13 DÉCEMBRE 2014: JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE L’ISLAMOPHOBIE


JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE L’ISLAMOPHOBIE Paris, Amsterdam, Londres, Bruxelles… UNE BATAILLE POUR LES DROITS CIVIQUES!Exhibit B: les points sur les i – par PIR et BAN;


MOBILISATION EUROPÉENNE CONTRE L’ISLAMOPHOBIEpar Alain Gresh – Nouvelles d’Orient – blog.mondediplo – le 8 décembre 2014;


NUMÉRO SPÉCIAL SUR L’ISLAMOPHOBIE – REVUE POLITIS;
http://www.politis.fr/IMG/pdf/Politis-News-1331.pdf


ISLAMOPHOBIE, SE BATTRE CONTRE CETTE FORME VICIEUSE DE RACISME!Michel Peyret – 08 déc. 2014; BastamagA L’INDEPENDANT


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JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE L’ISLAMOPHOBIE

Paris, Amsterdam, Londres, Bruxelles…

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UNE BATAILLE POUR LES DROITS CIVIQUES !

SAMEDI 13 DÉCEMBRE 2014

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UNIVERSITÉ PARIS-8 SAINT-DENIS amphi D001

Métro : Saint-Denis Université (Ligne 13)

À partir de 9h30

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PROGRAMME

9H30 – 12H30

TABLE RONDE – L’ISLAMOPHOBIE DANS TOUS SES ÉTATS

13H45 – 16H15

ATELIERS THÉMATIQUES – SIX ATELIERS AU CHOIX

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16H 30 – 17 H

RELEVÉ DE CONCLUSION DES ATELIERS

17H – 19H

TABLE RONDE:

VAINCRE LE RACISME

ET (RE)CONQUÉRIR NOS DROITS

19H – 20H

PERFORMANCE ARTISTIQUE

«MUSULMAN» ROMAN

Organisations et associations participantes

Participation et spiritualité musulmanes (PSM), Collectif Féministes pour l’égalité (CFPE), Mamans Toutes Égales (MTE), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Collectif des musulmans de France (CMF), Commission Islam et laïcité, Union juive française pour la paix (UJFP), Mouvement du christianisme social, Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP), Parti des indigènes de la République (PIR), Collectif enseignant pour l’abrogation de la loi du 15 mars 2004 (CEAL), Collectif antifasciste Paris-Banlieue (CAPAB), Union des organisations islamiques de France (UOIF), Institut de recherche et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (iReMMO), Cedetim/Ipam, ATTAC France, Front thématique antiracismes du Front de gauche, Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Ensemble, Sortir du colonialisme, Fondation Frantz Fanon, Collectif Stop le contrôle au faciès, Studio Praxis, Femmes plurielles, AFD International, International Jewish Antizionist Network (IJAN), Tayush (Belgique), Bruxelles Panthères. Médias Saphirnews, Oumma.com, BeurFm, Politis, Mediapart, Radio Orient, Basta !, Radio France-Maghreb…

Contact : islamophobie13dec2014@gmail.com

Twitter : @JICI2014

Facebook : Journée internationale contre l’islamophobie

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Voir/télécharger l’affiche

Voir/télécharger le programme

->doc5331]

Sources: Exhibit B : les points sur les i – Par PIR et BAN

http://indigenes-republique.fr/journee-internationale-contre-lislamophobie-le-13-decembre-2014/

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MOBILISATION EUROPÉENNE CONTRE L’ISLAMOPHOBIE

[

lundi 8 décembre 2014, par Alain Gresh

Nouvelles d’Orient

->http://blog.mondediplo.net/2014-12-08-Mobilisation-europeenne-contre-l-islamophobie]

L’agression raciste survenue à Créteil le 1er décembre a soulevé l’émoi général et la mobilisation des autorités françaises. Pourtant, comme le souligne l’Union juive française pour la paix (UJFP), dans un communiqué publié le 6 décembre, «Créteil, une agression raciste qui nous indigne mais ne nous étonne pas»:

«Si l’UJFP s’indigne de ces actes, elle ne s’en étonne guère. En effet le racisme propagé dans notre société depuis le sommet de l’Etat envers des groupes de personnes ciblées, parce qu’Arabes, Noirs, et ou musulmans, Roms, sans papiers, demandeurs d’asiles… repris sans état d’âme par des médias avides de scoops et de buzzs, des “intellectuels” et éditorialistes venimeux, a pour conséquence d’augmenter les passages à l’acte racistes.

Et des passages à l’acte il y en a tous les jours dans ce pays, contre des concitoyens arabes noirs et ou musulmans, des femmes agressées violentées parce que voilées, des Roms attaqués à l’acide, dont les camps sont brûlés, et cela dans un silence médiatique et politique assourdissant.

Encore une fois nous devons donc nous interroger sur le traitement politique et médiatique très particulier de cet événement.»

En effet, en arrière-plan de ce traitement, il y a une manœuvre détestable qui vise à se camoufler derrière la mobilisation justifiée contre des actes antisémites pour faire oublier le racisme d’Etat qui s’est installé dans le pays, défendu d’abord par le premier ministre Manuel Valls, lequel peut, impunément, désigner une communauté, les Roms, à la vindicte publique.

Racisme d’Etat qui se traduit de mille et une manières — du comportement agressif des policiers jusqu’aux enseignants et autres «bons citoyens» qui humilient, contrôlent les Noirs ou les musulmans de façon abusive. Pendant ce temps, on laisse se répandre l’idée que se manifesterait un antisémitisme spécifique lié au conflit israélo-arabe. Dans une excellente tribune publiée par Le Monde du 6 décembre, «Il faut parler d’antisémitisme avec rigueur», la sociologue Norma Meyer démonte les sondages récemment publiés afin d’accréditer cette idée.

Lire Raphaël Liogier, «Le mythe de l’invasion arabo-musulmane», Le Monde diplomatique, mai 2014.

La lutte contre le racisme est indivisible, mais il est nécessaire de rappeler qui sont aujourd’hui, en Europe, les premières victimes de ce racisme : les musulmans, les Roms et les Noirs. Alors que plus aucun grand parti ne défend officiellement l’antisémitisme, alors que les formations de la droite extrême ont remplacé celui-ci par l’islamophobie [Lire, en guise de contre-exemple, Corentin Léonard, [«Une extrême droite qui n’exècre pas l’islam», Le Monde diplomatique, avril 2014.]], alors que les grands partis de droite et de gauche laissent régulièrement percer leur haine de l’islam et défendent les mesures prises par l’Etat (au nom de la laïcité ou ou nom de la défense des femmes), ce racisme ne rencontre pas la riposte qu’il mérite.

C’est dire l’importance de la journée internationale contre l’islamophobie qui se tient le samedi 13 décembre à l’université de Saint-Denis et, en même temps, à Londres, Amsterdam et Bruxelles, sous le titre « Une bataille pour les droits civiques ! ». Il est symbolique que cette initiative ait lieu le même jour où se mobiliseront aux Etats-Unis tous ceux qu’indigne la brutalité de la police américaine contre les Noirs et les minorités, contre la justice à deux vitesses.

On trouvera ci-dessous l’appel à cette journée et son programme (pour une version détaillée, télécharger ce PDF).

Une bataille pour les droits civiques !

Le racisme gangrène nos sociétés : contrôles au faciès, destructions de camps roms, agressions de femmes voilées, discriminations à l’embauche et au logement de personnes portant des noms à « consonance étrangère », circulaire Chatel contre les mamans voilées…

Les attaques contre des populations décrites comme « dangereuses » se multiplient. Elles s’inscrivent dans un climat idéologique et médiatique qui, au nom de la « guerre contre le terrorisme » ou d’une conception particulièrement cynique de la devise « liberté-égalité-fraternité », entretient la haine contre ceux – et celles – qui sont décrits comme « étrangers ».

Depuis une trentaine d’années, et singulièrement depuis 2001, l’islamophobie est devenue le canal privilégié d’expression – et même de régénération – d’un racisme d’État. Instrumentalisant de « nobles principes » (la laïcité, la République, l’égalité des sexes…), un redoutable système d’exclusion se construit jour après jour, en France comme dans les autres pays européens.

Alors que le Vieux Continent traverse une grave crise économique et sociale, il est particulièrement dangereux de désigner des boucs émissaires à la vindicte populaire (musulmans, Noirs, Roms…). La désaffection des victimes à l’égard des forces de gauche qui ne les défendent pas, comme la progression fulgurante de l’extrême droite à l’échelle continentale, ces dernières années, en témoignent.

Le racisme ne disparaîtra pas tout seul. Aujourd’hui comme hier, il faut se battre pour faire reculer cette forme particulièrement vicieuse de racisme qu’est l’islamophobie. Comme les Noirs américains dans les années 1950-1960, comme les travailleurs immigrés des années 1970-1980, il faut continuer la bataille pour les droits civiques et pour l’égalité.

Après le succès de la première « Journée internationale contre l’islamophobie » qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes à Paris en décembre 2013, nous organisons une nouvelle journée de réflexion et d’action le samedi 13 décembre 2014, en associant plus de forces et d’organisations, et en travaillant en coordination avec les groupes qui, dans d’autres pays européens, se mobilisent contre l’islamophobie et organiseront au même moment des rassemblements similaires au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Belgique…

Venez nombreux-ses !

Programme

  • 9h30 – 12h30 Table ronde – L’islamophobie dans tous ses états

  • 13h45 – 16h15 Ateliers thématiques – Six ateliers au choix

  • 16h30 – 17h – Relevé de conclusion des ateliers

  • 17h – 19h – Table ronde – Vaincre le racisme et (re)conquérir nos droits

  • 19h – 20h – Performance artistique – « Musulman » roman

Organisations et associations participantes

Participation et spiritualité musulmanes (PSM), Collectif Féministes pour l’égalité (CFPE), Mamans Toutes Égales (MTE), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Collectif des musulmans de France (CMF), Commission Islam et laïcité, Union juive française pour la paix (UJFP), Mouvement du christianisme social, Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP), Parti des indigènes de la République (PIR), Collectif enseignant pour l’abrogation de la loi du 15 mars 2004 (CEAL), Collectif antifasciste Paris-Banlieue (CAPAB), Union des organisations islamiques de France (UOIF), Institut de recherche et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (iReMMO), Cedetim/Ipam, ATTAC France, Front thématique antiracismes du Front de gauche, Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Ensemble, Sortir du colonialisme, Fondation Frantz Fanon, Collectif Stop le contrôle au faciès, Studio Praxis, Femmes plurielles, AFD International, International Jewish Antizionist Network (IJAN), Tayush (Belgique), Bruxelles Panthères.

Médias :

Saphirnews, Oumma.com, BeurFm, Politis, Mediapart, Radio Orient, Basta !, Radio France-Maghreb…

Lieu :

Université Paris-8 Saint-Denis – Amphi D001
Métro : Saint-Denis Université (Ligne 13)

Contact :

islamophobie13dec2014@gmail.com / Twitter : @JICI2014 #JICI2014 / Facebook : Journée internationale contre l’islamophobie

Partenaires européens :

Sources Nouvelles d' »Orient

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NUMÉRO SPÉCIAL SUR L’ISLAMOPHOBIE

REVUE POLITIS

http://www.politis.fr/IMG/pdf/Politis-News-1331.pdf

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ISLAMOPHOBIE, SE BATTRE CONTRE CETTE FORME VICIEUSE DE RACISME!

Michel Peyret

08 déc. 2014

« Le racisme ne disparaitra pas tout seul. Aujourd’hui comme hier, il faut se battre pour faire reculer cette forme particulièrement vicieuse de racisme qu’est l’islamophobie. Comme les Noirs américains dans les années 1950-1960, comme les travailleurs immigrés des années 1970-1980, il faut continuer la bataille pour les droits civiques et pour l’égalité. Après le succès de la première « Journée internationale contre l’islamophobie » qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes à Paris en décembre 2013, nous organisons une nouvelle journée de réflexion et d’action le samedi 13 décembre 2014, en associant plus de forces et d’organisations, et en travaillant en coordination avec les groupes qui, dans d’autres pays européens, se mobilisent contre l’islamophobie et organiseront au même moment des rassemblements similaires au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Belgique…»

Voir ci-dessous la totalité de l’Appel des organisations et associations en faveur de la nouvelle « JOURNEE INTERNATIONALE CONTRE L’ISLAMOPHOBIE ».
Michel Peyret

08 déc. 2014


JOURNEE INTERNATIONALE CONTRE L’ISLAMOPHOBIE:

UNE BATAILLE POUR LES DROITS CIVIQUES

PAR COLLECTIF 27 NOVEMBRE 2014

Une journée internationale contre l’islamophobie se déroulera à Paris, Amsterdam, Londres et Bruxelles, le 13 décembre prochain. Elle rassemblera simultanément des collectifs et organisations qui se mobilisent contre l’islamophobie. A Paris, des ateliers, des tables-rondes et une performance artistique seront organisés, à l’Université Paris 8-Saint Denis. Un évènement dont Basta ! est partenaire.

Le racisme gangrène nos sociétés : contrôles au faciès, destructions de camps roms, agressions de femmes voilées, discriminations à l’embauche et au logement de personnes portant des noms à « consonance étrangère », circulaire Chatel contre les mamans voilées…

Les attaques contre des populations décrites comme « dangereuses » se multiplient. Elles s’inscrivent dans un climat idéologique et médiatique qui, au nom de la « guerre contre le terrorisme » ou d’une conception particulièrement cynique de la devise « liberté-égalité-fraternité », entretient la haine contre ceux – et celles – qui sont décrits comme «étrangers».

Depuis une trentaine d’années, et singulièrement depuis 2001, l’islamophobie est devenue le canal privilégié d’expression – et même de régénération – d’un racisme d’État. Instrumentalisant de « nobles principes » (la laïcité, la République, l’égalité des sexes…), un redoutable système d’exclusion se construit jour après jour, en France comme dans les autres pays européens.

Alors que le Vieux Continent traverse une grave crise économique et sociale, il est particulièrement dangereux de désigner des boucs émissaires à la vindicte populaire (musulmans, Noirs, Roms…). La désaffection des victimes à l’égard des forces de gauche qui ne les défendent pas, comme la progression fulgurante de l’extrême droite à l’échelle continentale, ces dernières années, en témoignent.

Le racisme ne disparaîtra pas tout seul. Aujourd’hui comme hier, il faut se battre pour faire reculer cette forme particulièrement vicieuse de racisme qu’est l’islamophobie. Comme les Noirs américains dans les années 1950-1960, comme les travailleurs immigrés des années 1970-1980, il faut continuer la bataille pour les droits civiques et pour l’égalité.
Après le succès de la première « Journée internationale contre l’islamophobie » qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes à Paris en décembre 2013, nous organisons une nouvelle journée de réflexion et d’action le samedi 13 décembre 2014, en associant plus de forces et d’organisations, et en travaillant en coordination avec les groupes qui, dans d’autres pays européens, se mobilisent contre l’islamophobie et organiseront au même moment des rassemblements similaires au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Belgique…

Organisations et associations participantes :

Participation et spiritualité musulmanes (PSM), Collectif Féministes pour l’égalité (CFPE), Mamans Toutes Égales (MTE), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Collectif des musulmans de France (CMF), Commission Islam et laïcité, Union juive française pour la paix (UJFP), Mouvement du christianisme social, Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP), Parti des indigènes de la République (PIR), Collectif enseignant pour l’abrogation de la loi du 15 mars 2004 (CEAL), Collectif antifasciste Paris-Banlieue (CAPAB), Union des organisations islamiques de France (UOIF), Institut de recherche et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (iReMMO), Cedetim/Ipam, ATTAC France, Front thématique antiracismes du Front de gauche, Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Ensemble, Sortir du colonialisme, Fondation Frantz Fanon, Collectif Stop le contrôle au faciès, Studio Praxis, Femmes plurielles, AFD International, International Jewish Antizionist Network (IJAN), Tayush (Belgique), Bruxelles Panthères.

Le programme en PDF

#JICI2014 Twitter: @JICI2014

Facebook : Journée internationale contre l’islamophobie

Contact : islamophobie13dec2014@gmail.com

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Voir aussi l’article:

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PEUT-ON ETRE ISLAMOPHOBE TOUT EN SE CROYANT ANTIRACISTE?

PAR IVAN DU ROY

18 DÉCEMBRE 2013

->http://www.bastamag.net/Peut-on-etre-islamophobe-tout-en]

Augmentation des agressions et des discriminations, amalgames toujours plus fréquents entre islam, intégrismes et terrorismes, loi interdisant certaines pratiques religieuses… L’islamophobie est bien une réalité en France. Pire : « Pour beaucoup de gens, l’islamophobie est justifiée comme un combat nécessaire », y compris à gauche, expliquent les sociologues Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat. Ils analysent la montée et les ressorts de cette islamophobie à la française, alors qu’ailleurs en Europe les mouvements antiracistes se mobilisent pour la combattre.

Basta ! : Quelles sont les manifestations de l’islamophobie en France, aujourd’hui ?

Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat [[Auteurs d’Islamophobie, comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman »(La Découverte). Marwan Mohammed est chargé de recherche au CNRS (Centre Maurice Halbwachs). Abdellali Hajjat est sociologue et politiste, maître de conférences à l’université Paris-Ouest Nanterre.]]: Il existe une multitude de formes d’expression du rejet d’une population. Dans l’espace public, ce sont des discours, des sites Internet, des articles de presse ou des productions cinématographiques qui contribuent à la construction d’un « Islam imaginaire»[[Titre de l’ouvrage de Thomas Deltombe, L’islam imaginaire, La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005, Ed. La Découverte.]] et à l’évidence d’un problème musulman : l’image négative et inquiétante d’une présence musulmane décrite comme arriérée, sournoise, donc dangereuse. Ensuite, ce sont les pratiques discriminatoires auxquelles sont confrontés des individus – musulmans réels ou présumés –- dans leur vie sociale. Ces discriminations touchent essentiellement les femmes qui portent un signe religieux visible, le voile. Parmi ces discriminations, certaines sont illégales : les discriminations à l’emploi, à l’accès aux loisirs ou aux services. Une enquête par testing, réalisée par l’Université Paris 1 sur le marché de l’emploi, montre ainsi qu’une jeune femme musulmane a 2,5 fois moins de chances d’être convoquée à un entretien d’embauche, qu’une jeune fille qui a le même CV et la même couleur de peau mais qui diffère par des marqueurs religieux, comme le prénom. D’autres discriminations sont légales : des formes d’exclusion qui reposent sur la loi, comme la loi sur le voile à l’école, sur le port du niqab dans l’espace public ou la décision de la Cour d’appel de Paris qui justifie le licenciement d’une salariée voilée de la crèche Baby Loup, une structure privée.

S’exprime-t-elle aussi par la violence ?

Les violences physiques et verbales sont en nette augmentation depuis au moins 2009, comme le montrent les données du ministère de l’Intérieur[[Selon la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, en 2012 « les actes antimusulmans progressent de 30% confirmant la tendance à la hausse enregistrée en 2011 (+34%) ».]]. Celles du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) suivent la même courbe. Les enquêtes d’opinion sur le rapport à l’Islam et à la présence musulmane montrent une hostilité très forte concernant le port du foulard, ainsi qu’une hostilité croissante envers des actes cultuels qui ne posaient pas de problèmes avant : prier ou jeûner pendant le Ramadan. Nous avons encore du mal à mesurer l’ensemble des manifestations de ce rejet global. Ne pas saisir la justice ou les institutions reste très courant pour les populations musulmanes. D’autres s’autocensurent : des personnes qui ont intégré le fait qu’elles n’avaient pas leur place, et ne font même plus la démarche de trouver une formation ou un emploi.

Dans ce que vous nommez «l’islamophobie d’en haut», quel exemple vous a le plus marqué?

Il y a malheureusement profusion d’exemples. Mais un seul nous paraît essentiel pour comprendre en profondeur le processus de construction d’un problème musulman : les grèves ouvrières à l’usine Citroën d’Aulnay et de Talbot à Poissy, en 1984. Des ouvriers, essentiellement maghrébins, se mobilisent alors contre des plans de licenciements. Avec notamment la CGT, ils défendent leurs droits, leurs emplois et l’amélioration de leurs conditions de travail. Des revendications classiques, si ce n’est qu’apparaît en bas de la liste la demande de disposer d’un lieu de prière pendant les pauses. D’où vient cette demande? D’une première expérience menée en 1976 à l’usine Renault Billancourt, où une salle de prière a été ouverte avec le soutien des syndicats et du patronat de l’époque, qui acceptait que les travailleurs immigrés de passage puissent exercer leur culte dans de bonnes conditions. C’est de cela que s’inspirent les grévistes de 1984. Ceux-ci sont des ouvriers marocains d’origine rurale dont beaucoup ne parlent qu’arabe. Pour mobiliser, les leaders syndicaux marocains parlent donc arabe et utilisent des concepts à teneur religieuse, comme « Inch Allah ». Rappelons également le moment géopolitique particulier : 1979, la révolution iranienne, 1983-1984, les attentats contre les militaires français au Liban.

C’est dans ce contexte que le patronat et le gouvernement construisent un problème musulman. La grève n’est plus syndicale, mais devient, dans la bouche du ministre de l’Intérieur Gaston Defferre, une grève sainte, une grève intégriste, une grève chiite – les Marocains sont sunnites, mais peu importe. L’objectif est de disqualifier une mobilisation sociale en la transformant en problème musulman. Des caricatures de la presse montrent alors des voitures produites à la chaîne et couvertes d’une burqa. Cette construction d’un problème musulman n’est pas venue des salariés ou des syndicats, mais d’en haut : des élites patronales, des cabinets ministériels, de la hiérarchie policière et d’une partie des élites médiatiques.

Pourquoi construire un « problème musulman » à partir d’une grève ouvrière?

Cela intervient au moment du tournant de la rigueur du gouvernement socialiste de Pierre Mauroy. Les licenciements prévus par Citroën et Talbot doivent être entérinés par l’État. C’est le gouvernement socialiste qui lâche les travailleurs immigrés. Parler d’un conflit religieux plutôt que d’un conflit de classes contribue aussi à renforcer les divisions au sein de la classe ouvrière. Quand l’usine occupée est évacuée par les CRS, des ouvriers viennent crier « les Arabes au four ». Toutes les représentations sur lesquelles s’appuie l’islamophobie contemporaine sont présentes, avant même que n’apparaisse l’affaire du voile à Creil, en 1989.

L’islamophobie serait d’abord institutionnelle ?

Prenez la récente affaire de la crèche Baby Loup. Au départ, il s’agit d’un conflit salarial entre deux agents, la directrice et son adjointe. Le foulard ne pose pas de problème. Cela devient un enjeu politique à partir du moment où certains acteurs – avocat, intellectuels et politiques – en font un problème national. Des parents se sont-ils mobilisés contre le port du voile ? Aucun. En 2003, les principales fédérations de parents d’élèves et d’enseignants réclament-ils une loi interdisant le port du foulard à l’école publique? Non. Aujourd’hui, les étudiants demandent-ils l’interdiction du foulard islamique à l’université ? Non plus.

L’héritage colonial joue-t-il un rôle dans l’islamophobie actuelle?

Il existe une idée commune aux deux périodes : l’islam constitue une culture ou une religion inférieures. Les individus concernés disposent donc d’une citoyenneté sous condition. Pour eux, l’égalité est toute relative. Les récents textes de loi qui interdisent le port du voile visent un seul groupe social. C’est une vision plutôt discriminatoire de la laïcité. L’historien des religions Jean Baubérot rappelle que l’administration coloniale refusait, à l’époque, que les minorités indigènes bénéficient du principe de laïcité. Surtout, la période coloniale est marquée par une radicalisation de la perception de l’Autre musulman : la différence serait religieuse et théologique mais aussi raciale et psychologique. Cette idée se retrouve dans la construction contemporaine de l’islamophobie.

Il n’y a cependant rien de linéaire entre les représentations de l’islam depuis son émergence, pendant le Moyen Âge puis lors de la période coloniale. A chaque fois, nous devons analyser la construction d’un ennemi, d’un islam ou d’un musulman imaginaire en référence au contexte. Dans l’histoire, la sexualité du musulman a, par exemple, d’abord été construite comme une sexualité débridée, avec l’image du harem. Depuis la fin de la période coloniale, elle est construite comme une sexualité bridée, frustrée et réactionnaire. L’image du harem laisse place à celle de l’intégriste père puritain. Au Moyen Âge, pour critiquer le clergé, la modernité des musulmans est parfois opposée à l’intolérance des chrétiens. Mais une idée domine : celle de construire un islam barbare et conquérant. Et la réduction de l’Autre, musulman ou présumé tel, à son appartenance religieuse.

Un racisme biologique se doublerait d’un racisme culturel?

Le racisme biologique n’a pas disparu. Il est juste en sourdine. La comparaison de la ministre de la Justice noire à un singe nous rappelle que cette forme de racisme est toujours bien présente, même si elle est complètement disqualifiée. La difficulté avec l’islamophobie, c’est l’articulation entre la question raciale et religieuse. L’un ne recouvre pas l’autre, les deux s’articulent, et alimentent beaucoup de confusion. Distinguer ce qui relève de l’origine et de la religion est donc difficile. Les personnes racistes n’aiment pas les Arabes et, généralement, n’aiment pas leur religion. Ils rejettent donc les deux. Mais les enquêtes d’opinion montrent bien qu’une partie des sondés peuvent se dire antiracistes tout en étant islamophobes, notamment à gauche.

On peut donc se penser antiraciste et être islamophobe?

L’origine, la couleur de peau, le sexe… Toutes les formes de rejet liés au physique et aux signes d’une identité héritée sont disqualifiées en France. L’islam, ou la religiosité, est considéré différemment. C’est un critère qui n’est pas considéré comme hérité, qui est réversible. Vous ne pouvez pas changer votre origine, vous pouvez changer de religion. Et la religion musulmane est interprétée comme une forme d’hostilité à la société majoritaire, une forme de subversion de l’ordre démocratique. Pour beaucoup de personnes, l’islamophobie est donc justifiée comme un combat nécessaire. Analyser cette confusion est décisive pour comprendre pourquoi certains rechignent à reconnaître l’islamophobie et à lutter contre. Nous vivons aussi dans une société à la tradition laïque très puissante. La laïcité s’est construite pour limiter le pouvoir de catholicisme, le pouvoir de la religion et des religieux. Cette mémoire de la lutte anti-religieuse demeure très prégnante. Et rend également difficile la reconnaissance de l’islamophobie.

Quel rôle joue le contexte géopolitique ?

Il sert à justifier les discours islamophobes par l’amalgame entre l’islam pratiqué en France, au coin de la rue, et l’islam utilisé par des mouvements politiques, parfois violents, aux quatre coins du monde. Il s’inscrit dans une rhétorique de la menace. Ces amalgames savamment entretenus nous empêchent de penser la présence musulmane comme une présence française. Dans les médias, islam et terrorisme sont régulièrement liés. Pourtant, qui sait que dans l’ensemble des attentats préparés, fomentés, réussis ou ratés, la part des attentats dits islamistes ne dépasse jamais 2%, selon Europol. Alors que 85% des attentats sont liés aux mouvements séparatistes. Encore un décalage entre la construction d’un problème public et la réalité !

L’Église catholique ou des communautés évangéliques sont régulièrement critiquées pour leurs positions conservatrices, voire réactionnaires. Comment critiquer certains conservatismes de l’Islam sans tomber dans l’islamophobie?

La critique argumentée des dogmes ou des conservatismes est libre et largement répandue en France. Pour autant, la critique peut également servir de paravent au rejet et au mépris. Même si des critiques sont émises à l’égard des religions, elles ne donnent pas lieu au même traitement public. Le traditionalisme catholique ou le prosélytisme évangélique, très présent dans les quartiers populaires, ne sont pas construits en problème public, alors qu’ils constituent des enjeux équivalents à certaines formes de présence musulmane.

Des entraves à la laïcité, si on la prend à la lettre, il y en a beaucoup : le concordat, des processions dans l’espace public, les sources catholiques de notre calendrier… C’est une longue tradition d’accommodement qui dessine la France laïque depuis des siècles. Pourtant, les nombreuses processions traditionalistes ou les cérémonies religieuses qui bloquent des bouts de ville, font bien moins de bruit que les prières de rue isolées, liées au manque de place ou aux deux fêtes de l’Aïd[[En commémoration au sacrifice d’Abraham, puis célébrant la fin du Ramadan.]] transformées en problème public mobilisant une grande partie de la classe politique ou des médias. Par ailleurs, après les manifestations contre le mariage pour tous, il n’est venu à personne l’idée d’opposer la présence catholique dans l’espace public aux valeurs nationales. Or, à chaque problème impliquant des musulmans, c’est une opposition récurrente, les valeurs nationales seraient menacées.

Qu’en est-il dans les autres pays européens?

L’islamophobie au niveau européen inquiète les organisations antiracistes, sauf en France. La question de l’islamophobie, de sa légitimité comme phénomène, ne pose plus problème ailleurs en Europe. Des débats ont porté sur sa définition et sa réalité, ce qui est sain dans un pays démocratique. Mais en France, le déni est la règle depuis que l’essayiste Caroline Fourest a écrit en 2003 que le terme islamophobie avait été inventé par les mollahs iraniens. Ce qui est un mensonge. En Europe, les principales organisations antiracistes s’intéressent à l’islamophobie, lancent des campagnes. En Scandinavie ou au Royaume-Uni, des femmes non voilées portent le voile par solidarité avec des femmes agressées. En France, l’antiracisme mainstream– Sos Racisme, la Licra – ne s’en occupe presque pas, alors que le phénomène est croissant et massif. Nous constatons cependant une regain d’intérêt récent quoique timide de la part de la Ligue des droits de l’Homme et du Mrap. Mais faire admettre que l’islamophobie est une réalité n’est pas encore gagné ! Pourtant, l’enjeu fondamental de l’islamophobie, c’est la remise en question de la légitimité de la présence des musulmans, des immigrés post-coloniaux, sur le territoire français.

Recueillis par Ivan du Roy
Photo : CC Peter Dahlgren

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À lire : Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat, Islamophobie, comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman » (La Découverte). Pour commander ce livre dans la librairie la plus proche de chez vous, rendez-vous sur le site Lalibrairie.com.

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