ALGER 1er MAI 2015

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Déclaration – Appel pour la célébration du 1er mai : « Contrer l’offensive néo-libérale et la remise en cause des acquis sociaux et démocratiques des travailleurs » ;


SPÉCIAL 1er Mai : JOURNÉE INTERNATIONALE DE LUTTE DES TRAVAILLEURSDossier réalisé par raina.dz – le vendredi, 1er mai 2015;


PARTI ALGÉRIEN POUR LA DÉMOCRATIE ET LE SOCIALISME 1er mai 2015 Journée internationale de luttes de la classe ouvrière et des travailleursIntensifions les luttes politiques et sociales pour des changements profonds face à la catastrophe de la chute des recettes pétrolières! Les travailleurs ne doivent pas payer la facture du pillage des ressources du pays!


pour rappel sur socialgerie


  • [ Il y a soixante ans, dans le Sud algérien – LE 1er MAI 1951 à SIDI AMRANE
    par Lakhdar Kaidi, Alger Républicain, 1er mai 1991;->#232]
  • CHRONOLOGIE DES FAITS ET MOUVEMENTS SOCIAUX ET POLITIQUES EN ALGÉRIE-1830 – 1954livre de Abderrahim Taleb Bendiab – Imprimerie du Centre Alger 1983 – numérisé et mis en ligne par socialgerie 30 avril15 mai 2013 – articles 1169 & 1185

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Déclaration

APPEL POUR LA CÉLÉBRATION DU 1er MAI

« Contrer l’offensive néo-libérale et la remise en cause des acquis sociaux et démocratiques des travailleurs »
Chaque année en Algérie comme partout dans le monde la journée du premier mai est célébrée comme journée des combats des travailleurs. Le 1er mai 2015 intervient dans un contexte très particulier que traverse l’Algérie et que vivent les travailleurs.
Notre pays en tant qu’état national est visé par l’impérialisme mondial et ses relais nationaux et les richesses nationales sont plus que jamais convoitées.
Aux menaces sécuritaires aggravées par la déstabilisation des pays de la région viennent se greffer les pressions du capital international et de ses institutions financières. La baisse provoquée des prix du pétrole qui assure l’essentiel des revenus de la nation vient hypothéquer dangereusement la stabilité et le développement de notre pays.
Au plan national le capitalisme spéculatif adossé à la rente a pris le dessus sur les forces productives et affiche clairement ses visées sur les richesses nationales ambitionnant de prendre les commandes du pays et de contrôler tous les secteurs y compris ceux relevant de la souveraineté nationale.
Afin de faire face à ces défis l’Algérie n’a pas d’autres choix que de renforcer le front intérieur des forces nationales. Ceci implique la refondation d’un état national démocratique assis sur le droit et la citoyenneté et garantissant la liberté d’expression, d’association et de manifestation. Ceci implique aussi une politique économique et sociale basée sur les forces productives consacrant la souveraineté de la nation sur les richesses nationales et garantissant la justice sociale et des standards sociaux assurant une vie décente à chaque Algérien.
Le défi qui se pose aux travailleurs et à leurs syndicats est la mise en échec de la politique qui consiste à remettre en cause leurs acquis démocratiques et sociaux et à généraliser la précarité de l’emploi et le secteur informel.
Cette remise en cause du statut salarial en Algérie est véhiculée notamment par :

  • L’avant-projet du code du travail qui vise à transformer le salariat en précariat tout en limitant d’avantage les droits syndicaux, de grève et à la négociation collective qui sont d’ailleurs quasiment inexistant dans le secteur privé.
  • La diminution de la part des salaires dans le revenu national à cause de la politique salariale en vigueur, de l’article 87 bis définissant le SNMG qui n’a pas été abrogé mais seulement amendé d’un côté et d’une politique fiscale injuste qui pèse surtout sur les salaires et les pensions de retraite de l’autre.
  • Les attaques visant à remettre en cause la protection sociale en faveur des catégories défavorisées en général et du système de sécurité sociale basé sur les principes de la répartition et de la solidarité.
  • La politique de la marchandisation de la santé caractérisée par une remise en cause graduelle de la médecine gratuite et le désengagement de l’état et par l’effort insoutenable imposé aux ménages pour financer les couts liés à la santé. La promulgation de la nouvelle loi relative aux mutuelles sociales et le projet de loi relative à la santé s’inscrivent en droite ligne dans cette politique.
  • La remise en cause graduelle de la démocratisation de l’éducation.
  • Le chômage qui touche particulièrement les jeunes de moins de 30 ans et les femmes est une conséquence du déplacement du centre de gravité de l’économie nationale de la sphère productive vers la sphère spéculative adossée à la rente.
Faisons de ce premier mai un moment de réflexion et de mobilisation pour une Algérie démocratique et sociale.
Construisons la résistance pour affirmer fort :

  • Non aux remises en cause des acquis socio-économiques des travailleurs.
  • Non à la remise en cause de la politique de protection sociale en faveur des catégories sociales défavorisées et du systéme de sécurité sociale basé sur le principe de la répartition.
  • Oui à une plus juste répartition du revenu national et à une amélioration de la condition salariale.
  • Non à la remise en cause des acquis démocratiques des travailleurs notamment les atteintes aux droits d’association, syndical, de grève et de manifestation.
  • Oui à la consécration et au développement du droit à la négociation collective dans tous les secteurs d’activité et à l’instauration du droit d’extension.
  • Liberté pour les chômeurs emprisonnés et réintégration des syndicalistes licenciés.
  • Pour un syndicalisme combatif, unitaire et solidaire.

Vive la solidarité des travailleurs au plan national et international.

Alger le 25 avril 2015

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La célébration aura lieu sous forme d’une rencontre débat le 01 mai 2015 à partir de 10 Heures au siège de la LADDH sis à 12 rue docteur Saadane Alger (en face de la DG de la Douane Algérienne).

Les signataires :
– Pour la LADDH Hocine Zehouane
– Pour le MDS Yacine Teguia
– Pour le PST Mahmoud Rechidi
– Pour la Moubadara du 24 février Djamel Eddine Kherouf
– Pour le Comité National de Défense des Libertés Syndicales (CNDLS) Ahmed Badaoui.
– Nouredine Bouderba syndicaliste, ex membre de la FNTPGC-UGTA

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sur socialgerie voir aussi brève 921, du 30 avril 2015:
ALGER 1er MAI 2015 : APPEL UNITAIRE POUR « CONTRER L’OFFENSIVE NÉOLIBÉRALE »
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SPÉCIAL 1er Mai :
JOURNÉE INTERNATIONALE DE LUTTE DES TRAVAILLEURS

« un excellent dossier historique sur les premiers Mai » présenté par le site RAINA »

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À l’occasion du 1er mai journée internationale de lutte des travailleurs, Raina.dz salue fraternellement les travailleuses et travailleurs, véritables créateurs des richesses de notre pays et tient à cette occasion à mettre à la disposition de ses lecteurs un dossier comprenant ce qui suit :

1-Les origines du 1er Mai : Journée internationale de luttes des travailleurs!

2-Alger – Les manifestations de Mai 1945

3 –À la veille du 1 novembre 1954 : Constantine – Évocation 1er mai d’antan

4- Appel pour la célébration du 1er Mai 2O15

5- La déclaration de la FSM :http://www.wftucentral.org/1er-mai-…

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unnamed-33-592e9.jpg LES ORIGINES DU 1er MAI :

journée internationale de lutte des travailleurs !

«Un jour viendra où notre silence sera plus puissant que nos voix qu’on a étranglées», August Spies.
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Le 1er MAI 1886, lancé par la Federation of Organized Trades and Labor Union of the United States and Canada, suivi par les assemblées locales des Knights of Labor, une puissante vague de grèves mobilise des centaines de milliers de grévistes à travers toute l’Amérique du Nord, pour obtenir la journée de 8 heures de travail. Aux USA, il y a 5000 grèves avec environ 350 000 grévistes. Le foyer principal de cette lutte de classe se trouve à Chicago.

par Pierre Klépock
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Le 3 Mai, 7000 ouvriers manifestent à Chicago devant l’usine de machines agricoles McCormick, où les 1200 salariés sont alors en grève. Les patrons, par pure provocation, font sortir les « scabs » (briseurs de grève). Les grévistes et les manifestants, lancent des pierres et s’en prennent aux briseurs de grève. C’est le signal pour écraser les forces ouvrières : la Garde Nationale, la police municipale et les agents Pinkerton tirent à coup de révolvers sur la foule. On relève 6 morts et une cinquantaine de blessés.

L’indignation populaire est grande. Le lendemain, une réunion de protestation est organisée au Haymarket Square. Plus de 15 000 personnes s’y rendent. Un agent provocateur lance une bombe dans les rangs des policiers, faisant 8 morts et une soixantaine de blessés. La police ouvre aussitôt un feu nourri. Plusieurs dizaines de personnes sont mortellement atteintes et des centaines d’autres sont blessées.

Les organisateurs de la manifestation, 8 militants anarchistes, sont arrêtés, mis sous les verrous et condamnés à mort par la justice des patrons, sans que soit fournie la moindre preuve de leur participation à l’attentat. Pour trois d’entre eux, la peine fut commuée au dernier moment en travaux forcés à perpétuité. Pris de désespoir, un quatrième se suicida dans sa cellule. Une campagne internationale de protestation suivit le massacre de Haymarket et la lutte pour les 8 heures continua.

En 1888, l’American Federation of Labor (AFL), qui avait repris le flambeau de la « Federated Trades », décide à son Congrès de St-Louis, de renouer la lutte pour la journée de 8 heures. L’AFL préconise un mouvement de grèves générales par « Vagues d’assaut ». La mise en application de cette tactique est prévue pour le 1er Mai 1890. Le Conseil exécutif de l’AFL choisit les syndicats de métiers les mieux préparés à obtenir les 8 heures et concentre l’action sur eux. Dès le début avril 1890, plusieurs milliers d’ouvriers du bâtiment arrêtent le travail et obtiennent les 8 heures. D’autres unions de métiers suivront.

Le sang versé par les martyrs de Chicago ne le fut pas en vain[voir aussi: [À l’origine du 1er mai, Lucy Parsons, la veuve des martyrs de Chicago – blog algerieinfos]]. Leur sacrifice contribuera à faire croître la revendication des 8 heures, à fertiliser les luttes ouvrières pour l’imposer au capitalisme dans tous les pays, en élevant partout la conscience de classe. Il ouvrit surtout la voie à l’avènement d’un 1er Mai universel, tel qu’allait le lancer trois ans plus tard, à Paris, l’Internationale socialiste (mieux connu sous le nom de : Deuxième internationale).

Le Congrès de fondation de la IIe internationale s’ouvrit le 14 juillet 1889 à Paris. Y participèrent les délégués de 20 pays, qui prirent la décision de célébrer le 1er Mai de chaque année sous le mot d’ordre de la journée de travail de 8 heures.

La résolution de l’Internationale socialiste sur le Premier Mai
Le texte de la résolution adoptée à l’unanimité par le Congrès de l’Internationale socialiste, a valeur d’acte de naissance du 1er Mai, Fête internationale des travailleurs et travailleuses :

Il sera organisé une grande manifestation internationale à date fixe, de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail, et d’appliquer les autres résolutions du Congrès international de Paris.

Attendu qu’une semblable manifestation a déjà été décidée pour le 1er Mai 1890 par l’American Federation of Labor (AFL), dans son congrès de décembre 1888 tenu à St-Louis, cette date est adoptée pour la manifestation internationale.

Les travailleurs des diverses nations auront à accomplir cette manifestation dans les conditions qui leur sont imposées par la situation spéciale de leur pays.

La résolution complémentaire suivante fut adoptée :

Sous le titre de la journée de 8 heures, il sera publié, avec le concours des partis socialistes représentés au congrès de Paris, un organe hebdomadaire destiné à centraliser les renseignements sur le mouvement international en vue de la réduction légale de la journée de travail. Recommandation est faite à tous les délégués de faire une démonstration dans tous les centres ouvriers d’Europe et d’Amérique en faveur de la fixation de la journée à 8 heures de travail.

Source de l’article: Unité ouvrière

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LES MANIFESTATIONS DE MAI 1945 EN ALGÉRIE

images_10_-2cbd3.jpg À Alger : Le 1er mai 1945, quatre morts et plusieurs blessés à la manifestation patriotique organisée par le Parti du Peuple Algérien (PPA).
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Ahmed Bouda, un des dirigeants du PPA à l’époque, raconte :
«Nous avons réparti les militants en trois groupes :

  • Groupe de Belcourt et des environs, rendez-vous Place du Gouvernement (place des Martyrs) ;
  • Groupe de la Casbah, rendez-vous à Sidi Abderrahmane ;
  • Groupe El Biar–Birkhadem, rendez-vous devant la prison de Serkadji ;

Les groupes devaient prendre le départ à 17 heures et converger vers la rue d’Isly (…).
Ordre formel avait été donné aux militants de ne porter aucune arme, même blanche, mais de se munir de la carte d’identité.

Ils scandaient les mots d’ordre du parti (…) et marchaient pacifiquement, drapeau déployé en tête du cortège. »

Dans la “Grande Aventure d’Alger républicain”, on peut lire les souvenirs de Boualem Khalfa, alors militant du PPA qui sera plus tard directeur d’Alger républicain et membre de la direction centrale du Parti communiste algérien (PCA) :

« Dans l’après-midi du 1er mai, il participe avec ses amis du PPA à la manifestation organisée à Alger. Sous la couverture des Amis du Manifeste, le PPA a appelé ses membres et sympathisants à défiler indépendamment de la CGT.

Khalfa fait partie du cortège qui, de la Basse-Casbah, doit en fin de parcours rejoindre la Grande-Poste celui de la CGT.

Les consignes données sont très strictes : pas d’armes, “pas même une épingle” ont formellement recommandé les dirigeants pour éviter toute provocation.

Les mots d’ordre lancés sont précis et peu nombreux. L’un d’eux proclame : “Liberté pour tous” et un autre, qui revient très souvent, demande la libération des détenus politiques et notamment celle de Messali Hadj.

Au cours de la manifestation tout à coup, de façon plus ou moins spontanée, un cri libérateur, scandé bientôt par la foule tout entière :
« Yahia el Istiqlal ! » (Vive l’Indépendance !)
et, soudain au-dessus des têtes, le drapeau algérien interdit est brandi.

Dans la rue d’Isly (Larbi Ben M’Hidi), à la hauteur du Casino, tout près du siège de la XXe Région militaire, les forces de l’ordre barrent la route au cortège.

Et, brusquement, sans semonces, les policiers ouvrent le feu. Les pavés se tachent de sang.

Un des responsables de la daira (district) du PPA, Mohamed Belhaffaf, est tué par l’une des premières rafales.

Trois militants, Abdelkader Ziar, Mohamed Laïmèche, et Ahmed Boughmalah sont eux aussi mortellement touchés. Sept autres, emportés par des amis, ne survivront pas à leurs blessures. Des dizaines d’hommes ensanglantés, soutenus par des manifestants valides, tentent de trouver refuge dans les couloirs et sous les portes cochères des immeubles avoisinants. Boualem Khalfa, dans le groupe de tête a vécu tout cela et il ne pourra pas l’oublier. »

Dans la foule descendue de la Casbah, il y avait le jeune Taleb Abderrahmane, 15 ans, qui deviendra, en 1956, le chimiste de l’ALN. Il fabriquera les bombes qu’utilisera la Zone Autonome en riposte aux attentats perpétrés sous les ordres du gouvernement français de Guy Mollet avec son ministre résident, Robert Lacoste.

Condamné trois fois à mort, Taleb Abderrahmane a la tête tranchée, le 24 avril 1958, à la prison de Serkadji.

par Mohamed Rebah – auteur de “Taleb Abderrahmane guillotiné le 24 avril 1958”, éditions APIC. Alger, avril 2013.

sources: Alger républicain, le 30 avril 2014

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moudjahid4_655568101-67c27.jpg À LA VEILLE DU 1er NOVEMBRE 1954

Évocation – 1er mai d’antan

Il a fallu que je sois adulte pour entendre parler du 1er Mai fête du travail et du muguet. Dans ma mémoire d’enfant et d’adolescent le 1er MAI était «la fête de la  castagne», une journée de bagarre et de lutte!

Début des années 50 à Constantine, le printemps avait commencé chaud, beaucoup de conflits sociaux, les traminots étaient en grève depuis plusieurs jours, pour réclamer de meilleures conditions de travail et de salaire. Le patron, un patron de combat, se montra intraitable. Les travailleurs immobilisèrent les trams. Ce fut le lock out et la fermeture de l’entreprise, le patron refusait toujours de recevoir les délégués syndicaux de la CGT. Les traminots forcèrent sa porte en repoussant ses sbires. Le SG du syndicat, mon oncle fut accusé d’avoir maltraité le patron, un gazé de la première guerre mondiale, ce qui était parfaitement faux.

On voulait faire échouer la grève en brandissant la menace de l’emprisonnement du syndicaliste.

Les grévistes reprirent l’initiative en manifestant dans la rue avec femmes et enfants. C’était une première à Constantine! «Nous voulons du travail, du pain pour nos enfants !», scandaient les manifestants. Au premier rang, la main dans la main de mon oncle Amar, je hurlais avec conviction «  nous voulons du travail, du pain pour nos enfants  !  » La lutte paya et le patron recula  ! Les Constantinois retrouvèrent leur transport collectif et les traminots le sourire. Le conflit avait été particulièrement dur et éprouvant.

La mêlée générale

Le 1er mai de cette année portait donc les traces des récentes grèves. Le cortège des manifestants, cheminots, traminots, postiers, hospitaliers, gars de l’EGA et de la sécurité sociale, enseignants…se heurta à un rideau de policiers qui interdisaient l’entrée de la Bourse du travail. Pas question d’y tenir le meeting.

Chaque camp se tenait en position de combat.

Un arrière oncle, une force de la nature conducteur de tram, vint se placer devant mon oncle de la CGT. Il était capable de porter un quintal sur l’épaule. Il était capable aussi de ceinturer deux flics et de les secouer (yanfadhoum!), malgré les coups de matraques.

À notre droite vint se placer ammi Bourrayou , un autre géant, il venait de terminer son service au parc à fourrage. Il avait travaillé, donné à manger aux chevaux et aux mules de l’armée avant de pointer au rassemblement. Il enleva le sac de jute qu’il avait sur la tête le plia et le glissa dans sa ceinture Nous habitions la même maison (une dar sbitar) entre Sidi Bouannaba et Sdi Abdelmoumène, pas loin de Souika , je savais que les nombreux enfants de notre voisin ne mangeaient pas à leur faim, comme tous les gosses de mon quartier.

Un délégué syndical tenta encore de parlementer avec le commissaire, peine perdue. Puis les manifestants tentèrent de pénétrer dans le square jouxtant la maison des syndicats. Nouveau refus, un cri fusa «nous payons les impôts, nous voulons le jardin ».

Je criais avec tout le monde «nous payons les impôts…» Ammi Bourrayou disait «nous bayons…» . Puis c’est la bousculade, les grilles du jardin étaient secouées. On avançait puis on reculait, les choses se gâtaient. Mon oncle me lâcha la main et me dit : file!

Quelques enjambées et j’étais hors de la mêlée, je continuais à m’égosiller «nous voulons le jardin».
«Djenane el mourcantya oua djenane ezzaoualya»

Je tenait tellement à pénétrer dans ce jardin, qui nous était interdit de tout temps, nous les arabes. C’était un jardin magnifique, avec de beaux arbres, ombragé, calme, des allées de rêves, des massifs pleins de fleurs, des tonnelles, un kiosque à musique, des chaises qu’on pouvait déplacer pour s’asseoir dans un coin tranquille. Une discrimination flagrante. Un gardien sifflet au bec et trique à la main, nous chassait comme des intrus de «djenane el mourcantya» jardin des riches.

Nous, nous avions droit à un autre jardin de l’autre côté de la route. Beaucoup plus modeste, pas d’aménagements, pas de massifs soignés, des bancs en pierre au milieu de pierres romaines. «djenane ezzaoualya» , jardin des pauvres pour nous autres.
Quand il faisait beau c’est là que je me rendais les après-midi si je voulais retrouver mon grand père et ma grand’ mère qui prenaient le frais avant d’aller se payer une «glace» place de la Brèche.

Pour moi le premier mai de cette année-là, à travers le parcours de mon oncle, symbolisait la jonction de la revendication nationale et de la revendication sociale.

Nous-nous revîmes très peu de fois par la suite : dès les premiers mois de la guerre il fut coffré, il fut fou de joie quand je rejoins l’équipe d’Alger Républicain à l’indépendance, très triste pour la clandestinité qui nous fut imposée pendant un quart de siècle.

Je l’ai revu au début des années 90, quand notre pays était saigné par la folie des terroristes islamiques, il revenait de la Mecque après une Omra. Il souffrait d’être chassé par les barbus de sa mosquée le vendredi.

Pendant le repas il raconta la rencontre avec Duclos, dirigeant du PCF et le travail et tournées avec Benbadis . Il raconta en riant «notre» 1er Mai du début des années 50 et d’autres luttes et fêtes du travail.

Il garda ses convictions jusqu’au bout.

Mohamed Nedjar

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1er Mai 2015 : avec Determination – avec Internationalisme – avec Les Luttes

17 avr 2015

1ER MAI 2015

À l’occasion de la Journée internationale des travailleurs – 1 mai 2015, la Fédération syndicale mondiale (FSM) envoie de chaleureuses et militantes salutations à la classe ouvrière internationale et les 90 millions de travailleurs organisés dans les organisations membres de la FSM dans 126 pays du monde.

La Journée internationale des travailleurs est une journée de mémoire et honneur aux travailleurs qui ont sacrifié leur vie pour les droits de la classe ouvrière, pour l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme. Les luttes de la classe ouvrière internationale, du sacrifice des travailleurs à Chicago en 1886 jusqu’à nos jours, ont prouvé que la classe ouvrière n’est pas seulement le créateur de la richesse sociale, mais aussi l’avant-garde, capable de diriger et rassembler à ses côtés les autres couches populaires opprimées, dans la lutte pour le renversement du capitalisme.

Les problèmes aigus et majeurs qui rendent la vie de la classe ouvrière difficile continuent d’exister. Les gouvernements capitalistes relaient les ordres du Capital et des sociétés transnationales d’intensifier et d’étendre les politiques anti-ouvrières : baisses de salaire et de retraite, relations de travail flexibles, privatisations, destruction des régimes de sécurité sociale, élimination des libertés et droits syndicaux et terrorisme d’Etat. Le chômage persiste et ouvre les plaies de la classe ouvrière et poursuit les attaques aux droits des travailleurs. C’est la recette du capitalisme mondial pour la « sortie » de la crise capitaliste et l’augmentation des bénéfices des monopoles.

Au niveau international, l’attaque par les employeurs et les gouvernements capitalistes du droit de grève se poursuit dans tous les pays mais aussi au sein de l’Organisation internationale du Travail. L’OIT pousse la question devant les tribunaux internationaux, contrôlés par la bourgeoisie internationale et l’impérialisme. Cela ne peut pas être accepté. Le droit de grève n’a pas été donné aux travailleurs, mais il a été gagné par des luttes et il ne peut être défendu qu’à travers les luttes de la classe ouvrière.

Les politiques des groupes monopolistes internationaux et la concurrence entre les forces impérialistes ont été intensifiées avec des résultats désastreux pour les peuples du monde. L’intervention impérialiste et la renaissance du nazisme est à blâmer pour le carnage en Ukraine avec des milliers de nos collègues parmi les victimes. En Syrie, l’intervention impérialiste continue. Au Venezuela, le gouvernement des Etats-Unis et les multinationales impérialistes promeuvent des plans d’intervention, de déstabilisation et de coup d’Etat contre le gouvernement démocratiquement élu. Les attaques contre l’irréductible peuple cubain continuent avec l’embargo toujours en vigueur.

La position de la FSM reste stable et cohérente. Les travailleurs et les peuples du monde doivent être les maîtres dans leurs propres pays et libre de décider pour le présent et l’avenir de leurs pays sans interventions impérialistes.

Devant cette situation, la Fédération syndicale mondiale appelle les travailleurs, le mouvement international des syndicats de classe pour organiser des grèves de masse, des manifestations, des rassemblements pour le 1er mai dans tous les pays du monde, des célébrations qui honoreront les 129 ans depuis la révolte des travailleurs à Chicago et projetteront leur internationalisme et exigence pour des droits contemporains pour la classe ouvrière dans chaque pays, de meilleurs salaires, du travail et des libertés et droits syndicaux, la sécurité sociale, des politiques pour faire face au chômage.

Travailleuses et travailleurs, jeunes, chômeurs, travailleurs migrants,

La Journée du 1e mai 2015 doit être un pas en avant international pour le mouvement ouvrier et syndical dans chaque pays, région et secteur. Nous vous demandons d’unir vos voix avec le mouvement des positions de classe dans chaque pays, d’unir vos voix avec la voix de la FSM. Avec le militantisme et l’internationalisme, nous pouvons renforcer notre lutte pour de meilleures relations de travail, de meilleures conditions de vie, pour une société sans exploitation, pour une société où les besoins de la classe ouvrière et les gens viendront en premier.

Chers frères, travailleurs, chômeurs, retraités,

Cette année, en 2015, nous célébrons le 70e anniversaire de la fondation de la FSM. Depuis sa création, la FSM est devenue et continue d’être la maison, la famille, le défenseur de chaque famille de travailleur.

Cette maison commune que nous partageons, cette famille, nous allons l’honorer en la rendant plus forte partout. Rendons la FSM plus forte, plus militante, plus orientée vers la classe, plus internationaliste, plus active, plus efficace dans tous les coins de la planète. En renforçant les organisations syndicales dans tous les secteurs, dans toutes les régions, en organisant de nouveaux membres dans les syndicats, en construisant de nouveaux cadres syndicaux et plus de dirigeants, nous allons aller de l’avant.

AVEC DETERMINATION

AVEC INTERNATIONALISME

AVEC LES LUTTES

sources: raina.dz

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PARTI ALGÉRIEN POUR LA DÉMOCRATIE ET LE SOCIALISME

1er mai 2015

Journée internationale de luttes de la classe ouvrière et des travailleurs

Intensifions les luttes politiques et sociales pour des changements profonds face à la catastrophe de la chute des recettes pétrolières !

Les travailleurs ne doivent pas payer la facture du pillage des ressources du pays !

La situation sociale des travailleurs s’est considérablement dégradée ces derniers mois. La flambée des prix des biens de consommation et notamment des produits alimentaires, en réduisant leur pouvoir d’achat, a conduit à une nouvelle et brutale détérioration de leur nutrition, de leurs conditions de vie et de celles de leurs familles. Les augmentations salariales que les fonctionnaires ont arrachées par leurs luttes ces dernières années ont été réduites à néant. La condition des ouvriers des usines et des chantiers de construction qui n’ont bénéficié d’aucune augmentation notable, malgré les énormes revenus pétroliers enregistrés depuis 15 ans, est encore pire.

Le gouvernement a laissé faire justifiant sa passivité par l’action des « lois du marché » et les conséquences de la chute du prix du pétrole. Mais en dévaluant en catimini le dinar par rapport au dollar, renchérissant le prix des biens importés, il a frappé de plein fouet les salariés, les retraités, tous ceux qui n’ont pas d’autres ressources pour vivre.

A l’opposé, les importateurs et les gros commerçants intermédiaires, les paysans riches et les capitalistes, en un mot la bourgeoisie et les affairistes ont tous accru leurs profits à une échelle sans précédent. Que le prix du pétrole s’élève ou baisse, que le taux de change du dinar s’améliore ou se détériore, les bourgeois continent à s’enrichir par la spéculation et la surexploitation de la classe ouvrière.

Les capitalistes n’acceptent aucune augmentation salariale qui réduirait leurs profits et surprofits ne serait-ce que d’un centime. Toute tentative d’organisation syndicale ou de revendication salariale et matérielle est réprimée de façon impitoyable par le patronat.

Il est couvert et appuyé conjointement par les institutions gouvernementales et le syndicat maison UGTA. Le secrétaire général de ce pseudo syndicat n’a pas eu honte de qualifier publiquement son organisation de « syndicat du pouvoir ». Les Rebrab, Benamor, Sim, Hassnaoui, Hadddad, etc., immensément enrichis grâce aux aides généreuses de l’Etat et à leur qualité de prête-nom de personnages haut placés, écrasent dans l’oeuf toute action ouvrière. Nulle activité syndicale n’est tolérée. Les travailleurs qui tentent de s’organiser en syndicats, même UGTA, sont jetés à la rue dans l’indifférence totale des représentants de l’administration et le silence complice des journaux prétendument libres et indépendants mais achetés par leurs gracieuses pages publicitaires.

Quels que soient cependant leurs appuis, la bourgeoisie et les succursales des multinationales tremblent de peur. Elles savent que sous la cendre couve le feu de la révolte et de la combativité ouvrières, que les travailleurs qu’elles ont défaits grâce à leurs soutiens dans l’Etat ont assimilé les leçons de la lutte et préparent dans l’union et la vigilance leurs contre-offensives.

En ce 1er mai 2015 de lourdes inquiétudes se profilent pour le présent et l’avenir immédiat de la classe ouvrière, de la petite paysannerie et de toutes les couches populaires qui ne tirent leurs maigres revenus que de leur travail. Les contradictions du capitalisme à l’échelle mondiale, les rivalités entre les puissances impérialistes pour la domination et le contrôle des sources d’énergie ont conduit à une chute des revenus pétroliers de l’Algérie. A l’unisson, les défenseurs du capitalisme exploitent cette évolution préoccupante encouragée par les calculs antinationaux du régime. Ils en font un prétexte pour réclamer la rupture avec ce qu’ils qualifient de séquelles des années 1970, de « populisme » et d’ « étatisme ». Ils appellent, entre autres, à mettre fin au soutien du prix des produits de consommation de base, à supprimer les derniers vestiges de la médecine gratuite bien qu’elle ait été réduite à sa plus simple expression. Mais ils sont muets quand il s’agit de dénoncer la fraude fiscale ouvertement pratiquée par les classes privilégiées ou les cadeaux faramineux que le pouvoir leur accorde sans que rien de concret n’ait été obtenu dans la réduction de la dépendance industrielle, technologique et alimentaire. Une nouvelle offensive est en préparation pour enlever à la classe ouvrière et à l’ensemble des travailleurs ce qui reste de conquêtes sociales arrachées durant des décennies de luttes, dans les domaines de la durée du travail, des retraites, de la sécurité sociale, des contrats de travail, etc.

La guéguerre opposant le pouvoir et l’opposition médiatisée par la presse n’a pas pour but d’améliorer les conditions de vie des travailleurs. Des fractions en lice aussi bien dans le pouvoir que dans l’opposition comptent sur leurs appuis impérialistes externes ou des régimes rétrogrades du Golfe pour faire pencher la balance de leur côté en contrepartie de la promesse de satisfaire leurs désirs de mettre la main sur tout ce qui rapporte.

Les Etats impérialistes, français et américains notamment, ne relâchent pas leurs pressions pour obtenir plus du régime ou de l’opposition

Les revendications de ces rapaces, ce sont le contrôle total sur les hydrocarbures convoités, la suppression de toutes les barrières qui entravent la liberté de s’installer en Algérie et de rapatrier sans aucune condition leurs profits, la liquidation de toute législation sociale favorable aux travailleurs afin de pouvoir exploiter sans frein les travailleurs, l’installation de bases militaires au Sahara, la soumission pure et simple de l’armée algérienne à leurs objectifs stratégiques de protection de leurs intérêts en Afrique et comme auxiliaire de leur lutte à grande échelle pour le partage du monde et la confrontation avec leur rivaux russe ou chinois.

Afin d’établir leur mainmise sur les richesses des peuples, les Etats impérialistes, les régimes rétrogrades à leurs bottes et leurs hommes de paille ont mis une bonne partie du monde à feu et à sang: en Palestine, Afghanistan, Irak, Libye, Mali, Centrafrique, Syrie, Yémen, Ukraine, Nigeria, etc. Ils préparent d’autres guerres, aux conséquences catastrophiques pour les peuples, contre la Russie ou la Chine. Foulant au pays toute légalité internationale, ils bafouent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à régler les conflits internes sans ingérences extérieures. Ils tentent d’imposer par leurs interventions violentes des pantins à leurs services. Ils sèment les divisions au sein des travailleurs et des peuples sur des bases religieuses, chauvines ou racistes pour les empêcher de s’unir contre eux et de s’affranchir de leur domination.

Notre pays n’échappe pas à ce danger. La résistance des peuples est indispensable. Partout où les peuples arrivent à surmonter les divisions attisées par l’impérialisme et les exploiteurs et à s’organiser, partout où ils ne se laissent pas faire, quels que soient les sacrifices, ils arrivent à mettre en échec les plans des agresseurs impérialistes.

Partout dans le monde, les travailleurs reprennent confiance dans leur capacité à lutter et à obtenir gain de cause. Au Venezuela, à Cuba ou ailleurs, les ingérences impérialistes sont mises en échec.

Dans notre pays, la mobilisation des populations de In Salah contre la collusion des multinationales et du régime dans l’exploitation aventurière du gaz de schiste au Sahara est une preuve que les masses refusent la passivité. A Rouiba, les ouvriers du complexe de véhicules industriels ont chassé le magnat Tahkout des transports universitaires, autre prête-nom d’hommes du régime, qui occupait illégalement un vaste terrain de leur usine. Au port d’Alger les dockers n’acceptent pas le diktat de la société émiratie DWP à laquelle le gouvernement a cédé les activités les plus rentables sans contrepartie, sans un minimum de dignité nationale.

Plus la crise du capitalisme est durable et plus les capitalistes sont effrayés à l’idée qu’une contre-offensive de la classe ouvrière et de ses alliés remette à l’ordre du jour la lutte pour le renversement de la domination de la bourgeoisie. Leur propagande et leurs mensonges anticommunistes redoublent d’intensité. Ils cherchent à empêcher une nouvelle révolution, l’instauration d’une société socialiste fondée sur la propriété sociale des moyens de production, le pouvoir de la classe ouvrière et du peuple, la planification du développement économique et sociale en vue de la satisfaction des besoins sociaux croissants des producteurs, une société dont les bases sociales assureront la paix dans le monde, la fraternité et la solidarité désintéressée entre les peuples.

Les travailleurs les plus conscients ont pour tâche d’inscrire leurs actions dans cette perspective historique:

  • en édifiant dans des luttes anticapitalistes déterminées de la base au sommet un syndicat de classe, de masse, démocratique, unitaire et internationaliste, un syndicat qui lie les luttes pour les revendications matérielles immédiates à la lutte pour l’abolition de la société capitaliste;
  • en participant à la construction d’un parti marxiste-léniniste, enraciné au sein de la classe ouvrière et des masses populaires, résolument tendu vers la réalisation de ce but historique.

Le parti des communistes d’Algérie, le PADS, salue les luttes et les combats des travailleurs et des travailleuses pour leurs revendications matérielles, leurs libertés syndicales, pour les libertés démocratiques, pour la défense des intérêts du pays qui se confondent avec leurs intérêts de classe.

Il salue le combat des travailleurs du monde entier contre l’exploitation capitaliste et la domination impérialiste.

Il appelle toutes les forces communistes révolutionnaires à intensifier leurs luttes idéologiques et politiques pour montrer que le capitalisme est la source des maux des travailleurs, du chômage, des privations et des souffrances, des guerres, du terrorisme et du fascisme; pour préparer les conditions d’une nouvelle offensive en vue de l’abolition du capitalisme.

Il les appellent, à la veille de la célébration du 70 ème anniversaire de la capitulation du nazisme le 9 mai 1945, à méditer les enseignements de la victoire remportée grâce à l’action anti-fasciste résolue de l’URSS et au sacrifice de 25 millions de soviétiques qui, en défendant leur patrie socialiste et les conquêtes sociales et politiques du socialisme, ont contribué de façon essentielle à la libération des peuples du joug du nazisme. L’assimilation des enseignements du combat antifasciste est indispensable afin d’organiser dans une direction anticapitaliste les luttes prolétariennes et populaires actuelles à venir, afin d’infliger une défaite à l’impérialisme qui s’appuie sur le terrorisme et le fascisme de toutes couleurs pour tenter d’arrêter la marche inexorable de l’histoire vers l’émancipation des classes exploitées et opprimées.

Vive l’internationalisme prolétarien !

La classe ouvrière et ses alliés doivent organiser leur contre-offensive !

À bas le capitalisme !

PADS
29 AVRIL 2015

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[

IL Y A SOIXANTE ANS DANS LE SUD ALGÉRIEN

LE 1er MAI 1951 à SIDI AMRANE

par LAKHDAR KAIDI, Alger Républicain, 1er mai 1991

socialgerie , le 23 février 2011->394]

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ALGER 1er MAI 2015: APPEL UNITAIRE POUR «CONTRER L’OFFENSIVE NÉOLIBÉRALE»

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par Meriem Sassi – Algérie-patriotique

publié par Saoudi Abdelaziz – blog algerie infos

le 29 Avril 2015

Les signataires de l’appel informent qu’une rencontre-débat aura lieu le 1er mai à partir de 10h, au siège de la LADDH, sis au 12, rue docteur Saâdane, Alger.

À l’occasion de la célébration du 1er Mai, la LADDH, le MDS, le PST, la Moubadara du 24 février et le Comité national de défense des libertés syndicales (CNDLS), ainsi que Noureddine Bouderba, syndicaliste, ex-membre de la FNTPGC-UGTA, appellent à «contrer l’offensive néolibérale et la remise en cause des acquis sociaux et démocratiques des travailleurs».

Dans un communiqué parvenu à la rédaction, les signataires de l’appel soulignent que

«le 1er mai 2015 intervient dans un contexte très particulier que traverse l’Algérie et que vivent les travailleurs.

Notre pays en tant qu’État national est visé par l’impérialisme mondial et ses relais nationaux, et les richesses nationales sont plus que jamais convoitées»
.
Le défi qui se pose aux travailleurs et à leurs syndicats est, au sens des signataires, «la mise en échec de la politique qui consiste à remettre en cause leurs acquis démocratiques et sociaux et à généraliser la précarité de l’emploi et le secteur informel».
Cette remise en cause du statut salarial en Algérie est véhiculée notamment par, selon les signataires, «l’avant-projet du code du travail

  • qui vise à transformer le salariat en précariat tout en limitant davantage les droits syndicaux,
  • la diminution de la part des salaires dans le revenu national à cause de la politique salariale en vigueur,

    l’article 87 bis définissant le SNMG qui n’a pas été abrogé, mais seulement amendé, d’un côté,
  • et d’une politique fiscale injuste qui pèse surtout sur les salaires et les pensions de retraite,
  • les attaques visant à remettre en cause la protection sociale en faveur des catégories défavorisées en général et du système de sécurité sociale basé sur les principes de la répartition et de la solidarité,

    la politique de la marchandisation de la santé caractérisée par une remise en cause graduelle de la médecine gratuite et le désengagement de l’Etat, et par l’effort insoutenable imposé aux ménages pour financer les coûts liés à la santé, de l’autre».


    Par ailleurs, «la promulgation de la nouvelle loi relative aux mutuelles sociales et le projet de loi relatif à la santé s’inscrivent en droite ligne dans cette politique», estiment les signataires.
    Ces derniers citent également
  • «la remise en cause graduelle de la démocratisation de l’éducation,
    -* le chômage qui touche particulièrement les jeunes de moins de 30 ans et les femmes»,

et appellent, pour toutes ces raisons,

«à faire de ce premier mai un moment de réflexion et de mobilisation pour une Algérie démocratique et sociale»

et dire

«non aux remises en cause des acquis socioéconomiques des travailleurs,

et à la remise en cause de la politique de protection sociale en faveur des catégories sociales défavorisées et du système de sécurité sociale basé sur le principe de la répartition».

Les signataires de l’appel informent enfin que la célébration du 1er mai 2015 aura lieu sous forme d’une
rencontre-débat
à partir de 10h au siège de la LADDH,

sis au 12, rue docteur Saâdane, Alger.

Source: Algérie-patriotique


Voir aussi repris sur blog algerieinfos

code_du_travail.png ALGÉRIE. UN NOUVEAU CODE DU TRAVAIL POUR PROTEGER LE CAPITAL?

le 30 Avril 2015 – Publié par Saoudi Abdelaziz

“Si jamais cet avant-projet de code du travail est promulgué, on va passer du droit du travail protecteur des salariés au droit du travail protecteur du capital où le travailleur sera considéré comme une simple marchandise », affirme un spécialiste.

“DES POUVOIRS EXAGERES ET SANS LIMITES DONNES AUX EMPLOYEURS”

Des syndicalistes jugent le projet de code du travail

Par Madjid T. 30 avril 2015

Pour eux, le principe de flexibilité consacré dans ce projet fait peser une menace sur la sécurité et la pérennité de l’emploi
Annoncé par la tripartite puis par le ministre du Travail pour sa promulgation en 2015, le nouveau code du travail algérien, dont la première mouture a été largement soutenue par le patronat, mais vivement critiquée par la base syndicale et de nombreux syndicats autonomes, tarde à voir le jour.

L’avant-projet, qualifié par les syndicats autonomes et la base syndicale de l’UGTA, de “code contre les travailleurs” en raison de son contenu jugé “régressif et répressif” à la fois a été curieusement “oublié” par le dernier congrès de l’UGTA mais aussi par certains syndicats autonomes dont les mouvements de protestation qu’ils ont menés, ces derniers temps, se sont limités aux seules revendications salariales.

Seul le FCE continue d’évoquer dans ses multiples sorties cet avant-projet, obligeant même le ministre du Travail et de la Sécurité sociale à créer une commission mixte entre son département et le Forum des chefs d’entreprise pour “l’élaboration du futur code du travail qui doit être adapté aux évolutions du marché du travail et à l’émergence de nouvelles technologies” comme l’a expliqué le président du FCE, M. Haddad. En clair, les patrons revendiquent plus de flexibilité alors que les syndicats demandent plus de sécurité de l’emploi.

Entre les deux, le gouvernement, par le biais du ministre du Travail, tente de rassurer que “les acquis ne seront pas touchés”.

Des propos qui ne tranquillisent pas pour autant les syndicalistes de la base qui brandissent les chiffres de cette “flexibilité” déjà en cours depuis des années et qui n’a rien changé à la compétitivité des entreprises. En effet, selon les statistiques de l’ONS, plus de 30% seulement de salariés occupent des postes permanents dont plus de 20% concernent la Fonction publique. Un argument de taille que les syndicats tentent de mettre en avant pour battre en brèche “les requêtes” du patronat tout en exigeant plutôt “la sécurité de l’emploi” déjà malmenée, notamment dans le secteur économique où le degré de précarité a atteint un seuil intolérable, selon de nombreux syndicalistes.

Bien qu’il existe une disposition (article 12) dans la loi 90-11 qui limite, comme en France ou au Maroc, les CDD (contrat de travail à durée déterminée) à certaines tâches de travail à caractère temporaire, la plupart des entreprises continuent à recourir à ce type de contrat sans se soucier de la loi.

“Que dire alors, si le nouveau code du travail supprime cette barrière?” s’interroge M. Messaoudi. Pourtant, c’est ce que l’avant-projet, dont nous détenons une copie, prévoit dans ses dispositions d’où l’inquiétude des travailleurs et de leurs représentants.

“Jamais et dans aucun pays au monde, une réforme de la législation du travail n’a introduit autant de remises en cause simultanées comme le fait cet avant-projet”, explique, pour sa part, Nouredine Bouderba, spécialiste des relations de travail et ancien cadre de la FNTPG-UGTA.

Les syndicalistes de la zone industrielle de Rouiba, dans un communiqué diffusé, au lendemain de la sortie du nouveau projet, avaient qualifié le document de “guide de l’employeur” en raison, disaient-ils, “des atteintes graves qu’il porte aux droits fondamentaux des travailleurs et au droit syndical”.

En plus des restrictions sur le droit de grève, sur la précarité de l’emploi, sur la compression d’effectifs, ces mêmes syndicalistes s’insurgeaient sur “les pouvoirs exagérés et presque sans limites donnés à l’employeur, notamment dans le domaine de la discipline, le recrutement où le CDD est érigé comme une règle au nom de la flexibilité”.

Pourtant cette “flexibilité” tant galvaudée par les patrons d’entreprise est déjà encadrée par le décret 94-09 du 26 mai 1994 qui permet aux entreprises, traversant des difficultés économiques, à recourir à un plan social comme cela se fait dans les pays voisins et européens.

“Si jamais cet avant-projet de code du travail est promulgué, on va passer du droit du travail protecteur des salariés au droit du travail protecteur du capital où le travailleur sera considéré comme une simple marchandise”, prévient M. Bouderba.

Source: Liberté.com


ASSOCIATIONS / RAJ DAHO DJERBAL ET ADEL ABDERREZAK SIGNALENT QUE LE TEMPS EST VENU DE PASSER DE LA LUTTE SYNDIC ALE À LA LUTTE CITOYENNE

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daho_djerbal.jpg Le collectif Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) a organisé, hier, une conférence-débat ayant pour thème

«Quels défis et quelles perspectives pour les mouvements sociaux en Algérie dans le contexte national et régional ?».

La rencontre a permis à l’historien Daho Djerbal et à l’ancien porte-parole du Conseil national de l’enseignement supérieur (Cnes), Adel Abderrezak, enseignant à l’université actuellement, de croiser leurs regards sur les luttes politiques et sociales dans le pays.

Partant de la commémoration du 35ème anniversaire du printemps berbère, les deux universitaires et intellectuels ont passé en revue l’expérience syndicale en Algérie depuis l’indépendance jusqu’à nos jours.

Une évocation passionnante qui a permis de renouer avec le souvenir et l’héritage des luttes passées menées par les milieux ouvriers, estudiantins, féministes et associatifs depuis plus d’un demi-siècle.

Une rétrospective par ailleurs critique – au sens scientifique du terme – qui a permis aux deux intervenants d’aboutir à la conclusion selon laquelle «il est temps de passer d’une lutte syndicale à une lutte pour la citoyenneté».

Selon eux, les formes de lutte anciennes sont arrivées au stade de dépassement et doivent être réactualisées par les acteurs sociaux et syndicaux, un basculement certes contraint – Daho Djerbal et Adel Abderrezak ont dénoncé le monopole des pouvoirs publics sur l’espace de l’expression en Algérie – mais nécessaire.

«L’activité syndicale reste prisonnière de la lutte salariale et corporatiste», ont-ils relevé, en citant l’exemple «des syndicats de l’éducation nationale», qui, selon eux, partagent les mêmes revendications avec des comportements revendicatifs différents.

Un élément clé qui, selon l’historien Daho Djerbal, explique en grande partie la disparition aujourd’hui de la solidarité ouvrière, en vigueur dans les années 1880 et 1990. «Durant cette période, on avait assisté à une certaine solidarité par défaut entre les syndicats pour contrer le monopole de l’Etat et faire face à la mouvance islamiste qui cherchait coûte que coûte à privilégier la grève insurrectionnelle » comme mode d’action et d’opération dans un contexte sociopolitique de grande crise.

La faillite de l’Etat, hier comme aujourd’hui, a permis l’apparition de nouvelles oligarchies qui détiennent le « monopole de la prise de décision » dans de nombreux secteurs économiques, tels le médicament et jusque dans la création de partis politiques et d’organes de presse.

« Ces oligarchies étouffent la liberté de se syndiquer au sein des entreprises et constituent une vraie menace pour les libertés syndicales en Algérie ». Pour Adel Abderrezak, « les espaces de réflexion critique sont rares, et s’ils existent, le passage à l’action de proximité ne sera pas permis », le pouvoir a d’un côté constitutionnalisé la libre expression, et d’un autre côté, il continue à maintenir la pression sur les organisations de la société civile.

Ces dernières années, le pouvoir a recouru à la création «des organisations clones» afin de barrer le chemin aux mouvements sociaux et de les sortir de cet activisme programmé. Un élément réapproprié pour assommer les mouvements populaires, souvent configurés par la culture et la pratique du mouvement ouvrier des années 80-90.

Pour étayer ses dires, ce dernier évoque les négociations entre les arouch et le gouvernement d’Ouyahia après les évènements tragiques qui ont secoué la Kabylie en 2001. Les raisons de la conjoncture de 2001 sont connues, «c’est la marginalisation, la répression et la torture, qui sont devenues des faits ordinaires qui caractérisent le système », mais « la singularité de cette colère s’inscrit dans la durée ». Ni les représentants du gouvernement ni ceux des arouch « n’ont pu matérialiser » les négociations, donc « on est dans la figuration par l’absence des figures emblématiques capables de mener leur action et d’assumer leur rôle », a-t-il expliqué
.
Pour Daho Djerbal, le pouvoir a fait en sorte que « la transmission de la culture et du savoir des syndicats ouvriers des années 1980 disparaisse de la scène afin de maintenir le monopole de l’Etat avec des pratiques modernes». Selon ce dernier, le pouvoir, qui a constaté cette « maturation du mouvement ouvrier » durant cette période, a fait en sorte que « cette action ne se pérennise pas ».

Pour lui, le meilleur exemple de la lutte citoyenne est celui que mène actuellement la population d’In Salah. « Nous avons assisté ces derniers temps à une mobilisation importante des citoyens dans les localités du Sud » du pays pour défendre la ressource naturelle de la région.

Ce qui fait peur au pouvoir, ce « n’est pas la mobilisation en elle-même, mais le risque de l’apparition des sentiments sécessionnistes », une nouvelle conscience des gens de cette région qui se battent pour défendre leur territoire. Le pouvoir a « laissé faire », il a décidé d’aller vers l’application de l’approche participative, mais sur le terrain, rien. « Il n’y a aucune volonté de son application. »

CONSTANTINE ÉTOUFFÉE PAR 60 ANS D’ÉTAT CENTRAL

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Une monographie sur Constantine qui donne à réfléchir.

El-Watan

le 17 avril 2015

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Il est là, assis, la joue appuyée dans la main gauche, avec aux pieds des babouches disproportionnées. Petit, ridiculement petit. La nouvelle statue de Abdelhamid Ben Badis, place de la Brèche à Constantine, illustre la désinvolture avec laquelle est traitée la culture, pourtant à l’honneur toute l’année dans la capitale de l’Est.

Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre rue Rab’in El Cherif, dans la vieille ville, qui n’arrête pas de s’effondrer par delà la falaise – «l’artère pensante», selon les termes du Constantinois Malek Benabi – où aujourd’hui, l’imprimerie Ben Badis est cachée par un échafaudage hideux, croulant sous le poids de l’abandon.

Cette rue étroite aux pavés gondolés par le temps, dont les bâtisses menacent de tomber en ruine, symbolise une Constantine méconnue, intense foyer d’expressions démocratiques. «Tous les courants politiques s’y sont pourtant exprimés à une époque. On y trouvait des mouvements associatifs dans tous les secteurs et de tous les courants : le culturel, le scoutisme, le syndicalisme, etc.

Mais aussi le café Ben Yamina, où Kateb Yacine croisa Tahar Ben Lounissi, l’excentrique érudit qu’on retrouve dans Nedjma sous les traits de Si Mokhtar ou dans la Poudre d’intelligence comme étant Nuage de Fumée ! Quand Ben Badis boucla son exégèse du Coran, une cérémonie religieuse fut organisée dans la Mosquée verte où il officiait. A ses côtés, il y avait le secrétaire régional du parti communiste algérien, Estroget», rappelle un historien pour souligner le foisonnement intellectuel qui prévalait à l’époque et confortait Constantine dans son statut de capitale. L’est-elle toujours ? Et à quoi se fier pour le dire ?

Matrice

Au nombre d’habitants ? Oui, Constantine est toujours la troisième ville et la troisième wilaya du pays. Le dernier chiffre officiel pour la wilaya – 936 000 habitants – remonte au recensement de 2008 mais de l’avis de l’ONS, il dépasse aujourd’hui le million. Et cela, malgré le découpage administratif de 1974 qui en l’éclatant, la fit passer de la plus grande (elle allait jusqu’à la mer) à la plus petite wilaya. «Le pouvoir central a toujours vu en elle une menace, souligne Abdelmadjid Merdaci, historien et enseignant à l’université de Mentouri.

Déjà avant 1962, où que l’on soit dans l’Est impliquait, à un moment donné, de passer par Constantine. Ce n’était pas seulement un rapport au politique, mais aussi à l’administratif.» Creuset du mouvement national, le Vieux Rocher a toujours été – historiquement – au centre des enjeux, matrice des grands noms de la Révolution, même ceux qui n’en sont pas natifs, comme Mohamed Belouizdad, responsable de la section jeunesse du PPA et porteur du projet de l’OS, qui a séjourné dans la clandestinité pendant trois ans à Constantine. Sur le groupe des «22», 16 étaient de la ville ou de sa région.

Ses grands lycées, les formations de scoutisme ou les associations culturelles donneront naissance à une génération de militants nationalistes très actifs, que l’on retrouve au plus haut de l’organigramme de l’ALN-FLN ensuite. Même après l’indépendance, sous le règne des clans militaro-civils du BTS (Batna-Tébéssa-Souk Ahras), Constantine est restée un point de rencontre des pontes et des apparatchiks, des vieux loups du FLN et des jeunes bureaucrates.

Elle a pu garder, eu égard à son label de foyer citadin et rayonnant et à la «fidélité» de ses illustres enfants, son importance stratégique : c’est la ville, natale ou d’adoption, des Sellal, Betchine, Hamrouche, Bitat, Messadia, Ziari, Benhamouda, Benflis, Guidoum… mais aussi celle de généraux comme l’actuel chef des forces terrestres, Ahcène Taffer, ou les ex-patrons de la Sécurité militaire, Lakehal Ayat et Mohamed Betchine, entre autres. Mais depuis plus d’une décennie et avec le rétrécissement des pôles de décision au profit du cercle présidentiel, l’activisme politique, clandestin autour de verres tardifs ou publics, a été presque réduit à néant. Le FLN, le DRS, les ministères, les faiseurs de postes importants et les intrigants se sont tous repliés sur Alger pour la proximité avec les centres de prise de décision.

Révolution industrielle

Notamment économique. «Sur ce plan, la situation n’est pas brillante, reconnaît Abderrezak Adel, enseignant en économie à l’université de Khenchela et consultant au Centre national d’études et d’analyses pour la population et le développement. La ville a toujours été un lieu de pouvoir plus qu’une métropole productrice.» Des complexes industriels des années 1970, désintégrés à la faveur du Plan d’ajustement structurel à partir de la moitié des années 1990, il ne reste que l’outil de production et de la matière grise. Le démantèlement et la compression des effectifs ont ramené le nombre d’employés de la zone industrielle de Aïn Smara de 7000 à 2000. «La population ouvrière s’est, quant à elle, retrouvée dans le commerce et l’informel, à la marge de l’économie, contrainte à de petits boulots pour s’en sortir», poursuit l’économiste.

À la faveur d’une nouvelle dynamique impulsée par le géant pharmaceutique public Saïdal et dans son sillon, de plusieurs investisseurs privés, Constantine pourrait (re)devenir un pôle du médicament. «Un pôle qui s’est formé naturellement, rappelle Hamid, un commercial du secteur. Car Constantine était déjà dans les années 70/80 un pôle pharmaceutique. Il existait un gisement de compétences et d’anciens responsables qui se sont reconvertis dans le privé.» Et même s’il est vrai que beaucoup font dans l’importation de médicaments, certains exportent comme le laboratoire AAHP (Algerian Animal Health Product). Par ailleurs, si le plan de relance industrielle promis par le gouvernement se concrétise, plusieurs projets pourraient redonner vie au bassin industriel de la région, en partie soutenu par l’armée.

À Aïn Smara et à Oued H’mimim, la direction des fabrications militaires, qui dépend du ministère de la Défense, a relancé les usines mécaniques moribondes de l’ère Boumediène, réhabilitées grâce à un apport de technologies allemandes. Les deux usines, une de montage de blindés Fuch 2 et l’autre de fabrication de moteurs, sont le fruit de deux joint-ventures algéro-allemandes et ont déjà permis la création de milliers d’emplois. La zone industrielle de Aïn Smara est également en train de vivre une véritable révolution industrielle. «De nombreux groupes industriels profitent de l’essor des travaux publics et de l’agriculture pour y implanter leurs usines.

Liebherr, qui est partenaire de l’Entreprise nationale des matériels de travaux publics (ENMTP), fabrique depuis deux ans des engins lourds, précise un responsable de la ville. Même chose pour le géant américain Massey Ferguson, qui a installé ses lignes de montage dans les ateliers de la mythique PMA, qui sort, enfin, de ses modèles de tracteurs verts et oranges.»Les conséquences des choix politiques faits pour Constantine ont aussi pesé sur la société. En particulier sur le peuplement de la ville nouvelle, Ali Medjeli. «On sait qu’elle avait été prévue pour recevoir le trop-plein de la ville-mère», écrit Marc Côte, géographe, ex-enseignant à l’université de Constantine et auteur de Constantine, cité antique et ville nouvelle.

«Mais les circonstances ont fait que ce glissement s’est opéré de façon très particulière.» Selon lui, depuis cinq décennies, la ville souffre de «La taudification de la vieille ville» suite au remplacement des anciens propriétaires par des locataires ruraux n’accordant pas le même souci de l’entretien aux constructions. «Et chaque fois qu’une bâtisse s’écroule et menace de faire écrouler la bâtisse voisine, il y a nécessité pour les pouvoirs publics de reloger les habitants.» Elle souffre aussi de «l’existence de bidonvilles» qui, à partir des années 2000, ont fait l’objet d’une programme d’éradication. «Prises par l’urgence –entre 2000 et 2004, les glissements de terrain se sont fait de plus en plus nombreux – les autorités n’ont vu d’autre solution que le transfert rapide et massif des sinistrés vers le site nouveau.» Mourad, 44 ans, se souvient : «L’arrivée de Abdelmalek Boudiaf comme wali en 2005 a accéléré les choses.

Le programme de logement social a été remplacé par un programme de résorption de l’habitat précaire. Ce sont les habitants des bidonvilles qui ont peuplé la nouvelle ville Ali Medjili. Les Constantinois de ma génération, qui ont la quarantaine aujourd’hui, sont partis à Alger. Surtout les femmes qui, si elles veulent vivre émancipées, ne peuvent pas rester ici. La classe moyenne, aussi, fait tout pour envoyer ses enfants à l’étranger.» La qualité de vie, un vrai problème pour les Constantinois. Kamel, commerçant du centre-ville se désole : «Au quotidien, on déteste cette ville. Tout y est compliqué. A Alger, Oran ou Annaba, il est possible d’avoir une ‘’petite qualité de vie’’. Mais pas à Constantine.

La ville fait partie «du reste du pays».» Un cadre du secteur privé renchérit : «Depuis combien de temps il n’y a pas eu de distribution de logements sociaux à Constantine ? A la télé, on nous parle des milliers d’affectations de ces logements à Alger, et ici, rien. Les gens sont sur les nerfs, c’est une bombe à retardement.» Un constat bien sombre que l’historien Abdelmadjid Merdaci nuance toutefois : «Le mouvement de la société elle-même, dont on peut avoir l’impression qu’elle est contrainte par les pouvoirs publics, en profondeur, poursuit ses mutations.

En d’autres termes, la migration des élites citadines hors de la ville s’est accompagnée d’une migration vers Constantine qui, depuis toujours, garde son attractivité. Autrement dit, ce sont les acteurs sociaux qui ont aussi contribué à changer le visage de la ville.» Ce dont a beaucoup souffert la ville, à en croire un commerçant, c’est du manque de cohérence dans la gestion locale : «A chaque fois qu’un wali part, sur décision d’Alger, ses projets sont abandonnés. Mais Alger et les cadres qu’elles parachutent ici n’ont aucune idée des potentialités de la ville ou de ses vrais handicaps.» Pour la petite histoire, le nouveau Zénith sera géré par… l’ONCI à partir d’Alger.

Un journaliste relève : «C’est cette gestion par en haut, au mépris de la société civile constantinoise, de l’université et des élites locales, qui produit des politiques catastrophiques qui ont fait de Constantine une bourgade à l’urbanisme chaotique et à l’identité bafouée. De plus, le wali concentre tous les pouvoirs. On a une APC et une APW très faibles, dont les élus de la majorité FLN ont été pour la plupart parachutés à leur tour par leur appareil, qui n’ont ni ancrage populaire, ni connaissance de la ville, ni encore moins la volonté de peser dans les affaires publiques.» Hocine Ouadah (voire encadré), qui prend très à cœur l’organisation de «Constantine, capitale de la culture arabe 2015», dont dépend clairement sa carrière, en est un bon exemple.

Bien sûr – et ce point fait l’unanimité – toutes les nouvelles infrastructures réalisées pour l’occasion participeront à tirer la ville vers le haut. «Constantine n’a pas eu d’équipement culturel depuis 1962 !» rappelle un universitaire qui souligne malicieusement : «le problème, ce n’est pas le retard dans les travaux mais le retard que la société a pris sur ces équipements, qui du coup, ne sont pas consensuels. Et puis, on peut se demander qui va les faire vivre au bénéfice de la société ?

Est-ce qu’on laissera les acteurs culturels s’y investir ?» Il y a huit ans, les artistes avaient vu dans l’ouverture d’un théâtre de plein air sur la route de Zouaghi un espace de libre expression. A tort. Après quelques spectacles, il a rapidement été fermé, officiellement, pour des raisons administratives. Il faut dire que la culture officielle pèse très lourd sur la créativité. «Les apparatchiks de la culture ont non seulement fait prendre beaucoup de retard à tous les projets, mais ils ont aussi bloqué les initiatives, témoigne un spécialiste de la scène culturelle constantinoise.

La plupart des directeurs de la culture sont issus de l’Union des écrivains, ex-organisation de masse, regroupant des écrivains organiques, des courtisans du régime.» Ils peuvent s’en défendre mais les preuves sont là. Aucune salle de cinéma n’a été réhabilitée et alors que la plupart des cinémathèques ont rouvert dans le pays, celle de Constantine reste fermée. Ils ont aussi imposé un dogme, celui du malouf, contre lequel essaie de se débattre la jeune scène musicale. Pour l’anecdote, parmi les personnalités choisies pour accueillir hier Abdelmalek Sellal à l’aéroport, figurait…

Mohamed-Tahar Fergani. «J’ai dû faire une cinquantaine de scènes dans ma carrière, je n’ai pu fouler les planches que trois fois dans ma vie à Constantine. Et encore, ça c’est fini par une extinction prématurée de notre sono, commanditée par le directeur du centre culturel», nous raconte Redouan, vieux briscard du rap, qui n’en revient pas de ne pouvoir s’exprimer librement dans sa ville. «J’ai eu la chance d’avoir fait le premier concert rap à Laghouat en 2004, 2000 jeunes y ont assisté !

Il y a de la place pour tout le monde, tous les styles dans ce pays, pour peu qu’on laisse les jeunes créer, innover et accéder aux espaces culturels fermés ou à l’abandon», ajoute-t-il. Autre exemple de blocage culturel, le festival international de jazz, DimaJazz, né il y a douze ans d’une initiative privée d’acteurs à la marge de la culture institutionnelle. Bien qu’officialisée il y a plusieurs années, la manifestation peine à trouver les budgets et les espaces pour organiser ses concerts.

La précédente édition a eu lieu sous un chapiteau, à défaut du théâtre… fermé pour travaux. Mais dans la culture comme dans l’économie, le potentiel existe. Une constellation de jeunes artistes – musiciens, graphistes, danseurs – se bat depuis une quinzaine d’années pour exister en dehors de la culture officielle et organiser des concerts et des spectacles dans toute la wilaya. Elle est même parvenue à exporter des talents à l’étranger comme Nabil, le rappeur, qui fait fureur à Marseille.

Ahcène Nefla, architecte, pose le problème de manière plus globale. «On ne peut pas parler de société civile comme est en train de le faire le wali. La société civile, ce n’est pas celle que tu ramènes pour qu’elle te dise «oui». Elle doit fonctionner en dehors de l’Etat.» A l’échelle micro, on trouve des initiatives, mal ou non médiatisées. A l’exemple des promenades de sensibilisation à la nature organisées par le Club de randonnée Constantine ; du théâtre pour enfants lancé par les associations Belliri ou Masra Hellil ; Ou encore des rencontres scientifiques mijotées dans l’enceinte de l’université.

Djamel Mimouni, professeur de physique à l’université Mentouri et président de l’association Sirius, organise cette année… son 14e festival d’astronomie et bouclera le 25 avril le 7e concours Cirta avec les lycéens. Il ne se fait pas trop d’illusion sur l’élite en devenir à Constantine. «Ce qu’on a perdu en dix ans, on ne pourra pas le remplacer avec cette génération même si nous avons d’excellents éléments.

On a perdu la sève de l’université, les meilleurs enseignants et les meilleurs chercheurs et tous nos bons étudiants partent faire leur doctorat à l’étranger.» Mais entre deux cours et trois colloques, assis dans son bureau tapissé d’affiches colorées sur toutes les rencontres d’astronomie auxquelles il a participées, il réfléchit à son «rôle de médiateur de la culture scientifique». Et pour mieux servir cette culture, l’association avec les pouvoirs publics n’est pas honteuse. En mars dernier, le commissariat de Constantine capitale culturelle arabe a financé une opération autour de l’éclipse solaire partielle. «Des centaines de personnes sont venues sur la place de la Brèche pour l’observer.

Les conditions météo n’étaient pas bonnes mais via internet, nous l’avons retransmise sur un écran géant.» La morale de l’histoire ? Tant que cette société civile ne se positionne pas en contre-pouvoir, aussi minime soit-il, elle peut bénéficier de l’aide et de l’écoute des autorités. Mais le pouvoir voit dans la pluralité une menace, héritage non soldé des crispations du Mouvement national. Ce n’est pas une problématique propre à Constantine. Tamanrasset, Oran ou d’autres villes et wilayas sont à la même enseigne. A ceci près que Constantine, capitale millénaire et centre de rayonnement pendant des siècles, s’accommode mal de la gestion jacobine d’Alger.

Adlène Meddi, Mélanie Matarese, Akram Kharief


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photo T. Egnor


GRÈVE DES ÉTUDIANTS DE L’ÉCOLE SUPÉRIEURE DES BEAUX-ARTS: L’HYMNE INFIJ’ART EST NÉ (VIDÉO)

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Quand, après In Salah et tant d’autres foyers d’espoir, une nouvelle jeunesse algérienne s’éveille

HuffPost Algérie
Le 5 avril 2015

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InfidjArt, El bozariste.(video clip)
Mouvement De Protestation « InfidjArt » Des Etudiants Des Beaux-Arts D’Alger

La lassitude ne gagne pas les grévistes de l’école supérieure des Beaux-Arts d’Alger (ESBA). Leur débrayage entame, aujourd’hui, sa quatrième semaine mais leur volonté de poursuivre leur contestation jusqu’à satisfaction complète de leurs revendications ne s’est pas affaiblie.

Leur obstination n’a d’égale que leur créativité. Il ne se passe pas une semaine sans qu’ils ne mettent en avant un produit artistique qui symbolise leur contestation et leur ras-le-bol d’une situation qu’ils estiment avoir trop durée.

Hier, ils ont réalisé une nouvelle œuvre artistique qui résume leur combat: El bozariste. La vidéo ci-dessus, que se partagent les internautes depuis hier soir.

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BOUMERDÈS: HOMMAGE À MOHAMED HASSAÏNE, JOURNALISTE ASSASSINÉ PAR LES TERRORISTES

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Un vibrant hommage a été rendu avant-hier au journaliste Mohamed Hassaïne. Une foule nombreuse était présente à cette cérémonie de recueillement à la mémoire de ce patriote républicain enlevé et assassiné par un groupe terroriste le 28 février 1994 à 7h30 devant la maternité du centre-ville de la commune de Larbaâtache, sa ville natale, dans la wilaya de Boumerdès.

Sa femme, les membres de sa famille, les journalistes du club de presse de Boumerdès, les syndicalistes, le P/APC de Larbaâtache, les membres de l’association Manensaouch, les syndicalistes, le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme, Hocine Zehouane, ainsi que de nombreux citoyens ont participé à la cérémonie de recueillement, où une gerbe de fleurs a été déposée sur le lieu de l’enlèvement.

Après la minute de silence à sa mémoire et à toutes les victimes des hordes intégristes, les intervenants ont retracé son combat pour la démocratie et la justice sociale à travers sa plume et ses actions syndicales et militantes au profit des masses laborieuses.

Tout en évoquant son parcours, ils ont insisté sur le devoir de mémoire et que justice soit rendue pour éviter d’autres drames au pays.

21 ans se sont déjà écoulés depuis ce maudit jour où Mohamed Hassaïne a été ravi à l’affection des siens, enlevé par un groupe terroriste. Il était 7h30, ce 28 février 1994, jour de Ramadan. Comme tous les jours, Mohamed venait de sortir de sa maison, lorsqu’il fut abordé par un groupe terroriste qui l’obligea à les suivre. Sa famille n’en savait rien et ce n’est qu’après l’adhan du f’tour que, ne le voyant pas entrer, Nacera, sa femme, commença à s’inquiéter, se doutant qu’un malheur lui soit arrivé. Depuis ce jour, elle n’a plus eu aucune nouvelle de lui. Ses enfants n’ont même pas une tombe où le pleurer et faire leur deuil. Les témoins, par peur ou par lâcheté, n’ont jamais dénoncé ses bourreaux. Mais quelques années après, des témoignages de voisins, mais aussi de repentis ont rapporté que Mohamed Hassaïne a été enlevé par quatre hommes du GIA qui l’attendaient dans un véhicule au coin de la rue. Un repenti avait même précisé que Mohamed a été assassiné dans la nuit du 28 février au 1er mars 1994. Son corps n’a jamais été retrouvé. Il avait 49 ans et laissait derrière lui trois enfants dont l’aîné avait 6 ans et un bébé de 45 jours.

Le disparu était technicien supérieur en agriculture et travaillait au sein de la sous-direction agricole de Khemis El Khechna, relevant de la direction de l’agriculture de la wilaya de Boumerdès. Il partageait les joies et les rêves, mais aussi les cauchemars et les soucis de la petite et moyenne paysannerie. D’ailleurs, tous les humbles de sa localité, auxquels il a voué tout son militantisme, le respectaient et l’aimaient.

Durant plusieurs années, il était le correspondant du journal militant Alger républicain. Ses articles étaient pour l’essentiel consacrés aux problèmes de la paysannerie et aux luttes des travailleurs et des syndicalistes, notamment au niveau de la zone industrielle de Rouiba-Reghaïa.
Il assurait également la couverture des matches de football de l’équipe locale, dont il était un fervent supporter.

Mohamed Hassaïne militait au sein du Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS). Il savait traduire les grands principes politiques en actions simples centrées sur la prise en charge des préoccupations quotidiennes des gens humbles de sa localité.

À cause de ses convictions politiques et de son engagement auprès des « masses laborieuses », comme il aimait le répéter, il se savait menacé par les intégristes depuis 1990, mais ne pouvait se séparer de ses proches. Les menaces se sont amplifiées les derniers mois de sa vie, mais il avait choisi de rester aux côtés de sa femme.

Cette dernière aujourd’hui est toujours marquée par cette disparition brutale. «Tout au long de sa vie, Mohamed a travaillé avec honnêteté, droiture et abnégation. Il a payé de sa personne sa passion du métier et sa solidarité avec les plus démunis et les plus lésés. Il est mort pour ses convictions», confie sa femme.
«Je ne sais pas comment j’ai fait pour réussir à élever mes fils.»
Nacera était fonctionnaire à la wilaya de Boumerdès. Mais elle est contrainte d’abandonner son poste à la suite de diverses pressions. «La société est impitoyable avec les femmes seules qui doivent se débrouiller pour leur famille», dit-elle.

La famille de feu Mohamed Hassaïne n’a ainsi pas eu droit aux indemnités et autres réparations octroyées aux victimes du terrorisme. « Je n’ai eu aucune aide de l’Etat, rarement de la corporation ou d’associations. Tout ce que je demande est qu’on accorde leurs droits à mes enfants. Ils ont vécu sans père. L’Etat devrait au moins leur assurer un toit décent », conclut-elle.
Et 21 ans après, les promesses des responsables relatives à l’attribution d’un logement social à ses enfants n’ont pas été tenues.

Sources: Reporters.dz

LES OUVRIERS DE ROUIBA NE VEULENT PLUS DES PRIVATISATIONS DESTRUCTRICES

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publié par Saoudi Abdelaziz
blog algerieinfos
11 Février 2015

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Meeting à Rouiba avec Mokdad Messaoudi. Photo DR

«Si notre cri n’est pas entendu, nous n’hésiterons pas à investir la rue. Et nous sommes prêts à paralyser toute la zone si nécessaire», a averti hier le secrétaire général de l’union locale de l’UGTA, Mokdad Messaoudi.

Dans la déclaration adopté par les syndicalistes de la zone industrielle de Rouiba réunis hier à l’union locale UGTA, on lit : “Il ne faut pas s’étonner que l’industrie, qui représentait 16% du produit intérieur brut, n’en représente aujourd’hui que 4% parce qu’on s’est acharné à détruire le tissu industriel productif en le remplaçant par des réseaux articulés autour de l’import-export. Une politique qui a fait qu’en 2014, la valeur des importations dépasse le montant global des recettes externes du pays”.

Quelques propos de Mokdad Messaoudi

“Nous ne savons pas qui décide dans ce pays car nous constatons qu’il y a deux discours contradictoires, l’un prône la sauvegarde du secteur public, l’autre affiche un silence obscur sur les menaces qui pèsent sur ce même secteur public »

“Au moment où on demande aux travailleurs de se préparer à se serrer la ceinture, on assiste, ces derniers jours, à une offensive sans précédent des tenants du capital privé qui veulent s’approprier les richesses et les commandes du pays en annonçant, sans aucun démenti des pouvoirs publics ni de la centrale syndicale, que tous les secteurs sont éligibles à la privatisation.”

l’Entreprise nationale de gaz industriels (ENGI), après la privatisation. «À l’époque, l’ENGI exportait même à l’étranger, mais aujourd’hui notre pays importe de Tunisie l’oxygène qu’on utilise dans les hôpitaux. Voilà ce qu’a apporté la privatisation»,

Air Algérie. “Nous sommes solidaires avec notre compagnie aérienne objet d’une campagne de dénigrement orchestrée ces derniers jours pour permettre l’ouverture du secteur au privé, c’est pourquoi nous affirmons que la souveraineté nationale sur l’espace aérien algérien est un gage de sécurité nationale qui ne saurait être sacrifié sur l’autel de l’argent au profit des multinationales.”

Société nationale des véhicules industriels ( SNVI) “Cette entreprise est bloquée depuis 11 mois à cause de la non-application d’une décision du CPE datée du 6/11/2014 qui instruit le ministre des Transports et celui des Finances à lever le blocage de la pièce de rechange entreposée dans le port d’Alger. Nous ne savons pas qui décide réellement dans ce pays. Trouvez-vous normal qu’une décision du CPE datée de novembre dernier demandant au directeur des Douanes l’exonération des pièces importées par la SNVI ne soit pas appliquée à ce jour ?»,

« Nous rappelons que le patronat privé est, depuis plusieurs années, celui qui bénéficie le plus des différentes tripartites avec les facilités financières et fiscales dont il a bénéficié sans aucune retombée réelle sur l’économie nationale ou l’emploi et encore moins le droit du travail ».

« Le code du travail, qui consacre la précarité de l’emploi et dépouille les travailleurs de leurs droits les plus élémentaires, a été passé sous silence lors du dernier congrès de l’UGTA de même pour le 87 bis dont on ne sait pas encore s’il a été abrogé ou redéfini?”.

Source:

Liberté: Les syndicalistes de RouIba sortent de leur silence “Des parties occultes veulent accaparer les richesses du pays”

et [El Watan: Rouiba : La zone industrielle en ébullition
Les travailleurs disent non à la privatisation et dénoncent le silence du gouvernement.
->http://www.elwatan.com/actualite/les-travailleurs-disent-non-a-la-privatisation-et-denoncent-le-silence-du-gouvernement-11-02-2015-287231_109.php]

ALGERIE. SCISSION AU SEIN DES ÉLITES

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blog algerieinfos

11 Février 2015

publié par Saoudi Abdelaziz

« Ce qui est taillé en sens contraire s’assemble ; de ce qui diffère naît la plus belle harmonie, et c’est la discorde qui produit toutes choses »

(Héraclite, 541-480 av. J.- C)

Depuis l’indépendance, jusqu’à ce début de l’année 2015, jamais aucune décision sensible n’a été précédée en Algérie par un débat public sincère. On élabore puis on décide toujours à huis clos, après consultation des gens « habilités ». Le système de décision exclut le débat public. Les secteurs de l’establishment qui ont choisi l’opposition ne veulent pas rompre, jusqu’ici, avec ce système. Leurs exigences se limitent encore à l’introduction de techniques de gouvernance plus efficaces, au service d’un tournant libéral, assorties d’une bonne communication. Ils se portent volontaires auprès de l’ANP pour réussir cette transition et demandent aux militaires et aux services de sécurité de les parrainer pour assurer cette relève.

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Dans le cas de la décision d’utiliser la fracturation hydraulique -prise en concertation avec le lobby pétrolier mondial- Sid Ahmed Ghozali, avec d’autres champions de la « nouvelle gouvernance » approuve la nécessité de fracturer la roche et d’investir en grand dans le schiste [[
Les « qu’en dira-t-on » de Sid-Ahmed Ghozali – publié par Saoudi Abdelaziz – blog algerieinfos – le 10 Février 2015

http://www.algerieinfos-saoudi.com/2015/02/les-qu-en-dira-t-on-de-sid-ahmed-ghozali.html]]. Il met uniquement en cause la maladresse de l’annonce et les erreurs de la communication officielle, sans poser une seule seconde la question de la discussion par le peuple pour vérifier la validité de cette décision.

Car, le peuple n’a pas compétence sur ce sujet. « Les habitants d’In Salah, ceux d’Alger ou d’ailleurs maîtriseraient-ils la chose énergétique au point de connaître les faits et méfaits du gaz de schiste » déclare Sid Ahmed Ghozali.

Membre de l’élite mondialisée, il semble vraiment ignorer que les « habitants » ont sur ce sujet, quotidiennement vital, des convictions ou des intuitions qui plongent dans l’expérience collective séculaire.

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Leur vérité a fait jonction avec une partie de l’intelligensia du sud et du nord qui a accepté d’apporter aux « habitants » ignorants de M. Ghozali les connaissances scientifiques, c’est à dire les arguments dont ils ont besoin pour étayer leur savoir séculaire[[ [EXPERTS ET GAZ DE SCHISTE : LOUIS ALLSTADT CONTRE FRANCIS PERRIN

 publié par Saoudi Abdelaziz – blog algerieinfos-saoudi – le 1 Février 2015

« LE GAZ DE SCHISTE EST PIRE QUE LE CHARBON » – par Jade Lindgaard – MEDIAPART – le 15 avril 2014;->1516]

http://www.algerieinfos-saoudi.com/2014/04/le-gaz-de-schiste-est-pire-que-le-charbon.html]].

C’est dans cette jonction des élites et des « habitants » spoliés par la colonisation qui a déjà fait ses preuves que réside le secret de l’émergence et du succès du mouvement national moderne qui a conduit à l’indépendance.

Nous assistons donc à la scission publique féconde entre les détenteurs de savoirs provoquée par les « habitants ».[[ [voir

ALGER- 11 DÉCEMBRE 2014: SOUTENANCE DE THÈSE: « LE SALAIRE MINIMUM EN ALGÉRIE »

soutenance de la thèse

de Hassiba Cherifi Benhassine

« Le salaire minimum en Algérie »

le jeudi 11 décembre 2014
à 9h30

Université d’Alger3.
faculté des sciences économiques du Caroubier

La thèse intitulée

« Le salaire minimum en Algérie »

écrite par Hassiba Cherifi Benhassine
sous la direction du Professeur Mohamed Yassine FERFERA

sera soutenue devant le jury composé de :

Ahmed Kouidri, Professeur, Université d’Alger3, Président

Mohamed Yacine Ferfera, Professeur, ENSSEA/CREAD, Rapporteur

Zohra Bouras, Professeur, ENA, Examinatrice

Ahmed Hamadouche, Professeur, Université d’Alger3, Examinateur

Fatma Zohra Souak, Professeur,ENSSEA, Examinatrice

Nacer Eddine Hamouda, Directeur de Recherche,CREAD, Examinateur

Résumé

Cette recherche sur « le salaire minimum en Algérie » se propose de répondre aux questions suivantes :

  • Quels sont les troncs théoriques qui ont servi de base à l’élaboration des textes réglementaires internationaux sur le salaire minimum ?
  • Quelles en sont les applications juridiques et économiques sur un pays comme l’Algérie ?
  • Est-ce que le salaire minimum considéré comme un instrument de la politique économique, fixé par voie réglementaire, après concertation avec les partenaires sociaux, permet de répondre aux attentes du chef d’entreprise qui sont la maximisation de ses profits et aux attentes du travailleur, à savoir la recherche de la satisfaction de ses besoins les plus élémentaires ?

L’enquête par questionnaire que nous avons menée auprès d’un échantillon de 32 entreprises et de 140 travailleurs du Club des Entrepreneurs et Industriels de la Mitidja (CEIMI) fait ressortir
d’une part, que le salaire minimum n’est pas responsable de l’augmentation des coûts dans les très petites, petites et moyennes entreprises. Ces dernières rencontrent différents types de problèmes.
D’autre part, le salaire minimum ne permet pas de satisfaire les besoins des travailleurs et ceux de leurs familles. Les responsables de famille des travailleurs payés au salaire minimum ont des difficultés pour satisfaire leurs besoins alimentaires et pour le paiement des différentes charges.

ملخص

حاولنا فى هذا البحث حول « الأجرالأدنى في الجزائر »الإجابة على التساؤلات التالية

ـ ماهر الجذع النظري الذي ساعد في بلورت النصوص القانونية الدولية للأ جرالأدنى ؟

ـ ما مدى التطبيق القانوني والاقتصادي للأجرالأدنى على بلد مثل الجزائر؟

ـ هل الأجر القاعدي الضماني كأداة للسياسة الاقتصادية ،على النحو الذي يحدده القانون بعد التشاور مع الشركاء
الاجتماعيين يسمح بتلبية تطلعات صاحب المشروع وهو تعظيم الربح ومتطلبات العامل وهى تغطية حاجياته الأساسية؟

الاستبيان الذي أجري على عينة من 32 مؤسسة و 140 عاملا لنادي المقاولين و الصناعيين لمنطقة متيجة يبين أن من جهة، سبب زيادة التكاليف في المؤسسات ت الصغرى،الصغيرة والمتوسطة يرجع إلى مشاكل داخلية وخارجية تعاني منها هذه المؤسسات وليس السبب في الأجر الأدنى ومن جهةأخري يجد العمال صعوبة كبيرة لسد حاجياتهم الأساسية ولتغطية الأعباء الأخرى

Mots clés : salaire minimum, pouvoir d’achat, coût salarial, théories des salaires, Budget type.