31 OCTOBRE 2015 – AKBOU – COLLOQUE SCIENTIFIQUE SUR L’HISTOIRE NATIONALE : «POURQUOI LE 1er NOVEMBRE 1954?»


31 OCTOBRE 2015 – AKBOU – COLLOQUE SCIENTIFIQUE SUR L’HISTOIRE NATIONALE : «POURQUOI LE 1er NOVEMBRE 1954?»


POURQUOI LE 1er NOVEMBRE 1954 ? Thème de la table ronde organisée à Paris par l’IREMMO – SEMAINE SPÉCIALE ALGÉRIE – du 22 au 25 MAI 2012 – socialgerie mai 2012, texte revu octobre 2014 et septembre 2015;


1er NOVEMBRE 1954: AUTRES LIENS SUR SOCIALGERIE;


JUILLET 1956 L’ALN DANS LES MONTS DE CHERCHELL : LES PREMIERS ACCROCHAGESMohamed Rebah – raina-dz.net – le 14 janvier 2015 ;


LE PARTI COMMUNISTE ALGÉRIEN ET LE DÉCLENCHEMENT DE L’INSURRECTION DU PREMIER NOVEMBRE 1954William Sportisse-raina.dz & LRI – 1er Novembre 2014 -raina-dz.net.


31 OCTOBRE 2015 – AKBOU – COLLOQUE SCIENTIFIQUE SUR L’HISTOIRE NATIONALE : «POURQUOI LE 1er NOVEMBRE 1954?»

Le Colloque Scientifique sur l’Histoire Nationale intitulé « Pourquoi le 1er Novembre 1954 ? » dont les travaux auront lieu à Akbou le samedi 31 Octobre 2015 sera accompagné de la mise en circulation de la revue MEMOIRE éditée par l’association MedAction.

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association organisatrice

Med-Action [[Pour éventuelle prise de contact avec l’association organisatrice, voir coordonnées ci-dessous.
Hocine Smaali – Président – Medaction – Algérie

www.medaction.org
Centre culturel Akbou B.P 30 (06001) – Wilaya de Béjaia Algérie
Tél. / Fax: 00 213 (0) 34 334 577 / 00 213 (0) 34 334 584 – Mobile: 00 213 (0) 661 100 958]]

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COMMUNIQUÉ

Avec la participation d’historiens algériens et français, le 61e Anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954 sera marqué cette année par l’organisation d’un Colloque Scientifique sur l’Histoire Nationale intitulé « Pourquoi le 1er Novembre 1954 ? » dont les travaux auront lieu à Akbou le samedi 31 Octobre 2015.

À travers cette manifestation, nous voulons apporter notre humble contribution à l’écriture de l’histoire ; une entreprise éminemment délicate lorsqu’il s’agit surtout de la guerre d’Algérie avec, au demeurant, une Révolution en majuscule.

Une dimension scientifique sera donnée à cette commémoration symbolique, à travers des communications académiques posant la question du 1er novembre qui reste cet authentique sursaut populaire héroïque, salvateur qui engendra une date, une révolution libératrice, essaimée à travers le monde, en symbolisant un flamboyant modèle de résistance pour les peuples opprimés.

Prendront part à ce Colloque, modéré par Samira Bendris, les Historiens Gilbert Meynier (Professeur Emérite à l’Université de Nancy II, ancien Maître de Conférences à l’Université de Constantine, Auteur), Gilles Manceron, (Journaliste, Auteur, Rédacteur en Chef de la Revue « Hommes et Libertés » de la Ligue des Droits de l’Homme) et Tahar Khalfoune, Conseiller Juridique, Enseignant à l’Université Lumières Lyon 2, Auteur.

Par ailleurs, mettant sous les feux de la rampe des faits et événements non anodins, avec la contribution d’historiens, d’universitaires et d’acteurs privilégiés de l’époque, dont Djoudi Attoumi, l’association Med-action sortira aussi le deuxième numéro de la revue « Mémoire ».
Dans cette seconde édition, un texte inédit de Mohamed Boudiaf intitulé « le commencement », écrit à Turquant, en 1961 ou Si Tayeb El Watani prédisait déjà, qu’« un jour viendra où tous les crimes seront connus et, à ce moment, on oubliera volontiers de parler aussi légèrement du 1er novembre 1954 ». Ce n’était, nullement, une prémonition légère mais une conviction profonde de l’homme.
Pour Gilbert Meynier, historien « Le déclenchement de la lutte armée en Algérie ne retentit pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein » et ce, « en dépit des assertions officielles françaises qui affectèrent, publiquement, sur le registre du fait divers, d’imputer l’événement à une organisation de malfaiteurs et/ou, dans le contexte de guerre froide, intriqué avec la méfiance à l’égard des suites politiques de la révolution égyptienne du 23 juillet 1952, elles dénoncèrent la main du Caire, représentée comme n’agissant que sur les directives de Moscou ».
Une guerre d’indépendance « ne doit pas être séparée de l’histoire, de ce qui l’a précédé, en particulier des nombreux mouvements de résistance à la colonisation de l’Algérie qui ont eu lieu avant son déclenchement », notera aussi l’historien Gilles Manceron dans « le FLN ou la construction d’un anticolonialisme moderne ».

Cette guerre pour l’émancipation algérienne était une plaie béante pour la France qui dénonçait pourtant « la barbarie nazie, les tortures, les déportations, les exécutions sommaires ». « Dans le subconscient général, il n’était donc pas possible que l’Armée Française ait pu se conduire comme les nazis ; cela ne pouvait être que des exceptions qu’il fallait cacher », témoigne Henri Pouillot, ancien appelé du contingent français, affecté au centre de torture qu’était la Villa Susini à Alger. Alimenté ainsi, le pourquoi du 1er novembre était posé, avec acuité, d’abord, par ses instigateurs, une poignée certes, mais résolus qui – après épuisement de tous les moyens antérieurs de lutte et de revendications émancipatrices – avec détermination, avaient bouleversé, par l’action directe, le cours de l’histoire, en s’adressant, en Novembristes, au peuple algérien en ces termes homériques: « A vous qui êtes appelés à nous juger… ».

Dans cette Revue, Dalila Ait El Djoudi, Docteur en Histoire Militaire et Etudes de Défense, notera dans son analyse relative à Abane Ramdane – héros du passé dans les débats politiques du présent – que les rapports entre la politique, le religieux et le militaire, réinstallent cette figure, dans un cadre mémoriel, dans une polémique politique, publique et idéologique. Ainsi, Abane appartenait à l’Algérie et ne se posait pas la question de l’identité régionale !

Le 1er novembre c’est aussi l’esprit et la lettre qu’il fallait expliquer en mettant à profit des supports écrits et audiovisuels comme complément de la lutte armée dont « le FLN avait réussi à renvoyer une image moderniste des aspirations révolutionnaires du peuple algérien », dira Ahmed Bedjaoui, Expert en Communication, dans sa contribution « du Fusil aux Médias ».

De ces combattants de l’ombre, nous entrouvrons la page d’un visionnaire, poète du langage, de l’esprit, assumant pleinement ses appartenances multiples : Jean El Mouhoub Amrouche, patriote universel, intellectuel déchiré, qui su exprimer, avec force, en tant que Jean et El Mouhoub, à la fois, sa propre dualité et la signification profonde de la révolte de son peuple. Considérant la notion de langue maternelle, Khaoula Taleb Ibrahimi, Professeur à l’Université d’Alger, soulignera, dubitative « alors devrions-nous, aujourd’hui, au nom d’une authenticité pure et originelle, nous enfermer dans les limites étroites de nos idiosyncrasies respectives en prenant le risque de casser les fils tenus et quoique étrangement solides d’une cohésion nécessaire et vitale pour notre survie face a un ordre mondial injuste et implacable. »

Puisant dans le « dominium » latin, « la colonisation française, c’est aussi la spoliation des terres, chères aux algériens, couverte de l’habit de la légalité », selon Tahar Khalfoune, Docteur en Droit.

Par ailleurs, en marge de cette rencontre, une Déclaration d’Amitié et de Partenariat sera signée par Med-Action et l’association « Amitié France-Algérie », établie dans le Gard (Nîmes) en France.

Dans le contrat programme, qui liera ces associations des deux rives de la Méditerranée, il est question de favoriser et développer les échanges pédagogiques entre les jeunesses des deux pays dans les domaines sociétaux, culturels, touristiques, artistiques et sportifs en vue d’une meilleure connaissance de l’autre par la formation de citoyens ouverts sur le monde et tournés vers l’avenir. Les échanges d’expériences, de documentation et d’archivage relatifs à l’histoire, la citoyenneté et la démocratie sont aussi des axes contenus dans ce document qui sera paraphé le 31 Octobre 2015 à Akbou.

À l’occasion de cet anniversaire mémorable, nous nous inclinons solennellement devant la Mémoire des Valeureux Martyrs de la Révolution de Novembre 1954, prônant l’Algérie Algérienne.

Par devoir de mémoire, indispensable à l’écriture de l’Histoire, et en perpétuant la tradition du Forum Citoyen initié depuis 2010, notre association continuera, périodiquement, à mettre en exergue des thèmes d’actualité en relation avec l’Histoire d’Algérie, la Citoyenneté, la Culture du Dialogue et de la Paix ainsi que le Brassage Inter-Méditerranéen.

Akbou, le 22 Octobre 2015

Le président
Hocine SMAALI


PROGRAMME ET PRÉSENTATION

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PARTICIPANTS

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haut de page


POURQUOI LE 1er NOVEMBRE 1954 ?

pdf-3.jpg socialgerie, texte 2012, revu en octobre 2014 et septembre 2015

Thème de la table ronde organisée à Paris par l’IREMMO

[[ IREMMO SEMAINE SPÉCIALE ALGÉRIE du 22 au 25 MAI 2012

  • http://www.socialgerie.net/spip.php?breve517
  • http://iremmo.webou.net/spip/spip.php?article185
  • http://www.youtube.com/watch?v=E3IYRjUb190#t=12]]

le Mardi 22 mai 2012:

“Pourquoi le 1er novembre 1954 ”

Pour accéder à l’enregistrement de cette conférence animée par Gilbert Meynier, Sadek Hadjerès et Sylvie Thenault,

cliquer ci-dessous

enregistrement accessible sur YouTube avec le lien suivant

intervention de Sadek Hadjerès: 24 : 54 à 54 :33


“Pourquoi le 1er novembre 1954 ”

table ronde- conférence à 3 voix

organisée à Paris par l’IREMMO

le mardi 22 mai 2012 :

Transcription de l’intervention de Sadek Hadjerès

de 24 :54 à 54 :33

Je vais essayer de respecter moi aussi le planning

Je crois que Gilbert a bien situé le cadre historique et politique de l’insurrection de 54

En ce qui me concerne, je vais plutôt aborder la facette sous l’angle subjectif : Qu’est-ce qui a amené à cette idée de lutte armée? Qui a donné à l’idée de lutte armée un tel poids?

Pourquoi les Algériens ont-ils rapidement fait masse autour d’une voie, qui au départ, en novembre 54, avait les apparences de la fragilité

Comme Gilbert l’a dit, on peut dire, pour paraphraser Jaurès… le ciel de l’Algérie était lourdement charge des nuées du colonialisme, et que l’orage de l’insurrection était inévitable ; ça c’est une explication juste mais générale,

En fait des questionnements surgissent, quels sont les spécificités historiques et psycho-culturelles qui ont rendu ce, le soulèvement de 54 concevable, et puis qui l’ont marqué de cette particularité?

Par exemple, Pourquoi le 1er novembre 54 n’a pas été, comme ces orages méditerranéens, très violents mais de courte durée, et suivis d’éclaircies?

Pourquoi à la différence des insurrections du siècle précédent, ces premiers coups de feu de 54, bien sûr ont été suivis d’une accalmie très passagère, mais, ils ont débouché sur une guerre qui a duré 7 ans, et qui a balayé finalement l’édifice colonial, qui était présenté comme éternel en 1930, à l’occasion du centenaire de …

Il y a une autre spécificité dans cette entrée dans une guerre asymétrique :

Pourquoi le peuple algérien a dû consentir tellement de sacrifices prolongés, alors que dans l’espace maghrébin et africain, beaucoup de pays étaient parvenus, presque sans coup férir, à la reconnaissance de leur droit à l’autodétermination, bien sûr il y avait l’influence du contexte du soulèvement algérien… ?

Donc, ce 1er novembre, ça a été un pari, celui d’une avant-garde nationaliste restreinte, avec une part d’improvisation, parce que, entre autres, pour sortir d’une crise de politique interne au PPA MTLD, mais pourquoi, a-t-il fini par déboucher sur une rupture entre deux époques historiques, pour l’Algérie et pour une grande partie du monde colonisé.

Cet événement, qu’on peut dire emblématique, est devenu une référence plus tard, pour les générations suivantes, il avait même suscité des répliques, des imitations, qui s’étaient avérées fondées pour un certain nombre de mouvements de libération, mais elles ont été aussi moins judicieuses et elles ont avorté dans d’autres pays, quand on en est resté à la théorie à la guerre des focos implantée de l’extérieur, comme cela a été le cas en Bolivie, pour créer plusieurs Vietnams, dont on connaît le résultat.

Encore aujourd’hui, ou même plus tard, souvent quand il y avait une tension de crise, une volonté de changements, on entendait des voix dire « vivement qu’il y ait un nouveau premier novembre ».

Et, pour l’anecdote, je crois que vous savez que même Bouteflika, récemment, a dit que les élections algériennes, législatives, allaient être aussi importantes que le 1er Novembre …

Tout cela repose la question de fond : si l’option de la résistance armée était devenue presque inévitable en 1954, pourquoi les conditions qui l’ont rendue possible et productive par l’Algérie du milieu du 20ème siècle, pourquoi elles ne peuvent pas être reproduites n’importe où, et n’importe quand ?

Là je mets évidemment les facteurs subjectifs au centre de l’explication, mais ce n’est pas du tout à l’encontre du socle objectif des facteurs géopolitiques, mais simplement pour dire que les conditions objectives – je crois que le cadre historique qu’a tracé Gilbert le montre bien- mais ces conditions objectives ont été relayées par des motivations d’ordre psychologiques et culturelles. C’était une greffe compatible, une adéquation entre l’objectif et le subjectif et cela était vraiment la condition du succès.

Quelles étaient ces motivations ?

L’insurrection du 1er novembre, comme je l’ai dit avait été un pari audacieux sur la suite des événements, mais en aucune façon cela n’a été un miracle. A propos de miracle, Gilbert sait aussi, que dans le monde arabe, on a souvent parlé de « الجزائر بلاد العجائب » «Algérie pays des miracles», on a beaucoup aimé les interprétations magiques.

Mais en fait le succès final n’a pas relevé du seul volontarisme, parce que, à lui seul, il n’aurait accouché que d’une tentative glorieuse, mais avortée.
La vérité c’est que, dans le cadre d’un rapport de forces objectif, national et international, qui était de plus en plus favorable, ce potentiel subjectif interne s’y prêtait.

Le 1er novembre, de ce point de vue, est le résultat d’une longue maturation dans les opinions algériennes. Et il y a deux facteurs complémentaires qui se sont forgés l’un et l’autre dans le cours du processus historique.

D’un côté il y avait les imaginaires, le psycho-culturel avec des représentations dominantes dans nos sociétés opprimées, et d’autre part il y a eu les prises de conscience politiques, qui ont été le résultat d’efforts difficiles, pas toujours à la hauteur, mais elles ont été suffisantes, pour féconder, pour soutenir la continuité d’une initiative audacieuse et risquée à la fois.

Comment s’est donc faite cette jonction? Ceux qui avaient initié l’insurrection, ou bien les courants politiques qui ensuite l’ont ralliée, comprenaient bien cette maturation, et je crois qu’ils s’étaient reconnus dans la tonalité de l’Appel du 1er Novembre.

Mais toute autre était la vision d’un certain nombre d’esprits français, naïfs, ou bien embrumés, comme les a priori de la domination coloniale.

Voila : quelques semaines avant l’insurrection, le quotidien français le Monde qui est une référence… pontifiait avec un gros titre, y affirmant que «l’Algérie restait une oasis de paix dans un Maghreb en flammes» , il faisait allusion au Maroc et surtout à la Tunisie, avec les actions croissantes des fellaghas.

À cette allégation, notre camarade Bachir Hadj-Ali, avait répliqué en substance sur deux pages de l’hebdomadaire communiste algérien «Liberté»: «Non, l’Algérie, corps central du grand oiseau qu’est le Maghreb, ne peut échapper à l’incendie qui a enflammé ses deux ailes».

Sur quoi reposait la certitude de notre camarade ? Et bien le rédacteur du Monde aurait été mieux inspiré, de méditer un avertissement qui avait été lancé en 1913, avant la première guerre mondiale, par le député français radical, Abel Ferry, le neveu de son oncle Jules Ferry, fondateur de l’école laïque, et lui aussi imprégné du virus colonialiste, il rappelait au nom des intérêts – à ce qu’il disait- «intérêts et grandeur de la France» que deux éléments constituaient un mélange hautement explosif quand ils se conjuguaient : la misère et l’humiliation sociale d’un côté, les sensibilités identitaires et religieuses de l’autre.

Ces données, géopolitiques de base, échappaient aux spécialistes de la communication et hautes sphères dirigeantes coloniales, qui pour diverses raison se complaisaient à prendre leurs désirs pour des réalités. Elles ignoraient que la passivité apparente des indigènes n’était qu’une posture qui les aidait à survivre. Or, n’importe quel algérien peut attester qu’à cette époque, le rêve de la délivrance massive par les armes, pour peu que l’occasion s’en présente, c’était une obsession qui habitait la majorité de mes compatriotes, de leur enfance jusqu’à l’âge le plus avancé… Encore gamin, je voyais couler les larmes sur le visage de ma grand-mère maternelle dès qu’elle évoquait comment après l’insurrection de 1871, toutes les terres de sa famille avaient été volées, occupées par les Alsaciens-Lorrains, qui fuyaient l’Allemagne de Bismarck. Peut-être c’était une anticipation du phénomène international qui a provoqué la Naqba plus tard en Palestine : c’est-à-dire que des Palestiniens ont payé ce qui s’était passé en Europe.

À l’évocation de ces désastres, ma mère renchérissait, comme pour apaiser sa colère, elle nous racontait dans une espèce de revanche verbale, les exploits «djihadistes», de Sidna Ali, un des compagnons du prophète, un épisode que nous rappelait aussi les contes en prose rimée des meddahs – c’étaient un peu les troubadours populaires sur les places des villages – , qui chaque mercredi -jour de marché à Berraghouia- exaltaient les exploits qui étaient représentés sur des estampes naïves déposées sur le sol, et ma mère ajoutait avec amertume: mais nous, les musulmans, nous ne savons pas comploter, elle le disait en kabyle «our nessi nara an-nafeq-» nous ne savons pas comploter.

Et c’était là le hic, parce que le seul obstacle au passage à l’acte, à la révolte – dans l’imaginaire évidemment – c’était le manque de confiance dans la concertation collective.

Encore enfant, nous exprimions entre nous cette préoccupation d’une façon simpliste et arithmétique : nous les musulmans nous sommes dix fois plus nombreux qu’eux. Si chacun de nous ne s’occupait que d’un seul français – nous disions kaffer ou gaouri – le problème serait facilement réglé. Je signale en passant que cette même recette géniale habitait les phantasmes de nombreux pieds-noirs et adeptes de l’OAS: «Y a qu’à les tuer tous», une recette qui a connu plusieurs débuts d’application.

Mais nous devions nous contenter de ruminer nos incapacités à engager des actions concertées, et apprendre seulement à garder le secret de nos états d’âme contre les mouchards.

Qu’est-ce qui a fait progresser ensuite les mentalités dans toute la société, qu’est-ce qui leur a donné plus d’assurance et d’espoir, leur a appris à jauger avec plus de réalisme le contenu, les orientations de l’action violente ou non violente, la combinaison des divers moyens d’action possibles, l’adhésion à des formes d’organisation nouvelles, greffées sur les traditionnelles structurations patriarcales.

Et bien cette évolution s’est réalisée à travers l’émergence progressive de noyaux associatifs et politiques, d’abord minoritaires – tout à l’heure Gilbert les a évoqués – ; puis cela s’est fait à un rythme plus rapide, plus massif, à partir de la fin des années 30, sous l’influence des événements internationaux de grande importance qui avaient pénétré la scène algérienne, à travers de multiples canaux, jusqu’aux bourgades et les douars les plus reculés, c’est-à-dire les douars ou les bourgades d’où étaient originaires les habitants des villes, ou bien les travailleurs immigrés en France, porteurs d’une culture syndicale et politique minimum.

La courte période du Front populaire en France, malgré le refus du gouvernement socialiste de faire droit à des revendications démocratiques les plus élémentaires, a montré aux organisations, encore minoritaires, qu’il était possible d’accéder aux activités associatives, syndicales, politiques, en dépit des barrages répressifs, de sorte que la combattivité sociale et politique est montée d’un nouveau cran.

Mais c’est surtout le séisme de la deuxième guerre mondiale et des résistances à l’occupation nazie, qui nous a éveillés à la dynamique des luttes pacifiques et non pacifiques.

Après sa défaite de 1940, l’armée française n’était plus considérée par nous comme invincible.

Après le débarquement anglo-américain de 1942, en Afrique du Nord, en Algérie, cette armée faisait piètre figure à côté du spectacle des troupes motorisées américaines.

Les Algériens, au même moment, sont devenus aussi partie prenante, plus consciente, de l’usage des armes, dans les campagnes de libération d’Italie et de France.

Et ensuite, face au repli temporaire de la grosse colonisation, qui avait collaboré avec Vichy, la revendication nationale s’est déployée à travers le regroupement des Amis du Manifeste et de la Liberté, et surtout – en même temps- un très large réseau associatif, culturel, religieux, de jeunesse soute ou sportive, s’exprimer, activer de façon imbriquée, et en parallèle, sur deux registres qui n’étaient pas forcément contradictoires en ce qui concerne l’objectif commun. L’un était pacifique et légaliste, l’autre para-légal, tourné vers des horizons d’actions plus radicales, impliquant le recours aux armes

Ainsi les chants patriotiques en arabe classique ou populaire, et en berbère, évoquaient sans ambages l’idée du sacrifice de la vie pour la patrie, et ils appelaient à ne pas craindre les balles, «ma trafouch men dharb erssas »

Les causeries et les prêches des cercles culturels et religieux exaltaient les victoires militaires de l’islam à sa naissance, en dépit de l’inégalité des forces, comme lors de la fameuse bataille de Badri.

Dans le mouvement scout musulman, dans l’esprit d’ailleurs de son fondateur anglais Baden Powell, l’engagement envers l’idéal scout c’était de mettre un savoir faire technique et paramilitaire au service de la patrie et de ses concitoyens. Et quand un avion militaire allié s’était écrasé sur la montagne voisine, ou bien dans nos contacts avec les troupes des USA, cantonnées près du village, la recherche d’armes, c’était une de nos préoccupations.

L’attrait pour la perspective de la lutte armée allait de paire avec la politisation croissante du mouvement nationaliste, même si cette politisation ne s’accompagnait pas d’une réflexion qui articulait mieux, dans les esprits, les luttes militaires et les luttes pacifiques syndicales, électorales, associatives. Cette insuffisance va être ressentie plus tard dans les sphères dirigeantes nationalistes, par l’improvisation à l’époque du 8 mai 1945, avec des ordres et des contre-ordres d’insurrection, ou bien la façon dont les couches de la paysannerie pauvre, à cette même époque, dans le
Constantinois, avaient réagi d’une façon spontanée à cette répression, faute d’orientations assez claires.

C’est la même carence dans l’évaluation des stratégies des rapports de forces politico militaire qui s’est révélée après la défaite arabe de la première guerre israélo-arabe de Palestine, qui a été une douche glacée, à côté des rodomontades nationalistes qui étaient polarisées sur la puissance supposée d’une Ligue arabe qui était idéalisée à outrance.

Le 8 Mai 45 a eu deux sortes d’effets. La division et le pessimisme avaient été assez rapidement surmontés dans la majeure partie de l’opinion, en particulier grâce à la campagne pour l’amnistie qui avait été initiée par les communistes, et qui a bénéficié d’un rapport de forces favorable sur la scène politique française. En même temps le 8 mai a consolidé l’opinion algérienne dans l’opinion que le colonialisme ne nous laissait plus d’autre issue que la violence armée pour se libérer. C’est à partir de ce moment-là vraiment que c’était devenu une conviction politique assez forte.

Certains courants nationalistes moins convaincus, ou bien sensibles aux séductions des colonialistes des fractions libérales – que l’on appelait libérales à l’époque – concevaient les voies politiques comme opposées à l’option armée et non pas complémentaires.

Mais cette option armée va marquer des succès chez les plus résolus, avec la décision du Congrès du PPA – MTLD de 1947, de créer l’Organisation Spéciale OS

Je ne sais pas si je suis dans les temps / Il te reste 4 minutes

Le démantèlement de l’OS en 1950 n’a pas interrompu l’élan et le débat entre les avantages et les inconvénients de chacune de ces options.

Il y a deux événements qui vont précipiter le projet de recours aux armes :

  • D’abord c’est l’échec du FADRL – le Front Algérien pour la Défense et le Respect des Libertés Démocratiques –. Il s’était constitué en l’été 1951, par l’ensemble des partis politiques, qui ont eu, ensuite, chacun leur part de responsabilité quand il s’est effiloché les mois suivants.

    L’échec de cet élan politique et populaire a renforcé le courant des partisans de l’activisme armé. Mais ce fut d’une façon assez perverse et dépolitisée, avec l’idée fausse, chez nombre de gens déçus, que c’était la lutte politique en elle-même, et non pas l’absence d’une saine politisation, qui était stérile et contre-productive.
  • L’autre facteur, ça a été sur la scène régionale et internationale une série encourageante de changements tel que l’arrivée au pouvoir de Nasser en Egypte, en 1952, il a mis fin à l’aura trompeuse d’une Ligue arabe impuissante et complaisante envers les puissances coloniales, cette évolution ascendante va trouver plus tard son apogée avec le grand rassemblement intercontinental de Bandoeng ; et l’option militaire en même temps va s’inviter davantage avec l’entrée en lisse des fellagas tunisiens, et surtout la grande victoire de Dien Bien Phu.

    Le 8 Mai 1954 a été ressenti chez nous comme une revanche éclatante sur la tragédie du 8 Mai 45. Les Algériens ce jour-là, je m’en souviens très bien, je me trouvais à Sidi bel Abbès, le berceau de la Légion étrangère, c’était le deuil dans la Légion, contrairement à l’habitude, ils ne sont plus sortis de leurs casernes, et les Algériens se répandaient en congratulations traditionnelles, et se souhaitaient un nouvel Aid, une grande fête de libération à venir.

À partir de ce moment l’évolution vers la préparation de l’insurrection ne pouvait pas surprendre même les observateurs les moins avertis.

Et, je voulais ajouter là une note particulière, comment croire dans ces conditions à des affabulations selon lesquelles les communistes ont été surpris, ou, même, auraient réagi de façon hostile à la survenue de l’insurrection. C’était bien mal connaître cette période, que de se fier à des allégations propagandistes, qui s’expliquaient par les enjeux politiciens du temps de guerre, avec les positions hégémonistes de certains cercles dirigeants du FLN, mais qui ont été reprises plus tard en boucle sans vérification, par des médias, ou même des historiens dont ce n’était pas le thème principal de recherche.

Fort heureusement, dans la dernière décennie, nombre d’historiens, anciens ou nouveaux, soucieux d’investigations ouvertes et responsables, se dégagent de plus en plus de ces raccourcis sommaires, et idéologisants vers où les poussait la désinformation ambiante.

Par exemple, lié au 1er novembre, déclenchement de l’insurrection, je signale un article très documenté d’un historien hongrois, Ladzslö Nagy, qui vient de me l’envoyer, qui détaille un épisode significatif et pourtant occulté: l’appel du 1er novembre fut presque aussitôt répercuté par une station radio, émettant en arabe dialectal depuis Budapest, … c’était une station qui émettait en direction du mouvement indépendantiste d’Afrique du Nord. Cette station était animée et dirigée par notre camarade William Sportisse, qui avait été envoyé pour cette mission, depuis le milieu de l’année 54, c’est-à-dire vers juin-juillet, par le Parti PCA et les autres partis communistes du Maghreb. Il avait diffusé le communiqué du 1er Novembre avant qu’il ne le lui soit envoyé par la délégation du FLN au Caire, qui en son temps, en la personne de Aït Ahmed, l’avait remercié et félicité pour cette initiative.

Pour mieux préciser les choses, la direction du PCA n’a pas été surprise par la survenue de l’insurrection qui était politiquement dans l’air et prévisible pour les mois ou l’année à venir.

Ce qui nous a surpris dans la semaine qui a précédé l’insurrection, et au cours de laquelle nous avons compris son imminence – là, je signale que une semaine avant je me trouvais avec Bachir Hadj-Ali et moi-même, avec la section locale du Parti communiste dans laquelle figurait Galland, Jean-Jacques Galland, qui l’a relaté dans un ouvrage, qui avait rencontré 6 mois auparavant Ouamrane, futur colonel de la wilaya IV , et ils en ont discuté toute une nuit, c’est-à-dire ce n’est pas quelque chose qui nous avait surpris – ce n’est pas le fait qu’il allait y avoir une insurrection, c’était l’accélération de son timing, alors que il y avait la crise du PPA MTLD qui s’aiguisait de plus en plus ; parce que nous avions prêté davantage de perspicacité politique aux initiateurs de l’insurrection, à qui Abane Ramdane avait reproché plus tard d’ailleurs en termes très durs la précipitation avec laquelle l’insurrection avait été déclenchée dans de telles conditions.

Par contre, là où j’estime que la direction du PCA aurait dû et aurait pu faire mieux, c’est que, après Diem Bien Phu, d’après ce qu’on m’a dit parce que je n’étais pas encore au bureau politique où il y avait eu des discussions sur l’éventualité d’une lutte armée, je pense, qu’à partir de ce moment-là il aurait fallu anticiper organiquement, préparer des structures parallèles du type de ce qui va être fait ensuite avec les Combattants de la Libération, avant que l’insurrection ne survienne, ce qui nous aurait facilité les dispositions organiques, et un certain nombre de développements politiques ultérieurs dans l’intérêt de tous.

Voila, alors le temps qui m’est imparti ne me permet pas d’aller plus loin.

Nous le regretterons…

Je vais conclure seulement en soulignant que cette question du 1er novembre est d’une grande actualité.

Pourquoi elle est d’une grande actualité ?

Elle dépasse de loin la question du timing et de son accomplissement pratique et militaire.

L’essentiel réside dans la finalité et le contenu politique des soulèvements.

Il y a deux remarques qui me paraissent d’actualité, à propos de cette symbolique du 1er novembre

  • Premièrement : un prétendu novembrisme passéiste, et qui se tient à l’apologie désincarnée de la lutte armée, a servi de couverture idéologique à des dérives anti démocratiques de la part de cercles nationalistes, officiels ou non. Ils se sont mis à invoquer pour eux seuls la légitimité révolutionnaire et le label de la famille révolutionnaire.

    Ça s’est traduit par la crise de l’été 1962 qui a vu s’instaurer par la violence le socle militaro policier du nouveau système de pouvoir.

    Et ensuite, les vertus qui ont été attribuées à la violence armée sans évaluation critique de son contenu, sont à l’origine de fautes politiques graves, désastreuses, tels que les affrontements armés en Kabylie en 1964, puis dans tout le pays pendant toute la décennie de 1990.

    Ce constat a une nouvelle résonnance aujourd’hui en cette saison pas de printemps mais de tempêtes arabes et africaines. Quelques cercles s’étonnent, en le déplorant, de ce qu’ils appellent l’exception algérienne, ils caressent par mimétisme envers le 1er novembre 54 le calcul dangereux d’allumer un feu par internet, ou tout autre scénario planifié.

    C’est ignorer que ce qui a donné du souffle à l’insurrection algérienne en 1954, ce fut avant tout une orientation politique qui était bien en phase avec les aspirations, avec le ressenti et la sagesse populaire, et non pas fondamentalement les instruments pratiques qui ont véhiculé ce contenu, depuis le bouche à oreille, le téléphone arabe ou radio trottoir ou café du quartier, jusqu’au poste radio transistor qui venait récemment d’arriver. Donc c’est le contenu politique qui était déterminant.
  • Deuxièmement, un deuxième enseignement est rendu éclairant par le, les malheurs dans lesquels ont été plongés le peuple de Libye, de Syrie, et du Mali, après les Irakiens.

    C’est le suivant : militariser artificiellement les conflits internes, recouvre souvent des tentatives suspectes d’embrigadement émotionnel de l’opinion, d’anesthésie de la conscience politique et du sens critique, pour des buts non avoués dont profitent des cercles réactionnaires internationaux qui encouragent et/ou suscitent ces dérives.

    Dans ces conflits internes encore plus que dans les luttes de libération nationale, la lutte armée ne devient légitime et porteuse d’avenir que si elle est engagée en dernier recours, quand les moyens et voies pacifiques ont réellement épuisé leurs effets.

    Alors seulement le recours aux armes, avec un large appui populaire, peut ouvrir la voie à des solutions pacifiques et démocratiques.

    Dénouer l’écheveau compliqué des situations où s’entremêlent les représentations identitaires et les enjeux économiques et stratégiques.

    C’est dans ce sens que novembre 54 a ouvert la voie aux Accords d’Evian.

    En sens inverse, l’épreuve des forces de l’été 62 a préparé les impasses et tragédies survenues un quart de siècle plus tard : massacre d’octobre 88, années noires de la décennie 90, la répression algéroise sanglante des jeunes marcheurs du 14 juin 2001, et le marasme et la fragilité nationale actuels.

À cinquante ans de distance il est à souhaiter que ces enseignements croisés préparent un vrai printemps démocratique et social tel que celui qui était souhaité par l’appel du 1er novembre 54.

C’est l’enjeu, encore en balance des luttes en cours.

Intervention de SH le 22 mai 2014

IREMMO

transcription socialgerie M&S R

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annaba_mars_2013_fresque_murale_pour_anniversaire_independance.pngfresque murale Annaba, après le cinquantenaire de l’indépendance – photo mars 2013.

1er NOVEMBRE 1954

AUTRES LIENS SUR SOCIALGERIE


ALGÉRIE : LE MILITAIRE ET LE POLITIQUE DANS LA GUERRE INDÉPENDANCE ET SES SUITES

par Sadek Hadjerès

HORS SÉRIE DE L’ « HUMANITÉ » – mars 2012

socialgerie – article 772 – mis en ligne le 15 mars 2012

http://www.socialgerie.net/spip.php?article772


[

PCA-CDL (Combattants de la libération)

et FLN-ALN

DANS LA GUERRE D’ INDÉPENDANCE :
LIENS UTILES SUR SOCIALGERIE »

->br435]

socialgerie – brève 435 – mise en ligne le 5 février 2012

http://www.socialgerie.net/spip.php?breve435


COMMENT LE MONDE DU 5 NOV 2005 VOIT L’HISTOIRE PAR LE BOUT D’UNE LORGNETTE IDÉOLOGIQUE – LES COMMUNISTES ET LE 1ER NOVEMBRE 54

socialgerie – article 75 – Date de rédaction antérieure: 6 novembre 2005 – mis en ligne le 27 août 2009

http://www.socialgerie.net/spip.php?article75

le 1er novembre 1954, chez les Benni Yenni

1er novembre 1954 – extraits du livre « En Algérie du temps de la France »;

ed. Tiresias, 1999

http://www.socialgerie.net/IMG/pdf/1954_11_01_2005_01_31_deSH.Galland_1er_Nov_54_B_Yenni.extt_-_921.pdf


·

[

le 1er Novembre 1954
intervention de Sadek Hadjerès au siège du PCF – Colonel Fabien

le 28 octobre 2004

->http://www.socialgerie.net/IMG/pdf/2004_10_28_de_SH_au_PCF_1_Nov_1954.pdf]

http://www.socialgerie.net/IMG/pdf/2004_10_28_de_SH_au_PCF_1_Nov_1954.pdf

lié à article 76 :

[

UN DEMI-SIÈCLE APRÈS LE CONGRÈS DE LA SOUMMAM

MI-AOÛT 2009

FORUM DU QUOTIDIEN D’ALGÉRIE

->76]

socialgerie – article 76 – mis en ligne le 27 août 2009

http://www.socialgerie.net/spip.php?article76

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JUILLET 1956

L’ALN DANS LES MONTS DE CHERCHELL : LES PREMIERS ACCROCHAGES

cherchell.png Mohamed Rebah
raina-dz.net

le 14 janvier 2015

Dans la zone montagneuse très accidentée de Cherchell, les accrochages avec l’armée française commencèrent au mois de juillet 1956.

La mi-juin 1956, treize hommes armés avaient été envoyés par le commandement de l’ALN de la zone 4 (Blida-Médéa) – plus tard wilaya IV- pour porter la lutte dans cet espace rectangulaire, de 70 kilomètres de long et de 15 à 20 kilomètres de large, qui sépare la plaine du Haut Cheliff de la Méditerranée.

Le premier objectif assigné à ce groupe « éclaireur » était de réaliser la jonction avec le maquis déjà actif de Ténès[[Les premiers jalons furent posés par les communistes de la région dès le dernier trimestre 1955.]] , à l’ouest, dans le cadre du plan général d’expansion de l’insurrection tracé par l’état-major de cette zone.

Les deux chefs du groupe –Ahmed Ghebalou et Ahmed Noufi- chargé de cette mission sont nés à Cherchell. Les anciens membres du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques créé par Messali Hadj au mois d’octobre 1946), bien intégrés dans la population des montagnes, les aidèrent dans leur mission en prenant particulièrement en charge la campagne d’explication des objectifs de l’ALN : libérer le pays de l’occupation coloniale.

Au plan administratif, le territoire pris en charge était divisé en sept douars issus du démembrement, en 1863, des tribus des Béni Menacer et d’El Ghobrini. Les douars, habités exclusivement par des indigènes, étaient caractérisés par l’extrême morcellement de l’habitat ; un habitat épars avec toutes ses singularités. Les populations, très conservatrices, vivant quasiment en autarcie, avaient toutes la même culture et pratiquaient la même religion. Elles parlaient la même langue, le berbère. Elles avaient le même mode de vie archaïque caractérisé par leur façon de travailler la terre avec des outils rudimentaires (l’araire et la hache à la main), leur façon de consommer, de se soigner, de s’habiller, de se divertir, de construire leur maison (une hutte construite en pisé et en pierre couverte d’une terrasse faite d’un mélange d’argile et de branchages entrelacés avec une étable sous le gourbi).

La colonisation féroce fit que les montagnards, séparés de la zone littorale utile occupée par les colons, furent abandonnés à leur triste sort, l’administration coloniale ne s’intéressant qu’au prélèvement des impôts : « pas d’école, pas de
médecin ni dispensaire, pas d’électricité, pas de route », nous dit un ancien paysan de la fraction Taourira du douar Sidi Semiane, rencontré à Sidi Ghilès où il habite.

« Des gens vivant dans les ténèbres, sans les ressources de base minimales, soumis à l’arbitraire de l’administrateur civil et de son assistant servile, le caïd, désigné à la tête de chaque douar, témoigne Mohamed Younès, un maquisard né à Cherchell.

Ses parents sont originaires du douar Bouhlal. Son compagnon d’armes, Mustapha Saadoun, un vieux dirigeant du Parti communiste algérien (PCA), avait été frappé, à son arrivée au maquis au mois de juillet 1956, par la terrible pauvreté des montagnards. Commissaire politique, il avait eu à arpenter tout le maquis. « Au douar Zatima, sur les hauteurs des monts de Gouraya, les gens vivaient à l’âge de pierre. À Sidi Ouchkine, la famine tuait en hiver. De ma vie, je n’ai vu une telle situation de dénuement. Pour éviter les rafales de vent, les gens vivaient sous terre comme des troglodytes. Livrés à eux-mêmes, ils étaient devenus des loups », nous a-t-il dit en 2008, quelques semaines avant sa mort survenue le 26 janvier 2009.

C’est dans ce douar déshérité de Zatima que les militaires français recrutèrent leurs premiers harkis en leur offrant une maigre solde.

« Au milieu de la désolation – où les enfants, vêtus d’une simple gandoura, marchaient les pieds nus – les garçons venaient à la vie pour garder des chèvres, puis adultes, aller travailler « des étoiles aux étoiles » dans les riches fermes coloniales du littoral, ou bien être des hommes de peine à l’huilerie Buthon, dans la montagne de Dupleix, ou alors tailleurs de pierre au mont des Carrières, au sud de Fontaine-du-Génie », raconte le maquisard Mohamed Younès qui, enfant, partait rendre visite à ses grands-parents restés dans la montagne de Bouhlal.

« Des montagnards, parmi les plus costauds, réussissaient à trouver du travail, sur le littoral colonial, comme cantonniers au service des Ponts et Chaussées. Aux côtés d’autres travailleurs, certains, les plus conscients, avaient intégré le mouvement national. Ils furent les premiers moussebiline », témoigna Mustapha Saadoun qui avait mené campagne, dans les années 1950, contre le recrutement des montagnards, démunis de l’essentiel pour vivre, pour aller faire la guerre en Indochine et servir de « chair à canon » dans le corps expéditionnaire français en contrepartie d’une maigre solde.

Dans cette partie orientale du Dahra, l’occupation du sol par les troupes de l’armée française, venues de France renforcer les forces répressives, se fit par étape. Elle commença par l’est du massif montagneux. Le 17 juillet 1956, le 3ème bataillon du 22ème régiment d’infanterie (22ème R.I) s’installa au centre de colonisation de Zurich puis fixa un PC réduit au centre de colonisation de Marceau. Les maisons forestières lui servirent de postes avancés dans les montagnes. Le bataillon était rattaché sur le plan opérationnel au secteur Est dont le PC se trouvait à Miliana. Pour les stratèges de l’armée française, la vraie guerre se jouait dans ces montagnes farouches. Il fallait « pacifier » ce territoire, c’est-à-dire soumettre tout à leur contrôle.

Pour le petit groupe de l’ALN, arrivé dans la région au mois de juin 1956, tout commença à Adouiya, un lieu escarpé très difficile d’accès, situé sur l’axe Carnot-Dupleix, à 50 kilomètres au sud-ouest de Cherchell, loin des centres de colonisation de Marceau et de Zurich. Son installation fut facilitée par l’imam Sid Ahmed, un homme de culture doté de la confiance de la population.

Les gens de Adouiya sont connus dans l’histoire du mouvement national pour avoir porté les candidats de la liste démocratique[[La liste démocratique était composée de militants et de sympathisants du Parti communiste algérien animé dans la région par Omar Heraoua et Mustapha Saadoun.]] à la Djemaa, en 1946. Mustapha Saadoun, alors militant du Parti communiste algérien, fut pour beaucoup dans ce succès électoral. C’est de Adouiya-un douar relativement politisé- que fut lancée l’opération de jonction avec le maquis de Ténès, à l’ouest.

La deuxième étape de l’extension de la guérilla dans la région fut Hayouna, un ensemble d’habitats dispersés au sommet d’un plateau très élevé, entre oued Sebt et oued Messelmoun. Située sur le versant de Gouraya, à mi-chemin entre la mer, au nord, et oued Chéliff, au sud, cette fraction du vaste douar de Bouhlal (4 000 habitants), offrait par son relief accidenté toutes les commodités pour l’implantation de l’ALN.

Le commando de l’ALN s’appuya sur l’organisation clandestine du MTLD présente au douar depuis longtemps. Ainsi, rapidement, les refuges furent trouvés pour servir de relais aux groupes armés en constants déplacements. Des caches pour le stockage du ravitaillement furent aménagées chez des hommes sûrs, dotés de la confiance de la population, tels que Hadj Larbi Mokhtari, Djelloul Bélaïdi, Mohamed Hamdine, M’Hamed Mokhtari, Larbi Charef et Mohamed Mechenech. « La population était acquise à la cause. De cette société montagnarde sortirent les fida et les moussebiline dont le groupe armé avait besoin. Les femmes préparaient la nourriture. Nous étions comme un poisson dans l’eau », témoigna le doyen du maquis, Mustapha Saadoun.

Le premier accrochage entre le commando de l’ALN et des éléments de l’armée française eut lieu le 18 juillet 1956, au maquis d’Aghbal, à six kilomètres au sud de Gouraya. Le commando, renforcé par de nouvelles recrues arrivées de la ville, notamment des joueurs de l’équipe de football du Mouloudia de Cherchell conduits par Ali Bendifallah, leur capitaine, venait de recevoir des armes de guerre sorties du lot capturé le 4 avril 1956 par Henri Maillot [[Henri Maillot est tombé au champ d’honneur le 5 juin 1956.]].

Ce premier accrochage eut lieu sur le plateau de Saadouna, au pied d’un des plus hauts sommets du Dahra oriental, Iboughmassen, à un lieu enclavé dans une épaisse forêt. L’embuscade fut tendue au col, à la fin d’une pente raide, boisée, caillouteuse. La 6ème compagnie du 3ème bataillon du 22ème R.I, partie de Gouraya, pour mener une opération de bouclage du djebel Gouraya, perdit plus de 50 morts. En se retirant, l’ALN emporta de nombreuses armes de guerre.

Douze jours après, le 31 juillet 1956, sur la piste qui borde l’oued Messelmoun, l’armée française fut une nouvelle fois accrochée. Là aussi, l’ALN récupéra des armes lourdes.

Mohamed Rebah, auteur de «Des Chemins et des Hommes»

Toponymie :
Zurich : Sidi Amar
Marceau : Menaceur
Fontaine-du-Génie : Hadjret Ennous
Carnot : El Abadia
Dupleix : Damous

Sources : http://www.raina-dz.net/spip.php?article710

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pdf-3.jpg LE PARTI COMMUNISTE ALGÉRIEN ET LE DÉCLENCHEMENT DE L’INSURRECTION DU PREMIER NOVEMBRE 1954

william_sportisse_7_-2-68e1b.jpg William Sportisse

raina.dz & LRI

1er Novembre 2014

http://www.raina-dz.net/spip.php?article682&lang=fr

À l’occasion du 60 ème anniversaire du premier anniversaire de l’insurrection armée du premier novembre 1954 en Algérie, la LRI (lettre des relations internationales du Parti communiste Français) a publié dans sa publication du mois de novembre 2014, l’article suivant de notre camarade William Sportisse, ancien dirigeant du PCA :

Le premier novembre 1954 est un grand moment de l’histoire de l’Algérie. Il a reflété l’ardente aspiration d’un peuple à se débarrasser d’un système d’oppression et d’exploitation qui lui était imposée par une puissance impérialiste, en l’occurrence la France, depuis plus de 120 années.
Le groupe de militants appartenant à la mouvance nationaliste du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, à l’origine de cette insurrection armée, conserve et conservera le mérite d’avoir eu l’audace de la déclencher, même si pour beaucoup d’Algériens gagnés à la revendication de l’indépendance cela pouvait apparaître qu’elle allait « à l’assaut du ciel » selon l’expression de Karl Marx à propos de la commune de Paris.
À ce moment-là, pour la majorité des Algériens qui composaient les différentes tendances politiques du mouvement de libération nationale, il devenait de plus en plus évident que le choix de la voie pacifique pour mettre un terme à l’oppression et à l’exploitation coloniales avait de moins en moins de chance de s’imposer à ce système qui se perpétuait par les moyens violents et répressifs de sa police, de son armée et de son administration.

Cet événement a-t-il surpris le peuple Algérien et ses partis politiques, comme certains l’ont exprimé quand il s’est produit ou encore aujourd’hui dans leur analyse de cet événement ?

Les choses sont beaucoup plus complexes. Au 6° congrès du Parti communiste Algérien (21-23 novembre 1952), dans son rapport présenté aux participants, Larbi Bouhali, premier secrétaire déclarait : « Quand on voit avec quelle puissance la colère des masses populaires explose dans les pays opprimés, comme en Tunisie, il ne peut venir à l’idée que l’Algérie est un oasis de calme. »
La même année, au cours d’une réunion publique il appelait à élever le niveau des luttes afin de parvenir « à la forme de lutte supérieure ». Ces termes étaient utilisés à la place de  » lutte armée » afin d’éviter des poursuites et des condamnations des tribunaux colonialistes pour « atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat » colonial en vertu de l’article 80 du code pénal français.
En quoi donc peut-on parler de surprise ?
Certes de nombreux Algériens s’interrogeaient si le moment avait été bien choisi ?
Sans doute l’une des raisons de leurs interrogations était la crise profonde qui venait de diviser les rangs du MTLD, le plus influent et organisé des partis du mouvement de libération nationale. La désunion régnait également entre les différentes forces politiques du mouvement de libération nationale. Tout cela pouvait être un handicap sérieux à la conduite de la lutte pour l’indépendance.
Cependant d’autres facteurs allaient contribuer à le surmonter.

Craignant malgré tout le soutien populaire qui pouvait être apporté, en armes et autres moyens matériels et financiers, à l’ALN dont elle était dépourvue au début de l’insurrection, le système colonial s’est engagé aussitôt avec son obstination coutumière dans une large campagne répressive essentiellement dirigée dès les premiers mois de la guerre contre les couches laborieuses des villes et des campagnes et les militants de tous les partis composant le mouvement de libération nationale.

Loin d’être intimidés par cette répression, les couches populaires du pays et les militants appartenant aux différents partis du mouvement de libération nationale, contrairement aux calculs du système colonial, se sont alors engagés de plus en plus dans le combat actif contre le colonialisme.
Ils ont rejoint les rangs des groupes armés, les ont soutenus en les informant sur les mouvements et les activités des organes répressifs du système colonial tout en leur apportant une aide matérielle et financière dont ils avaient un grand besoin. Ce soutien populaire dont le couronnement fut marqué par les grandes manifestations populaires de décembre 1960 et de juillet 1961 fut décisif pour imposer la négociation après environ huit années de luttes.

De son côté, à la veille du premier novembre 1954, le Parti communiste Algérien s’était renforcé grâce à son action anticolonialiste et anti-impérialiste, sa politique et ses efforts constants en faveur de l’union de toutes les forces nationales.

Son implantation parmi les couches populaires du pays et son audience y compris dans les rangs des deux autres partis nationalistes (MTLD et UDMA) et de l’Association des Oulémas s’étaient élargis.

C’est pourquoi, même s’il n’avait pas été associé à l’organisation de l’insurrection du premier novembre, sa première réaction fut réaliste même si elle a pu comporter certaines insuffisances.

Elle se référait à la fois sur l’aspiration profonde d’une large majorité des Algériens à l’indépendance et en même temps prenait en compte le niveau d’organisation et la possession de moyens matériels nécessaires insuffisants pour mener la lutte armée combinée aux autres formes de lutte.
C’est pourquoi, pendant toute une période, de novembre 1954 jusqu’à septembre 1955, date de son interdiction, le PCA s’efforcera d’utiliser les moyens légaux encore existants pour élargir et renforcer la lutte sous toutes ces formes.

Dans son ouvrage « l’Algérie en guerre », Mohamed Teguia, ancien officier de l’A.L.N., écrit ce qui suit à propos de la déclaration du Bureau politique du PCA, en date du 2 novembre 1954 : « En fait, dans les limites d’une déclaration légale, le PCA a rapidement apporté son soutien au FLN (et il a été le seul, en tant que parti à le faire officiellement) dans cette déclaration, même si certains passages sont ambigües, comme celui qui faisait référence à des négociations « qui tiendraient compte des intérêts de la France ». Mais ces termes là sont employés dans la proclamation du premier novembre 1954 du FLN et repris plus tard par le FLN dans la perspective des négociations. »

Il écrit encore : « Si le PCA ne se décide pas à s’engager officiellement dans la lutte armée que lors de la réunion de son comité central du 20 juin 1955, il aura auparavant mené de front plusieurs luttes légales combinées à des démarches à caractère secret sur les lieux des combats, notamment dans l’Aurès pendant que ces cellules sont préparées dans diverses régions (Mitidja, Chelif, Tlémcenois) pour le passage éventuel à la lutte armée, le contact était recherché avec le FLN depuis novembre 1954. »
Après avoir rappelé la visite faite dans les Aurès, en février 1955, par une délégation du PCA composée de Rachid Dalibey, membre du Bureau Politique, Alice Sportisse député, René Justrabo (délégué à l’Assemblée Algérienne) , Azzedine Mazri, le docteur Camille Larribère, Laïd Lamrani, bâtonnier de l’ordre des avococats de Batna et Mohamed Guerrouf ( les six étaient membres du comité central du PCA), Mohamed Teguia écrit encore : « Guerrouf avait pris des contacts dés le mois de novembre 1954 avec des responsables (dont Ben Boulaïd Mostefa) et des combattants de l’ALN de l’Aurés, parmi lesquels s’étaient engagés les paysans communistes de cette région, notamment Hamma Lakhdar, responsable de la section communiste d’El-oued, qui dirigeait une katiba » qui selon Soustelle (gouverneur général de l’Algérie à l’époque) a été « anéantie avec son chef le 18 août 1955 à Guemar dans les oasis du Souf. »

Mohamed Teguia poursuit : « Les paysans communistes de l’Aurés qui rejoignirent l’ALN se comptaient par dizaines sur les centaines d’adhérents du parti dans la région de M’Chounéche, Tadjemout, de Zelatou, du Souf et.. Un ancien mineur communiste, Sadek Chebchoub, recherché à la suite d’une grève meurtrière à la mine d’Ichmoul tenait le maquis depuis 1947.. » [[Mohamed Teguia : « L’Algérie en guerre » (OPU) pages 259 à 267. ]]
Il est utile de préciser que cet engagement des paysans communistes à la lutte armée au lendemain du premier novembre 1954, fait suite à une décision de la direction du PCA fixant un pourcentage de ses effectifs qui devait rejoindre l’ALN dans les zones où elle activait.

Ajoutons d’autres faits qui méritent d’être également signalés. En mai 1955, après l’arrestation de notre camarade Ahmed Keddar, dirigeant de la section communiste de Duperré (aujourd’hui Aïn-Defla) et membre de son comité central, une marche de protestation vers Miliana pour exiger sa libération, organisée par le PCA, mobilise des fellahs de la région et les mineurs du Zaccar. Des heurts avec la police se produisent et de nombreux manifestants sont blessés.

Mais le commissaire de police Giscard qui dirigeait la répression de la manifestation est enlevée par les manifestants. Le militant communiste de la section du PCA de Duperré, Ahmed Ben Djilani Embarek dit Zendari au maquis, futur capitaine de l’ALN, est l’auteur de l’enlèvement de ce commissaire, à la suite duquel il rejoignit le maquis. Il tombera au champ d’honneur le 7 janvier 1961.

Par ailleurs, n’est-ce pas le colonel de l’ALN Dehilés Slimane dit Si Sadek qui rappelait dans une évocation du premier novembre 1954 le rôle joué par le quotidien « Alger républicain » dirigé par des communistes qui, avant son interdiction en septembre 1955, informait, malgré la censure, les maquisards de toutes les actions armées qui se déroulaient sur le territoire. Ce quotidien avait partiellement joué un rôle de coordination avec la diffusion de ces informations utiles aux moujahidine et à leurs chefs pour leur combat.
De son côté l’émission radiophonique des trois partis communistes du Maghreb qui se trouvait à Budapest (capitale alors de la République Populaire de Hongrie) après avoir diffusé l’appel du FLN du premier novembre 1954, relatait chaque jour sur ses ondes, en leur donnant la priorité, les actions armées menées sur le territoire national.

Ce rappel de quelques exemples sur l’attitude des communistes algériens et de leur parti, au lendemain du premier novembre n’a pas pour objectif de surestimer leur rôle dès les premiers jours et mois du déclenchement de la lutte armée qui fut l’œuvre de militants nationalistes du MTLD qui ont réussi à rassembler dans et autour du FLN et de l’ALN toutes les forces politiques du pays, (nationalistes, communistes et patriotes sans parti).

Il a pour objectif de rappeler la vérité historique souvent déformée par ceux qui, par anticommunisme de classe ou guidés par des préjugés d’un autre âge, ont voulu effacer cet apport des communistes à la lutte libératrice.
Ce que condamne Slimane Chikh, historien et enseignant qui, dans son ouvrage « l’Algérie en armes », a écrit : « Le tribut payé par le PCA au cours de la lutte de libération nationale est assez lourd. Le pouvoir colonial ne l’a pas épargné. » [[Slimane Chikh : « L’Algérie en armes » (OPU) page 316]]

William SPORTISSE

Sources : http://www.raina-dz.net/spip.php?article682&lang=fr

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