« LES FORCES IMPÉRIALISTES ONT FAIT ÉCHOUER LE « PRINTEMPS ARABE »

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L’ entretien de Hocine Belalloufi(*) donné à Echorouk, peut aider les militants et l’opinion progressistes à sortir des dédales spéculatifs et des simplifications entretenues par différents milieux face aux situations complexes traversées par des pays différenciés de plusieurs points de vue mais pour lesquels il y a un fil conducteur à maîtriser (le rôle de l’impérialisme globalisé et néolibéral)

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« PRINTEMPS ARABE »
HOCINE BELALLOUFI FAIT LE POINT

repris sur le blog algerieinfos-saoudi
par Saoudi Abdelaziz
le 31 Janvier 2015
sous le titre
->http://www.algerieinfos-saoudi.com/2015/01/printemps-arabe-hocine-belalloufi-fait-le-point.html]

ob_b0e71a_belalouffi.jpgHocine Belalloufi, homme de gauche, ancien rédacteur en chef d’ Alger-Républicain. Photo DR

« Nous ne sommes, y compris en Tunisie, qu’au début d’une période de changement.
Contrairement à une vision mythique, romantique ou purement scolaire, les révolutions ne s’accomplissent pas en un soir ou en une journée, mais le plus souvent en plusieurs mois, plusieurs années voire plusieurs décennies.
Processus qui connaît des avancées, des moments de stagnation et des reculs temporaires et qui peut même échouer et déboucher sur une restauration ».


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Hocine Belloufi:
« LES FORCES IMPÉRIALISTES
ONT FAIT ÉCHOUER
LE « PRINTEMPS ARABE »

Entretien à Echorouk
Propos recueillis par Abdessalam Sekia,
le 26 janvier 2015
->http://www.echoroukonline.com/ara/articles/231091.html]

Etes-vous d’accord pour qualifier ce qui s’est passé en Tunisie, en Égypte, en Libye, au Yémen et en Syrie de «printemps arabe» ou non ?

À l’heure où l’expression de «printemps arabe» n’est plus à la mode, rappelons que cette expression n’est pas totalement fausse. Elle exprime en effet l’émergence des peuples sur la scène politique pour en finir avec l’oppression des dictatures.

Cette expression présente cependant beaucoup d’insuffisances. C’est pourquoi je préfère parler de processus révolutionnaire. Révolutionnaire signifiant que la chute de Ben Ali, Moubarak et Saleh n’est pas intervenue à la suite d’une démission, d’une élection perdue, d’un coup d’Etat ou d’une intervention militaire étrangère, mais par le biais d’une mobilisation populaire.

Processus parce que nous ne sommes, y compris en Tunisie, qu’au début d’une période de changement. Contrairement à une vision mythique, romantique ou purement scolaire, les révolutions ne s’accomplissent pas en un soir ou en une journée, mais le plus souvent en plusieurs mois, plusieurs années voire plusieurs décennies. Processus qui connaît des avancées, des moments de stagnation et des reculs temporaires et qui peut même échouer et déboucher sur une restauration.

Enfin, l’une des principales insuffisances de l’expression «printemps arabe» réside dans le fait qu’elle ignore, souvent délibérément, les dimensions sociale et nationale des révoltes. Les peuples des pays du monde arabe se sont levés contre les dictatures et pour la démocratie. Mais ils se sont également levés contre la misère produite par des politiques économiques antipopulaires et pour la justice sociale. Et ils se sont levés contre l’exploitation et l’oppression étrangère, impérialiste plus précisément, pour la défense de la souveraineté populaire dans les domaines économique et politique.

Qu’est-ce qui fait que le mouvement populaire ait réussi en Tunisie et qu’il échoue dans d’autres Etats comme la Libye et la Syrie par exemple ?

On peut considérer qu’en dépit d’importantes limites, contradictions et insuffisances, la première phase du processus révolutionnaire tunisien, la phase démocratique, a réussi. Affirmer cette réussite n’implique pas d’occulter la possibilité d’un retour en arrière. Mais disons qu’un obstacle important a été franchi.

De multiples raisons expliquent pourquoi le mouvement populaire a réussi en Tunisie et pas en Libye et en Syrie. La première et principale raison est que le processus révolutionnaire y est resté tuniso-tunisien. Les facteurs externes n’ont agi que par le biais des facteurs internes et ce sont fondamentalement les acteurs locaux qui ont dirigé le processus. Il n’y a pas eu d’intervention militaire directe des impérialistes de l’OTAN comme en Libye ni d’intervention militaire indirecte de ces mêmes impérialistes et de leurs relais régionaux (Turquie, Arabie Saoudite, Qatar et leurs légions djihadistes, Israël…) comme en Syrie.

La deuxième raison réside dans la force du mouvement social tunisien (UGTT, organisations professionnelles d’avocats, de médecins…), dans les luttes ininterrompues des ouvriers tunisiens du Sud (Gafsa…) et d’ailleurs et dans l’existence d’une opposition réprimée mais crédible aux yeux des Tunisiens. Nombre de ses membres étaient en prison, en exil ou dans la clandestinité. Certains étaient victimes d’interdits professionnels et l’ensemble était constamment réprimé par la police politique.

Peut-on dire que la réussite du mouvement en Tunisie est due à la neutralité de l’institution militaire et la maturité du mouvement islamiste à l’exemple du mouvement Ennahda ou bien y a-t-il d’autres raisons ?

Le refus de l’institution militaire de sauver le clan Ben Ali-Trabelsi a incontestablement facilité la chute du régime. Cela confirme qu’une révolution n’est jamais un « acte chimiquement pur » et que les crises révolutionnaires sont à la fois le produit de la révolte et de la mobilisation de ceux d’en bas mais aussi des ruptures qui s’opèrent au sein même des dominants. C’est pourquoi on parle, pour paraphraser Lénine, de «crise révolutionnaire», c’est-à-dire de crise de la domination politique où ceux d’en bas ne veulent plus être dominés et ceux d’en haut ne peuvent plus reconduire leur domination du fait de leurs divisions et de leur incapacité à actionner les instruments de répression.

L’intelligence politique de la direction d’Ennahda a également joué un rôle objectif dans la mesure où elle a su, dans certains moments cruciaux, passer des compromis et faire des concessions pour se sauver elle-même et son mouvement d’abord. Elle l’a fait en tenant assez bien compte de l’évolution du rapport de forces externes marqué par la chute de Morsi en Egypte, le chaos libyen et le rôle régional de l’Etat algérien.

Mais le facteur principal qui explique les victoires remportées jusqu’ici par le mouvement tunisien est à rechercher dans la lutte des masses populaires (ouvriers et employés, chômeurs, paysans pauvres, étudiants…) à Siliana, Qasserine, Gafsa et ailleurs et dans la détermination et la mobilisation des forces sociales (UGTT, femmes…) et politiques démocrates et de gauche qui ont résisté à diverses phases de répression du pouvoir de transition et aux assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

Pourquoi ce qui s’est passé dans les Etats voisins ne s’est-il pas étendu et n’a-t-il pas atteint l’Algérie ?

En 2011, des mouvements de protestation ont pratiquement touché tous les pays du monde arabe. Cela confirme que ce monde arabe représente une entité distincte sur le plan géostratégique. Il s’agit d’une zone d’influence très importante économiquement, politiquement et militairement pour les puissances de la Triade impérialiste (Etats-Unis, UE et Japon) qui dominent la région à travers Israël et des régimes-relais (Moubarak, Ben Ali, Mohamed VI…). Les révoltes populaires n’étaient donc pas purement démocratiques. Elles présentaient également une dimension sociale dirigée contre les plans du FMI, de la Banque mondiale et des grandes puissances du G7 et une dimension nationale contestant le soutien des puissances impérialistes aux dictatures locales et à Israël.

Mais ce caractère d’entité géostratégique du monde arabe n’empêche pas en même temps l’existence d’un caractère inégal de ces révoltes. Car si le monde arabe est Un en tant qu’entité géostratégique, il est en même temps divers dans ses composantes parce qu’il est constitué d’Etats qui ont leurs propres particularités, leur propre histoire et leurs propres contradictions. Voilà pourquoi le processus révolutionnaire qui s’est ouvert dans le monde arabe depuis 2011 est inégal et combiné. Inégal d’un pays à l’autre et combiné parce qu’il touche pratiquement tous les pays. Cela n’a rien d’exceptionnel. On observe souvent la même chose à l’intérieur d’un même Etat où les luttes des diverses régions ou des différents secteurs sociaux se développent de façon inégale et combinée. Ce n’est qu’arrivés à un certain stade de leurs développements respectifs et de leur convergence qu’ils peuvent fusionner en une seule dynamique.

Pour ce qui est de l’Algérie, notons que la révolte de 2011 a pris la forme d’une révolte essentiellement sociale et ce, pour plusieurs raisons. D’abord parce que si le régime algérien n’est toujours pas démocratique, il n’est déjà plus dictatorial. Cette situation d’entre-deux ouvre de réels espaces politiques dont l’importance varie au gré des mesures de fermeture prises par le pouvoir et des luttes et résistances populaires. A titre d’exemple, le droit de manifester à Alger est régulièrement reconquis puis reperdu, en fonction de l’évolution du rapport de forces entre le pouvoir et le mouvement social. C’est en ce sens que l’affirmation selon laquelle l’Algérie a connu son « printemps arabe » en 1988 est partiellement vraie.

Le pouvoir a par ailleurs évité, contrairement à la Libye ou la Syrie, de réprimer massivement et sauvagement les opposants politiques et le mouvement social. Il a au contraire fait plusieurs concessions sociales (augmentations salariales…) et politiques (autorisation de manifester, suppression de l’état d’urgence, annonce d’une révision constitutionnelle…) afin de désamorcer la bombe sociale et de la déconnecter de l’opposition politique.

Une partie de cette dernière a d’ailleurs fait preuve d’une grande indigence politique en annonçant avec une arrogance peu commune qu’elle allait faire tomber le pouvoir et le régime alors qu’elle n’était même pas en mesure de mobiliser sa propre base dans la rue.

Enfin, le régime algérien a cessé d’être anti-impérialiste. Il collabore maintenant avec les grandes puissances qui pillent les richesses des peuples des pays dominés, qui exploitent leurs peuples et qui interviennent militairement contre la souveraineté des Etats sous prétexte de « terrorisme ». Il envoie même des militaires et des civils commémorer la Grande guerre inter-impérialiste de 1914-1948.

Mais le régime n’est pas pour autant devenu un simple valet des grandes puissances. Il s’oppose à elles sur plusieurs dossiers (refus d’accueillir des bases militaires étrangères en Algérie et sur le continent, de s’ingérer militairement dans d’autres pays et d’accepter que des forces étrangères assurent la sécurité sur les bases pétrolières ou autres en Algérie…) et prend quelques mesures, très inconséquentes et limitées pour ne pas dire dérisoires, pour tenter de protéger l’économie nationale. Le pouvoir ainsi que les ultralibéraux de l’opposition savent que le peuple algérien a conservé un puissant sentiment anti-impérialiste et se trouvent dans l’obligation d’en tenir compte. Ces facteurs expliquent à mon sens pourquoi la révolte de 2011 présentait un cachet essentiellement social.

Pourquoi les Etats du Golfe arabo-persique constituent-ils également une exception ?

Le Koweït, Oman et Bahreïn, qui sont des Etats du Golfe, ont été touchés par des révoltes populaires. La courageuse mobilisation pacifique du peuple de Bahreïn se poursuit d’ailleurs jusqu’à aujourd’hui en dépit de la répression de la dynastie des Al Khalifa. L’opposition demande l’instauration d’une monarchie constitutionnelle. Mais le monarque préfère importer des bases militaires étrangères, américaine et britannique. Et il fait appel à ses alliés du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour réprimer son propre peuple.

Même l’Arabie saoudite connaît des mouvements sporadiques de contestation. Mais ceux-ci ne constituent pas une menace pour la dynastie des Ibn Saoud. D’une manière générale, les régimes du CCG répriment dans le sang les opposants. Certains tentent de calmer le jeu en faisant quelques concessions et en satisfaisant certaines revendications sociales. Il ne faut pas oublier que les pays du Golfe forment le maillon fort de la domination impérialiste sur la région. C’est pourquoi les « grandes démocraties » occidentales ferment pudiquement les yeux sur la répression, n’évoquent pas le « printemps arabe » dans ces pays et y renforcent au contraire leur présence militaire en vue d’agresser les Etats et les mouvements qui résistent à leur domination.

Partagez-vous l’idée selon laquelle les Etats occidentaux ont investi dans les mouvements populaires et de quel type est cet investissement ?

Il convient à mon sens de rompre avec deux visions manichéennes aussi fausses l’une que l’autre. La première, très décrédibilisée actuellement, idéalise le « printemps arabe » en le réduisant à une simple soif de démocratie représentative de la part des peuples de la région. La seconde, qui relève de la vision policière de l’histoire, dénigre toutes les révoltes populaires qu’elle accuse d’être directement fomentées par les Etats occidentaux.

Comme je le disais plus haut, aucun mouvement social, politique, idéologique ou autre n’est jamais chimiquement pur. Les impérialistes ne sont donc pas les commanditaires des « révoltes arabes ». Il y avait et il subsiste suffisamment de raisons objectives pour que les peuples de la région et, plus généralement, ceux d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et même d’ailleurs (Grèce, Espagne…) se révoltent contre la dictature du capitalisme international qui impose à la planète sa criminelle politique néolibérale et son ordre politique impérialiste.

La révolte des peuples n’a donc pas été actionnée à Washington, Paris ou Londres mais à Tunis, Le Caire, Sanaa… par des peuples décidés à ne plus se laisser opprimer. Or, nous savons que l’impérialisme n’a pas d’amis. Il n’a que des intérêts. Il a donc lâché sans état d’âme Ben Ali et Moubarak pour soutenir les Frères musulmans. Et quand ceux-ci ont été renversés, comme en Egypte, les impérialistes ont commencé par condamner le coup d’Etat militaire de Sissi. Mais leurs intérêts les ont contraints de se rapprocher de ce dernier et de l’Arabie saoudite qui le soutient.

Les grandes puissances ne placent jamais leurs œufs dans le même panier. Et ils abandonnent sans aucun état d’âme leurs anciens protégés pour préserver leurs intérêts.

Source: echoroukonline.com

[(*) sur socialgerie voir aussi entre autres

LA DÉMOCRATIE EN ALGÉRIE, RÉFORME OU RÉVOLUTION

LIVRE DE Hocine BELALLOUFI->744]

LES OCCIDENTAUX NE COMPLOTENT PAS, ILS « EXPÉRIMENTENT »

DR

Le grand boulevard ouvert aux «djihadistes» par les Américains en 2003 a continué de s’élargir, au vu et au su de tous. Daech n’est pas une surprise mais une conséquence logique, peut-être «non souhaitée», d’une démarche politique vicieuse dont la finalité semble bien être le démantèlement de l’Irak.

Cela se fait, aussi, pour la Syrie où les Occidentaux font mine d’être surpris que la «bonne opposition» est débordée. Et on ne sort d’ailleurs pas de ces schémas. A la situation, épouvantable, dans laquelle se trouve la Syrie où le Daech a sa direction, que propose le Pentagone? Il nous faut 12.000 à 15.000 «rebelles syriens» pour combattre le Daech? On fait mine d’oublier que le Daech ou le Front Al-Nosra sont constitués de ces rebelles «soutenus» hier et qui sont devenus les «ennemis» d’aujourd’hui. On mène une politique qui fabrique le Daech et on œuvre à fabriquer un traitement qui peut, lui aussi, muter en un autre Daech.


« La destruction de l’Etat irakien par les Etats-Unis était l’acte de naissance futur du Daech. La « reconstruction » menée sous l’égide des Américains s’est fondée, délibérément, sur une démarche qui a alimenté le sectarisme et les divisions ».

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M. Saadoune

Le Quotidien d’Oran – éditorial

le 28 septembre 2014

->http://www.lequotidien-oran.com/?news=5203896]

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repris sur le blog algerieinfos-saoudi

le 28 septembre 2014

->http://www.algerieinfos-saoudi.com/2014/09/les-occidentaux-ne-complotent-pas-ils-experimentent.html]

Les Occidentaux ont l’art, d’une efficacité de moins en moins probante, de faire des choses qui provoquent des dégâts et d’en rendre les autres responsables. Et on est réellement fatigués de devoir expliquer à chaque fois que souligner leur très grande responsabilité ne relève pas du déni des «Daech» qui sont en nous ou d’une théorie de la conspiration.

Le monde arabe est travaillé par des dynamiques contradictoires et celle de la régression, sans être irrésistible, est puissante. Cette régression est soutenue par nos dictatures et nos autoritarismes qui ne cultivent pas l’ouverture mais l’enfermement même si les castes dirigeantes vivent, physiquement, dans les pays occidentaux. Il y a chez les élites au pouvoir dans le monde arabe un mélange de mépris, de violence et d’incapacité à prévoir qui ne peut qu’annoncer les catastrophes. Et ces élites, parce qu’elles ne sont pas comptables devant des peuples-électeurs souverains, n’ont pas de vrais agendas nationaux. Leur responsabilité est grande dans les dégâts qui se commettent avec des pays qui se défont et se détruisent. On doit le souligner avec force. Mais cela n’est pas une raison d’occulter la part, décisive, des Occidentaux dans ce qui arrive dans le monde arabe.

Les Occidentaux sont en train de vendre l’idée que le Daech est une menace «nouvelle», à nulle autre pareille, et qu’elle exige une mobilisation mondiale contre lui. Barack Obama n’a pas repris le slogan bushien qui «n’est pas avec nous est contre nous», mais c’est tout comme. On est dans un jeu où plus l’assertion est énorme et plus on croit qu’elle passe. Il n’y a pas à contester que les gens du Daech sont des personnages sinistres et abjects. Et qu’ils sont, au fond, l’aboutissement d’un abrutissement orchestré depuis des décennies par les grands moyens de l’Arabie Saoudite et des monarchies du Golfe.

Mais ces constats généraux, justes, ne dispensent pas de rappeler, de manière factuelle, que la destruction de l’Etat irakien par les Etats-Unis était l’acte de naissance futur du Daech. La «reconstruction» menée sous l’égide des Américains s’est fondée, délibérément, sur une démarche qui a alimenté le sectarisme et les divisions. Cela fait dix ans que dans ces colonnes, on fait les constats d’une entreprise systématique de destruction de l’Irak par l’injection du poison sectaire. Les Saoudiens et les autres monarchies l’ont fait au nom de l’impératif de s’opposer à «l’arc chiite». Al-Maliki, appuyé par l’Iran, a également joué un rôle d’accélérateur.

Le grand boulevard ouvert aux «djihadistes» par les Américains en 2003 a continué de s’élargir, au vu et au su de tous. Daech n’est pas une surprise mais une conséquence logique, peut-être «non souhaitée», d’une démarche politique vicieuse dont la finalité semble bien être le démantèlement de l’Irak.

Cela se fait, aussi, pour la Syrie où les Occidentaux font mine d’être surpris que la «bonne opposition» est débordée. Et on ne sort d’ailleurs pas de ces schémas. A la situation, épouvantable, dans laquelle se trouve la Syrie où le Daech a sa direction, que propose le Pentagone? Il nous faut 12.000 à 15.000 «rebelles syriens» pour combattre le Daech? On fait mine d’oublier que le Daech ou le Front Al-Nosra sont constitués de ces rebelles «soutenus» hier et qui sont devenus les «ennemis» d’aujourd’hui. On mène une politique qui fabrique le Daech et on œuvre à fabriquer un traitement qui peut, lui aussi, muter en un autre Daech.

DR
Parlant de la Libye, l’écrivain et ancien ambassadeur français, Jean-Christophe Rufin, a noté qu’il était dangereux de penser «qu’il faut faire quelque chose sans réfléchir à ce que l’on fera après. On l’a fait ces dernières années en Libye et un peu partout. On fait tomber un dictateur, et on laisse le chaos derrière nous. Cela n’a pas de sens». En réalité, c’est bien la démarche. On lance les choses et on ne se soucie pas de ce qui peut arriver, sachant -et cela est historiquement prouvé- que les seules dynamiques vertueuses sont celles qui viennent des sociétés elles-mêmes. Une révolution, une démocratie ne s’exportent pas. Cela ne relève que de la manipulation et de la violence.

Les Occidentaux ne complotent jamais -ces termes sont réservés aux Russes et aux autres Chinois- mais ils «expérimentent». Et quand ils fabriquent un monstre, ils laissent croire que c’est de la génération spontanée. Après tout, ceux qui souffrent de ces expérimentations, ce ne sont que des femmes, des enfants et des hommes de lointaines contrées.

Source: Le Quotidien d’Oran

ECLAIRAGE SUR GAZA… SANS COMMENTAIRE

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L’ALGÉRIE, LE GAZ ET ISRAËL

Rabha Attaf رابحة عطاف

À première vue, l’information a de quoi surprendre. Mais elle émane du très sérieux Observatoire italien, « La lettre confidentielle de l’Adriatique et de la Baltique ». Autant dire une source sûre, car ce genre de publication économique -dont l’abonnement ou le prix à l’article est conséquent- est avant tout destiné aux experts et aux investisseurs. Les informations qui y sont publiées relèvent en effet de «l’intelligence économique» et, à ce titre, sont passées au crible de la vérification avant d’être diffusées.

De quoi s’agit-il donc? D’après un article publié le 31 juillet dernier par l’Observatoire italien, l’Algérie commencerait à livrer du gaz à Israël à compter du 1er août. Bien sûr, pas directement, mais via l’Égypte dont les gazoducs d’Al-Arish, dans le nord-Sinaï, alimentent Israël. Le contrat prévoit l’importation par l’Égypte d’environ 500 millions de m3 de gaz algérien par jour, grâce à un financement des Émirats Arabes Unis.

Le gazoduc sous-marin d'El Arish à Ashqelon récupère au passage le gaz volé par Israël aux Gazaouis

Après la visite éclair du maréchal Al-Sissi à Alger, le 25 juin dernier, des fuites concernant ce contrat gazier à des prix préférentiels -la moitié du prix du marché- avaient commencé à circuler. Auparavant, début mai, une source haut placée au ministère égyptien de l’Énergie avait indiqué que l’Algérie avait accepté d’envoyer en urgence six livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’Égypte et qu’un accord entre l’Egyptian Natural Gas Holding Company serait signé avec le groupe public algérien Sonatrach. L’Égypte, dont les relations avec le Qatar sont au plus bas, doit importer 400 millions de mètres cubes de gaz naturel par jour pour faire fonctionner ses centrales électriques durant la délicate période estivale. Le surplus de gaz algérien serait donc livré à Israël, selon différentes sources rapportées par le journal égyptien Al-Osbou’ et le quotidien algérien Al-Chorouk.

Mais pour comprendre la nature réelle de ce contrat, il est nécessaire de se plonger dans les réseaux de corruption qui ont la mainmise sur les contrats gaziers entre l’Égypte et Israël.

La convention de livraison de gaz à Israël par l’Égypte remonte à 2005, et avait été suspendue par le président Mohamed Morsi, peu après son élection, dans le cadre d’un programme de lutte contre la corruption.

Ce contrat, unique en son genre, portait sur la livraison de 1,7 milliards de m3 de gaz naturel pendant 20 ans. Et à un prix défiant toute concurrence! À savoir entre 70 cents et 1,5 dollar par million de BTU (l’unité anglaise de mesure de la quantité de l’élévation de la température de un degré Fahrenheit à pression atmosphérique constante); et pour un prix de revient pour la compagnie israélienne de 2,5 dollars exemptés d’impôts de la part de l’Égypte.

C’est le contrat de corruption le plus important d’Égypte, le prix le plus bas du marché tournant autour de 8 à 10 dollars le million de BTU! Avec un manque à gagner pour l’Égypte estimé entre 500 million et 1,8 milliards de dollars, selon des experts internationaux.

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Il existait d’ailleurs un précédent à ce type de contrat. En 2000, la société israélienne Egyptian Mediterranean Gas (EMG) avait été créée spécialement, par Hussein Salem et Yossi Maiman, le magnat israélien de l’énergie. Tous deux sont des ex-agents secrets de leurs pays respectifs! Ce contrat, d’une durée de 25 ans, avait été signé sous la supervision de Sameh Fahmy, ministre égyptien du Pétrole entre 1999 et 2011. Arrêté pour son rôle dans l’affaire peu de temps après le soulèvement de janvier 2011, l’ex-ministre a été condamné à 15 ans de prison en juin 2012 tandis que son comparse égyptien, Hussein Salem, l’a été à la même peine mais par contumace, et n’a jamais été extradé. Ils ont été laissés en liberté et leur procès est actuellement en révision.

Après le coup d’État du maréchal Al-Sissi, en juillet 2013 , et son élection à la présidence de la République un an après, il semblerait donc que les autorités égyptiennes aient décidé de reprendre les livraisons de gaz naturel en direction d’Israël.

Mais elles se sont retrouvées confrontée à un problème de taille: l’insuffisance de la production de gaz égyptien, doublée de l’arrêt des livraisons du Qatar pour cause de cessation de paiement, a plongé l’Égypte dans la pénurie énergétique. Résultat : de graves difficultés à approvisionner son marché interne. Depuis 2011, les Égyptiens sont en effet quotidiennement plongés dans le noir. Et cette année, les entreprises de production se voient même dans l’obligation de stopper une fois par jour leurs machines durant cinq heures. C’est dire l’urgence!

Autre difficulté de taille: des plaintes ont été déposées contre l’Égypte devant la Banque Mondiale et des tribunaux internationaux pour rupture de contrat. EMG réclame 8 milliards de dollars et le géant espagnol de l’énergie, Union Fenosa demande 6 milliards de dollars.

Par-dessus le marché, l’Égypte s’est déjà endettée à hauteur de 6 milliards pour le gaz qu’elle a acheté à des compagnies pour son usage intérieur.

Au total, la dette et les engagements de l’Égypte pourraient se monter à 20 milliards de dollars. Ce qui pourrait potentiellement entraîner la banqueroute de l’Égypte, selon l’analyste des énergies Mika Minio-Paluello.

Bref, une sérieuse épée de Damoclès qui explique pourquoi l’Égypte cherche aujourd’hui à se tirer de ce «mauvais pas» en tentant de poursuivre ses livraisons.

Précisons qu’à l’époque de sa signature, ce contrat avait été supervisé par les USA qui le considèrent comme une garantie de l’arrimage de l’Égypte à Israël. Interviewé par Al-Jazeera, Edward Walker, l’ex-ambassadeur US en Égypte, expliquait: «C’est le genre d’accord qui aidait à cimenter le traité [de paix] israélo-égyptien et c’est pourquoi nous avons toujours été très positifs à son sujet sans entrer dans le côté corruption de la chose». Et d’ajouter, concernant justement l’aspect corruption du contrat: «Cela se ramène toujours à ceci: est-ce que ça suffit au bénéficiaire pour arroser tout le monde? Et je pense que la réponse est oui, et c’est pour cela que tout a commencé et qu’on a pu surmonter les problèmes politiques».

En clair, cela signifie que ce sont les réseaux de corruption présents au sein des États – appelés «l’État profond»– qui déterminent l’orientation politique et économique de ces derniers. En l’occurrence, la nature de leurs relations avec Israël. Il ne faut donc pas s’étonner du manque de fermeté de la plupart des pays arabes concernant l’agression israélienne de Gaza!

Dès lors, même si l’Algérie officielle se défend de livrer du gaz à Israël, il n’est pas exclu que des «hommes de l’ombre» activent pour une normalisation des relations économiques entre les deux pays, à défaut d’une normalisation diplomatique au grand jour. Avec, évidemment, la bénédiction du nouvel allié régional, à savoir les USA!

Fraternellement réunis à la 166ème session du Comité militaire de l'OTAN à Bruxelles, des généraux algériens, égyptiens et israéliens côte à côte (janvier 2012)


Merci à med-in-marseille

Source: http://www.med-in-marseille.info/spip.php?article2363

Date de parution de l’article original: 11/08/2014

URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=13033


PERQUISITIONS

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Merci au visiteur de socialgerie de nous avoir adressé ce texte de juin 2006 de Mohamed Chouieb

texte de nouveau et terriblement en pleine actualité

socialgerie, le 11 août 2014


mardi 4 juillet 2006

par Mohamed Chouieb

www.reseauxcitoyens-st-etienne.org

Collectif Liberté Justice Palestine

Jeudi 29 juin 2006 : sur un ton détaché, une voix, je dis une voix car je ne sais même pas s’il y a un être humain derrière elle, évoquait sur France Info l’agression israélienne contre la population de Ghaza. Visiblement déçue de ne pas pouvoir annoncer que des dizaines de cadavres de Palestiniens sont en train de joncher le sol de cette cité martyre, la voix expliquait que Tsahal (l’armée israélienne d’agression et d’occupation pour ce qui ne la connaissent pas par son petit nom) était en train d’effectuer « seulement » des perquisitions.

Quelle banalité et quelle légèreté pour évoquer une chose dont seuls ceux qui ont pu la subir peuvent connaître la terrible violence!

Seulement des perquisitions…

Je me revois enfant pendant la guerre d’Algérie dans ma petite ville de Djidjelli, aujourd’hui Jijel, Petite Kabylie de Babors, un jour d’attentat.
Hurlements de sirènes, fuite éperdue des gens, chacun en direction de son domicile avant que les portes des trois lignes de barbelées entourant la ville ne se referment les unes après les autres. Gare à ceux qui seront pris dans la nasse! Ils sont passibles de tout, responsables de tout! Le tabassage, la prison, la torture et parfois, la mort.

En quelques minutes, il n’y plus personne dans les rues ni dans aucun quartier.

Un silence de mort s’abat sur la ville. Le jour devient nuit, la nuit devient cauchemar. Quelques dizaines de minutes ou des heures peuvent passer, et qui nous semblent une éternité, avant que les bruits de moteurs de camions, des chenilles des engins blindés, les aboiements des chiens policiers et les vociférations de la troupe ne prennent possession de la rue. Et soudain, les martèlements des crosses des fusils contre les portes des maisons et les cris des gens.

Terrés, chacun dans son coin, nous attendions notre tour sans jamais savoir, jusqu’à la fin de la guerre qu’est-ce qu’il fallait faire : verrouiller ou déverrouiller la porte? Si on la verrouille, gare à celui qui ira ouvrir, car Il recevra les coups de crosse des assaillants. Si on la déverrouille, c’est parfois pire, cela veut dire qu’on a laissé la porte ouverte pour pouvoir accueillir facilement les fuyards.

Tout d’un coup, c’est chez nous que ça cogne! un adulte va ouvrir (on habitait toujours à plusieurs familles dans la même maison): irruption d’une demi-douzaine de soldats, bousculant, frappant la personne qui ouvre, vociférations, insultes, fouille. Les petits qui pleurent avec les mamans qui tentent de les calmer .

La perquisition dure quelques minutes et se termine systématiquement par la rafle des adultes, emmenés pour des « vérifications » qui s’effectuent généralement dans le stade municipal où tous les hommes de 16 à 70 ans se retrouvent parqués et confrontés à des indicateurs encagoulés avec des sacs de jute.

Mon père, mon oncle, les voisins arrêtés, nous faisons le point des dégâts.

L’absence de mobilier faisait que les militaires s’acharnaient sur les seuls bien que nous possédions : les jarres de graines de couscous, d’huile d’olive et de viande séchée ainsi que les matelas et couvertures. Combien de couscous perdu parce que mélangé avec l’huile qui s’est renversée, est-ce que les matelas se sont déchirés, est-ce que le pétrole qui s’est échappé de la lampe quand elle a été cassée a souillé la semoule?

Lorsque la perquisition s’est déroulée de jour, il faudra attendre les coups de sirène annonçant la levée du couvre-feu pour pouvoir sortir prendre des nouvelles des autres maisonnées. Si c’est la nuit, il faudra attendre jusqu’au matin dans l’angoisse d’un retour des militaires.

Pendant ce temps, les vérifications et les interrogatoires continuent dans le stade et peuvent durer deux journées entières, sans nourriture et sans eau pour les prisonniers. Et puis, on les voit rentrer un à un, hagards, épuisés physiquement, humiliés et vidés moralement par ce qu’ils ont subi et par la peine qu’ils ont pour ceux qui ne sont pas revenus. Car il y a toujours dans ces cas-là, dix à vingt personnes qui sont transférées à la DOP pour interrogatoire poussé, appelé plus communément torture et dont certains, comme deux de nos voisins, ne reviendront jamais.

J’ai lu des articles de journaux décrivant les perquisitions et les rafles en Palestine. Mon Dieu! Quelle similitude avec les méthodes de la guerre d’Algérie! On voit bien que la France ne s’est pas seulement contentée de vendre la technologie de la bombe atomique ou des Mirages à Israël!

J’ai su qu’Israël utilise une méthode qui n’a été mise au point que pendant les trois dernières années de la guerre d’Algérie: au lieu de rafler les hommes directement dans les maisons, les militaires se sont mis à sillonner la ville avec des voitures munies de haut-parleurs en demandant à tous les hommes de 16 à 70 ans de se rendre le plus vite possible au stade municipal. Et la perquisition ne venait qu’après.

Avantages de cette méthode :

  • moins de véhicules et de soldats pour transporter les hommes vers le lieu de détention,
  • efficacité de la perquisition avec des familles ne comportant que des femmes, des enfants et des vieillards,
  • et surtout, culpabilité et donc souvent la mort, pour toute personne qui n’a pas exécuté l’ordre de rassemblement et qui a tenté de se cacher.

Cette manière de procéder nous a fait beaucoup de mal et s’est révélée être d’une efficacité et d’une brutalité redoutables car elle exonérait les militaires de tout cas de conscience au nom de la logique suivante : qui veut se soustraire à la rafle est forcément coupable.

C’est comme ça que se déroule une simple perquisition effectuée par un oppresseur face à un peuple désarmé qui se bat pour sa liberté.

La voix de France Info peut bien en parler sur un ton détaché. Ce n’est qu’une perquisition…

Mohamed Chouieb.

Sources www.reseauxcitoyens-st-etienne.org/


PALESTINE ET SIONISME: UN PROBLEME HISTORIQUE MONDIAL

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QUI EST L’ENNEMI?

par Thierry Meyssan

voltairenet.org

Chacun a son opinion pour expliquer les massacres commis par l’État d’Israël à Gaza. Alors que dans les années 70 et 80, on y voyait une manifestation de l’impérialisme anglo-saxon, beaucoup l’interprètent aujourd’hui comme un conflit entre juifs et arabes. Revenant sur la longue période —quatre siècles d’Histoire—, Thierry Meyssan, consultant auprès de plusieurs gouvernements, analyse l’origine du sionisme, ses véritables ambitions, et détermine qui est l’ennemi.

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La guerre, qui se poursuit sans interruption depuis 66 ans en Palestine, a connu un nouveau rebondissement avec les opérations israéliennes «Gardiens de nos frères», suivie de «Roc inébranlable» (traduit étrangement dans la presse occidentale en «Bordure protectrice»).

À l’évidence, Tel-Aviv —qui avait choisi d’instrumenter la disparition de trois jeunes Israéliens pour lancer ces opérations et «déraciner le Hamas» afin d’exploiter le gaz de Gaza, conformément au plan énoncé en 2007 par l’actuel ministre de la Défense[ [«Extension de la guerre du gaz au Levant», par Thierry Meyssan, Al-Watan/Réseau Voltaire, 21 juillet 2014.]]— a été dépassé par la réaction de la Résistance. Le Jihad islamique a répondu par l’envoi de roquettes à moyenne portée très difficiles à intercepter, qui se sont ajoutées à celles lancées par le Hamas.

La violence des événements, qui ont déjà coûté la vie à plus de 1500 Palestiniens et 62 Israéliens (mais les chiffres israéliens sont soumis à la censure militaire et sont probablement minorés), a soulevé une vague de protestation dans le monde entier. En plus de ses 15 membres, le Conseil de sécurité, réuni le 22 juillet, a donné la parole à 40 autres États qui entendaient exprimer leur indignation devant le comportement de Tel-Aviv et sa «culture de l’impunité». La séance, au lieu de durer les 2 heures habituelles, en a duré 9[ [«Réunion du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient et l’offensive israélienne à Gaza», Réseau Voltaire, 22 juillet 2014.]].

Symboliquement, la Bolivie a déclaré Israël «État terroriste» et a abrogé l’accord de libre-circulation le concernant. Mais d’une manière générale, les déclarations de protestation ne sont pas suivies d’une aide militaire, à l’exception de celles de l’Iran et symboliquement de la Syrie. Tous deux soutiennent la population palestinienne via le Jihad islamique, la branche militaire du Hamas (mais pas sa branche politique, membre des Frères musulmans) et le FPLP-CG.

Contrairement aux précédents (opérations «Plomb durci» en 2008 et «Colonne de nuée» en 2012), les deux États qui protègent Israël au Conseil (les États-Unis et le Royaume-Uni), ont facilité l’élaboration d’une déclaration du président du Conseil de sécurité soulignant les obligations humanitaires d’Israël[ [«Déclaration du Président du Conseil de sécurité sur la situation à Gaza», Réseau Voltaire, 28 juillet 2014.]]. De fait, au-delà de la question fondamentale d’un conflit qui dure depuis 1948, on assiste à un consensus pour condamner au minimum le recours d’Israël à un emploi disproportionné de la force.

Cependant, cet apparent consensus masque des analyses très différentes: certains auteurs interprètent le conflit comme une guerre de religion entre juifs et musulmans ; d’autres y voient au contraire une guerre politique selon un schéma colonial classique. Que faut-il en penser ?

Qu’est ce que le sionisme ?

Au milieu du XVIIe, les calvinistes britanniques se regroupèrent autour d’Oliver Cromwell et remirent en cause la foi et la hiérarchie du régime. Après avoir renversé la monarchie anglicane, le «Lord protecteur» prétendit permettre au peuple anglais de réaliser la pureté morale nécessaire pour traverser une tribulation de 7 ans, accueillir le retour du Christ et vivre paisiblement avec lui durant 1 000 ans (le «Millenium»). Pour ce faire, selon son interprétation de La Bible, les juifs devaient être dispersés aux confins de la terre, puis regroupés en Palestine et y reconstruire le temple de Salomon. Sur cette base, il instaura un régime puritain, leva en 1656 l’interdiction qui était faite aux juifs de s’installer en Angleterre et annonça que son pays s’engageait à créer en Palestine l’État d’Israël [Sur l’histoire du sionisme, on se reportera au chapitre correspondant («Israël et les Anglo-Saxons») de mon livre [“L’Effroyable imposture 2, Manipulations et désinformations”, Edition Alphée, 2007. Les lecteurs y trouveront de nombreuses références bibliographiques.]]

La secte de Cromwell ayant été à son tour renversée à la fin de la «Première Guerre civile anglaise», ses partisans tués ou exilés, et la monarchie anglicane ayant été rétablie, le sionisme (c’est-à-dire le projet de création d’un État pour les juifs) fut abandonné.

Il ressurgit au XVIIIe siècle avec la «Seconde Guerre civile anglaise» (selon la dénomination des manuels d’Histoire du secondaire au Royaume-Uni) que le reste du monde connaît comme la «guerre d’indépendance des États-Unis» (1775-83). Contrairement à une idée reçue, celle-ci ne fut pas entreprise au nom de l’idéal des Lumières qui anima quelques années plus tard la Révolution française, mais financée par le roi de France et conduite pour des motifs religieux au cri de «Notre Roi, c’est Jésus!».

George Washington, Thomas Jefferson et Benjamin Franklin, pour ne citer qu’eux, se sont présentés comme les successeurs des partisans exilés d’Oliver Cromwell. Les États-Unis ont donc logiquement repris son projet sioniste.

En 1868, en Angleterre, la reine Victoria désigna comme Premier ministre, le juif Benjamin Disraéli. Celui-ci proposa de concéder une part de démocratie aux descendants des partisans de Cromwell de manière à pouvoir s’appuyer sur tout le peuple pour étendre le pouvoir de la Couronne dans le monde. Surtout, il proposa de s’allier à la diaspora juive pour conduire une politique impérialiste dont elle serait l’avant-garde. En 1878, il fit inscrire « la restauration d’Israël » à l’ordre du jour du Congrès de Berlin sur le nouveau partage du monde.

C’est sur cette base sioniste que le Royaume-Uni rétablit ses bonnes relations avec ses anciennes colonies devenues États-Unis à l’issue de la « Troisième Guerre civile anglaise » —connue aux États-Unis comme la «guerre civile américaine» et en Europe continentale comme la «guerre de Sécession» (1861-65)— qui vit la victoire des successeurs des partisans de Cromwell, les WASP (White Anglo-Saxon Puritans) [[“The Cousins’ Wars : Religion, Politics, Civil Warfare and the Triumph of Anglo-America”, par Kevin Phillips, Basic Books (1999).]]. Là encore, c’est tout à fait à tort que l’on présente ce conflit comme une lutte contre l’esclavage alors que 5 États du Nord le pratiquaient encore.

Jusqu’à la presque fin du XIXe siècle, le sionisme est donc exclusivement un projet puritain anglo-saxon auquel seule une élite juive adhère. Il est fermement condamné par les rabbins qui interprètent la Torah comme une allégorie et non pas comme un plan politique.
Parmi les conséquences actuelles de ces faits historiques, on doit admettre que si le sionisme vise à la création d’un État pour les juifs, il est aussi le fondement des États-Unis. Dès lors, la question de savoir si les décisions politiques de l’ensemble sont prises à Washington ou à Tel-Aviv n’a plus qu’un intérêt relatif. C’est la même idéologie qui est au pouvoir dans les deux pays. En outre, le sionisme ayant permis la réconciliation entre Londres et Washington, le remettre en cause, c’est s’attaquer à cette alliance, la plus puissante au monde.

L’adhésion du peuple juif

au sionisme anglo-saxon

Dans l’Histoire officielle actuelle, il est d’usage d’ignorer la période XVIIe-XIXe siècle et de présenter Theodor Herzl comme le fondateur du sionisme. Or, selon les publications internes de l’Organisation sioniste mondiale, ce point est également faux.

Le vrai fondateur du sionisme contemporain n’était pas juif, mais chrétien dispensationaliste. Le révérend William E. Blackstone était un prêcheur états-unien pour qui les vrais chrétiens n’auraient pas à participer aux épreuves de la fin des temps. Il enseignait que ceux-ci seraient enlevés au ciel durant la bataille finale (le «ravissement de l’Église», en anglais «the rapture»). À ses yeux, les juifs livreraient cette bataille et en sortiraient à la fois convertis au Christ et victorieux.

C’est la théologie du révérend Blackstone qui a servi de base au soutien sans faille de Washington à la création d’Israël. Et ceci bien avant que l’AIPAC (le lobby pro-Israélien) soit créé et prenne le contrôle du Congrès. En réalité, le pouvoir du lobby ne vient pas tant de son argent et de sa capacité à financer des campagnes électorales que de cette idéologie toujours présente aux USA [6].

La théologie du ravissement pour aussi stupide qu’elle puisse paraître est aujourd’hui très puissante aux États-Unis. Elle représente un phénomène en librairie et au cinéma (voir le film “Left Behind”, avec Nicolas Cage, à paraître en octobre).

Theodor Herzl était un admirateur du diamantaire Cecil Rhodes, le théoricien de l’impérialisme britannique et fondateur de l’Afrique du Sud, de la Rhodésie (auquel il donna son nom) et de la Zambie (ex-Rhodésie du Nord). Herzl était juif, mais pas israélite et n’avait pas circoncis son fils. Athée comme beaucoup de bourgeois européens de son époque, il préconisa d’abord d’assimiler les juifs en les convertissant au christianisme. Cependant, reprenant la théorie de Benjamin Disraéli, il arriva à la conclusion qu’une meilleure solution était de les faire participer au colonialisme britannique en créant un État juif, dans l’actuel Ouganda ou en Argentine. Il suivit l’exemple de Rhodes dans la manière d’acheter des terres et de créer l’Agence juive.

Blackstone parvint à convaincre Herzl de joindre les préoccupations des dispentionnalistes à celles des colonialistes. Il suffisait pour cela d’envisager de créer Israël en Palestine et de multiplier les références bibliques. Grâce à cette idée assez simple, ils parvinrent à faire adhérer la majorité des juifs européens à leur projet. Aujourd’hui Herzl est enterré en Israël (sur le Mont Herzl) et l’État a placé dans son cercueil La Bible annotée que Blackstone lui avait offerte.

Le sionisme n’a donc jamais eu comme objectif de «sauver le peuple juif en lui donnant une patrie», mais de faire triompher l’impérialisme anglo-saxon en y associant les juifs. En outre, non seulement le sionisme n’est pas un produit de la culture juive, mais la majorité des sionistes n’a jamais été juive, tandis que la majorité des juifs sionistes ne sont pas israélites. Les références bibliques, omniprésentes dans le discours officiel israélien, ne reflètent la pensée que de la partie croyante du pays et sont avant tout destinées à convaincre la population états-unienne.

C’est à cette période que l’on créa le mythe du peuple juif. Jusque-là, les juifs se considéraient comme appartenant à une religion et admettaient que leurs membres européens n’étaient pas des descendants des juifs de Palestine, mais de populations converties au cours de l’Histoire[Une synthèse des travaux historiques sur ce sujet: [“Comment le peuple juif fut inventé”, par Shlomo Sand, Fayard, 2008.]].

Blackstone et Herzl ont artificiellement fabriqué l’idée selon laquelle tous les juifs du monde seraient des descendants des juifs antiques de Palestine. Dès lors, le mot juif s’applique non seulement à la religion israélite, mais désigne aussi une ethnie. En se fondant sur une lecture littérale de La Bible, ils sont devenus les bénéficiaires d’une promesse divine sur la terre palestinienne.

Le pacte anglo-saxon

pour la création d’Israël en Palestine

La décision de créer un État juif en Palestine a été prise conjointement par les gouvernements britannique et états-unien. Elle a été négociée par le premier juge juif à la Cour suprême des États-Unis, Louis Brandeis, sous les auspices du révérend Blackstone et fut approuvée aussi bien par le président Woodrow Wilson que par le Premier ministre David Llyod George, dans le sillage des accords franco-britanniques Sykes-Picot de partage du «Proche-Orient». Cet accord fut progressivement rendu public.

Le futur secrétaire d’État pour les Colonies, Leo Amery, fut chargé d’encadrer les anciens du «Corps des muletiers de Sion» pour créer, avec deux agents britanniques Ze’ev Jabotinsky et Chaim Weizmann, la «Légion juive», au sein de l’armée britannique.

Le ministre des Affaires étrangères Lord Balfour adressa une lettre ouverte à Lord Walter Rotschild pour s’engager à créer un «foyer national juif» en Palestine (2 novembre 1917). Le président Wilson inclut parmi ses buts de guerre officiels (le n°12 des 14 points présentés au Congrès le 8 janvier 1918) la création d’Israël 8][[La formulation du point 12 est particulièrement sibylline. Ainsi, lors de la conférence de paix de Paris, en 1919, l’émir Fayçal l’évoqua pour revendiquer le droit des peuples anciennement sous le joug ottoman à disposer d’eux-mêmes. Il s’entendit répondre qu’il avait le choix entre une Syrie placée sous un ou sous plusieurs mandats. La délégation sioniste fit valoir que Wilson s’y était engagé à soutenir le Commonwealth juif à la grande surprise de la délégation états-unienne. En définitive, Wilson confirma par écrit qu’il fallait entendre le point 12 comme un engagement de Washington pour la création d’Israël et la restauration de l’Arménie. [«Les quatorze points du président Wilson», Réseau Voltaire, 8 janvier 1918.]].

Par conséquent, la décision de créer Israël n’a aucun rapport avec la destruction des juifs d’Europe survenue deux décennies plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale.

Durant la conférence de paix de Paris, l’émir Fayçal (fils du chérif de La Mecque et futur roi d’Irak britannique) signa, le 3 janvier 1919, un accord avec l’Organisation sioniste, s’engageant à soutenir la décision anglo-saxonne.

La création de l’État d’Israël, qui s’est faite contre la population de Palestine, s’est donc aussi faite avec l’accord des monarques arabes qui furent les premiers leaders sionistes musulmans. En outre, à l’époque, le chérif de La Mecque, Hussein ben Ali, n’interprétait pas le Coran à la manière du Hamas. Il ne pensait pas qu’« une terre musulmane ne peut être gouvernée par des non-musulmans ».

La création juridique de l’État d’Israël

En mai 1942, les organisations sionistes tinrent leur congrès à l’hôtel Biltmore de New York. Les participants décidèrent de transformer le «foyer national juif» de Palestine en «Commonwealth juif» (référence au Commonwealth par lequel Cromwell remplaça brièvement la monarchie britannique) et d’autoriser l’immigration massive des juifs vers la Palestine. Dans un document secret, trois objectifs étaient précisés:

  1. «l’État juif embrasserait la totalité de la Palestine et probablement la Transjordanie;
  2. le déplacement des populations arabes en Irak
  3. et la prise en main par les juifs des secteurs du développement et du contrôle de l’économie dans tout le Moyen-Orient».

La presque totalité des participants ignoraient alors que la «solution finale de la question juive» (die Endlösung der Judenfrage) venait juste de débuter secrètement en Europe.

En définitive, alors que les Britanniques ne savaient plus comment satisfaire à la fois les juifs et les arabes, les Nations unies (qui ne comptaient alors que 46 États membres) proposèrent un plan de partage de la Palestine à partir des indications que les Britanniques lui fournirent. Un État binational devait être créé comprenant un État juif, un État arabe et une zone « sous régime international particulier » pour administrer les lieux saints (Jérusalem et Bethléem). Ce projet fut adopté par la Résolution 181 de l’Assemblée générale[« [Résolution 181 de l’Assemblée générale de l’Onu », Réseau Voltaire, 29 novembre 1947.]].

Sans attendre la suite des négociations, le président de l’Agence juive, David Ben Gourion, proclama unilatéralement l’État d’Israël, immédiatement reconnu par les États-Unis. Les arabes du territoire israélien furent placés sous la loi martiale, leurs déplacements furent limités et leurs passeports confisqués. Les pays arabes nouvellement indépendants intervinrent. Mais sans armées encore constituées, ils furent rapidement battus. Au cours de cette guerre, Israël procéda à un nettoyage ethnique et contraint au moins 700 000 arabes à fuir.

L’Onu envoya comme médiateur, le comte Folke Bernadotte, un diplomate suédois qui sauva des milliers de juifs durant la guerre. Il constata que les données démographiques transmises par les autorités britanniques étaient fausses et exigea la pleine application du plan de partage de la Palestine. Or, la Résolution 181 implique le retour des 700 000 arabes expulsés, la création d’un État arabe et l’internationalisation de Jérusalem.

L’envoyé spécial de l’Onu fut assassiné, le 17 septembre 1948, sur ordre du futur Premier ministre, Yitzhak Shamir.

Furieuse, l’Assemblée générale des Nations unies adopta la Résolution 194 qui réaffirme les principes de la Résolution 181 et, en outre, proclame le droit inaliénable des Palestiniens à retourner chez eux et à être indemnisés des préjudices qu’ils viennent de subir [« [Résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU », Réseau Voltaire, 11 décembre 1948.]].

Cependant, Israël ayant arrêté les assassins de Bernadotte, les ayant jugés et condamnés, fut accepté au sein de l’Onu sur la promesse d’en honorer les résolutions. Or tout cela n’était que mensonges. Immédiatement après les assassins furent amnistiés et le tireur devint le garde du corps personnel du Premier ministre David Ben Gourion.

Depuis son adhésion à l’Onu, Israël n’a cessé d’en violer les résolutions qui se sont accumulées à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité. Ses liens organiques avec deux membres du Conseil disposant du droit de veto l’ont placé en dehors du droit international. C’est devenu un État off shore permettant aux États-Unis et au Royaume-Uni de feindre respecter eux-mêmes le droit international alors qu’ils le violent depuis ce pseudo-État.

Il est absolument erroné de croire que le problème posé par Israël ne concerne que le Proche-Orient. Aujourd’hui, Israël agit partout militairement dans le monde en couverture de l’impérialisme anglo-saxon. En Amérique latine, ce sont des agents israéliens qui ont organisé la répression durant le coup d’État contre Hugo Chavez (2002) ou le renversement de Manuel Zelaya (2009). En Afrique, ils étaient partout présents durant la guerre des Grands lacs et ont organisé l’arrestation de Mouamar el-Kadhafi. En Asie, ils ont dirigé l’assaut et le massacre des Tigres tamouls (2009), etc. Chaque fois, Londres et Washington jurent n’y être pour rien. En outre, Israël contrôle de nombreuses institutions médiatiques et financières (telle que la Réserve fédérale états-unienne).

La lutte contre l’impérialisme

Jusqu’à la dissolution de l’URSS, il était évident pour tous que la question israélienne ressort de la lutte contre l’impérialisme. Les Palestiniens étaient soutenus par tous les anti-impérialistes du monde —jusqu’aux membres de l’Armée rouge japonaise— qui venaient se battre à leurs côtés.

Aujourd’hui, la globalisation de la société de consommation et la perte des valeurs qui s’en est suivie ont fait perdre conscience du caractère colonial de l’État hébreu. Seuls les arabes et les musulmans se sentent concernés. Ils font preuve d’empathie pour le sort des Palestiniens, mais ignorent les crimes israéliens dans le reste du monde et ne réagissent pas aux autres crimes impérialistes.

Pourtant, en 1979, l’ayatollah Rouhollah Khomeini expliquait à ses fidèles iraniens qu’Israël n’était qu’une poupée dans les mains des impérialistes et que le seul vrai ennemi était l’alliance des États-Unis et du Royaume-Uni. Pour avoir énoncé cette simple vérité, Khomeini fut caricaturé en Occident et les chiites furent présentés comme hérétiques en Orient. Aujourd’hui l’Iran est le seul État au monde à envoyer massivement des armes et des conseillers aider la Résistance palestinienne, tandis que des leaders sionistes musulmans débattent aimablement par vidéo-conférence avec le président israélien durant les réunions du Conseil de sécurité du Golfe [ [« Shimon Peres s’est exprimé devant le Conseil de sécurité du Golfe, fin novembre», Réseau Voltaire, 3 décembre 2013.]].

Thierry Meyssan


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Source : « Qui est l’ennemi ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 août 2014, www.voltairenet.org/article184968.html


DES MILLIERS D’ ALGÉRIENS MARCHENT POUR GHAZA

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Saluons toutes les initiatives qui honorent le peuple algérien, face à la barbarie des uns, au lâche renoncement des autres!

Ce que les manifestants d’Algérie et d’ailleurs clament, au delà de leurs opinions diversifiées, soixante dix ans après la monstrueuse aventure hitlérienne contre les peuples,

C’EST:

GAZA RÉSISTANTE A REPRIS LE FLAMBEAU DU GHETTO DE VARSOVIE

LA BARBARIE COLONIALISTE APPLIQUE À LA LETTRE LES MÉTHODES DES NAZIS

AUX PEUPLES DE S’UNIR À NOUVEAU DANS L’ACTION MULTIFORME, POUR LA PAIX, LA LIBERTÉ ET LA DÉMOCRATIE, CONTRE LES ENTREPRISES GUERRIÈRES RACISTES ET FASCISANTES, CONTRE LES DIVISIONS SUICIDAIRES!


DES MILLIERS D’ALGÉRIENS

MARCHENT POUR GHAZA

par M. Aziza, Sek & H.B.

Des milliers d’Algériens, jeunes, femmes, enfants et vieillards, ont pris part à la marche spontanée, ce vendredi à Alger, conduite juste après la prière, pour dénoncer les massacres contre les habitants de Ghaza.

Les Algériens ont fait tomber «un tabou» en effectuant une marche pacifique qui a eu comme point de départ la place du 1er Mai et comme point d’arrivée la place des Martyrs.

Les marcheurs ont avancé pas à pas, laissant derrière eux Abderrezak Mokri, président du MSP, prononçant un discours dans lequel il a exprimé le soutien absolu du peuple algérien à la résistance palestinienne.

Tout au long de leur parcours, les manifestants ont scandé des slogans hostiles à la barbarie de l’Etat sioniste et des slogans de soutien et de gloire à la résistance palestinienne et particulièrement la résistance du peuple de Ghaza.

Ils scandaient tous ensemble «le peuple veut l’indépendance du peuple palestinien» et «avec l’âme, avec le sang, on te vengera Ghaza».

Les manifestants ont également exprimé leur colère par rapport aux positions de la honte et du silence des pays arabes, avec leur acteur principale, Abdelfattah al-Sissi.

Ils répétaient en chœur, «quelle honte, quelle honte, Al-Sissi l’ennemi de Dieu» et d’enchaîner : «quelle honte, quelle honte, ils ont vendu Ghaza avec des dollars».

Les manifestants en faveur de Ghaza ont demandé à l’Etat algérien de faire pression, avec d’autres pays qui partagent la même vision, sur l’Egypte pour l’ouverture du passage de Rafah.

Les services de sécurité ayant investi la place du 1er Mai avant la fin de la prière avaient d’abord essayé «avec douceur» la première fois d’empêcher les manifestants de marcher, en tentant de les convaincre de se contenter d’un rassemblement, à la grande place du 1er Mai, mais en vain.

Les manifestants ont tenu à marcher «pacifiquement, au même titre que l’ensemble des peuples ayant organisé des marches de soutien et de solidarité avec le peuple palestinien».

Ainsi et dès la fin de la prière du vendredi, les fidèles des mosquées environnantes ont convergé depuis le quartier de Belouizdad vers la place 1er Mai. Le temps que les autres manifestants arrivent au regroupement, les agents de l’ordre et devant la déferlante se sont précipités pour bloquer le passage.

Devant le blocage de la marche, les manifestants tentèrent de contourner ce barrage et aller par le chemin dit du «moulin» qui mène vers la Grande Poste pour rejoindre, ensuite, la place des Martyrs. Là aussi, ils sont renvoyés, une seconde fois, vers leur lieu de départ. Les forces de sécurité, intraitables, n’ont laissé aucune chance aux manifestants de tenir leur marche.

Néanmoins, des manifestants tentaient de convaincre les hommes bleus de céder le passage, en vain.

Mais, quelques instants plus tard, les manifestants ont franchi le cordon de sécurité en marchant quelques mètres, pour ensuite poursuivre leur marche jusqu’à la place des Martyrs. Ensuite, la marche fut grandiose.

A Oran, ils étaient entre 2.000 et 2.500 personnes qui ont pris part hier à la marche de soutien au peuple palestinien organisée sur appel du mouvement associatif. Plusieurs élus locaux de différents courants politiques étaient également présents parmi les manifestants qui ont brandi des drapeaux palestiniens en scandant des slogans condamnant la barbarie sioniste.

La marche a été lancée juste après la prière du vendredi à partir de la place des Victoires pour s’achever à la place du 1er Novembre 1954.

Pour le Groupe «Solidarité Oran-Palestine», qui a encadré la marche à Oran, et dont les membres se présentent comme «n’appartenant à aucun courant politique», cette initiative vise en premier lieu «à faire parvenir un message fort de solidarité et de soutien de la part du peuple algérien au peuple frère de Palestine».

C’est un message de soutien «indéfectible» porté, notamment aux combattants palestiniens qui affrontent farouchement l’armée sioniste, lit-on dans communiqué signé par le «Groupe Solidarité Oran-Palestine».

Ce dernier lance, par ailleurs, un message à tous les Algériens à faire preuve de générosité pour couvrir une partie des besoins en médicaments notamment à nos frères à Ghaza. Le Groupe ne manque pas de saisir les autorités algériennes d’abord pour les soutenir dans la position officielle de l’Algérie vis-à-vis de la question palestinienne, mais aussi pour les appeler à mettre tout en œuvre sur le plan diplomatique notamment pour la levée de l’embargo sur Ghaza.


[voir socialgerie article 1459, le 26 juillet 2014

FACE AUX NOUVEAUX BARBARES COLONIALISTES, SOLIDARITÉ ACTIVE AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN MARTYR

GHETTO DE VARSOVIE ET GAZA HEROÏQUE, MÊME COMBAT->1459]

PALESTINE. L’APPEL DE MARWANE BARGHOUTI

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Prison d’Hadarim

cellule 28

le 27 juillet 2014

Permettez-moi tout d’abord de saluer notre peuple, les martyrs tués au cours de la barbare agression israélienne contre la bande de Gaza, notamment les enfants, les femmes et les personnes âgées, de saluer le soulèvement populaire à Jérusalem, en Cisjordanie et à l’intérieur d’Israël ainsi que les mouvements de résistance. De ma cellule étroite, parmi les milliers de Palestiniens emprisonnés, je souligne ce qui suit:

Je condamne l’agression barbare contre notre peuple en soulignant que c’est une agression contre toute la Palestine et la totalité de notre nation, contre tous les Arabes, les musulmans, tous les gens épris de liberté à travers le monde,

J’appelle les dirigeants palestiniens, à commencer par le Comité exécutif de l’OLP, le Comité central du Fatah, le président Mahmoud Abbas, son gouvernement, la direction de la bande de Gaza, de prendre part, aux côtés de notre peuple, dans la bataille constante de résistance, de la levée du siège et de la reconstruction,

J’appelle notre peuple à lancer un mouvement populaire massif et à prendre part aux manifestations contre l’agression et l’occupation,

« La nécessité de lever le blocus inhumain contre notre peuple dans la bande de Gaza, d’assurer l’ouverture de tous les passages, aussi bien qu’à veiller à l’ouverture du passage de Rafah immédiatement et de façon permanente,

J’appelle les services de sécurité palestiniens et les forces nationales à défendre leurs obligations en protégeant nos citoyens dans tout le pays,

Il est important de saisir à nouveau l’Organisation des Nations Unies pour obtenir la totalité de l’adhésion de l’Etat de Palestine, et d’accéder à toutes les conventions et institutions assurant la protection des droits de notre peuple, à commencer par la Cour pénale internationale,

Le chemin de la liberté et de la dignité est pavé de sacrifices. Les nations ne doivent pas baisser les bras, elles ne peuvent pas être vaincues et doivent refuser de coexister avec l’oppression et l’occupation. Notre peuple a des ressources inépuisables pour poursuivre la lutte. Nous avons l’obligation de transformer son sacrifice en victoires politiques les portant au plus près de la liberté et de l’indépendance. Notre peuple doit unifier ses efforts pour en finir avec l’occupation et incarner l’unité nationale qui constitue la loi de la victoire pour les peuples opprimés.

Enfin, je dis à notre peuple palestinien, partout où qu’il soit: notre rencontre prochaine viendra bientôt, tout comme ces barreaux de prison, comme le siège, l’oppression et l’occupation, seront vaincus.

Marwan Barghouti

Prison d’Hadarim, cellule 28

En Palestine, nombreuses sont les peintures au mur représentant Marwan Barghouti.

Sources:

BOMBARDEMENT DE GAZA JUILLET 2014

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ITW

Bruno GUIGUE

par glaza

le 16 juillet 2014

La clarté du Professeur Bruno GUIGUE dans ce document sur la situation palestinienne, tranche avec l’unanimisme des discours mensongers de la classe politico-médiatique.

Gaza_bombardement_juillet_2014.jpg

http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/bombardement-gaza-juillet-2014-itw-46002

http://www.youtube.com/watch?v=RxdbshwQyPU

Bombardement de Gaza: le fil réel des événements;

une couverture médiatique en osmose avec le positionnement politique des nations occidentales acquises de longue date à la cause israélienne;

un rapport de force militaire totalement à l’avantage de l’Etat d’Israël, dont les marges de manœuvre sont cependant de plus en plus étroites;

une résistance palestinienne menée par le Hamas qui vise à desserrer l’étau israélien autour d’une bande de Gaza presque coupée du monde.

Le professeur Bruno GUIGUE analyse dans cet entretien ces différents aspects de la crise actuelle, qui a mené à un nouveau bombardement intensif de Gaza par l’Israël.


FACE AUX NOUVEAUX BARBARES COLONIALISTES, SOLIDARITE ACTIVE AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN MARTYR

LES MANIFESTANTS D’ALGERIE EFFACENT LA HONTE DES TRAHISONS ARABES

(Voir les comptes rendus des manifestations du vendredi 25 juillet)

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5201097

C’est le devoir et l’heure d’amplifier les initiatives qui honorent le peuple algérien, face à la barbarie des uns, au lâche renoncement des autres !

Ce que les manifestants d’Algérie et d’ailleurs clament, dans toute leur diversité, soixante dix ans après la monstrueuse aventure hitlérienne contre les peuples,

C’EST:

GAZA RESISTANTE A REPRIS LE FLAMBEAU DU GHETTO DE VARSOVIE

LA NOUVELLE BARBARIE COLONIALISTE APPLIQUE A LA LETTRE LES METHODES DES NAZIS

AUX PEUPLES DE S’UNIR A NOUVEAU DANS L’ACTION MULTIFORME, POUR LA PAIX, LA LIBERTE ET LA DEMOCRATIE, CONTRE LES ENTREPRISES GUERRIERES RACISTES ET FASCISANTES, CONTRE LES DIVISIONS SUICIDAIRES, CONTRE LES TRAHISONS OUVERTES OU HYPOCRITES !