FORUM SOCIAL MONDIAL DE TUNIS – 24-28 MARS 2015

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Avec les anti-gaz de schiste au Forum social mondial – QUAND LE SOUFFLE D’IN SALAH ENFLAMME TUNISpar Mustapha Benfodil – El Watan – le 29 mars 2015;


PLUS DE 1.500 PARTICIPANTS ALGÉRIENS AU FORUM SOCIAL DE TUNIS POUR REPRÉSENTER « DEUX SOCIÉTÉS CIVILES » par Nejma Rondeleux – HuffPost Algérie;


[ FORUM SOCIAL MONDIAL – TUN ISORGANISATEURS ET ASSOCIATIONS AUTONOMES ALGÉRIENNES DÉNONCENT LES AGISSEMENTS
DE GROUPES DE PERTURBATEURS ISSUS DE LA DÉLÉGATION OFFICIELLE ALGÉRIENNE
El Watan – le 29 mars 2015.->#3]


Tunisie: PORTRAIT DU SYNDICALISTE ADNENE HAJI, futur député « Le lion des mines » par Aymen Gharbi – HuffPost Maghreb – le 31 octobre 2014;


Tunisie – FILM: يلعن بو الفسفاط«Maudit soit le phosphate»Film documentaire écrit et dirigé par Sami Tlili – Production: Nomadis Images et Cinetelefims – 2012;


FSM-FORUM SOCIAL MONDIAL DE TUNIS – Parmi les activités et débats à signaler: transform ! Activités au FSM à Tunis du 24 au 28 mars – Espace Nomad;


Avec les anti-gaz de schiste au Forum social mondial

QUAND LE SOUFFLE D’IN SALAH ENFLAMME TUNIS

par Mustapha Benfodil

El Watan

le 29 mars 2015;

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La participation algérienne au Forum social mondial 2015 à Tunis a suscité un débat houleux sur la question ô combien sensible du gaz de schiste que l’Algérie n’a pas, jusque-là, pu organiser

Il faut être un peu kamikaze ou masochiste pour venir chanter les vertus de l’exploitation du gaz de schiste en plein Forum social mondial dont on sait l’attachement viscéral aux questions environnementales et aux énergies non-polluantes.

Et pourtant, la délégation «officielle» algérienne l’a fait ! La coalition UGTA-Associations a, en effet, organisé ce jeudi une thématique sur les «bienfaits» du gaz de schiste. La petite salle de TD de la faculté des sciences de Tunis qui a accueilli cet atelier a été vite débordée, le sujet ayant drainé du monde, et pas que «tawaâna», en raison, précisément, de son total décalage en regard de la «ligne éditoriale» du Forum. «Quelle drôle d’idée de venir au Forum social pour défendre le gaz de schiste !» lâche un activiste «gaouri».

L’expert en énergies renouvelables, Mahmah Bouziane, chargé de prêcher la bonne parole et faire la promotion de l’hydrocarbure non-conventionnel le plus décrié au Forum, a dû vivre un grand moment de solitude. En tout cas, la salle ne lui était guère acquise, tant s’en faut. Tout débuta dans le calme en cette matinée grise et pluvieuse, l’expert s’appliquant à expliquer doctement, laptop en main, que le gaz de schiste n’était pas si méchant que cela, et qu’en gros c’était la seule alternative «pour assurer une transition énergétique durable et aller vers une énergie à zéro carbone».

M. Mahmah, chercheur au Centre de développement des énergies renouvelables et conseiller auprès du ministère de la Jeunesse, s’est employé à démonter «les informations erronées véhiculées sur le Net» comme il dit, à propos du gaz de schiste. L’expert estime que le sens profond du développement durable «c’est toute démarche de renforcement des capacités» d’une nation. «Même dans notre culture musulmane, l’islam préconise la zakat et non pas la thésaurisation et incite à l’exploitation de l’existant.

Tout ce qui est sous le sol doit être exploité.» Le gaz de schiste serait ainsi une gigantesque nappe d’argent endormie dans ces coffres-forts naturels que sont les roches fossiles et qu’il faut faire «capitalistiquement» travailler au nom de la croissance.

Un potentiel de quelque 19 800 milliards de m3 selon l’orateur, faisant de l’Algérie la troisième réserve mondiale de gaz de schiste. «Mais il faut une évaluation critique des puits», fait-il remarquer. Chiffres à l’appui, l’expert minimise l’impact de la fracturation hydraulique sur les réserves hydriques.

«Entre 2000 et 2014, la quantité d’eau utilisée à travers le monde pour la fracturation varie entre 3700 et 20 000 m3 par puits. C’est ça la réalité», insiste-t-il. «Cela n’a rien à voir avec les 15 millions de m3 avancés par certains». Il ajoute que les réserves d’eau de la nappe albienne en Algérie sont de l’ordre de 60 000 milliards de m3. «Si nous voulons forer 100 000 puits sur 50 ans, à raison de 20 000 m3 par puits, on consommera à peine 0,04% à 0,86% de cette nappe», soutient-il, sûr de ses chiffres. «Je suis moi-même un militant de l’environnement», rassure le spécialiste en soulignant qu’il y a «un manque d’informations fiables sur l’exploitation du gaz de schiste».

Citant les expériences américaines et canadiennes comme des «références mondiales», il reconnaît cependant que «l’expérience américaine comporte des défaillances liées à la culture du libéralisme». «Elle n’est pas transportable, car elle est intimement liée à une atmosphère économique et culturelle proprement américaine». Bouziane Mahmah se dit nettement plus favorable à l’expérience russe. «Les Russes utilisent la fracturation à l’hélium», a-t-il avancé en concédant que «la fracturation hydraulique n’est pas la bonne solution. Il est plus indiqué de recourir à l’hélium». «C’est un gaz rare et cher !» objecte notre activiste français.

«Cher par rapport à quoi ? Moi je parle du cas algérien !» rétorque M. Mahmah. «Pour nous, il n’est pas cher. L’Algérie est le 3e pays producteur d’hélium avec 40 millions de m3/an qui lui rapportent 39 milliards de dollars d’exportation.» Et de marteler : «Pourquoi tout est permis pour les Européens et pas pour les pays de la région MENA, pour les pays arabes, maghrébins, africains ?» s’énerve-t-il. L’orateur termine son exposé en plaidant pour la fracturation à l’hélium «afin d’exploiter cette richesse dans l’intérêt de ma région, mais aussi dans l’intérêt de l’humanité».

Certains pouffent en entendant cela. Et l’expert de s’expliquer : «Oui, dans l’intérêt de l’humanité ! Je vous défie de me proposer une autre approche que le gaz de schiste pour aller vers un carburant à zéro pollution. Vous, votre approche est à zéro croissance !» Le défi est lancé. Et le débat fut extrêmement tendu, chaud comme le vent passionné d’In Salah. Incarné par Kacem, fougueux militant anti-gaz de schiste du bassin d’Ahnet, l’un des tout premiers à avoir sonné la mobilisation dans la région.

«Vous n’êtes pas à l’ENTV !»

«Nous avons commencé à nous mobiliser le 3 juin 2014», détaille-t-il. «On a dépassé le stade des discussions sur l’utilité ou non du gaz de schiste. Nous nous sommes clairement prononcés sur cette question et nous sommes prêts à rester sous les tentes jusqu’à l’été s’il le faut !» Kacem a une pensée pour les femmes de In Salah. «Je salue la résistance de nos femmes. Les femmes courageuses de In Salah.

Elles ont résisté avec cœur et elles continuent. Et nous sommes prêts à affronter les compagnies internationales, quitte à camper devant les puits !» La salle crie d’une seule voix : «Rafidhoune ! Rafidhoune ! El Ghaz assakhri rafidhoune !» (Nous refusons le gaz de schiste).

Entre-temps, les activistes algériens avaient sorti leurs pancartes, gravées de slogans anti-gaz de schiste. Tahar Belabès, du mouvement des chômeurs de Ouargla, a du mal à contenir sa colère. «Non au gaz de schiste !» s’égosille-t-il, le visage cramoisi. Kacem poursuit : «On est sortis dans la rue car le pouvoir a refusé le débat.

On nous a fermé les salles.» Puis il lâche : «El kerche chebaâna wel karama mouhana. Yenâal bou el pétrole !» (Le ventre est plein et la dignité écrasée. Maudit soit le pétrole !) La salle s’écrie : «Nous sommes tous In Salah !» Les contre-expertises citoyennes se succédèrent durant toute la matinée, chacun s’évertuant à apporter, avec force arguments techniques, la contradiction à l’expert «officiel». Ayad Yougourthen, farouche opposant au gaz de schiste, contre-attaque : «Apparemment, vous prenez cette assemblée pour des ignorants», lance-t-il. «Le gaz de schiste est un désastre environnemental, sanitaire et humanitaire.

Et économiquement, il est très coûteux», résume-t-il. «Aux Etats-Unis et au Canada, il est extrait à 80, 86 dollars et n’est rentable qu’à partir de 90 dollars. Quel est le prix du pétrole aujourd’hui ?» Mohamed Benatia, du mouvement anti-gaz de schiste marocain, prend le relais : «C’est un danger pour notre santé ! En Pennsylvanie, 30% des bébés présentent des malformations génétiques.

On va tuer vos bébés, on va tuer votre avenir !» Pour lui, «la fracturation hydraulique est une technologie terroriste. Il faut lui appliquer la loi antiterroriste !» Fateh Titouche, de l’association Action Citoyenne pour l’Algérie, en remet une couche : «Le gaz de schiste a été imposé par le pouvoir algérien.

Mais sachez qu’ici vous n’êtes pas à l’ENTV ! Vous êtes au Forum social mondial. Quand vous dites ‘‘Fakhamatouhou’’, vous êtes un bon expert, sinon vous êtes banni !» Fateh pointe la gouvernance méprisante de «l’oligarchie politico-pétrolière» dans cette affaire : «Comment pouvez-vous rester sur la même position après trois mois de souffrances à In Salah ? Là-bas, ils ont fait du porte-à-porte pour expliquer les dangers du gaz de schiste, tandis que vous vous n’avez fait aucun effort pour expliquer votre démarche. Vous continuez à gérer nos ressources dans l’opacité la plus totale, sauf que cette fois-ci c’est loin d’être gagné !»

Mustapha Benfodil

Sources El Watan
http://www.elwatan.com/une/quand-le-souffle-d-in-salah-enflamme-tunis-28-03-2015-290960_108.php

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FORUM SOCIAL MONDIAL DE TUNIS

LES ORGANISATEURS

ET LES ASSOCIATIONS AUTONOMES ALGÉRIENNES

DÉNONCENT LES AGISSEMENTS

DE GROUPES DE PERTURBATEURS ISSUS DE LA DÉLÉGATION OFFICIELLE ALGÉRIENNE

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El Watan, le 29.mars 2015

Tbahdila !» «Ils nous foutent la honte !» fulmine un militant associatif participant au Forum social mondial (FSM). Des mots d’exaspération que l’on n’a eu de cesse d’entendre depuis notre arrivée à Tunis, agrémentés d’un chapelet de récriminations.

Celles-ci visent la délégation «officielle» algérienne, forte de 1200 membres issus de quelque 650 associations et qui, malheureusement, s’est davantage illustrée par ses écarts de conduite que par sa participation active aux débats qui émaillent le forum. Se baladant, pour la plupart, en casquette floquée du drapeau national, ils se signalent le plus souvent aux cris de «One two three, viva l’Algérie», le drapeau bien mis en évidence.

Et à force de le scander à tout-va, notre slogan fétiche a fini par perdre de sa saveur. Davantage encore lorsqu’il est associé à des comportements indélicats. Dès l’ouverture du forum, lors de l’assemblée générale des femmes, un groupe issu de cette délégation avait perturbé les travaux, une attitude qui reviendra dans nombre d’ateliers, débats et conférences au nom de la défense de la cause sahraouie.

Écarts de conduite

Alors, certes, les membres de la délégation marocaine ne sont pas tous des enfants de chœur, mais le fait est là : la délégation algérienne fait parler d’elle, et en mal. Plusieurs vidéos circulent sur les réseaux sociaux, donnant à voir des gestes aux antipodes de la posture éthique et politique d’un rassemblement altermondialiste.

«Ils ne font que traîner et danser du matin au soir», lâche un activiste antigaz de schiste en pointant un sérieux problème de «casting» dans le choix des participants, surtout quand on connaît la teneur des débats ici, tous plus pointus les uns que les autres. Une militante féministe bien de chez nous regrette, pour sa part, «l’abus de folklore» dont font preuve les «nôtres».

D’ailleurs, l’un des rares domaines où nos compatriotes se seront montrés à leur avantage, à en juger par la curiosité qu’ils suscitent, c’est quand une troupe folklorique aux couleurs nationales a gratifié le public d’une danse aux sons du karkabou. Sauf que, pour une délégation de 1200 personnes, l’une des plus importantes du forum, force est de convenir que c’est assez maigre comme contribution.

Les attitudes survoltées de la délégation algérienne, qui ont été confondues vidéos à l’appui, ont obligé les organisateurs à les rappeler sévèrement à l’ordre dans un point de presse improvisé vendredi à l’hôtel Africa. Le scandale a poussé les associations et collectifs algériens autonomes à se fendre d’un communiqué (dont El Watan a obtenu une copie) pour dénoncer ces mêmes agissements et se démarquer de la délégation officielle.

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À noter que pas moins de 17 associations ont signé ce texte, dont RAJ, la LADDH, Tharwa Fadhma N’soumer, Agir pour la démocratie en Algérie, Agora, le Groupe antigaz de schiste d’Oran (GASO), Femmes plurielles, Coordination nationale pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC), Action citoyenne pour l’Algérie (ACA), Comité populaire contre le gaz de schiste en Algérie ou encore le Mouvement culturel amazigh des Aurès.

Table ronde émaillée d’incidents

«De très graves incidents ont marqué la table ronde ‘‘Résolution des conflits pour l’unité du Maghreb’’, qui s’est tenue jeudi dernier, au second jour du Forum social mondial 2015 de Tunis», rapportent les auteurs du communiqué. Des éléments, en force, se réclamant de la «société civile» algérienne, ont eu un comportement violent à l’égard d’intervenants et de participants, empêchant le débat de s’instaurer. A la fin de la table ronde, un membre du comité d’organisation a été violenté et un participant a été agressé physiquement.

Ces éléments, constitués en véritable commando, affublés de drapeaux et de casquettes aux couleurs algériennes, ont entravé en permanence le débat.

Il est fait état, aussi, d’«agissements et d’agressions par ces mêmes éléments lors d’autres rencontres et même contre des stands d’associations algériennes», relève le communiqué.

«Ce comportement est contraire à la charte des Forums sociaux mondiaux et à leur esprit, caractérisé par la liberté d’expression et le refus de la violence et des discours haineux. Ces éléments ne représentent en aucun cas la société civile algérienne et donnent une image détestable de notre pays», déplorent ces associations. «Ces agissements sont d’autant plus condamnables que nous avons constaté une participation importante et remarquable de collectifs algériens à ce Forum social mondial», regrettent-elles encore.

Par cette position, les auteurs du communiqué ont tenu à condamner «fermement les responsables de ces agissements, dignes des pratiques de ‘‘baltagias’’» tout en se désolant que ces attitudes «viennent entacher une participation algérienne forte et inédite».
Enfin, ces représentants de la société civile s’engagent à poursuivre leur combat «pour que, en Algérie même, ce genre de rencontres, de débats contradictoires, d’espaces d’expression libre, de société civile indépendante et autonome ne soient plus empêchés par les autorités algériennes».

Selon certaines indiscrétions, l’affaire aurait pris des proportions telles que les hautes autorités tunisiennes en auraient été saisies, et une plainte aurait même été déposée contre les auteurs de ces violences.

Mustapha Benfodil

Sources El Watan du 29 mars 2015

http://www.elwatan.com/actualite/haro-sur-la-delegation-officielle-29-03-2015-291025_109.php

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PLUS DE 1.500 PARTICIPANTS ALGÉRIENS

AU FORUM SOCIAL DE TUNIS

POUR REPRÉSENTER « DEUX SOCIÉTÉS CIVILES »

par Nejma Rondeleux – HuffPost Algérie

le 27 mars 2015

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Le virus altermondialiste a-t-il massivement touché les Algérien(ne)s? C’est la question que l’on peut se poser, avec un brin d’ironie, au vu de la forte augmentation du nombre des participants et associations d’Algérie au Forum social mondial (FSM) 2015 qui se déroule à Tunis du 24 au 28 mars.

L’écart entre la participation au FSM 2013 et celle de cette année est spectaculaire. Il y a deux ans, et au prix parfois d’un véritable parcours du combattant, deux petites centaines d’Algériens seulement s’étaient rendus au rendez-vous altermondialiste à Tunis. Au FSM 2015, la présence algérienne s’élève à quelque 1.500 participant(e)s, ce qui représente sept fois plus de convertis « à un autre monde possible ».

Une chose est certaine – et cela fait une des curiosités politiques de ce Forum social mondial – la délégation « DZ » est l’une des plus importantes de cette 13e édition.

LIRE AUSSI: Du 24 au 28 mars 2015, le Forum Social Mondial débarque à Tunis

Double visage

Mais qui sont tous ces altermondialistes? Il y a bien entendu, les habitués des FMS, les oppositionnels, type Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH), Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), SOS Disparus, etc., qui considèrent leur présence comme naturelle. Mais pour ce FSM 2015, il y a aussi les “nouveaux ”, les organisations et associations pro-pouvoir, qui ont décidé d’un déplacement en nombre.

« La participation algérienne se scinde en deux blocs » constate l’envoyé spécial d’El Watan au FSM, Mustapha Benfodil. D’un côté « les associations, collectifs, ONG, s’inscrivant dans le champ de l’opposition » et de l’autre « ce que d’aucuns qualifient de « société civile officielle », identifiable, pour certains, par leur casquette à l’effigie de Bouteflika ».

Mosaïque

Environ 650 associations ont ainsi été dépêchées à Tunis parmi lesquelles l’UGTA, des organisations étudiantes, le réseau Nada pour la défense des droits de l’enfant ou encore l’Association nationale des échanges entre jeunes (ANEJ).

« C’est une mosaïque, et c’est une première », a réagi Ali Sahel, coordinateur de la délégation et président de l’ANEJ, interrogé par l’envoyé spécial d’El Watan à Tunis, Mustapha Benfodil.

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« Nous avons plusieurs associations du sud du pays », a-t-il poursuivi. « J’ai même ramené quelques militants du PT. Nous sommes tous Algériens et on est pour la diversité ».

Une diversité telle que l’ANEJ qui œuvre, hors FSM, à la promotion des activités des jeunes en Algérie animera à Tunis des conférences sur le « Droit des Peuples à l’autodétermination (cas du peuple Sahraoui) », « les Ingérences et droit à la souveraineté nationale » ou la « défense du gaz de schiste ».

« Contrairement en 2013 où les autorités algériennes avaient choisi le scénario de la répression en bloquant un bus de militants à la frontière algéro-tunisienne, cette année le pouvoir a décidé d’occuper l’espace en envoyant des participants en masse », analyse le directeur de Maghreb Emergent, Ihsane El Kadi.

LIRE AUSSI: Comment l’Algérie peut aider sa voisine tunisienne?

Disparité

La présence de toutes ces associations aidées et soutenues par l’Etat irrite leurs compatriotes indépendantes et souvent véhémentes à l’égard du pouvoir.

« Le pouvoir a créé une société civile parallèle, à la merci de l’administration, et qui soutient le programme présidentiel. Ils ont tous les privilèges, comme en témoignent ceux qu’on voit ici, dans ce Forum, alors qu’ils n’ont absolument rien à voir avec l’esprit de ce Forum », a ainsi confié Fouad Ouicher, secrétaire général du RAJ à El Watan.

La disparité des moyens est aussi pointée du doigt par les participants dans « l’opposition » à l’image de Chafaâ Bouaiche, député du FFS, qui a dénoncé sur Facebook, l’opulence de la caravane officielle.

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Le pouvoir algérien a envoyé 1300 participants au Forum Social Mondial qui se tient à Tunis. En plus des frais de…

Publiée par Chafaâ Bouaiche sur Mercredi 25 mars 2015

Le pouvoir algérien a envoyé 1300 participants au Forum Social Mondial qui se tient à Tunis. En plus des frais de mission, une prise en charge est assurée aux participants: transport, restaurant et hébergement à l’hôtel Palace. Avec tout ce beau monde, les participants officiels algériens n’arrivent pas encore à ouvrir un stand spécial Algérie. Pourtant, selon ma source, l’Etat a loué 4 stands à 20.000 euros !

Chafaâ Bouaïche, le 25 mars 2015

Alternative

Chez les habitués, en revanche, comme à chaque fois “on s’est débrouillé avec les moyens du bord ”, déclare au Huffington Post Algérie, Madjid Serrah, membre de l’Observatoire des droits de l’homme de Tizi Ouzou présent à Tunis.

“Nous avons organisé notre déplacement en Tunisie, avec nos propres moyens, en s’associant avec un collectif d’associations pour le transport en bus et le logement en résidence universitaire ”.

Quant aux actions initiées par ces associations au FSM, elles suivent les traditionnelles activités militantes menées en Algérie. L’Observatoire des droits de l’homme de Tizi Ouzou tente ainsi de mobiliser les participants et les différentes associations présentes au Forum sur les deux cas des prisonniers d’opinion en Algérie, explique Madjid Serrah, à savoir le journaliste Abdessami Abdelhai en prison provisoire depuis mars 2014 et le net citoyen Youcef ould dada condamné à deux ans de prison ferme assorti d’une amende pour avoir publié une vidéo montrant des policiers en train de voler un magasin à Ghardaïa.

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LIRE AUSSI: Laghouat: les militants condamnés à 6 mois de prison ferme et 6 mois avec sursis

Le RAJ a, de son côté, organisé plusieurs conférences sur des thèmes qui lui sont chers tels que “le mouvement anti gaz de schiste ”, « Les défis et enjeux des organisations de la société civile algérienne dans le contexte national et régional », “La place et le rôle de la jeunesse et des mouvements sociaux dans le changement démocratique”, etc.

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LIRE AUSSI: En Algérie, le RAJ, on n’en guérit pas

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RAJ-Algerie a ajouté 15 nouvelles photos à l’album Activités du RAJ au Forum Social Mondial, Tunis-2015.
26 mars, 19:55 ·
Deuxième conférence sur : «La place et le rôle de la jeunesse et des mouvements sociaux dans le changement démocratique»
مكانة و دور الشباب والحركات الاجتماعية في التغيير الديمقراطي
Tunis : Université Elmanar, jeudi 26 mars 2015 du 11h30-14h
Animée par:
• Mme Fatma Boufnik: Enseignante à l’université d’Oran et membre de l’association FARD
• Mr Tahar Belabas : Représentant du mouvement des chômeurs en Algérie
• Mr Adel Chetti : Représentant du mouvement anti gaz de schiste en Algérie
• Mr Abdelouhab Fersaoui : Président du RAJ

Deuxième conférence sur : «La place et le rôle de la jeunesse et des mouvements sociaux dans le changement…

Publiée par RAJ-Algerie sur Jeudi 26 mars 2015

LIRE AUSSI: En Algérie, le RAJ, on n’en guérit pas

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Dans les liens cités dans l’article:

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Tunisie: PORTRAIT DU SYNDICALISTE ADNENE HAJI, futur député

« Le lion des mines », c’est ainsi que Adnène Hajji est désigné par les médias, en référence à son parcours militant historique dans le bassin minier. Aux législatives, le syndicaliste a brigué un siège pour sa liste indépendante, tandis que deux partis (Ennahdha et Nida Tounes) se partageront 154 sièges.

Dans cette conjoncture, retour sur son passé, riche en péripéties, avec le bassin minier, avec Ennahdha et avec Nida Tounes .

5 janvier 2008: de jeunes chômeurs occupent le siège régional de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), à Redeyef. Les résultats du concours d’embauche de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) avaient été mis en doute.

Des dirigeants de l’UGTT sont accusés de complicité avec le système clientéliste de Ben Ali. Le mouvement s’amplifie rapidement et les grèves se multiplient.

Le combat au bassin minier

Adnène Hajji, à l’époque instituteur et syndicaliste de l’enseignement primaire à Redeyef, entre alors en scène.

« Avant 2008, il était actif et connu au sein de l’UGTT mais il n’était pas connu dans toute la région. Il ne sortait pas du lot. Mais pendant et après les événements, il y a eu une unanimité pour le soutenir dans la région », témoigne Lakhdhar Souid, journaliste à Gafsa, au HuffPost Maghreb.

Avec son passé d’opposant et de militant syndicaliste depuis les années 70, il est vite devenu un intermédiaire crédible entre les contestataires et l’Etat à Redeyef. Il se positionne contre la direction générale de l’UGTT et la dure répression policière qui s’abat sur les manifestants.

C’est ainsi qu’il devient rapidement une figure populaire et charismatique de cette révolte considérée par Larbi Chouikha et Eric Gobe, « par certaines de ses dimensions » comme « une anticipation du soulèvement populaire qui a conduit au départ du président Ben Ali ».

Ces événements qui se poursuivront pendant 6 mois, auront fait plusieurs morts, des dizaines de blessés et des centaines d’arrestations.

Le 7 avril 2008, la police procède à l’arrestation d’Adnène Hajji à Tunis. Il sera torturé, jugé et condamné à 8 ans de prison pour « organisation de manifestation interdite et appartenance à un groupe terroriste ».

Il purge sa peine pendant un an et demi, entre 2009 et 2010 dans les prisons de Kasserine et Mornaguia. Il sera ensuite libéré presque un an avant le déclenchement de la révolution, sous la pression d’organisations de la société civile.

« J’ai été traité comme un criminel, alors que j’ai défendu le droit au travail et la dignité des personnes. Mais en prison, on ne fait aucune différence. La violence est utilisée pour tout le monde », déclare-il en 2012 à Amnesty International.

« Les ennemis de la révolution »

Après la révolution et avec l’accès au pouvoir de la Troïka, les relations entre Hajji et le gouvernement ne s’apaisent pas.

Dans un discours du 8 mai 2012 à Redeyef, il déclare que les « ennemis de la révolution, de la nation et de Redeyef », ceux « qui disent qu’ils craignent Dieu » sont « des gens dépourvus d’humanité qui méritent d’être tués ».

Cette déclaration lui a valu l’ouverture d’une enquête par le ministère public pour « incitation au meurtre ». Certains crieront alors au complot.

Si certains jugent ses positions comme extrémistes, d’autres les considèrent avec indulgence:

« Il est un peu impulsif », déclare Lakhdhar Souid. « Mais c’est un tempérament qu’il faut comprendre. C’est le tempérament de toute une région ».

Hajji se défendra d’ailleurs dans un entretien publié sur le site Rue 89:

« Ennahdha a fait de moi sa cible. Ils ont commencé à m’attaquer à travers Facebook. Mais aujourd’hui, nous sommes avant tout dans un combat social. Or, qui aujourd’hui peut résoudre les conflits du bassin minier? C’est Ennahdha. Ce sont eux qui gouvernent ».

Hajji et Nida Tounes

« Il a perdu de sa popularité le jour où il s’est montré avec Beji Caïd Essebsi lorsqu’il a fait un meeting à Gafsa en avril 2013. A partir de ce moment, il a fait profil bas dans la région », juge Lakhdhar Souid.

En janvier 2013 l’homme affirmait clairement qu’il ne refusait pas totalement l’idée d’une alliance avec Nida Tounes.

« C’est négociable. Je ne dis pas que Nidaa Tounes est le nouveau Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) ; il y a parmi ses adhérents des militants que je respecte, qui ont toujours lutté contre le régime de Ben Ali. Je ne suis pas d’accord avec les gens qui attaquent Nidaa Tounes, ils ne font qu’aider Ennahdha à éliminer ses ennemis ».

Lorsqu’il s’est présenté aux élections législatives dans la circonscription de Gafsa sous la bannière de liste « Rad il Itibar », il a obtenu 5.238 voix: Malgré sa popularité, il est arrivé 4ième après Nida Tounes, Ennahdha et le Front populaire.

Adnène Hajji est à présent devenu méfiant envers le parti donné vainqueur:

« Nida Tounes nous a déçu car des militants de ce parti nous ont empêché de faire une réunion électorale à Metlaoui, sans que les dirigeant n’interviennent pour les calmer (…) Nida Tounes doit s’excuser », déclare-t-il sur Express FM.

Il a en outre déclaré que le Front populaire était la formation politique la plus proche de ses positions. « Je ne vais pas à l’Assemblée pour m’allier avec le gouvernement. Je le fais pour m’allier avec le peuple », a-t-il ajouté à propos d’une éventuelle alliance avec le parti de Béji Caïd Essebsi.

Six ans après les événements de Redeyef, la situation de la Compagnie de phosphate n’a pas changé. Aucun gouvernement n’a su trouver une solution aux problèmes économiques, sociaux et environnementaux auxquels sont confrontés les habitants de la région.

« Je me suis porté candidat en réaction aux politiques de l’autruche adoptées par les gouvernements successifs concernant la région de Gafsa. Je poursuivrai mon combat pacifiquement mais j’utiliserai aussi toutes les autres formes de militantisme pour faire pression sur le prochain gouvernement », promet le futur député.

Aymen Gharbi

Sources Huffpost:: http://www.huffpostmaghreb.com/2014/10/31/portrait-adnene-hajji_n_6081318.html

LIRE AUSSI: Yalaan Bou l’phosphate! Maudit soit le phosphate!

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VOIR AUSSI: يلعن بو الفسفاط Maudit Soit le Phosphate – Bande-annonce officielle

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VOIR LE FILM:

يلعن بو الفسفاط

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Documentary Film written and directed by: Sami Tlili
Production: Nomadis Images and Cinetelefims/
Best Film from the Arab World , Abu Dhabi Film Festival 2012

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