DES MILLIERS D’ ALGÉRIENS MARCHENT POUR GHAZA

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Saluons toutes les initiatives qui honorent le peuple algérien, face à la barbarie des uns, au lâche renoncement des autres!

Ce que les manifestants d’Algérie et d’ailleurs clament, au delà de leurs opinions diversifiées, soixante dix ans après la monstrueuse aventure hitlérienne contre les peuples,

C’EST:

GAZA RÉSISTANTE A REPRIS LE FLAMBEAU DU GHETTO DE VARSOVIE

LA BARBARIE COLONIALISTE APPLIQUE À LA LETTRE LES MÉTHODES DES NAZIS

AUX PEUPLES DE S’UNIR À NOUVEAU DANS L’ACTION MULTIFORME, POUR LA PAIX, LA LIBERTÉ ET LA DÉMOCRATIE, CONTRE LES ENTREPRISES GUERRIÈRES RACISTES ET FASCISANTES, CONTRE LES DIVISIONS SUICIDAIRES!


DES MILLIERS D’ALGÉRIENS

MARCHENT POUR GHAZA

par M. Aziza, Sek & H.B.

Des milliers d’Algériens, jeunes, femmes, enfants et vieillards, ont pris part à la marche spontanée, ce vendredi à Alger, conduite juste après la prière, pour dénoncer les massacres contre les habitants de Ghaza.

Les Algériens ont fait tomber «un tabou» en effectuant une marche pacifique qui a eu comme point de départ la place du 1er Mai et comme point d’arrivée la place des Martyrs.

Les marcheurs ont avancé pas à pas, laissant derrière eux Abderrezak Mokri, président du MSP, prononçant un discours dans lequel il a exprimé le soutien absolu du peuple algérien à la résistance palestinienne.

Tout au long de leur parcours, les manifestants ont scandé des slogans hostiles à la barbarie de l’Etat sioniste et des slogans de soutien et de gloire à la résistance palestinienne et particulièrement la résistance du peuple de Ghaza.

Ils scandaient tous ensemble «le peuple veut l’indépendance du peuple palestinien» et «avec l’âme, avec le sang, on te vengera Ghaza».

Les manifestants ont également exprimé leur colère par rapport aux positions de la honte et du silence des pays arabes, avec leur acteur principale, Abdelfattah al-Sissi.

Ils répétaient en chœur, «quelle honte, quelle honte, Al-Sissi l’ennemi de Dieu» et d’enchaîner : «quelle honte, quelle honte, ils ont vendu Ghaza avec des dollars».

Les manifestants en faveur de Ghaza ont demandé à l’Etat algérien de faire pression, avec d’autres pays qui partagent la même vision, sur l’Egypte pour l’ouverture du passage de Rafah.

Les services de sécurité ayant investi la place du 1er Mai avant la fin de la prière avaient d’abord essayé «avec douceur» la première fois d’empêcher les manifestants de marcher, en tentant de les convaincre de se contenter d’un rassemblement, à la grande place du 1er Mai, mais en vain.

Les manifestants ont tenu à marcher «pacifiquement, au même titre que l’ensemble des peuples ayant organisé des marches de soutien et de solidarité avec le peuple palestinien».

Ainsi et dès la fin de la prière du vendredi, les fidèles des mosquées environnantes ont convergé depuis le quartier de Belouizdad vers la place 1er Mai. Le temps que les autres manifestants arrivent au regroupement, les agents de l’ordre et devant la déferlante se sont précipités pour bloquer le passage.

Devant le blocage de la marche, les manifestants tentèrent de contourner ce barrage et aller par le chemin dit du «moulin» qui mène vers la Grande Poste pour rejoindre, ensuite, la place des Martyrs. Là aussi, ils sont renvoyés, une seconde fois, vers leur lieu de départ. Les forces de sécurité, intraitables, n’ont laissé aucune chance aux manifestants de tenir leur marche.

Néanmoins, des manifestants tentaient de convaincre les hommes bleus de céder le passage, en vain.

Mais, quelques instants plus tard, les manifestants ont franchi le cordon de sécurité en marchant quelques mètres, pour ensuite poursuivre leur marche jusqu’à la place des Martyrs. Ensuite, la marche fut grandiose.

A Oran, ils étaient entre 2.000 et 2.500 personnes qui ont pris part hier à la marche de soutien au peuple palestinien organisée sur appel du mouvement associatif. Plusieurs élus locaux de différents courants politiques étaient également présents parmi les manifestants qui ont brandi des drapeaux palestiniens en scandant des slogans condamnant la barbarie sioniste.

La marche a été lancée juste après la prière du vendredi à partir de la place des Victoires pour s’achever à la place du 1er Novembre 1954.

Pour le Groupe «Solidarité Oran-Palestine», qui a encadré la marche à Oran, et dont les membres se présentent comme «n’appartenant à aucun courant politique», cette initiative vise en premier lieu «à faire parvenir un message fort de solidarité et de soutien de la part du peuple algérien au peuple frère de Palestine».

C’est un message de soutien «indéfectible» porté, notamment aux combattants palestiniens qui affrontent farouchement l’armée sioniste, lit-on dans communiqué signé par le «Groupe Solidarité Oran-Palestine».

Ce dernier lance, par ailleurs, un message à tous les Algériens à faire preuve de générosité pour couvrir une partie des besoins en médicaments notamment à nos frères à Ghaza. Le Groupe ne manque pas de saisir les autorités algériennes d’abord pour les soutenir dans la position officielle de l’Algérie vis-à-vis de la question palestinienne, mais aussi pour les appeler à mettre tout en œuvre sur le plan diplomatique notamment pour la levée de l’embargo sur Ghaza.


[voir socialgerie article 1459, le 26 juillet 2014

FACE AUX NOUVEAUX BARBARES COLONIALISTES, SOLIDARITÉ ACTIVE AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN MARTYR

GHETTO DE VARSOVIE ET GAZA HEROÏQUE, MÊME COMBAT->1459]

PALESTINE. L’APPEL DE MARWANE BARGHOUTI

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Prison d’Hadarim

cellule 28

le 27 juillet 2014

Permettez-moi tout d’abord de saluer notre peuple, les martyrs tués au cours de la barbare agression israélienne contre la bande de Gaza, notamment les enfants, les femmes et les personnes âgées, de saluer le soulèvement populaire à Jérusalem, en Cisjordanie et à l’intérieur d’Israël ainsi que les mouvements de résistance. De ma cellule étroite, parmi les milliers de Palestiniens emprisonnés, je souligne ce qui suit:

Je condamne l’agression barbare contre notre peuple en soulignant que c’est une agression contre toute la Palestine et la totalité de notre nation, contre tous les Arabes, les musulmans, tous les gens épris de liberté à travers le monde,

J’appelle les dirigeants palestiniens, à commencer par le Comité exécutif de l’OLP, le Comité central du Fatah, le président Mahmoud Abbas, son gouvernement, la direction de la bande de Gaza, de prendre part, aux côtés de notre peuple, dans la bataille constante de résistance, de la levée du siège et de la reconstruction,

J’appelle notre peuple à lancer un mouvement populaire massif et à prendre part aux manifestations contre l’agression et l’occupation,

« La nécessité de lever le blocus inhumain contre notre peuple dans la bande de Gaza, d’assurer l’ouverture de tous les passages, aussi bien qu’à veiller à l’ouverture du passage de Rafah immédiatement et de façon permanente,

J’appelle les services de sécurité palestiniens et les forces nationales à défendre leurs obligations en protégeant nos citoyens dans tout le pays,

Il est important de saisir à nouveau l’Organisation des Nations Unies pour obtenir la totalité de l’adhésion de l’Etat de Palestine, et d’accéder à toutes les conventions et institutions assurant la protection des droits de notre peuple, à commencer par la Cour pénale internationale,

Le chemin de la liberté et de la dignité est pavé de sacrifices. Les nations ne doivent pas baisser les bras, elles ne peuvent pas être vaincues et doivent refuser de coexister avec l’oppression et l’occupation. Notre peuple a des ressources inépuisables pour poursuivre la lutte. Nous avons l’obligation de transformer son sacrifice en victoires politiques les portant au plus près de la liberté et de l’indépendance. Notre peuple doit unifier ses efforts pour en finir avec l’occupation et incarner l’unité nationale qui constitue la loi de la victoire pour les peuples opprimés.

Enfin, je dis à notre peuple palestinien, partout où qu’il soit: notre rencontre prochaine viendra bientôt, tout comme ces barreaux de prison, comme le siège, l’oppression et l’occupation, seront vaincus.

Marwan Barghouti

Prison d’Hadarim, cellule 28

En Palestine, nombreuses sont les peintures au mur représentant Marwan Barghouti.

Sources:

16 AU 25 JUILLET 2014 : SÉLECTION DE LA SEMAINE

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ABDELAZIZ RAHABI: «LA DIPLOMATIE ALGÉRIENNE A CONSISTÉ PENDANT 15 ANS À PLAIRE À L’OCCIDENT»Propos recueillis par Massissilia Chafaï – TSA – le 23 juillet 2014;


« ON NE VEUT PLUS D’ALGÉRIE-POSTE »publié par Saoudi Abdelaziz – blog algerieinfosSUITE À LA SUSPENSION DE DEUX DE SES MEMBRES: LE SNAP MONTE AU CRÉNEAUpar Younès Saâdi – Reporters.Dz – le 23 Juillet 2014;


BARBARE PARMI LES NATIONSle 22 juillet 2014 – Messaoud Benyoucef – blog braniya chiricahua;


FATMA OUSSEDIK: « À QUI PROFITE LE FOYER DE TENSION AU M’ZAB? » “Liberté” – le 21 juillet 2014, blog algerieinfos le 21 juillet 2014;


FRÈRES MUSULMANS-SALAFISTES. L’AMALGAME OUTRANCIER DE SAMIR AMINEpublié par Saoudi Abdelaziz – blog algerieinfos – le 18 Juillet 2014;


Révolution : cris et écritspar Belkacem Ahcene-Djaballah – le 22 juillet 2014 – Le Quotidien d(‘Oran;


écho: LE TRAUMATISME DU PRINTEMPS NOIRMémoire soutenu à BÉJAÏA par DJENADI Nawel et SEBAHI Aimad – Tahar HAMADACHE – le 25 juillet 2014.


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ABDELAZIZ RAHABI:

«LA DIPLOMATIE ALGÉRIENNE A CONSISTÉ

PENDANT 15 ANS

À PLAIRE À L’OCCIDENT»

Propos recueillis par Massissilia Chafaï

“Tout sur l’Algérie”

le 23 juillet 2014

Abdeaziz Rahabi est Diplomate et ancien ministre de la Culture et de l’information. Il explique dans cet entretien les raisons de la réaction tardive de l’Algérie concernant la situation à Gaza.

Comment expliquez-vous la réaction tardive de l’Algérie concernant la situation à Gaza?

Quand on dit l’Algérie, il ne faut pas parler que de la position officielle mais il faut parler de la réaction de toute l’Algérie, à savoir société et pouvoir public, que je trouve choquante. Le peuple algérien vit avec beaucoup de colère et tristesse ce qui se passe à Gaza mais il est incapable d’exprimer une réaction. Le drame de l’Algérie est là. On vit une colère interne mais personne n’est en mesure d’exprimer une réaction ou de manifester sa colère ou son rejet.

Concernant la réaction tardive du gouvernement, je ne suis pas du tout étonné. En quinze ans l’Algérie n’a absolument rien dit sur la Palestine, ni sur l’Irak. Elle était occupée à plaire à l’Occident. C’est ce qu’on a appelé le retour sur la scène internationale.

Je vous donne un exemple, l’Algérie n’a pas reçu un seul dirigeant palestinien depuis huit ans. Lorsque vous posez la question aux officiels ils vous disent qu’il faut que les palestiniens s’entendent d’abord, entre eux, alors qu’auparavant c’était l’Algérie qui faisait que les palestiniens s’entendent entre eux.

Autre exemple, le conseil national palestinien s’est réuni à Alger pour proclamer la naissance de l’État palestinien en novembre 1988, c’est-à-dire, à moins d’un mois des événements d’octobre 1988. En dépit des conséquences de ces événements, le gouvernement algérien n’a pas reporté ou annulé la réunion du conseil national. On voit à travers cet exemple l’engagement de l’Algérie. À cette époque on n’avait pas peur de ne pas plaire aux amis d’Israël, contrairement à ces quinze dernières années.

Comment peut-on qualifier la diplomatie actuelle de l’Algérie? Privilégie-t-elle ses relations avec l’Europe et les Etats-Unis plutôt que le monde arabe?

L’Algérie n’a pas changé de position concernant la cause palestinienne mais elle la manifeste moins clairement. La diplomatie algérienne a consisté, pendant quinze ans, à plaire à l’occident. Il faut reconnaitre qu’il y a une sorte de correction depuis l’arrivée de Ramtane Lamamra où on voit un intérêt plus important pour le monde arabe et le Sahel.

Est-ce que le fait que Hamas incarne la résistance palestinienne dérange l’Algérie? Sachant que Hamas est considéré par les occidentaux comme un groupe terroriste et que l’Algérie est très impliquée dans la lutte contre ce dernier…

Hamas est un gouvernement élu qui a une légitimité populaire. Il reste un parti politique palestinien et non un groupe terroriste comme l’ont classé les occidentaux.

Nous avons à respecter le choix du peuple palestinien qui nous respecte énormément et qui attend beaucoup de nous.

Nous avons toujours parlé avec la direction palestinienne c’est-à-dire pour nous c’est Abou Mazen qui parle au nom de la Palestine et non pas Hamas.

En plus Hamas n’est pas à l’origine de la résistance palestinienne. Il n’est qu’un acteur parmi d’autres. Cela ne devrait poser aucun problème à l’Algérie.

Sources: Tout sur l’Algérie (TSA)

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« ON NE VEUT PLUS D’ALGÉRIE-POSTE »

Publié par Saoudi Abdelaziz

blog algerieinfos

le 23 Juillet 2014

«Je pense qu’on veut liquider notre entreprise. La laisser dans l’état actuel sans investissement, sans motivation et sans formation est un signe fort qu’on ne veut plus d’Algérie Poste», confie au quotidien Reporter-dz, Mourad Nekeche le président du Syndicat national autonome des postiers. L’entreprise publique semble renouer avec l’incertitude, alors que des mots d’ordre de grève circulent sur les réseaux sociaux…

SUITE À LA SUSPENSION DE DEUX DE SES MEMBRES:

LE SNAP MONTE AU CRÉNEAU

par Younès Saâdi,

Reporters.Dz

le 23 juillet 2014

Le Syndicat national autonome des postiers (SNAP), une organisation non encore agréée, revient à la charge et menace de descendre dans la rue le mois prochain. Motif : protester contre les sanctions prononcées au début du mois à l’encontre de deux membres de son conseil national exerçant à l’agence de Dar El Beida d’Algérie Poste.

«Deux membres du conseil national de notre syndicat ont été sanctionnés par la direction régionale d’Algérie Poste en raison de leurs activités syndicales», a indiqué hier, lors d’une conférence de presse animée au siège de la Maison des syndicats à Bab Ezzouar (Alger), le président du SNAP, Mourad Nekeche.

Il poursuit : «Nous n’allons pas nous taire devant cette injustice. Le conseil national du SNAP a décidé de tenir la mois prochain un sit-in de protestation devant le siège du ministère du Travail et de la Sécurité sociale.»

«Nous sommes déterminés à défendre nos adhérents», a-t-il martelé.

Voulant expliquer cette affaire, le conférencier dira: «Le 25 juin dernier, Sofiane Kahlene, membre du conseil national du syndicat exerçant à l’agence d’Algérie Poste de Dar El Beida, à Alger, a été destinataire d’une suspension de travail sous prétexte qu’il est poursuivi en justice. Un argument qui ne tient pas du tout la route, car il ne fait l’objet d’aucune poursuite quelconque.»

Révoltés par cette sanction, qualifiée d’«arbitraire», ses collègues ont observé le 7 juillet dernier un arrêt de travail de deux heures. Une démarche qui a, selon lui, provoqué la colère de la direction d’Algérie Poste qui n’a pas tardé à prononcer de nouvelles sanctions.

En effet, un autre membre du conseil national du SNAP, en l’occurrence Tarek Amar Khoudja, a été suspendu le même jour. Il est accusé d’être derrière cet arrêt de travail. Convoqué par le conseil de discipline, Amar Khoudja a répondu pendant trois heures aux questions qui lui ont été posées par les membres du conseil, au nombre de sept. Persuadé de son licenciement, il a affirmé à la presse que le motif réel de cette campagne d’«intimidation» est de faire taire les travailleurs et d’entraver l’implantation du SNAP dans les bureaux de poste. «Les bureaux de poste manquent de tout, nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à cette situation qui pénalise d’abord les clients d’Algérie Poste», a-t-il dit.

Sur ce point, Sofiane Kahlene n’a pas pu retenir sa colère en décrivant les conditions de travail dans lesquelles les travailleurs d’Algérie Poste exercent.

«À Tolga à Biskra, un agent d’Algérie Poste ramène avec lui une chaise. Trouvez-vous cela normal? Parfois, nous sommes obligés d’acheter du matériel avec notre propre argent pour pouvoir travailler», a-t-il martelé.

Un constat partagé par le président du syndicat qui croit à la théorie du complot. «Je pense qu’on veut liquider notre entreprise. La laisser dans l’état actuel sans investissement, sans motivation et sans formation est un signe fort qu’on ne veut plus d’Algérie Poste», soupçonne-t-il.

Profitant de la présence des journalistes, le président du SNAP a dénoncé le refus du ministre du Travail et de la Sécurité sociale de délivrer à son organisation syndicale le récépissé de demande d’agrément. Pourtant, un dossier complet contenant toutes les pièces demandées a été déposé il y a plus de deux ans. «Notre dossier de demande d’agrément a été déposé il y a plus de deux ans, nous n’avons pas encore reçu le récépissé de dépôt.

À chaque fois qu’on se déplace au ministère, on nous avance des prétextes pour justifier le retard. Nous ne pouvons plus attendre, la création d’un syndicat est un droit reconnu par la Constitution et les conventions internationales signées par l’Algérie»,
a-t-il rappelé.

Interrogé sur l’appel à la grève lancé sur les réseaux sociaux dans les postes pour les 16 et 17 juillet, l’orateur nie toute implication de son organisation. «Nous n’avons aucun lien avec ces appels à la grève lancés sur les réseaux sociaux», a-t-il clarifié.

Source: Reporters-Dz

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BARBARE PARMI LES NATIONS

le 22 juillet 2014

Messaoud Benyoucef

braniya chiricahua

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Cet article a été écrit en 2012. Je le remets en exergue à l’occasion -si l’on peut dire- du nouveau carnage perpétré par l’entité monstrueuse qui se veut un « Etat juif », contre les assiégés de Gaza. Par air, par mer, par terre, les hordes sauvages de l’Etat sioniste paria s’acharnent sur les enfants, les femmes et les vieillards. Elles font moins preuve de courage quand il s’agit d’affronter les hommes du Hamas.

Rarement le monde a assisté à une semblable sauvagerie. Un monde veule, à l’image de sa représentation symbolique, l’ONU, qui vient d’élire l’Etat assassin au comité de décolonisation! Un état colon raciste (pur pléonasme) dans une structure censée être anticoloniale! Pitoyable perversion! Misérable lâcheté -une de plus!

La palme de l’indécence et de l’ignominie devra être décernée au gouvernement français qui, sous couvert du « droit à la défense d’Israël », donne son onction au massacre des femmes et des enfants de Gaza.

Ce faisant, ce gouvernement s’inscrit dans la droite ligne des social-traîtres de 1956 qui, élus pour faire la paix en Algérie, se sont couchés devant les minorités ultra et ont cédé toutes leurs prérogatives aux militaires. On sait où cela a mené.

Sauf que cette fois-ci, il n’y a pas un De Gaulle pour sauver l’âme de cette nation en perdition, car même ceux qui se réclament de son héritage n’ont qu’une hantise: se montrer plus serviles à l’égard de l’entité sioniste et de ses relais (CRIF, LICRA, UEJF…) que leurs alter-ego socialistes.

Les Etats occidentaux sont tous sur la même ligne de soumission à l’entité sioniste et à ces puissants réseaux d’influence. Gageons, cependant, qu’ils savent que le monstre dont ils ont accouché ne les tient pas seulement par la barbichette de la culpabilité: Berlin, Londres, Paris, Varsovie… mesurent bien qu’ils sont à portée des missiles nucléaires du Léviathan.

L’Etat sioniste paria se veut un « Etat juif »; ses thuriféraires parlent volontiers d' »Etat hébreu ». Prendre au pied de la lettre ces notions signifierait qu’il y a une manière juive de faire de la politique -par l’extermination de ce qui n’est pas juif.

Qu’en pensent, qu’en disent les Juifs du monde ?

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L’État sioniste paria, se posant sans vergogne comme le représentant des Juifs du monde entier, attribue une distinction dite «Juste parmi les nations» à ceux qui ont sauvé des Juifs durant la Seconde guerre mondiale.

José Aboulker, Juif algérois, résistant et chef des commandos qui ont neutralisé les forces vichystes pour permettre aux armées alliées de débarquer sans coup férir à Alger (novembre 1942), rappelait que le mufti d’Alger avait interdit d’acheter les biens juifs spoliés, car «les Juifs sont nos frères dans le malheur» , précisait l’homme de religion. C’était dans une émission télévisée de la série «Les brûlures de l’histoire» (Fr3).

Cela pour rappeler que les Juifs qui, des deux côtés de la Méditerranée, ont été protégés des exactions de l’occupant nazi et de ses laquais par des Arabes ou des Français, l’ont été par obéissance à la loi morale (comme dirait Kant).

Or la loi morale dans son concept est désintéressée: elle commande de prendre autrui comme une fin en soi, jamais comme un moyen.

C’est pourquoi la «distinction» octroyée par l’État sioniste est profondément immorale d’un double point de vue:

  • d’une part, parce qu’elle est le fait d’une entité politique tribale qui discrimine et chosifie des êtres humains, les Palestiniens -faute de pouvoir enfin réaliser un génocide en bonne et due forme;
  • d’autre part, parce que l’État sioniste, en «récompensant» les justes, se place insidieusement et automatiquement au-dessus d’eux, leur signifie qu’il leur est moralement supérieur puisque c’est lui qui dit où est le juste, le bien, et qu’il désigne ceux qui ont eu une conduite morale.

Mais si l’on regarde les choses d’un peu près, cette distinction extravagante veut bien dire que si le fait d’avoir sauvé un Juif vous confère une qualité exceptionnelle, c’est bien parce que le Juif est un être d’exception. La distinction sioniste de «Juste parmi les nations» est une perversion de la loi morale car elle se fonde elle-même sur une discrimination entre Juif et non-Juif, ce qui veut dire qu’elle est en contradiction avec l’universalité du genre humain.

C’est pourquoi nous proposons, à notre tour, d’instaurer la distinction dite «BARBARE PARMI LES NATIONS» pour stigmatiser les entités politiques criminelles, celles qui font du racisme et du suprématisme leur credo. Et pour l’ensemble de leur œuvre, nous décernons, en premier lieu, ce titre infamant à l’État sioniste et à son coolie yankee, les USA.

Nous examinerons dans un proche avenir le cas de l’Australie -qui a réussi, ne l’oublions pas, à éradiquer l’espèce aborigène de Tasmanie- ainsi que celui du Canada, qui se pose comme candidat empressé au poste de groom chamarré de l’État sioniste. (Qu’attend donc le Québec pour voler de ses propres ailes?)

Cela étant dit, n’oublions pas la centaine de députés français (de la législature Sarkozy) qui ont signé un texte par lequel ils déniaient aux Palestiniens le droit de… saisir l’ONU pour lui demander de proclamer un État palestinien. À peine si la démarche de l’Autorité palestinienne n’a pas été qualifiée de terrorisme arabe!

De plus, ce texte incroyable venait contredire la position officielle du gouvernement français! Autrement dit ces députés n’ont pas craint d’aller à l’encontre de la politique de leur propre gouvernement, à l’encontre des intérêts stratégiques bien compris de leur pays au Moyen-Orient, pour complaire à l’État sioniste.

Une telle coalition où l’on retrouve des gens de droite et de gauche voisinant avec les débris de l’OAS (dont la haine à l’égard de l’Algérien est inextinguible et est échangeable contre celle du Palestinien -un Arabe est un Arabe, n’est-ce pas?), une telle coalition donc qui se met au service d’une puissance étrangère (nucléaire de surcroît), cela porte un nom: cinquième colonne.

Quelques noms de ces pétitionnaires qui font passer l’intérêt de l’état sioniste avant celui de leur pays: Georges Pau-Langevin (socialiste et sous-ministre dans le gouvernement Ayrault); Michèle Tabarot, député UMP (et néanmoins fille de Robert Tabarot, l’un des chefs de la sinistre OAS oranaise); Bernard Debré qui voisine avec le très sioniste et ancien militant du mouvement d’extrême droite Occident, Claude Goasguen, etc. Quel monde oecuménique! Et quel courage quand il s’agit de se liguer contre un peuple sans défense!

Sources: braniya chiricahua

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FATMA OUSSEDIK:

« À QUI PROFITE LE FOYER DE TENSION AU M’ZAB? »

Publication dans “Liberté”, d’une conférence débat, très éclairante, de Fatma Oussedik

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De l’avis de Mme Oussedik, ces incidents profitent à “ceux qui gouvernent par la peur” et qui cherchent à “masquer les échecs d’un système de gouvernance qui a enfanté des monstres”

[

Par Hafida Ameyar

Liberté

le 21 juillet 2014

->http://www.liberte-algerie.com/actualite/a-qui-profite-le-foyer-de-tension-au-m-zab-conference-de-la-sociologue-fatma-oussedik-sur-les-evenements-de-ghardaia-225397]

[

repris sur le blog algerieinfos

Saoudi Abdelaziz

le 21 Juillet 2014

->http://www.algerieinfos-saoudi.com/2014/07/fatma-oussedik-a-qui-profite-le-foyer-de-tension-au-m-zab.html]


La crise du M’zab donne un éclairage sur “l’état du tissu social”, ainsi que sur “la question de l’état” et des “manipulations diverses (qui) a fragilisé le pays”.

Ce point de vue a été exposé par la sociologue Fatma Oussedik, lors d’une conférence-débat organisée à Alger, dans la soirée du samedi 19 juillet, par le Rassemblement actions jeunesse (Raj).


Très soucieuse sur le regard “scientifique” de l’universitaire, Mme Oussedik s’est d’abord prêtée aux définitions de “minorité” et de “communauté”, avant de situer “l’espace” où se déroule l’événement (à 600 km d’Alger, dans la wilaya de Ghardaïa).

Elle a enfin énoncé que les Ibadites du M’zab, “Amazighs zénètes”, berbérophones et musulmans appartenant à “une école doctrinale particulière” “ne sont pas une ethnie”. “Ils sont une communauté, mais certainement pas une minorité”, a-t-elle affirmé, sans exclure plus loin la volonté de certains de “construire une minorité politique”.

Elle a rappelé le travail accompli par le mouvement national, qui “a transformé toutes les communautés”, les unissant autour de l’objectif d’indépendance nationale.

Les Ibadites du M’zab, à l’exemple de Moufdi Zakaria, “se sont intégrés dans le mouvement national, en tant qu’Algériens”, dira la sociologue, en critiquant ces livreurs d’“a priori idéologiques (qui) produisent de la minorité” et du “communautarisme dans sa signification négative”.

L’auteure de Itifaqate, un ouvrage de référence sur le M’zab, a cependant concédé que les Ibadites du M’zab se distinguent par une “singularité puissante”, celle du “maintien” des institutions traditionnelles dont certaines, comme tajmaât, existent ou ont existé ailleurs, dans le pays. Elle finira par admettre que la crise à Ghardaïa est une des expressions de la crise de l’état national qui, loin de valoriser la spécificité des régions, “a sciemment ignoré” les formes d’auto-organisation de l’Algérie profonde.

Pire, la wilaya ou la figure du wali “a été et demeure une machine à broyer les institutions locales (…) souvent de façon violente” et reste impuissante devant les bouleversements socioéconomico-démographiques, poursuivra-t-elle.

Non sans déplorer les propos humiliants tenus par le chef de l’état, après son élection en 2009, à l’endroit des Kabyles, les “petites blagues” de M.Sellal, alors chef de campagne et la “réactivation” / ”manipulations” des archs, mais également cette façon qu’ont les représentants du pouvoir à s’adresser, non plus aux Algériens, mais aux Chaouis, Mozabites, Touareg, Kabyles, etc.

Aujourd’hui, la question est de savoir qui tire profit des troubles en Algérie.

De l’avis de Mme Oussedik, ces incidents profitent

à “ceux qui gouvernent par la peur” et qui cherchent à “masquer les échecs d’un système de gouvernance qui a enfanté des monstres”,

à “ceux qui veulent faire entendre leur capacité de nuisance, pour faire partie du jeu”,

aux “différents trafiquants”, partisans du “commerce illégal” et de la “dérégulation”.

L’Algérie a connu une véritable “entreprise de délégitimation des institutions locales et nationales, durant des décennies, au bénéfice de la création de clientèles”, lâchera la sociologue. 

Et d’ajouter: “Nous sommes face à un état affaibli, qui a besoin de l’informel et de dérèglements.”

Faisant le parallèle entre les événements de Ghardaïa et ceux ayant éclaté dans d’autres régions du pays, l’invitée de Raj a estimé que “la violence arrive lorsque la loi est absente”.

Au cours du débat, il a été question de l’“ingénierie” de la société ibadite à produire des institutions nouvelles, de la “responsabilité” de l’état et des logiques résultant des “intérêts” mis en place dans la société algérienne, ainsi que de “la déstructuration du tissu social par le pouvoir, pour réaliser un tissu adapté à ses intérêts”.

Dans ce cadre, des participants ont laissé entendre que la crise du M’zab pourrait avoir un lien, notamment avec la découverte du gaz de schiste dans “une région faisant l’objet de convoitises”.

Source: Liberté.com

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Photo DR. les islamistes Salafistes du parti Al-Nour soutiennent Abdel Fattah al-Sissi contre les islamites Frères musulmans

FRÈRES MUSULMANS-SALAFISTES.

L’AMALGAME OUTRANCIER DE SAMIR AMINE

publié par Saoudi Abdelaziz

blog algerieinfos

le 18 Juillet 2014

Dans un long texte intitulée « Le retour du fascisme dans le capitalisme contemporain », publiée sur le site Forum de alternatives Samir Amine étudie la naissance et l’évolution des mouvements fascistes divers dans le monde.

Samir Amine note d’emblée le trait commun des régimes fasciste habituellement décrit par les marxistes. Ils « acceptent tous d’inscrire leur gestion de la politique et de la société dans un cadre qui ne remet pas en cause les principes fondamentaux du capitalisme, à savoir la propriété capitaliste privée, y compris celle, moderne, des monopoles ».

Samir Amine conclut sa longue compilation par les menaces fascistes dans nos régions. ce qui semble être la vraie finalité de l’article.

« Les soulèvements populaires des années récentes à partir de 2011 ont remis en question les dictatures concernées. Mais seulement remis en question » note le chercheur qui pose dans « l’horizon court visible » trois hypothèses:

  • « Un retour possible au modèle national populaire de l’ère de Bandoung, peut être avec un zest de démocratie?
  • Une cristallisation plus marquée d’un front démocratique, populaire et national?
  • Un plongeon dans l’illusion passéiste qui prend ici la forme d’une «islamisation» de la politique et de la société? »

Samir Amine énonce que les Etats Unis et leurs alliés subalternes européens « ont fait leur choix: le soutien préférentiel aux Frères Musulmans et/ou aux autres organisations «salafistes» de l’Islam politique, parce que la raison en est simple et évidente: ces forces politiques réactionnaires acceptent d’inscrire l’exercice de leur pouvoir dans le néolibéralisme mondialisé (et donc abandonnent toute perspective de justice sociale et d’indépendance nationale); et c’est cela le seul objectif poursuivi par les puissances impérialistes ».

Samir Amine énonce: « De ce fait, le projet de l’Islam politique appartient à la famille des fascismes de sociétés dépendantes ».

Il ajoute: « Ce mode de pouvoir islamiste est donc le garant que les sociétés concernées demeureront dans l’incapacité absolue de s’affirmer sur la scène mondiale. Force est de constater que les Etats Unis sur le déclin ont renoncé à obtenir mieux – un pouvoir local stabilisé et soumis – en faveur de ce «second best».

Mon avis sur le vif.

Pourtant les USA et les Occidentaux ont avalisé leur habituel « first best » -avec les réserves d’usage mais sans trop réchigner-, le coup d’Etat anti-frères musulmans et le pouvoir autoritaire qui a suivi, imposé avec la bienveillance des salafistes.

Il y a quelque chose de « forcé » et même de « baclé » dans la démonstration du chercheur égyptien, notamment l’amalgame entre Frères musulmans et salafistes.

En Tunisie, la « dérive fasciste » présentée comme inévitable parce que de « nature génétique » des Islamistes tunisiens proches de la Confrérie ne s’est pas confirmée.

Bien au contraire, ils se sont ralliés au pacte constitutionnel républicain national et démocratique et l’on observe que le fossé est profond entre Enahda et les salafistes.

Dans tous les cas, on peut s’attendre à ce que l’article de M. Amine fasse chez nous les délices de ceux qui dénient aux Islamistes de filiation Frères musulmans toute capacité d’évolution vers des lignes politiques « nationale, populaire et démocratique ».

Sources: blog algerieinfos

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Révolution : cris et écrits

par Belkacem Ahcene-Djaballah

LES FEMMES ALGÉRIENNES DANS LA GUERRE

Etude historique de Danièle Djamila Amrane Minne

(préface de André Mandouze)

Editions Barzakh,

316 pages, 900 dinars,

Alger 2014.

Au départ, ce n’était qu’une thèse soutenue le 22 juin 1988 à l’Université de Reims (France), sous la direction de Annie Rey-Golzeiguer, avec pour Président du jury… le Pr André Mandouze, himself, s’il vous plaît. L’impétrante s’était vue alors décerner la plus haute mention possible : Très honorable.

Au final, un ouvrage, aujourd’hui enfin édité en Algérie, que le préfacier, le Professeur André Mandouze, dit «appelé à devenir un classique dans le monde entier».

Bien sûr, le livre ne reprend que l’essentiel et le plus important et a résumé le reste, tout aussi important et essentiel. Plus de dix mille militantes avaient été répertoriées alors (en 1974) ce qui, pour l’époque (l’informatisation au ministère des Moudjahidine venait à peine de débuter) était déjà fabuleux, 88 entretiens, 75 tableaux… Tout l’itinéraire de la femme algérienne menant son combat : avant le déclenchement de la guerre de libération nationale (présente, mais mal acceptée ou acceptée à contrecœur par les hommes). Pendant la lutte à partir de 54 avec une certaine égalité des genres, les dangers étant les mêmes pour tous… avec, cependant, cette amer constat que «si les femmes ont certainement joué un rôle déterminant… aucune n’a réussi à occuper un poste de responsabilité»… avec une conclusion encore plus amère sur ce qui a suivi… après l’Indépendance, avec le retour aux modes de vie antérieurs pour la plupart d’entre -elles. Des témoignages d’une simplicité bouleversante… Du courage plein les phrases… de l’intelligence et de l’efficacité plein les actes… et de l’engagement sans fin. Et ce, malgré toutes les inacceptations masculines. On accepte (assez) bien la combattante, mais on perçoit autrement la femme.

Encore que ? L’auteure a découvert au cours de ses entretiens, que sur les plus de 40 militantes mariées pendant ou après la guerre, 38 le sont avec des militants. «Or, pour un combattant, se marier avec une combattante est la meilleure preuve d’acceptation de la lutte qu’elle a menée et d’estime pour ce qu’elle a été». Il est vrai que les «hommes» d’aujourd’hui ne sont plus les «hommes» d’hier.

Avis : Un ouvrage riche en infos sur les femmes en guerre et audacieux par ses vérités et sa franchise. Devrait être le livre de chevet de toutes les femmes (jeunes et moins jeunes) algériennes. Ouvrage fortement conseillé pour lecture (à condition que les lecteurs sachent comprendre ce qu’ils parcourent des yeux) à certains de nos (les anciens et surtout les «jeunots») hommes dits «politiques» afin qu’ils revoient leur copie en matière d’égalité des genres… en ce début… du 21è siècle.

Extraits : «La simplicité du cœur peut devenir un inégalable garant d’objectivité» (Préface du Pr Mandouze, p 17), «On parle beaucoup de politique entre hommes. C’est ça qui est formidable chez les femmes, elles ne parlent pas de politique, mais elles saisissent tout, et brutalement cette masse silencieuse peut devenir partie prenante devant un événement précis» (p 71), «Enfant, on ne comprend pas, on ne juge pas, mais on regarde» ( p. 81), «Un pays où les femmes n’ont pas de métier a des femmes mutilées» (p 130), «L’entrée des femmes dans la lutte ne découle certes pas d’une décision prise par les autorités Fln-Aln, mais bien plutôt de l’élan qui a poussé les femmes, comme les hommes, à lutter désespérément pour une vie plus juste et plus digne» (p 265), «La guerre de libération nationale a provoqué un élan spontané vers un but simple et clair qui était l’indépendance . Cet élan s’et traduit, dans un contexte exceptionnel de guerre, par des attitudes exceptionnelles, mais il n’était pas soutenu ni par une éducation politique élaborée ni par des ambitions personnelles qui auraient pu lui permettre de se perpétuer après la guerre» (p 290).

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CITATIONS DU PRÉSIDENT BOUMEDIENE

L’héritage : Que reste-il?

Ouvrage documentaire de Khalfa Mameri

El Dar El Othmania Edition et Distribution

250 pages, 500 dinars

Alger 2014

(5ème édition revue et augmentée)
.

L’ouvrage, édité pour la première fois en 1979… a disparu subitement et sans explications des étals des librairies, juste après la mort du Président Boumediène. Pourquoi?_ Pas besoin de vous faire un dessin. Avec l’arrivée de Boumediène au pouvoir, tout ce qui avait trait à Ben Bella avait été mis (jeté!) aux archives. Chacun de nos dirigeants, dès son arrivée au grand «koursi», rend (toujours) la monnaie de la pièce… à sa manière… et la plus efficace est celle de la «mise en cave» des documents .

Pauvre mémoire historique algérienne! Difficile, sinon impossible même chez les bouquinistes, de trouver, aujourd’hui, un recueil des discours et interventions de Ben Bella, de Boumediène, de Chadli, et encore moins de Boudiaf ou de Zeroual… «C’est toujours le dernier qui a parlé qui a raison». Au suivant!

Avis : D’accord ou pas d’accord avec le personnage central de l’ouvrage et sa politique… mais il faut quand même lire le livre et aussi le conserver, surtout… pour ne plus refaire les mêmes erreurs.

Extraits :

«L’Algérie veut être l’Algérie tout court» (p 21, H.B, 31 juin 1966),

«La culture n’est pas un phénomène indépendant de la vie des hommes. Son rapport avec eux est la condition de sa vitalité et de son rayonnement. Elle est, en fait, la permanence de l’éternité des peuples» (p 29, H.B, 22 juillet 1969),

«Un pays ne peut rien entreprendre de durable sans un appareil étatique stable et efficace. Le règne de l’illusionnisme politique avait instauré dans les rouages de l’Etat l’incohérence et la confusion» (p 59, H.B, 1er Novembre 1965),

«Certains censeurs reprochent à l’Islam la tolérance de la polygamie, mais ils oublient que le Coran a interdit la pluralité des femmes à qui est incapable d’assumer une stricte équité à l’égard de ses épouses. Ainsi, l’Islam est incontestablement en faveur de l’épouse unique» (H.B, p 120, 8 mars 1966),

«Il ne faut pas avoir la croyance naïve que parce qu’il existe des jeunes, il y a une jeunesse» (H.B, p 126, 7 juillet 1974).

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Le déserteur.

Récit-document de Maurienne

(pseudonyme alors utilisé par Jean-Louis Hurst)

Enap Editions,

267 pages, 500 dinars

Alger 1992.

Un livre édité pour la première fois en avril 1960, deux ans avant la fin de la guerre de libération nationale, puis saisi.

Sous l’appellation «roman» et sous pseudonyme (choisi par l’éditeur). Il fut immédiatement interdit par les autorités françaises. L’éditeur, Jérôme Lindon fit face à la Justice qui voulut connaître le nom de l’auteur ainsi que celui des personnages décrits:

Deux soldats déserteurs rencontrés en Suisse, Meier et Orhant, Mandouze, Vauthier, Allel El Mouhib, l’Abbé Robert Davezies.

Condamnation pour «provocation à la désobéissance»! L’auteur entre en clandestinité (il avait déserté durant l’automne 1958 et, grâce à Henri Curiel, avait participé, avec trois autres déserteurs, alors réfugiés en Suisse et oubliés de tous, à la création du mouvement d’insoumission «Jeune Résistance, JR»).

L’ouvrage avait été largement diffusé par le mouvement étudiant français et parut ainsi dans plusieurs pays. Il fut même traduit en japonais.

L’histoire est simple et humaine : des jeunes , appelés à effectuer leur service militaire en Algérie pour combattre les «fellagas», refusent l’appel, non par lâcheté ou par égoïsme, mais seulement par engagement politique (après analyse des situations, discussions et réflexions, s’opposant aux prises de position des partis politiques de gauche de l’époque totalement ankylosés) en faveur des «damnés de la terre», contre la torture, contre l’exploitation coloniale… Au départ, ils n’étaient que quatre ou cinq.

À l’automne 60, le procès du réseau Jeanson accéléra le processus. Par la suite, il y en eut des centaines et des centaines, déserteurs ou/et insoumis.

Français, décédé en France le 13 mai 2014, l’auteur est aujourd’hui, comme il l’a souhaité avant sa mort (pour moi, un symbole extrêmement fort de fraternité! une réponse claire à tous ceux qui veulent faire perdurer les fractures culturelles et cultuelles), enterré, le 21 mai, en Algérie, au cimeterre chrétien de Dar Essâada /Alger. Son épouse (décédée le 30 novembre 2012) aussi, dont les cendres ont été transférées de France. Ayant totalement aimé l’Algérie au point de refuser d’y combattre dans l’armée colonialiste et, par la suite, ayant choisi d’y vivre assez longtemps , en tout cas le temps de faire un enfant (une fille ,Annick) et d’y enseigner, le plus bel hommage à lui rendre c’est de lire ou de relire son livre… si vous arrivez à le trouver.

Avis : Appel aux éditeurs : Le rééditer (et le traduire)… ainsi d’ailleurs que tous les autres ouvrages de tous les innombrables «justes».

Extraits :

«Ce n’est pas une bonne façon de résoudre les problèmes que de faire semblant de les ignorer» (p 17, préface des éditeurs de la première édition),

«Je considère un peu la révolte comme la grâce de l’incroyant» (p 30), _ «La caserne, c’est effroyablement banal. Je n’aime pas la vie militaire, mais elle a, au moins, un côté valable : tu acquiers , grâce à elle, une philosophie réaliste et pleine de bon sens qui te permet de te démerder dans n’importe quelle situation et de voir la vie sous son aspect agréable» (p 49),

«On n’est pas toujours capable d’y voir clair quand on est tout seul» (p 54).

Sources Le Quotidien d’Oran

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http://bejaia-aujourdhui.com/2013/09/les-victimes-du-printemps-noir-2001-ecrivent-a-sellal-pour-relancer-les-enquetes/

MÉMOIRE SUR

LE TRAUMATISME DU PRINTEMPS NOIR

SOUTENU À BÉJAÏA

DJENADI Nawel et SEBAHI Aimad viennent, fin juin dernier, de soutenir avec brio, et publiquement, leur mémoire de master en psychologie à l’université de Béjaïa.

Le travail documentaire et les enquêtes effectuées pendant toute l’année universitaire vient ainsi aboutir à l’un des plus intéressants travaux sur les traumatismes collectifs dus à des catastrophes sociales, ici précisément aux événements du Printemps noir qui a laissé des séquelles indélébiles sur le corps social en Kabylie.

eLa recherche ne s’est pas arrêté à cet aspect, elle s’est approfondie pour explorer les effets intergénérationnels de ces événements au sein même de la famille (la relation: « parent victime – enfant né après » est ici pris en considération).

En effet, même lorsqu’elle n’est pas exprimée, la douleur traumatique marque l’individu et se transmet à son entourage et « s’hérite » par sa famille et ses enfants.

Cela peut contribuer non seulement à extérioriser quelque peu le non-exprimé, voire l’impensé traumatique relatif au Printemps noir, mais aussi faire prendre conscience que l’agression massive telle que celle subie par les populations juvéniles et civiles en 2001 ne sont pas circonscrites au moment seul où elles ont eu lieu mais traversent les époques au point que, plus le temps passe, plus on s’en plaindra.

Si la mémoire collective et familiale est sujette à de telles marques indélébiles malgré elles, cela peut aussi réveiller les consciences au fonctionnement de ces mémoires: inutile de se réfugier dans la vie au jour le jour, les mieux avisé(e)s sont celles et ceux qui lui prodiguent le meilleur entretien, les soins les plus suivis et l’enrichissement le plus favorable à la bonne santé (mentale) des générations et, allant, de la société.

Lors de toutes les étapes de leur travail sur le thème du mémoire, le binôme Djenadi-Sebbahi a été encadrée par la professeure BOUATTA Cherifa, enseignante de psychologie à l’université de Béjaïa. En plus de l’encadreur, le jury de la soutenance était composé de Benamsili Lamia (psychologue clinicienne, enseignante à l’université de Béjaïa), examinatrice, et de Fergani Louhab (psychologue clinicien, secrétaire adjoint de la SARP et enseignant à l’université de Béjaïa), président.

Ci-après le résumé de cette étude tel qu’il figure dans le mémoire soutenu avec succès par nos deux étudiants.

Tahar Hamadache.

Résumé du mémoire:

Toutes les populations du monde furent confrontées à un moment ou un autre à une forme de violence qu’elle soit intentionnelle ou causée par une catastrophe naturelle. Les deux formes de violence peuvent engendrer un traumatisme psychique qui confrontera l’individu au réel de sa mort.

Dans notre présente étude, nous allons nous pencher sur la question de la violence intentionnelle à laquelle était confrontée la population kabyle durant le printemps noir de 2001, et à l’impact du traumatisme subi par les pères traumatisés sur le devenir psychologique de leurs enfants en mettant en exergue la problématique de la transmission intergénérationnelle.

Nous soulignerons l’importance que peut jouer la présence d’un agent résilient au sein d’une famille de père victime de violence dans la protection des enfants.

Pour se souvenir de ce document :

DJENADI Nawel et SEBAHI Aimad

“Devenir psychologique des enfants dont le père a subi des violences intentionnelles au cours du printemps noir”

Mémoire de master soutenu à l’Université Abderrahmane MIRA de Béjaïa, juin 2014.

Sources: facebook « Parlons du Printemps noir! »

L »espace « Parlons du Printemps noir » sur Facebook est consacré aux débats sur ces événements.

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BOMBARDEMENT DE GAZA JUILLET 2014

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ITW

Bruno GUIGUE

par glaza

le 16 juillet 2014

La clarté du Professeur Bruno GUIGUE dans ce document sur la situation palestinienne, tranche avec l’unanimisme des discours mensongers de la classe politico-médiatique.

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http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/bombardement-gaza-juillet-2014-itw-46002

http://www.youtube.com/watch?v=RxdbshwQyPU

Bombardement de Gaza: le fil réel des événements;

une couverture médiatique en osmose avec le positionnement politique des nations occidentales acquises de longue date à la cause israélienne;

un rapport de force militaire totalement à l’avantage de l’Etat d’Israël, dont les marges de manœuvre sont cependant de plus en plus étroites;

une résistance palestinienne menée par le Hamas qui vise à desserrer l’étau israélien autour d’une bande de Gaza presque coupée du monde.

Le professeur Bruno GUIGUE analyse dans cet entretien ces différents aspects de la crise actuelle, qui a mené à un nouveau bombardement intensif de Gaza par l’Israël.


GRANDEUR ET DÉCADENCE DE L’EMPIRE OCCIDENTAL

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Matthias LEHMANN

Le Monde

le 18 Juillet 2014

Publié parblog algerieinfos

Saoudi Abdelaziz

L’Occident est-il en déclin? titre le journal Le Monde qui publie une interview de Régis Debray* réalisée par Nicolas Truong.

Ce dernier écrit dans sa présentation de l’entretien intitulé “Régis Debray*: un portrait critique de l’Occident”:

« Le basculement du monde et l’essor des pays dits «émergents» semblent avoir relégué l’Occident dans une crise sans fin et sonné le glas de sa prééminence. Entre son aveuglant complexe de supériorité et sa capacité d’être l’école des cadres de la planète, sa mélancolie de la grandeur perdue et sa cohésion sans précédent, l’Occident est-il sorti de l’Histoire?

Car l’heure est au chant du départ. L’époque est au glas, davantage qu’à la gloire. Essayistes et éditorialistes ne cessent de disserter sur la perte d’aura et la mise à mal de la civilisation occidentale.

Dans “Le Déclin. La crise de l’Union européenne et la chute de la République romaine” (éd. du Toucan, 384 p., 20 euros), l’historien David Engels fait même un parallèle saisissant entre la chute du monde romain et la crise du Vieux Continent ».

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DE LA COHÉSION L’ARROGANCE,

LES FORCES ET FAIBLESSES DU MONDE DE L’OUEST

Propos recueillis par Nicolas Truong

le 17 juillet 2014

EXTRAITS

De quoi parle-t-on lorsque nous parlons d’Occident?

Régis Debray. L’Occident, c’est à la fois une zone, une organisation et un projet.

La zone correspond à l’espace euro-atlantique, ce «premier monde» jadis nommé par opposition au «second monde», le bloc communiste, et au tiers-monde. C’est l’aire chrétienne moins le monde orthodoxe.

L’Occident, c’est en deuxième lieu, une organisation politico-militaire, offensive et expansive, l’OTAN, «l’instrument de l’hégémonie américaine», comme disait de Gaulle. Malgré son nom, elle n’est plus liée à l’Atlantique Nord, puisqu’elle opère en Afrique comme en Asie centrale, dans ce qu’on appelait le hors-zone.
_L’Occident, c’est enfin un projet, la volonté de moderniser la planète selon l’acception qu’il donne de la modernité, à savoir un mélange de marché libre, d’hyper-individualisme – l’individu roi, sans tradition ni appartenance, ces boulets aux pieds du consommateur – et de la bonne gouvernance, qui serait l’art de gouverner sans faire de politique, et donc de gérer les pays comme des entreprises.

Ce n’est pas un complot mais une utopie, une folie, qui sous-tend l’occidentalisme de nos gouvernants et de nos communicants, si on peut encore les distinguer.

À quel moment la référence à l’Occident est-elle redevenue centrale?

Autour de l’an 2000, nous avons assisté à une renaissance du mot Occident, qui avait disparu après la guerre. Avant, on parlait de l’Europe et du concert des nations. Et puis la submersion démographique, la désindustrialisation, la pollution de l’environnement, la perte de foi dans le modèle de croissance ont sonné l’heure de la mélancolie d’une grandeur perdue.

Pourquoi cette obsession?

L’Europe ayant renoncé à définir une personnalité propre et à se fixer des frontières, tant idéales que spatiales, elle a dû trouver un moyen de se représenter et de se présenter aux autres.

N’être qu’un grand marché, ce n’est pas très glorieux.

Par contre, l’Occident, cela en impose, ça a fait de l’usage.

Par ailleurs, la France républicaine ayant renoncé à son système de valeurs et à son autonomie diplomatique, elle a réintégré les commandements de l’OTAN, décision anecdotique mais symbolique du président gallo-ricain Sarkozy, entérinée par son sosie Hollande. Et nous voilà de retour dans «la famille occidentale».

La double mort historique de Jaurès et de De Gaulle a donné à cette abdication le sens d’un retour à la normale.

Quels sont les points forts de l’Occident ?

Premièrement, une cohésion sans précédent sous l’égide de Washington, accepté en définitif par tous. Dans un monde multipolaire, l’Occident est le seul ensemble unipolaire. Jamais un Chinois ne se laisserait représenter par un Indien, et vice versa. Jamais un Brésilien par l’Argentine, ou un Nigérien par l’Afrique du Sud. L’Occident n’a qu’un numéro de téléphone en cas de crise, la Maison Blanche.

Deuxièmement, le monopole de l’universel: l’Occident est la seule fraction du monde capable de représenter ses intérêts particuliers comme ceux de l’humanité en général.

L’expression la plus élevée de la conscience universelle, l’ONU, se situe à New York, au cœur de l’hyper-puissance, la seule qui dispose de bases militaires sur les cinq continents. Preuve que le droit est là où se tient la force.

Personnellement, j’aurais préféré que l’ONU ait pour siège Jérusalem, ville sainte, frontière de l’Orient et de l’Occident, où 180 pays auraient à cœur la sécurité de leur personnel.

Troisièmement, l’Occident c’est aussi l’école des cadres de la planète . L’Amérique n’a pas d’émigrants, mais 42 millions d’immigrés. Elle a des fils adoptifs partout. Y compris les fils des dirigeants chinois qui viennent se former dans ses business et universités. L’Amérique est «multidiasporique», ce qui est un cas unique.

Quatrièmement, le formatage des sensibilités humaines, ce qu’on appelle aussi le soft power, qui est une façon d’imprimer l’imaginaire du monde entier.

Quels sont les points faibles de l’Occident ?

Tout d’abord l’hybris, la folie des grandeurs. Une ignorance condescendante du monde extérieur: The West and the Rest, dit-on outre-Atlantique. L’Occident a mis huit ans àcomprendre que ses troupes étaient des occupants en Afghanistan.

La perte du sacré et le déni du sacrifice ensuite: le 26 août 1914, 26 000 soldats français ont été tués et le président Poincaré n’est pas sorti de son bureau. C’était normal. Aujourd’hui, un soldat est tué au Mali et c’est un drame. Notre relation à la mort a fondamentalement changé, d’où la recherche de la guerre zéro mort ou du drone de guerre. Le sacré est ce qui commande le sacrifice et interdit le sacrilège. Il n’y a pas d’Européens prêts à mourir pour l’Europe. L’Orient a gardé le sens du sacré, donc du sacrifice, et c’est son point fort.

Aujourd’hui, les ennemis de l’Occident semblent clairement identifiés, c’est l’islamisme radical et le djihadisme. Nouveau choc des civilisations?

L’Occident a un projet universel depuis qu’il est devenu chrétien. Saint Paul a dit: «Allez enseigner à toutes les nations.»

Après lui est venue une autre religion également universelle avec un Dieu unique: Allah.

La première a les moyens de sa fin, la seconde ne les a pas.

Le djihad global est un fantasme.

Ce que le taliban afghan cherche, c’est simplement qu’on n’envahisse pas sa vallée, il ne veut pas convertir le monde entier.

On a fait de l’islam un mot-valise où on met les assassins et les assassinés ensemble. La division entre chiites et sunnites, qui évoque celle des protestants et des catholiques au XVIe siècle, n’a plus de répondant chez nous au XXIe. Aucune capitale sunnite ou chiite n’a fait sienne la théorie du djihad global. Il y a une «internationale occidentale», il n’y a pas d’«internationale islamique».

Depuis Thomas d’Aquin, les Occidentaux n’ont cessé de théoriser un interventionnisme militaire ou humanitaire. N’y a-t-il pas de guerre juste?

Tout pays qui commence une guerre la déclare juste.

Suivons Jaurès sur ce point: une guerre juste est une guerre de défense nationale. Quand un peuple occupé ou agressé par un tiers entre en résistance.

Mais aller occuper un pays aux antipodes qui ne vous a pas déclaré la guerre, c’est du colonialisme, lequel a toujours eu une couverture humanitaire.

Sommes-nous en train d’assister à une tribalisation du monde plutôt qu’à un choc des civilisations?

On s’est longtemps imaginé en effet qu’on allait sortir du monde des Etats- nations par le haut, par des organisations mondiales, et on découvre qu’on en sort par le bas, c’est-à-dire par la tribu. On voit aujourd’hui resurgir des formations archaïques, à fondement ethnique ou religieux.

Ce serait le moment ou jamais de remettre en selle de bonnes vieilles idées nées en Occident telles que la citoyenneté, communauté fondée sur une même loi pour tous et non sur l’origine des uns ou des autres, ou encore la laïcité, notion difficilement exportable mais essentielle à la survie.

On n’en prend pas le chemin quand on voit par exemple le sionisme laïque des fondateurs se transformer en nationalisme religieux. Même chose en Palestine où ce n’est plus la lutte politique du Fatah qui prime, mais les islamistes du Hamas.

L’Inde de même redevient hindouiste comme d’autres redeviennent bouddhistes, là où les bonzes prennent les armes. La France, si elle avait encore un peu d’indépendance d’esprit, aurait pu rappeler l’Occident et ses partisans à ses principes culturels fondateurs, au lieu de plonger la tête dans le sable, notamment au Proche et au Moyen-Orient.

L’Occident n’est donc plus en proie au «désenchantement du monde»?

L’inventeur de l’expression, le sociologue Max Weber, avait parié sur une rationalisation des sociétés, qui renverrait dans le passé les religions et les croyances. C’est vrai que le désenchantement de la Belgique ou de la France est incontestable.

Mais l’Europe de l’Ouest est désormais à la marge et non au centre du devenir humain.

Il faut se faire à l’idée que la modernisation est régressive et la mondialisation une balkanisation.

Plus le monde s’uniformise par la technique et par l’économie, plus il a besoin de retrouver des identités perdues. C’est ce qu’on appelle l’«effet jogging» en médiologie: on disait qu’à force d’aller dans des automobiles les gens allaient devenir des hommes-troncs. Mais depuis que les citadins ne marchent plus, ils courent, ils joggent.

Le siècle des Lumières n’a pas supprimé notre part nocturne et romantique, il l’a refoulée, et le refoulé fait retour dès qu’un adulte ou une culture entrent en crise.

Poursuivre le travail des Lumières, me semble-t-il, cela consiste aujourd’hui à rendre raison de l’irrationnel, et non à le glisser sous le tapis comme une chose impensable.

Source: Le Monde.fr

*Né en 1940 à Paris, Régis Debray est directeur de la revue «Médium», consacrée aux interactions entre les techniques et les cultures.

Membre de l’académie Goncourt, il est, depuis 2005, président d’honneur de l’Institut européen en sciences des religions.

Formé à l’Ecole normale supérieure, inspiré par l’injonction marxienne («Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, il s’agit de le transformer») et fatigué par le nombrilisme de l’intelligentsia parisienne, Régis Debray devient un militant révolutionnaire et rejoint le combat de Fidel Castro et de Che Guevara.

Théoricien du «foquisme», c’est-à-dire du foyer guérillero prôné par le guévarisme, il se rend notamment en Bolivie où il sera enfermé pendant quatre ans, dans la prison de Camiri, de 1967 à 1971.

Conseiller de François Mitterrand de 1981 à 1988, il est l’inventeur de la «médiologie» (mot qui vient du latin medium, le véhicule, et du grec logos, la raison ou le discours), discipline qui s’intéresse aux effets produits par l’innovation technique dans l’espace public.

Membre de l’académie Goncourt, il a récemment publié un ouvrage tissé d’une correspondance avec le philosophe chinois Zhao Tingyang, “Du ciel à la terre, la Chine et l’Occident” (Les Arènes).

En octobre, il fera paraître aux éditions Grasset, avec le journaliste Renaud Girard, “Que reste-il de l’Occident?”.

Nicolas Truong

Sources Le Monde

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FACE AUX NOUVEAUX BARBARES COLONIALISTES, SOLIDARITE ACTIVE AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN MARTYR

LES MANIFESTANTS D’ALGERIE EFFACENT LA HONTE DES TRAHISONS ARABES

(Voir les comptes rendus des manifestations du vendredi 25 juillet)

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5201097

C’est le devoir et l’heure d’amplifier les initiatives qui honorent le peuple algérien, face à la barbarie des uns, au lâche renoncement des autres !

Ce que les manifestants d’Algérie et d’ailleurs clament, dans toute leur diversité, soixante dix ans après la monstrueuse aventure hitlérienne contre les peuples,

C’EST:

GAZA RESISTANTE A REPRIS LE FLAMBEAU DU GHETTO DE VARSOVIE

LA NOUVELLE BARBARIE COLONIALISTE APPLIQUE A LA LETTRE LES METHODES DES NAZIS

AUX PEUPLES DE S’UNIR A NOUVEAU DANS L’ACTION MULTIFORME, POUR LA PAIX, LA LIBERTE ET LA DEMOCRATIE, CONTRE LES ENTREPRISES GUERRIERES RACISTES ET FASCISANTES, CONTRE LES DIVISIONS SUICIDAIRES, CONTRE LES TRAHISONS OUVERTES OU HYPOCRITES !

PALESTINE: MONSIEUR LE PRÉSIDENT, VOUS ÉGAREZ LA FRANCE

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Photo Maxppp

par EDWY PLENEL

Mediapart

le 23 Juillet 2014

[

repris sur le blog algerieinfos-saoudi

le 23 juillet 2014

->http://www.algerieinfos-saoudi.com/2014/07/palestine-monsieur-le-president-vous-egarez-la-france-par-edwy-plenel.html]

De l’alignement préalable sur la droite extrême israélienne à l’interdiction de manifestations de solidarité avec le peuple palestinien, sans compter l’assimilation de cette solidarité à de l’antisémitisme maquillé en antisionisme, François Hollande s’est engagé dans une impasse.

Politiquement, il n’y gagnera rien, sauf le déshonneur. Mais, à coup sûr, il y perd la France.

Parti pris en forme de lettre ouverte.


Monsieur le Président, cher François Hollande, je n’aurais jamais pensé que vous puissiez rester, un jour, dans l’histoire du socialisme français, comme un nouveau Guy Mollet. Et, à vrai dire, je n’arrive pas à m’y résoudre tant je vous croyais averti de ce danger d’une rechute socialiste dans l’aveuglement national et l’alignement international, cette prétention de civilisations qui se croient supérieures au point de s’en servir d’alibi pour justifier les injustices qu’elles commettent.

Vous connaissez bien ce spectre molletiste qui hante toujours votre famille politique. Celui d’un militant dévoué à son parti, la SFIO, d’un dirigeant aux convictions démocratiques et sociales indéniables, qui finit par perdre politiquement son crédit et moralement son âme faute d’avoir compris le nouveau monde qui naissait sous ses yeux. C’était, dans les années 1950 du siècle passé, celui de l’émergence du tiers-monde, du sursaut de peuples asservis secouant les jougs colonisateurs et impériaux, bref le temps de leurs libérations et des indépendances nationales.

Guy Mollet, et la majorité de gauche qui le soutenait, lui opposèrent, vous le savez, un déni de réalité. Ils s’accrochèrent à un monde d’hier, déjà perdu, ajoutant du malheur par leur entêtement, aggravant l’injustice par leur aveuglement. C’est ainsi qu’ils prétendirent que l’Algérie devait à tout prix rester la France, jusqu’à engager le contingent dans une sale guerre, jusqu’à autoriser l’usage de la torture, jusqu’à violenter les libertés et museler les oppositions. Et c’est avec la même mentalité coloniale qu’ils engagèrent notre pays dans une désastreuse aventure guerrière à Suez contre l’Égypte souveraine, aux côtés du jeune État d’Israël.

Mollet n’était ni un imbécile ni un incompétent. Il était simplement aveugle au monde et aux autres. Des autres qui, déjà, prenaient figure d’Arabes et de musulmans dans la diversité d’origines, la pluralité de cultures et la plasticité de croyance que ces mots recouvrent. Lesquels s’invitaient de nouveau au banquet de l’Histoire, s’assumant comme tels, revendiquant leurs fiertés, désirant leurs libertés. Et qui, selon le même réflexe de dignité et de fraternité, ne peuvent admettre qu’aujourd’hui encore, l’injustice européenne faite aux Juifs, ce crime contre l’humanité auquel ils n’eurent aucune part, se redouble d’une injustice durable faite à leurs frères palestiniens, par le déni de leur droit à vivre librement dans un État normal, aux frontières sûres et reconnues.

Vous connaissez si bien la suite, désastreuse pour votre famille politique et, au-delà d’elle, pour toute la gauche de gouvernement, que vous l’aviez diagnostiquée vous-même, en 2006, dans Devoirs de vérité (Stock). «Une faute, disiez-vous, qui a été chèrement payée: vingt-cinq ans d’opposition, ce n’est pas rien!» Sans compter, auriez-vous pu ajouter, la renaissance à cette occasion de l’extrême droite française éclipsée depuis la chute du nazisme et l’avènement d’institutions d’exception, celles d’un pouvoir personnel, celui du césarisme présidentiel. Vingt-cinq ans de «pénitence», insistiez-vous, parce que la SFIO, l’ancêtre de votre Parti socialiste d’aujourd’hui, «a perdu son âme dans la guerre d’Algérie».

Vous en étiez si conscient que vous ajoutiez: «Nous avons encore des excuses à présenter au peuple algérien. Et nous devons faire en sorte que ce qui a été ne se reproduise plus.»

«Nous ne sommes jamais sûrs d’avoir raison, de prendre la bonne direction, de choisir la juste orientation,
écriviez-vous encore. Mais nous devons, à chaque moment majeur, nous poser ces questions simples: agissons-nous conformément à nos valeurs? Sommes-nous sûrs de ne pas altérer nos principes ? Restons-nous fidèles à ce que nous sommes? Ces questions doivent être posées à tout moment, au risque sinon d’oublier la leçon.»

Eh bien, ces questions, je viens vous les poser parce que, hélas, vous êtes en train d’oublier la leçon et, à votre tour, de devenir aveugle au monde et aux autres. Je vous les pose au vu des fautes stupéfiantes que vous avez accumulées face à cet énième épisode guerrier provoqué par l’entêtement du pouvoir israélien à ne pas reconnaître le fait palestinien. J’en dénombre au moins sept, et ce n’est évidemment pas un jeu, fût-il des sept erreurs, tant elles entraînent la France dans la spirale d’une guerre des mondes, des civilisations et des identités, une guerre sans issue, sinon celle de la mort et de la haine, de la désolation et de l’injustice, de l’inhumanité en somme, ce sombre chemin où l’humanité en vient à se détruire elle-même.

Les voici donc ces sept fautes où, en même temps qu’à l’extérieur, la guerre ruine la diplomatie, la politique intérieure en vient à se réduire à la police.

Une faute politique doublée d’une faute intellectuelle

1. Vous avez d’abord commis une faute politique sidérante. Rompant avec la position traditionnellement équilibrée de la France face au conflit israélo-palestinien, vous avez aligné notre pays sur la ligne d’offensive à outrance et de refus des compromis de la droite israélienne, laquelle gouverne avec une extrême droite explicitement raciste, sans morale ni principe, sinon la stigmatisation des Palestiniens et la haine des Arabes.

Votre position, celle de votre premier communiqué du 9 juillet, invoque les attaques du Hamas pour justifier une riposte israélienne disproportionnée dont la population civile de Gaza allait, une fois de plus, faire les frais. Purement réactive et en grande part improvisée, elle fait fi de toute complexité, notamment celle du duo infernal que jouent Likoud et Hamas, l’un et l’autre se légitimant dans la ruine des efforts de paix.

Surtout, elle est inquiétante pour l’avenir, face à une situation internationale de plus en plus incertaine et confuse. À la lettre, ce feu vert donné à un État dont la force militaire est sans commune mesure avec celle de son adversaire revient à légitimer, rétroactivement, la sur-réaction américaine après les attentats du 11-Septembre, son Patriot Act liberticide et sa guerre d’invasion contre l’Irak. Bref, votre position tourne le dos à ce que la France officielle, sous la présidence de Jacques Chirac, avait su construire et affirmer, dans l’autonomie de sa diplomatie, face à l’aveuglement nord-américain.

Depuis, vous avez tenté de modérer cet alignement néoconservateur par des communiqués invitant à l’apaisement, à la retenue de la force israélienne et au soulagement des souffrances palestiniennes. Ce faisant, vous ajoutez l’hypocrisie à l’incohérence. Car c’est une fausse compassion que celle fondée sur une fausse symétrie entre les belligérants. Israël et Palestine ne sont pas ici à égalité. Non seulement en rapport de force militaire mais selon le droit international.

En violation de résolutions des Nations unies, Israël maintient depuis 1967 une situation d’occupation, de domination et de colonisation de territoires conquis lors de la guerre des Six Jours, et jamais rendus à la souveraineté pleine et entière d’un État palestinien en devenir. C’est cette situation d’injustice prolongée qui provoque en retour des refus, résistances et révoltes, et ceci d’autant plus que le pouvoir palestinien issu du Fatah en Cisjordanie n’a pas réussi à faire plier l’intransigeance israélienne, laquelle, du coup, légitime les actions guerrières de son rival, le Hamas, depuis qu’il s’est imposé à Gaza.

Historiquement, la différence entre progressistes et conservateurs, c’est que les premiers cherchent à réduire l’injustice qui est à l’origine d’un désordre tandis que les seconds sont résolus à l’injustice pour faire cesser le désordre. Hélas, Monsieur le Président, vous avez spontanément choisi le second camp, égarant ainsi votre propre famille politique sur le terrain de ses adversaires.

2. Vous avez ensuite commis une faute intellectuelle en confondant sciemment antisémitisme et antisionisme. Ce serait s’aveugler de nier qu’en France, la cause palestinienne a ses égarés, antisémites en effet, tout comme la cause israélienne y a ses extrémistes, professant un racisme anti-arabe ou antimusulman. Mais assimiler l’ensemble des manifestations de solidarité avec la Palestine à une résurgence de l’antisémitisme, c’est se faire le relais docile de la propagande d’État israélienne.

Mouvement nationaliste juif, le sionisme a atteint son but en 1948, avec l’accord des Nations unies, URSS comprise, sous le choc du génocide nazi dont les Juifs européens furent les victimes. Accepter cette légitimité historique de l’État d’Israël, comme a fini par le faire sous l’égide de Yasser Arafat le mouvement national palestinien, n’entraîne pas que la politique de cet État soit hors de la critique et de la contestation. Être antisioniste, en ce sens, c’est refuser la guerre sans fin qu’implique l’affirmation au Proche-Orient d’un État exclusivement juif, non seulement fermé à toute autre composante mais de plus construit sur l’expulsion des Palestiniens de leur terre.

Confondre antisionisme et antisémitisme, c’est installer un interdit politique au service d’une oppression. C’est instrumentaliser le génocide dont l’Europe fut coupable envers les Juifs au service de discriminations envers les Palestiniens dont, dès lors, nous devenons complices. C’est, de plus, enfermer les Juifs de France dans un soutien obligé à la politique d’un État étranger, quels que soient ses actes, selon la même logique suiviste et binaire qui obligeait les communistes de France à soutenir l’Union soviétique, leur autre patrie, quels que soient ses crimes. Alors qu’évidemment, on peut être juif et antisioniste, juif et résolument diasporique plutôt qu’aveuglément nationaliste, tout comme il y a des citoyens israéliens, hélas trop minoritaires, opposés à la colonisation et solidaires des Palestiniens.

Brandir cet argument comme l’a fait votre premier ministre aux cérémonies commémoratives de la rafle du Vél’ d’Hiv’, symbole de la collaboration de l’État français au génocide commis par les nazis, est aussi indigne que ridicule. Protester contre les violations répétées du droit international par l’État d’Israël, ce serait donc préparer la voie au crime contre l’humanité ! Exiger que justice soit enfin rendue au peuple palestinien, pour qu’il puisse vivre, habiter, travailler, circuler, etc., normalement, en paix et en sécurité, ce serait en appeler de nouveau au massacre, ici même !

Une atteinte sécuritaire aux libertés fondamentales

Que ce propos soit officiellement tenu, alors même que les seuls massacres que nous avons sous les yeux sont ceux qui frappent les civils de Gaza, montre combien cette équivalence entre antisémitisme et antisionisme est brandie pour fabriquer de l’indifférence. Pour nous rendre aveugles et sourds. «L’indifférence, la pire des attitudes», disait Stéphane Hessel dans «Indignez-vous!», ce livre qui lui a valu tant de mépris des indifférents de tous bords, notamment parce qu’il y affirmait qu’aujourd’hui, sa «principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie».

Avec Edgar Morin, autre victime de cabales calomnieuses pour sa juste critique de l’aveuglement israélien, Stéphane Hessel incarne cette gauche qui ne cède rien de ses principes et de ses valeurs, qui n’hésite pas à penser contre elle-même et contre les siens et qui, surtout, refuse d’être prise au piège de l’assignation obligée à une origine ou à une appartenance. Cette gauche libre, Monsieur le Président, vous l’aviez conviée à marcher à vos côtés, à vous soutenir et à dialoguer avec vous, pour réussir votre élection de 2012. Maintenant, hélas, vous lui tournez le dos, désertant le chemin d’espérance tracé par Hessel et Morin et, de ce fait, égarant ceux qui vous ont fait confiance.

3. Vous avez aussi commis une faute démocratique en portant atteinte à une liberté fondamentale, celle de manifester. En démocratie, et ce fut une longue lutte pour l’obtenir, s’exprimer par sa plume, se réunir dans une salle ou défiler dans les rues pour défendre ses opinions est un droit fondamental. Un droit qui ne suppose pas d’autorisation. Un droit qui n’est pas conditionné au bon vouloir de l’État et de sa police. Un droit dont les abus éventuels sont sanctionnés a posteriori, en aucun cas présumés a priori. Un droit qui, évidemment, vaut pour les opinions, partis et colères qui nous déplaisent ou nous dérangent.

L’histoire des manifestations de rue est encombrée de désordres et de débordements, de violences où se disent des souffrances délaissées et des colères humiliées, des ressentiments parfois amers, dans la contestation d’un monopole étatique de la seule violence légitime. Il y en eut d’ouvrières, de paysannes, d’étudiantes… Il y en eut, ces temps derniers, dans la foulée des manifestations bretonnes des Bonnets rouges, écologistes contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, conservatrices contre le mariage pour tous. Il y eut même une manifestation parisienne aux banderoles et slogans racistes, homophobes, discriminatoires, celle du collectif «Jour de colère» en janvier dernier.

S’il existe une spécialité policière dite du maintien de l’ordre, c’est pour nous apprendre à vivre avec cette tension sociale qui, parfois, déborde et où s’expriment soudain, dans la confusion et la violence, ceux qui se sentent d’ordinaire sans voix, oubliés, méprisés ou ignorés – et qui ne sont pas forcément aimables ou honorables. Or voici qu’avec votre premier ministre, vous avez décidé, en visant explicitement la jeunesse des quartiers populaires, qu’un seul sujet justifiait l’interdiction de manifester : la solidarité avec la Palestine, misérablement réduite par la propagande gouvernementale à une libération de l’antisémitisme.

Cette décision sans précédent, sinon l’atteinte au droit de réunion portée fin 2013 par Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur, toujours au seul prétexte de l’antisémitisme, engage votre pouvoir sur le chemin d’un État d’exception, où la sécurité se dresse contre la liberté. Actuellement en discussion au Parlement, l’énième loi antiterroriste va dans la même direction, en brandissant toujours le même épouvantail pour réduire nos droits fondamentaux : celui d’une menace terroriste dont l’évidente réalité est subrepticement étendue, de façon indistincte, aux idées exprimées et aux engagements choisis par nos compatriotes musulmans, dans leur diversité et leur pluralité, d’origine, de culture ou de religion.

Accepter la guerre des civilisations à l’extérieur, c’est finir par importer la guerre à l’intérieur. C’est en venir à criminaliser des opinions minoritaires, dissidentes ou dérangeantes. Et c’est ce choix irresponsable qu’a d’emblée fait celui que vous avez, depuis, choisi comme premier ministre, en désignant à la vindicte publique un «ennemi intérieur», une cinquième colonne en quelque sorte peu ou prou identifiée à l’islam. Et voici que hélas, à votre tour, loin d’apaiser la tension, vous vous égarez en cédant à cette facilité sécuritaire, de courte vue et de peu d’effet.

4. Vous avez également commis une faute républicaine en donnant une dimension religieuse au débat français sur le conflit israélo-palestinien. C’est ainsi qu’après l’avoir réduit à des « querelles trop loin d’ici pour être importées », vous avez symboliquement limité votre geste d’apaisement à une rencontre avec les représentants des cultes. Après avoir réduit la diplomatie à la guerre et la politique à la police, c’était au tour de la confrontation des idées d’être réduite, par vous-même, à un conflit des religions. Au risque de l’exacerber.

Là où des questions de principe sont en jeu, de justice et de droit, vous faites semblant de ne voir qu’expression d’appartenances et de croyances. La vérité, c’est que vous prolongez l’erreur tragique faite par la gauche de gouvernement depuis que les classes populaires issues de notre passé colonial font valoir leurs droits à l’égalité. Il y a trente ans, la « Marche pour l’égalité et contre le racisme » fut rabattue en « Marche des Beurs », réduite à l’origine supposée des marcheurs, tout comme les grèves des ouvriers de l’automobile furent qualifiées d’islamistes parce qu’ils demandaient, entre autres revendications sociales, le simple droit d’assumer leur religion en faisant leurs prières.

Cette façon d’essentialiser l’autre, en l’espèce le musulman, en le réduisant à une identité religieuse indistincte désignée comme potentiellement étrangère, voire menaçante, revient à refuser de l’admettre comme tel. Comme un citoyen à part entière, vraiment à égalité c’est-à-dire à la fois semblable et différent. Ayant les mêmes droits et, parmi ceux-ci, celui de faire valoir sa différence. De demander qu’on l’admette et qu’on la respecte. D’obtenir en somme ce que, bien tardivement, sous le poids du crime dont les leurs furent victimes, nos compatriotes juifs ont obtenu : être enfin acceptés comme français et juifs. L’un et l’autre. L’un avec l’autre. L’un pas sans l’autre.

Un antiracisme oublieux et infidèle

Si vous pensez spontanément religion quand s’expriment ici même des insatisfactions et des colères en solidarité avec le monde arabe, univers où dominent la culture et la foi musulmanes, c’est paradoxalement parce que vous ne vous êtes pas résolus à cette évidence d’une France multiculturelle. À cette banalité d’une France plurielle, vivant diversement ses appartenances et ses héritages, qu’à l’inverse, votre crispation, où se mêlent la peur et l’ignorance, enferme dans le communautarisme religieux. Pourtant, les musulmans de France font de la politique comme vous et moi, en pensant par eux-mêmes, en inventant par leur présence au monde, à ses injustices et à ses urgences, un chemin de citoyenneté qui est précisément ce que l’on nomme laïcisation.

C’est ainsi, Monsieur le Président, qu’au lieu d’élever le débat, vous en avez, hélas, attisé les passions. Car cette réduction des musulmans de France à un islam lui-même réduit, par le prisme sécuritaire, au terrorisme et à l’intégrisme est un cadeau fait aux radicalisations religieuses, dans un jeu de miroirs où l’essentialisation xénophobe finit par justifier l’essentialisation identitaire. Une occasion offerte aux égarés en tous genres.

5. Vous avez surtout commis une faute historique en isolant la lutte contre l’antisémitisme des autres vigilances antiracistes. Comme s’il fallait la mettre à part, la sacraliser et la différencier. Comme s’il y avait une hiérarchie dans le crime contre l’humanité, le crime européen de génocide l’emportant sur d’autres crimes européens, esclavagistes ou coloniaux. Comme si le souvenir de ce seul crime monstrueux devait amoindrir l’indignation, voire simplement la vigilance, vis-à-vis d’autres crimes, de guerre ceux-là, commis aujourd’hui même. Et ceci au nom de l’origine de ceux qui les commettent, brandie à la façon d’une excuse absolutoire alors même, vous le savez bien, que l’origine, la naissance ou l’appartenance, quelles qu’elles soient, ne protègent de rien, et certainement pas des folies humaines.

Ce faisant, votre premier ministre et vous-même n’avez pas seulement encouragé une détestable concurrence des victimes, au lieu des causes communes qu’il faudrait initier et promouvoir. Vous avez aussi témoigné d’un antiracisme fort oublieux et très infidèle. Car il ne suffit pas de se souvenir du crime commis contre les juifs. Encore faut-il avoir appris et savoir transmettre la leçon léguée par l’engrenage qui y a conduit : cette lente accoutumance à la désignation de boucs émissaires, essentialisés, caricaturés et calomniés dans un brouet idéologique d’ignorance et de défiance qui fit le lit des persécutions.

Or comment ne pas voir qu’aujourd’hui, dans l’ordinaire de notre société, ce sont d’abord nos compatriotes d’origine, de culture ou de croyance musulmane qui occupent cette place peu enviable ? Et comment ne pas comprendre qu’à trop rester indifférents ou insensibles à leur sort, ce lot quotidien de petites discriminations et de grandes détestations, nous habituons notre société tout entière à des exclusions en chaîne, tant le racisme fonctionne à la manière d’une poupée gigogne, des Arabes aux Roms, des Juifs aux Noirs, et ainsi de suite jusqu’aux homosexuels et autres prétendus déviants?

Ne s’attarder qu’à la résurgence de l’antisémitisme, c’est dresser une barrière immensément fragile face au racisme renaissant. Le Front national deviendrait-il soudain fréquentable parce qu’il aurait, selon les mots de son vice-président, fait «sauter le verrou idéologique de l’antisémitisme» afin de «libérer le reste»? L’ennemi de l’extrême droite, confiait à Mediapart la chercheuse qui a recueilli cette confidence de Louis Aliot, «n’est plus le Juif mais le Français musulman» (lire ici notre entretien avec Valérie Igounet).

De fait, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), dont vous ne pouvez ignorer les minutieux et rigoureux travaux, constate, de rapport en rapport annuels, une montée constante de l’intolérance antimusulmane et de la polarisation contre l’islam (lire nos articles ici et ). Dans celui de 2013, on pouvait lire ceci, sous la plume des sociologues et politologues qu’elle avait sollicités: «Si on compare notre époque à celle de l’avant-guerre, on pourrait dire qu’aujourd’hui le musulman, suivi de près par le Maghrébin, a remplacé le juif dans les représentations et la construction d’un bouc émissaire.»

L’antiracisme conséquent est celui qui affronte cette réalité tout en restant vigilant sur l’antisémitisme. Ce n’est certainement pas celui qui, à l’inverse, pour l’ignorer ou la relativiser, brandit à la manière d’un étendard la seule lutte contre l’antisémitisme. Cette faute, hélas, Monsieur le Président, est impardonnable car non seulement elle distille le venin d’une hiérarchie parmi les victimes du racisme, mais de plus elle conforte les moins considérées d’entre elles dans un sentiment d’abandon qui nourrit leur révolte, sinon leur désespoir. Qui, elles aussi, les égare.

6. Vous avez par-dessus tout commis une faute sociale en transformant la jeunesse des quartiers populaires en classe dangereuse.

Votre premier ministre n’a pas hésité à faire cet amalgame grossier lors de son discours du Vél’ d’Hiv’, désignant à la réprobation nationale ces «quartiers populaires» où se répand l’antisémitisme «auprès d’une jeunesse souvent sans repères, sans conscience de l’Histoire et qui cache sa “haine du Juif ” derrière un antisionisme de façade et derrière la haine de l’État d’Israël».

Mais qui l’a abandonnée, cette jeunesse, à ces démons?

Qui sinon ceux qui l’ont délaissée ou ignorée, stigmatisée quand elle revendique en public sa religion musulmane, humiliée quand elle voit se poursuivre des contrôles policiers au faciès, discriminée quand elle ne peut progresser professionnellement et socialement en raison de son apparence, de son origine ou de sa croyance?

Qui sinon ceux-là mêmes qui, aujourd’hui, nous gouvernent, vous, Monsieur le Président et, surtout, votre premier ministre qui réinvente cet épouvantail habituel des conservatismes qu’est l’équivalence entre classes populaires et classes dangereuses?

Une jeunesse des quartiers populaires stigmatisée

Cette jeunesse n’a-t-elle pas, elle aussi, des idéaux, des principes et des valeurs?

N’est-elle pas, autant que vous et moi, concernée par le monde, ses drames et ses injustices?

Par exemple, comment pouvez-vous ne pas prendre en compte cette part d’idéal, fût-il ensuite dévoyé, qui pousse un jeune de nos villes à partir combattre en Syrie contre un régime dictatorial et criminel que vous-même, François Hollande, avez imprudemment appelé à «punir» il y a tout juste un an?

Est-ce si compliqué de savoir distinguer ce qui est de l’ordre de l’idéalisme juvénile et ce qui relève de la menace terroriste, au lieu de tout criminaliser en bloc en désignant indistinctement des «djihadistes»?

Le pire, c’est qu’à force d’aveuglement, cette politique de la peur que, hélas, votre pouvoir assume à son tour, alimente sa prophétie autoréalisatrice. Inévitablement, elle suscite parmi ses cibles leur propre distance, leurs refus et révoltes, leur résistance en somme, un entre soi de fierté ou de colère pour faire face aux stigmatisations et aux exclusions, les affronter et les surmonter. «On finit par créer un danger, en criant chaque matin qu’il existe. À force de montrer au peuple un épouvantail, on crée le monstre réel»: ces lignes prémonitoires sont d’Émile Zola, en 1896, au seuil de son entrée dans la mêlée dreyfusarde, dans un article du Figaro intitulé «Pour les Juifs».

Zola avait cette lumineuse prescience de ceux qui savent se mettre à la place de l’autre et qui, du coup, comprennent les révoltes, désirs de revanche et volonté de résister, que nourrit un trop lourd fardeau d’humiliations avec son cortège de ressentiments. Monsieur le Président, je ne mésestime aucunement les risques et dangers pour notre pays de ce choc en retour. Mais je vous fais reproche de les avoir alimentés plutôt que de savoir les conjurer. De les avoir nourris, hélas, en mettant à distance cette jeunesse des quartiers populaires à laquelle, durant votre campagne électorale, vous aviez tant promis au point d’en faire, disiez-vous, votre priorité. Et, du coup, en prenant le risque de l’abandonner à d’éventuels égarements.

7. Vous avez, pour finir, commis une faute morale en empruntant le chemin d’une guerre des mondes, à l’extérieur comme à l’intérieur. En cette année 2014, de centenaire du basculement de l’Europe dans la barbarie guerrière, la destruction et la haine, vous devriez pourtant y réfléchir à deux fois. Cet engrenage est fatal qui transforme l’autre, aussi semblable soit-il, en étranger et, finalement, en barbare – et c’est bien ce qui nous est arrivé sur ce continent dans une folie destructrice qui a entraîné le monde entier au bord de l’abîme.

Jean Jaurès, dont nous allons tous nous souvenir le 31 juillet prochain, au jour anniversaire de son assassinat en 1914, fut vaincu dans l’instant, ses camarades socialistes basculant dans l’Union sacrée alors que son cadavre n’était pas encore froid. Tout comme d’autres socialistes, allemands ceux-là, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, finirent assassinés en 1919 sur ordre de leurs anciens camarades de parti, transformés en nationalistes et militaristes acharnés. Mais aujourd’hui, connaissant la suite de l’histoire, nous savons qu’ils avaient raison, ces justes momentanément vaincus qui refusaient l’aveuglement des identités affolées et apeurées.

Vous vous souvenez, bien sûr, de la célèbre prophétie de Jaurès, en 1895, à la Chambre des députés: «Cette société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre comme la nuée dormante porte l’orage.» Aujourd’hui que les inégalités provoquées par un capitalisme financier avide et rapace ont retrouvé la même intensité qu’à cette époque, ce sont les mêmes orages qu’il vous appartient de repousser, à la place qui est la vôtre.

Vous n’y arriverez pas en continuant sur la voie funeste que vous avez empruntée ces dernières semaines, après avoir déjà embarqué la France dans plusieurs guerres africaines sans fin puisque sans stratégie politique (lire ici l’article de François Bonnet). Vous ne le ferez pas en ignorant le souci du monde, de ses fragilités et de ses déséquilibres, de ses injustices et de ses humanités, qui anime celles et ceux que le sort fait au peuple palestinien concerne au plus haut point.

Monsieur le Président, cher François Hollande, vous avez eu raison d’affirmer qu’il ne fallait pas «importer» en France le conflit israélo-palestinien, en ce sens que la France ne doit pas entrer en guerre avec elle-même. Mais, hélas, vous avez vous-même donné le mauvais exemple en important, par vos fautes, l’injustice, l’ignorance et l’indifférence qui en sont le ressort.

Texte intégral sur le site de Mediapart

DU 8 JUILLET AU 15 JUILLET 2014 : SÉLECTION DE LA SEMAINE

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ISRAËL ÉLU À LA COMMISSION DE DÉCOLONISATION DE L’ONU: UNE OBSCÉNITÉPar Alain Gresh – le 09 juillet 2014 – Le Monde;


ALGER – 17 JUILLET 2014 – HOMMAGE À HENRI ALLEG;


EXPLOITATION DU GAZ DE SCHISTE: CE N’EST PAS UNE FATALITÉM’hammed Rebah – Reporters.dz – le 15 juillet 2014;


LE BARIL, SES USAGES ET MÉSUSAGESPar Abdelatif Rebah – “Le Soir d’Algérie” – le 12 juillet 2014;


L’APPEL DE DÉTRESSE DES MOZABITESHafida Ameyar 10 Juillet 2014;


AL-FARABI, DE LA PENSÉE MORALE A LA PENSÉE POLITIQUEPar Inès Aït Mokhtar – publié le 18/12/2013;


La chronique de Maurice Tarik Maschino : UNE FATIGUE CHRONIQUE – El Watan – le 10.07.14;



ISRAËL ÉLU À LA COMMISSION DE DÉCOLONISATION DE L’ONU:

UNE OBSCÉNITÉ

Par Alain Gresh

le 09 juillet 2014

Le Monde

Demain, le Ku Klux Klan pour combattre le racisme?

Lire ci-dessous l’article d’Alain Gresh sur le blog du Monde Diplo.

« En juin 1967, dans un texte qui devait devenir célèbre, écrit pour un numéro des Temps modernes, la revue dirigée par Jean-Paul Sartre et consacrée au conflit israélo-arabe, le célèbre orientaliste Maxime Rodinson posait une question iconoclaste résumée par le titre: «Israël, fait colonial?».

Il fallait un certain courage pour formuler une telle interrogation, à l’heure où la majorité des médias français se déchaînaient contre le président égyptien Gamal Abdel Nasser et voyaient dans la défaite de celui-ci une revanche de la guerre d’Algérie.

À l’heure, aussi, où l’on discutait doctement du socialisme supposé d’Israël, et où des milliers de jeunes Français, juifs et non juifs, découvraient la vie communautaire dans des kibboutz.

Qu’écrivait Maxime Rodinson en substance? Que l’immigration juive en Palestine s’inscrivait dans un mouvement bien plus universel de colonisation des terres soi-disant vierges (c’est-à-dire peuplées de barbares), ce que le fondateur du sionisme, Theodor Herzl, reconnaissait volontiers à l’époque.

Quels qu’aient été les discours des pionniers du sionisme installés en Terre sainte, leur but était le même que celui des Français en Algérie ou des Européens en Amérique du Nord: conquérir la terre et en expulser ses habitants, tout cela au nom de la civilisation, bien sûr. J’ai longuement développé cette dimension coloniale dans “De quoi la Palestine est-elle le nom?” (Les liens qui libèrent, Paris, 2009).

Dans ce livre, j’évoquais également un épisode de la fondation des Nations unies. Lors de sa première présentation, le préambule de la Charte de l’ONU, qui proclamait la foi dans les droits fondamentaux de la personne, fut lu par Jan Smuts, le premier ministre de l’Afrique du Sud, un pays où sévissait la ségrégation raciale.

C’est à un événement du même type mais moins médiatisé que l’on a assisté ce mois-ci. Comme le précise un communiqué du département de l’information de l’ONU:

«Malgré la forte opposition du Groupe des États arabes, M. Mordehai Amohai, d’Israël, a été élu aujourd’hui Vice-Président de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation. Les cinq autres “grandes Commissions” ont aussi complété leur bureau pour la soixante-neuvième session de l’Assemblée qui s’ouvrira le 16 septembre prochain.»

Lire Laurence Bernard, «Faillite de l’Union européenne en Palestine», “Le Monde diplomatique”, novembre 2013.

Normalement, les membres des bureaux des commissions sont présentés par les groupes régionaux aux Nations unies et acceptés sans vote. La candidature d’Israël était présentée par le groupe des pays européens auquel ce pays appartient. Selon le communiqué des Nations unies, le représentant de Londres a protesté contre le refus exprimé par plusieurs pays arabes: «Son homologue du Royaume-Uni, au nom du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États, a exprimé sa “déception” face à la décision du Groupe des États (arabes) d’appeler à un vote. “Contester une candidature soutenue par un Groupe régional est contraire aux normes et aux pratiques établies et crée un précédent dangereux pour les futures élections”, a-t-il dit.»

Le vote n’a été acquis que par 74 voix et 69 abstentions et, comme l’a précisé le représentant de la Libye:

«C’est une honte pour l’humanité. (…) Pour la première fois dans l’histoire de l’Organisation, une entité occupante a été élue à la vice-présidence d’une commission chargée de mettre fin à la décolonisation. (…). Cette élection a montré clairement la défaite de l’entité israélienne, qui a reçu moins de la moitié des voix.»

« La paix c’est la guerre », proclamait Big Brother dans 1984, le roman de George Orwell. « La colonisation c’est la décolonisation », proclament aujourd’hui les Nations unies (…).

Seule la mobilisation de la société civile est apte, en ce moment, à sanctionner Israël, comme vient de le prouver la décision de l’Eglise presbytérienne, une des plus importantes aux Etats-Unis (1,8 million de membres), de retirer ses investissements de Caterpillar, Hewlett-Packard and Motorola Solutions («Presbyterian Church votes to divest holdings to sanction Israel», “The Guardian”, 21 juin) pour leurs activités dans les territoires palestiniens occupés.

Comme le rappelle un article du “Monde diplomatique” du mois de juin, c’est cette campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) qui provoque des «alarmes israéliennes», et qui permettra de venir à bout du colonialisme de Tel-Aviv.

Sources: blog Monde Diplomatique

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EXPLOITATION DU GAZ DE SCHISTE:

CE N’EST PAS UNE FATALITÉ

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Au-delà du débat (comme l’appellent les uns) ou faux débat (selon d’autres) autour de la problématique de l’exploitation du gaz de schiste, le dernier mot pourrait revenir finalement aux populations locales directement concernées.

Le cas du petit village de Zurawlow, dans l’est de la Pologne, est exemplaire. Ses habitants sont parvenus à interdire au pétrolier américain Chevron – 4e plus grande compagnie pétrolière dans le monde – de procéder aux forages pour extraire du gaz de schiste. Durant quatre cents jours, ils ont bloqué l’accès à la parcelle où le géant pétrolier américain s’apprêtait à effectuer des forages pour rechercher du gaz de schiste.

Il y a quelques jours, dans la nuit du 7 au 8 juillet, vers 4 heures, les employés de Chevron ont été contraints d’abandonner la partie et quitter les lieux, emmenant avec eux tous les équipements installés sur les terres agricoles pour effectuer des forages exploratoires pour le gaz de schiste.

À ce jour, aucun puits de gaz n’a été construit dans le village. Selon la presse polonaise, les habitants qui voulaient connaître la composition des liquides utilisés lors de la fracturation hydraulique de la roche, se sont vu répondre par Chevron que c’était «de l’acide citrique, du liquide vaisselle».

Les villageois ont compris qu’il s’agissait de substances chimiques dangereuses et qu’il fallait empêcher cela. Ils se sont inspirés de l’exemple du mouvement Occupy aux Etats-Unis et ont organisé des barrages.

Le cinéaste Lech Kowalski, qui a tourné un documentaire sur leur lutte, “Holy Field Holy Warest”, sorti en France en mars 2014, explique que «les compagnies sont arrivées très arrogantes dans le village, comme si elles pouvaient faire ce qu’elles voulaient». Il rapporte qu’«elles n’ont pas été honnêtes avec les agriculteurs, et ont travaillé dans le secret». Enfin, «contrairement à ce qu’elles clamaient à leur arrivée, ce n’est pas une industrie qui a créé de nombreux emplois: seule une poignée de résidents a trouvé un travail».

La Pologne, qui était présentée par les médias comme le «Koweït du gaz de schiste» en Europe – l’Agence gouvernementale américaine de l’énergie (EIA) a prétendu que ce pays détiendrait 4,19 milliards de mètres cubes de réserves de gaz de schiste – devait commencer l’exploitation commerciale de ses ressources en gaz de schiste en 2014 et devenir ainsi le troisième pays du monde et le premier européen à commencer l’extraction de cette ressource énergétique.

L’annonce avait été faite le 27 novembre 2013 par le vice-ministre polonais de l’Environnement, Piotr Wozniak.

Le gouvernement polonais, qui avait lancé une première extraction expérimentale en juillet 2013, comptait investir, avant 2020, 12,5 milliards d’euros pour exploiter les gisements de gaz de schiste dont il dispose.

Mais ce choix n’a pas fait l’unanimité en Pologne et ce qui s’est passé dans le village de Zurawlow a valeur de symbole de la résistance des agriculteurs et, plus largement, de tous ceux qui, en Europe, s’opposent à l’exploitation du gaz de schiste, et plus particulièrement par la compagnie pétrolière américaine Chevron.

C’est la victoire des associations environnementales et des agriculteurs qui ont défendu leurs terres, alarmés par les anomalies constatées depuis le début des travaux de fracturation, notamment l’eau courante qui aurait pris une teinte anormalement foncée et serait devenue non potable.

Comme quoi, l’exploitation du gaz de schiste n’est pas une fatalité.

Sources: Reporters.dz


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INVITATION

Jeudi 17 juillet 2014, à 22 heures

à la salle de conférences du

Rassemblement Action Jeunesse (RAJ)

17, rue Larbi Ben M’Hidi, Alger

3ème étage (porte droite)

HOMMAGE

À

HENRI ALLEG

Ancien directeur d’Alger républicain

Auteur de “La Question”

décédé le 17 juillet 2013

De la part d’Anciens journalistes d’Alger républicain

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LE BARIL, SES USAGES ET MÉSUSAGES

Par Abdelatif Rebah

“Le Soir d’Algérie”

le 12 juillet 2014

«Semer le pétrole au profit du développement» , la formule est célèbre qui résume le rôle qui était assigné au secteur des hydrocarbures par les pères fondateurs du modèle algérien. Lui faisait écho, le climat d’adhésion populaire qui avait accueilli les nationalisations des hydrocarbures, il y a plus de quatre décennies.

La centralité du pétrole dans l’économie algérienne est, quant à elle, un phénomène qu’on peut qualifier d’hérité, puisqu’il s’est formé, déjà, dans les années qui ont immédiatement précédé l’indépendance.

Dès 1962, la part de l’or noir dans le PIB avait grimpé à 48% contre 14% en 1959, tandis que le brut constituait 59% des exportations globales. En moyenne, 60% de l’investissement productif global réalisé durant la période 1959-1962 relevaient du secteur pétrolier.

Dans le Plan de Constantine (1959-1963), le secteur des hydrocarbures s’était approprié le cinquième de l’investissement total et les industries manufacturières 12%, tandis que la part de l’énergie électrique était de 4,5%.

Le premier plan quadriennal (1970-1973) va confirmer cette prépondérance des hydrocarbures et des industries manufacturières, avec respectivement 16% et 26,6% des investissements et 2,4% pour l’énergie électrique.

Pour mettre en relief le caractère vital et stratégique que cette richesse du sous-sol revêt désormais, le recours à la métaphore devient un passage obligé: «Les hydrocarbures sont la colonne vertébrale de l’économie algérienne, la denrée sur laquelle est assise sa souveraineté» et constituent «le cœur et le sang de l’économie», si bien que, contrôler le secteur hydrocarbures c’est contrôler «la circulation de son propre sang dans son cœur, ses propres facultés de respiration».

Comme un non-dit, se profilait un objectif de mise en selle, à terme, d’un relais non pétrolier dans l’accumulation, véritable enjeu d’une croissance autoentretenue.

Que restera demain à la place d’un gisement épuisé ou arrêté? Combien d’usines auront poussé, combien de scientifiques et de techniciens nationaux auront pris la relève de la technique étrangère…?

Ces interrogations pressantes résument de manière éloquente l’ambition affichée dès le départ par les promoteurs du modèle.

Même si on doit lui reconnaître des contours quelque peu idéalisés, l’image du baril, à la fois combustible du développement national et source d’une prospérité nationale partagée, n’est pas loin de la réalité qui prenait chair dans les réalisations industrielles, économiques, sociales et culturelles pendant les deux premières décennies de l’Algérie indépendante.

Indéniablement. Le paysage énergétique et économique national en fournit, jusqu’à aujourd’hui encore, maintes preuves vivantes. Même le FMI ne peut que relever qu’ «au cours des quelques 25 années qui ont suivi l’accession à l’indépendance en 1962, l’Algérie a fait des progrès notables sur le plan du développement de son capital humain et matériel et a considérablement renforcé et diversifié le secteur des hydrocarbures».

Ainsi, dans un rapport d’évaluation de la transition à l’économie de marché publié en 1998, après avoir noté que «les inégalités de revenus et de sexe ont été atténuées au profit d’une plus grande cohésion sociale», le document du FMI reconnaît que «cette stratégie a été assez fructueuse» et en énumère les résultats les plus saillants «d’une part, le ratio investissement/PIB a été maintenu au niveau d’environ 45% jusqu’à la fin des années 1970 et l’économie a enregistré un taux de croissance annuelle moyen de plus de 6% en termes réels, contre 3% pour les pays à revenus intermédiaires pris collectivement. La majorité des indicateurs sociaux étaient en forte hausse. En particulier le taux d’alphabétisation de l’Algérie est passé, du milieu des années 1960 au milieu des années 1980, de 25% à plus de 60%. Le taux de mortalité infantile a chuté de 150 pour 1000 à moins de 80 pour 1 000 pendant la même période». Les Algériens accèdent massivement aux bienfaits de l’éducation, de la santé publique, du progrès social et culturel.

Depuis, entre usages et mésusages, cette image du baril s’est bien dégradée, force est de le constater. Sa physionomie actuelle porte l’empreinte des recompositions qui ont profondément affecté le statut de cette ressource épuisable et non renouvelable dans l’économie du pays. Le modèle s’est métamorphosé. Une lecture rétrospective de variables-clés tant énergétiques qu’économiques permet d’en prendre la mesure à la fois quantitative et qualitative.

Les usages du baril se révèlent être, en effet, un marqueur pertinent et significatif de la nature de ces recompositions. Comment donc ont-ils évolué?

Deux axes d’évolution s’offrent à nous, dans cet ordre d’idées: celui qui nous renseigne sur les usages de la part exportée du baril ou plus exactement de ses recettes (environ 1 000 milliards de dollars depuis l’indépendance) et celui qui rend compte des usages de la part du baril qui est allée à la consommation interne.

En Algérie, le baril d’hydrocarbures produit est destiné dans des proportions respectives de 70% et de 30%, à l’exportation et à la consommation interne. Ce qui, en substance, correspond aux deux finalités essentielles assignées au secteur des hydrocarbures: source de financement du développement et source d’approvisionnement énergétique à long terme du marché national.

Dans cet article, nous allons nous pencher sur le premier axe d’évolution.

Les métamorphoses du baril-source de financement de l’accumulation productive

Un baril à l’exportation à rendement variable

On estime globalement que depuis l’indépendance, l’Algérie a produit 18 milliards de barils de pétrole brut (soit 2,3 milliards de tonnes), 8 milliards de barils de condensat et GPL (soit 750 millions de tonnes) et 2 700 milliards de mètres cubes de gaz naturel.

D’une manière générale, on peut dire que, durant plus de quatre décennies, le secteur hydrocarbures a joué le rôle de «machine à fabriquer de l’argent» en fournissant, durant toute la période qui nous sépare du 1er plan triennal 1967-1970, la quasi-totalité des recettes en devises de l’Etat, les deux-tiers en moyenne de ses recettes fiscales.

Si on examine le rendement global des exportations de pétrole et de gaz, exprimé à prix courants, on constate au cours des années 1990 une érosion frappante comparativement aux années 1980. On exporte plus à des coûts plus élevés pour un revenu unitaire en baisse constante.

Au cours des années 2000, ce rendement va connaître un net redressement

Légende
Période Revenu US $/TEP exportée

(en dollars courants)
2000-2010 312
1989-1999 116
1978-1988 165

Revenu moyen US $/TEP exportée

Baril-accumulation productive :

des années de l’essor à la déconnexion

Selon l’orientation prédominante donnée à l’emploi de ces ressources, on pourrait distinguer dans cette période quadri-décennale, en gros, une première phase où les hydrocarbures s’affirment comme la source de financement de l’accumulation productive, marquée par des années d’essor suivies de l’inflexion inaugurée par le bilan décennal publié par le Plan en 1980,

à laquelle a succédé une seconde phase, celle du tournant des réformes de 1988 où les ressources hydrocarbures n’ont plus pour finalité le développement mais essentiellement d’honorer les échéances de plus en plus pressantes de la dette extérieure. À l’enjeu central du développement s’est substitué celui de l’ajustement structurel choisi ou subi.

Une troisième phase, celle des années 2000, verra les ressources en hydrocarbures connaître une ère d’expansion sans précédent. Les recettes d’exportation d’hydrocarbures cumulées durant la période 2000-2008, soit 349 milliards de dollars représentent plus du triple de celles enregistrées pendant les années 1990-1999, soit 111 milliards de dollars. Ces ressources seront essentiellement consacrées aux investissements d’infrastructures (dont la composante devises dépasse 70%), à la sphère commerciale d’import-revente en l’état et au soutien de la demande via l’importation, qui mobilisent la quasi-totalité de l’enveloppe.

Les années de l’essor

La disponibilité croissante des revenus pétroliers (et gaziers) va servir à nourrir durant les plans 1967-1970,1970-1974, 1974-1978 et 1980-1984, un effort sans précédent de développement national, accéléré et affranchi des contraintes de profit. De 1969 à 1978, les investissements publics, tous secteurs confondus, avaient été multipliés par 15 et le ratio investissement/PIB avait atteint, au terme de la décennie 1970, le taux de 45%. Selon certaines évaluations, ces investissements auraient représenté environ 10 années d’exportation du pays à raison d’une moyenne de 11 milliards de dollars par an. Les montants des investissements alloués au secteur de l’industrie (y compris les hydrocarbures) ont représenté une moyenne de 60% environ pour l’ensemble de la période allant du 1er plan triennal (1967-1969) à 1979.

1980 : l’inflexion

Cet effort va connaître une première inflexion dès l’élaboration du plan 1980-1984. Décision est prise d’arrêter tous les investissements publics programmés dans la sphère productive, y compris ceux qui avaient pour objet de parachever les projets déjà réalisés. L’impératif de l’industrialisation qui dominait la stratégie de développement national est remis en cause. La part de l’industrie dans l’investissement tombe de 56% en 1980 à 24% en 1984, un recul relatif substantiel au profit des infrastructures dont la part passe de 30% en 1980 à 55% en 1984.

Après avoir connu, en 1980, des pics inespérés, le prix du baril de pétrole brut chute de 40% environ en 1986, les recettes d’exportation des hydrocarbures baissent à 7,26 milliards de dollars contre 12,72 milliards de dollars en 1985, soit un recul de près de 43% en une année. La perte enregistrée est l’équivalent de 91% des recettes de 1978. Le service de la dette extérieure s’aggrave et engloutit en 1986 deux tiers des recettes d’exportation environ. «Le desserrement de la contrainte financière extérieure» est érigé au rang de priorité des priorités.

Mais les recettes d’exportation des hydrocarbures vont recommencer à augmenter dès l’année suivante (+20%). En réalité, la «contrainte extérieure» devient un prétexte, une «argumentation ad hoc» pour justifier la poursuite du changement de cap engagé dès le début des années 1980.

Certes, en décembre 1986, la 4ème Conférence nationale de développement avait bien noté, dans sa résolution de politique industrielle, que «la révision fondamentale des objectifs et du programme industriels, parce que, du fait de la crise économique, nos paiements extérieurs ont été réduits, constituerait une erreur» et qu’«une telle stratégie ne pourrait aller que dans le sens de la stagnation et du renforcement des faiblesses actuelles de l’économie (dépendance et vulnérabilité vis-à-vis de l’extérieur)».

Mais la cause essentielle qui prévaudra, en définitive, chez les décideurs, ce sont les «dérèglements internes» qui «mettent à nu la crise du modèle de gestion centralement administrée de l’économie» ou du «socialisme d’Etat» et conduisent à sa remise en cause.

Le montant de l’investissement global va connaître une baisse drastique de 52% entre la période 1980-1984 et la période 1985-1989 (il s’agit de l’investissement moyen de chaque période en dinars constants).

Entre le 1er et le 2e plan quinquennal, l’investissement industriel a chuté de 56,5%, la baisse dans le secteur des hydrocarbures est de 68% et dans l’industrie hors hydrocarbures de 46%. L’industrie n’est plus la priorité du développement économique et les investissements réalisés dans ce secteur, au cours de la décennie 1980, ne représentent plus que 24,5 % des investissements globaux dont 40 % environ pour les hydrocarbures.

Le tournant des années de l’ajustement structurel

À partir de 1987, l’Etat ne prend plus directement en charge les investissements productifs. Le gouvernement s’engage dans deux programmes d’ajustement appuyés par le FMI (1989 et 1991) dont la conditionnalité-reine est la libéralisation totale du commerce extérieur. Le fardeau de la dette s’aggravant, est signé en 1994 avec le FMI un accord de rééchelonnement.

Les ressources hydrocarbures ne sont plus, désormais, le moyen d’éviter le rééchelonnement mais celui d’empêcher de tomber dans la spirale sans fin des rééchelonnements.

Selon ses responsables, l’entreprise Sonatrach compte alors exporter durant la période 1995-1999 500 MTEP (millions de tonnes équivalents pétrole) soit, en cinq années, le tiers de ce qui a été exporté durant les 30 dernières années.

L’investissement dans le secteur des hydrocarbures génère, en principe, des richesses qui non seulement permettent de rembourser les dettes contractées pour les réaliser, mais aussi de financer le développement des autres secteurs de l’économie.

Mais depuis la fin des années 1980, ce n’est plus la construction de la base productive du pays ni la mobilisation de son potentiel scientifique et technique qui en profitent. L’investissement industriel a été confronté à la nouvelle donne dominée par le calcul coûts/avantages monétaires. Cette grille a ses priorités: d’abord rétablir les équilibres financiers, ensuite investir. Rentablement. C’est l’immédiateté qui est privilégiée, c’est-à-dire l’horizon de profitabilité le plus proche.

En résulte un découplage entre le rythme de croissance des secteurs de l’énergie (électricité, hydrocarbures) et le reste des secteurs industriels. Ce découplage est attesté par le foisonnement des courbes de l’indice de la production industrielle durant ces vingt dernières années (1990-2010).

C’est le grand écart. Tandis que l’indice des hydrocarbures enregistre un accroissement global de 40% environ et celui de l’énergie électrique de plus de 200%, l’indice de la production industrielle hors hydrocarbures a chuté du quart et celui des industries manufacturières de moitié.

Baril-accumulation productive : la déconnexion

La tendance lourde dans les usages du baril est illustrée par le déclin de l’investissement productif et l’explosion des importations de biens de consommation.

Les revenus pétroliers nourrissent désormais le cycle importation-revente.

Depuis l’entrée en rééchelonnement, en 1994, il est devenu beaucoup plus facile d’importer que d’investir, créer de la richesse et de l’emploi. Les marchés intérieurs de produits aussi importants que les produits alimentaires, le ciment, l’acier, les médicaments, la téléphonie ont été abandonnés indûment aux importateurs. Ceux-ci ont été les principaux bénéficiaires de la convertibilité commerciale du dinar entamée en 1990 avec l’autorisation d’ouverture des comptes devises par des personnes physiques ou morales. Moyennant des placements obligataires, elle permet d’effectuer différents types de transactions avec l’étranger.

À partir de 1991, tout détenteur de registre du commerce peut, sous réserve de domiciliation bancaire, procéder, sans autorisation préalable, à l’importation de tous types de produits de l’étranger.

On importe tout : les produits alimentaires, le blé, la farine, la semoule, le café, la viande, des automobiles, des téléphones mobiles et des équipements… En 1996 déjà, on recensait 5 532 opérateurs dans l’importation parmi lesquels: 33 dans le lait en poudre, 90 dans les céréales, semoules, farines, 147 dans le café, 21 dans le sucre, 47 dans les huiles raffinées, 115 dans le médicament, 30 dans le ciment, 13 dans le rond à béton, 77 dans le bois, 49 dans les semences, 80 dans les produits phytosanitaires. Une dizaine d’importateurs contrôlent le marché de la quincaillerie et de la câblerie, dont le chiffre d’affaires est estimé à 7 milliards de dollars, révèle le directeur général de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI).

Alors qu’au début des années 1990, on importait à peu près 7 milliards de dollars de marchandises, surtout des marchandises pour l’équipement des entreprises, la facture des importations va atteindre en deux décennies 40 milliards de dollars.

La part de la population occupée dans l’industrie a chuté de 20,1% en 1987 à 6% en 2011.

En revanche, dans la même période, la population occupée dans le commerce passe de 8,4% à 16,6%. Fin 2012, on enregistrait en Algérie 1 585 284 commerçants soit 1 commerçant pour 24 habitants contre 1 commerçant pour 37 habitants en 1992! En vingt ans, leur nombre a été multiplié par 2,26 pendant que l’emploi industriel qui représentait en 1987 l’équivalent de plus d’une fois et demie l’emploi dans la branche du commerce n’en constituait plus que les huit dixièmes, environ, un quart de siècle après (1).

La part de l’investissement public dans le PIB qui était de 34% avant 1986 chute de moitié entre 1986 et 1997, passant de 14,6% à 7,4%, alors que le poids des recettes d’exportation hydrocarbures dans le PIB avait, quant à lui, quasiment triplé durant la même période, se hissant de 7,5% à 21,8%.

Entre 1990 et 2007, la part de l’industrie dans l’investissement public est tombée de 7% à 0%.

Entre 2000 et 2010, l’investissement productif dans les services et l’industrie n’a pas dépassé 2% du PIB, maigre part qui est allée, en fait, dans la téléphonie et le matériel de travaux publics.

Sur les 286 milliards de dollars du plan quinquennal 2010-2014, le 3e programme d’investissements publics depuis 2001, seuls 9,3% vont au secteur industrie-énergie et 4,7% à l’agriculture.

En définitive, la rupture de cohérence des choix stratégiques nationaux survenue au début des années 1980 a entraîné une décomposition de la relation hydrocarbures-développement et une rupture de sens quant à la place et au rôle du baril dans l’économie de notre pays dont témoigne le profil «improductif» et débridé de l’évolution de la structure de la consommation interne.

A. R.

Bibliographie

Marc Ecrement, Indépendance politique et libération économique, OPU/PUG 1984, p.29

Idem ; Cf. également A. Benachenhou, L’expérience algérienne de planification, SNED, 1980, pp.3 et 4.

Algérie : stabilisation et transition à l’économie de marché, FMI, Washington, 1998, p.92.

Rapport FMI 1998

Cf. Nordine Aït Laoussine, communication à la Convention nationale sur l’énergie organisée par le FFS, Alger le 1/1/2013

Cf. Nordine Aït Laoussine, communication à la Convention nationale sur l’énergie organisée par le FFS, Alger le 1/1/2013

Synthèse du Bilan économique et social de la décennie 1967-1978, ministère de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MPAT), mai 1980.

7 Les Cahiers de la réforme, cinq volumes, 800 pages.

De 1985 à 2005, l’Algérie a remboursé un montant cumulé de 118 milliards de dollars dont 34 milliards de dollars au titre des seuls intérêts.

Cf. L’Expression du 31/5/09

Source : ministère de l’Energie. Le ministre des Finances, A. Benachenhou, déclare même, à l’occasion de la présentation de la loi de finances 2005 : «Jamais l’Algérie n’a eu autant de possibilités pour son développement qu’aujourd’hui». Cf. L’Authentique du 24 septembre 2004.

Mahrez Hadjseyed, Industrie algérienne, crise et ajustement, L’Harmattan (p23).

Cf. Mohammed Liassine : De l’indépendance aux années quatre-vingts : les stratégies de développement de l’Algérie, in problèmes économiques n°2844 du 18 février 2004, pp.24 à 32. (Article extrait de Les stratégies de développement de l’Algérie, in informations et commentaires n°124, juillet-septembre 2003).

Source : Banque d’Algérie : principaux indicateurs économiques et financiers.

Ghazi Hidouci, alors ministre des Finances du gouvernement Hamrouche juge qu’«en 1986, c’est une bonne chose pour ce pays que le prix du pétrole ait alors baissé. La bureaucratie n’avait plus alors les moyens d’imposer ses vues, elle était dans l’obligation d’accepter les réformes».

Intervention au
Club de la presse de l’hebdomadaire Révolution Africaine n°1369, semaine du 24 au 30 mai 1990.

Sous le titre «Genèse, crise et reconversion des espaces industriels en Méditerranée», un article paru sous la signature de A. F. Brunet, A. Clerval, C. Queva et G. Vergnaud dans la revue Tiers Monde, met en exergue le cas du développement industriel de l’Algérie en soulignant que «c’est le caractère devenu structurel de la dépendance financière et technique, vis-à vis des Etats-Unis, du Japon ou encore des pays de l’Europe occidentale qui a joué pour interrompre (ce) développement».

Mahrez Hadjseyed, Industrie algérienne, crise et ajustement, L’Harmattan (p23)Source: DG des Douanes.

Mahrez Hadjseyed, Industrie algérienne, crise et ajustement, L’Harmattan (p23)

Source ONS.

Mahrez Hadjseyed, Industrie algérienne, crise et ajustement, L’Harmattan.

Cf. El Watan économie du 2/5/11.

Sources: Le Soir d’Algérie

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La chronique de Maurice Tarik Maschino :

UNE FATIGUE CHRONIQUE

le 10.07.14

Individualisme, mépris des valeurs traditionnelles, absence de civisme…, bien d’anciens critiquent le comportement des jeunes, sans se rendre compte que la société, entre-temps, a radicalement changé. Comme le rappelle un philosophe allemand d’origine coréenne, Byung-Chul Han, dans un court et brillant essai, La société de la fatigue(1), le capitalisme a transformé ses méthodes d’exploitation et réussi à faire croire à un grand nombre de ses esclaves qu’ils avaient recouvré leur liberté.

«Composée d’hôpitaux, d’asiles, de prisons, de casernes et d’usines», la société d’hier, rappelle B.-C. Han, était une société de discipline. Où chacun était obligé d’obéir aux maîtres, père, patron, représentants de Dieu et de l’Etat, qui tous lui rappelaient constamment ses devoirs : «Tu dois !» Refoulement, peur de pécher, honte, structuraient la vie psychique des individus que seul gratifiait le sentiment du devoir accompli. Les échecs étaient nombreux, la société de discipline était une fabrique de névrosés et ceux qui ne l’étaient pas, n’en présentaient pas moins, très souvent, des caractéristiques névrotiques – inhibitions, obsessions, actes manqués, rigidité caractérielle…

Encore prédominante, même si la modernité l’ébranle, dans les pays où sévit le système patriarcal, la société de discipline a fait place, dans les pays industriels, à ce que B.-C. Han appelle la société de la performance. C’est «une société des salles de fitness, des tours de bureaux, des banques, des aéroports, des centres commerciaux et des laboratoires de génétique». Elle a «démonté massivement les barrières et les interdits qui formaient la société de discipline». Chacun est, en apparence, son propre maître et doit faire preuve de sa capacité à se dépasser, à faire plus et mieux.

Les individus ne sont plus des sujets obéissants, mais des sujets performants.«Entrepreneurs d’eux-mêmes», ils se croient libres, alors qu’ils subissent une contrainte encore plus forte qu’auparavant : ils ont intériorisé celle d’hier et sont, eux-mêmes, le contremaître, le chef de bureau ou le patron qu’ils subissaient auparavant. Suprême astuce de la société capitaliste : les exploités sont devenus leurs propres exploiteurs, ils ont repris à leur compte les exigences de leurs maîtres et, comble de l’aliénation, ils se croient libres quand ils sont encore plus soumis qu’autrefois. Où qu’ils soient : stade, bureau, usine, école…, ils s’obligent à dépasser les normes, travailler mieux, produire davantage. Chacun est en concurrence avec lui-même : «La société de la performance, écrit B.-C. Han, est une société de l’auto-exploitation».

La vie psychique s’en trouve profondément modifiée. Exposé à un excès de stimulations et d’informations, l’individu n’est plus capable d’une attention soutenue et approfondie. Obligé d’intégrer très vite des données multiples et complexes, il se disperse, son attention se fixe rapidement sur un objet et passe à un autre. Il «zappe» continuellement et se révèle incapable de cette «attention profonde et contemplative, à laquelle nous devons les productions culturelles de l’humanité, et notamment de la philosophie». Cette difficulté à se concentrer se manifeste très tôt : les enseignants déplorent l’incapacité des élèves à se fixer longuement sur une question ou à développer un raisonnement. Vide de toute forme de spiritualité, car la vie spirituelle implique qu’on ne se presse pas et, même, qu’on s’ennuie, de cet ennui fécond où s’élaborent à notre insu une pensée nouvelle, des images, une musique, la société de la performance qui isole chacun dans son obsession productiviste, ne permet pas la formation de liens sociaux enrichissants. Il faut du temps pour se connaître et personne n’a jamais le temps.

Les échanges restent superficiels, tout le monde il est gentil, se fait la bise et c’est super ! Privé de gratification, l’individu performant cherche dans les réseaux sociaux, tel Facebook, les «contacts» qu’il ne trouve pas dans sa vie quotidienne. Sans caractère affirmé, puisque le caractère d’un individu est le produit des refoulements qu’il a subis et qu’il n’y a plus de refoulement, cet individu, informe et flexible, à la subjectivité très pauvre, est assurément d’une haute efficacité économique, mais d’une très pauvre humanité. Il n’a pas d’états d’âme, il n’éprouve plus de passion, il ne connaît, tout au plus, que le plaisir — le mot revient constamment dans les conversations —, et il ne se met même plus en colère.

Car «la colère, estime B.-C. Han, remet le présent complètement en question» et permet de le modifier. Aujourd’hui, «elle s’efface de plus en plus au profit de la contrariété ou de l’énervement, qui ne peuvent pas générer de changement radical». Toujours à la bourre, l’homme performant est constamment fatigué, d’une fatigue qui l’éloigne des autres et le rend souvent dépressif. La dépression est une maladie caractéristique d’une société dont les membres, toujours incités à faire mieux, se sentent rarement à la hauteur.

D’où l’addiction d’un nombre croissant d’individus à l’alcool, à des médicaments euphorisants, aux drogues et, comme pour se prouver qu’ils sont encore des hommes, le passage à des actes fous : courses de vitesse en pleine ville ou sur autoroutes, acrobaties sur une moto, tirs à vue sur des passants, violences dans les couples, vols d’enfants et autres aberrations d’une société qui perd, de plus en plus, toute humanité.

[Maurice Tarik Maschino

Sources El Watan
->http://www.elwatan.com/culture/la-chronique-de-maurice-tarik-maschino-une-fatigue-chronique-10-07-2014-264160_113.php]

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L’APPEL DE DÉTRESSE DES MOZABITES

Publié par Saoudi Abdelaziz

10 Juillet 2014

« Aidez-nous à asseoir la paix juste, pour tous, et isoler tous ceux qui la sabordent, où qu’ils se trouvent ».

Ils prennent à témoin le peuple algérien dans une lettre ouverte

Les Mozabites accusent

Par Hafida Ameyar, 10 juillet 2014

« Peuple d’Algérie : le M’zab aspire profondément à la paix. S’il y a lieu de choisir, la sagesse populaire nous indique de choisir la misère et non la fitna. Aidez-nous à asseoir la paix juste, pour tous, et isoler tous ceux qui la sabordent, où qu’ils se trouvent ».

Encore un appel de détresse, mais lancé cette fois à tout le peuple algérien par le Comité de coordination et de suivi de la crise sécuritaire (CCS) de cette région du Sud algérien.
Dans une lettre ouverte publiée dans la presse et intitulée “Peuple algérien : où va le M’zab ?”, ce collectif informe que la situation est très grave dans la vallée du M’zab.

Depuis novembre 2013 à ce jour, cette région “a vécu et vit dans l’horreur et la terreur, le sang et la mort, la désolation et la furie meurtrière”, déclare-t-il, en observant que les violences ont enregistré un nouveau pic et se sont davantage intensifiées depuis la dernière visite à Ghardaïa du Premier ministre, Abdelmalek Sellal.

Le CCS fait état de “raids collectifs menés par des bandits bédouins mercenaires” sur les quartiers, les personnes et les biens des Algériens mozabites, d’“attaques assassines surprises par jets de pierres et autres armes blanches”, causant des “dégâts matériels et corporels graves à des centaines de personnes”, selon lui. Le comité révèle, en outre, que le 29 juin dernier, premier jour de Ramadhan, un lycéen a été “lynché”. Face à ces dépassements, les forces de sécurité, présentes en grand nombre depuis plusieurs mois sur les lieux, auraient fait montre d’une “passivité douteuse”.

Pour le comité de coordination et de suivi, la région du M’zab est bel et bien otage de “l’ordre de la jahilia”, puisque des Algériens, Mozabites, ibadites et kharidjites, sont “torturés” et “massacrés” par d’autres Algériens, pour leurs différences. Après “l’assassinat et le meurtre”, la communauté mozabite, souligne-t-il, fait face à des actes de vandalisme et à “une furie incendiaire” sans précédent. Tout est fait pour semer la “terreur”, instaurer “l’exclusion et la séparation ethnique”. Mais, le plus intrigant et le plus inquiétant pour le CSS, c’est “comment et pourquoi la communauté mozabite a dû subir seule, durant de très longs mois, cet acharnement génocidaire”. Le comité insiste sur l’existence d’un problème communautaire, dans cette région du pays, en dénonçant “ces clans” qui sèment la zizanie et sont à l’origine des “dérives”. “Si l’Algérie tout entière a subi le terrorisme intégriste (…) pour l’agenouiller, l’effrayer et ensuite exploiter à dessein sa peur, le M’zab, puisque immunisé contre l’intégrisme terroriste, devra par conséquent, et en plus, subir le terrorisme communautaire”, indique le CSS. Imputant la responsabilité de cette situation à ces “clans du système” et leurs complices (“certains cercles étroits mais influents de la tribu des Chaambas” et des opportunistes), il soutient qu’ils “ont pris en otage leur communauté, exacerbant les véritables frustrations de leur jeunesse, désignant le Mozabite voisin comme cible et point de fixation”.

Le comité regrette en outre les interventions “inappropriées et tardives” des forces de sécurité, leur “partialité flagrante” et l’ambiance d’impunité qui dure depuis décembre dernier. Comme il dénonce le “mensonge, la calomnie, la désinformation (le rôle d’une certaine presse a été déterminant dans la confusion et les amalgames)”.

Pour le CSS, la fin de ce climat de terreur est “entre les mains des décideurs manipulateurs”, car, le problème au M’zab réside en réalité dans “l’exploitation éhontée et cynique par les décideurs des clans incriminés du système politique”. Aussi, lance-t-il “un SOS solennel au peuple d’Algérie pour (…) que le droit de vivre en paix soit immédiatement appliqué dans sa vallée millénaire” et appelle à un “vrai débat” sur les “droits et devoirs” des parties en conflit. “La force de l’état réside dans le strict respect de la loi, la légalité constitutionnelle et l’ordre républicain. La force de l’état est incompatible avec les positions de neutralité coupable, d’arbitrage trompeur, d’hésitation complice ou de laisser-faire assassin”, témoigne le comité de coordination et de suivi de la crise sécuritaire.

Source: Liberté.com

repris sur le blog algerieinfos-saoudi

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AL-FARABI, DE LA PENSÉE MORALE A LA PENSÉE POLITIQUE

Héritier d’une tradition philosophique qui réfléchit aux conditions morales d’une âme saine, Fârâbî sera le premier à opérer une transition de cette pensée morale à une pensée politique.

Prédécesseur d’Ibn Rushd (Averroès) et d’Ibn Sina (Avicenne), il aura une influence considérable sur leurs pensées respectives.

De même, ses écrits nourriront les réflexions bien plus tardives d’Ibn Khaldûn, qui est perçu comme l’un des ancêtres lointains de la sociologie.

La pensée de la politique présente chez Fârâbî est en effet une pensée de la vie collective et de la communauté. Ses écrits moraux sont indissociables de ses écrits politiques dans la mesure où il envisage l’homme comme un être à la fois moral et politique.

Al-Fârâbî est mort en 950 !

Un précurseur ?

Michel Peyret


PREMIÈRE PARTIE :

AL-FÂRÂBÎ (1):

LES FONDEMENTS D’UNE PHILOSOPHIE POLITIQUE

Par Inès Aït Mokhtar

publié le 18/12/2013

Al-Fârâbî nait en 872 et meurt à Damas, en 950. Il est l’une des grandes figures de la philosophie médiévale, et a été surnommé le «Second maître» par Ibn Rushd (Averroès), le premier n’étant autre qu’Aristote.

Ceci suffit à témoigner de l’importance qu’il revêt pour la tradition.

L’originalité de sa philosophie tient en très grande partie à l’effort qu’il a manifesté pour introduire le politique et la vie collective dans la pensée philosophique.

Al-Fârâbî et l’héritage éthique

Les deux grands prédécesseurs d’Al-Fârâbî sont Al-Kindî et Al-Râzî, dont les réflexions éthiques demeurent assez éloignées des considérations politiques.

  • Al-Kindî, ainsi, s’attache à commenter l’œuvre d’Aristote, qu’il présente comme dépendant en très grande partie du savoir métaphysique, dont on ignore s’il est accessible aux êtres humains. La seule science qui peut donner une connaissance de ce savoir est en fait une science divine, inaccessible aux être humains, et dépourvue de contenu pratique. En effet, la réflexion d’Al-Kindî vise à nous apporter des moyens de minimiser notre tristesse et notre chagrin, mais elle ne constitue pas du tout une réflexion politique qui dépasserait le niveau individuel.
  • Al-Râzî aura une position légèrement différente en ce que la philosophie consiste selon lui en deux choses essentielles: le savoir et la pratique. Quiconque échoue dans l’un de ces deux domaines ne pourra pas être appelé «philosophe».

    Toutefois, il établit une hiérarchie entre le savoir et la pratique, dans la mesure où la pratique reste subordonnée au savoir, spécialement lorsqu’elle est pratique politique.

Al-Fârâbî procédera donc à un mouvement original qui prend le contrepied de ces deux grandes figures puisqu’il fait du politique l’un des points cardinaux de sa pensée.

Al-Fârâbî, commentateur de Platon et d’Aristote

Si Fârâbî a lu et commenté Aristote, comme de nombreux penseurs arabes de l’âge médiéval, c’est surtout à Platon qu’il a consacré la plus grande partie de son œuvre de commentateur. Ainsi, la philosophie politique platonicienne aura une importance fondamentale dans la constitution de sa pensée propre.

De la République, et de l’œuvre platonicienne en générale, Fârâbî retiendra avant tout la figure de Socrate, qui sera un modèle permanent de son œuvre. Pour comprendre l’attitude de Fârâbî à l’égard de Platon et d’Aristote, il faut se pencher sur un ouvrage qui a été publié sous le titre «Fusûl Muntaza‘a» , que l’on peut traduire par Aphorismes choisis. Ce dernier se présente comme un ouvrage sur les cités et le meilleur moyen pour les gouverner, ainsi que sur l’influence des Grecs anciens sur la pensée de ces moyens.

Le fondateur de la philosophie politique

dans la tradition islamique médiévale

Bien après sa mort, au XIVe siècle, on trouve de nombreuses références à l’œuvre de Fârâbî dans un autre grand écrit politique, la «Muqaddima» d’Ibn Khaldûn.

Ce dernier entend explicitement s’introduire dans la continuité de l’œuvre de Fârâbî, en employant le terme siyâsa, signifiant «régime».

Le grand livre de Fârâbî s’intitule ainsi «Kitâb al-siyâsa al-madaniyya,» ou «Le livre du régime politique.»

Dans ses Aphorismes choisis, nous pouvons trouver une comparaison entre la santé de l’âme et la santé du corps. Il y définit l’une et l’autre avant de poser la primauté de la santé de l’âme. Il établit un lien indissoluble entre l’âme et la vertu. Surtout, il s’engage dans une étude détaillée de l’âme, et est conduit, à partir de celle-ci, à s’intéresser au politique.

En effet, l’un de ses objets d’étude fondamentaux est la structure des régimes politiques, dans l’exacte mesure où il convient de trouver un régime politique organisé de telle sorte qu’il permette à l’âme de chacun d’atteindre la perfection.

Fârâbî demeure largement silencieux sur la prophétie, et n’évoque que très peu le «prophète» ou le «législateur».

De même, le mot «philosophie», bien que présent, ne revient pas très fréquemment dans ses aphorismes.

À l’inverse, il parle constamment de l’homme d’Etat (madanî) ou du roi.

Fârâbî entend donc faire appel aux anciens afin de déterminer l’ordre politique qui permettra l’accomplissement du bonheur humain.

L’individu qui parviendra à comprendre comment une communauté politique doit être organisée pour favoriser ce bonheur fera pour les citoyens ce qu’un médecin fait pour des malades.

Toutefois, ce dernier, qui sera homme d’Etat ou roi, doit connaître l’âme humaine aussi bien que la vie politique.

Âme et politique

Ainsi, selon Fârâbî, le meilleur régime politique est celui dans lequel les âmes de ses habitants sont aussi saines que possible. L’homme d’Etat est ainsi compris comme un guérisseur, qui apportera aux âmes malades leur guérison.

C’est la raison pour laquelle les traités politiques de Fârâbî accordent en général une très grande part à la question de l’âme humaine. Chaque passage qui concerne l’âme humaine est suivi de passages plus directement politiques, qui visent à tirer les conséquences des résultats établis par l’étude de l’âme, sur le régime et son gouvernement.

Bien souvent, les développements de Fârâbî sur l’âme sont précédés de longues comparaisons entre l’âme et le corps, ainsi qu’entre l’âme et le corps politique.

Au début de ses Aphorismes choisis, Fârâbî ne se contente pas de comparer le corps et l’âme, mais il va plus loin en définissant ce qui constitue selon lui la santé et la maladie de l’un et de l’autre.

  • Ainsi, la santé de l’âme consiste en ce qu’elle est telle qu’elle peut toujours choisir de faire ce qui est bien et de mener des actions nobles.
  • À l’inverse, la maladie de l’âme consiste en ce que celle-ci n’est capable que d’actions mauvaises.

Ainsi, nous voyons se dessiner les fondements moraux de la pensée de Fârâbî, puisque celui-ci définit la santé et la maladie de l’âme d’un point de vue avant tout moral.

Il est frappant de voir que la santé et la maladie du corps sont définies dans les mêmes termes, à une exception près, de taille: le corps ne peut rien faire s’il n’a pas été activé par l’âme.

Ainsi, nous retrouvons la primauté de l’âme sur le corps, héritée d’al-Râzî.

Le passage du niveau individuel au niveau collectif

La comparaison qu’établit Fârâbî entre le médecin et l’homme d’Etat va lui permettre de dépasser le niveau individuel.

Il définit la santé du corps comme «l’équilibre de son tempérament», distincte de la santé de la cité, définie comme «l’équilibre des mœurs de son peuple».

Alors que le médecin s’occupe des individus, l’homme d’Etat est concerné par un peuple, non pas en tant qu’il est une somme d’individus, mais précisément en tant qu’il est une totalité.

Lorsqu’il s’intéresse à la santé de la cité, Fârâbî se détourne volontairement de l’étude de l’âme individuelle.

Il souligne à plusieurs reprises la plus grande importance que revêt à ses yeux l’art de l’homme d’Etat, par rapport à l’art du médecin. C’est bien l’homme d’Etat qui détermine en dernier ressort les fonctions du corps sain qui aura été soigné par le médecin. C’est lui qui prescrit aux citoyens en bonne santé physique et morale leurs actions.

En plus de ces différences de fonctions, qui permettent à Fârâbî d’accorder à l’homme d’Etat (et donc au niveau collectif) la primauté, c’est une considération morale qui différencie ce dernier du médecin. La tâche du médecin est de soigner, sans demander dans quelle direction la santé retrouvée sera employée. À l’inverse, la tâche principale de l’homme d’Etat sera de réfléchir aux bénéfices civiques et collectifs de cette santé.

Cette façon qu’a Fârâbî d’accorder la primauté à l’aspect politique de l’existence est également un moyen pour lui de subordonner la part morale de l’âme à sa part intellectuelle. En effet, l’homme d’Etat qui légifère le fera au moyen de ses facultés intellectuelles.

Héritier d’une tradition philosophique qui réfléchit aux conditions morales d’une âme saine, Fârâbî sera le premier à opérer une transition de cette pensée morale à une pensée politique.

Prédécesseur d’Ibn Rushd (Averroès) et d’Ibn Sina (Avicenne), il aura une influence considérable sur leurs pensées respectives. De même, ses écrits nourriront les réflexions bien plus tardives d’Ibn Khaldûn, qui est perçu comme l’un des ancêtres lointains de la sociologie.

La pensée de la politique présente chez Fârâbî est en effet une pensée de la vie collective et de la communauté.

Ses écrits moraux sont indissociables de ses écrits politiques dans la mesure où il envisage l’homme comme un être à la fois moral et politique.

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DEUXIEME PARTIE :

[Al-Fârâbî (2):

Faire renaître la philosophie

->http://www.lesclesdumoyenorient.com/Al-Farabi-2-Faire-renaitre-la.html]

Bibliographie

  • Charles E. Butterworth, «Ethical and political philosophy», in. The Cambridge Companion to arabic philosophy, Cambridge University Press, 2005.
  • Christian Jambet, Qu’est-ce que la philosophie islamique? Paris, Gallimard, 2011.

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LETTRE OUVERTE à HOLLANDE et AUTRES RACISTES QUI NOUS DIRIGENT

LETTRE_OUVERTE_0_hOLLANDE.jpg

du Professeur Christophe Oberlin

(Bichat)

le 13 juil. 2014


LETTRE_OUVERTE_0_hOLLANDE.jpg

https://www.youtube.com/watch?v=wE5ysC0NbAk


Lettre ouverte à François Hollande

et autres racistes qui nous dirigent

Vous président, voulez-vous que je vous montre les photos des enfants palestiniens coupés en deux par les bombes israéliennes ?

Vous président, savez-vous qu’un enfant palestinien est tué par Israël chaque trois jours, depuis dix ans ?

Vous président, vous vous inscrivez dans la lignée d’une classe politique détestable : celle qui a fait fonctionner la guillotine pendant la guerre d’Algérie, celle qui a signé pour l’assassinat de Larbi ben Mhidi, celle de l’expédition de Suez, celle qui a donné la bombe atomique à Israël.

Vous président n’avez décidément rien retenu des cours d’histoire et des cours de droit de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris.

Vous président, alors qu’Israël agrandit tous les jours son territoire par la force, vous prétendez nier le droit des Palestiniens à résister par la force ?

Vous président, en soutenant un état qui agrandit ses frontières par la force, vous violez la charte des Nations Unies !

Vous président, par la coopération militaire que vous entretenez avec Israël, vous êtes juridiquement complice de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Vous président, alors que les Palestiniens sont majoritaires sur le territoire de la Palestine, en soutenant la minorité vous niez la démocratie !

Vous président, je vous accuse de l’une des pires formes de racisme : le racisme en col blanc !

Vous président, vos déclarations n’engagent que vous, vous êtes la honte de la France !


Open letter to François Hollande

and to the other racists who lead us

Mister President, do you want me to show you the pictures of the Palestinian children hacked to pieces by Israeli bombs?

Mister President, do you know that one Palestinian child has been killed by Israel every three days for ten years?

Mister President, you keep with the general pattern of a hateful political class: that same class that operated the guillotine during the Algerian War; that was behind Larbi ben Mhidi’s assassination; that organized the Suez War; that gave Israel the bomb.

Mister President, you remember absolutely nothing from the history and law courses of Paris Institute of Political Studies.

Mister President, while Israel extends every day its territory by force, why do you refuse to recognize the Palestinians’ right to resist by also resorting to force?

Mister President, while supporting a state which extends its borders by force, you infringe the United Nations Charter!

Mister President, while keeping up military cooperation with Israel, you are legally party to war crimes and crimes against humanity.

Mister President, while the Palestinian people is a majority on the whole Palestinian territory, you support the minority and doing so you deny democracy!

Mister President, I accuse you of one of the worst types of racism: white-collar racism!

Mister President, your statements only involve yourself! You are a disgrace to France!


رسالة مفتوحة الى فرنسوا هولند

و الى العنصريين الذين يحكموننا

أيها الرئيس
هل تريد ان اريك صور اطفال فلسطينيين قطعت أجسادهم قسمين بالقنابل الإسرائيلية ?

أيها الرئيس
أتدري أن إسرائيل تقتل طفلا فلسطينيا واحدا كل ثلاثة أيام و هذا منذ عشر سنوات ?

أيها الرئيس
إنك تسير في خط سياسي حقير , إنه الخط الذي قطعت به الرؤوس في الجزائر , انه خط قتل العربي بن مهيدي , إنه خط الغارة على قناة السويس , انه الخط الذي أعطى إسرائيل القنبلة النووية

أيها الرئيس
لعلك لم تستفد من دروس التأريخ التي درستها في معهد العلوم السياسية بباريس

أيها الرئيس
في الحين الذي تزيد إسرائيل من مساحتها بالقوة , تنكر انت حق الفلسطينيين في الدفاع بالقوة ?

أيها الرئيس
مساندة إسرائيل في زيادة مساحتها يعتبر تعدي على ميثاق الأمم المتحدة

أيها الرئيس
بالتعاون العسكري مع إسرائيل تعتبر قانونيا شريك في جرائم الحرب و جرائم ضد الإنسانية

أيها الرئيس
مساندة إسرائيل مع أن الفلسطينيين أكثرية في فلسطين يعتبر تجاهلا للدمقراطية

أيها الرئيس
اتهمك بشر أنواع العنصرية : العنصرية بعنق أبيض

أيها الرئيس
إن تصريحاتك تلزمك انت فقط : إنك عار فرنسا