LE SOUFFLE DE LA RÉSISTANCE: LA MOUDJAHIDA DJAMILA BOUHIRED AU LEVANT

Djamila_Bouhired_Liban_3.jpg

UNE MOUDJAHIDA AU LEVANT

par M. Saadoune

Le Quotidien d’Oran

le 10 décembre 2013

Les Libanais, Beyrouth et le Sud-Liban, région symbolique de résistance, ont rendu un hommage éclatant à Djamila Bouhired. En sa présence et de son vivant, pourrait-on dire, dans un monde arabe où l’on a tendance à attendre que les grands acteurs et témoins quittent la scène pour un hommage furtif. L’hommage a été organisé avec beaucoup de finesse politique par la chaîne Al-Mayadeen qui lui a donné une forte amplification médiatique à l’échelle du monde arabe.

Il y avait dans l’événement, c’est une évidence, beaucoup plus qu’une célébration militante d’une dame devenue une icône de la révolution algérienne et une légende dans le monde arabe. Une légende vivante qui a très clairement accepté que ceux qui la célèbrent aujourd’hui se réfèrent à ce qu’elle incarne par excellence : l’esprit de résistance. Car il s’agit bien de politique et non pas de gesticulation mélodramatique tant prisée par les régimes arabes. C’est bien dans l’esprit de continuité historique qui a caractérisé la rencontre, samedi, entre Hassan Nasrallah et Djamila Bouhired. L’hommage n’était pas nostalgique mais politique, lié au présent même s’il se fait à travers une figure emblématique dont le nom est déjà entré dans l’histoire.

Le directeur d’Al-Mayadeen, Ghassan Ben Djeddou, a trouvé les mots pour le dire. Ce n’est pas seulement à Djamila Bouhired que l’hommage a été rendu mais « pour nous-mêmes, pour notre histoire, pour notre réalité, pour les générations futures»… C’est un hommage rendu dans un «temps ambigu» à qui «Djamila Bouhired donne la clarté dont nous avons besoin». Et les temps sont en effet très ambigus avec des régressions obscurantistes, des polarisations sectaires et un révisionnisme insidieux qui revêt des aspects tragiques. Comme si les vicissitudes d’un présent défiguré devaient servir à dénier toute valeur aux notions de résistance, de combat pour la liberté et de lutte pour le progrès et les droits.

L’hommage libanais à Djamila Bouhired n’était donc pas une commémoration aseptisée, une habituelle célébration pour télévision officielle. C’était bien pour les résistants dans le monde arabe un acte politique concret. Car il est grand besoin de ce marqueur pour situer les lignes de fracture, évaluer les enjeux et déchiffrer des réalités troublées. Mais aussi pour proclamer la continuité de lutte. Revendiquer ouvertement Djamila Bouhired en tant que référent exprime la volonté de signifier à tous, amis et ennemis, ce qu’incarne l’esprit de résistance. Le message est limpide. La résistance libanaise réaffirme devant l’histoire mais surtout pour aujourd’hui que le combat pour la liberté, pour le progrès, contre la domination impériale et contre l’obscurantisme continue. Et avec la moudjahida, c’est l’immense souffle de la révolution algérienne qui était présent même si aujourd’hui l’Algérie est dans le reflux, le retrait et le profil bas.

Ces journées d’un émouvant hommage libanais sont venues rappeler combien le combat des Algériens et leur révolution demeure une phase lumineuse pour de nombreux citoyens dans le monde arabe. Une affaire intime et une cause commune un motif de dignité et de fierté une soif inextinguible pour la justice et la dignité.

Ceux qui résistent encore proclament que le souffle révolutionnaire algérien n’a pas été annihilé par les échecs. Qu’il inspire encore celles et ceux dans le monde arabe qui continuent de croire que la libération est au bout des luttes et qu’elle se conjugue avec le progrès et l’effacement des injustices.


DEUX VIDEOS:


[

تلفزيون الميادين يكرم الشهيدة الجزائرية الحية جميلة بوحيرد

Djamila BOUHIRED

Djamila_Bouhired_Liban_3.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=SdJ16ENEEmA

->http://www.youtube.com/watch?v=SdJ16ENEEmA]

الثلاثاء 03 ديسمبر 2013، قاعة اليونيسف ببيروت لبنان، الحدث تكريم تلفزيون الميادين للمجاهدة الجزائرية الرمز جميلة بوحيرد.في إطار مهرجان تكريمي دوري باسم « جدارة الحياة ».مهرجان التكريم الذي نقلته قناة الميادين على الهواء، و كان مفتوحا أمام الجماهير، وقد حضره شخصيات لبنانية وعربية وعالمية مناضلة. من بينهم ابنة المناضل الإنساني والثوري الكبير أرنستو تشي غيفارا، الدكتورة المناضلة أليدا غيفارا.. عاشت الجزائر، المجد و الخلود لشهداءنا الأبرار


[

Djamila Bouhired, l’icône de la révolution algérienne, honorée au Liban

le 4 décembre 2013

Djamila_Bouhired_Liban_4.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=NwkaEkB-nAQ

->http://www.youtube.com/watch?v=NwkaEkB-nAQ]


LES MOYENS MIS EN PLACE PAR LES FEMMES EN ALGÉRIE POUR LUTTER CONTRE LES VIOLENCES

Le 25 novembre socialgerie reprenait en ligne l’article de Racim Sbaa – Reporters.dz – qui relatait un entretien avec le neuropsychologue Yazid HADDAR: «LA FEMME ALGÉRIENNE EST VICTIME DE VIOLENCE SYMBOLIQUE ET RÉELLE».

Le 26 novembre 2013 le blog algerieinfos-saoudi citait les chiffres évoqués en Algérie par l’APS, et en France par le ministère des Droits des femmes
VIOLENCES FAITES AUX FEMMES, EN ALGÉRIE ET EN FRANCE.

Ces chiffres étaient martelés par les médias, le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes fixée par l’ONU. [[ VIOLENCES FAITES AUX FEMMES, EN ALGÉRIE ET EN FRANCE blog algerieinfos-saoudi.com – le 26 novembre 2013

En Algérie, «Au total, 7 010 femmes ont déposé plainte pour violences durant les neuf premiers mois de 2013, dont 5 034 victimes de violences physiques», a indiqué à l’APS la commissaire divisionnaire, Mme Kheira Messaoudène, chargée du bureau national de la protection de l’enfance, de la délinquance juvénile et de la protection de la femme victime de violences à la direction de la Police judiciaire. Elle a ajouté que parmi elles, 1 673 femmes ont été victimes de mauvais traitements, tandis que 27 autres ont été victimes d’homicide volontaire.

En France, 148 femmes mortes sous les coups de leurs conjoints en 2012 ; 27 plaintes pour viol déposées chaque jour ; 400 000 femmes victimes de violences conjugales déclarées en deux ans. Ces chiffres étaient martelés par les médias, lundi 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes fixée par l’ONU.

Les chiffres des violences faites aux femmes en France, ont été publiés par le ministère des Droits des femmes … / … ]]


Au-delà des chiffres, et parce que trop fréquemment nous sommes interpellés par certaines situations de femmes et d’enfants acculés à des problèmes extrêmes de rejet social, de misère et de violence, mais aussi parce que notre vécu quotidien nous confronte à une réflexion continue sur nos relations tant intra-familiales que de travail, l’article ci-dessous a simplement repris certains sites associatifs qui s’interrogent, et agissent au quotidien pour lutter contre la violence et/ou soutenir des femmes en situation de détresse.

Les associations sont multiples: recueil de documentation, conseil juridique, soutien psychologique, centre d’écoute, etc.

Le texte ci-dessous, à partir de liens disponibles sur Internet , présente un annuaire 2013 des femmes ( CIDDEF), une liste des associations de femmes, une étude sur les discriminations à l’égard des femmes (ONDF “Observatoire National des discriminations faites aux femmes”), ainsi que les bilans annuels “BALSAM” (Centres d’écoute)


ANNUAIRE 2013 – FEMMES ALGÉRIENNES EN CHIFFRESCentre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (CIDDEF);


ADRESSES D’ASSOCIATIONS DE FEMMESsources: CIDDEF – 2013


DISCRIMINATIONS À L’ÉGARD DES FEMMES EN ALGÉRIEétude publiée par CiDDEF – Alger – 2012;


“LES VIOLENCES CONTRE LES FEMMES EN ALGÉRIE”RÉSEAU NATIONAL DES CENTRES D’ÉCOUTE DES FEMMES VICTIMES DE VIOLENCE EN ALGÉRIE – QUATRIÈME RAPPORT – MAI 2012, et DEUXIÈME RAPPORT SEPTEMBRE 2010


pdf-3.jpg

ANNUAIRE 2013
FEMMES ALGÉRIENNES EN CHIFFRES

Centre d’information et de documentation

sur les droits de l’enfant

et de la femme (CIDDEF)

05, Rue Ibn Hazm, Sacré Coeur

ALGER – ALGERIE

Tél/Fax: (213) (0) 21 74 34 47

e-mail: ciddefenfant@yahoo.fr


http://www.ciddef-dz.com/pages-index/index.php

Cet annuaire récent (2013) de 38 pages est facilement accessible et particulièrement documenté:

SOMMAIRE

  • Algérie : Constitution, conventions, pactes, protocoles, page 04

  • Population et famille, page 06

  • Habitat, page 08

  • Education, page 09

  • Analphabétisme/Alphabétisation, page 13

  • Enseignement supérieur et recherche scientifique, page 15

  • Santé page 17

  • Violences à l’égard des femmes, page 21

  • Culture/formation artistique supérieure, page 23

  • Emploi/chômage, page 24

  • Développement Humain/Indice sexospécifique, page 33

  • Participation de la femme, page 34
    • Participation des femmes à la décision politique, page 34
    • Femmes dans le gouvernement, page 36
    • Participation des femmes dans le système judiciaire, page 37
    • Participation des femmes dans la fonction publique, page 37
    • Participation des femmes au sein des corps de sécurité, page 37
    • Participation des femmes au sein de la protection civile, page 37

  • Comportements/Attitudes, page 38

[pdf-3.jpg
pour accéder au document et le télécharger directement en ligne sur le site du CIDDEF, cliquer sur le lien (…)->http://www.ciddef-dz.com/pdf/autres-publications/annuaire2013.pdf]

haut de page


pdf-3.jpg

ADRESSES D’ASSOCIATIONS DE FEMMES

sources: CIDDEF – 2013

http://www.ciddef-dz.com/pages-index/liens-connexes.php


ADPDF: “Association pour la Promotion des Droits des Femmes” – Fax: 021.93.65.38


AFAD “Associations femmes Algériennes pour le Développement” – Fax: 038 83 38 97


AFCARE “Association des Femmes Cadres Algériennes” tel: 021.29.38.02


AFEPEC tel: 041 53 20 80; Fax: 041 39 59 81

tel: 041 39 59 81; Fax: 041 39 74 55


AITDF: “Association Indépendante pour le Triomphe des Droits des Femmes” tel: 021.92.50.76; tel: 021.92.52.18


“Aïcha Oum El Mou’minin” tel: 071 67 09 72 Fax: 029 96 89 89


ANFEDR “Association Nationale Femmes et Développement rural” tel: 021.74.52.00; Fax: 021.74.52.00


Association « Mains de femme » tel: 021.63.48.49; Fax: 021.63.48.49


“Association Algérienne d’Alphabétisation IQRAA” tel: 021.73.52.47; tel: 021 91 35 76; tel: 061 50 40 15; Fax: 021.73.52.47


“Association Lalla Nfissa” tel: 025 41 49 79; Fax: 025 40 24 11


“Association Solidarité famille rurale” tel: 021.39.41.41


“Centre d’accueil pour femmes Zeghara « Dar El Hassana » tel: 021.95.44.95; Fax: 021.39.23.40


“Centre spécialisé de rééducation de filles de Birkhadem” tel: 021.44.77.96;


“Club Oranais de la Femme” tel: 021 27 25 68/72;


CNAFVSD: “Centre National d’accueil pour les femmes victimes de violence et en situation de détresse due au terrorisme” tel: 024.46.47.56; tel: 024.46.47.57;


“Collectif B’net Fathma N’Soumer ” tel: 021 79 02 31; Fax: 021 79 02 31;


“DARNA” tel: 021.82.00.75;


FAUED “(Femmes algérienne pour l’égalité des droits)” tel: 021.73.43.45;


FEC “Association Nationale Femmes en communication” tel: 021.68.55.66; tel: 021.66.36.35; Fax: 021.68.55.66


“Femmes, Sport B’net el Kahina” tel: 037.48.36.13; Fax: 037.48.36.13;


“SOS Femmes en détresse” tel: 021.92.60.76; tel: 021.66.87.25; Fax: 021.92.96.19


“SOS Femmes en détresse” tel: 021 95 44 95;


“Tharwa Fadhma N’Soumer” tel: 021 77 48 10; Fax: 021 77 48 10


“Tharwa N’Fadhma N’Soumeur” tel: 025.41.17.44; Fax: 025.41.17.44


… / …

haut de page


pdf-3.jpg

DISCRIMINATIONS À L’ÉGARD DES FEMMES EN ALGÉRIE

étude publiée par le CiDDEF

Alger – 2012

Cette étude (“CiDDEF” et “Agence espagnole internationale pour le développement”) essaie de dresser un « état de lieux », non exhaustif, des discriminations que les femmes rencontrent dans leur vie quotidienne.

Le mouvement associatif féminin, les militantes indépendantes et chercheuses sollicitées ont choisi elles-mêmes les thèmes… / …

Ces thèmes sont présentés dans cette publication pour rendre visible les inégalités auxquelles on ne fait pas toujours attention, tant leur accoutumance y est grande, qu’elles en ont intégré dans les comportements…/…

SOMMAIRE

  • Etat des lieux de la discrimination … page 5

  • Les discriminations: obstacles à la réalisation effective effective d’une égalité entre hommes et femmes … page 8

  • La santé au féminin … page 19

  • La cellule familiale, un foyer de violence contre les femmes … page 32

  • Polémique sur le système des quotas: la femme divise les députés … page 33

  • 147 femmes à l’assemblée, qu’est-ce que ça va changer? … page 36

  • Discriminations envers les femmes en Algérie cinquante ans après l’indépendance

    Regards et interrogations … page 40

  • Discriminations filles / garçons à l’école … page 48

  • Avant même les discriminations au sein du monde du travail: barrage à l’entrée … page 51

  • Lorsque l’administration fait dans la ségrégation … page 54

  • Cas de discrimination dans le travail … page 59

  • Discrimination à l’accès à l’emploi des femmes … page 61

  • La discrimination faite aux femmes en matière d’accès au logement … page 70

  • مشاركة المرآة العربية و موقف الخطاب الديني النهضوي منها

    page 81

haut de page


balsam.jpg

RÉSEAU NATIONAL DES CENTRES D’ ÉCOUTE

DES FEMMES VICTIMES DE VIOLENCE EN ALGÉRIE

LES VIOLENCES CONTRE LES FEMMES EN ALGÉRIE
QUATRIÈME RAPPORT – MAI 2012

Aux femmes violentées

Aux écoutantes pour leur soutien aux victimes

et pour leur précieux travail de rendu de ces souffrances

extraits

Le réseau BALSAM a trois ans d’existence. Trois années pendant
lesquelles les écoutantes des treize centres d’écoute du réseau se
sont réunies pour se former à une meilleure écoute, échanger leur
expérience et réfléchir aux moyens de faire reculer le fléau de la
violence contre les femmes, de mieux répondre aux besoins des
victimes et de réduire les effets délétères à plus long terme sur
les femmes victimes, mais aussi sur leurs enfants et sur toute la
société, de telles violences.

Ces échanges ont permis au réseau de se consolider et de développer
une existence propre en dépit ou grâce aux formes d’action
et objectifs différents des associations qu’il fédère. Le modeste objectif
de départ qui était de mettre en commun les données portant
sur les cas de violence contre les femmes pris en charge par les
différents centres s’est, au fil du temps, spontanément élargi dans
plusieurs directions.

Rendre compte des violences, en parler, les faire connaître, reste
un objectif important du réseau et sur cet objectif il a bien avancé
puisque ce rapport est le troisième qui traite, à partir des données
et témoignages recueillis dans chacun des centres du réseau, des
différentes facettes de cette violence à l’encontre des femmes telle
que la subisse nos concitoyennes.

Mais de plus, d’autres fruits du réseau commencent à mûrir.

  • Ainsi, une collaboration entre les centres pour faire
    émerger les solutions appropriées aux besoins des victimes
    s’organise progressivement entre les intervenantes
    et intervenants à partir des liens interpersonnels, de plus
    en plus solides et chaleureux, noués au cours des nombreuses
    formations auxquelles ils et surtout elles ont participé.

    Ainsi aujourd’hui, outre la mise en commun des données,
    des échanges permanents sur la plate-forme informatique
    du réseau sont souhaités par les membres.
  • Une campagne de sensibilisation grand public sur le problème
    des violences, initiée par le CIDDEF a été démultipliée
    sur tout le territoire à travers les centres du réseau.

    Elle s’est articulée sur le thème «j’en parle avant de ne
    plus pouvoir le faire»
    , eu égard aux nombreux décès de
    femmes victimes de violence. Des femmes qui bien souvent
    ont préféré se taire, espérant que les violences à leur
    égard se calment ou des victimes trop terrifiées pour parler.
  • Un plaidoyer commun à l’ensemble des associations du
    réseau est également en gestation.

    Ce résultat a largement été atteint grâce aux formations
    auxquelles les écoutantes ont participé tout au long de
    ces trois années. Ces formations destinées à améliorer
    leur fonction d’écoute et à apprendre à mieux en rendre
    compte, ont tissé des liens entre les écoutantes et donné
    son identité au réseau[[Vous trouverez en annexe 2 des évaluations de ces formations réalisées par deux intervenants ainsi
    que des témoignages d’écoutantes sur ces formations]].

Les violences contre les femmes représentent un fléau qu’il est
important de dénoncer et contre lequel il faut lutter. On le sait, quel
que soit le pays, les femmes, parce que femmes, subissent des
violences de toute nature. Cette violence s’exerce également chez
nous et se trouve exacerbée par plusieurs facteurs.

Nous vivons
en effet dans une société patriarcale où les hommes occupent une
position dominante.

De plus cette société connaît des mutations
extrêmement rapides, bouleversant les équilibres anciens.

Or il
n’existe aucun lieu de débat, permettant à la société de s’approprier
ces changements, changements angoissants notamment pour les
hommes mais également pour les femmes.

Les solutions recherchées,
comme le recours aux valeurs ancestrales ou religieuses,
au lieu de servir de socle et de racines pour construire une société
moderne et ouverte, se présentent comme des positions défensives,
multipliant les interdits. Il en résulte une violence accrue de
la société contre elle-même et en particulier contre les femmes.

Ce rapport, le troisième portant sur l’analyse des données recueillies
par le réseau, comporte une première partie fournissant des données
statistiques sur les violences dont sont victimes les femmes
qui se sont adressées au réseau.

Elle commence par un portrait statistique des victimes (âge, situation
matrimoniale, niveau scolaire, activité, résidence, type d’agression
et d’agresseur…), suivi d’un portrait plus succinct des agresseurs
et enfin d’une description statistique des formes d’agression
subies.

Une seconde partie sera consacrée aux violences subies par les
femmes célibataires. Elle sera élaborée à partir des récits de violence
recueillis au cours de l’année 2011…

Et deux annexes: proposition de loi, et évaluations des deux cycles de formation des écoutantes réalisés en 2011.

pour lire, cliquer sur le lien (…)


LES VIOLENCES CONTRE LES FEMMES EN ALGÉRIE
DEUXIÈMES RÉSULTATS – SEPTEMBRE 2010

extraits … / …

INTRODUCTION

Un réseau des centres d’écoute relevant des ONG s’est constitué en
2008 pour collationner en commun les cas de femmes victimes de violence
qui s’adressaient à eux. Initié par le CIDDEF et financé par l’UNIFEM, ce projet
a permis à la fois d’apporter un appui aux centres d’écoute, matériel et financier,
et surtout en terme de formation des écoutantes et de valoriser leur travail
d’écoute auprès des femmes victimes de violence .

Son objectif essentiel est de rassembler les cas de violences à l’égard des
femmes, de les faire connaître à un large public et de nourrir un plaidoyer en
direction des pouvoirs publics sur les mesures susceptibles de réduire les phénomènes
de violence contre les femmes ou celles permettant d’apporter aux
victimes le soutien nécessaire.

En juin 2009, les premiers résultats d’analyse des données du réseau ont
été publiés et présentés publiquement. Ils ne constituaient pas, loin s’en faut les
premières études sur le phénomène de la violence contre les femmes.

Celui-ci
a fait l’objet auparavant de plusieurs études menées d’abord au sein du milieu
associatif puis également dans le milieu institutionnel.

Pourtant la société a toujours tendance à minimiser le problème ou à s’en
construire une image très loin parfois de la réalité: «le danger est dehors, dans la rue»; «attention aux inconnus». La réalité est tout autre car toutes les études
le démontrent et la présente analyse des résultats du réseau le confirmera.

CRÉATION ET FONCTIONNEMENT DU

RÉSEAU DES CENTRES D’ ÉCOUTE

Les objectifs poursuivis par le projet initié par le CIDDEF sont d’informer et de sensibiliser
la société et les pouvoirs publics sur les violences à l’égard des femmes, avec
le souci de prévenir ces cas de violence et de soutenir les victimes, reposent sur le
travail d’écoute des centres et la mise en commun des données recueillies.

Aussi, afin d’atteindre les objectifs fixés, une série d’actions a été entreprise:

  • Mise en réseau des centres d’écoute associatifs;
  • élaboration d’une base de données et formation des écoutantes à son utilisation;
  • Animation du réseau;
  • Formation spécifique des écoutantes à l’écoute des femmes victimes de violence;
  • Analyse des cas de violence recueillis et diffusion des résultats…

pour lire le rapport de septembre 2010, cliquer sur le lien (…)


balsam_2010.jpg

LES CENTRES D’ÉCOUTE, DU RÉSEAU NATIONAL BALSAM, OFFRENT UN
CADRE DE PAROLE AUX FEMMES EN DIFFICULTÉ. LEUR MISSION EST DE
SOUTENIR ET AIDER LES FEMMES VICTIMES DE TOUT TYPE DE VIOLENCE.

Les Centres d’écoute assurent :

  • L‘écoute et l’orientation par téléphone.
  • Un soutien et un suivi psychologique.
  • Des conseils juridiques.

Les centres d’écoute soutiennent les femmes en détresse
avec des conseils sur le plan administratif et judiciaire : travail,
études, divorce, héritage, etc…

Les centres d’écoute téléphonique permettent une aide
à distance de n’importe quel point du territoire, ce moyen
garantit l’anonymat absolu et la liberté des appelantes.

Certains centres prennent en charge l’accueil, en consultation
directe des femmes qui s’y adressent.

Les psychologues des Centres d’écoute aident les femmes à
verbaliser et à avoir une image plus construite d’elles mêmes
et à rejeter la violence comme une fatalité.

Les juristes des Centres d’écoute guident les femmes
dans le domaine juridique et les informent de leurs droits.

Elles assurent la rédaction des requêtes et le suivi de la
procédure.

balsam_2010_2.jpg

LA VIOLENCE ENVERS LES FEMMES N’A PAS UNIQUEMENT DES
CONSÉQUENCES PSYCHOLOGIQUES, PHYSIQUES, ET SOCIALES TRÈS
DRAMATIQUES POUR LES FEMMES, ELLE ENTRAÎNE DES EFFETS TRÈS
SÉRIEUX ET DÉSTABILISANTS DANS LA SOCIÉTÉ ENTIÈRE.

TOUTE FORME DE VIOLENCE ENVERS LES FEMMES EST INACCEPTABLE!


haut de page


YAZID HADDAR, NEUROPSYCHOLOGUE: «LA FEMME ALGÉRIENNE EST VICTIME DE VIOLENCE SYMBOLIQUE ET RÉELLE»


écrit par Racim Sbaa

le 25 Novembre 2013

Les chiffres relatifs aux violences contre les femmes dans notre société sont en hausse. Ils signalent une pathologie sociale inquiétante, cependant significative des difficultés, ainsi que des bouleversements que connait la société algérienne depuis quelques années. Selon le Dr Yazid Haddar, neuropsychologue, l’émancipation économique et individuelle de la femme, très mal acceptée par l’homme et une certaine tradition familiale, en est aussi une raison.

Reporters : Quelle lecture ou analyse doit-on faire aujourd’hui de la recrudescence des violences faites aux femmes?

Yazid Haddar : Le fait d’en parler est déjà une avancée. Ces dernières années, les services de police judicaire ou de la DGSN publient périodiquement le nombre de plaintes enregistrées avec parfois des statistiques détaillées. Des données sur lesquelles nous pouvons nous appuyer.

Cela dit, la femme algérienne est victime à deux niveaux de violence: violence symbolique et violence réelle. Je m’explique.

La violence symbolique réside au niveau de la représentation de la femme dans l’imaginaire de la société algérienne. Cette représentation est la résultante de la tradition patriarcale où la place de la femme est réduite à des tâches domestiques et de reproduction, mais aussi religieuse par la légitimation morale: la polygamie, la permission de frapper sa femme, toujours sous la tutelle de l’homme, que ce soit le père, le frère, le mari, le fils… et enfin cette violence réside dans le statut juridique par la confusion de son statut de citoyenne ou croyante, surtout les contradictions dans le Code de la famille par rapport à la question des droits de l’Homme.

Cependant, la violence réelle concerne les violences physiques: la femme est frappée, répudiée, violée, etc., mais aussi les violences verbales: les insultes, les attouchements, le harcèlement, etc.

Toutes ces violences laissent des séquelles au niveau psychologique, qui se reproduisent au niveau générationnel.

Autrement dit, il existe une transmission des violences entre les générations.

Un autre point, la femme algérienne n’est plus la même, car elle accède à la connaissance, elle essaie de prendre une place dans la société, bien qu’elle se heurte à la rigidité de la tradition et des religieux.

Enfin, la mondialisation, par l’économie et les outils de communication, font renforcer l’individualisme, celui de la femme en ce qui nous concerne. Ni la société ni les institutions étatiques ne sont prêtes à accepter cette évolution.

Ce phénomène connaît en termes de chiffres et de faits une hausse inquiétante en Algérie. Est-ce une tendance nouvelle ou est-ce plutôt le résultat d’une médiatisation de comportements sociaux sur lesquels on ne parlait pas beaucoup?

Yazid Haddar : Je pense que les violences existaient déjà auparavant, mais elles étaient un tabou. Le divorce par exemple se réglait en et entre famille. Or, aujourd’hui, avec l’évolution de l’esprit individuel, la notion de la solidarité familiale s’est effritée.

Le seul lieu où la femme peut se plaindre, ce sont les institutions d’Etat, pensant qu’elles vont la protéger! Malheureusement, celles-ci sont le plus souvent démunies devant l’ampleur de la situation et le manque de moyens pour les protéger, alors elles finissent par agir selon le mode traditionnel, tentant d’ouvrir le dialogue entre les membres de la famille, c’est-à-dire qu’elles finissent par se substituer au rôle de la famille traditionnelle.

Comment envisager le retour d’une jeune fille victime d’inceste dans son domicile familial et qui, en plus, doit cohabiter avec son bourreau au quotidien?

C’est un phénomène observé y compris dans les grandes villes, car c’est là où les valeurs individuelles existent et prédominent. Dans d’autres régions, les grands villages ou les zones rurales, la tradition est toujours d’actualité.

Cependant, la question ne doit pas rester au niveau statistique, mais doit être approfondie, non en fermant les yeux sur les vraies causes et en s’intéressant aux causes futiles. Cet approfondissement doit être fait par des professionnels. De plus, il doit être un sujet de débat pour toute la société.

Considérez-vous qu’il puisse exister une relation directe de la violence avec une mauvaise lecture ou interprétation de la religion?

Yazid Haddar : Je pense que la religion a son rôle à jouer dans cette question. D’une part, elle est porteuse d’éléments de violence contre les femmes, ce qui nécessite un travail de pédagogie par les spécialistes en islamologie pour expliquer les conditions de ces sources et comment les adapter à notre temps et, d’autre part, l’association entre la religion et la tradition font légitimer moralement certaines violences au nom divin et de «valeurs authentiques».

À ce niveau, le travail ne dépend pas uniquement de l’Etat, mais aussi des institutions religieuses, qui doivent offrir des moyens moraux (éthiques) au croyant pour éviter les fausses lectures.

Quel est l’impact psychologique, sociologique, voire politique sur la société, des violences faites aux femmes?

Yazid Haddar : Le premier impact est sur la transmission de la violence au niveau générationnel, c’est-à-dire une femme victime de violence peut transmettre ce scénario de vie à ses enfants. Les études scientifiques montrent également que pendant la grossesse, si la femme est angoissée ou stressée, suite à un événement traumatique, elle pourrait le transmettre au fœtus! Cela dit, il pourrait y avoir aussi des scénarios qui se répètent inconsciemment, comme le cas d’une patiente, femme battue, que j’ai suivie, où elle me disait ne pas arriver à comprendre pourquoi elle se marie avec des hommes violents!

L’explication est sur deux niveaux. D’une part, neurologique, par la zone cérébrale activée, mais aussi psychologique, par le conditionnement de la souffrance psychologique. On sait également que, généralement, les personnes qui sont victimes de violence deviennent elles-mêmes violentes, ce n’est pas toujours systématique, ou quand elles évoluent dans un environnement violent.

Autant sur un plan scientifique que sur un plan juridique, que préconisez-vous afin d’enrayer ce phénomène?

Au niveau juridique, le “Code de la famille” doit être abrogé. De ce fait, la femme prendra sa citoyenneté entière. Même si la violence à l’égard des femmes existe partout dans le monde, cependant, les modalités de prise en charge ou d’accompagnement diffèrent.

Une femme qui a subi des violences doit être protégée, pas uniquement au niveau juridique, mais au niveau quotidien, c’est-à-dire offrir des lieux de vie, des centres d’hébergement, etc.

Un suivi psychologique spécialisé dans la traumatologie doit être fait afin que la personne intègre la société et surtout éviter la «transmission de la violence».

L’urgence est de créer un observatoire national sur la violence doté d’un institut de recherche sur la violence en Algérie, qui regroupera toutes les disciplines pour comprendre cette violence qui touche l’ensemble de la société.

En outre, il faut maintenant repenser la famille dans nos institutions, même si nous avons une nostalgie de l’idéal traditionnel, où la famille joue un rôle central dans la vie de l’Algérien, cependant cette réalité s’est mutée et noyée par l’individualisme.

Le «coupable » de violence doit-il aussi se faire aider?

Yazid Haddar : Forcément, car lui-même est victime de cette situation.

Nous sommes dans un circuit mortel, dont l’issue est dans l’accompagnement adéquat et réfléchi et non dans la prison et des lois répressives.


Paris 19 novembre, débat: la citoyenneté des femmmes

pdf-3.jpg

pdf-3.jpg

Fondation Gabriel Péri

Invitation

La citoyenneté des femmes, enjeu et défi pour la démocratie

Malgré des progrès incontestables, l’égalité entre les hommes et les femmes demeure un objectif difficile à atteindre tant dans la sphère publique – professionnelle, sociale et politique – que dans la sphère privée et ce dans tous les pays d’Europe. Le nouveau séminaire de la Fondation Gabriel Péri en partenariat avec le réseau Initiative Féministe Européenne (IFE-EFI) envisage d’aborder inégalité, discriminations et violence à l’encontre des femmes sous l’angle de la citoyenneté.

La première séance du séminaire sur le thème

“FEMMES, PARTICIPATION POLITIQUE ET CITOYENNETÉ”

aura lieu le mardi 19 novembre 2013 à 19h00

Salle Chaptal

place Saint-Germain des Prés, 75006 Paris

Métro Saint-Germain des Prés, ligne 4

Plan d’accès : http://goo.gl/maps/R1U9x

Avec

Mariette Sineau,

directrice de recherche au CEVIPOF, Centre de recherches politiques de Sciences Po et auteure de

“Femmes et pouvoir sous la Ve République. De l’exclusion à l’entrée dans la course présidentielle”,

et

Lilian Halls-French,

coprésidente de l’Initiative Féministe Européenne.

Entrée libre.

Le nombre de place étant limité, merci de vous inscrire par mail à l’adresse


inscription@gabrielperi.fr


gabriel_peri-3.png

Fondation Gabriel Péri

14 rue Scandicci – 93500 Pantin – France

T +33 (0) 1 41 83 88 50 F +33 (0) 1 41 83 88 59

0 Home

Mél : fondation@gabrielperi.fr


LES ALGÉRIENNES 50 ans APRÈS …

image-les-ala59f-f3753.jpg

image-les-ala59f-f3753.jpg

Soumia Salhi

30 octobre 2013

Cinquante ans après, qu’en est-il des Algériennes? Soumia Salhi, militante féministe fait le point sur le formidable bouleversement survenu dans la vie des femmes algériennes. Nous sommes loin du discours néocolonial, démultiplié par internet qui dit que rien n’a changé et qu’il existe, dans les pays du Nord opulent, une espèce humaine supérieure au sein de laquelle les femmes auraient échappé à toute oppression.

J’aime à me promener dans le centre d’El Harrach, le quartier du Collège Laverdet de mon adolescence, celui du lycée Ourida Meddad de ma jeunesse studieuse. Et je ne me lasse pas de m’émouvoir du formidable bouleversement de notre vie de femmes que j’y constate à chaque fois.

Dans mon enfance, les femmes ne sortaient pas, elles ne fréquentaient pas les lieux publics. Je ne parle pas de l’ordre traditionnel rigoureux de notre village au pied de l’Akfadou, mais des grandes villes d’Algérie et notamment d’El Harrach, à Alger, où je suis née. Aussi, je suis toujours agacée par le matraquage du discours néocolonial, démultiplié par internet, ce discours qui dit que rien n’a changé et part du principe suggéré qu’il existe, dans les pays du Nord opulent, une espèce humaine supérieure au sein de laquelle les femmes auraient échappé à toute oppression.
Un véritable mépris pour toutes les luttes féminines, une insulte au bon sens. Il me suffit de comparer le sort de ma mère, disparue il y a quelques années à 90 ans, avec le sort de ma fille titulaire d’un master qui rêve de recherche scientifique. Il n’y a rien de comparable avec le vécu de la décennie 90, ni avec l’enfermement massif des premières années de l’indépendance, ni avec l’arriération de notre société sous la botte coloniale.

Les fruits de l’indépendance

L’indépendance fut l’occasion d’un premier bond en avant pour la femme algérienne. Mais sa situation demeurait paradoxale, l’égalité constitutionnelle n’empêchait pas l’enfermement domestique pour l’écrasante majorité des femmes. L’urbanisation massive, inéluctable, détruit les bases sociales de l’ordre ancien mais les mentalités rurales envahissent la ville. L’égalité proclamée ne disposait pas des conditions économiques et sociales pour s’imposer. Le bouleversement significatif vient de l’irruption massive de lycéennes et d’étudiantes qui s’emparent de l’espace public. C’est en leur sein que va se développer un mouvement féministe. Adossés aux mouvances de la gauche clandestine, des cercles clandestins apparaissent à Alger, Oran, Constantine et Annaba déjà en 1977. On passe ensuite à des activités publiques, dont les plus significatives sont les ciné-clubs féminins. En 1980/81, ce sont des collectifs qui se mettent en place.

De l’ouverture à la menace de régression

Après ces années de maturation, c’est un vaste mouvement qui prend la parole à partir de 1988 et nos coordinations commençaient à traquer les dispositions inégalitaires du code de la famille dont nous exigions l’abrogation et c’est contre un rassemblement, très féminin, devant le premier ministère que s’organise la marche d’eddaawa, en décembre 1989. En réponse, le 8 mars 1990, nous sommes vingt mille à descendre vers l’APN. La victoire du FIS aux élections locales stoppe net notre élan. Nous étions toujours là mais bien moins nombreuses. Cette fois, les télés et la presse nationale et internationale sont au rendez-vous pour couvrir nos activités symboliques. Au quotidien, les femmes résistent massivement et le triomphe du FIS aux législatives de 1991 est moins ample.

La résistance

Au cœur de l’adversité, l’école et l’université sont restées mixtes ! Les statistiques scolaires inversent le ratio sexuel, 60% des bacheliers, deux tiers des diplômés sont des filles. Les diplômées occupent des emplois qui valorisent désormais le travail féminin dans la famille et la société, y compris celui des autres catégories moins instruites. Le mariage n’interrompt plus l’activité professionnelle.

Dans le monde du travail, on retrouve une femme sur trente en 1966 et une femme sur 6 dans les années 2000. Elles réalisent la parité dans les secteurs de l’enseignement et de la santé, dans l’administration. Elles sont mêmes majoritaires dans l’encadrement de base. Elles sont un tiers des juges, ce qui n’est pas rien. Ces années sont aussi faites de luttes pour faire respecter la femme travailleuse. La dynamique de la Commission nationale des femmes travailleuses de l’UGTA concerne 200 000 adhérentes et les implique dans des campagnes qui s’étendent à travers tout le pays. La campagne la plus spectaculaire est celle menée contre le harcèlement sexuel qui débouche sur sa criminalisation en 2004. Mieux ! L’adhésion à cette campagne s’étend aux milieux islamistes.Le droit des femmes à travailler est acquis.
Le hidjab, qui est venu s’opposer à notre liberté est plus commode que le haïk d’antan, puisqu’il libère les mains et le mouvement et par une ironie de l’histoire il a facilité l’accès à l’espace public à des milliers de femmes. On peut, de même, observer une coquetterie vestimentaire assumée, en fait une relativisation du message du voile, celui de la soumission des femmes. Le schéma qui nous est proposé par le discours néocolonial dominant est celui d’une essence, d’une nature arriérée de notre peuple. On lui oppose la perfection génétique des peuples d’Europe.

Ainsi, lorsque nous dénonçons un cas de harcèlement sexuel, les commentaires désignent le coupable : le pouvoir algérien et ses représentants ou alors on accusera la nature barbare de l’Algérien, inapte au progrès. Non ! Tous les pouvoirs de la terre baignent dans les valeurs patriarcales. Le patriarcat est plus radical dans notre pays, mais le harcèlement débute, et il se développe avec l’essor de la précarité et de la misère, avec les contrats temporaires et le travail au noir qui multiplient les occasions de chantage.

J’ai posté sur facebook des statistiques sur les viols commis en Algérie. Et de nouveau le couplet essentialiste. L’Algérie, l’Algérie.

Encore non ! L’oppression patriarcale, les violences c’est le sort commun des femmes du monde entier. Il y a un viol toutes les 35 secondes aux USA, un viol toutes les sept minutes en France. Pour les violences conjugales : tous les cinq jours, deux femmes sont tuées en France par leur compagnon. Ce n’est qu’en 1969 que les françaises ont eu le droit d’avoir un chéquier, ce n’est qu’en 1974 que le dernier canton suisse a accordé le droit de vote aux femmes. Sait-on que le droit coutumier britannique autorisait le mari à battre sa femme. Qu’y a-t-il donc de spécifique qui nous donne cette évidence d’un sort moins favorable chez nous ? L’abolition des pratiques sociales désuètes et des mentalités rétrogrades tarde à la mesure des retards du développement. Il s’agit d’examiner avec objectivité notre situation et ses particularités. Si notre analyse de notre propre réel est erronée, on ne pourra pas avancer.

Alors, cinquante ans après, qu’en est-il des Algériennes ? Un immense bouleversement est survenu, mais nous voulons plus et mieux. Nous avons connu des joies et des larmes. Nous avons eu beaucoup d’espoirs, nous avons conquis beaucoup de positions et résisté à l’adversité. Les blessures de la régression sont encore là. Les stigmates de la vague rétrograde sont encore présents, mais la vie a refleuri. Le combat a repris et nos filles continueront à monter à l’assaut du ciel.

Soumia Salhi : militante féministe, syndicaliste

Source :

investig’action

elwatan.com

PARIS – 18 SEPTEMBRE : RENCONTRE (AVEC UNE SURVIVANTE CORÉENNE DE L’ESCLAVAGE SEXUEL MILITAIRE JAPONAIS)

femmes_de_reconfort.jpg

de la délégation du Conseil Coréen des « Femmes de Réconfort »

femmes_de_reconfort.jpg

Nous avons le plaisir de vous inviter

à la rencontre avec une survivante coréenne

de la délégation du Conseil Coréen des « Femmes de Réconfort »,

requises et exploitées dans les bordels militaires japonais durant la 2ème guerre mondiale.

mercredi 18 septembre,

17h – 19h :

Témoignage de Mme KIM Bokdong, victime et survivante

en présence de Jean Salem, professeur à l’Université Paris 1

12 place du Panthéon – 75005 Paris

salle 216

RER B Luxembourg

(entrée libre dans la limite des places disponibles)

Veuillez-trouver en pièce jointe la présentation de cette délégation venant de Corée.

Nous vous invitons à vous inscrire auprès de :

coreaparisfestival@gmail.com

ou 06.31.78.85.95


Documents joints :


Esclavage sexuel par les militaires japonais

  • Femmes de réconfort
  • Mobilisation forcée

Dignité et droits de l’homme

  • Démonstration du mercredi
  • Le début de la solidarité

Dignité et droits de l’homme

  • Le Tribunal international pour crimes de guerre contre les femmes en 2000
  • La voix de la communauté internationale

[Le Conseil coréen pour les femmes requises pour l’esclavage sexuel militaire du Japon
(The Korean Council for the Women Drafted for Military Sexual Slavery by Japan)
->doc4196]

  • Organisations internationales et campagnes de mobilisations mondiales
  • Manifestations du mercredi
  • Activités de recherches
  • Solidarité avec la Corée du Nord et d’autres pays asiatiques
  • Tribunal international sur les crimes de guerre à l’encontre des femmes
  • Services sociaux pour les survivants
  • Refuge
  • Musée de la guerre et des droits humains des femmes
  • Les principales revendications des femmes de réconfort sont les suivantes:
  1. Admettre le système d’esclavage sexuel militaire japonais comme un crime de guerre
  2. Divulguer des documents officiels
  3. Exiger des excuses officielles du gouvernement japonais
  4. Réparations à payer pour les victimes
  5. Punir les responsables
  6. Enregistrez le système d’esclavage sexuel dans les manuels d’histoire
  7. Edifier un monument commémoratif et créer des archives

FEMME – POÈME

Image1.jpg

POÈME POUR LA FEMME

non ce n’est pas un poème c’est seulement poétique

A.E.K.

[

Pour accéder au diaporama

Image1.jpg

cliquer sur le lien …

->doc3694]


Si le diaporama est incomplet (absence de son etc… )

appuyer sur la touche F5

ou aller dans la barre de menus / Diaporama / « à partir du début »


NI HAÏK, NI HIDJAB NI SEINS À L’AIR

Akram Belkaïd

La chronique du blédard

Le Quotidien d’Oran

28 mars 2013

Il fut un temps où l’Algérie indépendante entendait dévoiler ses femmes. Bien sûr, la méthode n’était pas celle, brutale, qui fut utilisée, un temps et en vain, par le colonisateur à la fin des années cinquante. Non, il s’agissait de progressisme volontariste, l’objectif étant de donner aux Algériennes les mêmes droits que les hommes. Les deux premières décennies de l’Algérie indépendante furent donc, vaille que vaille, celles de la mixité, des têtes découvertes et des jupes plus ou moins courtes. Puis, vint la régression que nous connaissons aujourd’hui avec ses voiles imposés par des prédicateurs influencés par le Machrek et le Golfe.

Dernièrement, et pour dénoncer cela, des femmes ont défilé à Alger habillées du haïk traditionnel. Une petite vaguelette blanche qui a fait beaucoup parler d’elle et dont l’objectif était de revendiquer une authenticité bien algérienne face aux hidjabs, niqabs et autres djelbabs. On pourrait applaudir à cet acte de résistance contre la propagation dans le pays de ces accoutrements étrangers et d’un autre âge (à ce sujet, les hommes pourraient aussi se pavaner à leur tour en seroual-loubia pour dire tout le mal qu’ils pensent de la tenue kamiss-claquettes). Le problème, c’est qu’on ne lutte pas contre une régression par une autre régression. En clair, le haïk n’est pas la solution, bien au contraire. Il faut même se demander si le hidjab ne lui est pas préférable car, au moins, il ne cache pas le visage de la femme et la laisse plus libre de ses mouvements. Mais n’entrons pas dans ce genre de raisonnement, il ferait trop plaisir aux conservateurs qui savent servir à merveille ce genre d’arguments spécieux.

Non, le vrai objectif est de faire en sorte que les Algériennes aient les mêmes droits que les Algériens. Une égalité qui passe par l’abrogation du “Code de la famille” que plus personne ne semble réclamer. Il est vrai que certaines de ses anciennes contemptrices sont désormais tirées d’affaire, ayant accédé à de hautes fonctions ou sévissant au sein de l’Assemblée nationale. Oui, défendre l’égalité homme-femme, c’est dire haut et fort qu’il faut interdire la polygamie, qu’il faut légiférer sur l’égalité d’accès à l’emploi, qu’il faut criminaliser les violences conjugales et qu’il faut mettre fin au scandale honteux de la répudiation et des femmes mises à la porte de chez elle par la simple volonté masculine. C’est reprendre le combat de nos aînées, leur dire que ce qu’elles réclamaient n’était pas utopique car un peuple qui bride et brime une part de lui-même ne s’en sortira jamais.

C’est aussi commencer le combat à la maison, dans la cellule familiale, pour que les pères mais aussi les mères – qui sont trop souvent les outils de répression de leurs propres filles – fassent en sorte que les frères aient les mêmes devoirs que leurs sœurs, notamment en ce qui concerne les tâches ménagères, et que ces mêmes sœurs aient les mêmes libertés que leurs frères. Bien entendu, ce n’est pas facile, ce n’est pas évident dans une société à la fois patriarcale, méditerranéenne et musulmane. Mais là est le vrai combat. Il n’est pas dans l’exhumation d’un bout de tissu blanc aussi dentelé et fin soit-il…

Cette petite manifestation en faveur du haïk témoigne de cette confusion et de cette absence de discernement propres à nos sociétés. Le manque de culture politique, la volonté de frapper les esprits par le biais du buzz médiatique en sont responsables mais aussi l’égotisme, véritable maladie de ce début de siècle comme le montre l’explosion des réseaux sociaux sur internet où chacun raconte sa vie dans les moindres détails comme s’il s’agissait d’une aventure extraordinaire. Mais, ce genre d’actions fait rarement avancer les choses et seul compte le travail de fond et de proximité. Et, avec lui, l’explication, et l’argumentation. Cela vaut pour ces jeunes femmes arabes qui empruntent le sillage des Femen ukrainiennes en exhibant leurs poitrines nues pour revendiquer leurs droits et faire passer un message féministe et anti-intégriste. Sans surprise, ce mode d’action a les faveurs élogieuses des médias occidentaux et de leurs chroniqueurs en mal d’engagements (que feraient-ils d’ailleurs si le monde arabe n’existait pas?).

Mais il faut vraiment être naïf – ou cynique – pour affirmer qu’une poitrine nue peut changer les choses. Bien sûr, cela offre une petite notoriété, un visa pour l’Europe, peut-être même un prix d’une quelconque fondation humaniste avec à la clé une rétribution bienvenue. Cela donne lieu à un moment de célébrité warholien et contribue à alimenter en sujets l’industrie française de l’indignation et des mobilisations sélectives. Car, il y a celle qui enlève le haut et celles et ceux qui s’inquiètent et tempêtent pour elle, ce qui leur offre aussi, le moment de célébrité… Mais, tout cela ne fera certainement pas disparaître le machisme et la misogynie en Algérie, Tunisie ou ailleurs dans le monde arabo-musulman. Une poitrine à l’air avec inscrit sur elle un message politique? Les intégristes y trouvent matière à fulminer et à menacer, les imams une occasion pour donner de la fatwa rétrograde et la majorité silencieuse, celle qui, demain, pourrait enfin comprendre pourquoi l’égalité entre les hommes et les femmes est si vitale, va se demander si tout cela est bien sérieux.

Comme je l’ai déjà écrit dans un texte récent: n’est pas Lady Godiva qui veut [[Lignes quotidiennes, lundi 31 décembre 2012.]]. Et ces néo-militantes seraient mieux inspirées de s’en retourner vers des modes d’actions plus classiques, certes moins spectaculaires et moins susceptibles de les rendre célèbres, mais, à terme, bien plus efficaces à l’image du «Grassroots commitment» cher aux sociétés civiles anglo-saxonnes. La cause des femmes est une affaire trop sérieuse pour être réduite à ce genre d’actions, certes risquées et dangereuses, mais néanmoins guignolesques et narcissiques…


8 MARS 2013


Que toutes les Algériennes et tous les Algériens, en pensant à cette date symbolique, fassent de chaque journée de l’année une permanente journée de lutte pour l’égalité des droits et devoirs entre hommes et femmes, pour la conquête de l’accès effectif à l’emploi, à la santé, à l’enseignement, à la solidarité sociale, au respect de la dignité individuelle et collective, que ce soit dans la rue au travail ou dans la famille.

Que l’esprit du 8 mars imprègne les mentalités comme l’une des dimensions de la lutte contre toutes les formes de discriminations, qu’elles soient liées à la condition féminine sur laquelle pèsent les plus lourdes contraintes, ou liées aux inégalités sociales, aux sensibilités identitaires, aux opinions politiques, à la façon de s’habiller et autres sources de division et de démobilisation.

Quand on touche aux libertés et droits des femmes, ce sont aussi les droits et libertés des hommes qui sont atteints et réciproquement.

Le critère fondamental reste le respect de l’autre et la solidarité face aux malheurs et aux injustices, dans les luttes pour une égale citoyenneté qui donne son plein sens à l’indépendance nationale.

Le sens du 8 mars : c’est le besoin permanent de l’unité d’action des hommes et des femmes, qui représentent les deux moitiés inséparables de la Nation et de la société.

Honneur à nos compatriotes et concitoyennes femmes, le sel de la Terre


FEMMES – 8 MARS 2013


SOIXANTE DIX ŒILLETS POUR BEKHTIqui loge depuis le 26 janvier dernier dans la rue sous une tente de quatre mètres carrés à «La Baseta» au cœur du quartier populaire de BAB EL OUED ALGER,expulsée du logement qu’elle occupait en gardiennage, depuis dix huit ans…; – VIDÉO texte et photos de FATEH AGRANE – Raina – 8 mars 2013;


HOMMAGE AUX FEMMES ALGÉRIENNES ASSASSINÉES DURANT LA DÉCENNIE NOIREpar Moncef Rédha – La Nouvelle République;


pdf_img2353right-doc2352-4.jpg
VOUS ÉTIEZ TROP ARMÉES !mise en ligne socialgerie le 24 septembre 2011 – socialgerie le 24 septembre 2011;


SCOLARISATION FÉMININE MASSIVE, SYSTÈME MATRIMONIAL ET RAPPORTS DE GENRE AU MAGHREB – par Kamel Kateb – gss.revues.org – automne 2011;


TUNISIE- L’UGTT APPELLE À LA CONSTITUTIONNALISATION DES DROITS DE LA FEMME;


DSC_3268.jpg

SOIXANTE DIX ŒILLETS POUR BEKHTI

Sur ma route pour aller voir Madame OURAD Bekhti qui loge depuis le 26 janvier dernier dans la rue sous une tente de quatre mètres carrés à «La Baseta» au cœur du quartier populaire de BAB EL OUED ALGER, (elle a été expulsée du logement qu’elle occupait en gardiennage, depuis dix huit ans par les héritiers du bien ; sur décision de justice).

Je me suis arrêté devant le fleuriste du marché NELSON pour demander le prix des œillets

– Cent dinars l’unité me répondit- il !

« Ya bouguelb » avec son revenu de 4000 D.A. d’handicapée BEKHTI ne pourra s’offrir donc que quarante œillets à l’ occasion de ce 8mars!

Ajoutés à celui de son mari trois mille dinars (pension d’handicapé aussi), trente autres œillets… cela fera une couronne de soixante dix œillets magnifiques!

Soixante dix œillets à étaler sur la tente, à sa porte, et sur le trottoir sur lequel elle vit…

Elle mangera après durant tout le mois l’asphalte de la rue, se vêtira des sachets que le vent glacial de mars fait voltiger au dessus de la tente, se soignera des eaux ruisselantes qui lui traversent le corps, se lavera et ira a la salle d’eau de la mosquée du coin…

Oui j’ai imaginé les sept mille dinars partir pour l’achat d’œillets puis brusquement j’ai demandé, a son fils de quoi rêves-tu toi?

Aucun son ne pouvait sortir de sa bouche sauf un sanglot étranglé et une larme lâche qui tomba pour envelopper son gémissement …

– un toit tonton…

Il venait juste de rentrer de l’école et demanda à sa maman pourquoi tant de fleurs étalées chez les commerçants, aujourd’hui maman?

Elle lui répondit … comme toi, je ne sais…

Et moi l’égaré sous une tente de quatre mètres carrés je continuai à nager dans ma couronne d’œillets en me disant c’est le 8 mars…

un combat de tous les jours! de la femme et de l’homme… pour plus de justice, pour vaincre la misère et la déchéance sociale!

FATEH AGRANE

8 MARS 2013

VIDÉO

DSC_3273.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=CNHCwTaly24

haut


lum_memoires_f.jpg

EN CETTE JOURNÉE DE LA FEMME

NOS PENSÉES S’ENVOLENT VERS

CELLES QUI ONT ÉTÉ LÂCHEMENT ASSASSINÉES …

DURANT LA DÉCENNIE NOIRE. …

Impossible de célébrer la Journée internationale de la femme sans penser aux dizaines de femmes martyres qui ont dit «Non» avec un grand «N» à ceux qui ont voulu par la force imposer leur idéologie désastreuse au peuple algérien.

Parmi les dizaines de femmes martyres, nous citons les 11 enseignantes égorgées un certain 27 septembre 1997 pour la simple raison qu’elles donnaient du savoir aux enfants de l’Algérie.

Les bourreaux ont fait savoir aux enseignantes que, selon eux, la mission principale de la femme consiste à s’occuper de son mari, à la maison et non pas à l’extérieur. C’est à un esclavage que les intégristes ont voulu soumettre la femme Algérienne. Les institutrices avaient reçu auparavant des menaces leur intimant l’ordre de cesser d’exercer ce métier considéré comme illicite. Elles n’en ont pas tenu compte en faisant fi de ces menaces et ont continué à se rendre chaque jour dans cette école, bravant ainsi l’interdiction d’enseigner dans ce coin perdu de l’arrière-pays qu’est Sehamda, car c’était leur gagne-pain.

Elles ne pouvaient aucunement, comme c’était le cas d’autres fonctionnaires à l’époque, se complaire en présentant un faux certificat médical et surtout leur statut social ne leur permettait pas de bénéficier d’une quelconque assistance de la part de la tutelle éducative de l’époque, qui leur avait signifié une fin de non-recevoir irréversible lorsqu’elles se présentèrent auparavant en faisant part des menaces dont elles étaient l’objet.

En ce détour isolé de l’Algérie profonde, sur les terres des courageux Ouled Slimane, principale tribu de la région, s’élevèrent des cris de suppliciées et de désespoir de ces filles qui ne pouvaient arrêter les sanguinaires. Même le ciel s’était mis à pleurer, lorsqu’elles ont imploré dans un vain espoir des bourreaux décidément sourds et insensibles aux larmes et supplications des victimes.

La sale besogne de ces sanguinaires n’allait pas tarder, car elles furent ligotées et l’acte ignoble de l’assassinat eut lieu.

Gisant dans une mare de sang, les corps des victimes seront abandonnés au milieu d’une vaste étendue de verdure des heures durant, avant qu’ils ne soient évacués.

C’est une infirmière, encore une femme, qui, tout en prenant son courage à deux mains, organisa dans un climat d’horreur leur évacuation.

Toute la population de Sfisef, d’où étaient originaires les jeunes institutrices, resta pour longtemps sous le choc.

Les élèves de l’école d’Aïn Aden ont été privés ainsi de leurs enseignantes qu’ils chérissaient. À l’endroit même où fut tendue l’embuscade par les sanguinaires aux jeunes institutrices – parmi elless un homme, à savoir Saber Habib –, il est opportun de savoir que des volontés du mouvement associatif de Sfisef ont perpétué le combat séculaire et la résistance de la région, fière de ses filles et de ses fils, en édifiant une imposante stèle portant tous les noms des victimes, à savoir Dich Amina, Tounsi Aziza, Boudaoud Kheira, Bouteraa Rachida, Mehdane Zohra, Bouhend Fatima, Fliou M’hamdia, Louhab Naïma, Lenfad Hafida, Cherrid Kheira, Bouali Hanafi Sahnounia.

Grâce à son courage, sa bravoure et son engagement aux côtés de l’homme, la femme algérienne a hissé très haut l’emblème national.

Au moment où les ennemis de l’Algérie l’on donnée pour morte, l’Algérienne a bravé la terreur et a permis à l’Algérie de rester debout.

MONCEF RÉDHA

Sources

haut


TUNISIE- L’UGTT APPELLE

À LA CONSTITUTIONNALISATION

DES DROITS DE LA FEMME

greve_general-tunisie.jpg

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a appelé, à constitutionaliser les droits de la femme et à activer la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ( CEDAW), ratifiée par le gouvernement tunisien en 2011.

Dans un communiqué publié hier à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme, le 8 mars, l’UGTT appelle, également à la ratification des textes internationaux relatifs au travail, en particulier, la convention N°183 sur la protection de la maternité.

La centrale syndicale recommande de renforcer la présence de la femme dans les postes de décision et de mettre en place les mécanismes de détection des violations des droits humains.

La centrale syndicale réaffirme son attachement au droit de la femme à un travail décent, à l’égalité des chances et à la couverture sociale et son engagement à la protéger contre la marginalisation, le travail précaire et la violence. L’organisation y exprime sa solidarité avec les femmes qui vivent dans des conditions de guerre, évoquant, notamment, le combat de la femme arabe en Palestine et en Irak pour l’égalité, la dignité et la liberté.

TAP, 6 mars 2013

haut


SCOLARISATION FÉMININE MASSIVE, SYSTÈME MATRIMONIAL ET RAPPORTS DE GENRE AU MAGHREB

Par Kamel Kateb

gss.revues.org/

automne 2011

Des modifications inédites se déroulent sur les marchés matrimoniaux des pays maghrébins.

Quel rôle a joué le système scolaire dans ces transformations? La scolarisation massive des filles, la prolongation de la durée des études, la plus grande présence des femmes dans l’espace public et le développement de formes de mixité ont-ils contribué à ébranler les bases des stratégies matrimoniales et, plus largement, de l’organisation familiale traditionnelle?

Dans des pays où le statut des femmes est au cœur des problèmes de société, la scolarisation massive des filles est-elle un fait suffisant pour provoquer des changements sociaux qui ont pourtant résisté aux assauts de la modernisation coloniale?

Si elle a été sans conteste un facteur non négligeable du relèvement de l’âge moyen des femmes au mariage, peut-elle expliquer à elle seule l’ampleur de cette hausse? Comment ces changements se sont-ils répercutés sur les relations au sein de la cellule familiale, notamment sur les pratiques du mariage et les rapports de genre?

Pour atteindre les objectifs assignés à ce travail et essayer de donner une réponse pertinente aux innombrables questions soulevées, les données publiées par les instituts nationaux de statistiques des trois pays sont mobilisées en priorité. Elles ont été obtenues par les recensements de période décennale et différentes enquêtes nationales menées parfois dans le cadre de campagnes internationales de constitution de bases de données (EADS, PAPCHILD, PAPFAM, etc.)

Concernant la scolarisation et l’éducation nous utiliserons les données publiées dans les annuaires statistiques des trois pays et celles regroupées par l’UNESCO.

Il en découle des changements profonds dans la position de la femme dans ces sociétés avec des inégalités importantes dans les rapports de genre.

Lire le texte intégral de l’article de Kamal Kateb en PDF

Sources: gss.revues.org

[mis en ligne sur socialgerie

article 943, le 6 octobre 2012->943]

haut