MOUVEMENT SOCIAL ALGERIEN : HISTOIRE ET PERSPECTIVES... Sadek Hadjeres
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11 AVRIL - 14 AVRIL - PARIS : RENÉ VAUTIER AU "MAGHREB DES FILMS"

mercredi 14 mars 2012


« J’ai toujours considéré une caméra comme une arme de témoignage. Mais ce n’est pas une arme qui tue. Au contraire, ça peut être un instrument de paix. C’est pour cela que je me suis bagarré pendant cinquante ans pour qu’il y ait des dialogues d’images, et tous les films que j’ai faits, je considère que ce sont des dialogues d’images. Le réalisateur prend parti. Il s’engage d’un côté, mais il donne aussi la parole aux gens d’en face. »

René Vautier


50èmeANNIVERSAIRE DE L’INDEPENDANCE DE L’ALGERIE

du mercredi 11 avril au dimanche 14 avril 2012

aux 3 Luxembourg

hommage à René Vautier

12 séances et 19 films

-* À Paris, les deux premières séquences de l’édition 2012 du Maghreb des Films vont « coller » aux deux grands événements de 1962, le cessez-le-feu le 19 mars 1962, l’indépendance le 5 juillet.
Elles porteront sur la guerre de libération et les premières années d’indépendance.

  • En novembre la troisième séquence sera sous la forme maintenant habituelle des éditions du Maghreb des films : inédits maghrébins, documentaires, films TV, Web, etc., avec une partie importante du programme portant sur les années d’indépendance de l’Algérie et un hommage à un grand cinéaste algérien.
  • Le réseau de salles partenaires du Maghreb des films - une trentaine en 2011 en banlieue parisienne et en région - sera, comme les années passées, invité à établir sa propre programmation à partir de la sélection parisienne ou d’autres sélections.

Pour René Vautier...

Concevoir une commémoration cinématographique du 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie ne peut se comprendre et n’a de sens qu’en commençant par rendre hommage à René Vautier.

Résistant à 15 ans, militant anticolonialiste à 22 (« Afrique 50 »), René Vautier ne peut qu’épouser la cause et la lutte du peuple algérien.
Ce qui l’amènera à rejoindre dès 1957 Tunis, siège du GPRA.
À la demande de M’Hamed Yazid, ministre de l’information, il y constitue alors le Service Cinéma, première étape dans l’organisation d’une cinématographie algérienne. C’est avec René Vautier que naît véritablement le cinéma algérien.

Le rejoignent dans cette nouvelle entreprise des techniciens français chevronnés, dont Cécile Decugis et Pierre Clément, ainsi que ceux qui deviendront les premiers cinéastes de la nouvelle Algérie : Djamel Chanderli, Mohamed Lakhdar Hamina, Ahmed Rachedi…

Ceci constitue le premier volet de l’hommage que nous voulons lui rendre à l’occasion du 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie

L’action militante de René Vautier se prolonge, aux premiers jours de l’indépendance, par la création du CAV (Centre Audiovisuel précédant le Centre National du Cinéma, fondé, lui, en 1964) qui produira les premiers films de l’Algérie indépendante : « Un peuple en marche » et « Des mains comme des oiseaux ».

Ainsi, de 1957 à 1964, René Vautier a-t-il, consécutivement, conçu un cinéma national, puis formé ceux qui lui ont donné ses premières lettres de noblesse et qui reconnaissent en lui le père fondateur du cinéma algérien.

Le second volet est composé de films algériens des débuts de la jeune cinématographie, à l’éclosion de laquelle René Vautier a beaucoup contribué. Nous lui avons alors demandé de choisir quelques titres parmi ceux qui lui paraissent les plus emblématiques de cette période.

D’autres luttes, sur d’autres fronts, mobiliseront ensuite le talent de cinéaste de René Vautier (l’identité bretonne, la cause des femmes, la pollution, les luttes sociales, le racisme anti immigrés, etc.),

L’idée générale est de mettre René Vautier en situation d’invité et de puissance invitante, à la fois, afin de donner à cette semaine de rencontres et de débat, un caractère familier, en dépit du sérieux des sujets qui seront abordés avec les différents participants.


Le programme de la première séquence du Maghreb des films

Le grille horaire est disponible sur le site


LES FILMS DE RENÉ VAUTIER


Afrique 50
1950 - 17’
premier film anticolonialiste

Au départ, ce film était une simple commande de la Ligue de l’enseignement, destinée à mettre en valeur la mission éducative de la France dans ses colonies et à destination des lycéens et collégiens de France. Il devait s’appeler La Vie du paysannat africain.

Frais émoulu de l’IDHEC, René Vautier s’embarque pour la Côte d’Ivoire où, dans le port d’Abidjan, un ingénieur (blanc) lui explique cyniquement qu’il est moins cher de faire travailler des "nègres" que d’électrifier le barrage que de pauvres ivoiriens s’échinaient à faire marcher. Il décide de témoigner d’une réalité non commandée. Ce sera le choc et son film sera le premier film anticolonialiste français.

Le film sera censuré en France pendant plus de quarante ans.


Chaîne d’or
1956 - 14’
des femmes de pêcheurs décident de mettre en commun leurs anneaux d’or pour les vendre et ainsi racheter des bateaux

Au moment de l’indépendance, les propriétaires de gros bateaux décident de vendre, alors que beaucoup de petits pêcheurs se retrouvent bientôt sans travail. Leurs femmes décident alors de mettre en commun leurs anneaux d’or pour les vendre et ainsi racheter des bateaux.
Le film remporte l’Ours d’argent au festival de Berlin-Ouest en 1958.


Algérie en flammes
1957 - 25’
La conquête de l’Algérie par la France en 1830

A l’aube de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, René Vautier a produit un film sur la conquête de l’Algérie par la France en 1830. Il fut sévèrement critiqué par le Ministère français des affaires étrangères qui considérait cette prédiction d’une rébellion de l’Algérie contre l’oppresseur étranger, comme un danger pour la sécurité nationale.
En réaction à cette accusation, René Vautier tourne Algérie en flammes, à la manière d’un reportage sur le mouvement de résistance algérien.
A cause de l’émoi provoqué par ce film, il est obligé de passer dans la clandestinité pendant 25 mois.


Un peuple en marche
Film collectif - 1963 - 45’
un bilan de la guerre d’Algérie en retraçant l’histoire de l’ALN, l’effort populaire de reconstruction du pays, après l’indépendance

Sous l’égide de René Vautier, directeur du Centre Audiovisuel d’Alger, de jeunes cinéastes algériens braquent librement leurs caméras sur le passé, le présent et aussi l’avenir qu’ils rêvent pour l’Algérie. Ils bâtissent l’image d’un peuple en marche.

Des espoirs nourris de socialisme. Une Algérie nouvelle, libérée du joug du colonisateur, en marche vers l’avenir et la reconstruction


Avoir 20 ans dans les Aurès
1972 - 97’

Le 21 avril 1961, dans le massif des Aurès (Sud algérien), un commando de l’armée française formé d’appelés bretons affronte un groupe de l’Armée de libération nationale lors d’une embuscade. Les soldats parviennent à faire prisonnier deux fellaghas, dont une femme, et à trouver refuge dans une grotte.

Un soldat français blessé au cours de l’accrochage, instituteur dans le civil, se rappelle les événements qu’il a vécus avec ses camarades au cours des derniers mois. Leur opposition à la guerre en Algérie les a conduits dans un camp réservé aux insoumis.
Il se remémore la façon dont leur chef a su les transformer, de jeunes Bretons antimilitaristes qu’ils étaient, en redoutables chasseurs de fellaghas, prêts à tuer et y prenant goût. Tous se sont mis à piller, tuer et violer.
Une plongée dans les contradictions de la guerre d’Algérie autant que dans celles de l’âme humaine.


La Folle de Toujane
René Vautier, Nicole Le Garrec
1974 - 130’

Les itinéraires de deux amis d’enfance, Roger, instituteur, et Gwen, animatrice de radio.
Le premier est en Tunisie pour « propager » la culture française. Il assiste aux indépendances tunisienne et algérienne tandis que son amie mène une vie monotone à Paris.
À la fois une histoire d’amour : deux jeunes qui se plaisent, s’aiment et vieillissent séparément parce que la vie, le boulot, les autres, les séparent et les rendent différents.
Et une histoire politique : une fille qui accepte de s’intégrer dans un système et un gars qui refuse jusqu’à en crever.
Et aussi une histoire de peuples qui se réveillent, qui se retrouvent, au besoin en faisant craquer un système.
Prix des Peuples au Festival de Cannes
Prix de la Fédération Internationale des ciné-clubs.


Techniquement si simple
1982 – 18’
Un technicien coopérant se remémore son "travail technique" lorsque, durant le conflit algérien, il installait des mines qui tuent encore de nombreux civils


À propos d’un autre détail
1985 – 45’

Les témoignages à propos de la torture pendant la guerre d’Algérie d’Algériens (certains ont été torturées par Jean-Marie Le Pen) et de Français (Vidal-Naquet, Général de Bollardière, Paul Teitgen : ex-préfet de police à Alger de 1957-1958, Germaine Tillon : ancienne déportée, ethnologue ...).
Ces témoignages vont aider à défendre en justice le journal Le Canard Enchaîné en procès contre Jean-Marie Le Pen pour diffamation.
Le film est projeté en 1985 lors du procès et certains témoins sont également venus soutenir le journal.
Mais la loi d’amnistie de 1963 protège l’homme politique, interdisant l’utilisation d’images pouvant nuire à des personnes ayant servi pendant la guerre d’Algérie.


Vous avez dit : Français ?
(avec Claude Manceron)
1986 - 120’

Le film trace une autre histoire de France, celle des vagues d’immigration successives et la façon dont elles se sont plus ou moins intégrées dans le supposé creuset national, ce qui permet une réflexion informée sur la notion d’identité collective.


Déjà le sang de Mai ensemençait Novembre
1987 - 70’
(entretien avec Kateb Yacine autour de mai 45)

Ce film documentaire a voulu rétablir la vérité sur un certains nombre d’évènements historiques, qui sont, soit escamotés du récit que la France a fait de la colonisation de l’Algérie, soit relatés mais à travers encore une fois le regard triomphant du colonisateur.

Il s’agit de témoignages rares de personnalités connues, comme l’écrivain Kateb Yacine, ou de simples algériens qui s’expriment sur l’histoire commune de l’Algérie et de la France du temps de la colonisation.

Du commencement avec le coup de l’éventail, en passant par les tristes évènements du 8 mai 1945, et du comment, Kateb Yacine juge l’œuvre du prix Nobel de littérature Albert Camus, jusqu’à l’Algérie post-indépendance,

“Déjà le sang de Mai ensemençait Novembre” est une charge qui tord le cou à plusieurs idées reçues.


Et le mot frère et le mot camarade
1998 - 50’

Peut-on écrire l’histoire en poèmes ? C’est ce qu’a tenté René Vautier, à la demande du Musée de la Résistance Nationale, avec l’aide de grands poètes (Aragon, Eluard, Desnos). Et aussi en s’appuyant sur des poèmes écrits dans les prisons et les camps de déportation, des poèmes de fusillés.


FILMS SUR RENÉ VAUTIER


Algérie tours détours
Leïla Morouche, Oriane Brun-Moschetti
2007 - 114’

Nous partons en Algérie en compagnie de René Vautier, cinéaste militant, considéré là-bas comme le papa du cinéma algérien. Son regard se conjugue à ceux de différents professionnels du cinéma, d’hier et d’aujourd’hui, et de divers spectateurs.
Nous re-créons le dispositif de projections itinérantes des ciné-pops, qu’il a mis en place au lendemain de l’indépendance, dans des villes qui l’ont particulièrement marqué.
Avec un ciné-bus, nous allons sillonner le pays pour projeter des films sur la guerre d’Algérie et discuter avec les spectateurs.
S’en suivent des discussions animées avec les publics, abordant la situation politique, l’histoire, la jeunesse, les conditions de vie des hommes et des femmes.
Il s’agit d’un premier long métrage, tourné en vidéo, dans un contexte particulier, celui d’une Algérie qui sort de dix années de terreur, et qui voit peu à peu renaître ses institutions culturelles.


L’homme de la paix
Entretien R. Vautier et Azzedine Meddour


FILMS CHOISIS PAR RENÉ VAUTIER


J’ai huit ans
Le Masson Yann,
Olga Baïdar-Poliakoff
1961 - 8’

Ce court métrage, tourné clandestinement pendant la guerre d’Algérie, est réalisé à partir de dessins d’enfants algériens recueillis en 1961 dans un camp de réfugiés en Tunisie.

Par leurs dessins, les enfants expriment toute l’horreur de cette guerre qui les a obligés, eux et leur famille, à fuir leur pays.

Le film sera interdit par la police et saisi 17 fois. Le visa de censure ne lui sera accordé qu’en 1974, douze ans après la fin de la guerre d’Algérie.


L’Aube des damnés
Rachedi Ahmed
1965 - 100’

Après l’Indépendance, un groupe de jeunes Algériens cherchent dans les livres, les musées, le passé des peuples colonisés de l’Afrique et de l’Asie.
Le Centre National du Cinéma Algérien qui vient d’être créé en 1963 va permettre la mise en chantier de ce film. Œuvre ambitieuse, elle était l’hommage de l’Algérie libérée à tous ceux qui luttent contre le colonialisme et l’oppression.
Dans la grande tradition des films de montage ce film est soutenu par un commentaire écrit par Moloud Mameri dans une langue admirable.
Tout le souffle épique et tout l’enthousiasme provoqué par l’indépendance de l’Algérie est contenu dans les mots et les images de ce film.


Le Vent des Aurès
Lakhdar Hamina Mohammed
1966 - 90’

Dans une Algérie colonisée par la France, au fin fond de la campagne (les Aurès), une mère cherche désespérément son fils raflé par l’armée française et incarcéré depuis plusieurs semaines dans un camp.
Avec courage, elle défie les soldats français pour le trouver, allant d’un camp à l’autre, son obstination l’amène à trouver le camp dans lequel se trouve son fils, et d’y revenir jour après jour, indifférente aux menaces et aux intimidations des soldats français, animée par le plus pur et le plus fort des sentiments humains : l’amour d’une mère.


La Montagne de Baya
Meddour Azzedine
1997 - 106’

En Kabylie, au début du siècle, un village entier doit fuir l’oppression française.
Une femme, Baya, refuse l’affront d’une coutume : un seigneur féodal, meurtrier de son mari, lui offre une bourse de Louis d’or, la ddiya, le prix du sang versé.
Sa communauté paysanne voudrait que l’argent serve à payer l’impôt de guerre pour récupérer ses terres.
Baya incarne ainsi l’obstination infatigable d’une certaine forme d’honneur.

Au-delà de ce qu’on appelle la permanence berbère, cette capacité à résister en restant fidèle à ses traditions, sa langue et son système de pensée, l’intransigeance de Baya a valeur d’exemple pour tout un peuple : c’est bien à l’Algérie contemporaine que s’adresse Azzedine Meddour dans cette fable située presque un siècle en arrière.


DIVERS


Le Voyage de Maurice Thorez en Algérie
1939 - 12’

Autour du drame algérien
1958 – 14’


Pour en savoir plus, lire les synopsis détaillés des films, rendez-vous sur les pages suivantes du site :

http://maghrebdesfilms.fr/-L-editio...


Voir en ligne : http://maghrebdesfilms.fr/-L-editio...

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