CES VOIX QUI S’ ÉLÈVENT CONTRE LE GAZ DE SCHISTE

Hocine Malti


[UNE NOUVELLE DÉMONSTRATION CONCRÈTE de HOCINE MALTI entretien – Le Quotidien d’Algérie – le 15 juin 2014;

Hocine Malti: « Exploiter le gaz de schiste pour l’Algérie équivaut à se tirer une balle dans le pied»;
->#2]


CES VOIX QUI S’ ÉLÈVENT CONTRE LE GAZ DE SCHISTEEl Watan le 13 juin 2014;



Hocine Malti

[

UNE NOUVELLE DÉMONSTRATION CONCRÈTE

DE HOCINE MALTI

Extraits d’un entretien

Hocine Malti: « Exploiter le gaz de schiste pour l’Algérie équivaut à se tirer une balle dans le pied »

Rédaction – Le Quotidien Algérie

le 15 juin 2014

->http://lequotidienalgerie.org/2014/06/15/31021/]

Vous avez appelé les Algériens à s’indigner et à contraindre le pouvoir à revenir sur sa décision d’exploiter le gaz de schiste. Entretemps, Abdelmalek Sellal a dit que l’exploitation du gaz de schiste ne se fera que sur le long terme et Youcef Yousfi a affirmé qu’il serait irresponsable de ne pas exploiter le gaz de schiste.

L’opinion algérienne est assez désemparée devant ces discours contradictoires. Peut-on expliquer les choses simplement?

C’est probablement de crainte de heurter l’opinion publique que le premier ministre a semblé rejeter à beaucoup plus tard l’exploitation du gaz de schiste, tout en rajoutant quand même que ce serait «haram» de ne pas le faire, tandis que le ministre de l’énergie a lui été plus direct.

Il est clair qu’ils sont tous deux taraudés par le déclin de la production de pétrole et de gaz en Algérie un phénomène qu’ils semblent découvrir, alors que les spécialistes ont tiré depuis longtemps la sonnette d’alarme.

Je dirais même qu’un vent de panique souffle actuellement dans les rangs du pouvoir.

Mais ce que ne disent ni Sellal, ni Yousfi, c’est qui est responsable de cette situation.

Qui a poussé au-delà des limites du raisonnable, au-delà des règles de bonne conservation des gisements, l’exploitation de Hassi Messaoud et de Hassi R’Mel pour ne citer que les deux plus gros gisements algériens?

Qui a publié une profession de foi dans le Washington Times du 22 novembre 2002, selon laquelle «l’Algérie ambitionne de devenir le premier producteur de pétrole du continent africain et d’assurer ainsi aux Etats-Unis la sécurité énergétique dont ils ont besoin»? Abdelaziz Bouteflika. Chakib Khelil l’a mise à exécution.

À la suite de quoi les importations américaines de brut algérien qui étaient quasi nulles à l’arrivée de ce tandem aux affaires (50 000 tonnes en 2000), sont passées à 500 000 tonnes en 2001, avant d’atteindre 1 500 000 tonnes en 2002, pour culminer à plus de 22 000 000 de tonnes en 2007 et se stabiliser enfin aux alentours de 16 à 17 millions de tonnes jusqu’en 2010, année du limogeage de l’ex-ministre de l’énergie.

Cette frénésie à satisfaire les desiderata des Américains a causé une très sérieuse détérioration des gisements de pétrole. Dans nombre d’entre eux d’importantes quantités de pétrole ont été piégées et ne seront plus jamais récupérées.

Le même point de non-retour a été atteint à Hassi R’Mel également. C’est là la pire des situations que puisse connaitre tout gisement et que tout ingénieur de réservoir –Chakib Khelil en est un– doit tout faire pour l’éviter.

On pourrait objecter que l’option prise pour le gaz de schiste vise à corriger cette situation…

Laisser faire est tout simplement criminel. Maintenant que le mal est fait, que le régime de Bouteflika a bradé les ressources en hydrocarbures de l’Algérie, il nous propose de porter atteinte à la denrée la plus précieuse que recèle le sous-sol algérien, l’eau.

Voici des années qu’il nous rabâche les oreilles avec la même litanie: nous devons nous préparer pour l’après-pétrole. Mais qu’a-t-il fait dans ce sens? Rien, si ce n’est continuer à dilapider les ressources financières du pays afin de pérenniser son pouvoir.

A-t-il cherché à modifier le système économique rentier sur lequel il a bâti ce pouvoir? Non.

Et maintenant que nous sommes entrés dans l’après-pétrole que nous propose-t-il? La solution de facilité: continuer à vivre de la rente!

Produire un autre pétrole dans l’après-pétrole afin de perpétuer le système et le régime en place! Continuer à utiliser la même recette, celle qui lui a permis d’acheter des consciences, d’acheter des soutiens, à l’intérieur et à l’extérieur, d’acheter le silence des grandes puissances, celle qui a aussi permis à tous les mafieux qui gravitent autour et à l’intérieur du pouvoir de constituer d’énormes fortunes!

A-t-il pensé à stimuler le génie des hommes? Non.

À mettre à contribution l’intelligence humaine ? Non. Il ne sait d’ailleurs pas ce que cela signifie, car de l’intelligence, il n’en a pas.

À imaginer un autre système économique qui ferait que le pays ne dépendrait plus d’une seule et unique ressource, un système qui rendrait les citoyens plus inventifs, plus industrieux et finalement plus libres? Encore une fois, non.

Ce régime est incapable de raisonner de cette façon. Et puis c’est dangereux pour lui. Des citoyens qui innovent, qui travaillent, qui ne dépendent pas de lui, c’est le glas qui sonne pour lui.

Mais sortir de la rente prendra du temps…

Les Algériens ne sont pas des manchots, ils savent utiliser leurs mains.

Savent-ils manufacturer, fabriquer un quelconque objet dans une grosse usine ou dans une toute petite échoppe? Bien sûr qu’ils savent le faire.

Sont-ils des débiles incapables de faire fonctionner leurs cerveaux, incapables de toute réflexion, incapables de toute créativité? Evidemment, non.

Les Algériens sont, comme tous les autres peuples de la Terre, en mesure de créer, de produire, de réfléchir, d’imaginer, d’innover, de maitriser, même les technologies de pointe, pour peu que l’Etat mette à leur disposition les conditions nécessaires!

Mais ils ont affaire à des gouvernants qui ne sont pas à la hauteur des aspirations du peuple, des gouvernants qui ne sont motivés que par leurs intérêts personnels, qui ont tout fait pour briser toute initiative qui viendrait du peuple, des gouvernants qui ont cherché à faire de chaque citoyen algérien un assisté, un individu qui viendrait quémander auprès d’eux les miettes de ce gros gâteau, la rente pétrolière, qu’ils considèrent être leur bien privé.

Est-ce qu’il y a des solutions?

Des solutions existent pour éviter ce «naufrage» qui leur fait tellement peur.

Revoir la politique des prix des produits dérivés des hydrocarbures afin d’éviter la gabegie instaurée dans ce secteur, instaurer un sérieux contrôle des prix et des circuits de commercialisation des produits pétroliers ou de la bouteille de gaz butane qui ont permis à toute une mafia de s’enrichir en les revendant au Maroc ou au Mali.

Il suffirait aussi que nos gouvernants décident de mener une lutte implacable contre la corruption pour faire rentrer immédiatement, et chaque année, au minimum quelques 10 milliards de dollars dans les caisses de l’Etat.

C’est évidemment ce qu’ils ne comptent pas faire, car pour eux la corruption est le système de gouvernance sur lequel ils ont bâti leur pouvoir; prêcher la vertu équivaudrait donc à scier la branche sur laquelle ils sont assis.

D’autant plus que derrière eux on a vu apparaître ces dernières années une nouvelle race d’oligarques, encore plus voraces que ceux qui les ont précédés, qui vont exiger qu’en cette fin de règne, et avant d’entrer complètement dans la période trouble de l’après-pétrole, leur soit garantie une nouvelle rente.

Réétudier sérieusement le barème du prix du gaz vendu aux ménages et aux industriels afin que soit établi un meilleur équilibre entre l’offre et la demande est une autre solution qui éviterait que ne soit bradée et gaspillée une ressource de plus en plus rare.

Mettre en place un nouveau modèle énergétique, exploiter les énergies renouvelables, l’énergie solaire notamment, sont deux autres pistes à explorer.

Puis enfin, poser à la base de toute réflexion, un axiome: l’Algérie n’est pas condamnée à être à jamais un simple fournisseur d’énergie.

Dans le cas où l’Algérie va vers l’exploitation, qui en profitera le plus? Les américains? Les Français? Qu’y gagnerait l’économie algérienne?

Je sais en tout cas qui y perdra beaucoup, l’Algérie. Pour toutes les raisons que j’ai déjà évoquées.

J’ai expliqué comment les partenaires étrangers ne paieraient à l’Etat qu’un impôt très faible, voire pas du tout, car il leur sera facile de démontrer que la rentabilité de l’exploitation est quasi nulle, si ce n’est carrément nulle.

Sonatrach, de son côté, perdra de l’argent, car elle aura en plus à supporter le coût de l’assistance que lui facturera son partenaire.

On constate qu’aujourd’hui aux Etats-Unis, le coût de revient du gaz de schiste est supérieur au prix de vente, ce qui explique la baisse de l’activité dont j’ai parlé tout à l’heure. Ne gagnent de l’argent que ceux qui produisent de l’huile et du condensat en concomitance avec le gaz.

Ce sera pire en Algérie. On sait que Sonatrach subit à l’heure actuelle d’énormes pressions de la part de ses clients qui lui demandent de baisser les prix du gaz naturel qu’elle leur livre et de le déconnecter du prix du brut.

Ce retournement du marché est dû au gaz de schiste qui est venu concurrencer le gaz naturel.

Si l’Algérie venait à produire de nouvelles quantités de gaz de schiste, elle participerait donc à accentuer la tendance; elle se tirerait une balle dans le pied.

Économiquement parlant, Américains et Français en tireraient, je pense, un profit équivalent, la différence étant qu’en France il existe une seule grosse compagnie pétrolière Total, alors qu’aux Etats-Unis on en trouve des dizaines, de toutes tailles.

pour lire l’article en entier: cliquer sur le lien (…)

http://lequotidienalgerie.org/2014/06/15/31021/

Sources “Le Quotidien d’Algérie en ligne”

haut de page


CES VOIX QUI S’ ÉLÈVENT CONTRE LE GAZ DE SCHISTE

Houria Alioua

El Watan

le 13 juin 2014

© El Watan Weekend

Quelques dizaines de manifestants, des groupes sur des réseaux sociaux…, la mobilisation contre l’exploitation du gaz de schiste est discrète mais bel et bien existante, contrairement aux messages véhiculés par les autorités.

El Watan Week-End a rencontré ceux qui tentent de sensibiliser la société sur les dangers d’une telle exploitation.


Sabrina Rahmani. Médecin, Alger

Certains produits utilisés sont cancérigènes:

Comment avez-vous entendu parler du gaz de schiste ?

J’ai assisté à une conférence organisée par des militants il y a deux ans et au cours de laquelle intervenaient plusieurs universitaires. Je suis médecin et j’ai été très sensible aux impacts sur la santé de ce genre d’exploitation. J’ai alors fait des recherches plus poussées sur les impacts sanitaires de la technique de fracturation hydraulique, utilisée pour extraire ces gaz du sol.

Pourquoi êtes vous opposée à son exploitation?

L’exploitation du gaz de schiste est nocive pour la santé publique. Les produits utilisés dans le fluide de fracturation sont toxiques, certains sont cancérigènes et d’autres neurotoxiques. Certaines substances sont considérées comme des perturbateurs endocriniens. Les boues remonteront en surface des éléments toxiques comme des métaux lourds, des produits hautement radioactifs, ou des bactéries anaérobies qui au contact de l’air produisent un gaz asphyxiant.

Pourquoi avez-vous décidé de militer?

J’ai été frappée par les impacts sur la santé. Mais l’exploitation du gaz de schiste est aussi une question économique. En tant que citoyenne, je souhaite que notre pays fasse un autre choix que celui de la dépendance énergétique, que de la dépendance à la rente. Je ne comprends pas pourquoi un débat national ne peut pas avoir lieu sur cette question. On consomme, on croit être riche, alors que ne nous le sommes pas. Enfin, de quel droit est-ce que les populations du sud du pays seraient exclues de la prise de décision par rapport à une question qui va toucher leur lieu de vie.

Comment vous mobilisez-vous ?

J’assiste à des conférences ; je participe à des débats. J’ai écrit un appel à moratoire et à l’organisation d’un débat national sur l’avenir économique et énergétique du pays que je viens d’adresser au Premier ministre, au ministre de l’Energie, au président de l’APN et aux députés responsables de plusieurs commissions parlementaires concernées. Dans cette lettre, je demande également la création d’une commission indépendante sur le gaz de schiste.

Est-ce que la mobilisation est efficace ?

Il y a une ferme opposition à ce projet de la part de la société civile, comme celle d’experts algériens. Je suis surprise par la réceptivité du public lorsque je fais de la sensibilisation. C’est un sujet qui fédère. Jusqu’à aujourd’hui, malgré la mobilisation, nous n’avons pas été entendu. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas se faire entendre.

************************

Mohamed Gasmi. Soudeur, Adrar :

L’eau est le futur de nos enfants

Comment avez-vous entendu parler du gaz de schiste ?

Nous en entendions parler depuis 2011. À Adrar, il y a beaucoup d’associations. Les étudiants se sont saisis de la question. Aujourd’hui, les jeunes connaissent bien le problème. Maintenant que le Premier ministre a annoncé que l’exploitation était officielle, il faut absolument se mobiliser.

Pourquoi êtes vous opposé à son exploitation ?

Cette exploitation est très dangereuse, elle va utiliser les nappes phréatiques. L’eau, c’est le futur de nos enfants, de nos jeunes. Pourquoi ne pas utiliser l’énergie solaire qui ne provoque aucun danger pour l’environnement ?

Pourquoi avez-vous décidé de militer?

C’est une question de citoyenneté. Il y a peu de monde dans le Sud, le pouvoir n’est pas inquiété et imagine que nous n’allons pas protester. Les autorités n’ont pas discuté avec nous avant de prendre une décision. C’est comme s’ils nous disaient : «Vous, vous n’êtes pas un problème» ! Lorsque nous manifestons, on nous envoie la police. Nous voulons arrêter ce projet avant qu’il ne soit entamé. Après, ce sera trop tard.

Comment vous mobilisez-vous ?

Nous avons commencé par imprimer de longs tracts sur des feuilles A4, mais ça ne fonctionnait pas. Alors, nous avons imprimé de tout petits tracts sur lesquels il était inscrit : «Non au gaz de schiste», «Non à la pollution». Nous comptons sur la curiosité des gens pour qu’ils se renseignent et essaient de comprendre. La plupart des gens que nous croisons à Adrar sont sensibles à cette question. Nous organisons aussi des petites réunions dans différents quartiers. Dans notre région, les longues distances sont un handicap pour faire de la sensibilisation, alors nous avons décidé de coller des autocollants sur les bus, les voitures et de distribuer des tracts à la gare routière. Nous ne sommes que 25 à Adrar et nous utilisons nos propres économies, mais grâce aux réseaux sociaux, nous parvenons à sensibiliser beaucoup de monde.

Est-ce que la mobilisation est efficace ?

Je milite depuis 2011 sur les questions de l’eau, du chômage… Les gens me connaissent et me font confiance. Lorsque j’évoque les problématiques environnementales liées au gaz de schiste, on m’écoute. Malheureusement, les autorités ne semblent comprendre que la violence. Nous allons pourtant continuer à défendre notre environnement et notre droit à une vie dans la dignité de façon pacifique.

********************

Nadhir Boukhetta. Enseignant, Ouargla :

Aucun débat n’a été ouvert

Comment avez-vous entendu parler du gaz de schiste ?

Des gens m’ont contacté via facebook pour dénoncer les objectifs du gouvernement concernant l’exploitation du gaz de schiste au Sud.

Pourquoi êtes vous opposé à son exploitation?

Nous estimons que c’est une vision erronée du développement, c’est toujours la rente qui prime même sur le court terme. Nous sommes un pays pétrolier certes, qui a beaucoup de ressources mais sans économie, d’autres pays n’ont pas de pétrole mais ont une économie et c’est ce que nous voulons. Certains disent que nous sommes manipulés par les Occidentaux, mais ils gagneraient à ce que l’Algérie exploite le gaz de schiste alors que eux l’ont complètement banni sous la pression de leurs citoyens.

Pourquoi avez-vous décidé de militer?

Aujourd’hui, nous sommes devant le fait accompli, aucun débat n’a été ouvert, personne ne nous a demandé notre avis. Nous avons des alternatives énergétiques et nous savons maintenant qu’il n’est pas vrai que l’exploitation du gaz de schiste est moins coûteuse que le solaire par exemple. 50 sociétés américaines spécialisées dans l’exploitation de cette énergie non conventionnelle viennent d’annoncer leur faillite. Nous avons vu des vidéos impressionnantes d’eau polluée enflammée à cause de ce gaz. Et nous sommes conscients que notre Sahara compte une des plus grandes réserves d’eau du monde, sinon la plus grande. Le devenir du Sahara nous importe, nous sommes les habitants de cette région et nous sommes en droit de demander des comptes aux décideurs. Nous sommes des citoyens, c’est à nous de nous mobiliser.

Comment vous mobilisez-vous ?

Nous avons organisé une première réunion puis j’ai donc proposé une marche ce samedi et créé le collectif Houmat Al Watan. Nous ne pouvons pas demander d’autorisation, mais nous avons les représentants de 15 associations dans nos rangs. Nous avons préparé des dépliants pour accroître la sensibilisation aux dangers. D’abord, nous voulons ouvrir le débat sur le gaz de schiste et renforcer le contact avec les forces vives à travers les wilayas concernées. Pour préparer la manifestation de demain, nous avons placardé des autocollants sur bon nombre de voitures dans la ville.

Est-ce que la mobilisation est efficace ?

Adrar, Djelfa, Annaba sont les trois premières wilayas qui ont adhéré à notre collectif. Nous comptons organiser une rencontre scientifique dans une des villes du Sud et y convier le ministre de l’Energie pour dénoncer ces explorations. Ahmed Korichi, le député de Ouargla, s’est déclaré opposé au projet. Il a envoyé des lettres de dénonciation au gouvernement. C’est d’ailleurs lui qui a proposé d’organiser une rencontre scientifique.

Manifestation demain à Ouargla

Le collectif Houmat al Watan et une vingtaine d’associations de l’environnement et de bienfaisance organisent une manifestation contre le gaz de schiste demain devant la wilaya de Ouargla à partir de 8h.

L’appel à un moratoire :

«Par devoir citoyen, nous faisons donc l’appel suivant:

  • La nécessité d’un moratoire et d’une commission indépendante sur la question des gaz de schistes par fracturation hydraulique en attendant des process plus respectueux de l’environnement et de la biodiversité,

  • Et l’urgence de réactiver le Haut Conseil à l’énergie et d’impulser un débat national sur l’avenir économique et énergétique de l’Algérie, impliquant tous les acteurs de la société algérienne dans la transparence la plus totale.»

Manifestation demain à Ouargla

Houria Alioua

Sources El Watan

haut de page


SUR LE MÊME SUJET:

“El Watan”

• Exploitation des gaz de schiste : Le gouvernement veut séduire l’opinion publique

• Comment Youssef Yousfi est resté dans les «lignes rouges» de Chakib Khelil

• Mobilisation contre le gaz de schiste à Ouargla: Le Mouvement des «défenseurs de la nation» est né


[

“socialgerie”

cliquer sur le lien (…)

->http://www.socialgerie.net/spip.php?page=recherche&recherche=gaz+de+schiste]


haut de page


14 JUIN 2014 : CÉRÉMONIE DE RÉOUVERTURE DE LA LIBRAIRIE DE FATEH AGRANE

Anissa à gauche avec sa sœur Lamia et la moudjahida Louisette Ighil Ahriz au milieu lors de l’ouverture de la librairie


ALLOCUTION DE FATEH AGRANEpar raina – le 15 juin 2014;


JE GARDE ESPOIRpar Anissa Zouani – le 16 juin 2014 – raina;


AMMI SMAIL KHABATOU À L’INAUGURATION DE LA LIBRAIRIE « FATEH KITAB »Mohamadia Alger;



Anissa à gauche avec sa sœur Lamia et la moudjahida Louisette Ighil Ahriz au milieu lors de l’ouverture de la librairie

JE GARDE ESPOIR

par Anissa Zouani

le 16 juin 2014

raina

Aujourd’hui j’ai beaucoup pleuré car hier j’ai vu le criminel et sanguinaire Sahnouni dans les locaux de la présidence de la république en face de l’opportuniste Ouyahia et au milieu l’emblème national, ce drapeau qui a été payé par le sacrifice d’Henri MAILLOT à qui j’ai rendu hommage ce matin avec une foule nombreuse,

et aussi j’ai pleuré parce que j’ai assisté à l’ouverture de la librairie de mon ami Fateh Agrane après qu’elle a été incendiée il y a quelque mois,

et vous savez pourquoi j’ai pleuré?

parce que les grands ne meurent pas et on ne peut pas brûler les idées et j’ai versé mes larmes chaudes lorsque Fateh a pleuré quand il a remercié Louizette IGHILHRIZE qui était présente pour son soutien et surtout quand il lui a demandé s’il peut l’appeler maman car Fateh ne connait pas sa mère elle est morte au champ du combat alors qu’il était bébé…,

était présent aussi 3ami Mohamed le grand moudjahid et le compagnon du chahid Taleb Abderahmane et à cette occasion il a dédicacé son livre « Taleb ABDERRAHMANE guillotiné le 24 avril 1958 »,

et parmi les présents aussi il y avait 3ami Smail KHABATOU l’ancien joueur de l’équipe de foot au temps du colonialisme.

Oh q’elle est belle l’histoire de mon pays

et quand je vois et je rencontre les grands

je garde ESPOIR

et je dis que le nom d’Amel*

n’a fait qu’accomplir la listes des héros

et des héroïnes de mon Algérie.

ANISSA ZOUANI? sœur d’AMEL ZOUANI *

* Amel Zouani : Amel Zanoune Zouani étudiante en droit égorgée à Sidi-Moussa a l’âge de 22 ans le 26 juin 1997 “le 17e jour du mois de Ramadhan”;

elle revenait de l’université en fin de journée juste avant la rupture du jeune,

assassinée pour le motif qu’elle a refusé de porter le tchador …

tuée car elle était une femme libre et fière d’ ALGÉRIE!

gloire aux martyrs de la démocratie et de la liberté repose en paix AMEL!

امال زنون زواني طالبة في كلية الحقوق ذبحت في سيدي موسى (الجزائر) بعمر 22سنة في 26 من كانون الثاني اي جانفي سنة 1997 وكان يوم 17من شهر رمضان،كان ذلك اثناء رجوعها مساءً من الجامعة وقبل الافطار بقليل،قتلت لانها رفضت وضع الخمار من طرف الج

sources raina

haut de page


AMMI SMAIL KHABATOU

À L’INAUGURATION DE

LA LIBRAIRIE « FATEH KITAB  »

à Mohamadia Alger

FATEH_KITAB_2.jpg

3AMMI SMAIL AVAIT DIT:


« Merci de rester debout le livre à la main »

je lui ai répondu

« Merci de nous l’avoir tenu cette main »

haut de page


arton488-f82c3.jpg

ALLOCUTION DE FATEH AGRANE

par raina

le 15 juin 2014

Chers camarades et amis

Ma librairie qui a fait l’objet d’un incendie criminel le jour de l’Aid El Adha en octobre 2012, vient de renaître de ses cendres !

merci de venir partager avec moi ce moment de bonheur merci pour votre présence solidaire

Vingt mois d’épreuves pour remonter la pente et réapparaître de nouveau et cela grâce à votre solidarité

Et à commencer par mes camarades de la Moubadara qui furent à mes cotés, dès l’annonce de ce sinistre, de vous mes amis présents, de ceux absents pour diverses raisons et qui se trouvent éparpillés à travers le monde Canada, France, Allemagne, suisse, Grèce

La restauration de la librairie m’a coûté plus de deux million cinq cent milles dinars (2 .500.000 D.A), les pertes occasionnés par le sinistre sont de l’ordre de cinq millions de dinars (5.000000 ), j’ai reçu de vous camarades et amis six cent quatre vint dix mille dinars en liquide devises et dinars convertis ils ont donné (690.000 D.A) et beaucoup de dons en livres et surtout en travaux de restauration de la librairie, je suis resté vingt mois au chômage!

Je trouve votre soutien énorme !

Énorme à été aussi la solidarité symbolique exprimée par vos messages de soutien, par le soutien de mes voisins de la cité des bananiers, la preuve ces gâteaux que nous allons déguster à l’occasion de cette collation, sont offerts par une famille de la cité que je remercie vivement et qui tient à garder l’anonymat, les travaux de déblayage réalisés lors d’une action de volontariat par les jeunes de la cité, et le nettoyage des lieux par une femme de ménage qui m’avait dit « je n’ai rien à pouvoir t’offrir sauf mes bras » c’était le plus émouvant des soutiens

Je remercie mes camarades et amis de Tiaret, Alger, Constantine, Jijel, Skikda, Bechar, Blida et Biskra

J’ai senti que n’étais pas seul, j’ai senti que votre cœur bat le combat, bat le livre et la culture bat la résistance et la solidarité contre l’injustice

Je vous remercie vivement y compris ceux qui avaient désespéré de revoir la librairie rouverte

Je ne terminerai pas ce discours sans vous dire que vous avez été admirables de solidarité

Et que je vous suis énormément reconnaissant

Merci pour votre solidarité militante encore une fois!

Et que vive le livre !

Fateh Agrane

sources raina

haut de page


ALGER – 21 JUIN – RENCONTRE DÉBAT DU R(d)G: JEUNESSE ET ENGAGEMENT POLITIQUE EN ALGERIE AUJOURD’HUI

Rencontre-débat du R(d)G

Jeunesse et engagement politique

en Algérie aujourd’hui

Samedi 21 juin 2014 à 17 h

au siège national du RAJ

(Rassemblement action jeunesse)

17, rue Ben M’hidi, Alger (3ème étage)

Le Rassemblement de gauche R(d)G a le plaisir de vous inviter à une
rencontre-débat sur “Jeunesse et engagement politique en Algérie aujourd’hui”

animé par

Abdelouhab Fersaoui,

Sofiane Baroudi,

Mustapha Ougouadfel,

Achour Sana

Tarek Saidji

Soyons nombreux et nombreuses

PARIS – 8 JUILLET: AVANT-PREMIÈRE DU FILM: « LES BALLES DU 14 JUILLET 1953”

14_juillet_1953_affiche.jpg

invitation (dessinée par Alain Frappier)

à l’avant première du film

« les balles du 14 juillet 1953 »

Le dessin de l’invitation sera aussi l’affiche et la jaquette du DVD du film.

Cette projection est organisée par le maire du 2ème, des Ateliers du réel et de moi-même.

Elle aura lieu 8 juillet à 19H30

salle Jean Dame à Paris 2ème

C’est le jour d’une demi-finale de la coupe de monde de foot (22H) mais aussi pendant le ramadan.

Cela dit, je suis sûr qu’il y aura quand même des gens qui viendront avec plaisir.

Pour ceux qui seront en vacances, ceux qui n’habitent pas à Paris ou ceux qui ne pourront pas, il y aura probablement d’autres occasions?

À la fin de la projection, Il y aura un petit débat avec des témoins et historiens.

Et on terminera par un pot comme d’hab’ mais il n’y aura pas de bal…

À très bientôt donc

Daniel Kupferstein

06 82 28 01 91


sur socialgerie, voir aussi brève 861


L’APPEL DE RIM FATHALLAH «FAISONS DU 18 JUIN « LA JOURNÉE NATIONALE DES DROITS DE L’HOMME! »»

fetallah_merzouki.jpg


… RIM, fille de Youcef FETHALLAH n’a qu’un souhait : «Faire du 18 juin la journée nationale des droits de l’homme.»

«Le 18 juin 1994, on n’a pas seulement assassiné un homme. On a assassiné un symbole, une figure emblématique. On a assassiné les droits de l’homme. On a assassiné une certaine idée de la justice», plaide la jeune avocate…


HONNEUR À TOI, CAMARADE YOUCEF, LÂCHEMENT ASSASSINÉ IL Y A VINGT ANSSadek Hadjerès – socialgerie;


LE JOUR Où ON A TIRÉ SUR LES DROITS DE L’HOMME Il y a 20 ans était assassiné Youcef Fethallah, président de la LADH par Mustapha Benfodil – El Watan – le 18 juin 2014;


APPEL DE RIM FETHALLAH: «FAISONS DU 18 JUIN LA JOURNÉE NATIONALE DES DROITS DE L’HOMME!» blog braniya chiricahua – Messaoud Benyoucef – le 18 juin 2014;


LES DROITS DE L’HOMME, QUESTION SECONDAIRE OU FONDAMENTALE?par Sadek HADJERES – article paru dans El Watan du 14 juillet 1994;


DE MOHAMED BOUDIAF À YOUCEF FATHALLAH – par Saoudi Abdelaziz – blog algerieinfos-saoudi – le 19 Juin 2014 – Mis en ligne le 29 juin 2012;


HONNEUR A TOI, CAMARADE YOUCEF,

LÂCHEMENT ASSASSINE IL Y A VINGT ANS

APPEL DE RIM FETHALLAH :

« FAISONS DU 18 JUIN

“LA JOURNÉE NATIONALE DES DROITS DE L’HOMME!”»

«Le 18 juin 1994, on n’a pas seulement assassiné un homme. On a assassiné un symbole, une figure emblématique. On a assassiné les droits de l’homme. On a assassiné une certaine idée de la justice»

L’hommage à notre regretté camarade de L’ORP et du PAGS, à son parcours patriotique au FLN du temps de guerre, à son attachement permanent et courageux à la juste cause des droits humains, c’est l’hommage à la lutte et aux sacrifices de tous ceux qui n’ont rien épargné pour la défense de ces nobles valeurs.

L’appel pathétique de Rim Fathallah est un appel unitaire à l’opinion, qui monte des jeunes générations instruites par l’Histoire, au-delà de leurs expériences et de leurs sensibilités idéologiques.

Elles prennent lucidement le relais de leurs prédécesseurs qui du temps du colonialisme ou de l’indépendance se sont dressés contre le mépris des libertés et droits humains.

À l’exemple de ceux et celles comme Chebbah Mekki des Aurès des années trente, Abbassia Fodil et Baya Allaouchiche des années quarante, Noureddine Rebah, Laïd Lamrani, Georges Raffini et Henri Alleg, combattants des années cinquante, Bachir Hadj Ali et Mohamed Teguia résistants à l’arbitraire des années 60, Sadek Aïssat et ses camarades des années 70 à 90, plus tard encore les syndicalistes autonomes et jusqu’à nos jours les syndicalistes et militants comme Osmane Redouane, les leaders des travailleurs et des luttes antichômage, des initiatives sociales et démocratiques des « Moubadarat ».

Tous et toutes ont conjugué la flamme, la droiture et la sagesse des jeunes, l’ardeur du combat et la raison du militant avec l’exigence du respect des droits de l’Homme et du citoyen, en toutes circonstances et d’où que proviennent les violations de ces droits, s’abattant le plus souvent sur eux de plusieurs côtés à la fois, simultanément ou successivement.

L’hommage va aussi au travail ingrat et dangereux des journalistes et publicistes qui dans les moments les plus difficiles n’ont pas cédé aux menaces et pressions visant à les soumettre au silence coupable de l’omerta.

Les luttes et les sacrifices en faveur des droits de l’Homme n’ont pas été vains.

Il y a vingt ans, les adversaires de la démocratie politique et sociale, qu’ils soient religieux ou laïcs, les diabolisaient en les qualifiant de luxe «droit de l’hommiste» dont ne sont pas dignes nos compatriotes.

Aujourd’hui, le respect effectif des droits de l’Homme est devenu de plus en plus sur la scène politique un des critères principaux de la crédibilité des acteurs et des projets de société. Au point que cette cause fait l’objet de toutes sortes de diversions et d’instrumentalisations pour la vider de son contenu démocratique, social et anti-impérialiste. Comme par le passé, c’est la mobilisation et la solidarité à la base de tous les milieux frappés par les violations de leurs droits qui feront triompher ces droits.

Outre l’appel reproduit ci-dessous de Rim Fathallah, Socialgerie joint le témoignage commentaire de Messaoud Benyoucef, ainsi qu’un rappel de publications passées, dont l’article de Sadek Hadjerès publié dans ElWatan du 14 juillet 1994, sous le titre “ Les droits de l’homme, question secondaire ou fondamentale?”

À cette époque, cet article avait soulevé la réaction furieuse et grossière d’un « courageux » plumitif, lui même inspiré par un des membres de l’officine du FAM («Front de l’Algérie Moderne»), qui à travers leurs efforts pour discréditer et imploser le PAGS, visaient à porter un coup fatal à l’ensemble des droits et libertés algériennes.

Les journalistes comme Benfodil et tant d’autres sauvent l’honneur non seulement d’une profession lourdement frappée dans le passé mais de toute l’opinion algérienne éprise de paix et de liberté.

haut de page


Cérémonie de recueillement à El Alia

Une cérémonie de recueillement à la mémoire de maître Youcef Fethallah sera organisée, aujourd’hui à 10h, au cimetière El Alia, à l’initiative de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH), en présence de la famille du défunt. «En souvenir de ce douloureux événement, la LADH demande à tous ceux qui l’ont connu et apprécié, à ses membres fondateurs, aux militants anciens et actuels, à tous les défenseurs des droits de l’homme et des valeurs républicaines d’honorer cette cérémonie de recueillement, en présence des membres de la famille du martyr», lit-on dans un communiqué de la LADH. (M. B.)


LE JOUR OU ON A TIRÉ SUR LES DROITS DE L’HOMME

Il y a 20 ans était assassiné Youcef Fethallah,

président de la LADH

[

Mustapha Benfodil

El Watan

le 18 juin 2014

->http://www.elwatan.com/actualite/le-jour-ou-on-a-tire-sur-les-droits-de-l-homme-18-06-2014-261599_109.php]

« On est le 18 juin. 1994. Un samedi. Il est 9h. Maître Youcef Fethallah s’apprête à rejoindre son cabinet, situé au 3e étage d’un immeuble de la rue Larbi Ben M’hidi, à quelques mètres de la statue de l’Emir Abdelkader.

À peine a-t-il commencé à gravir les marches de l’escalier en marbre menant vers son étude notariale qu’une ombre maléfique embusquée dans la cage d’escalier ouvre le feu. Un pistolet silencieux, selon certains récits. Le président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH) est atteint de trois balles dans la tête. Me Fethallah pousse un cri sourd qui déchire le ciel et s’écroule. Il rendra l’âme pendant son transfert vers l’hôpital Aïn Naâdja. Il avait 64 ans.Me Fethallah a laissé une fille: Rim. Vingt ans après, c’est maître Rim Fathallah qui occupe aujourd’hui le fauteuil de son père. Tout un symbole!

Rim nous reçoit aimablement dans son cabinet. Elle arrive légèrement en retard «à cause de ces maudits embouteillages», s’excuse-t-elle. Il faut dire qu’elle en impose par sa personnalité, sa liberté de ton, son raffinement,et son charisme naturel qu’elle tient sans doute de son père. L’âme de Fethallah-père est là. On la sent presque. Une présence tutélaire et bienveillante. On la sent surtout à travers les dossiers qui emplissent le bureau, le mobilier pittoresque, les murs qui murmurent les versets du droit humaniste transmis de père en fille.

Et, par dessus tout, les mots, les gestes, l’émotion, la mémoire intacte du temps intérieur, et le regard profondément lucide de Rim sur les hommes et sur le monde, celle qu’il appelait affectueusement «qorratou ayni» (la prunelle de mes yeux). «Il disait: la meilleure chose que j’ai faite dans ma vie est une fille», susurre-t-elle dans un sourire. Elle parle de son père et mentor avec simplicité, sans fausse pudeur et sans pathos. «C’était quelqu’un à la fois d’exigeant et d’humble», témoigne-t-elle. «Il était très large d’esprit mais sévère quand il le fallait, surtout côté études. Il m’a inculquée la culture de l’effort, du mérite», appuie-t-elle.

Etudes de droit à Baghdad avec Saddam et Tarek Aziz

D’ailleurs, son ascension professionnelle, elle ne la doit qu’à elle-même. Toujours cette attitude ascétique, stoïque, devant la vie. Elle qui s’arrêta (s’interdit ?) de pleurer deux jours seulement après le drame «parce que je suis la fille de Youcef Fethallah et que je me devais d’être digne et courageuse». Elle qui se vit expulsée violemment de l’adolescence et dont l’esprit était taraudé par une seule question: «Les balles, est-ce que ça fait mal ? Est-ce que papa a souffert?» Dans sa voix, une tendresse contenue. Aujourd’hui, c’est une avocate bien installée. «J’ai prêté serment en 2002», dit-elle. Il eût été impensable qu’elle choisisse un autre métier.

Pourtant, du vivant de son père, jamais elle ne se serait imaginée en robe noire. «J’étais une matheuse à la base», précise-t-elle. «Et puis, à la mort de mon père, j’ai décidé de faire droit. Pour moi, cela allait de soi que j’emprunte son chemin. Je voulais perpétuer son nom. Je voulais que le nom de maître Fethallah continue à résonner, même si je n’ai pas l’étoffe de mon père. Je pense d’ailleurs que personne ne peut l’égaler. Normal, c’est mon père!» lâche-t-elle avec une fierté mesurée.

Rim nous avoue que certains détails biographiques lui échappaient tant la vie de son père était trépidante. Pour elle, Youcef Fethallah était d’abord son papa, ce n’était pas un personnage public. «Quand il est mort, j’avais seize ans et demi. Je n’avais pas vraiment conscience de ce qu’il représentait, de son poids politique. Pour moi, c’était juste mon père. C’était un peu Monsieur tout le monde. Lui-même était très discret. Il ne parlait jamais de lui, de ce qu’il faisait. Ce que je sais de lui, je l’ai appris par des tiers», confie-t-elle. Des tiers à l’image des historiens Mohamed Harbi, Lemnouar Merrouche ou encore le sociologue Tahar Zeggagh. «Ils étaient inséparables.»

Selon une note biographique élaborée par Lemnouar Merrouche, que Rim a bien voulu mettre à notre disposition, Me Youcef Fethallah est né le 31 août 1930 au village de Bounda, dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj. A l’âge de 15 ans, il part en Tunisie et s’inscrit à la Zitouna. Il est encore tout jeune lorsqu’il adhère au PPA puis au FLN. C’est à Baghdad qu’il fait des études de droit et, en partie, au Caire. «Durant ses études de droit en Irak, il fait la connaissance, sur les bancs de l’université de Baghdad, de Saddam Hussein et de Tarek Aziz, dont il devient très proche. Ils sont restés amis jusqu’à la mort de mon père», assure la jeune avocate.

Il bloque El Moudjahid pour protester contre Boumediène

Militant acharné de la cause nationale, il devient un membre très actif au sein d’une association d’étudiants algériens au Caire. «Par son action au sein du mouvement étudiant algérien et de l’Union des étudiants arabes, il noue avec les intellectuels du Machrek des liens qui ne se démentiront jamais et contribueront à élargir la solidarité arabe avec l’Algérie en lutte», lit-on dans une déclaration rendue publique peu après sa mort. Le document porte les signatures de Mohamed Harbi, Lemnouar Merrouche, Tahar Zeggagh, Haider Hassani et El Hadi Chalabi. Rim ajoute: «Il a même collaboré à la radio Sawt el Arab, au Caire.»

À l’indépendance, Youcef Fethallah rejoint l’équipe du journal “El Moudjahid”, dans sa version en langue arabe, et en devient le secrétaire de rédaction. Lemnouar Merrouche, qui était à l’époque rédacteur en chef dans ce même journal, rapporte qu’à la suite du coup d’Etat du 19 juin 1965, Youcef Fethallah et lui-même avaient décidé de ne pas faire paraître le journal en signe de protestation contre le pronunciamiento du colonel Boumediène.

Youcef Fethallah est contraint à l’exil. Il rejoint la France où il reste jusqu’en 1974. Militant de gauche, il adhère, dans l’intervalle, à l’Organisation de la résistance populaire (ORP) fondée clandestinement par Mohamed Harbi et Hocine Zehouane au lendemain du coup d’Etat. En 1966, il adhère au PAGS. «Il devint alors l’un des animateurs dans l’émigration en France de l’opposition de l’ORP, créée à la même période, pour défendre les options progressistes et les droits démocratiques de la révolution algérienne… À ce titre, il eut pour tâche, entre autres, d’alerter l’opinion arabe progressiste au Moyen-Orient et au Maghreb, notamment sur les cas de torture subie par Hocine Zahouane et Bachir Hadj Ali», témoigne Tahar Zeggagh dans un texte écrit en hommage à Me Fethallah, que sa fille nous a communiqué.

Défenseur acharné des prisonniers palestiniens

Dès son retour en Algérie, Youcef Fethallah s’inscrit au barreau d’Alger. Il s’associe avec Me Aziz Benmiloud et Hocine Zehouane. Parallèlement à son métier d’avocat puis de notaire, il s’affirme comme un défenseur intransigeant des droits humains. À ce titre, il s’implique activement dans la création de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADH) dont il deviendra président, par la suite, succédant à Me Miloud Brahimi. En plus de la dénonciation des atteintes aux droits humains en Algérie, Me Fethallah se distingue par un engagement tous azimuts pour la défense des causes justes dans le Monde arabe. Il est particulièrement habité par la cause palestinienne et s’illustre par la défense de nombreux prisonniers palestiniens.

«Tous ceux qui l’ont connu peuvent témoigner de sa ténacité dans la défense des droits démocratiques des progressistes arabes qu’il a défendus pendant leurs années de prison aussi bien en Tunisie qu’au Maroc, en Egypte, en Jordanie, à Damas, à Baghdad. Tous connaissent la solidarité active et le dévouement permanent avec lesquels il a défendu les militants palestiniens en Jordanie, à Damas et à Beyrouth. Sa défense était d’autant plus efficace que lui-même connaissait la majorité des dirigeants arabes qu’il avait rencontrés pendant ses études et son militantisme au FLN au Caire, à Baghdad et à Tunis pendant la guerre d’Algérie», souligne Tahar Zeggagh, lui-même ancien détenu politique et plus jeune prisonnier du FLN en France. On lui doit, d’ailleurs, un ouvrage-clé à ce propos: “Prisonniers politiques FLN en France pendant la guerre d’Algérie 1954-1962
“La prison, un champ de bataille” (Paris, Publisud, 2012).

Le combat de Me Fethallah pour les libertés et les droits humains ne sera que plus exalté après le soulèvement d’Octobre 1988. «Il continuera le combat contre l’arbitraire policier et pour la liberté d’expression, à la tête de la LADH. Tous ses efforts visaient à dégager cette organisation de l’emprise étouffante du pouvoir et à lui faire jouer son rôle non pas de victime instrumentalisée, mais de réelle organisation de défense des libertés», lit-on dans l’hommage collectif qui lui a été rendu peu après sa disparition (Harbi, Merrouche, etc.).

Plaidoyer contre les camps du Sud

Le même texte poursuit : «Ses positions nettes, exprimées dans les médias Algériens et étrangers contre l’internement des militants islamistes, contre la torture et pour la prise en compte des mouvements islamistes comme composante incontournable de la société algérienne montrent avec quel courage, quelle ténacité et quelle sincérité il a assumé sa tâche difficile dans des conditions qu’il savait pleines de risques, y compris pour sa vie.»

Rim Fethallah est formelle : «C’est mon père qui a fait fermer les camps d’internement du Sud. Il s’était même déplacé à Reggane.»

Après l’assassinat du président Mohamed Boudiaf le 29 juin 1992, Me Youcef Fethallah est désigné membre de la commission d’enquête (dite Commission Bouchaïb) chargée de faire la lumière sur ce crime d’Etat. «Le président Boudiaf l’avait même contacté pour lui proposer le poste d’ambassadeur dans un pays arabe. Il savait qu’il aurait le Moyen-Orient dans sa poche vu son carnet d’adresses dans les capitales arabes», confie Rim.

L’assassinat de Si Tayeb El Watani en décidera autrement. «La période la plus difficile que j’ai eue à vivre, c’était quand il a été nommé membre de la commission d’enquête sur l’assassinat de Boudiaf. On m’empêchait d’aller seule au lycée. Mon père avait peur pour moi. Son comportement avait changé. Il se montrait prudent. Il devait sûrement savoir quelque chose qu’on ne savait pas». se souvient Rim. «C’était quelqu’un de très secret. Ce qu’il vivait à l’extérieur de la maison restait à l’extérieur. Il n’y avait ni document ni parole qui filtraient» ajoute-t-elle, avant d’asséner: «Il est mort avec ses secrets !»

D’aucuns estiment que la vérité sur l’assassinat de Boudiaf et la vérité sur l’assassinat de Me Fethallah sont intimement liées. Difficile de leur donner tort…

«Faire du 18 juin la journée nationale des droits de l’Homme»

Aujourd’hui, Rim n’a qu’un souhait : «Faire du 18 juin la journée nationale des droits de l’homme.»

«Le 18 juin 1994, on n’a pas seulement assassiné un homme. On a assassiné un symbole, une figure emblématique. On a assassiné les droits de l’homme. On a assassiné une certaine idée de la justice», plaide la jeune avocate. Rim regrette que la mémoire de son père n’ait pas eu droit aux égards qu’il mérite de la part de son propre pays.

fetallah_merzouki.jpgElle a, a contrario, une pensée reconnaissante pour le président tunisien Moncef Merzouki. Lors de sa visite en Algérie le 12 février 2012, le chef de l’Etat tunisien fit un geste que la famille Fethallah n’est pas près d’oublier.

«Dès son arrivée à l’aéroport d’Alger, il a pris aussitôt la direction du cimetière El Alia pour se recueillir sur la tombe de mon père. C’est un geste que je n’oublierai jamais. Il avait promis que c’est la première chose qu’il ferait s’il lui était donné de visiter l’Algérie et il a tenu parole. Il connaissait mon père et était même venu dîner une fois à la maison», raconte la fille Fethallah.

«À l’occasion, ils se sont même donné la peine d’embellir la tombe de mon père», glisse-t-elle malicieusement. Et ce n’est pas tout. Mme Fethallah et sa fille sont contactées par l’ambassade de Tunisie à Alger. Merzouki souhaitait les rencontrer, comme au bon vieux temps. La rencontre a lieu à Zéralda. «Le président Merzouki avait tenu à nous voir. Il nous a très bien reçues. Il a même rappelé à ma mère le plat qu’il avait mangé quand mon père l’avait invité à la maison. C’était un plat irakien, du biryani.» «Ce geste est une claque au gouvernement algérien qui n’a rien fait pour honorer sa mémoire», assène Rim Fethallah. Il faut dire que ces marques de sollicitude ne font qu’enfoncer le régime amnésique algérien, oublieux de tous les généreux de la trempe de Youcef Fethallah à qui l’Algérie de la «moussalaha» doit tellement… »

MUSTAPHA BENFODIL

Sources: El Watan – le 18 juin 2014

haut de page


Me Youcef Fethallah

APPEL DE RIM FETHALLAH:

« FAISONS DU 18 JUIN

LA JOURNÉE NATIONALE DES DROITS DE L’HOMME!»

[ blog braniya chiricahua

de Messaoud Benyoucef

le 18 juin 2014

->http://braniya.blogspot.fr/2014/06/appel-de-rim-fethallah-faisons-du-18.html]

Le 18 juin 1994, était assassiné à Alger Me Youcef Fethallah, président de la LADH (ligue algérienne des droits de l’homme). Le crime fut sans conteste l’œuvre d’un tueur professionnel, qui attendait l’homme de Droit dans les escaliers de l’immeuble où est situé son étude, armé d’un pistolet muni d’un réducteur de bruit.

Il a fallu attendre vingt ans pour que le silence soit enfin levé sur la trajectoire politique de Youcef Fethallah, et ce grâce à l’article de Mustapha Benfodil, journaliste d’“El Watan” et écrivain (article que l’on trouvera reproduit in extenso, ci-après)! Honneur à lui, à lui qui a permis de faire «entendre» la voix de Me Rim Fethallah -la fille du martyr et praticienne du Droit, bon sang ne sachant mentir- ainsi que les témoignages des historiens Mohamed Harbi et Lemnaouer Merrouche, entre autres.

J’ai évoqué dans ce blog (cf, Gouverner par le complot, Le martyre de la LADH in Chroniques de la guerre des lâches), et à plusieurs reprises, la figure de Me Fethallah. Voici une autre anecdote éclairante.

Lorsqu’il avait pris la tête de la LADH (dont il était membre fondateur) à la place de Me Miloud Brahimi, je faisais partie du comité de section d’Oran de ladite ligue. J’avais, alors, et dans un cercle restreint, exprimé ma satisfaction de voir la ligue sortir ainsi formellement du giron de Hadi Khediri. Quelqu’un me répondra que nous n’avions pas gagné au change maintenant que la ligue avait pour président «un baathiste irakien» (sic).

Quelques jours plus tard, Me Ghouadni, président de notre comité de section, vint me voir et me tint ce langage: «Je sais que tu veux me déstabiliser, mais je te préviens que j’ai un polygone de sustentation suffisamment large pour tenir le coup…» (sic).

Me Ferhat se mit, lui aussi, à me témoigner une méfiance ostensible.

Je me suis abstenu de répondre à l’un et à l’autre mais je n’ai pas été sans remarquer que leur changement d’attitude à mon égard coïncidait avec la présence assidue de deux individus qui avaient pris prétexte de leur «arrestation» par la SM en octobre 1988 pour s’incruster en permanence dans les réunions du bureau. C’étaient, à l’évidence et comme la suite des événements le montrera, des mouchards introduits dans notre section. J’en ai fait part à Me Ferhat qui n’en revenait pas et je lui ai demandé d’affranchir Me Ghouadni. Or, l’un de ces spécialistes de la division n’était autre que celui qui avait traité Me Fethallah de «baathiste irakien». Voilà.

Avant de faire place à l’article de Mustapha Benfodil et à l’appel de Rim Fethallah de faire du 18 juin la journée nationale des droits de l’homme, un simple mot pour demander aux Algériens, conservateurs ou modernistes, civilisés -ceux qui rejettent la violence et l’intolérance, ceux qui sont prêts à s’accepter et à vivre ensemble dans la différence de leur conception du monde et de la vie- d’acquiescer à cet appel, de le relayer et de le faire leur.

Qui mérite mieux cet hommage que l’homme qui a donné sa vie dans une défense intransigeante et universelle -sans exclusive d’aucune sorte- des droits humains?

De la dénonciation du coup d’état de Boukharrouba et de ses tortionnaires à celle des camps de concentration du Sahara, des disparitions forcées et des exécutions sommaires de la guerre des lâches, du refus d’endosser le rapport de la commission Bouchaïb sur l’assassinat de Boudiaf à son témoignage devant Amnesty International sur la situation des droits de l’homme en Algérie, Youcef Fethallah a rempli son devoir avec un courage et une abnégation rares.

Gloire à toi, Maître.

haut de page


manifestation_femmes_1994.jpg

pdf-3.jpg

LES DROITS DE L’HOMME,

QUESTION SECONDAIRE OU FONDAMENTALE?

par Sadek HADJERES

article paru dans El Watan du 14 juillet 1994

La tragédie algérienne va-t-elle connaître un tournant? Les citoyens angoissés essayent d’y voir clair dans un enchevêtrement dramatique: des actes d’une violence insensée, des négociations aux rebondissements imprévisibles, des efforts de sauvetage d’une économie sinistrée, des pressions internationales en tous sens.

Sur cette toile de fond, poser le problème des droits de l’Homme ou celui des libertés des citoyens, est-il une diversion ou une question fondamentale par rapport à la question-clef qui domine toutes les autres: comment agir pour arrêter la spirale infernale et sortir de la crise?

Dans les affrontements en cours, les atteintes aux droits de l’Homme sont quotidiennes et massives. Une grave banalisation fait que l’opinion n’en retient le plus souvent que les plus spectaculaires ou les plus porteuses de symboles. Cheïkh Bouslimani, Abdelkader Allaoua et Youssef Fathallah n’étaient pas des combattants armés. Leurs paroles et leurs actes visaient la paix civile.

Les citoyens qui ont défilé le 29 juin dernier à Alger s’exprimaient pacifiquement. Quoi qu’on pense de leurs opinions, les bombes meurtrières sont-elles la réponse adéquate à leur démarche? À quelle logique humaine ou divine obéit l’assassinat de ressortissants étrangers? Les auteurs de ces crimes accepteraient-ils que cette même logique s’applique à nos compatriotes séjournant dans des pays étrangers en crise?

La violence de la hausse des prix frappe chaque jour d’innombrables bébés et vieillards dont les organismes épuisés par la malnutrition ne peuvent supporter la maladie.

Mais comme si l’article 120 n’était pas enterré, on continue à vouloir réduire au silence les travailleurs et les syndicats qui revendiquent pour leurs enfants le droit à la vie et à la santé. Certains osent prétendre que c’est le chemin inévitable pour la modernisation économique. Des femmes à la dignité irréprochable sont insultées, mutilées, assassinées, on ne leur reconnaît pas la qualité d’être humain parce qu’elles ne sont pas habillées de telle ou telle façon, ne veulent pas abandonner leur profession utile au pays.

Jamais notre peuple n’a éprouvé autant le besoin d’être protégé par des droits civiques clairement définis et garantis. Le pire serait de banaliser la barbarie, de s’y habituer.

Il ne sert pourtant à rien de s’en ternir à l’indignation, encore moins aux lamentations médiatiques. À quoi mèneraient aussi les cris de vengeance des familles de radicaux ou modérés républicains ou islamistes foudroyées par le malheur?

Reste le plus difficile, réfléchir sérieusement, collectivement aux solutions et aux sorties de crise, sans être des rêveurs ni accroître les divisions de clans.

Peut-être est-ce ainsi, seulement, que l’Algérie gagnera un peu de temps et n’attendra pas quinze ans d’horreur comme le Liban.

Là-bas, des groupes sociaux qui avaient sans doute des intérêts légitimes à défendre, ont cru plus efficace de le faire en s’entretuant au nom de projets de société volontaristes et hégémonistes, dans un langage politique ou religieux sacralisé. Il a bien fallu ensuite dans ce pays épuisé, harmoniser ces projets antagoniques avec les besoins de la vie courante, les aspirations profondes et communes des citoyens, les rapports de forces locaux, régionaux et internationaux, la diversité de la société et de ses rythmes d’évolution.

Il est vital, pour la survie de notre société, de prendre conscience de cette logique dangereuse qui transforme ces affrontements politiques, somme toute normaux pour le pouvoir, en course tragique à la destruction du tissu national.

Dans la propagande, chacun admet que l’Algérie est gravement malade. Dans les faits, les guérisseurs revendiquent chacun la plus grande responsabilité dans l’avenir du patient, mais ils ne sont pas d’accord sur la nature des soins à lui apporter: chacun préconise un traitement de choc, une rupture qu’il comprend à sa manière et qu’il veut réaliser immédiatement, sans préparation ni transition, seul et sans contrôle.

Le premier concerné, le peuple affaibli par les traitements successifs violents et contradictoires, pourra-t-il donner une opinion sur sa propre survie?

Ne lui faudrait-il pas moins de chocs et plus de soins adaptés à son état pour supporter les graves opérations qu’on le somme d’engager sans délai? Comment libérer les énergies qu’il porte en lui? Comment prendre une saine décision au milieu de cette confusion et des intérêts inavoués?

Tous ceux qui tiennent à ce que l’Algérie reste en vie, parviendront-ils à imposer une démarche de raison?

Dans un climat empoisonné par les anathèmes, les procès d’intention, les manœuvres de toutes sortes, nombreux sont pourtant les citoyens qui ont vécu ou sont prêts à vivre les idéaux de l’Islam et de la démocratie d’une façon sereine et sans les opposer. Nombreux sont prêts au-delà de toute appartenance ou allégeance partisane passée ou présente, à faire de ces deux idéaux une lecture historique saine, conforme aussi bien au patriotisme de notre peuple, à son attachement à certaines valeurs respectables de notre culture et de notre société qui rejette l’injustice et l’arbitraire, qu’à l’ouverture sur des valeurs plus universelles.

Nombreux sont aussi ceux qui n’opposent pas leurs convictions modernistes à la soif ardente de justice sociale, de démocratie et de paix des jeunes déshérités, même lorsqu’elle est dévoyée par le désespoir.

C’est le cas en particulier parmi tous ceux qui ont partagé et défendu leur cause fermement, quoique de façon constructive, pendant les dures années noires où le système du parti unique les accusait de démagogie populiste et les excluait constitutionnellement de leurs droits et libertés civiques.

En cette période, la défense des droits de l’Homme expose à des pressions énormes de toutes parts.

La folie meurtrière et des exactions voudraient se perpétuer avec la justification explicite ou implicite de la loi du Talion ou du premier agresseur: modernistes et traditionalistes se retrouvant alors dans la même sentence ravageuse: «al aïnou bil aïni wal badiou adhlam» , « œil pour œil, celui qui a commencé étant le plus coupable ». La priorité est-elle aujourd’hui, dans la pratique, de répondre à la question: qui a commencé le cycle des violences?

Chacun a son opinion sur les raisons du déploiement de la violence ouverte et massive après l’interruption du processus électoral comme sur les multiples formes de violences réelles, masquées ou potentielles avant décembre 1991. Le débat sur cette question, sil parvient à une relative sérénité, sera salutaire pour nos futures institutions.

Mais aujourd’hui, une urgence plus grande est ressentie par notre peuple. Comment sortir de ce cycle où l’ennemi le plus redoutable est devenu la montée des haines et la confusion politique qui rendent l’avenir du pays mortellement incontrôlable?

Dans ces circonstances, la question des droits de l’Homme prend une signification politique plus grande.

Ce n’est pas seulement une question humanitaire pour chaque famille algérienne frappée ou menacée par les deuils et les angoisses; Il est vrai que les larmes sont aussi amères pour la mère du militant islamiste assassiné à sa sortie du camp que pour celle de l’agent de la circulation, du journaliste ou du jeune appelé du service national massacrés devant leurs familles.

Cette question est souvent rabaissée au rôle d’un simple instrument de propagande pour discréditer le camp adverse. On sait fort bien que les violations des droits de l’Homme et des libertés ne sont pas reconnues de la même façon par les individus ou les groupes selon que ces derniers en sont les victimes ou les auteurs.

S’il en est ainsi, c’est parce que l’attitude envers les droits de l’Homme (individus ou collectivités) révèle de plus en plus à l’opinion jusqu’à quel point les porteurs de projets de société se conforment ou non, par leurs actes, aux valeurs morales de justice et de dignité humaine qu’ils proclament.

Mieux que des discours, elle montre à tous ce que chacun est prêt à faire s’il dispose du pouvoir.

Du même coup, cela ouvre aussi un champ de recomposition politique sur des bases plus salutaires à toute la société. Quand les uns accusent les autres de violation de ces droits et valeurs, y a-t-il meilleure preuve d’attachement à ces droits, pour tous, que d’œuvrer ensemble à dégager le pays de la spirale de la violence?

Y aurait-il tâche plus noble que de guider ce pays vers un transition dont la fonction principale serait d’établir les règles formelles et informelles qui lui éviteront des tragédies aussi douloureuses et coûteuses?

Mais n’est-ce pas faire preuve de naïveté que de croire à un quelconque respect des droits de l’Homme quand l’engrenage meurtrier de la violence s’est enclenché? D’aucuns disent: comment parler de droits de l’Homme quand le droit à la vie est lui-même mis en cause?

Il s’agit précisément de défendre ce droit à la vie comme le premier et suprême des droits de l’Homme. Sa violation est la forme extrême de privation de tous les autres droits et libertés.

La politique et l’humanisme se rejoignent quand il s’agit d’unir et de mobiliser tous les citoyens et croyants qui estiment qu’aucun être humain n’a le droit de se substituer à Dieu, à la nature ou à toute la société pour décider d’ôter la vie à un autre humain.

Nul ne peut s’octroyer le droit de juger la ferveur de la foi et des convictions intimes de ses concitoyens ou monopoliser par la violence la gestion de leurs affaires personnelles, familiales et publiques.

Le droit d’inspiration divine comme le droit d’inspiration républicaine se donne comme finalité théorique de protéger la dignité de l’être humain.

N’est-ce pas là une chance unique de coopération pour tous ceux qui invoquent sincèrement l’un ou l’autre de ces droits ou les deux à la fois?

Ce n’est pas une tâche facile de proposer à ceux qui sont engagés dans des conflits de pouvoir et d’intérêts, des passerelles de bon sens qui renvoient à la sauvegarde des intérêts majeurs de toute la société. Mais les fondements d’une telle démarche existent dans les aspirations et les besoins profonds de la société à différents niveaux. Toute force politique qui n’en tient pas compte s’expose à voir rétrécir sa base sociale, même si dans les débuts, sa démarche étroite paraît lui apporter quelque avantage.

L’une des raisons pour lesquelles les démocrates de toutes sensibilités idéologiques (nationale, islamique, sociale ou culturelle) n’ont pas pu reconstituer un pôle politique autonome suffisamment influent et crédible dans le pays c’est que, souvent, ils ont enfermé leurs différents projets démocratiques dans des objectifs et des horizons partisans étroits. Ils les ont subordonnés au triomphe préalable de leur projet de société. Mais ces projets partisans, aussi fondés soient-ils, restent l’expression d’un groupe social ou d’opinion. Cela est tout à fait normal et légitime. Mais ils ne peuvent jouer un rôle de programme et de norme pour toute la société, ne deviennent crédibles et mobilisateurs que s’ils sont devenus à l’émanation de cette société, c’est-à-dire, le résultat de sa maturation sociale et politique de son travail, de ses luttes, de ses choix affirmés.

L’idéal est que cela se fasse dans des conditions, avec des institutions, des règles de fonctionnement et des mécanismes de décisions les plus démocratiques possible. C’est cela l’enjeu immédiat de la transition, des débats publics ou des obscures tractations actuelles.

Les courants démocratiques qui ignoreraient cet enjeu ou le sous-estimeraient, seraient exposés au risque de voir les mots d’ordre de voie pacifique, de dialogue, de consensus national pris en charge, utilisés et déformés à des fins d’intérêts étroits par les courants les moins démocratiques et les moins acquis au progrès social.

Il est temps que notre peuple dépasse le tragique dialogue de sourds et les pressions opposées dont il a fait les frais jusqu’ici.

Qu’il ne se laisse pas enfermer dans le dilemme des extrêmes suivants: dénier à l’Etat le devoir d’assurer la sécurité des personnes et des biens ou, au contraire, refuser à l’Etat le devoir d’initier des voies politiques pacifiques pour rétablir une vie constitutionnelle normale et démocratique.

Les deux volets sont inséparables dans toute démarche qui voudrait ouvrir la voie à un projet de société constructif.

Cette démarche n’est pas celle de la facilité. Elle exige la mobilisation des plus grandes ressources politiques, sociales et morales de la société, au lieu de s’en remettre à la seule loi des armes, parfois inévitable mais si fragile, si trompeuse et surtout si destructrice par elle seule.

Tous les intérêts économiques et de pouvoir, tous les courants de pensée sont acculés par les événements à se prononcer: notre pays doit-il vivre selon des règles connues et acceptées de tous, ou doit-il être livré à l’arbitraire du plus fort ou du plus riche spéculateur?

Qui dit règle du jeu et Etat de droit dit qu’il faut définir et respecter un minimum d’intérêts communs et de discipline commune.

Doit-on considérer nos différences comme des antagonismes au nom desquels il faut continuer à s’entretuer, ou des complémentarités qu’il faut gérer ensemble (aussi difficile que cela soit) pour bâtir notre maison Algérie, car nous n’en avons pas d’autre?

Chaque courant, aussi important soit-il dans notre société, ne détient qu’une des clefs des nombreuses serrures qui ferment la porte de notre avenir. La porte ne s’ouvrira qu’avec les clefs et la volonté de tous.

Doit-on épuiser l’Algérie par une logique qui ne laisse pas de choix aux adversaires politiques que la capitulation ou l’extermination? N’est-il pas urgent d’amorcer une autre logique, celle de l’assainissement de la société et de l’Etat, celle de la construction et de la réforme de l’économie et des autres activités du pays?

Pourquoi ne pas édifier la souveraineté populaire sur des mécanismes nouveaux, de façon que son expression électorale ne mette pas en danger la paix civile?

Autrement dit, gagner la confiance des citoyens dans le système à venir, en protégeant les droits des administrés et des minorités du moment contre l’arbitraire des majorités et des pouvoirs en places?

Il appartiendrait à l’armée et aux forces politiques représentatives de la société civile de garantir conjointement ces mécanismes, notamment l’application de lois qui permettent le fonctionnement constructif de contre-pouvoirs influents dans les institutions et la société.

Notre peuple, ses militants, ses hommes politiques de toutes les mouvances idéologiques sont-ils prêts à assumer cette démarche d’avenir?

Dans le désastre des violences actuelles, les parties directement affrontées se jettent à la face l’accusation de totalitarisme. Quelle est la meilleure façon d’opérer les clarifications souhaitables et de mettre au pied du mur tous ceux qui refusent la tyrannie et le«taghoutisme»? Quel meilleur barrage dresser contre le totalitarisme de quelque nature qu’il soit et le déferlement des haines ? Comment faire converger vers les mêmes objectifs salvateurs, la sincérité de la foi religieuse et des convictions démocratiques de tous ceux qui, ces dernières années, que ce soit dans les affrontements armés ou les manifestations pacifiques, se sont dit au service de choix concrets de libertés politiques et de justice sociale?

Chacun dans son langage et son mode de pensée appelle ses concitoyens à «promouvoir le bien et se détourner du mal».

Parviendront-ils dans les faits à mobiliser, par-delà les frontières d’exclusion idéologique, tous ceux qui souhaitent pour l’immédiat :

  • la paix civile, le refus de la violence comme moyen de règlement des problèmes,
  • le respect de tous les droits de l’Homme et du citoyen et des libertés démocratiques élémentaires,
  • la recherche de solutions politiques, de mécanismes consensuels de transition et d’un climat culturel de tolérance.

Quels que soient les développements des semaines et mois à venir, tout laisse à penser que ce sera une œuvre difficile de longue haleine.

Mais c’est une œuvre vitale. Seules la destruction et la haine sont faciles.

Sadek HADJERES

article paru dans El Watan le 14 juillet 1994

mise en ligne socialgerie le 3 décembre 2013, article “DÉBATS ET ENSEIGNEMENTS AUTOUR DE LA DÉCENNIE NOIRE

haut de page


[DE MOHAMED BOUDIAF A YOUCEF FATHALLAH

publié par Saoudi Abdelaziz

le 9 Juin 2014

Mis en ligne le 29 juin 2012->http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-de-mohamed-boudiaf-a-youcef-fathallah-107572989.html]

Djillali Liabès
Après la mort de Boudiaf, une opération systématique de « nettoyage » a visé tous ceux qui, dans le premier cercle de ses conseillers, pouvaient témoigner des circonstances politiques et des commanditaires de sa liquidation. Djillali Liabès (photo), son plus proche conseiller, sera abattu huit mois après. Et d’autres encore…

Appelé au pouvoir par des «décideurs» incapables de maîtriser le processus politique qu’ils ont déclenché, Mohamed Boudiaf a contribué à éloigner la grande masse des jeunes du chemin sans issue de la lutte armée. Il y a réussi parce que sa volonté de rupture contre l’injustice sociale était crédible. Il avait engagé les premiers pas dans cette direction.

Son action au cours des six mois de sa présidence a sans doute permis d’éviter la guerre civile frontale sur une grande échelle. Mais elle a permis au système de gagner du temps et aux mokhs de mettre au point leur stratégie de guerre civile contrôlée.

Pendant ces six mois, Mohamed Boudiaf avait élaboré et commencé à mettre en route un processus qui menaçait frontalement les réseaux d’intérêt qu’il appelait maffia politico-financière. Il avait sans doute sous-estimé le niveau de pénétration de ces réseaux dans l’Etat algérien. Ces réseaux se sont constitués pour pomper les devises pétrolières rendues accessibles par l’infitah engagé en 1981, après les accords Chadli-Mitterrand. Ces réseaux sont désignés généralement par le terme Hizb frança. Ce terme ne recouvre pas une obédience linguistique mais les flux financiers illicites: on sait par exemple que de nombreux responsables «baathistes» du FLN –pour l’arabisation à outrance- faisaient parti de ce hizb très matérialiste.

Il ne fait aucun doute que l’opération anti-corruption qu’il se préparait à engager sur une large échelle lui a coûté la vie. La campagne de détournement médiatique menée autour du personnage de Hadj Bettou, un vulgaire contrebandier du Sud, a servi à occulter les véritables cibles de Boudiaf.

Au sein de la commission d’enquête sur l’assassinat, certains exigeaient d’aller jusqu’au bout des investigations. L’un d’entre eux, l’avocat marxiste Youcef Fathallah fut assassiné le 18 juin 1994, à l’entrée de son bureau à Alger, à la porte de son bureau où l’attendait un tueur avec un pistolet muni de silencieux. Dans son rapport de 1996, Amnesty International écrit que l’avocat avait exprimé des réserves sur le rapport final et avait refusé de l’endosser.

haut de page


UN PAS EN AVANT DANS LA COOPERATION SUD-SUD

blog algerieinfos

Saoudi Abdelaziz

le 18 Juin 2014

Le Sommet du G-77 + Chine s’est tenu les 14 et 15 juin à Santa Cruz, en Bolivie. Photo Reuters /Enrique Castro-Mendivil

A l’occasion du cinquantième anniversaire de cet ensemble composé de 133 pays du Sud (77 à sa création en 1964), les 119 délégations présentes ont adopté une déclaration commune intitulée

« Déclaration de Santa Cruz.

Pour un nouvel ordre mondial

pour « vivre bien » »

Comportant 242 points, ce document fixe plusieurs objectifs parmi lesquels

  • l’éradication de la pauvreté en 2030,
  • la mise en place d’un nouvel ordre financier international réduisant le pouvoir du Fonds monétaire international (FMI) – dont le président Evo Morales a, pour sa part, demandé le « remplacement » –
  • ou la remise à plat des négociations sur le climat.

Ce document réaffirme également la primauté de la souveraineté nationale sur les ressources naturelles.

Evo Morales a officialisé, au nom du G-77 +Chine, l’invitation faite à la Russie d’intégrer l’ensemble.

Source: “Mémoire des luttes”

« TALEB ABDERAHMANE GUILLOTINE LE 24 AVRIL 1958 » – LIVRE DE MOHAMED REBAH – EN VENTE À LA LIBRAIRIE « FATEH KITEB »

photo_taleb.png

photo_taleb.png

Le livre de Mohamed Rebah

est en vente a la librairie « Fateh kiteb »

au prix de 500 D.A

passez vos commendes

une dédicace de l’auteur est aussi possible!

nous contacter a l’adresse suivante:

librairie FATEH KITEB
8 cité des Bananiers

commune de Mouhamadia Alger

près du poste de police

à l’entrée de la cité

juste à la sortie du pont longeant l’autoroute

ou bien

l’arrêt du Tamway MOKHTAR ZERHOUNI

bienvenue !

10300984_1434235110177576_1369059278350044389_n.jpg

OUARGLA. MANIFESTATION CONTRE L’EXPLOITATION DU GAZ DE SCHISTE

Photo DR. Né il y a une semaine, le mouvement Houmat Al Oumma mène la protestation

publié par Saoudi Abdelaziz

blog algerieinfos-saoudi

le 15 Juin 2014

Photo DR. Né il y a une semaine, le mouvement Houmat Al Oumma mène la protestation

Une belle réussite que cette première manifestation contre l’exploitation du gaz de schiste, organisée comme prévu le 14 juin.

Par Houria Alioua,
El Watan

le 15 juin 2014

Sans heurt, entourée d’un dispositif sécuritaire, très discret, presque invisible, attirant une multitude de citoyens qui attendaient visiblement de voir la manifestation commencer pour s’y joindre, Ouargla a donné une nouvelle preuve de ses prouesses de mobilisation et d’organisation autour d’une thématique citoyenne par excellence: l’exploitation d’énergies non conventionnelles dans le Sahara algérien.

Quelque 300 personnes de tous âges et de tous les horizons ont répondu à l’appel du collectif d’associations de bienfaisance et pour la préservation de l’environnement, organisés sous l’égide de Houmat Al Oumma, le mouvement des défenseurs de la nation, né il y a à peine une semaine, à Ouargla, et qui a donc réussi cette première épreuve. Une manifestation citoyenne contre l’exploitation du gaz de schiste sur la place de l’hôtel de ville, baptisée depuis le 14 mars 2013, place Tahrir.

Le rassemblement, qui a timidement commencé vers 9h, a connu, au fil de son déroulement, un bel engouement citoyen, inattendu par les propres initiateurs de l’événement. Une belle mobilisation autour d’une thématique qui intéresse beaucoup de monde à en croire la forte présence, de citoyens de tous bords, même si la gent féminine a brillé par son absence hormis une dame de Ghardaïa et deux universitaires venues de l’étranger. Les visages halés, qui se prenaient un vrai bain de soleil chaud, digne d’un été saharien dûment installé, attendaient les paroles des organisateurs, qui, après avoir scandé des slogans anti-gaz de schiste, interpellant le gouvernement sur ce sursaut citoyen venu du fin fond du Sud, ont expliqué leur démarche, leurs objectifs et les enjeux environnementaux de l’exploitation de cette énergie non conventionnelle dans le Sud.

Habib Mechri, enseignant de sciences naturelles et cofondateur du mouvement, a expliqué que le message de la manifestation du 14 juin s’adresse à trois destinataires: «Le peuple qui se doit d’être conscient des dangers qui le menacent, le gouvernement appelé à faire primer les intérêts de l’Algérie et des Algériens auxquels il doit prouver son nationalisme, et enfin, les sociétés françaises et autres multinationales auxquelles le peuple dit tout simplement : dégagez de notre pays.»

Reconsidérer l’option

C’est dans un long et difficile parcours que ce collectif s’engage, le communiqué lu par Nadhir Boukhetta, président de Houmat Al Oumma a d’ailleurs été on ne peut plus explicite.

Un appel a été lancé à l’Association des oulémas musulmans algériens pour user de son droit de «mounassaha», «pour avertir les décideurs sur les conséquences écologiques de l’exploitation du gaz de schiste» , dit-il.

Le second appel a été adressé à la famille révolutionnaire «pour marquer un ultime positionnement en faveur du peuple qui refuse ce crime écologique».

Le troisième appel a été, quant à lui, adressé à l’institution militaire que Houmat Al Oumma a appelé «à préserver les intérêts de la nation».

Le collectif a fini par un appel au président Bouteflika pour «reconsidérer cette option et ouvrir un débat national sur la question».

La manifestation, qui s’est achevée vers 11h15, a brassé beaucoup de monde, d’autant plus qu’une large campagne de placardage et de distribution de tracts a été organisée tout au long de la semaine.

Des dizaines de véhicules arborant désormais des autocollants portant des slogans contre l’exploitation du gaz de schiste ont sillonné la ville. L’encadrement, essentiellement constitué du mouvement associatif revendicatif qui s’est forgé dans la douleur depuis dix ans contre le chômage et l’exclusion du secteur pétrolier, s’engage à présent pour la protection du Sahara, essentiellement le Touat et l’Immidir, premiers gisements annoncés par le gouvernement.

Source: El Watan

PARIS – 20 JUIN 2014 – FORUM: DEMAIN LE MONDE!?

fhhaggcj.png

fhhaggcj.png

le 20 juin 2014

au Grand Parquet

35, rue d’Aubervilliers

Paris 18ème

TABLE RONDE PUBLIQUE

« DES IDÉES EN ACTES! »

[

invitation

à cette occasion sera lancé

le forum « DEMAIN, LE MONDE!? »

->doc5014]

créé, dans une situation politique et idéologique très préoccupante,

par une trentaine d’associations, fondations et publications désireuses
d’engager en grand un débat public sur les enjeux contemporains de
civilisation.

Invit_WEB_DEF_050614.gif

[

Ci-joint un document de

présentation de ce forum

->doc5014]

qui donnera lieu dans les mois qui viennent

à
d’autres rencontres publiques

ainsi qu’à des « controverses
productives »

sur notre site (en cours de création)

Merci de nous dire par mail

forumdemainlemonde@gmail.com

si vous serez
présent-e le 20 juin

(nombre de places limité)

L’équipe d’animation

À l’initiative de:

  • Analyses et Documents économiques
  • Appel des
    appels
  • Ars Industrialis
  • Attac
  • Cassandre/Horschamp
  • Cités
  • ContreTemps
  • Écologie et Politique
  • Économistes atterrés
  • Écorev
  • Espaces Marx
  • Fondation Gabriel Péri
  • Fondation Copernic
  • Institut de recherches de la FSU
  • Golias
  • La Bande Passante
  • La Décroissance
  • La Ligue des Droits de l’Homme
  • La Parole Errante
  • La vie est à nous
  • Les Amis de l’Humanité
  • Les Amis du Monde diplomatique
  • l’Humanité
  • Mémoire des luttes
  • Mouvements
  • OMOS
  • Politis
  • Regards
  • Savoir/agir
  • Société Louise Michel
  • Transform !
  • Z’Indigné(e)s

EN ALGÉRIE, LA VÉRITABLE TRANSITION POLITIQUE VIENDRA D’EN BAS

Livres dans la ville

Comme on le constate dans l’actualité, avant et après la présidentielle, encore une fois, le débat sur la nécessaire refondation politique algérienne est tiré « vers les hautes sphères ».

Il l’a toujours été depuis qu’en novembre 1988, Chadli avait engagé la « première transition », dont le chef de la SM d’alors, Lakhal Ayat, dira plus tard avec ironie, paraphrasant Tancredi du Guépard:

« On a tout changé pour que rien ne change ».


Livres dans la ville

Saoudi Abdelaziz

blog algerieinfos

Le 7 juin 2014

Qu’est qui n’ a rien changé en Algérie sur le plan politique, après octobre 1988, alors que « l’impertinence » était offerte, subventions à l’appui, aux nouveaux journaux « indépendants »: ils pouvaient tout dire, à condition de ne rien dire d’important sur les dessous des cartes.

Qu’est ce qui n’a rien changé en Algérie?

Le peuple est toujours maintenu à l’écart de l’action politique sur les enjeux qui concernent son sort et celui du pays. Cette mise à l’écart est désormais provisoirement assumée par les Algériens de tous bords, qui, échaudés, refusent collectivement leur assentiment aux clans et fractions qui ont mené à la fitna.

Elle est si profondément intériorisée dans les postures et comportements apparents des Algériens que de multiples thèses ont fleuri, notamment depuis trois ans, fondées sur le postulat que le peuple a été « acheté » et « émasculé » par la rente.

Ce tour de passe-passe conceptuel est transformé en évidence éditoriale, dans des médias « indépendants » nourris par l’impuissance des factions dissidentes de l’establishment, chroniquement incapables de susciter la mise en mouvement populaire en faveur de leurs « initiatives politiques ».

Pendant ce temps les services de protection de l’ordre établi font leur métier, servis par l’absence d’une vrai dénonciation par les médias, qui sont branchés sur les « événements » choisis par les services. Pauvres militants de Barakat. Ils ont servi de parfait repoussoir pour que le pouvoir démontre le caractère dérisoire de l’action politique publique de masse.

Exit les interdictions entraves et provocations contre des rassemblements pacifiques, qui pourraient préparer les Algériens à l’action politique, exit les corsets aux libertés concrètes d’associations brandis par les wilayas.

Exit l’action sournoise et toujours présente des officiers traitants d’en haut et autres « organisateurs » d’émeutes d’en bas. Emeutes plus activement souhaitées que les pacifiques assemblées de salariés ou de chômeurs, de demandeurs de logements, de défenseurs de l’environnement, d’étudiants en mal de réformes et de conditions d’études décentes.

Exit les investigations sur les méthodes qui ont canalisé et domestiqué la classe politique dans les méandres des luttes internes du système.

Exit la nécessaire mise à nu médiatique persévérante pouvant relayer les initiatives des citoyens contre la culture de la corruption. Culture impulsée dans les administrations publiques depuis « le haut » par les factions et les clans, pourrissant la vie des Algériens et les obligeant à s’humilier.

Tout est fait pour maintenir le peuple à l’écart.

Pendant ce temps, les prêtres-experts médiatico-politiques lancent leurs anathèmes contre la malédiction de la rente, baignant les Algériens dans cette culpabilité, qui jette le doute voire excommunie toute demande sociale de mieux vivre.

Si une transition doit être organisée, c’est d’abord celle qui permettra de libérer politiquement le peuple algérien des barrières de l’atomisation qui le paralysent et le poussent à l’attentisme, au détriment de l’intérêt commun.

Sans attendre que les états-majors, qui s’agitent autour du pot de miel, trouvent une nouvelle combine pour encore une fois tout changer afin que rien ne change.

Cette nouvelle combine ne marchera pas, car le peuple algérien voit, écoute, comprend car il reste toujours vivant, en dépit des prêches élitistes enfermés dans leur litanie en boucle.

Pour cette vrai transition par le bas,

les Algériens devront bien se dire qu’il n’y pas grand chose de décisif à attendre d’en haut, sauf à espérer que les courants les plus sincèrement rénovateurs s’éloignent des vertiges du sommet pour se remettre sincèrement « à l’écoute de la base ».

Quant aux forces politiques réellement indépendantes…

[ Sources: blog algerieinfos

Notes Saoudi Abdelaziz
->http://www.algerieinfos-saoudi.com/2014/06/en-algerie-la-veritable-transition-politique-viendra-d-en-bas.html]