faire émerger une nouvelle universalité.

À l’heure où l’on se demande comment avoir prise sur le monde, ce portrait politique collectif rappelle qu’il a toujours été possible, hier comme aujourd’hui, de changer le cours des choses.


Saïd Bouamama est sociologue et militant associatif. Engagé professionnellement et personnellement dans les luttes d’émancipation dans toutes leurs dimensions, il est notamment l’auteur de

  • “Les Discriminations racistes: une arme de division massive” (L’Harmattan, 2010)
  • et “La France. Autopsie d’un mythe national” (Larousse, 2008).
  • Avec le Collectif Manouchian dont il est un des animateurs, il a établi un “Dictionnaire des dominations de sexe, de race, de classe” (Syllepse, 2012).

Contact presse :

Marion Staub

Tel : 01 44 08 84 22

e-mail : m.staub@editionsladecouverte.com


ALI LAÏMECHE : UN MILITANT MORT À LA FLEUR DE L’ÂGE

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par SADEK HADJERES [[Sadek Hadjerès est médecin de formation. très tôt engagé dans l’action politique, il est d’abord militant du PPA avant de rejoindre le PCA, dont il devient un des responsables qui discutent avec Abbane Ramdane les rapports entre le FLN et le PCA. Après l’indépendance, il est un des jeunes responsables du PCA semi-clandestin.

Après le coup d’état de Boumediene, il plonge dans la clandestinité totale. Il est un des artisans de la création du PAGS sur les débris de l’ORP.

Il est resté premier secrétaire du PAGS clandestin jusqu’au premier congrès légal de ce parti en 1990 qui a vu son sabordage. Sadek hadjerès a vécu une cinquantaine d’années entre clandestinité et exil.
]]

[Revue de l’ACB

ACTIVITÉS ET CULTURE BERBÈRES N°58/59->http://www.acbparis.org/index.php?option=com_content&view=article&id=144:revue58-59&catid=91&Itemid=479]

Ali Ichar’iwen, Laimèche selon l’état civil donné par la France, m’a laissé un des souvenirs parmi les plus lumineux et les plus douloureux à la fois que j’ai gardés de ma période de militantisme au PPA, de 1944 à 1949.

Je l’ai connu et côtoyé au lycée de Ben Aknoun d’Octobre 1944 à juin 1945. Il n’est pas revenu au lycée en Octobre 45 puisque, recherché pour ses activités patriotiques en Grande kabylie,’il avait opté pour la clandestinité dans les monts et «thouddar» de sa région natale, avec d’autres compagnons du « groupe de Ben Aknoun ».

Je suis néanmoins resté en relations orales avec lui au cours de l’année scolaire 1945-46 par l’intermédiaire de militants du lycée qui le voyaient à l’occasion des vacances scolaires. Nous avions convenu de nous revoir au cours de l’été 46, à la fois parce que notre amitié nous en donnait fortement envie et que nous espérions discuter de certains thèmes politico-culturels (notamment notre position à l’égard des médersas libres) restés en suspens au printemps de la même année.

Dans la deuxième semaine d’août 1946, me parvenait à Larbâa beni Moussa (dans la Mitidja) une lettre envoyée de Tizi Ouzou par Amhis Belkhir, un autre ami proche qui s’occupait du mouvement lycéen à Alger. Je croyais qu’elle allait m’annoncer le rendez vous convenu et tant attendu. Comme si la foudre s’était abattue sur moi en ce mois d’août étouffant, il m’annonçait la mort Sadek Hadjerès (à gauche) en 1947 accompagné de Mohand Idir Aït-Amarane au maquis de notre cher Ali. Il me parlait aussi de ses obsèques, qui avaient été grandioses, de sorte que je ne pus même pas aller atténuer cette douleur en lui rendant de près un dernier hommage en compagnie de ses proches frères de combat.

Je mis longtemps à me remettre de cette peine car c’était pour moi le premier compagnon tombé dans la lutte, le premier d’une liste interminable qui ne fera que s’allonger au fil des années. En définitive, je ne l’ai donc connu directement que très peu, l’espace d’une année scolaire et un peu plus. Mais c’était une période tellement exaltante, tellement ouverte à tous les espoirs et notre fraternité de lutte était si intense, que jamais son souvenir ne m’a quitté. Il sera au cours des moments noirs des décennies suivantes comme une des flammes qui me donneront courage et réconfort dans les épreuves difficiles, comme s’il continuait toujours la lutte à nos côtés.

Et pourtant, de 1946 à 2006, ce fut soixante années de contextes et de conditions socio-politiques très différentes les unes des autres et les comportements des combattants de 1945-46 se sont naturellement diversifiés. Si le souvenir en est resté aussi lumineux aujourd’hui dans la tête et le cœur de ses compagnons et de ses concitoyens, c’est qu’à nos yeux il a incarné à ce moment là des valeurs de base, des repères et des qualités reconnues par nous comme nécessaires pour mener à bien la mise en œuvre d’idéaux désintéressés.

En premier lieu un esprit de sacrifice, de dévouement et d’altruisme. Ces sentiments étaient massivement présents à l’époque dans notre société, mais ils nous sont apparus plus tard d’autant plus précieux que les décennies suivantes les ont vu se raréfier au fur et à mesure que les situations devenaient plus complexes et décevaient nombre d’espoirs initiaux.

Une de ces premières déceptions fur la crise de 1949, dont Laïmèche a eu la chance de ne pas en ressentir l’immense amertume. Mais je suis certain qu’il aurait, au cours de ces circonstances, fait preuve de l’énergie et de l’intelligence que nous lui avions connues. Nul ne peut savoir comment exactement et concrètement ces qualités se seraient manifestées. Qu’on nous laisse cependant la pensée réconfortante qu’elles l’auraient honoré telles que l’avaient honoré certaines de celles qui nous avaient impressionnés à Ben Aknoun.

Au physique, Laïmèche donnait à ceux qui l’approchaient une forte impression d’énergie et de vivacité qui cherchaient à tout moment à s’exercer. Non comme une boule de nerfs mais comme l’expression d’une solide et infatigable résolution, je dirais aussi de volontarisme.

Bien plus tard, j’ai eu la surprise de découvrir la même expression dans un profil de Jugurtha, un des rares qui nous soient parvenus, sur la face d’une monnaie de l’époque romaine. Cela correspondait bien à son tempérament, à la fougue qu’il montrait dans ce qu’il faisait ou disait. Correspondait aussi à l’attachement viscéral envers la cause de son peuple, comme si ce dernier s’exprimait à travers lui de façon crue et sans fioritures.

Je ne me souviens plus à qui était attribuée la paternité du chant «Nekwni s’ilemezyen el Dzayer», mais les paroles directes et concrètes m’en paraissaient tout à fait adaptées à son profil, qui le différenciait de la poésie tout aussi vigoureuse mais élaborée de Ait Amarane, influencé lui, par le romantisme historique de la culture allemande. Chez Laïmèche, la sensibilité et la colère patriotiques étaient à vif, comme chez les jeunes qui s’écriaient «…D’atrouzi nougi at neqbel, axiragh l’mouth wala edhel» ou encore «a lejdoud a widh yemouthen, âf ennif t’mourth âzizen, agh eqaren atsetrouzim»!

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Il y avait même des moments où son indignation bouillonnante m’avait paru atteindre un seuil insoutenable. Un jour, il parlait des mendiants qu’on voyait affalés d’épuisement et de faim sur les trottoirs et sous les arcades de la rue de la Lyre: «Qu’est ce qu’ils ont à être ainsi; mourir pour mourir, qu’ils se dressent au lieu de se laisser aller à la fatalité et à l’humiliation». J’ai été plutôt atterré de l’appréciation injuste et irréaliste, qui dépassait certainement sa pensée.

Un autre aspect de sa personnalité relativisait heureusement à mes yeux l’excès de ce moment d’exaltation.

Il était imprégné d’un esprit rationaliste poussé au possible, ne concevait pas de démarche fondée sur autre chose que la science et la raison, les considérant comme l’instrument incontournable et nécessaire de l’émancipation et de la libération de la société et de la nation. «Vous ne croyez donc pas à la science et à ce qu’en disent vos livres?» nous dit-il un jour durant une récréation dans le parc du lycée, pour répondre à l’inquiétude qu’occasionnait à notre groupe l’expérience «scientifique» bizarre qu’il était en train de mener! Il avait relié une ligne électrique du parc à la toiture en tôle ondulée d’un des baraquements laissés là par les troupes anglaises qui occupaient le lycée les années précédentes. Et la toiture tressautait dans un vacarme épouvantable qui ne le décourageait pas. C’était bien Laïmèche, sa confiance inébranlable dans la science, qu’il opposait à l’obscurantisme ou au confusionnisme dont nous observions déjà des signes inquiétants dans certains milieux du mouvement national.

Je serais tenté aujourd’hui de qualifier cet engouement de «scientisme», avec les excès et dérives de ce genre d’approche quand il est poussé à l’absolu. Mais nous en étions tous plus ou moins imprégnés à l’époque, du moins ceux qui s’exprimeront plus tard dans le mouvement de contestation en 1948-49. C’était naturel avec l’itinéraire qui était le plus souvent le nôtre, nous étions assoiffés d’arracher aux colonialistes les instruments culturels et techniques qui leur avaient permis de nous asservir. L’expérience se chargerait plus tard d’arrondir les angles des rigidités dogmatiques.

Avec le recul, je perçois aujourd’hui chez Laïmèche ce qui lui aurait probablement évité plus tard ce genre de dérives. Il était aussi mobile et souple dans ses comportements, capable d’humour et comédien à ses heures. Ses amis me racontaient avec force rires comment il animait les représentations du groupe scout de Miliana. Au cours de l’une d’elles, alors qu’il figurait un chef Sioux de tribu indienne et qu’un des acteurs tardait à faire son entrée, Laïmèche tout en continuant sa danse rituelle s’adressait avec insistance à son protagoniste sur scène «Rouh awithid, rouh awithid!» (va le chercher, va le chercher» phrase kabyle qui pour les arabophones de Miliana passait pour un pur accent indien.

C’est avec talent qu’il nous lisait aussi, en ironisant, les articles et éditoriaux dans «Liberté» du communiste Amar Ouzegane, dont on sait qu’à l’époque il poussait la différenciation envers le courant nationaliste du PPA jusqu’à l’hostilité. De même maniait-il la dérision en lisant de façon qui se voulait élogieuse un éditorial de «Fraternité» organe socialiste français qui vantait les avantages de la récente ordonnance gaulliste du 7 mars 44, offerte aux «indigènes» les plus «évolués», en attendant bientôt les offrandes sinistres du 8 Mai 45. Rappelons que l’organe des «Amis du Manifeste» s’appelait quant à lui «Egalité». Tout le triptyque de la République française nous était ainsi servi. Bien entendu, «l’Action» (organe clandestin du PPA) pesait dans nos esprits d’un poids infiniment plus sérieux, inversement proportionnel à l’aspect fragile de sa feuille recto-verso mal ronéotypée.

Lectures marxistes

et fond politique de Laïmèche?

Je ne suis pas en mesure de dire concrètement quelles étaient ses lectures préférées. En 1944-45, il m’avait parlé de Saïd Boulifa (« Le Djudjura à travers les siècles »). En 1945-46, il n’est pas exclu qu’il ait eu la possibilité de lire des œuvres marxistes car elle commençaient à être présentes sur le marché, alors que plutôt rares auparavant. Son esprit rationnel et scientifique devait certainement l’appeler à rechercher et étudier ces œuvres. <em>De gauche à droite: Amar Ould-Hamouda et Ouali Bennaï</em> » align= »left » />  Moi-même, c’est à partir de 1946 que j’ai pu lire ce qu’il y avait: ainsi Mabrouk Belhocine, bibliothécaire du bureau de l’AEMAN a fait des achats sur ma proposition, car j’étais, avec lui, animateur de débats et conférences à partir de ma première année d’études à la Fac d’Alger (oct. 1946).<br />
<br />C’était une période faste pour les débats où chacun essayait d’apporter tout ce que lui permettait son itinéraire social et culturel pour contribuer à une conscience nationale et politique alors en cours de gestation. Même Benbella et M’hammed Yazid étaient venus nous féliciter au boulevard Amirouche puis à la Place de la Lyre pour ces efforts.<br />
<br />la bureaucratie MTLD a donné plus tard un coup de frein à ces efforts; avec un anti-intellectualisme maladif, ils y voyaient évidemment un risque pour leur hégémonisme petit bourgeois, qui prendra de plus en plus une tonalité arabiste primaire, à ne pas comparer avec ce que sera plus tard l’arabisme des années 1950.</p>
<p>Pour l’anecdote, nous espérions tirer de ces lectures des arguments contre certaines positions du PCA à ce moment là (entre 1943 et début 1946). Mais nous étions effectivement intéressés et séduits pas les aspects rationnels, sociaux et démocratiques, notamment en matière de politique linguistique. Bennaï Ouali, en particulier, appréciait ce dernier aspect en URSS et il lisait ce que publiait à ce propos la revue mensuelle <em>« Etudes soviétiques »</em>. Je signalerai encore qu’au début des années 1950, j’avais donné à Ouamrane au cours d’une rencontre organisée par Akli Saïd sur les hauteurs de Telemly, l’ouvrage: <em>« L’Obkom clandestin à l’oeuvre »</em> qui relatait comment la résistance s’était organisée en Biélorussie contre l’occupation allemande.</p>
<h2>« Associations » estudiantines<br />
<br />successives reliées au PPA</h2>
<p>Je ne peux rien dire d’assez précis sur une « association » à Bouzarèa et à Miliana pour 1943 et 1944. Par contre, je peux parler seulement de la cellule étudiante PPA constituée à Ben Aknoun à partir de la rentrée d’octobre 1944. Elle comprenait des éléments venus de Miliana mais aussi d’autres comme moi-même qui ai adhéré au PPA à partir de mes contacts à Larbaa et Alger-Casbah. Il s’agissait bien de cellule PPA et non d’associations sur la base  de sensibilités culturelles; certes il y avait une majorité de Kabyles étant donné la vocation géographique de ce lycée (à la différence du collège de Blida où j’étais moi-même  en 1941-42 dans les petites classes et où se trouvaient les Benkhedda, Dahlab, Yazid, Abbane, Boumendjel, Ali, etc. dans les classes préparatoires au bac). Mais le contenu de nos activités étaient nationaliste, algérianiste, et non « berbéro-nationaliste ». Cette connotation fortement « berbériste » a été insidieusement introduite après coup par les dirigeants MTLD qui voulaient faire croire à un courant régionaliste. Il suffit de lire les paroles de <em>«Ekker a miss en Mazigh»</em> créé en janvier ou février 1945 à ce lycée pour s’en rendre compte.</p>
<p>Nous ne percevions pas du tout ce chant en opposition à <em>«Min djibalina»</em>  ou <em>«Fidaou l djazair»</em>, au contraire.<br />
<br />Le premier choc en 1947 à ce sujet fut le fait des chauvins «arabistes» qui, au gala de l’AEMAN, s’avisèrent de faire sauter le chant <em>«Ekker a miss en Mazigh»</em> du programme, alors que jusque là il n’avait jamais suscité de heurts, y compris quand il était chanté dans les régions arabophones. les couches populaires étaient à ce sujet autrement plus ouvertes que les pseudo-instruits petits bourgeois qui attisaient ce genre de défiance comme fonds de commerce démagogique.</p>
<p>Quant à l’appellation «groupe de Ben Aknoun», nous ne nous ressentions pas comme tels, l’appellation est venue après coup, notamment chez les historiens qui ont constaté de façon rétrospective le rôle joué par les militants de ce lycée, en particulier dans l’implantation, l’organisation et le niveau de formation politique exemplaire du PPA en Kabylie, ainsi que leur influence décisive dans l’initiation de la création de l’OS en 1947, malgré les réticences de cercles dirigeants tièdes sur cette question y compris autour de Messali.</p>
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J’ajoute enfin que le lancement de la cellule de Ben Aknoun n’était nullement un projet berbériste, elle a été lancée par Abdallah Filali, un permanent de longue date du PPA (il sera plus tard assassiné comme messaliste en France durant la guerre de libération).

Autour du Congrès des AML

Je n’ai pas de souvenir précis concernant la participation de Ait Ahmed et Laïmèche à ce Congrès mais elle était vraisemblable car nous avons eu des compte-rendus et des commentaires dans une certaine fébrilité tenant à l’importance de cet événement. Par rapport à cette importance, la nature de ceux qui y ont assisté n’était pas notre préoccupation. En ce qui concerne la participation de Ali Yahia Rachid, je ne peux dire ni oui, ni non: à quel titre: délégué? observateur? Je ne peux avoir d’avis à ce sujet, ne sachant pas dans quelles conditions cela se déroulait.

J’ajoute que je ne m’intéressais pas beaucoup aux détails organiques de ce genre car, quoique participant à la vie politique de la cellule de Ben Aknoun, mes activités organiques étaient surtout tournées vers la section PPA de Larbâa où je me rendais la plupart des week-ends. Accessoirement, à Ben Aknoun, je suivais la formation des plus jeunes, les initiant et les sensibilisant au mouvement SMA pour qu’ils puissent répercuter cela dans leurs localités d’origine.

Épisode de l’interpellation

de Khellil en mars 1946

je sais à ce propos ce que j’ai entendu par ouï-dire; il est fort possible que ces tiraillements aient eu lieu à propos des questions identitaires. mais il me semble, d’après ce que j’ai entendu par Bennai Ouali, Amar Ould Hammouda et Henine Yahia, que les griefs les plus sérieux du district de Kabylie envers la direction du MTLD étaient liés à des questions de prérogatives organiques, en ce sens que certains dirigeants algérois empiétaient sur l’organisation du district en tentant de court-circuiter certains secteurs et y faire passer des orientations aventuristes ou irresponsables qui risquaient d’exposer inutilement à la répression colonialiste et de porter tort aussi bien à l’organisation qu’aux populations. Tout cela en plus de l’ordre irréfléchi d’insurrection pour le 23 mai 1945, heureusement annulé in extremis.

Ordre d’insurrection du 23 mai

et militants de Ben Aknoun

Je crois que Ait Amrane a bien raconté dans sa brochure sur Ben Aknoun comment quelques militants originaires ou résidants de Kabylie ont été sollicités pour ces préparatifs d’insurrection. personnellement, j’étais à Larbâa durant les quelques jours de congé qu’on nous avait donné à l’occasion de l’armistice de la guerre mondiale.

Quand je suis revenu au lycée, j’ai constaté effectivement l’absence de quelques uns d’entre nous, sans en avoir l’explication et je m’inquiétais qu’ils aient pu être arrêtés durant les vacances en Kabylie dans le climat général répressif. je les ai vus ensuite reparaître peu avant les épreuves du bac et là, nous avons eu les explications à demi-mot seulement, étant donné que ce n’était pas le genre de choses à claironner. Quant à la «défection» de Chibane, ce que j’ai eu plus tard comme information était qu’il était revenu en expliquant qu’il n’avait pu convaincre personne dans sa région de l’opportunité d’un soulèvement armé à ce moment là. Ce n’est pas impossible. Est-ce dû à un manque de conviction de sa part su la pertinence de l’ordre ou à des réticences locales, peut-être faut-il lui poser la question? À l’époque, il a toujours continué à militer, et nous étions ensemble en 1945-1946 en Math-Elem à Ben Aknoun puis en 1946-1947 en année de PCB (propédeutique médicale) avant qu’il n’aille en octobre poursuivre ses études en France.

Participation à la manifestation

du 1er mai à Alger

je ne sais pas si Laïmèche a participé ou non à la manifestation, auquel cas en infraction à la consigne qu’aurait été donnée par Bennai Ouali que les lycéens
n’y participent pas. En tout cas les responsables ne nous en ont pas parlé et si Laïmèche y a été, il a dû trouver une raison de s’absenter si c’était un jour de scolarité, ce dont je ne me souviens pas.

Je me rappelle seulement que c’est Amar Bentoumi, maître d’internat, qui nous en a parlé le soir même, cependant que Bennai Ouali est venu lui aussi mais peut-être le lendemain nous en informer également: il avait un pansement sur le front car il était aux premiers rangs et une balle l’avait éraflé.

j’en viens maintenant à un point qui se situe en dehors des questions posées et que j’ai évoqué à propos d’un thème resté non discuté entre Laïmèche et moi en 1946; le fait que sa disparition prématurée à l’âge de 19 ans ne nous ait pas permis d’en discuter comme nous en étions convenus pour l’été 1946 m’a laissé un sentiment de frustration qui a pris encore plus de sens quelques années plus tard à l’occasion de la crise de 1949.

je suis sûr que Laïmèche aurait été sensible à mes arguments, à en juger par les positions prises, à ce moment de crise, par ses compagnons de lutte les plus proches qui nous avaient demandé en 1948 de rédiger la plateforme doctrinale qu’ils voulaient soumettre au CC du PPA. Ils en avaient approuvé les orientations telles qu’exprimées dans la brochure «l’Algérie libre vivra» éditée vers juin 1949 alors qu’ils étaient emprisonnés.

La question des rapports entre berbérité, arabité et nation y étaient clairement précisés. En 1946, les choses n’étaient pas encore formellement clarifiées chez la plupart d’entre nous et nos aspirations démocratiques n’avaient pas encore trouvé leur expression en termes de doctrine, le point d’accord fondamental étant essentiellement «L’indépendance» à conquérir par la mise en mouvement du peuple, y compris par les armes.

Au retour des vacances scolaires (d’hiver ou de Pâques, je ne m’en souviens plus), un condisciple revenu au lycée après avoir rencontré Laïmèche m’a dit de sa part, entre autres salutations et recommandations, qu’il valait mieux ne pas poursuivre une collecte de fonds (très modeste pour nos bourses de lycéens) en faveur d’une médersa libre.

J’avais en l’occurrence, activité très marginale de ma part par rapport à tout ce que je faisais d’autre, fait circuler des tickets d’un carnet de souscription pour la fête annuelle de la medersa libre de Larbâa, qui travaillait en étroite collaboration avec notre groupe scout local; comme militants du PPA sur place, nous la soutenions, comme c’était le cas à travers toute l’Algérie où une rivalité un peu sourde, quelquefois vive, opposait PPA et Ouléma pour l’orientation de ces médersas.

À Larbâa, le rapport des forces sur ce point était moitié moitié, j’avais énormément bataillé pour que le groupe scout ne tombe pas sous la tutelle traditionaliste et quelque peu obscurantiste, et le conseil d’administration du complexe «Scouts, Médersa et Nadi-i-islah avec sa salle de prières» me soutenait, grâce à la compréhension du duo Boumendjel Père (UDMA) et Sahraoui Mustapha (MTLD).

de plus, l’enseignant principal de la médersa, Cheikh Mohammed, était moderne et ouvert, j’entretenais des relations non seulement correctes mais cordiales avec lui: les scouts de mon groupe avaient chanté (une année plus tard) des hymnes en kabyle à la fête annuelle publique du groupe sans qu’il ne se soit élevé un signe de désapprobation, alors qu’à Alger les protagonistes d’un nationalisme arabiste chauvin sabordaient en catimini ce genre de travail culturel.

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la remarque de Laïmèche ne m’ayant été rapportée que de façon vague et n’en comprenant pas les raisons, j’ai fait répondre à Ali que nous en discuterions à l’été. Je me perdais en conjectures sur le sens de la remarque. N’ayant pas remarqué chez mes compagnons, en dehors de boutades et plaisanteries sans grande portée, d’hostilité dans le passé aux manifestations de culture arabe ou islamique, j’écartais cette hypothèse. c’est dans des médersas des hauts de Bab El Oued, par exemple, qu’il m’est arrivé de rencontrer Aït Ahmed plus tard.

Je me suis donc dit qu’il y avait deux explications possibles à cette recommandation. l’une était d’ordre activiste, il craignait peut-être que ces collectes ne fassent diversion «réformiste» à notre travail d’agitation.

L’autre était qu’il sous estimait peut-être l’utilité de ce travail comme appui aux efforts que nous faisions pour gagner à une perception révolutionnaire de la cause nationale des éléments arabophones ou islamiques sensibles à ces aspects culturels.

la préoccupation en était sans doute moins présente dans les monts de Kabylie où l’enracinement du PPA dans la société avait un caractère plus séculier, mais il n’en exigeait pas moins le respect de nombre de valeurs traditionnelles dont je sais, l’ayant vécu avec eux notamment en 1948 à l’occasion de notre rencontre de Arous, que mes camarades sur place en tenaient le plus grand compte.

Si notre rencontre de l’été 1946 avait eu lieu, c’est ce que je lui aurais dit, bien que mon expérience à ce sujet n’avait pas encore atteint la maturité et l’expérience acquise les années suivantes.

Une des confirmations m’en est venue à l’occasion de la crise de 1949: ce sont des militants arabophones, membres de l’OS et sympathisants de la médersa de Larbâa qui ont protégé en connaissance de cause le transport et le stockage de brochures «L’Algérie libre» que la direction du MTLD voulait saisir et détruire. Ce sont eux également qui ont fait échouer piteusement la condamnation que Lahouel lui-même et Saïd Lamrani étaient venus prononcer contre les «berbéristes».

Le même scénario s’est déroulé à Tiaret où ils se sont cassés les dents dans leur tentative de condamner Aït Amrane: là aussi, les militants avaient eu la démonstration que nos positions étaient vraiment nationales, démocratiques. Ils n’ont pas cru un seul mot des calomnies répandues sur nous.

Ce sont les positions que nous avons défendues dans notre plate forme doctrinale de 1948-49. Si elles avaient pu être débattues largement dans le MTLD, beaucoup de choses auraient été autres dans la suite du mouvement national…

Sadek Hadjerès

octobre 2007


Les photos, sauf la première, sont tirées du livre «Chronologie du mouvement berbère» de Ali Guenoun.


PARIS – 8 & 9 FEVRIER: NAQD AU MAGHREB DES LIVRES

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Téléchargez ici le pré-programme (à jour au 22.01.2014)

http://www.coupdesoleil.net/pdf/l0220114155111.pdf


Chers ami(e)s, auteur(e)s, lecteur(trices)s, abonné(e)s,

La revue NAQD sera présente au Maghreb des Livres des 8 et 9 février 2014, Mairie de Paris.

Nous serions heureux de vous y retrouver pour vous remettre en mains propres le dernier né de la collection « La nouvelle donne géostratégique. Maghreb/Machrek. Sahara/Sahel ».

Aidez-nous en diffusant l’info dans vos réseaux.

Avec toute notre amitié

Daho Djerbal

Editor Publisher

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Nouvelle donne géostratégique

aux Maghreb-Machrek, Sahara-Sahel

31ème numéro de la revue NAQD

«C’est un numéro qui fera date.» Le professeur Daho Djerbal en fait une promesse.

NAQD, la célèbre revue d’études et de critique sociale sort son 31e numéro. Un numéro aux avant-goûts apocalyptiques, suintant le «printemps arabe» dont il saisit les intonations, racle les undergrounds, identifie les enjeux et surtout les menaces pesantes (dépeçage, dénationalisation des Etats, etc.), et fait la part belle aux stratégies nouvelles des «puissants» de ce monde et que charrie dans son sillage la présente séquence historique. NAQD se consacre entièrement à la nouvelle donne géostratégique au Maghreb-Machrek, Sahara-Sahel, à grands renforts de chercheurs, académiciens, sociologues, historiens, hommes politiques… de tous bords et à la qualification et la renommée indéniables.

Il en est ainsi d’Alain Joxe (Le bout du rouleau et la démocratie), de Georges Corm (Religion et politique : une relation perverse), de Gérard Chaliand (Les enjeux de l’échiquier au Proche et Moyen-Orient : un état des lieux), de Saïda Bedar (La stratégie des Etats-Unis en Irak et dans la région du Golfe), de Salim Chena (L’Etat dans les relations transnationales. Le cas de l’espace saharo-sahélien), de Bernard Genet (Nouvelle approche de la géostratégie africaine), d’André Bourgeot (Sahara : espace géostratégique et enjeux politiques), de Damien Deltenre (Gestion des ressources minérales et conflits au Mali et au Niger), de Raphaël Granvaud (De l’armée coloniale à l’armée néocoloniale et Interventions militaires françaises en Afrique. Nouvelle donne géopolitique), Manlio Dinucci (Le dépeçage de la Libye et Les missionnaires de l’Africom), Tewfik Hamel (De la «LongWar» à l’«Asia-Pacific Pivot» : vers la non-centralité de la guerre irrégulière ?).

Engagement anti-impérialiste en bandoulière, qui ne se dément pas, Daho Djerbal veut tirer les «leçons» du chaos programmé ou déjà en cours.
«Car la menace de déstabilisation des Etats, résume-t-il, de remise en question des souverainetés territoriales et nationales pèse de tout son poids sur notre présent et notre futur immédiat.» A bon lecteur…

[Mohand Aziri

El Watan

le 23 janvier 2014
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NAQD N°31 – LA NOUVELLE DONNE GÉOSTRATÉGIQUE