PARIS – 9 AVRIL- CONFÉRENCE DÉBAT: LE PCF ET LA COLONISATION 1920-1964

Le CERCLE UNIVERSITAIRE D’ÉTUDES MARXISTES

et les ÉDITIONS DELGA

Vous invitent le Jeudi 9 avril

de 17h00 à 19h30

Aux Cordeliers,

15 rue de l’école de médecine 75006

( métro Odéon)

Amphithéâtre Roussy

Le PCF et la colonisation : 1920-1964

par Alain Ruscio

Alain Ruscio est chercheur, docteur d’Etat.

Il est spécialiste de l’histoire coloniale. Il a consacré sa thèse à l’Indochine coloniale et à la phase finale de cette histoire, la guerre dite française d’Indochine (1945-1954).

Il dirige un centre d’information et de documentation sur le Vietnam contemporain.

Plus récemment il a élargi ses travaux vers une histoire comparative des colonies françaises.

Il a coordonné un travail collectif sur : «Histoire de la colonisation : réhabilitations, falsifications et instrumentalisations».

Il est l’auteur de 16 livres, parmi eux :

  • Les communistes français et la guerre d’Indochine 1944-1954, Paris ED. L’Harmattan, 1985.
  • Y A bon les colonies ?: La France sarkozyste face à l’histoire coloniale, à l’identité nationale et à l’immigration, Ed. Le temps des cerises 2011.

Le Cercle Universitaire d’Etudes Marxistes (CUEM) a pour objectif d’organiser des conférences ayant trait à l’actualité du marxisme. Nous le faisons tout au long de l’année universitaire en invitant des conférenciers traitant de sujets historiques et philosophiques et d’actualité d’un point de vue marxiste.

Si vous souhaitez être informés de nos initiatives et pour tout renseignement écrivez nous :

cercle.univ.etud.marxiste@gmail.com,

vous pouvez également consulter notre nouveau site :

www.cuem.info


FRANCOIS BAYROU NE VEUT PAS METTRE LA « LAÏCITÉ DANS L’ASSIETTE DES ENFANTS »

bayrou.png

bayrou.png le 19 mars 2015

par AFP

Le président du MoDem et ancien ministre de l’Éducation François Bayrou a expliqué jeudi sur BFMTV/RMC qu’il ne mettait pas « la laïcité dans l’assiette des enfants » après la décision controversée d’un maire UMP de supprimer le menu de substitution dans les cantines scolaires.

« Je ne mets pas la laïcité dans l’assiette des enfants », a déclaré le président du MoDem. « Excusez-moi de vous dire, il y a eu pendant très longtemps, et il y a encore aujourd’hui des millions de familles en France qui ne voulaient pas manger de viande le vendredi, est-ce que c’était défendre la laïcité que de les obliger, ces catholiques, à manger de la viande le vendredi?« , a-t-il ajouté, rappelant au passage qu’il était l’auteur de la circulaire sur le voile.

Il a aussi glissé que dans sa ville de Pau, il travaillait à ce qu’il y ait « toujours un menu végétarien à la disposition des enfants ». « Cela n’a pas de connotation religieuse », a-t-il ajouté.

« Vous voyez l’état du monde, est-ce que vous croyez que c’est le moment, qu’il est bienvenu d’à nouveau chercher à faire flamber ce type d’affrontement sur les menus des cantines des enfants ou sur les tenues vestimentaires à l’université ? Est-ce que c’est bien le moment ? », a-t-il ajouté.

« Ce qui est en train de se passer, c’est qu’un certain nombre de responsables – Nicolas Sarkozy par exemple – voient sur les thèmes du Front national un contingent, un réservoir de voix, c’est pour des raisons électorales que l’on fait tout cela », a-t-il encore dit.

« Ce sont des raisons électorales, c’est s’imaginer qu’en abordant ces thèmes là on va avoir une fortune électorale meilleure. C’est cela la question », a-t-il insisté.

« Vous ne voyez pas, depuis des mois, sur vos antennes – pas seulement les vôtres, sur les antennes des radios et des télévisions – on ne parle que du Front national et de Marine Le Pen. Mais elle doit se frotter les mains », a-t-il ajouté. « Tous les matins, elle doit se réveiller en disant « Je ne sais pas de quelle manière cela s’est passé mais j’ai vraiment un horoscope sympathique » ».

1er AVRIL 1999 – ROGER HANIN: JE ME DOIS À L’ALGÉRIE

Roger Hanin, empli de fierté et de douleur pour l’Algérie, solidaire et fidèle jusqu’à son dernier souffle à son pays natal, comme le furent Henri Maillot, Pierre Chaulet, Myriam Ben et tant d’autres, unis à leurs compatriotes dans l’amour charnel et moral de leur patrie,

Je me dois à l’Algérie

Roger Hanin

Jeudi, 1 Avril, 1999
L’Humanité
Par Roger Hanin. Acteur

Paris. Il fait nuit. Je suis dans mon bureau. Je pense à l’Algérie. Comme elle me paraît loin. J’ai peur de ne plus pouvoir la retrouver en pensée. Je ne veux forcer ni mon cour ni ma mémoire. Où en suis-je de l’Algérie ? J’écoute cette phrase et j’entends :  » Où en suis-je de ma vie ?  » Même sensation. L’Algérie, comme ma vie, m’a laissé bonheurs, souffrances, frayeurs. Et pourtant, dans le silence de mon bureau, j’ai l’impression, ce soir, que je ne la connais plus et que je n’ai ni droit ni qualité pour en parler. Et si je me taisais tout simplement ? Ah, bien sûr ! Ce serait plus conforme à l’élégance intellectuelle, et l’intelligentsia trouverait cette esquive correcte. Mais, décidément ce soir, je ne suis pas correct !… Je n’ai jamais été correct. Ni intellectuellement correct, ni politiquement correct, ni « algériennement » correct.

J’ai honte de cet affaissement que je ressens pour mon pays. Mon pays… J’ai dit  » mon pays « … Chaque fois que j’évoque l’Algérie, c’est vrai, je dis  » mon pays « . Est-il donc si loin cet Éden blanc de soleil, parfumé d’eucalyptus et de jasmin, orange et rouge et jaune de ses fruits, ses fleurs… Je ne me rappelle donc que cela ?… D’où vient que se télescopent l’horreur, l’OAS, les crimes, les offenses, la haine, le sang, l’exode ? Tout se mélange. Et pourtant, résiste en moi une petite pousse de refus qui s’entête. Je ne peux pas me contenter d’un constat. Même brouillé.

L’Algérie n’aurait donc plus de visage ? Difficile d’admettre l’adieu et de tirer sa révérence. Musique fade sur fond de « Vous ne me devez rien, je ne vous dois rien ». L’Algérie ne me doit rien, mais moi je dois à l’Algérie. Je dois d’y être né, d’un père d’Aïn-Beida, d’un grand-père et de toute une lignée venue de la basse Casbah. Je dois à l’Algérie d’avoir vécu de soleil, d’avoir été nourri de son amour pudique et braillard, excessif et profond, ensemencé des cris de la rue, où j’ai appris la vie, la lutte, la fraternité…

Et voilà que chaque jour, lorsque j’ouvre un journal, je lis :  » Des Algériens ont assassiné lundi quarante Algériens dans le massif de l’Ouarsenis. « Mardi : « Des Algériens ont égorgé à Médéa trente femmes algériennes, dix enfants algériens. » Mercredi : « Des Algériens ont torturé des vieillards algériens, coupés en morceaux des bébés algériens. » Jeudi… J’arrête l’horreur.

Et ces crimes seraient commis au nom de Dieu ?

Je ne crois pas que Dieu veuille ce sang. Le Coran n’a jamais imaginé des scènes aussi déshonorantes, des sacrifices aussi écœurants. Je ne suis pas musulman. J’en arrive à le regretter car aujourd’hui je pourrais parler plus haut, plus fort. Je suis juif et je dois une gratitude éternelle à l’Algérie d’avoir gardé sur sa terre et dans sa chair, des centaines de milliers de Juifs pendant des siècles et des siècles jusqu’à l’arrivée des Français, qui ont trouvé en envahissant le pays une communauté israélite intacte, heureuse et différente.

C’est cela l’Algérie… C’est cela l’islam : le respect, la tolérance, l’amour…

En dehors des analyses intelligentes et généreuses, il faut agir! Aujourd’hui. Il y a urgence! Chaque heure qui passe sonne notre lâcheté. Les chefs religieux de l’islam doivent parler sans craindre de porter l’anathème. Les chefs politiques doivent se déclarer en état de guerre civile car c’est bien de cela qu’il s’agit : il y a en Algérie des hommes et des femmes qui veulent vivre d’une certaine manière et il y a en face d’eux, d’autres hommes et d’autres femmes qui veulent vivre d’une autre manière.

Je forme des vœux pour que le prochain président de la République d’Algérie parvienne à faire vivre ensemble tous les Algériens dans leur patrie, qu’ils ont gagnée dans le courage et la dignité, dans le sang et les larmes, mais où ils ne veulent plus vivre dans les larmes et le sang.

Il ne faut plus que l’Algérie éloigne d’elle, par la terreur qu’elle inspire, ceux qui voudraient lui dire leur amour et leur fidélité. Il faut rendre, de nouveau, l’Algérie fréquentable, en y allant ; prouver que l’Algérie n’est pas un pays de chaos, mais une terre noble qui ne refuse pas la fraternité et appelle le courage partagé.

Je viendrai bientôt.

— 
http://www.humanite.fr/node/204697

ATTENTION ! CHANGEMENT DE LIEU ! NOUVELLE ADRESSE:30 JANVIER- CONFÉRENCE-DÉBAT AVEC FRANÇOIS BURGAT ET ABBAS AROUA

rached_conference.png

|30 JANVIER:
CONFÉRENCE-DÉBAT AVEC
FRANÇOIS BURGAT ET ABBAS AROUA |

Vendredi 30 janvier 2015 de 18h30 à 20H30

ATTENTION! NOUVEAU LIEU:

5, rue Basse des Carmes
75005 PARIS

M° Maubert Mutualité (ligne 10)
(Bus 63 -86- 87)
google maps

rached_conference.png

L’Unité d’Études Politiques du Mouvement Rachad à l’honneur de vous inviter à participer à la conférence-débat

avec François Burgat et Abbas Aroua.

Vendredi 30 janvier 2015 de 18h30 à 20H30

Introduction: Nazim Taleb, Président Rachad-Paris.


François Burgat, politologue, directeur de recherche à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM) à Aix-en-Provence.

« Des crimes du 7 janvier aux fausses réponses du onze : leçons, défis et menaces »


Abbas Aroua, Directeur de la Fondation Cordoue de Genève.

« Aux racines de l’extrémisme violent »

Nous vous remercions de bien vouloir vous inscrire ici: event@rachad.org

(inscription obligatoire, dans la limite des places disponibles)
En espérant que cette conférence suscitera votre intérêt, nous vous prions d’agréer nos cordiales salutations.

Lieu : Centre d’Affaire – La Tour Gallieni 2
36, avenue du Général de Gaulle
93170 Bagnolet

M° Gallieni (terminus ligne 3)

L’équipe d’Event


Rachad est un mouvement politique algérien créé dans le but de contribuer à opérer un changement fondamental en Algérie, de rompre avec les pratiques politiques en cours depuis l’indépendance et de redonner espoir au Peuple algérien.
Rachad entend œuvrer pour l’instauration d’un Etat de droit régi par les principes démocratiques et de bonne gouvernance.Rachad est ouvert à tous les Algériens dans le respect de leurs différences, bannit toute forme d’extrémisme, d’exclusion ou de discrimination et prône la non-violence pour amener le changement.

Le mouvement Rachad est un mouvement algérien fondé et dirigé par un groupe d’algériens, connus pour leur opposition au régime en place et ayant émergé du coup d’Etat du 11 Janvier 1992, que ce soit comme indépendants ou membres d’autres organisations. Après de nombreuses années d’opposition, il est devenu clair pour eux qu’il y avait nécessité de se rassembler, dans le cadre d’un mouvement qui aurait pour effet d’organiser et d’encourager les Algériens qui croient au changement radical dont a besoin l’Algérie, sur la base d’un consensus national et au-delà des clivages idéologiques.
Pour plus d’informations, veuillez consulter le site Internet du Mouvement Rachad : http://rachad.org/fr/faqs

À 80 ANS, LE SOCIOLOGUE SUISSE JEAN ZIEGLER N’A RENIÉ NI MARX NI LE COMMUNISME

ziegler1.jpg

mis en ligne Assawra

le 15 octobre 2014

propos recueillis par Ian Hamel

ziegler1.jpg


Durant l’été 2013, Olivier Bétourné, président des éditions du Seuil, de passage à Genève, dîne avec son ami Jean Ziegler. Contemplant les enseignes des grandes banques, des compagnies d’assurances, des bijouteries de luxe sur les bords du lac Léman, il provoque le sociologue suisse. « Tu as été député, professeur, écrivain, membre du bureau de l’Internationale socialiste, mais finalement, à quoi as-tu servi? »

De cette conversation vient de sortir “Retournez les fusils”, une réédition, totalement remaniée, d’un ouvrage paru trente-cinq ans plus tôt [[Jean Ziegler, “Retournez les fusils! Choisir son camp”, Seuil, 294 pages..]] À 80 ans (il est né en avril 1934 à Thoune, dans le canton de Berne), l’auteur de “La Suisse lave plus blanc” se déclare toujours marxiste, communiste et… croyant.


Pourquoi avoir repris comme autobiographie intellectuelle le titre de l’un de vos livres les moins connus?

« Retournez les fusils » était le slogan des socialistes pacifistes qui se sont réunis clandestinement en septembre 1915 à Zimmerwald, en Suisse, dans une bourgade du canton de Berne. Le manifeste avait été rédigé par Léon Trotski. Il dénonçait la guerre comme une barbarie produite par le capitalisme, les marchands de canons. Y participaient des Français, des Allemands, des Russes, des Suisses, des Polonais, des Britanniques. Le prolétariat devait retourner ses armes contre les capitalismes, pas contre le camarade étranger.

Si le monde change, vous, en revanche, vous refusez de changer. Vous utilisez toujours la langue de bois en évoquant dans votre livre « la dictature mondiale des oligarchies du capital financier globalisé »…

Et comment voulez-vous les appeler? En 2013, les cinq cents plus grandes sociétés transcontinentales du monde se sont approprié 52,8 % du produit mondial brut (c’est-à-dire de toutes des richesses produites en une année sur la planète). Ces multinationales échappent à tout contrôle, notamment à celui des États. La banque UBS a un chiffre d’affaires qui est cinq fois supérieur au PIB de la Suisse. Ces capitalistes font aujourd’hui un maximum de profits en spéculant sur les aliments de base comme le riz, le maïs, le blé. Les prix explosent, et toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Aujourd’hui plus que jamais, il faut retourner les fusils.

Que proposez-vous? D’aller flinguer son banquier?

Je ne suis pas un idéaliste irresponsable. Je dis que face à ce monde cannibale, les démocraties ne doivent pas rester indolentes.

Mon livre est un livre d’espoir: des citoyens ordinaires, des mères de famille, des collégiens sont allés manifester devant les magasins de vêtements, de chaussures de sport, pour imposer aux grandes marques comme Benetton, Nike, Adidas de moins maltraiter les malheureuses ouvrières du Bangladesh, après l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza à Dacca, qui a fait plus de 1 300 morts.

Leur requête : « Pas de sang sur mes vêtements. » Ces grands groupes, qui tiennent à leur réputation, ont partiellement cédé sur les salaires minimums, l’hygiène, le droit de se syndiquer. C’est cela que j’appelle Retournez les fusils!

N’êtes-vous pas le dernier communiste, malgré tous les crimes commis en son nom?

Je reste marxiste et communiste. L’idéal communiste n’a été incarné que dans la Commune de Paris. Le communisme est non encore advenu, c’est une utopie. C’est vrai, je me suis souvent lourdement trompé. Je le reconnais. Mais pour citer Jean Jaurès: « La route est bordée de cadavres, mais elle mène à la justice. »

Vous êtes marxiste et chrétien?

Je crois en Dieu, mais je suis pour la dissolution du Vatican, cette cour médiévale ridicule, vraie insulte aux Évangiles.

Vous avez été député socialiste au Conseil national (Assemblée nationale) en Suisse. Vous avez longtemps appartenu au bureau de l’Internationale socialiste. Quel regard portez-vous sur les socialistes, notamment français?

Je n’imaginais même pas que l’Internationale socialiste et le PS français pouvaient sombrer dans une telle déchéance!

Le grand projet du quinquennat de François Hollande, c’est le pacte de responsabilité, qui va permettre aux détenteurs du capital d’augmenter leurs dividendes et de licencier sans problème!

Parti et socialiste sont devenus des gros mots pour les classes travailleuses.

Quant à François Hollande, c’est un pâle rejeton de Guy Mollet… Il est comme le lapin devant le serpent, tétanisé face aux banquiers.

Allez-vous célébrer le centenaire de la conférence de Zimmerwald?

Bien évidemment. Je suis vice-président du comité préparatoire de cette commémoration.


Deux adresses pour vous inscrire à « Assawra »,

la liste de diffusion du Mouvement démocratique arabe:

1 – Assawra3-subscribe@yahoogroupes.fr

ou

2 – as-sawra+subscribe@googlegroups.com



SEPTEMBRE 2014 LECTURES & LIVRES SIGNALÉS AU SITE SOCIALGERIE


“L’amant de la langue – Pour la mémoire vivante de Nour”Pour Samia- texte de Azeddine Lateb;


ICI ET MAINTENANT – APRÈS L’EXÉCUTION D’HERVÉ GOURDELMALIKA RAHAL – TEXTURES DU TEMPS – le 25 septembre 2014;


[ À PARAÎTRE LE 2 OCTOBRE 2014: « LA GUERRE D’ALGÉRIE. LES MOTS POUR LA DIRE » – LES MOTS POUR LA DIRE, LA GUERRE D’ALGÉRIE
Messoud BENYOUCEF – blog braniya blogspot – chiricahua – le 20 septembre 2014;->#1]


“L’EXIL FÉCOND”par Belkacem Ahcene-Djaballah – Le Quotidien d’Oran – l’Actualité Autrement Vu » – 28 septembre 2014:

  • [« Les dernières vendanges »roman (et autres récits) de Mouloud Achour – Casbah Editions;

     >#33]

L’amant de la langue
Pour la mémoire vivante de Nour
Pour Samia

Nour.
Lumière de la langue; versets qui soulèvent le jour de la Nuit. La nuit
c’est quand l’attente assiège tassa*. Tassa, c’est l’indicible langage
de la mère. La longue attente. L’Attente. La mort.
Nour, c’est la lettre écrite dans la langue de la lumière: Lumière.
Tafat*, poème. Amant de la langue de la langue, Livre sacré de la Mère.
Le Livre des livres. La Mère renaissante dans le sourire des enfances?
ininterrompues.
Il était ainsi mon frère. Il souriait, il parlait la langue de la Mère.
Awal* surgi de la terre, Akal*. Ameslay* bercé par la Mère, la Terre.
Goutte de miel dans la bouche des enfants.
Il était ainsi mon frère, il berçait les mots, les lettres. Ils sont
fragiles, les mots. Il les protégeait de la nuit de la langue.
Le sommeil est la patrie des Ogres. Il pétrissait les lettres comme
l’argile. Oulman* filés en quenouille, le geste vivant de la mère qui
file la laine.
Azetta*. C’est l’écriture sainte de la Mère. Ses mains, sa craie, geste
qui souffle la vie à la vie. Sein tendu à l’enfance. Aux enfances.
Dans le langage de la tribu, abernous*, c’est le langage sacré de la
laine. Oulman. Aman*. La vie qui conjugue la vie à la vie.
Il était ainsi mon frère,
Amastan*.
Il était ainsi mon frère.
Il est le digne fils de la parole. Parole de la parole. Amant de la
langue.
Les faux-frères ne parlent pas la langue de la terre, de la mère.
Matricide.
La démagogie est l’idéologie des Ogres.
Tagmatt* , balbutiement du langage du feu; fatiguée, vidé par les faux
frères.
La Mère blessée.
Les frères, c’est la vie qui conjugue la vie à la vie; mains qui
fatiguent le malheur, la mort de la Mère.
Les frères, mains qui pansent les blessures de la Mère. Craie blanche,
lait de la Mère. Vie dans le geste d’écrire la Mère. La mère c’est la
vie qui conjugue la vie à la vie.
Les faux-frères c’est le sang de la Mère, brebis sacrifiée pour honorer
la divinité noire. Ogresse de l’ogresse. Wayzen*.
Ils sont ainsi les faux frères, ils n’ont plus le goût des mots. Ils
massacrent les mots, les êtres. Ils sacrifient la langue sacrée de la
Mère pour ne plus parler la vie; ne plus faire entendre la chanson
renaissante des sources.

Les faux-frères, les fausses-sœurs, le faux-pays:
La fausse couche du Pays.

Il est ainsi mon frère,
sourire dans le futur.
Le futur c’est la mémoire de l’enfance.
Azekka*, demain, c’est ce qui prolonge la vie, la parole. C’est ce qui tire la langue de la mère de la mort, Azekka, tombe.
Il était ainsi mon frère,
amant de la langue.

Azeddine Lateb

Notes :

Tassa : foie, siège de la tendresse et de l’affection maternelle.

Tafat : lumière.

Awal : parole.

Akal : terre.

Ameslay : mot.

Oulman : laine.

Azetta : métier à tisser.

Abernous : burnous.

Aman : eau.

Amastan : protecteur, défenseur.

Tagmatt : fraternité.

Wayzen : Ogre.

Azekk : demain.

Aẓekka : tombe.

haut de page


LES MOTS POUR LA DIRE, LA GUERRE D’ALGÉRIE

blog braniya blogspot – chiricahua

le 20 septembre 2014

sous la direction de CATHERINE BRUN,

à paraître aux éditions du CNRS,

le 02 octobre 2014.

pour lire la présentation du livre: 4ème de couverture et sommaire, cliquer ici (…)

haut de page


pdf-3.jpg

[

APRÈS L’EXÉCUTION D’HERVÉ GOURDEL

ICI ET MAINTENANT

Textures du temps

Malika RAHAL

le 15 septembre 2014

->http://texturesdutemps.hypotheses.org/1241]

Un randonneur, guide de montagne, Hervé Gourdel, a été kidnappé, puis décapité, par un groupe armé qui se revendique désormais d’un Da‘ech de cauchemar. Son enlèvement a eu lieu au dessus de la forêt des Aït Ouavane, sous la ligne de crête, à proximité du Parc national du Djurdjura, lieu d’une étrange compétition entre le tourisme et la violence depuis les années 1930.

L’annonce de son enlèvement m’a rappelé une randonnée en montagne, dans ce même parc autour de la station touristique de Tikjda, sous les cèdres et les pins noirs de l’Atlas en 2011. Il y avait à l’époque quelque chose d’un peu osé dans cette promenade, la sensation d’être un brin aventureux, car pour beaucoup de ceux qui avait connu le parc national avant la guerre civile, l’appréhension était encore trop grande. On parlait de groupuscules terroristes encore actifs en Kabylie, et d’enlèvements crapuleux. Le weekend, quelques familles montaient à la station pour l’après-midi, mais par peur ne s’en éloignaient guère créant une zone d’étrange surpopulation au milieu des chalets ; elles se pressaient de redescendre avant la nuit. À dix pas de là, la forêt était tranquille.

L’ami qui guidait cette découverte connaissait parfaitement les lieux, et nous sommes restés dans des zones sûres. Mais il se souvenait très bien, quelques années auparavant alors qu’il randonnait sous les arbres, d’avoir trouvé un terroriste dormant roulé dans son sac de couchage, son arme à ses côtés ; il s’était alors esquivé sans bruit. Il se souvenait aussi, durant la Décennie noire que le parc avait été entièrement fermé aux touristes. Pour la randonnée, il avait fallu se rabattre sur un autre massif, mais là aussi les possibilités de marcher se réduisaient comme peau de chagrin. Le terrorisme avait cette façon de limiter l’espace des gens, de leur interdire progressivement des lieux qui étaient les leurs, lieux de vie ou de plaisir, lieux d’activités collectives et de travail.

Mais en 2011, les alentours de la station étaient sûrs, et nous avons marché sans crainte.

Parc national du Djurdjura, mai 2012 ©Malika Rahal

Les traces des guerres d’avant étaient partout au milieu d’un paysage féérique: fioles d’eau de vie des rations de l’armée française dans les sous-bois, qui témoignaient de l’intensité de la présence militaire durant la guerre d’indépendance ; et plus frappantes, parce que fréquentes, ces boîtes de conserves de l’ANP, l’Armée nationale populaire, dont les dates de péremption témoignaient qu’elles dataient toutes de la Décennie noire, de la guerre civile des années 1990 et que l’on trouvait presque à chaque pas.

Tikjda a été un lieu de tourisme et de randonnée prisé à partir des années 1930, durant la colonisation française. Les Européen s’y rendaient pour faire du ski ou de la randonnée, et des chalets se sont construits. Les traces du local du Club Alpin Français sont encore visibles entre les arbres. Alentours, les forêts domaniales de cèdres et de pins avaient été constituées à partir de terres spoliées au 19e siècle. Les paysans luttèrent pied à pied contre l’administration, des années durant pour conserver leurs terres, les archives nationales en révèlent les traces[[Notamment dans la forêt des Azerou ; le conflit pour la terre du douar de Tighrempt (commune mixte de Maillot) par exemple a duré au moins jusqu’en 1938, plus de dix ans après l’arrêté de 1927 portant création du parc naturel du Djurdjura.]]. L’administration française expropriait encore à tour de bras dans les années 1930 pour constituer le parc naturel du Djurdjura, puis pour créer la station estivale de Tikjda dans les années 1950. Ici comme ailleurs, les paysans spoliés ont dû rêver en 1962 que la révolution leur rendrait leurs terres. Mais aucun État sérieux ne rend jamais la forêt domaniale, symbole de souveraineté, quand bien même il est révolutionnaire.

Détail d’un acte de propriété remis à l’administration pour empêcher (en vain) le séquestre d’une terre forestière du Bou Djurdjura, Archives nationales d’Algérie ©Malika Rahal

Contrairement à la rhétorique de 1962 « année zéro », la continuité de l’État a donc prévalu, et les forêts propriétés de l’État français sont passées aux mains de l’État algérien tout frais émoulu de la révolution. Le premier parc national algérien y a été créé en 1983, aboutissement du développement du tourisme national à l’époque du président Houari Boumediene. Un Autrichien, Winfried Müller, alias Si Mustapha Müller, ancien combattant de l’ALN est connu pour avoir été l’artisan du parc, et le premier promoteur de la défense de l’environnement. À lui seul, Mustapha Müller mériterait un ouvrage. On raconte qu’il avait fui un camp de concentration en Autriche durant la Seconde Guerre mondiale ; qu’il avait rallié le Front de l’est et les forces soviétiques, que durant la guerre de libération il avait rencontré des représentants du FLN et avait rejoint l’ALN. On raconte aussi qu’il était proche de Boumediene, et que leurs liens remontaient à la guerre. La plupart des gardes forestiers du parc ont été formés par lui.

Parce qu’elle est à seulement 150 km d’Alger, Tikjda est très présente dans les souvenirs des habitants de la capitale. Pour bien des gens, elle est synonyme de vacances en famille, à l’époque où l’on faisait du camping sauvage, quand les groupes de jeunesse organisaient des camps de vacances. On entend régulièrement dans ces souvenirs la découverte et l’appropriation d’un territoire désormais national, de ses plages, montagnes, forêts et désert, dans les années qui suivent l’indépendance, en même temps que l’émergence d’une classe moyenne, même modeste, susceptible de profiter des installations hôtelières nouvelles construites durant la période Boumediene.

Parc national du Djurdjura, mai 2011 ©Malika Rahal

Durant la Décennie noire, le parc, la forêt, la haute montagne représentaient le rough terrain, le terrain hostile idéal pour mener une guérilla. Au cœur de la station, l’hôtel fut occupé par un groupe armé d’une poignée d’hommes. La stratégie de reconquête par l’armée est difficile à établir, même si les traces d’une présence militaire intense sont partout. L’armée, dit-on, aurait échoué à déloger les terroristes de la station et aurait finalement joué des rivalités locales pour reprendre le dessus ; des pans entiers de la forêt auraient été détruits pour ôter toute protection aux groupes armées ; un vaste incendie en 1998 aurait détruit des cèdres centenaires, et pour certains, il se serait agi pour l’armée d’enfumer les terroristes. De fait en 2011, de vastes zones déforestées dans le sud-est du parc étaient visibles, les arbres coupés au niveau du sol, étayant l’idée qu’il avait fallu priver les groupes armés de tout refuge. Nul doute en tout cas que la forêt, le sol, les arbres eux-mêmes portent les stigmates de la guerre civile, et qu’ils ont une histoire à raconter et, tels une archive, nous aiderait à comprendre ce qui s’est réellement passé durant ces années[[On ne résiste pas à raconter que depuis quatre ans, un tel projet à été rédigé et proposé à plusieurs institutions finançant la recherche. À leur intérêt, et parfois leur enthousiasme sur le fond, s’est opposée une question lancinante: qu’est-ce que ça nous apprendrait de la guerre et la violence? Pourquoi faire? Qui cela concerne-t-il ? Il faut dire que durant cette période, l’Algérie n’a pas intéressé beaucoup. Nul doute que depuis hier, les mêmes financeront des recherches de court terme, sans terrain désormais trop dangereux, ni travail de fond, pour parer en urgence à la nécessité de savoir.]].

Un témoin algérois m’a raconté le retour en Algérie, dans les années 2000, de sa fille partie à l’étranger durant la guerre alors qu’elle était encore adolescente. La jeune femme avait absolument tenu à voir à Tikdja, lieu de moments heureux de son enfance. Son père l’avait prévenue, tenté de la dissuader : elle serait déçue, la forêt n’était plus ce qu’elle était. Rien n’y a fait, il fallait qu’elle voie. En voiture, sur la route, il a pris le dernier virage avec appréhension, avant de s’arrêter en contrebas pour contempler le parc de loin. À côté de lui, face à la forêt dévastée par la guerre, sa fille n’était que frissons et sanglots. Il n’oublierait jamais ce moment. Le corps de la forêt, lieu du loisir et du plaisir collectif à être ensemble, à se forger entre-soi autour d’un idéal, socialiste peut-être, de modernisation, qui incluait la découverte et la pratique récréative et sportive de l’espace et du territoire fonctionnait comme une métaphore du corps collectif profondément blessé par la guerre civile. Ce qui semble bien avoir freiné le retour des touristes, c’était l’inquiétude sécuritaire, et la difficulté à croire que la région était sûre ; c’était aussi, au moins un temps, la douleur de contempler dans le paysage le miroir des ravages que la guerre avait infligés à ce “nous”.

Parc national du Djurdjura, mai 2011 ©Malika Rahal

Dans les deux dernières années, cependant, j’ai senti durant mes séjours en Algérie, renaître timidement, doucement, le plaisir à être ensemble, à organiser de la vie collective et à la faire connaître. (Il y a bien sûr toujours eu de la vie collective, mais au sortir de la guerre, l’envie et la fierté du collectif était plus difficile à percevoir). Comme si la société sortait enfin de la sortie-de-guerre, de la sidération provoquée par la guerre civile. Et parmi les signes de la fin de la sidération, la multiplication des groupes de randonneurs, qui n’étaient plus désormais composés seulement d’aventuriers-têtes-brûlées, mais aussi de groupes familiaux qui allaient passer un moment agréable durant la weekend, faire du sport, penser à leur bien-être. On s’est passé le numéro de téléphone de l’hôtel de Tikjda, d’abord avec un peu d’incrédulité, puis avec plus de naturel. J’ai vu au café de l’hôtel, encore quasiment vide, de rares clients faire la morale à un serveur nonchalant et approximatif : il fallait être exigeant avec le service, les tasses à café devaient être plus propres ; que diantre, il fallait montrer un peu d’enthousiasme si on voulait que les gens reviennent! Dans cet étrange paternalisme, il y avait un désir perceptible de se sortir du marasme, de l’impossible vie normale, de l’impossible vie commune. Tikjda a été pour moi l’un des baromètres de la vie collective, de la disparition progressive de la crainte, de la renaissance de l’envie d’être ensemble.

Depuis 2012, l’on célèbre quotidiennement le vingtième anniversaire des morts de la guerre civile, et leurs noms s’égrainent. Dimanche dernier, jour où l’on a annoncé l’enlèvement d’Hervé Gourdel, c’était le tour de l’économiste oranais Abderrahmane Fardeheb. Point de commémorations officielles, les lois d’amnistie et de Concorde civile ont rendu difficile l’évocation de la tragédie collective, mais des commémorations informelles, associatives, familiales, individuelles, électroniques qui sont partout, et dénoncent toujours le silence des autorités.

C’est dans cette temporalité là, de lutte pour la commémoration et pour les mots, qu’intervient d’exécution d’Hervé Gourdel, et ses bourreaux le savent bien. C’est aussi dans ce lieu là, où la projection de soi collectivement est si forte, où le rêve d’une Algérie indépendante a pris pour tant de gens des formes si simples et si concrètes qu’elle a été perpétrée. Le geste et la vidéo, destinée à terroriser, réactivent des souvenirs encore trop proches, un traumatisme qui commencent à peine à être mis en mots ; ils interdisent de nouveau des lieux collectifs que l’on se réappropriait avec une lenteur pénible. L’angoisse n’est pas si loin qu’elle ne puisse se réinstaller, les bourreaux le savent. Depuis hier, le temps est suspendu.

Il va nous falloir beaucoup de mots pour ne pas laisser la sidération nous reprendre. Et des promenades en forêt. Il nous faut des promenades en forêt et des randonnées en montagne.

Parc national du Djurdjura, mai 2011 ©Malika Rahal

Forum:

  • de Malika Rahal

    Ce texte a été écrit dans la nuit qui a suivi l’annonce de l’exécution d’Hervé Gourdel et mis en ligne au matin. Depuis, des amis marcheurs m’ont fait quelques remarques.

    La première, c’est que la distance entre Tikdja et le lieu où Hervé Gourdel aurait été kidnappé est de 17 km. Dans le massif, dit l’un d’eux, 17 km c’est un monde. La zone où il a été enlevé était connue comme étant dangereuse depuis longtemps, d’autres zones ne le sont pas du tout. Il ne faut pas tout mélanger.

    Ensuite, ces randonneurs ont au contraire l’impression que les touristes sont revenus en grand nombre, en trop grand nombre, bien plus tôt que ce que je ne dis. Avec une pointe de malice, je m’aperçois que certains ont aimé ces années, entre retour de la sécurité et retour de la foule, quand ils ont pu profiter du paysage dans le luxe d’une certaine solitude.

    Et enfin, l’un d’eux m’a fait reproché de n’avoir pas dit à quel point le lieu était magique. C’est vrai, je n’ai pas insisté, pensant que mes photos en parleraient mieux que moi.
  • Algérie Focus Revue de presse.

    Assassinat d’Hervé Gourdel : « Il va nous falloir beaucoup de mots pour ne pas laisser la sidération nous reprendre » –

Sources: Textures du temps

haut de page


L’exil fécond

par Belkacem Ahcene-Djaballah

le Quotidien d’Oran

L’Actualité Autrement Vue

28 septembre 2014

balcons_mer_du_nord_523735-.jpg

«Les balcons de la mer du Nord»

Roman de Waciny Laredj.

Editions Alpha,

365 pages, 850 dinars,

Alger 2010

(Première parution en arabe en 2002, à Beyrouth, et première parution en français en 2003, à Paris.

Traduit alors par Catherine Charruau avec la collaboration de l’auteur)

Quelle(s) histoire(s) ! D’abord celle d’une femme. Puis d’un pays. Les deux (désespoirs et amours) se confondant. Mais, tous les deux plongés dans une douloureuse tristesse et dans une re-cherche du bonheur et du pays perdus. … Le pays a sombré dans le crime et le sang, dans la chasse de tout ce qui doute ou pense, dans le meurtre de tous ceux qui créent. La re-cherche de la femme aimée, physiquement partie définitivement mais toujours occupant l’esprit et le cœur. Heureusement, il y a l’art, la sculpture, l’expression culturelle… clandestine, et heureusement reconnue … par les autres. L’étranger! Dans les balcons de la mer du Nord. Amsterdam, la paisible, l’équilibrée, chargée d’histoire, antre des belles –lettres et des arts, à la mémoire toute pleine. Le refuge et, peut-être, la nouvelle raison de vivre!

Le héros de Yacine Kateb a eu, pour amour et espoir, Nedjma. Celui de Waciny Laredj a, pour aimée et désespoir Fitna. La prêche est dite ! Les deux sont perdues à jamais, mais il y a, heureusement, des héritières… toujours, hélas, dans l’ailleurs : Clémence (Traduisez Rahma, la fille (?) de Fitna… et de Yacine, conçue il y a bien longtemps), et, surtout, Narjis, l’amour platonique (et seulement épistolaire) de la prime jeunesse. Alors, une voix de la radio… désormais exilée. Des retrouvailles qui réconcilient le héros avec l’amour mais pas avec l’espoir… Peut-être à Los Angeles, la prochaine étape ? Qui sait.

Avis – Superbe traduction d’un mélange extraordinaire de plusieurs récits de vie… avec pour fonds la tragédie nationale ayant poussé à l’exil, et l’amour, seule bouée de sauvetage de l’humain. Il est évident que la lecture en arabe (l’écriture étant bien plus «poétique») apporte bien plus de contentements intellectuels à notre imaginaire «oriental». Mais, comme il ne faut jamais «rater» une œuvre de Waciny Laredj…

Extraits :

«La magie du hasard, c’est qu’il est toujours exceptionnel»(p25),

«Seule l’imagination nous permet de supporter la fatalité de notre mort car elle est notre moyen d’oubli le plus grand«( p 25),

«Notre peuple refuse le moyen terme ; lorsqu’il aime, il se fond en l’autre et lorsqu’il hait, il se détruit avant de détruire l’autre«(p 101),

«Notre grand défaut, c’est que nous nous employons à produire nous-mêmes nos embûches» (p 138),

«Le châtiment le plus cruel que l’on puisse infliger à un homme, c’est l’oubli. La mort est plus clémente» (p 153),

«Ce pays n’a pas de mémoire et il détruit sans hésiter ce qu’il produit de plus beau» (p 016),

«L’amour de la patrie n’est pas comme le patriotisme(…). La patrie est une terre qu’on hume chaque matin et des passions qui renaissent sans cesse de leur mystère (…) .Quant au patriotisme (…), il peut s’autodétruire sans hésiter si l’intérêt l’exige» (p 268),

«L’art répare l’esprit, il donne à l’être la force de vivre» (p 296),

«Le fruit de la tentation, c’était le sein, pas la pomme. Je ne vois pas Adam braver le serpent à cause d’une pomme ou alors c’était un crétin!» (p 332),

«Quand tu aimes, n’aime pas de tout ton être, tu mourrais trahi. Garde pour toi un peu de toi-même pour pouvoir rester debout» (p 366),

«La cancer (…) c’est l’illustration par excellence du sadisme de Dieu. Il te torture et il te déforme avant de t’achever» (p 332).

_____

413JOp5lX4L._AA160_.jpg

«Ecrits d’exil»

Essai et recueil de textes de Ali El Kenz.

Casbah Editions,

494 pages, 900 dinars,

Alger 2009

S’il y a un aspect de la vie de l’auteur qui n’est pas très connu, c’est qu’il a été, dans sa jeunesse, du temps où il était lycéen, recordman d’Algérie du 100 m… ou du 60 m plat. Je ne m’en souviens plus. Il sera donc toujours un sprinter, spécialiste des petites distances. Il y a excellé.

Sociologue, politologue, philosophe… Il est vrai que la formation normalienne de base (celle de l’époque, pas celle d’aujourd’hui) doit être pour quelque chose dans cette maîtrise de toutes les questions. Ajoutez-y de l’engagement et on comprendra mieux l’érudition du bonhomme qui s’est frotté “aux connaissances de tous les horizons”, exil (forcé) oblige.

On le comprend encore bien mieux lorsqu’on lit les 112 pages consacrées à son itinéraire l’ayant mené de Skikda, sa ville natale, à Nantes en passant par Constantine, Alger, Le Caire, et Tunis. Un ouvrage à lui tout seul et qui, revu et augmenté, pourrait être un “bijou” mémoriel merveilleux.

Le reste de l’ouvrage est consacré à l’essentiel de sa production, en commençant, bien sûr (peut-on y échapper?) par une présentation de la pensée de Gramsci «rencontrée tardivement… par les Arabes». Une pensée qui a énormément marqué nos intellectuels, ceux des années 60 et 70… pour la plupart septuagénaires ou plus de nos jours mais toujours dominant les débats. Une deuxième partie est consacrée à des analyses assez fines (et qui, en leur temps, avaient «fait fureur») issues d’une étude sur «l’industrie et la société» à travers la SNS. Puis, vient une partie consacrée à «l’état de la liberté intellectuelle en Afrique» (et dans les pays arabes). Plusieurs sujets, une démarche rigoureuse avec, militantisme et engagement obligent, un objectif : «penser avec nos têtes, en fonction de nos réalités» pour «construire sur des bases et avec des matériaux durables».

Pas facile! Surtout lorsqu’on se retrouve face à des pouvoirs d’Etat «atypiques», au point qu’ils échappent à l’observation et donc à l’analyse.

Les théories classiques volent en éclat, comme celle des «Deux corps du Roi», définie par l’historien Ernst Kantorowitc, qui distinguait avec cohérence «le corps physique du Roi» visible «à souhait avec sa cour et ses rites qui changent et meurent avec le temps, du «corps instituant» invisible et durable dans le temps long de la structure. «Certes, il y a de cela en Algérie, sauf qu’ici, l’institué et l’instituant interfèrent sans cesse sans que l’on comprenne les règles déterminant les positions, les rôles et les mécanismes des différents acteurs en présence». L’étude consacrée à l’Algérie: «De l’espérance du développement à la violence identitaire» (p 275) est à lire, et à relire absolument. Peut-être comprendrions-nous mieux «l’énigme algérienne» et prévenir ainsi les futures dérives. Bien sûr, il est trop tard, le mal est fait mais, on ne sait jamais, car les bêtes immondes et les éléments nihilistes sont encore là, tapis, attendant la moindre conjoncture favorable, attendant leur heure.

Avis – À lire, bien sûr. Mais allez-y tout doucement… pour déguster.

Extraits :

«L’histoire sociale d’un pays est inscrite dans sa langue, ou plus précisément dans ses langages» (p 58),

«Dans les temps de malheurs, contrairement à ce que croyait naïvement le président Boumedienne, ce sont les «hommes» qui restent, pas les «institutions» (p 81),

«Le nihilisme de la société est la réaction malheureuse, au déni de justice du politique » (p 106),

«Amener le petit comme le gros, le faible comme le puissant, l’homme comme la femme(…) à accepter les mêmes règles, cela s’appelle «l’Etat de droit» et les règles de cette axiomatique, des lois . Dont la première, sa loi fondamentale est l’égalité de tous devant la loi, y compris l’axiomatique elle-même» (p 112),

«Ce n’est pas la sortie qui est difficile, mais la marche, nécessairement scientifique, qui conduit vers cette sortie» (p 478)

_____

0406_DER_VEN.jpg

«Les dernières vendanges»

Roman (et autres récits)

de Mouloud Achour.

Casbah Editions,

260 pages, 500 dinars,

Alger 2012 (Première

parution en 1975, Sned-Editions)

En fait, c’est bien plus qu’un roman. Car, il y a, aussi, en plus du gros de l’ouvrage (tout un véritable roman), cinq autres récits, assez courts, dont l’un, recueilli au cours d’un reportage, «est rigoureusement authentique». Des récits de vie, la vie de tous les jours, des sortes de grands reportages en la forme romancée. Des récits qui, il ne faut pas l’oublier (pour les «anciens») et en tenir compte (pour les «jeunes») très en phase avec les (dures) réalités de l’époque. L’auteur, en son temps, s’y était lancé… malgré les difficultés du contexte politique de l’époque. La critique, même la plus anodine, du système politique en place, n’était alors pas admise. Par exemple, critiquer, même de manière subtile et même avec des «happy ends», la gestion collective des terres agricoles (les domaines dits «autogérés») ou, par la suite, la «gestion socialiste des entreprises», pouvait valoir bien des mesures de rétorsion ou des sanctions (comme l’interdiction d’écrire ou la «mise au placard», sinon bien plus). Heureusement que les politiques (les «décideurs») de l’époque ne lisaient pas beaucoup de livres et encore moins les romans, se suffisant des rapports de leurs «veilleurs» et autres «écouteurs».

Rappelons que l’auteur, après avoir été enseignant, s’en est allé, par la suite, rejoindre le monde de la presse au sein duquel, il avait réussi à imposer une écriture journalistique mieux argumentée, plus recherchée, simple et compréhensible, moins «langue de bois», bref plus littéraire, tout particulièrement dans les pages réservées à la culture… alors bien ternes et austèrement «informatives».

Avis – De la littérature «tranquille» (sur fond de société perturbée) qui nous change de la littérature globalement «perturbée» actuelle.

Extraits :

«La foi véritable se passe d’ostentation, de même que la véritable richesse» (p 190),

«L’être cher ne nous apparaît véritablement que lorsque sa présence vient à nous manquer» (p 208),

«La vie moderne impose des obligations et le milieu originel des contraintes. L’une ou l’autre finit tôt ou tard par l’emporter, mais une telle résolution entraîne un inéluctable déchirement» (p 238).

Sources Le Quotidien d’Oran

haut de page


BAGNOLET – 27 SEPTEMBRE – RACHAD – CONFERENCE: « L’IMPUNITE D’ISRAËL ET LA COMPLICITE DES ÉTATS ET DES MEDIA OCCIDENTAUX »

rachad_tv-4.jpg

rachad_tv-4.jpg

Cycle de conférences 2014

de l’Unité d’Études Politiques du Mouvement Rachad

Dans le cadre des recherches menées

par l’Unité d’Études Politiques

du Mouvement Rachad

nous organiserons une conférence

le samedi 27 septembre 2014

de 14h à 16h

La conférence débutera à 14h précises

au Centre d’ Affaire –

La Tour Gallieni 2

36, avenue du Général de Gaulle

93170 Bagnolet

M° Gallieni (terminus ligne 3)

THEME :

 » L’IMPUNITÉ D’ISRAËL

ET LA COMPLICITÉ DES ÉTATS

ET DES MÉDIA OCCIDENTAUX »

avec :

Julien Salingue

et Moungi Rouaiguia

  • Julien Salingue :

    Auteur de nombreux livres et de nombreuses publications sur la Palestine,

    Docteur en Science politique, enseignant à l’Université Paris Ouest Nanterre.
  • Moungi Rouaiguia:

    Solidarité Palestine-Marseille, CRI Marseille, membre du Mouvement Rachad

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Réservation indispensable par mail:

event@rachad.org

Merci de préciser dans le mail votre nom et prénom.

En espérant que cette conférence suscitera votre intérêt, nous vous prions d’agréer nos cordiales salutations.

L’équipe conférence/événement

rachad_mailing-2.png


SALIN LE GIRAUD – PORT SAINT LOUIS DU RHÔNE – 5 OCTOBRE 2014: INAUGURATION DU MEMORIAL NATIONAL AUX TRAVAILLEURS INDOCHINOIS

_memorial_aux_travailleurs_indochinois_5_octobre_2014.jpg

Dimanche 5 octobre 2014

Inauguration du premier

Mémorial national

aux travailleurs indochinois

Lieu: Parc municipal de Salin-de-Giraud (13)

Horaire: 11 heures du matin

Pour ceux qui le désirent, un très riche programme

de découverte de l’histoire des travailleurs indochinois

est organisé SAMEDI 4 OCTOBRE

Pour des informations sur ce programme, cliquez ici.


Pour s’inscrire à la journée du samedi 4 octobre 2014,

télécharger, remplir et adresser le bulletin d’inscription ci-dessous:


ALGER – 2 AOÛT 2014: RENCONTRE DÉBAT ORGANISÉ PAR LE RAJ, AVEC HOCINE BELLALOUFI: « QUESTION PALESTINIENNE ET PROCESSUS RÉVOLUTIONNAIRE ARABE À LA LUMIÈRE DE LA NOUVELLE AGRESSION DE GHAZA »

Rencontre_debat_avec_M.Hocine_Belalloufi.jpg

Rencontre_debat_avec_M.Hocine_Belalloufi.jpg

Sous le regard, la passivité et le silence complice de la communauté internationale et, notamment, des gouvernements de la région arabe, la Palestine subit une nouvelle fois les agressions et les massacres sauvages et barbares d’Israël faisant des centaines de morts et des milliers de blessés dont une majorité de civils innocents, d’enfants, de femmes, de personnes âgées ou handicapées…

Pour débattre et tenter de comprendre les enjeux de ce conflit qui intervient dans une conjoncture politique régionale particulière, nous vous invitons à une rencontre intitulée:

«Question palestinienne et processus révolutionnaire arabe à la lumière de la nouvelle agression de Ghaza».

Cette rencontre sera animée par M. Hocine Belalloufi, journaliste, militant politique marxiste, analyste de l’actualité internationale et auteur de l’essai «Grand Moyen-Orient , guerre ou paix? Plaidoyer pour une nouvelle révolution arabe» paru en 2008.

La rencontre aura lieu

le samedi 2 aout 2014

à partir de 16h00

au siège du RAJ,

sis au 17 Rue Larbi Ben Mhidi,

troisième étage, Alger Centre.

Soyez les bienvenues « es »

P/RAJ

Le Président

Abdelouhab Fersaoui

+ (213) 21 718 652 / 550 911 420

fersaoui.abdelouhab@gmail.com

Facebouk: RAJ-Algerie / fersaoui.abdelouhab

17 Rue Larbi Ben M’Hidi, Alger Centre