« ÉCOLE EN DANGER »

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Les attaques liées aux différentes réformes libérales de l’école

et le
projet du Front de gauche pour l’école

expliqué simplement dans

ce
nouvel épisode de « On vous fait un dessin ».

À découvrir sur :

L’ÉCOLE EN DANGER

FRANCE – FRONT DE GAUCHE

EP 16 – On vous fait un dessin

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->http://www.dailymotion.com/video/xz8sw1_ep-16-on-vous-fait-un-dessin-ecole-en-danger_news#.UXfR]

CHINE 2012

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LE CAPITALISME D’ÉTAT CHINOIS

Pour Samir Amin, «la première qualification qui s’impose à l’analyste de la réalité chinoise est: capitalisme d’État. Soit, mais cette qualification demeure vague et superficielle tant qu’on n’en analyse pas les contenus précis.

Il s’agit de capitalisme au sens où le rapport auquel les travailleurs sont soumis par les pouvoirs qui organisent la production est analogue à celui qui caractérise le capitalisme: travail soumis et aliéné, extraction de surtravail. Des formes brutales à l’extrême d’exploitation des travailleurs — dans les mines de charbon, dans les cadences infernales des ateliers qui emploient de la main-d’œuvre féminine — existent en Chine.

C’est un scandale pour un pays qui prétend vouloir avancer sur la route du socialisme.

Néanmoins, la mise en place d’un régime de capitalisme d’État est incontournable; et elle le demeurera partout.».


Michel Peyret le 10 avril 2013


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CHINE 2012

Samir Amin

Les débats concernant le présent et l’avenir de la Chine — puissance «émergente» — me laissent toujours sceptique[[Ce papier doit beaucoup aux débats organisés en Chine (novembre-décembre 2012) par Lau Kin Chi (Linjang University, Hong Kong), en association avec la South West University de Chongqing (Wen Tiejun), les Universités Renmin et Xinhua de Beijing (Dai Jinhua, Wang Hui), la CASS (Huang Ping), et aux rencontres avec des groupes d’activistes du mouvement rural dans les provinces du Shanxi, Shaanxi, Hubei, Hunan et Chongqing. À eux tous mes remerciements et l’espoir que ce papier soit utile à la poursuite de leurs discussions. Il doit beaucoup aussi à ma lecture des écrits de Wen Tiejun et de Wang Hui.]].

Les uns considèrent que la Chine a définitivement opté pour la «voie capitaliste» et envisage même d’accélérer son insertion dans la globalisation capitaliste contemporaine. Ils s’en félicitent et souhaitent seulement que ce «retour à la normale» (le capitalisme étant la «fin de l’histoire») s’accompagne d’une évolution démocratique sur le mode occidental (pluripartisme, élections, droits de l’homme). Ceux-là croient — ou doivent croire — à la possibilité pour la Chine de «rattraper» par ce moyen (en termes de revenu par tête), fût-ce progressivement, les sociétés opulentes de l’Occident — ce que je ne crois pas possible.

La droite chinoise partage ces points de vue. D’autres le déplorent au nom des valeurs du «socialisme trahi». Certains s’associent aux formulations dominantes en Occident des champions du China bashing[[China bashing. J’entends par là, ce sport favori des médias occidentaux de toutes tendances — y compris de gauche hélas — qui consiste à dénigrer systématiquement, voire criminaliser tout ce qui se fait en Chine. La Chine exporte de la pacotille pour les marchés pauvres du tiers monde (c’est vrai). Ignoble crime. Mais elle produit aussi des trains à grande vitesse, des avions, des satellites, dont on vante les qualités technologiques merveilleuses en Occident, mais auxquels la Chine n’aurait pas droit! On fait comme si la construction en masse de logements populaires n’était pas autre chose que l’abandon des travailleurs aux bidonvilles et on assimile «l’inégalité» en Chine (les logements populaires ne sont pas des villas opulentes) et en Inde (villas opulentes et bidonvilles), etc. Le China bashing flatte l’opinion infantile que l’on retrouve dans certains courants de la «gauche» occidentale impuissante: si ce n’est pas le communisme du 23e siècle, c’est une trahison! Le China bashing participe de la campagne systématique d’entretien de l’hostilité à l’égard de la Chine, en vue d’une agression militaire éventuelle. Il s’agit de détruire les chances d’une émergence authentique d’un grand peuple du Sud, rien de moins.]].

Les autres — les pouvoirs en place à Beijing — qualifient la voie choisie de «socialisme aux couleurs de la Chine», sans plus de précision. Mais on peut découvrir ces spécificités en lisant attentivement les textes officiels, en particulier les plans quinquennaux, précis et pris au sérieux.

En fait la question — la Chine est-elle capitaliste ou socialiste? — est mal posée, trop générale et abstraite pour que la réponse dans les termes de cette alternative absolue fasse sens.

Car la Chine est effectivement engagée sur une voie originale depuis 1950 et peut être même depuis la révolution des Taiping au 19e siècle. Je tenterai donc ici de préciser le contenu de cette voie originale à chacune des étapes de son déploiement de 1950 à aujourd’hui (2012).

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extraits

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… Grands succès, défis nouveaux

La Chine n’est pas aujourd’hui à la croisée des chemins. Elle l’a été chaque jour depuis 1950. Des forces sociales et politiques de droite et de gauche présentes dans la société et le parti se sont affrontées en permanence.

D’où vient la droite chinoise? Certes, les anciennes bourgeoisies compradore et bureaucratique du Kuomintang avaient été exclues du pouvoir. Cependant, au cours de la guerre de libération, des segments entiers des classes moyennes, professionnels, fonctionnaires, industriels déçus par l’inefficacité du Kuomintang face à l’agresseur japonais, s’étaient rapprochés du parti communiste, voire y avaient adhéré. Beaucoup d’entre eux — mais certainement pas tous — étaient demeurés nationalistes sans plus. Par la suite, à partir de 1990 avec l’ouverture à l’initiative privée, une nouvelle droite, autrement plus puissante, a fait son apparition, qui ne se réduit pas aux « hommes d’affaires » qui ont réussi et fait fortune (parfois de façon colossale), renforcés par leur clientèle — dont des responsables de l’État et du parti, confondant contrôle et collusion, voire corrompus.

Ce succès, comme toujours, inspire des adhésions aux idées de droite dans les classes moyennes éduquées, en expansion. C’est dans ce sens que la croissance de l’inégalité — même si elle n’a rien à voir avec celle qui caractérise les autres pays du Sud — constitue un danger politique majeur, le véhicule de la progression des idées de droite, de la dépolitisation et des illusions naïves.

Je ferai ici une observation complémentaire qui me paraît importante : la petite production, notamment paysanne, n’inspire pas des idées de droite comme Lénine le pensait (cela était juste dans les conditions russes). La situation de la Chine est toute différente celle de l’ex-URSS. La paysannerie chinoise, dans l’ensemble, n’est pas réactionnaire, car elle ne défend pas le principe de la propriété privée, en contraste avec la paysannerie soviétique, que les communistes ne sont jamais parvenus à détacher de leur alignement sur les koulaks pour la défense de la propriété privée. Au contraire, la paysannerie chinoise de petits producteurs (sans être des petits propriétaires) est aujourd’hui une classe qui ne propose pas des solutions de droite, mais au contraire se situe dans le camp des forces en mouvement pour l’adoption de politiques plus courageuses sur les plans sociaux et écologiques. Le puissant mouvement de « rénovation de la société rurale » en constitue le témoignage. La campagne chinoise se situe largement dans le camp de la gauche, avec la classe ouvrière. La gauche a ses intellectuels organiques et elle exerce une certaine influence sur les appareils de l’État et du parti.

Le conflit permanent entre la droite et la gauche en Chine a toujours trouvé son reflet dans les lignes politiques successives mises en œuvre par la direction du parti et de l’État. À l’époque maoïste, la ligne de gauche ne l’a pas emporté sans combat. Prenant la mesure de la progression des idées de droite au sein du parti et de sa direction, un peu sur le modèle soviétique, Mao a déclenché la Révolution culturelle pour la combattre. «Feu sur le Quartier Général», c’est-à-dire les instances dirigeantes du Parti, là où se constitue «la nouvelle bourgeoisie». Mais si la Révolution culturelle a répondu aux attentes de Mao durant les deux premières années de son déploiement, elle a par la suite dérivé dans l’anarchie, associée à la perte de contrôle de la gauche du parti et de Mao sur la succession des événements. Cette dérive a favorisé une reprise en main de l’État et du parti qui a donné ses chances à la droite. Depuis, la droite est toujours fortement présente dans toutes les instances dirigeantes. Mais la gauche reste présente sur le terrain, contraignant la direction suprême à des compromis de «centre» — centre droit ou centre gauche?

Pour comprendre la nature des défis auxquels la Chine est confrontée aujourd’hui, il est indispensable de savoir que le conflit entre le projet souverain chinois tel qu’il est et celui de l’impérialisme nord-américain et de ses alliés subalternes européens et japonais est appelé à croître en intensité au fur et à mesure de son succès. Les domaines du conflit sont multiples: le contrôle par la Chine des technologies modernes, l’accès aux ressources de la planète, le renforcement des capacités militaires de la Chine, la poursuite de l’objectif de reconstruction de la politique internationale sur la base de la reconnaissance du droit souverain des peuples à choisir leur système politique et économique. Chacun de ces objectifs entre en conflit direct avec ceux poursuivis par l’alliance de la triade impérialiste.

La stratégie politique des États-Unis s’est assigné l’objectif du contrôle militaire de la planète, seul moyen pour Washington de conserver les avantages que lui confère son hégémonie. Les guerres préventives engagées au Moyen-Orient poursuivent cet objectif, et dans ce sens elles constituent les préliminaires à la guerre préventive (nucléaire) contre la Chine, envisagée froidement comme éventuellement nécessaire par l’establishment nord-américain, «avant qu’il ne soit trop tard». Tenir au chaud l’hostilité à l’égard de la Chine par le soutien aux esclavagistes du Tibet et du Sinkiang, le renforcement de la présence navale américaine en mer de Chine, l’encouragement prodigué au Japon engagé dans la construction de sa force militaire, tout ça est indissociable de cette stratégie globale hostile à la Chine. Les champions du China bashing contribuent à entretenir cette hostilité.

Simultanément, Washington s’emploie à manœuvrer pour amadouer les ambitions éventuelles de la Chine et des autres pays qualifiés d’émergents par la création du G20, destiné à donner aux pays concernés l’illusion que leur adhésion à la mondialisation libérale servirait leurs intérêts. Le G2 (États-Unis/Chine) constitue — dans cet esprit — un piège, qui, en faisant de la Chine le complice des aventures impérialistes des États-Unis, ferait perdre toute sa crédibilité à la politique extérieure pacifique de Beijing.

La seule réponse efficace possible à cette stratégie doit marcher sur deux jambes:

  • renforcer les capacités militaires de la Chine et les doter d’une puissance de riposte dissuasive;
  • poursuivre avec ténacité l’objectif de la reconstruction d’un système politique international polycentrique, respectueux de toutes les souverainetés nationales, et agir dans ce sens pour la réhabilitation de l’ONU marginalisée par l’Otan.

J’insisterai sur l’importance décisive de cet objectif qui implique la reconstruction prioritaire d’un «front du Sud» (Bandung 2?) capable de soutenir les initiatives indépendantes des peuples et des États du Sud. Il implique à son tour que la Chine prenne conscience qu’elle n’a pas les moyens d’un éventuel alignement sur les pratiques prédatrices de l’impérialisme (le pillage des ressources naturelles de la planète), faute de puissance militaire analogue à celle des États-Unis, laquelle constitue en dernier ressort la garantie du succès des projets impérialistes. La Chine par contre a beaucoup à gagner en développant son offre de soutien à l’industrialisation des pays du Sud, que le Club des «donateurs» impérialistes s’emploie à rendre impossible.

Le langage tenu par les autorités chinoises concernant les questions internationales, réservé à l’extrême (ce qu’on peut comprendre) ne permet pas de savoir dans quelle mesure les dirigeants du pays sont conscients des défis analysés plus haut. Plus grave, ce choix renforce dans l’opinion l’illusion naïve et la dépolitisation.

L’autre volet du défi concerne la question de la démocratisation de la gestion politique et sociale du pays.

Mao avait conçu et mis en œuvre un principe général de la gestion politique de la Chine nouvelle qu’il avait résumé dans les termes suivants: rassembler la gauche, neutraliser (j’ajoute: et non éliminer) la droite, gouverner au centre gauche. Il s’agit là, à mon avis, de la meilleure manière de concevoir d’une manière efficace la progression par avancées successives, comprises et soutenues par les grandes majorités. Mao avait donné de cette manière un contenu positif au concept de démocratisation de la société, associé au progrès social sur la longue route vers le socialisme. Il en avait formulé la méthode de mise en œuvre: «la ligne de masse» (descendre dans les masses, apprendre de leurs luttes, remonter aux sommets du pouvoir). Lin Chun a analysé avec précision la méthode et les résultats qu’elle a permis d’obtenir.

La question de la démocratisation associée au progrès social — par contraste avec la «démocratie» dissociée du progrès social (et même fréquemment associée à la régression sociale) — ne concerne pas seulement la Chine, mais tous les peuples de la planète. Les méthodes à mettre en œuvre pour y parvenir ne peuvent être résumées dans une formule unique, valable en tout temps et en tous lieux. En tout cas, la formule offerte par la propagande médiatique occidentale — pluripartisme et élections — est tout simplement à rejeter. Et la «démocratie» qu’elle permet tourne à la farce, même en Occident, a fortiori ailleurs.

La «ligne de masse» constituait le moyen de produire le consensus sur des objectifs stratégiques successifs, en progression continue. Elle fait contraste avec le «consensus» obtenu dans les pays occidentaux par la manipulation médiatique et la farce électorale, ce consensus n’étant rien d’autre que l’alignement sur les exigences du pouvoir du capital.

Mais aujourd’hui, par où commencer pour reconstruire l’équivalent d’une nouvelle ligne de masse dans les conditions nouvelles de la société? La tâche n’est pas facile. Car le pouvoir de direction passé largement aux droites dans le parti communiste assoit la stabilité de sa gestion sur la dépolitisation et sur les illusions naïves qui l’accompagnent. Le succès même des politiques de développement renforce la tendance spontanée à aller dans cette direction. On croit largement en Chine, dans les classes moyennes, que la voie royale vers le rattrapage du mode de vie des pays opulents est désormais ouverte sans obstacle; on croit que les États de la triade (États-Unis, Europe, Japon) ne s’y opposent pas; on admire même les modes américaines sans critiques, etc. C’est le cas en particulier dans les classes moyennes urbaines, en expansion rapide et dont les conditions de vie se sont prodigieusement améliorées. Le lavage de cerveau auquel sont soumis les étudiants chinois aux États-Unis, particulièrement en sciences sociales, associé au repoussoir que constitue l’enseignement officiel du marxisme, scolaire et ennuyeux, a contribué à rétrécir les espaces de débats critiques radicaux.

Le pouvoir en Chine n’est pas insensible à la question sociale. Non pas seulement par un discours traditionnel fondé sur le marxisme, mais également parce que le peuple chinois qui a appris à lutter et continue à le faire l’y oblige. Et si dans les années 1990 cette dimension sociale avait reculé devant les priorités immédiates de l’accélération de la croissance, aujourd’hui la tendance est inversée. Au moment même où les conquêtes sociales-démocrates de la sécurité sociale sont rongées dans l’Occident opulent, la Chine pauvre met en œuvre son expansion, dans ses trois dimensions — santé, logement, retraites. La politique du logement populaire de la Chine, vilipendée par le China bashing des droites et gauches européennes, ferait pourtant baver d’envie, non seulement en Inde ou au Brésil, mais tout autant dans les banlieues de Paris, Londres ou Chicago!

La sécurité sociale et le système de retraite couvrent déjà 50 % de la population urbaine (passée, rappelons-le de 200 à 600 millions d’habitants!) et le Plan (toujours exécuté en Chine) prévoit de porter cette population à 85 % dans les années à venir. Que les journalistes du China Bashing nous donnent des exemples comparables dans les «pays engagés sur la voie démocratique» sur lesquels ils ne tarissent pas d’éloges. Néanmoins, le débat reste ouvert sur les modalités de mise en œuvre du système. La gauche préconise le système français de la répartition fondé sur le principe de la solidarité entre les travailleurs et les générations — et prépare le socialisme à venir — la droite évidemment met en avant l’odieux système américain des fonds de pension, qui divise les travailleurs et transfère le risque du capital au travail.

Cependant, l’acquisition d’avantages sociaux ne suffit pas si elle n’est pas associée à la démocratisation de la gestion politique de la société, de sa repolitisation par des moyens qui renforcent l’invention créatrice de formes d’avenir socialiste et communiste.

L’adhésion aux principes avancés ad nauseam par les médias occidentaux et les spécialistes du China Bashing, défendue par des «dissidents» présentés comme d’authentiques «démocrates» — le pluripartisme électoral — ne répond pas au défi. Au contraire, la mise en œuvre de ces principes ne pourrait produire en Chine, comme le démontrent toutes les expériences du monde contemporain (en Russie, en Europe orientale, dans le monde arabe), que l’autodestruction du projet d’émergence et de renaissance sociale, autodestruction qui est en fait l’objectif poursuivi, masqué par une rhétorique creuse («on ne connaît pas d’autre solution que les élections pluripartites»!). Mais il ne suffit pas d’opposer au refus de cette mauvaise recette le repli sur les positions rigides de défense des privilèges du parti, lui-même sclérosé et transformé en institution destinée au recrutement des responsables de la gestion de l’État. Il faut inventer du nouveau.

Les objectifs de la repolitisation et la création des conditions favorables à l’invention de réponses nouvelles ne peuvent être obtenus par des campagnes de propagande.

Ils ne peuvent être impulsés qu’à travers la poursuite des luttes sociales, politiques et idéologiques.

Cela implique la reconnaissance préalable de la légitimité de ces luttes, une législation fondée sur les droits collectifs — d’organisation, d’expression et de prises d’initiatives.

Cela implique que le parti lui-même s’engage dans ces luttes; autrement dit, réinvente la formule maoïste de la ligne de masse. La repolitisation n’a pas de sens si elle n’est pas associée à des procédures qui favorisent la conquête graduelle de responsabilité des travailleurs dans la gestion de leur société à tous les niveaux — l’entreprise, la localité, la nation.

Un programme de ce genre n’exclut pas la reconnaissance des droits de la personne individuelle. Au contraire, il en suppose l’institutionnalisation.

Sa mise en œuvre permettrait de réinventer des formules nouvelles de l’usage de l’élection pour le choix des responsables.

…/…extraits …/…

pour lire l’article en entier cliquer ici (…)

UN LIVRE SUR L’OTAN, QUI ÉCLAIRE AUSSI L’ACTUALITÉ EN SYRIE, AU MALI…

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« …/… À mon humble avis, être entendu est la chose la plus importante. Internet et les réseaux sociaux ont contribué à ce processus.

Je pense que, pour être entendu, il est également important de proposer des analyses rigoureuses et bien articulées.

C’est une tâche difficile qui doit être accomplie, et qui fait partie d’un processus culturel plus large incluant l’éducation et la rééducation.

Modifier les forces hégémoniques dominant la société ne peut se faire qu’en établissant de nouveaux courants de pensée pouvant contester leur hégémonie. La critique ne suffit pas non plus, une alternative et un meilleur programme doit être articulé et proposé. La critique en elle-même est inutile si l’on n’offre pas parallèlement un programme alternatif. Pensée et action doivent également être liées dans un processus pratique …/… « 


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ENTRETIEN AVEC MAHDI DARIUS NAZEMROAYA

L’OTAN n’amène que

la destruction, la pauvreté,

l’insécurité et la misère.

Elle doit être abolie

Apprécié pour la rigueur et la justesse de ses analyses le sociologue canadien Mahdi Darius Nazemroaya (*), 30 ans, s’est imposé comme un des meilleurs connaisseurs de l’OTAN.

Ses investigations, traduites en de nombreuses langues, ont acquis une audience internationale et son ouvrage «The globalisation of NATO» [«La mondialisation de l’OTAN»] fait aujourd’hui référence.

En 400 pages denses, fascinantes, préoccupantes, il nous fait prendre la mesure de la menace que l’OTAN fait peser sur la paix du monde et l’avenir de nombreux peuples.

Il nous fait également prendre conscience de l’urgence qu’il y aurait à obtenir la dissolution de cette dangereuse organisation.

ENTRETIEN

19 MARS 2013

THÈMES (S.CATTORI) : L’OTAN

Silvia Cattori : Dans votre remarquable ouvrage vous mettez en lumière les stratégies mises en place par l’OTAN pour étendre son emprise militaire dans le monde. J’aimerais vous demander ce qui vous a motivé à consacrer tant d’énergie à un sujet aussi ardu et exigeant. Comment en êtes-vous venu à considérer que l’analyse du rôle de l’OTAN et des stratégies qu’elle a mises en place était une tâche absolument essentielle?

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Mahdi Darius Nazemroaya : Les graines de ce livre ont été semées en 2007. J’avais alors rédigé un petit manuscrit mettant en relation les guerres en Afghanistan et en Irak (qui avaient fait suite aux tragiques évènements du 11 septembre 2001) avec l’expansion de l’OTAN, le projet de bouclier antimissiles états-unien – que je décrivais comme s’étant finalement couvert du manteau d’un projet de l’OTAN, – et le concept de ce que les néoconservateurs et leurs alliés sionistes appellent «destruction créative» pour redessiner la restructuration des pays du Moyen-Orient, et l’encerclement aussi bien de la Chine que de la Russie.

J’ai toujours considéré que tous les évènements négatifs auxquels le monde est confronté étaient les éléments d’un ensemble; ou de ce que le savant et révolutionnaire hongrois György Lukács a appelé «totalité fragmentée».

Les guerres en «série», l’accroissement des lois de sécurité, la guerre contre le terrorisme, les réformes économiques néolibérales, les « révolutions colorées » dans l’espace post-soviétique, la diabolisation de différentes sociétés par les médias, l’élargissement de l’OTAN et de l’Union Européenne, et les fausses accusations au sujet d’un programme d’armement nucléaire iranien font partie d’un tout.

Un de mes articles publié en 2007 [[Publié d’abord sous le titre «La mondialisation de l’OTAN» puis sous le titre modifié «La mondialisation de la puissance militaire: l’expansion de l’OTAN». Cet article a été traduit en de nombreuses langues, y compris en arabe par la chaîne qatari d’information Al-Jazeera.]], posait également les principales bases de cette feuille de route et reliait tous les éléments de la guerre perpétuelle à laquelle nous assistons.

J’ai écrit ce livre parce que je pensais que c’était un sujet très important.

J’ai lu la plupart des textes de l’abondante littérature concernant l’OTAN et aucun n’examine l’OTAN dans la perspective critique où je me place.

De même qu’aucun ne relie l’OTAN de manière pertinente à une «vue d’ensemble» des relations internationales.

Un chercheur de l’Université Carleton m’a dit que mon livre était comme une Bible des relations internationales et de tous ses sujets importants. Je vois moi aussi mon livre sur l’OTAN de cette manière.

Ma principale motivation pour écrire ce livre était d’amener les lecteurs à prendre conscience de la nature impérialiste des conflits internationaux modernes et de les aider à en voir la «totalité» au lieu de ses éléments «fragmentés». Quand vous voyez l’ensemble, vous êtes en mesure de prendre de meilleures décisions.

Je pense avoir donné de l’OTAN une évaluation correcte. Dans sa bibliothèque à Bruxelles il y a un exemplaire de mon livre. C’est l’OTAN elle-même qui a annoncé son acquisition comme l’une des ressources de sa bibliothèque, en novembre 2012.

Ce livre est ma contribution, en tant que chercheur, pour essayer de permettre aux lecteurs de prendre des décisions en connaissance de cause en voyant au-delà des effets de miroirs et des éléments fragmentés du tableau.

Aujourd’hui dans le monde, les gens sont de façon générale plus instruits. Mais malheureusement l’ignorance se répand en ce qui concerne les relations de pouvoir et ce qui se passe dans ce domaine au niveau mondial.

Nous entrons dans une ère trompeuse de l’histoire où beaucoup de gens à travers le monde sentent de plus en plus qu’ils ne peuvent rien faire d’autre que d’être des spectateurs impuissants, réduits à n’être que des particules, des rouages, ou des extensions d’une immense machine invisible sur laquelle ils n’ont aucun contrôle.

Les scénarios du livre de George Orwell «1984» se sont pour l’essentiel réalisés. Les gens sont devenus étrangers à leur monde et gouvernés de plus en plus par cette machine capitaliste invisible qui travaille à détruire toutes sortes de façon alternatives de vivre ou de penser; l’ordre qui s’impose aujourd’hui à nous est comme un resserrement de la «cage d’acier» de Max Weber [[La «cage d’acier» (ou «cage de fer») est un concept sociologique introduit par Max Weber qui se réfère à la rationalisation accrue de la vie sociale, en particulier dans les sociétés capitalistes occidentales. Ainsi la «cage d’acier» enferme les individus dans des systèmes fondés uniquement sur l’efficacité, le calcul rationnel et le contrôle.]] qui réduit de plus en plus notre indépendance et nos mouvements.

La plupart des gens regardent maintenant les nouvelles et la télévision passivement. Ils essaient de se distraire de la réalité; ils tentent d’engourdir leur conscience et de vivre dans un faux état de bonheur qui leur permet d’ignorer la réalité et les misères du monde. Collectivement, nos esprits ont été colonisés, on leur a fait croire à un faux ordre des choses. L’humanité est en train d’être de plus en plus déshumanisée.

Peut-être que j’ai l’air hégélien, mais les gens deviennent étrangers à eux-mêmes. Ils deviennent aussi étrangers aux capacités de leur propre esprit et aux talents dont ils ont été dotés.

Mais la vérité est que nous ne sommes pas séparés des évènements et des processus qui façonnent ce monde. Nous ne devrions pas devenir les esclaves des objets ou des structures de notre propre fabrication, que ce soit le capitalisme ou les structures politiques.

Nous ne devons pas devenir de simples spectateurs de notre parcours de vie.

L’hégémonie est un processus continu de leadership, de contrôle, et d’influence qui implique à la fois la contrainte et le consentement. Mais son emprise n’est jamais totale et elle peut toujours être combattue.

Nous voyons des défis à l’hégémonie dans la construction de blocs historiques qui affrontent les centres de pouvoir impérialistes et capitalistes. Le Mouvement bolivarien d’Hugo Chávez et l’ALBA sont des exemples réussis d’une contestation de l’hégémonie traditionnelle des élites compradores qui gouvernent la région au bénéfice de forces extérieures.

Silvia Cattori : Un grand chapitre passionnant et troublant de votre livre est consacré à l’Afrique. L’entrée en guerre de la France au Mali n’a pas dû être une surprise pour vous. La déstabilisation de ce pays affaibli, engendrée par l’intervention de la France en Libye, n’ouvre-t-elle pas une grave crise dans tous les pays du Sahel, de l’Atlantique à la Mer rouge?

Mahdi Darius Nazemroaya : Dès le début j’ai soutenu que la division du Soudan, l’intervention française en Côte d’Ivoire soutenue par les États-Unis, et la guerre de l’OTAN en Libye, faisaient partie d’une deuxième «ruée vers l’Afrique». J’ai expliqué que la guerre en Libye visait à déstabiliser d’autres parties de l’Afrique et aurait un effet d’entraînement sur une large partie de ce continent incluant des pays comme le Niger et le Mali.

Dans mon livre, j’ai examiné le Sahel qui est constitué par les terres intérieures de l’Algérie, du Niger, de la Libye, et du Mali.

La guerre de l’OTAN contre la Libye a déclenché une réaction en chaîne, comme une démolition contrôlée, que les États-Unis et leurs alliés utilisent pour contrôler une vaste portion de l’Afrique et de ses ressources.

Comme la première «ruée vers l’Afrique» qui a été déclenchée par une crise économique dans les pays industrialisés de l’Europe occidentale, ces évènements concernent en fait le contrôle des ressources.

Alors que les États-Unis s’impliquaient davantage en Afrique, son gouvernement et le Pentagone se sont mis à parler de plus en plus de l’expansion des facilités dont disposait Al-Qaïda en Afrique et de la manière dont l’armée américaine et ses alliés devaient combattre cette organisation en augmentant leur présence sur le continent africain. En fait, les États-Unis ont constitué en 2011 un budget pour l’actuelle guerre au Mali sous le couvert de la lutte contre Al-Qaïda en Afrique de l’Ouest.

Des intérêts stratégiques comme l’obsession grandissante des États-Unis pour le Golfe de Guinée et l’approvisionnement en pétrole en Afrique de l’Ouest sont occultés dans un récit qui nous parle de la lutte contre les groupes terroristes rangés sous le label d’Al-Qaïda.

Nous savons d’expérience que l’Empire américain a en fait travaillé avec ces groupes, aussi bien en Libye qu’en Syrie. Et que l’on cherche à pousser hors d’Afrique la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, et d’autres rivaux économiques du bloc occidental, mais on n’en parle pratiquement pas.

En lieu et place, on déguise les intérêts des États-Unis et des ses alliés de l’OTAN comme la France, en objectifs altruistes visant à aider des États faibles.

Pour en revenir au Mali. Je n’ai pas été surpris quand le Président François Hollande et son gouvernement ont ordonné aux soldats français d’envahir ce pays. Aussi bien la France que les États-Unis sont très au fait des réserves de gaz et de pétrole au Mali, au Niger, et dans l’ensemble du Sahel.

Mon livre traite de ces points et de la création par le gouvernement français, en 1945, d’un Bureau de recherches pétrolières dans le but d’extraire le pétrole et le gaz de cette région. Quelques années plus tard, en 1953, Paris a délivré des licences d’exploitation à quatre compagnies françaises en Afrique. En raison de ses craintes, à la fois des empiétements américains et des demandes africaines d’indépendance, Paris a créé l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) pour maintenir son contrôle sur les parties riches en ressources de ses territoires africains qui possèdent du pétrole, du gaz, et de l’uranium.

L’uranium a été important pour garantir l’indépendance de la France vis-à-vis de Washington par la création d’une force de dissuasion nucléaire stratégique, en riposte au monopole anglo-américain.

Ce n’est donc pas un hasard si les zones du Sahel que les États-Unis et ses alliés ont désignées comme faisant partie de la zone où Al-Qaïda et les terroristes sont situés correspondent à peu près aux frontières de l’OCRS, riche en énergie et en uranium.

En 2002, le Pentagone a commencé d’importantes opérations visant à contrôler l’Afrique de l’Ouest. Cela a eu lieu sous la forme de l’Initiative Pan-Sahel, qui a été lancée par l’US European Command (EUCOM) et l’US Central Command (CENTCOM). Sous la bannière de ce projet de l’armée américaine, le Pentagone a formé des troupes du Mali, du Tchad, de la Mauritanie, et du Niger.

Les plans visant à établir l’Initiative Pan-Sahel remontent toutefois à 2001, lorsque l’Initiative pour l’Afrique a été lancée à la suite des attentats du 11 septembre. Sur la base de l’Initiative Pan-Sahel, la Trans-Saharan Counter-terrorism Initiative (TSCTI) a été lancée en 2005 par le Pentagone sous le commandement du CENTCOM.

Le Mali, le Tchad, la Mauritanie, et le Niger ont été rejoints par l’Algérie, le Maroc, le Sénégal, le Nigeria, et la Tunisie. La TSCTI a été transférée en 2008 au commandement de l’AFRICOM récemment activé. Il faut relever que le capitaine Amadou Sanogo, le leader du coup d’État militaire qui a eu lieu au Mali le 21 mars 2012, est l’un des officiers maliens qui ont été formés dans le cadre de ces programmes américains en Afrique de l’Ouest.

L’analyse du coup d’État de 2012 au Mali montre qu’il s’agit d’un acte criminel. Le coup d’État militaire a renversé le Président Amadou Toumani Touré sous prétexte qu’il ne pouvait pas restaurer l’autorité malienne sur le nord du pays. Le Président Amadou était sur le point de quitter son poste et n’avait pas l’intention de rester dans la vie politique, et les élections allaient avoir lieu dans moins de deux mois. Ce coup d’État a essentiellement empêché une élection démocratique d’avoir lieu et l’action du capitaine Sanogo a mis fin au processus démocratique au Mali et a déstabilisé le pays.

Sa nouvelle dictature militaire a été reconnue par l’OTAN et par le gouvernement installé en Côte d’Ivoire par les Français. Les États-Unis ont continué à financer le gouvernement militaire du Mali et des délégations militaires et civiles des États-Unis et d’Europe occidentale ont rencontré le régime militaire de Sanogo.

Peu après, la France a déclaré qu’elle avait le droit d’intervenir en Afrique partout où ses citoyens et ses intérêts étaient menacés.

C’était autant de préliminaires.

Les armes qui sont utilisées au Mali et au Niger aussi bien par les groupes terroristes que par les tribus touaregs sont liées aux actions de l’OTAN en Libye. Plus précisément ces armes viennent des arsenaux libyens pillés, et des armes envoyées en Libye par les Français, les Anglais et les Qataris.

L’OTAN a eu un rôle direct dans ce domaine et l’on sait que les Français ont soudoyé les groupes touaregs et ont contribué à les armer et à les financer durant la guerre contre la Libye.

Du reste, en Afrique, les Français ont toujours manipulé les Touaregs et les Berbères contre d’autres groupes ethniques à des fins coloniales.

Par ailleurs, les tensions entre le Soudan et le Sud-Soudan sont attisées. La région soudanaise du Darfour et la Somalie sont toujours des points chauds. Tout cela fait partie d’un arc africain de crise qui est utilisé pour restructurer l’Afrique et l’englober dans les frontières du bloc occidental.

Silvia Cattori : Quand sous l’impulsion du président Sarkozy, après 33 ans de retrait, la France est revenue dans le commandement militaire de l’OTAN, il n’y a eu aucune protestation. N’est-ce pas le signe que les citoyens ignorent, que cette organisation menace l’humanité et que l’appartenance de leur pays à l’OTAN implique sa subordination à la politique étrangère belliciste de Washington et la perte de sa souveraineté?

Mahdi Darius Nazemroaya : Je pense que ce que le Président Sarkozy a fait en réintégrant la France dans le commandement militaire de l’OTAN est largement le reflet d’un consensus au sein de la classe politique française. Je sais qu’à Paris de nombreuses voix politiques l’ont critiqué, mais si au sein de la classe politique française l’opposition avait été intransigeante, elle aurait pu faire beaucoup plus que parler.

Aujourd’hui, les membres de l’establishment politique français, aussi bien à «gauche» qu’à «droite», se battent entre eux pour savoir qui va le mieux servir les centres impérialistes et capitalistes à Washington et à New York.

L’establishment politique français ne fait pas cela parce qu’il est particulièrement pro-américain, mais parce qu’il est au service du système mondial corrompu qui sert lui-même le capitalisme global dont le centre en voie d’affaiblissement est aux États-Unis.

Ainsi, nous avons aussi besoin de réévaluer ce qu’est l’anti-américanisme, ou d’où proviennent et ce que représentent en fait les sentiments anti-américains.

De larges segments de l’élite de l’Europe occidentale sont au service de ce système mondial parce que leurs propres intérêts y sont investis et y sont liés. Comme les États-Unis sont en voie d’affaiblissement et en lutte pour maintenir leur primauté mondiale en tant que centre du capitalisme, de la régulation et de l’accumulation capitaliste, ils vont de plus en plus déléguer leurs missions impériales à des pays comme la France.

On verra également davantage de compromis entre les États-Unis et des pays alliés comme la France et l’Allemagne.

Il s’agit là d’une décentralisation dialectique du pouvoir des États-Unis visant à renforcer l’hégémonie du système mondial et à maintenir l’Empire américain par délégation.

Il faut noter que ce système capitaliste mondial est fragmenté en blocs, raison pour laquelle nous voyons des rivalités entre les États-Unis, la Chine et la Russie.

De façon générale, la majorité des citoyens dans de nombreuses sociétés sont de plus en plus passifs vis-à-vis des décisions de leurs gouvernements et de leurs dirigeants. C’est le reflet d’un sentiment croissant d’aliénation, de détachement et d’impuissance qui a transformé les êtres humains en marchandises et en objets. Cela fait partie du resserrement de la «cage d’acier» dont je parlais plus haut, en termes weberiens.

Silvia Cattori : La France a été au commencement, avec le Qatar, le principal «parrain» de la déstabilisation de la Syrie [[Voir:

  • «Gérard Chaliand dit quelques vérités sur la Syrie»:

    http://www.silviacattori.net/article3350.html
  • «Syrie : Les victimes de l’opposition armée ignorées»:

    http://www.silviacattori.net/article3416.html]]. La Chine et la Russie ont empêché par leurs vétos l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité qui aurait autorisé une intervention militaire de l’OTAN comme cela a été le cas en Libye.

    Mais on peut se demander si les pays de l’OTAN et leurs alliés arabes ne sont pas en train de réaliser leur plan de déstabilisation de la Syrie par d’autres voies?

    Et pensez-vous que la Chine et la Russie pourront durablement contenir l’OTAN tant que les pays émergents n’auront pas leur mot à dire et les moyens d’imposer un véritable multilatéralisme au Conseil de sécurité?

Mahdi Darius Nazemroaya : En premier lieu, il faut voir que les évènements en Syrie font partie d’une guerre par procuration menée par les États-Unis, l’OTAN, Israël et les dictatures arabes (comme l’Arabie Saoudite), contre la Chine, la Russie, l’Iran et leurs alliés.

Deuxièmement, quand on considère les évènements en Syrie d’un point de vue international, on devrait penser à la Guerre civile espagnole qui a éclaté avant la Deuxième guerre mondiale. De même, on peut considérer les évènements en Libye et en Afrique, et peut-être les invasions antérieures de l’Afghanistan et de l’Irak, en pensant à l’invasion de la Chine par le Japon ou l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne avant la Deuxième guerre mondiale.

Cela ne signifie pas que la Syrie ou ces évènements soient nécessairement le prélude à une Troisième guerre mondiale, mais ils ont le potentiel d’allumer un vaste incendie au niveau mondial — à moins que l’on ne pense que tous ces évènements font déjà partie de la Troisième guerre mondiale.

Les thèses de Giovanni Arrighi sur les cycles systématiques d’accumulation dans le «système-monde» peuvent nous aider à trouver une base de réflexion. Son travail est important parce que nous pouvons l’utiliser pour lier entre eux, de la Syrie à l’Afrique, les éléments dont nous parlions en termes de «totalité fragmentée» constituant le système mondial.

Les cycles d’accumulation étudiés par Arrighi se rapportent à des périodes de temps qui s’étendent sur une centaine d’année ou plus, durant lesquelles le centre du capitalisme dans le système mondial se situe dans un lieu géographique ou un pays donné. Ses thèses sont fortement influencées par les travaux du savant français Fernand Braudel sur l’expansion du capitalisme. Pour Arrighi ces centres d’accumulation ont été les pouvoirs hégémoniques du système mondial en expansion.

À la dernière étape de chaque cycle, les capitalistes déplacent leurs capitaux de ces centres dans d’autres endroits et finalement dans le nouveau centre capitaliste qui a émergé. Ainsi, chronologiquement, le pouvoir hégémonique du système mondial a été transféré de la ville-État italienne de Gênes aux Pays-Bas, puis en Grande Bretagne et, finalement, aux États-Unis. Le déplacement géographique du centre du système mondial se produit au cours d’une période de crise, au moins pour les anciens centre capitalistes, et dans un court laps de temps.

Nous en arrivons aujourd’hui à la Chine. Ce qui se passe est que le centre du capital est sur le point de sortir des États-Unis. Si l’on suit la tendance soulignée par Arrighi, alors le prochain centre d’accumulation capitaliste du système mondial sera la Chine.

Toutefois d’autres scénarios ne sont pas à écarter, comme une direction globale de toutes les principales puissances capitalistes.

En me référant aux travaux d’Arighi, je veux dire ici que nous avons affaire à un système capitaliste mondial qui inclut la Chine et la Russie. Ni les États-Unis ni la Chine ni la Russie ne veulent perturber ce système. Ils sont en compétition pour en devenir le centre d’accumulation capitaliste.

C’est pourquoi aucune des parties ne veut une guerre directe. C’est pourquoi les Chinois n’ont pas utilisé la dette étrangère américaine pour dévaster l’économie des États-Unis; la Chine souhaite voir un transfert ordonné du centre d’accumulation depuis les États-Unis.

La Chine et la Russie ne changeront pas leurs politiques et leurs positions sur la Syrie ou l’Iran, mais elles veulent éviter une guerre qui perturbe le système capitaliste mondial. Bien sûr, les États-Unis essaient de maintenir leur position en tant que centre du système mondial, par la force brute, ou en impliquant leurs alliés et vassaux dans leurs opérations impérialistes, comme au Mali et en Libye.

Silvia Cattori : Vous consacrez un long chapitre (p 67 à 113) à l’intervention de l’OTAN en Yougoslavie. Pouvez-vous résumer pour nos lecteurs ce à quoi cette guerre, qui a démembré un pays et généré tant de souffrances, devait aboutir?

Mahdi Darius Nazemroaya : Le démantèlement de la République fédérative socialiste de Yougoslavie a été une étape importante pour ouvrir les portes d’une expansion vers l’Est de l’OTAN et de l’Union Européenne. Il a ouvert la route pour la marche vers les frontières de la Russie et de l’ex-Union soviétique.

L’ex-Yougoslavie était aussi un obstacle majeur vis-à-vis du projet euro-atlantique de l’OTAN et de l’UE en Europe. En outre, la guerre de l’OTAN en Yougoslavie a permis de préparer la logistique des guerres en Afghanistan et en Irak.

Silvia Cattori : Denis J.Halliday [[L’Irlandais Denis J. Halliday a passé une bonne partie de sa carrière auprès des Nations Unies, impliqué dans des actions d’aide humanitaire.

En 1997, il fut nommé Sécrétaire général adjoint et directeur du programme humanitaire en Irak. Un an plus tard, après 34 ans de service au sein des Nations Unies, Halliday a annoncé sa démission en raison des sanctions économiques imposées à l’Irak, qu`il a qualifiées de «génocide».

En 2003, il a reçu Le Gandhi International Peace Award.

Depuis son départ des Nations Unies, Denis Halliday a participé de manière active dans plusieurs actions contre la guerre et les crimes contre l’humanité. Il est présentement membre de l’Initiative de Kuala Lumpur en vue de «criminaliser la guerre».]] écrit dans la préface de votre ouvrage:
«L’OTAN n’amène que la destruction, la pauvreté, l’insécurité et la misère. Elle doit être abolie». Quand on sait qu’il n’y a aucun mouvement qui s’oppose à la guerre, que des ONG comme Amnesty, HRW, MSF, MDM, prennent le parti de l’ingérence militaire des grandes puissances, comme on l’a vu en ex-Yougoslavie, au Soudan, en Libye, en Syrie, que peut-on suggérer à toute une jeunesse en quête de justice et désireuse d’agir pour un monde meilleur? Que peuvent faire concrètement les peuples européens contre la machine destructrice de l’OTAN?

Mahdi Darius Nazemroaya : Comme je l’ai dit, nous en sommes arrivés à la situation décrite par George Orwell dans son roman “1984”. Amnesty International, Human Rights Watch, et une grande partie des ONG de l’industrie humanitaire sont des outils de l’impérialisme pratiquant les deux poids deux mesures. Les organisations d’aide étrangère sont profondément politiques et politisées.

Cela ne signifie pas que tous leurs employés soient de mauvaises gens qui ne veulent pas aider le monde. Bon nombre de leurs employés et des bénévoles sont des gens estimables; ils ne comprennent pas tous les faits et ils ont de bonnes intentions. Ces gens ont été trompés ou aveuglés par la pensée de groupe institutionnelle.

Leurs esprits devraient être débarrassés de tous les préjugés et de la désinformation dont ils ont été nourris; une véritable tâche de dévouement.

Les citoyens des pays de l’OTAN doivent travailler à se positionner eux-mêmes pour informer leurs sociétés respectives sur l’OTAN et finalement les influencer pour qu’elles se retirent de cette organisation. Cela peut être fait de diverses manières. Mais cela commence par une compréhension de ce qu’est l’OTAN et une connaissance non censurée de son histoire.

Je ne suis pas une autorité morale ou un stratège. Se maintenir soi-même sur la bonne voie est déjà un défi assez difficile, je pense. Je n’ai aucun droit à pontifier sur la façon dont les gens devraient vivre. Je vais toutefois vous dire ce que je pense personnellement.

À mon avis, le plus gros problème pour beaucoup de gens est qu’ils veulent changer le monde à une beaucoup trop grande échelle sans s’attaquer aux problèmes immédiats dans leurs propres vies.

Je trouve que la meilleure manière de changer le monde est de commencer par de petits pas dans notre vie de tous les jours. Je parle ici d’ «échelle» et pas de «changement graduel» ou de «rythme».

Faire un monde meilleur commence par votre environnement immédiat. Le changement commence avec vous-même et ceux qui vous entourent, tout comme le devrait la charité. Imaginez si la plupart des gens faisaient cela; le monde serait changé par petites étapes qui aboutiraient collectivement à un changement monumental.

Rien de tout cela ne peut non plus se faire sans patience et détermination, et je souligne encore une fois qu’action et connaissance ne devraient pas être séparées. Je ne sais que dire de plus.

Silvia Cattori : En mettant ensemble les pièces du puzzle vous démontrez magistralement dans votre livre comment ces guerres en série, menées sous des prétextes humanitaires, s’inscrivent dans une stratégie de «destruction créative» conçue par «les néoconservateurs et leurs alliés sionistes», et comment – de la Yougoslavie, à l’Afghanistan, à l’Irak et à la Libye – elles sont toutes liées. Des personnalités de premier plan, comme l’ancien Secrétaire général adjoint de l’ONU Denis J. Halliday qui a préfacé votre ouvrage, vous donnent entièrement raison : l’OTAN est bel et bien le principal danger pour la paix du monde. Mais vous savez qu’en Europe, notamment dans les pays où, comme en France, les organisations juives ont une forte emprise sur les politiques et les médias, dénoncer la stratégie des néoconservateurs et de leur allié Israël [[Par exemple, l’écrivain israélien Israël Shamir, a été accusé d’antisémitisme par Olivia Zemor, Nicolas Shahshahani et Dominique Vidal pour avoir affirmé en 2003 cette vérité: qu’Israël et le lobby juif avaient joué un rôle prépondérant dans la guerre qui devait démembrer l’Irak un pays qu’Israël voulait mettre à genoux.]], ou dénoncer les révolutions colorées suffit à vous faire cataloguer comme «théoricien du complot» et à vous écarter du débat. Que peut-on faire à votre avis pour modifier cette désespérante situation?

Mahdi Darius Nazemroaya : Mon expérience (au Canada) est différente. On ne m’a jamais qualifié de théoricien du complot. Je pense que la censure des médias et le mépris systématique sont des tactiques clés utilisées contre ceux qui remettent en question le récit dominant ou les opinions énoncées par les forces hégémoniques qui dominent la société.

L’objectif visé en diabolisant des personnes ou des groupes sous le qualificatif de «théoriciens du complot» est de les discréditer et de les neutraliser. Cela se produit généralement quand ils ont beaucoup attiré l’attention et quand ils ont aussi quelques idées fausses qui peuvent être ridiculisées et liées à leurs positions.

Néanmoins, ceux qui se voient qualifiés de théoriciens du complot ne devraient pas laisser cette accusation les dissuader de maintenir leurs positions et de continuer à s’adresser aux gens. Car la démoralisation fait partie de la tactique utilisée pour réprimer les points de vue et réflexions «dérangeantes».

Les groupes et les lobbies sionistes ont une présence forte et disproportionnée dans le domaine politique et dans les médias de plusieurs pays, mais il faut reconnaître qu’ils ne sont pas homogènes et qu’ils ne sont pas les seuls facteurs influents; ils font partie d’un bloc d’intérêts pour qui il est important d’empêcher qu’un discours critique n’ébranle les forces hégémoniques qui dominent aujourd’hui la société. Et les lobbies sionistes ne sont pas tous liés à Israël. Il arrive qu’un groupe sioniste travaille à introduire et à imposer à Israël des projets externes. Les motivations de ces groupes ne sont pas toutes les mêmes, mais elles font partie du programme dominant qui s’est développé en ce que les renommés sociologues Giovanni Arrighi et Immanuel Wallerstein ont appelé «système-monde» [ou «économie-monde»].

À mon humble avis, être entendu est la chose la plus importante. Internet et les réseaux sociaux ont contribué à ce processus. Je pense que, pour être entendu, il est également important de proposer des analyses rigoureuses et bien articulées. C’est une tâche difficile qui doit être accomplie, et qui fait partie d’un processus culturel plus large incluant l’éducation et la rééducation.

Modifier les forces hégémoniques dominant la société ne peut se faire qu’en établissant de nouveaux courants de pensée pouvant contester leur hégémonie.

La critique ne suffit pas non plus, une alternative et un meilleur programme doit être articulé et proposé. La critique en elle-même est inutile si l’on n’offre pas parallèlement un programme alternatif. Pensée et action doivent également être liées dans un processus pratique.

Silvia Cattori : Votre livre va-t-il être traduit en français? A-t-il eu la couverture médiatique lui permettant de toucher un large public?

Mahdi Darius Nazemroaya : Mon livre devait être traduit en français en trois volumes par un éditeur en France, mais malheureusement l’accord a fait long feu. En notre temps où la durée d’attention s’amenuise, peu de gens sont intéressés à lire un livre de plus de 400 pages. Très peu d’attention lui a été accordée de la part des grands médias. Il y a plusieurs mois, Le Monde Diplomatique à Paris a contacté mon éditeur aux États-Unis, ainsi que la maison qui le diffuse en Grande Bretagne, pour leur demander l’envoi d’un exemplaire. Je ne sais pas si Le Monde Diplomatique a réellement l’intention de faire une recension d’un livre aussi critique et, très honnêtement, je ne m’en soucie pas vraiment.

Mon ouvrage a eu de bonnes critiques disant que c’est un livre à lire absolument. Il est diffusé dans les universités et les collèges. On en trouve des exemplaires dans les bibliothèques de diverses institutions comme l’Université de Harvard et l’Université de Chicago. Il est référencé à la Haye et dans la prestigieuse collection de la Bibliothèque du Palais de la Paix aux Pays-Bas qui tient à jour les livres relatifs aux lois internationales.

Sur Amazon au Royaume Uni, il est classé comme l’un des meilleurs livres sur l’OTAN et je crois qu’il est en train de prendre un bon départ.

Silvia Cattori

(*) Mahdi Darius Nazemroaya est un sociologue interdisciplinaire, auteur primé, et analyste politique connu. Il est chercheur au Centre de recherche sur la mondialisation à Montréal, collaborateur expert de la Strategic Culture Foundation à Moscou, et membre du Comité scientifique de la revue de géopolitique Geopolitica, en Italie.

Sur son ouvrage « The Globalization of NATO », voir également (en anglais) :

http://www.silviacattori.net/article4005.html

http://www.silviacattori.net/article3834.html

http://www.silviacattori.net/article3780.html

Traduit de l’anglais par JPH


ÉCONOMIE: L’ÉCUEIL PRINCIPAL, LA CRÉDIBILITÉ POLITIQUE!

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« LE PATRONAT JUBILE »: VERS UNE NOUVELLE BRADERIE DU SECTEUR PUBLIC INDUSTRIEL? – algerieinfos-saoudi – le 14 mars 2013 & L’ÉCONOMIE ALGÉRIENNE PIÉGÉE PAR LES AFFAIRES Abed Charef – Le Quotidien d’Oran;


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[

SÉRIE: BANQUES – PEUPLES:

LES DESSOUS D’UN MATCH TRUQUÉ!

(6e partie)

MÊME LE FMI LE DIT…

par Éric Toussaint

8 mars 2013

Des déclarations du FMI qui heurtent les dirigeants européens;

->#2]


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[

TUNIS

24 MARS 2013:

RENCONTRE

MÉDITERRANÉENNE

CONTRE

LA DICTATURE DE LA DETTE

POUR

LA SOUVERAINETÉ

DES PEUPLES

->#3]

Affiche

Front Populaire de Tunisie


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[

POLITIQUES PUBLIQUES

MONNAIE ET DETTE SOUVERAINE:

DES DÉFICITS BUDGÉTAIRES

AUX CRISES AUTO-RÉALISATRICES

par Ahcène AMAROUCHE

“Recherches internationales”

n° 94, janvier-mars 2013;

->#1]


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[

SÉRIE: BANQUES – PEUPLES:

LES DESSOUS D’UN MATCH TRUQUÉ!

(6e partie)

MÊME LE FMI LE DIT…

par Éric Toussaint

8 mars 2013

Des déclarations du FMI qui heurtent les dirigeants européens;

->#2]


monnaie/ endettement/ crise?:

mieux analyser

définir les priorités

inventer

définir puis appliquer

uniquement les solutions justes et nécessaires

articles signalés par des visiteurs de socialgerie


« LE PATRONAT JUBILE »: VERS UNE NOUVELLE BRADERIE DU SECTEUR PUBLIC INDUSTRIEL?

algérie infos

le 14 mars 2013

Le partenariat public-privé comme moteur de la relance industriel? «Quoi de plus naturel que d’organiser les jonctions entre ces deux mondes?» écrit Abed Charef qui s’interroge cependant sur l’efficacité de cette option dans les conditions actuelles: «Tant que l’Algérie n’aura pas réussi à rétablir un minimum de crédibilité au sein de ses institutions et chez les dirigeants, toute initiative économique sera forcément suspecte». Il met en garde contre «des dérives graves»: «Les gestionnaires des entreprises eux-mêmes, soumis à la pression de leur tutelle, seront prêts à tout accepter pour faire plaisir à leurs ministres respectifs. Lesquels ministres ont montré une déplorable aptitude à servir leurs amis et à se servir. On risque donc d’aller, non à des participations croisées répondant à une logique économique, mais à une cession massive des entreprises publiques à des privés. Avec un effet nul sur la croissance».

http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-le-patronat-jubile-vers-une-nouvelle-braderie-du-secteur-public-industriel-116172700.html

L’ÉCONOMIE ALGÉRIENNE PIÉGÉE PAR LES AFFAIRES

Abed Charef –

Le Quotidien d’Oran

le 14 mars 2013

Les privatisations reprennent discrètement, sous l’appellation de «prise de participation». Le patronat jubile.

Mais l’opération risque de capoter, ou de déboucher sur de nouveaux scandales, tant que le préalable politique n’est pas réglé.

La décision a été entourée d’une une certaine discrétion. Un groupe privé algérien, Benamor, a pris le contrôle de l’ERIAD Corso. La transaction n’a pas soulevé de tempête. Elle a même été plutôt bien accueillie. Du coup, le Forum des Chefs d’Entreprises s’en est emparé, et veut aller plus loin. Il a annoncé que de nombreuses opérations similaires vont être lancées pour redynamiser l’activité économique du pays.

Côté jardin, l’opération est séduisante. Il faut dire que l’emballage est très joli. En effet, des entreprises publiques algériennes disposent d’infrastructures de qualité, ou d’installations qui ont coûté très cher, mais elles n’arrivent pas à les exploiter. Face à elles, des opérateurs privés, disposant de fonds, de projets et d’ambitions, cherchent des opportunités pour investir, en allant vite, dans un pays où tout est à construire. Quoi de plus naturel que d’organiser les jonctions entre ces deux mondes? Donner la possibilité à cet opérateur privé avide d’investir son argent, tout en sauvant et en rentabilisant des équipements qui rouillent, relève du bons sens.

Autre avantage de l’opération, elle met les entreprises algériennes dans une logique nouvelle, celle de la modernité. Une entreprise ne doit pas être forcément propriété intégrale de l’Etat, ni condamnée à être vendue totalement à un privé. Comme on fait appel au partenariat avec les entreprises étrangères, rien n’interdit un partenariat entre entreprises algériennes, publiques et privées.

La formule est même ce qui pouvait arriver de mieux à l’Algérie dans le contexte actuel. Pour une raison simple. Les entreprises privées algériennes n’ont pas l’envergure nécessaire pour assurer la croissance souhaitée. L’industrie algérienne, rappelons-le, ne représente que 4.6% du PIB en 2012. Quel que soit leur effort, les entreprises privées ne pourront développer ce secteur à un niveau acceptable dans la décennie à venir. Quant aux entreprises publiques, elles n’ont pas le dynamisme nécessaire pour jouer ce rôle. Elles ont l’argent, les terrains, mais pas l’encadrement ni le management requis. Bureaucratisées, soumises à une tutelle pesante, elles ne sont pas en mesure de servir de locomotive. Elles risquent même de demeurer un boulet pour l’économie algérienne.

Autant donc les pousser à se frotter à des entreprises gérées autrement, en espérant qu’à terme, s’opérera une «normalisation» par le haut. Sans oublier une hypothèse, peut-être farfelue, mais en théorie possible, grâce à ce type de partenariat: une entreprise publique possédant une forte trésorerie pourrait toujours prendre des participations dans un secteur qu’elle ne maîtrise pas, mais qui lui permettrait de gagner de l’argent. Un exemple? La CNEP, qui croule sous les liquidités, pourrait acheter des parts chez Cevital ou chez Uno. Cela permettrait au propriétaire de Cevital de disposer de fonds frais pour se lancer dans de nouveaux projets. Du moins en théorie.

C’est une voie comme une autre pour associer le dynamisme des entrepreneurs privés, leur débrouillardise, leur sens des affaires, et leur aptitude à gagner de l’argent, aux capacités financières des entreprises publiques et à leur patrimoine. Une option qui permet de booster l’investissement, d’amener progressivement le secteur privé à une gestion plus transparente, de pousser l’entreprise publique à mieux s’adapter au marché, pour déboucher, en fin de parcours, sur une économie mixte, avec des participations croisées. Une économie comme il en existe partout dans les pays avancés, comme dans les pays émergents.

Mais aussi séduisant soit-il, ce schéma bute sur deux écueils. Le premier concerne le risque de voir les entrepreneurs privés se détourner des investissements nouveaux, pour consacrer leur énergie et leur argent au rachat des actifs des entreprises publiques.

Pourquoi en effet se casser la tête à lancer un nouvel investissement quand on peut s’emparer de quelque chose de disponible, qu’on peut avoir à bas prix, avec un terrain qui vaut de l’or?

C’est un risque sérieux, qui peut mener à des dérives graves. Avec une tendance évidente à une sous-estimation des biens des entreprises publiques, à la fois pour en faciliter la vente, et pour servir les copains et les amis. Les gestionnaires des entreprises eux-mêmes, soumis à la pression de leur tutelle, seront prêts à tout accepter pour faire plaisir à leurs ministres respectifs. Lesquels ministres ont montré une déplorable aptitude à servir leurs amis et à se servir. On risque donc d’aller, non à des participations croisées répondant à une logique économique, mais à une cession massive des entreprises publiques à des privés. Avec un effet nul sur la croissance.

Le second écueil est le plus difficile. Il est politique. Une telle opération n’est pas possible en l’état actuel des institutions algériennes. Même si elle était réalisée par des anges, aucun algérien ne croira qu’elle est motivée par des soucis économiques. Tout le monde sera convaincu que le gouvernement est en train de « chakiber » les entreprises publiques, en opérant un transfert massif de leurs actifs au profit du privé.

C’est dire que l’Algérie est désormais piégée. Avec toutes les affaires de corruption, toute initiative est désormais suspecte, et l’embellie financière ne sert à rien. Les institutions ont si peu de crédibilité que toute idée nouvelle est perçue comme un coup tordu. Ce qui révèle les priorités de l’Algérie de 2013 : la question politique devient une priorité absolue. Tant que l’Algérie n’aura pas réussi à rétablir un minimum de crédibilité au sein de ses institutions et chez les dirigeants, toute initiative économique sera forcément suspecte. C’est le prix, entre autres, de l’affaire Saïpem.

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5180384

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POLITIQUES PUBLIQUES, MONNAIE ET DETTE SOUVERAINE :

DES DÉFICITS BUDGÉTAIRES AUX CRISES AUTO-RÉALISATRICES

par Ahcène AMAROUCHE (*)

“Recherches internationales,” n° 94, janvier-mars 2013

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…/…
L’analyse qui précède a tenté de montrer le poids des
phénomènes monétaires dans la crise de la dette souveraine des
pays aujourd’hui lourdement endettés. Ces phénomènes ont été
dissociés des facteurs relevant des politiques publiques qui, dans
la conjoncture internationale marquée du sceau de la libéralisation
et de la globalisation financière, peuvent avoir un impact effectif
sur les déficits budgétaires.

L’analyse a montré l’importance des crises auto-réalisatrices en
situation de surendettement des États, surendettement qui, depuis 2007,
s’est alimenté du rachat par les pouvoirs publics des titres toxiques
que les banques ont créés de toutes pièces dans la phase ascendante
du cycle économique nourri par les bulles Internet et de l’immobilier.

Cependant, c’est moins le retournement du cycle, après
l’éclatement de la bulle immobilière, que la logique même du
capital porteur d’intérêt, forme fétichisée du rapport économique
fondamental sous le capitalisme en tant qu’il apparaît comme rapport
de l’argent à lui-même, qui est la source du surendettement des
États puis de la crise de la dette souveraine. Dans ces conditions,
la réforme du système financier mondial est-elle envisageable?

Sans doute. Mais pas tant que la crise financière internationale,
dont celle de la dette souveraine est partie intégrante, n’ait produit
tous ses effets sur l’économie réelle.

par Ahcène AMAROUCHE (*)

“Recherches internationales,” n° 94, janvier-mars 2013

(*) École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSSEA), Alger

pour accéder au texte de l’étude cliquer sur le lien: (…)

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SÉRIE: BANQUES – PEUPLES:

LES DESSOUS D’UN MATCH TRUQUÉ!

(6e partie)

MÊME LE FMI LE DIT…

par Éric Toussaint

8 mars 2013

Des déclarations du FMI qui heurtent les dirigeants européens

En octobre 2012, le FMI a fourni une clé d’explication de l’approfondissement de la crise en Europe. Son service d’étude a affirmé que chaque euro de réduction de dépenses publiques entraînait une réduction du Produit intérieur brut (PIB) comprise entre 0,9 et 1,7 euro.

Wolfgang Münchau, éditorialiste au Financial Times, en déduit qu’en ces temps de crise, un ajustement budgétaire de 3% (c’est-à-dire une réduction de dépenses publiques de 3%) produit une réduction du PIB de 4,5% [ Wolfgang Münchau, [“Heed the siren voices to end fixation with austerity”, Financial Times, 15 octobre 2012.
]]…. Dès lors, la politique suivie par les gouvernements européens conduit à une baisse de l’activité économique et empêche de réduire le poids de la dette publique.

Comme le dit Wolfgang Münchau, il ne faut pas se méprendre sur la motivation du FMI :«Le FMI ne dit pas que l’austérité est trop forte, injuste, provoque trop de souffrance à court terme ou que les pauvres sont plus touchés que les riches. Il dit simplement que l’austérité risque de ne pas permettre d’atteindre l’objectif de réduction de la dette dans un délai raisonnable[[“The IMF does not say that austerity is too hard, too unfair, causes too much pain in the short term or hits the poor more than the rich. It says simply that austerity may not achieve its goal of reducing debt within a reasonable amount of time.”]].»

De son côté, si Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a laissé entendre qu’on devrait répartir sur une plus longue période le démarrage de certains efforts d’austérité et qu’on pourrait augmenter certaines dépenses publiques afin de stimuler l’économie, c’est qu’elle est mise sous pression par les pays émergents membres du FMI (notamment les Brics, avec en tête la Chine et le Brésil) qui craignent l’effet boomerang de la baisse des importations européennes et critiquent l’importance de l’engagement financier du FMI en Europe.

La directrice du FMI a exprimé ce point de vue à Tokyo, lors de l’assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale en octobre 2012. Le document du FMI et les recommandations de Christine Lagarde ont soulevé des réactions de mécontentement de la part des dirigeants européens. Par exemple, à Tokyo, Wolfgang Schaüble, ministre des Finances du gouvernement Merkel, a publiquement critiqué Christine Lagarde pour son intervention intempestive [[Financial Times, « German minister rebukes IMF head. Schaüble criticises Lagarde call to ease up on austerity », 12 octobre 2012.]].
Wolfgang Münchau considère que les réserves exprimées par le FMI sur la profondeur des mesures d’austérité ne modifieront en rien l’attitude des dirigeants européens qui campent sur une ligne dure: «Les gouvernants européens sont paranoïaques quand leur crédibilité est en jeu, et je prévois qu’ils vont maintenir le cap sur l’austérité jusque sa conclusion amère, quand cette politique implosera [[Article déjà cité de Wolfgang Münchau, “Heed the siren voices to end fixation with austerity”, Financial Times, 15 octobre 2012. “European policy makers are paranoid about their credibility, and I expect them to hold on to austerity until the bitter end, when the policy implodes”.]].»

Les tensions entre le FMI et la Commission européenne se sont de nouveau exprimées publiquement le 14 novembre 2012. …/…

Le FMI revient sur les échecs historiques des politiques brutales d’austérité

Une autre étude du FMI a fait couler beaucoup d’encre, il s’agit d’un chapitre des Perspectives de l’économie mondiale publiées juste avant son assemblée annuelle d’octobre 2012. Dans ce chapitre, le FMI étudie 26 épisodes de crise de la dette publique depuis 1875 en prenant comme critère les cas où la dette publique a dépassé 100 % du PIB. Il passe en revue les politiques de sortie de crise qui ont été appliquées. Un des épisodes analysés est celui qui s’est déroulé au Royaume-Uni après la première guerre mondiale [Martin Wolf, [« Ce que nous enseigne l’histoire de la dette publique », Le Monde, 15.10.2012, ]]. La dette publique britannique atteignait 140% du PIB. Le gouvernement britannique a appliqué une politique radicale d’austérité budgétaire et une politique monétaire très stricte. Le gouvernement dégagea un excédent budgétaire primaire (avant paiement des intérêts) d’environ 7% du PIB pendant toute la décennie 1920 afin de réduire la dette en la remboursant à marche forcée. Mais la dette publique ne diminua pas: en 1930, elle s’élevait à 170 % du PIB et, trois ans plus tard en 1933, elle équivalait à 190 % du PIB.

Martin Wolf, commentateur au Financial Times, affirme que l’objectif réel de la politique du gouvernement britannique «était de briser le mouvement syndical. Ces politiques aboutirent à la grève générale de 1926. Elles suscitèrent une amertume qui perdura pendant plusieurs décennies après la seconde guerre mondiale [Martin Wolf, [«Ce que nous enseigne l’histoire de la dette publique», Le Monde, 15.10.2012,]].» Cela rappelle tout à fait ce qui est mis en œuvre aujourd’hui en Europe[Voir Éric Toussaint, [«La plus grande offensive contre les droits sociaux menée depuis la seconde guerre mondiale à l’échelle européenne», 3e partie de la série « Banques – Peuples: les dessous d’un match truqué!», publié le 23 décembre 2012, http://cadtm.org/La-plus-grande-off…]]. Wolf explique que les dirigeants européens et le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy veulent faire baisser fortement les salaires en utilisant l’arme du chômage. Il affirme: «Dans le même temps, le PIB réel de l’Espagne se contracte. Les efforts pour resserrer la politique budgétaire auront pour effet de le réduire encore.». Il poursuit en disant que cette politique inspire aussi le gouvernement italien. Il conclut son éditorial par une affirmation qui peut paraître inhabituelle sous la plume d’une icône d’un des principaux quotidiens financiers de la planète: «L’austérité budgétaire et les efforts pour diminuer les salaires dans les pays subissant un étranglement monétaire pourraient briser les sociétés, les gouvernements, voire les Etats.» . En fait, depuis des mois, Martin Wolf enfonce le clou: l’austérité mène les pays droit dans le mur. Il en prend pour preuve le cuisant échec électoral de Mario Monti en mars 2013 en Italie.

Comme l’écrit Wolfgang Münchau déjà cité, les dirigeants européens vont prolonger et approfondir cette politique.

Pourquoi les dirigeants européens radicalisent-ils les politiques d’austérité?

Ce serait une erreur de considérer que les dirigeants européens sont devenus aveugles. Leur motivation n’est ni le retour à la croissance économique, ni la réduction des asymétries au sein de la zone euro et de l’UE afin d’en faire un ensemble plus cohérent où serait de retour la prospérité. Le patronat qui guide les actes des gouvernements veut avancer dans la plus grande offensive à l’échelle européenne contre les droits économiques et sociaux conquis après la seconde guerre mondiale.

De ce point de vue, les politiques menées ces dernières années sont des réussites.

Avec les politiques d’austérité qui augmentent le chômage, ils réussissent à accroître toujours plus la précarisation des travailleurs, à diminuer radicalement leur capacité de résistance et de lutte, à réduire les salaires et les différentes indemnités sociales tout en maintenant les énormes disparités entre les travailleurs dans l’UE afin d’augmenter la compétition entre eux. Un des objectifs poursuivis par les dirigeants européens est d’améliorer la capacité des entreprises européennes à conquérir des parts de marché face à leurs concurrents ailleurs dans le monde. Pour ce faire, il faut réduire radicalement le coût du travail, pour reprendre leur expression. Cela implique d’infliger une défaite majeure aux travailleurs d’Europe.

D’autres objectifs sont poursuivis : pousser plus loin l’offensive contre les services publics, éviter autant que faire se peut de nouveaux krach bancaires, renforcer le pouvoir des exécutifs (Commission européenne, gouvernements nationaux) face aux pouvoirs législatifs, renforcer les contraintes imposées par les traités de manière à couler dans le bronze les politiques favorables au Capital…

Le coût politico-électoral peut être élevé, mais globalement les grandes familles politiques traditionnelles qui dominent la scène européenne font le pari …/…

…/… Conclusion : À l’aune des objectifs décrits plus haut, la convergence est totale entre le FMI et les dirigeants européens. D’ailleurs, depuis décembre 2012, moment où l’administration Obama a annoncé qu’elle allait radicaliser les politiques d’austérité aux États-Unis, on n’a plus entendu de déclarations critiques de la part de Christine Lagarde ou d’autres dirigeants du FMI à l’égard de la politique menée en Europe.

Il ne faut donc pas se méprendre sur le sens des déclarations du FMI: s’il a pris un peu de distance par rapport aux dirigeants européens, ce n’est pas pour les convaincre d’abandonner les politiques structurelles favorables aux privatisations et à l’approfondissement de l’offensive contre les conquêtes sociales de l’après seconde guerre mondiale. Il souhaite gagner du poids dans les décisions et il donne de la voix. On verra dans les mois qui viennent s’il continuera à affirmer qu’il convient de ralentir un peu le rythme auquel les dirigeants européens veulent se rapprocher de l’équilibre budgétaire. Si les travaux de certains services de recherche du FMI contiennent des arguments qui vont plus ou moins clairement à l’encontre des politiques dominantes, l’action globale du FMI n’a pas changé d’un iota. C’est cette action qu’il faut combattre de toutes nos forces.

…/… pour lire la suite, cliquer sur le lien (…)

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[

TUNIS

24 MARS 2013:

RENCONTRE

MÉDITERRANÉENNE

CONTRE

LA DICTATURE DE LA DETTE

POUR

LA SOUVERAINETÉ

DES PEUPLES

->https://www.facebook.com/photo.php?fbid=325646394224257&set=a.238007419654822.50082.237006876421543&type=1&relevant_count=953]

[ Sources: Front Populaire de Tunisie

http://www.facebook.com/Jabha.Tunisie->http://www.facebook.com/Jabha.Tunisie]

voir aussi: http://www.facebook.com/raid.attac.tunisie

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INDE: GRÈVE GÉNÉRALE

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La plus grande grève de l’histoire de l’Inde 100 millions de travailleurs en grève contre la hausse des prix, la précarité et les privatisations.

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Les deux journées de grève du 20 et 21 février convoquées par les onze centrales syndicales indiennes constituent non seulement la plus grande grève de l’histoire de l’Inde, ainsi que sans doute une des plus grandes de l’histoire du mouvement ouvrier.

Mercredi 27 Février 2013

La Nation

La première grève générale unitaire de 48 heures depuis l’indépendance a été un succès : plusieurs dizaines de millions de travailleurs ont arrêté le travail, 100 millions selon les syndicats, avec à leur tête deux syndicats de classe (CITU et AITUC) liés aux Partis communistes.

Tout le pays a été paralysé par le mouvement : le privé comme le public, la grande industrie comme le petit commerce, le secteur formel comme informel.

Parmi les secteurs les plus touchés, le secteur bancaire, menacé par un plan de privatisation, a connu une mobilisation historique. Selon le Syndicat indien des employés de banque, le secteur aurait répondu à 100% à la grève générale.

L’adhésion à la grève a été très forte dans les services, privés avec des taux records dans les assurances mais aussi dans le public avec plus de 6 millions de grévistes (entre 60 et 90% de grévistes) chez les fonctionnaires, notamment parmi le personnel enseignant.

Les services fondamentaux du pays ont été paralysés : les bureaux de poste et les établissements scolaires fermés, les transports publics totalement paralysés (exception faite de Delhi) tandis que les télécoms ont fonctionné au ralenti

Le mouvement a été massivement suivi dans l’industrie lourde avec une paralysie totale des mines de charbon et de fer, du secteur pétrolier, des ports industriels (6 des 9 ports fermés) ainsi que des usines sidérurgiques (entre 70 et 100%) et les industries stratégiques, défense et nucléaire.

La convergence des luttes a été au cœur du mouvement. Non seulement entre public et privé, mais aussi entre ouvriers et paysans – avec des occupations de terre par les travailleurs agricoles – et entre travailleurs précaires, au cœur du mouvement, et ceux en contrat plus stable.

Le mouvement a été suivi dans tout le pays. Certes, les Etats « rouges », bastions communistes, comme le Kerala et le Bengale occidental, malgré les pressions patronales, ont été à l’arrêt pendant les deux jours de grèves.

Toutefois, la vie s’est arrêtée également dans l’État le plus peuplé, l’Uttar Pradesh, tout comme la capitale New Delhi. Au nord de l’Inde, habituellement moins enclins aux mouvements sociaux, les Etats d’Haryana, du Pendjab et de Chattisgarh ont fonctionné également au ralenti

Une plate-forme unitaire de revendications

mais un rôle moteur des syndicats de classe

proche des communistes

Historique cette grève l’était également par son caractère unitaire, unie autour d’une une lutte commune contre la hausse des prix, contre le travail précaire et contre la libéralisation et la privatisation de l’économie.

Les onze centrales syndicales ont émis une liste de dix revendications centrées sur une intervention accrue de l’État dans l’économie: gel des prix, arrêt des privatisations des services publics et application du code du travail.

Le sort des travailleurs précaires du secteur informel a été souligné, avec la proposition d’un salaire minimum de 150 € par mois, l’égalisation des salaires et conditions avec les travailleurs sous contrat (comme transition vers la suppression des contrats précaires) et enfin la garantie de leur droit à la retraite et à la sécurité sociale.

Cette unité syndicale ne doit pas masquer le rôle moteur joué par les deux principaux syndicats de classe du pays, liés aux Partis communistes, la Centrale des syndicats indiens (CITU) et le Congrès des syndicats indien (AITUC) regroupant six millions de syndiqués.

L’affrontement a été rude avec les forces de la réaction. Dans l’Etat d’Haryana au nord, un syndicaliste de l’AITUC, Narender Singh, a été écrasé par un bus conduit par des briseurs de grève et qu’il tentait d’empêcher de sortir du dépôt.

Les dirigeants syndicaux des deux principales centrales syndicales du pays ont insisté sur la nécessité de continuer la lutte face aux contre-réformes du gouvernement de centre-gauche du Parti du Congrès :

« Si le gouvernement ne prend pas en compte nos revendications après la grève, alors nous intensifierons nos actions de protestation», a averti le secrétaire-général de l’AITUCGurudas Dasgupta.

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La grève générale du 20-21 février était la quinzième grève générale depuis la grande grève de 1991 contre les réformes libérales imposées par le FMI. La première grève générale unitaire sur deux jours.

La première surtout à dépasser la barre des 100 millions de grévistes. La dernière grande grève générale en septembre 2012, déjà une des plus importantes de l’histoire du pays, avait mobilisé 50 millions de travailleurs.

En Inde, comme ailleurs, la lutte continue contre la précarisation du travail, la privatisation des services publics et les communistes en sont à l’avant-garde!

Article paru sur Solidarité International PCF le 23 février 2013.


« NOTRE SOLUTION POUR L’EUROPE « par ALEXIS TSIPRAS

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«NOTRE SOLUTION POUR L’EUROPE»

« LE MONDE DIPLOMATIQUE »

article de Alexis Tsipras

février 2013

ολόκληρο το αρθρο του Αλέξη Τσιπρα στην

Le 3 janvier, l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) concédait qu’une «erreur» avait conduit l’institution à sous-estimer l’impact négatif des mesures d’austérité qu’elle prône par ailleurs.

Ce faisant, il apportait une caution inattendue à l’analyse que présente ici M. Alexis Tsipras, porte-parole de Syriza, la principale force de la gauche grecque.


Février 1953. La République fédérale d’Allemagne (RFA) croule sous les dettes et menace d’entraîner l’ensemble des pays européens dans la tourmente. Préoccupés par leur propre salut, ses créanciers — dont la Grèce — prennent acte d’un phénomène qui n’a surpris que les libéraux: la politique de «dévaluation interne», c’est-à-dire la réduction des salaires, n’assure pas le remboursement des sommes dues, au contraire.

Réunis à Londres au cours d’un sommet exceptionnel, vingt et un pays décident de réévaluer leurs exigences à l’aune des capacités réelles de leur partenaire à faire face à ses obligations. Ils amputent de 60 % la dette nominale cumulée de la RFA et lui accordent un moratoire de cinq ans (1953-1958), ainsi qu’un délai de trente ans pour rembourser. Ils instaurent également une «clause de développement» autorisant le pays à ne pas consacrer au service de la dette plus d’un vingtième de ses revenus d’exportation. L’Europe vient de prendre le contre-pied du traité de Versailles (1919), jetant les fondations du développement de l’Allemagne de l’Ouest après la guerre.

C’est précisément ce que la “Coalition de la gauche radicale grecque” (Syriza) propose aujourd’hui: procéder à rebours des petits traités de Versailles qu’imposent la chancelière allemande Angela Merkel et son ministre des finances Wolfgang Schäuble aux pays européens endettés, et nous inspirer de l’un des plus grands moments de clairvoyance qu’ait connus l’Europe d’après-guerre.

Les programmes de «sauvetage» des pays d’Europe du Sud ont échoué, creusant des puits sans fond qu’on invite les contribuables à tenter de remplir. Parvenir à une solution globale, collective et définitive du problème de la dette n’a jamais été aussi urgent. Et l’on comprendrait mal qu’un tel objectif soit escamoté de façon à assurer la réélection de la chancelière allemande.

Dans ces conditions, l’idée avancée par Syriza d’une conférence européenne sur la dette, sur le modèle de celle de Londres sur la dette allemande en 1953, représente, selon nous, la seule solution réaliste et bénéfique pour tous: une réponse globale à la crise du crédit et au constat de l’échec des politiques menées en Europe.

Voici donc ce que nous demandons pour la Grèce:

–* une réduction significative de la valeur nominative de sa dette
publique cumulée;

–* un moratoire sur le service de la dette, afin que les sommes conservées soient affectées au redressement de l’économie;

–* l’instauration d’une «clause de développement», afin que le
remboursement de la dette ne tue pas dans l’œuf le redressement économique;

–* la recapitalisation des banques, sans que les sommes en question soient comptabilisées dans la dette publique du pays.

Ces mesures devront s’adosser à des réformes visant à une plus
juste répartition des richesses. En finir avec la crise implique en
effet de rompre avec le passé qui a permis de l’engendrer: œuvrer
à la justice sociale, à l’égalité des droits, à la transparence politique
et fiscale, bref à la démocratie.

Un tel projet ne pourra être mis enœuvre que par un parti indépendant de l’oligarchie financière, cette poignée de chefs d’entreprise qui ont pris l’Etat en otage, d’armateurs solidaires entre eux et – jusqu’en 2013 – exemptés d’impôt, de patrons de presse et de banquiers touche-à-tout (et en faillite) qui portent la responsabilité de la crise et s’efforcent de maintenir le statu quo.

Le rapport annuel 2012 de l’organisation non gouvernementale (ONG) Transparency International désigne la Grèce comme le pays le plus corrompu d’Europe.

Cette proposition constitue à nos yeux la seule solution, à moins
de se satisfaire du gonflement exponentiel de la dette publique en
Europe, où elle dépasse déjà, en moyenne, 90 % du produit inté-
rieur brut (PIB).

C’est ce qui nous rend optimistes: notre projet ne pourra pas être rejeté, car la crise ronge déjà le noyau dur de la zone euro.

La procrastination n’a d’autre conséquence que d’accroître le
coût économique et social de la situation actuelle, non seulement
pour la Grèce, mais également pour l’Allemagne et pour le reste
des pays ayant adopté la monnaie unique.

Pendant douze ans, la zone euro – inspirée des dogmes
libéraux – a fonctionné comme une simple union monétaire, sans équivalent politique et social.

Les déficits commerciaux des pays du Sud
constituaient l’image renversée des excédents enregistrés au Nord.

La monnaie unique a par ailleurs servi l’Allemagne, en «refroidissant»
son économie après la coûteuse réunification de 1990.

Mais la crise de la dette a bouleversé cet équilibre. Berlin a réagi en
exportant sa recette de l’austérité, ce qui a aggravé la polarisation sociale
au sein des Etats du Sud et les tensions économiques au cœur de la zone
euro.

Apparaît désormais un axe Nord-créditeurs / Sud-débiteurs, nouvelle
division du travail orchestrée par les pays les plus riches.

Le Sud se
spécialisera dans les produits et les services à forte demande de maind’œuvre avec des salaires planchers ; le Nord, dans une course à la qualité
et à l’innovation, avec, pour certains, des salaires plus élevés.

La proposition de M. Hans-Peter Keitel, président de la Fédération
allemande de l’industrie (BDI), dans un entretien accordé au site Internet
du Spiegel, visant à transformer la Grèce en «zone économique
spéciale»
[«BDI-Chef will Griechenland zur Sonderwirtschaftszone machen», Spiegel Online, 10 septembre 2012, [www.spiegel.de ]] révèle le véritable objectif du mémorandum[[ NDLR. Accord signé en mai 2010 imposant l’austérité à Athènes en échange de
son «sauvetage» financier.]].

Les mesures prévues par ce texte, dont la portée s’étend au moins jusqu’en 2020, se soldent par un échec retentissant, que reconnaît désormais le Fonds monétaire international (FMI).

Mais, pour ses concepteurs, l’accord a l’avantage d’imposer une tutelle économique à la Grèce, qu’il ramène au rang de colonie financière de la zone euro.

Son annulation constitue donc le préalable à toute sortie de crise:
c’est le médicament qui est mortel et non la dose, comme le suggèrent
certains.

Il faudra par ailleurs s’interroger sur les autres causes de la crise financière en Grèce. Celles qui conduisent au gaspillage de l’argent public
n’ont pas changé: le coût de construction de routes au kilomètre le plus
élevé d’Europe, par exemple; ou encore la privatisation des autoroutes
en guise de «prépaiement» de nouveaux axes… dont la construction a
été interrompue.

L’extension des inégalités ne saurait être réduite à un effet secondaire
de la crise financière. Le système fiscal grec reflète la relation clienté-
liste qui unit les élites du pays. Telle une passoire, il est criblé d’exemptions et de passe-droits taillés sur mesure pour le cartel oligarchique. Le
pacte informel qui, depuis la dictature, soude le patronat et l’hydre à
deux têtes du bipartisme – “Nouvelle Démocratie” et “Mouvement socialiste panhellénique” (Pasok) – en scelle le maintien.

C’est l’une des raisons pour lesquelles l’Etat renonce aujourd’hui à obtenir les ressources dont il a besoin par l’impôt, lui préférant la réduction
continuelle des salaires et des retraites.

Mais l’establishment – qui a survécu de justesse aux élections du
17 juin [[NDLR. Avec 29,66 % des voix, le “parti Nouvelle Démocratie” (droite) a été contraint de former une coalition avec le Pasok (12,28 % des voix) et “Gauche démocratique” (6,26 %).

Arrivé deuxième, “Syriza” enregistrait un score de 26,89 % (dix
points de plus que lors du scrutin législatif de mai 2012),

et le parti néonazi “Aube
dorée”, 6,92 % (stable par rapport à mai 2012).]], en semant la peur quant à une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro – vit sous l’assistance respiratoire d’un second poumon artificiel: la corruption.

La difficile tâche consistant à briser la collusion entre milieux politiques et économiques – une question qui ne concerne pas que la Grèce – constituera l’une des priorités d’un gouvernement populaire conduit par Syriza.

Nous réclamons donc un moratoire sur le service de la dette pour
changer la Grèce.


Faute de quoi, toute nouvelle tentative d’assainissement financier fera de nous autant de Sisyphes condamnés à l’échec. À ceci près que, cette fois, le drame ne concerne plus seulement l’antique cité de Corinthe, mais l’Europe dans son ensemble.

ALEXIS TSIPRAS

http://www.monde-diplomatique.fr/2013/02/TSIPRAS/48724


GRÉCE : LE MÉDECIN ET MILITANT GIORGOS KOSMOPOULOS MENACÉ D’EXPULSION DE SON LOGEMENT

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Il est peut-être difficile pour beaucoup de gens, et en particulier les USAméricains, d’imaginer qu’un médecin puisse se faire expulser de chez lui, avec sa famille, parce qu’il n’arrive pas à payer son loyer. Mais en Grèce cela peut arriver. Giorgos Kosmopoulos est médecin.

Et pas n’importe quel médecin. Chirurgien thoracique, il a étudié avec le célèbre Pr. Christiaan Barnard en Afrique du Sud au Heart Transplant Center de l’Université Groote Schuur, au Cap. Il a tenu le poste de Maître de Conférences à la faculté de chirurgie cardiothoracique à l’université de Witwatersrand à Johannesburg et a dirigé le service de chirurgie thoracique au centre hospitalier Agios Savas d’Athènes. Il a à son actif 3 535 interventions en chirurgie cardiothoracique.

Giorgos Kosmopoulos est également fondateur de StopCartel TV, pionnier du Livestream et l’un des rares streamers bilingues qui rendent compte de la situation en Grèce. Demain matin 7 décembre, le Pr. Kosmopoulos et sa famille de six personnes sont menacés d’expulsion de l’appartement où ils demeurent depuis 14 ans.

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Giorgos Kosmopoulos

Mais où se trouve Giorgos Kosmopoulos ce soir? Il est en train de suivre en direct en streaming les manifestations dans le centre d’Athènes. Car en dépit de ses problèmes personnels, il estime de son devoir de streamer et d’archiver les heurts entre la police grecque et les manifestants qui se rassemblent pour commémorer le meurtre d’Alexandros Grigoropoulos à l’âge de 16 ans, le 6 décembre 2008.

Activiste depuis sa jeunesse, Le Pr. Kosmopoulos a grandi sous le régime des colonels et est entré en résistance à l’âge de 17 ans, au début de ses études en faculté. Pendant la décennie qu’il a passée en Afrique du Sud, il a milité contre l’apartheid et a survécu à deux grèves de la faim, l’une de 26 jours et l’autre de 30 jours.

Un drame personnel dans sa famille l’a fait revenir en Grèce, où il habite actuellement. A l’âge de six ans, son fils Christopher a reçu une balle dans la tête, suite à quoi il a perdu la vision d’ un œil et la moitié de la vision de l’autre œil. Les médecins avaient dit que Christopher avait perdu en même temps la moitié de ses fonctions cérébrales et avait une meilleure chance de réussir son éducation dans sa langue maternelle.

La famille est retournée en Grèce et Christopher a intégré une école spéciale. Après un mois, l’école a dit à la famille que Christopher n’avait pas besoin de ce traitement spécial. Il est entré dans une école primaire normale où il a bien travaillé. Il a continué ses études au lycée en ensuite en faculté. Christopher est aujourd’hui économiste et s’est même présenté aux élections législatives sur la liste de SYRIZA.

Alors qu’il dirigeait le service de chirurgie thoracique à Agios Savas à Athènes, les premières coupes salariales ont été imposées aux professions de santé. Il a demandé s’il pouvait prendre une retraite anticipée à pension réduite. On lui a dit qu’il y avait droit et il a donné sa démission. Il a touché sa pension pendant six mois mais ensuite les paiements ont tout simplement cessé. Le gouvernement l’a informé que son éligibilité à la retraite n’était finalement pas acquise. Il lui restait alors seulement deux mois pour réintégrer son poste. Mais il n’y a pas réussi, et il a tenté de créer son cabinet à titre libéral. Mais entre-temps les Mémorandums d’austérité de la Troïka étaient adoptés, et les Grecs ne pouvaient plus se permettre de se faire soigner par la médecine libérale; il a dû fermer son cabinet. Il a alors redemandé un poste de médecin de santé publique, et au bout de plusieurs mois d’attente on l’a nommé à un poste loin d’Athènes, dans le Péloponnèse occidental. Le salaire proposé était très bas, et déménager avec toute la famille l’aurait mis en grande difficulté. Il a alors demandé à être affecté à un poste dans la région d’Athènes. A l’heure qu’il est il attend encore, car la machinerie du secteur public en Grèce s’est entretemps arrêtée net. Il pourrait attendre très longtemps ce nouveau poste. 40% des emplois du secteur public sont à nouveau voués à être supprimés.

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« Choris lefta = Sans argent », art mural au coin des rues

Themistokleous & Panepistimiou , Athènes

Entretemps, les nouvelles procédures d’expulsion accélérée qui font partie des multiples mesures – certaines à l’apparence anecdotique, d’autres flagrantes – qui saignent lentement le peuple grec, ce médecin exceptionnel et journaliste citoyen dévoué a été informé qu’il doit être expulse de son domicile. Dans beaucoup de pays européens, il est illégal de procéder à des expulsions pendant les mois d’hiver. Mais ce n’est pas le cas dans la Grèce d’aujourd’hui – cette Grèce devenue laboratoire de la doctrine néolibérale. C’est pour cela que le Dr. Giorgos Kosmopoulos fait tout pour informer le monde de la détresse où se trouve son pays, en dépit du silence et de la complaisance des médias dominants.

Il a parlé de cette procédure d’expulsion ce soir pendant son émission en Livestream:

“Nous nous préparons à une désobéissance civile pacifique demain. Nous ne tolérerons pas qu’on nous éjecte violemment du domicile où nous vivons depuis 14 ans. Si on nous impose cette expulsion, nous résisterons et exprimerons notre désobéissance. Nous ne leur permettrons pas de pénétrer dans notre maison. Ils pourraient aller jusqu’à user de la violence et jeter nos affaires dans la rue. Nous espérons que des camarades viendront nous soutenir. Nous n’avons peut-être pas intérêt à dire en ligne ce que nous entendons faire. Tout se passera en ligne et en direct. Vous qui regardez depuis les USA, il vous sera difficile de regarder vu le décalage horaire.

Mais le monde doit être conscient de la catastrophe humanitaire qui se déroule en Grèce. Des milliers de familles grecques sont sans abri et personne ne semble en être conscient. On vous demande de faire ce que vous pouvez pour faire passer le message et aider à sensibiliser les gens.”

La famille Kosmopoulos a demandé un sursis à l’expulsion jusqu’au 13 janvier afin de pouvoir trouver un nouvel appartement et mettre ses affaires à l’abri.


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“Grèce prochain modèle économique”, art mural, Athènes


Merci à “Occupy France”

Source: http://99getsmart.com/greece-distinguished-physician-and-activist-faces-eviction/

Date de parution de l’article original: 06/12/2012

URL de cette page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=8693


LES MULTINATIONALES SUR LE DOS DE L’ ALGÉRIE ET DE SES TRAVAILLEURS

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Florange en France, El Hadjar en Algérie, les tentacules mondiales d’Arcelor Mittal étendent leurs méfaits dans le monde entier.

C’est dire à quel point est importante la solidarité de lutte des ouvriers à l’échelle internationale, à l’image de la journée européenne de lutte des Syndicats d’Europe le 14 novembre dernier.


“ARCELOR MITTAL” ATTAQUE EN JUSTICE UN JOURNAL ALGÉRIENMercredi 5 décembre 2012 – algerieinfos-saoudi.com


«URGENT» – HASSI MESSAOUD: DES TRAVAILLEURS DE LA MULTINATIONALE WETHERFORD ET ENAFORÀ SONT EN TRAIN DE MOURIR DANS LE SILENCE.


ARCELOR MITTAL ATTAQUE EN JUSTICE UN JOURNAL ALGÉRIEN

Mercredi 5 décembre 2012

algerieinfos-saoudi.com

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DR-El-Hadjar

Le tribunal d’Alger sera-t-il demain jeudi le théâtre d’un procès du libre échange débridé qui tue la production nationale?
8 La multinationale ArcelorMittal poursuit en justice le journal Le Temps d’Algériepour deux articles qu’elle estime «diffamatoires».

Ces articles mentionnaient notamment des marchés conclus par ArcelorMittal Annaba avec des sociétés domiciliées à l’étranger qui dépendent de son groupe, pour importer du coke de France, du Luxembourg, etc., alors que cette matière entrant dans la production de l’acier, pouvait être préparée en Algérie.

Le journaliste Mounir Abi auteur des articles et le directeur de publication-gérant du Temps d’Algérie comparaissent demain devant le Tribunal d’Alger. ArcelorMittal a choisi d’attaquer un seul journal.

Pour l’exemple, sans doute car il y a eu d’autres articles sur ses magouilles à l’import-export.

Dans un article du blog intitulé “La sidérurgie algérienne laminée par le libre échange” nous citons Naima Benouaret, qui le 20 janvier 2012 écrivait dans El Watan sur les magouilles de la multinationale:

«À ArcelorMittal Annaba, une curieuse stratégie progressivement et doucement mise en œuvre par la maison mère, aurait, en outre, fait perdre le plus gros client voisin de l’Ouest en faveur de l’une des filiales européennes du numéro un mondial de la sidérurgie, toujours d’après le même représentant du CP. Ainsi, depuis 2010, les produits plats «made in Algéria» auraient disparu sur le marché marocain».

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Synthèse blog

5 décembre 2012

sources: algerie-infos

->http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-arcelormittal-attaque-en-justice-un-journal-algerien-113145944.html]

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Photo Claude Bricage in “Photons d’acier”

SIDER – novembre 1991: produits plats

pour simplement rappeler aux lecteurs de socialgerie qu’en 1991 Sider fabriquait des produits plats corrects, compétitifs – comme certains disent aujourd’hui- avec une demande locale et régionale importante ( cela en contradiction avec les élucubrations pseudo prédictives des medias de l’époque qui annonçaient -déjà – une baisse de la demande des produits sidérurgiques, alors que dans le réel les besoins en produits sidérurgiques – plats et ronds n’ont fait que s’accroître localement et dans le monde).

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«URGENT»
DES TRAVAILLEURS

DE LA MULTINATIONALE WETHERFORD ET ENAFOR

SONT EN TRAIN DE MOURIR DANS LE SILENCE

Des travailleurs de la société mixte, “ENAFOR WETHERFOR” à Hassi Messaoud, sont en grève de la faim depuis 21 jours, leur état est très critique, plusieurs d’entre eux sont a l’hôpital;

ils ont déclenché leurs grève de la faim comme seule solution pour protester contre leurs licenciements abusifs,

la société ENAFOR les a poursuivi en justice pour les obliger à quitter les lieux de leur campement !

Pour plus d’information appeler leurs représentants:

Zaaboub Tarek

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Riah Khaled

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Sources:
Yacine Zaid

Syndicaliste autonome, Membre du conseil national de la “LADDH”

BLOG : ““Syndicaliste de lutte””

SITE : JOURNALISTE CITOYEN ALGÉRIE

Chaine Youtube : “YacineYoutube”


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PIERRE HILLARD: «L’OLIGARCHIE MONDIALISTE VEUT CRÉER UN VATICAN II DE L’ISLAM».

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Pierre Hillard (*)

Jeudi 14 Juin 2012

Interview réalisée par Fayçal Anseur

http://www.alterinfo.net/Pierre-Hillard-L-oligarchie-mondialiste-veut-creer-un-Vatican-II-de-l-Islam_a77699.html

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Pierre Hillard est docteur en sciences politiques et essayiste français.

Il a fait des études d’histoire, de sciences politiques et d’études stratégiques.

Spécialiste du « mondialisme», il dénonce ce qu’il interprète comme un processus technocratique de décomposition des nations et d’unification du monde. Cette stratégie de domination est orchestrée, selon lui, par une oligarchie financière et militaire mondialiste, agissant dans les coulisses du vrai pouvoir. Son objectif: diriger le monde, en cassant les Etats-Nations, diluant la spiritualité et les traditions et soumettant les peuples à un «nouvel ordre mondial».

Le contrôle du monde musulman est une étape cruciale dans la réalisation de ce projet de domination mondiale.

Fayçal Anseur : Depuis le 11 septembre, l’Islam de manière générale et les pays musulmans en particulier sont dans le collimateur des grandes puissances occidentales,à leur tête les USA. Des pays ont été envahis (Irak, Afghanistan, Libye), d’autres sont sur la liste d’attente (Iran, Syrie, …). Quel bilan tirez-vous de ces bouleversements et à qui profite cette situation?

Pierre Hillard : Le bilan, qui est provisoire, est celui du commencement d’un désastre. Ces pays sont entrés dans une spirale sans fin de guerres, de répressions, de revendications ethniques, de partitions territoriales, d’oppositions entretenues et de tensions religieuses exacerbées. Nous sommes dans une période de bouleversement, c’est-à-dire une zone de mutation qui permet de passer d’un monde ancien à un monde nouveau. Pour reprendre une expression biologique, nous assistons à un « climax », période cruciale du développement des insectes au cours de leur métamorphose.

Quel est le but inavoué, caché derrière cette « guerre contre le terrorisme»?

Pierre Hillard : Derrière la formule «guerre contre le terrorisme», se cache comme enjeu immédiat l’accaparement des richesses variées de pays musulmans (pétrole, gaz, uranium, …) par les grandes multinationales au service du monde oligarchique.

Cependant, l’objectif profond est double.

  • Il s’agit d’abord de parcelliser ces pays en fonction de critères ethniques et religieux afin de mieux les contrôler. Le vieil adage «Diviser, pour mieux régner» trouve parfaitement son application.
  • Le deuxième objectif est de procéder à une refonte des mentalités arabes et perses grâce à un changement des fondamentaux de l’Islam.

Dans le cadre du catholicisme, Vatican II (1962-1965) a eu pour objectif de modifier le christianisme afin d’adapter l’Eglise à l’esprit du monde; sous-entendu à l’esprit du mondialisme œuvrant en faveur du nouvel ordre mondial. Depuis cette époque, tous les papes concourent à cette politique (gouvernance mondiale, promotion des droits de l’homme, …) par exemple par l’intermédiaire de leurs encycliques.

C’est la même politique qui doit s’appliquer aux musulmans dans le cadre d’un «Vatican II de l’Islam». L’Islam doit devenir soluble à l’esprit du mondialisme. Ce n’est pas l’effet du hasard si l’article de Ralph Peters dans la revue militaire américaine «AFJ» de juin 2006 promeut l’éclatement des pays du Proche-Orient et appelle à la création d’une sorte de «super Vatican musulman» avec la mise à l’honneur d’un «Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l’Islam». Ce «Conseil» aurait pour objectif de modeler et de réformer l’Islam afin de le rendre conforme aux canons de la mystique mondialiste. On retrouve le même genre d’idées chez l’islamologue juif britannique et naturalisé américain Bernard Lewis qui, le premier, a élaboré le concept du «choc des civilisations» en 1957. Rappelons que ce dernier est étroitement lié à Zbigniew Brzezinski lui-même mentor du président Obama.

Alors que l’on continue de stigmatiser l’Islam et les musulmans, cela n’empêche pas les USA, la France, etc, de soutenir des «révolutions islamiques» dans des pays arabes comme en Libye, où Belhadj, un ex-lieutenant de Ben Laden est présenté comme le libérateur de Tripoli, ou en Syrie, pays déstabilisé, notamment par des combattants se revendiquant du Djihad islamique. Quelle est cette nouvelle stratégie occidentale déployée contre certains pays musulmans, s’agit-il d’une nouvelle épopée coloniale ?

PH : Les élites occidentales, c’est-à-dire celles issues des cénacles mondialistes comme le Council on Foreign Relations (CFR), Chatham House et bien d’autres, pratiquent un jeu bien pervers qui consiste à attiser la tension entre l’occident et le monde musulman. Dans la vision mondialiste, il s’agit en particulier de mettre en place les « trois piliers du judaïsme » comme le présente la très mondialiste Fondation Bertelsmann.

Ces trois piliers représentant les communautés juives d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Israël doivent constituer l’armature politique, économique et militaire d’une même architecture. La création en février 2012 d’un Parlement juif européen dans les locaux du Parlement européen est la suite logique de cette politique de très grande envergure. Le problème est que le monde musulman ne présente pas les « qualités » nécessaires pour entrer dans la configuration spirituelle, politique et économique du mondialisme.
Par conséquent, l’encouragement donné par ces élites est de favoriser l’arrivée de mouvements islamistes les plus durs afin de créer le principe des oppositions face à un Occident (en incluant Israël) prétendu démocrate et droit de l’hommiste. Cette gestion des contraires conduisant à la confrontation entre ces deux mondes doit permettre de passer à une étape supérieure autorisant la création d’une gouvernance mondiale après épuisement complet des pays engagés dans des épreuves faites de guerres en tout genre. Derrière cette politique, l’idée d’une religion mondiale doit voir le jour où les lois noachides doivent permettre à l’humanité unifiée d’atteindre un âge d’or précédant le retour du Messie. Ces lois noachides structurent déjà la société américaine comme le stipule la loi 102-14 de mars 1991 lors de la 102è session du Congrès américain appelée « Education Day ». Il est en particulier rendu hommage au mouvement loubavitch et au rabbin Menachem Mendel Schneerson. N’oublions pas que le mondialisme est un messianisme.

Vous êtes un spécialiste du mondialisme : Quelle place est réservée au monde musulman dans le programme élaboré par les cerveaux de ce projet?

PH : Comme je l’ai déjà précisé, les travaux de Bernard Lewis ou encore ceux de Ralph Peters annoncent un grand chambardement des pays musulmans. Cependant, on doit réserver une place particulière aux travaux d’un ancien fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères israélien Oded Yinon dans une publication parue en 1982 dans le cadre de «l’organisation sioniste mondial» (“World Zionist Organisation”).

C’est grâce à l’action d’Israël Shahak, Président de la ligue israélienne des droits de l’homme, qu’il a été possible de connaître les buts à long terme élaborés au sein de certaines officines peu philanthropes. Publié dans «La revue d’études palestiniennes» et reproduit dans la revue «Confluences méditerranéennes» (n° 61 printemps 2007) sous le titre «Une stratégie persévérante de dislocation du monde arabe» , il est clairement indiqué par son auteur que «Le Moyen-Orient ne pourra pas survivre dans ses structures actuelles sans passer par des transformations révolutionnaires».

Dans son étude, Oded Yinon décrit minutieusement les composantes ethniques et religieuses propre au monde musulman du Maroc au Pakistan en passant par la Turquie. Il s’agit ni plus ni moins de favoriser la dislocation des pays musulmans.

Ainsi, il est déjà prévu en 1982 de partager l’Irak en trois blocs (chiite, sunnite et kurde), de pulvériser l’Etat syrien en plusieurs entités ainsi que l’Etat égyptien.

Il est ajouté pêle-mêle que le processus doit toucher aussi la Libye, le Soudan, le Liban …

À la lecture de ce texte, on se rend compte que les événements qui balaient les Etats arabes depuis 2011 ne sont pas fortuits.

Il faut rappeler aussi que cette politique définie par Oded Yinon accompagne le rapport rédigé en 1996 par le «Prince des ténèbres», Richard Perle, intitulé “A clean break”: a new strategy for securing the realm. Ce document, véritable catalogue de déstabilisation des pays musulmans fut présenté à Benjamin Netanyahu dans le cadre d’un think tank israélien: “The Institute for advanced strategic and political issues.”

La corruption et le népotisme qui caractérisent les pays musulmans ne suffisent pas à expliquer les bouleversements profonds en cours du Maroc au Pakistan. Les services secrets américains et anglais qui ont une tradition ancienne d’intervention dans les affaires internes des pays musulmans (par exemple: l’affaire Mossadegh en 1953) ou encore israéliens ont dû se montrer particulièrement actifs.

Israël est décidé d’attaquer l’Iran, mais le retour de Poutine sur la scène géopolitique mondiale, semble ralentir ce processus guerrier. Comment la situation va-t-elle évoluer maintenant que la Russie s’en mêle franchement?

PH : Poutine fait partie de la mouvance mondialiste. La création sous sa direction à la fin de l’année 2011 d’une «Union eurasienne supranationale» selon sa propre expression (terme mondialiste par excellence) faisant le pont entre, d’un côté, l’Union européenne et, de l’autre, le bloc asiatique cadre parfaitement avec la mise en place de blocs continentaux régionaux s’insérant dans une gouvernance mondiale parallèlement à la création d’un Parlement mondial: l’Assemblée parlementaire des Nations Unies (APNU).

Cependant, il ne faut pas voir ces agents du mondialisme comme un bloc monolithique.

Les élites anglo-saxonnes, russes et israéliennes (mais aussi chinoises) se font une guerre farouche dans la répartition des rôles et des intérêts. Il ne faut pas oublier que les liens entre la diaspora juive russe résidant en Israël et celle s’activant en haut lieu au Kremlin parmi les oligarques passent obligatoirement par des accords dans le partage des richesses et des influences dans les pays musulmans.

Il ne faut pas oublier non plus en arrière-fond les ambitions anglo-saxonnes en particulier celles du très puissant lobby juif américain, l’AIPAC. Toute la question est de savoir si ces différents clans sauront s’entendre. Dans le cas contraire, les armes parleront. L’idéal mondialiste consistant à fracasser le monde occidental et le monde musulman l’un contre l’autre entrera en action. Le choc des civilisations chéri par Bernard Lewis trouverait son plein accomplissement.

Après la Libye, le Mali …, est-ce que l’Algérie est à son tour susceptible d’être déstabilisée. Est-elle dans les petits papiers de l’Empire oligarchique. Si oui, que lui réserve-t-on?

PH : Bien entendu, l’Algérie fait partie des «heureux élus» si on peut dire. L’objectif est de créer des blocs continentaux à l’instar de l’Union européenne bénéficiant des véritables pouvoirs politiques et économiques aux dépens des Etats et au profit de l’ethno-régionalisme.

Nous assisterons au même processus dans le cadre de l’Union africaine.

Les Etats sont de plus en plus fragilisés par l’octroi de droits politiques et culturels aux groupes ethniques. La reconnaissance de la langue amazighe dans la nouvelle constitution marocaine en juillet 2011 entre dans un processus de reconnaissance de droits politiques à des groupes ethniques (Berbères et autres) en Afrique du Nord et par ricochet dans toute l’Afrique subsaharienne. L’Algérie n’échappera pas à ce phénomène.

L’éclatement du Soudan en deux parties, l’autonomie proclamée de la Cyrénaïque, une partition en cours au Mali avec l’émergence de l’Azawad et des droits accordés aux Berbères au Maroc soulignent un mouvement de fond que les oligarques, multinationales et grands financiers du monde entier doivent regarder avec tendresse.

Que l’identité propre à chaque groupe soit respectée est indispensable. Cependant, le pas politique ne doit pas être franchi.

Dans le cas contraire, le mouvement risque de se muer en revendications ethnicistes et indépendantistes conduisant à des conflits sanglants sur fond d’intérêts économiques téléguidés de l’étranger.

Le mondialisme se nourrit de l’éclatement des Etats en une myriade d’entités ethniques rivales entre elles. Au même titre qu’il faut bien mâcher pour bien digérer, la mystique mondialiste s’activera de plus en plus pour «mâcher» ou «concasser» les Etats en de multiples entités afin de mieux les absorber dans les structures d’une gouvernance mondiale.

Dans cette affaire, en dehors d’une élite apatride et perverse grande gagnante de cette babélisation généralisée, ce sont les peuples, leurs identités et leurs traditions si utiles à la variété et à la beauté du monde qui feront les frais de cette politique.

Que ces peuples et des hommes politiques véritables réfléchissent un peu afin de ne pas être les idiots utiles du système.

Interview réalisé par Fayçal Anseur

(*) Pierre Hillard,

Auteur notamment de: «La marche irrésistible du nouvel ordre mondial»,
Aux Editions François-Xavier de Guibert
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SOURCES: www.alterinfo.net